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État

organisation politique et juridique d'un territoire délimité

Pour les articles homonymes, voir État (homonymie).

Un État est un mode d’organisation politique centralisée, ainsi que les institutions créées par cette organisation
pour imposer et faire respecter certaines règles1,note 1.

Nicolas Machiavel fut un des


premiers à faire usage du mot stato
dans le sens d'« unité politique d’un
peuple qui le double et peut survivre
aux allées et venues non seulement
des gouvernements mais aussi des
formes de gouvernement ».

Du point de vue organisationnel, c'est une forme d'organisation centralisée qu'une société utilise pour s'orienter et
se gérer. Une définition largement répandue est celle du sociologue Max Weber : un « État » est une entité
politique qui conserve le monopole de l'usage légitime de la violence.

Sur le plan institutionnel, « l'État peut être considéré comme l'ensemble des pouvoirs d'autorité et de contrainte
collective que la nation possède sur les citoyens et les individus en vue de faire prévaloir ce qu'on appelle l'intérêt
général, et avec une nuance éthique le bien public ou le bien commun »2.

Au fil du temps, diverses formes d'États se sont développées, justifiant leur existence de différentes manières
(droit divin, théorie du contrat social, etc.) et fonctionnant de manières très diverses. Aujourd'hui, l'État-nation
moderne est la forme prédominante d'État, mais la nation ne se confond pas avec l’État. Le droit international
définit un État souverain comme une unité territoriale établie, à l'intérieur de laquelle ses lois s'appliquent à une
population permanente, et comme constitué d’institutions par lesquelles il exerce une autorité et un pouvoir
effectif.
La définition de l'État de Max Weber
comme groupement politique
détenant le monopole de la violence
physique légitime, exerce toujours
une influence considérable sur la
pensée politique moderne.

Étymologie

« État » vient du latin status, dérivé du verbe stare qui signifie au sens premier « se tenir debout », et au sens figuré
« la position »3. Le mot « État » apparaît dans les langues européennes dans son acception moderne au tournant
des xve et xvie siècles. Au xviiie siècle, l'État désigne également la condition d'une personne, son « état civil ».

Avec la renaissance du droit romain dans l'Europe du XIVe siècle, le terme en est venu à faire référence au statut
juridique des personnes (comme le tiers état – nobles, communs et cléricaux ), et notamment le statut particulier
du roi. [réf. souhaitée] Les classes les plus élevées, généralement celles qui possédaient le plus de richesse et de rang
social, étaient celles qui détenaient le pouvoir. Le mot avait également des associations avec des idées romaines
(remontant à Cicéron) sur le « statut rei publicae » », la « condition des affaires publiques ». Avec le temps, le mot
a perdu sa référence à des groupes sociaux particuliers et est devenu associé à l'ordre juridique de la société tout
entière et à l'appareil chargé de son application4.

Les œuvres de Machiavel du début du xvie siècle (en particulier Le Prince) ont joué un rôle central dans la
vulgarisation de l'utilisation du mot « État » dans un sens similaire à son sens moderne. [réf. souhaitée]

Concepts proches

État et gouvernement

Article connexe : Gouvernement.

Un État peut être distingué d'un gouvernement. L'État est l'organisation tandis que le gouvernement est le groupe
particulier de personnes ou la bureaucratie administrative qui contrôle l'appareil d'État à un moment donné5,6,7.
Autrement dit, les gouvernements sont les moyens par lesquels le pouvoir de l'État est utilisé. Les États sont
servis par une succession continue de gouvernements différents7. Les États sont des objets sociaux immatériels
et non physiques, alors que les gouvernements sont des groupes de personnes dotés de certains pouvoirs
coercitifs.
Chaque gouvernement successif est composé d'un corps spécialisé et privilégié d'individus, qui monopolisent la
prise de décision politique et sont séparés par leur statut et leur organisation de l'ensemble de la population.

État et État-nation

Article connexe : État-nation.

Les États peuvent également être distingués du concept de « nation », où « nation » fait référence à une
communauté culturelle et politique de personnes. Un État-nation fait référence à une situation dans laquelle une
seule ethnie est associée à un État spécifique.

État et Souveraineté

Article connexe : Souveraineté.

La souveraineté est le droit exclusif d’exercer l’autorité politique sur une zone géographique donnée. C’est une
notion fort complexe qu’on peut analyser tant sous l’angle sociologique que juridique.

État souverains

Article connexe : État en droit international.

Le droit international donne des critères de reconnaissance de l'État comme entité sujet au droit international, on
parle également d'États souverains. Ainsi, un État souverain est une entité politique qui possède une autorité
suprême et indépendante sur un territoire délimité et qui est reconnue par d'autres États souverains.

État et société civile

Article connexe : Société civile.

L’État moderne est distinct et connecté à la société civile. L’analyse de cette connexion a été l’objet d’une
attention considérable aussi bien dans l’analyse du développement de l’État que dans les théories normatives.
Des penseurs comme Thomas Hobbes ou Bodin ou les juristes de Richelieu mettaient l’accent sur la suprématie
de l’État. Pourtant proches d’eux, Hegel s’est intéressé aussi aux liens entre État et société civile. Au xxie siècle,
Jurgen Habermas avance que la société civile forme une sphère publique lieu d’engagements extra-institutionnels
autonome de l’État et en interaction avec lui.

Des théoriciens marxistes, tel Antonio Gramsci, se sont interrogés sur la distinction entre l’État et la société civile,
en arguant que le premier est intégré de nombreuses façons dans la seconde [réf. souhaitée]. D’autres, comme Louis
Althusser, ont maintenu que les organisations civiles comme l’Église, l’école et même les syndicats étaient partie
prenante d’un « appareil idéologique de l’État ». Étant donné le rôle des groupes sociaux dans la politique publique
et leurs connexions avec la bureaucratie étatique, il devient difficile d’identifier les frontières de l’État qui fluctuent
également au gré des privatisations, des nationalisations et de la création de nouveaux organes. Souvent la nature
d’organisation quasi-autonome n’est pas très définie générant des débats parmi les spécialistes des sciences
politiques pour savoir si elles sont d’État ou de la société civile. Certains spécialistes, tel Kjaer8, préfèrent parler de
réseaux politiques et de gouvernance décentralisée dans les sociétés modernes plutôt que de bureaucraties
d’État ou de contrôle direct par l’État.
Histoire

En Histoire, le concept d'État sert de manière large à désigner les formes concentrées de pouvoir politique, peu
importe que les populations l'aient conçu ou pas comme impersonnel ou légitime. De manière spécifique, le
phénomène d'État en Histoire se réfère aux modes de gouvernement dont l'autonomie des institutions et la
violence légitime sont reconnues comme telles dans la société en question9.

Dans l'Histoire de l'humanité, il a toujours existé des formes concentrées de pouvoir. Dans l'Histoire moderne et
contemporaine du monde, la formation d'États dans l'Europe de la fin du Moyen-Âge a eu des répercussions
majeures, notamment par leur diffusion à travers la colonisation.

Préhistoire

La théorie évolutionniste traditionnelle postule une période précédent l'existence des États durant laquelle les
êtres humains vivaient dans des sociétés sans État, caractérisées par l'absence d'autorité concentrée et l'absence
de grandes inégalités dans le pouvoir économique et politique. L'État dans cette théorie est alors présenté comme
une évolution uniforme à toutes les sociétés. Cette vision était corroborée par l'hypothèse que de nombreuses
sociétés de chasseurs-cueilleurs vivaient dans une organisation non étatique. L'ethnologue Pierre Clastres
montrera par la suite que cette organisation non étatique relève d'un choix politique. À ce sujet l'anthropologue
Tim Ingold écrit :

« Il ne suffit pas d'observer, dans un idiome anthropologique aujourd'hui plutôt


dépassé, que les chasseurs-cueilleurs vivent dans des "sociétés sans État", comme si
leurs vies sociales étaient en quelque sorte manquantes ou inachevées, attendant d'être
complétées par le développement évolutif d'un appareil d'État. Au contraire, le principe
de leur socialité, comme l'a dit Pierre Clastres, est fondamentalement "contre" l'État10. »

Cette vision évolutioniste est aujourd'hui mise à mal par les découvertes archéologiques et anthropologiques
récentes montrant que des sociétés bien antérieures et possédant parfois un système économique basé sur la
cueillette et la chasse pouvait parfois s'organiser aussi sous forme d'État. Comme le précisent Graeber et
Wengrow,

« Le récit que livrent les données archéologiques est bien différent. Tout au long de la
dernière période glaciaire, marquée par de forts contrastes saisonniers, nos lointains
ancêtres ont vécu une existence très similaire à celle des Inuits, des Nambikwaras ou
des Crows. [...] Un même individu pouvait donc vivre alternativement dans une société
clanique, une société tribale et ce que nous identifierions aujourd'hui comme un
embryon d'État11. »

Il est donc probablement impossible de remonter aux origines de l'État car ce mode d'organisation semble avoir
coexisté avec d'autres aussi loin que les données archéologiques puissent remonter.
Néolithique

Dans le passé, il a été suggéré que l'État centralisé a été développé pour administrer de grands systèmes de
travaux publics (tels que les systèmes d'irrigation) et pour réguler des économies complexes. Ainsi,
l'historiographie traditionnelle fait remonter le premier État à la Mésopotamie, à la troisième dynastie d'Ur, certains
remontant plus loin. Selon cette vision, pour la majeure partie de son existence, l’espèce humaine, nomade, vivait
de cueillette et de chasse et ce style de vie s’est modifié environ 9 000 ans av. J.-C. avec l’invention de l’agriculture
qui aurait poussé les hommes à s'installer de façon plus ou moins permanente à certains endroits, près des zones
qu’ils cultivaient, engendrant un problème de contrôle de la terre. Dans cette théorie toujours, émerge alors la
propriété privée et, avec elle, les premières « guerres » sur les désaccords concernant la propriété des terres. Dans
certaines parties du monde, notamment la Mésopotamie et la vallée du Nil, les conditions naturelles ont fait que
la propriété des terres a été concentrée en peu de mains. Finalement, un petit groupe a fini par contrôler les terres
travaillées par les nombreuses personnes qui en dépendaient. Ainsi sont nés les premiers États primitifs ou
« proto-État ». [réf. souhaitée]

Cependant, les preuves archéologiques et anthropologiques modernes ne soutiennent pas cette thèse, soulignant
l'existence de plusieurs sociétés possédant des structures étatiques bien antérieurement12. Il a également était
montré que des formes d'États plus récentes ne reposaient pas nécessairement sur la sédentarité ou l'agriculture.
Les travaux de Simon Berger montrent par exemple que l'empire nomade mongol avait une forme polycentrique,
sans véritable capitale et reposait sur une économie hybride de chasse et cueillette et d'agropastoralisme13,14.

L'État durant Antiquité

Article connexe : Citoyenneté.

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Bien que des formes d'État aient existé avant l'avènement de l'empire grec antique, les premiers écrits analysant
rationnellement les institutions politiques datent de l'antiquité grecque1. Auparavant, les États étaient décrits et
justifiés en termes de mythes religieux15.

Les fondements de nombreuses innovations politiques de l'Antiquité classique, essentiels à la tradition


occidentale de l'État, s'ancrent dans les pratiques des Cités-États grecques et de la République romaine, comme la
notions droits de citoyenneté. À Athènes, ces droits étaient combinés dans une forme de démocratie directe.

Émergence des États Modernes en Europe

Origines des États Modernes en Europe

Article connexe : État souverain.

On peut observer au Moyen Âge des phénomènes de centralisation du pouvoir qui joueront un rôle dans
l’apparition des États modernes en Europe1617.

Les spécialistes s'accordent généralement à dire que le système étatique moderne est né avec la signature des
traités de Westphalie en 1648, qui a établi le concept de souveraineté de l'État.18 Cet événement a notamment
marqué le passage de la pratique médiévale du féodalisme à l'émergence de systèmes étatiques de plus en plus
centralisés qui détenaient le monopole de la violence et extrayaient effectivement des revenus de leurs
populations civiles.1920 Cette transition s'explique par deux facteurs : des changements spectaculaires dans le
climat politique, économique et culturel de l'Europe et des changements dans l'environnement naturel de
l'Europe.19

Le changement politique en Europe au cours de cette période peut être attribué aux améliorations de la
technologie militaire et à l'intensification de la guerre entre les États d'Europe occidentale, qui ont catalysé la
formation de vastes armées contrôlées par l'État et de grandes bureaucraties d'État chargées de lever des impôts.
2021

Formation et Impact de la Bureaucratie Étatique

Articles connexes : Bureaucratie, Constitution et État-nation.

C’est entre autres à travers la prise de pouvoir autocratique de Napoléon Bonaparte et à la suite de ses guerres à
travers l’Europe que les États sont devenus une forme prédominante de gouvernance22,23. Cette évolution s’inscrit
dans la continuité du développement de la monarchie en France, que le règne de Louis XIV avait fini de centraliser
et de légaliser, précipitant ainsi la forme étatique du pouvoir24. Ce prolongement de la monarchie s’observe aussi
dans l’amplification dans l’État moderne de l’importance des secrétaires25, des officiers26, et de la culture du
document écrit dans la féodalité monarchique française de l’époque des guerres de religions27.

En effet, un des procédés principaux par lequel les États se sont constitués est celui de la création d’une classe de
fonctionnaires28, et particulièrement l’institution de services de renseignement29. La bureaucratie permet en effet
une diffusion dans la société des principes étatiques, par exemple la hiérarchie et le dévouement à l’État30.
L’organisation de la police a aussi été un facteur coercitif d’installation des formes étatiques dans les populations
européennes et dans celles des colonies exploitées par les empires coloniaux européens31.

La décolonisation et la mondialisation d'un système de gouvernance

Article connexe : Mondialisation.

Pourtant, les pays victimes du colonialisme européen n’ont généralement reçu que de façon indirecte les
élaborations européennes d’États orientées vers l’idéal de l’État de droit, car les gouvernements colonisateurs
agissaient sur un mode plus militaire que juridique32, ce qui a entraîné des évolutions propres aussi dans le
caractère étatique de la plupart des formes postcoloniales de gouvernance33,34. Par exemple, en Colombie, la
formation de l’État au début du xxe siècle est passée par une circulation de l’idéologie du libéralisme et par une
mobilisation de l’école comme terrain de relations verticales entre l’État et la population35. En Algérie, l’État
présente des articulations compliquées avec les autres aspects de la société36. Dans les tensions entre le
Kurdistan et la Turquie joue également l’impact du déploiement du modèle étatique dans la région à travers la
colonisation puis la république kémaliste37.

En Europe et aux États-Unis, vers la fin du xixe siècle, les États ont connu une évolution vers l’État-providence en
gérant de manière plus fine la vie quotidienne des personnes dans ce qui est dès lors considéré comme des
territoires nationaux38, et en tentant de monopoliser toutes les relations de solidarité39. Cela passe notamment
par l’instauration du système des hôpitaux publics, au moyen desquels la santé deviendrait « un instrument de
discipline40 ». Cela signifie aussi la centralisation de toutes les formes de défense armée collective au sein
d’armées nationales hiérarchisées, notamment au moyen du service militaire obligatoire41. Enfin, les solidarités
économiques sont aussi accaparées par les États dans cette phase d’évolution des ordres étatiques occidentaux,
à travers la promotion de l’économie de marché extractiviste42, la gestion des caisses de sécurité sociale43 et
l’organisation par les politiques d’aide sociale d’une mise en marché capitaliste des activités humaines
individuelles44.
Évolution récente

Article connexe : Néolibéralisme.

Depuis la fin des années 1980, la place de l’État change radicalement, sous l’effet conjugué de la mondialisation et
de la construction européenne45. Avec l'échec des stratégies d'industrialisation et des politiques de relance
budgétaire, son rôle comme acteur économique principal devient mineur45. De même, il a enregistré beaucoup de
faiblesses dans la protection du citoyen contre les grands risques sociaux (éducation, maladie, chômage et
vieillesse)45. Les États perdent une partie de leur pouvoir notamment en raison de la mondialisation, surtout dans
ses aspects économiques, qui augmente les contraintes extérieures et diminue le pouvoir d’intervention des États
face aux marchés financiers. En Europe, les États se désengagent de l’économie en privatisant les entreprises
publiques. Ils n’interviennent plus autant dans la prise de décision publique. Ils perdent de leur pouvoir « par le
haut », avec la construction européenne, dont les directives s’imposent dans de plus en plus de secteurs d’activité.

En France, l’État perd son pouvoir « par le bas », avec la décentralisation et l’augmentation du pouvoir des régions.
En retour, on doit également signaler les points suivants :

1. l'État préside toujours à la mise en place d'infrastructures ou de mesures dont l'impact est sociétal : réseaux
de téléphonie mobile, télévision numérique terrestre, vaccination.

2. l'État conserve son impact sur les comportements des citoyens : bonus-malus écologique, taxe carbone.

3. Depuis la fin des années 1990, de nombreux économistes keynésiens contemporains (Joseph Stiglitz, Paul
Romer, Gregory Mankiw...) considèrent que les pouvoirs publics ont plusieurs rôles positifs à jouer afin de
résoudre les défaillances du marché46. Les rigidités de l'emploi peuvent être assouplies en baissant les
cotisations sociales (voire en les supprimant dans certaines tranches de salaires) concernant les emplois
non qualifiés46. Les sommes correspondantes doivent être supportées par des organismes publics ad hoc.
Les pouvoirs publics ont aussi la possibilité d'encourager la demande portant sur les produits des
entreprises en les subventionnant46. La subvention versée par le Trésor au producteur a, en effet, pour
conséquence directe de baisser le prix du produit vendu, ce qui induit une augmentation des quantités
vendues (augmentation du bénéfice du producteur) et une baisse des prix d'achat (accroissement du
bénéfice du consommateur)47. La politique de baisse du taux d'intérêt permet d'améliorer la rentabilité des
entreprises en faisant jouer le mécanisme de l'effet de levier46. Les entreprises peuvent également tirer
d'autres avantages de l'intervention publique46. Celle-ci peut prendre la forme de protection des industries
naissantes conformément à la théorie de Friedrich List et (ou) permettre aux entreprises nationales de
conserver ou d'agrandir leur part de marché en les protégeant de la concurrence étrangère46. Dans les pays
émergents, ces économistes considèrent que la place des pouvoirs publics reste fondamentale46.
L'éducation, la formation, l'infrastructure de base (routes, autoroutes, ports et nouvelles technologies de
l'information et de la communication) jouent un rôle de premier plan dans l'industrialisation de ces pays46. La
Corée du Sud, Singapour, Taiwan et Hong Kong constituent un modèle de développement réussi donné en
exemple46.

Enfin la crise bancaire (2008) a montré que les États restent la puissance de dernier recours, et que les entreprises
privées y ont recours spontanément, même dans les pays considérés comme libéraux.

Avec l'instauration de politiques de développement durable au début des années 2000, l'État retrouve un rôle de
régulation. En Europe, la politique européenne de développement durable se traduit par de nombreuses directives,
mais il revient aux États membres de contrôler leur application, dans le respect du principe de subsidiarité.
Chaque État doit définir une stratégie nationale de développement durable. De même, les États définissent de plus
en plus souvent des politiques publiques d'intelligence économique. C'est le cas aux États-Unis depuis les années
1980, et en France depuis 2005. D'autre part, la crise financière de 2008 a démontré qu'il n'était pas possible de
laisser les économies sous le seul pouvoir des marchés financiers, et que les États (ou du moins des institutions
possédant des traits de puissance publique) pouvaient exercer un pouvoir de régulation48. Néanmoins, certains
auteurs ont récemment avancé le passage d'un État dominateur de la société à un État acteur, soumis à l'impératif
de collaboration49.

Caractérisation de l'État

Certaines informations figurant dans cet article ou cette section devraient être mieux reliées aux
sources mentionnées dans les sections « Bibliographie », « Sources » ou « Liens externes »
(janvier 2024).

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notes.

Max Weber en 1917.

Monopole de la violence légitime

Article détaillé : Monopole de la violence légitime.

Selon David Graeber et David Wengrow, c’est le philosophe et juriste allemand Rudolf von Jhering qui a le premier
proposé une définition de l’État reposant sur la notion de « monopole de l’usage légitime de la force physique sur
un périmètre donné », à la fin du xixe siècle.50

Cependant c'est par les travaux de Max Weber que cette analyse reste connu. Max Weber, dans la réflexion qu’il a
eue au début du xxe siècle, s’est intéressé à l’État en tant qu’institutionnote 2, ainsi qu’aux rapports entre politiques
et administratifs. Max Weber, dans Économie et société51, entend par État « une entreprise politique à caractère
institutionnel lorsque et tant que sa direction administrative revendique avec succès, dans l’application de ses
règlements, le monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire donné. » Pour Weber donc, une
entreprise politique à caractère institutionnel ne peut être un État que pour autant que sa structure administrative
réussit à être la seule, directement ou par délégation (délégation de service public, externalisation52), à faire
respecter les lois à travers l'armée, la justice et la police. Dans le cadre de la sociologie de Weber, la souveraineté
résulte de la capacité de l’État à voir reconnu comme légitime son monopole de la violence physique et
symbolique.

Certains courants de la sociologie insistent sur le fait que l’État dispose également d’une capacité à exercer une
violence symbolique sur ses citoyens, ce que Pierre Bourdieu a appelé la « magie d’État ». Cette notion renvoie à la
capacité de l’État de catégoriser ses citoyens, grâce à un nom au travers de l’état civil ou un numéro
d’immatriculation (comme le numéro de sécurité sociale en France), ou par ses tribunaux en les déclarant
coupables ou innocents.
Appareil politique et administratif

L’État est administré par des gouvernants élus et des fonctionnaires gouvernants (Jacques Lagroye), c’est-à-dire
que l’État est à la fois administratif et politique, avec une division du travail social (Émile Durkheim) entre ces deux
personnels. En général, l’État est composé de ce qui constitue pour John Locke le gouvernement civil (le pouvoir
exécutif et le pouvoir législatif), de la justice (le pouvoir judiciaire) et de tout un appareil militaire et administratif :
forces de polices et administration. L'État est une institution d'institutions en interaction permanente dont
chacune a une culture distincte — c’est-à-dire des univers de sens et de pratiques différents. L’État n'est donc pas
un, ni unifié. Il est un espace où se développent et où coexistent des cultures et des logiques institutionnelles
quelquefois différentes.

Concernant la France, Alexis de Tocqueville dans son livre l’Ancien Régime et la Révolution insiste sur deux points :
la permanence des institutions de l’État bâties à partir de Richelieu et l’influence de la physiocratie sur les
réformes introduites par la Révolution. Il écrit à ce propos : « Toutes les institutions que la Révolution devait abolir
sans retour ont été l’objet particulier de leurs attaques ; aucune n’a trouvé grâce à leurs yeux. Toutes celles, au
contraire, qui peuvent passer pour son œuvre propre ont été annoncées par eux à l’avance et préconisées avec
ardeur ; on citerait à peine une seule dont le germe n’ait été déposé dans quelques-uns de leurs écrits ; on trouve
en eux tout ce qu’il y a de plus substantiel en elle »53.

Séparation des pouvoirs et contre-pouvoirs

John Locke.

Les principes fondamentaux d’un État moderne, tels qu’ils ont été énoncés par les grands philosophes politiques,
incluent la séparation des pouvoirs. John Locke, dans les deux traités du gouvernement civil (1690), distingue le
pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Montesquieu, dans De l’esprit des lois, adjoindra ultérieurement un
troisième pouvoir, le pouvoir judiciaire. Si la constitution américaine de 1787 s’inspire de ces deux philosophes,
ainsi que des principes de droit naturel de Samuel von Pufendorf, longtemps ce courant n’aura qu’une influence
très minime sur les institutions en France, en Angleterre même, il perdra de son influence à partir de la première
moitié du xixe siècle. Pour Élie Halévy, l’idée de contre-force que l’on trouve chez Montesquieu et chez les libéraux
anglais qui ont fait les révolutions au xviie siècle repose sur un pessimisme moral, sur un doute sur les capacités
de l’homme à comprendre son vrai intérêt et celui de la cité, d’où la nécessité d’institutions destinées à affiner la
pensée et l’action des hommes, à l’obliger à comprendre ce que pensent les autres. Elle s’inscrit dans un cadre où
la « droite raison » n’est pas purement abstraite mais doit se nourrir d’une confrontation avec la réalité. Par
ailleurs, pour ces hommes les lois ne sont pas des commandements d’une quelconque entité supérieure mais
sont des relations. Aussi, Halévy note-t-il : « L’État libéral est un État dont l’on peut dire, à volonté, qu’il est un État
sans souverain, ou qu’il renferme plusieurs souverains »54.

En France, à la fin du xviiie siècle, l’idée de contre-force chère à Montesquieu et aux libéraux anglais du xviiie siècle
était fortement combattue par François Quesnay et les physiocrates, c’est-à-dire si l’on suit Tocqueville par un des
courants qui a eu le plus d’influence en France. Quesnay, dans les Maximes générales du gouvernement
économique d’un royaume agricole, écrit : « Le système des contre-forces dans un gouvernement est une opinion
funeste qui ne laisse apercevoir que la discorde entre les grands et l’accablement des petits »55. Cette même
opposition se trouve dans un courant britannique important au xixe siècle qui a été influencé par les physiocrates
avant d’influencer à son tour des républicains français : l’utilitarisme, appelé aussi par Élie Halévy le « radicalisme
philosophique » (Jeremy Bentham, Ricardo, John Stuart Mill). Élie Halévy écrit quand il veut exposer ce qui
différencie l’État libéral de l’État radical : « L’État radical, au contraire, tel que le définit l’utilitarisme de Bentham est
un État qui confère la souveraineté au peuple ; après le peuple se trouve contraint de déléguer un certain nombre
de fonctions politiques à une minorité d’individus… non pas pour limiter lui-même sa puissance, pour abdiquer en
partie sa souveraineté, mais pour rendre au contraire plus efficaces et plus concentrées l’expression, puis
l’exécution de ses volontés. Le problème est alors d’éviter que les représentants du peuple dérobent à ceux qui les
ont constitués tels tout ou partie de leur souveraineté. D’où la nécessité de trouver des “contre-forces” capables
de “tenir en échec” l’égoïsme des fonctionnaires »54.

Théories juridiques concurrentes

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (août 2024). [afficher]

La théorie juridique a eu beaucoup de mal à définir ce qu’était l’État. Plusieurs écoles se sont affrontées sur ce
terrain ; on retiendra ici les trois grandes perspectives de l’approche juridique.

Maurice Hauriou propose l'État de puissance. Cette théorie remonte aux ouvrages de Nicolas Machiavel, de
Thomas Hobbes et de Jean Bodin. Dans cette approche, l’État est caractérisé par ses souverainetés interne et
externe. L’État est un Léviathan dont la fonction est de maintenir l’ordre dans la société dont il assure la direction.
Dans ses premières conceptions, l’État incarne l’intérêt général et dispose alors d’un certain nombre de
prérogatives qui émanent de sa souveraineté, notamment le pouvoir de créer le droit et de prendre des actes
administratifs unilatéraux (AAU) qui s’imposent aux individus sans leur consentement. L’État dispose alors de la
personnalité morale, il est une personne au même titre que le citoyen56. Hauriou introduit au début du xxe siècle
l’idée de l’élection du président de la République au suffrage universel.

En faveur du positivisme juridique, Hans Kelsen propose l'État de droit. Pour cet Américain d’origine autrichienne
et pour l’école allemande de l’État de droit, ce n’est pas l’État qui produit le droit, mais l’ordre juridique (c'est-à-dire
la hiérarchie des normes) qui produit l’État. L’État ne serait alors que l’émanation du droit qui limiterait sa
puissance d’arbitraire. Dans cette perspective, l’État n'est plus défini comme dans la théorie de l’État de puissance
par sa souveraineté, mais par son identification à un ordre juridique et sa soumission au droit57. Cette théorie
allemande de l’État de droit a été reprise par Raymond Carré de Malberg qui a essayé de transposer cette théorie
en France. Pour assurer la pérennité du droit, il faut que la hiérarchie des normes juridiques soit garantie et qu’il
existe un contrôle juridictionnel pour faire respecter cette hiérarchie des normes de façon à forcer l’État à
respecter le droit. Ce contrôle juridictionnel de l’État existe depuis l’arrêt du Tribunal des conflits (TC), 1873,
Blanco.

Léon Duguit propose l'État de service. L’État n’est caractérisé ni par la souveraineté, ni par son identification à un
ordre juridique. Pour Duguit, l’État n'est qu’une coquille vide, il n’a pas de personnalité, ne peut disposer de droits
subjectifs et ne saurait être en mesure d’imposer quoi que ce soit à qui que ce soit. L’État est donc une coquille
vide derrière laquelle se cachent des gouvernants – or rien ne garantit que ces gouvernants accepteront de limiter
leur puissance pour toujours et continueront à se soumettre au droit. Ce qui justifie, selon Duguit, l’existence de
l’État, c’est le service public. L’État est en effet selon lui l’expression de la solidarité sociale. Les hommes,
regroupés en sociétés, sont devenus de plus en plus interdépendants. Cette interdépendance a été accompagnée
de la création de normes, et pour faire respecter ces normes, des dirigeants ont émergé. Mais ces dirigeants ne
restent dirigeants qu’aussi longtemps qu’ils continuent à se dévouer à la société et à l’organisation de la solidarité
sociale au moyen du service public. Pour Duguit, l’État n'est alors que l’émanation de la société et non pas la
conséquence d’une quelconque souveraineté de l’État ou d'un ordre juridique préexistant.

Role de l'État en économie

L'État à partir du xxe siècle devient peu à peu plus présent, et à l'État-gendarme qui ne s'occupait que de la justice
de la police et de l'armée, lui succède la notion d'État-providence qui elle-même recouvre plusieurs réalités. Gosta
Esping-Andersen distingue l'État-providence libéral, conservateur-corporatiste et social libéral. Selon Pierre
Rosanvallon, on serait passé de l’État régalien (faire respecter l’ordre à travers la police, l’armée et la justice) à
l’État instituteur du social (unifier le pays à travers l'instruction publique par exemple, comme ce fut le cas à la fin
xixe siècle en France avec les lois Ferry) puis à l’État-providence (1945) (redistribuer les revenus grâce au
développement de la solidarité nationale par le biais de la protection sociale notamment). De nos jours l'on serait
passé à l’État promoteur économique : soutenir l’économie (Keynes à travers la notion de multiplicateur, par
exemple via une politique de grands travaux).

Grandes fonctions

L'économiste américain Richard Musgrave58 définit trois fonctions économiques de l'État dans la Théorie des
finances publiques :

1. La régulation ou « stabilisation ». Dans une économie de marché, l'activité est souvent cyclique ; l'intervention
publique va avoir pour but d'éviter de trop grandes fluctuations en pratiquant des politiques de stabilisation
comme cela a été le cas lors de la crise économique de 2008-2009. Les pouvoirs publics interviennent en
faisant appel à deux moyens principaux59. Tout d'abord, la politique de "Stop and Go" permet à l'État soit de
relancer l'activité économique via une politique budgétaire expansionniste afin de promouvoir la croissance
économique et l'emploi ou la réduire par la mise en place d'une politique de rigueur ou d'austérité59. Cette
stratégie de "se serrer la ceinture" est faite dans le but de réduire l'inflation et le déficit budgétaire et de la
balance des paiements60. Ensuite, la mise en place de règles dans des secteurs aussi divers que l'économie
(protection des petites entreprises et des consommateurs contre l'abus de pouvoir des grandes entreprises)
et la société (lois visant la sécurité des salariés et la protection des intérêts des minorités ethniques)59.

2. L'allocation des ressources ou « affectation ». Dans ce cas les pouvoirs publics interviennent pour prendre en
charge les biens collectifs, réguler la concurrence et internaliser les externalités c'est-à-dire par exemple
dans le cas des émissions de CO2, les instances publiques vont créer un marché des droits à polluer ou créer
une taxe carbone de sorte que les acteurs économiques tiennent compte des conséquences de leurs actes
sur l'environnement. Il s'agit de remédier à certaines défaillances du marché pour assurer l'allocation efficace
des ressources59. Dans l'essentiel, ces activités correspondent à la réalisation des services gratuits
(éducation et santé publiques) ou semi gratuits (routes et autoroutes) ou encore à des situations de
monopole naturel (gaz et électricité)59.
3. La distribution ou « répartition », qui a pour but d'influer sur les inégalités. Ces politiques sont liées à des
notions d'équité, de justice sociale ou plus récemment de capabilité (un concept développé par Amartya
Sen) ; En gros, ces mesures publiques sont destinées à assurer le citoyen contre les quatre risques majeurs
(analphabétisme, pauvreté, maladie, chômage, vieillesse) par le mécanisme de l'impôt conformement à la
conception faîte par Lord William Beveridge (système de l'État providence) au milieu des années quarante59.

Récemment, la théorie de la croissance endogène a mis l'accent sur les effets de certaines interventions
publiques sur la croissance potentielle de long terme. C'est ainsi que depuis peu, les États mènent des politiques
en faveur de la recherche.

Pour J.-M. Albertini, maître de recherche au CNRS français, ces nouvelles fonctions de l'État sont le résultat d'un
changement de la relation qu'entretient l'État à l'égard de l'homme : si avant la Révolution française de la fin du dix-
huitième siècle, la défense des droits de l'homme se fait contre les pouvoirs publics, actuellement, et surtout
depuis l'avènement de l'État providence au milieu des années 1940, l'État est devenu au service de l'homme61.
Pour assurer le plein emploi de la main d'oeuvre (ou lutter contre le chômage), l'État accroît ses dépenses
publiques par le mécanisme du déficit budgétaire61.

Différentes formes d'États-providence

Pour Gøsta Esping-Andersen, l'État-providence ne peut pas se définir seulement par les droits sociaux qu'il
accorde aux citoyens, il faut également tenir compte de deux autres éléments : « la manière dont les activités de
l'État sont coordonnées avec les rôles du marché et de la famille dans la prévoyance sociale »62. À partir de ce
constat et de trois indicateurs63 : le degré de « dé-marchandisation », le degré de stratification sociale (c'est-à-dire
l'impact des États-providence sur les hiérarchies sociales et sur les inégalités issues du marché) et la place
accordée à la sphère publique et à la sphère privée. Il établit une typologie des États-providence « qui constitue
aujourd'hui la pierre de touche de la recherche comparative internationale »64.

« Un welfare state libéral, accordant un rôle principal aux mécanismes de marché et limitant pour l'essentiel sa
protection aux plus faibles »65. Les pays archétypes de ce modèle sont le Canada, les États-Unis et l'Australie.
Merrien66 hésite à classer le Royaume-Uni dans ce modèle.

« Un modèle conservateur-corporatiste ou encore bismarckien, c'est-à-dire un modèle d'assurance sociale


obligatoire généralisée adossé au travail salarié »66. Dans ce système, les revenus des salariés sont partiellement
maintenus en cas d'accident, de maladie, de chômage ou lorsque vient l'âge de la retraite. Il y a pluralité de
régimes de sécurité sociale et la redistribution est relativement faible. Pour Esping-Andersen, ces régimes sont
modelés par l'État « toujours prêt à se substituer au marché en tant que pourvoyeur de bien-être » et par l'Église
soucieuse de défendre des valeurs familiales traditionnelles67. Pour cet auteur, l'établissement de droits sociaux
par les conservateurs se comprend pour partie par une volonté de maintenir les hiérarchies anciennes menacées
par le libéralisme, la démocratie et le capitalisme (du moins certaines formes de ce dernier)68. Pour cet auteur, qui
reprend sur ce point d'autres travaux, l'Allemagne de Bismarck ou l'Autriche par le biais des fonds de retraite, ont
fait émerger des classes spéciales telles que les fonctionnaires ou les travailleurs de « condition plus élevée »
avec peut-être l'intention « de récompenser, ou peut-être garantir, une loyauté et un asservissement »69. Les pays
emblématiques de ce modèle sont : Autriche, Allemagne, France, Italie et Belgique.

Un régime social-démocrate qui, au contraire du régime conservateur, vise à « renforcer la possibilité d'une
indépendance individuelle » et dont « la spécificité la plus frappante… est peut-être sa fusion entre protection
sociale et travail »70. Pour assurer un niveau élevé de protection sociale et une offre importante de services
sociaux, il doit viser le plein emploi qui minimise les coûts et augmente les revenus de l'État. Les principaux pays
qui se rapprochent de ce modèle : Danemark, Finlande, Pays-Bas, Norvège et Suède. Très souvent, ces pays ont
adopté de fortes politiques d'investissement dans la recherche et développement et cherchent à renforcer leur
place dans le commerce mondial.

Controverses concernant l'économie

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (janvier 2024). [afficher]

Pour les économistes proches du libéralisme classique, l'État ne doit pas imposer des règles extra-économiques à
l'économie de marché, mais respecter son fonctionnement propre et protéger son épanouissement naturel. Les
plus radicaux, partisans d'un État minimal comme Robert Nozick, pensent que l'État doit uniquement garantir le
libre déplacement des capitaux, des biens et des personnes. La fonction publique ne doit employer que des
soldats, des policiers, des pompiers, des ambulanciers, des médecins etc. et le produit de l'impôt sert donc
exclusivement à financer ces services publics vitaux. La levée de l'impôt n'est sinon qu'une entreprise d'extorsion
de fonds : par exemple, dit Nozick, il est injuste d'être forcé par l'État à payer pour les allocations des autres. S'il y
a des injustices liées au fonctionnement de l'économie, elles ne peuvent être prises en charge que par les
associations caritatives et donc par la charité privée, ce qui implique de compter sur la bienveillance et le sens de
la pitié des différents membres de la société, à l'égard des perdants et des exclus. De son côté, Friedrich von
Hayek, socialiste converti au libéralisme et représentant de l'école autrichienne d'économie, accuse l'État de
favoriser la pauvreté par ses interventions au nom de la « justice sociale », concept qu'il juge totalement farfelu.
Par exemple, les salaires sont des indicateurs de l'utilité d'un poste de production au sein de l'économie sociale ;
ils signalent à chacun l'intérêt économique de son emploi. Quand le gouvernement d'un État réglemente les
salaires (par exemple en imposant un salaire horaire minimum, comme le SMIC, ou une progression salariale
déterminée sur toute la durée d'une carrière) ces indicateurs naturels sont alors faussées par l'intervention de la
puissance publique : des producteurs se croient plus utiles qu'ils ne sont, et ne sont donc pas incités à se rendre
plus utiles (en cherchant un travail mieux rémunéré par exemple). Des allocations sont cependant envisagées en
faveur des producteurs inaptes ou handicapés, provisoirement ou définitivement.

Ces deux approches libérales partent du principe que la politique économique doit être plus ou moins débarrassée
des valeurs morales : celles-ci auraient un faible intérêt économique (voire aucun intérêt économique, comme l'a
montré Mandeville au xviie siècle dans la Fable des Abeilles). Paul A. Samuelson, l'économiste américain du MIT,
montre l'inefficacité de l'intervention des pouvoirs publics à travers quatre exemples71. Premièrement, les pouvoirs
publics, en établissant un prix légal des produits alimentaires largement inférieur au prix du marché libre, et que
les vendeurs et les acheteurs doivent appliquer à la lettre, provoquent le manque des produits correspondants en
décourageant l'approvisionnement71. Jugeant le prix légal insuffisant susceptible de laminer (ou faire disparaitre)
leur profit, les vendeurs vont apporter des quantités de produits de plus en plus insuffisantes, ce qui pousse les
autorités à déterminer les quantités à vendre à chaque ménage (rationnement)71. Ces perturbations de l'équilibre
du marché concurrentiel vont conduire au développement du marché noir et à des situations indésirables comme
les longues files d'attente, le clientélisme et le favoritisme71. Deuxièmement, la fixation d'un salaire minimum
(SMIG, G pour garanti ou SMIC, C pour croissance, en France) a pour effet d'accroître le sous emploi de la main
d'œuvre. En effet, en fixant un salaire plus élevé que celui déterminé par le marché concurrentiel, l'État accroît
désormais le coût du travail des entreprises qui vont embaucher de moins en moins pour épargner leurs marges
bénéficiaires71. Troisièmement, le loyer des maisons qui ne doit pas dépasser un certain montant fixé en dessous
du prix d'équilibre concurrentiel pousse les propriétaires, en quête d'un loyer plus rémunérateur, à construire de
moins en moins, ce qui aura pour effet une pénurie de logements à long terme si la procédure reste en vigueur71.
Quatrièmement, le taux d'intérêt fixé par les autorités monétaires représentées par la banque centrale (appelée fed
aux États-Unis) à un maximum inférieur au taux d'intérêt du marché a pour conséquence le manque, voire la
pénurie des crédits qui pourrait aboutir à des pratiques illégales comme l'usure71. Ces blocages de l'équilibre
réalisé par la loi de l'offre et de la demande sont donc à proscrire en période de paix71. Les moyens généralement
conseillés pour lutter contre l'inflation sont inspirés, d'une part, de la politique budgétaire, en réduisant les
dépenses (subventions et autre dépenses) et en augmentant les recettes de l'État (impôts directs et indirects et
taxes) et, d'autre part, de la politique monétaire (hausse des taux d'intérêt) alors que les mesures précitées restent
réservées aux temps de guerre71. C'est ce qui est contesté par leurs principaux adversaires. Ce clivage
correspond, sur l'échiquier politique, à l'opposition entre les programmes d'inspiration libérale d'une part, et
d'inspiration social-démocrate de l'autre. Les premiers donnent la priorité à la liberté des agents économiques, les
seconds font valoir le principe d'égalité des individus. De tous les théoriciens qui donnent de la place au principe
d'égalité, le plus célèbre est John Rawls : dans la Théorie de la justice il essaye de montrer l'irrationalité des
libéraux à travers une hypothèse - qu'est-ce que des individus rationnels attendraient de l'économie, s'ils partaient
tous du même point de départ, c'est-à-dire s'ils ignoraient leur position dans l'échelle sociale et leurs avantages ou
handicaps économiques de départ (être né dans un quartier noir, ou dans une banlieue résidentielle bourgeoise,
avoir un héritage ou être orphelin, etc.) ? Il en conclut que le plus rationnel serait que de vouloir que chacun ait
strictement les mêmes chances de réussir : c'est le principe de l'égalité des chances, qui implique un impôt
redistributif, proportionnel aux ressources. Un argument important consiste à dire aussi que ce système aurait
l'avantage de favoriser le succès des individus les plus méritants, et pas des plus chanceux et des mieux lotis. Le
renouveau du principe d'égalité est aussi défendu par Thomas Piketty, qui cherche à démontrer que le libéralisme
conduit en pratique à des écarts de richesse de plus en plus béants qui expliquent les crises économiques les
plus récentes (par exemple, selon cette interprétation, c'est le recours massif de millions de pauvres au crédit
immobilier qui est à l'origine de la grande récession des années 2008 et suivantes ; tandis que les libéraux, eux,
attribuent cette crise à une réglementation excessive de l'économie).

La controverse concerne donc essentiellement la priorité donnée au principe de liberté totale par les libéraux. Il
s'agit de décider, d'une part, quelle place on fait au principe d'égalité, et d'autre part, dans quelle mesure les
jugements moraux ont leur place dans la politique économique et permettent de favoriser la richesse de tous,
c'est-à-dire, le bien-être. L'analyse empirique, sociale, économique et historique des crises économiques et des
mécanismes de l'économie de marché, devrait contribuer à résoudre ce débat, mais ne fait que le perpétuer,
puisque c'est avant tout le problème du type de société que l'on souhaite qui se pose.

Courants de pensée

Plusieurs grandes traditions aussi bien en science politique qu’en sociologie structurent les théories de l’État : les
approches marxistes, pluralistes, institutionnalistes et pragmatique ou l'approche en termes de société civile a
chacune été utilisée pour arriver à une meilleure compréhension de l’État qui reste imparfaite eu égard à la
complexité du sujet étudié. D’une part les frontières de l’État ne sont pas fixes mais constamment en mouvement,
d’autre part, l’État n’est pas seulement un lieu de conflits entre différentes organisations, il est aussi un lieu de
conflits à l’intérieur des organisations. Si certains chercheurs parlent de l’intérêt de l’État, il faut constater qu’il y a
souvent des intérêts divergents entre les parties constituant l’État.

Marxisme

Pour Marx et Engels, l'État est un produit de la société de classes, lorsque la société scindée en classes aux
intérêts antagonistes est en lutte permanente avec elle-même « le besoin s'impose d'un pouvoir qui, placé en
apparence au-dessus de la société, doit estomper le conflit, le maintenir dans les limites de l'« ordre » ; et ce
pouvoir, né de la société, mais qui se place au-dessus d'elle et lui devient de plus en plus étranger, c'est l'État (...) il
est, dans la règle, l'État de la classe la plus puissante, de celle qui domine au point de vue économique et qui,
grâce à lui, devient aussi classe politiquement dominante et acquiert ainsi de nouveaux moyens pour mater et
exploiter la classe opprimée »72.

Quant à Lénine, évoquant le thème de l'État dans une conférence restée célèbre à l'université sverdlov le 11 juillet
1919, il parle tout d'abord de la difficulté du problème : « le problème de l'État est un des problèmes les plus
complexes, les plus difficiles, celui qui, peut-être a été le plus embrouillé par les savants, les écrivains et les
philosophes bourgeois ». Il clarifie enfin sa vision des États démocratiques modernes et du suffrage universel :
« La puissance du Capital, c'est tout; la Bourse, c'est tout ; tandis que le Parlement, les élections ne sont que
pantins, que jeux de marionnettes… » Il envisage en conclusion de sa conférence le dépérissement de l'État dans
une société socialiste mondiale73.

En d'autres mots, comme le souligne François Châtelet : « L'État est une administration appuyée par l'armée et par
la police, dont toute la fonction est de renforcer, de légaliser et de faire apparaître comme morale l'oppression
qu'exercent ceux qui possèdent les moyens de production — terres, mines, outils, habitation et la commune de
ceux-ci, le Capital — sur ceux qui n'ont d'autre ressource pour survivre que de vendre quotidiennement leur force
de travail »74. Cet État instrument de la classe dirigeante doit à terme disparaître en même temps que
disparaîtront les classes sociales. « Nous nous rapprochons maintenant à pas rapides d'un stade de
développement de la production dans lequel l'existence de ces classes a non seulement cessé d'être une
nécessité, mais devient un obstacle positif à la production. Ces classes tomberont aussi inévitablement qu'elles
ont surgi autrefois. L'État tombe inévitablement avec elles. La société, qui réorganisera la production sur la base
d'une association libre et égalitaire des producteurs, reléguera toute la machine de l'État là où sera dorénavant sa
place : au musée des antiquités, à côté du rouet et de la hache de bronze »72.

L'État sert donc toujours les intérêts de la classe sociale qui détient les moyens de production. C'est ainsi qu'il
représente la bourgeoisie dans le cadre du capitalisme, puis " le prolétariat organisé en classe dominante "75 avec
l'avènement du socialisme et va enfin disparaitre de lui-même lorsque ce système est remplacé par le
communisme où les moyens de production ne vont appartenir à aucune classe sociale76.

Pour les marxistes contemporains, comme Ralph Miliband77, la classe dirigeante utilise l’État comme un
instrument de domination de la société en utilisant les liens personnels entre les hauts fonctionnaires et les élites
économiques. Pour cet auteur, l’État est dominé par une élite qui a la même origine que la classe capitaliste. Pour
certains théoriciens néo-marxistes, cette question de qui contrôle l’État est sans intérêt. Influencé par Antonio
Gramsci, Nicos Poulantzas remarquait que les États capitalistes ne suivaient pas toujours la classe dirigeante et
que, quand ils le faisaient, ce n’était pas forcément consciemment mais parce que les structures de l’État étaient
telles que les intérêts à long terme des capitalistes étaient toujours assurés.

Libéralisme

Pour la pensée libérale, l'État a pour fonction principale de protéger les atteintes aux Droits Naturels des
individus : liberté, propriété et sûreté. Ce courant vise à minimiser autant que possible l'envahissement de l'État
dans tous les domaines de la société civile. L'économiste libéral Frédéric Bastiat, dans un texte sur l'État publié en
1848 dans le journal des débats définit l'État de la manière suivante : « La grande fiction à travers laquelle tout le
monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde »78. Le courant libertarien va même jusqu'à prôner une
disparition totale de l'État (anarcho-capitalisme dont l'économiste Murray Rothbard est un des grands
représentants) ou une réduction aussi forte que possible (minarchisme).
Pluralisme

Si l’approche néo-marxiste a été influente en Europe dans les années 1960 et 1970, l’approche pluraliste a eu à la
même époque une large audience aux États-Unis. Pour Robert Dahl, l’État est à la fois comme une arène neutre
pour des intérêts en conflits et lui-même traversé de conflits d’intérêts entre ses différents départements ou
agences. La politique pour lui est le produit d’un constant marchandage entre groupes qui ont tous un moyen de
pression sur l’État. Dahl nomme ce type d’État une polyarchy79.

Pragmatisme

Pour John Dewey, l'État n'a rien de métaphysique comme chez les hégéliens. Il ne dépend pas non plus d'une
cause unique comme la volonté générale chez Jean-Jacques Rousseau, ni de raisons historiques ou
psychologiques comme la peur chez Hobbes. L'État est de nature essentiellement fonctionnelle et tient à la
nécessité de gérer les conséquences des actes des hommes80. Pour lui, il y a un État parce que « les actes
humains ont des conséquences sur d'autres hommes, que certaines de ces conséquences sont perçues, et que
leur perception mène à un effort ultérieur pour contrôler l'action de sorte que certaines conséquences soient
évitées et d'autres assurées »81. C'est uniquement parce que les gens prennent conscience qu'une telle fonction
doit être assurée qu'un public se forme et constitue un État82. Pour Dewey, « l'État est l'organisation du public
effectuée par le biais de fonctionnaires pour la protection des intérêts partagés par ses membres. Mais, ce qu'est
le public, ce que sont les fonctionnaires, s'ils assurent convenablement leur fonction, voilà des choses que nous
ne pouvons découvrir qu'en allant dans l'histoire »83.

Institutionnalisme

Pour les marxistes et les pluralistes, l’État se contente de réagir aux activités des groupes sociaux. Aussi ils ont
été critiqués par d’autres chercheurs qui leur ont reproché de ne pas mettre assez en valeur l’autonomie de l’État
et d’être trop centrés sur la société. Pour les tenants de la nouvelle approche institutionnaliste en politique, les
comportements des individus sont fondamentalement modelés par les institutions et l’État n’est ni une arène ni
un instrument et ne fonctionne pas dans l’intérêt d’une seule classe. Les chercheurs de cette école mettent
l'accent sur la nécessité d’interposer la société civile entre l’État et l’économie.

Theda Skocpol suggère que les membres de l’État ont un important degré d’autonomie et qu’ils peuvent
poursuivre leur intérêt indépendamment (et parfois en conflit) des autres acteurs de la société84. Comme l’État
possède les moyens de coercition et que les groupes de la société civile sont dépendants de lui, les
fonctionnaires peuvent imposer dans une large mesure leur préférence à la société civile.

Église catholique

Dans l'encyclique Caritas in Veritate de juillet 2009, Benoît XVI indique que les acteurs de la vie économique ne
peuvent se limiter au marché seul, mais que l'économie doit aussi impliquer l'État et la société civile :

« La vie économique a sans aucun doute besoin du contrat pour réglementer les relations d’échange entre
valeurs équivalentes. Mais elle a tout autant besoin de lois justes et de formes de redistribution guidées par la
politique, ainsi que d’œuvres qui soient marquées par l’esprit du don. L’économie mondialisée semble privilégier
la première logique, celle de l’échange contractuel mais, directement ou indirectement, elle montre qu’elle a
aussi besoin des deux autres, de la logique politique et de la logique du don sans contrepartie. Mon
prédécesseur Jean-Paul II avait signalé cette problématique quand, dans Centesimus annus, il avait relevé la
nécessité d’un système impliquant trois sujets : le marché, l’État et la société civile »85.

L'encyclique Centesimus annus de 1991 soulignait déjà ce rôle de l'État :

« l'État a le devoir d'assurer la défense et la protection des biens collectifs que sont le milieu naturel et le milieu
humain dont la sauvegarde ne peut être obtenue par les seuls mécanismes du marché »86.

Notes et références

Notes

1. Cette définition rejoint celle de la première édition du dictionnaire de l’Académie française de 1696, qui définit
l'État comme le « gouvernement d’un peuple vivant sous la domination d’un prince ou en république »

2. Il y a institution quand des régularités comportementales deviennent des règles, et qu’elles portent du sens.
L’institution est à la fois univers de pratiques (les règles comportementales) et univers de sens (ces règles
ont une signification propre qui justifient leur existence). Les institutions établissent toujours des relations
entre des personnes : le mariage est une institution, il implique des règles à respecter, ces règles sont
porteuses d’une signification et elles permettent à deux personnes de vivre une vie commune

Références

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50. Wengrow et Graeber 2021, p. 455. « Mais le premier à avoir tenté de forger une définition systématique de
l’État est peut-être le philosophe allemand Rudolf von Jhering. À la fin du XIXe siècle, il proposa de nommer
« État » toute institution prétendant au monopole de l’usage légitime de la force physique sur un périmètre
donné (une formule plus tard associée au sociologue Max Weber). »

51. Max Weber, Économie et société, 1921, p. 97

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Bibliographie

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Autres ouvrages

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Thomas Hobbes, Léviathan, ouvrage édité en 1651; Gallimard, coll. Folio (ISBN 978-2-07-075225-6).

Lénine, L'État et la Révolution, édition originale, 1917; Éditions du Progrès, 1981

Gaston Leval, L’État dans l’Histoire, édition originale non datée; éditions du monde libertaire, 2006

John Locke, Les Deux Traités du gouvernement civil, 1690

Nicolas Machiavel, Le Prince, ouvrage écrit au début du XVIe siècle; Le Livre de poche, 2000
(ISBN 978-2-25-306743-6)

Raymond Carré de Malberg, Contribution à la théorie générale de l'État, 1921; Dalloz, 2007; Ulan Press, 2012

Nicola Matteucci (it), Lo Stato, Il Mulino, Bologna, 2005.

Montesquieu, De l'esprit des lois, édition originale, Genève, 1748; Flammarion, 2013 (ISBN 978-2-08-127984-1)

Thomas More, L’Utopie, édition originale, 1516; Folio, 2012 (ISBN 978-2-07-043975-1)

Platon, La République, ouvrage écrit au ive siècle av. J.-C.; Garnier-Flammarion, 2002 (ISBN 978-2-08-070653-9)

Bakounine, Dieu et l'État, édition originale, 1871; Les Mille et une Nuits, 2000 (ISBN 978-2-84-205074-0)

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Luc Gonin, L'obsolescence de l'État moderne: Analyse diachronique et contextuelle à l'exemple de l'État français,
Schulthess, Collection genevoise, 2011 (ISBN 978-3-7255-6277-0)

Voir aussi

Articles connexes

Anarchisme Censure État civil

Antiétatisme Contrôle social État membre

Art officiel Coup d'État État-providence

Capitalisme d'État État (France) Étatisme


État de droit Gouvernement Pouvoir législatif

L'État en droit international Liste des États du monde Pouvoir judiciaire

État souverain Monopole de la violence Pouvoir exécutif

États impériaux Pays (division territoriale Sociologie historique du politique


française)
Séparation des pouvoirs

Liens externes

Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica ([Link]


state-sovereign-political-entity) [archive] · Dizionario di Storia ([Link]
nario-di-Storia)/) [archive] · Encyclopédie de l'Ukraine moderne ([Link]
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leksikon ([Link] [archive] · Treccani ([Link] [archive] ·
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Notices d'autorité : BnF ([Link]


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Japon ([Link] ·
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· Tchéquie ([Link]

Histoire de l’État ([Link] [archive],

Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 116-117, mars 1997.

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