Matériaux
1. Béton
1.1 Résistance à la compression
Le béton résiste bien à la compression mais il résiste mal à la traction. On peut
obtenir la résistance à la compression du béton en faisant l’essai de compression (on
comprime l’éprouvette du béton de forme cubique ou cylindrique jusqu’à
l’écrasement).
a) éprouvette cylindrique b) éprouvette cubique
Figure 1. Essai de compression de béton
La résistance des bétons est, en général, définie par la résistance caractéristique à la
compression mesurée sur cylindre à 28 jours conformément aux prescriptions de la
norme EN 206. La résistance caractéristique du béton est notée f .
La résistance à la compression de l’éprouvette du béton de forme cubique est en
générale plus grande que celui de forme cylindrique. Selon des expériences, on
constate que la résistance mesurée sur cylindre est de l’ordre de 80% de celui
mesurée sur cube.
Tableau 1. Corrélation entre la résistance mesurée sur cube et sur cylindre
L'Eurocode définit des classes de résistance du béton par un couple de valeurs
f , /f , . Un béton C40/50 possède une résistance caractéristique de 40 MPa
sur cylindre et de 50 MPa sur cube.
Ci-dessous sont des classes du béton dans l’Eurocode :
C12/15; C16/20; C20/25; C25/30; C30/37; C35/45; C40/50; C45/55; C50/60 ; …
1.2 Résistance caractéristique
Si le nombre d’éprouvettes est important, on peut supposer que les résistances
individuelles seront distribuées approximativement suivant une loi normale
(distribution de Gauss) (voir figure ci-dessous).
On appelle résistance caractéristique 𝑓 la valeur de la résistance à la
compression 𝑓 , mesurée sur cylindres à 28 jours d’âge, telle que, dans une série
illimitée d’essais, seulement 5% des mesures de la résistance à la compression
fournissent des valeurs inférieures à 𝑓 .
Figure 2. Distribution normale de la résistance à la compression du béton
Suivant la distribution normale, la résistance caractéristique :
𝑓 =𝑓 − 1.64 ∙ 𝑠
Où 𝜎 est l’écart-type :
∑(𝑓 − 𝑓 )
𝑠=
𝑛−1
Où 𝑓 est la résistance moyenne du béton.
En l’absence d’information particulières sur la valeur de 𝑠, Eurocode 2 (EC2)
permet le calcul de 𝒇𝒄𝒌 par :
𝑓 =𝑓 − 8 𝑀𝑃𝑎
1.3 Module d’élasticité
Un matériau est en élastique lorsqu’il retourne à la position initiale lors du
déchargement. Pour un matériau élastique linéaire, la relation entre la contrainte et
la déformation peut être écrit sous la forme :
𝜎 =𝐸∙𝜀
Où :
𝜎 est la contrainte
𝜀 est la déformation
𝐸 est le module d’élasticité
Le béton est un matériau non linéaire (voir courbe contrainte-déformation ci-
dessous). Donc, le module d’élasticité du béton varie en fonction de la contrainte
appliquée.
Le module d’élasticité sécante du béton est celui correspondant à la contrainte
appliquée égale à 0.4 de la résistance du béton.
Figure 3. Courbe contrainte-déformation du béton
Eurocode 2 permet le calcul de module d’élasticité du béton par la formule :
.
𝑓
module d’élasticité sécante: 𝐸 = 22000 10
Où 𝐸 et 𝑓 sont en [MPa]
1.4 Résistance à la traction du béton
L’Eurocode 2 permet le calcul de la résistance à la traction du béton par la formule :
𝑓 = 0.3 ∙ 𝑓
𝑓 , . = 0.7 ∙ 𝑓 résistance caractéristique de traction à fractile 5%
et 𝑓 , . = 1.3 ∙ 𝑓 résistance caractéristique de traction à fractile 95%
Où 𝑓 est la résistance à la traction moyenne du béton.
1.5 Déformation différée du béton
1.5.1 Le retrait
Au cours du temps, même en l'absence de contrainte, une pièce en béton subit un
raccourcissement qu'on appelle le retrait. Ce phénomène se produit dès la mise en
œuvre du béton, pendant sa prise et son durcissement et se développe au cours du
temps. Selon EC2, on peut estimer la déformation totale due au retrait par :
𝜀 =𝜀 +𝜀
𝜀𝑐𝑎 est la déformation due au retrait endogène
𝜀𝑐𝑑 est la déformation due au retrait de séchage
𝜀 (𝑡) = 𝜀 (∞) 1 − 𝑒 . ∙ .
Où :
𝜀 (∞) = 2.5(𝑓 − 10) ∙ 10 𝑓 en [MPa]
t est âge du béton à l’instant considéré (en jours)
𝜀 (𝑡) = 𝛽 (𝑡, 𝑡 ) ∙ 𝑘 ∙ 𝜀 ,
Où :
𝛽𝑑𝑠 (𝑡, 𝑡𝑠 ) une fonction qui traduit l’évolution dans le temps du retrait de séchage
(𝛽 vaut 1 pour le calcul de la valeur finale du retrait).
𝑘ℎ un coefficient dépendant du rayon moyen ℎ
𝜀𝑐𝑑,0 la valeur nominale du retrait de séchage
Valeur de 𝜀 , en [× 10 ]
(𝑡 − 𝑡 )
𝛽 (𝑡, 𝑡 ) =
(𝑡 − 𝑡 ) + 0.04 ℎ
𝑡 est âge du béton au début de retrait de séchage (normalement il correspond
à la fin de cure)
1.5.2 Le fluage
Si une éprouvette du béton est chargée par une contrainte constante pendant une
longue durée, on constate une déformation instantanée lors de l'application de la
charge puis, au cours du temps, un accroissement de la déformation qui se stabilise
au bout d'une période comprise entre 3 et 5 ans (Patrick Le Delliou, 2003). Ce
phénomène s’appelle le fluage.
𝜀 (𝑡) : fluage
déformation
𝜀 (𝑡) : instantanée
𝜀 (𝑡) : retrait
temps
Figure 4. déformation instantanée et différée du béton
Déformation due au fluage :
𝜎
𝜀 (∞, 𝑡 ) = 𝜑(∞, 𝑡 ) 𝐸
Dans le cas où la contraint de compression du béton est supérieur à 0.45𝑓 (𝑡 ) le
coefficient de fluage doit être remplace par :
𝜑 (∞, 𝑡 ) = 𝜑(∞, 𝑡 ) ∙ 𝑒𝑥𝑝[1.5(𝑘 − 0.45)]
Où
𝑘 = 𝜎 ⁄𝑓 (𝑡 )
La valeur de 𝜑(∞, 𝑡 ) peut être calculée par les diagrammes ci-dessous :
2. Armature de précontrainte
Les armatures de précontrainte sont en acier de haute limite élastique. Elles sont
sous forme de barres, de torons ou de fils.
Figure 5. La mise en tension des barres de précontrainte
Figure 6. La mise en tension des torons de précontrainte
Figure 7. Les fils (pour la précontrainte)
Figure 8. Courbe contrainte-déformation de l’armature de précontrainte
Figure 9. Valeur de fp0.1k
2.1 Module d’élasticité des armatures de précontrainte
Ci-dessous indique les valeurs habituelles (ordres de grandeur) de module
d’élasticité des armatures de précontrainte. Les valeurs précises devraient être
données par le fournisseur.
𝐸 ≈ 205 𝐺𝑃𝑎 pour des barres et fils ; et
𝐸 ≈ 195 𝐺𝑃𝑎 pour des torons.
2.2 Relaxation des armatures de précontrainte
Lorsque l'on tend un fil d'acier a une contrainte élevée, la longueur du fil étant
maintenue constante, on remarque, au cours du temps, une diminution de la
contrainte dans l'armature. Cette perte de tension est appelée « relaxation ».
En générale on prend comme référence la relaxation à 1000h à la température de
20C. La relaxation de l’armature devrait être donnée par le producteur.
Figure 11. Relaxation de l’armature à 20°𝐶 à 1000 h
A la relaxation à l’instant t peut être déterminée par la formule suivante :
Les paramètres k1 et k2 dépendent de la classe des armatures et sont donnés par le
tableau suivant :
Armature k1 k2
Classe 1 fils ou torons ordinaires 5.39 6.7
Classe 2 fils ou torons à basse (faible) relaxation 0.66 9.1
Classe 3 barres 1.98 8