Préparation des matrices pour l'analyse des métaux
Préparation des matrices pour l'analyse des métaux
Revue générale
La préparation des matrices biologiques pour l’analyse
des métaux
Biological matrices preparation for determination of metals
Laurence Labat
Hôtel Dieu, Service Pharmacie-Pharmacologie-Toxicologie, 1 place du Parvis Notre Dame, 75181 Paris Cedex 04, France
Résumé – Introduction : Depuis les années 1980, l’évolution des technologies dans nos laboratoires avec notamment
l’arrivée de l’ICP-MS a permis une nette avancée dans le domaine de l’analyse des métaux et des métalloïdes. Ainsi,
le dosage de ces éléments est devenu plus courant dans des matrices comme les cheveux ou les ongles à côté de
celles depuis longtemps utilisées comme le sang ou les urines. Cependant à des niveaux de concentrations de plus en
plus bas, l’influence d’éventuelles contaminations peut devenir un obstacle majeur et il conviendra à l’analyste d’être
particulièrement exigeant sur les conditions de prélèvement, sur la conservation et sur le prétraitement des échantillons
avant même d’envisager l’analyse. Les différents types de matrice : Les prélèvements sanguins et urinaires sont
majoritairement utilisés pour le dosage des métaux. Pour le sang, on privilégiera les tubes en plastique ou ceux dits
« spécifiques au dosage des métaux » avec l’utilisation d’un anticoagulant dans la majorité des cas. Dans les urines,
on utilisera classiquement des flacons en polypropylène dans lesquels l’ajout d’acide nitrique permet d’assurer une
conservation suffisante quelques semaines à +4 ◦ C. Les cheveux et les ongles présentent des avantages indiscutables en
termes de recueil et de conservation en plus de leur intérêt rétrospectif. Cependant, ces intérêts potentiels sont encore
gênés de nos jours par les difficultés analytiques que posent ces matrices pour l’analyse des métaux. Après une étape
essentielle de décontamination, une étape de minéralisation en milieu acide sera nécessaire. Les différents modes de
préparation : À côté de la simple dilution facilement utilisée pour les matrices liquides, la minéralisation s’impose
dans la majorité des cas pour les matrices solides. Cette étape de digestion essentielle limite les interférences liées aux
matières organiques. Elle peut être réalisée par voie sèche ou par voie humide. Cette dernière, en utilisant un milieu
acide, permet de limiter les pertes de certains métaux par volatilisation. On retrouve classiquement dans la littérature, la
digestion par des acides seuls ou en mélange (HNO3 , H2 SO4 , HClO4 ) en présence ou non d’un agent oxydant comme
l’eau oxygénée. La minéralisation assistée par micro-ondes est actuellement largement décrite en utilisant des réacteurs
fermés en téflon. Une méthode alternative utilisant une solution alcaline d’hydroxyde de tétramethylammonium est
également décrite. La préparation d’échantillons en SAA : En plus de la simple dilution ou de la minéralisation par
voie humide souvent décrite, on préconise l’utilisation de modificateurs chimiques en SAA-ET permettant de stabiliser
la température dans le four et de diminuer les interférences de la matrice, même en présence d’un effet Zeeman. La
préparation d’échantillons en ICP-MS : Une dilution (1/5e à 1/20e ) est nécessaire permettant de diminuer entre autres
l’apport en sels. Un alcool aliphatique type butanol est ajouté dans cette dilution (1 à 2 %) permettant d’exalter le signal
en augmentant le taux d’ionisation. Un tensioactif (type triton-X100) est ajouté favorisant la nébulisation. En ICP, on
privilégiera l’étalonnage interne. Conclusion : Il est primordial d’être particulièrement vigilant à la préparation des
échantillons pour l’analyse de métaux en tenant compte de la matrice utilisée, de la méthode d’analyse choisie et du
type de métal à doser. L’ICP-MS a certainement révolutionné nos laboratoires dans l’analyse des métaux ; cependant
il reste encore des améliorations à apporter dans la préparation des matrices biologiques pour l’analyse des métaux,
notamment dans les applications sur les matrices alternatives.
Mots clés : Métaux, matrices biologiques, préparation des échantillons, SAA, ICP
Abstract – Introduction: Since the 1980s, technology evolution in our laboratories with the introduction of ICP-MS
has allowed a real advance in metal and metalloid analysis. Therefore, determination of these elements is becoming
more frequent in matrices such as hair or nails, besides blood or urine, which have been used for a long time. However,
with lower concentrations, the influence of contamination can become a major obstacle and it will be advisable for
the analyst to be particularly vigilant with sample conditions, conservation and pre-treatment of the specimens before
analysis. Different types of matrices: Blood and urine samples are generally used for metal analysis. For blood, plastic
Correspondance : Laurence Labat, Tel. (+33) 1 42 34 87 31, Fax : (+33) 1 42 34 88 95, [email protected]
tubes or “specific tubes for metals” are used with an anticoagulant. For urine, polypropylene flasks are used and nitric
acid is added to allow correct conservation for some weeks at +4 ◦ C. Hair and nails present advantages, with easy
collection and conservation, with retrospective characteristics in addition. However, these advantages are still hindered
by the analytical difficulties of these matrices for metal determinations. After decontamination, a mineralisation step
in acidic conditions seems useful. Different preparative methods: Simple dilution is easily used for liquid matrices
and mineralisation is frequently used for solid matrices. This digestion step limits interferences of the matrices and
can be realised in dry mode or damp mode. The latter uses acidic conditions to limit some metal volatilisation. In
the literature, digestion used acids alone or in mixture (HNO3 , H2 SO4 , HClO4 ) with or without an oxidative product
such as H2 O2 . Mineralisation assisted by microwaves is actually largely described with a closed reactor in teflon. An
alternative method with a basic solution of tetra-methyl ammonium hydroxide is described. Sample preparation in
SAA: With simple dilution or mineralisation in damp mode, chemical modifiers are often used in SAA-ET to stabilise
the temperature in the furnace and to minimise interferences of the matrices even with the Zeeman effect. Sample
preparation in ICP-MS: A dilution (1/5 to 1/20) is necessary to minimise salt contribution. An aliphatic alcohol such
as butanol (1 to 2%) to increase the signal and increase ionisation status, a tensioactive agent (triton X-100) to optimise
nebulisation, and an internal standard are usually added. Conclusion: It is particularly important to be vigilant in
sample preparation for metal determinations and to take into consideration the types of matrices, the methods used and
the nature of the metal. ICP-MS is certainly an innovative tool for analysis of metals in the laboratory, but improvements
are still necessary in sample preparation, in particular for alternative matrices.
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Le caoutchouc est à proscrire, car il peut entre autres véhi- coolémie et des tubes en polyéthylène téréphtalate (PET) de
culer du zinc. Les tubes en verre ordinaire sont à proscrire et 4 mL contenant du fluorure de sodium et de l’oxalate de po-
les matières plastiques sont souvent satisfaisantes après avoir tassium [8]. Goullé et coll. en 2007 évaluent les différents
fait l’objet de contrôles pour chaque élément considéré. D’une contenants sur une population de 54 sujets décédés et décrivent
façon générale et dans la mesure du possible, on privilégiera l’augmentation de certains métaux en fonction des contenants.
l’emploi de tubes dits « spécifiques au dosage des éléments Par exemple, les auteurs décrivent une augmentation du ba-
traces ». ryum et du gallium sur des tubes de 7 mL pour éléments traces,
L’inégale répartition des toxiques métalliques entre le tubes en verre spécial contenant de l’héparinate de sodium [8].
plasma et les globules rouges amène à doser les métaux sur En 2009, une étude très intéressante de Goullé et coll. dé-
le sérum, le plasma, sur le sang total ou les globules rouges. Le crit l’influence du matériel de prélèvement sur le dosage mul-
plomb et le cadmium, à un moindre titre le zinc, sont fixés pré- tiélémentaire dans le plasma et dans le sang total [9]. Des
férentiellement sur les érythrocytes, la répartition de l’alumi- tubes en verre pour éléments traces de 7 mL contenant de
nium étant au contraire essentiellement plasmatique. Le nickel l’héparinate de Na (Becton Dickinson Diagnostics) et des nou-
et le cuivre se répartissent quant à eux de façon homogène. veaux tubes en polyéthylène téréphtalate (PET) pour éléments
Dans la majorité des cas, l’emploi d’un anticoagulant s’im- traces de 4 mL contenant de l’EDTA di-K (BD Diagnostics)
pose : citrate de sodium, d’action limitée et présentant l’incon- sont comparés. La conclusion de cette étude montre qu’aucun
vénient d’être complexant ; héparinate de lithium, bien à l’ex- contenant n’est idéal.
ception du suivi de la lithiémie ; l’EDTA sodique ou les autres
héparinates [6, 7].
Pour les urines, on utilise classiquement des flacons en 2.2 Les phanères et autres types de matrices
polystyrène transparent munis d’un bouchon à vis en poly-
propylène. En raison des variations nycthémérales d’un grand Le liquide céphalorachidien représente un milieu liquide
nombre d’éléments traces, il est parfois recommandé de re- aisément accessible en contact étroit avec le tissu nerveux.
cueillir les urines sur 24 heures. Ce recueil et la conservation Les concentrations rencontrées sont souvent 10 à 50 fois plus
posent évidemment des problèmes de pollution. De plus, la faibles que les concentrations plasmatiques. Il reste peu utilisé.
présence de sédiments et de sels rapidement insolubles comme La salive et la sueur représentent des milieux facilement
les phosphates par exemple, imposent d’effectuer ce recueil accessibles, relativement peu étudiés et limités à quelques
dans un récipient contenant un acide de qualité suprapur [6]. études servant à établir des relations entre des déficits en zinc
Cette détermination sur un échantillon de 24 heures étant en et l’agueusie (déficit en goût) ou la dyslexie dans certains pays
pratique difficilement réalisable et peu réalisée, on lui substi- chauds [6]. En général, le protocole de recueil est simple et ra-
tue la détermination dans un recueil urinaire en une fois pré- pide. Le prélèvement de salive est réalisé le matin avant toute
levé le matin de préférence, ou en fin et début de poste en santé alimentation, après rinçage de la bouche avec de l’eau distillée.
au travail dans d’autres cas. Les résultats sont alors exprimés Puis un nouveau volume d’eau est placé pendant 10 min dans
par gramme de créatinine. la bouche fermée et recueilli dans des tubes en polypropylène.
Après centrifugation, les échantillons sont conservés à −20 ◦ C
Il est souvent utile de rappeler qu’une mauvaise conser- avant analyse.
vation peut modifier la composition du milieu et donc l’inter- Par rapport aux autres types de prélèvements biologiques,
prétation d’un résultat. La mauvaise conservation du mercure les cheveux présentent des avantages indiscutables parmi les-
dans les urines est décrite depuis longtemps. Sans précaution quels peuvent être cités les facilités de recueil, de stockage et
particulière, près de 100 % du mercure disparaît après une de conservation. Les concentrations métalliques sont souvent
conservation à +4 ◦ C pendant 21 jours en flacons en polyéthy- importantes, insensibles aux variations fugaces et il est pos-
lène. Le mercure peut être stabilisé dans le prélèvement par sible d’obtenir une information rétrospective sur l’imprégna-
acidification nitrique et addition d’un oxydant (dichromate) tion métallique de l’organisme en raison de la pousse relative-
qui limite la formation de HgO par réduction. De plus les ions ment lente des cheveux [1].
Cr2 O2−7 très adsorbés sur les parois du contenant empêchent la L’intérêt de l’utilisation de cette matrice dans l’analyse des
fixation des ions Hg2+ . Pour la plupart des autres métaux dans métaux a longtemps été très critiqué et notamment dans les an-
les urines, l’acidification nitrique suffit à assurer une bonne nées 1980 [10]. Les publications concluant sur l’inutilité de ce
conservation pendant quelques semaines à +4 ◦ C [7]. type d’analyse tendent à disparaître avec de nouvelles études
À l’heure actuelle, on considère qu’un prélèvement cor- plus spécifiques montrant qu’un traitement adapté et choisi en
rectement réalisé n’est pas contaminant pour l’analyse et que fonction de l’élément à analyser est à l’origine de résultats tout
les contrôles de qualités sont assez bien développés pour la à fait acceptables en termes de validation [1, 4]. Il est certain
majorité des métaux dans le sang et les urines. On ne peut que l’arrivée sur le marché des méthodes d’analyses multiélé-
pas en dire autant pour les autres types de matrices, l’effort mentaires en ICP-MS et des méthodes de spéciation par ICP-
de standardisation étant moins réel avec pratiquement très peu MS/HPLC ont facilité cet essor. Cependant, les intérêts poten-
de contrôles certifiés sur le marché. tiels d’une telle analyse sont encore actuellement gênés par les
En médico-légal, pour le sang de cadavre, en raison des difficultés analytiques posées par cet examen, liées en parti-
difficultés à obtenir des prélèvements destinés aux examens culier aux problèmes de préparation d’échantillons rencontrés
des métaux, deux types de contenant sont fréquemment uti- pour certains métaux.
lisés : des flacons ronds en verre ordinaire de 15 mL conte- L’étape de décontamination s’avère primordiale quand on
nant du fluorure de sodium, classiquement utilisés pour l’al- a notion des nombreux problèmes de contamination liés à
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Tableau I. Procédures de lavage des cheveux pour l’analyse des métaux lourds pendant le lavage à l’acétone. Après cette
des métaux et métalloïdes d’après la littérature. étape, les cheveux sont habituellement minéralisés avec de
Référence Protocole
l’acide nitrique à 70 ◦ C et une dilution en finale est réalisée [4].
IAEA [12] - Acétone : 3 fois 10 min à température ambiante La décomposition de la matière organique est particulièrement
- Eau permutée : 3 fois 10 min importante pour les dosages des métaux et métalloïdes dans
- Acétone : 3 fois 10 min à température ambiante les cheveux et un mélange acide nitrique et eau oxygénée ou
acide nitrique seul en vase clos est alors suffisant. Une diges-
[13] - Éthyl ether/acétone (3 : 1, v/v) tion acide en milieu ouvert n’est pas recommandée pour une
- Séchage à 85 ◦ C à l’étuve pendant 1 h
analyse en ICP-MS en raison des contaminations par les parti-
- EDTA 5 % pendant 1 h
cules de l’air ambiant et de la perte des éléments volatils. Dans
- Rinçage à l’eau
- Séchage à 85 ◦ C à l’étuve pendant 16 h
certains cas, le traitement utilise un système comme celui de la
méthode micro-ondes avec digestion en milieu acide nitrique
[4, 5] - Acétone : 5 min (voir paragraphe micro-ondes).
- Eau au bain marie à 38 ◦ C : 5 min
Les ongles constituent également une matrice intéressante
- Acétone : 5 min
pour le suivi des métaux et métalloïdes. Étant moins sou-
mis à la contamination extérieure, ils ont été utilisés dans le
une pollution importante de double origine, contamination par cadre d’expositions professionnelles. L’étape de préparation
l’air ambiant et contamination par les produits cosmétiques. Il de l’échantillon est également importante. Les échantillons
n’existe pas encore de technique de lavage consensuelle pour dans ce cas sont minéralisés en milieu acide avant l’analyse,
garantir l’élimination totale de cette contamination ni garan- en milieu ouvert ou en milieu fermé par la méthode assistée
tir l’intégrité du stock métallique endogène. Il en résulte que, par micro-ondes.
selon les métaux analysés, les coefficients de variation entre Goullé et coll. [5] décrivent une décontamination par de
les différentes techniques de lavages peuvent encore être enre- l’acétone et de l’eau tiède puis une minéralisation d’un échan-
gistrés avec des valeurs supérieures à 20 % pour certains élé- tillon de 20 mg (minimum 10 mg) par de l’acide nitrique su-
ments. D’autre part, il n’existe que peu de contrôles de qualité. prapur pendant une heure à 70 ◦ C dans un tube bouché. Après
refroidissement, la solution acide est diluée en présence de tri-
À l’heure actuelle, l’intérêt de cette analyse se retrouve
ton et de butanol pour une multi-analyse de 32 éléments en
plus en médecine légale, toxicologie aigüe ou dans le cadre
ICP-MS [5].
de recherches toxicologiques en santé environnementale (ar-
senic dans des situations de contamination hydrique, consom- Cependant, d’autres auteurs décrivent une méthode al-
mation alimentaire de méthylmercure. . . ) que dans des études ternative utilisant une solution alcaline d’hydroxyde de
de carences nutritionnelles à l’échelon individuel [1, 3, 11]. tétraméthyl ammonium (tetramethylammonium hydroxide,
Goullé et coll. en 2005 quantifient 32 éléments simultanément TMAH) [14]. Les ongles sont constitués par de la kératine et
dans les cheveux [4]. Après décontamination par de l’acétone des molécules de cystéine reliées entre elles par des ponts di-
et de l’eau tiède, ils minéralisent 25 mg de cheveux (possi- sulfures responsables de la solidité de la structure. Ils sont ré-
bilité d’analyse au minimum de 10 mg) par 250 µL d’acide sistants à l’action des acides mais les ponts disulfures peuvent
nitrique suprapur à 70 ◦ C pendant une heure. La solution est être cassés par des solutions alcalines fragilisant les ongles.
ensuite refroidie une heure à −20 ◦ C. L’analyse étant réalisée Ainsi, le TMAH peut être utilisé dans le prétraitement comme
en ICP-MS, une dilution classique est ensuite décrite avec une méthode alternative à la méthode micro-ondes. Batista et coll.
solution constituée de butanol, d’acide nitrique et de triton en utilisent cette méthode pour analyser six métaux (Cd, Cu, Mn,
présence de deux étalons internes (indium et rhodium) [4] (voir Ni, Pb et Zn) dans les ongles en IC-PMS [14].
paragraphe ICP-MS). Plusieurs études rappellent également que l’analyse des
De nombreuses procédures de lavage ont été proposées ongles de pieds doit être privilégiée car ils sont moins sen-
dans la littérature (voir tableau I). Elles comprennent l’utilisa- sibles à la contamination que les ongles de mains [15, 16].
tion d’eau désionisée, de solvants (acétone et tétrachlorure de Morton met en évidence des concentrations moyennes de
carbone), détergent non ioniques, détergents ioniques comme mercure plus élevées dans les ongles des mains des dentistes
le sodium laurysulfate, des agents chélateurs comme l’EDTA. (1,42 µg/g) que dans celles des témoins (0,24 µg/g) et dans les
Ces méthodes utilisent des phases de rinçage avec de l’eau dés- ongles des pieds de ces mêmes dentistes (0,43 µg/g) que dans
ionisée, des solutions chaudes, des acides dilués et de l’eau ceux des témoins (0,18 µg/g).
distillée froide ainsi que des bains aux ultrasons et des mé- Cette matrice représente aujourd’hui une matrice intéres-
langes de ces différents produits [2]. Il semble que l’utilisa- sante mais il manque cependant encore de matériaux certifiés
tion des agents détergents pendant l’étape de lavage réduise et de contrôles de qualité [5].
les concentrations des éléments d’une façon plus importante Les os peuvent être analysés dans certaines situations parti-
que pour les solvants organiques. Cependant, pour les mé- culières comme par exemple dans le domaine de l’archéologie
taux lourds, les étapes de lavage n’ont pas d’influence ma- pour le dosage du strontium visant à étudier le comportement
jeure en raison de leurs liaisons fortes avec les groupes di- alimentaire. Moins fréquemment, les dents on également servi
sulfides dans les protéines de la kératine [1]. Ainsi, l’IAEA de matrice à l’analyse du strontium [7]. Les os doivent être
(International Atomic Energy Agency) recommande une pro- dégraissés à l’aide d’un mélange alcool-éther puis séchés ou
cédure de lavage utilisant acétone-eau-eau-acétone (tableau I). lyophilisés, ensuite minéralisés par voie humide en présence
L’utilisation de cette procédure montre qu’il n’y a pas de perte d’acide nitrique additionné ou non de peroxyde d’hydrogène.
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Les dents sont nettoyées à l’eau désionisée au bain à ul- 3.2 La chélation-extraction
trasons préalablement à la préparation de l’échantillon pour
analyse [7]. Une étape d’extraction est nécessaire dans certains cas,
comme par exemple pour le dosage en SAA-ET de l’arse-
nic total « non alimentaire » ou d’intérêt toxicologique dans
les urines. L’extraction dans ce cas permet d’isoler les formes
3 Les différents modes de préparations organiques et inorganiques d’intérêt toxicologique. C’est une
d’échantillons méthode simple et rapide qui consiste en milieu acide en pré-
sence d’iodure de potassium à réduire les espèces arséniées
sous formes correspondantes de complexes d’iodures d’ar-
3.1 La dilution sines. Ces dernières sont extraites par le toluène puis reprises
en milieux aqueux avant d’être dosées en SAA-ET [18]. Seul
l’arsenic minéral et ses métabolites méthylés sont extraits, et
Une simple dilution peut se montrer suffisante pour l’ana- l’arsenic alimentaire principalement sous les formes d’arséno-
lyse des métaux dans les matrices biologiques liquides. Pour le bétaine ou d’arsénocholine est éliminé.
plasma et le sérum, une dilution au 1/5e ou au 1/10e en milieu
neutre ou acide (acide nitrique ou sulfurique dilué) est néces-
saire pour diminuer la viscosité. La présence de triton assure 3.3 La minéralisation
en général une meilleure homogénéité de la solution.
Pour le dosage du fer dans les urines, l’échantillon peut La plupart des méthodes permettant l’analyse des éléments
être introduit directement dans le four graphite en SAA-ET et traces dans des matrices biologiques utilisent la SAA ou l’ICP
une simple dilution du sérum suffit à une analyse en SAA-ET qui nécessitent des étapes de digestion/dissolution. En effet,
ou en SAA flamme. Il sera préférable cependant de dépro- les étapes de décomposition de l’échantillon et de transforma-
téiniser l’échantillon par de l’HCl à 90 ◦ C ou d’utiliser de tion en une phase liquide homogène avant l’analyse sont né-
l’acide trichloroacétique [7]. Cette méthode, recommandée par cessaires [19]. Ainsi, la préparation d’échantillon reste l’étape
la SFBC comme méthode de référence, présente multiples in- essentielle de ces méthodes et l’efficacité de la méthode de di-
térêts permettant la rupture des liaisons protéiques, la précipi- gestion est particulièrement importante pour obtenir des résul-
tation des protéines, la réduction de FeIII en FeII et l’élimina- tats précis et reproductibles.
tion du cuivre. En revanche, elle est délicate et difficilement La minéralisation paraît s’imposer dans de nombreux cas,
automatisable et reste donc peu utilisée par les biologistes. surtout pour des échantillons solides. Elle permet de limiter ou
Une simple dilution en présence d’un modificateur chi- de faire disparaître les interférences liées aux matières orga-
mique est également possible pour l’analyse de nombreux niques et de réaliser en outre une concentration qui améliore la
métaux en SAA. Le dosage du vanadium par exemple, dans sensibilité des mesures. Il paraît en effet évident qu’une prise
le sang ou dans le plasma, en présence d’un modificateur d’essai liquide ou solide, riche en matière organique, pourra
chimique sans minéralisation préalable par voie directe en être ainsi fortement concentrée lors de la reprise par un vo-
SAA-ET, est facilement envisageable [7]. Cependant, cette lume réduit d’un solvant convenable.
méthode n’est applicable que dans le cadre d’expositions en Elle peut être réalisée par voie sèche ou par voie humide
santé au travail, et pour des concentrations plus faibles une mais cette dernière s’impose permettant par l’utilisation de mi-
préconcentration avec minéralisation ou extraction reste néces- lieux acides, la limitation des pertes par volatilisation comme
saire. dans le cas du dosage de l’arsenic ou du sélénium. La miné-
En revanche, pour le dosage d’autres métaux comme le ralisation par voie humide est le processus le plus utilisé ac-
cadmium dans le sang par exemple, une méthode directe sans tuellement, qui se prête bien à l’analyse en série. Il est ainsi
déprotéinisation ou sans extraction sera déconseillée même en aisé d’opérer à température contrôlée, simultanément sur de
présence d’un effet Zeeman en SAA-ET. nombreux échantillons placés dans un thermostat.
Citons en dernier exemple le dosage des différentes formes La minéralisation peut entraîner des pertes par volatili-
de l’arsenic dans les urines réalisé en chromatographie liquide sation, absorption, adsorption, ou transformation. Cependant,
haute performance couplée à l’ICP-MS [17]. Cette technique c’est fréquemment la contamination (réactifs, matériels utili-
de spéciation qui permet de séparer les formes organiques sés, air ambiant. . . ) qui risque de gêner la détermination et
et inorganiques toxiques des formes organiques non toxiques oblige l’analyste à évaluer cette contamination par un blanc
d’origine alimentaire est réalisée après injection directe d’un représentatif.
volume d’urine de 5 ou 10 µL ou après une simple dilution Les méthodes de mise en solution sont nombreuses et clas-
dans la phase mobile. siquement, on décrit deux types de méthodes de digestion fon-
dées sur le principe de la fusion (voie sèche) ou de la digestion
Ces exemples montrent que ce mode de préparation, bien par les acides (voie humide).
que très pratique, ne peut pas s’appliquer dans toutes les situa-
tions et qu’une procédure de minéralisation lors du traitement – Digestion par voie sèche : elle reste peu utilisée. Par cette
de l’échantillon sera indiquée lorsqu’on cherche à optimiser la voie, les échantillons solides sont mélangés à différents
sensibilité de la méthode de dosage. Actuellement, les procé- types de réactifs et chauffés à hautes températures (supé-
dures de minéralisation décrites ci-dessous restent celles utili- rieures à 600 ◦ C). L’acide nitrique ou un autre acide est
sées plus fréquemment (Section 3.3. La minéralisation) ensuite ajouté pour permettre l’analyse de l’échantillon.
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Cette méthode présente les inconvénients de conserver une étude, les échantillons pesés précisément (fémur, vertèbres, tis-
quantité de particules non dissoutes qui augmente le bruit sus. . . ) sont placés dans une solution d’acide (acide nitrique à
de fond, et d’entraîner la perte des métaux volatils. 65 %) dans des réacteurs en téflon de 100 mL dans un système
– Digestion par voie humide par solubilisation par l’acide micro-ondes type CEM MDS 2000. Après solubilisation com-
sulfurique (H2 SO4 ) ou par les mélanges d’acides nitro- plète, de l’eau ultrapure (résistivité supérieure à 18 MV) est
perchloriques (HNO3 , HClO4 ) en présence d’agents ajoutée pour obtenir des concentrations finales de l’ordre de
oxydants comme l’eau oxygénée. 1 à 5 g/L. Dans cette étude exceptionnelle, l’analyse des mé-
taux participe à l’analyse multidisciplinaire permettant de dire
La minéralisation par voie humide impose l’utilisation de ré- que le contenu des bouteilles de Chinon présentés comme les
actifs de qualité ultrapure (acides minéraux concentrés) afin reliques de Jeanne d’Arc ne sont pas authentiques.
d’observer des valeurs de blancs aussi faibles que possible. Récemment, Batista et coll. décrivent une solution alterna-
Ces deux méthodes, la seconde étant prédominante, pré- tive à la technique de minéralisation assistée par micro-ondes
sentent les inconvénients d’être consommatrices de temps. par l’utilisation d’une solution alcaline [19]. Le tétraméthy-
Ainsi, une nouvelle alternative est actuellement largement uti- lammonium hydroxyde (TMAH) est utilisé pour favoriser les
lisée : coupures hydrolytiques, la méthylation des esters, amides et
– Calcination (minéralisation assistée par micro-ondes) : éthers et les coupures des ponts disulfures présents dans les
dès l’arrivée de cette méthode, de nombreuses applications protéines. Batista et coll. mettent en avant cette technique pour
ont été décrites dans la littérature à partir du début des sa simplicité [19]. Les échantillons biologiques tissulaires (75
années 1970 [20]. Les méthodes de digestion par micro- mg) sont solubilisés en milieu alcalin (1 mL de TMAH, 50 %
ondes sont classées selon leur mode opérationnel. On dé- v/v) à température ambiante pendant 12 h. Une dilution est
crit le mode « en réacteur ouvert » favorable à la contami- ensuite réalisée (acide nitrique, triton X-100) et conservée à
nation extérieure et à la perte de métaux volatils ou le mode −20 ◦ C pendant 72 heures avant l’analyse. Une technique très
« en réacteur fermé » sous pression plus rapide et plus effi- longue, qui permet d’obtenir de meilleurs résultats en terme
cace. de sensibilité avec une amélioration de la limite de détection
en comparaison à celles obtenues en technique de minéralisa-
La méthode de minéralisation assistée par micro-ondes peut tion assistée par micro-ondes pour certains éléments comme
être optimisée en faisant varier quelques paramètres comme le l’arsenic.
volume, la nature ou la concentration des acides et de l’agent
oxydant ou en faisant varier les paramètres physiques des
micro-ondes comme la pression, la température ou le temps
de chauffage [21]. Cependant, cette méthode n’est pas appli- 4 La préparation d’échantillons en SAA
cable à de grands nombres d’échantillons car un nombre peu
important de réacteurs est placé dans chaque cycle. D’autre L’utilisation de la SAA permet l’analyse des métaux dans
part, il est important d’alterner ces cycles avec des cycles de de nombreux types de matrices de nature liquide ou solide
nettoyage indispensables pour éviter la contamination par effet (sang, urine, cheveux, salive. . . ). Les différents exemples pré-
mémoire. On privilégiera pour cette méthode de minéralisation cédemment décrits montrent que sans extraction de la matrice
les réacteurs en téflon. biologique et très souvent par simple dilution, on peut mini-
On prendra comme exemple celui de l’analyse des che- miser les effets de la matrice dus aux protéines, sels et autres
veux. Après des étapes de lavage primordiales, une minérali- constituants dans la majorité des cas. Pour les matrices solides,
sation assistée par méthode micro-ondes est fréquemment dé- une étape de minéralisation est cependant nécessaire.
crite dans la littérature [4]. Dans l’étude de Goullé et coll., les L’utilisation de modificateurs chimiques reste très clas-
cheveux sont introduits dans des réacteurs de minéralisation sique dans l’analyse en SAA-ET. Ils permettent de minimiser
en téflon (volume <10 mL) puis de l’acide nitrique suprapur l’influence des interférences dues à la matrice. Et dans certains
(400 µL) et de l’eau oxygénée stabilisée suprapur (200 µL, cas, une dilution appropriée en présence de modificateurs per-
10 volumes à 3 %) sont ajoutés [4]. La qualité des solvants est met d’éviter la méthode des ajouts. L’utilisation de modifica-
essentielle dans cette étape de minéralisation et les réacteurs teurs est recommandée pour favoriser une stabilisation de la
de minéralisation doivent avoir été préalablement décontami- température dans le four. Ils permettent d’augmenter la tempé-
nés. En vase clos, les réacteurs sont placés dans l’étuve à une rature de pyrolyse et ainsi de réduire les effets de matrice. En
température pouvant varier entre 80 ◦ C et 110 ◦ C pendant une plus, cette procédure stabilise l’analyse dans la plateforme du
à deux heures. Les tubes sont ensuite laissés à refroidir pen- four et améliore la séparation des signaux de l’analyte et du
dant au moins deux heures à température ambiante ou placés bruit de fond.
à −20 ◦ C. Les réacteurs sont ouverts sous hotte pour transfé- Le dihydrogène phosphate est utilisé comme modificateur
rer le minéralisat dans des tubes en polypropylène (10 mL) chimique pour le plomb et le nickel car introduit dans la so-
décontaminés. L’échantillon est ensuite dilué dans de l’eau lution, il permet d’éviter les pertes des analytes avant l’ato-
permutée [4]. misation. Un mélange de palladium et de magnésium sous
Enfin, il était difficile de parler de la technique micro- forme de nitrates est recommandé de façon universelle comme
ondes couplée à l’analyse en ICP-MS pour l’analyse des mé- modificateur pour le dosage du chrome et du cadmium [23]
taux dans les matrices biologiques sans citer les derniers tra- (tableau II).
vaux de P. Charlier et J. Poupon publiés en 2010 sur l’analyse D’autre part, pour certains éléments la détermination par
médico-légale des reliques de Jeanne d’Arc [22]. Dans cette SAA-ET est source de difficultés non négligeables et les
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Tableau II. Exemple de modificateurs chimiques de matrices Tableau III. Exemples de préparations d’échantillons
utilisés en SAA-ET. pour une analyse en ICP-MS [17].
Élément Modificateurs chimiques Élément Matrice Description préparation
Cadmium Dihydrogénophosphate d’ammonium ou nitrate échantillon
d’ammonium Plomb Sang 500 µL sang (anticoagulant)
Vanadium Citrate de sodium ou phosphate d’ammonium 0,05 µg strontium (E.I)
Argent Phosphate d’ammonium Dilution 1/10e dans diluant
Bore Sels de calcium en présence d’acide ascorbique (0,1 % triton, 0,2 % butanol-1,
Chrome Nitrates de palladium et magnésium ou 1 % HNO3 )
ruthenium [23] Mercure Urine 500 µL urine
Cuivre Nitrates de palladium et magnésium ou Dilution 1/10e dans un diluant
ruthenium [23] (1 % HNO3 )
Arsenic Nitrate de nickel Chrome Sang 500 µL sang (anticoagulant)
Antimoine Nitrate de nickel Dilution 1/20e dans diluant
Aluminium Nitrate de magnésium (0,05 % triton, 2 % butanol-1,
Béryllium Nitrate de magnésium 0,05 % EDTA, 1 % NH3 )
Arsenic Urine Pas de préparation d’échantillon
(spéciation Injection directe de 5 µL
faibles teneurs urinaires, la matrice très chargée en sels mi- en HPLC-ICPMS)
néraux, nécessitent souvent le recours à un appareillage muni
d’une correction de fond par effet Zeeman. À côté de ces modi-
ficateurs chimiques, l’utilisation d’une correction par cet effet
aliphatique de 1 à 4 carbones peut exalter le signal des élé-
est recommandée pour atténuer les absorbances dus à la ma-
ments par augmentation du taux d’ionisation et accroissement
trice et en général les meilleurs résultats pour la plupart des
de l’efficacité de la nébulisation.
éléments dans les différentes matrices biologiques sont obte-
nus par des méthodes utilisant de façon concomitante les mo- De façon générale, la résolution des interférences non
dificateurs chimiques et l’effet Zeeman en SAA-ET [24]. spectroscopiques peut être envisagée par l’utilisation d’un éta-
lon interne de masse et de potentiel d’ionisation similaires à
Pour certains éléments comme le mercure, le sélénium
ceux de l’analyte à doser.
ou l’arsenic, on peut utiliser la SAA à génération d’hydrures
(SAA-GH). Par exemple, pour l’analyse de l’arsenic dans le La préparation proprement dite des échantillons biolo-
sang ou les urines, on minéralise l’échantillon avec un mé- giques pour une analyse en ICP-MS nécessite une dilution
lange contenant de l’acide nitrique, de l’acide sulfurique et de de façon à respecter les conditions de salinité et les niveaux
l’acide perchlorique, tous de qualité suprapur. Après la minéra- de concentrations en analytes compatibles avec la technique.
lisation et l’évaporation totale qui permet d’éliminer les acides, À partir d’un volume d’échantillon de quelques centaines de
on ajoute en milieu acide (HCl) de l’iodure de potassium et de microlitres, le facteur de dilution classiquement appliqué en
l’acide ascorbique pour transformer AsV en AsIII . Cette solu- ICP-MS varie de 1/5e à 1/10e pour des matrices peu chargées
tion sera ensuite injectée dans un gaz porteur (ex : HCl à 10 %) comme les urines ou le plasma et jusqu’à 1/20e pour le sang
en présence de borohydrure de Na (NaBH4 ) entrant la forma- total.
tion d’hydrures d’arsenic [7]. On peut envisager différents types de préparation d’échan-
tillons :
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mélange assistée ou non par la méthode micro-ondes, avant 11. Zolfaghari G, Esmaili-Sari A, Ghasempouri SM, Faghihzadeh
d’envisager une dilution précédemment décrite. S. Evaluation of environmental and occupational exposure to
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Il est primordial d’être particulièrement vigilant à la pré- 13. Senofonte, Violante N, Caroli S. Assessment of reference values
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compte de la matrice utilisée, de la méthode d’analyse choisie Med Biol. 2000; 14: 6-13.
et du type de métal à doser. Les différents exemples de la litté- 14. Batista B, Rodrigues J, Nunes J, Tormen L, Curtius A, Barbosa F.
rature précédemment cités montrent qu’il faut parfois dévelop- Simultaneous determination of Cd, Cu, Mn, Ni, Pb and Zn in
per dans des conditions particulières une méthode spécifique nail samples by inductively coupled plasma mass spectrometry
à un élément, pour un dosage dans une matrice particulière. (ICP-MS) after tetramethylammonium hydroxide solubiliza-
L’ICP-MS a certainement révolutionné nos laboratoires dans tion at room temperature: comparison with ETAAS. Talanta
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l’analyse des métaux ; cependant il reste encore des améliora-
15. Barbosa F, Tanus-Santos J, Gerlach R, Parsons P. A critical re-
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notamment dans les applications sur les matrices alternatives. lead: advantages, limitations, and future needs. Environ Health
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Conflit d’intérêt. Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflit 16. Morton J, Mason H, Ritchie K, White M. Comparison of hair,
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