Faculté des Lettres et Sciences Humaines d’Oujda
Professeur : Chakir Zeroual
Département : Langue et littérature françaises
Filière : Langue et Littérature Françaises
Définitions de
quelques concepts
socio-didactique
1
I.
Définitions de concepts
sociolinguistiques et didactiques
(socio-didactiques)
liées à l’enseignement apprentissage
des langues
2
Définition de la linguistique
Considérons les définitions suivantes
« [La linguistique est] une étude objective, descriptive et explicative de la
structure, du fonctionnement (linguistique synchronique) et de l’évolution dans
le temps (linguistique diachronique) des langues naturelles humaines.
(Dictionnaire de la linguistique de Georges Mounin, 2004).
« La linguistique est la science des langues et du langage ».
Déductions principales
Approche générale de la linguistique : étude objective (basée sur l’observation),
descriptive et explicative.
Objet d’étude : la langue en relation avec le langage.
Origines des études linguistiques
Depuis l’antiquité (période gréco-romaine), chez les grammairiens arabes, etc.
Pour plusieurs auteurs :
« le statut de la linguistique comme étude scientifique du langage est assuré
par la publication en 1916 du Cours de linguistique générale de F. de Saussure »
(Dubois, 1994).
Non partagée par tous les auteurs : « la linguistique américaine [Sapir, Whorf,
Bloomfield] se développa en grande partie dans l’ignorance des thèses et conclusions
3
du linguiste genevois » (Filippi, 1995).
Approche descriptive-explicative
/ prescriptive (ou normative)
Approche descriptive et explicative
C’est une approche scientifique généralement adoptée par les linguistes.
Se contente d’observer les faits linguistiques tels qu’ils se manifestent dans
▪ des situations réelles de productions langagières (orales ou écrites).
▪ dans les dictionnaires.
D’identifier les régularités notamment linguistiques (phonétiques, phonologiques,
morphosyntaxiques, lexicales, etc.) d’une langue ou variétés de langue (dialecte,
parler, patois, voir plus loin).
N’impose pas ces règles aux locuteurs de cette langue (ou de ses variétés).
Exemple
Tous les travaux théoriques en linguistiques.
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Approche descriptive-explicative
/ prescriptive (ou normative)
Approche prescriptive ou normative
Approche non scientifique notamment de la grammaire traditionnelle qui vise à :
Prescrire (imposer) des règles (phonétiques, morphosyntaxiques, lexicales, etc.).
Sanctionner systématiquement les erreurs ou les écarts par rapports à ses règles.
Cette approche quitte « le domaine de l’observation impartiale pour
recommander un certain comportement, de ne plus noter ce qu’on dit réellement,
mais de dicter ce qu’il faut dire ». Martinet (1967, p. 6).
Exemple d’ouvrage
Dictionnaire de l’Académie française : référence pour le lexique et d’orthographe.
Les livres de grammaires normatives : Le bon Usage.
Remarque
Sans la linguistique (descriptive/explicative), les langues rares (peu de locuteurs)
n’auraient pas été étudiées (donc non préservées).
Sans la gramaire normative ou prescriptive : chaque locuteur (ou apprenant étranger)
parlerait (écrirait) à sa manière. 5
Le langage : définition
« Le langage est la capacité, spécifique à l'espèce humaine, de communiquer au moyen
d’un système de signes vocaux (ou langue) mettant en jeu une technique corporelle
complexe et supposant l’existence d’une fonction symbolique et de centre corticaux
génétiquement spécialisés ». (Dubois 1994: 264).
Déductions principales
Tous les hommes possèdent un seul langage (même faculté psychologique).
Les productions langagières verbales (par les mots) sont l’expression ou la
manifestation (externe) d’une faculté spécifique à l’espèce humaine : le langage.
Les deux fonctions principales du langage (et de la langue)
1-La fonction de représentation (dénotative, symbolique)
Permet d’associer un substitut représentatif (exemple : mot, un geste) à un objet
(concret) ou à une notion (abstraite) pour pouvoir l’évoquer même en son absence.
2-La fonction de communication (conative, pragmatique, etc.)
Le langage permet un échange d’informations, et de significations entre les locuteurs.
Remarque
Les théories linguistiques se distinguent par rapport au poids donné à la fonction de
représentation (plus importante en linguistiques générative et cognitive) ou à de
communcation (plus importante en linguistique structurale). 6
L’anglais a un seul mot « language » exprimant les deux concepts de langue et langage.
Le langage : emplois métaphoriques
C’est grâce au langage que nous pouvons « emmagasiner nos expériences dans le
cerveau, les enregistrer dans notre mémoire et éventuellement se les remémorer et
les communiquer aux autres ».
Les animaux sont, en principe, incapable de faire référence à tout ce qui est absent, et
surtout aux événements futurs (appelé aussi la capacité du déplacement)
« si vous croyer que votre chien possède une capacité de communiquer essayer de
lui expliquer que demain il aura une portion du boeuf haché qu'il aime ».
« Le déplacement est la capacité d'un langage à évoquer des entités absentes ou
non-existantes, ou des événements ayant eu lieu dans le passé ou qui auront lieu dans
l'avenir ».
Cette capacité serait spéficiquement humaine.
Remarque
Le terme langage utilisé pour qualifier les échanges entres les espèces animales relève
d'un emploi métaphorique :
Le langage désigne à l'origine les transactions qui passent par l'usage de la langue
(orale, écrite ou des signes) et qui sert pour la communication,
Par extension, le terme langage est utilisé pour désigner différents systèmes 7 de
communication humain, animal, ou artificiel (informatique), etc.
La langue : définition
En principe
La langue est objet (d’étude) principal de la linguistique.
L’objet des autres sciences est donné : La géologie s’occupe de l’étude des roches,
la chimie des substances, etc.
l’objet de la linguistique (la langue) n’est pas une entité donnée mais à construire.
Hypothèses de travail des linguistiques
La langue regroupe les connaissances linguistiques (un système grammatical)
implicites que possèdent tous ses locuteurs notamment natifs.
Elle permet de manifester (réaliser) les fonctions de communication et de
représentation du langage.
Depuis F. De Saussure la langue est considérée comme un système de signes vocaux
(mots ou morphèmes) ainsi que les règles de combinaisons de ces unités.
Remarque
L’étude d’une langue permet d’identifier les caractéristiques de sa structure (notamment
phonétiques/phonologiques, syntaxiques, morphosyntaxiques, lexicales).
L’étude des caractéristiques communes des langues particulières permet d’identifier8 les
propriétés de la faculté du langage que partagent tous les êtres humains.
La langue : 3 types de langue
Langue maternelle (LM) ou langue première (L1)
« On appellera langue première (L1) d’un individu tout simplement celle qui est
acquise en premier, chronologiquement, au moment du développement de sa capacité de
langage »
Puisqu’on n'apprend pas toujours LM directement de sa mère, on l'appelle aussi L1.
Maroc : l’arabe ou le berbère (appris avant d’entrer à l’école) est LM.
Langue seconde (L2)
« Toute langue que [l’individu] aura apprise ensuite, par exemple à l’école et non dans le
milieu proche où il a été élevé ».
Cette langue existe dans l’environnement social et culturel de l’apprenant.
Maroc : Pour les berbérophones du milieu rural l’arabe lorsqu’il est appris dès l’école
est considéré comme langue seconde.
Langue étrangère (LE)
« Ce qui distinguera […] une langue étrangère, c’est son caractère de langue apprise
après la première et sans qu’un contexte de pratique sociale quotidienne ou fréquente en
accompagne l’apprentissage ».
Remarque
Le français appris au Maroc est une langue étrangère. 9
Le français appris par un étranger en France est une langue seconde.
La langue : 3 types de langue
En français étranger a deux sens : n’appartient pas au pays ou à la famille.
Selon, Dabène (1994), le « degré d’étrangeté » d’une langue ou de
« xénité » (perçue ou réelle) est défini de manière politique et sociale, il
dépend de (Dabène, 1994) :
Distance matérielle ou géographique : « l’éloignement géographique, les
difficultés de contacts directs entre les locuteurs natifs et les apprenants, et leurs
pays respectifs
Distance culturelle : « Les différences de style de vie et de circonstances socio-
économiques, d’idéologies et de religions, de représentations et de relations
humaines »
Distance linguistique : « les langues se distinguent les unes des autres en
fonction des familles ou des groupes auxquels elles appartiennent. […] ces
différences peuvent être [...] phonétique, lexicale, syntaxique, discursive,
pragmatique ou scripturale »
Déductions
Plus une L est géographiquement éloignée, plus ses caractéristiques
linguistiques et culturelles sont différentes de LM et son apprentissage
difficile.
Parfois, « la distance réelle ou perçue par rapport à la LM peut aussi jouer en
faveur de l’apprentissage pour les personnes stimulées par les différences
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culturelles ou linguistiques »
Usages de langue
A toute langue correspond différentes manières de parler : différents usages.
L’usage est un « ensemble des habitudes discursives d’un groupe social ».
L’usage est parfois utilisé comme synonyme de variété de langue qui est :
Une variété de langue
« un système linguistique spécifique et cohérent, utilisé par une catégorie de locuteurs
(groupe social) délimitée selon certains critères extra-linguistiques [distance sociale par
rapport à la norme] ».
L’utilisation commune à beaucoup de gens de certaines caractéristiques
linguistiques crée un usage (ou une variété de langue).
Les critères permettant de classer ces usages peuvent être : historique,
géographique, social, ou situationnel.
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Usages de langue :
variétés historiques et sociales
Critère historique
Changements historiques (diachroniques) résultant de l'évolution de la langue.
La prononciation d'une langue est en perpétuelle mutation (changement)
Les voyelles nasales actuelles du français ont été prononcées historiquement en une
suite de voyelle orale + consonne nasale.
Les [h] aspirés, non prononcés actuellement, étaient prononcés historiquement.
A partir de IXè siècle le [s] devant une consonne commence à s'effacer : testa > tête.
A partir du IVème siècles [s] entre deux voyelles commence à être prononcée [z] :
causa [kosa] > chose.
Critère social (les sociolectes)
Dans une même époque et même région les classes sociales parlent de manières très
différentes.
Ces différences d’usage entre les classes sociales sont appelées : sociolectes.
Le langage des ouvriers est différent de celui des intellectuels.
Trois critères sont souvent évoqués pour expliquer les différences sociales : niveau
d’étude, profession et zones d’habitation (rurale ou urbaine).
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Usages de langue : variétés régionales
Critère géographique ou régional (les régilolects)
Le français n’est pas le même à Paris ou à Marseille, comme à Bruxelles ou à Montréal.
Ces variétés ou régiolectes sont des : dialectes, parlers, ou patois.
Dialecte Parler Patois
•Variétés régionales d’une langue. •Variétés régionales d’un •Variétés régionale d’un
•Une langue à plusieurs dialectes. dialecte. parler.
Définition
•Un dialecte à plusieurs •Un parler à plusieurs
parlers patois
•Etendue géographique très •Etendue géographique •Très localisé (rural).
Caracté-
large large •Sens souvent très
ristiques
•Sens parfois péjoratif. •Sens parfois péjoratif. péjoratif.
•Dialectes de l’arabe : dialecte •Parlers d’Oujda, de Fez,
marocain, algérien, tunisien, etc. de Rabat, etc.
Exemples
•Dialecte du français : français de •Parler parisien,
bélgique, du canada, de suisse. marseillais, etc.
Remarque
Le terme dialecte est souvent utilisé pour désigner un parler.
Dialecte est parfois synonyme d’accent : accent belge, canadien ou accent marsaillais.
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Usages de langue : variétés régionales
Critère géographique (les régilolects)
Les variétés de langue (usages, dialectes, ou parlers) sont des systèmes de
communications bien structurés linguistiquement.
Les différences régionales peuvent apparaître au niveau phonétique/phonologique,
mais également lexical et morpho-syntaxique.
Remarque
Les particularités (mot, locution, tournure propres) des régiolectes de Belgique,
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québec, Suisse sont appelés parfois : des bélgicismes, québecquismes, hélvétismes.
Usages de langue : variation de registre
Critère situationnel (de registre ou stylistique)
Les locuteurs d’un même groupe social, adaptent leur discours en fonction de la
situation de communication et du caractère écrit ou oral du canal.
On distingue généralement 3 registres de langue : soutenu, courant, familier.
Registre soutenu (soigné, recherché, littéraire, élaboré, châtié, cultivé)
Utilisé à l’écrit et à l’oral.
Caractérisé par des mots, figures ou styles rares et recherchées (passé simple, passé
antérieur, subjonctif imparfait et plus-que-parfais).
Registre courant (commun, usuel, neutre) :
A l’oral et à l’écrit, entre des professionnels, politiques, journalistes, école ainsi
qu’avec des personnes que nous ne connaissons pas ou moins bien.
On visé à être correct, en utilisant des mots et expressions compris par tout le
monde.
Registre familier (relâché, spontané, ordinaire)
Utilisé plus à l’oral, en famille et entre les amis.
Ses formes sont plus naturelles et plus spontanées et peuvent être moins précises.
Exemples
Soutenu Homme demeure souliers plaisanter déguster
Courant type maison chaussures rire manger
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Familier mec baraque godasses se marrer bouffer
La norme ou les normes
2 types de normes : (i) L’usage commun défini par la société et (ii) la norme scolaire
défini par l’institution.
La norme ou l’usage commun ou standard (au niveau de la société )
Les locuteur d’une communauté linguistique (exemple les marocains) sont convaincus
« qu’il y a un endroit où la langue nationale est pure […] qu’il existe des
accents désagréables et d’autres harmonieux » (Calvet, 2005, p. 44).
Ces locuteurs admettent l’existence d’une variété qui est plus représentative de la
langue : cette norme est un dialecte ou un parler particulier qui va s’imposer.
Cette variété (usage commun) est jugée intuitivement comme a norme : un système
homogène, unique et commun à tous les locuteurs de la communauté linguistique.
Pour Lafontaine (1986) :
« [Les] jugements, même s’ils s’appuient sur des arguments esthétiques (la clarté, la
musicalité, l’élégance de tel parler), sont avant tout des jugements sociaux. Si telle variété, tel
accent, sont jugés vulgaires, c’est surtout en référence à l’identité sociale des locuteurs qui
utilisent en priorité cette variété ». (p. 15)
Remarque
France : le parler de Paris est considéré comme la norme (sociale).
Les pays francophones : Le parler de Paris est la référence. 16
Maroc : Le parler de Rabat semble être l’arabe marocain commun
La norme ou les normes
La norme scolaire ou institutionnelle
« tous les membres d’une communauté linguistique se voient imposer, notamment par
le canal de l’école, une même variété, dite légitime, qui réduit les autres variétés au
rang d’écarts, d’erreurs, de régionalismes ou de « non-langue », (pas français) ».
Cette forme commune est appelée : « la norme », « variété légitime » (Bourdieu, 1982) ;
« variété standard ».
Elle essaie de s’imposer socialement ou institutionnellement à l’ensemble des
locuteurs en gommant les diversités sociales et régionales.
En référence à la « variété légitime », les locuteurs définissent la valeur des variétés ou
des registres linguistiques (soutenu, commun, familier).
Les locuteurs issus de la classe bourgeoise respectent le plus les formes considérées
comme « correctes » ou « légitimes ».
De même, les locuteurs ayant un statut social plus important (médecin, avocat, etc.)
produisent moins d’accent régional.
Remarque
La forme norme imposée par l’école, à l‘oral et notamment à l’écrit, est
généralement appelée le français de référence.
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Elle est la même pour toutes les communautés francophones.
Qu’elle variété de langue doit-on
étudier et enseigner
Pour la linguistique (générale)
Toutes les variétés (forme norme/commune/standard, dialectes, parlers, patois) d’une
langue sont des systèmes homogènes qui méritent d’être étudiées de manière séparée ou
reliée pour comprendre leurs structures linguistiques.
Pour l’enseignement (exemple : d’une langue étrangère)
En choisissant d’enseigner aux étrangers la « forme norme » ou « standard », l’objectif
est de leur donner la possibilité de faire des productions dans la LE qui soient
« intelligibles au plus grand nombre » (comprises par le maximum de locuteurs
natifs et non natifs),
les moins marquées (épurées) possibles par des accents ou traits (régionaux ou
sociaux).
Malgré cela, il est très souhaitable de faire écouter aux apprenants plusieurs types de
variétés ou d’usages et de les amener à choisir un modèle qui vise les18deux
objectifs : « intelligibilité maximale et épuration des accents ».
2. Causes de la marginalisation de
la place de la phonétique
dans
l’enseignement-apprentissage
des langues étrangères
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Marginalisation de la place de
la prononciation (ou phonétique)
Les apprenants d’une LE (ex. FLE) parlent souvent cette dernière avec un
accent étranger.
Malgré cela, la phonétique occupe une place secondaire dans l’enseignement
du français langue étrangère (FLE).
Cette marginalisation non justifiée est due à quatre hypothèses principales.
• Primauté accordée au sens
• Contact avec la LE et maîtrise de sa prononciation
• La contrainte biologique dite de la « période critique »
• Perception de l’accent étranger par les apprenants et locuteurs natifs
Une présentation de ces quatre causes sera effectuée dans cette introduction.
Hypothèse de la primauté accordée au sens
Cette méthode suggère que l’intelligibilité (le sens) d’un message n’est pas
affectée par une prononciation ayant un accent étranger.
Plusieurs enseignants visent des messages uniquement intelligibles ou
compréhensibles.
L’accent étranger peut conduire à des confusions sémantiques dues aux
interférences : utilisations de certaines caractéristiques
phonétiques de de la langue maternelle dans les productions de
langue étrangère.
Ces interférences peuvent induire deux types d’erreurs :
Les erreurs phonologiques
•« Tu vas bien? » prononcé « Tout va bien ? » par un espagnol, un arabe.
•« u » et « ou » : 2 phonèmes différents en français : ils changent le sens.
•Confusion entre 2 unités (ou phonèmes) de la langue cibles.
Les erreurs phonétiques
•[R] du français, prononcés [r] par des locuteurs espagnols ou arabes.
•Utilisation en français d’un son de l’arabe plus proche de celui du français.
•[R] et [r] ne sont pas 2 phonèmes différents en français.
Contact avec la LE et maîtrise de sa
prononciation
Plusieurs enseignants pensent que le seul contact avec la LE permet
l’apprentissage des habiletés (capacités) phonétiques.
Or dans les situations de communications, les élèves sont beaucoup plus
focalisés sur la compréhension du message (Newmark: 1981).
L'entraînement phonétique améliore les habiletés phonétiques des élèves
(Champagne et al. 1993).
Un travail de la phonétique est nécessaire pour offrir à l’apprenant une
meilleure maîtrise des caractéristiques phonétiques du FLE.
La contrainte biologique de
la « période critique »
Les patients aphasiques (ayant des troubles de la parole suite à des accidents
cérébraux) jeunes peuvent récupérer la parole mieux que les sujets âgés.
Les observations montrent une « incapacité de l’adulte d’acquérir l’accent
d’un locuteur natif dans une langue seconde ou étrangère apprise après la
puberté » (Penfield et Roberts,1963) .
D’où l’hypothèse de « l’âge critique » : période si dépassée l’apprenant ne peut
plus avoir une prononciation identique à celle des natifs.
Or, Selinker (1972), a montré que dans des « conditions d’apprentissage
idéales », 5% des adultes peuvent arriver à produire une LE sans accent.
des « conditions d’apprentissage idéales » peuvent aider les adultes non-natifs
à percevoir les sons de la LE au même niveau que les natifs.
Les conditions d’apprentissage peuvent améliorer le niveau de perception de
la LE chez l’adulte, mais moins le niveau de ses productions.
Perception de l’accent étranger par les
apprenants et locuteurs natifs
Facteurs individuels et culturels
L’accent étranger est généralement toléré par les apprenants eux-mêmes.
Certains locuteurs pensent qu’acquérir une LE sans accent peut affecter la
prononciation de leur L1, voire leur identité personnelle, nationale ou
culturelle : « je suis fier de mon origine, mon accent dit qui je suis ».
Ces réticences sont observées chez les apprenants adolescents et adultes,
mais pas chez les apprenants très jeunes (enfants).
Risques de rejet par les locuteurs natifs
L’accent étranger est généralement toléré par les auditeurs natifs.
Les natifs peuvent ne pas échanger avec un étranger parlant leur langue
avec un accent étranger avec lequel ils ne sont pas familiarisés.
L’accent étranger d’un apprenant peut gêner de manière très importante
ses échanges avec les locuteurs natifs.