Comprendre la RSE et ses enjeux
Comprendre la RSE et ses enjeux
M. BASSENE
LA RSE ?
DE QUOI PARLE T- ON ?
ÇA SERT À QUOI ?
COMMENT?
Introduction
Face aux défis de notre temps, le développement durable permet de revisiter la mondialisation et ses modèles de prospérité.
Il travaille à les rendre économiquement viable, mais aussi socialement équitable et écologiquement tolérable. Une telle
lame de fond met bien évidement les entreprises en première ligne. En effet, le développement durable, en donnant un rôle
et une responsabilité prépondérantes au secteur privé pour protéger l’avenir de notre planète et de nos sociétés, modifie
profondément les règles du jeu sur les marchés.
En effet, le développement durable invite aujourd’hui l’entreprise à se positionner sur un ensemble de sujets
environnementaux, sociaux et sociétaux beaucoup plus vaste. Pour les entreprises, ce champ apporte une nouvelle
complexité qu’il convient de décrypter, d’analyser, d’intégrer dans les décisions stratégiques et opérationnelles, au même
titre que tout un ensemble de données de marché plus classiques, alimentant le quotidien de départements, de chargés de
production, de marketing, d’activités commerciales et financières, pour n’en citer que quelques uns.
Pourtant, l’entreprise est peu guidée pour trouver sa voie et définir son approche.
Si de nombreux référentiels comme l’ISO 26000 définissent un cadre consensuel dans lequel articuler une démarche
cohérente et viennent utilement épauler les entreprises, là encore, l’entreprise reste seule pour incarner sa démarche et
écrire sa feuille de route.
Le concept de responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) est l’application des principes de développement durable au
monde de l’entreprise. La RSE ne cherche pas à donner bonne conscience aux entreprises, elle est un levier d’innovation et
de transformation pour l’entreprise. Outil de dialogue, de retour d’expérience et d’impact, la RSE est avant tout un esprit,
une démarche, une façon différente de faire des affaires en créant de la valeur partagée. Outil de dialogue tout d’abord, la
RSE s’inscrit dans une dynamique d’échange d’informations, visant autant à réduire les asymétries entre les parties
prenantes, qu’à créer une vision partagée permettant à chacun de prendre ses responsabilités et d’agir en conséquence
pour avoir une contribution plus positive sur le monde.
La RSE n’est crédible et ne prend tout son sens que lorsqu’elle permet à l’entreprise d’avoir un impact positif et durable
aussi bien sur l’agenda du développement durable que sur ses propres réalités stratégiques et opérationnelles (ouvrir une
nouvelle usine, lancer un nouveau produit, sélectionner un nouveau fournisseur, expliquer des chiffres à un investisseur,
etc.) et que cet impact soit reconnu comme tel par toute la multiplicité et la diversité de ses parties prenantes.
une démarche RSE fonctionne comme un puzzle qui, pour avoir du sens, doit imbriquer ses pièces en s’appuyant sur ces
trois grands piliers :
• Maîtriser les fondamentaux
• Viser la pertinence
• Mesurer l’impact
De la RSE et du Développement Durable
CONNAÎTRE LES CONCEPTS ET RÉFÉRENTIELS CLÉS
DÉVELOPPEMENT DURABLE :
DÉFINITION
Le développement durable est un concept qui se formalise dès le début des années 1970 en réaction aux conséquences
environnementales et sociales de la mondialisation et de l’industrialisation. Le développement durable propose de revoir
les priorités en mettant sur le même plan d’importance l’économie, le social, l’environnement et les générations futures.
Le concept de RSE apparaît pour la première fois dans la littérature du management (The Social Responsibilities of the
Businessman de H. Bowen en 1953).
La transposition des principes de développement durable pour les entreprises est popularisée par John Elkington en 1994
avec la notion de triple bottom line, ou en français « triple bilan », qui consiste à prendre en compte dans la dernière ligne
du compte de résultat, les performances de l’entreprise en matière de 3 P pour people, planet, profit (personnes,
planète, profit).
LES DOMAINES DE RESPONSABILITÉ
DES ENTREPRISES
La RSE s’inscrit dans quatre grands domaines d’action : la performance environnementale, sociale et économique à laquelle
vient s’ajouter la gouvernance. Dans un guide publié en 2012 CAP vers la RSE : Faire de la responsabilité sociétale de
l’entreprise un levier de performance, voici quelques- uns des domaines d’action relatifs à la responsabilité sociale des
entreprises identifiés par le MEDEF:
Performance environnementale : protection de la biodiversité, réduction des émissions de gaz à effet de serre,
économie des ressources et de l’énergie, tri et valorisation des déchets, analyse du cycle de vie, etc.
Performance sociale et sociétale : santé et sécurité au travail, égalité et diversité, formation, etc.
Performance économique et gouvernance : achats responsables, marketing responsable, reporting, éthique des
affaires, engagement des parties prenantes.
La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) est l’application au monde de l’entreprise des principes de développement
durable et de ses trois piliers environnementaux, sociaux et économiques. La RSE repose sur la double idée que
l’entreprise a une responsabilité vis- à- vis de la société et de l’environnement dans lesquelles elle évolue, et que la
performance d’une entreprise se mesure non seulement en matière de résultats financiers mais également de prise en
compte de cette responsabilité sociale et environnementale dans ses processus de management.
PARTIES PRENANTES : CONCEPT ET LIEN AVEC LA RSE
Les parties prenantes sont les individus ou les groupes d’individus qui représentent l’écosystème dans lequel l’entreprise
évolue et sur lequel elle a un impact autant que par lequel elle est impactée.
La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) entend contribuer à la création de valeur pour les parties prenantes de
l’entreprise.
LA RSE COMME CRÉATION DE VALEUR POUR LES PARTIES PRENANTES
Dès 1984, R. Freeman dans son ouvrage Strategic Management : A Stakeholder Approach apporte la définition suivante de
ce qu’est une partie prenante : « Tout groupe ou individu qui peut affecter ou être affecté par les activités de l’entreprise. »
Cela concerne une multitude d’acteurs aussi bien internes qu’externes à l’entreprise : les employés et les syndicats, les
actionnaires et les investisseurs, les clients et les consommateurs, les sous- traitants et les fournisseurs, les organisations
professionnelles, les pouvoirs publics, les communautés locales, les organisations non gouvernementales et les
associations, les médias, blogueurs, etc., mais également les parties prenantes bien plus silencieuses comme notre
planète, le climat ou bien les générations futures.
LE LIEN PARTIES PRENANTES/ RSE…
Il existe un lien très fort entre parties prenantes et responsabilité sociale de l’entreprise, puisque non seulement la RSE se
propose de créer de la valeur partagée entre chaque catégorie de parties prenantes, mais également car la prise en
compte et la réponse aux attentes économiques, environnementales et sociales des parties prenantes sont l’un des enjeux
majeurs auxquels tout programme RSE doit pouvoir répondre. F. Baddache et I. Nicolai dans un article paru dans le
Journal of Business Strategy étudient combien la relation de l’entreprise à ses parties prenantes demeure une dynamique
transactionnelle visant à satisfaire des attentes et à créer progressivement des nouvelles pratiques volontaires plus
responsables qui se diffusent dans les entreprises : la relation aux parties prenantes est créatrice de performance RSE.
ENGAGER LES PARTIES PRENANTES
En réalité l’engagement des parties prenantes au cœur de la stratégie RSE de l’entreprise est une solution gagnante pour
l’entreprise, car les parties prenantes viennent partager et alimenter la connaissance d’un enjeu de l’entreprise et
permettent d’aligner les activités de l’entreprise directement avec leurs attentes. De plus cela évitera bien des
désagréments par la suite si les attentes des parties prenantes ne sont pas prises en compte.
Toutefois, il convient de préciser que l’objectif de l’engagement des parties prenantes dans un processus de concertation ne
vise en aucun cas à arriver systématiquement à un consensus entre l’entreprise et ses parties prenantes. Il s’agit plutôt
d’appréhender les différents points de vue, de connaître l’impact des activités de l’entreprise sur la société et
l’environnement, pour mieux maîtriser les risques qui y sont liés.
POUR RÉSUMER
La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) s’attache à prendre en considération l’écosystème social et environnemental
dans lequel l’entreprise évolue et que représentent les parties prenantes : tout groupe ou individu qui peut affecter ou être
affecté par les activités de l’entreprise. Engager le dialogue avec les parties prenantes est une des principales missions de la
RSE et génère de nombreux bénéfices pour l’entreprise (réputation, acceptabilité, visibilité, anticipation, etc.). Il s’agit
d’identifier et classer les parties prenantes qui sont importantes pour l’entreprise. Cela passe par un exercice de
cartographie des parties prenantes et d’analyse de la matérialité.
DES ENJEUX ET DE MULTIPLES BÉNÉFICES DURABLES.
De nombreux citoyens attendent des entreprises, des pouvoirs publics et des associations une prise de conscience de
l’environnement et des changements sociaux.
Ils veulent de nouveaux modèles de consommation, de nouveaux paradigmes économiques qui soient plus inclusifs, plus
collaboratifs.
Pour une entreprise, les bénéfices d’une stratégie RSE sont réels et nombreux.
Au-delà de préserver l’environnement la RSE :
Est un avantage concurrentiel pour l’entreprise et un attrait pour les investisseurs responsables mais aussi pour les clients ;
Elle renforce le sentiment d’appartenance tout en fidélisant le capital humain, actif le plus important de toutes entreprises
de services, et améliore la qualité de vie au travail ;
Elle développe l’image et la notoriété de l’entreprise ;
Elle réduit les risques et les contentieux tout en anticipant la réglementation.
La mise en œuvre d’une politique RSE et ces nouvelles obligations créent de nouveaux business models tout en baissant les
coûts de fonctionnement de l’entreprise. C’est un avantage concurrentiel qui prend la forme d’innovation orientée vers la
rupture, la reconfiguration de l’offre, la création de nouveaux segments de marchés, de nouveaux produits et usages.
CRÉATION DE VALEUR PARTAGÉE : CONCEPT ET PRINCIPES RSE
La stratégie de création de valeur partagée est au cœur du concept de responsabilité sociale de l’entreprise. L’idée est
que les entreprises sont dans la capacité de créer cette valeur économique et sociale pour elle- même et pour leurs parties
prenantes.
Karen Maas et Franck Boons dans leur ouvrage de 2010 CSR as a Strategic Activity : Value Creation, Redistribution and
Integration identifient les trois dimensions par lesquelles la RSE peut harmoniser et créer de la valeur économique,
sociale et environnementale :
• Nouvelle création de valeur :
l’entreprise développe un produit, un service ou une activité qui est perçue comme ayant de la valeur pour un groupe
social donné. Cela peut être d’adapter et transformer son offre produit ou bien de contribuer à la création d’un
nouveau marché pour répondre à de nouveaux besoins, mais l’idée centrale est surtout de mettre la responsabilité
sociale et environnementale au cœur de l’innovation et de la performance économique.
• Intégration de la valeur :
cette dimension implique que les intérêts des parties prenantes (les individus que les activités de l’entreprise influencent et
les individus dont les activités influencent l’entreprise) ne peuvent pas être sacrifiés en faveur des intérêts des investisseurs
et qu’il en va de la responsabilité de l’entreprise de créer de la valeur par et pour les parties prenantes. Cela passe par le
dialogue et l’engagement ; les parties prenantes devenant ainsi les co-créateurs des orientations stratégiques prises par
l’entreprise.
• Redistribution de la valeur :
cette dimension s’intéresse aux rapports de force et à la manière dont la valeur environnementale, sociale et économique
est redistribuée dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, entre les multinationales et les PME, entre les
consommateurs des pays développés, les producteurs et les fournisseurs dans les pays en développement. L’exemple du
commerce équitable illustre comment il est possible de faire en sorte que la valeur soit redistribuée du consommateur
jusqu’aux producteurs.
Outil de dialogue, de retour d’expérience et d’impact, la RSE est avant tout un esprit, une démarche, une façon différente de
faire des affaires en créant de la valeur partagée.
La collection de l’ISO compte plus de 18 400 normes, qui sont élaborées par consensus et « fournissent au monde
économique, aux gouvernements et à la société dans son ensemble des outils concrets pour les trois volets – économique,
environnemental et sociétal – du développement durable ».
Toutes les normes ont un caractère volontaire. Il n’y a aucune obligation réglementaire à s’y conformer. En revanche, une
norme définit un langage commun international pour toutes les organisations, quelles que soient leur nationalité, leur taille,
leur structure, etc.
La norme de la responsabilité sociétale: ISO 26 000
La norme ISO 26000 a pour vocation d’accompagner les organisations dans leur démarche de développement durable pour
engager leur responsabilité et de rendre compte des impacts de leurs activités. La norme encourage les organisations à aller
au- delà des exigences réglementaires, même s’il est entendu que le respect de la loi est un devoir fondamental.
La norme se pose donc en complément et non en remplacement des outils (OHSAS 18001), d’autres normes ISO (ISO
14001, ISO 9001) et des initiatives (GRI, etc.) de responsabilité sociétale existantes.
La norme ISO 26000 définit la responsabilité sociétale comme la responsabilité d’une organisation vis- à- vis des impacts de
ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement transparent et
éthique qui :
■ contribue au développement durable y compris à la santé et au bien- être de la société ;
■ prend en compte les attentes des parties prenantes ;
■ respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales ;
■ est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations. Elle décrit deux pratiques fondamentales
de responsabilité sociétale :
■ l’identification des impacts des décisions et des activités de l’organisation au regard des questions centrales de l’ISO 2600
Qu’est-ce que l’ISO 9001 ?
La norme ISO 9001:2008 est la norme qui fournit un ensemble d’exigences pour un système de management de la qualité,
indépendamment du domaine d’activité et de la taille de l’organisme utilisateur, qu’il soit dans le secteur privé ou dans le
secteur public. Elle apporte un cadre bien éprouvé pour adopter une approche systématique de la gestion des processus d’un
organisme de façon à ce qu’il fournisse régulièrement des produits répondant aux attentes des clients.
Un processus peut être défini comme un « ensemble d’activités corrélées ou interactives qui transforme des éléments
d’entrée en éléments de sortie ». Pour qu’un organisme fonctionne de manière efficace, il doit identifier et gérer de nombreux
processus corrélés et interactifs. Souvent, l’élément de sortie d’un processus forme directement l’élément d’entrée du
processus suivant. L’identification et le management méthodiques des processus utilisés dans un organisme, et plus
particulièrement les interactions de ces processus, sont appelés « l’approche processus »
L’analyse des processus permet d’identifier les facteurs d’impacts à prendre en compte comme principales données d’entrée,
telles que : les impacts sur l’environnement, le social, les réclamations clients et autres parties prenantes…
Qu’est-ce que l’OHSAS 18001 ?.
L’OHSAS 18001 est structurée comme l’ISO 9001 ou l’ISO 14001, selon le principe de la roue de Deming et sa boucle
d’amélioration continue de type PDCA (cf. figure ci-dessous). Elle repose sur l’amélioration des performances de maîtrise des
risques pour la santé et la sécurité au travail, sans pour autant établir des exigences en ce qui concerne les niveaux de
performances.
L’OHSAS 18001 est structurée comme l’ISO 9001 ou l’ISO 14001, selon le principe de la roue de Deming et sa boucle
d’amélioration continue de type PDCA (cf. figure ci-dessous). Elle repose sur l’amélioration des performances de maîtrise des
risques pour la santé et la sécurité au travail, sans pour autant établir des exigences en ce qui concerne les niveaux de
performances.
ISO 14001:
La famille ISO 14000 est une suite de normes qui établissent la responsabilité des organisations face à l’environnement. Elles
offrent aux organisations des principes pour identifier, piloter leurs enjeux environnementaux, calculer leurs impacts et
évaluer leurs performances.
Les normes ISO 14001 exigent un engagement fondamental dans une politique qui prend en compte le respect de la
réglementation environnementale, la prévention des pollutions et la maîtrise des impacts liés à l’activité de l’organisation.
L’ISO 14001 encourage une démarche de progrès continu de ses performances environnementales
L’objet du GRI était d’aider à réfléchir au développement durable, via l’approche sociale et l’analyse du cycle de vie pour
intégrer des indicateurs sociaux dans le reporting.
Le GRI est un outil de reporting utilisé officiellement par plusieurs centaines d’entreprises pour rédiger leur rapport annuel
développement durable.
SA 8000
À l’origine de l’initiative SA 8000, on retrouve un certain nombre d’entreprises multinationales. Ces
entreprises avaient leur production dans des pays où le coût salarial est très faible et où pour la plupart
d’entre eux les conventions internationales de l’OIT relatives aux conditions de travail ne sont pas
respectées.
Pour répondre à une pression croissante de la société qui demande aux industriels d’être socialement
responsables vis-à-vis des conditions de fabrication de leurs produits, les entreprises s’intéressent de
plus en plus à la définition et à l’élaboration d’outils communs pour maîtriser le risque et crédibiliser leur
image de marque.
Le standard SA 8000 concerne les employés et les fournisseurs. Il s’intéresse aux problèmes du travail
La SA 8000 décrit 9 domaines
dans les chaînes d’approvisionnement et couvre les problèmes liés à l’emploi et aux conditions de avec l’objectif de faire
travail. respecter les traités et les
conventions:
En relation avec les questions abordées, l’objectif de la SA 8000 est de définir les exigences qui
travail des enfants, travail
permettent à une entreprise : de mettre au point, gérer et mettre en œuvre les politiques et les forcé, liberté d’association,
processus lui permettant de traiter les questions qu’elle peut contrôler ou influencer, et enfin de horaires de travail…
démontrer aux parties prenantes que ces politiques, processus et pratiques sont conformes à la norme.
Qu’est-ce que le standard AA 1000 ?.
Il s’agit d’une norme de procédés, axée sur l’établissement de la qualité des responsabilités, des audits et des rapports, au
niveau social et éthique. Elle définit la responsabilisation en termes de transparence, de réactivité et de conformité. Elle se
décompose en un certain nombre de normes de procédés visant à une amélioration continue.
Le Pacte mondial des Nations Unies (Global Compact) est une initiative lancée par le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan,
lors du Forum économique de Davos en janvier 1999. Il s’agit de mettre en place, au niveau international, un cadre social et
environnemental à destination des entreprises respectueux des valeurs universelles et favorisant le développement
économique et le marché mondial.
Le Pacte mondial s’appuie sur les dix principes suivants :
− Soutenir et respecter la protection des droits de l’homme.
− S’assurer que les sociétés ne sont pas complices dans les abus de droits de l’homme.
− Soutenir la liberté d’association et la reconnaissance du droit aux associations collectives.
− Soutenir l’élimination de toutes les formes de travail forcé et obligatoire.
− Soutenir l’abolition du travail des enfants.
− Soutenir l’élimination de la discrimination dans le travail aux.
− Promouvoir la responsabilité environnementale
− Soutenir une approche préventive pour les défis environnementaux
. − Encourager le développement et la diffusion des technologies environnementales.
− Agir contre la corruption sous toutes ses formes, y compris l’extorsion de fonds et les pots-de-vin.
Les organismes signataires du Pacte mondial (entreprises, ONG…) s’engagent à respecter ces principes dans chaque pays
où ils sont implantés, et à en assurer la diffusion. L’adhésion au Pacte mondial est une initiative volontaire et ouverte à
toute entreprise, y compris les PME.
Qu’est-ce que l’EMAS (également appelé Règlement écoaudit) ?
Le Règlement communautaire dit écoaudit (EMAS, pour Ecomanagement and Audit Scheme, en anglais) a pour objectif de
promouvoir une bonne gestion environnementale, et d’établir une communication avec le public.
Ce règlement a été créé en 1993 pour encourager les entreprises, de toute taille et de tout secteur industriel, à s’engager
dans une démarche volontaire d’amélioration continue de la performance environnementale. En résumé, l’EMAS est un
système de gestion environnementale sur le lieu de travail. Il comprend des outils destinés à évaluer, à rapporter et à
améliorer la performance environnementale.
Qu’est-ce que la norme EN 16001 relative au management de l’énergie ?
Pour accompagner les entreprises dans leurs démarches de maîtrise de l’énergie, la norme NF EN 16001, Systèmes de
management de l’énergie, a été publiée début juillet 2009. Destinée à tout organisme, quel que soit son domaine d’activité
ou sa taille, elle a pour objectif de les aider à développer une gestion méthodique de l’énergie et à améliorer ainsi leur
efficacité énergétique. Cette norme européenne inspire déjà la future norme internationale ISO 50001.
La norme ISO 50001
La norme ISO 50001 est un modèle de management de l'énergie qui s'adresse à toutes les
organisations, petites ou grandes, publiques ou privées.
COMMENT INTÉGRER LES PRINCIPES DE RSE?
DÉFINIR UNE STRATÉGIE RSE
La définition d’une stratégie de responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) vient appuyer la démarche de développement
durable de l’entreprise sur une méthodologie rigoureuse, où des choix délibérés permettent de focaliser l’attention et les
investissements. Une stratégie RSE s’articule autour du double objectif suivant : se concentrer là où l’entreprise peut avoir de
l’influence et de l’impact sur les enjeux, focaliser les investissements là où l’entreprise peut réduire les risques et accroître les
opportunités liées à la bonne conduite des affaires. La stratégie RSE permet de mettre en lumière et d’offrir une démarche
cohérente de développement durable aux parties prenantes les plus critiques à la réussite de l’entreprise
• Conduire un diagnostic interne
• Comprendre la perspective de la direction générale sur la RSE
• Évaluer les tendances RSE influençant les marchés
• Préparer une analyse de matérialité
• Conduire une analyse de matérialité
• Évaluer l’importance d’enjeux RSE sur la performance économique
• Ajuster les ressources en fonction de l’importance d’un enjeu RSE
• Définir des thématiques prioritaires stratégiques 64 Définir une gouvernance RSE
ENGAGER LES PARTIES PRENANTES
Le dialogue avec les parties prenantes est au cœur des démarches de RSE. De nombreuses grandes entreprises ont
systématisé leur approche et la plupart des rapports de développement durable présentent une démarche d’engagement
de parties prenantes : type de parties prenantes (clients, riverains, employés, consommateurs, etc.), objectifs fixés,
démarches mises en place pour structurer un dialogue et rendre compte.
Clarifier les objectifs du dialogue avec les parties prenantes
Obtenir l’adhésion des parties prenantes internes
Définir un niveau d’ambition
Cartographier les parties prenantes
Prioriser les parties prenantes
Choisir une tactique d’engagement
Choisir un format d’engagement
Structurer une démarche d’engagement
Utiliser les médias sociaux pour échanger avec les parties prenantes
Intégrer les attentes des parties prenantes dans la stratégie RSE
Créer ou participer à des initiatives collaboratives
CRÉER UNE DÉMARCHE DE REPORTING RSE
Depuis une vingtaine d’années, le reporting extra- financier s’impose aux entreprises, pour qu’elles rendent compte de leur
performance environnementale, sociale et de gouvernance, Au- delà de la contrainte réglementaire croissante, les attentes
et les requêtes émanant des clients et des investisseurs amènent les entreprises à devoir prendre l’exercice avec sérieux,
démontrant une bonne maturité sur les sujets, mais aussi un pilotage toujours plus stratégique des enjeux, où les risques et
les opportunités induites sont pris en compte. Mettre en place un reporting RSE de qualité permet d’atteindre le double
objectif suivant : en interne, cela permet de cristalliser une bonne compréhension des enjeux extra- financiers de l’entreprise
et du plan d’action correspondant. En externe, un reporting RSE solide, humble et ouvrant au dialogue est facteur de
crédibilité, instaurant la confiance avec les parties prenantes.
• Analyser un reporting RSE existant
• Définir les sujets prioritaires pour un reporting RSE
• Définir une stratégie de reporting RSE
• Assurer la comparabilité du reporting
• Adapter le reporting au Web
• Intégrer les médias sociaux dans le reporting RSE
• Créer un portefeuille cohérent de reportings locaux
• Intégrer une perspective de parties prenantes dans le reporting
• Optimiser les cycles de collecte des données de reporting
• Réussir l’intégration du reporting RSE comme outil de pilotage
• Intégrer le reporting financier et extra- financier
ENGAGER UNE DÉMARCHE DE MARKETING ET COMMUNICATION
RESPONSABLES
Aux yeux du monde, on ne devient pas une entreprise responsable par le simple fait de déployer une stratégie RSE, aussi
élaborée soit- elle. Encore faut- il en communiquer intelligemment les tenants et les aboutissants et mettre en valeur
l’adéquation des activités à la nouvelle image véhiculée. On ne devient pas non plus performant en RSE parce qu’on a une
bonne communication : il faut bâtir la confiance dans la durée en prouvant l’effort par l’action et l’impact. L’objectif
principal du marketing et de la communication responsables est de permettre à terme, l’adhésion des parties prenantes au
projet de l’entreprise. La communication et le marketing responsables demandent un véritable changement culturel, en
développant les messages avec plus d’humilité et de transparence. Mais cela demande surtout du temps. Le marketing et
la communication responsables viennent appuyer des actions RSE (et surtout pas l’inverse !), qui elles- mêmes demandent
un temps de mise en place pour disposer des premières histoires à raconter. Il existe ensuite de formidables outils de
marketing et de communication responsables qui viendront mettre en lumière votre stratégie RSE.
• Diagnostiquer l’image de l’entreprise au regard de la RSE
• Définir des objectifs marketing et communication responsables
• Conduire un diagnostic anti- greenwashing
• Articuler le marketing autour des résultats d’une analyse du cycle de vie
• Définir une stratégie de marketing et communications responsables
• Mettre en place des actions marketing et communication responsables
• Intégrer les clients dans la démarche marketing et communication responsables
• Mesurer le retour sur investissement d’une démarche de marketing et communication responsables
GÉRER LE CHANGEMENT RSE
Réussir la mobilisation de la direction et des équipes sur les enjeux RSE de l’entreprise est une phase critique indispensable
dans toute démarche RSE. Cela demande de la persuasion, du temps, des preuves par l’exemple de l’intérêt de la
démarche, dans un contexte où la culture générale des décideurs et opérationnels sur les questions de RSE reste trop
souvent faible et où l’arbitrage entre le court terme et le long terme limite la réflexion et la capacité à prendre des
initiatives intégrant la RSE. La gestion du changement RSE exige de combiner une compréhension fine de la culture de
l’entreprise, avec une mobilisation autour d’objectifs faisant sens pour la réussite des métiers de l’entreprise, et de les
déployer selon des modalités et une temporalité cohérentes avec la vie de l’organisation. Cette gestion du changement est
une démarche de long terme. Elle doit associer des petites victoires démontrant les progrès réalisés au quotidien avec une
mesure crédible de l’impact et de la capacité de transformation de l’organisation.
• Identifier les freins au changement RSE
• Cartographier les facteurs clés porteurs de changement RSE
• Créer une vision attirant l’adhésion au changement
• Faire vivre les valeurs RSE au quotidien
• Encourager un leadership responsable
• Analyser et améliorer le système de management
• Développer les compétences RSE
• Définir des indicateurs pour piloter le changement
• Encourager l’innovation
• Animer un réseau de correspondants RSE
PILOTER UNE DÉMARCHE D’ACHATS RESPONSABLES
Dans un environnement toujours plus mondialisé, les entreprises externalisent produits et services. La fonction achat devient
on ne peut plus stratégique. Il s’agit donc pour l’entreprise de maîtriser la chaîne d’approvisionnement et d’avoir une visibilité
sur l’état de la performance RSE de ses fournisseurs, de ses sous- traitants et de ses prestataires mais également des
fournisseurs de ses fournisseurs, des sous- traitants de ses sous- traitants, etc. Un des plus grands défis de la RSE aujourd’hui
est de disposer d’une information transparente, au niveau opérationnel, financier, réglementaire, éthique, social,
environnemental et ce, sur le court et le long terme et pour l’ensemble des chaînes de valeur. Pour les entreprises, s’intéresser
à leur chaîne d’approvisionnement représente un enjeu de taille. Pour beaucoup, c’est une manière de comprendre, de
prévenir et de mieux maîtriser les risques opérationnels et les risques d’image qui peuvent se matérialiser dans des chaînes de
valeur complexes. C’est aussi une source d’opportunité de développement, de compétitivité et d’innovation pour l’entreprise.
• Clarifier les objectifs des achats responsables
Le respect des droits de l’homme est une attente des plus évidentes en matière de responsabilité des entreprises, mais la
satisfaction de ces questions demeure un sujet complexe. En France, par exemple, le droit social et la qualité du droit en
matière de protection de l’individu contre toutes sortes de violations de ses droits humains sont importants. Et pourtant, des
sujets comme la discrimination, l’égalité homme- femme, les risques psychosociaux viennent rappeler que le respect des
droits de l’homme se cultive au quotidien.
Les Principes directeurs des Nations Unies de 2011 offrent un cadre international qui vient clarifier la question de la
responsabilité des entreprises face aux droits de l’homme. Il s’agit pour les entreprises de respecter les droits de l’homme et
de participer au dédommagement des victimes en cas d’atteinte à ces droits. L’entreprise a alors intérêt à prendre la mesure
de ses impacts, à définir une stratégie dédiée et à vérifier que les mesures mises en œuvre permettent effectivement de
réduire les risques pour apporter des correctifs lorsque nécessaire. Ces réflexions permettent d’établir un dialogue constructif
avec les parties prenantes en vue d’un impact holistique sur les questions de droits de l’homme au travers des activités de
l’entreprise.
• Clarifier et donner du sens au lien entre entreprise et droits de l’homme
• Évaluer les impacts droits de l’homme au niveau « corporate », pays, site et produit
Les vingt dernières années ont vu le développement de la production de référentiels internationaux. Ces référentiels de
normalisation ont pour objectif d’encadrer et de standardiser les pratiques de RSE, que ce soient avec de grands principes
internationaux tels que les Principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises multinationales ou les Principes directeurs
des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme ; des référentiels d’engagement de progrès comme le
Global Compact des Nations Unies ; des référentiels- guides tels que les ISO 26000 ; les référentiels de management comme
ISO 14001 ou SA8000 ; des référentiels de reporting et de transparence comme le Grenelle- II ou la GRI. À noter toutefois,
que ces référentiels de normalisation sont de deux types, ceux qui ont valeur réglementaire et juridique (Grenelle- II) et ceux
qui s’établissent dans le cadre de démarches volontaires. Ces référentiels sont généralement développés dans un esprit de
progrès continu. Toutefois, bien que juridiquement non contraignants, la plupart de ces référentiels constituent un corpus
décrivant les bonnes pratiques permettant aux entreprises de prévenir les impacts négatifs liés à leurs activités, de faire
œuvre de transparence et de démontrer une maturité à décrypter et intégrer les enjeux complexes de la RSE.