Fables et Essais: Vers le Bac
Fables et Essais: Vers le Bac
Français
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Vers le bac
Vers le bac La littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle
1. Identifiez les modes des verbes de « Un fleuve » (v. 18) jusqu’à « bientôt » (v. 20).
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4. « Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu’il put. / Le vent emporta tout, personne ne s’émut »
(v. 9-10) : en quoi l’étymologie du terme tonna permet-elle d’identifier un champ
lexical dans ces vers ?
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C’est une chose stupéfiante que la fermeté de leurs combats, qui ne finissent jamais que par
meurtre et effusion de sang ; car la déroute et l’effroi, ils ne savent que c’est. Chacun rapporte
pour son trophée la tête de l’ennemi qu’il a tué, et l’attache à l’entrée de son logis. Après avoir
longtemps bien traité leurs prisonniers, et selon toutes les commodités possibles, celui qui en
est le maître, fait une grande assemblée de ses connaissances ; il attache une corde à l’un des
bras du prisonnier, par le bout de laquelle il le tient éloigné de quelques pas, de peur d’en être
blessée, et donne au plus cher de ses amis l’autre bras à tenir de même ; et eux deux, en présence
de toute l’assemblée, l’assomment à coups d’épée. Cela fait, ils le rôtissent et en mangent en
commun et en envoient des lopins à ceux de leurs amis qui sont absents.
[…] Nous les pouvons donc bien appeler barbares, eu égard aux règles de la raison, mais non
pas eu égard à nous, qui les surpassons en toute sorte de barbarie.
1. « Après avoir longtemps bien traité leurs prisonniers, et selon toutes les commodités
possibles, celui qui en est le maître, fait une grande assemblée de ses connaissances » (l. 3 à 5) :
les formes des verbes (à l’infinitif comme à l’indicatif) de ce passage sont-elles composées ou
simples ?
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2. À quelle valeur aspectuelle est associée, d’une part, la forme simple d’un verbe et, d’autre
part, sa forme composée ? Cela vous semble-t-il cohérent avec leur emploi dans ce passage ?
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Grammaire : LA NÉGATION no 31
3. « leurs combats […] ne finissent jamais que par meurtre et effusion de sang » (l. 1 à 2) : quel
est le type de négation employé ici ? Justifiez votre réponse.
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Nous sommes à Paris depuis un mois, et nous avons toujours été dans un mouvement continuel.
Il faut bien des affaires avant qu’on soit logé, qu’on ait trouvé les gens à qui on est adressé, et
qu’on se soit pourvu des choses nécessaires, qui manquent toutes à la fois.
Paris est aussi grand qu’Ispahan : les maisons y sont si hautes, qu’on jugerait qu’elles ne sont
habitées que par des astrologues. Tu juges bien qu’une ville bâtie en l’air, qui a six ou sept
maisons les unes sur les autres, est extrêmement peuplée ; et que, quand tout le monde est
descendu dans la rue, il s’y fait un bel embarras.
Tu ne le croirais pas peut-être, depuis un mois que je suis ici, je n’y ai encore vu marcher
personne. Il n’y a pas de gens au monde qui tirent mieux partie de leur machine que les
Français ; ils courent, ils volent : les voitures lentes d’Asie, le pas réglé de nos chameaux, les
feraient tomber en syncope. Pour moi, qui ne suis point fait à ce train, et qui vais souvent à pied
sans changer d’allure, j’enrage quelquefois comme un chrétien : car encore passe qu’on
m’éclabousse depuis les pieds jusqu’à la tête ; mais je ne puis pardonner les coups de coude
que je reçois régulièrement et périodiquement. Un homme qui vient après moi et qui me passe
me fait faire un demi-tour ; et un autre qui me croise de l’autre côté me remet soudain où le
premier m’avait pris ; et je n’ai pas fait cent pas, que je suis plus brisé que si j’avais fait
dix lieues.
Ne crois pas que je puisse, quant à présent, te parler à fond des mœurs et des coutumes
européennes : je n’en ai moi-même qu’une légère idée, et je n’ai eu à peine que le temps de
m’étonner.
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Grammaire : LA NÉGATION no 31
3. « Tu ne le croirais pas peut-être, depuis un mois que je suis ici, je n’y ai encore vu marcher
personne. » (l. 8 à 9) : quels sont les types de négation dans cette phrase ?
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Un jour Saint Dunstan, Irlandais de nation et Saint de profession, partit d’Irlande sur une petite
montagne qui vogua vers les côtes de France, et arriva par cette voiture à la baie de Saint-Malo.
Quand il fut à bord, il donna la bénédiction à sa montagne, qui lui fit de profondes révérences
et s’en retourna en Irlande par le même chemin qu’elle était venue.
Dunstan fonda un petit prieuré dans ces quartiers-là, et lui donna le nom de prieuré de la
Montagne, qu’il porte encore, comme un chacun sait.
En l’année 1689, le 15 juillet au soir, l’abbé de Kerkabon, prieur de Notre-Dame de la Montagne
se promenait sur le bord de la mer avec mademoiselle de Kerkabon, sa sœur, pour prendre le
frais. Le prieur, déjà un peu sur l’âge, était un très bon ecclésiastique, aimé de ses voisins, après
l’avoir été autrefois de ses voisines. Ce qui lui avait donné surtout une grande considération,
c’est qu’il était le seul bénéficier du pays qu’on ne fût pas obligé de porter dans son lit quand il
avait soupé avec ses confrères. Il savait assez honnêtement de théologie ; et quand il était las de
lire Saint Augustin, il s’amusait avec Rabelais ; aussi tout le monde disait du bien de lui.
Mademoiselle de Kerkabon, qui n’avait jamais été mariée, quoiqu’elle eût grande envie de
l’être, conservait de la fraîcheur à l’âge de quarante-cinq ans ; son caractère était bon et
sensible ; elle aimait le plaisir et était dévote.
Le prieur disait à sa sœur, en regardant la mer : « Hélas ! C’est ici que s’embarqua notre pauvre
frère avec notre chère belle-sœur madame de Kerkabon, sa femme, sur la frégate L’hirondelle,
en 1669, pour aller servir en Canada. S’il n’avait pas été tué, nous pourrions espérer de le revoir
encore. »
1. « Un jour Saint Dunstan, Irlandais de nation et Saint de profession, partit d’Irlande sur une
petite montagne qui vogua vers les côtes de France, et arriva par cette voiture à la baie de Saint-
Malo. » (l. 1 à 2) : combien de propositions identifiez-vous dans cette phrase ?
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2. Identifiez les propositions coordonnées puis la proposition principale à laquelle est
subordonnée la proposition relative.
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3. « Ce qui lui avait donné surtout une grande considération, c’est qu’il était le seul bénéficier
du pays qu’on ne fût pas obligé de porter dans son lit quand il avait soupé avec ses confrères. »
(l. 10 à 12) : identifiez le temps et le mode des verbes conjugués dans cette phrase.
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4. Les différents modes utilisés dans cette phrase ont des valeurs distinctes : identifiez-les et
justifiez leur emploi.
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Apollinaire et la modernité
C’est avec « Zone » qu’Apollinaire fait pour la première fois des banlieues un objet poétique.
La « zone », c’est à l’époque la périphérie urbaine, cet espace incertain, interlope, de transition
entre la ville et la campagne. C’est aussi un endroit où sont concentrées les misères humaines :
errance de jeunes désœuvrés, lutte des migrants pour survivre dans un milieu hostile.
Apollinaire emploie le vers libre pour épouser les aspérités de cette réalité difficile et faire
jaillir le lyrisme du quotidien. Son dernier vers, « Soleil cou coupé », inspirera Aimé Césaire.
Adieu Adieu
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2. À quel type d’articulation de propositions est dû l’effet de rythme saccadé de cette strophe ?
Justifiez.
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4. « je voudrais sangloter / Sur toi sur celle que j’aime sur tout ce qui t’a épouvanté » (v. 5 à 6) :
les formes de ces verbes conjugués sont-elles simples ou composées ?
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5. Quel est l’aspect des formes simples de ce passage ? Quel est l’aspect de sa ou ses
forme(s) composée(s) ?
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Baudelaire et le spleen
C’est dans Les Fleurs du mal que Baudelaire définit le « spleen » comme cette mélancolie qui
saisit l’homme épris d’idéal face à l’impossibilité de l’atteindre. Le terme est un emprunt à la
langue anglaise que Baudelaire traduit, notamment à travers les œuvres d’Edgar Allan Poe.
À cette atmosphère fantastique, Baudelaire associe les motifs de la poésie romantique
troubadour qui était par exemple celle d’Aloysius Bertrand, l’inventeur du poème en prose dans
Gaspard de la nuit. Il en naît une définition poétique du spleen qui associe images romantiques
du Moyen Âge et éléments étranges et inquiétants notamment inspirés de l’alchimie.
1. « Je suis comme le roi d’un pays pluvieux, / Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très
vieux, / Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes, / S’ennuie avec ses chiens comme
avec d’autres bêtes » (v. 1 à 4) : où sont les compléments circonstanciels dans ce passage ?
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2. De quel type sont-ils ?
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4. Identifiez les temps et modes des verbes du « Le savant » (v. 9) à « Léthé » (v. 14).
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6. Rédigez un paragraphe argumenté de dissertation sur le sujet suivant : « Le poète est-il celui
qui transforme la boue en or ? » Vous traiterez de la partie : « Oui, le poète est comme un
alchimiste car il recherche la beauté en toute chose. »
Vers le bac La poésie du XIXe au XXIe siècle
1. Relevez les termes appartenant au même champ lexical dans les trois premières strophes.
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3. « L’ange du soir rêveur, qui flotte dans les vents, / Mêle, en les emportant sur ses ailes
obscures, / Les prières des morts aux baisers des vivants. » (v. 26 à 28) : combien de
propositions comportent cette phrase ? Est-ce une phrase simple ou complexe ?
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Monsieur de Nemours fut tellement surpris de sa beauté, que, lorsqu’il fut proche d’elle, et
qu’elle lui fit la révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration.
Quand ils commencèrent à danser, il s’éleva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et les
reines se souvinrent qu’ils ne s’étaient jamais vus, et trouvèrent quelque chose de singulier de
les voir danser ensemble sans se connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini, sans leur
donner le loisir de parler à personne, et leur demandèrent s’ils n’avaient pas bien envie de savoir
qui ils étaient, et s’ils ne s’en doutaient point.
- Pour moi, Madame, dit monsieur de Nemours, je n’ai pas d’incertitude ; mais comme madame
de Clèves n’a pas les mêmes raisons pour deviner qui je suis que celles que j’ai pour la
reconnaître, je voudrais bien que Votre Majesté eût la bonté de lui apprendre mon nom.
- Je crois, dit madame la dauphine, qu’elle le sait aussi bien que vous savez le sien.
- Je vous assure, Madame, reprit madame de Clèves, qui paraissait un peu embarrassée, que je
ne devine pas si bien que vous pensez.
- Vous devinez fort bien, répondit madame la dauphine ; et il y a même quelque chose
d’obligeant pour monsieur de Nemours, à ne vouloir pas avouer que vous le connaissez sans
l’avoir jamais vu.
La reine les interrompit pour faire continuer le bal ; monsieur de Nemours prit la reine dauphine.
Cette princesse était d’une parfaite beauté, et avait paru telle aux yeux de monsieur de Nemours,
avant qu’il allât en Flandre ; mais de tout le soir, il ne put admirer que madame de Clèves.
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2. Le mot latin qui est à l’origine de ces termes est-il formé par composition ou par dérivation ?
Le mot français admiration est-il lui-même un mot dérivé ?
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3. « Monsieur de Nemours fut tellement surpris de sa beauté, que, lorsqu’il fut proche d’elle,
et qu’elle lui fit la révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration. »
(l. 1 à 2) : combien de propositions identifiez-vous dans cette phrase ?
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Le renouveau de l’autobiographie
Après la Seconde Guerre mondiale, le roman se renouvelle de manière radicale. Il en va de
même pour l’écriture de soi qui s’inspire de l’écriture du flux de conscience inventée pour le
roman par James Joyce et Virginia Woolf au début du XXe siècle. Écrire son autobiographie,
c’est dès lors saisir au plus près les pensées et émotions qui nous traversent et qui ne se disent
pas à haute voix. Cette entreprise, qui fut déjà celle de Proust avec La Recherche, est prolongée
par Nathalie Sarraute dans Enfance.
Je regardais les espaliers en fleurs le long du petit mur de briques roses, les arbres fleuris, la
pelouse d’un vert étincelant jonchée de pâquerettes, de pétales blancs et roses, le ciel, bien sûr,
était bleu, et l’air semblait vibrer légèrement… et à ce moment-là, c’est venu… quelque chose
d’unique… qui ne reviendra plus jamais de cette façon, une sensation d’une telle violence
qu’encore maintenant, après tant de temps écoulé, quand, amoindrie, en partie effacée elle me
revient, j’éprouve… mais quoi ? quel mot peut s’en saisir ? pas le mot à tout dire : “bonheur”,
qui se présente le premier, non, pas lui… “félicité”, “exaltation”, sont trop laids, qu’ils n’y
touchent pas… et “extase”… comme devant ce mot ce qui est là se rétracte… “Joie”, oui, peut-
être… ce petit mot modeste, tout simple, peut effleurer sans grand danger… mais il n’est pas
capable de recueillir ce qui m’emplit, me déborde, s’épand, va se perdre, se fondre dans les
briques roses, les espaliers en fleurs, la pelouse, les pétales roses et blancs, l’air qui vibre
parcouru de tremblements à peine perceptibles, d’ondes… des ondes de vie, de vie tout court,
quel autre mot ?… de vie à l’état pur, aucune menace sur elle, aucun mélange, elle atteint tout
à coup l’intensité la plus grande qu’elle puisse jamais atteindre… jamais plus cette sorte
d’intensité-là, pour rien, parce que c’est là, parce que je suis dans cela, dans le petit mur rose,
les fleurs des espaliers, des arbres, la pelouse, l’air qui vibre… je suis en eux sans rien de plus,
rien qui ne soit à eux, rien à moi.
Grammaire : LA NÉGATION no 31
1. « “félicité”, “exaltation”, sont trop laids, qu’ils n’y touchent pas » (l. 7 à 8) : quel est le type
de négation dans cette phrase ?
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2. « de vie à l’état pur, aucune menace sur elle, aucun mélange, elle atteint tout à coup l’intensité
la plus grande qu’elle puisse jamais atteindre » (l. 13 à 14) : relevez les mots négatifs dans cette
phrase. Sont-ils employés dans une phrase négative ?
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Grammaire : LES SUBORDONNÉES COMPLÉTIVES UTILISÉES
COMME COMPLÉMENTS CIRCONSTANCIELS no 30
3. Soulignez les compléments circonstanciels dans la première phrase. Indiquez leur type
(manière, temps, etc.) et leur nature grammaticale (groupe prépositionnel nominal, subordonnée
complétive, etc.).
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4. « elle atteint tout à coup l’intensité la plus grande qu’elle puisse jamais atteindre »
(l. 13 à 14) : où se trouve le complément circonstanciel dans cette phrase ? Quelle est sa
nature grammaticale ?
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Le mauvais air du cachot devenait insupportable à Julien. Par bonheur, le jour où on lui annonça
qu’il fallait mourir, un beau soleil réjouissait la nature, et Julien était en veine de courage.
Marcher au grand air fut pour lui une sensation délicieuse, comme la promenade à terre pour le
navigateur qui longtemps a été à la mer.
– « Allons, tout va bien, se dit-il, je ne manque point de fermeté. »
Jamais cette tête n’avait été aussi poétique qu’au moment où elle allait tomber. Les plus doux
moments qu’il avait trouvés jadis dans les bois de Vergy se peignaient en foule à sa pensée et
avec une extrême énergie.
Tout se passa simplement, convenablement, et de sa part sans aucune affectation.
L’avant-veille, il avait dit à Fouqué : – Pour de l’émotion, je ne puis en répondre ; ce cachot si
laid, si humide, me donne des moments de fièvre où je ne me reconnais pas ; mais de la peur,
non on ne me verra point pâlir. […]
– Qui sait ? peut-être avons-nous encore des sensations après notre mort, disait-il un jour à
Fouqué. J’aimerais assez à reposer, puisque reposer est le mot, dans cette petite grotte de la
grande montagne qui domine Verrières. Plusieurs fois, je te l’ai conté ; retiré la nuit dans cette
grotte, et ma vue plongeant au loin sur les plus riches provinces de France, l’ambition a
enflammé mon cœur : alors, c’était ma passion... Enfin, cette grotte m’est chère, et l’on ne peut
disconvenir qu’elle ne soit située d’une façon à faire envie à l’âme d’un philosophe... eh bien !
ces bons congréganistes de Besançon font argent de tout ; si tu sais t’y prendre, ils te vendront
ma dépouille mortelle....
Grammaire : L’INTERROGATION no 32
1. « Qui sait ? » (l. 13) : s’agit-il d’une interrogation totale ou partielle ? Pourquoi ?
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Grammaire : LES RELATIONS LEXICALES no 28
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5. Rédigez un paragraphe argumenté de dissertation sur le sujet suivant : « En quoi Julien Sorel
est-il un héros romantique ? » Vous traiterez de la partie suivante : « Julien Sorel est un héros
romantique car il est mû par ses passions mais qu’il sait les dépasser. » Vous vous aiderez des
réponses aux questions 1 et 2.
Vers le bac Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Otto Lidenbrock n’était pas un méchant homme, j’en conviens volontiers ; mais, à moins de
changements improbables, il mourra dans la peau d’un terrible original.
Il était professeur au Johannæum, et faisait un cours de minéralogie pendant lequel il se mettait
régulièrement en colère une fois ou deux. Non point qu’il se préoccupât d’avoir des élèves
assidus à ses leçons, ni du degré d’attention qu’ils lui accordaient, ni du succès qu’ils pouvaient
obtenir par la suite ; ces détails ne l’inquiétaient guère. Il professait « subjectivement », suivant
une expression de la philosophie allemande, pour lui et non pour les autres. C’était un savant
égoïste, un puits de science dont la poulie grinçait quand on en voulait tirer quelque chose : en
un mot, un avare.
Il y a quelques professeurs de ce genre en Allemagne.
Mon oncle, malheureusement, ne jouissait pas d’une extrême facilité de prononciation, sinon
dans l’intimité, au moins quand il parlait en public, et c’est un défaut regrettable chez un orateur.
En effet, dans ses démonstrations au Johannæum, souvent le professeur s’arrêtait court ; il luttait
contre un mot récalcitrant qui ne voulait pas glisser entre ses lèvres, un de ces mots qui résistent,
se gonflent et finissent par sortir sous la forme peu scientifique d’un juron. De là, grande colère.
[…] Voilà donc le personnage qui m’interpellait avec tant d’impatience. Représentez-vous un
homme grand, maigre, d’une santé de fer et d’un blond juvénile qui lui ôtait dix bonnes années
de sa cinquantaine. Ses gros yeux roulaient sans cesse derrière des lunettes considérables ; son
nez, long et mince, ressemblait à une lame affilée ; les méchants prétendaient même qu’il était
aimanté et qu’il attirait la limaille de fer. Pure calomnie : il n’attirait que le tabac, mais en grande
abondance, pour ne point mentir.
1. « Non point qu’il se préoccupât d’avoir des élèves assidus à ses leçons, ni du degré d’attention
qu’ils lui accordaient, ni du succès qu’ils pouvaient obtenir par la suite ; ces détails ne
l’inquiétaient guère » (l. 4 à 6) : identifiez les modes des verbes employés dans cette phrase.
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2. Quelle est la valeur de ces modes ? En quoi ces valeurs permettent-elles d’exprimer une
opposition dans cette phrase ?
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Grammaire : LA NÉGATION no 31
3. « Otto Lidenbrock n’était pas un méchant homme » (l. 1) : de quel type est cette négation ?
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De tous les bonheurs qui lentement m’abandonnent, le sommeil est l’un des plus précieux, des
plus communs aussi. Un homme qui dort peu et mal, appuyé sur de nombreux coussins, médite
tout à loisir sur cette particulière volupté. J’accorde que le sommeil le plus parfait reste presque
nécessairement une annexe de l’amour : repos réfléchi, reflété dans deux corps. Mais ce qui
m’intéresse ici, c’est le mystère spécifique du sommeil goûté pour lui-même, l’inévitable
plongée hasardée chaque soir par l’homme nu, seul, et désarmé, dans un océan où tout change,
les couleurs, les densités, le rythme même du souffle, et où nous rencontrons les morts. Ce qui
nous rassure du sommeil, c’est qu’on en sort, et qu’on en sort inchangé, puisqu’une interdiction
bizarre nous empêche de rapporter avec nous l’exact résidu de nos songes. Ce qui nous rassure
aussi, c’est qu’il guérit de la fatigue, mais il nous en guérit, temporairement, par le plus radical
des procédés, en s’arrangeant pour que nous ne soyons plus. Là, comme ailleurs, le plaisir et
l’art consistent à s’abandonner consciemment à cette bienheureuse inconscience, à accepter
d’être subtilement plus faible, plus lourd, plus léger, et plus confus que soi. Je reviendrai plus
tard sur le peuple étonnant des songes. Je préfère parler de certaines expériences de sommeil
pur, de pur réveil, qui confinent à la mort et à la résurrection. Je tâche de ressaisir la précise
sensation de tels sommeils foudroyants de l’adolescence, où l’on s’endormait sur ses livres, tout
habillé, transporté d’un seul coup hors de la mathématique et du droit à l’intérieur d’un sommeil
solide et plein, si rempli d’énergie inemployée qu’on y goûtait, pour ainsi dire, le pur sens de
l’être à travers les paupières fermées. J’évoque les brusques sommeils sur la terre nue, dans la
forêt, après de fatigantes journées de chasse ; l’aboi des chiens m’éveillait, ou leurs pattes
dressées sur ma poitrine. Si totale était l’éclipse, que j’aurais pu chaque fois me retrouver autre,
et je m’étonnais, ou parfois m’attristais, du strict agencement qui me ramenait de si loin dans
cet étroit canton d’humanité qu’est moi-même.
1. « mais il nous en guérit, temporairement, par le plus radical des procédés, en s’arrangeant
pour que nous ne soyons plus » (l. 10 à 11) : quels sont les modes des verbes employés dans
cette phrase ? Sont-ils personnels ou impersonnels ?
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2. Quelle est la valeur de ces modes ? Est-elle cohérente avec le sens de ce texte ?
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4. Le mot songe est-il synonyme de « rêve » ? Quelle est son origine et l’évolution de son sens ?
Consultez un dictionnaire pour répondre.
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2. Quelle est la valeur de ces temps ? Que nous apprennent-ils sur ce personnage ?
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DUBOIS - Eh ! par quel tour d’adresse est-il connu de Madame ? comment a-t-il fait pour
arriver jusqu’ici ?
ARAMINTE - C’est Monsieur Remy qui me l’a envoyé pour intendant.
DUBOIS - Lui, votre intendant ! Et c’est Monsieur Remy qui vous l’envoie : hélas ! le bon
homme, il ne sait pas qui il vous donne ; c’est un démon que ce garçon-là.
ARAMINTE - Mais que signifient tes exclamations ? Explique-toi : est-ce que tu le connais ?
DUBOIS - Si je le connais, Madame ! si je le connais ! Ah vraiment oui ; et il me connaît bien
aussi. N’avez-vous pas vu comme il se détournait de peur que je ne le visse.
ARAMINTE - Il est vrai ; et tu me surprends à mon tour. Serait-il capable de quelque
mauvaise action, que tu saches ? Est-ce que ce n’est pas un honnête homme ?
DUBOIS - Lui ! il n’y a point de plus brave homme dans toute la terre ; il a, peut-être, plus
d’honneur à lui tout seul que cinquante honnêtes gens ensemble. Oh ! c’est une probité
merveilleuse ; il n’a peut-être pas son pareil.
ARAMINTE - Eh ! de quoi peut-il donc être question ? D’où vient que tu m’alarmes ? En
vérité, j’en suis toute émue.
DUBOIS - Son défaut, c’est là. (Il se touche le front.) C’est à la tête que le mal le tient.
ARAMINTE - À la tête ?
DUBOIS - Oui, il est timbré, mais timbré comme cent.
1. « Oui, il est timbré » : comment est utilisé le terme timbré ? Cherchez au besoin sa
définition dans le dictionnaire pour comprendre son emploi.
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Grammaire : L’INTERROGATION no 32
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SILVIA - Fort bien ; mais puisqu’il n’y est plus, écoutez-moi comme votre Maîtresse : vous
voyez bien que cet homme-là ne me convient point.
LISETTE - Vous n’avez pas eu le temps de l’examiner beaucoup.
SILVIA - Êtes-vous folle avec votre examen ? Est-il nécessaire de le voir deux fois pour juger
du peu de convenance ? En un mot je n’en veux point. Apparemment que mon père
n’approuve pas la répugnance qu’il me voit, car il me fuit, et ne me dit mot ; dans cette
conjoncture, c’est à vous à me tirer tout doucement d’affaire, en témoignant adroitement à ce
jeune homme que vous n’êtes pas dans le goût de l’épouser.
LISETTE - Je ne saurais, Madame.
SILVIA - Vous ne sauriez ! Et qu’est-ce qui vous en empêche ?
LISETTE - Monsieur Orgon me l’a défendu.
SILVIA - Il vous l’a défendu ! Mais je ne reconnais point mon père à ce procédé-là.
LISETTE - Positivement défendu.
SILVIA - Eh bien, je vous charge de lui dire mes dégoûts, et de l’assurer qu’ils sont
invincibles ; je ne saurais me persuader qu’après cela il veuille pousser les choses plus loin.
LISETTE - Mais, Madame, le futur qu’a-t-il donc de si désagréable, de si rebutant ?
SILVIA - Il me déplaît vous dis-je, et votre peu de zèle aussi.
LISETTE - Donnez-vous le temps de voir ce qu’il est, voilà tout ce qu’on vous demande.
SILVIA - Je le hais assez sans prendre du temps pour le haïr davantage.
Grammaire : L’INTERROGATION no 32
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Grammaire : LES MODES ET LES TEMPS DES VERBES no 6 et no 7
3. Quels sont les modes et les temps des verbes dans cette phrase : « Eh bien, je vous charge de
lui dire mes dégoûts, et de l’assurer qu’ils sont invincibles ; je ne saurais me persuader qu’après
cela il veuille pousser les choses plus loin. »
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4. Quelle est la valeur de ces modes ? Sont-ils cohérents avec le sens du passage ?
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BÉRALDE - Est-il possible que vous serez toujours embéguiné de vos apothicaires, et de vos
médecins, et que vous vouliez être malade en dépit des gens, et de la nature ?
ARGAN - Comment l’entendez-vous, mon frère ?
BÉRALDE - J’entends, mon frère, que je ne vois point d’homme, qui soit moins malade que
vous, et que je ne demanderais point une meilleure constitution que la vôtre. Une grande marque
que vous vous portez bien, et que vous avez un corps parfaitement bien composé ; c’est qu’avec
tous les soins que vous avez pris, vous n’avez pu parvenir encore à gâter la bonté de votre
tempérament, et que vous n’êtes point crevé de toutes les médecines qu’on vous a fait prendre.
ARGAN - Mais savez-vous, mon frère, que c’est cela qui me conserve, et que Monsieur Purgon
dit que je succomberais, s’il était seulement trois jours, sans prendre soin de moi ?
BÉRALDE - Si vous n’y prenez garde, il prendra tant de soin de vous, qu’il vous enverra en
l’autre monde.
ARGAN - Mais raisonnons un peu, mon frère. Vous ne croyez donc point à la médecine ?
BÉRALDE - Non, mon frère, et je ne vois pas que pour son salut, il soit nécessaire d’y croire.
ARGAN - Quoi vous ne tenez pas véritable une chose établie par tout le monde, et que tous les
siècles ont révérée ?
BÉRALDE - Bien loin de la tenir véritable, je la trouve entre nous, une des plus grandes folies
qui soit parmi les hommes ; et à regarder les choses en philosophe, je ne vois point de plus
plaisante momerie ; je ne vois rien de plus ridicule, qu’un homme qui se veut mêler d’en guérir
un autre.
1. « embéguiné » : comment est formé ce mot : par formation, par dérivation, autre ?
Consultez le dictionnaire pour vous aider à répondre.
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Grammaire : LA NÉGATION ET L’INTERROGATION no 31 et no 32
3. « Vous ne croyez donc point à la médecine ? » : comment analyser la négation dans cette
phrase ?
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4. Comment qualifier l’interrogation dans cette même phrase : directe ou indirecte ? Totale ou
partielle ?
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