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Identification des tortues dans le commerce

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GUIDE D’IDENTIFICATION

TORTUES TERRESTRES
ET TORTUES D’EAU DOUCE:

Parties et produits
dans le commerce

i
Auteur : Jonathan E. Kolby

Conseiller technique : Peter Paul van Dijk


Réviseur : Bruce Weissgold
Traduction française : Danièle Devitre

© 2021 Secrétariat CITES. Tous droits réservés. Aucune partie de cet ouvrage ne peut être reproduite
sans autorisation du Secrétariat CITES.

ILLUSTRATIONS DE COUVERTURE
Boîte de médicaments © Rickey Tome/ USFWS
Masque fait avec une carapace de tortue © Fotokon / [Link]
Os de tortue à carapace molle © Tse Chung Yi / (CC-BY-NC)
[Link]/observations/18691496

CLAUSE DE NON-RESPONSABILITÉ
Les appellations géographiques employées dans cette publication n’impliquent de la part du
Secrétariat CITES (ou du Programme des Nations Unies pour l’environnement) aucune prise de
position quant au statut juridique des pays, territoires ou zones, ou du tracé de leurs frontières
ou limites. La responsabilité du contenu de ce document incombe uniquement à son auteur, ses
conseillers et ses réviseurs.

FINANCEMENT
Ce guide a pu être publié grâce au soutien financier accordé par le Royaume-Uni de Grande-Bretagne
et d’Irlande du Nord au Programme stratégique 2016-2020 de l’ICCWC pour la mise en œuvre de la
décision 18.288 sur les Tortues terrestres et tortues d’eau douce (Testudines spp.).
La traduction en français de ce guide a été rendue possible grâce au soutien du “U.S Fish & Wildlife
Service”.

PROFIL DE L’AUTEUR
L’auteur de ce guide, Jonathan E. Kolby, est un ancien inspecteur de la faune de l’Office of Law
Enforcement du Fish & Wildlife Service (USFWS) des États-Unis et ancien spécialiste des politiques
relatives à la CITES au sein de la division de l’organe de gestion de l’USFWS. Il travaille actuellement
comme spécialiste scientifique et consultant indépendant en matière de commerce des espèces
sauvages.

i
REMERCIEMENTS
Peter Paul van Dijk, en sa qualité de conseiller technique et Bruce Weissgold dans le rôle de réviseur
de ce guide ont supervisé et peaufiné le contenu de l’ouvrage. Nous sommes reconnaissants au
personnel du Secrétariat CITES qui n’a ménagé ni son soutien ni ses contributions et en particulier,
à Barend Janse Van Rensburg et Johannes Stahl. Nous remercions aussi l’Office of Law Enforcement
(OLE) de l’USFWS pour son appui. Barry W. Baker et Mary K. Curtis du National Fish and Wildlife
Forensic Laboratory de l’USFWS OLE nous ont communiqué des informations utiles pour
l’identification et les analyses, tandis que Rickey Tome et Raymond Hernandez du Wildlife Inspection
Program de l’USFWS OLE nous ont fourni des contributions et des photographies supplémentaires.
Sneha Dharwadkar et Katie G. Garrett ont révisé et corrigé très utilement certaines parties de ce
guide. Nous avons aussi eu le soutien de Kadoorie Farm & Botanic Garden. Nous exprimons notre
gratitude à tous ceux qui ont contribué à la diversité des illustrations et grâce auxquels ce guide est
riche en informations visuelles et agréable à consulter. Nous remercions aussi tout particulièrement
les nombreux utilisateurs de iNaturalist qui nous ont confié certaines des photographies illustrant de
ce guide.

Concept et graphiques de Katie G. Garrett.

CITATION SUGGÉRÉE
Kolby, J. E. (2021). Guide d’identification des tortues : Parties et produits dans le commerce. Commandé
par le Secrétariat CITES, Genève, Suisse.

ii
TABLE DES MATIÈRES :

INTRODUCTION............................................................................................... 1

CHAPITRE 1 : LE COMMERCE DES PARTIES ET PRODUITS


DE TORTUES........................................................................... 9

CHAPITRE 2 : LES CATÉGORIES DE PARTIES ET PRODUITS


DE TORTUES DANS LE COMMERCE..................................15
CHAPITRE 2.1 : LES CARAPACES DE TORTUES......................................... 17
CHAPITRE 2.2 : LES OS DE TORTUES..........................................................52
CHAPITRE 2.3 : LE CARTILAGE DE TORTUE...............................................55
CHAPITRE 2.4 : LA VIANDE DE TORTUE ....................................................58
CHAPITRE 2.5 : LES ŒUFS DE TORTUE......................................................65
CHAPITRE 2.6 : LE CUIR DE TORTUE ..........................................................70
CHAPITRE 2.7 : LES MÉDICAMENTS............................................................. 76
CHAPITRE 2.8 : LES SPÉCIMENS SCIENTIFIQUES ET DE MUSÉE........85

CHAPITRE 3 : AUTRES RESSOURCES D’IDENTIFICATION.....................86


CHAPITRE 3.1 : CONSULTATION DE SPÉCIALISTES................................ 87
CHAPITRE 3.2 : ANALYSE DE LABORATOIRE.............................................88
CHAPITRE 3.3 : AUTRES RESSOURCES PUBLIÉES...................................90

CRÉDITS ET RÉFÉRENCES............................................................................91

iii
INTRODUCTION

Le présent guide est le fruit des efforts de mise en œuvre de la décision 18.288 de la
Conférence des Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de
faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) sur les tortues terrestres et les
tortues d’eau douce, qui charge le Secrétariat CITES d’élaborer « un guide des catégories
de parties et produits de tortues dans le commerce à l’intention des organismes nationaux
chargés de l’application des lois sur les espèces sauvages, afin de les sensibiliser au
commerce de ces types de spécimens, pour permettre une reconnaissance initiale de ces
spécimens et fournir des orientations sur d’autres ressources et experts pouvant être
consultés aux fins d’identification. »

Le but premier de ce guide est d’aider les organismes nationaux chargés de l’application
des lois sur les espèces sauvages à reconnaître et identifier les parties de corps et les
produits de tortues terrestres et de tortues d’eau douce qui font l’objet de commerce, en
particulier lorsqu’ils n’ont pas affaire à un animal entier. Le guide comprend aussi des
informations sur les tortues marines parce qu’elles continuent d’être affectées par le
commerce illégal et met, en outre, en évidence les différences entre certains groupes de
tortues que l’on peut trouver dans le commerce.

Chaque année, ce sont des millions de tortues qui sont concernées par le commerce
mondial, légal et illégal. Faute d’être rigoureusement suivi, réglementé et réprimé pour
faire en sorte qu’il reste légal et durable, un tel volume de commerce est une menace
considérable pour la conservation des espèces. La plupart des espèces de tortues
sont protégées au niveau national ou international, ou dans les deux cas. Ce guide a
pour mission de permettre une identification et un enregistrement plus fréquents des
envois de parties et produits de tortues ainsi que la poursuite des enquêtes lorsqu’il y a
suspicion de viol des lois ou des règlements.

Le commerce de parties et produits de tortues peut revêtir différentes formes et comme


il est difficile de reconnaître les spécimens, une bonne partie de ce commerce ne semble
pas être détectée, faute de connaissances et de vigilance.

1
INTRODUCTION

Suite à l’introduction, le premier chapitre de ce guide résume le commerce récent de


ces spécimens et le deuxième chapitre décrit chaque catégorie de parties et produits de
tortues généralement commercialisés, notamment la carapace, les os, le cartilage (ou
calipée), la viande, les œufs, le cuir, les médicaments et les spécimens scientifiques et
de musée. Savoir si certains de ces articles proviennent d’une tortue terrestre ou d’une
tortue d’eau douce, ou encore d’une tortue marine, est parfois difficile, de sorte que
pour les identifier et confirmer l’identification, il peut être nécessaire de consulter un
spécialiste, par exemple en envoyant des échantillons à un laboratoire scientifique pour
une analyse morphologique ou génétique. Le troisième chapitre de ce guide contient
un répertoire d’autres sources d’identification, comprenant des laboratoires d’analyses
génétiques et morphologiques, des spécialistes que l’on peut consulter et une liste
d’autres références relatives aux tortues.

Tout au long de ce guide, nous utilisons le terme « tortues » pour faire référence, de
manière générale, à toutes les espèces de l’ordre des Testudines qui comprend les tortues
d’eau douce, les tortues terrestres et les tortues marines. Par souci de cohérence avec
le langage des décisions 18.286 - 18.291 de la CITES, sur les Tortues terrestres et tortues
d’eau douce (Testudines spp.) qui sont à l’origine du présent ouvrage, les termes « tortues
terrestres et tortues d’eau douce » sont parfois utilisés lorsqu’ils font référence aux
espèces terrestres et d’eau douce de l’ordre des Testudines et excluent spécifiquement
toutes les tortues marines (familles Cheloniidae et Dermochelidae).

Pour l’inspection d’une tortue vivante ou d’une bonne partie d’un spécimen complet, il
est recommandé d’utiliser le guide détaillé, mentionné ci-dessous, pour identifier l’animal
aux niveaux du genre et de l’espèce, dans toute la mesure du possible :

Guide d’identification CITES – Tortues : Guide d’identification des tortues protégées


par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d’extinction / Une initiative d’Environnement Canada et de PROFEPA
(SEMARNAP). Ottawa : Environnement Canada, 1999.

2
INTRODUCTION

Ce guide d’identification peut être téléchargé ici.

Veuillez noter que le guide mentionné ci dessus décrit uniquement les espèces
qui étaient inscrites à la CITES au moment de sa publication, en 1999, et que de
nombreuses autres espèces ont été, depuis, ajoutées aux Annexes de la CITES. Toutes
les espèces inscrites actuellement aux Annexes de la CITES se trouvent dans la Liste des
espèces CITES mise à jour et des informations détaillées sur chacune d’elles peuvent
être consultées sur le site web Species+. Pour d’autres ressources d’identification des
espèces, veuillez consulter le Chapitre 3 du présent guide.

3
INTRODUCTION

Les tortues : qui sont elles ?

Les tortues sont des reptiles dont une des caractéristiques est de posséder une
carapace osseuse, avec parfois des zones importantes de cartilage flexible (par exemple,
les tortues à carapace molle), enfermant le corps, qui distingue ces animaux de tous les
autres. Les tortues sont classées dans l’ordre des Testudines, classe Reptilia.

Figure 1 Tortue d’Hermann (Testudo hermanni)

La diversité des tortues

L’ordre des Testudines comprend actuellement 14 familles vivantes de tortues


(TTWG 2017). Chacune a des caractéristiques physiques uniques ainsi qu’une
morphologie corporelle distinctive et des différences dans la carapace qui permettent
parfois de les reconnaître et de les identifier. La figure 2 présente un arbre de
l’évolution de la diversité des familles de tortues, illustré par des formes de carapace
représentatives et mentionnant le statut CITES actuel des espèces.

4
INTRODUCTION

Figure 2 Arbre de l’évolution présentant les 14 familles vivantes de Testudines


et certaines espèces inscrites à la CITES.
5
INTRODUCTION

Note sur la terminologie

En anglais, le mot « tortoise » désigne les espèces principalement terrestres et le mot


« turtle » les espèces aquatiques, tandis qu’en français, le terme « tortue » s’applique
aussi bien aux espèces terrestres que d’eau douce et marines. Du point de vue
scientifique, les tortues terrestres ne sont qu’une seule des 14 familles de reptiles à
carapace qui constituent actuellement l’ordre des Testudines.

L’ordre des Testudines

Tortues

Tortues terrestres

Dans beaucoup de langues on s’abstient de faire une distinction entre les tortues
terrestres et les tortues aquatiques, préférant parler surtout d’espèces « à carapace
molle » et d’espèces « à carapace dure ». Pour éviter toute confusion, nous avons choisi,
dans ce guide, d’utiliser le terme « tortues » en référence à l’ordre des Testudines.

6
INTRODUCTION

Certains dictionnaires traduisent parfois les mêmes noms locaux par « tortoise » au
lieu de « turtle », en anglais, même si l’espèce n’est pas techniquement dans la famille
des Testudinidae, les tortues terrestres (« tortoises »). Il faut donc être très prudent au
moment d’assigner le nom scientifique. Il peut aussi y avoir un risque de confusion car
le nom latin de l’ordre (Testudines) est semblable à celui de la famille (Testudinidae)
des tortues terrestres (« tortoises »). Nous en parlerons en détail dans le Chapitre 2.7.

Il convient aussi de noter qu’en anglais le mot « terrapin » est un nom commun
largement utilisé pour décrire de nombreuses tortues d’eau douce mais qu’il
ne s’applique pas à un groupe taxonomique particulier. De nombreuses espèces
dénommées « terrapin » appartiennent soit à la famille des Geoemydidae soit à celle des
Emydidae.

7
INTRODUCTION

Glossaire

Dossière : partie supérieure (dorsale) d’une carapace de tortue

Plastron : partie inférieure (ventrale) d’une carapace de tortue

Pont : os et/ou tissus ligamenteux qui relient la carapace au plastron sur les côtés

Sutures : jointures où sont fusionnées les plaques osseuses d’une carapace de tortue

Calipée : terme parfois utilisé pour désigner le cartilage qui se trouve à l’intérieur du
plastron des tortues marines et des tortues à carapace molle, ainsi que le cartilage qui
forme la marge postérieure de la carapace des tortues à carapace molle

Scutelles : plaques cornées de kératine qui couvrent souvent la surface externe des
carapaces de tortues

Sulcus (pluriel : sulci) : sillon limitant une scutelle et restant souvent visible à la
surface de l’os lorsque celui-ci est retiré de la carapace

Carène : crête osseuse longeant le dos de la carapace de certaines tortues, du cou à la


queue. Selon l’espèce, il peut y avoir une, deux, ou trois carènes

8
CHAPITRE 1 :
LE COMMERCE DES PARTIES
ET PRODUITS DE TORTUES

9
LE COMMERCE

Il y a actuellement dans le monde, 341 espèces connues de tortues terrestres et


de tortues d’eau douce et sept espèces de tortues marines (Rhodin et al. 2017). De
nouvelles espèces sont régulièrement décrites et la taxonomie reconnue pourrait
changer. Au moment de la préparation du guide (février 2021), 182 espèces de tortues
sont inscrites aux Annexes de la CITES et des permis ou certificats CITES valables sont
requis pour le commerce international de ces espèces (Figure 3).

Figure 3

Le commerce de parties et produits de tortues est régi par un ensemble de règlements


propres à chaque nation et 163 pays au moins, pour la plupart des Parties à la CITES,
possèdent des espèces de tortues terrestres et de tortues d’eau douce inscrites aux
Annexes de la CITES. Près de la moitié des 341 espèces de tortues terrestres et tortues
d’eau douce ne sont pas inscrites à la CITES, mais cela n’empêche pas les Parties à la
CITES et les non Parties de leur appliquer également les réglementations nationales qui

10
LE COMMERCE

régissent le commerce. Si l’on peut dire que les espèces inscrites à l’Annexe II de la CITES
font l’objet d’un commerce illégal lorsque les dispositions requises ne sont pas remplies,
on peut aussi dire que les espèces non inscrites à la CITES font l’objet d’un commerce
illégal si les lois nationales sont violées. En conséquence, dans les registres du commerce
légal et illégal de ces reptiles, il y a aussi bien des espèces inscrites que non inscrites à la
CITES.

Le commerce illégal concerne au moins 145 espèces de tortues terrestres et de tortues


d’eau douce vivantes, notamment 124 espèces inscrites aux Annexes de la CITES.
Les parties et produits des espèces de dix, au moins, des 14 familles de l’ordre des
Testudines ont fait l’objet de commerce illégal (document CITES CoP17 Doc. 73). Il est
plus rare d’identifier les espèces lorsqu’il s’agit d’un commerce de parties et produits
de tortues terrestres et de tortues d’eau douce que lorsqu’il s’agit d’animaux vivants. En
effet, dans le premier cas, les spécimens ont rarement les caractéristiques diagnostiques
clés indispensables pour une identification plus précise. Il s’ensuit que le commerce
illégal n’est souvent enregistré qu’au niveau de l’ordre ou de la famille, que les rapports
notent la présence d’ingrédients dérivés de tortues mais permettent difficilement
d’évaluer l’impact de ce commerce sur la conservation de chaque espèce touchée.

Les tortues sont l’un des groupes d’animaux les plus menacés du monde. La figure 4
présente un résumé de l’état de conservation de 250 espèces de tortues qui ont été
évaluées pour la Liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la
conservation de la nature (UICN).

11
LE COMMERCE

Pourcentages d’espèces de tortues évaluées


par catégorie de la Liste rouge de l’UICN.

Figure 4

En 2016, le Groupe de spécialistes des tortues terrestres et des tortues d’eau douce
(TFTSG) de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) de l’UICN a publié un
rapport en annexe 2 du document CITES CoP17 Doc. 73, qui résume le commerce
illégal des tortues terrestres et des tortues d’eau douce en s’appuyant sur les rapports
de saisies de 2000 à 2015. Cette activité prend deux formes principales : les animaux
vivants commercialisés essentiellement en tant qu’animaux exotiques de compagnie ou
pour l’alimentation, et les parties et produits de tortues terrestres et de tortues d’eau
douce pour l’alimentation, la médecine, la décoration et bien d’autres usages. En 15 ans,
au moins 3562 saisies pour commerce illégal ont été enregistrées (Figure 5).

12
LE COMMERCE

Commerce illégal de tortues terrestres et de


tortues d’eau douce, de 2000 à 2015 :

Animaux vivants

2561 = 303774
saisies animaux

Parties et
produits 78818
articles
1001 = =
1,001 +
seizures
saisies
2113 kg

Figure 5 Ces rapports de saisie concernent au moins 145 espèces différentes de


tortues terrestres et de tortues d’eau douce, représentant près de 45 % de toutes les
espèces connues. Parmi elles, 124 espèces inscrites aux Annexes de la CITES ont été
identifiées (CITES CoP17 Doc. 73 Annexe 2) lors des saisies.

Concernant le commerce illégal de parties et produits de tortues terrestres et de


tortues d’eau douce, déclaré de 2000 à 2015, environ 60 % des rapports de saisie ont
été signalés par les États Unis d’Amérique et la Nouvelle Zélande, représentant chacun
près de 30 % des incidents déclarés. Le principal pays d’origine de ce commerce était
la Chine. La place prépondérante de la Nouvelle Zélande et des États Unis comme
principaux pays d’importation, dans les rapports de saisie, traduit des efforts intenses

13
LE COMMERCE

et constants de lutte contre la fraude et de communication plutôt que l’absence de


commerce illégal semblable dans d’autres pays de destination. Collectivement, ces
documents portant sur des cas de saisie représenteraient au moins 10 000 tortues
terrestres et tortues d’eau douce commercialisées illégalement même si le nombre réel
est probablement bien plus élevé (CITES CoP17 Doc. 73 Annexe 2).

Nombre de cas de saisie de parties et produits


de tortues terrestres et de tortues d’eau douce
déclarés dans le monde entier.
Cas

Année

Figure 6 * Les rapports soumis étaient incomplets pour 2014 et 2015 au moment où
l’ensemble de données a été mis à disposition pour analyse. En conséquence, les
chiffres correspondant à ces années pourraient être plus élevés que ne l’indique le
graphique. Source : CITES CoP17 Doc. 73 Annexe 2, Figure 5.

14
CHAPITRE 2 :
LES CATÉGORIES DE PARTIES
ET PRODUITS DE TORTUES
DANS LE COMMERCE

15
Guide des catégories

16
CHAPITRE 2.1 :
LES CARAPACES DE TORTUES
La carapace d’une tortue se compose de la dossière, partie supérieure (dorsale) de la
carapace et du plastron, partie inférieure (ventrale) de la carapace. Ces deux parties
sont reliées de chaque côté du corps par des zones osseuses ou des tissus ligamenteux
formant ce que l’on appelle le pont (Figure 7).

Figure 7 Section transversale d’une tortue montrant la dossière


(vert) et le plastron (violet).

La dossière et le plastron d’une tortue se composent de nombreuses plaques osseuses


jointes (Figure 8). Les jointures entre ces plaques osseuses sont appelées « sutures »
et il est utile d’observer ces caractéristiques pour identifier les os d’une carapace par
comparaison aux os d’autres animaux. Il n’y a pratiquement pas d’os dans la cavité
corporelle intérieure d’une tortue parce que la colonne vertébrale et les côtes sont
fusionnées à la dossière. Les os de la hanche et des épaules sont soit suspendus par
des ligaments à l’intérieur de la carapace, soit suturés solidement à l’intérieur de la
carapace.

17
Chapitre 2.1 CARAPACES

Dossière Plastron
(partie supérieure de la carapace) (partie inférieure de la carapace)

Figure 8 Structure générale des os composant la carapace d’une tortue.

Chez la plupart des espèces de tortues, la partie superficielle de la carapace est couverte
de plaques cornées appelées scutelles. Les scutelles sont composées de kératine, le
constituant principal des cheveux et des ongles humains et d’autres parties de corps
d’animaux sauvages commercialisées telles que les écailles de pangolins et la corne de
rhinocéros.

18
Chapitre 2.1 CARAPACES

Il importe de noter que le motif des scutelles, visible à la surface de la carapace d’un
animal vivant, est différent de celui des plaques osseuses qu’elles recouvrent. Chaque
scutelle est souvent beaucoup plus grande que la plaque sous-jacente et couvre
plusieurs os (Figure 9). Lorsque les scutelles sont retirées, leur motif reste souvent
visible à la surface des os et les dentelures portent le nom de sulci (singulier : sulcus).
Sur les plaques osseuses qu’elles recouvrent, les scutelles apparaissent en impressions
distinctes mais ne pénètrent pas l’os comme le font les sutures.

Figure 9 Carapace de tortue léopard (Stigmochelys pardalis) avec une scutelle


retirée.

Les scutelles sont fermement attachées à la carapace et, chez certaines espèces, les
couches superficielles peuvent occasionnellement s’écailler ou tomber. Les scutelles
qui sont commercialisées sont presque toujours prélevées sur des animaux qui ont été
tués et, principalement, sur des tortues marines. Avec ces scutelles, on fabrique des
bijoux et autres accessoires de mode portant souvent l’appellation « écaille de tortue »
ou « bekko » dans le commerce. « Bekko » est un terme japonais qui décrit soit la
matière brute, soit les articles finis (van Dijk & Shepherd, 2004). Ces articles sont le plus

19
Chapitre 2.1 CARAPACES

souvent réalisés avec les scutelles de la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) et,
dans une moindre mesure, de la tortue verte (Chelonia mydas), deux espèces marines.

Certaines tortues d’eau douce n’ont pas de scutelles mais une peau à l’aspect de cuir
couvrant les os de la carapace. Il s’agit de tortues à carapace molle et à clapets de la
famille Trionychidae (Figures 10 et 11) et de la tortue à nez de cochon de la famille
Carettochelyidae (Figure 12). Ce sont toutes des tortues extrêmement aquatiques dont
la carapace a moins la forme d’un dôme. Elles sont plus aérodynamiques et peuvent
ainsi nager avec plus d’aisance. La tortue luth (Dermochelys coriacea) a également
une carapace solide, à l’aspect de cuir, en forme de tonneau, avec des crêtes latérales
distinctes le long de la dossière et du plastron (Figure 13).

Figure 10 Trionyx de Chine Figure 11 Trionyx à clapets de l’Inde


(Pelodiscus sinensis). (Lissemys punctata).

Figure 12 Tortue à nez de cochon Figure 13 Tortue luth


(Carettochelys insculpta). (Dermochelys coriacea).

20
Chapitre 2.1 CARAPACES

Conseil pour l’identification

Lorsque les scutelles sont visibles, leur disposition et leurs couleurs peuvent varier et
servir d’indices permettant d’identifier différents groupes et espèces.

Dossière Plastron

Ci-dessous (Figures 14 - 18) sont décrites certaines différences importantes et faciles


à observer entre les carapaces de tortues, suivies des espèces représentatives et des
parties les plus souvent commercialisées. Lorsque l’inspection porte sur une dossière
ou un plastron entiers, il est recommandé d’utiliser le Guide d’identification CITES des
tortues, ou tout autre guide d’identification Figurent dans le document CITES CoP17
Doc. 73 Annexe 4, pour essayer d’identifier le spécimen au plus près de l’espèce que
possible.

21
Chapitre 2.1 CARAPACES

Variation dans l’apparence de la carapace

Vue de dessus, la dossière de la plupart des tortues est généralement de forme ovale
ou ronde mais il y a quelques variations : certaines ont plutôt une forme de goutte (par
exemple, les tortues marines) et d’autres sont rondes mais avec des dentelures le long de la
bordure arrière (par exemple, chélydres et tortues alligators ; et tortues géographiques).

Tortue-molle à épines
Tortue luth Tortue verte
Apalone spinifera
Dermochelys coriacea Chelonia mydas

Tortue grecque Chélydre serpentine Tortue scorpion


Testudo graeca Chelydra serpentina Kinosternon scorpioides

Matamata Tortue-boîte de Caroline Tortue épineuse


Chelus fimbriata Terrapene carolina Heosemys spinosa

Figure 14

22
Chapitre 2.1 CARAPACES

Le plastron de la plupart des tortues terrestres et tortues d’eau douce est également
arrondi ou ovale et couvre la majeure partie du ventre de l’animal, avec quelques
exceptions notables comme dans le cas des espèces des familles Chelydridae,
Trionychidae et de quelques membres de Kinosternidae, où le plastron est extrêmement
réduit, formant une sorte de croix (Figure 15).

Tortue-boîte d’Asie orientale Péluse à bords sinueux Tortue-boîte de Caroline


Cuora amboinensis Pelosius sinuatus Terrapene carolina

Chélydre serpentine Émyde lépreuse Trionyx de Chine


Chelydra serpentina Mauremys leprosa Pelodiscus sinensis

Figure 15

La dossière a souvent une forme de dôme alors que le plastron est généralement plat.
La hauteur du dôme peut varier de manière significative selon les familles : le dôme
de la carapace des tortues terrestres et des tortues-boîtes est le plus haut tandis
que les tortues à carapace molle (Trionychidae), par exemple, ont un corps aplati
horizontalement et une dossière très légèrement convexe (Figure 16).

23
Chapitre 2.1 CARAPACES

À quelques exceptions près (par exemple, la tortue à carapace souple Malacochersus


tornieri), les tortues dont la dossière est plus plate sont plus souvent des espèces
aquatiques que terrestres.

Tortue-boîte de Caroline Tortue grecque Tortue peinte Tortue molle


Terrapene carolina Testudo graeca Chrysemys picta Apalone spinifera

Figure 16

Certaines espèces ont une crête osseuse, parfois plusieurs, le long de leur carapace,
du cou à la queue, sur toute la longueur de la dossière. Ces crêtes, également appelées
carènes, sont présentes en une, deux ou trois rangées, selon l’espèce (Figure 17).

Trois carènes
Une carène

Tortue-boîte de Caroline Chinémyde de Reeves


Terrapene carolina Mauremys reevesii

Figure 17

24
Chapitre 2.1 CARAPACES

Certaines espèces ont un ou deux joints horizontaux dans le plastron qui font office de
charnières et permettent à la tortue de rétracter son corps dans la carapace puis de
rapprocher étroitement la dossière et le plastron. Ces tortues sont souvent appelées
tortues boîtes ou à dos articulé (Figure 18).

Charnière

Tortue-boîte d’Asie orientale Péluse à bords sinueux


Cuora amboinensis Pelosius sinuatus

Figure 18

25
Chapitre 2.1 CARAPACES

Les Os de la carapace
Dans le présent guide, les termes « carapace » et « os » sont souvent utilisés de manière
interchangeable parce que la carapace d’une tortue est principalement faite d’os, à part
les scutelles qui peuvent être ou non présentes dans un spécimen commercialisé. La
majeure partie des « os de tortue » commercialisés provient généralement soit de la
dossière, soit du plastron de la carapace.

Figure 19 Chélydre serpentine


(Chelydra serpentina).

À la différence des espèces de tortues ayant une dossière osseuse, dure et en forme de
dôme (Figure 20), les tortues à carapace molle et à clapets de la famille des Trionychidae
ont une dossière aplatie, coriace et pliable, en particulier autour des bordures
cartilagineuses. Lorsque ce cartilage est commercialisé pour la consommation humaine,
il porte souvent le nom de calipée (voir Chapitre 2.3). La partie centrale de la dossière
contient encore un disque osseux comprenant les côtes mais les plaques dermiques
s’arrêtent généralement avant la bordure externe et une portion étroite de côte se
prolonge à l’extérieur (Figure 21). La quantité de côtes dépassant des plaques osseuses
évolue avec l’âge : les côtes dépassent beaucoup chez les juvéniles mais lorsque l’animal
est adulte, les plaques dermiques se sont étendues de manière à inclure la majeure
partie des côtes. Chez la plupart des tortues marines, les os de la dossière ont une forme
semblable mais avec, en plus, une série de petits os (appelés os marginaux) délimitant
le périmètre de la carapace (Figure 22).

26
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 20 Tortue-boîte de Caroline


(Terrapene carolina).

Figure 21 Trionyx mutique


(Apalone mutica).

Figure 22 Tortue imbriquée


(Eretmochelys imbricata).

27
Chapitre 2.1 CARAPACES

Conseil pour l’identification

Les lignes où se rencontrent deux plaques osseuses sont appelées sutures. Les os
de la carapace des tortues sont plus faciles à identifier si l’on cherche ces lignes de
fusion entre des os lisses, en particulier si les os sont concassés et que l’on ne peut pas
distinguer la forme générale de la carapace. Cette remarque vaut généralement pour
toutes les tortues. Les crânes d’animaux sont les seuls autres articles fréquemment
commercialisés qui présentent des sutures semblables.

Sur ce crâne humain (à gauche) et cette carapace de tortue boîte (à droite), on peut
voir les sutures entre les os. Sur la carapace de la tortue boîte, les sulci qui marquent
l’endroit où les scutelles adhéraient à l’os sont très visibles.

Le plastron des tortues à carapace molle, à clapets et marines se caractérise par des os
dermiques pointus et irréguliers plutôt que carrés ou rectangulaires. Le plastron est
attaché à la dossière par un pont en tissus ligamenteux et non en os.

28
Chapitre 2.1 CARAPACES

Plastron de tortue Plastron de tortue-boîte


à carapace molle

Os du plastron de tortue Os du plastron


à carapace molle de tortue-boîte

Figure 23 Les os du plastron d’une tortue à carapace molle sont substantiellement


différents de ceux d’une tortue à carapace dure.

Dans la figure 23, veuillez noter que les os de tortues à carapace molle (famille
Trionychidae) ne forment pas de plastron solide, de forme ovale, comme c’est le cas
pour la plupart des tortues à carapace dure. L’espace qui se trouve au centre du plastron
de la tortue, est couvert de cartilage et de peau chez l’animal vivant et forme une plaque
solide.

29
Chapitre 2.1 CARAPACES

Autre exception notable aux tortues à carapace dure, la tortue luth (Dermochelys coriacea)
est la seule espèce de tortue marine qui n’a ni carapace osseuse ni scutelles. Une peau
épaisse, à l’aspect de cuir, couvre la surface dorsale de cette tortue (Figure 24), renforcée
par des milliers de petites plaques osseuses incrustées dans la peau, qui sont surtout
visibles chez les juvéniles (Figure 25).

Figure 24 Tortue luth adulte


(Dermochelys coriacea).

Figure 25 Tortue luth juvénile


(Dermochelys coriacea).

30
Chapitre 2.1 CARAPACES

Spécimens de carapace dans le commerce

Les carapaces de tortues sont surtout commercialisées comme ingrédients de la


médecine traditionnelle et, dans une moindre mesure, pour la fabrication de bijoux,
d’instruments de musique, de souvenirs et autres objets décoratifs et spécimens
scientifiques.

Dans le commerce, les carapaces de tortues revêtent de nombreuses formes et


apparences différentes, variant généralement selon l’intention de l’utilisation finale.
Parfois, les carapaces sont entières, avec la dossière et le plastron intacts, en particulier
lorsqu’elles sont vendues comme souvenirs, objets de curiosité ou de décoration, tandis
que les carapaces à usage médicinal sont souvent commercialisées en morceaux, avec
le plastron et la dossière séparés, en tant que plaques osseuses entières et en vrac ou
fragments d’os concassés ou d’os en poudre, bruts ou transformés en pilules ou autres
produits médicinaux (Figure 26).

Figure 26

31
Chapitre 2.1 CARAPACES

Il peut être particulièrement délicat d’identifier, au niveau de l’espèce, les carapaces


commercialisées pour la consommation sous forme de matériel en vrac, brisé ou
pulvérisé, sans les scutelles, car il peut être difficile, sinon impossible, de confirmer la
couleur, le motif et la forme de la carapace d’origine.

Objets d’art, souvenirs et instruments de musique


La majeure partie des carapaces commercialisées pour fabriquer des objets d’art, des
souvenirs et des instruments de musique est issue de tortues marines mais parfois,
d’autres espèces de tortues. Habituellement, c’est la carapace entière, un plastron ou
une dossière intacts, qui sont commercialisés dans ce but (Figures 27 et 28).

Figure 27 Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) naturalisée.

32
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 28 Guitare fabriquée à partir d’une carapace de tortue verte (Chelonia mydas).

Les carapaces sont aussi peintes et décorées pour être vendues sous forme d’objets
d’art ou de souvenirs (Figures 29 - 32). Dans ce cas, il peut être particulièrement
complexe d’identifier l’espèce car certaines caractéristiques diagnostiques sont
dissimulées, par exemple les couleurs et les motifs d’origine et c’est la forme de la
carapace qui devient la caractéristique importante à examiner de près.

Figure 29 Carapaces de tortues peintes (plastrons) dans un


magasin de souvenirs en Afrique.
33
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 30 Carapaces de tortues peintes (dossières) dans un magasin de


souvenirs en Afrique.

Figure 31 Masques fabriqués à partir de carapaces de tortues d’eau douce (peut être
Elseya novaeguineae), peintes et ornées de porcelaines, en Papouasie Nouvelle-
Guinée.
34
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 32 Masque fait à partir d’une carapace de tortue terrestre


(Indotestudo elongata) du Népal.

Bijoux et décorations d’intérieur

On utilise communément les scutelles de tortues marines dans la bijouterie (Figures 33


et 34) ainsi que pour la marqueterie de meubles anciens (Figure 35). La majeure
partie de ce commerce implique deux espèces seulement : les tortues imbriquées
(Eretmochelys imbricata) et les tortues vertes (Chelonia mydas). Les scutelles prélevées
sur les tortues imbriquées sont en général plus épaisses et peuvent servir à la
bijouterie et à la décoration tandis que les scutelles des tortues vertes sont plus fines et
probablement préférées comme matériel de marqueterie pour l’ameublement (B. Baker
pers. comm. 2020). Dans le commerce, les objets fabriqués à partir des scutelles de
tortues marines portent généralement de nom d’« écaille de tortue » ou « bekko ».
Chauffées avec soin, ces scutelles peuvent être incurvées, torsadées et modelées de
différentes manières.

35
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 33 Bracelets et autres bijoux fabriqués à partir de scutelles de tortues marines.

Conseil pour l’identification


Visuellement, on peut facilement confondre les bijoux faits à partir de scutelles de tortues
avec de nombreuses imitations en plastique, ainsi qu’avec la corne de bovin ou de buffle,
ou la coque d’une noix de coco. On peut distinguer facilement et rapidement les imitations
en plastique ou en résine de la véritable carapace de tortues marines en piquant l’objet
avec une épingle chauffée sur une flamme. S’il s’agit d’un produit d’origine sauvage,
l’odeur rappelle souvent celle d’un cheveu qui brûle mais si c’est un objet synthétique,
l’odeur est celle du plastique brûlé.

Une ressource utile permettant d’identifier les bijoux en véritable écaille de tortue
marine et d’autres souvenirs est à consulter sur le site web [Link].

36
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 34 Monture de lunettes fabriquée à partir de scutelles de tortues marines et


étiquetée « écaille de tortue ».

Beaucoup de maisons de vente aux enchères proposent des articles anciens fabriqués
avec des scutelles de tortues marines, mais décrits sous l’appellation « écaille de
tortue ». Les exemples comprennent de petites boîtes décoratives et des cadres de
miroir datant, pour la plupart, des années 1700 jusqu’au milieu des années 1900.
Fréquemment, ces articles comprennent aussi des parties d’autres espèces sauvages
protégées, comme l’ivoire d’éléphant.

Figure 35 Boîte ancienne faite à partir de scutelles de tortue marine.

37
Chapitre 2.1 CARAPACES

Il arrive que d’importants envois de scutelles de tortues marines soient commercialisés


sous forme de matériel brut (Figure 36) pour alimenter le commerce international et
national, souvent un commerce illégal. Les scutelles brutes sont parfois peintes pour
donner l’illusion qu’il s’agit de feuilles de plastique afin d’éviter la détection (Figure 37).
La demande est particulièrement florissante en Asie de l’Est et du Sud Est, où le
commerce de produits nouveaux de carapaces de tortues marines se poursuit malgré
l’inscription de ces tortues à l’Annexe I de la CITES censée interdire les transactions
internationales à des fins commerciales et l’introduction en provenance de la mer pour
presque tous les spécimens de tortues marines, et malgré les lois nationales adoptées
dans de nombreux pays pour interdire, en outre, le commerce national de matériel brut
et fini (van Dijk & Shepherd, 2004). Dans le commerce, les carapaces de tortues marines
et les scutelles sont généralement dénommées « bekko », un terme originaire d’Asie.

Figure 36 Scutelles de tortues marines.

38
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 37 Envoi confisqué de scutelles de tortues marines


commercialisées illégalement et que l’on a voulu faire passer pour
du plastique bleu.

39
Chapitre 2.1 CARAPACES

Carapaces destinées à la médecine traditionnelle


Au niveau mondial, l’utilisation de carapaces comme ingrédients de la médecine
traditionnelle est très diverse : des remèdes populaires en Amérique du Sud et en
Afrique aux médicaments traditionnels asiatiques en Asie de l’Est et du Sud Est. Si l’on
en juge par les rapports sur le commerce légal et illégal, les envois internationaux les
plus communs sont destinés, de manière typique, à la médecine traditionnelle asiatique.
La présente section décrit certaines des espèces que les autorités chargées de la lutte
contre la fraude sont le plus susceptibles de rencontrer.

Le commerce légal et illégal pour la médecine traditionnelle asiatique concerne le plus


souvent deux groupes principaux de tortues : les tortues d’eau douce et terrestres
à carapace dure d’Asie, d’une part (en particulier Mauremys reevesii et Cuora spp.)
et les tortues d’eau douce à carapace molle (famille Trionychidae), d’autre part. Les
déclarations enregistrées dans la base de données sur le commerce CITES montrent que
les tortues terrestres (famille Testudinidae) sont aussi commercialisées à cette fin mais
la majorité des déclarations ne comprennent pas d’informations sur les espèces.

Il importe de noter qu’en médecine traditionnelle asiatique, les termes anglais « tortoise »
(tortue terrestre) et « turtle » (tortue d’eau douce et tortue marine) sont souvent utilisés
de manière interchangeable. Pour cette raison, il est plausible que dans le commerce,
certaines déclarations mentionnant du matériel de la famille de tortues terrestres
Testudinidae puissent concerner des espèces d’une famille différente, si le terme «
tortoise » (tortue terrestre) enregistré est uniquement repris de l’étiquette d’emballage
ou des documents commerciaux d’accompagnement. C’est un point essentiel à retenir
parce que toutes les espèces de la famille Testudinidae sont inscrites aux Annexes de la
CITES (soit à l’Annexe I, soit à l’Annexe II) tandis que différentes espèces d’autres familles
ne le sont pas, et ce détail peut avoir une incidence sur les réglementations commerciales
qu’un agent chargé de l’application des lois sur les espèces sauvages est censé appliquer.

Un examen morphologique et l’échantillonnage génétique de ce que contiennent ces


envois peuvent aider à confirmer la diversité des espèces commercialisées comme

40
Chapitre 2.1 CARAPACES

ingrédients médicinaux asiatiques, aussi bien légalement qu’illégalement, par rapport aux
noms imprimés sur les étiquettes d’emballage et les factures d’accompagnement. La liste
qui suit contient plusieurs espèces et groupes de tortues les plus fréquemment utilisés
sous forme d’ingrédients dans la médecine traditionnelle asiatique, selon les déclarations
de commerce d’espèces sauvages, les documents commerciaux et les inspections réalisées
par les fonctionnaires chargés de l’application des lois.

Tortues d’eau douce asiatiques à carapace dure (Geoemydidae)

La chinémyde de Reeves (Mauremys reevesii) (Figures 38 et 39), ainsi que d’autres


espèces semblables, est souvent commercialisée, légalement et illégalement, sous forme
de carapaces entières ou morceaux séparés (Figure 41), avec des scutelles ou sans
scutelles adhérant encore. Ce matériel est souvent étiqueté « Plastrum Testudinis » ou
« Gui Ban » (龜板).

Figure 38 Chinémyde de Reeves Figure 39 Plastron de chinémyde de


(Mauremys reevesii). Reeves (Mauremys reevesii).

41
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 40 Les carapaces d’espèces de Mauremys sont


très présentes dans le commerce, mais différentes autres
tortues sont aussi commercialisées, comme on peut le
voir sur ce marché de Hong Kong avec ces plastrons de
Trachemys spp. auxquels les scutelles adhèrent encore.

Figure 41 Morceaux d’os mélangés de Testudines « Gui


Ban » (龜板) qui ont été séparés le long des sutures
osseuses et qui présentent des sulci, là où les scutelles
ont été retirées (par exemple, en haut au centre).

42
Chapitre 2.1 CARAPACES

Conseil pour l’identification

Repérez les sulci sur les fragments d’os. Ce sont les indentations qui marquent l’endroit où
les scutelles adhéraient à l’os. En cas d’inspection de fragments d’os en vrac, ressemblant
à des plaques, cherchez aussi les bordures dentelées là où deux plaques osseuses étaient
précédemment suturées. Si ces caractéristiques sont présentes, il y a de fortes chances
pour qu’il s’agisse de la carapace d’une tortue. Cette remarque s’applique généralement à
toutes les tortues. Les seuls autres articles provenant de la faune sauvage, fréquemment
commercialisés et qui présentent des sutures semblables, sont les crânes d’animaux.

La tortue-boîte à trois bandes (Cuora trifasciata) (Figure 42), et peut être d’autres
espèces semblables (Figures 43 et 44), porte souvent, en Chine, le nom commercial de
« Golden Coin Turtle » (tortue pièce d’or). Elle est généralement vendue comme produit
transformé, bouilli, en poudre ou sous forme de gelée médicinale appelée « guilinggao »
(龟苓膏), mais pourrait aussi être présente dans le commerce médicinal sous forme de
plastron entier ou concassé (voir Chapitre 2.7 pour d’autres informations).

43
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 42 Tortue pièce d’or (Cuora trifasciata).

Figure 43 Tortue-boîte d’Asie orientale (Cuora amboinensis).

Figure 44 Émyde mutique (Mauremys mutica).

44
Chapitre 2.1 CARAPACES

Conseil pour l’identification : Tortues-boîtes d’Asie


(Cuora spp.)

Examinez la couleur et la forme du plastron pour distinguer la tortue boîte à trois


bandes (Cuora trifasciata) (à gauche) très recherchée et certaines des espèces de
substitution, plus faciles à trouver, telles que la tortue boîte d’Asie orientale (Cuora
amboinensis) (à droite). Notez la couleur, brun foncé à presque noir, couvrant
la plus grande partie du plastron de C. trifasciata alors que sur chaque scutelle
de C. amboinensis il y a une tache noire sur un fond plus clair. Remarquez tout
particulièrement sur C. trifasciata l’encoche centrale prononcée sur la bordure, en bas
du plastron, là où deux scutelles anales se rencontrent. Certaines espèces du genre
Cuora, à savoir C. amboinensis, C. flavomarginata et C. galbinifrons n’ont pas cette
encoche prononcée.

Cuora trifasciata Cuora amboinensis

45
Chapitre 2.1 CARAPACES

C. mccordi est une espèce de Cuora dont le plastron est très semblable à celui de
C. trifasciata, tant par la couleur que par le motif. La principale différence est que
C. mccordi ne présente pas cette encoche prononcée entre les scutelles anales. Notez
que s’il n’y a plus de scutelles sur la carapace commercialisée, il se peut qu’il n’y ait plus
trace de couleur et de motif.

Toutes les espèces du genre Cuora ont une articulation, une charnière horizontale
distinctive, précédant le milieu du plastron. Cette charnière n’est pas mobile dans un
plastron séché mais on peut la reconnaître en tant que joint non suturé. Cette charnière
est absente des plastrons d’autres tortues asiatiques faisant l’objet d’un commerce
important, comme Mauremys spp.

Figure 45 Plastrons d’Émyde en toit (Pangshura tecta) vendus sur un marché, en


Asie orientale.

46
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 46 Dossières et plastrons de tortues d’eau douce vendus sur un marché, en


Chine.

Les tortues à carapace molle (Trionychidae)

La dossière du Trionyx de Chine (Pelodiscus sinensis), et peut être d’autres membres


de la famille Trionychidae (comme Nilssonia spp. et Apalone spp.), est souvent vendue
comme ingrédient médicinal sous les noms « Carapax Trionycis » et « Trionyx
Sinensis ». Selon les registres du commerce international des espèces sauvages, le
commerce de cette espèce est, en majeure partie, légal. On trouve parfois dans le
commerce des dossières entières avec la peau séchée adhérant encore (Figure 47), ou
des plaques osseuses nettoyées, désarticulées, intactes ou brisées (Figure 48). Parfois,
la carapace est pulvérisée ou déjà intégrée dans des préparations médicinales.

47
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 47 Trionyx de Chine (Pelodiscus sinensis) : dossière intacte d’un juvénile avec
de la peau encore attachée. Surface dorsale (à gauche) et surface ventrale (à droite).

Figure 48 Trionyx de Chine (Pelodiscus sinensis) : plaque osseuse désarticulée de la


dossière d’un animal adulte. Surface dorsale (à gauche) et surface ventrale (à droite).

48
Chapitre 2.1 CARAPACES

Figure 49 Fragments d’os de tortues à carapace molle (Trionychidae) dans un


emballage commercial, vendus pour utilisation en médecine traditionnelle. À noter
que cet article est proposé comme “os de la dossière” mais au vu des morceaux
irréguliers et dentelés, des os du plastron (ligne rouge) ont été mélangés à ceux de
la dossière (ligne bleue).

49
Chapitre 2.1 CARAPACES

Conseil pour l’identification : Les tortues à carapace molle

La surface dorsale des os de la dossière des tortues à carapace molle a une texture
particulière rappelant des alvéoles, des dépressions ou des sillons, ce qui les rend
faciles à distinguer d’autres familles de tortues. Aucun autre groupe de tortues n’a la
même texture à la surface dorsale des os de la dossière.

Elles peuvent aussi être distinguées car les espèces à carapace molle Trionychinae
(comprenant Apalone, Pelochelys et Pelodiscus) ont des crêtes fines reliées entre
elles qui isolent les dépressions ou les sillons ; ou à carapace molle Cyclanorbinae
(comprenant Cyclanorbis, Cycloderma et Lissemys) qui ont, à la place, des bosses
arrondies appelées convexités.

Trionyx de Chine Trionyx à clapets de l’Inde


Pelodiscus sinensis Lissemys punctata

50
Chapitre 2.1 CARAPACES

Plastrons entiers de tortues


à carapace dure non
Dossières entières de juvéniles identifiées
de tortues à carapace molle

Mélange d’os de dossières


et de plastrons désarticulés Plaques osseuses
de tortues à carapace dure, désarticulées de tortues
vendus sur un marché adultes à carapace molle
Figure 50 Différents morceaux de carapaces, de tortues à carapace dure et molle,
vendus sur un marché.

Pour d’autres informations sur l’utilisation des carapaces et des os de tortues comme
qu’ingrédients médicinaux dans des pilules, des poudres, des pansements ou sous
forme de gelée, et pour une clé des caractères chinois et des exemples d’illustrations
d’étiquettes d’emballage, veuillez consulter le Chapitre 2.7.

51
CHAPITRE 2.2 :
LES OS DE TORTUES

Figure 51 Os de Trionyx à clapets du Zambezi (Cycloderma frenatum).

Les os des membres


Les os des membres et des queues de tortues sont rarement commercialisés, mais
lorsqu’ils le sont, les os des membres tendent à être mélangés avec ceux de la carapace.
Les os des membres sont parfois aussi vendus comme matière brute artisanale pour
la fabrication de bijoux. Même si la plupart des os de tortues qui apparaissent dans le
commerce international proviennent soit de la dossière, soit du plastron, on trouve
aussi des crânes comme souvenirs ou objets de curiosité.

52
Chapitre 2.2 OS

Les crânes

Il existe un marché de collectionneurs, certes petit mais florissant, de crânes d’animaux,


y compris de crânes de tortues, qui a lieu en grande partie en ligne avec expédition par
courrier. Les crânes de tortues ne portent pas de dents mais la structure de la mâchoire
ressemble à un bec (Figure 52). En apparence, certains peuvent ressembler à des crânes
d’oiseaux, en particulier ceux des tortues alligators. Cependant, les os des crânes de
tortues sont plus épais et plus lourds.

Figure 52 Crâne de tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) vu sous


divers angles.

Selon les registres de la base de données sur le commerce CITES, on trouve des
crânes de plusieurs espèces de tortues, aussi bien sur le marché légal que sur le
marché illégal d’espèces de faune sauvage. Les crânes qui font l’objet d’un commerce
illégal sont essentiellement ceux de tortues marines (Figures 53 et 54), mais aussi
du Trionyx cartilagineux (Amyda cartilaginea), de la tortue alligator (Macrochelys

53
Chapitre 2.2 OS

temminckii) (Figure 56) et de la podocnémide de Duméril (Peltocephalus dumerilianus).


Le commerce légal des crânes de tortues concerne aussi plusieurs espèces de tortues
marines, ainsi que la tortue léopard (Stigmochelys pardalis) et la tortue d’Hermann
(Testudo hermanni).

Figure 53 Crâne de tortue verte Figure 54 Crâne de caouanne


(Chelonia mydas). (Caretta caretta).

Figure 55 Crâne de chélydre serpentine Figure 56 Crâne de tortue alligator


(Chelydra serpentina). (Macrochelys temminickii).

54
CHAPITRE 2.3 :
LE CARTILAGE DE TORTUE
(ou CALIPÉE)

La calipée est une portion de cartilage (un tissu conjonctif flexible) que l’on trouve
à l’intérieur de la partie ventrale de la carapace (c’est à dire le plastron) des tortues
de mer et des tortues à carapace molle. Elle forme aussi la marge postérieure de la
dossière des tortues à carapace molle. Souvent séchée avant d’être vendue, elle devient
coriace, prenant l’aspect du cuir. Autrefois, le mot calipée désignait principalement les
parties de cartilage des tortues vertes ou des tortues imbriquées mais ce commerce
englobe aujourd’hui la carapace cartilagineuse flexible des tortues à carapace molle de
la famille Trionychidae, par exemple, Apalone spp., Nilssonia spp. et Lissemys spp.

Figure 57 Calipée de tortue commercialisée illégalement et confisquée en Inde.

55
Chapitre 2.3 CARTILAGE (CALIPÉE)

La couleur de la calipée varie du beige clair au brun foncé et la texture est rigide et
fibreuse, semblable à la peau séchée d’un animal, mais plus dure. C’est la raison pour
laquelle la calipée de tortue est parfois vendue comme de la corne de buffle pour
échapper aux services de détection (Horne et al. 2011).

Pour récupérer le cartilage, il faut enlever le plastron d’une tortue marine ou d’une
tortue à carapace molle puis désosser le plastron (Figure 58). De même, le cartilage de
la marge postérieure est coupé et extrait de la dossière des tortues à carapace molle
(Figure 59). Ces deux zones de cartilage portent souvent le nom de « calipée » dans le
commerce, quelle que soit la partie du corps d’où elles proviennent.

Figure 58 Calipée extraite du plastron Figure 59 Calipée extraite de la dossière


d’une tortue. d’une tortue.

56
Chapitre 2.3 CARTILAGE (CALIPÉE)

Figure 60 Les zones ombrées représentent les zones de cartilage


d’une tortue à carapace molle (Nilssonia sp.), parfois extraites et
vendues sous le nom de calipée.

Il est parfois possible d’identifier le cartilage de tortue, commercialisé sous le nom de


calipée, grâce à l’analyse génétique mais, comme il y a souvent beaucoup moins d’ADN
dans le cartilage que dans les os ou la viande, les résultats peuvent tomber sous la limite
de détection. Quoiqu’il en soit, il reste possible de confirmer l’identification de la calipée
de tortue avec le soutien d’un laboratoire d’analyse scientifique (B. Baker pers. comm.
2020).

Conseil pour l’identification : Facteur de conversion

1 kg de calipée humide (fraîche) = 8 kg de tortue à carapace molle


1 kg de carapace osseuse de tortue à carapace molle = 4 kg de tortue à carapace molle
(R. Ghosh, pers. comm to P. P. van Dijk 2013)

57
CHAPITRE 2.4 :
LA VIANDE DE TORTUE

Il est plus facile d’identifier la viande de tortues terrestres et de tortues d’eau douce
quand on dispose des membres entiers ou de la peau avec les écailles. Si ce n’est pas
le cas, il vaut mieux recourir à un laboratoire pour l’analyse génétique d’échantillons.
Les étiquettes illustrant ou décrivant les ingrédients sont parfois les seules sources
d’information disponibles pour une première identification de la viande provenant d’une
tortue terrestre ou d’une tortue d’eau douce.

Parmi les exemples de tortues terrestres et de tortues d’eau douce dont la viande est
fréquemment commercialisée, il y a les tortues terrestres sud américaines Chelonoidis
carbonarius et C. denticulatus, les tortues alligators (Chelydridae), les tortues à carapace
molle et les tortues à clapets (Trionychidae). La viande est vendue fraîche ou surgelée
et il s’agit soit d’animaux entiers, soit de membres découpés ou de morceaux de viande
entièrement transformée, dépecée et désossée. La soupe de tortue commerciale,
contenant des morceaux de viande, est aussi mise en boîte et commercialisée au plan
international.

Figure 61 Émydes des rizières (Malayemys subtrijuga) au Cambodge.

58
Chapitre 2.4 VIANDE

La viande et les œufs dont le développement n’est pas terminé sont parfois vendus
ensemble, comme on peut le voir dans la figure 61, où les carapaces de tortues sont
découpées de manière à révéler la présence d’œufs sans coquille, dans la cavité
corporelle.

Figure 62 À gauche : Caïman (Caiman sp.). À droite : Tortue charbonnière


(Chelonoidis carbonarius) à Iquitos, Pérou.

Sur la figure 62, notez la différence entre la disposition des écailles sur les membres du
caïman, à gauche, et sur les membres de la tortue charbonnière (Chelonoidis carbonarius),
à droite. Chez les tortues terrestres, les écailles se touchent mais sont arrondies, dans
un arrangement en nid d’abeille qui se distingue du motif quadrillé des crocodiliens. La
raison pour laquelle les écailles de tortues semblent séparées dans la figure 62 est qu’il y
a une tache jaune centrale sur chacune des grandes écailles qui, par ailleurs, sont noires.

59
Chapitre 2.4 VIANDE

Les Trionyx à clapets, tels que Lissemys punctata, sont souvent vendus en Inde et au
Bangladesh sous forme de tortues entières ou découpées pour la viande, fraîche et
surgelée, comme on le voit dans la Figure 63.

Figure 63 Trionyx à clapets (Lissemys punctata) vendus en Inde,


entiers ou découpés.

60
Chapitre 2.4 VIANDE

Figure 64 Viande de trachémyde à tempes rouges


(Trachemys scripta elegans) vendue sur un marché
d’Amérique du Nord. Les paires de pattes arrière sont encore
attachées au pelvis (en haut) et les pattes de devant sont
séparées individuellement (en bas).

61
Chapitre 2.4 VIANDE

La viande emballée pour le commerce est souvent vendue avec des étiquettes
descriptives, comme on le voit dans la figure 65. Il est important d’examiner ces
étiquettes qui, s’il n’y a pas d’écailles ou de griffes, peuvent être la seule indication
qu’une portion de viande provient d’une tortue.

Figure 65 Viande de chélydre serpentine (Chelydra


serpentina) vendue sur un marché alimentaire en Amérique du
Nord et identifiée sur l’emballage.

62
Chapitre 2.4 VIANDE

Les aliments transformés commercialement à partir de tortues comprennent des


articles tels que la soupe de tortue en boîte (Figures 66 - 68), et les paquets de gelée de
tortue en boîte et en poudre, appelée « guilinggao » (龟苓膏)(Figure 69).

Aux États Unis, la chélydre serpentine (Chelydra serpentina) est la principale espèce
utilisée actuellement pour la soupe de tortue. Autrefois, on utilisait la tortue alligator
(Macrochelys temminckii) ainsi que les tortues marines (Figure 66). La soupe y est
également appelée « snapper turtle soup » ou simplement « snapper soup » (Figures 67
et 68), à ne pas confondre avec la « red snapper soup » préparée avec un poisson marin,
le vivaneau rouge (red snapper).

Figure 66 Soupe de Figure 67 Soupe de Figure 68 Soupe de


tortue verte tortue alligator tortue alligator

63
Chapitre 2.4 VIANDE

Il importe de noter que le guilinggao est une gelée médicinale qui contient
traditionnellement de la carapace de tortue comme ingrédient même si les versions
contemporaines, produites en masse, ne contiennent pas nécessairement de la carapace
de tortue.

Figure 69 Paquet de gelée en poudre guilinggao.

64
CHAPITRE 2.5 :
LES ŒUFS DE TORTUE

Figure 70 Œufs de podocnémide de Cayenne (Podocnemis unifilis).

Les œufs de tortues sont ronds ou ovales, avec une coquille coriace, flexible ou dure.
Souvent, il est impossible de distinguer les différentes espèces uniquement d’après
l’apparence des œufs. En fait, des individus de certaines espèces de tortues comme la
podocnémide de Cayenne (Podocnemis unifilis) pondent des œufs de formes différentes
selon la taille et la maturité de l’animal. Les femelles plus jeunes et plus petites tendent
à pondre des œufs ovales tandis que les plus grandes femelles sont plus susceptibles de
pondre des œufs ronds.

65
Chapitre 2.5 ŒUFS

Beaucoup d’autres reptiles pondent aussi des œufs coriaces ou durs, ronds ou ovales.
Il peut donc être difficile de distinguer les œufs de tortues de ceux d’autres reptiles,
comme on le voit sur la figure 71.

Couleuvre agile Crocodile marin


Coluber constrictor Crocodylus porosus

Scinque pentaligne Gecko nain


Plestiodon fasciatus Lepidodactylus lugubris

Figure 71

Le commerce des œufs de tortues marines pour l’alimentation et la médecine (Figure 72)
est une activité relativement bien connue par comparaison avec celui d’autres tortues, non
seulement parce qu’il y a une forte demande mondiale d’œufs de tortues marines mais
aussi parce que les familles Cheloniidae et Dermochelyidae sont inscrites à l’Annexe I de la
CITES depuis 1981 et 1977, respectivement, ce qui interdit les transactions commerciales
internationales des œufs. Malgré les interdictions, le commerce international illégal
d’œufs de tortues marines se poursuit tandis qu’au niveau national le prélèvement,
la vente et la consommation restent, dans une certaine mesure, légaux et strictement
réglementés dans certains pays tels que la Malaisie et le Costa Rica (Jani et al. 2020).

66
Chapitre 2.5 ŒUFS

Figure 72 Œufs de tortues marines à vendre.

Le commerce illégal d’œufs de tortues marines pour l’alimentation et la médecine


retient souvent l’attention des médias mais il importe de se rappeler que les œufs de
tortues d’eau douce et de tortues terrestres sont aussi ramassés et vendus pour être
consommés dans le monde entier. Ce commerce, légal et illégal, peut atteindre des
proportions considérables, en particulier pour les espèces Podocnemis de rivière en
Amérique du Sud, Batagur en Asie et Carettochelys insculpta en Nouvelle Guinée.

Selon la base de données sur le commerce CITES, la majeure partie du commerce


international légal et illégal d’œufs de tortues implique les œufs de tortues marines et
ceux de la dermatémyde de Mawe (Dermatemys mawii) (Figure 75). On observe aussi
un commerce illégal d’œufs de tortues pleurodires (Podocnemididae) (Figures 76 et 77).
Le commerce légal des œufs d’espèces inscrites aux Annexes de la CITES concerne
la tortue dentelée (Chelonoidis denticulatus) et la chélydre serpentine (Chelydra
serpentina) (Figure 78).

Les chiffres qui suivent portent sur certaines caractéristiques générales des œufs de
tortues, notamment la forme, la texture et la taille, y compris de certains œufs que l’on
trouve dans le commerce.

67
Chapitre 2.5 ŒUFS

Figure 73

Tortue olivâtre
(Leptochelys olivacea)

Ronds, coriaces

32,1 - 44,7 mm
(Ernst & Lovich 2009)

Figure 74

Tortue luth
(Dermochelys coriacea)

Ronds, coriaces

45.4 - 65 mm
(Hirth 1993)

Figure 75

Dermatémyde de Mawe
(Dermatemys mawii)

Ovales, friables

61,6 mm de large
x 35,8 mm de long
(Jennings et al. 2020)

Figure 76

Podocnémide élargie
(Podocnemis expansa)

Ronds, coriaces

env. 50 mm / 40 g
(Rivas 2015)

68
Chapitre 2.5 ŒUFS

Figure 77

Podocnémide de Cayenne
(Podocnemis unifilis)

Ovales ou ronds, coriaces

47 mm de long x 32 mm de
large
(Escalona et al. 2018)

Figure 78

Chélydre serpentine
(Chelydra serpentina)

Ronds

22.8 - 33.0 mm
(Ernst & Lovich 2009)

Figure 79

Tortue charbonnière
(Chelonoidis carbonarius)
Légèrement ovales, friables
48 mm x 43 mm / 40-50 g
(Highfield 2020)

Figure 80

Tortue à dos diamanté


(Malaclemys terrapin)

Ovales, coriaces

env. 25 mm de long
(Park 2000)

69
CHAPITRE 2.6 :
LE CUIR DE TORTUE

Figure 81 Cuir de chélydre serpentine (Chelydra serpentina).

Figure 82 Cuir de tortue marine (Chelonoiidae).

Beaucoup de reptiles sont exploités pour la fabrication de cuirs exotiques, notamment


les crocodiliens, les lézards, les serpents et les tortues. Selon la base de données sur
le commerce CITES, la majorité des envois de cuir de tortue que l’on trouve dans le
commerce international provient de tortues marines. Toutes les espèces de tortues
marines sont inscrites à l’Annexe I de la CITES et les transactions commerciales sont

70
Chapitre 2.6 CUIR

généralement interdites, mais compte tenu de leur grande taille et du motif unique de
leurs écailles, elles sont extrêmement recherchées pour la fabrication de produits en cuir
tels que les bottes et les sacs. Une production locale et nationale légale se poursuit dans
quelques pays, mais l’acquisition de ces articles en cuir en tant que souvenirs de voyage
et le transport international nécessaire pour les ramener chez soi sont souvent illégaux.
En outre, on peut constater dans les registres du commerce qu’il existe un commerce
international légal de cuir de tortue provenant d’espèces inscrites à l’Annexe III de la
CITES, notamment les tortues géographiques (Graptemys spp.) d’Amérique du Nord. Le
cuir de la chélydre serpentine (Chelydra serpentina), également inscrite à l’Annexe III de la
CITES, est proposé à la vente en ligne aux États Unis. Il n’a pas encore été observé dans le
commerce international mais on peut s’attendre à ce qu’il le soit à l’avenir.

Tortue marine Python Lézard-caïman

Chélydre Crocodile Cobra

Figure 83 Diversité des motifs des écailles de différentes sortes de cuir de reptile.

71
Chapitre 2.6 CUIR

Il est possible de confondre le cuir des tortues avec celui d’autres reptiles, en particulier
lorsqu’il s’agit du cuir ventral des caïmans, des alligators et des crocodiles. Les deux
groupes de reptiles ont des écailles, généralement circulaires ou carrées en apparence
mais qui peuvent être extrêmement variables et irrégulières selon la partie du corps
d’où vient la peau (Figures 84 et 85). En général, le cuir de crocodile a des écailles
plutôt carrées, au motif linéaire et en forme de grille, tandis que les écailles du cuir de
tortue évoquent un pavage en « opus incertum » (de taille et de forme irrégulières).
Les peaux de crocodiliens comportent des zones d’écailles irrégulières mais qui sont
généralement jointes à des motifs typiques en forme de grille (Figure 85). Le cuir de
lézard et de serpent présente généralement le motif linéaire très régulier des écailles
elles-mêmes (si ce n’est la pigmentation, qui peut dessiner des motifs très différents,
comme on le voit sur la photo du cuir de python, à la figure 83).

Figure 84 Variation des motifs du cuir de tortue marine (Cheloniidae).

Figure 85 Variation des motifs du cuir de crocodile (Crocodylidae).

72
Chapitre 2.6 CUIR

Il convient de noter que les cuirs sont souvent teints de sorte que la couleur de la peau
et des écailles n’est pas toujours une caractéristique distinctive fiable pouvant aider à
identifier l’espèce.

Figure 86 Échantillons de cuir de teintes différentes créés à partir d’une chélydre


serpentine (Chelydra serpentina).

L’embossage permet de donner au cuir des mammifères, tels que les bovidés,
l’apparence et la texture du véritable cuir de reptile, le faisant apparaître pratiquement
identique en surface. Dans le cas du cuir d’un mammifère, il arrive que des follicules
pileux restent visibles sous forme de petites alvéoles à la surface et que l’on puisse
les observer à la loupe pour confirmer qu’il ne s’agit pas de cuir de tortue ou d’autres
reptiles. Cependant, l’absence de follicules pileux peut être trompeuse car il est possible
que la teinture, le tannage et l’embossage couvrent et cachent ces petites alvéoles. Un
des moyens les plus sûrs de distinguer le cuir de reptile du cuir de bovin consiste à
examiner de près, à la loupe ou au microscope, la section transversale d’un échantillon.
Si nécessaire, l’analyse de l’ADN permettra d’identifier plus sûrement l’espèce utilisée
pour fabriquer le cuir.

73
Chapitre 2.6 CUIR

Conseil pour l’identification : Section transversale du cuir

Section transversale du cuir de tortue marine


(Cheloniidae).

Section transversale du cuir de bovin domestique


(Bos taurus).

Sur la photographie du haut, on peut voir l’image grossie de la section transversale du


cuir de tortue marine et la comparer, sur la photographie du bas, avec le grain cassé
du cuir de bovin dont on a retiré la couche supérieure avec les follicules pileux lors
du processus de transformation. Veuillez noter à quel point le grain est irrégulier par
rapport à la structure régulière de la peau de tortue marine (tout comme des reptiles en
général et des crocodiliens en particulier) (B. Baker pers. comm. 2020).

74
Chapitre 2.6 CUIR

Produits en cuir

Le cuir des tortues marines, des chélydres et peut être d’autres espèces, est transformé en
produits tels que des bottes, des sacs, des ceintures, des bracelets-montres et des portefeuilles,
entre autres.

Figure 87 Botte en cuir de tortue marine


(Cheloniidae).

Figure 88 Botte en cuir de chélydre Figure 89 Portefeuille en cuir de chélydre


serpentine (Chelydra serpentina). serpentine (Chelydra serpentina).

75
CHAPITRE 2.7 :
LES MÉDICAMENTS

La carapace, les os et le cartilage des tortues terrestres et des tortues d’eau douce
sont communément commercialisés comme ingrédients des médicaments utilisés en
médecine traditionnelle dans le monde entier et en particulier, en médecine traditionnelle
asiatique. Ces spécimens sont vendus aussi bien comme ingrédients bruts que comme
produits finis prêts pour la consommation. Lorsqu’il s’agit de produits bruts, on reconnaît
parfois des morceaux entiers ou partiellement intacts de la dossière ou du plastron
(voir Chapitre 2.1), mais l’identification des médicaments transformés, contenant des
spécimens concassés ou en poudre, est plus difficile. Beaucoup de produits médicinaux
contenant des parties ou produits de tortues contiennent aussi d’autres ingrédients
provenant d’espèces sauvages, dont le commerce international et national peut exiger
un permis, ou dont les transactions commerciales peuvent être totalement interdites
: par exemple, les os de tigres, la bile de certaines espèces d’ours et les écailles de
pangolins, ainsi que des plantes réglementées comme Saussurea, Hoodia et le ginseng.
En conséquence, une inspection rigoureuse de ces produits peut être nécessaire pour
détecter la présence d’autres espèces réglementées, en plus des tortues terrestres ou des
tortues d’eau douce.
76
Chapitre 2.7 MÉDICAMENTS

Conseil pour l’identification : Caractères chinois

Parfois, l’étiquette d’emballage est la première et seule information disponible pour


identifier la présence d’espèces sauvages en tant qu’ingrédients d’un produit médicinal,
de sorte qu’une analyse de l’ADN pourrait être nécessaire pour confirmer la présence
réelle d’une espèce et, si possible, l’identité de l’espèce. On peut parfois lire sur
l’emballage qu’un produit contient un ingrédient qui, en réalité, n’est pas inclus ou qui
a été remplacé par un autre ingrédient provenant d’une espèce plus facile à obtenir
ou moins onéreuse. Par exemple, un produit prétendant contenir une espèce rare telle
que la tortue pièce d’or (Cuora trifasciata) pourrait en fait inclure la tortue boîte d’Asie
orientale (Cuora amboinensis) ou l’Émyde mutique (Mauremys mutica) plus accessibles
et à la valeur commerciale inférieure. Voir Chapitre 2.1 pour d’autres conseils
d’identification à partir de carapaces entières ou de morceaux de carapaces.

77
Chapitre 2.7 MÉDICAMENTS

Il importe de noter qu’en médecine traditionnelle asiatique, les mots anglais « tortoise »
et « turtle » sont souvent interchangeables. Pour cette raison, il est possible que
certaines déclarations de commerce enregistrées comme contenant du matériel issu
de la famille Testudinidae (tortues terrestres) concernent en réalité des espèces d’une
famille différente, si le mot « tortoise » est repris d’une étiquette d’emballage ou des
documents commerciaux associés. C’est un point important à retenir parce que toutes
les espèces de la famille Testudinidae sont inscrites aux Annexes de la CITES tandis
qu’une diversité de tortues d’autres familles ne le sont pas, et ce détail peut avoir une
incidence sur les réglementations commerciales qu’un agent chargé de l’application des
lois sur les espèces sauvages est censé appliquer.

Figure 90 Pilules contenant la « tortue pièce d’or » (Cuora spp.). À noter que les
mots anglais « tortoise » et « turtle » sont utilisés de manière interchangeable sur les
étiquettes.

78
Chapitre 2.7 MÉDICAMENTS

Les espèces communément utilisées dans les produits médicinaux asiatiques sont
décrites dans les tableaux qui suivent :

Espèce Chinémyde de Reeves

Partie la plus
commercialisée : Plastron

Carapace entière avec scutelles, entière sans scutelles, morceaux


Commercialisée de carapace désarticulés ou concassés, gélatine ou colle, carapace
comme : moulue sous forme de poudre, ou de médicaments préparés.
Nom Plastrum Testudinis
pharmaceutique :
Nom chinois : 龜板
Nom pinyin : Gui Ban
Autres noms Plastron Testudines, testudinis shell, tortoise plastron, Bie Jia
commerciaux Jiao (Colle de dossière de tortue), Gui Jia (lorsque la dossière
communs : et le plastron sont mélangés).
Animal vivant :

Partie
commercialisée :

79
Chapitre 2.7 MÉDICAMENTS

Trionyx de Chine (Pelodiscus sinensis) et peut être


Espèce d’autres membres de la famille Trionychidae – souvent
vendus sous l’appellation « Trionyx sinensis »
Partie la plus Dossière (mais on a également observé des morceaux de
commercialisée : plastron mélangés à des morceaux de dossière).

Commercialisée Carapace entière avec la peau séchée au soleil encore


attachée, morceaux de carapace désarticulés, carapace
comme : moulue sous forme de poudre, ou médicaments préparés.
Nom
pharmaceutique : Carapax Trionycis

Nom chinois : 鱉甲
Nom pinyin : Bie Jia
Otros nombres Bie Jia Chao (morceaux de carapace grillés ou frits), Carapax
comerciales Amidae; Carapax trionychis, turtle shell, tortoise shell.
comunes:
Animal vivant :

Partie
commercialisée :

80
Chapitre 2.7 MÉDICAMENTS

Tortue pièce d’or (Cuora trifasciata). Il est possible que d’autres


Espèce espèces soient aussi commercialisées sous ce nom, comme par
exemple Cuora amboinensis et Mauremys mutica.

Partie la plus Plastron (bouilli ou réduit en poudre)


commercialisée :

Commercialisée Dessert médicinal chinois « guilinggao »


comme :
Nom Plastrum Testudinis
pharmaceutique :
Nom chinois : 龟苓膏
Nom pinyin : Gui Ban

Otros nombres Plastron Testudines, testudinis shell, tortoise plastron, Bie Jia
comerciales Jiao (Colle de dossière de tortue), Gui Jia (dossière et plastron
comunes: mélangés).
Animal vivant :

Partie
commercialisée :

81
Chapitre 2.7 MÉDICAMENTS

Les figures 91 - 94 illustrent comment des médicaments emballés peuvent prendre de


nombreuses formes, notamment : pansements, pilules, capsules, poudres, liquides et
medicine balls. L’examen des caractères et des illustrations figurant sur les étiquettes
peuvent aider à la reconnaissance initiale des produits pouvant contenir des ingrédients
provenant de tortues terrestres ou de tortues d’eau douce, qui peut être suivie par un
examen et une enquête plus approfondis, le cas échéant.

Figure 91 La gelée de tortue « guilinggao » (龟苓膏)


est traditionnellement fabriquée à l’aide de carapaces
de Cuora trifasciata, comme on le voit sur l’étiquette.

82
Chapitre 2.7 MÉDICAMENTS

Figure 92 Médicament contre les rhumatismes dont l’étiquette


indique qu’il contient de la carapace de tortue (Testudines).

Figure 93 Médicament dont l’étiquette indique qu’il contient de la


carapace de tortue (Testudines).

83
Chapitre 2.7 MÉDICAMENTS

Figure 94 Pilules de « tortue pièce d’or » (Cuora spp.).

84
CHAPITRE 2.8 :
LES SPÉCIMENS
SCIENTIFIQUES ET DE MUSÉE

On trouve aussi dans le commerce des spécimens scientifiques et de musée provenant


de tortues terrestres et de tortues d’eau douce qui doivent être vérifiés pour s’assurer
que leur transport s’accompagne de la documentation et des permis requis. Il s’agit de
spécimens tels que le sang et des échantillons de tissus, des os, des squelettes et des
spécimens naturalisés, entre autres. Certes, le déplacement de ces spécimens est parfois
gouverné par des réglementations nationales différentes de celles qui s’appliquent aux
articles faisant l’objet de transactions commerciales mais ils doivent néanmoins être
traités comme des spécimens inscrits aux Annexes de la CITES lorsqu’ils sont expédiés au
niveau international. Pour d’autres informations sur la définition des spécimens inscrits
aux Annexes de la CITES, veuillez consulter l’Article I de la Convention et pour en savoir
plus sur les obligations des institutions scientifiques enregistrées, relatives au commerce
de spécimens inscrits aux Annexes de la CITES, veuillez consulter la résolution CITES
Conf. 11.15 (Rev. CoP18) : Prêts, dons, ou échanges de spécimens de musées, d’herbiers et de
recherche à des fins de diagnostic et de criminalistique.

85
CHAPITRE 3 :
AUTRES RESSOURCES
D’IDENTIFICATION
Si l’on veut surveiller et réglementer efficacement le commerce des tortues terrestres
et des tortues d’eau douce, l’identification exacte des espèces est fondamentale. Cette
information est indispensable pour les autorités chargées de l’application des lois
afin qu’elles puissent déterminer si le commerce est légal ou non et appliquer les
règlements qui s’imposent. Souvent, les parties et les produits de tortues terrestres
et de tortues d’eau douce n’ont pas les caractéristiques qui servent habituellement à
identifier les espèces d’après leur aspect physique. Mais, selon la taille, la quantité et
l’état des spécimens, il existe des guides d’identification, des spécialistes des tortues
et des laboratoires de criminalistique que l’on peut consulter pour confirmer ou
déterminer la présence de spécimens de tortues terrestres ou de tortues d’eau douce
et identifier les espèces. Les sections qui suivent offrent un appui complémentaire,
permettant de réagir à la présence suspectée d’ingrédients commercialisés provenant
de tortues terrestres ou de tortues d’eau douce.

86
CHAPITRE 3.1 :
CONSULTATION DE
SPÉCIALISTES
Sur photographie ou d’après la description des envois en question, des spécialistes
peuvent apporter une assistance en matière d’identification d’ingrédients provenant de
tortues terrestres et de tortues d’eau douce. Pour prendre des photographies, veuillez
vous référer au document Guidance To Photographing Live Tortoises and Freshwater
Turtles for Identification. Les spécialistes des tortues sont généralement basés dans
des universités, des parcs zoologiques, des centres de sauvetage ou autres institutions.
Beaucoup d’entre eux sont membres du Groupe de spécialistes des tortues terrestres
et des tortues d’eau douce de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’Union
internationale pour la conservation de la nature (UICN CSE), et l’on peut solliciter leur
aide via le formulaire de contact (contact form) qui se trouve sur leur site web.

Il existe aussi un réseau d’identification et de réponse rapide sur les tortues terrestres
et tortues d’eau douce, placé sous les auspices du Groupe de spécialistes des tortues
terrestres et des tortues d’eau douce de l’UICN CSE. Ce réseau a pour but d’aider, à très
bref délai, les autorités chargées de l’application des lois relatives aux espèces sauvages
à identifier les spécimens saisis ou confisqués de tortues terrestres ou de tortues
d’eau douce, sur photographies des spécimens saisis ou confisqués. Les services des
spécialistes du réseau d’identification et de réponse rapide sont fournis gratuitement,
à titre confidentiel, et réservés aux seules autorités chargées de l’application des lois
relatives aux espèces sauvages. Des informations détaillées sur le réseau et les moyens
d’accéder à ses services sont mises à disposition dans la bibliothèque numérique du
groupe fermé d’utilisateurs de l’équipe spéciale CITES sur les tortues terrestres et les
tortues d’eau douce, établi sur la plateforme CENComm de l’Organisation mondiale des
douanes (OMD). Pour d’autres informations, consultez la notification aux Parties no
2018/085 de la CITES du 2 novembre 2018.

87
CHAPITRE 3.2 :
ANALYSE DE LABORATOIRE
Dans certains cas, une assistance criminalistique – une analyse de l’ADN, par exemple
– peut être requise pour déterminer la présence d’ingrédients provenant de tortues
terrestres ou de tortues d’eau douce et les espèces concernées.

Ce chapitre contient une liste de laboratoires ayant des capacités d’analyse scientifique
des espèces sauvages et pouvant accepter des échantillons de tortues, au cas par cas.
Tous ces laboratoires sont également présents dans le « Répertoire des laboratoires
réalisant des analyses criminalistiques d’espèces sauvages » disponible sur la page web
de la CITES sur la criminalistique des espèces sauvages, où d’autres outils et ressources
utiles se trouvent également. Ce répertoire est mis à jour occasionnellement, avec
l’ajout de laboratoires, et doit être consulté de temps à autre pour vérifier la présence
de nouvelles informations.

La liste des laboratoires qui suit n’est pas exhaustive et il peut en exister d’autres dans vos
régions respectives. Cette liste a été actualisée en février 2021.

Australie, Océanie

Australian Centre for Wildlife Genomics, Sydney

Greta Frankham
[Link]@[Link]
[Link]

Suisse, Europe

Institut de médecine légale, Zurich

Nadja Morf
[Link]@[Link]
[Link]

88
LABORATOIRE

Pays-Bas, Europe

Netherlands Forensic Institute, La Haye

Irene Kuiper
[Link]@[Link]
General contact
NHBS@[Link]
[Link]

Royaume-Uni, Europe

Science and Advice for Scottish Agriculture, Édimbourg

Lucy Webster
wildlifeforensics@[Link]
[Link]

États-Unis d’Amérique, Amérique du Nord

US Fish and Wildlife Service, National Foresnic Laboratory, Ashland

Ed Espinoza
ed_espinoza@[Link]
[Link]

89
CHAPITRE 3.3 :
AUTRES RESSOURCES
PUBLIÉES
Il existe de nombreux guides d’identification des tortues terrestres et des tortues d’eau
douce au niveau des espèces, lorsque l’on examine des spécimens vivants ou, avant tout,
entiers. Une liste de ces ressources se trouve dans le document CITES CoP17 Doc. 73
Annexe 4 et beaucoup de ces publications ont également servi à préparer le présent
guide. Ci dessous se trouve une liste d’autres publications pouvant aider à identifier des
parties et des produits de tortues terrestres et de tortues d’eau douce.

Yudha, D., Aritona, F. and R. Eprilurahman. 2020. Characteristics of Shell Bone as an Identification Tool
for Turtle Species (Reptiles: Testudines) in Java, Borneo, and Sumatra. Journal of Tropical Biodiversity
and Biotechnology, 5(1), 35-43. doi: [Link]

UNEP-WCMC (Comps.) 2020. Checklist of CITES species – CITES Identification Manual. CITES
Secretariat, Geneva, Switzerland, and UNEP WCMC, Cambridge, United Kingdom.
[Link]

Switzerland. 2015. Federal Food and Safety and Veterinary Office, Tengwood Organisation. Bushmeat:
Information and identification guide. A collaboration of the Federal Food Safety and Veterinary
Office and Tengwood Organisation. [Bern, Switzerland: FSVO, 2015. Available in English and
French: [Link]

Tallant, J., Brook, S., Roberton, S., and T.X. Viet . 2010. An Identification Guide to Commonly
Traded Wildlife Products in Southeast Asia. 2nd Edition. Wildlife Conservation Society,
Hanoi, Vietnam. [Link]
aspx?EntryId=31923&PortalId=80&DownloadMethod=attachment&test=1

Pendry, S., C. Allen, J. Wu and G. Cameron. 2004. Traditional Asian medicine identification guide for
law enforcers: version II). Her Majesty’s Customs and Excise, London and TRAFFIC International,
Cambridge, UK. A guide to assist enforcers to determine which medicines and ingredients are legal or
illegal. 322pp. [Link]
[Link]

90
CRÉDITS ET RÉFÉRENCES
Crédits photo
Tous les crédits photo, par page, ordonnés de gauche à droite et de haut en bas.

4 Testudo hermanni © Jonathan E. Kolby

5 Chelidae © Paulo Henrique Bonavigo / (CC-BY-NC) [Link]/observations/57218611


Pelomedusidae © pistolpete / (CC-BY-NC) [Link]/observations/12820836
Podocnemidae © Christian Daniel Martinez Rodriguez / (CC-BY-NC) [Link]/
observations/60089170
Carettochelyidae © Yolarnie Amepou / Piku Biodiversity Network
Trionychidae © Adrian Macedo / (CC-BY-NC) [Link]/observations/58679144
Platysternidae © Roger Culos / (CC-BY-NC) [Link]/wiki/File:Platysternon_
megacephalum_MHNT_CHE_1992-[Link]
Emydidae © Andrew George / (CC-BY-NC) [Link]/observations/60848448
Geomydidae © faluke / (CC-BY-NC) [Link]/observations/63347227
Testudinidae © Rosanna Mangione
Cheloniidae © Beth Resnick / (CC-BY-SA) [Link]/imagelib/?photo=6218
Dermochelyidae © Katie G. Garrett
Chelydridae © Rachel (Zooshoveller) / (CC-BY-NC) [Link]/observations/58456082
Dermatemydidae © Heather Barrett / [Link]/ [Link]
Kinosternidae © Gloria Camargo / (CC-BY-NC) [Link]/observations/58755329

9 Painted shells © Chris Whittier

13 Terrapene carolina © odobenine / (CC-BY-NC) [Link]/observations/61009636


Pelodiscus sinensis © Tse Chung Yi / (CC-BY-NC) [Link]/observations/18691496

15 Skeleton illustration © Katie G. Garrett

16 Bones © seemab / (CC-BY-NC) [Link]/observations/4862359


Shells © TRAFFIC
Eggs © Diego Naranjo / (CC-BY-NC) [Link]
Meat © Robert W. Cannon / [Link]/2016/02/[Link]
Medicine © Rickey Tome / USFWS
Leather © USFWS National Fish and Wildlife Forensic Laboratory
Cartilage © Arunima Singh / Turtle Survival Alliance

17 Cross-section illustration © Katie G. Garrett

18 Terrapene carolina Carapace © Andrew George / (CC-BY-NC) [Link]/observations/60848448


Terrapene carolina Plastron © odobenine / (CC-BY-NC) [Link]/observations/61009636
Bony plates illustrations © Katie G. Garrett

91
CRÉDITS ET RÉFÉRENCES

19 Stigmochelys pardalis © Rosanna Mangione

20 Pelodiscus sinensis © Bonnie Kinder / (CC-BY-NC) [Link]/observations/12846286


Lissemys punctata © Uday Agashe / (CC-BY-NC) [Link]/observations/56209661
Carettochelys insculpta © Peter Paul van Dijk
Dermatochelys coriacea © Katie G. Garrett

21 Diagram of scutes © Katie G. Garrett

22 Apelone spinifera © Adrian Macedo / (CC-BY-NC) [Link]/observations/58679144


Dermatochelys coriacea © Katie G. Garrett
Chelonia mydas © Beth Resnick / (CC-BY-SA) [Link]/imagelib/?photo=6218
Testudo graeca © Rosanna Mangione
Chelydra serpentina © Rachel (Zooshoveller) / (CC-BY-NC) [Link]/observations/58456082
Kinosternon scorpiodes © Gloria Camargo / (CC-BY-NC) [Link]/observations/58755329
Chelus fimbriata © Paulo Henrique Bonavigo / (CC-BY-NC) [Link]/observations/57218611
Terrapene carolina © Andrew George / (CC-BY-NC) [Link]/observations/60848448
Heosemys spinosa © Bill Hughes

23 Cuora amboinensis © John Howes / (CC-BY-NC) [Link]/observations/18892995


Pelusios sinuatus © Tomas Chipiri Buruwate / (CC-BY-NC) [Link]/observations/22567493
Terrapene carolina © odobenine / (CC-BY-NC) [Link]/observations/61009636
Chelydra serpentina © arabelleosicky / (CC-BY-NC) [Link]/observations/58876109
Mauremys leprosa © faluke / (CC-BY-NC) [Link]/observations/63347227
Pelodiscus sinensis © 金翼白眉 / (CC-BY-NC) [Link]/observations/18618895

24 Terrapene carolina © Andrew George / (CC-BY-NC) [Link]/observations/60848448


Testudo graeca © Rosanna Mangione
Crysemys picta © dobershelly / (CC-BY-NC) [Link]/observations/61009517
Apelone spinifera © dreamc / (CC-BY-NC) [Link]/observations/54302543
Terrapene carolina © Andrew George / (CC-BY-NC) [Link]/observations/60848448
Mauremys reevesii © James H. Harding

25 Cuora amboinensis © John Howes / (CC-BY-NC) [Link]/observations/18892995


Pelusios sinuatus © Tomas Chipiri Buruwate /(CC-BY-NC) [Link]/observations/22567493

26 Chelydra serpentina © Don Sutherland /(CC-BY-NC) [Link]/observations/56182737

27 Terrapene carolina © Kim Goldberg


Apalone multica © Mark Parker
Caretta caretta © Rosanna Mangione

28 Human skull © John Senex / (CC-BY-SA) [Link]/photos/75aba442-d9f0-4748-


9d27-e8b63f64ab54
Terrapene carolina © Kim Goldberg

92
CRÉDITS ET RÉFÉRENCES

29 Softshell plastron © Sneha Dharwadkar / Freshwater Turtles and Tortoises of India


Box Turtle plastron © odobenine / [Link]/observations/61009636
Softshell and Box Turtle illustrations © Katie G. Garrett

30 Dermochelys coriacea adult © Katie G. Garrett


Dermochelys coriacea juvenile © Katie G. Garrett

31 Whole softshell plastron bones © Jonathan Kolby


Disarticulated softshell plastron bones © USFWS / Rickey Tome
Medicine bottle © Rickey Tome / USFWS

32 Taxidermy Hawksbill Sea Turtle © Hal Brindley / [Link]

33 Sea turtle guitar © Chris Whittier


Painted shells © Chris Whittier

34 Painted shells © Chris Whittier


Papua New Guinea masks © Raymond Hernandez / USFWS
Papua New Guinea masks © Raymond Hernandez / USFWS

35 Tortoise shell mask © Fotokon / [Link]

36 Sea turtle jewelry © Hal Brindley / [Link]


Sea turtle jewelry © Hal Brindley / [Link]
Sea turtle bracelets © Hal Brindley / [Link]

37 Eyeglasses © TRAFFIC
Tortoiseshell box © TRAFFIC

38 Individual turtle scutes © Flora Leung / HK AFCD

39 Seizure of blue painted scutes © Pedro Portal / the Miami Herald


Seizure of blue painted scutes © Pedro Portal / the Miami Herald

41 Mauremys reevesii from above © James H. Harding


Mauremys reevesii plastron © Kadoorie Farm & Botanic Garden

42 Box of plastron in market © Astrid Andersson


Bowl of Gui Ban pieces © Jonathan E. Kolby

43 Bone fragments © Jonathan E. Kolby

44 Cuora trifasciata topside © James H. Harding


Cuora trifasciata underside © Kadoorie Farm & Botanic Garden
Cuora amboinensis topside © John Howes / (CC-BY-NC) [Link]/observations/18892995
Cuora amboinensis underside © John Howes / (CC-BY-NC) [Link]/observations/18892995
Mauremys mutica topside © ihenglan / (CC-BY-NC) [Link]/observations/49694804
Mauremys mutica underside © Michael Lynch / (CC-BY-NC) [Link]/observations/59026026

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CRÉDITS ET RÉFÉRENCES

45 Cuora trifasciata plastron © Kadoorie Farm & Botanic Garden


Curora amboinensis plastron © John Howes / (CC-BY-NC) [Link]/observations/18892995

46 Pangshura tecta plastra © Peter Paul van Dijk

47 Turtle shells hanging © TRAFFIC


Pieces of turtle shell in boxes ©TRAFFIC

48 Pelodiscus sinensis bones © Jonathan E. Kolby

49 Bones in packaging © Rickey Tome / USFWS


Bone illustrations © Katie G. Garrett

50 Pelodiscus sinensis © Tse Chung Yi / (CC-BY-NC) [Link]/observations/18691496


Lissemys punctata © Massimo Delfino/ Museum of Zoology, Senckenberg Dresden, Germany

51 Bags of turtle shells © Peter Paul van Dijk

52 Cycloderma frenatum © Amanda Isobella Eloise / (CC-BY-NC) [Link]/observations/32780199

53 Lepidochelys olivacea skulls © seemab / (CC-BY-NC) [Link]/observations/4862359

54 Chelonia mydas © Karine Scott / (CC-BY-NC) [Link]/observations/36411505


Caretta caretta © John C. (casseljs) / (CC-BY-NC) [Link]/observations/20111240
Chelydra serpentina © Mike Farley / (CC-BY-NC) [Link]/observations/17076924
Macrochelys temminckii © bobbyfingers / (CC-BY-NC) [Link]/observations/10128789

55 Calipee © Arunima Singh / Turtle Survival Alliance

56 Calipee from plastron © Arunima Singh / Turtle Survival Alliance


Calipee from carapace © Arunima Singh / Turtle Survival Alliance

57 Cartilage/ calipee illustration © Katie G. Garrett

58 Malayemys subtrijuga © Kurt Buhlmann

59 Caiman and tortoise meat © Jess Kraft / [Link]

60 Lissemys punctata live © Arunima Singh / Turtle Survival Alliance


Lissemys punctata butchered © Wild Rathin
Lissemys punctata butchered © Wild Rathin

61 Red-eared Slider meat © Robert W. Cannon


Red-eared Slider meat © Robert W. Cannon

94
CRÉDITS ET RÉFÉRENCES

62 Snapping Turtle meat package © Robert W. Cannon


Snapping Turtle meat © Robert W. Cannon

63 Green Turtle Soup can front © Kenneth Dodd, Jr.


Green Turtle Soup can ingredients © Kenneth Dodd, Jr.
Snapper Soup can front © Kenneth Dodd, Jr.
Snapper Soup can ingredients © Kenneth Dodd, Jr.
Snapper Turtle Soup can front © Thomas E. J. Leuteritz
Snapper Turtle Soup can ingredients © Thomas E. J. Leuteritz

64 Guilinggao powder © Jonathan E. Kolby

65 Eggs in bucket © Diego Naranjo / [Link]/observations/48983712

66 Coluber constrictor © Dana Hoisington / (CC-BY-NC) [Link]/observations/38003530


Crocodylus porosus © Colin Trainor / (CC-BY-NC) [Link]/observations/5067861
Plestiodon fasciatus © Robert Russo / (CC-BY-NC) [Link]/observations/52571183
Lepidodactylus lugubris © apteryxrowi / (CC-BY-NC) [Link]/observations/64014342

67 Sea turtle eggs © TRAFFIC

68 Leptochelys olivacea © Katie Garrett


Dermochelys coriacea © Katie Garrett
Dermatemys mawii © Heather Barrett / [Link]/ [Link]
Podocnemis expansa © Diego Naranjo / (CC-BY-NC) [Link]/observations/49092003

69 Podocnemis unifilis © Diego Naranjo / (CC-BY-NC) [Link]/observations/48983708


Chelydra serpentina © memmurray / (CC-BY-NC) [Link]/observations/50732688
Chelonoidis carbonarius © Andrea Echeverry-Alcendra
Malaclemys terrapin © Don Lewis & Sue Wieber Nourse / Turtle Journal (August 2013)

70 Common Snapping Turtle leather © Scott Schoeniger / [Link]/


Sea turtle leather © USFWS

71 Sea Turtle leather © USFWS


Python leather © Jonathan E. Kolby
Caiman Lizard leather © USFWS
Snapping Turtle leather © Scott Schoeniger /[Link]/
Crocodile leather © Jonathan E. Kolby
Cobra leather © Jonathan E. Kolby

72 Sea Turtle leather © USFWS


Crocodile leather © Jonathan E. Kolby

95
CRÉDITS ET RÉFÉRENCES

73 Snapping turtle leather, red and purple © Scott Schoeniger /[Link]/


Snapping turtle leather, various colors © Scott Schoeniger /[Link]/

74 Cross-section sea turtle leather © USFWS / National Fish and Wildlife Forensic Laboratory
Cross-section cow leather © USFWS / National Fish and Wildlife Forensic Laboratory

75 Sea Turtle leather boot © USFWS / National Fish and Wildlife Forensic Laboratory
Snapping turtle leather boot © Scott Schoeniger /[Link]/
Snapping turtle leather wallet © Scott Schoeniger /[Link]/

76 Medicine packaging © USFWS / Rickey Tome


Medicine packaging © USFWS / Rickey Tome

78 Medicine packaging © USFWS / Rickey Tome

79 Live Mauremys reevesii © James H. Harding


Mauremys reevesii plastron © Peter Paul van Dijk

80 Live Pelodiscus sinensis © Bonnie Kinder


Pelodiscus sinensis bones © Tse Chung Yi / (CC-BY-NC) [Link]/observations/18691496

81 Live Cuora trifasciata © Peter Paul van Dijk


Cuora trifasciata plastron © Peter Paul van Dijk

82 Guilinggao packaging © Peter Paul van Dijk

83 Medicine packaging © Rickey Tome / USFWS


Medicine packaging © Rickey Tome / USFWS

84 Medicine packaging © Rickey Tome / USFWS

85 Testudo graeca © Rosanna Mangione

86 Test tubes © Katie G. Garrett

96
CRÉDITS ET RÉFÉRENCES

Littérature référencée
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CRÉDITS ET RÉFÉRENCES

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files/9687/[Link]

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Designed at United Nations, Geneva – 2309909 (F) – July 2023 – 1 – UNEP/MISC/2023/3

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