Thérapeutique Et Gestes Chirurgicaux Simples en Ophtalmologie Vétérinaire
Thérapeutique Et Gestes Chirurgicaux Simples en Ophtalmologie Vétérinaire
chirurgicaux simples
en ophtalmologie
vétérinaire
Dans la même collection
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Gilles CHAUDIEU
1 Voies d’administration
À RETENIR
Le choix d’une voie d’administration est déterminé par :
• les propriétés physicochimiques du principe actif et de sa forme galénique
(pénétration intracornéenne, durée d’action, stabilité) ;
• la concentration en principe actif nécessaire pour traiter efficacement
la(les) lésion(s) de la(des) structure(s) atteinte(s) ;
• les possibilités de traitement (rythme d’administration, coopération de
l’animal), la localisation de l’affection à traiter.
VOIE TOPIQUE
❚ DIFFUSION DES PRINCIPES ACTIFS
Les principes actifs ne passent pas la barrière cornéenne par simple diffusion, mais en
fonction :
– de leur nature chimique ;
– de leur taille moléculaire ;
– de leur concentration ;
– de leur forme galénique ;
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Nature chimique
C’est l’épithélium cornéen qui constitue le principal obstacle aux principes actifs. Il
est bien pénétré par ceux qui sont liposolubles, mais très mal par ceux qui sont ioni-
sés (électrolytes). C’est similaire pour l’endothélium, encore que le rôle de barrière
de ce dernier soit discutable, et l’inverse pour le stroma. Les médicaments présentés
sous une forme intermédiaire entre ionisée et non ionisée (chloramphénicol, alcaloï-
des) sont ceux qui passent le mieux la barrière cornéenne. Ceux qui sont hydrosolu-
bles (beaucoup d’antibiotiques, les sulfamides, la fluorescéine) ne pénètrent le
stroma cornéen qu’en cas d’absence épithéliale (lors d’ulcère cornéen par exemple).
Taille moléculaire
Plus elle est élevée, moins bonne est la pénétration.
4 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Concentration
Plus elle est élevée, meilleure est la pénétration.
Forme galénique
Les solutions sont les plus rapidement absorbées : solutions tampons électrolytiques,
solutions visqueuses (bases dacryomimétiques : hyaluronate de Na, méthyl- ou
hydroxyéthylcellulose, mucine), solutions huileuses (huiles végétales ou minérales).
Les suspensions ont un temps de contact cornéen plus important que les solutions.
Les gels (de type carbopolymères) sont présents plusieurs heures dans le film
lacrymal précornéen.
Les inserts placés dans le cul-de-sac conjonctival inférieur sont encore plus rémanents
que les gels et se dissolvent lentement. Composés de polypeptides, saccharides ou
cellulose, ils humidifient la cornée (hydroxypropylcellulose) et/ou libèrent lentement
un principe actif (parasympatholytique ou parasympathomimétique, antibioti-
que…).
Les lentilles pansements hydrophiles ont la possibilité d’absorber et de relarguer les
principes actifs de solutions ou suspensions instillées dans l’œil traité (demi-vie de
délivrance du principe actif par une lentille pansement : 20 min).
Propriétés physicochimiques
Le pH : les spécialités topiques humaines ont un pH à 7 (celui des larmes). Le pH des
larmes du chien est à 6,5 et un pH de 5 est encore bien toléré pour un produit topi-
que. Lorsque cela est compatible avec la stabilité et la bonne activité du(des) prin-
cipe(s) actif(s) véhiculé(s), des solutions tampons sont utilisables pour modifier le
pH.
L’isotonicité aux larmes : c’est la concentration idéale (1,4 % NaCl chez l’homme,
concentration idéale chez les carnivores domestiques également). Certains principes
actifs (antibiotiques notamment) doivent être à une concentration plus élevée pour
être efficaces et cela peut se traduire par des effets irritants.
La nature chimique : un produit en solution huileuse (pommade notamment) doit
être administré après un produit en solution aqueuse.
L’effet mouillant : les ammoniums quaternaires utilisés comme conservateurs (chlo-
rure de benzalkonium) diminuent la tension superficielle, donc augmentent la péné-
tration intracornéenne dans une cornée saine.
Rythme d’administration
Le temps optimal d’activité pour une goutte est de 5 min : une seconde goutte ins-
tillée après la première élimine physiquement 45 % de cette dernière à 30 s d’inter-
valle, 17 % à 2 min d’intervalle et pratiquement rien à 5 min. Un délai minimal de
2 min entre deux gouttes est requis. Pour une pommade, on considère que le temps
optimal d’activité est de 20 min.
❚ Voies d’administration 5
Fig. 1.1 Myosis et pigmentation du stroma irien chez un Chow-chow glaucomateux traité
depuis 6 mois au latanoprost (Xalatan collyre).
6 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 1.3 Administration de collyre par un opérateur droitier dans l’œil droit d’un chien.
tivite sèche n’est pas une bonne indication de pose de lentille pansement), net-
toyage oculaire et anesthésie topique, la lentille est extraite de son flacon individuel,
posée sur une compresse stérile et mise en place au doigt ou à l’aide d’une pince de
Paufique (en évitant de la saisir par les bords pour ne pas la déchirer). Elle est saisie
par sa face convexe, doucement pliée selon un diamètre, glissée de la partie supéro-
temporale vers la partie inféronasale du limbe, sous la membrane nictitante, en
s’aidant si besoin d’une pince (fig. 1.4B). La lentille est centrée à l’aide du symbole
vert placé au centre de cette dernière (fig. 1.4C), elle doit adhérer à la cornée sans
bulles visibles, indicatrices d’un mauvais contact lentille–cornée (mauvais choix de
taille le plus souvent). Elle doit rester en place une semaine environ pour le traite-
ment d’un ulcère cornéen et constitue dans certains cas une alternative intéressante
à la tarsorraphie (ulcères à bords décollés, ulcères à collagénases, animal monoph-
talme ou dont l’œil voyant est à traiter, fig. 1.4C).
8 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 1.4 A. Lentille pansement dans son flacon et gabarit de pose (adapté à l’espèce traitée). B. Mise en
place d’une lentille pansement. C. Lentille centrée en place chez un Loulou monophtalme droit âgé de
13 ans, opéré de cataracte à l’âge de 4 ans, présentant un ulcère cornéen central profond (la lentille est en
place depuis deux semaines, l’ulcère est cicatrisé).
❚ Voies d’administration 9
INJECTIONS
❚ INJECTION SOUS-CONJONCTIVALE
Elle peut se pratiquer sous la conjonctive palpébrale ou bulbaire, en pratique sous la
conjonctive bulbaire supérieure.
Indications
Les principes actifs hydrosolubles (antibiotiques de type pénicillines ou gentami-
cine), qui passent le moins bien la barrière épithéliale cornéenne, spécialement sous
les formes dites « dépôt » (absorption lente, de type acétate de méthylprednisolone)
sont les principaux bénéficiaires de cette voie d’administration. L’impossibilité
d’administrer correctement ou assez souvent des topiques, la nécessité d’obtenir
rapidement une concentration suffisante de principe actif dans l’humeur aqueuse
sans effet systémique (par exemple de corticostéroïdes dans l’humeur aqueuse lors
de cataracte diabétique) constituent des indications privilégiées. Les kératites superfi-
cielles vascularisées, les granulomes cornéens, les uvéites et les traitements postopé-
ratoires lors d’interventions endoculaires sont les principales indications.
Inconvénients
Les principaux inconvénients sont :
– la douleur temporaire au point d’injection (gentamicine) ;
– la formation différée de granulomes de résorption (acétate de méthylpredniso-
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
lone) ;
– l’action indésirable retardée de certain produits dans certaines circonstances
(corticoïdes retard lors d’ulcères cornéens) ;
– le risque septique (minime).
Conditions de réalisation
L’injection sous-conjonctivale est réalisable chez la plupart des animaux avec une
simple anesthésie topique, après nettoyage des surfaces oculaires (sédation rarement
requise).
Technique d’injection
L’animal est soit debout, soit assis, soit en décubitus sternal (cette dernière position
procure la meilleure stabilité), son museau est dirigé vers le haut pour faciliter la
rotation du globe oculaire vers le bas. La paupière supérieure est immobilisée,
l’aiguille de 27G est introduite sous la conjonctive bulbaire supérieure maintenue ou
non par une pince de Paufique, parallèlement au plan de la sclère, biseau dirigé vers
10 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
le haut (fig. 1.5). Une résistance à sa pénétration signifie qu’elle se trouve dans la
capsule de Ténon ou dans la sclère). Le liquide est injecté (volume maximal : 1 mL),
il soulève la conjonctive au point d’injection quelques heures.
❚ INJECTION RÉTROBULBAIRE
Indications
Cette voie est utilisée soit pour traiter des affections du segment postérieur (vitré,
choroïde, rétine, nerf optique), soit à titre diagnostic (orbitographie, ponction à
l’aiguille fine), soit pour anesthésier le globe oculaire et les paupières. La diffusion du
principe actif est réputée rapide, que ce soit lors d’infection endoculaire, de cellulite
orbitaire ou de traumatisme (injection de corticostéroïdes lors de luxation du globe
ou de myosite des muscles extrinsèques du globe).
Techniques
Bien que plusieurs soient décrites, nous préférons, après nettoyage oculaire et anes-
thésie topique, soit la technique décrite par Gelatt (une aiguille 20G est introduite
en arrière du ligament orbitaire, au-dessus de l’arcade zygomatique, en direction
médiocaudale sur environ 25 mm pour un chien de taille moyenne), soit plus com-
munément l’injection latérobulbaire (fig. 1.6). En cas de luxation du globe, l’injec-
tion anti-inflammatoire de corticostéroïde retard après remise en place du globe et
tarsorraphie peut être effectuée en introduisant au travers de la paupière supérieure,
sur 25 mm environ, une aiguille 20G le long du bord orbitaire supérieur, en direc-
tion postérieure, entre le globe et l’orbite.
❚ INJECTIONS INTRA-OCULAIRES
Elles sont beaucoup moins utilisées que les précédentes.
❚ Voies d’administration 11
Injection intracamérulaire
Elle est rarement pratiquée indépendamment de la chirurgie intra-oculaire. L’injec-
tion d’antibiotiques, d’activateur tissulaire du plasminogène (tpA, à raison de 20 µg
par injection comme fibrinolytique en cas de persistance de caillots dans la chambre
antérieure) peut être mise en œuvre après intervention chirurgicale endoculaire ou
suite à une uvéite antérieure. L’anesthésie générale est requise. Le globe préalable-
ment nettoyé est immobilisé en saisissant la conjonctive près du limbe à l’aide d’une
pince de Paufique, l’aiguille 27G montée est présentée biseau vers le haut à 4 mm
du limbe, passée sous la conjonctive en direction du limbe, introduite au travers de
la sclère à 1–1,5 mm du limbe pour pénétrer dans la chambre antérieure en avant
du et parallèlement au plan irien sur 1/3 de sa longueur environ (fig. 1.7). Si l’œil est
« mou », l’injection peut être réalisée (0,1 à 0,2 mL) ; s’il est normotone, une quan-
tité d’humeur aqueuse équivalente à celle du produit injectée est aspirée, puis une
seconde seringue contenant le produit à injecter est assujettie à l’aiguille en place.
L’injection effectuée, une pince saisit la conjonctive autour de l’aiguille et est mainte-
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
nue serrée quelques secondes après le retrait de l’aiguille pour éviter un retour de
liquide sous-conjonctival.
Injection intravitréenne
Il existe deux indications en médecine des animaux de compagnie : l’endophtalmie
(les antibiotiques par voie générale diffusent mal dans le vitré) et la chimiodestruc-
tion du corps ciliaire lors de glaucome évolué avec cécité. L’introduction d’un anti-
biotique en cas d’infection vitréenne doit tenir compte de plusieurs paramètres :
durée d’activité, toxicité possible pour la rétine et l’épithélium ciliaire. Une aiguille
montée de 23G ou 20G est introduite après nettoyage du globe au travers de la
conjonctive et de la sclère sur 1 à 1,5 cm dans le corps vitré, à 8 mm du limbe (au
niveau de la pars plana), dirigée vers la papille pour ne pas toucher le cristallin (la
dilatation pupillaire lors de glaucome dépassé permet le contrôle visuel du trajet). La
quantité de vitré extrait par aspiration dans la première seringue montée (fig. 1.8)
est équivalente à celle de produit injecté contenu dans une seconde seringue assu-
jettie à l’aiguille en place. Le vitré (gel) est parfois difficile à aspirer et il faut chercher
12 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 1.8 Réalisation d’une injection intravitréenne sur un œil en glaucome dépassé.
Noter le caractère liquéfié et hémorragique du vitré aspiré dans la seringue.
une « poche » dans laquelle il est liquéfié ; plus le diamètre d’aiguille choisi est
important, plus le risque hémorragique l’est aussi, d’autant plus que la pression
intra-oculaire est élevée.
VOIE GÉNÉRALE
C’est en principe une voie d’administration à choisir pour traiter les affections du
segment postérieur et de l’orbite. La barrière hémato-aqueuse (cellules claires de
l’épithélium ciliaire, endothélium des capillaires iriens) limite considérablement la
❚ Voies d’administration 13
Tableau 1.I Choix d’une voie d’administration en fonction de la structure atteinte (modifié
d’après G. Severin in Severin’s Veterinary Ophtalmology Notes, third edition,
édité par Design Pointe TM Communications Inc., 1995.).
Voie Sous-
Topique Rétrobulbaire Systémique
Structure conjonctivale
Paupières + +
Sclère + + +
Uvée antérieure + + +
Vitré + +
Choroïde et rétine + +
Nerf optique + +
Orbite + +
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
2 Classes
médicamenteuses
en ophtalmologie
ANTISEPTIQUES ET ASTRINGENTS
On peut distinguer dans cette catégorie trois types de produits :
– les antiseptiques et astringents proprement dits ;
– les solutions déinfectantes de la peau des paupières et des conjonctives ;
– les solutions de désinfection et stérilisation du matériel chirurgical.
CICATRISANTS
C’est un ensemble de médicaments topiques, employés pour contrôler la lyse stro-
male et promouvoir la cicatrisation épithéliale lors d’ulcères cornéens.
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
❚ ANTICOLLAGÉNASIQUES
Ils sont prescrits sur des ulcères datant de plus de cinq jours ou dont l’aspect est
évocateur d’ulcère à collagénases : La n-acétylcystéine à 5 % en collyre (préparé à
partir de la solution Mucomyst pour instillation endotrachéobronchique) doit être
instillée toutes les deux heures les deux premiers jours, puis trois ou quatre fois par
jour ensuite jusqu’à disparition des signes de lyse collagénasique stromale, encore
que l’irritation induite impose parfois de réduire la fréquence des instillations ; la n-
acétylcystéine entraînerait soit la chélation du coenzyme Zn, soit la rupture du pont
disulfure des collagénases d’origine bactérienne.
Le mélange anticollagénasique n-acétylcystéine à 2,5 % – tétracémate disodique
(EDTA) à 0,05 % (Nac collyre), dans un excipient dextran qui augmente le temps de
contact avec la cornée, limite cet inconvénient (instillations moins fréquentes : qua-
tre fois par jour puis trois, voire deux fois ensuite), sans apparemment diminuer l’effi-
cacité par rapport au collyre à 5 %.
16 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
❚ IMMUNOGLOBULINES
Il s’agit simplement d’homosérum conservé au réfrigérateur, instillé quatre fois par
jour, dont l’action anticollagénasique est reconnue.
Hyaluronate de sodium
Le pouvoir trophique du hyaluronate de sodium (Regefluid, TwelveTVM et Viskyal colly-
res), associé au pouvoir couvrant de ce type de solution, est intéressant (voir dans ce
chapitre, le paragraphe « dacryomimétiques »).
Facteurs de croissance
Leur utilisation en médecine vétérinaire n’est pas du domaine courant. En fonction
de leur structure tissulaire d’origine (epithelial growth factor : EGF ; eye derived growth
factor : EGF ; fibroblast growth factor : FGF ; mesodermal growth factor : MGF), ils agis-
sent par voie topique comme des promoteurs de la mitose sur les cellules épithélia-
les, mais aussi sur les fibroblastes dans les cas d’ulcères récidivants ou à cicatrisation
retardée.
Fibronectine
Polypeptide de haut poids moléculaire présent dans le complexe d’adhésion transi-
toire et dans la membrane basale épithéliale, la fibronectine bovine déspécifiée à
425 µg/mL peut permettre la cicatrisation d’ulcères à bords décollés de type dystro-
phie épithéliale ou ulcères herpétiques félins en carte de géographie à raison de
deux instillations quotidiennes pendant dix jours. L’inconstance des résultats, le coût
du traitement, l’impossibilité de réutilisation après décongélation de ce produit en
limitent l’usage.
ANTIBIOTIQUES
À RETENIR
Le choix d’un traitement antibiotique est fonction :
• de l’examen complet de l’œil : affection aiguë ou chronique, inflamma-
tion ;
• des propriétés de la forme galénique et de la(des) molécule(s) prescrite(s) :
hydrosolubilté, liposolubilité, propriétés pharmacologiques.
biotique peut être fait selon la sensibilité présumée du germe (tableau 2.I). L’antibio-
gramme permet de déterminer la CMI (concentration minimale inhibitrice) d’une
souche bactérienne par un antibiotique : c’est la plus faible concentration d’antibio-
tique capable de provoquer une inhibition complète de la croissance d’une bactérie
donnée, appréciable à l’œil nu après une période d’incubation. Une CMI comprise
entre les deux concentrations critiques qualifie la souche bactérienne en cause
comme de sensibilité intermédiaire (entre souche sensible et souche résistante),
c’est-à-dire que le choix de l’antibiotique testé sera aléatoire quant au résultat clini-
que in vivo. Les associations d’antibiotiques (framycétine–polymyxine B, néomycine–
polymyxine B par exemple) sont élaborées dans les spécialités topiques disponibles
de façon à ce que ces dernières soient le moins tributaire possible des limites du
spectre antibactérien de chaque antibiotique pris individuellement.
18 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Tableau [Link] Pénétration intra-oculaire des antibiotiques (modifiée d’après CL. Martin, Oph-
talmic diseases in veterinary medecine. London : Manson, 2005).
❚ PÉNICILLINES
Propriétés pharmacocinétiques et pharmacologiques
Hydrosolules, elles passent mal la barrière épithéliale, mais leur pénétration sous-
conjonctivale est bonne.
Non liposolubles, liées aux protéines plasmatiques, elles franchissent mal les barriè-
res hémato-aqueuse et hématorétinienne : l’ampicilline, puis l’amoxicilline pénètrent
le mieux, la dicloxacilline pas du tout ; la pénicilline G, la méthicilline, la carbénicil-
line, la cloxacilline ont un faible pouvoir de pénétration.
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 21
Tableau [Link] Concentration et posologie des antibiotiques en fonction des voies d’adminis-
tration (modifié d’après G. Severin in Severin’s Veterinary Ophtalmology
Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc.).
Voie
Sous-
Collyres
topique conjonc- Intracamérulaire Intravitréenne
Principe renforcés
tivale
actif
amikacine – 6–10 mg/mL 25 mg 250 µg 400 µg
ampicilline – 50 mg/mL 50–150 mg – 500 µg
carbénicilline – 4–6 mg/mL 100 mg – 200–2 000 µg
céphaloridine – 32 mg/mL 100 mg – 250 µg
céphalotine – – 50–100 mg – 2 mg
céfazoline – 30–50 mg/mL 100 mg – 2,25 mg
clindamycine – 50 mg/mL 15–50 mg/ 1 mg 1 mg
mL
chloramphé- 5–10 mg/ – 50–100 mg 1–2 mg 1–2 mg
nicol mL
chlortétracy- 10 mg/g – 2,5–5 mg 2,5–5 mg 2,5–5 mg
cline
ciprofloxacine 3,5 mg/mL – – – –
colistine 3 mg/mL 10 mg/mL 15–25 mg 100 µg 100 µg
gentamicine 3 mg/mL 9–15 mg/mL 10–20 mg – 100–200 µg
méthicilline – 50 mg/mL 50–100 mg 1 mg 1–2 mg
néomycine 3,5–8 mg/ 33 mg/mL 125– 2,5 mg –
mL 250 mg
pénicilline G – 100 000– 0,5–1,0 mil-
1 000– –
300 000 uni- lion unités4 000 unités in
tés/mL situ
norfloxacine 3 mg/mL – – – –
ofloxacine 3 mg/mL – – – –
oxacilline – 66 mg/mL – – –
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Les pénicillines sont actives conte les bactéries Gram positives, mais seules celles qui
sont lactamases résistantes (méthicilline, oxacilline, cloxacilline, dicloxacilline) sont
efficaces contre les souches de Staphylococcus aureus et Staphylococcus epidermidis
22 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Indications
Il n’y a pratiquement pas d’indications topiques (mauvaise pénétration, risques de
sensibilisation) si ce n’est celui de la ticarcilline (Claventin, Ticarpen) par voie sous-
conjonctivale dans le traitement d’ulcères cornéens à Pseudomonas.
La voie générale est indiquée lors d’infections des annexes (amoxicilline–acide clavu-
lanique : Clavaseptin, Clavobay, Kesium, Nisamox, Synulox, Taclor) ou en antibiopré-
vention lors d’intervention endoculaire pour l’ampicilline (Ampicat, Ampidog).
❚ CÉPHALOSPORINES
Propriétés pharmacocinétiques et pharmacologiques
Comme les pénicillines, leur activité antibactérienne est liée à la présence d’un
anneau β-lactamique autour du noyau. Seules les lactamases produites par les bacté-
ries Gram négatives sont susceptibles d’inactiver la majorité des céphalosporines.
L’adjonction de chaînes au noyau céphalosporinique des céphalosporines de pre-
mière génération (céfadroxil : Oracéfal, céfazoline : Céfacidal, céfalexine : Céfaseptin,
Rilexine observance et Rilexine injectable, Thérios et Thérios félin) a permis la synthèse
de céphalosporines de seconde génération (céfaclor : Alfatil, Haxifal ; céfamandole,
céfuroxime : Cépazine, Zinnat) et troisième génération (céfépime : Axépim ; céfopé-
razone, céfovecine : Convenia ; ceftazidime : Fortum ; ceftriaxone : Rocéphine) carac-
térisée par :
– un spectre d’activité plus large contre les bactéries Gram négatives ;
– une moins bonne efficacité contre les bactéries Gram positives ;
– un coût plus élevé.
Indications
Non disponibles sous forme topique, elles sont administrées par voie générale, mais
aussi par voie sous-conjonctivale (céfazoline : Céfacidal) et intravitréenne (céfatzi-
dime) :
– céphalosporines de première génération : maladies systémiques à manifesta-
tions oculaires, antibioprévantion d’intervention endoculaire, traitement d’ulcè-
res cornéens infectés en association avec une fluoroquinolone ;
– céphalosporines de seconde génération : plus efficaces contre les entérobacté-
ries Gram négatives, elles sont rarement utilisées en médecine vétérinaire ;
– céphalosporines de troisième génération : l’excellente activité de la ceftazidime
contre Pseudomonas aeruginosa et sa très faible toxicité rétinienne en font une
indication de choix lors d’endophtalmie par voie intravitréenne.
La céfovecine (Convenia) à 8 mg/kg (0,25 nL/2,5 kg) par voie sous-cutanée (une
injection pour 14 jours d’activité), bien que préconisée dans les infections urinaires
et cutanées, offre une grande commodité d’emploi, en particulier chez le chat, et un
spectre d’activité assez large : Staphylococcus intermedius, Streptococcus β-hémolyti-
que, Pasteurella multocida, Escherichia coli, Proteus spp notamment.
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 23
❚ BACITRACINE
Propriétés pharmacocinétiques et pharmacologiques
La bacitracine est hydrosoluble et est efficace contre la plupart des bactéries Gram
positives. Instable en solution, elle est seulement disponible en pommade ; sa toxi-
cité rénale par voie générale limite considérablement ce dernier usage, ce qui fait
que peu d’antibiorésistances sont connues chez les bactéries contre lesquelles elle
est efficace.
Indications, présentation
Elle peut être utilement associée par voie topique (pommade) à la polymyxine B
(efficace contre les bactéries Gram négatives) et à la néomycine (bien qu’efficace
contre beaucoup de germes Gram positifs), mais n’est pas disponible en spécialités
humaines ou vétérinaires seule ou strictement associée aux antibiotiques cités en
France. La seule présentations disponible est une association de bacitracine à
50 000 UI/100 mL, colistine à 25 000 000 UI/mL et hydrocortisone à 1 g/100 mL à
instiller à raison d’une goutte 3 à 8 fois/j (Bacicoline collyre).
❚ VANCOMYCINE
Elle est efficace contre les cocci Gram positifs (Saphylococcus, Streptococcus), Clostri-
dium et Corynebacterium. Ce large spectre, mais une toxicité reconnue, la font réser-
ver au traitement de l’endophtalmie bactérienne par voies sous-conjonctivale et
intravitréenne si d’autres antibiotiques moins toxiques se révèlent inefficaces ou mal
tolérés.
❚ POLYMYXINE B
Propriétés pharmacocinétiques et pharmacologiques
Elle agit comme un surfactant sélectivement toxique pour les qualités osmotiques de
la membrane cytoplasmique bactérienne. Elle ne passe ni la barrière épithéliale cor-
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
néenne, ni la barrière hémato-aqueuse. Elle est néphrotoxique par voie générale, irri-
tante par voie sous-conjonctivale et uniquement efficace contre les bactéries Gram
négatives (Pseudomonas notamment).
Indications
Fréquemment utilisée lors d’infections des paupières et de la conjonctive, elle est
administrée par voie topique associée à d’autres antibiotiques (néomycine et framy-
cétine notamment) ou à des anti-inflammatoires : Omnicol collyre (associée à la fra-
mycétine et à la synéphrine, administré 3 à 5 fois/j), Polyfra pommade (associée à la
framycétine, appliquée 1 à 5 fois/j), Tévémyxine collyre, instillé 3 ou 4 fois/j) et pom-
made (appliquée 2 fois/j et en relais nocturne du collyre).
❚ GRAMICIDINE
Active contre les bactéries Gram positives, elle est rarement utilisée par voie topique
à la place de la bacitracine.
24 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
❚ AMINOSIDES
Propriétés pharmacocinétiques et pharmacologiques
Cette famille d’antibiotiques est potentiellement efficace contre de nombreuses bac-
téries Gram négatives : Pseudomonas aeruginosa, Proteus, Klebsiella, Escherichia coli,
Enterobacter, Serratia et de nombreuses souches de staphylocoques. Le large spectre
d’activité de la néomycine, incluant bactéries Gram négatives et Gram positives à
l’exception de Pseudomonas, présente un grand intérêt topique. Ces substances agis-
sent en se liant aux ribosomes bactériens, inhibant la synthèse protéique et, de ce
fait, sont l’objet d’antibiorésistances fréquentes liées soit à l’altération des ribosomes
bactériens, soit à une diminution des prises, soit le plus souvent à l’inactivation enzy-
matique du principe actif par la bactérie ; les résistances croisées (gentamicine–
tobramycine) sont possibles et souvent complètes (d’où l’intérêt de l’antibiogramme
lors d’ulcère cornéen à Pseudomonas) et les pénicillines mélangées aux aminoglycosi-
des par voie topique inactivent ces derniers (bien que l’association des deux soit
synergique).
Hydrosolubles, elles pénètrent le stroma cornéen ulcéré mais passent mal la barrière
hémato-aqueuse.
Néomycine
Elle est administrée par voie topique associée à d’autres antibiotiques (poly-
myxine B : Tévémyxine collyre [instillé 3 ou 4 fois/j] et pommade [administrée 2 fois/j
ou en relais nocturne du collyre], thiostrepton : Panolog capsules administré 2 fois/j)
ou à des corticoïdes (hydrocortisone : néomycine hydrocortisone pommade appli-
quée 2 fois/j, triamcinolone : Panolog en capsules appliqué 2 fois/j, dexaméthasone :
Dexagrane collyre instillé 4 à 6 fois/j). Son usage à long terme est réputé potentielle-
ment sensibilisant (blépharite, conjonctivite).
Gentamicine
Son usage fréquent en médecine vétérinaire fait que des antibiorésistances, notam-
ment à Pseudomonas, sont de plus en plus observées. Elle est réputée potentielle-
ment irritante en usage topique, notamment chez le chat. Par voie topique, elle est
employée lors de blépharite, conjonctivite, dacryocystite et en traitement initial de
l’ulcère cornéen infecté, en collyre à 3 mg/mL (Gentalline collyre, 3 à 8 instillations/
j), ou gel aqueux (Soligental, trois instillations par jour). Elle est également présentée
en association avec la bétaméthasone (Béta-septigen collyre, 6 à 8 instillations/j), la
dexaméthasone (Tiacil instillé 2 fois/j), et l’indométacine (Indobiotic, 4 instillations/j).
Lors d’ulcère à collagénases, kératite bactérienne grave, une solution renforcée (de
9 à 15 mg/mL) doit être préparée et utilisée, éventuellement associée à une cépha-
losporine lactamase résistante par voie générale.
L’injection intravitréenne de 8 à 20 mg de gentamicine (12 à 15 mg en moyenne)
met à profit la toxicité de cette substance (chimiodestruction) pour l’épithélium pig-
menté du corps ciliaire et de la rétine ; elle n’est recommandée que lors de glau-
come dépassé avec perte de vision : la pression intra-oculaire (PIO) baisse en quel-
ques jours, se stabilise en une à deux semaines. Si besoin, la procédure peut être
répétée, mais il faut se méfier de ne pas injecter chez un chien de petit format une
dose toxique par voie générale (néphrotoxicité). Chez le chat, l’injection de genta-
micine intravitréenne a été décrite comme pouvant induire l’apparition de sarcomes.
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 25
Tobramycine
Les indications sont les mêmes que celles de la gentamicine, à la même concentra-
tion et si besoin en solution renforcée à 15 mg/mL (irritation locale possible), mais
elle est plus active in vitro contre Pseudomonas que la gentamicine avec laquelle des
résistances croisées existent. Cependant, si un germe est résistant à la tobramycine,
il l’est en général à la gentamicine, l’inverse n’est pas toujours vrai. Pour ces raisons,
la tobramycine fait partie des antibiotiques topiques de tout premier choix lors
d’infection à germes Gram négatifs, notamment à Pseudomonas (Tobrex collyre, 3 à
8 instillations/j ; Tobrex pommade, 2 à 3 fois/j).
L’usage de l’association en collyre sulfate de chondroïtine à 100 mg/mL–tobramy-
cine à 3 mg/m a été décrite dans ce chapitre, au paragraphe « cicatrisants ». L’asso-
ciation en collyre à la dexaméthasone est disponible (Tobradex, une goutte toutes les
4 à 6 h).
Amikacine
Il n’existe pas de présentation ophtalmique, mais une solution à 1 % dans des lar-
mes artificielles peut être préparée à partir de la forme injectable (Amiklin), instillée
au moins quatre fois par jour. Son large spectre d’activité contre les bactéries Gram
négatives résistantes (elle n’est pas inactivée par les enzymes bactériennes) et sa fai-
ble toxicité en font un antibiotique de choix par voie intravitréenne en cas
d’endophtalmie.
Framycétine
Son spectre d’activité est proche de celui de la néomycine. Elle se présente surtout
en association avec la polymyxine B (Polyfra pommade) et en collyre ou pommade
en association avec la dexaméthasone. La framycétine est un des aminosides les plus
efficaces contre les staphylocoques. Elle est aussi active contre les streptocoques et
Pseudomonas, et ses formes topiques vétérinaires associées à la dexaméthasone ne
permettent pas d’exploiter ces qualités, voire sont contre-indiquées : on peut tou-
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
❚ TÉTRACYCLINES
Ce sont des antibiotiques (chlortétracycline, déméclocycline, doxycycline, oxytétra-
cycline) à large spectre actifs contre les germes Gram positifs, Gram négatifs, aéro-
bies et anaérobises (Actinomyces, Chlamydophila, Mycoplasma, Rickettsia), dont la
taille moléculaire ne permet la pénétration intracornéenne que si l’épithélium est
lésé. Ils sont utilisés dans le traitement d’ulcères cornéens et de conjonctivites,
notamment chlamydiennes chez le chat par voie topique en pommade à 1 % (Posi-
cycline, chlorhydrate d’oxytétracycline, 1 ou 2 applications/j), et par voie générale
(doxycycline à 10 mg/kg/j : Doxyval, Ronaxan). Le collyre Posicycline n’est plus dispo-
nible. Le Sterdex en pommade associe oxytétracycline et dexaméthasone (1 à
3 applications/j).
26 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
❚ MACROLIDES
Ils sont peu utilisés en médecine vétérinaire (passent mal la barrière hémato-
aqueuse, induisent facilement des résistances bactériennes), sont actifs sur les cocci
Gram positifs (Staphylococcus, Streptococcus) et les bacilles Gram positifs (Chlamydo-
phila, Mycoplasma, Rickettsia). Le seul d’entre eux parfois utilisé est l’érythromycine
en collyre ou pommade à 0,5 % (non disponible en spécialité).
❚ CHLORAMPHÉNICOL
Actif contre la plupart des bactéries Gram positives et Gram négatives, Chlamydo-
phila, Mycoplasma, Rickettsia, spirochètes, inactif contre Pseudomonas (on l’associe
pour cette raison à la Polymyxine B), il est à la fois hydro- et liposoluble, donc passe
la barrière cornéenne même si l’épithélium est intact par voie topique. Il est utilisé
en pommade à 0,5 % (Lacrybiotic, 2 applications/j) ou à 1 % (Ophtalon, 2 applica-
tions/j). Par voie générale, il passe les barrières hémato-aqueuse et hématoréti-
nienne. Il est disponible sous forme de collyre en association avec la dexaméthasone
(Cébédexacol instillé 3 à 8 fois/j).
❚ CLINDAMYCINE
Elle est active contre la plupart des bactéries Gram positives et contre les Gram néga-
tives anaérobies, et notamment contre Toxoplasma. Sous forme de chlorhydrate à
0,2 %, elle est liposoluble et passe la barrière cornéenne (non disponible en spécia-
lité). Par voie générale, elle se distribue sélectivement à la choroïde et à la rétine, ce
qui en fait le traitement de choix de la toxoplasmose oculaire féline à la dose de
25 mg/kg/j par voie orale (Antirobe gélules ou solution buvable). Elle peut être utili-
sée sans effet irritant par voie sous-conjonctivale jusqu’à 35 mg par injection.
❚ SULFONAMIDES
Propriétés pharmacocinétiques et pharmacologiques
Ils inhibent la synthèse de l’acide folique bactérien, en n’affectant quasiment pas
celle de la cellule hôte ; leur action bactériostatique est également liée au fait qu’ils
inhibent l’utilisation de l’acide para-aminobenzoïque bactérien : cela explique pour-
quoi les anesthésiques topiques (esters d’acide para-aminobenzoïque) inhibent leur
action locale. Le sang et le pus ont une action semblable. Les sulfonamides pénè-
trent très peu la cornée intacte, ce qui explique leur forte concentration dans les for-
mes topiques. Ils engendrent de nombreuses résistances bactériennes.
Par voie générale, la sulfadiazine et la sulfasalazine (Salazopyrine) en administration à
long terme (parfois à moyen terme) peuvent induire une kératoconjonctivite sèche.
Indications
Ce sont des médicaments à large spectre (bactéries Gram négatives et Gram positi-
ves, Actinomyces, Chlamydophila, Plasmodia, Toxoplasma), mais ils sont le plus sou-
vent remplacés dans ces indications par les antibiotiques adaptés plus efficaces. Le
sulfisoxazole à 4 % et le sel sodique de sulfacétamide en concentration de 10 à 30 %
sont encore utilisés en pommade.
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 27
❚ TRIMÉTHOPRIME, PYRIMÉTHAMINE
Il s’agit de deux 4-diaminopyridines inhibitrices de la synthèse de l’acide folique à
une étape postérieure à celle bloquée par les sulfonamides, en association avec les-
quelles un effet synergique est observé. On utilise par voie générale des associations
triméthoprime–sulfaméthoxypyridazine (Septotryl) ou triméthoprime–sulfaméthoxa-
zole (Sultrian). Actives contre les germes Gram négatifs et Gram positifs (Staphylococ-
cus, Streptococcus), ces deux molécules le sont aussi contre Pseudomonas (trimétho-
prime 1 % et polymyxine B à 10 000 UI/mL en collyre, non disponible en spécialité)
et Toxoplasma (en association avec la sulfadiazine par voie générale).
❚ FLUOROQUINOLONES
Les fluoroquinolones (ciprofloxacine, enrofloxacine, gatifloxacine, lévofloxacine,
marbofloxacine, moxifloxacine, norfloxacine, ofloxacine, orbifloxacine), à structure
de type acide nalidixique, empêchent la synthèse de l’ADN durant la réplication bac-
térienne par inhibition de l’ADN-gyrase. Elles ont un large spectre et sont efficaces
contre les germes Gram positifs et Gram négatifs : S. aureus, S. epidermidis, P. aerugi-
nosa et la plupart des germes Gram négatifs. Leur efficacité contre les mycobactéries
et les germes anaérobies est assez variable. Citrobacter, Enterobacter, Klebsiella,
P. aeruginosa et S. epidrmidis peuvent développer des résistances. L’ofloxacine topi-
que (Exocine collyre à 0,3 % instillé 4 fois/j, 6 à 8 fois les deux premiers jours de trai-
tement en cas d’ulcères à collagénases) passe mieux la barrière cornéenne que la
norfloxacine (Chibroxine collyre à 0,3 %, même utilisation que l’Exocine, un peu plus
irritante), aux concentrations des spécialités topiques : cette dernière doit être réser-
vée aux infections de surface. La ciprofloxacine est fortement bactéricide par son
activité inhibitrice de l’ADN-gyrase bactérienne : de ce fait, il n’existe pas de résis-
tance croisée avec les autres antibactériens, mais il en existe une avec les autres fluo-
roquinolones. La ciprofloxacine, parfois irritante par voie topique, est disponible en
collyre à 0,3 % (Ciloxan collyre) et en pommade (Ciloxan pommade) : pour obtenir
une pénétration cornéenne efficace lors d’abcès cornéen, les instillations ou applica-
tione doivent être fréquentes (collyre : toutes les 15 min pendant 6 h, puis toutes les
30 min pendant une journée, puis toutes les heures le deuxième jour, puis toutes les
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
4 h ; pommade : toutes les 1 à 2 h les deux premiers jours, puis toutes les 4 h). Ce
sont la gatifloxacine et la moxifloxacine avec lesquelles on obtient par usage topique
la meilleure pénétration intra-oculaire. La lévofloxacine collyre à 0,5 % (non disponi-
ble en spécialité) est plus efficace contre Streptococcus que la ciprofloxacine ou
l’ofloxacine. La marbofloxacine (Marbocyl) par voie générale doit être délivrée au
double de sa posologie habituelle (4 mg/kg au lieu de 2 mg/kg) pour obtenir une
concentration efficace dans l’humeur aqueuse. L’enrofloxacine (Baytril) par voie
générale a été identifiée comme responsable de dégénérescences rétiniennes félines,
notamment à des doses supérieures à celles prescrites par le fabricant (supérieures à
10 mg/kg).
❚ RIFAMYCINE
C’est un antibiotique actif par voie locale sur la plupart des germes Gram positifs et
Gram négatifs. Son action s’exerce par la formation d’un complexe stable avec l’ARN
polymérase ADN dépendante des bactéries, provoquant l’arrêt de leur croissance.
28 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
❚ ACIDE FUSIDIQUE
Présenté sous forme de gel à 1 % (Fucithalmic, deux applications par jour), il agit par
inhibition de la synthèse des protéines bactériennes. Classé parfois comme appa-
renté aux macrolides, parfois comme une céphalosporine, il a en fait une structure
proche de celle des hormones stéroïdiennes mais n’a pas d’effet hormonal. Bacté-
riostatique à faible dose et bactéricide à dose plus élevée, il est actif sur Staphylococ-
cus intermedius. Les aérobies Gram négatifs sont résistants à l’acide fusidique. L’ins-
tillation d’une goutte de gel toutes les 12 h est suffisante pour obtenir des
concentrations thérapeutiques. L’acide fusidique pénètre bien dans l’humeur
aqueuse.
ANTIVIRAUX
À RETENIR
• Ils sont essentiellement représentés par les virostatiques, adminitrés à une
fréquence élevée par voie topique ; ces produits inhibent la réplication de
l’ADN viral.
• L’infection oculaire de surface herpétique du chat (ulcères épithéliaux à
bords décollés notamment) en constitue la quasi exclusive indication.
• Les interférons représentent une voie thérapeutique nouvelle en plein
essor.
❚ VIROSTATIQUES
Aciclovir 5 (ACV)
C’est celui dont le mode d’action a été le mieux étudié, compte tenu de son large
emploi chez l’homme : l’ACV, analogue de la guanine (base identique, un radical
3’OH en moins), interrompt la croissance du brin d’ADN viral en se comportant
comme l’élément obligatoirement terminal de la chaîne nucléotidique dès qu’il y est
incorporé, le nucléotide suivant étant attaché au précédent par le radical 3’OH. Il
doit subir trois phosphorylations successives dans la cellule hôte pour passer du
stade de nucléoside à celui actif de nucléotide : la première sous dépendance de la
thymidine kinase virale, la seconde et la troisième sous dépendance des kinases de la
cellule hôte.
Seule la forme orale de l’ACV (Zovirax 800) est active sur le VHF-1. L’ACV a été iden-
tifiée in vitro comme synergique de l’interféron humain recombinant α sur le VHF-1 :
la posologie est de 10 mg/kg en deux prises journalières, pendant deux semaines.
Famcyclovir (Oravir)
Cet antiviral peut être distribué chez le chat par voie orale à la dose de 30 à 40 mg
une ou deux fois par jour, en association avec la L-lysine (voir ci-après) pendant un
minimum de huit jours jusqu’à un maximum de quatre semaines (D. Maggs affirme
que 90 mg/j en deux prises peuvent être administrés pendant trois semaines sans
effets secondaires « importants »).
Gancyclovir
Présenté en gel ophtamique à 0,15 % (Virgan), c’est un inhibiteur de la synthèse de
l’ADN viral par inhibition compétitive des ADN-polymérases virales et incorporation
directe dans l’ADN viral dont l’élongation est stoppée. Il est appliqué 5 fois/j jusqu’à
ré-épithélialisation (soit 7 à 10 j) puis 3 fois/j la semaine suivante. C’est le produit qui
donne actuellement les meilleurs résultats selon notre expérience.
Interférons (INFs)
Ce sont des cytokines libéres par les cellules de l’hôte en réponse à l’infection virale,
réputées efficaces pour protéger les cellules saines de l’envahissement viral. Elles sont
classées en trois catégories :
– INF α, produit par les leucocytes ;
– INF β, produit par les fibroblastes ;
– INF γ, produit par les lymphocytes.
De faibles doses d’INF humain α par voie orale sont réputées efficaces dans le traite-
ment de l’infection par le VHF-1 (30 UI/j en une prise pendant 7 j, interruption
de 7 j, reprise du traitement et ce jusqu’à guérison).
L’INF Ω (oméga) félin (Virbagen Omega), en principe destiné à être administré par
voie générale (forme injectable) appliqué sous forme de collyre à la concentration de
0,5 million UI/mL, 3 à 5 fois/j pendant 10 j semble donner des résultats intéressants.
30 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Povidone iodée
Elle est utilisée en diluant au 1/10 (1 %) ou au 1/20 (0,5 %) la solution du com-
merce (Vétédine) utilisée en collyre, efficace contre le VHF-1 durant sa courte phase
extracellulaire.
L-lysine
On a montré in vitro que la L-lysine était un antagoniste de l’arginine, qui est un
acide aminé indispensable à la réplication du VHF-1. L’effet virostatique est directe-
ment dépendant du rapport lysine/arginine. Deux hypothèses à l’appui de l’antago-
nisme entre L-lysine et arginine in vivo ont été avancées : compétition dans le cadre
d’un transport au niveau intestinal, dégradation de l’arginine par une arginase
lysino-induite. La L-lysine (Enisyl-F, Lysine TVM) trouverait sa meilleure indication
dans le contrôle des effets de l’infection initiale par le VHF-1 : 500 mg/chat/j toutes
les 12 h en débutant 6 h avant une inoculation expérimentale de VHF-1 diminuent
les signes de conjonctivite. Elle serait moins efficace dans le contrôle de réactivations
virales (excrétion virale diminuée mais signes cliniques non modifiés par l’administra-
tion quotidienne de 400 mg de L-lysine/chat). On peut sans risque distribuer
500 mg de L-lysine/chat, 2 fois/j.
ANTIFONGIQUES
À RETENIR
Les antifongiques sont d’emploi exceptionnel en thérapeutique ophtalmolo-
gique, les kératites mycosiques et les mycoses systémiques à manifestations
oculaires étant rares chez les carnivores.
Les antifongiques sont classés selon leur structure et leur mode d’action :
– selon la structure, on distingue les azoles, les allylamines, les lipopeptides, les
polyènes et les pyridamines ;
– selon le mode d’action, on distingue ceux qui inhibent la synthèse (azoles, ally-
lamines, lipopeptides) ou la fonction (lipopeptides, polyènes) de la membrane
cellulaire des éléments fongiques, et ceux qui inhibent la synthèse des acides
nucléiques fongiques (pyrimidines).
Chez les carnivores, les azoles (itraconazole : Itrafungol ; ketoconazole : Ketofungol ;
fluconazole : Trifucan) et les polyènes (amphotéricine B : Fungizone) sont les plus uti-
lisés.
Deux types de manifestations ophtalmiques des infections mycosiques et leurs traite-
ments doivent être successivement envisagés : les kératites mycosiques, les manifes-
tations oculaires des mycoses systémiques.
❚ KÉRATITES MYCOSIQUES
Rares chez les carnivores par rapport à la fréquence observée chez le cheval (les levu-
res font partie de la flore conjonctivale normale des équidés), on sait qu’elles sont la
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
❚ MYCOSES SYSTÉMIQUES
Ce sont essentiellement des signes d’uvéite qui sont observés, avec uvéite anté-
rieure, choriorétinite, décollements rétiniens, glaucome secondaire. Les quatre prin-
cipaux agents de mycoses systémiques avec signes oculaires des carnivores, telles
que rapportées par la littérature nord-américaine (ces affections sont fréquentes aux
États-Unis, rares en France), sont les suivants : Blastomyces dermatitis, Coccidioides
immitis, Cryptococcus neoformans, Histoplasma capsulatum. Le traitement est effectué
par voie générale (tableau 2.V), le traitement spécifique de l’uvéite et du glaucome
secondaire mis en place s’il y a lieu.
32 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Tableau 2.V Traitement des affections oculaires fongiques (modifié d’après E.A. Giuliano,
Nonsteroidal anti-inflammatory drugs in veterinary ophtalmology. In : Moore
CP, ed. Ocular therapeutics. Vet. Clin North Am Small Anim Pract 2004, 34).
Tableau 2.V Traitement des affections oculaires fongiques (modifié d’après E.A. Giuliano,
Nonsteroidal anti-inflammatory drugs in veterinary ophtalmology. In : Moore
CP, ed. Ocular therapeutics. Vet. Clin North Am Small Anim Pract 2004, 34).
ANTI-INFLAMMATOIRES
À RETENIR
Les affections oculaires à caractère inflammatoire ou à médiation immune
sont nombreuses chez les carnivores domestiques. Quelle que soit la classe
thérapeutique à laquelle ils appartiennent, l’emploi des anti-inflammatoires
s’intègre dans de nombreux protocoles de traitement où ils contribuent à la
sauvegarde de la fonction visuelle et au confort des animaux traités. Cette
utilisation ne doit pas se substituer à la formulation d’un diagnostic étiologi-
que. Ils sont divisés en deux catégories :
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
PLA2
Lipocortine
R C
5-Lipoxygénase Cyclooxygénase
Leukotrienes PGH2
CR
Prostacycline Thromboxanes
Noyau
PGE2
PGF2α
Fig. 2.1 Cascade de l’acide arachidonique et mode d’action des corticostéroïdes lors d’inflammation cellu-
laire, effets sur les structures oculaires (modifiée d’après B.J. Homberg et D. Maggs, The use of corticoste-
roïds to treat ocular inflammation. In : Moore CP, ed. Ocular Therapeutics. Vet. Clin North Am Small Anim
Pract 2004, 34).
L’acide arachidonique (AA) est libéré des phospholipides membranaires par la phospholipase A 2
(PLA2) pour être métabolisé en médiateurs de l’inflammation par deux voies : celle des cyclo-
oxygénases et celle des lipo-oxygénases. Les corticoïdes (C) se lient aux récepteurs cytoplasmiques (R)
pour former un complexe stéroïdien (CR). Ce complexe se lie à l’ADN et régule la transcription de
lipocortine. La lipocortine inhibe l’action de la PLA 2 (présentation de la cascade de l’AA).
PG : prostagandine.
❚ AIS (CORTICOSTÉROÏDES)
Propriétés pharmacocinétiques et pharmacologiques
Les AIS sont des 21-carboprotéines lipophiles dérivées du cholestérol qui se lient aux
récepteurs glucocorticoïdes du cytoplasme cellulaire : la liaison avec un AIS modifie
la structure tertiaire de ces récepteurs ubiquistes qui sont transférés au noyau, où ils
se lient à des séquences d’ADN spécifiques de la réponse à l’administration d’AIS,
elle-même matrérialisée par la synthèse d’une enzyme : la lipocortine, inhibitrice de
la phospholipase A2 (donc protectrice membranaire), inhibitrice de la PGE-isomé-
rase (donc de la synthèse de PGE) et protectrice de l’endothélium vasculaire
(fig. 2.1). Cela se traduit par une diminution de l’exsudation cellulaire et fibrineuse,
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 35
Indications, contre-indications
Les AIS sont trop souvent utilisés sans réelle discrimination. On ne peut savoir s’ils
sont réellement utiles qu’après un diagnostic suffisamment précis de l’affection
observée :
– indications :
• dans une infection contrôlée : en l’absence d’hyperthermie, lorsque le dia-
gnostic étiologique et le traitement antibiotique adapté sont en place (blé-
36 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
B
Fig. 2.2 A. Granulome avec vascularisation du stroma cornéen consécutif à un ulcère cornéen atone à
bords décollés chez un West Highland White Terrier âgé de 8 ans. B. Résultat à trois semaines d’une injec-
tion sous-conjonctivale de Depo Medrol chez le chien de la figure 2.2A : initiation de la cicatrisation épi-
théliale, restauration de transparence, diminution de la néovascularisation.
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 37
❚ AINS (ANTIPROSTAGLANDINES)
Propriétés pharmacocinétiques et pharmacologiques
Les PGs (essentiellement PGE-2 et PGF-2α pour l’inflammation oculaire) sont issues
de l’acide arachidonique ; sous l’action des COX, elles potentialisent les effets des
autres médiateurs de l’inflammation et abaissent le seuil de douleur oculaire. Elles
sont responsables de l’ouverture de la barrière hémato-oculaire, de la photophobie,
du myosis. Ce sont les COX-2, produites par les macrophages et les cellules de
l’inflammation stimulées par les cytokines et autres médiateurs de l’inflammation qui
sont impliqués dans la cascade de l’acide arachidonique (fig. 2.1) et la production
de PGE-2 et PGF-2α. Les AINS, s’ils ne sont pas sélectifs, inhibent à la fois la COX-1
physiologique (avec effets secondaires toxiques gastro-intestinaux, rénaux et anti-
aggréagants plaquettaires) et la COX-2. Les AINS employés en ophtalmologie sont
variables dans leur sélectivité anti-COX-1 et anti-COX-2 mais pour la plupart inhi-
bent les deux iso-enzymes.
Les AINS ont également une action anti-inflammatoire par inhibition de la migration
et du chimiotactisme des polymorphonucléaires, atténuation de l’expression clinique
de la production des cytokines et de la dégranulation des mastocytes, et comme pié-
geurs de radicaux libres.
administrer plus de deux fois par jour, à la dose maximale sur une durée prolongée
(réduire la dose dès que possible). Une toxicité hépatique, rénale, ainsi que des com-
plications de broncho-constriction et d’anomalies fœtales chez des femelles gestan-
tes ont été décrites. Le chat semble plus sensible à l’administration de salicylés (clea-
rance ralentie, élimination dose dépendante). L’usage d’AINS par voie générale
impose un suivi attentif, avec recherche des signes pouvant évoquer des effets
secondaires toxiques, et surveillance biochimique (dosages réguliers de la créatinine
sérique et de l’alanine aminotransférase lors de traitement au long cours).
Voie locale
Par rapport aux AIS topiques, les AINS topiques ont une action anti-inflammatoire
plus sélective et peuvent être employés avec plus de sécurité lors d’infection ocu-
laire. Selon la gravité de l’inflammation du segment antérieur, ils sont appliqués
deux à quatre fois par jour. Indépendamment de leurs propriétés anti-inflammatoi-
res, les AINS topiques ont une action sédative de la douleur en diminuant la réponse
des nocicepteurs cornéens à la libération de métabolites de l’acide arachidonique
par les cellulles lésées. Le modèle canin de paracentèse de la chambre antérieure a
40 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Tableau [Link] Usage des AINS par voie générale dans le traitement et la prévention en chi-
rurgie de l’inflammation intra-oculaire (modifié d’après E. A. Giuliano, Nons-
teroidal anti-inflammatory drugs in veterinary ophtalmology. In : Moore CP,
ed. Ocular therapeutics. Vet Clin North Am Small Anim Pract, 2004,34).
Espèce Usage
Principe actif TAi : traitement Voies, doses et fréquences
Chien : anti-inflammatoire
spécialité CN PC : prévention chi- d’administration
Chat : CT rurgicale
acide CN TAi 10 mg/kg/12 h PO
acétylsalicyclique
acide solfénamique CN TAi ≤ 4 mg/kg/12 h PO
Tolfédine CT
carprofène CN TAi ≤ 2,1 mg/kg/12–14 h PO
Rimadyl PC ≤ 4 mg/kg IV, SC, IM avant intervention
CT PC ≤ 4 mg/kg SC avant intervention
flunixine CN PC 0,25–1 mg/kg IV, SC, IM, 12–24 h
meglumide avant intervention (1 ou 2 injections)
Finadyne CT PC 0,25 mg/kg SC, 12–24 h avant
intervention (1 ou 2 injections)
ibuprofène CN TAi ≤ 2 mg/kg/12 h PO
Dolocanil CT
kétoprofène CN PC ≤ 2 mg/kg IV, SC, IM avant
Ketofen CT intervention ; ≤ 1 mg/kg SC 24 heures
plus tard*
TAi ≤ 2 mg/kg SC, PO la première fois puis
≤ 1 mg/kg SC, PO 24 h plus tard
meloxicam CN PC ≤ 0,2 mg/kg IV, SC avant intervention
Metacam CT puis ≤ 0,1 mg/kg SC, PO 12–24 h plus
tard*
CN TAi ≤ 0,2 mg/kg SC, PO le premier jour puis
CT ≤ 0,1 mg/kg 12–24 h plus tard*
phénylbutazone CN TAi 10–14 mg/kg/24 h
Arthridog** CT
*Durée selon indications du vétérinaire et tolérance de l’animal.
**En association avec l’acétate de prednisolone.
que d’AINS ont été décrites. Chez le chien, les AINS topiques pourraient être poten-
tiellement élévateurs de la pression intra-oculaire par diminution de l’évacuation
d’humeur aqueuse.
❚ IMMUNOMODULATEURS
À RETENIR
• La répétition de l’exposition à des facteurs immunogènes des tissus péri-
ou intra-oculaires se traduit par des phénomènes immuno-induits qui exa-
cerbent la cascade de l’inflammation.
• Compte tenu des effets secondaires possibles des AIS en traitement pro-
longé, du mode d’action très spécifique des AINS, un certain nombre
d’immunosuppresseurs se sont révélés tout particulièrement indiqués par
voie topique dans le traitement des inflammations oculaires chroniques :
ciclosporine, tacrolimus, pimecrolimus.
Certaines substances cytotoxiques, lorsque les AIS sont inopérants ou lorsque les
doses employées sont génératrices d’effets secondaires, sont utilisées dans le traite-
ment de maladies à médiation immune et à manifestations oculaires : azathioprine,
chlorambucil, cytosine arabinoside.
❚ IMMUNOSUPPRESSEURS (IS)
Généralités, rappels
Les IS inhibent l’activation des lymphocytes T. Bien que structurellement différents,
la ciclosporine (cyclosporine A, CsA) et le tacrolimus ont le même mode d’action.
Dans les cellules cibles, l’une et l’autre agissent sur des molécules-clés responsables
de réactions génétiquement programmées : en particulier, ils empêchent la prolifé-
ration et l’activation des lymphocytes T par inhibition de l’expression du gène de
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
l’interleukine-2 (IL-2) dans les lymphocytes T auxiliaires CD4+. Les effets secondaires
de ces molécules sont bénéfiques à d’autres cellules, notamment celles d’origine épi-
théliale.
La CsA, isolée du champignon Tolypocladium inflatum, et le tacrolimus, antibiotique
macrolide produit par Streptomyces tsukubaensis à des doses totalement inhibitrices
de l’activation des lymphocytes T, ne sont pas toxiques pour les autres cellules.
La liaison d’un antigène aux récepteurs de surface CD3 des lymphocytes T stimule,
par augmentation de la concentration en Ca intracellulaire, l’activation de la calci-
neurine (CaN) encore appelée phosphatase-2B : cette enzyme agit sur les facteurs
de transcription cytoplasmique (activé par déphosphorylation) qui se combine au
facteur de transcription nucléaire pour déclencher la réponse immune (synthèse et
libération de cytokines, notamment de IL-2). Si on prend l’exemple de la CsA, cette
dernière très lipophile, donc franchissant facilement la membrane cellulaire, se lie à
une immunophiline intracellulaire spécifique (cyclophiline, CpN) ; le complexe CsA-
CpN se lie à la CaN (CsA–CpN–CaN) ainsi inactivée. La Csa et le tacrolimus agissent
également au niveau des éosinophiles, des mastocytes dont ils bloquent la dégranu-
lation et inactivent les gènes contrôlant la synthèse de cytokines.
42 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Ciclosporine (CsA)
Propriétés pharmacologiques et pharmacocinétiques
La CsA est une grosse molécule lipophile dont l’affinité pour les globules rouges et
les lipoprotéines plasmatiques est marquée. Par voie générale, elle diffuse à tout
l’organisme, s’accumulant en particulier dans le tissu adipeux et le foie. Le pic de
concentration sérique est obtenu 2 à 4 heures après administration per os. La dose
immunosuppressive requise est de 100 à 400 ng/mL.
En ophtalmologie, son utilisation est préférentiellement topique, en pommade à
0,2 % (Optimmune). Bien que sa demi-vie après administration topique dans un œil
enflammé ne soit pas connue, des concentrations élevées dans la conjonctive, la cor-
née, la sclère, les glandes lacrymales sont observées, alors que la pénétration dans
l’humeur aqueuse, l’uvée ou le vitré sont négligeables. L’absorption intra-oculaire
par un œil sain après administration orale ou topique est négligeable ; chez le lapin
et chez le chat, l’administration topique de la solution buvable (Néoral) en solution
huileuse à 2 % 4 fois/j permet d’atteindre une concentration sanguine suffisante
pour traiter une uvéite.
Indications, contre-indications
Kératoconjonctivite sèche (KCS) : la plupart des cas de KCS chez le chien sont réputés
à médiation immune. La CsA s’est révélée particulièrement performante dans ce
domaine, d’abord en utilisant la présentation buvable (Néoral) diluée dans l’huile
d’olive ou de maïs pour obtenir une solution à 2 % : dans plus de la moitié des cas
où le test de Schirmer était inférieur à 2 mm/mn, le traitement topique biquotidien a
permis une augmentation à 5 mm/mn. Même dans les cas où la sécrétion lacrymale
n’était pas améliorée, la néovascularisation et le tissu de granulation cornéens
régressaient. La réponse favorable au traitement était obtenue dans un délai de trois
à quatre semaines, avec un maximum d’effet à huit semaines après le début du trai-
tement. L’amélioration clinique était concomitante d’une diminution des manifesta-
tions histologiques de l’inflammation des glandes lacrymales, ainsi que d’une régé-
nération des structures acineuses. Des résultats identiques ont été obtenus avec une
solution à 1 %. La pommade à 0,2 % (Optimmune) est efficace dans les mêmes con-
ditions . Dans tous les cas, le produit topique est dénué d’effets secondaires systémi-
ques et locaux, encore qu’une rougeur et une dépilation palpébrales aient été cons-
tatées lors d’emploi de solutions huileuses (irritation liée au véhicule, ou à une
concentration en CsA trop élevée qui peut être divisée par deux de 1 à 0,5 % avec
amélioration dans la majorité des cas).
Le traitement topique doit être maintenu en continu, avec 2 applications/j, parfois
une seule si le résultat est particulièrement probant.
Maladies de surfaces oculaires à médiation immune : il a été montré que la pommade
à 0,2 % faisait régresser la néovascularisation et l’infiltration cellulaire cornéennes
lors de kératite superficielle chronique en principe aussi efficacement qu’une aplica-
tion topique biquotidienne de dexaméthasone à 0,1 %. La CsA topique a été propo-
sée dans le traitement de l’infiltration lymphoplasmocytaire de la membrane nicti-
tante et de la kératite superficielle chronique dite du Berger allemand, de la kératite
ponctuée du Teckel à poil long, de l’épiclérokératite nodulaire, de la kératite éosino-
philique du chat : notre expérience est qu’en premier choix, il faut mettre en place
le traitement AIS topique et associer la CsA topique, s’il se révèle insuffisant. Lors de
kératite féline post-herpérique avec réactivation du virus, l’emploi de CsA topique
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 43
Tacrolimus
Propriétés pharmacocinétiques et pharmacologiques
Après avoir franchi la membrane cellulaire, le tacrolimus se lie aux immunophilines
FKBPs (FK 506-binding proteins) alors que la CsA se lie à la CpN. Utilisé chez l’homme
pour prévenir les rejets de greffe, il a été reconnu in vitro comme 10 à 100 fois plus
efficace que la CsA. Par voie générale, ses effets secondaires sont plus importants et
cela a limité son usage dans le domaine : le produit est utilisé par voie locale en
pommade à 0,03 % pour le traitement de lésions de dermatite atopique : chez cer-
tains de ces patients à manifestations oculaires (blépharite, conjonctivite papillaire
hypertrophique, kératite ponctuée, ulcères cornéens torpides…), l’application de
tacrolimus a eu un effet spectaculaire en une à trois semaines. Compte tenu de sa
lipophilie, de sa taille moléculaire, le tacrolimus est incorporé dans les liposomes et
cette forme liée assure des concentrations tissulaires élevées.
Indications
Le tacrolimus a été proposé en traitement topique lors de KCS chez le chien. Dans un
étude à court terme, il a été montré pour la suspension aqueuse à 0,02 % en usage
topique instillée 2 fois/j que le test de Schirmer augmentait d’au moins 5 mm/mn
pour les yeux initialement inférieurs à 10 mm/mn, et que certains sujets ne répon-
dant pas à la CsA topique répondaient au tacrolimus en suspension à 0,02 %. Une
solution dans l’huile d’olive à 0,03 % est d’efficacité et d’innocuité comparables à cel-
les de la CsA topique à 2 %. La pommade dermique (Protopic) peut être utilisée par
voie oculaire topique, apparemment sans effets irritatifs marqués.
Pimecrolimus
Propriétés pharmacocinériques et pharmacologiques
Le pimecrolimus est un dérivé de l’ascomycine qui inhibe la production de cytokines par
un mécanisme analogue à celui de la CsA, en se liant au récepteur macrophilique 12.
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Indications
Il a été expérimenté chez le chien lors de KCS et de kératite superficielle chronique,
en instillation topique d’une solution à 1 %, 3 fois/j. La réponse au traitement était
bonne (gain de plus de 4 mm/mn à sept semaines de traitement pour le test de
Schirmer) ou moyenne (gain de 3 à 4 mm et signes modérés d’inflammation con-
jonctivo-cornéenne) pour six chiens sur huit atteints de KCS ne répondant pas au
traitement topique par la CsA, mauvaise pour les chiens atteints de kératite superfi-
cielle chronique.
❚ AGENTS CYTOTOXIQUES
Azathioprine (AZA)
Dérivé de la 6-mercaptopurine, l’AZA est utilisé par voie générale en ophtalmologie
vétérinaire, le plus souvent en association avec les corticostéroïdes, dans le traite-
ment des cas d’uvéite ou de sclérite ne répondant pas au traitement par les seuls AIS
44 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Chlorambucil (Chloraminophène)
Cet agent alkylant a été primitivement utilisé pour traiter les leucoses lymphoïdes et des
maladies auto-immunes cutanées. Son action est lente, et le produit est peu toxique.
En ophtalmologie, le chlorambucil a été employé dans le traitement des blépharites liées
au pemphigus foliacé, ou en remplacement de l’AZA dans les indications précisées pour
celui-ci lors d’effets secondaires trop marqués. Le chlorambucil est absorbé par diffusion
passive et ne doit pas être donné avec de la nourriture. La posologie chez le chien est de
0,1 mg/kg/j ou 0,2 mg/kg/j pendant 4 à 7 j, puis 0,1 mg/kg/j jusqu’à rémission des
symptômes. La myélodépression reste possible mais est réversible si elle est détectée pré-
cocement. Un contrôle hématologique après un mois de traitement est recommandé.
posologie est d’une goutte 2 fois/j, avec la possibilité de traiter pendant quatre mois
si besoin. En association avec les corticoïdes topiques, ce collyre présente réellement
un intérêt dans le traitement des conjonctivites présumées allergiques, des conjonc-
tivites folliculaires du jeune chien et des poussées évolutives de kératite superficielle
chronique de type « Berger allemand ».
DACRYOSTIMULANTS
ET DACRYOMIMÉTIQUES
À RETENIR
L’usage des dacryostimulants a été présenté dans le paragraphe consacré
aux immunomodulateurs : il est primordial dans la plupart des KCS qui sont
des maladies à médiation immune. La pilocarpine n’est citée ici que pour
mémoire.
L’usage des dacryomimétiques est fonction du diagnostic (déficit qualitatif,
déficit quantitatif) et des propriétés du substitut des larmes choisi qui doit
prendre en compte les disponibilités et la motivation des propriétaires de
l’animal à traiter. Présentés en solutions et en gels, ils sont intéressants par
leurs propriétés mucinomimétiques et mouillantes et peuvent être associés
aux immunomodulateurs dacryostimulants.
sécrétion ne sont pas connus mais on pense que la stimulation des cellules calicifor-
mes est majoritairement parasympathique (histamines, PGs). Elle est attachée aux
microvillosités des cellules épithéliales superficielles par le glycocalix, plus mince,
sécrété par ces cellules épithéliales cornéennes et majoritairement composé de gly-
coprotéines. Un déficit en mucine se traduit par un temps de rupture du film
lacrymal (break up time, BUT) inférieur à 5 s chez le chien et le chat. Le nombre de
cellules caliciformes est alors diminué : le diagnostic histologique est établi sur biop-
sie conjonctivale dans le cul-de-sac conjonctival nasal inférieur après coloration au
Periodic Acid Schiff avec un rapport cellules caliciformes/cellules épithéliales de l’ordre
de 3 % chez le chien (normal à 30 %) et 8 % chez le chat (normal à 68 %).
Les glandes lacrymales principale (60 % de la sécrétion) et accessoire (40 % de la sécré-
tion), d’origine ectodermique, sont tubulo-acineuses, innervées par des terminaisons
sympathiques et parasympathiques (ces dernières exerçant le contrôle quantitatif pri-
maire de la sécrétion). La notion de sécrétion de base est actuellement controversée. Il
est admis que la sécrétion est basse durant le sommeil et qu’une anesthésie générale est
plutôt active et sous dépendance de stimuli. Cette sécrétion est mesurée par :
– Le test de Schirmer 1 (sécrétion réflexe) : le diagnostic de KCS est établi à
10 mm ou moins chez le chien, 5 mm ou moins chez le chat ;
– Le test de Schirmer 2 (sécrétion de base mesurée après anesthésie topique) ;
– Le test au fil de coton imbibé de Rouge phénol, dont la valeur est plus variable
selon les auteurs : 22 à 40 mm chez le chien, 18 à 30 mm chez le chat (chiffres
personnels de l’auteur).
Les glandes tarsales de Meibomius, d’origine ectodermique, sont des glandes séba-
cées modifiées dont les conduits s’ouvrent au bord palpébral interne. La contraction
du muscle orbiculaire palpébral est responsable de l’excrétion de leur contenu lipidi-
que (esters, stérols, triglycérides, cholestérol) à la surface du FLPC, les clignements
de paupières le répartissent à la surface du FLPC. L’évaluation de l’intégrité de la par-
tie lipidique du FLPC se fait par biomicroscopie et réalisation du BUT.
Glande lacrymale
principale
Glande tarsale
Fig. 2.4 KCS en phase aiguë (conjonctivite et mucopus) chez un Berger allemand âgé de 5 ans.
– les déficits en lipides sont fréquents chez les chiens âgés : la sécrétion des glan-
des tarsales devient épaisse, infectée, des chalazions sont observés, ainsi que
des anomalies des glandes et de leurs canaux excréteurs à l’examen biomicros-
copique ; les infiltrats cornéens en sont une conséquence. Le contrôle de l’infec-
tion (antibiotiques), de l’intégrité du bord palpébral (traitement chirurgical des
chalazions) et l’emploi de dacryomimétiques sont indiqués.
48 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 2.5 KCS en phase chronique (infiltration vasculaire et pigmentaire de la cornée, infection chronique
et ancienne avec abondant mucopus) chez un Fox Terrier à poil dur âgé de 8 ans.
❚ DACRYOSTIMULANTS
Imunomodulateurs
Ils ont été étudiés au chapitre qui leur est spécifiquement consacré (CsA, tacrolimus,
pimecrolimus).
Pilocarpine
La pilocarpine est un parasympathomimétique non spécifique qui agit sur les récep-
teurs parasympathiques des glandes lacrymales lorsqu’on l’administre par voie orale.
Lors de KCS neurotrophique unilatérale, la réponse au traitement par la CsA est en
général décevante, voire nulle. À la concentration de 1 % (Pilo collyre à 1 %, Isopto–
pilocarpine collyre à 1 %), la pilocarpine est administrée per os à la posologie d’une
goutte pour 10 kg de poids corporel, que l’on peut augmenter si besoin jusqu’à ce
qu’une valeur correcte du test de Schirmer ou au fil imbibé de Rouge phénol soit
obtenue, mais des effets secondaires digestifs (salivation, vomissements, diarrhée) ou
cardiaques (bradycardie) peuvent être constatés. L’expérience de l’auteur relative à
ce type de traitement est ancienne et mauvaise (thérapeutique inopérante, effets
secondaires importants).
❚ DACRYOMIMÉTIQUES (DM)
Dans cette catégorie sont inclus des produits capables de se substituer à l’une ou
l’autre des fractions du FLPC. Le choix d’un DM répond à deux critères : la connais-
sance du type de déficit lacrymale observée, la motivation et les possibilités du pro-
priétaire de l’animal pour traiter. Les principaux d’entre eux sont présentés au
tableau [Link].
Les indications des DM sont le traitement adjuvant des immunomodulateurs, les
insuffisances lacrymales quantitatives et qualitatives.
La plupart des DM en solution sont hypotoniques ou isotoniques aux larmes, le FLPC
pathologique (insuffisances quantitative et qualitative) étant en général hypertoni-
que par rapport aux larmes normales, toxique de ce fait pour l’épithélium cornéen.
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 49
Les produits hypotoniques et isotoniques aux larmes mouillent les surfaces cornéennes
desséchées, augmentent la densité en cellules caliciformes et diminuent l’osmolarité.
Les conservateurs sont destinés à maintenir la stabilité et à permettre un usage pro-
longé des présentations multidoses des solutions DM. Ce sont essentiellement le
chlorure de benzalkonium, le chlorobutanol, le perborate de Na, l’acide sorbique.
L’édétate de Na (EDTA) est un additif fréquemment employé dans la composition de
collyres : il augmente l’efficacité des conservateurs, mais n’est pas un conservateur.
Les conservateurs ne sont pas toxiques pour l’épithélium cornéen, sauf si l’instillation
de la solution est effectuée plus de 6 fois/j (ce qui est rarement le cas en pratique),
ce qui explique le développement de solutions sans conservateur (Larmabak collyre :
NaCl à 0,9 %), avec une présentation unidose de plus en plus fréquente en ophtal-
mologie humaine (Larmes artificielles Martinet, Unilarm : NaCl à 0,9 %). Ces produits
doivent être appliqués 6 à 8 fois/j pour mouiller la cornée efficacement et ne présen-
tent pas, de ce fait, un intérêt majeur en ophtalmologie vétérinaire.
Les agents visqueux ont une osmolarité qui varie avec le principe actif et les conserva-
teurs utilisés sont également variables. Des présentations unidoses humaines sans
conservateurs sont disponibles (Artelac collyre : hypromellose ; Celluvisc : carboxy-
méthylcellulose ; Vismed : hyaluronate de Na ; Refresh : alcool polyvinylique et povi-
done ; Unifluid : povidone). Un de leurs intérêts majeurs réside dans le fait qu’ils sont
à utiliser moins fréquemment (entre 2 et 4 fois/j).
L’alcool polyvinylique est une résine très adhérente à l’épithélium cornéen mais
moins visqueuse que les dérivés de la cellulose ; le produit est bien toléré et indiqué
dans les déficits en mucine et en phase aqueuse, mais a une durée d’action qui
oblige à renouveler l’application au moins 4 fois/j (Dulcilarmes collyre, Fluidabak col-
lyre, Nutrivisc collyre, Unifluid collyre). Le Refresh (association povidone–alcool polyvi-
nylique) a une meilleure rémanence.
La solution SystaneTM (polyéthylène glycol 400, associé au polypropylène glycol, à
l’hydroxypropyl guar, à l’acide borique, aux chlorures de Ca, Mg, K, Na, Zn et poli-
dronium [Polyquad]), nouvellement commercialisée, est un lubrifiant cornéen
d’action durable (3 instillations/j) très bien toléré ; ses indications sont identiques à
celles de l’alcool polyvinylique.
Les esters de cellulose (méthylcellulose, hydroxycellulose) sont d’excellents produits,
bien tolérés, très lubrifiants et rétentifs de l’eau, sans effet nocif pour la cicatrisation
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
épithéliale, plutôt utilisés dans les déficits quantitatifs, au moins 3 fois/j (Celluvisc).
L’hydroxypropylcellulose est présentée en insert (Lacrisert), dont l’avantage est une
mise en place par 24 h dans le cul-de-sac conjonctival inférieur ; les inconvénients
sont la difficulté relative de mise en place et surtout la tenue aléatoire.
Les polymères à chaîne linéaire (dextran, povidone) ont des propriétés mucinomi-
métiques qui aident la phase aqueuse à rester stable sur la cornée. Ils peuvent être
associés à d’autres principes actifs (antibiotiques : Tévémyxine collyre, alcool polyvi-
nylique : Refresh). Le dimeticone (Ophtasiloxane collyre) possède de bonnes proprié-
tés mucinomimétiques, modifie le pôle hydrophilique cornéen (intéressant lors
d’œdème stromal) et est également indiqué lors de déficit lipidique, mais peut se
montrer irritant en usage prolongé. Ces produits sont à instiller 3 fois/j.
Les carbomères, gels synthétiques de haut poids moléculaire, très rétentifs de l’eau,
lubrifiants et mouillants, bioadhésifs et pseudoplastiques, sont indiqués tant lors de
déficit aqueux que mucinique. Leur hydrocompatibilité autorise les associations avec
des antibiotiques en solution aqueuse notamment. Ils sont à administrer 3 fois /j :
– cabopol 980 NF : Ocry-Gel ;
50 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
ANESTHÉSIQUES
❚ TRANQUILLISANTS, ANESTHÉSIQUES DE COURTE DURÉE
D’ACTION
L’anesthésie générale chirurgicale sera évoquée dans la seconde partie consacrée
aux techniques chirurgicales simples. Cependant, une tranquillisation peut être
requise pour examiner certains animaux, sachant qu’ils sont susceptibles d’induire
une procidence de la membrane nictitante qui peut gêner l’examen.
Les protocoles que nous utilisons sont les suivants :
– chez le chien :
• xylazine à 2 % (Rompun)–ketamine à 10 % (Imalgene 1000) par voie intravei-
neuse (1 mL du mélange à parties égales pour 10 kg),
• propofol à 10 mg/mL (Rapinovet) par voie intraveineuse (4 à 6 mg/kg) ;
– chez le chat :
• médétomidine à 8,5 mg/10 mL (Domitor) seule (0,4 mL) ou médétomidine–
ketamine à 10 % (0,4 mL du mélange à parties égales par voie intramuscu-
laire),
• propofol à 10 mg/mL par voie intraveineuse (4 à 6 mg/kg).
❚ ANESTHÉSIQUES TOPIQUES
Indications, contre-indications
Leur usage est d’abord de rendre un examen (tonométrie, gonioscopie) ou un traite-
ment (injection sous-conjonctivale) facilement réalisables. Il est aussi diagnostique
(test de Schirmer 2, localisation de la douleur : profonde ou superficielle).
Leur emploi peut aggraver certaines lésions (notamment celles provoquées par des
corps étrangers). Leur usage en continu doit être évité, car ils sont toxiques pour
l’épithélium cornéen et retardent la cicatrisation.
Mode d’emploi
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Oxyprobucaïne
Elle est utilisée sous forme de solution aqueuse à 0,4 % (Cebesine collyre). Son ins-
tillation est responsable d’irrégularités transitoires de la surface épithéliale (une à
deux heures).
Tétracaïne
Moins toxique pour l’épithélium, elle est présentée en unidoses sous forme de solu-
tion aqueuse à 1 % (tétracaïne collyre unidose, VT doses tétracaïne).
52 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
MODIFICATEURS DU SYSTÈME
NEUROVÉGÉTATIF
À RETENIR
• Dans cette catégorie de médicaments sont inclus les myotiques (parasym-
pathomimétiques) et les mydriatiques (parasympatholytiques et sympatho-
mimétiques).
• Les myotiques exercent au niveau de la jonction neuromusculaire une
action analogue à celle de l’acétylcholine sur les fibres nerveuses parasympa-
thiques postganglionnaires, qui se manifeste par : un myosis, une contrac-
tion du muscle ciliaire avec ouverture de la fente ciliaire, une augmentation
de la perméabilité vasculaire, une diminution de la pression intra-oculaire
(PIO), une augmentation de la sécrétion lacrymale. Ils sont utilisés par voie
topique.
• Les mydriatiques parasympatholytiques paralysent le muscle sphincter de
l’iris (mydriase) et le muscle ciliaire (cycloplégie), alors que les sympathomi-
métiques vrais stimulent les fibres musculaires dilatatrices de l’iris (mydriase).
– neurone postganglionnaire :
• pour le globe : les fibres vont du ganglion ciliaire au globe, dans lequel elles
pénètrent par cinq à huit nerfs ciliaires postérieurs courts chez le chien et
deux nerfs ciliaires courts chez le chat : les nerf ciliaires courts nasal et malaire,
dont les terminaisons se rendent aux muscles sphincter et dilatateur de l’iris
ainsi qu’au muscle ciliaire,
• pour la glande lacrymale : les fibres vont du ganglion ptérigopalatin aux cellu-
les acineuses de la glande lacrymale principale via le nerf lacrymal (issu du
nerf ophtalmique lui même issu du NC V).
teur et sont situés dans le muscle sphincter de l’iris, le muscle et l’épithélium ciliaire :
leur inhibition pharmacologique au niveau de ce dernier réduit le débit sanguin et
diminue la production d’humeur aqueuse.
L’activité de la NA est levée selon trois mécanismes : inactivation par la catéchol–
méthyl–transférase, diffusion périsynaptique, réincorporation dans la partie présy-
naptique de la plaque motrice.
Une lésion de dénervation postganglionnaire sympathique ou parasympathique
induit une hypersensibilité des récepteurs post-synaptiques, mise à profit pour la
localisation du niveau de lésion lors de dénervation sympathique (syndrome de
Claude-Bernard-Horner) ou parasympathique (dysautonomie).
❚ MYOTIQUES (PARASYMPATHOMIMÉTIQUES)
Les parasympathomimétiques se subdivisent en directs cholinergiques vrais qui acti-
vent les récepteurs muscariniques postganglionnaires effecteurs, et indirects qui inhi-
bent l’AChE et augmentent la durée d’activité de l’ACh synaptique. Leurs indications
principales étaient le traitement du glaucome, mais ces molécules ont perdu la
quasi-totalité de leur intérêt dans ce domaine face aux analogues des prostaglandi-
nes et aux inhibiteurs de l’anhydrase carbonique topiques. Elles restent intéressantes
dans le cadre de la paralysise irienne, notamment à titre diagnostique, et lorsqu’on
désire un myosis per ou postopératoire en chirurgie endoculaire. La pilocarpine peut
aussi être utilisée dans le traitement de la KCS.
sent sur les récepteurs muscariniques iriens, du muscle ciliaire et des glandes
lacrymales, provoquant un myosis, la contraction du muscle ciliaire, une diminution
de la PIO et une augmentation de la sécrétion lacrymale. Parallèlement, ces drogues
sont inductrices localement de blépharospasme, d’hyperhémie conjonctivale et
d’une ouverture transitoire de la barrière hémato-aqueuse ; leur absorption systémi-
que peut provoquer du ptyalisme, des vomissements, de la diarrhée et des troubles
du rythme cardiaque.
Au moins lors d’administration topique de pilocarpine, l’ouverture de la barrière
hémato-aqueuse est provoquée en partie par le réflexe cornéen : la stimulation du
NC V résulte en la production de cytokines, qui se manifeste par une turbidité de la
chambre antérieure et une hypotonie du globe ; chez le chien, l’administration topi-
que d’AINS empêche la stimulation des terminaisons sensitives cornéennes du NC V
et bloque la production de cytokines.
Pilocarpine
Alcaloïde végétal naturel, elle est utilisée sous forme de chlorhydrate ou de nitrate
par voie topique en solution à 0,5 %, 1 % et 2 % (Isopto-pilocarpine), avec une durée
56 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
ACh
Son faible pouvoir de pénétration cornéen et la présence de cholinestérases stroma-
les font qu’elle n’est pas efficace en topique.
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 57
Carbachol
C’est l’ester carbamylé de synthèse de la choline. En plus de son action parasympa-
thomimétique directe, il est également inhibiteur de l’AChE. Résistant à l’AChE, il a
une action plus puissante et plus durable que la pilocarpine. Passant très mal la bar-
rière épithéliale cornéenne, sa présentation topique contenait un agent mouillant, le
chlorure de benzalkonium, susceptible d’améliorer la pénétration intracornéenne.
Ses propriétés pharmacologiques le classent parmi les antiglaucomateux topiques,
en solution à 1,5 % (Isopto-carbachol 1,5 % collyre, qui n’est plus disponible depuis
2006 en spécialité). Il n’existe plus qu’une solution à usage chirurgical intra-oculaire
(Bio-Chol).
glandines.
Les inhibiteurs réversibles carbamylent l’AChE à son site ester, et l’hydrolyse du com-
plexe ainsi formé permet la restauration de l’activité enzymatique.
Les non-réversibles sont des antagonistes de l’AChE par phosphorylation du site
ester, qui inhibe de façon durable l’activité enzymatique : avec la solution à 0,125 %
de Phospholine Iodide, le myosis obtenu dure jusqu’à 55 heures, et la baisse de PIO
jusqu’à 53 heures. Le pralidoxime (Contrathion) associé à l’atropine sont les antido-
tes de cette molécule lors de toxicité systémique (bradycardie, faiblesse musculaire,
hypersalivation, vomissements, diarrhée).
Physostigmine, bromure de demecarium
Inhibiteur réversible de l’AChE, le collyre à la physostigmine à 0,5 % n’est plus
actuellement disponible. Cet alcaloïde naturel reste pourtant, à cette concentration,
utile au diagnostic du niveau lésionnel parasympathique lors de mydriase anisocori-
que par voie topique : le test doit être effectué sur les deux yeux au moins 24 heures
avant un test à la pilocarpine si ce dernier est mis en œuvre. Lors de lésion centrale
ou préganglionnaire, le myosis sur l’œil atteint est plus rapidement obtenu et plus
58 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
complet que sur l’œil sain (lors de lésion unilatérale) sous l’effet de la potentialisation
de l’ACh libérée par le neurone postganglionnaire sain. Lors de lésion postganglion-
naire, l’instillation de physostigmine, pour la raison qui vient d’être évoquée,
n’entraîne pas de myosis ; lors de lésion unilatérale centrale ou préganglionnaire, on
peut avoir un résultat faussement négatif : comme le résultat n’est pas dépendant de
l’hypersensibilité de dénervation, il faut instiller dans chaque œil une quantité suffi-
sante de produit actif pour induire le myosis de l’œil sain.
La durée d’action du bromure de demecarium utilisé en collyres à 0,125 % et
0,25 % (non disponible en spécialité en France), qui induit une carbamylation égale-
ment réversible de l’ACh, est importante : myosis de 48 à 79 heures, baisse de la PIO
pendant 49 à 55 heures aussi bien chez des chiens normaux que glaucomateux. Son
instillation est irritante.
Phospholine Iodide
Cet organophosphoré, dont les propriétés pharmacologiques et les effets secondai-
res ont été développés au paragraphe « Propriétés pharmacologiques, mode
d’action, effets secondaires », a été, outre son usage antiglaucomateux, décrit
comme efficace dans le traitement de l’onchocercose et de la thélaziose : là encore,
il est maintenant supplanté par l’usage de la milbemycine per os.
❚ MYDRIATIQUES
Parasympatholytiques
Propriétés pharmacologiques, mode d’action, effets secondaires
Les parasympatholytiques sont des anticholinergiques (antagonistes réversibles des
muscariniques) qui inhibent l’action de l’ACh au niveau des muscles sphincter de
l’iris et ciliaire : ils sont donc à la fois mydriatiques et cycloplégiques. Ils sont utilisés à
titre diagnostique pour réaliser l’examen de l’œil, thérapeutique pour éviter les syné-
chies postérieures et lever le spasme du muscle ciliaire lors d’uvéite antérieure, et
restaurer l’étanchéité de la barrière hémato-aqueuse. Le choix du produit se fait en
fonction de sa durée d’action et de ses propriétés, notamment lorsqu’on recherche
l’action cycloplégique. L’administration topique d’un parasympatholytique bloque à
des degrés variables selon le produit l’activité des récepteurs muscariniques des mus-
cles sphincter de l’iris et ciliaire. Les effets secondaires constatés sont une diminution
du drainage de l’humeur aqueuse responsable d’une augmentation de la PIO varia-
ble selon les produits, une hypersalivation liée à l’amertume de certains parasympa-
tholytiques.
Atropine
Propriétés pharmacologiques et pharmacocinétiques
Alcaloïde naturel extrait d’Atropa belladona, l’atropine est antagoniste sélectif et
réversible des récepteurs muscariniques des muscles sphincter de l'iris et ciliaire : elle
agit en bloquant l’activité des fibres postganglionnaires parasympathiques choliner-
giques. Son administration topique entraîne mydriase et cycloplégie. La mydriase est
obtenue plus rapidement et à des concentrations de principe actif plus faible que la
cycloplégie. Sa pénétration cornéenne et conjonctivale est bonne et montre pour les
structures pigmentées de l’iris et du corps ciliaire une affinité particulière qui résulte
en une mydriase prolongée, parfois jusqu’à deux semaines après la fin du traite-
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 59
Cyclopentolate
C’est un anticholinergique de synthèse. Le collyre est proposé en solution à 0,5 %,
sous forme de chlorhydrate de cyclopentolate (Skiacol). Efficace en 30 min à 1 h, sa
durée d’action est d’une journée. Il est intéressant dans les traitements où l’effet
mydriatique/cycloplégique doit être court et chez le chat, où il est mieux toléré que
l’atropine sur le plan de l’hypersalivation provoquée. Chez le chien, des cas de ché-
mosis après instillation ont été rapportés. Il peut être utilisé en association avec la
phényléphrine.
Tropicamide
Antimuscarinique de synthèse, c’est le mydriatique de choix pour l’examen instru-
mental des structures endoculaires par sa rapidité d’action et la durée limitée de ses
effets : en solution à 0,5 % (Mydriaticum, Tropicamide Faure), instillé 2 fois à 5 min
d’intervalle, son effet est maximal au bout de 20 min et disparaît complètement au
bout de 6 h ; il permet d’effectuer l’examen biomicroscopique du cristallin et du
vitré, et ophtalmoscopique du fond d’œil. En association avec la phényléphrine, il est
utilisé dans la préparation à la chirurgie endoculaire pour obtenir la mydriase chirur-
gicale. Le tropicamide est plus mydriatique que cycloplégique, il contribue à la res-
tauration de l’étanchéité de la barrière hémato-aqueuse. Bien que réputé susceptible
d’augmenter la PIO chez l’homme, cet effet n’a jamais pu être constaté chez le chien
avec le collyre à 0,5 %. La salivation induite par son instillation chez le chat est, selon
notre expérience, rare. Associé à la phényléphrine, le tropicamide est proposé sous
forme d’insert (Mydriasert), plutôt utilisé en préparation de chirurgie endoculaire
qu’à des fins diagnostiques de lésions endoculaires. Les remarques faites pour le
Lacrisert restent valables, les inserts demeurant des formes à peu près adaptées à un
usage par des professionnels, beaucoup moins à une utilisation par les propriétaires.
Sympathomimétiques
Propriétés pharmacologiques, mode d’action, effets secondaires
Les sympathomimétiques ou adrénergiques soit se lient directement aux récep-
teurs α ou β-adrénergiques, soit augmentent indirectement l’action de la NA à la
liaison neuro-effectrice. L’adrénaline et ses dérivés (phényléphrine) sont des α-ago-
nistes mydriatiques et très peu cycloplégiques, qui induisent une vasoconstriction et
une diminution de la PIO. Leurs effets secondaires systémiques sont hypertenseurs,
accélérateurs du rythme cardiaque et arythmogènes. Leur usage topique est dia-
gnostique, chirurgical et thérapeutique (antiglaucomateux). Les α2-agonistes (apra-
clonidine) sont employés par voie topique comme antiglaucomateux.
Adrénaline
L’adrénaline est à la fois α et β-agoniste, mais surtout α-mimétique. Utilisée par voie
topique sous forme de chlorhydrate en collyre à 1 %, elle facilite l’écoulement de
l’humeur aqueuse par la voie annexe uvéosclérale en même temps qu’elle réduit la
résistance au passage de cette dernière dans le trabéculum, donc diminue la PIO.
Elle provoque également une mydriase, ce qui contre-indique son usage dans les
glaucomes à angle étroit. Elle n’est plus disponible sous forme de collyre à 1 % en
spécialité (Eppy et Glaucopsine récemment supprimées).
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 61
Phényléphrine
Sous forme de chlorhydrate en solution à 10 % (Néosynéphrine Faure 10 %), son
usage topique provoque la mydriase chez le chien, alors que ce n’est pas le cas chez
le chat, où il faut l’associer à un parasympatholytique. Cette association est classique
dans les deux espèces pour obtenir une bonne mydriase chirurgicale avant une opé-
ration de cataracte. L’effet mydriatique de la phényléphrine est rapidement réversi-
ble (5 à 6 h). Lors d’instillation répétées, le collyre à 10 % peut entraîner une hyper-
tension et une arythmie ventriculaire, il faut s’en méfier à cette concentration dans le
traitement symptomatique du syndrome de Claude-Bernard-Horner (myosis aniso-
corique, procidence de la membrane nictitante, énophtalmie et ptose de la paupière
supérieure par dénervation sympathique) et plutôt utiliser une solution diluée au 1/
10 (1 %). Les solutions à 1 % et 10 % sont également employées pour diagnosti-
quer le niveau de dénervation sympathique lors de syndrome de Claude-Bernard-
Horner (fig. 2.7A et B) : l’hypersensibilité des récepteurs adrénergiques du muscle
dilatateur de l’iris est présente quelques jours après que la lésion de dénervation soit
installée, et la mydriase est obtenue entre 5–10 min et plus de 60 min en fonction
de la concentration du collyre et du niveau de lésion (postganglionnaire, prégan-
glionnaire, central, tableau [Link]).
Dipivéfrine
C’est un précurseur de l’adrénaline, dix fois plus puissant que cette dernière, à la fois
α et β-agoniste, utilisé par voie topique sous forme de chlorhydrate à 0,1 % (Propine
collyre). Après instillation, les estérases cornéennes transforment ce diester en acide
pivalique et adrénaline active. Cette solution lipophile pénètre bien dans la cornée
(dix-sept fois mieux que l’adrénaline), ne provoque pas de vasoconstriction des vais-
seaux conjonctivaux à la différence de l’adrénaline, induit la mydriase et diminue la
PIO autant que l’adrénaline. Elle est instillée à raison d’une goutte 2 fois/j.
Apraclonidine
Sous forme de chlorhydrate en solution à 1 % (Iopidine), cet α2-agoniste relative-
ment sélectif est un inhibiteur de l’adényl-cyclase de l’épithélium ciliaire qui bloque
la transformation énergétique de l’ATP en AMP (complémentaire des β-bloquants).
L’apraclonidine abaisse la PIO chez le chien et le chat normal. Le collyre à 1 % est
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
instillé 3 fois/j, il peut être localement irritant, il a peu d’action sur les paramètres
cardiovasculaires. Il existe une présentation à 0,5 %, destinée chez l’homme à être
utilisée en association avec d’autres antiglaucomateux.
Sympathomimétiques indirects
Ils sont représentés par l’hydroxyamphétamine et la cocaïne, qui sont de mauvais
mydriatiques chez le chien, seulement utilisés pour le diagnostic du niveau de déner-
vation dans le syndrome de Claude-Bernard-Horner : l’usage de phényléphrine à
1 % et 10 % ne justifie plus dans ce cas l’usage des deux molécules précitées, actuel-
lement abandonnées.
62 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 2.7 A. Syndrome de Claude Bernard-Horner idiopathique chez un Retriever golden âgé de 10 ans :
myosis modéré, procidence de la membrane nictitante, énophtalmie, ptose de la paupière supérieure.
B. Chien de la fig. 2.7A, 10 min après instillation de phényléphrine à 1 % : tous les signes de la fig. 2.7A
ont rétrocédé.
ANTIGLAUCOMATEUX
À RETENIR
Les antiglaucomateux sont classés en deux catégories :
• les réducteurs de la sécrétion d’humeur aqueuse ;
• les produits qui favorisent l’écoulement de l’humeur aqueuse par ses voies
principales ou annexes.
Selon le cas – crise de glaucome aigu ou glaucome chronique – le traitement
médical mis en place est différent : il est indispensable lors de crise glauco-
mateuse aiguë de déshydrater les milieux oculaires, réduire la sécrétion
d’humeur aqueuse et lutter contre l’inflammation en intervenant par voie
générale, avant de mettre en place le traitement local qui permet une amé-
lioration du drainage de l’humeur aqueuse. Le traitement médical du glau-
come chronique peut s’avérer suffisant si les capacités de drainage de
l’humeur aqueuse existent encore ; il associe obligatoirement plusieurs prin-
cipes actifs complémentaires dans leur mode d’action (réduction de la sécré-
tion d’humeur aqueuse et facilitation de son écoulement).
Plutôt que d’adopter une présentation par classes de médicaments, nous avons
choisi de privilégier pour les glaucomes une présentation clinique, qui sera plus utile
au lecteur, en tenant compte de la situation rencontrée, d’autant qu’un certain
nombre des principes actifs utilisés ont été évoqués au paragraphe consacré aux
modificateurs du système neurovégétatif.
C
A
P
I
L
L
AS
I T
RR
EO
SM
A
É
P Cellule
I pigmentée
T C Adényl
H I cyclase
É L
L I Na+ H+
I A Cellule anhydrase
U I claire carbonique
MR dépendante
E Na+
K+ Na+ ATPase
C dépendante
Chambre postérieure
H
A P p hydrostatique anhydrase carbonique
+ +
Na K ATPase-
M O
B S
T p osmotique
R adénylcyclase
É p oncotique
E
R
I Processus passif Processus actif
E d’ultrafiltration de sécrétion
U
R
E
HUMEUR
AQUEUSE
Fig. 2.8 Formation de l’humeur aqueuse (d’après J.P. Jegou et H. Laforge, Glaucomes. In : Chaudieu,
Ophtalmologie du chien. Paris : PMCAC éditions, 2007).
Formation de l’humeur aqueuse, par un processus passif d’ultrafiltration et un processus actif de
sécrétion. L’ultrafiltration est générée par la pression hydrostatique à laquelle s’oppose la pression
oncotique. La sécrétion transépithéliale permet de contourner les jonctions intercellulaires. Elle est
sous la dépendance enzymatique de l’anhydrase carbonique et de la Na +–K+ ATPase. La stimulation
des récepteurs membranaires bêta de l’épithélium ciliaire active l’adénylcyclase et favorise la
sécrétion de l’humeur aqueuse sous sa dépendance. La stimulation des récepteurs membranaires
alpha bloque l’adénylcyclase et favorise la sécrétion de l’humeur aqueuse sous sa dépendance. La
stimulation des récepteurs membranaires alpha bloque l’adénylcyclase et inhibe la sécrétion
d’humeur aqueuse sous sa dépendance (d’après A. Béchétoile).
laire pour être finalement éliminée par voie trans-sclérale ; elle peut aussi gagner
directement le stroma irien. La capacité de cette voie uvéosclérale est augmentée
lors d’uvéite.
Les valeurs normales de la PIO varient selon les races (chez le chien) et l’âge des ani-
maux (les plus jeunes et les plus vieux sont ceux qui ont les PIO les moins élevées),
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 65
1a 10 7a 7b 9a 9b
1b
5
6
4 8
7c 3
2 13
11
12
tonométrie par rebond (Tono Vet) sont plus faibles et comprises entre 10 et
25 mmHg chez le chien, 10 et 22 mm chez le chat (ces intervalles de références sont
ceux de notre pratique).
que médical est insuffisant ou si l’indication chirurgicale est bonne après stabilisation
de la PIO, une des conditions de succès chirurgical est la précocité d’intervention
(extraction du cristallin luxé lors de luxation primaire, interventions filtrantes, cyclo-
cryothérapie, cyclophotocoagulation au laser).
Plus la PIO est élevée, plus il faut mettre en place rapidement le traitement médical
d’urgence : une PIO supérieure ou égale à 50 mmHg pendant 48 à 72 h peut
engendrer des lésions papillaires optiques irréversibles, également dépendantes de
l’inflammation aiguë.
Ce traitement médical initial doit :
– combattre l’inflammation aiguë ;
– déshydrater les milieux intra-oculaires ;
– réduire la production d’humeur aqueuse ;
– faciliter le drainage de l’humeur aqueuse.
Chacune de ces composantes du traitement sera envisagée à la fin du paragraphe.
Acétazolamide
L’acétazolamide (Diamox), sulfamide non bactériostatique, reste le seul IAC systémi-
que commercialisé actuellement. Il est administré lors de glaucome aigu par voie
intraveineuse à la posologie de 5 à 10 mg/kg. Son action est obtenue en 10 min et
est maximale en 2 à 3 h. Le traitement d’entretien est assuré par la forme orale (5 à
10 mg/kg toutes les 8 à 12 h) en essayant de trouver la posologie minimale efficace
sans effets secondaires.
Dorzolamide
Le collyre à 2 % (Trusopt) réduit de façon significative la PIO chez le chien normo-
tone (3,1 mmHg) et chez le Beagle affecté de glaucome primaire à angle ouvert en
instillations toutes les 8 à 12 h. Chez le chat normotone, l’instillation toutes les 12 h
se traduit par une baisse significative de la PIO. Réputé parfois irritant (bléphatites
constatées lors de traitement à long terme), le dorzolamide collyre à 2 % peut
entraîner un œdème cornéen irréversible lorsqu’une dégénérescence endothéliale
est déjà présente. Son administration toutes les 12 h, concomitante à celle de
méthazolamide à 5 mg/kg/j, dans un lot de Beagles glaucomateux n’a pas montré
de baisse de la PIO supérieure à celle observée dans un lot de Beagles glaucomateux
traité par la seule instillation de dorzolamide collyre à 2 %. L’association dorzolamide
2 %–maléate de timolol 0,5 % (Cosopt) en collyre serait plus efficace chez le chien
glaucomateux que l’un ou l’autre produit employé seul par voie topique.
Brinzolamide
Le collyre à 1 % (Azopt) réduit de façon significative la PIO chez le chien normotone
(3,5 mmHg), alors que ce n’est pas le cas lors de traitement à court terme avec
administration toutes les 12 h chez le chat normotone. Son pH à 7,5 est mieux
toléré que celui du dorzolamide à 2 % (pH à 5,6).
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 69
Adrénaline
En collyre à 1 %, elle réduit la production d’humeur aqueuse par son action vaso-
constrictrice sur les vaisseaux sanguins du corps ciliaire et facilite l’écoulement de
l’humeur aqueuse par action sur les récepteurs α2 adrénergiques (élévation du taux
de monophosphate cyclique d’adénosine trabéculaire). Son effet mydriatique la con-
tre-indique dans les glaucomes à angle étroit. Une des deux spécialités qui existaient
en collyre (Eppy, Glaucopsine) n’est plus disponible maintenant.
Dipivéfrine
Précurseur de l’adrénaline, dix fois plus puissant que cette dernière, elle est utilisée
en collyres à 0,1 % (Propine) avec deux instillations journalières. Elles est convertie en
adrénaline par les cholines estérases cornéennes, donc ne doit pas être employée en
association avec des parasympatholytiques. Comme l’adrénaline, elle peut être irri-
tante localement (conjonctivite modérée, larmoiement).
Apraclonidine
C’est un α2-agoniste puissant et relativement sélectif, dont on pense qu’il inhibe
l’activité de l’adényl-cyclase, empêchant la transformation de l’ATP en AMP-cyclique,
donc la production d’humeur aqueuse. Celle-ci serait également inhibée par la vaso-
constriction artériolaire du corps ciliaire. Chez le chien normotone, son instillation en
collyre à 0,5 % 3 fois/j (Iopidine 0,5 %) réduit en moyenne la PIO de 3 mmHg, 8 h
après le traitement ; chez le chat normotone, la diminution est de 4,8 mm 6 h après
traitement. Elle induit une vasoconstriction conjonctivale chez le chat et le chien, un
myosis et un blépharospasme modéré chez le chat normotone ; une mydriase et une
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Brimonidine
Utilisé en collyre sous forme de tartrate en solution à 0,2 % (Alphagan) toutes les
12 h, c’est un α2-agoniste sélectif (28 fois plus que l’apraclonidine). Chez le Beagle
atteint de glaucome primaire à angle ouvert, une baisse significative de la PIO et une
diminution de la fréquence cardiaque ont été constatées. Elle doit en principe être
utilisée en association avec d’autres classes médicamenteuses pour le traitement du
glaucome chez le chien. Nous avons personnellement constaté des effets secondai-
res émétisants.
70 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Timolol
Utilisé par voie topique sous forme de maléate en collyre à 0,25 % et à 0,5 %
(Digaol, Goptol, Nyolol, Ophtim, Timabak, Timolol, Timocomod, Timoptol), c’est un
bêtabloquant non sélectif qui diminue la PIO chez le chien et le chat normotones
non seulement dans l’œil traité, mais aussi dans l’œil controlatéral. L’œil traité est en
myosis, ce qui peut être en faveur aussi bien d’un effet α-adrénergique que β-blo-
quant sur les récepteurs du muscle sphincter de l’iris. Le pic de baisse de la PIO est
obtenu 2 à 4 h après instillation chez le chien et 6 à 12 h chez le chat. Les collyres à
0,25 % et 0,5 % sont inefficaces chez le Beagle normotone, mais abaissent la PIO
chez le Beagle affecté de glaucome à angle ouvert. Une diminution dose–dépen-
dante de la PIO est constatée chez le chien normotone après instillation de collyre à
2 %, 4 %, 6 % et 8 %, alors que les solutions à 4 % et 6 % semblent les plus effica-
ces chez le Beagle glaucomateux. Il est admis que le collyre à 0,25 % chez le chat ou
les chiens de moins de 10 kg, le collyre à 0,5 % chez les chiens de plus de 10 kg sont
utilisables en traitement de routine, toutes les 8 à 12 h chez le chien, toutes les 12 h
chez le chat. Le risque d’effets secondaires possibles (arythmie et blocs auriculoven-
triculaires, bradycardie par effet β1-bloquant ; bronchospasme par effet β2-blo-
quant) fait qu’en théorie, le timolol n’est pas conseillé chez les animaux insuffisants
cardiaques ou à antécédents d’affections pulmonaires : cette considération se traduit
dans les faits par l’éviction du timolol en traitement de première intention chez le
chien glaucomateux insuffisant cardiaque ou chez le chat glaucomateux asthmati-
que, par exemple. Les effets secondaires locaux les plus communément rapportés
sont une irritation locale (hyperhémie conjonctivale modérée), une diminution de la
sécrétion lacrymale et un échappement au traitement sur le long terme.
Bêtaxolol
C’est le chef de file des β1-bloquants (blocage sélectif). Bien que ses effets cardiovas-
culaires aient été étudiés chez le chien comme modèle expérimental, son action
antiglaucomateuse n’a pas été réellement évaluée dans cette espèce. Toutefois, dans
une étude multicentrique, l’instillation de collyre à 0,5 % toutes les 12 h a été
démontrée significativement efficace en prévention du glaucome sur l’œil sain traité
de chiens affectés de glaucome primaire à angle ouvert unilatéral : les chiens traités
ont développé un glaucome plus tard (médiane : 30,7 mois) que les chiens non trai-
tés (médiane : 8 mois). Pour cette raison, nous n’utilisons que le collyre à 0,5 %
(Betoptic 0,5 % collyre, il existe une suspension à 0,25 %).
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 71
Autres bêtabloquants
Leur action n’a pas été évaluée chez le chien ou le chat (béfunolol, cartéolol, lévobu-
nolol, métipranolol), mais ils mériteraient certainement aussi d’être essayés.
féline s’expliquerait par un effet dose–dépendant marqué dans cette espèce (il existe
à un degré moindre chez le chien). Les effets secondaires rapportés chez l’homme
(hyperhémie conjonctivale, hyperpigmentation irienne et palpébrale, hypertrichose)
sont limités chez le chien (hyperpigmentation irienne occasionnelle à long terme).
En revanche, le myosis souvent intense chez le chien et le chat (qui peut gêner des
individus atteints de cataracte axiale) n’est pas décrit chez l’homme. L’usage topique
du latanoprost peut remplacer celui du mannitol dans le traitement d’urgence du
glaucome aigu, avec une action perceptible en 20 min. Son effet myotique contre-
indique son usage lors de luxation antérieure du cristallin (risque de bloc pupillaire),
alors que la subluxation et la luxation postérieure accompagnées d’élévation de la
PIO sans intervention chirurgicale envisagée sont indiquées. L’expérience montre
que, chez le chien, le latanoprost doit être instillé toutes les 12 h. L’uvéite antérieure
hypertensive, l’aphakie ou la pseudophakie avec inflammation sont des contre-indi-
cations de l’usage du latanoprost.
Travoprost (Travatan collyre)
Cette molécule possède en usage topique chez le chien les mêmes propriétés que le
latanoprost et peut n’être instillée que toutes les 24 h.
Associations médicamenteuses
Pour faciliter l’observance du traitement, et bénéficier de complémentarité d’actions,
des associations de principes actifs sont disponibles : pilocarpine et timolol (Tim-
pilo 2, Timpilo 4), pilocarpine et cartéolol (Cartepilo), dorzolamide et timolol
(Cosopt), latanoprost et timolol (Xalacom). L’association dorzolamide–timolol poten-
tialise les effets de chacun des principes actifs, l’usage concomitant de latanoprost et
dorzolamide également.
Neuroprotection et glaucome
Le concept de neuroprotection dans le traitement du glaucome fait appel, outre à la
normalisation de la PIO, à l’utilisation de principes actifs susceptibles de préserver les
fonctions de neurones pas encore endommagés ou légèrement atteints. Les lésions
acquises du nerf optique secondaires à l’augmentation de la PIO sont :
– soit directes par effet mécanique ischémique sur la microcirculation de la tête
du nerf optique et de la rétine ;
– soit indirectes par compression des axones des cellules ganglionnaires qui che-
minent postérieurement à la lame criblée.
L’ischémie peut réaliser dans les corps cellulaires les conditions favorables à l’apop-
tose et la nécrose : hypoxie suivie d’une augmentation de taux du glutamate à des
niveaux excitotoxiques avec élévation du taux de Ca intracellulaire. Pour ce qui est
du secteur extracellulaire, il a été montré que l’humeur aqueuse d’individus glauco-
mateux contenait une quantité d’endothéline-1 plus élevée que celle d’individus
sains, responsable de vasoconstriction pathologique. Le débit sanguin dans les artè-
res ciliaires postérieures longues et courtes et dans l’artère ophtalmique peut être
amélioré chez le chien par l’administration d’amlodipine (Amlor) par voie orale. Le
vasospasme induit par l’endothéline-1 peut être évité sur des yeux prédisposés au
glaucome primaire, ou partiellement levé dans des cas de glaucome débutant par
des antagonistes des canaux Ca, dont l’innocuité et l’efficacité restent à démontrer
chez le chien.
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 73
Médico-chirurgical
Injection intravitréenne de gentamicine (voir le paragraphe « injection intravi-
tréenne ») : comme indiqué au paragraphe « antibiotiques », la dose de gentamicine
intravitréenne nécessaire à la chimiodestruction du corps ciliaire est comprise entre
8 et 20 mg chez le chien (12 à 15 mg en moyenne), en faisant attention chez les
chiens de petit format (néphrotoxicité du produit). Les résultats sont perceptibles en
une à deux semaines, ils sont également inconstants (mais l’acte peut être répété si
besoin), l’évolution vers la phtisie du globe est possible (si la dose injectée est trop
importante), et cette technique peu onéreuse doit être réservée aux propriétaires qui
ne sont pas favorables à accepter une autre proposition de traitement. Chez le chat,
des complications possibles de sarcome ont été décrites.
B
Fig. 2.10 A. Hypertension oculaire à 28 mmHg consécutive à une intervention sur une cataracte congéni-
tale héréditaire de King Charles Spaniel avec vitrectomie associée : noter l’œdème cornéen sectoriel supé-
rieur dense et le myosis (traitement au Xalatan). B. Chien de la figure 2.6 après cyclophotocoagulation :
l’emplacement d’impacts est visible à midi, l’œdème cornéen a disparu, la PIO est à 15 mmHg (20 impacts
de 1,4 W/1 s).
ANTISCLÉROSANTS CRISTALLINIENS
Tout au long de la vie, les cellules cristalliniennes épithéliales et corticales antérieures
pourvues de noyaux effectuent la synthèse ribosomale de protéines solubles pour la
majorité d’entre elles (α, β et ϒ-cristallines). Les β-cristallines sont peu spécifiques
d’espèce et se divisent en βH (heavy) et βL (light), avec le vieillissement la propor-
tion de cristallines α et βL augmentent par rapport aux ϒ et βH chez le chien, et ce
changement s’accentue lors de cataracte sénile.
La production de radicaux libres induite par le rayonnement ultraviolet, la lumière et
le métabolisme cellulaire est inactivée par un certain nombre d’anti-oxydants, dont
❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 75
❚ SPÉCIALITÉS TOPIQUES
VT Phak gouttes oculaires : elles contiennent de la glycine (acide aminé précurseur
du glutathion), de la vitamine PP (précurseur co-enzymatique impliqué dans la syn-
thèse du glutathion) et du cytochrome C anti-oxydant ; il est conseillé de prescrire
une goutte matin et soir, 20 j/mois.
Catacol (à base d’inosine, une goutte matin et soir en permanence) et Catarstat (à
base de pyridoxine et glycine, à la même posologie) : ce sont les spécialités propo-
sées chez l’homme, utilisables chez les carnivores.
❚ SPÉCIALITÉS PER OS
SitalanSE (cystine, glutamate de Na, glycine, vitamines E et C, sélénium) en compri-
més ou suspension orale, administrés 15 j/mois.
VT Phak sirop (glycine, glutamate monoNa, inositol), préconisé trois semaines par
mois.
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
3 Conduite chirurgicale
❚ PRÉPARATION DU PATIENT
Elle inclut :
– la protection des surfaces oculaires avant tonte ou coupe de poils par une com-
presse imbibée d’une lotion de nettoyage oculaire (Ocryl ou Option solution) ;
– la tonte péri-oculaire, qui peut ne pas être effectuée dans certains cas (interven-
tion sur les conjonctives chez des animaux à poil très ras), en veillant à ne pas
irriter la peau des paupières par une tonte trop rase ;
– la coupe des cils à la paupière supérieure, ou de poils longs, aux ciseaux si
besoin, les lames de ciseaux ayant été préalablement enduites de vaseline ou
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
pommade, afin que les poils ne tombent pas sur les surfaces conjonctivales ou
cornéenne ;
– l’antisepsie préopératoire : la peau des paupières peut être classiquement trai-
tée par l’application d’une solution de povidone iodée à 10 % (Vétédine), les
surfaces conjonctivales et oculaires restant protégées par une compresse humi-
difiée ; les culs-de-sac conjonctivaux et la surface cornéenne sont abondam-
ment rincées à l’aide d’une solution de povidone iodée diluée au 1/20 dans du
NaCl isotonique stérile qui n’est pas irritante pour l’œil, et qui est également
efficace pour la désinfection cutanée ; application cutanée et rinçage conjoncti-
val sont effectués pendant au moins 2 min, des compresses imbibées de polyvi-
done iodée diluée restant en place durant le transport et la mise en position du
sujet sur la table d’opération ;
– la mise en place du sujet en décubitus latéral ou dorsal sur un coussin déforma-
ble à vide d’air, qui permet de mettre la tête dans la position souhaitée pour
l’intervention (fig. 3.1).
80 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 3.1 Chien anesthésié, tondu, désinfecté, en position (décubitus latéral) sur un coussin à vide d’air.
CONSOMMABLES
❚ CHAMPS OPÉRATOIRES
Des champs autocollants à usage unique peuvent être utilisés, mais des champs
fenêtrés en coton conviennent parfaitement (à fenêtre ovale ou rectangulaire pour la
chirurgie des conjonctives, rectangulaires pour la chirurgie des paupières : les tailles
utilisées en pratique pour notre part sont 2 cm × 3 cm et 4 cm × 7 cm).
❚ Conduite chirurgicale 81
❚ SOLUTIONS D’IRRIGATION
On utilise soit le NaCl isotonique soit le lactate de Ringer pour l’hémostase (voir ce
paragraphe) et le rinçage postopératoire, mais aussi durant le temps chirurgical pour
éviter la dessiccation des surfaces oculaires.
Fig. 3.2 Réalisation du point en lacet de bottine (d’après D. Schmidt-Morand, Affections des paupières et
de la membrane nictitante. In : Laforge H, Roze M, Eds Ophtalmologie du chat. Bris : PMCAC éditions,
2005).
none : PDS), mais des fils non résorbables de type Prolène peuvent l’être également ;
les chefs des points simples, coupés courts, sont orientés en direction opposée à la
cornée ou enfouis, le surjet simple est également utilisé de façon fréquente. La cica-
trisation de la conjonctive est complète et solide en une semaine.
HÉMOSTASE
Les méthodes utilisées en chirurgie classique sont utiles. Un bistouris électrique avec
une excellente qualité de coagulation bipolaire est recommandé, notamment lors
d’excision tumorale. Les cautères jetables sont particulièrement bien adaptés à la
chirurgie de la conjonctive et à la correction d’entropion. Une solution de rinçage
isotonique (NaCl, lactate de Ringer) utilisée en rinçage (seringue montée) ou en
goutte à goutte est indispensable. Les microsponges triangulaires de cellulose à
manche conformable (microsponges Alcon) sont particulièrement bien adaptées au
contrôle de mini-hémorragies cutanées, sous-cutanées et conjonctivales, après ins-
tillation de solution d’irrigation isotonique et/ou avant électrocoagulation si néces-
saire.
INSTRUMENTS DE CHIRURGIE
❚ TROUSSE OPHTALMOLOGIQUE STANDARD
La trousse ophtalmologique standard pour la chirurgie des annexes comprend :
– une boîte de rangement autoclavable ou stérilisable en chaleur sèche ;
– des pinces à champ crabe de Jones ;
– un blépharostat de Barraquer « colibri » à cuillers de 15 mm, ou de Castroviejo–
M. Bonnet à deux fois deux griffes mousses (les deux si possible) ;
– des pinces à tendre les fils de De Wecker (deux courbes, deux droites) ; des pin-
ces de Halstead peuvent aussi tendre les fils de positionnement ;
– un bistouris manche no 3 ou no 5 avec lames no 11 et no 15 (Swann-Morton)
pour la peau uniquement, les incisions de la conjonctive se réalisant aux
ciseaux ;
– des ciseaux : courbes et droits de Mayo (longueur 140 mm, une paire de cha-
que) ; courbes de Metzenbaum (longueur 140 mm, une paire) ; à ténotomie de
Sevrin-Stevens droits « bec de canard » (une paire) ; droits pointus d’ophtalmo-
logie, articulation à vis, fins, logueur 11 mm (une paire) ; à énucléation coubes
de Knapp, courbure standard (facultatifs, une paire) ;
– des pinces : à fixer la conjonctive d’Elschnig courbes à dents obliques ; à dissé-
quer de Paufique (pour la conjonctive) et d’Adson avec griffes (pour la conjonc-
tive et la peau) ; courbes de Halstead à mors striés fins sans dents (longueur
130 mm), courbes de Leriche sans dents (longueur 150 mm) ;
– une pince à chalazion de Desmarres de taille moyenne (20 mm) ;
– une curette à chalazion, taille 3 (2,25 mm) ;
– un porte-aiguille standard de Mayo-Hegar (taille 160 mm) et un porte-aiguille
de Castroviejo courbe fin (taille 150 mm, sans système d’arrêt) ;
– une spatule à paupière de Jaeger (métallique ou plastique) ;
❚ Conduite chirurgicale 83
POSTOPÉRATOIRE
La chirurgie palpébrale impose le port permanent d’un carcan chez le chien et le
chat opérés dans les dix jours qui suivent l’intervention pour éviter l’automutilation.
Le propriétaire doit être en mesure de nettoyer le site opératoire et traiter par voie
topique selon prescription plusieurs fois par jour.
Durant ces mêmes dix jours, l’animal doit être gardé à l’intérieur ou promené en
laisse (chien) pour rester sous strict contrôle.
Les poins non résorbables de la peau des paupières sont enlevés entre une et deux
semaines après l’opération (selon intervention).
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
4 Chirurgie des annexes
oculaires
a
k
b
j
c i
h
d
f
e
Fig. 4.1 Anatomie de la paupière supérieure (d’après CP. Moore et GM. Constantinescu, Surgery of the
adnexa. In : Nasisse MP, ed. Surgical management of ocular diseases. Vet Clin North Am Small Anim Pract,
1997, 27) :
a. septum orbitaire ; b. épiderme ; c. tissu sous-cutané ; d. muscle orbiculaire ; e. cils ; f. glande tarsale
(de Meibomius) ; g. lame tarsale ; h. conjonctive ; i. muscle de Muller ; j. muscle releveur de la
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
vite chronique, sèche ou non, induite), et une greffe de muqueuse entreprise si cette
amputation est inévitable (tumeurs de la glande nictitante).
ENTROPION
L’entropion est l’enroulement vers l’intérieur du bord libre palpébral. Il peut entraî-
ner des lésions irritatives conjonctivales et cornéennes, érosives secondairement vas-
cularisées et pigmentées de l’épithélium et du stroma cornéens. Les signes cliniques
observées sont le blépharospasme, le larmoiement, la photophobie, la conjonctivite
et la kératite ulcéreuse ou non. La vascularisation et la pigmentation cornéennes
superficielles peuvent être responsables de défauts de vision.
Chez le chien, les entropions à prédisposition raciale affectant le bord palpébral
inféro-temporal ou/et parfois le canthus latéral dans son entier (Bulldog anglais,
Chow-chow, Pointer, Retriever, Rottweiler, Shar pei…), ou participant à des malfor-
86 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
b
a c
c
d
b
a
b
Fig. 4.2 Anatomie topographique de la conjonctive (d’après CP. Moore et GM. Constantinescu, Surgery of
the adnexa. In : Nasisse MP, ed. Surgical management of ocular diseases. Vet Clin North Am Small Anim
Pract, 1997, 27) :
a. conjonctive palpébrale ; b. fornix ; c. conjonctive bulbaire ; d. membrane nictitante ;
e. celulles calciformes.
e
b
Fig. 4.3 Anatomie de la membrane nictitante (d’après CP. Moore et GM. Constantinescu, Surgery of the
adnexa. In : Nasisse MP, ed. Surgical management of ocular diseases. Vet Clin North Am Small Anim Pract,
1997, 27) :
a. conjonctive ; b. cartilage ; c. glande ; d. canaux excréteurs ; e. follicules lymphoïdes.
Indications
Cette technique est mise en œuvre presque exclusivement lors d’entropion congéni-
tal lié au type racial, très douloureux (spastique), souvent présent à l’ouverture des
yeux (20 j) chez le Shar pei. Elle peut aussi être utilisée temporairement pour soula-
ger les effets douloureux d’un entropion spastique (fig. 4.4).
Technique opératoire
Au moins deux points simples au monofil 2/0 (le fil ne doit pas être trop fin pour ne
pas couper la peau) sont placés sans anesthésie générale aux 1/3 de la zone enrou-
lée, mesurés à partir des extrémités nasale puis temporale, en partant à 3 mm du
bord palpébral : le premier passage d’aiguille charge environ 5 mm de peau, le
second également après que l’aiguille ressortie soit réinsérée au-dessus du bord orbi-
taire palpable sous la peau. On peut augmenter le nombre de points si nécessaire,
selon la longueur de peau enroulée. Les paupières supérieure et inférieure sont géné-
ralement atteintes et traitées simultanément (fig. 4.5A et B).
88 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 4.4 Entropion supérieur et inférieur temporal et blépharospasme chez un chiot Shar pei âgé de quatre
semaines : noter la conjonctivite purulentes.
B
Fig. 4.5 A. Technique d’éversion temporaire des paupières (d’après G. Severin, Severin’s Ophtalmology
Notes. 3rd ed. Fort Collins : Design Pointe TM Communications Inc., 1995).
B. Fils temporaires d’éversion en place chez le chien de la fig. 4.4 : noter l’opacification
et la vascularisation conéennes
❚ Chirurgie des annexes oculaires 89
Fig. 4.6 Résultat à 10 j (chien de la figure 4.4) : un point inférieur est tombé seul, un granulome est pré-
sent sur le point médial supérieur, la conjonctivite a disparu, la vascularisation stromale cornéenne égale-
ment, une opalescence cornéenne résiduelle subsiste.
Postopératoire
Les sutures sont laissées en place tant qu’elles ne gênent pas (granulomes possibles),
ou ne tombent pas seules (fig. 4.6). Un nettoyage biquotidien, un traitement de la
kératoconjonctivite et du fréquent ulcère cornéen associé sont prescrits. La procé-
dure peut être renouvelée si besoin, une correction chirurgicale définitive sous anes-
thésie générale à l’âge de quelques mois est à envisager.
Technique opératoire
Entropion inférieur
En regard de la zone enroulée, la taille de l’incision cutanée est appréciée à l’aide
d’une pince de Halstead ou de Leriche : la partie à exciser pour dérouler le bord pal-
pébral est incluse dans cette dernière sous la forme d’un pli de peau, dont les limites
marquées par les mors sont celles des incisions cutanées, réalisées à la lame n° 15
après stabilisation de la paupière sur une spatule, et avant ablation de la peau par
dissection aux ciseaux de Metzenbaum courbes (fig. 4.8a et b). La berge palpébrale
linéaire de l’incision doit se trouver à 2 mm environ du bord libre de la paupière, la
berge opposée est incurvée et sa partie la plus large correspond au maximum
d’entropion (fig. 4.8a et b). L’hémostase est effectuée selon besoins. L’incision est
fermée à points cutanés séparés : les deux premiers points sont placés à environ
1 mm des limites d’incision, aux 1/3 nasal et temporal de cette dernière pour réaliser
90 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 4.7 Entropion du canthus latéral plus marqué à la paupière inférieure et lésions de kératite chronique
associées chez un Bouvier bernois.
b c
Fig. 4.8 Technique de Hotz-Celsus (d’après GM. Constantinescu. In : Nasisse MP, ed Surgical management
of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
❚ Chirurgie des annexes oculaires 91
a b
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
c d
f
e
un bon affrontement (fig. 4.8b et c), les autres points sont effectués ensuite
(fig. 4.8d). Les nœuds sont placés du côté opposé au bord libre palpébral (fig. 4.8d),
le chef tourné vers la cornée est coupé court, l’autre est laissé plus long pour enlever
les points plus facilement.
Entropion du canthus latéral
La technique précédente est modifiée en réalisant une incision en forme de tête de
flèche (fig. 4.9 et 4.10), dont les largeurs inférieure et supérieure sont fonction des
corrections nécessaires (elles sont le plus souvent inégales). Le point cutané à la
pointe de la flèche (au canthus latéral) est réalisé en premier, puis les incisions supé-
rieure et inférieure sont fermées à points séparés comme précédemment (fig. 4.10f).
Si le canthus latéral n’est pas assez tendu (laxité canthale latérale), la correction addi-
tionnelle est faite par un point sous-cutané en U dont les parties verticales intéres-
sent l’épaisseur du muscle orbiculaire des paupières (successivement les fibres de la
paupière supérieure puis de la paupière inférieure, du côté médial du canthus), et
celle du fascia qui recouvre le ligament orbitaire ou le ligament orbitaire lui-même
du côté latéral en un seul passage (le ligament orbitaire lui même est difficile à trans-
fixer, le monofil de suture cutanée convient bien pour ce point additionnel) : le ser-
rage de ce point remet en position et retend le canthus latéral (fig. 4.10c à e).
Postopératoire
L’œdème conjonctival est de règle pendant 48 à 72 h, un carcan de protection est
laissé en place au moins 10 j, et les points sont enlevés au plus tôt au quinzième jour.
Le traitement topique est identique à celui mis en place pour l’éversion temporaire.
Technique opératoire
Le but est d’éverser le bord palpébral tout en éliminant cils et poils traumatisants
(fig. 4.12A) et d’obtenir une cicatrisation cutanée glabre par seconde intention. La
première incision (SOG) est effectuée à la lame no 11 : elle est inclinée en direction
de la conjonctive, réalisée à 0,5–1 mm de l’orifice des glandes tarsales de Meibo-
mius, du côté externe par rapport à ces dernières, commencée de 2 à 4 mm du can-
thus médial, étendue le long du bord palpébral jusqu’à 5 mm au-delà du canthus
latéral (fig. 4.12A). Une seconde incision cutanée palpébrale courbe rejoint la pre-
mière à ses extrémités médiale et latérale (fig. 4.12A : b et 4.12B), permettant par
dissection aux ciseaux de Sevrin-Stevens ou de Metzenbaum courbes l’excision
d’une côte de melon dont le trajet suit le bord orbitaire supérieur. L’incision supé-
rieure est tirée vers l’incision inférieure par quatre à six points simples d’ancrage,
puis par un surjet simple et son bord cutané suturé au tissu sous-cutané à 5 mm
❚ Chirurgie des annexes oculaires 93
B
Fig. 4.11 A. Entropion–trichiasis de la paupière supérieure avec granulome cornéen induit et entropion
latéral inférieur associé chez un chiot Shar pei âgé de 4 mois. B. Correction de l’entropion sénile (cicatrisa-
tion glabre par seconde intention visible du bord palpébral supérieur) après marginoplastie chez un Cocker
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
environ de cette dernière, au niveau de la base des glandes tarsales (fig. 4.12A : c, d
et 4.12C). La cicatrisation se fait par granulation en une dizaine de jours, la cicatrice
glabre s’épithélialise et se pigmente secondairement dans la plupart des cas.
Postopératoire
Il est identique à celui de la technique de Hotz-Celsus, à ceci près que les point sim-
ples et le surjet doivent être enlevés au bout d’une semaine (notamment le surjet
recouvert par le tissu de granulation).
94 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 4.12 A. Marginoplastie de Stades (d’après GM. ConstantinescuIn : Nasisse MP, ed Surgical manage-
ment of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
Pour corriger l’entropion–trichiasis de la paupière supérieure, après abalation du croissant de
peau (b), la peau frontal de la ligne d’incision supérieure est tirée vers la ligne d’incision inférieure
pour fermer partiellement l’incision en croissant (c).
B C
Fig. 4.12 B. Incision cutanée en pleine épaisseur en croissant de la paupière supérieure chez le chien de la
fig. 4.11A. C. Suture en tension du bord palpébral supérieur (points simples et surjet) chez le chien de la
fig. 4.11A ; l’entropion inférieur a été corrigé par la technique de Hotz-Celsus.
❚ Chirurgie des annexes oculaires 95
Technique opératoire
La quantité de peau à enlever est évaluée sur le chien vigile en la saisissant entre les
doigts jusqu’à éliminer les plis (fig. 4.13), et la préparation chirurgicale s’accompa-
gne d’un marquage des limites de l’excision à l’aide d’un marqueur indélébile. Les
limites nasale et temporale de(s) l’incision(s) sont variables et, dans certains cas, elles
intéressent tout le pourtour oculaire. Seule la peau est enlevée, les sutures sont faites
à points séparés.
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 4.13 Excision de plis de peau péri-oculaire (d’après GM. ConstantinescuIn : Nasisse MP, ed Surgical
management of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
96 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Postopératoire
Il est identique à celui de la technique de Hotz-Celsus.
❚ TECHNIQUE DE BIGELBACH
Indications
Elles sont multiples : entropion latéral simple chez le chien et le chat, association tri-
chiasis–entropion de la paupière supérieure, mais surtout association entropion–
ectropion–euryblépharon des races géantes.
Technique opératoire
Il s’agit d’une canthoplastie latérale, qui permet de raccourcir de 20 à 25 % la lon-
gueur des paupières supérieure et inférieure, stabilisant ainsi le canthus latéral. Une
excision musculo-cutanée (le muscle orbiculaire des paupières est intéressé) trapé-
zoïdale est réalisée au canthus latéral (fig. 4.14a à f) : elle permet à la fois de raccour-
cir la fente palpébrale et de stabiliser le canthus latéral. La partie de bord palpébral à
raccourcir en effectuant une tarsorraphie latérale permanente est indiquée par deux
petites incisions perpendiculaires au bord palpébral effectuées à la lame
no 11 (fig. 4.14a). Deux incisions incurvées à la lame sont faites à partir du canthus
dans le prolongement des bords palpébraux et leurs extrémités sont réunies par une
troisième incision, délimitant ainsi un triangle de peau (fig. 4.14b) excisé aux ciseaux
à ténotomie de Sevrin-Stevens ou de Metzenbaum courbes (fig. 4.14b). Les deux
petites incisions perpendiculaires aux bords palpébraux et les extrémités des inci-
sions curvilignes dans le prolongement des bords palpébraux sont réunies par deux
incisions à la lame no 11 (une inférieure, une supérieure, fig. 4.14c), et les deux
triangles palpébraux ainsi délimités excisés en pleine épaisseur aux ciseaux à ténoto-
mie de Sevrin-Stevens ou de Metzenbaum (fig. 4.14c). La suture de l’incision trapé-
zoïdale ainsi réalisée (fig. 4.14d) est effectuée à points séparés comme indiqué
en (fig. 4.14f) afin de réaliser la tarsorraphie latérale permanente qui raccoucit la
fente palpébrale.
Cette technique peut être transposée au canthus médial.
Postopératoire
Il est identique à celui de la technique de Hotz-Celsus. Ce dernier type d’interven-
tion, ainsi que la technique de Stades, peuvent être nécessaires comme procédures
additionnelles à d’autres techniques.
a b
c d
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
e f
Fig. 4.14 Technique de Bigelbach (d’après FC. Stades, Pathologie des paupières et de la membrane
nictitant. Prat. Med. Chir. anim comp, 1997).
Technique opératoire
Une incision triangulaire à sommet ventral, latérale par rapport au point lacrymal
inférieur est réalisée à la lame no 11 à 3 mm du bord libre sur 8 à 15 mm, les deux
autres incisions sont effectuées de telle sorte que la hauteur du triangle soit de 5 mm
environ (fig. 4.16). Seule la peau est excisée, la plaie est fermée par quatre ou cinq
points simples.
98 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 4.15 Entropion médial inférieur chez un Shih Tzu, associé à une caroncule velue :
noter l’épiphora séreux.
Fig. 4.16 Traitement de l’entropion inféromédial (d’après GM. ConstantinescuIn : Nasisse MP, ed Surgical
management of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
❚ Chirurgie des annexes oculaires 99
Postopératoire
Un nettoyage biquotidien et une pommade ophtalmique antibiotique sont prescrits
pour dix jours jusqu’à l’ablation des points. Il n’y a pas d’œdème conjonctival ou il y
en a peu, et le carcan n’est pas en général nécessaire.
Technique opératoire
La paupière est stabilisée en tension, l’incision cutanée en Y à la lame no 15 ou no 11
intéresse toute la zone cicatricielle entre les branches du Y, dont la base est d’égale
longueur à celle des branches (fig. 4.17A). La peau est séparée du tissu cicatriciel
fibreux adhérent (SOG) aux ciseaux de Sevrin-Stevens, elle est séparée du conjonctif
sous-jacent sur 2 ou 3 mm sur les bords externes de l’incision (fig. 4.17B). L’éversion
du bord libre palpébral est réalisée en plaçant des points simples à la base du Y
(fig. 4.17C) après avoir fait glisser c en d, puis les incisions des branches du Y sont
suturées (fig. 4.17).
Postopératoire
Il est identique à celui de la technique précédente, mais le port systématique d’un
carcan pour une semaine est conseillé.
ECTROPION
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
C’est l’éversion du bord libre, en principe bilatérale inférieure quand elle est liée au
type racial par hyperlaxité et excès de longueur palpébraux. On l’observe chez le
chien jeune dans des races telles que le Basset Hound, certains Braques (fig. 4.18), le
chien de Saint-Hubert, les molossoïdes de race géante, certains Retrievers (du Labra-
dor et golden), les Spaniels (Clumber Spaniel, Cockers anglais et américain, Sprin-
gers anglais et gallois, Field Spaniel). Les signes observés sont une exposition anor-
male des conjonctives, un épiphora séreux, une conjonctivite et une kératite
occasionnelles. Il n’y a donc aucune urgence à intervenir chirurgicalement, sauf dans
le cas particuliers d’une KCS intercurrente, qui peut être aggravée par l’ectropion
(chien de Saint-Hubert). La décision opératoire est prise chez le chien adulte ou
jeune adulte : chez les Retrievers notamment, on observe de façon assez fréquente
un ectropion médian inférieur temporaire, présent chez le chien au repos, et dispa-
raissant lorsqu’il est attentif, puis quelles que soient les conditions chez l’adulte. Lors
de correction excessive d’entropion, un ectropion cicatriciel peut être induit, comme
lors de plaie palpébrale. La résection pentagonale en pleine épaisseur de la zone
éversée est souvent insuffisante pour traiter l’ectropion lié au type racial.
100 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
a b a b a b
c
c c
d d d
B C
Fig. 4.17 Plastie en Y-V (d’après GM. ConstantinescuIn : Nasisse MP, ed Surgical management of ocular
diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
Technique opératoire
Elle se compose d’une résection en pleine épaisseur du bord palpébral, renforcée par
une plastie cutanée (fig. 4.19a à h) : ainsi, les tensions sont réparties et la solidité
postopératoire est bien améliorée par rapport à la résection simple en pleine épais-
seur.
Une incision à la lame no 11 est tracée à 3 mm parallèlement au bord palpébral infé-
rieur (fig. 4.19b), prolongée latéralement de 8 mm par rapport au canthus tempo-
ral (fig. 4.19c), étendue ventralement en dessinant la forme d’un 7 qui aurait subi
une rotation de 90° dans le sens anti-horaire (fig. 4.19b et c) : le lambeau de peau
est disséqué et récliné du côté inféronasal (fig. 4.19c). Un triangle de conjonctive et
de lame palpébrale correspondant à la largeur de la zone éversée est excisé aux
ciseaux à ténotomie de Sevrin-Stevens (SOG, fig. 4.19d), et les bords de la plaie
d’excision suturés à points séparés au fil résorbable (fig. 4.19e). La peau est remise
en place, l’excès de peau latéral en triangle sectionné (fig. 4.19f) et la suture cutanée
effectuée au monofil non résorbable (fig. 4.19g et h).
Postopératoire
Il est identique à celui de la technique de Hotz-Celsus, avec un œdème conjonctival
et parfois une hémorragie sous-conjonctivale marquée.
❚ PLASTIE EN V-Y
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Indications
Seuls les ectropions cicatriciels localisés, iatrogènes (correction excessive d’entro-
pion) ou non, sont susceptibles d’être traités de la sorte. Ils peuvent aussi être traités
par résection pentagonale en pleine épaisseur (technique présentée dans la chirurgie
plastique et reconstructrice des paupières).
Technique opératoire
Une incision en V ouvert (triangle équilatéral) est faite de part et d’autre de la zone
éversée (fig. 4.20A), le lambeau cutané en V disséqué aux ciseaux à ténotomie de
Sevrin-Stevens ou de Metzenbaum courbes (fig. 4.20B), le tissu cicatriciel fibreux
enlevé (SOG, fig. 4.20C). Les berges inférieures de l’incision sont affrontées en les
tirant vers le bord palpébral jusqu'à ce que ce dernier reprenne une forme normale
(c est repoussé vers a et b, fig. 4.20) et la longueur de la partie verticale du Y ainsi
définie. Les sutures cutanées sont réalisées à points séparés (fig. 4.20D et E).
102 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 4.19 Technique de Kuhnt-Sczymanovski modifiée (modifiée d’après G.M. ConstantinescuIn : Nasisse
MP, ed Surgical management of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
EURYBLÉPHARON
L’euryblépharon est une fente palpébrale trop grande : c’est un défaut fréquent chez
les brachycéphales, fonctionnellement associé à une lagophtalmie (défaut de ferme-
ture palpébrale), prédisposant les animaux affectés à la kératite chronique évoluant
avec pigmentation cornéenne progressive, avec ou sans ulcères cornéens, pouvant
être associée à un entropion inféromédial, à un trichiasis de la caroncule ou du pli
nasal, enfin à un déficit lacrymal quantitatif. Le trichiasis, l’entropion inféro-médial
éventuels peuvent être corrigés en même temps que la taille de la fente palpébrale,
cette dernière procédure restant un élément essentiel de la réussite chirurgicale.
❚ Chirurgie des annexes oculaires 103
a b a b a b
c c
c
d d
d
A B
D E
Fig. 4.20 Plastie en V-Y (d’après GM. ConstantinescuIn : Nasisse MP, ed Surgical management of ocular
diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 4.21 Canthoplastie de Wyman (d’après GM. ConstantinescuIn : Nasisse MP, ed Surgical management
of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
ment de la fente palpébral augmenté par prolongation des incisions au-delà et laté-
ralement par rapport aux points lacrymaux.
Postopératoire
Il est identique à celui de la technique de Kuhnt-Szymanowski modifiée, avec
œdème conjonctival transitoire souvent marqué.
Fig. 4.22 Canthoplastie latérale (d’après GM. ConstantinescuIn : Nasisse MP, ed Surgical management of
ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
BLÉPHAROPHIMOSIS
Il s’agit d’une fente palpébrale trop petite, observée dans des races comme le berger
des Shetland, le Colley, les Terriers (fig. 4.23). L’entropion éventuellement associé
justifie également la correction chirurgicale du blépharophimosis (canthotomie laté-
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
MALFORMATIONS PALPÉBRALES
COMPLEXES
Nous avons indiqué que le choix d’une technique de plastie palpébrale était fonc-
tion du type d’anomalie rencontré, et qu’il fallait parfois associer deux procédures.
Dans les races géantes (Cane Corso, Bullmastiff et Mastiff, Dogue allemand, Dogue
de Bordeaux, Mâtin de Naples, Rottweiler…) et hypertypées (Chow-chow, Shar pei,
certains Braques…), on se trouve assez souvent confronté à l’association suivante :
énophtalmie, euryblépharon, laxité du canthus latéral avec combinaison entropion–
ectropion sur un même bord palpébral, éversion de la membrane nictitante et/ou
luxation de la glande nictitante (fig. 4.25).
106 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
a b c
Fig. 4.24 Canthotomie correctrice du blépharophimosis (d’après G Severin in Severin’s Ophtalmology
Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc).
A
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
B
Fig. 4.26 A. Entropion–trichiasis, ectropion (laxité du canthus, énophtalmie) et luxation de la glande micti-
tante chez un Mâtin de Naples. B. Résultat un mois après marginoplastie de Stades, canthoplatie latérale et
enfouissement de la glande nictitante.
CIL ECTOPIQUE
Il s’agit d’un cil anormalement implanté dans la conjonctive mais émergeant d’une
glande tarsale de structure normale (fig. 4.27), plus fréquemment à la paupière
supérieure, en général diagnostiqué chez le jeune adulte. La conséquence fréquente
est un ulcère cornéen paralimbique à bords décollés, avec ou sans néovascularisation
stromale superficielle associée. Souvent, une pigmentation conjonctivale ponctuelle
permet de le repérer (fig. 4.28).
108 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Jonction
mucocutanée
Fig. 4.27 Technique d’ablation à la lame d’un cil ectopique (d’après G. Severin in Severin’s Ophtalmology
Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc).
La pince à chalazion de Desmarres n’est pas figurée pour la clarté du dessin maie elle est très utile
pour tendre le bord palpébral.
Fig. 4.28 Aspect légèrement pigmenté de la conjonctive autour du cil ectopique conjonctival
(croisé Border collie).
DISTICHIASIS
Il s’agit d’un cil ou d’une rangée de cils anormalement orientés provenant de follicu-
les anormalement placés, au niveau ou juste en arrière des orifices des glandes tarsa-
les sébacées du bord palpébral. Les deux paupières peuvent être intéressées, séparé-
ment ou simultanément, et l’affection est principalement rencontrée chez le chien
jeune ou jeune adulte. Deux types de distichiasis sont distingués sur le plan clinique :
– le premier, très fréquent chez le Caniche (toutes variétés), les Cocker américain
et anglais, le Retriever golden notamment, avec des cils assez longs, souples,
flottant sur le film lacrymal : aucun signe physique ou fonctionnel est associé, et
le traitement chirurgical n’est pas utile (fig. 4.29A) ;
– le second, assez fréquent chez le Berger des Shetland, les brachycéphales, le
Colley et rencontré aussi dans d’autres races (fig. 4.29B), avec des cils plus épais
❚ Chirurgie des annexes oculaires 109
B
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
C
Fig. 4.29 A. Distichiasis inférieur chez un Caniche (pas de signes fonctionnels). B. Distichiasis inférieur
chez un Berger blanc (épiphora, blépharospasme modéré). C. Ulcère à collagénases de brachycéphale
(Carlin) et distichiasis associé (non responsable de l’ulcère).
110 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 4.30 Séquelle cicatricielle supérieure d’électro-épilation chez un Retriever à poil plat.
❚ Chirurgie des annexes oculaires 111
a b c
Fig. 4.31 Excision transconjonctivale de la base des glandes tarsales (d’après G. Severin in Severin’s Oph-
talmology Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc).
a b
c d
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
e f
Fig. 4.32 Excision transconjonctivale des glandes tarsales : « splitting » du bord palpébral (d’après
G. Severin in Severin’s Ophtalmology Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications
Inc).
La pince à chalazion de Desmarres ne figure pas sur le schéma pour bien montrer les plans de section
mais elle est indispensable.
112 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Dans l’une et l’autre technique, il convient de repérer les points lacrymaux avant réa-
lisation des incisions. Des cils peuvent repousser (souvent plus durs et irritants). La
cicatrisation se fait spontanément en moins d’une semaine, une pommade antibioti-
que est prescrite pour une semaine, le port du carcan n’est pas obligatoire.
TRICHIASIS
Ce terme désigne la présence de cils ou poils normaux dont la direction anormale
est responsable du contact avec les surfaces oculaires. Il ne s’agit pas d’une affection
d’origine strictement palpébrale mais elle a été classée par commodité dans ce para-
graphe, puisque c’est une anomalie pilaire ou ciliaire.
Consécutif à l’entropion dans certaines races (excès de peau faciale), il est corrigé
par les techniques adaptées (marginoplastie de Stades, résection de plis de peau).
Consécutif à la présence de poils sur la caroncule (petits brachycéphales, fig. 4.33A),
le trichiasis est facilement traité par l’exérèse de la conjonctive velue : une injection
sous-conjonctivale de 0,1 mL de NaCl isotonique est effectuée et la conjonctive sou-
levée simplement excisée ensuite à la pince de Paufique et aux ciseaux à ténotomie
de Sevrin-Stevens (SOG). La cicatrisation est spontanée. Deux précautions doivent
être prises : la première, préopératoire, est de cathétériser avec un monofil 2/0 les
canalicules lacrymaux dont les orifices sont proches de la caroncule chez les petits
brachycéphales ; la seconde est de suturer la conjonctive incisée au ligament médio-
canthal à l’aide d’un fil résorbable si la taille de l’excision conjonctivale le justifie.
Si le pli de peau nasal est responsable du trichiasis (races brachycéphales,
fig. 4.33A), celui-ci est supprimé chirurgicalement. Beaucoup de propriétaires sont
hostiles à cette intervention pour des raisons esthétiques : de ce fait, une excision
partielle (moitié nasale) du pli à la lame no 15 peut être proposée (fig. 4.33B), mais
la solution la plus sûre est l’excision complète aux ciseaux de Metzenbaum courbes
ou de Mayo droits en partant de la partie inférieure du pli (fig. 4.33C). La suture est
faite à points séparés, le port d’un carcan est prescrit pour dix jours, les points sont
enlevés deux semaines plus tard.
TRAITEMENT CHIRURGICAL
D’INFLAMMATIONS PALPÉBRALES
Le traitement des blépharites est médical mais les abcès palpébraux externes (orge-
lets, consécutifs à l’infection de follicules pileux), outre le traitement local et général
antibiotique qu’ils requièrent, doivent être si besoin débridés chirurgicalement.
L’abcédation d’une ou plusieurs glandes tarsales de Meibomius peut, si elle est chro-
nique, résulter par rupture des acini infectés en une lésion granulomateuse, suréle-
vée, de couleur beige du bord libre conjonctival appelée chalazion. Un œdème pal-
pébral localisé, une apparence verruqueuse, une kératite par frottement sur la
cornée peuvent être associées. Après éversion palpébrale sur une pince à chalazion
de Desmarres, le granulome est ouvert à la lame no 11 et son contenu complète-
ment extrait à la curette à chalazion (fig. 4.34). Un traitement antibiotique local en
pommade est prescrit pour deux semaines.
❚ Chirurgie des annexes oculaires 113
a b c B
a b c d C
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 4.33 A. Trichiasis du pli de peau nasal et de la caroncule chez un Pékinois : noter la pigmentation
cornéenne associée. B. Ablation partielle du pli nasal (d’après G. Severin in Severin’s Ophtalmology Notes,
third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc).
C. Ablation complète du pli nasal (d’après G. Severin in Severin’s Ophtalmology Notes, third edition, édité
par Design Pointe TM Communications Inc).
114 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 4.34 Curetage d’un chalazion (d’après GM. Constantinescu. In : Nasisse MP, ed Surgical management
of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
CHIRURGIE PLASTIQUE
ET RECONSTRUCTRICE DES PAUPIÈRES
❚ INDICATIONS, PRINCIPES GÉNÉRAUX
Ces techniques chirurgicales sont mises en œuvre dans las situations suivantes :
– malformations palpébrales ;
– néoplasmes palpébraux ;
– plaies de paupières.
Malformations palpébrales
Dermoïdes
Ils sont caractérisés par la présence anormale congénitale de peau au niveau de la
conjonctive et/ou des paupières avec des poils longs et irrégulièrement orientés irri-
tants pour les surfaces oculaires ; ils sont à prédisposition raciale chez le chat de race
Burmese, chez le Berger allemand, le Cavalier King Charles Spaniel, le Retriever gol-
den, le Saint-Bernard, le Teckel à poil long… Dans des cas complexes (fig. 4.35) , la
chirurgie palpébrale reconstructrice peut être nécessaire.
❚ Chirurgie des annexes oculaires 115
Agénésie palpébrale
C’est l’absence congénitale en pleine épaisseur d’une partie plus ou moins impor-
tante de la paupière. Connue chez les chats de races Persan et Exotic Shorthair, elle
intéresse en principe la paupière supérieure temporale et se manifeste par un simple
épiphora, ou une kératite dans les cas où le défaut est important avec plastie palpé-
brale indiquée.
Néoplasmes palpébraux
Adénome des glandes sébacées
C’est l’affection la plus fréquente chez des chiens d’âge mûr ou âgés ; elle intéresse
le bord libre des paupières en face interne, modifie la fréquence de clignement,
prend lentement du volume et est responsable de kératoconjonctivite lorsque sa
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
taille est suffisante, justifiant l’exérèse. Les adénocarcinomes sont plus rares
(fig. 4.36) et constituent une bonne indication chirurgicale.
Fig. 4.36 Adénocarcinome sébacé supérieur chez un Cocker anglais âgé de 11 ans.
116 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 4.37 Mastocytome palpébral inférieur chez un Setter anglais âgé de 10 ans.
Plaies de paupières
Leurs causes les plus fréquentes sont les morsures et les accidents de la voie publi-
que. Le traitement chirurgical doit être entrepris le plus tôt possible. Avant sa mise
en œuvre, la pose de compresses humides ou l’application d’une pommade antibio-
tique sur la plaie est utile. L’antibiothérapie par voie générale est mise en place dès
que possible. Le nettoyage est réalisé par irrigation à la Vétédine diluée, et le parage
des plaies est effectué a minima. Lors de lésions sur toute l’épaisseur palpébrale
(fig. 4.38), les plans de sutures doivent réaliser un affrontement aussi précis que pos-
sible les différentes structures (peau, plan sous-cutané, conjonctives). Pour ce faire, il
convient de :
– suturer le tarse en premier par un point en U marginal puis par un surjet de
Lambert au fil résorbable ;
– suturer la peau au bord palpébral par un point en lacet de bottine (fig. 3.2),
puis par des points simples.
Le nettoyage biquotidien, un traitement antibiotique et anti-inflammatoire local de
deux semaines, un traitement antibiotique par voie générale d’au moins une
semaine, le port d’un carcan pendant dix jours constituent les éléments du postopé-
ratoire standard. Les plaies palpébrales avec perte de substance notable, ou avec sec-
tion des canalicules lacrymaux, nécessitent des procédures plus complexes (plasties
cutanées, reconstruction canaliculaire sous microscope opératoire).
❚ Chirurgie des annexes oculaires 117
Technique opératoire
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Les deux incisions verticales sont tracées à la lame no 15 sur la paupière tendue et si
besoin stabilisée (spatule de Jaeger), puis les deux incisions obliques distales le sont
ensuite pour réaliser le pentagone qui est excisé. Le tarse et le plan cutané sont sutu-
rés comme indiqué pour les plaies de paupières (fig. 4.39).
Postopératoire
Il est identique à celui des plaies de paupières.
❚ PLASTIE DE GLISSEMENT EN H
Indications
Ce sont toutes celles où 1/3 ou plus du bord palpébral est enlevé, soit partiellement
(plan cutané), soit en pleine épaisseur : colobomes palpébraux, avulsions palpébra-
les traumatiques, tumeurs de grande taille (et de petite taille dans les races à petite
fente palpébrale). Les avantages de cette technique sont sa simplicité, la repousse
118 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 4.39 Résection pentagonale (d’après GM. Constantinescu. In : Nasisse MP, ed Surgical management
of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
b
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Fig. 4.40 Plastie de glissement en H (d’après GM. Constantinescu. In : Nasisse MP, ed Surgical manage-
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
ment of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
Postopératoire
Il est identique à celui de la technique précédente, les points sont laissés en place au
moins deux semaines à l’issue desquelles une cicatrisation du bord palpébral satisfai-
sante est obtenue par granulation (fig. 4.41).
Fig. 4.41 Résultat à deux semaines (chien de la fig. 4.36, adénocarcinome palpébral) : noter la cicatrisa-
tion du bord palpébral.
Fig. 4.42 Trichiasis après lambeau de rotation pour l’ablation d’un schwannome palpébral chez un chat.
libre du pédicule par un surjet simple, et le plan cutané du site donneur fermé à
points séparés (fig. 4.43f).
Postopératoire
Il est identique à celui de la technique précédente.
a b c
d e f
Fig. 4.43 Lambeau de rotation pour corriger une agénésie palpébrale féline supérieure
(d’après G. Severin in Severin’s Veterinary Ophtalmology Notes, third edition, édité par Design Pointe TM
Communications Inc).
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
CHIRURGIE DE LA CONJONCTIVE
❚ DERMOÏDE
Le dermoïde conjonctival intéresse en général les structures conjonctivale et cor-
néenne (fig. 4.45). Selon besoin, on associe à l’ablation conjonctivale réalisée aux
ciseaux à ténotomie de Sevrin-Stevens et à la pince d’Adson (SOG), comme pour
l’exérèse de la caroncule velue, une plastie palpébrale (voir « chirurgie des paupiè-
res ») et/ou une kératectomie (à réaliser sous microscope opératoire). Un traitement
postopératoire antibiotique topique de dix jours est prescrit.
❚ CARONCULE VELUE
Son ablation a été traitée au paragraphe « trichiasis ».
❚ HYPOPLASIE CONJONCTIVALE
Lorsqu’elle existe, elle est associée à l’agénésie palpébrale et rarement suffisante
pour gêner la plastie palpébrale supérieure par rotation d’un lambeau inférieur : on
dispose en général de suffisamment de conjonctive supérieure à libérer et suturer à
la plastie cutanée. Selon besoins, de la conjonctive bulbaire ou nictitante peut être
prélevée et transposée en greffe libre suturée au fil résorbable.
❚ SYMBLÉPHARON
Indications chirurgicales
Le symblépharon peut être la conséquence de lésions conjonctivales infectieuses
(conjonctivite néonatale herpétique du chaton, fig. 4.46), chimiques (brûlures) ou
traumatiques, par fibrose cicatricielle réalisant l’adhésion irréversible de deux territoi-
res conjonctivaux ulcérés. Un point lacrymal (inférieur en général) peut s’en trouver
oblitéré et sa reperméabilisation fait appel à des techniques microchirurgicales
notamment qui dépassent le cadre de cette présentation. Un symblépharon étendu
❚ Chirurgie des annexes oculaires 123
Fig. 4.46 Symblépharon post-herpétique félin inférieur sectoriel avec buphtalmie consécutive
à une uvéite antérieure hypertensive.
engendre une opacification cornéenne invalidante sur le plan visuel et parfois une
réduction de la mobilité du globe (adhérence de la membrane nictitante, énophtal-
mie). Un symblépharon asymptomatique de petite taille ne justifie pas une correc-
tion chirurgicale. D’une manière générale, toute lésion responsable de perte de
mobilité oculaire ou d’opacification invalidante relève de l’indication opératoire.
Fig. 4.47 Technique d’Artl (d’après GM. Constantinescu. In : Nasisse MP, ed Surgical management of ocu-
lar diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
❚ LÉSIONS PROLIFÉRATIVES
Elles sont rares, plus souvent secondaires par extension de lésions palpébrales (adé-
nomes et adénocarcinomes, fibrosarcomes) ou systémiques (lymphosarcomes) que
primitives (papillomes, hémangiomes et hémangiosarcomes, carcinomes épithé-
liaux, mélanomes, fig. 4.48). Lors de lésion juxtalimbique, un examen gonioscopi-
que et/ou échographique, une biopsie sont fortement recommandés.
Selon le diagnostic, des techniques spécifiques additionnelles (bêta thérapie, cryo-
chirurgie, photocoagulation, fig. 4.49A et B) ou un traitement adapté par voie géné-
rale (chimiothérapie spécifique lors de lymphosarcome et mastocytome) peuvent
être indiqués.
Chirurgicalement, les lésions prolifératives conjonctivales sont excisées par dissection
sous conjonctivale (pinces de Paufique ou d’Adson, lames no 11 ou 15, ciseaux à
ténotomie de Sevrin-Stevens ou de Castroviejo), cicatrisent spontanément en 48 à
72 h si elles sont de petite taille ; si elles sont supérieures à 7–8 mm de diamètre, la
conjonctive est suturée au fil résorbable.
❚ Chirurgie des annexes oculaires 125
A
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
B
Fig. 4.49 A. Sarcome épithélioscléral chez un Griffon Korthals. B. Ablation de la lésion
et photocoagulation additionnelle chez le chien de la fig 4.49A.
126 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
❚ TRAUMATISMES
Les lacérations conjonctivales de petite taille cicatrisent spontanément, celles d’une
dizaine de millimètres au moins sont suturées au fil résorbable, sans tensions excessi-
ves. Toutes les autres structures oculaires sont examinées et une radiographie orbi-
taire effectuée si la présence de plombs de chasse est suspectée. Les lésions sont soi-
gneusement irriguées (Vétédine diluée), un traitement antibiotique topique en
pommade instauré 4 fois/j pendant deux semaines, un traitement antibiotique mis
en place pour une semaine.
En fonction de leur importance, les hémorragies traumatiques sous-conjonctivales se
résorbent en une à deux semaines (fig. 4.50).
❚ KYSTES CONJONCTIVAUX
Leur situation est très variable, selon leur origine congénitale (tissu glandulaire ecto-
pique, tubules glandulaires anormaux) ou acquise (obstruction des canaux excré-
teurs, invagination muqueuse post-inflammatoire, séquestration de cellules sécrétan-
tes séparées de leur structure glandulaire). L’aspect lisse surélevé est typique
(fig. 4.51), la ponction à l’aiguille (liquide incolore à jaunâtre séreux) confirme le dia-
gnostic. La conjonctive est incisée à la lame no 11 ou 15, la paroi kystique et le tissu
sécrétant associé enlevés, l’incision fermée par un surjet simple résorbable
(fig. 4.52).
Fig. 4.52 Ablation d’un kyste conjonctival (d’après GM. Contantinescu. In : Nasisse MP, ed Surgical mana-
gement of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
çais et autres petits brachycéphales, Braques, Bull Dog, Cane Corso et autres molos-
soïdes, chien de Saint-Hubert, Cockers américain et anglais. Elle est rare chez le cha-
ton. Elle s’accompagne d’une conjonctivite, de larmoiement ; elle est visible au
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
a b
Fig. 4.54 Technique de Kaswan modifiée Stanley (d’après GM. Constantinescu) in Nasisse MP, ed Surgical
management of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27.
❚ Chirurgie des annexes oculaires 129
a
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
b c
d e
Fig. 4.55 Technique de la poche de Morgan (d’après G. Severin in Severin’s Veterinary Ophtalmology
Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc).
130 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
B
Fig. 4.56 Ulcère cornéen épithélial avec granulome vascularisé (A) lié à un défaut de tension du surjet
chez un Épagneul breton (B).
de chacun de ses bords (SOG), la partie anormale du cartilage qui fait protrusion sur
le corps des ciseaux (fig. 4.59A et B) est simplement coupée, sans suturer ensuite.
Un traitement postopératoire local antibiotique en pommade est prescrit pour une
semaine, le port du carcan n’est pas nécessaire.
❚ PROTRUSION DE LA MN
Elle est soit liée à l’énophtalmie raciale (Dogue allemand, Dobermann…), soit
acquise (fonte de la graisse orbitaire, phtisis bulbi). Si la fonction visuelle est normale,
la protrusion de la MN est gênante sur le plan fonctionnel : celle-ci recouvre la cor-
née et altère la vision. La glande et le cartilage nictitant sont par ailleurs normaux. La
meilleure technique de traitement chirurgical est l’ablation de deux bandes (interne
132 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
et externe) des surfaces de la MN pour raccourcir cette dernière (après sutures bord
à bord des incisions par un surjet simple, avec les mêmes précautions en face interne
que dans la correction du prolapsus de la glande, SOG, fig. 4.60). Le postopératoire
est identique à celui du prolapsus de la glande nictitante.
❚ NÉOPLASMES DE LA MN
Les tumeurs de la MN et leur approche thérapeutique sont identiques à celles des
tumeurs de la conjonctive. On peut être conduit à réaliser une résection « en bloc »
de la MN si la tumeur est infiltrante et/ou volumineuse, notamment lors d’adénocar-
cinome de la glande nictitante chez des chiens âgés (fig. 4.61). Si la taille de la
tumeur le permet, on conserve une partie suffisante de MN (fig. 4.62) ; si elle est
très volumineuse, une pince de Halstead courbe est placée sous la tumeur et la
résection effectuée à la lame no 15 ou aux ciseaux de Metzenbaum courbes ; la par-
tie manquante de MN est remplacée par une greffe libre de muqueuse buccale, pré-
levée après stabilisation et tension induites par une pince à chalazion de Desmarres
(fig. 4.63) : la partie prélevée doit mesurer 20 mm × 5 mm environ (la taille est déli-
mitée par la pince à chalazion), elle est suturée à la base de la MN (SOG) par deux
points simples médial et latéral, qui permettent d’apprécier la tension du lambeau,
puis par un surjet simple entre ces deux points (notre préférence va au Prolène 6/0
avec les mêmes avantages et contraintes que dans la technique de la poche). La cor-
née ventrale est ainsi protégée, le film lacrymal un peu mieux réparti. La procédure
est applicable lors de perte de substance accidentelle ou iatrogène (résection abu-
sive) sur la MN. Un traitement topique en pommade antibiotique et anti-inflamma-
toire est prescrit pour deux semaines, un traitement antibiotique par voie générale
pour une semaine, et le port d’un carcan pour dix jours.
❚ TRAUMATISMES DE LA MN
Leur cause la plus fréquente est la plaie de la MN par griffe de chat (fig. 4.64). La
conduite à tenir est celle présentée dans la chirurgie de la conjonctive, les nœuds de
❚ Chirurgie des annexes oculaires 133
A
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
B
Fig. 4.59 A. Correction de l’éversion du cartilage nictitant (d’après G.M. Constantinescu in Nasisse MP, ed
Surgical management of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
B. Aspect du cartilage avant sa section chez un Cane Corso.
134 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 4.61 Adénocarcinome de la glande nictitante chez un Retriever à poil plat âgé de 13 ans.
❚ Chirurgie des annexes oculaires 135
a b
c d e
Fig. 4.62 Résection en bloc d’une tumeur de petite taille de la MN (d’après G. Severin in Severin’s Veteri-
nary Ophtalmology Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc).
sutures, lorsque celles-ci sont nécessaires, étant faits en face externe. De petites
lésions (2 mm de largeur au plus) parallèles au bord libre sont simplement excisées.
Fig. 4.63 Prélèvement et suture d’une greffe libre de muqueuse buccale après résection de la MN
(d’après GM. Constantinescu in Nasisse MP, ed Surgical management of ocular diseases. Vet. Clin North
Am Small Anim Pract, 1997, 27).
Fig. 4.64 Lacération en pleine épaisseur du bord libre de la membrane nictitante par griffure chez un chat.
❚ Chirurgie des annexes oculaires 137
opter pour une autre technique à notre sens, bien que la procédure puisse être pro-
longée une à deux semaines de plus pour certains auteurs. Le port d’un carcan pen-
dant 7 à 10 j est prescrit chez le chien, évité si possible (ce qui est souvent possible)
chez le chat. La technique qui consiste à suturer le bord libre de la membrane nicti-
tante à la conjonctive bulbaire dorsale (fig. 4.66), réputée plus physiologique parce
que l’œil et la MN ne constituent qu’une seule structure mobile, n’est plus utilisée
pour notre part (les sutures – monofil 5/0 ou 6/0 – lâchent en 7 à 10 j, parfois
moins, il faut toujours faire plusieurs points).
Note : voir en annexe la conduite thérapeutique lors d’ulcère cornéen, p. 172.
Fig. 4.65 Tarsorraphie par transfixion palpébrale supérieure (d’après GM. Constantinescu in Nasisse MP,
ed Surgical management of ocular diseases. Vet. Clin North Am Small Anim Pract, 1997, 27).
a b c
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
d e f
Fig. 4.66 Tarsorraphie par suture du bord libre de la MN à la conjonctive bulbaire dorsale
(d’après G. Severin in Severin’s Veterinary Ophtalmology Notes, third edition, édité par Design Pointe TM
Communications Inc).
5 Chirurgie de l’orbite
Capsule de Ténon
Glande lacrymale
Fascia musculaire
Fig. 5.1 Périorbite et structures orbitaires (d’après D. Slatter, Fundamentals of veterinary ophtalmology,
3rd ed. Philadelphia : WB Saunders, 2001).
Oblique dorsal
Droit dorsal Trochlée
Anneau de Zinn
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Droit médial
Oblique ventral
Droit latéral
Insertions du muscle
rétracteur du globe
Droit ventral
Fig. 5.2 Muscles extra-oculaires orbitaires (d’après G. Severin in Severin’s Veterinary Ophtalmology
Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc).
140 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Sclère
Muscle droit dorsal
Graisse orbitaire
Rameau maxillaire du NC V
Arcade zygomatique
Artère maxillaire sectionnée
Veine faciale profonde
Veine faciale
Glande zygomatique
Lèvre supérieure
Muscle ptérygoïdien médial
PMS 4
Ouverture de canaux excréteurs
de la glande zygomatique
AFFECTIONS DE L’ORBITE
- À l’intérieur du cône formé par les structures musculaires extrinsèques du globe :
c’est le cas de l’endophtalmie, de tumeurs du globe mais aussi du prolapsus du
globe (ou luxation du globe, ou exorbitation), avec fréquentes ruptures des atta-
ches musculaires bulbaires (muscle droit médial en particulier).
- À l’extérieur du cône musculaire mais à l’intérieur de la périorbite : c’est le cas
de la cellulite orbitaire, de l’abcès orbitaire ; la cellulite orbitaire entraîne fré-
quemment un chémosis puisque le tissu sous-conjonctival prolonge crânialement
le tissu périorbitaire ; ce chémosis est aggravé par la compression des veines orbi-
taires responsable d’un défaut de drainage veineux postérieur ; l’inflammation du
retinaculum orbitaire contribue à la procidence de la MN ; l’ouverture de la bou-
che provoque lors de l’abaissement mandibulaire une douleur vive consécutive à
la pression exercée sur le contenu orbitaire par le déplacement crânial de la bran-
che mandibulaire montante.
- À l’extérieur de la périorbite : inflammation et/ou infection des racines de PMS4,
MS1, MS2, inflammation et/ou infection de la glande salivaire zygomatique (muco-
cèle éventuelle) ; l’hypertrophie inflammatoire de la glande zygomatique est respon-
sable d’une pression intra-orbitaire sur le globe par protrusion glandulaire.
Dans tous les cas, puisque l’orbite est une cavité semi-fermée, toute augmentation
lésionnelle du volume de son contenu (cellulite orbitaire, mucocèle zygomatique,
néoplasme orbitaire) affecte la position du globe crânialement (poussé en avant :
exophtalmie, dévié par rapport à son axe optique : strabisme), est responsable
d’une protrusion de la muqueuse orale en arrière de MS2 par déformation du
plancher orbitaire composé de tissus mous.
❚ Chirurgie de l’orbite 141
EXAMENS PRÉOPÉRATOIRES
La consultation pour une affection orbitaire est fréquemment différée : le proprié-
taire n’en remarque les signes que tardivement, lorsqu’ils sont évidents et que, sou-
vent, des signes fonctionnels douloureux sont présents. Si la consultation est plus
précoce, le diagnostic spécifique est plus difficile, et les examens préopératoires,
même s’ils ne relèvent pas du cadre de cette présentation, méritent d’être rappelés.
Fig. 5.4 Cellulite orbitaire chez un Cocker américain : noter l’importance du chémosis.
❚ MÉTHODES DIAGNOSTIQUES
Indépendamment de la démarche sémiologique simple qui vient d’être exposée,
l’examen préopératoire de cette structure complexe oblige à mettre en œuvre des
techniques diagnostiques plus élaborées dans un certain nombre de cas. Même s’il
s’agit d’effectuer une intervention simple du type de celles qui vont être décrites, le
diagnostic spécifique est le premier garant d’une réussite chirurgicale que la com-
plexité de la structure traitée rend parfois aléatoire.
La radiographie reste un examen simple très intéressant lors de traumatisme orbi-
taire par plombs, de fracture de l’arcade zygomatique et d’abcès orbitaire consécutif
à une infection dentaire (granulome(s) périapical(aux) et lyse éventuelle de l’os
alvéolaire mis en évidence par incidence latérale oblique à bouche ouverte) ; l’orbi-
tographie de contraste, que nous avons jadis pratiquée, a été largement supplantée
par l’échographie en mode b, non invasive et plus renseignante dans la mise en évi-
dence et l’identification de lésions des tissus mous (cellulite, abcès, néoplasmes,
fig. 5.6A et B). Notre expérience de l’artériographie orbitaire est très limitée (injec-
tion du produit de contraste par l’artère infraorbitaire) et nous n’en avons jamais tiré
d’informations précieuses ; comme l’orbitographie, elle est maintenant largement
supplantée par les méthodes d'imagerie non invasives.
L’apport de l’échographie dans ce domaine a été évoqué. Cette technique, si elle
n’est pas la plus performante en matière d’imagerie orbitaire, présente l’énorme
avantage de pouvoir être mise en œuvre extemporanément par le praticien. Le
meilleur bilan lors d’atteinte orbitaire est obtenu par la tomodensitométrie (lésions
osseuses), et de façon encore plus performante pour les tissus mous par la résonance
magnétique nucléaire.
L’aspiration à l’aiguille fine, introduite dans l’orbite comme indiqué dans la techni-
que d’injection rétrobulbaire, ou en arrière de MS2, pour examen cytologique après
étalement sur lame et coloration extemporanée est une méthode de diagnostic sim-
ple très riche d’enseignements pour peu que le praticien possède un minimum de
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
connaissances en cytologie.
B
Fig. 5.6 A. Exophtalmie, strabisme latéral chez un Caniche moyen âgé de 12 ans : noter l’inflammation des
surfaces conjonctivales. B. L’échographie en mode b montre que ces modifications sont liées à la présence
d’une masse orbitaire (adénocarcinome zygomatique).
Fig. 5.7 Cellulite orbitaire évoluant en abcès (échographie en mode b) : on distingue les muscles extra-
oculaires hypoéchogènes, l’infiltration cellulaire échogène (cellulite), le pus de l’abcès qui se forme
(hypoéchogène avec des particules échogènes).
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 5.8 Déformation et inflammation en arrière de MS2 chez un Border collie (panophtalmie).
Fig. 5.9 Abcès orbitaire consécutif à un ulcère cornéen perforé (endophtalmie puis panophtalmie)
chez le chien de la figure 5.8.
146 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
❚ POSTOPÉRATOIRE
Un traitement antibiotique à large spectre est prescrit par voie générale, l’améliora-
tion doit être rapide (24 h). À partir du pus évacué, il est recommandé d’effectuer
un prélèvement sur milieux de transport aérobie et anaérobie pour identification du
germe et antibiogramme, afin d’adapter si besoin le traitement antibiotique par voie
générale (à faire sur au moins deux semaines).
Les complications de sténose cicatricielle orbitaire sont rares mais peuvent survenir ;
une énophtalmie secondaire s’ensuit.
Si l’affection récidive, il faut recourir à l’orbitotomie pour rechercher un corps étran-
ger (végétal), mais cet acte dépasse le cadre de notre présentation.
MUCOCÈLE ZYGOMATIQUE
Elle est la conséquence de la libération de salive dans l’espace orbitaire à partir de la
glande zygomatique ou d’un de ses canaux, spontanée ou traumatique (fig. 5.10A
et B). Les signes sont identiques à ceux de la cellulite, avec protrusion d’une masse
rougeâtre sous conjonctivale inféromédiale (fig. 5.10A). Le drainage en arrière de
MS2 évacue la salive (fig. 5.11), soulage la douleur et peut suffire à régler le pro-
blème après fibrose cicatricielle lors de mucocèle traumatique. Le plus souvent,
l’exérèse de la glande zygomatique par voie orale (en arrière de MS2) ou par orbito-
tomie (lorsqu’une déformation est visible latéralement sous la conjonctive ou sous la
paupière inférieure) est nécessaire. Un traitement postopératoire antibiotique à large
spectre est prescrit par voie générale.
B
Fig. 5.10 A. Mucocèle zygomatique traumatique par plomb de chasse chez un Épagneul breton.
B. Projectile intra-orbitaire chez le chien de la fig. 5.12.
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 5.11 Drainage de la salive en arrière de MS2 chez le chien de la fig. 5.10A.
148 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 5.12 Panophtalmie secondaire à l’échec du traitement d’un ulcère cornéen chez un Épagneul
pékinois : l’infection orbitaire est responsable d’un déplacement antérieur du globe et d’une sécheresse
cornéenne par absence de clignements palpébraux.
❚ TECHNIQUES OPÉRATOIRES
De nombreuses techniques d’ablation du globe sont décrites. Nous présentons celle
que nous utilisons, en définissant au préalable les indications des deux procédures
mises en œuvre :
– énucléation : seul le globe oculaire est extrait de l’orbite (tumeur intra-oculaire,
traumatisme perforant, endophtalmie) ;
– exentération : le globe oculaire et le maximum de tissu orbitaire sont extraits de
l’orbite (tumeurs oculaires à extension orbitaire, tumeurs orbitaires, panophtal-
mie).
Énucléation
On peut opter pour une énucléation sous-conjonctivale (ou transconjonctivale,
fig. 5.13), qui donne le meilleur accès au nerf optique et aux vaisseaux orbitaires,
que nous utilisons le plus souvent chez les carnivores : la facilité d’accès au nerf opti-
que évite des tractions rostrales excessives sur ce dernier et des lésions induites du
chiasma optique qui peuvent entraîner une cécité controlatérale lorsque ce dernier
est en position antérieure (chat, chiens brachycéphales). Les hémorragies peropéra-
toires sont minimes.
Une canthotomie latérale est effectuée aux ciseaux de Mayo droits (fig. 5.13a). La
MN et sa glande sont sectionnées aux ciseaux de Metzenbaum courbes (fig. 5.13b
et 5.14). La conjonctive est saisie à la pince d’Adson à griffes et incisée sur 360° aux
ciseaux à ténotomie de Sevrin-Stevens (fig. 5.13c) pour exposer les attaches sclérales
des muscles extra-oculaires, sectionnés aux ciseaux au niveau de leurs attaches ten-
dineuses sclérales (fig. 5.13d). La dissection est poursuivie jusqu’au nerf optique sim-
plement sectionné aux ciseaux de Mayo courbes ou aux ciseaux à énucléation de
Knapp à 3 ou 4 mm de la sclère (fig. 5.13e et 5.15) ; la mise en place éventuelle
d’une pince de Leriche ou de Halstead courbe sur le pédicule optique est rarement
nécessaire à notre sens : l’hémorragie en nappe de fond d’orbite est si besoin con-
trôlée par tamponnements à la compresse, très rarement traitée par ligature du
pédicule vasculonerveux. La palpation du ligament orbitaire permet de s’assurer de
la présence éventuelle de la glande lacrymale à ce stade de l’intervention : elle doit
❚ Chirurgie de l’orbite 149
être enlevée si elle est encore présente (risques de formation de kyste lacrymal ulté-
rieur). Les bords palpébraux sont sectionnés sur 3 à 4 mm aux ciseaux en allant du
canthus latéral au canthus médial. les lambeaux cutanés sont laissés attachés au can-
thus médial et réclinés du côté nasal (fig. 5.13f). La veine angulaire superficielle
médiale est localisée médialement au tendon médiocanthal qui est excisé avant exè-
rèse en bloc de la peau palpébrale médiale. Le fascia orbitaire est suturé par un surjet
simple au fil non résorbable pour éviter autant que possible l’excavation postopéra-
toire (fig. 5.13g), le plan sous-cutané est suturé par un surjet au fil résorbable
(fig. 5.13h) et le plan cutané fermé à points séparés.
On peut aussi opter pour une technique d’énucléation transpalpébrale dont le plan
de dissection intra-orbitaire passe d’emblée à l’extérieur des muscles extra-oculaires
(fig. 5.16a à c) ; les hémorragies palpébrales peuvent être gênantes au départ,
notamment si on lèse la veine angulaire (qui doit être ligaturée si besoin) au niveau
dorsomédial de l’orbite ; l’accès à la sclère limbique et au nerf optique (fig. 5.16d)
sont moins bons, nous ne l’utilisons plus.
a c d e
b f
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
g h
Fig. 5.13 Ablation transconjonctivale du globe (d’après G. Severin in Severin’s Veterinary Ophtalmology
Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc).
Exentération
Elle est mise en œuvre lorsque le contenu orbitaire dans son entier doit être enlevé :
paupières, conjonctives, globe, muscles extra-oculaires, glande lacrymale, MN et sa
glande, graisse et tissu conjonctif orbitaire. Une incision cutanée de 360° est effec-
tuée aux bords de l’orbite, approfondie jusqu’à l’orbite osseuse et au ligament orbi-
taire, des fils de traction sont placés sur les paupières. L’attache périorbitaire est cou-
pée au bistouris électrique sur 360°, en prenant soin de ne pas léser le ligament
150 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 5.15 Aspect du globe oculaire après abord transconjonctival et libération des attaches musculaires
extra-oculaires.
a b c d
Fig. 5.16 Ablation transpalpébrale du globe (d’après G. Severin in Severin’s Veterinary Ophtalmology
Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc).
❚ Chirurgie de l’orbite 151
orbitaire. La séparation des tissus orbitaires de l’orbite osseuse est facilitée par
l’usage d’un élévateur de Molt. L’insertion du muscle oblique ventral à l’os palatin
est sectionnée ventralement, la dissection aux ciseaux est poursuivie jusqu’au plan
périorbitaire en direction caudale. Le tissu orbitaire est séparé de la paroi orbitaire
médiale aux ciseaux de Metzenbaum courbes ou à énucléation de Knapp en prenant
soin de ne léser ni cette dernière, ni la glande zygomatique. La graisse et le conjonc-
tif orbitaire antérieurs sont enlevés, le contenu orbitaire (fig. 5.17) est séparé de son
fascia et n’est plus maintenu dans la cavité que par son attache apicale, sectionnée
aux ciseaux à énucléation de Knapp ou de Metzenbaum courbes. Les hémorragies
éventuelles sont contrôlées, la fermeture des plans sous-cutané et cutané est effec-
tuée comme indiqué pour l’énucléation ; elle peut imposer des tensions excessives
chez le chat ou des chiens brachycéphales et une plastie conjonctivo-cutanée par
glissement peut s’avérer nécessaire.
Postopératoire
Un traitement antibiotique à large spectre par voie générale est prescrit au moins
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
pour une semaine dans tous les cas. Lors d’endophtalmie ou panophtalmie, une
identification du germe et un antibiogramme après prélèvement sur milieu de trans-
port aérobie et anaérobie sont recommandés : le traitement prescrit en postopéra-
toire immédiat est alors modifié selon besoins. Le port d’un carcan est imposé pour
dix jours, les points cutanés retirés au bout d’un minimum de deux semaines.
Pour éviter la concavité orbitaire visible et disgracieuse quelques mois après interven-
tion, notamment chez des chiens à poil ras, une suture réticulée, passée d’un bord
orbitaire à son opposé, ancrée sous le périoste et dans le ligament orbitaire peut être
mise en place avant la fermeture du plan sous-cutané, quel que soit le type d’opéra-
tion (énucléation ou exentération, fig. 5.18).
Fig. 5.18 Suture réticulée bord à bord orbitaire pour éviter la concavité postopératoire.
a b
c d
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
e
Fig. 5.19 Réintégration du globe exorbité (d’après D. Slatter, Fundamentals of veterinary ophtalmology,
3rd ed. Philadelphia : WB Saunders, 2001).
Postopératoire
Un traitement antibiotique à large spectre par voie générale est mis en place pour
deux semaines, un traitement AINS par voie générale est également prescrit (uvéite
secondaire).
Une pommade antibiotique (ou un gel, facile d’emploi, lubrifiant pour la cornée) est
introduit si possible 3 fois/j au canthus interne, sous les paupières, après nettoyage
palpébral.
Le port d’un carcan est prescrit pour dix jours au moins.
Les points sont enlevés à trois semaines. En cas de non fermeture palpébrale, ils sont
remis en place trois semaines de plus pour permettre la résorption de l’œdème orbi-
taire et l’éviction de la dessiccation cornéenne. La cornée apparaît œdémateuse,
néovascularisée à partir du limbe : le traitement topique corticoïde ne doit être
154 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
entrepris que lorsqu’elle est éclaircie, c’est-à-dire dans certains cas trois à cinq semai-
nes plus tard (elle reprend de la transparence de la périphérie vers le centre).
Le strabisme latérodorsal par rupture de l’attache sclérale des muscles droit médial et
oblique ventral est fréquent. S’il persiste, on observe une kératite d’exposition
(fig. 5.20). Certains chiens récupèrent spontanément sur plusieurs mois, mais il vaut
mieux envisager une correction chirurgicale du strabisme (hors sujet de cette pré-
sentation) au moment du retrait des points de paupières si nécessaire.
Si la lagophtalmie persiste à six semaines et que l’innervation sensitive et motrice est
fonctionnelle, une tarsorraphie temporaire est effectuée et laissée en place trois
mois. Sinon, il faut opter pour l’énucléation (ulcère neurotrophique/neuroparalyti-
que de lagophtalmie, fig. 5.21).
Pronostic
Plus tôt le globe est réintégré, meilleur est le pronostic pour sa conservation bien sûr,
mais aussi pour limiter la durée de convalescence.
Les éléments importants à prendre en compte sont les suivants :
– avulsion des muscles extra-oculaires : si elle est limitée au droit médial et à
l’oblique ventral, nous avons vu la conduite à tenir ; si toutes les attaches sont
lésées, le pronostic est mauvais car les artères ciliaires qui irriguent le segment
antérieur sont aussi lésées irrémédiablement et il faut envisager d’emblée l’énu-
cléation ;
– hyphéma : important, il est la résultante d’une lésion grave du corps ciliaire
(fig. 5.22) et un phtisis bulbi à long terme est de règle ; limité et de résorption
rapide, il est de bon pronostic ;
– diamètre pupillaire : le myosis est favorable quant à une récupération visuelle ;
la mydriase est indicatrice de lésions des nerfs optique et/ou oculomoteur com-
mun et de mauvais pronostic visuel ; il faut se montrer réservé si le diamètre
pupillaire est normal car une lésion des fibres sympathiques peut accompagner
une lésion grave du nerf optique ;
– réflexes pupillaires photomoteurs : le réflexe indirect présent sur l’œil sain est de
bon pronostic, la disparition du réflexe direct sur l’œil atteint n’a pas de valeur
pronostique ;
– les critères permettant de formuler un pronostic favorable sont les suivants :
exorbitation partielle, pas ou peu de lésions des muscles extra-oculaires, myosis.
❚ Chirurgie de l’orbite 155
Fig. 5.20 Kératite nasale secondaire à une rupture des muscles droit médial et oblique ventral
chez un Carlin : pigmentation et vascularisation cornéennes.
Fig. 5.21 Ulcère cornéen stromal profond neuroparalytique de lagophtalmie chez un Épagneul pékinois
après une exorbitation : la localisation horizontale de canthus à canthus est typique.
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 5.22 Exorbitation chez un Cavalier King Charles Spaniel ; l’impotant hyphéma témoigne d’une lésion
du corps ciliaire (mauvais pronostic).
6 Chirurgie des voies
lacrymales et traitement
des ulcères cornéens
épithéliaux à bords
décollés
Les points 1 et 2 sont justiciables d’ interventions chirurgicales sous SOG qui vont
être traitées dans ce paragraphe, les autres possibilités d’indications chirurgicales
ayant été déjà envisagées (malimplantations ciliaires, pli nasal proéminent, entro-
pion, lagophtalmie).
La figure 6.1B résume les causes d’épiphora obstructif.
NaCl ne sort pas NaCl sort par le NaCl sort par le point NaCl sort uni-
(ou sort très peu) point inférieur inférieur et sort ou non quement par le
par le point par le méat du canal méat nasal du
inférieur : lacrymo-nasal canal lacrymo-
absence, imper- nasal
Obstruction digitale
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
foration ou
atrésie du point du point inférieur
inférieur
NaCl sort par NaCl et pus Absence ou
NaCl ne sort pas le point infé- sortent le point imperfection
par le méat nasal rieur et par le inférieur et rien du point
du canal lacrymo- méat nasal du ne sort parle inférieur
nasal : obstruction canal méat nasal du
du canal lacrymo- lacrymo- canal lacrymo-
nasal nasal : voies nasal :
lacrymales dacryocystite
perméables
B
Fig. 6.1 A. Épiphora et coloration des poils consécutifs à un entropion chez un Bichon maltais
(imperforation du point lacrymal inférieur, entropion inféromédial). B. Causes d’épiphora par obstruction
des voies lacrymales.
158 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Glandes tarsales
(de Meibomius)
Glande lacrymale accessoire
Canal lacrymo-nasal
Méat nasal
Fig. 6.3 Imperforation du point lacrymal inférieur chez un Bichon frisé ; noter la pigmentation
conjonctivale qui est souvent un guide pour repérer l’absence de point.
❚ Chirurgie des voies lacrymales et traitement des ulcères cornéens… 159
a b c d
Fig. 6.4 Traitement de l’imperforation du point lacrymal inférieur (d’après G. Severin in Severin’s Veteri-
nary Ophtalmology Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc).
a b c
Fig. 6.5 Traitement de l’imperforation du point lacrymal inférieur par voie rétrograde
(d’après G. Severin in Severin’s Veterinary Ophtalmology Notes, third edition, édité par Design Pointe TM
Communications Inc).
160 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
a b c
Fig. 6.6 Traitement de l’imperforation des deux points lacrymaux (d’après G. Severin in Severin’s Veteri-
nary Ophtalmology Notes, third edition, édité par Design Pointe TM Communications Inc).
Ces techniques sont réputées suffisantes par certains auteurs, qui disent ne pas consta-
ter de fermeture cicatricielle des points lacrymaux ouverts chirurgicalement. Ce n’est
pas tout à fait notre expérience et, si on doit quand même essayer d’employer ces pro-
cédures seules, il faut savoir que la ré-obstruction est possible dans certains cas : il faut
alors mettre en œuvre une intubation bicanaliculaire, facilitée sous microscope opéra-
toire mais possible sous SOG, qui nécessite l’usage d’une sonde « queue de cochon »
(Medical Workshop) grâce à laquelle le fil guide (Prolène 5/0) de la tubulure de Téflon
ou polyéthylène de 7/10 mm de diamètre est introduit (fig. 6.7A à C). Le tube est
laissé en place pour quatre semaines avec un traitement local antibiotique–anti-inflam-
matoire ; il est bien toléré, un carcan n’est pas nécessaire (fig. 6.7D).
❚ DACRYOCYSTITE
L’inflammation du sac lacrymal (et du canal lacrymonasal) est plus fréquemment
observée chez le chien que chez le chat. Les signes observés sont un épiphora muco-
purrulent ou purrulent, une conjonctivite discrète (fig. 6.8) et l’élimination de muco-
pus ou de pus par le point inférieur par pression sur la zone du sac ou lorsque le
canalicule supérieur cathétérisé est irrigué sous pression par du NaCl isotonique. La
cause peut ne pas être identifiée (infection responsable d’obstruction chronique par
A
Fig. 6.7 Intubation bicanaliculaire : A. Repérage de l’imperforation inférieure par la sonde
« queue de cochon ».
❚ Chirurgie des voies lacrymales et traitement des ulcères cornéens… 161
C
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
D
Fig. 6.7 (suite) Intubation bicanaliculaire : B. Passage du fil guide après ouverture du point sur la sonde.
C. Passage du tube en Téflon sur le fil guide. D. Tube en place, extrémités du fil guide nouées ; les chefs
seront coupés et la partie contenant le nœud glissée dans un canalicule.
162 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 6.8 Dacryocystite chez un Berger de Brie : noter la présence de pus au seul canthus interne.
Fig. 6.9 Cathétérisation des voies lacrymales excrétrices (d’après D. Slatter, Fundamentals of veterinary
ophtalmologu, 3rd ed., Philadelphia : WB Saunders, 2001).
❚ Chirurgie des voies lacrymales et traitement des ulcères cornéens… 163
c
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 6.9 (suite) Cathétérisation des voies lacrymales excrétrices (d’après D. Slatter, Fundamentals of veteri-
nary ophtalmology, 3rd ed., Philadelphia : WB Saunders, 2001).
164 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Fig. 6.10 Dystrophie épithéliale chez un Boxer âgé de 8 ans : noter le lambeau épithélial au bord nasal de
l’ulcère, l’infiltration vasculaire et l’œdème du stroma superficiel (témoins de l’incapacité à cicatriser de
cet ulcère ancien).
❚ TRAITEMENT
Il peut le plus souvent être effectué chez le chien après une simple anesthésie topi-
que. Si besoin, on a recours à une tranquillisation ou une anesthésie de courte
durée, qui est souvent de règle chez le chat. Le traitement (fig. 6.12) consiste :
– d’abord à enlever toutes les cellules incorrectement attachées au stroma en
périphérie de l’ulcère, dont on agrandit la surface, parfois jusqu’à désépithéliali-
ser toute la cornée, à l’aide d’un écouvillon stérile (fig. 6.12b) ou à la pince de
❚ Chirurgie des voies lacrymales et traitement des ulcères cornéens… 165
Fig. 6.11 Dystrophie épithéliale chez un Épagneul breton (coloration hématoxyline éosine) : épaississe-
ment et irrégularité de la membrane basale, dégénérescence de l’assise basale épithéliale, infiltration
inflammatoire du stroma superficiel ; les lésions réelles débordent largement de la zone ulcérée.
a b
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
c d
e f g
A B
Fig. 6.13 A. Lentille pansement sur un ulcère épithélial ancien (1,5 mois) après traitement par désépithé-
lialisation–microponctuations du stroma chez un Corgi gallois. B. Résultat à deux semaines : la cicatrisation
est obtenue, les marques de ponctuations sont visibles.
III Annexes : éléments de
conduite diagnostique
et thérapeutique
En complément des notions de thérapeutique médicale et de la description de quel-
ques techniques chirurgicales simples sont présentés ci-après quelques éléments de
diagnostic différentiel et de conduite thérapeutique susceptibles d’aider à la mise en
application des connaissances acquises à la lecture du présent ouvrage :
– diagnostic différentiel de l’inflammation conjonctivale ;
– diagnostic différentiel des conjonctivites ;
– démarche diagnostique lors de conjonctivite ;
– conduite thérapeutique lors d’ulcère cornéen ;
– diagnostic différentiel des inflammations oculaires ;
– conduite thérapeutique face à une uvéite ;
– diagnostic différentiel des affections orbitaires.
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
DE L’INFLAMMATION CONJONCTIVALE
(modifié d’après D. Slatter, Fundamentals of veterinary ophtalmology, 3rd ed.,
Philadelphia : WB Saunders, 2001)
ŒIL ROUGE
Écoulement séreux,
muqueux, ou muco-
purrulent
oui
Résultat trop faibles :
Test de Schirmer 1 ou NON conjonctivite liée à un
test au fil imbibé de
déficit quantitatif du
Rouge phénol normal
FLPC
oui
augmentée :
NON glaucome, uvéite
PIO normale
abaissé :
uvéité
oui
Abscence d’ulcère NON déficit épithélial ou
cornéen (biomicroscope,
épithélio-stromal
fluorescéine)
oui
Ouvertures pupillaires NON déterminer la cause
symétriques de l’anisacorre Affection intra-
oui oculaire, ou affection
extra-oculaire
Contenu de la chambre NON effet Tyndall, d’origine non
antérieure normal hypopiron, hyphéma conjonctivale
oui
Douleur à la rétropulsion OUI cellulite/abcès
du globe orbitaire
oui
OUI
Fonction visuelle altérée
oui
NON
Fond d’œil observable
oui
Paupières et bords
palpébraux normaux
oui
CONJONCTIVITE
PROBABLE
❚ Annexes : éléments de conduite diagnostique et thérapeutique 169
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
DES CONJONCTIVITES
(modifié d’après D. Slatter, Fundamentals of veterinary ophtalmology, 3rd ed.,
Philadelphia : WB Saunders, 2001)
ŒIL ROUGE,
affections autres que conjonctivales éliminées
DÉMARCHE DIAGNOSTIQUE
LORS DE CONJONCTIVITE
(modifié d’après D. Slatter, Fundamentals of veterinary ophtalmology, 3rd ed.,
Philadelphia : WB Saunders, 2001)
Figure 2. Rougeur diffuse des conjonctives nicti- Figure 4. Présence de follicules lymphoïdes,
tante et palpébrale, épiphora mucopurrulent : aspect plissé de la conjonctive palpébrale : con-
conjonctivite par corps étranger végétal chez un jonctivite juvénile chez un Cocker anglais âgé de
Braque de Weimar. 4 mois.
❚ Annexes : éléments de conduite diagnostique et thérapeutique 171
PRIMAIRE SECONDAIRE
– allergique – abcès et cellulite orbitaires
– bactérienne – dacryocystite
– fongique – distichiasis
– iatrogène – cil ectopique
– liée à la libération de toxines – corps étranger
– parasitaire – déficits du FLPC
– ectropion
– entropion
– lagophtalmie
– maladies générales
– toutes les causes d’exophtalmie
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
172 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
CONDUITE THÉRAPEUTIQUE
LORS D’ULCÈRE CORNÉEN
(modifié d’après D. Slatter, Fundamentals of veterinary ophtalmology, 3rd ed.,
Philadelphia : WB Saunders, 2001)
Kératite Uvéite
Conjonctivite Glaucome
superficielle antérieure
(figure 5) (figure 8)
(figure 6) (figure 7)
épaissies, plissées, non épaissies non épaissies, non épaissies
hyperhémiques, vaisseaux
Conjonctives
rougeur diffuse conjonctivaux
visibles
vaisseaux réseau vasculaire vaisseaux vascularisation
superficiels limbique rectilignes diffuse
Vascularisation tortueux, rougeur superficiel limbiques, non superficielle
de la conjonctive diffuse (petits envahissant plus mobiles avec la épiscérale de
vaisseaux ou moins la conjonctive gros calibre, en
« flous ») cornée relief
modéré à séreux à aucun aucun
Écoulements
important purrulent
absente ou légère modérée à moyenne importante à très
Douleur
importante importante
Photophobie aucune importante modérée légère
transparente opalescente à transparente à opalescente à
Cornée
opaque opalescente opaque
de taille normale de taille normale myosis ; pupille mydiase
irrégulière, modérée à
Pupille
parfois fixe importante,
aréflexique
Réflexe normal normal ralenti et absent
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
photomoteur incomplet
pupillaire
normale normale normale, élevée
légèrement
PIO
augmentée ou
diminuée
174 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Figure 5. Rougeur diffuse et petits vaisseaux flous Figure 6. Réseau vasculaire conjonctival limbique
de la conjonctive palpébrale inférieure, réseau envahissant le stroma cornéen superficiel avec
superficiel tortueux de la conjonctive nictitante : opacité cornéenne consécutive : kératite superfi-
conjonctivite chez un Shih Tzu. cielle chronique chez un Border collie.
Figure 7. Vaisseaux rectilignes limbiques : uvéite Figure 8. Vascularisation diffuse superficielle épis-
antérieure phaco-antigénique (cataracte) chez un clérale de gros calibre : glaucome primaire aigu
Caniche nain (la mydryase est médicamenteuse). avec mydriase chez un Springer anglais.
AINS
Administrés par voie topique et générale, ils diminuent la fuite protéique vasculaire
lors d’inflammation, inhibent la synthèse de PGs à partir de l’AA, agissent comme
piégeurs de radicaux libres, diminuent la production de fibrine et limitent la forma-
tion de synéchies postérieures lors d’uvéite antérieure.
Cycloplégiques
Ils sont préférés aux mydriatiques sympathomimétiques en premier choix. Sédative
de la douleur par levée du spasme du muscle ciliaire, l’atropine en collyre à 1 % est
également préventive de la formation de synéchies par la dilatation pupillaire impor-
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
tante et durable qu’elle induit. Si cette dilatation est insuffisante, on peut associer la
phényléphrine en collyre à 10 % (également vasoconstrictrice) à l’atropine.
Immunosuppresseurs
Ce type de molécule (essentiellement l’azathioprine et la ciclosporine) doit être uti-
lisé en substitution du traitement par les AIS par voie générale si ce dernier est ino-
pérant, ou en complément des AIS par voie générale pour diminuer la posologie de
ces derniers, lorsque leurs effets secondaires sont trop importants. Les immunosup-
presseurs par voie générale, peu employés, se révélent pourtant très utiles, en parti-
culer dans le contrôle des processus dysimmunitaires (peudo-syndrome de Vogt
Koyanagi Harada, uvéite pigmentaire du Retriever golden).
❚ SOULAGER LA DOULEUR
Les AINS par voie topique et générale ont un effet sédatif de la douleur intéressant
mais ce sont essentiellement les cycloplégiques qui sont utiles dans ce but.
176 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
DES AFFECTIONS ORBITAIRES
(modifié d’après D. Slatter, Fundamentals of veterinary ophtalmology, 3rd ed.,
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Jegou JP. Les conjonctivites. In : Laforge H, Roze M, eds. Ophtalmologie du chat. Paris : PMCAC édi-
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Jegou JP. Les glaucomes. In : Laforge H, Roze M, eds. Ophtalmologie du chat. Paris : PMCAC éditions ;
2005, 93-100.
Jegou JP, Laforge H. Glaucomes. In : Chaudieu G, ed. Ophtalmologie du chien. Paris : PMCAC édi-
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Jongh O. Les tumeurs oculaires. In : Laforge H, Roze M, eds. Ophtalmologie du chat. Paris : PMCAC
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Jongh O. Tumeurs oculaires. In : Chaudieu G, ed. Ophtalmologie du chien. Paris : PMCAC éditions ;
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Jongh O. (2007) Pathologie de la conjonctive et de la membrane nictitante. In : Chaudieu G, Ed. Oph-
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Jongh O. Les inflammations bactériennes des surfaces conjonctivo-cornéennes chez le chien : à propos
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Vet Clin North Am Small Anim Pract 2004 ; 34 : 655-68.
178 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
– de triamcinolone 38 – visqueux 49
AINS 33, 39, 41, 55, 66, 110
Acétate de méthylprednisolone 9
AINS topiques 39
Acétazolamide 56, 68, 71
AIS 33, 41, 43, 66
Acétylcholine 52, 54
AIS (corticostéroïdes) 34
Acétylcholinestérase 54
AIS topiques 39
ACh 55, 56
Alcool
AChE 57 – polyvinylique 49
Aciclovir 5 (ACV) 29 – polyvinylique et povidone 49
Acide 39 Alcool polyvinylique 49
– arachidonique 33 Allylamines 31
– borique 14 Alpha-agonistes 69
– clavulanique 22 Alpha-sympathomimétique 14
– fusidique 28 Altération de la vision 142
– nalidixique 27 Amikacine 25
– sorbique 49 α-mimétique 60
180 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Carbénicilline 22 Chirurgie
Carbomères 49 – de l’orbite 77, 138
Carbopolymères 4 – de la conjonctive 122
Carboxyméthylcellulose 49 – de la membrane nictitante (MN)
Carcan 83, 112, 126, 137, 151, 153, 126
162 – des annexes 77
Carcinomes cutanés 116 – des annexes oculaires 84
Caroncule 102, 112 – des voies lacrymales 156
– velue 122 – filtrante 73
Cartéolol 71, 72 – plastique et reconstructrice des
Castroviejo–M. Bonnet 82 paupières 114
Cataracte 35, 38, 59 Chlamydophilose 17
Cathétérisation des voies lacrymales Chlorambucil 41, 44
162, 163 Chloramphénicol 19, 26
Cathétérisme 156, 159, 162 Chlorhexidine 14
Cautères jetables 82 Chlorhydate de phényléphrine 14
182 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
Déméclocycline 25 – inférieur 89
Dénervation 61 – inféromédial 102
– parasympathique 56 – latéral 96
– postganglionnaire sympathique 55 – spastique 86, 87
– sympathique 61 Entropion-ectropion 105, 107
Dermoïde 114, 122 Entropion-trichiasis 92
– conjonctivo-cornéen 122 Énucléation 148
Descemétocèle 135 – sous-conjonctivale 148
Désépithélialisation 165 Épiclérokératite nodulaire 42
– manuelle 16 Épiphora 71, 96, 99, 109, 115, 141,
Désinfection 15 156, 157
Dexaméthasone 23, 24, 25, 26, 37 Épisclérite 37, 38
Dextran 49 Épisclérokératite nodulaire 44
Diclofénac 40 Érythromycine 26
Dicloxacilline 21 Esters de cellulose 49
Dimeticone 49
Euryblépharon 102, 105, 107
Dipivéfrine 61, 69
Éversion de la membrane nictitante
Distichiasis 108, 109
105
DM 48, 49
– du cartilage nictitant 130, 132
Dorzolamide 68, 72, 73
– temporaire des paupières 87
Doxycycline 25
Examen bactériologique 17
Drainage 143, 147
– cytologique 143
– orbitaire 144
Excision
Dysautonomie 55, 56
Dystrophie – complète 112
– de l’épithélium cornéen 164 – de plis de peau 95
– épithéliale 165 – transconjonctivale de la base des
glandes tarsales 110
E – transconjonctivale de la totalité des
glandes tarsales 110
Échographie en mode b 143, 144, Exentération 148, 149
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
– pré-ganglionnaires Glycérine 67
parasympathiques 54 Glycine 75
Fibrinolytique 11 Glycocalix 46
Fibronectine 16 Glycoprotéines 46
Fibrosarcome 116 Graisse orbitaire 138
Film lacrymal précornéen 45, 156 Gramicidine 19, 23
Fils de suture 81 Granulation 119
FLPC 45 Granulome 89, 112
Fluorescéine 156 – cornéen 9
Fluoroquinolones 19, 27 – de résorption 9
Flurbiprofène 40 Greffe
Forme galénique 4 – de conjonctive 123
Fracture de l’arcade zygomatique 143 – libre de muqueuse buccale 136
Framycétine 23, 25 Guanine 29
Framycétine–polymyxine B 17
Fréquence de clignement 109
H
Fusidique 20
HA 63, 71
G Hémato-aqueuse 19
Hématome orbitaire 151
Gancyclovir 29
Hémato-rétinienne 19
Gatifloxacine 27
Hémicuccinate de
Gels 4, 7, 153
méthylprednisolone 66
Gentamicine 9, 24, 25, 66, 73
Hémisuccinate de méthylprednisolone
Glande
38
– infra-orbitaire 138
Hémorragies traumatiques sous-
– lacrymale 45, 48, 148
conjonctivales 126
– lacrymale accessoire nictitante 138
Hémostase 82
– lacrymale principale 46, 138
Herpès virose 156
– salivaire zygomatique 138
Histiocytome 116
– tarsale 92, 93, 107, 108
– tarsale de Meibomius 45, 46, 112 Homatropine 59
– zygomatique 138, 140, 146, 151 Hotz-Celsus 95
Glaucomateux 68, 70, 71 Humeur aqueuse 63
Glaucome 11, 24, 31, 55, 66, 70, 72 Hyaluronate
– « malin » 56 – de Na 4, 49
– à angle étroit 60 – de sodium 16, 50
– aigu 56, 72 Hydrocortisone 23, 24
– aigu et chronique 71 Hydroxyamphétamine 61
– chronique 56, 66 Hydroxycellulose 49
– inflammatoire 71 Hydroxyéthylcellulose 4
– primaire 66 Hydroxypropylcellulose 49
– primaire à angle ouvert 70 Hyperglycémie 67
Gluconate de chlorhexidine 14 Hyperhémie conjonctivale 71, 141
Glutamate de Na 75 Hypoplasie conjonctivale 122
Glutaraldéhyde 15 Hypotoniques 49
Glutathion 75 Hypromellose 49
❚ Index 185
I Inositol 75
Insert 4, 7
IAC 68, 70
IACs 68 Instruments de chirurgie 82
Immunoglobulines 16 Insuffisances muciniques 46
Immunomodulateurs 41 Interféron humain recombinant α 29
– dacryostimulants 46 Interférons 28
Immunosuppresseurs 41 Intra-oculaire 52
Imperforation 156, 157, 158 Intravitréenne 24
– congénitale des points lacrymaux Intubation bicanaliculaire 160
158 Iodure d’échothiophate 57
– du point lacrymal inférieur 158, 159 Isotonicité aux larmes 4, 49
Imunomodulateurs 48
Indométacine 40 K
INF humain α 29 KCS 42, 43, 45, 46, 50, 55, 99, 156
INF β 29 – neurotrophique 48
INF γ 29 Kératectomie 122
INF Ω (oméga) félin 29 – superficielle 123, 166
Infection 141 Kératite 24, 37, 38, 85, 99, 112, 115,
– dentaire 143 155, 156
Inféromédial 157 – d’exposition 154
Infiltration lymphoplasmocytaire de la – dysimmunitaire 36
membrane nictitante 42 – éosinophilique 42
Inflammation 141 – féline post-herpérique 42
– endoculaire 19 – mycosique 30, 31
– et/ou infection de la gIande salivaire – ponctuée 42
zygomatique (mucocèle éventuelle) – superficielle 9
140 – superficielle chronique 42, 45
– et/ou infection des racines de PMS4,
– ulcéreuse post-herpétique 164
MS1, MS2 140
Kératoconjonctivite 89
– oculaire 33
– chronique 84
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
– palpébrale 112
– sèche 26, 42
Inhibiteur
Kyste
– de l’adényl-cyclase 61
– conjonctival 126
– de l’anhydrase carbonique 68
– lacrymal 149
– de la cholinestérase 57
– de la dégranulation des mastocytes
44
L
– réversible 57 Lacérations conjonctivales 126
Injection 9 Lactamases 22
– intracamérulaire 11 Lactate de Ringer 81, 82
– intra-oculaire 10 Lagophtalmie 102, 135, 154, 155,
– intravitréenne 11, 24, 66, 73 156
– latérobulbaire 10 Lambeau de rotation 120, 121
– rétrobulbaire 10 Lame 82
– sous-conjonctivale 9, 112 – n° 11 92, 96, 97, 99, 103, 108, 110,
Innervation sympathique 138 112, 123, 124, 126
186 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
– n° 15 89, 99, 110, 117, 118, 120, Membrane nictitante 54, 61, 71, 84,
124, 126, 144 137
– tarsale 84 Méningo-encéphalomyélites
Larmoiement 85, 127 granulomateuses 44
Latanoprost 5, 71, 72 Mercurothiolate sodique 14
Laxité du canthus latéral 105 Méthazolamide 68
Lentilles pansements 4, 7, 17, 166 Méthicilline 21
Lésion périapicale dentaire 144 Méthyl 4
Lésion proliférative 124 Méthylcellulose 49
Leucocytose 144 Métipranolol 71
Leucotriène 33, 44 Metzenbaum 89
Microponctuations 17, 165, 166
Lévobunolol 71
Microsponges 82
Lévofloxacine 27
Microspot 80
Ligament
Mitomycine C 73
– orbitaire 138, 148, 149, 151
MN 127, 129, 130, 131, 132, 136,
– pectiné 63
137, 140
Limites du traitement médical du Modificateurs du système
glaucome 73 neurovégétatif 52
Lipo-oxygénases 33 Modifications de positions du globe
Lipopeptides 31 oculaire 142
L-lysine 29, 30 Monofil 81
Lunettes-loupes 80 Moxifloxacine 27
Luxation 151 Mucine 4, 46
– antérieure du cristallin 72 Mucinomimétiques 46, 49
– de la glande nictitante 105, 130 Mucocèle
– du globe 10, 140 – éventuelle 140
– postérieure 72 – zygomatique 140, 146
Lymphocytes T auxiliaires CD4+ 41 Mucopus 46, 160
Lymphosarcome 124 Mucus 46, 84, 156
Lysine 30 Muscarinique 54
Muscle
M – droit médial 140
– extra-oculaire 138, 139, 145, 148,
Macrolides 19, 26
154
Maléate de timolol 68
– oblique ventral 151
Malformations palpébrales complexes – orbiculaire 96
105 – ptérigoïdien interne 138
Malimplantation ciliaire 156 Mycoses systémiques 30, 31, 36
Mannitol 56, 67, 71, 72 Mydriase 52, 54, 58, 59, 60, 61, 69,
Marbofloxacine 27 154
Marginoplastie de Stades 105, 112 – anisocorique 56, 57
Mastocytes 44 Mydriatique 52, 58, 59, 61
Mastocytome 116, 124 – parasympatholytique 52
Médiateurs cholinergiques 54 Myosis 55, 56, 57, 69, 71, 72, 154
Meibomius 92 – anisocorique 61
Mélanomes 116 Myosite 10
❚ Index 187
PIO 52, 56, 58, 60, 61, 67, 69, 70, 71, Principe actif 9
72, 73 Procidence de la MN 141, 143
Pipéracilline 22 Prolapsus 151
Plaie – (luxation) de la glande nictitante
– conjonctivale 84 126
– de paupière 116 – du globe 140
– palpébrale 81, 84 – du globe oculaire 152
Plastie Promoteurs de la cicatrisation
– conjonctivale 135 épithéliale 16
– cornéenne 135 Propriétés physicochimiques 4
– cutanée 116 Prostaglandines 33, 70
– de glissement en H 117, 119 Prostaglandines topiques 71
– de glissement en V-Y 101 Protrusion de la MN 131
– de glissement en Y-V 99 Pseudomonas 24
– palpébrale 121 Pseudophakie 72
Pli de peau nasal 112 Pseudo-syndrome de Vogt Koyanagi
Pli nasal 102, 156 Harada 44
Point Ptose de la paupière supérieure 61
– en lacet de bottine 81, 116 Pus 160
– inférieur 159 Pyridamines 31
– lacrymal 112, 156 Pyriméthamine 19, 27
– séparé 81
– supérieur 159 R
Polydioxanone 81
Polyènes 31 Races naines 96
Polyéthylène glycol 49 Radiographie 143
Polyglactine 81 Rainurage 166
Polymyxine B 19, 20, 23, 24, 25, 26, Récepteurs 54
27 – α 60
Polypropylène 81 – α et β-adrénergiques 54
– glycol 49 – adrénergiques 54, 61
Polysaccharides 50 – adrénergiques postganglionnaires
Pommade 7, 112, 131, 132, 159 54
– antibiotique 123, 152, 153 – cholinergiques 54
Ponction – muscariniques 54, 55, 58
– à l’aiguille fine 10 – nicotiniques 54
– orbitaire à l’aiguille fine 144 Réflexe photomoteur pupillaire 142
Porte-aiguille de Castroviejo courbe fin Réflexe pupillaire photomoteur 154
82 Réintégration
Porte-aiguille standard de Mayo- – du globe 152
Hegar 82 – du globe exorbité 153
Postopératoire 83 Résection
Povidone 49 – de plis de peau 107, 112
– iodée 15, 30, 79 – pentagonale 118
Prednisone 44 – pentagonale en pleine épaisseur 117
Premier neurone 52 Résonance magnétique nucléaire 143
Préparation 79 Retinaculum orbitaire 140
❚ Index 189