IRM Neuro (Article)
IRM Neuro (Article)
Cet article présente de façon pratique les différentes étapes de la réalisation d’une imagerie par résonance
magnétique (IRM) encéphalique ou médullaire. Les indications et contre-indications de l’examen, les
précautions à prendre avant de prescrire l’examen, les points pratiques à connaître lors de la prise de
rendez-vous, le déroulement de l’examen sont détaillés. Le neurologue peut ainsi préparer son patient à
l’IRM en répondant à ses questions. Les notions indispensables concernant la technique sont brièvement
abordées. Des tableaux précisent d’une part l’aspect des divers composants encéphaliques et médullaires
en fonction de la séquence, d’autre part donnent des exemples d’anomalies de signal fréquentes. L’article
décrit les séquences à réaliser en fonction des tableaux cliniques justifiant la réalisation de l’IRM, ce qui
permet au prescripteur, lorsque le patient revient de l’examen, de consulter les résultats de façon critique.
Citons en particulier les céphalées, les crises comitiales, les déficits neurologiques d’apparition brutale, les
démences, les troubles de la marche, etc. Le but de ce chapitre est de familiariser le neurologue avec le
raisonnement radiologique, et de comprendre l’utilité de certaines séquences pour le diagnostic et
éventuellement de faire compléter l’IRM si ces séquences n’ont pas été réalisées. Les anomalies de signal
les plus fréquentes (hypersignal T2 de la substance blanche, et prises de contraste) sont analysées pour
que le clinicien ait une approche analytique des diverses étiologies à retenir en fonction de certains
caractères particuliers de ces anomalies. Chaque texte est illustré par des exemples d’IRM normales ou
montrant des images pathologiques fréquentes. Cette aide à la compréhension d’un examen très
largement prescrit améliore la communication entre prescripteur, patient et radiologue, et donc la qualité
diagnostique de l’examen.
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■ Introduction
Que dire au patient avant de prescrire une IRM ? 3
Renseignements pratiques utiles à connaître 3
Quelques notions techniques de base 3
Déroulement de l’examen 4 Neuroradiologie
¶ Résultats de l’imagerie par résonance magnétique 6 La neuroradiologie est l’étude de l’encéphale (parenchyme,
Importance de la communication entre clinicien et radiologue 6 nerfs), de la moelle et des racines nerveuses, de leurs enveloppes
Analyse générale des clichés 6 (méninges, boîte crânienne, rachis) et de deux espaces liqui-
Lésion 7 diens contenant d’une part le liquide céphalorachidien ou
¶ Différents protocoles d’imagerie encéphalique 8 cérébrospinal (LCS), d’autre part le sang artériel et veineux.
Céphalées 8 L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est une technique
Déficit neurologique brutal 9 très adaptée à l’étude de ces structures variées et fournit des
Signes neurologiques d’apparition progressive parfois régressifs 12 renseignements sur le siège et la nature du processus patholo-
Signes neuro-oto-rhino-laryngologiques 12 gique grâce à des séquences morphologiques mais également
Traumatisme crânien 13 fonctionnelles. Elle est largement utilisée en neurologie et les
Démence 13 cliniciens sont confrontés quotidiennement avec les images des
Mouvements anormaux 13 patients. Cette présentation a pour but de familiariser le
Syndromes neurovisuels 13 neurologue avec l’examen lui-même : quelles sont les règles de
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17-035-A-28 ¶ Imagerie par résonance magnétique pratique à l’usage des neurologues
■ Réalisation pratique
dispositifs biomédicaux implantés sont en rapport avec
d’une imagerie par résonance l’induction de courants électriques provoqués par les impul-
sions radiofréquences appliquées. Des sites actualisés réguliè-
magnétique : ce que doit savoir rement permettent d’avoir des renseignements sur la
le prescripteur compatibilité IRM des matériaux médicaux récents.
• Matériel ferromagnétique : intracérébral (traitement neuro-
Réalisation de l’imagerie par résonance chirurgical ancien d’un anévrisme, etc.), intraorbitaire (corps
étrangers accidentels, d’origine professionnelle), qui peuvent
magnétique : uniquement en l’absence se déplacer, clamps artériels. Le radiologue peut, avant l’IRM,
de contre-indication [3] prescrire un cliché standard (ou un scanner sans injection)
centré sur la zone contenant potentiellement du métal, et
Contre-indications absolues si les clichés montrent la présence de ce métal, annuler
• Pacemaker, défibrillateur cardiaque implantable qui risquent l’exploration.
d’être déréglés par le champ magnétique. Les stents, filtres et coils intravasculaires sont tous compati-
• Implant cochléaire (sauf le modèle Combi 40+, compatible à bles, sauf lorsqu’ils sont supposés instables. Seule la prothèse-
1,5 T). couverte de type Zenith® (traitement percutané des anévrismes
• Certains matériels implantés activés par un système électrique aortiques) constitue une relative contre-indication, à cause des
magnétique ou mécanique. Les risques du matériel ou des risques de déplacement.
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17-035-A-28 ¶ Imagerie par résonance magnétique pratique à l’usage des neurologues
“ À retenir
Rappel simple : séquence de diffusion
Principe : application de deux gradients b de même
amplitude et de sens opposé permettant l’étude des
mouvements moléculaires. Plusieurs gradients de
diffusion sont utilisés, d’amplitude croissante, de B0 (pas
de gradient, donnant une image pondérée en T2) à B
1 000 (b = 1 000 mm2/s).
Protons mobiles : baisse du signal par déphasage.
Obtention
“ Point fort • images brutes, pondérées en B 1 000, B0, etc.
(hypersignal T2 responsable d’un hypersignal en B
1 000) ;
Attention
• image calculée (coefficient apparent de diffusion de
Les personnes accompagnant éventuellement le patient
l’eau [ADC], ne tient pas compte de l’hypersignal T2 de
dans la salle d’examen doivent bien entendu respecter les
l’eau).
mêmes précautions que le patient lui-même (pas de
Exemple : Ischémie récente : protons immobiles.
pacemaker, ablation des prothèses auditives, des cartes
Images pondérées en B 1 000 : zone en hypersignal,
magnétiques, téléphones portables en particulier).
parfois en hypersignal T2 et FLAIR (donc non spécifique).
Cartographie ADC : hyposignal franc de la zone suspecte
(Fig. 9).
Différentes antennes sont utilisées, en fonction de la région
étudiée. Elles permettent d’envoyer des ondes radiofréquences
sur la zone d’intérêt, puis de capter les ondes générées par le
tissu excité lors du retour à la position de base des protons. Déroulement de l’examen
On obtient ainsi une représentation anatomique ou fonction-
nelle de la région étudiée selon la séquence utilisée. Il peut Préparation, installation
s’agir d’une image en transformant l’intensité du signal émis
Le bruit de la machine peut être anxiogène et effrayer le
par la section de tissu étudiée point par point selon une
patient ; il est atténué par différents dispositifs (bouchons
échelle de gris ; on peut obtenir également une courbe, un
d’oreille, casque insonorisant).
histogramme, une cartographie en fonction d’un métabolite
Le patient est installé confortablement sur la table d’examen
donné, etc.
(coussin sous les genoux, etc.). Sur la plupart des machines,
Un rappel de l’aspect du cerveau, du rachis et de la moelle
pour les IRM encéphaliques, un miroir placé au-dessus des yeux
selon la séquence morphologique réalisée est proposé (Fig. 2, 3).
fixé sur l’antenne tête lui permet de voir l’extérieur de la
Ce rappel permet de savoir à quelle séquence correspondent les machine.
images rapportées par le patient.
Pendant l’examen, le patient ne doit pas bouger. Cet examen
Le choix de l’antenne est conditionné par la zone à étudier : dure en routine de 10 à 30 minutes, selon la pathologie et le
antenne tête pour l’encéphale, de surface pour l’oreille et type de séquence choisi.
l’orbite, rachis pour le rachis, tête-cou (dite neurovasculaire)
pour les troncs supra-aortiques (TSA) et les explorations des
lésions cervico-occipitales (Fig. 4A, B). Ces notions techniques
Séquences
sont détaillées dans le livre de Bruno Kastler (cf. Pour en savoir Elles peuvent être séparées en deux grandes catégories :
plus). morphologique et fonctionnelle. De façon schématique, les
Le type et la périodicité des ondes radiofréquences envoyées premières permettent d’obtenir des images anatomiques, et des
déterminent la séquence. Les tissus ne réagissant pas de la renseignements sur la structure des zones étudiées, normales ou
même façon aux diverses combinaisons possibles, on obtient, pathologiques. Les secondes précisent la composition chimique
en comparant les résultats de plusieurs séquences, des informa- (spectroscopie), l’état de mobilité des protons de l’eau (diffu-
tions sur la morphologie, les rapports et la structure de la lésion sion), la vascularisation et l’état de la barrière hématoencépha-
éventuelle, qui permettent de la caractériser : kyste contenant lique (perfusion), le rôle de la région étudiée (IRMf), l’état des
du pus, hémorragie ancienne ou récente, etc. faisceaux de fibres (tenseur de diffusion). Les séquences mor-
L’échelle de gris définissant les images obtenues traduit phologiques font partie du bilan habituel et sont réalisées dans
l’intensité du signal obtenu, allant de l’hyposignal (ou hypo- tous les centres. Le Tableau 1 rappelle les principales causes des
intensité) noir (liquide pur en T1 et FLAIR) à l’hypersignal hyper- et hyposignaux en fonction de la séquence.
(hyperintensité) blanc (liquide en T2). Un isosignal est de même Parmi les séquences fonctionnelles, seule la diffusion est
« couleur » que le parenchyme ou la structure de référence (en entrée dans le bilan de routine, notamment dans la recherche
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Imagerie par résonance magnétique pratique à l’usage des neurologues ¶ 17-035-A-28
des accidents ischémiques récents. Les autres séquences sont il est concentré. Ces zones apparaissent en hypersignal. Pour la
réalisées généralement dans des centres spécialisés. Elles plupart des examens, la dose injectée est de 0,1 mmol/kg
complètent l’exploration standard et apportent des éléments (0,2 ml) de poids corporel.
diagnostiques parfois décisifs : la confirmation d’un diagnostic Le choix du produit de contraste est conditionné par la
de mitochondriopathie par spectroscopie par résonnance fonction rénale du patient. Des cas de fibrose systémique
magnétique (RM), le bilan préopératoire d’une tumeur siégeant néphrogénique ont été décrits après l’injection de chélates de
dans une zone à risque (hémisphère gauche) par IRMf repérant gadolinium de structure linéaire chez les insuffisants rénaux
la zone du langage et la situation de la tumeur par rapport à graves, essentiellement dialysés. Sur ce terrain, si l’injection
elle, le diagnostic différentiel radionécrose/récidive de gliome
est indispensable, elle doit être faite avec un chélate
grâce à la séquence de perfusion par exemple.
macrocyclique.
Injection de produit de contraste
Au cours de certains bilans morphologiques, comme au cours
des séquences fonctionnelles de perfusion, on réalise une
injection intraveineuse de produit de contraste.
Elle permet de mettre en évidence les zones de rupture de la “ Point fort
barrière hématoencéphalique (lésion inflammatoire, abcès,
accident vasculaire ischémique, etc.) et les zones d’hypervascu- L’injection de produit de contraste est contre-indiquée
larisation par néoangiogenèse (malformation vasculaire, tumeur chez la femme enceinte et chez le patient insuffisant rénal
gliale maligne), sur des séquences en T1. Le produit injecté est sévère (clairance de la créatinine < 30 à vérifier).
un chélate de gadolinium, qui raccourcit le T1 des structures où
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“ À retenir
protocole d’IRM est choisi en fonction de celle-ci. Les IRM sont
donc d’autant plus précises et spécifiques que le problème
diagnostique est détaillé par le clinicien. Un radiologue bien
Pour savoir si la séquence T1 encéphalique est réalisée renseigné réalise les séquences adéquates et étudie avec un soin
avec injection, il faut regarder les muqueuses nasales : si particulier les zones éventuellement impliquées dans la
pathologie.
elles sont en hypersignal (plus blanches que le
parenchyme cérébral), les coupes sont réalisées après
injection. Si elles sont en isosignal au parenchyme, les Analyse générale des clichés
coupes sont réalisées sans injection (Fig. 2A, B). Une lésion se traduit par une anomalie de « couleur » ou
signal et/ou de morphologie des structures normales ou par
l’apparition d’une structure supplémentaire anormale dans ou
■ Résultats de l’imagerie en dehors du cerveau ou de la moelle. La méthode d’analyse
élémentaire de l’encéphale, symétrique par rapport au plan
par résonance magnétique sagittal, est la comparaison droite/gauche à tous les niveaux de
coupe sur les séquences axiales et coronales.
Importance de la communication Certaines images qui semblent anormales sont soit des
variantes de la normale (Fig. 10), soit des artefacts. Ceux-ci sont
entre clinicien et radiologue dus au patient (mouvements, matériel dentaire non amovible,
Le neurologue qui reçoit le patient avec son examen doit etc.) ou à la technique. Ils sont généralement signalés dans le
avoir un regard critique sur celui-ci. Cette IRM doit répondre compte rendu.
aux questions posées au radiologue par l’intermédiaire de la La Figure 11 présente les artefacts les plus fréquents en IRM
demande. Rappelons à ce propos l’importance de la précision encéphalique (Fig. 11A à F).
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Figure 4. Antennes. A.
Tête. 1. Anneau ; 2. injec-
teur ; 3. miroir ; 4. antenne
tête ; 5. tunnel. B. Tête-cou
(neurovasculaire). 1. Miroir ;
2. antenne tête-cou
neurovasculaire.
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Céphalées
Figure 9. Hémiplégie droite brutale avec aphasie chez un patient de
Elles font rechercher diverses lésions. Certaines sont éviden-
53 ans. IRM coupe axiale en diffusion B 1 000 (gauche) et cartographie
tes, d’autres ne sont diagnostiquées que si le clinicien oriente le
ADC (droite). Accident ischémique récent sylvien gauche.
radiologue. Que doit-on attendre de l’examen ?
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Tableau 1.
Séquences morphologiques – signification.
Séquence Hypersignal Hyposignal
T1 Graisse
Sang frais
Liquide riche en protides Eau
Certains vaisseaux à flux lent Air
Certaines calcifications Os
T1 gadolinium Prise de contraste normale (muqueuses, méninges, vaisseaux, hypophyse, plexus Démyélinisation majeure (LEMP)
choroïdes)
Prise de contraste pathologique (tumeur, abcès, inflammation, etc.)
T2 écho de spin Liquide, œdème Air
Graisse Os
Perte myélinique Sang (très frais)
Cicatrice Liquides très riches en protides
Sang Fibrose
T2 écho de gradient = T2* Saignement ancien
Mélanine
FLAIR Graisse Liquide pur (LCS)
Œdème
Perte myélinique, cicatrice
Liquide impur (kyste épidermoïde)
Artefact de flux
FLAIR : fluid attenuated inversion recovery ; LEMP : leucoencéphalopathie multifocale progressive ; LCS : liquide cérébrospinal.
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Imagerie par résonance magnétique pratique à l’usage des neurologues ¶ 17-035-A-28
vers une origine vasculaire, le protocole comprend au mini- Figure 17. Prise de contraste de la dure-mère. IRM coupe axiale T1 avec
mum : des séquences en diffusion, en T2 écho de gradient, et injection. Dure-mère épaisse, prenant fortement le contraste (flèches).
une ARM artérielle centrée sur le polygone. Le diagnostic Hypotension intracrânienne.
d’accident ischémique récent est fait devant une lésion cortico-
sous-corticale en hypersignal diffusion, et hyposignal sur la
cartographie ADC (Fig. 9). Une hémorragie est en franc hyposi-
gnal sur les coupes T2 écho de gradient. L’ARM encéphalique
recherche une cause locale aux lésions : anévrisme, malforma-
tion artérioveineuse en cas de saignement, sténose ou obstruc-
“ À retenir
tion vasculaire en cas d’accident ischémique. Si le patient est
Exploration de céphalées : injection non
jeune, qu’on a une notion de traumatisme, un syndrome de
Claude Bernard-Horner, la recherche de dissection est indispen- systématique
sable et le protocole doit comporter une étude cervicale axiale Indications de l’injection :
en T1 avec suppression de graisse à la recherche de l’hypersignal • découverte d’une lésion intra- ou extra-axiale non
de l’hématome de paroi carotidien ou vertébral [9, 10] et une spécifique ;
ARM des vaisseaux du cou. Cette étude nécessite un change- • contexte néoplasique ou infectieux ;
ment d’antenne et cette hypothèse diagnostique doit être • bilan d’un processus expansif ;
clairement explicitée sur la demande d’examen. • recherche de thrombophlébite ;
Si le clinicien évoque une crise comitiale, tout le cortex doit • souvent au cours du bilan d’une crise comitiale de
être étudié. La séquence idéale est l’inversion-récupération (IR),
l’adulte sans cause évidente.
réalisée dans le plan coronal en coupes fines. La sclérose
mésiale, responsable de crises partielles temporales se traduit,
outre par une atrophie hippocampique, par un hypersignal
FLAIR de la zone lésée. Les coupes FLAIR sont donc associées
aux coupes en IR, notamment dans les bilans d’épilepsie de Chez l’adulte, la recherche d’une tumeur épileptogène fait
l’enfance. compléter ce bilan par une séquence T1 avec injection,
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Traumatisme crânien
En urgence au décours d’un traumatisme cranioencéphalique
(TC) grave, le scanner sans injection, facile à obtenir, suffit. Si
une IRM est réalisée, elle détecte les hémorragies intra- ou Figure 20. Syndrome extrapyramidal, détérioration intellectuelle. IRM
extraparenchymateuses bien visibles en T1 et surtout en T2 coupe axiale de la protubérance en T2 SE (1er écho). Image en croix
écho de gradient et FLAIR (Fig. 2 signal du sang), les lésions (flèche) très évocatrice du diagnostic d’atrophie multisystématisée
axonales diffuses, en hypersignal sur les séquences T2 et surtout (MSA).
FLAIR et diffusion. Les petits hyposignaux T2 écho de gradient
(microsaignements, cf. exemple Fig. 8) sont les témoins de la
gravité du traumatisme et de ses répercussions sur les régions
profondes de l’encéphale.
La rare fistule carotidocaverneuse nécessite la réalisation
d’une ARM centrée sur le sinus caverneux lésé. Elle est complé-
tée par une étude orbitaire et des sinus caverneux en coupes
fines coronales T2 à la recherche d’une dilatation de la veine
ophtalmique supérieure, d’un gros sinus caverneux en hyposi-
gnal (lié à la présence de veines dilatées à flux rapide).
Les dissections carotidiennes ou vertébrales post-traumatiques
sont étudiées selon le même protocole que pour les accidents
ischémiques cérébraux (AIC) (cf. supra).
Les fuites de LCS (rhinorrhées, otorrhées) compliquent les
fractures de la base. Outre le scanner en haute résolution, on
propose au patient une IRM du massif facial. Réalisée chez un
patient en procubitus en séquence T2, coupes fines (2 mm), elle
peut mettre en évidence l’hypersignal du LCS dans les cavités
ethmoïdales et nasales, en continuité avec le LCS des espaces
sous-arachnoïdiens : le site de passage peut être ainsi identifié.
Dans le bilan des séquelles, l’exploration recherche des signes
d’hémorragie ancienne en T2 écho de gradient, des cicatrices
Figure 21. Baisse de l’acuité visuelle gauche avec douleurs périorbitai-
parenchymateuses en FLAIR (hypersignaux liés à la gliose,
res. IRM coupes orbitaires coronales T2 (haut) et T1 injecté avec suppres-
autour de zones en hyposignal correspondant à la destruction
sion de graisse (bas). Nerf optique gauche augmenté de volume en
parenchymateuse), des signes d’atrophie.
hypersignal T2 et prenant le contraste (flèches). Névrite optique.
Démence
L’IRM recherche des causes éventuellement curables : lésion T2, en faveur d’une atrophie multisystématisée (MSA) (Fig. 20).
expansive frontale, hydrocéphalie à pression normale (dilatation Si les mouvements anormaux sont unilatéraux, l’IRM peut
ventriculaire, espaces sous-arachnoïdiens de taille normale et mettre en évidence une lésion non dégénérative (tumeur,
hypersignaux périventriculaires T2), ou d’autres causes de accident vasculaire, séquelle post-traumatique) qui pourrait
démence (lésions vasculaires multiples). Elle détecte les atro- expliquer le tableau. Si le patient a un terrain vasculaire, le
phies globales et hippocampiques (coupes coronales fines en IR) protocole doit être complété par une séquence en diffusion
en faveur d’une maladie d’Alzheimer (Fig. 15). Les volumétries axiale et une ARM en TOF centrée sur le polygone. Les dysto-
par IRM 3D et les calculs du ratio de transfert de magnétisation nies unilatérales font rechercher des lésions séquellaires anoxi-
(MTR) sont encore du domaine de la recherche [11] ; l’IRM 3D, ques en hypersignal FLAIR et T2 des noyaux gris centraux.
qui suit les modifications de l’atrophie corticale des sujets mild
cognitive impairment (MCI) qui vont évoluer vers une maladie Syndromes neurovisuels
d’Alzheimer [12], également.
En cas de doute sur une maladie de Creutzfeldt-Jakob, des Les atteintes de la vision d’origine non ophtalmologique sont
coupes axiales en FLAIR et en diffusion, à la recherche d’hyper- prises en charge par les neurologues, qui recherchent des lésions
signal en B 1000 des noyaux gris (noyau caudé et putamen), et sur le trajet des voies visuelles. Les IRM réalisées dans le bilan
cortical en particulier, insulaire, du gyrus cingulaire, et du gyrus de pathologie touchant les nerfs optiques ou le chiasma doivent
frontal supérieur sont indispensables [13]. obligatoirement comporter des coupes fines centrées sur ces
structures, en T2 et dans la plupart des cas en T1 avec injection
(Fig. 21). Les coupes orbitaires après injection doivent être
Mouvements anormaux associées à une suppression de graisse, seule méthode permet-
Les anomalies des noyaux gris sont rarement visibles dans les tant une étude correcte d’éventuelles prises de contraste du II (la
syndromes parkinsoniens, mais certains signes doivent être graisse en hypersignal T1 spontané masque les éventuelles prises
recherchés : atrophie du tronc des paralysies supranucléaires de contraste). Le plan de choix est le plan coronal, qui évite les
progressives, signe de la croix (hot cross bun) protubérantiel en problèmes de volume partiel (volume partiel : deux structures
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Imagerie par résonance magnétique pratique à l’usage des neurologues ¶ 17-035-A-28
Figure 24. Déficit brutal moteur des membres inférieurs, précédé d’une
douleur dorsale violente. IRM centrée sur la moelle dorsale basse. Coupe
axiale T2 SE. Hypersignaux antérieurs paramédians (flèches). Infarctus
spinal antérieur.
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“ Point fort
Causes les plus fréquentes des prises de contraste
du II et des méninges périoptiques
• Inflammation (névrite optique) (Fig. 16)
Figure 25. IRM coupe axiale T1 avec injection et suppression de graisse. • Sclérose en plaques, encéphalomyélite aiguë
Prise de contraste diffuse des leptoméninges (flèches) au cours d’une disséminée (ADEM)
sarcoïdose.
• Granulomatose (BBS)
• Infection (maladie de Lyme, tuberculose, virose)
• Atteinte postradique
• Tumeurs
• Gliome du II
• Méningiome
• Infiltration maligne (hémopathie, métastases)
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Imagerie par résonance magnétique pratique à l’usage des neurologues ¶ 17-035-A-28
Après lecture de cet exposé, le prescripteur doit pouvoir [13] Tschampa HJ, Kallenberg K, Kretzschmar HA, Meissner B, Knauth M,
appréhender l’ensemble des étapes d’une IRM cérébrale et Urbach H, et al. Pattern of cortical changes in sporadic Creutzfeldt-
médullaire, depuis les indications, la prise de rendez-vous, Jakob disease. AJNR Am J Neuroradiol 2007;28:1114-8.
jusqu’à la critique éclairée de l’examen rapporté par le patient. [14] Héran F, Laloum L, Koskas P, Williams M, Piekarski JD. Baisse de
Le dialogue avec le patient, souvent anxieux, est facilité. l’acuité visuelle, troubles du champ visuel : comment adapter
L’examen est réalisé dans des conditions optimales de sécurité. l’imagerie des voies optiques à la clinique ? J Neuroradiol 1999;26:
Le clinicien doit néanmoins avoir en permanence à l’esprit cette 215-24.
idée simple : les explorations IRM orientées par une demande [15] Mader I, Herrlinger U, Klose U, Schmidt F, Küker W. Progressive
détaillée sont conduites de façon soignée, avec les séquences multifocal leukoencephalopathy: analysis of lesion development with
diffusion-weighted MRI. Neuroradiology 2003;45:717-21.
adaptées au problème posé. L’absence d’indication ou une
[16] Bot JC, Barkhof F, Polman CH, Lycklama à Nijeholt GJ, de Groot V,
indication très vague conduit souvent à un examen rapide, de
Bergers E, et al. Spinal cord abnormalities in recently diagnosed MS
qualité moyenne, méconnaissant le diagnostic. Le rôle de la patients: added value of spinal MRI examination. Neurology 2004;62:
communication entre le prescripteur et le radiologue est une 226-33.
fois de plus à mettre en exergue. [17] Krings T, Lasjaunias PL, Hans FJ, Mull M, Nijenhuis RJ, Alvarez H,
.
Toute référence à cet article doit porter la mention : Heran F., Deschamps R., Gout O., Lafitte F., Piekarski J.-D. Imagerie par résonance magnétique pratique à
l’usage des neurologues. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Neurologie, 17-035-A-28, 2009.
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