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Dissertation Conscience Et Liberté

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Plan

Le plan est donné ici pour vous aider, mais it ne doit en aucun cas figurer sur votre copie.

l. La conscience est source de liberté dans la mesure où elle est source de connaissance.
La conscience permel à I'homme de s'affranchir des contraintes naturelles et sociales.

ll. Analyse de la conscience morale.


La conscience morale, juge intérieur, nous empêche-t-elle d,être libres ?

de même

n,y- a rien qui ne soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées », selon Descartes.
::!t ffi
ffi Cette idée nous mène à penser que 1e
cogito serait la source de la seule liberté qui nous est accessible. Cependant, dès lors que l,onpose
I'hypothèse de l'existence d'un inconscient, il n'est plus possible d'identifier pensée et conscienc;, ni
d'énoncer que tout phénomène mental est maîtrisé. Si liberté signifie maîtrise, et si i'on ne maîtrise
que ce dont on est conscient, alors on est en droit de s'interroger sur le rapport qu'entretiennent
les
deux caractéristiques fondamentales de l'être humain que sont, selon la philosophie classique, la
conscience et la liberté. Dans quelle mesure peut-on dire que la conscience est source de liberté
? La
liberté découle-t-elle de la conscience que nous ns des choses, d'autrui, et de nous-mêmes, et ne
découle-t-elle que de cela ?
Car, affirmer que la
conscience est condition de possibilité de la liberté, qu'il ne peut y avoir de liberté inconsciente, ce
n'est pas encore certifier que la liberté danp son effectivité ne requiert que la conscience.
Par la conscience qu'il prend des choses et de lulmême, I'homme a l'impression de s'affranchir
de ces choses en les comprenant et, par suite, de les surpasser, donc d'être libre. Mais,
paradoxalement, la conscience qu'il prend des choses fait de lui un être enfermé dans le
monde car
possédant certaines responsabilités auxqueiles il n'est pas permis de déroger s'il ne veut pas
être
considéré comme un inconscient. La conscience est donc paradoxale et son exilmen peut rendre
caduque ou légitime notre aspiration à la liberté...

Partons d'un constat : l'homme, contrairement à l'animal, n'agit pas instinctivement. La conscience,
en tant qu'intuition plus ou moins claire que l'esprit a de lui-même, du monde qui l'entoure, et de
ses
propres opérations, ilstaure une distance entre l'homme et le monde, et entre ihomme et lui-même.
Elle permet à l'homme d'avoir, selon la terminologie hégélienne, outre une existence << en soi >>, une
existence << pour soi >> : elle le libère de son existence naturelle, existence animale régie par les
instincts dans laquelle toute âction obéit à un mode d'adaptation inné et génétiquement prédéterminé,
en lui permettant de se distancier du monde, de s'en distinguer, et ainsi de l'interroger, de faire du
monde quelque chose de mystérieux et d'étonnant pour lui. L'homme, en tant qu'être conscient, va
donc chercher à comprendre le monde. c'est en ce sens que l'on peut
affirmer que la conscience,
parce qu'elle est source d'étonnement et d'interrogation, est
source de connaissance. gn effet, toute
connaissance, toute saisie du réel, nécessite un questionnement préalable
et une attention soutenue à
un objet.
dans la mesure où elle permer la rec
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C,estparlaconnaissancescientifiquedesélém;Ë;;;;;;*t',parla-saisiedeleurffi
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une i:l:T::lï::_p:*: :,:, des loistanrsoir
indépendance rêvée à l'égard
peu. Ainsi Engets écrir : << La tibeaé n,esr pas dans
de la nature, mais
la possibilité donnée par là même de les mettre en
dans la connaissanc" o";;;;;;ffi ffi.
æuvre méthodiquement pour desf,ns déterminées. >>
Le déterminisme, bien loin d'empêcher la liberté,
est ce qui la rend possible. La liberté conçue
comme absence totale de contrainte extérieure ne
serait qu'u.ne utopie qui
d'envisager ce qu'est un homme libre. << La liberté 1e permettrait pas
de la volonté ne signifie a"r.
faculté de décider en connaissance de cause >>, dit ,"i "i"" chose que la
encore Engels (AntïDühring, chapitre x). L,homme
libre est alors celui qui connaît, et celui qui connaît
n" p"rlêtr" autre que celui qui a conscience. La
technique, comme mise en æuvre d'un procédé peràettant
d'atteindre une iio rorooruirement
détenninée, e§t maîtrise du monde naturel. Elle permei
donc à l'homme de s,affranchir des obstacles que
la nature pourrait dresser devant lui. Il apparaît
dès lors que, si maîtriser c,est être libre, alors la
conscience, coülme première impulsion de cette
tentative de maîtrise, est source de liberté.
La conscience est donc, dans la mesure où elle est source dé connaissance,
ce qui permet à
l'homme de se libérer du monde sensible. Amenant
le doute et l'interrogation, elle délivre des
apparences et illusions aliénantes'
Mais la conscience ne se borne pas à son asfect psychologique. Elle
se manifeste également sous la forme d'un juge
tout puissant et implacabt", ;og" qu" l,on nomme la
conscience morale' Celle-ci, bien loin de libérer
l'homme, semble bien plutôtâùg"i ,". actions et ses
pensées.

ne serair-elle pas plutôt un obsracle à ta liberté


Hïq#"::;g;:;"*9*f**,1.3.:*-{j:-1:*.:**:"el!-g*ry, ?

La conscience morale nous dicte nos actions, nous


/u svlrvuù,.tlvuù
apprend à distinguer ce qui est bon de ce qui
o" fot pas, et nous appe[e à agir conformément au bien.

vurv
Jqùgu c uç
que le temps de punition soit écoulé (plus
ou moins long suivant la gravité de la faute),
ou bien jusqu,à
ce que nous réparions no§ fautes. La conscience
morale vient donc troubler l'insouciance d,une liberté
considérée coürme absence de contraintes.
cependant, cette dictature en est-elle vraiment une
? Notre conscience morale fait partie de nous-
mêmes et, lorsqu'elle nous juge, c'est nous-mêmes
qui nous jugeons. Lorsque nous avons mauvaise
conscience, c'est que nous n'avons pas été
fidèles à noor-*à*"s, aux règles de vie que nous nous
sornmes données' Nous ne l'avons pas été faute
d'un examen de conscience approfondi. c,est donc le
qui est coupable,_qui cause ce senriment de non
TiTï"ï::::::î:al liberré par rapporr à soi-

rapport à soi-même suppose que l'on sache


se maîtriser et obéir aùx ipes que l'on s'est donnés. La
liberté ne réside ainsi pas dans la simple fantaisie.

De plus, si nous voulons garantir oo* UOà.r+*


consci"o". ,rorae. En effer, la liberté suppo§e te ".,.,
ffr:: ::r:"^:."tï.:î":t.j:
d'autrui: jl:henous
si nous avons des droits, avons aussi des arr"irr.'eî;Ë;J,"#ilï::ï::;
respecr

respecter la liberté d'autrui, de telle manière


qu'une coexistence pacifique n,est envisageable que
chacun se contraint ou, plutôt, s'oblige lui-même. si
L'obéissance à soi-même, l,autonomie, est une
condition nécessaire pour garantir notre liberté envers nous-mêmes aussi bien qu,envers autrui.
Retenons donc ce mot resté célèbre de Rousseau : « la liberté des uns corrmence où s'arrête
celle des
aufes >> (Du Contrat social).

Notre conscience, dans son usage cognitifl aussi bien que dans son usage moral, serait donc source
de liberté. Cependant la conscience est bien loin de pouvoii être identifiée à la pensée (ce que
suppose
en partie l'analyse faite de la conscience psychologique) : si, par pensée, nous entendons tout
ce qui se
passe en notre esprit, l'ensemble des phénomènes mentaux, alors l'hypothèse de l'inconscient
remet
en cause la maîtrise que nous pensons avoir de nous-mêmes, aussi bien de notre pouvoir de
connaissance que de notre capacité à juger objectivement les choses d'un point de vue moral.

Les jugements moraux peuvent être considérés comme le fruit d'une intériorisation inconsciente
des règles et des valeurs sociales du groupe dans lequel nous vivons. Nous ne maîtrisons pas
cette
assimilation' elle se fait sans que nous en ayons conscience, sans notre consentement, donc malgré
nous. Nous ne §ofirmes ici pas libres : c'est notre entourage, la société qui nous détermine, et
l,on est
ici bien loin de l'autonoririe. C'est ainsi que Freud précise que le << sunnoi >> se constitue
principalement des règles et interdits moraux, sociaux et parentaux inconsciemment assimilés
durant
l'enfance. Dès lors, la conscience morale pourrait bien n'être qu'illusion de conscience et ressortir
davantage du domaine de f inconscient que, par définition, nous ne pouvons maîtriser. C'est en ce
sens
que nous pouvons dire, toujours avec Freud, que << l'homme n'est pas maître en sa propre maison >>
:
ses pensées seraient déterminées par une source inconsciente et seraient, en ce sens, incontrôlables.
Cependant, ne nous sufüt-il pas de << prendre conscience >> de ce phénomène pour pouyoir dès
maintenant exercer une vigilance vis-à-vis de nos jugements moraux afin de nous libérer de
f influence que peut avoir la société sur nos évaluations morales ? Redoubler d'attention, c,est
redoubler sa conscience. La conscience véritable, cofilme attention précise et rigoureuse à un objet
et à elle-même, aux influences qu'elle peut subir, la conscience comme réflexion avant d,agir, est
source de libération. Cela implique qu'elle soit conscience philosophique, toujours curieuse de
I'ordinaire, conscience « éclairée >> (sous-entendu éclairée par la raison). La conscience est donc la
condition de possibilité de la liberté, mais elle ne peut libérer l'homme des contraintes qui pèsent sur
lui qu'à l'aide de la raison.

Pour ce qui est de I'inconscient, le fait d'avoir conscience de son existence permet déjà de s'en
affranchir. Dans certains cas, la cure psychanalytique peut, en faisant remonter à la conscience certains
points auparavant inconscients et influençant notre attitude, nous affranchir de son joug.
Cependant, la conscience aiguë n'impose-t-elle pas à l'homme un retour à ta réalité qui le
contraint à accepter les responsabilités qui sont les siennes ? Car si la conscience peut être rêveuse, si
elle permet à l'homme d'avoir une existence en soi, d'échapper à Ia réalité, en tant que conscience
imaginative, elle est, une fois accompagnée de raison, une fois redoublée d'attention, ce qui pousse
l'homme à faire face aux difficultés quotidiennes. Or, être responsable, c'est justement pouvoir
répondre de soi, c'est donc être autonome et, en ce sens, être vraiment libre, ce qui ne peut se
concevoir sans conscience.

La conscience, loin de faire obstacle à la liberté humaine, génère donc cette dernière. Reste qu'elle
ne peut, à elle seule, faire de l'homme un être tiUre. ëiiâ§jâ:âA.i*i*iàri1rAà

t^
' Ç:ognttil: qui conceme la connaissance. La conscience dans son usage cognitif est la conscience en tant qu'elle
prend acte du monde et d'elle-même, en tant qu'elle connaît.
ffi E11e requiert pour cela l'activité de la raison et de f intelligence, facultés de bien juger et de
C'est au travers de la connaissance et de la responsabilité que I'homme s'affranchit du
"â-pr""ar".
*orrd" (par la technique), d'autrui (par le respect réciproque, et 1à, on ne peut s'affranchir
individuellement) et de lui-même (par la connaissance des influences qui pèsent sur lui). Cependant,
cette liberté ne peut être considérée comme une liberté absolue : bien qu'il soit conscience, l'homme
est aussi un être dans le monde, et obéit aux lois de la natue. Il ne peut faiie ce qu'il veut, mais il peut
s'affranchir plus ou moins de certaines déterminations qui pèsent sur lui. La überté ne serait alors - et
c'est déjà beaucoup - qu'une iiberté plus ou moins gfande suivant les déterminations dont nous nous
sommes affranchis : une liberté relative, qui comporterait des degrés, une liberté grandissante et
expansive suivant la capacité que nous avons (et 1'énergie que nous dépensons) pour la rendre
effective.

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