Mecanique Des Fluides 1 V-2024
Mecanique Des Fluides 1 V-2024
Mécanique des
Fluides 1
Dr Ing. COULIBALY Namory
Maître de Conférences
C¨
𝑥 = 𝑥(𝑥0 , 𝑦0 , 𝑧0 , 𝑡)
{𝑦 = 𝑦(𝑥0 , 𝑦0 , 𝑧0 , 𝑡) (1.1.1)
𝑧 = 𝑧(𝑥0 , 𝑦0 , 𝑧0 , 𝑡)
Toute caractéristique d’un système est une propriété. Les propriétés les plus connues sont la masse,
la température, le volume, la pression. On peut regrouper les propriétés peuvent en deux
catégories :
- Les propriétés intensives qui ne dépendent pas de la taille du système telle que la
température, la pression et la masse volumique.
- Les propriétés extensives sont celles qui dépendent de la taille du système, telle que la
masse, le volume et la quantité de mouvement.
1.2.1 Viscosité
1 𝑠𝑡𝑜𝑘𝑒 = 1 𝑐𝑚1 . 𝑠 −1
1.2.2 Température
La température indique le degré d’agitation des molécules d’un corps. Elle peut s’exprimer en
degré Celsius ou degré Kelvin.
°𝐾 = °𝐶 + 273.15 (1.2.2)
°𝑅 = °𝐹 + 459.67 (1.2.3)
1.2.3 Pression
La pression 𝑃 est définie par la force par unité de surface sur laquelle, elle est exercée.
∆𝐹
𝑃 = lim (1.2.4)
∆𝑆→0 ∆𝑆
1 𝑏𝑎𝑟 = 105 𝑃𝑎
et
𝑃
𝜌= (1.2.6)
𝑅𝑇
où
La densité d’un corps est le rapport de sa masse volumique et de celle de l’eau douce.
𝜌
𝑑= (1.2.7)
𝜌𝐻2 𝑂
Substance Densité
Eau douce 1.0
Sang 1.06
Eau de mer 1.025
Gasoil 0.68
Mercure 13.6
Air 0.0012
Os 1.7-2.0
Or 19.3
Glace 0.916
L’interface entre un liquide et l’atmosphère est appelée surface libre. Les molécules situées sous
la surface libre sont généralement libres de mouvement. La surface de l'eau se comporte comme un
film mince tendu. Elle est élastique et peut supporter le poids de nombreux petits insectes qui peuvent
nager dessus sans effort. Cette propriété est connue sous le nom de tension superficielle ou tension
de surface. La tension superficielle est due aux interactions cohésives entre les molécules du liquide.
Les molécules se tirent de manière égale dans toutes les directions, provoquant une force nette de
zéro. Cependant, à l'interface, les molécules liquides n'ont que la moitié des molécules liquides
voisines par rapport à la masse du liquide. Cela rend la molécule plus fortement associée aux
molécules sur ses côtés. Cette tension superficielle résiste à la rupture de la surface.
Considerons le système ci-dessous constitué d’un film de savon bordé par deux tiges parallèles,
distantes de 𝑙. Lorsqu’on exerce une force 𝐹 dans la direction des tiges le film oppose une force qui
tend à retracter le film de savon pour retrouver une surface minimale correspondant au minimum de
son énergie libre.
𝛿𝑊 = 𝐹 𝛿𝑥
𝛿𝐴 = 2𝑙𝛿𝑥
On appelle 𝜎 la tension superficielle définie par le rapport entre le travail produit par unité de surface
𝛿𝑊
𝜎=
𝛿𝐴
soit
𝐹
𝜎= (1.2.8)
2𝑙
Les tensions superficielles de quelques liquides sont données dans le tableau ci-dessous.
Considérons maintenant une bulle sphérique de diamètre 𝐷 remplie d’un fluide (voir figure 1.2.8).
On néglige l’effet de la gravité.
Figure 1.2.7 Equilibre entre l’augmentation de la pression dans la bulle de liquide et la tension de
surface.
𝜋𝐷2
(𝑃1 − 𝑃2 ) = 𝜎𝜋𝐷 (1.2.9)
4
On en déduit que la différence de pression entre l’intérieur et l’extérieur d’une bulle peut s’écrire
4𝜎 2𝜎
∆𝑃 = = (1.2.10)
𝐷 𝑅
C’est la loi de Young-Laplace. Elle montre que la pression à l’intérieur d’une goutte de liquide est
d’autant plus grande que la goutte est petite.
Dans le cas d’une forme quelconque de la goutte, la loi de Laplace devient :
1 1 1
∆𝑃 = 𝜎 ( + + ⋯ + ) (1.2.11)
𝑅 𝑅1 𝑅𝑛
Le débit volumique d’un fluide est le volume de fluide qui traverse une section S de surface par unité
de temps.
⬚
⃗ . 𝑛⃗𝑑𝑆
𝑄=∫ 𝑉 (1.3.1)
𝑆
𝜔 ⃗ (𝑟)
⃗ = 𝑟𝑜𝑡 𝑉 ( 1.3.3)
⃗ = ⃗0, on dit que l’écoulement est irrotationnel. Aucune particule ne peut subir de
Lorsque 𝜔
mouvement de rotation. Dans ce cas le champ de vitesse dérive d’une fonction potentielle.
Le nombre de Reynolds 𝑹𝒆 représente le rapport entre les forces d'inertie et les forces
visqueuses.
𝑉𝐿
𝑅𝑒 = (1.3.4)
𝜇
où
𝑉: vitesse caractéristique de l’écoulement (𝑚 𝑠 −1)
𝐿: longueur caractéristique de l’écoulement ( longueur de plaque, diamètre) en (𝑚)
𝜇: viscosité dynamique du fluide, s’exprime en 𝑃𝑎 𝑠 ou 𝑘𝑔 𝑚−1 𝑠 −1 ou Poiseuille (Pl) ou Poise (Po)
- Lorsque le nombre de Reynolds est très faible, le régime de Stokes
- Lorsque le nombre de Reynolds est important le régime est dit laminaire
- Lorsque le nombre de Reynolds est très élevé le régime est dit turbulent
Dans le cadre d’un écoulement à surface libre, la célérité des ondes est définie par 𝐶 = √𝑔𝐿
Ce nombre apparaît dans les écoulements à surface libre : barrage, port, canal, météorologie,
Pour 𝐹𝑟 < 1, avec une forte profondeur d’eau et une faible vitesse d’écoulement, le régime est
piloté par l’aval : régime fluvial.
Pour 𝐹𝑟 > 1 avec une faible profondeur d’eau et une forte vitesse : régime torrentiel
Le nombre de Mach est un nombre sans dimension, noté Ma, qui exprime le rapport de
la vitesse locale d'un fluide à la vitesse du son dans ce même fluide.
𝑉
𝑀𝑎 = (1.3.6)
𝑎
La vitesse du son dans un gaz variant avec sa nature et sa température, le nombre de Mach ne
correspond pas à une vitesse fixe, il dépend des conditions locales.
Aux températures habituelles et dans l'air, la vitesse du son vaut
environ 340 m s−1 ou 1 234,8 km h−1.
La vitesse du son dans l’air, considéré comme un gaz parfait, s’exprime par :
𝑐𝑝 𝑃
𝑎=√ (1.3.7)
𝑐𝑣 𝜌
Pour 𝑀𝑎 < 1 (écoulement subsonique), l’objet volant (avions à hélices, voitures) a une vitesse
inférieure à celle de l’accroissement des sphères de perturbations. L’observateur fixe ressent le son
très faible, des premières sphères très dilatées, puis l'intensité augmente jusqu'à ce que l'objet
volant soit au plus près et diminue enfin jusqu'à extinction. C’est l’effet Doppler.
Pour 𝑀𝑎 = 1 (écoulement sonique), l'objet volant colle en permanence à l'avant de toutes les
sphères créées précédemment qui se retrouvent donc toutes tangentes à un plan perpendiculaire
au mouvement de l'objet volant. La superposition d'une multitude de petites perturbations crée
une grosse perturbation qui augmente considérablement la résistance de l'air : c'est le mur du son.
Quand 𝑀𝑎 > 1 (écoulement supersonique), l'objet volant (fusée, missile, avions de chasse) laisse
au contraire toutes les sphères de perturbation derrière lui. Un raisonnement simple montre
qu'elles sont toutes tangentes à un cône appelé cône de Mach. L'angle de ce cône peut être calculé
par la simple géométrie. L’objet est plus rapide que le son.
A une pression donnée, la température à laquelle une substance pure change de phase est appelée
la température de saturation. De même à température donnée, la pression à laquelle une
substance pure change de phase, est la pression de saturation. Par exemple, à la pression
atmosphérique (1 𝑎𝑡𝑚, 101.325 𝑘𝑃𝑎), la température de saturation de l’eau est 100°𝐶.
Figure 1.3.1 Pression de vapeur 𝑇 = 𝐶
La cavitation est la formation des poches et de bulles de vapeur au sein d’un milieu liquide
initialement homogène. Pratiquement, on peut la définir par la rupture du milieu continu de
liquide sous l’effet de contraintes excessives. En d’autres termes, on définit un seuil de
pression à partir duquel la cohésion du liquide ne peut plus être assurée.
Le mécanisme de cavitation peut être décrit en trois étapes :
Après l’apparition des bulles de vapeur, ces bulles sont entraînées par l’écoulement dans des
régions où la pression est plus élevée.
Dans les régions où la pression est très élevée, la différence de pression entre l’intérieur et
l’extérieur des bulles devient très importante. Les bullent s’éclatent en créant du vide. La
zone de pression élevée se déplace vers la zone vide à une vitesse très élevée, produisant
ainsi une onde de très haute pression. Cette onde pression agit comme des coups de marteau
sur le métal. C’est le phénomène de cavitation.
Tableau 1.3.1 Pression de saturation de l’eau pour diverses températures.
Le nombre de cavitation 𝝈𝒄 est un nombre sans dimension utilisé en mécanique des fluides. Il
représente le rapport entre la pression locale et la pression dynamique..
𝑃 − 𝑃𝑣
𝜎𝑐 = (1.3.8)
1 2
2 𝜌𝑉
Le nombre de Prandtl (Pr) est un nombre sans dimension, ainsi nommé en hommage au physicien
allemand Ludwig Prandtl. C'est le rapport entre la diffusivité de la quantité de
mouvement (viscosité cinématique) et celle de la chaleur (diffusivité thermique)1 :
𝜈 𝜇𝑐𝑝
𝑃𝑟 = = (1.3.9)
𝛼 𝑘
𝛼 diffusivité thermique (𝑚2 𝑠 −1 ) et 𝑘 la conductivité thermique (𝑊𝑚−1 𝐾 −1 )
EXERCICES
Exercice 1
Exercice 2
L’air entre dans un diffuseur avec une vitesse de 200 𝑚/𝑠 et à la température 𝑇 = 30 °𝐶.
Déterminer la vitesse du son et nombre de Mach de l’écoulement. On donne
𝑑𝑃
𝑐2 = 𝑘 ( )
𝑑𝜌 𝑇
.
Exercice 3
Exercice 4
Exercice 5
La viscosité d’un fluide peut être mesurée par un viscosimètre constitué de deux cylindres
concentriques de même longueur 𝐿 = 40 𝑐𝑚. Le diamètre du cylindre externe est 𝐷 = 12 𝑐𝑚. Le
jeu entre les deux cylindres est égal à 𝑒 = 0.15 𝑐𝑚. Le cylindre interne tourne à une vitesse 300 𝑡𝑝𝑚
et le couple mesuré est 𝐶 = 1.8 𝑁𝑚. Déterminer la viscosité du fluide.
Exercice 6
L’analyse des hélices d’un propulseur qui opère dans une eau à la température de 20°𝐶 montre que
la chute de pression sur les bords arrière des hélices à des vitesses élevées est 2 𝑘𝑃𝑎. Déterminer
s’il y a un danger de cavitation sur le propulseur.
Exercise 7
Une pompe est utilisée pour transporter de l’eau dans un réservoir situé en hauteur. Si la
température de l’eau est 20 °𝐶 , déterminer la pression la plus basse de l’écoulement pour éviter la
cavitation dans la pompe.
Exercice 8
Une grande plaque mobile se trouve entre deux grandes plaques fixes comme illustré sur la figure
ci-dessous. Un fluide newtonien se trouve de part et d’autre de la plaque mobile, le profil de vitesse
étant linéaire. On supposera que la distribution des vitesses entre les parois de part et d’autre de la
plaque mobile est linéaire. On donne 𝜇 = 0.9 𝑁𝑠. 𝑚−2. La distance entre Les deux plaques est
4 𝑐𝑚. La plaque immergée a une longueur de 5 𝑚 et une largeur de 0.5 𝑚.
1) Déterminer l’amplitude et la direction des contraintes de cisaillement qui agissent sur les
murs fixes lorsque la plaque mobile se déplace à une vitesse de 𝑉 = 5 𝑚/𝑠.
2) Si la plaque immergée est située au milieu des plaques fixes et se déplace, déterminer la
force nécessaire pour maintenir ce mouvement
Chapitre 2
Distribution de pression
Introduction
Si la somme des forces externes appliquées à un élément de fluide est zéro, le fluide sera soit au
repos soit en mouvement comme un solide ; en d’autres termes on dit que l’élément de Fluide est
en équilibre.
On sait que
𝑑𝑦 = 𝑑𝑠 sin 𝛽 et 𝑑𝑥 = 𝑑𝑠 cos 𝛽 (2.1.2)
En substituant ces équations dans les équations (2.1.1), on obtient
𝑑𝑥
𝑝𝑥 − 𝑝 = 𝜌 𝑎𝑥 (2.1.3𝑎)
2
𝑑𝑦
𝑝𝑦 − 𝑝 = 𝜌 (𝑎 + 𝑔) (2.1.3𝑏)
2 𝑦
Les quantités de droite de ces équations sont infinitésimales, par conséquent elles sont
négligeables.
𝑝𝑥 = 𝑝𝑦 = 𝑝 (2.1.4)
Puisque l’angle 𝛽 est arbitraire, on aboutit à
𝑝𝑥 = 𝑝𝑦 = 𝑝𝑧 = 𝑝 (2.1.5)
La pression est une fonction scalaire, donc elle agit également dans toutes les directions en un point
du fluide. La pression est définie comme la force par unité de surface, donc elle s’exprime par 𝑁⁄𝑚2 .
D’autres unités sont aussi utilisées.
1 𝑃𝑎 = 1 𝑁⁄𝑚2
1 𝑏𝑎𝑟 = 105 𝑃𝑎
1 𝑎𝑡𝑚 = 101,325 𝑃𝑎
𝜕𝑝
𝑝𝑑𝑦𝑑𝑧 − (𝑝 + 𝑑𝑥) 𝑑𝑦𝑑𝑧 = 𝜌𝑎𝑥 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 (2.1.6𝑎)
𝜕𝑥
𝜕𝑝
𝑝𝑑𝑥𝑑𝑧 − (𝑝 + 𝑑𝑦) 𝑑𝑥𝑑𝑧 = 𝜌𝑎𝑦 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 (2.1.6𝑏)
𝜕𝑦
𝜕𝑝
𝑝𝑑𝑦𝑑𝑥 − (𝑝 + 𝑑𝑧) 𝑑𝑦𝑑𝑥 = −𝜌𝑔𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 + 𝜌𝑎𝑧 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 (2.1.6𝑐)
𝜕𝑧
𝜕𝑝 𝜕𝑝 𝜕𝑝
= −𝜌𝑎𝑥 , = −𝜌𝑎𝑦 , = −𝜌(𝑎𝑧 + 𝑔) (2.1.7)
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
𝜕𝑝 𝜕𝑝 𝜕𝑝
𝑑𝑝 = 𝑑𝑥 + 𝑑𝑦 + 𝑑𝑧 (2.1.9)
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
𝑑𝑝 = −𝜌𝑔𝑑𝑧 (2.1.11)
En supposant que la masse volumique du fluide est constante, l’intégration de l’équation (2.1.11)
conduit à
𝑝 𝑧
∫ 𝑑𝑝 = − ∫ 𝜌𝑔𝑑𝑧
𝑝0 𝑧0
𝑝 − 𝑝0 = −𝜌𝑔(𝑧 − 𝑧0 ) (2.1.12
𝑝 = 𝑝0 + 𝜌𝑔ℎ = 𝑝0 + 𝛾ℎ (2.1.13)
où
𝑝0 est la pression de référence à une altitude de référence nulle.
ℎ est la hauteur entre les deux points de mesures,
𝛾 = 𝜌𝑔 désigne le poids spécifique du fluide.
La pression est la même en tout point d’un plan horizontal pour un fluide donné.
Dans le cas d’un fluide à surface libre, l’altitude de référence est choisie à la surface dans ce cas la
pression de référence est la pression atmosphérique.
On pourra ainsi écrire que la différence de pression entre deux points A et B, aux altitudes 𝑧𝐴 et 𝑧𝐵
respectivement, dans un fluide au repos est :
𝑝𝐵 − 𝑝𝐴 = −𝜌𝑔(𝑧𝐵 − 𝑧𝐴 ) = 𝛾ℎ (2.1.14)
Lorsque la masse volumique du fluide varie avec la pression ou avec la température on doit alors
connaître la fonction 𝜌(𝑝, 𝑇) pour résoudre la relation (2.1.11) de l’hydrostatique.
Dans l’atmosphère, si l’air est supposé parfait,
𝑝
𝑑𝑝 = − 𝑔𝑑𝑧 (2.1.15)
𝑅𝑇
En intégrant, obtient
𝑝 = 𝑝0 𝑒 −𝑔𝑧/𝑅𝑇 (2.1.16)
avec
𝑇 = 288 − 0.0065𝑧 (2.1.17)
De manière générale, pour traduire une dépendance de la masse volumique à la pression, il faut
utiliser le coefficient de compressibilité isotherme 𝜒𝑇 . Ce coefficient traduit la variation de volume
du fluide en fonction de la pression à température constante. Par définition, on a
1 𝜕𝜌
𝜒𝑇 = ( ) (2.1.18)
𝜌 𝜕𝑝 𝑇
soit
𝑑𝜌
= 𝜒𝑇 𝑑𝑝 (2.1.19)
𝜌
En intégrant et en supposant que la compressibilité est constante, obtient
𝜌 = 𝜌0 𝑒 𝜒𝑇 (𝑝−𝑝0) (2.1.20)
ou encore
2.2 Manomètre
Le manomètre est un instrument qui utilise une colonne de liquide pour la mesure de la pression
manométrique. Comme le manomètre, la plupart des dispositifs de mesure de pression indique la
différence entre la pression absolue et la pression atmosphérique. Considérons le manomètre en
U connecté à un tube contenant de l’eau dont nous souhaitons déterminer la pression 𝑝1. Le
manomètre considéré est un tube contenant une colonne de mercure. On sait que les points 2 et 3
ont la même élévation, donc
𝑝2 = 𝑝3
Ce qui conduit à
𝑝1 + 𝛾𝑤 ℎ = 𝑝4 + 𝛾𝐻𝑔 𝐻 (2.2.1)
𝑝1 = 𝑝4 − 𝛾𝑤 ℎ + 𝛾𝐻𝑔 𝐻 (2.2.2)
Exercice 1
La force exercée par le liquide sur l’élément de surface inclinée due à la pression 𝑝 = 𝛾ℎ, s’exprime
par
⬚ ⬚ ⬚
𝐹 = ∫ 𝑝 𝑑𝐴 = 𝛾 ∫ ℎ 𝑑𝐴 = 𝛾 sin 𝛼 ∫ 𝑦 𝑑𝐴
𝐴 𝐴 𝐴
Puisque nous savons que
⬚
𝑦̅ 𝐴 = ∫ 𝑦 𝑑𝐴
𝐴
alors on peut écrire
𝐹 = 𝛾 𝐴 𝑦̅ sin 𝛼 (2.3.1)
𝑦̅ est la distance du centre d’inertie de la surface à la surface libre.
Ensuite, comme 𝑦̅ = ℎ sin 𝛼, on obtient
𝐹 = 𝛾ℎ̅𝐴 (2.3.2)
̅
où ℎ est la profondeur à laquelle est située le centre d’inertie de la surface plane.
On conclut que pour déterminer la force 𝐹 exercée par un liquide sur une surface plane immergée,
il suffit de multiplier l’aire 𝐴 de la surface par la pression 𝑝̅ = 𝛾ℎ̅ au centre d’inertie de la surface.
𝐹𝐻 = 𝐹2 (2.3.8)
𝐹𝑉 = 𝐹1 + 𝑊 (2.3.9)
La resultante de la force exercée par le liquide sur la surface courbe est
𝐹𝑅 = √𝐹𝐻2 + 𝐹𝑉2 (2.3.10)
𝑎𝑥
tan 𝛼 = (2.4.2)
𝑔
Exercice 1
Exercice 2
Exercice 3
Exercice 4
Exercice 5
Exercice 6
Exercice 7
Chapitre 3
Cinématique des Fluides
3.1 Définitions
Un système est dit fermé si son interface permet le transfert d’énergie et non de masse. La
masse à l’intérieur du système reste constante.
Un système est dit ouvert ou système à volume de contrôle si l’interface permet non
seulement le transfert d’énergie mais également le transfert de masse. L’interface est appelée
surface de contrôle.
surface de controle
frontière voisinage
entrée
sortie
volume de controle
système
Il existe essentiellement deux approches pour la formulation des équations du mouvement des
fluides: l’approche Eulérienne et l’approche Lagrangienne.
Dans l’approche Eulérienne, le vecteur position 𝑟 et le temps 𝑡 sont les variables indépendantes.
Toute grandeur physique Φ comme la pression ou la vitesse peut s’écrire sous la forme
Φ = (𝑟, 𝑡) (3.1.1)
𝑟 = 𝑥𝑖 𝑒𝑖 , 𝑖 = 1,3 (3.1.2)
𝑝 = (𝑟, 𝑡) (3.1.3)
et
𝜕𝑝 𝜕𝑝
𝑑𝑝 = ∙ 𝑑𝑟 + 𝑑𝑡 (3.1.4)
𝜕𝑟 𝜕𝑡
𝜕𝑝 𝜕𝑝
𝑑𝑝 = 𝑑𝑥𝑖 + 𝑑𝑡 (3.1.5)
𝜕𝑥𝑖 𝜕𝑡
𝑑𝑝 𝜕𝑝 𝜕𝑝 𝑑𝑥𝑖
= + [Link])
𝑑𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑥𝑖 𝑑𝑡
𝑑𝑟 𝑑𝑥𝑖
𝑣= = 𝑒 = 𝑣𝑖 𝑒𝑖 (3.1.7)
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑖
Par ailleurs, le gradient de pression s’écrit
𝜕𝑝
∇𝑝 = 𝑒 = 𝑣𝑖 𝑒𝑖 (3.1.8)
𝜕𝑥𝑖 𝑖
𝐷𝑟 𝜕𝑟
= + 𝑣 . ∇𝑟 (3.1.11)
𝐷𝑡 𝜕𝑡
avec
𝜕𝑟
=0 (3.1.12)
𝜕𝑡
D’autre part, on sait que
𝜕𝑟 𝜕𝑥𝑗
∇𝑟 ≡ 𝑒𝑖 = 𝑒𝑖 𝑒𝑗 = 𝑒𝑖 𝑒𝑗 𝛿𝑖𝑗 = 𝑒𝑖 𝑒𝑖 = 𝐼 ̿ (3.1.13)
𝜕𝑥𝑖 𝜕𝑥𝑖
où 𝐼 ̿ désigne le tenseur identité et 𝛿𝑖𝑗 est le symbole de Kronecker.
𝐷𝑟
=𝑣 (3.1.14)
𝐷𝑡
𝐷𝑣 𝜕𝑣
𝑎≡ = + 𝑣 ∙ ∇𝑣 (3.1.15)
𝐷𝑡 𝜕𝑡
𝜕 𝜕𝑣𝑘
(𝑣 ∙ ∇)𝑣 = (𝑣𝑖 𝑒𝑖 ∙ 𝑒𝑗 )𝑣𝑘 𝑒𝑘 = (𝑣𝑗 )𝑒 (3.1.16)
𝜕𝑥𝑗 𝜕𝑥𝑗 𝑘
⃗ ) = 𝐴 ∙ ∇𝐵
∇(𝐴 ∙ 𝐵 ⃗ +𝐵
⃗ ∙ ∇𝐴 + 𝐴 × (∇ × 𝐵
⃗ )+𝐵
⃗ × (∇ × 𝐴) (3.1.18)
et
∇(𝐴 ∙ 𝐴) = 2𝐴 ∙ ∇𝐴 + 2𝐴 × (∇ × 𝐴) (3.1.19)
On peut obtenir
𝑣2
𝑣 ∙ ∇𝑣 = ∇ − 𝑣 × (∇ × 𝑣) (3.1.20)
2
En insérant la relation (3.1.20) dans (3.1.15), on obtient
𝜕𝑣 𝑣2
𝑎= + ∇ + (∇ × 𝑣) × 𝑣 (3.1.21)
𝜕𝑡 2
Considérons une particule fluide dont le vecteur position est 𝑟0 à l’instant 𝑡0 . Dans la formulation
Lagrangienne, les variables indépendantes sont le vecteur position initiale 𝑟0 et le temps 𝑡. Par
exemple, le vecteur position 𝑟 s’exprime par la relation
𝑟 = 𝑟(𝑟0 , 𝑡) (3.1.22)
𝑟0 = 𝑟(𝑟0 , 𝑡0 ) (3.1.23)
Dans cette formulation, les vecteurs : vitesse et accélération sont donnés respectivement par
𝜕𝑟
𝑣= (3.1.24)
𝜕𝑡
𝜕𝑣 𝜕 2 𝑟
𝑎= = (3.1.25)
𝜕𝑡 𝜕𝑡 2
3.1.3 Vorticité
𝜕𝑣 𝑣2
𝑎= + ∇ + (∇ × 𝑣) × 𝑣 (3.1.26)
𝜕𝑡 2
Ce qui peut s’écrire encore
𝜕𝑣 𝑣2
𝑎= + ∇ + ⃗Ω
⃗ ×𝑣 (3.1.27)
𝜕𝑡 2
où
⃗⃗ = ∇ × 𝑣
Ω (3.1.28)
où ⃗Ω
⃗ est le vecteur vorticité,
𝑣 = ∇𝜙 (3.1.30)
𝑣 = 𝑣(𝑟, 𝑡) (3.2.1)
𝑣𝑥 = 𝑣𝑥 (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡),
𝑣𝑦 = 𝑣𝑦 (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡),
𝑣𝑧 = 𝑣𝑧 (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡).
Les lignes de courant sont des courbes qui à tout instant 𝑡 sont tangentes aux
vecteurs vitesses des particules. Cela se traduit par
𝑣 ∧ 𝑑𝑟𝑠 = ⃗0 (3.2.2)
⃗ = ⃗0
(𝑣𝑦 𝑑𝑧 − 𝑣𝑧 𝑑𝑦)𝑖 + (𝑣𝑧 𝑑𝑥 − 𝑣𝑥 𝑑𝑧)𝑗 + (𝑣𝑦 𝑑𝑥 − 𝑣𝑥 𝑑𝑦)𝑘 (3.2.3)
ou encore
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧
= = (3.2.4)
𝑣𝑥 𝑣𝑦 𝑣𝑧
Les trajectoires des particules fluides sont définies par l’équation différentielle
𝑑𝑟
= 𝑣(𝑟, 𝑡) (3.2.5)
𝑑𝑡
On peut poser 𝑟(𝑡) = 𝑅⃗ comme condition aux limites. L’équation (3.2.5) peut s’écrire
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧
= = = 𝑑𝑡 (3.2.6)
𝑣𝑥 (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡) 𝑣𝑦 (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡) 𝑣𝑧 (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡)
L’ensemble des lignes de courant qui passent par cette courbe fermée G forme un
tube de courant.
e) Si le champ de vitesse est tel que 𝑑𝑖𝑣 𝑣 = 0 on dit que l’écoulement est
incompressible
f) Si le champ de vitesse est tel que 𝑟𝑜𝑡 𝑣 = 0 ⃗ on dit que l’écoulement est
irrotationnel, le champ dérive d’une fonction potentielle 𝜙(𝑥, 𝑦, 𝑧).
Dans ce cas, le vecteur vitesse est donné par
𝑣 = ∇𝜙 (3.2.7)
⃗
𝑑𝑣 = 𝑑𝑣𝑥 𝑖 + 𝑑𝑣𝑦 𝑗 + 𝑑𝑣𝑦 𝑘 (3.3.2)
Sachant que
En insérant les équations (3.2.3) dans (3.2.1) on obtient les composantes cartésiennes
du champ de vecteur accélération
⃗
𝝏𝒗 ⃗
𝝏𝒗
⃗ = (𝒗
𝒂 ⃗ 𝛁)𝒗
⃗ + ⃗ +
= 𝑫𝒗 (𝟑. 𝟐. 𝟓)
𝝏𝒕 𝝏𝒕
⃗
𝝏𝒗
⃗ = (𝒈𝒓𝒂𝒅 𝒗
𝒂 ⃗ )𝒗
⃗ + (𝟑. 𝟐. 𝟕)
𝝏𝒕
Exercice 2
Un tube de Venturi est constitué d’une section convergente 𝐴, d’une section d’étranglement B et
d’une section divergente C. L’ écoulement est supposé permanent et non visqueux. Déterminer le
débit de l’écoulement dans le tube.
Lorsque nous insérons une pompe dans le circuit, il faudra tenir compte de l’énergie
fournie par celle-ci. L’équation (3.4.8) devient
𝑣2 𝑝 𝑣2 𝑝
( + + 𝑧) − ( + + 𝑧) = −𝐻𝑝 (3.4.9)
2𝑔 𝜌𝑔 1
2𝑔 𝜌𝑔 2
𝐿𝑒 1/6
≈ 4.4𝑅𝑒 (3.4.12)
𝐷
Il apparaît que le gradient de pression décroît le long de l’écoulement. Et cette
décroissance devient linéaire à partir de la longueur d’entrée. C’est dans la zone
d’entrée que l’on distingue donc les pertes de charges singulières (rétrécissement
dans le cas de la figure ci-dessus).
La terminologie prend tout son sens au travers de cet exemple « singulière » pour
dire que la chute de pression est localisée en un point, « régulière » pour dire que
cette chute de pression a lieu sur une certaine longueur de l’écoulement.
On définit le coefficient de perte de charge régulière ou coefficient de Darcy-
Weisbach pour l’écoulement dans un conduit droit de longueur 𝐿 et de diamètre 𝐷
par l’expression
∆𝑝
𝜆= (3.4.13)
𝐿1 2
𝜌𝑣
𝐷2
On peut écrire encore, la perte de pression
𝐿1 2
∆𝑝 = 𝜆 𝜌𝑣 (3.4.14)
𝐷2
En rapportant cette perte de charge à une hauteur de liquide, on écrit
∆𝑝 = 𝜌𝑔ℎ𝑟 (3.4.15)
où
𝐿 1 2
ℎ𝑟 = 𝜆 𝑣 (3.4.16)
𝐷 2𝑔
C’est une expression de la perte de charge en hauteur d’eau.
Le coefficient de perte de charge régulière peut s’exprimer en fonction de la
contrainte de cisaillement :
4𝜏𝑝
𝜆= (3.4.17)
1 2
𝜌𝑣
2
Le coefficient de frottement en régime laminaire est donné par
Δ𝑝 8𝜇𝑣
= 2 (3.4.18)
𝐿 𝑅
En substituant cette relation dans (3.4.13), on obtient
64
𝜆= (3.4.19)
𝑅𝑒
En régime turbulent ( 𝑅𝑒 > 5. 105 ) le coefficient de perte de charge est donné par
𝜀
1 2.51
= −2 log ( 𝐷 + ) (3.4.20)
√𝜆 3.71 𝑅𝑒 √𝜆
Conduite
Régime
Rugueuse Rugueuse Relation
Lisse d’écoulement
homogène hétérogène
Poiseuille
Laminaire
+ 64
(𝑅𝑒 < 2000) 𝜆=
𝑅𝑒
Laminaire Blasius
+
(2000 < 𝑅𝑒 < 5. 105 ) 𝜆 = 0.316𝑅𝑒−0.25
Karman
Turbulent
+ 1 𝑅𝑒 √𝜆
𝑅𝑒 > 5. 105 = 2 𝑙𝑜𝑔 ( )
√𝜆 2.51
Turbulent 1 𝜀 ⁄𝐷
+ + = −2 𝑙𝑜𝑔 ( )
rugueux √𝜆 3.71
Colebrook
Turbulent
+ 1 𝜀 ⁄𝐷 2.51
rugueux et semi-rugueux = −2 𝑙𝑜𝑔 ( + )
√𝜆 3.71 𝑅𝑒 √𝜆
𝑣2 𝐿𝑠 𝑣 2
ℎ𝑠 = 𝐾 = ℎ𝑟 = 𝜆 (3.4.23)
2𝑔 𝐷 2𝑔
Soit :
𝐾
𝐿𝑠 = 𝐷 (3.4.24)
𝜆
Exercice 1