Chapitre 2 : Codage de l’information
2.1 Définition
Le codage de l'information concerne les moyens de formaliser l'information de pouvoir la manipuler, la
stocker ou la transmettre. Il ne s'intéresse pas au contenu mais aussi à la forme et à la taille des
informations à coder. Pour manipuler de l'information, on utilise un codage qui formalise cette information
sous forme de symboles.
2.2 Vocabulaire
Quelle que soit la nature de l'information traitée par un ordinateur (image, son, texte, vidéo), elle l'est
toujours sous la forme d'un ensemble de nombres écrits en base 2, par exemple 01001011.
Le terme bit (b minuscule dans les notations) signifie « binary digit », c'est-à-dire 0 ou 1 en
numérotation binaire. Il s'agit de la plus petite unité d'information manipulable par une machine
numérique. Il est possible de représenter physiquement cette information binaire par un signal
électrique ou magnétique, qui, au-delà d'un certain seuil, correspond à la valeur 1.
L'octet (en anglais byte ou B majuscule dans les notations) est une unité d'information composée
de 8 bits. Il permet par exemple de stocker un caractère comme une lettre ou un chiffre.
Voici les unités standardisées :
2.3 Ordre de grandeur
2.4 Unités de mesures
Parmi les unités de mesure on peut citer aussi :
Bps (bit/seconde) : unité de mesure de modem (la vitesse des communications)
Hertz : unité de mesure de fréquence (nombre d’événements par seconde), fréquence de bus,
fréquence de processeur.
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2.5 Base de numération du codage
Il existe plusieurs bases dans la numération du système d’information : La base décimal, binaire et
hexadécimal.
2.5.1 Base décimal
Ce système est basé sur dix symboles (0-9). Une base arithmétique correspond au nombre de symboles,
ou chiffres, utilisés pour représenter les nombres.
Nous utilisons le système décimal (base 10) dans nos activités quotidiennes. Ce système est basé sur dix
symboles, de 0 à 9, avec une unité supérieure (dizaine, centaine, etc.) à chaque fois que dix unités sont
comptabilisées. C'est un système positionnel, c'est-à-dire que l'endroit où se trouve le symbole définit sa
valeur. Chaque nombre est une addition de puissances de sa base arithmétique. On décompose un
nombre en comptant le nombre de chacune des puissances de sa base. La puissance zéro est appelée
unité.
Ainsi, le 2 de 523 n'a pas la même valeur que le 2 de 132.
En effet, 523 est « l'abréviation » de 5·102 + 2·101 + 3·100.
On peut selon ce principe imaginer une infinité de systèmes numériques fondés sur des bases différentes.
2.5.1.1 Exercices d’application :
a) Donnez sous la forme basique (10) les expressions suivantes : 671 ; 70 ; 2491 ; 568 ; 467 ; 3008
b) Donner la représentation de vingt-trois dans la base 5. On rappelle que la base 5 est composée des
chiffres 0, 1, 2, 3 et 4.
2.5.2 Base binaire
Un ordinateur ne sait interpréter que des séquences de symboles. Les données qu'il manipule sont donc
toujours numérisées, c'est-à-dire transformées en nombre. Et ces nombres ne sont représentés qu'avec les
chiffres 0 et 1 : l'ordinateur ne manipule que du code binaire.
En informatique, outre la base 10, on utilise très fréquemment le système binaire (base 2) puisque
l'algèbre booléenne est à la base de l'électronique numérique. Deux symboles suffisent : 0 et 1
Pourquoi compter avec deux chiffres uniquement ?
Fondamentalement, le processeur (l'unité qui réalise les calculs dans un ordinateur) ne traite que deux
états car les éléments de base d'un processeur, les transistors, n'ont que deux états possibles : alimenté
ou non-alimenté. De même au niveau du stockage, on ne garde que des informations de présence ou
d'absence d’information : ainsi on peut tout simplement n'utiliser que les deux chiffres 0 et 1.
2.5.2.1 Opération binaires
Les opérations sur les nombres binaires s’effectuent de la même façon que sur les nombres décimaux
toute fois il ne faut pas oublier que les seuls symboles utilisés sont le ‘’1’’ et le ‘’0’’. Les opérations
fondamentales sont les suivantes.
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En base 2, les quatre opérations de base s'effectuent de la même façon qu'en base 10.
2.5.2.2 Exercices d’application
Pose et effectue les opérations suivantes dans la base 2 : 110 :11 ; 0+1 ; 11-10 ; 1011-10 ;
110+11 ; 110-11
2.5.3 Base octal
Le système de numération octal est le système de numération de base 8, et utilise les chiffres de 0 à 7 (0,
1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7). Dans le cas d'un passage à la base 8, les bits sont regroupés par 3 et décodés.
2.5.4 Base hexadécimale
Le système hexadécimal est utilisé notamment en électronique numérique et en informatique car il est
particulièrement commode et permet un compromis entre le code binaire des machines et une base de
numération pratique à utiliser pour les ingénieurs. En effet, chaque chiffre hexadécimal correspond
exactement à quatre chiffres binaires (ou bits), rendant les conversions très simples et fournissant une
écriture plus compacte. L'hexadécimal a été utilisé la première fois en 1956 par les ingénieurs de
l'ordinateur Bendix G-15.
Le système hexadécimal nécessite l'introduction de 16 symboles représentant les 16 premiers entiers
naturels, appelés chiffres hexadécimaux : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, A, B, C, D, E et F.
Le tableau ci-dessous montre la représentation des nombres de 0 à 15 dans les bases 10, 2 et 16.
2.6 Conversion des nombres
2.6.1 Conversion décimal – binaire
Il s'agit de faire une suite de divisions euclidiennes par 2. Le résultat sera la juxtaposition des restes. Le
schéma ci-contre explique la méthode mieux qu'un long discours. On s'arrête quand on obtient un
quotient inférieur à Exp : Convertissons 77 ; 32 et 84 dans la base 2
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Donc 77(10) =1001101(2)
2.6.2 Conversion binaire décimal
Convertissons 01001101 en décimal ; à l'aide du schéma ci-dessous on aura :
27 26 25 24 23 22 21 20
0 1 0 0 1 1 0 1
Le nombre en base 10 est 26 + 23 + 22 + 20 = 64 + 8 + 4 + 1 = 77(10)
Donc 01001101(2) =77(10)
Faire autant avec les nombres suivants :
a) 11001010011 b) 10001011011 c) 00101010001
2.6.3 Conversion décimal- octal
Pour passer du décimal vers octal, il suffit de faire la division le nombre décimal par 8.
Donc262(10) =406(8)
Faire autant avec les nombres suivants : a) 408 b) 88 c) 8
2.6.4 Conversion binaire-octal
Pour convertir un code binaire en octal il suffit de décomposer le code en groupes de 3 bits.
Exemple : convertir en octal le nombre 100101100.
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Donc (100101100)10= (454)8
Faire autant avec les nombres suivants : a) 110111010. b) 111111010. c) 11100001.
2.6.5 Conversion binaire-hexadécimal
Pour convertir un code binaire en hexadécimal il suffit de décomposer le code en groupes de 4 bits.
Exemple : convertir en octal le nombre 100101100.
2.6.5 Représentation des nombres réels/decimaux
En base 10, l'expression 652,375 est une manière abrégée d'écrire :
6·102 + 5·101 + 2·100 + 3·10-1 + 7·10-2 + 5·10-3.
Il en va de même pour la base 2.
Ainsi, l'expression 110,101 signifie : 1·22 + 1·21 + 0·20 + 1·2-1 + 0·2-2 + 1·2-3.
2.6.6 Conversion de binaire en décimal
On peut ainsi facilement convertir un nombre réel de la base 2 vers la base 10.
Par exemple : 110,1012 = 1·22 + 1·21 + 0·20 + 1·2-1 + 0·2-2 + 1·2-3 = 4 + 2 + 0,5 + 0,125 = 6,62510.
Transformez 0,01010101012 en base 10 et 11100,100012 en base 10.
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2.7 Codes détecteurs/correcteurs d'erreurs
Un code correcteur est une technique de codage basée sur la redondance. Elle est destinée à corriger les
erreurs de transmission d'un message sur une voie de communication peu fiable.
Les codes de correction d'erreur sont générés à l'aide d'un algorithme spécifique utilisé pour supprimer et
détecter les erreurs du message transmis sur les canaux bruyants. Les codes de correction d'erreur trouvent
le nombre correct de bits corrompus et leurs positions dans le message.
La théorie des codes correcteurs ne se limite pas qu'aux communications classiques (radio, câble coaxial,
fibre optique, etc.) mais également aux supports de stockage comme les disques compacts, la mémoire
RAM et d'autres applications où l'intégrité des données est importante.
Pourquoi ces codes ?
Des canaux de transmission imparfaits entraînent des erreurs lors des échanges de données.
La probabilité d'erreur sur une ligne téléphonique est de 10-7 (cela peut même atteindre 10-4).
Avec un taux d'erreur de 10-6 et une connexion à 1 Mo/s, en moyenne 8 bits erronés sont transmis
chaque seconde...
2.7.1 La distance de Hamming
La distance de Hamming doit son nom à Richard Hamming. Elle est décrite dans un article fondateur pour
la théorie des codes. Elle est utilisée en télécommunication pour compter le nombre de bits altérés dans la
transmission d'un message d'une longueur donnée.
Exemple : la distance de Hamming entre 1011101 et 10010 01 est 2 car deux bits sont différents.
Il est souhaitable d'avoir une certaine distance entre les mots envoyés, afin de détecter s'il y a eu une
erreur de transmission.
Par exemple, si l'on a trois messages de trois bits à transmettre, il vaut mieux choisir les codages qui sont
à distance 2 les uns des autres, par exemple 000, 110 et 101. En effet, si un seul bit est altéré, on recevra
un message inconnu, ce qui indiquera une erreur de transmission.
Par contre, en utilisant 000, 001 et 010, une erreur pourrait passer inaperçue. En effet, 001 pourrait être en
fait le message 000 dont le dernier bit a été altéré...
Exercice d’application :
Déterminer la DH des trames suivantes : a) 1001001 et 1111000 ; b) 1111001 et 1010111
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