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Perspectives Économiques Régionales (Avril 2023)

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FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL

PERSPECTIVES
ÉCONOMIQUES
RÉGIONALES
NOTE D’ANALYSE

AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Fragmentation géoéconomique : l’Afrique
subsaharienne prise entre les failles

AVRIL
2023
©2023 International Monetary Fund

Geoeconomic Fragmentation: Sub-Saharan Africa Caught Between the Fault Lines (French)

April 2023 Regional Economic Outlook: Sub-Saharan Africa Analytical Note

Marijn A. Bolhuis, Hamza Mighri, Henry Rawlings, Ivanova Reyes, and Qianqian Zhang (AFR).1

Édition française
Département services intégrés et équipements du FMI
Division services linguistiques, section française

AVERTISSEMENT : Les notes d’analyse du FMI visent à permettre une diffusion rapide d’analyses succinctes du
FMI sur des questions économiques essentielles auprès de ses pays membres et des décideurs en général. Les
avis qui y sont exprimés sont ceux de leurs auteurs, et ne correspondent pas nécessairement à ceux du FMI, de
son conseil d’administration ou de sa direction.

RÉFÉRENCE RECOMMANDÉE : Fonds monétaire international (FMI). 2023. « Fragmentation géoéconomique :


l’Afrique subsaharienne prise entre les failles. » Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne —
La Grande pénurie de financement, Washington, avril.

JEL Classification Numbers: F140, F430, F5, F6

Keywords: Geoeconomic fragmentation, trade, debt, foreign direct investment, aid,


economic growth.

1
REMERCIEMENTS : Les notes d’analyse de l’édition d’avril 2023 des Perspectives économiques régionales pour
l’Afrique subsaharienne (PER) ont été rédigées par les services de la division études régionales du département
Afrique du FMI, sous la direction de Wenjie Chen, Luc Eyraud et Catherine Pattillo.
Fragmentation géoéconomique :
Text for social media post, animated:

l’AfriqueSub-Saharan
1
subsaharienne
trade to include Russia and Chinaprise entre les failles
Africa has been diversifying

2 But if trade patterns fragment

Sub-Saharan Africa stands to lose


3 4% GDP
Au cours des vingt dernières années, l’Afrique subsaharienne a forgé des alliances économiques et commer-
from global economic fragmentation
ciales avec de nouveaux partenaires économiques. Cette intégration mondiale renforcée a été bénéfique à la
région au cours de cette
What période, mais
can Sub-Sahara l’apparition
African d’une fragmentation géoéconomique a mis en évidence
countries
de potentielles
4 conséquences négatives.
do to protect themselves? L’Afrique subsaharienne risque d’être la région la plus pénalisée
dans un monde + Call to action
fortement to read mais
fragmenté, the REO?
une fragmentation limitée pourrait avoir des effets bénéfiques.
Les pays doivent renforcer leur résilience face aux retombées probables d’une fragmentation et se positionner
de façon à recueillir les fruits d’éventuelles reconfigurations des échanges et des mouvements de capitaux.

La fragmentation
économique mondiale
pourrait se traduire
par une baisse de

4%
du PIB en AfSS
2 PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE — NOTE D’ANALYSE

L’Afrique subsaharienne a bénéficié de l’expansion


des liens économiques au cours des vingt dernières années
La région a tissé de nouveaux liens économiques avec des partenaires non traditionnels au cours des vingt der-
nières années. Poussée par les vents de la mondialisation chinoise depuis le début des années 2000, la valeur des
exportations d’Afrique subsaharienne vers la Chine a été multipliée par dix au cours de cette période, en grande
partie grâce aux exportations de pétrole1. La Chine s’est également avérée une source considérable de financement
extérieur2. En revanche, la valeur du total de la dette extérieure envers les États-Unis et l’Union européenne (UE) a
diminué d’environ 30 % par rapport à ses niveaux records du milieu de la première décennie 2000. Parallèlement,
les flux d’aide, provenant principalement des États-Unis et de l’UE, ont diminué pour passer d’environ 6 % du PIB
des pays bénéficiaires dans les années 90, leurs niveaux les plus élevés, à seulement 2,5 % en moyenne au cours
des dix dernières années. Les États-Unis et l’UE fournissent toujours l’essentiel de l’encours des investissements di-
rects étrangers (IDE) dans la région, la Chine n’en représentant que 6 % à la fin de 2020. Dans l’ensemble, l’Afrique
subsaharienne est désormais pratiquement autant liée à ses partenaires traditionnellement prédominants (États-
Unis et UE) qu’à ses nouveaux partenaires (Chine, Inde, entre autres ; graphique 1).

Dans l’ensemble, l’expansion et la diversification des liens économiques ont été bénéfiques à la région au cours
de ces vingt dernières années. L’ouverture commerciale de la région (mesurée par le total des importations et
des exportations en pourcentage du PIB) a doublé, passant de 20 % du PIB avant 2000 à environ 40 %. Conjugué
à la vigueur des cours des produits de base, entre autres facteurs, ce doublement a contribué au décollage de

Graphique 1. Afrique subsaharienne : indice agrégé des liens économiques

Partenaires économiques traditionnels


Partenaires économiques traditionnels Nouveaux partenaires économiques
Nouveaux partenaires économiques

2000–02 2000–02 2017–19 2017–19

Sources : Banque mondiale, base de données des Statistiques sur la dette internationale ; base de données de l’enquête coordonnée sur
l’investissement direct ; FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale ; Organisation de coopération et de développe-
ment économiques ; Aide publique au développement ; calculs des services du FMI.
Note : Cet indice comporte trois dimensions économiques — ouverture des échanges, flux extérieurs (entrées d’investissements directs
étrangers et d’aide publique au développement) et dette extérieure totale — chacune représentant un tiers de la pondération totale.
Chaque dimension est calculée en pourcentage du total des liens avec l’Arabie saoudite, la Chine, les Émirats arabes unis, les États-Unis,
l’Inde, la Russie et l’Union européenne, qui sont les principaux partenaires économiques. Plus la couleur est foncée, plus les liens sont forts
entre l’Afrique subsaharienne et le groupe respectif de partenaires ; plus la couleur est claire, plus les liens sont à égalité entre la région
et chacun des groupes.

1
Les exportations de pétrole représentent plus de la moitié du total des exportations de marchandises de la région vers la Chine, mais
seulement un tiers de ses exportations de marchandises vers le reste du monde.
2
En 2020, environ 10 % du total de la dette extérieure de l’Afrique subsaharienne (y compris la dette contractée et garantie par l’État, la dette
privée, l’utilisation du crédit du FMI et la dette à court terme) étaient financés par la Chine, selon la base de données de la Banque mondiale
relative aux statistiques sur la dette internationale. Toutefois, la Chine est le plus grand créancier public bilatéral de la région, représentant
près de 60 % du total de la dette publique bilatérale de la région.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL • AVRIL 2023


FRAGMENTATION GÉOÉCONOMIQUE : L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE PRISE ENTRE LES FAILLES 3

la croissance au cours de cette période, rehaussant les niveaux de vie et stimulant le développement, avant que
ne survienne l’effondrement des cours des produits de base en 2014–15 (Perspectives économiques régionales :
Afrique subsaharienne, avril 2015).

La montée récente des tensions géopolitiques


a eu des retombées négatives sur la région
En conséquence de cette intégration économique renforcée, Figure 2. Sub-Saharan Africa: Harmful Trade
Graphique 2. Indice des restrictions
l’Afrique subsaharienne est devenue plus sensible aux chocs Restrictions Index
commerciales préjudiciables
mondiaux. Dans la mesure où nombre des pays de la région
(Index 2008 = 100)
(Indice, 2008 = 100)
sont très dépendants des importations de denrées alimen-
taires, d’énergie et d’engrais, celle-ci a subi l’une des pires 1 200
crises du coût de la vie depuis des décennies lorsque les 1 000
cours mondiaux des produits de base sont montés en flèche
en 2022 à la suite de la guerre en Ukraine, venant s’ajouter 800 Monde Afrique subsaharienne

aux effets de la pandémie de COVID-19. 600

La recrudescence des tensions mondiales se répercute sur 400


la région. La récente montée du protectionnisme, y com-
200
pris en Afrique subsaharienne, menace d’éliminer les acquis
de l’intégration (graphique 2). Plusieurs pays actuellement 0
confrontés à une aggravation des facteurs de vulnérabilité 2009 2012 2015 2018 2021

de la dette ont vu leur parcours de restructuration de l’en- Sources : Global Trade Alert (2022) ; calculs des services du FMI.
dettement entravé par des problèmes de coordination au Note : Les restrictions commerciales préjudiciables désignent
sein d’un groupe très diversifié de créanciers, et ces pro- les mesures qui dissuadent le commerce international,
notamment les mesures contingentes de protection des
blèmes pourraient être exacerbés si la fragmentation géo- échanges, les subventions (à l’exclusion des subventions à
économique s’accentuait. l’exportation), les mesures tarifaires, l’octroi non automatique
de licences, les quotas et les mesures d’investissement liées
au commerce. « Monde » correspond au nombre total de
Toutefois, les manifestations de ce morcellement géo- restrictions préjudiciables mises en œuvre dans le monde.
économique restent limitées dans la région, qui est davan- « Afrique subsaharienne » correspond au nombre total de
tage spectatrice pour le moment3. Lors du vote de la réso- restrictions commerciales mondiales qui affectent au moins un
pays de la région. Les deux totaux ont été normalisés à 100 pour
lution de l’ONU au lendemain de l’invasion de l’Ukraine par l’année de référence 2008.
la Russie, les pays d’Afrique subsaharienne se sont montrés
divisés, la moitié d’entre eux réprouvant l’invasion, alors que l’autre moitié ne la condamnait pas ou s’est abstenue de
se prononcer. Dans certains pays confrontés à des situations difficiles en matière de sécurité, notamment ceux de la
région du Sahel, des groupes de sécurité privés liés à la Russie ont été signalés, ce qui pourrait compliquer les rela-
tions de certains de ces pays avec leurs alliés traditionnels, comme la France, qui a retiré ses troupes du Mali en 2022.

L’Afrique subsaharienne risque d’être la région


la plus pénalisée dans un monde fortement fragmenté
Dans le scénario le plus défavorable d’un monde totalement divisé en deux blocs commerciaux isolés, l’Afrique sub-
saharienne serait particulièrement touchée, car elle perdrait l’accès à une grande partie de ses partenaires commer-
ciaux actuels. Environ la moitié de la valeur du commerce actuel de la région avec le reste du monde serait affectée
dans un scénario où le monde serait divisé en deux blocs commerciaux, l’un constitué autour des États-Unis et de
l’UE et l’autre, autour de la Chine (graphique 3). Dans ce scénario, les pays qui échangent davantage avec les États-
Unis qu’avec la Chine sont affectés au bloc États-Unis/UE et ceux qui commercent davantage avec la Chine sont af-
fectés au bloc Chine. À titre d’illustration, dans ce scénario le plus défavorable de fragmentation géoéconomique,

3
La fragmentation géoéconomique est définie comme une inversion de l’intégration sous l’effet des politiques publiques, souvent guidées
par des considérations stratégiques (FMI, 2023).

AVRIL 2023 • FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


4 PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE — NOTE D’ANALYSE

les flux commerciaux s’ajusteraient au fil du temps. Mais, à mesure que la région perdrait l’accès aux principaux
marchés à l’exportation et connaîtrait une hausse des prix à l’importation, le pays médian d’Afrique subsaharienne
devrait s’attendre à enregistrer une baisse permanente de 4 % du PIB réel après dix ans, par rapport à un scénario
de référence sans fragmentation (graphique 4). Les pertes estimées sont inférieures à celles subies durant la pan-
démie de COVID-19, mais supérieures à celles ayant suivi la crise financière mondiale de 2007–08. Ces baisses sont
plus prononcées dans les pays davantage intégrés au commerce mondial et dans ceux qui commerçaient initiale-
ment le plus avec le bloc avec lequel ils rompent leur relation.

Graphique 3. Commerce à risque de Graphique 4. Estimation des effets sur le PIB réel
fragmentation géoéconomique dans le cadre de deux scénarios
(En pourcentage du total du commerce international) (En pourcentage)
60 1

50 0

40 –1
30 –2
20
–3
Fragmentation géoéconomique
10
–4 Découplage stratégique
0
Hémisphère Asie et Europe Moyen-Orient Afrique –5
Afrique subsaharienne Monde
occidental Pacifique et Afrique subsaharienne
du Nord
Sources : Bolhuis et al., 2023 ; calculs des services du FMI.
Sources : base de données Eora sur les chaînes d’approvisionne- Note : Les barres montrent les pertes annuelles pour le pays médian
ment mondiales ; calculs des services du FMI. après dix ans par rapport à un scénario de référence sans frag-
Note : Le commerce à risque se rapporte aux exportations et mentation. Dans le scénario de « fragmentation géoéconomique »
aux importations à destination et en provenance d’un autre bloc, le plus défavorable, tous les échanges sont rompus entre les
dans un scénario de « fragmentation géoéconomique » où tous pays du bloc États-Unis/UE et ceux du bloc Chine. Les pays qui
les échanges sont rompus entre les pays du bloc États-Unis/UE et commercent davantage (importations et exportations en 2019)
ceux du bloc Chine. Les pays qui échangent davantage (importa- avec les États-Unis qu’avec la Chine sont placés dans le bloc
tions et exportations en 2019) avec les États-Unis qu’avec la Chine États-Unis/UE, et vice versa. Dans le cadre d’un scénario moins
sont placés dans le bloc États-Unis/UE, et vice versa. défavorable de « découplage stratégique », les liens commerciaux
sont rompus uniquement entre la Russie et les États-Unis/UE, et
tous les échanges sont arrêtés entre les États-Unis/UE et la Chine
dans les secteurs de haute technologie, conduisant à une certaine
réorientation des flux commerciaux vers l’Afrique.

Les perturbations des mouvements de capitaux et des transferts de technologie pourraient entraîner des pertes
supplémentaires. Indépendamment des résultats de la simulation du commerce, dans un monde où les pays se-
raient amenés à bloquer les mouvements de capitaux avec l’un ou l’autre des blocs, ce qui correspond au scénario
précédent, le plus défavorable, la région pourrait perdre environ 10 milliards de dollars d’entrées d’IDE et d’aide
publique au développement, soit l’équivalent d’un demi-pourcent du PIB par an, selon une estimation moyenne sur
la période 2017–19. À long terme, les restrictions commerciales et la baisse des IDE pourraient également entraver
la croissance tirée par les exportations et les transferts de technologie dont la région a tant besoin.

Tout n’est pas sombre, toutefois, et des scénarios de recomposition géopolitique plus modérée pourraient faire
émerger de nouveaux partenariats commerciaux pour la région. Dans un scénario où les liens sont rompus unique-
ment entre la Russie et les États-Unis/l’UE, tandis que les pays d’Afrique subsaharienne continuent de commercer
librement (ce que l’on appelle le « découplage stratégique »), les flux commerciaux seraient partiellement détournés
vers le reste du monde, et le commerce à l’intérieur de la région de l’Afrique subsaharienne pourrait augmenter.
Dans la mesure où un certain nombre de pays africains bénéficieraient de l’accès à de nouveaux marchés à l’expor-
tation et d’une baisse des prix des importations, la région dans son ensemble ne subirait pas de perte du PIB par
rapport au scénario de référence (graphique 4). Les pays exportateurs de pétrole fournissant de l’énergie à l’Eu-
rope seraient particulièrement gagnants dans un tel scénario.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL • AVRIL 2023


FRAGMENTATION GÉOÉCONOMIQUE : L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE PRISE ENTRE LES FAILLES 5

Renforcer la résilience face aux éventuelles retombées de la fragmentation


Afin de renforcer la résilience, il convient d’intensifier l’intégration régionale et d’accroître la disponibilité des res-
sources intérieures pour contrecarrer les éventuels chocs extérieurs :

y Renforcer l’intégration commerciale régionale en cours dans le cadre de la Zone de libre-échange continen-
tale africaine (ZLECAf) pourrait contribuer à renforcer la résilience face aux chocs extérieurs (ElGanainy et al., à
paraître). Pour y parvenir, il conviendra de réduire les barrières commerciales tarifaires et non tarifaires, de ren-
forcer l’efficacité des douanes, de tirer parti de la dématérialisation et de combler les lacunes en matière d’in-
frastructures. Donner la priorité à l’amélioration de la qualité des institutions, en particulier du cadre réglemen-
taire, est un moyen efficace d’encourager la participation du secteur privé dans le domaine des infrastructures.
y Approfondir les marchés financiers intérieurs permet d’élargir les sources de financement et d’atténuer la vola-
tilité liée à une dépendance excessive aux entrées de capitaux étrangers. En modernisant l’infrastructure des
marchés financiers intérieurs, notamment grâce à la dématérialisation, la transparence et la réglementation,
et en diversifiant les produits financiers, les pays d’Afrique subsaharienne peuvent renforcer l’inclusion finan-
cière, élargir leur base d’investisseurs nationaux et augmenter leur attrait aux yeux d’un plus grand nombre
d’investisseurs extérieurs.
y Accroître les recettes intérieures est fondamental pour réduire la proportion de recettes budgétaires liées aux
produits de base et réduire les obstacles qui freinent les dépenses sociales et les dépenses d’infrastructures.
Pour que les mesures visant à accroître les recettes soient couronnées de succès, il importe de procéder à des
réformes à la fois de l’administration et de la politique fiscales, notamment d’élargir l’assiette des taxes sur la
valeur ajoutée et de tirer parti de la dématérialisation dans le recouvrement de l’impôt.

Les pays de la région peuvent également se positionner stratégiquement pour tirer parti de la réorientation des
échanges et des éventuels nouveaux flux d’IDE. Compte tenu des liens hétérogènes de la région avec les puis-
sances mondiales et de la dépendance d’un certain nombre de pays envers les exportations de produits de base,
ce positionnement est propre à chaque pays.

y Instaurer un environnement favorable aux IDE permettrait aux pays de tirer parti de la « relocalisation en pays
amis » (friendshoring), grâce à laquelle les pays réorganisent leurs chaînes d’approvisionnement mondiales en
choisissant des partenaires partageant les mêmes valeurs. De telles mesures pourraient être favorisées par
une amélioration de l’environnement des affaires, notamment en diminuant les barrières à l’entrée, réglemen-
taires et fiscales. Dissiper l’incertitude entourant les politiques publiques intérieures, notamment en amélio-
rant la gouvernance, pourrait réduire le niveau de risque perçu du pays et contribuer à attirer davantage d’in-
vestissements étrangers.
y Identifier et développer les secteurs susceptibles de bénéficier de la réorientation des échanges pourrait aider
les pays à augmenter au maximum leurs chances d’en recueillir les fruits. Les exportateurs de produits de base
de la région, par exemple, pourraient éventuellement supplanter la part de marché de la Russie en Europe dans
le domaine énergétique, même s’il faudra toujours que les pays utilisent à bon escient les éventuelles recettes
exceptionnelles et constituent des réserves, à mesure que le monde s’oriente vers la transition verte. Les pays
peuvent également se tourner vers les organismes de promotion des échanges pour les aider à identifier les
opportunités potentielles, renforcer les compétences et les capacités des exportateurs et, en fin de compte,
réorienter la production pour profiter de nouveaux flux commerciaux. La région peut tirer parti de son abon-
dante main-d’œuvre et de ses ressources agricoles pour devenir l’usine du monde et le principal exportateur
de produits alimentaires, à condition d’entreprendre les investissements nécessaires dans le capital humain
et les pratiques agricoles durables.

Enfin, les institutions multilatérales doivent veiller à ce que l’intégration économique continue d’agir comme un
moteur de croissance pour tous les pays. Elles peuvent faciliter le dialogue en mettant en avant les avantages de
l’intégration mondiale, en soulignant les coûts qu’entraînent les pratiques protectionnistes et en promouvant une
coopération multilatérale dans les domaines d’intérêt commun, notamment la sécurité alimentaire, le changement
climatique et la résolution de la dette.

AVRIL 2023 • FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


6 PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE — NOTE D’ANALYSE

Bibliographie :
Bolhuis A. Marijn, Jiaqian Chen and Benjamin Kett. 2023. “Fragmentation in Global Trade: Accounting for
Commodities.” IMF Working Paper 073/2023, International Monetary Fund, Washington, DC.

International Monetary Fund (IMF). 2023. “Geoeconomic Fragmentation and the Future of Multilateralism.”
Staff Discussion Note 001/2023, International Monetary Fund, Washington, DC.

ElGanainy Asmaa, Hakobyan Shushanik, Liu, Weisfeld Hans, and Ali Abbas, Céline Allard, Hippolyte Balima,
Céline Bteish, Rahul Giri, Daniel Kanda, Benjamin Kett, Sergii Meleshchuk, Megan Pohl, Gustavo Ramirez,
and Robert Zymek. Forthcoming. “Trade Integration in Africa—Unleashing the Continent’s Potential in a
Changing World.” IMF Departmental Paper, International Monetary Fund, Washington, DC.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL • AVRIL 2023

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