Partie 1 Chap 1
Partie 1 Chap 1
La GPEC est devenue un enjeu stratégique majeur pour les organisations contemporaines,
permettant d’anticiper les évolutions des emplois et des compétences dans un environnement
économique en perpétuelle mutation. Ce service vise à sécuriser la gestion des ressources
humaines en alignant les compétences des salariés avec les besoins futurs de l’entreprise.
Dans un premier temps, nous examinerons les enjeux liés à la mise en place d’un service de
GPEC, en mettant en lumière les défis auxquels les entreprises doivent faire face, tels que le
manque de visibilité sur les compétences, les risques de pénurie de talents et la nécessité
d’adaptation aux nouvelles technologies. Nous analyserons également les impacts de ces
enjeux sur la performance globale de l’entreprise.
Ensuite, nous explorerons les méthodes et outils nécessaires à l'implémentation d'une GPEC
efficace. Nous aborderons les bonnes pratiques en matière de diagnostic des compétences, de
planification des ressources humaines et de formation continue, ainsi que l’importance de la
culture d’entreprise dans ce processus.
Ce mémoire ne se limite pas à une simple analyse des problématiques et des solutions
existantes ; il propose également des recommandations concrètes pour réussir
l’implémentation d’un service de GPEC. Ces recommandations s’appuient sur des études de
cas, des retours d’expérience et les conseils d’experts du domaine.
Enfin, j'espère sincèrement que ce travail contribuera à une meilleure compréhension des
enjeux liés à la GPEC et qu’il sera une source d’inspiration pour de futures initiatives en
matière de gestion des ressources humaines.
C’est donc dans cette optique que nous avons choisi d’explorer le thème : « LA MISE EN
PLACE D’UN SERVICE DE GPEC AU SEIN DU GROUPE CARRE D’OR », qui a
retenu toute notre attention.
INTRODUCTION GENERALE
En effet, au sein des organisations, ce sont les individus qui créent et détiennent le
savoir, qui constitue une ressource stratégique essentielle. De nos jours, le capital financier et
technique perd de son importance en tant qu'atouts stratégiques pour assurer l'avantage
concurrentiel et la compétitivité des entreprises et des nations. Les ressources humaines, quant
à elles, sont au cœur du succès organisationnel. L'innovation et la créativité, qui sont cruciales
pour le développement des entreprises, émanent des actions humaines, et dépendent des
compétences et de la motivation des personnes impliquées. Ainsi, la gestion des ressources
humaines s'est imposée comme un facteur clé de compétitivité.
C'est dans ce cadre que la notion de management a émergé, définie comme « l’art de
mobiliser les ressources pour atteindre des objectifs partagés ». L'objectif principal d'un
manager est donc de fédérer ses collaborateurs autour des objectifs fixés, tout en veillant à
leur épanouissement personnel et collectif. Il doit anticiper les besoins en ressources humaines
à court et moyen terme, et adapter les postes, les effectifs et les compétences aux exigences
engendrées par les changements dans l'environnement économique, social et juridique. Cela
nous amène à parler de la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC).
La démarche GPEC consiste à élaborer et à mettre en œuvre des plans d’action cohérents,
visant à réduire de manière proactive les écarts entre les besoins en ressources humaines (en
termes d'effectifs et de compétences) et les ressources effectivement disponibles. Ces plans
s’inscrivent dans le cadre du plan stratégique de l’entreprise et impliquent les salariés dans un
projet d'évolution professionnelle, favorisant ainsi leur engagement et leur développement.
Cette nouvelle approche de gestion des ressources humaines est particulièrement pertinente
pour la laiterie de Tassili, qui souhaite renforcer ses équipes afin de maintenir sa compétitivité
et d'augmenter son chiffre d'affaires. Dans le cadre de notre mémoire de fin d’études, nous
avons eu l’opportunité de participer à la mise en place d’un service GPEC au sein du
GROUPE CARRE D’OR, répondant ainsi à ses besoins spécifiques.
Pour clarifier notre thème de recherche, nous avons intitulé notre étude « La mise en place
d’un service GPEC au sein du groupe carré d’or »,
Dans ce chapitre il sera question de poser les fondements théoriques et conceptuel relatifs à la
mise en place s un service de gestion prévisionnel. À cet effet, une première section est
consacrée au cadre théorique. Quant à la deuxième section, elle est consacrée à la
méthodologie de recherche
1. Contexte General
La mise en place d'un service de GPEC revêt une importance particulière dans ce contexte.
Elle permet aux entreprises d'aligner leur stratégie de ressources humaines avec leur vision à
long terme, tout en répondant aux exigences du marché du travail. En intégrant des outils
d'analyse et de planification, ce service peut identifier les compétences clés nécessaires pour
l'avenir et développer des plans de formation adaptés pour les employés.
2. Intérêts
Les intérêts de la GPEC ont différentes pensées du point de vue de l’organisme, les salariés, et
autres intérêts.
L'étude de la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences est d'une importance
capitale pour plusieurs raisons. Tout d'abord, elle permet aux entreprises d'anticiper les
évolutions de leur environnement et de mieux s'adapter aux changements économiques,
technologiques et sociaux. En analysant les compétences nécessaires à l'avenir, les
organisations peuvent optimiser leur gestion des ressources humaines et réduire le risque de
pénurie de talents.
Ensuite, elle favorise le développement des compétences des employés, ce qui contribue à la
motivation et à la fidélisation du personnel. En investissant dans la formation et l'évolution
professionnelle, les entreprises peuvent renforcer leur attractivité sur le marché du travail.
Enfin, une bonne gestion prévisionnelle des emplois et des compétences aide à instaurer un
climat de confiance au sein de l'organisation, en impliquant les salariés dans les processus de
décision concernant leur évolution professionnelle. Cela peut également améliorer la
performance globale de l'entreprise, en assurant que les bonnes personnes occupent les bons
postes au bon moment.
Le premier objectif est de trouver des moyens de faire correspondre les compétences de ses
salariés à ses besoins futurs, compte tenu de l’évolution escomptée et des changements
prévus. La GPEC peut aussi avoir pour but de résoudre des problèmes internes comme la
fidélisation de ses salariés, la gestion d’un conflit social, la mise en œuvre d’un projet, etc.
Elle peut alors viser la gestion des mouvements de personnel ou de manque de personnel, la
performance de l’entreprise.
L’intérêt pour les salariés est de recevoir une valorisation de leurs compétences et de leurs
contributions personnelles et collectives à la performance de leur entreprise. Le fait de les
impliquer pleinement au projet de gestion des emplois et des compétences permet de
développer leur sentiment d’appartenance à l’entreprise et ainsi d’augmenter leur motivation.
Si la GPEC est menée de manière participative, la démarche vivement conseillée est de
développer « le dialogue social et/ou la communication interne »
II. PROBLÉMATIQUE
1. Problématique Générale
En tant qu'entité clé dans la dynamique économique, les ressources humaines d'une entreprise
jouent un rôle déterminant dans son succès. Cependant, de nombreuses entreprises, en
particulier dans des secteurs en croissance rapide, souffrent d’un manque de structuration dans
leur gestion des ressources humaines. Dans ce contexte, certaines entreprises n'ont pas de
service de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences et ne disposent pas de
profils de carrière clairs pour leurs employés. Cette absence de vision stratégique entrave la
capacité de l’entreprise à s’adapter aux évolutions du marché et à attirer des talents.
L'absence du dit service dans ces entreprises crée des lacunes dans la gestion des
compétences, ce qui se traduit par une mauvaise identification des besoins en recrutement.
Les processus de recrutement, souvent improvisés, ne garantissent pas l’adéquation entre les
compétences des candidats et les exigences des postes à pourvoir. En conséquence, les
entreprises rencontrent des difficultés pour maintenir un effectif compétent, entraînant une
baisse de productivité et une détérioration de l’ambiance de travail.
Alors que le secteur agroalimentaire ivoirien connaît une croissance rapide, le Groupe Carré
d'Or éprouve des difficultés à aligner ses besoins en compétences avec les exigences de ses
diverses activités. Le processus de recrutement, souvent sporadique et réactif, ne permet pas
d'identifier les candidats adaptés aux spécificités de chaque domaine, entraînant des lacunes
dans les équipes, des difficultés d'intégration et une baisse de productivité.
De plus, l'absence de profils de carrière définis laisse les employés dans une impasse,
manquant de perspectives de développement professionnel. Ce flou dans les parcours de
carrière se traduit par une démotivation croissante et un taux de turnover alarmant, menaçant
ainsi la continuité des opérations et la culture d'entreprise.
Malgré des initiatives ponctuelles en matière de formation et d'intégration, les résultats restent
en deçà des attentes. Le manque de suivi et de planification dans la gestion des talents expose
le groupe à des risques significatifs : difficulté à s'adapter aux évolutions du marché,
incapacité à innover, et fragilisation de sa position concurrentielle.
Dans ce contexte, il est impératif d’explorer les enjeux liés à l’absence de GPEC au sein du
Groupe Carré d'Or et d'élaborer des recommandations pour instaurer une gestion proactive des
compétences. La mise en place d’un système structuré pourrait non seulement renforcer
l’engagement des employés, mais également garantir une meilleure adéquation entre les
talents et les ambitions stratégiques du groupe.
2. Questions De Recherche
Les questions de recherche présentées ci-dessous serviront à clarifier notre problématique
générale.
2.1 Question Centrale
Quelles sont les raisons et les défis liés à l'absence d'un service de Gestion Prévisionnelle
des Emplois et des Compétences (GPEC) au sein du Groupe Carré d'Or, et comment
cette absence affecte-t-elle la performance de l'entreprise ?
1. Objectif Principal
L’hypothèse est une réponse anticipée qui, pour être évaluée, doit être vérifiée. C’est aussi
une proposition de réponse à la question posée.
V. REVUE LITTERAIRE
VI. FONDEMENT THEORIQUES
1. Historique De La GPEC
La Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences est née dans les années 1960-
1970, à une époque où les entreprises ont commencé à percevoir la gestion des ressources
humaines comme un élément stratégique face aux évolutions économiques. À cette période,
l'objectif principal était d’anticiper les besoins en main-d'œuvre afin d’accompagner la
croissance. Le concept se formalise davantage dans les années 1980, en lien avec la flexibilité
croissante du travail et l’adaptation aux mutations de l’environnement économique. La GPEC
permet aux entreprises de se doter d’une vision à long terme pour gérer les emplois et les
compétences, en évitant les déséquilibres entre les besoins futurs et les ressources humaines
disponibles.
Dans les années 1990, la GPEC se structure sur le plan institutionnel, particulièrement en
France, avec la loi quinquennale sur l’emploi de 1993 qui oblige les entreprises de plus de 300
salariés à négocier sur ce sujet. Cette période marque une véritable reconnaissance légale de la
GPEC, la plaçant au centre des préoccupations des entreprises et des partenaires sociaux.
L’approche devient alors un levier important pour gérer les effectifs, les carrières, et les
restructurations. Au début des années 2000, la GPEC prend une importance accrue avec
l’accélération des transformations technologiques, organisationnelles et économiques. Elle
devient un outil de gestion anticipée des restructurations, permettant aux entreprises d’assurer
une meilleure adaptation de leurs effectifs face aux évolutions à venir (mondialisation,
numérisation). Les entreprises utilisent alors la GPEC pour anticiper les mutations à court et
moyen terme, notamment en matière de formation, de mobilité interne et d’accompagnement
des salariés vers de nouveaux métiers. Depuis 2010, avec la digitalisation et la montée des
technologies prédictives, la GPEC évolue vers une approche plus agile et flexible, en
s’inscrivant dans une logique d’adaptation continue. Elle intègre désormais des outils
numériques permettant une meilleure anticipation des besoins en compétences et favorise des
parcours professionnels individualisés. La GPEC devient un pilier central de la gestion des
talents, visant à sécuriser l’employabilité des salariés tout en assurant la compétitivité des
entreprises face à des environnements en perpétuelle mutation.
2. Définitions Notions
La Gestion des ressources humaines prévisionnelle revisite les fondamentaux traditionnels de
la gestion des ressources humaines, en plaçant la notion d’Emploi et de Compétence au centre
des processus et des décisions. Il s’agit non seulement d’optimiser les processus de
production, en prenant les RH comme données, mais de faire de la compétence et de
l’organisation de cette compétence le levier premier de différenciation de l’entreprise et le
facteur clé de concrétisation de ses projets stratégiques (amélioration de la qualité des
produits, développement de nouvelles activités,). Pour mieux appréhender ce qu’elle apporte
de nouveau en termes d’approche dans la GRH, définissons tout d’abord les deux notions clés
sur lesquelles repose : l’emploi et la compétence.
2.1 La notion d’emploi
Selon Maurice Thévenet (2013), l'emploi se définit comme un ensemble structuré de tâches
confiées à un individu, nécessitant un certain niveau de compétences et de qualifications, en
vue de réaliser les objectifs fixés par l'organisation. Thévenet insiste sur l’idée que l’emploi
est avant tout une construction organisationnelle, c’est-à-dire qu’il est structuré en fonction
des besoins de l’entreprise et des compétences disponibles chez les individus.
La définition des emplois est propre à chaque entreprise et reflète son organisation du travail.
En déterminant les contours de chaque emploi, l’entreprise pose un acte stratégique : elle
configure l’organisation la plus efficace en fonction des compétences disponibles, introduit la
polyvalence si nécessaire et favorise l’évolution des salariés afin d'exploiter leur plein
potentiel.
• La mission : elle indique le rôle attendu de l’emploi et sa contribution. Elle peut être
subdivisée en plusieurs fonctions.
• Les activités : elles correspondent aux différentes tâches liées à ces missions ou
fonctions.
• Le descriptif des tâches : il précise plus en détail les activités que couvre chaque
mission.
• Les conditions d’exercice : elles décrivent le cadre dans lequel l’emploi s'exerce.
Enfin, on distingue l’emploi-type, tel qu'il est exercé aujourd'hui, de l’emploi cible, qui
correspond à la version future de l’emploi, prenant en compte les évolutions stratégiques de
l’entreprise ou les contraintes de son environnement.
Ces trois conditions – savoir, pouvoir, et vouloir – doivent coexister pour que la compétence
puisse se manifester efficacement dans le cadre professionnel.
- Savoir-faire et savoir-être : il est vital de connaitre que sans savoir-être, l’utilisation des
savoir-faire par les individus n’est pas tout à fait efficace. Aussi, le savoir être est parfaitement
inopérant sans savoir-faire.
- Savoirs et savoir-être : la mobilisation des savoirs s’appuie sur l’utilisation des attitudes
appropriées ou savoir-être, lesquels demeurent inutiles sans connaissances, c’est-à-dire pour
cet auteur l’individu est compétent si : celui qui maitrise son domaine afin d’aboutir à la
performance, en plus de sa maitrise technique capable d’organiser son propre travail par une
capacité de travailler en relation avec d’autres.
C.Dejoux, en accord avec Philippe Zarifian, distingue trois principaux types de compétences :
Les compétences individuelles (ou professionnelles), Les compétences collectives (des
équipes), Les compétences organisationnelles (de l'entreprise).
▪ La légitimité d’une personne ou d’une instance à juger ou décider d’un fait (comme la
compétence d’un tribunal).
▪ Les capacités reconnues d’une personne dans un domaine spécifique, en lien avec les
connaissances qu’elle a acquises.
Ainsi, la compétence d’un individu peut lui être attribuée soit par le droit (en termes de
légitimité), soit par le savoir (en termes de capacités). L'intérêt pour la notion de compétence
est apparu simultanément dans plusieurs disciplines, pour devenir dans les années 1980 un
concept fondamental en gestion. Les recherches interdisciplinaires sur ce sujet ont permis
d’identifier des caractéristiques récurrentes, qui ont été intégrées par les chercheurs en
gestion.