0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
52 vues31 pages

9782130778356

Transféré par

oroukobizime
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
52 vues31 pages

9782130778356

Transféré par

oroukobizime
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Retrouver ce titre sur Numilog.

com
Retrouver ce titre sur [Link]

IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE

U N E É D I T I O N O R I G I N A L E
COMPORTANT :

CINQUANTE EXEMPLAIRES SUR VÉLIN


D'ARCHES, NUMÉROTÉS DE 1 A L ;

CENT EXEMPLAIRES SUR VÉLIN CHIF-

FON, DES PAPETERIES DU MARAIS,


NUMÉROTÉS DE 1 A 100;

ET TROIS CENT CINQUANTE EXEM-


PLAIRES SUR VÉLIN VERGÉ TEINTÉ

ISABELLE, NUMÉROTÉS DE 101 A 4 5 0 .


Retrouver ce titre sur [Link]

LES PLUS BEAUX POÈMES FRANÇAIS


Retrouver ce titre sur [Link]

LA LYRE D'ORPHÉE
Collection dirigée par René LALOU

Les plus beaux poèmes allemands, présentés par J.-F. ANGELLOZ.


Les plus beaux poèmes anglais et américains, présentés par René LALOU.
Les plus beaux poèmes espagnols, présentés par J e a n CAMP.
Les plus beaux poèmes français, présentés par René LALOU.
Les plus beaux poèmes italiens, présentés p a r Henri BÉDARIDA.
Retrouver ce titre sur [Link]

LA LYRE D'ORPHÉE

LES PLUS B E A U X
P O È M E S
F R A N Ç A I S
Présentés par
R e n é LALOU

MIMIUIM . I. IIIIII' a tour sur la Ivn' <!'( irplit


Le? [Link]-Jofs de ia siinte et les cris do la foi1' .
1î é r a r d ni: X r n v * : .

PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE


108, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS

1910
Retrouver ce titre sur [Link]

DÉPÔT LÉGAL
1re édition trimestre 1946
TOUS DROITS
de traduction, de reproduction et d'adaptation
réservés pour tous pays
COPYRIGHT
by Presses Universitaires de France, 1946
Retrouver ce titre sur [Link]

AVERTISSEMENT

Le titre de ce recueil nous engageait à y réunir d'abord les


très glorieux poèmes qui chantent dans toutes les mémoires.
Nous nous sommes permis d'y joindre d'autres pages dont nous
estimons qu'elles méritent de compter aussi parmi les « joies
éternelles » qu'a exaltées John Keats. Nous avons enfin jugé
utile de citer quelques textes qui, célèbres en leur jeunesse et
décriés aujourd'hui, rappelleront que le goût du public et le
choix des anthologistes sont également faillibles.
Les poèmes ont été reproduits intégralement, sauf dans les
rares cas où leur longueur nous contraignait à n'en retenir qu'un
fragment ou à les alléger de quelques stances. Non sans regret,
nous avons exclu les œuvres trop anciennes dont chaque vers
eût exigé une note explicative. Quant à l'orthographe, nous ne
nous sommes piqués d'aucun dogmatisme dans un domaine si
àrbitraire ; nous l'avons modernisée dès le début du XVIIe siècle,
en laissant seulement, à titre d'exemple, aux poèmes de
Malherbe, Régnier et Maynard la forme assez capricieuse qui
peut séduire les amateurs d'archaïsme.
S'adressant à l'honnête homme et non point au spécialiste,
les notes bio-bibliographiques ont été réduites à l'essentiel ;
elles n'en offrent pas moins, en raccourci, un panorama de cette J
poésie française dont nous souhaitons que de nombreux lec-
teurs trouvent ici ce que leurs ancêtres auraient attendu d'un
pareil volume : un« trésor ».
R. L.
Retrouver ce titre sur [Link]
Retrouver ce titre sur [Link]

CHARLES D'ORLÉANS

Ballade
é n regardant vers le pays de France,
Un jour m'avint, à Dovre sur la mer,
Qu'il me souvint de la doulce plaisance
Que soulouoiel oudit pays trouver ;
Si commençay de cueur à soupirer,
Combien certes que grant bien me faisoit
De voir France que mon cueur amer doit.

Je m'avisay que c'estait non savance2


De telz soupirs dedens mon cueur garder,
Veu que je voy que la voye commence
De bonne paix, qui tous biens peut donner ;
Pour ce, tournay en confort mon penser,
Mais non pourtant mon cueur ne se lassoit
De voir France que mon cueur amer doit.

Alors chargeay en la nef d'Esperance


Tous mes souhaits en leur priant d'aler
Oultre la mer, sans faire demourance,
E t à France de me recommander.
Or nous doint Dieu3 bonne paix sans tarder !
Adonc auray loisir, mais qu'ainsi soit,
De voir France que mon cueur amer doit.
Retrouver ce titre sur [Link]

ENVOI

Paix est trésor qu'on ne peut trop loer.


Je hé guerre, point ne la dois prisier ;
Destourbé m'a longtemps, soit tort ou droit,
De voir France que mon cueur amer doit.

Rondel du Printemps
/P r temps alaissié son manteau
Devent, defroydure et depluye,
Et s'est vestu de broderye,
Desoleil raiant, cler et beau.
Il n'y a beste ne oiseau
Qu'en sonjargon ne chante ou crye :
Letemps a laissié son manteau
Devent, de froydure et depluye.
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent enlivrée jolye
Goultes d'argent d'orfavrerie ;
Chascuns'abille denouveau.
Letemps a laissié son manteau
Devent, defroydure et depluye.
Retrouver ce titre sur [Link]

Rondel de l'Été

p es fourriers d'Esté sont venuz


J
Pour appareiller son logis,
E t ont fait tendre ses tappis
De fleurs et verdure tissuz.

E n estendant tappis veluz


De vert herbe par le païs,
Les fourriers d'Esté sont venuz
Pour appareiller son logis.

Cueurs d'ennuy piéça4 morfonduz,


Dieu mercy, sont sains et jolis ;
Alez-vous en, prenez paîs,
Yver, vous ne demourrez plus :
Les fourriers d'Esté sont venuz.
Retrouver ce titre sur [Link]

FRANÇOIS VILLON

Grand Testament
XXXIX-XLI

J e congnoys que, povres et riches,


( f Sages et folz, prebstres et laiz,
Nobles, vilains, larges et chiches,
Petiz et grans, et beaulx et laidz,
Dames à rebrassez5 colletz,
De quelconque condition,
Portant attours et bourreletz,
Mort saisit, sans exception.

E t meure Paris ou Helaine,


Quiconques meurt, meurt à douleur
Telle qu'il pert vent et alaine ;
Son fiel se creve sur son cueur,
Puis sue, Dieu sçait quelle sueur !
E t n'est qui de ses maulx l'allege :
Car enfans n'a, frere ne sœur,
Qui lors voulsist estre son plege6.

La mort le faict fremir, pallir,


Le nez courber, les veines tendre,
Le col enfler, la chair mollir,
Joinctes7 et nerfs croistre et estendre.
Retrouver ce titre sur [Link]

Corps feminin qui t a n t es tendre,


Poly, souef8, si precieulx,
Te faudra-t-il ces maulx attendre ?
Ouy, ou tout vif aller es cieulx.

Ballade des Dames du Temps Jadis


yictes-mov où, n'en quel pays
Est Flora la belle Rommaine,
Archipiada, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Écho parlant quand bruyt on maine
Dessus rivière ou sus estan,
Quibeauté ot trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan9 ?
Oùest la tres-sage Helloïs
Pour qui chastré fut et puis moyne
Pierre Esbaillart à Sainct-Denys ?
Pour son amour ot ceste essoynelO.
Semblablement, où est la Royne
Qui commanda que Buridan
Fust gecté en ung sac en Saine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
La royne Blanche commelis
Qui chantoit à voix de seraine,
Berte au grant pié, Bietris, Alis,
Haremburgis qui tint le Mayne,
Retrouver ce titre sur [Link]

Et Jehanne la bonne Lorraine


Qu'Englois bruslerent à Rouan ;
Où sont-ilz, Vierge souveraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

ENVOI

Prince, n'enquerez de sepmaine


Où eltes sont, ne de cest an
Que ce refrain ne vous remainell :
Mais où sont les neiges d'antan ?

Ballade que Villon feist à la requeste


de sa mère pour prier Nostre-Dame

t — J y ame du ciel, regente terrienne,


Emperiere des infernaux paluz12,
Recevez-moy, vostre humble chrestienne,
Que comprinse soye entre vos esleuz,
Ce non obstant qu'oncques rien ne valuz.
Les biens de vous, ma Dame et ma Maistresse,
Sont trop plus grans que ne suis pecheresse,
Sans lesquelz biens ame ne peut merir13
N'avoir les cieulx, je n'en suis jangleresse14 :
E n ceste foy je vueil vivre et mourir.
Retrouver ce titre sur [Link]

A vostre Filz dictes que je suis sienne :


De luy soyent mes pechiez aboluz ;
Pardonnez-moy comme à l'Égypcienne,
Ou comme il feist au clerc Theophilus
Lequel par vous fut quitte et absoluz,
Combien qu'il eust au deable fait promesse.
Preservez-moy de faire jamais ce,
Vierge portant, sans rompure15 encourir,
Le sacrement qu'on celebre à la messe.
En ceste foy je vueil vivre et mourir.

Femme je suis povrette et ancienne,


Qui riens ne scay ; oncques lettre ne leuz ;
Au moustier voy dont suis paroissienne
Paradis paint où sont harpes et luz,
E t ung enfer où dampnez sont boulluz :
L'ung me faict paour, l'autre joye et liesse.
La joye avoir me fay, haulte Deesse
A qui pecheurs doivent tous recourir,
Comblez de foy, sans fainte ne paresse :
En ceste foy je vueil vivre et mourir.

ENVOI

Vous portastes, digne Vierge, princesse,


Iesus regnant, qui n'a ne fin ne cesse.
Le Tout Puissant, prenant nostre foiblesse,
Laissa les cieulx et nous vint secourir,
Offrist à mort sa tres-chere jeunesse ;
Nostre Seigneur tel est, tel le confesse :
En ceste foy je vueil vivre et mourir.
Retrouver ce titre sur [Link]

L'Epitaphe en forme de ballade


que feit Villon pour luy
et ses compagnons
s'attendant estre pendu avec eulx

- 7 r
reres h u m a i n s qui après nous vivez,
N ' a y e z les cueurs c o n t r e n o u s e n d u r c i s ,
Car, se p i t i é de n o u s p o v r e s avez,
D i e u en a u r a plus t o s t de v o u s mercis.
Vous nous voyez cy a t t a c h e z cinq, six :
Q u a n t de la c h a i r que t r o p a v o n s n o u r r i e ,
Elle est pieça d e v o r é e et p o u r r i e ,
E t n o u s , les os, d e v e n o n s c e n d r e e t p o u l d r e .
De n o s t r e m a l p e r s o n n e n e s ' e n rie ;
Mais priez D i e u que t o u s n o u s vueille a b s o u l d r e !

Se freres vous c l a m o n s , p a s n ' e n d e v e z


A v o i r desdaing, q u o y q u e f u s m e s occis
P a r j u s t i c e . Toutesfois v o u s sçavez.
Que t o u s h o m m e s n ' o n t p a s b o n sens rassis ;
E x c u s e z nous, p u i s q u e s o m m e s transsis16,
E n v e r s le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit p o u r n o u s t a r i e ,
N o u s p r e s e r v a n t de l ' i n f e r n a l e fouldre.
N o u s s o m m e s m o r t s , â m e ne nous harie17 ;
Mais priez Dieu q u e t o u s nous vueille a b s o u l d r e !
Retrouver ce titre sur [Link]

La pluye nous a debuez18 et lavez,


E t le soleil dessechiez et noircis ;
Pies, corbeaulx, nous ont les yeux cavez19,
E t arrachié la barbe et les sourcis.
Jamais, nul temps, nous ne sommes assis20 ;
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir, sans cesser, nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.
Ne soiez donc de nostre confrairie ;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

ENVOI

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,


Garde qu'Enfer n'ayt de nous seigneurie :
A luy n'ayons que faire ne que souldre21.
Hommes, icy n'a point de mocquerie,
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !
Retrouver ce titre sur [Link]

CLÉMENT MAROT

Rondeau
De l'Amour du Siècle Antique

a . bon vieulx temps untrain d'amour regnoit


Quisans grand art et dons se demenoit,
Si22 qu'un bouquet donné d'amour profonde,
C'estoit donné toute la terre ronde,
Car seulement au cueur on se prenoit.

E t si par cas à jouyr on venoit,


Scavez-vous bien comme on s'entretenoit ?
Vingt ans, trente ans : cela duroit un monde
Au bon vieulx temps.

Or est perdu ce qu'amour ordonnoit :


Rien que pleurs fainctz, rien que changes on n'oyt23 :
Qui vouldra donc qu'à aymer je me fonde,
Il fault premier que l'amour on refonde,
E t qu'on la meine ainsi qu'on la menoit
Au bon vieulx temps.
Retrouver ce titre sur [Link]

Epigramme de Soi-Mesme
A ,
v Et ne le sçaurois jamais estre ;
Monbeau printemps et monesté
Ont fait le saut par la fenestre.
Amour, tu as esté mon maistie :
Je t'ai servi sur tous les dieux.
0 si je pouvois deux fois naistre,
Commeje te servirois mieulx !

Églogue au roi
sous les noms de Pan et de Robin
(1538)

S u r le printemps de ma jeunesse folle,


Je ressemblois l'arondelle qui vole
Puis ça, puis là : l'aage me conduisoit
Sans paour ne soing où le cueur me disoit.
En la forest, sans la crainte des loups,
Je m'en allois souvent cueillir le houx,
Pour faire gluz24 à prendre oyseaulx ramages25
Tous differens de chantz et de plumages,
Ou me soulois26, pour les prendre, entremettre
A faire briez27 ou cages pour les mettre,
Retrouver ce titre sur [Link]

O u transnouois28 les rivieres p r o f o n d e s ,


O u r'enforçois s u r le genouil les fondes29,
P u i s d ' e n t i r e r d r o i c t e t loing j ' a p r e n o i s
P o u r chasser l o u p s et a b b a t r e des noix.
0 quantesfoys aux arbres grimpé j ' a y
P o u r d e n i c h e r ou la p y e o u le geay,
O u p o u r j e t e r des f r u i c t z j a m e u r s et b e a u l x
A m e s c o m p a i n g s q u i t e n d o i e n t leurs c h a p e a u x .
A u c u n e s foys a u x m o n t a i g n e s alloye,
A u c u n e s foys a u x fosses devalloye,
P o u r t r o u v e r la les gistes des fouines,
Des herissons o u des b l a n c h e s h e r m i n e s ,
O u p a s à p a s le long des h u y s s o n n e t z
Allois c h e r c h e r les nids des c h a r d o n n e t z ,
O u des serins, des p i n s o n s ou l y n o t t e s .
D e s j a p o u r t a n t je faisois q u e l q u e s n o t t e s
De c h a n t r u s t i q u e , et d e s s o u b z les o r m e a u x
Q u a s y e n f a n t sonnois30 des c h a l u m e a u x .
Si ne sçaurois bien dire, ne penser,
Qui m ' e n s e i g n a si t o s t d ' y c o m m e n c e r ,
Ou la n a t u r e a u x Muses inclinee,
O u m a f o r t u n e , en cela destinee
A te s e r v i r : si ce ne f u s t l ' u n d ' e u x ,
J e suis c e r t a i n q u e ce f u r e n t t o u s d e u x .
Ce q u e v o y a n t , le b o n J a n o t , m o n pere,
V o u l u t gaiger à J a c q u e t son c o m p e r e
Contre u n v e a u gras d e u x agnelets bessons31
Que q u e l q u e j o u r je ferois des c h a n s o n s ;
E t m e s o u b v i e n t q u e b i e n s o u v e n t a u x festes
E n r e g a r d a n t de loing p a i s t r e nos bestes,
Il m e souloit u n e leçon d o n n e r
P o u r d o u c e m e n t la m u s e t t e e n t o n n e r ,
Ou à dicter quelque chanson rurale
P o u r la c h a n t e r en m o d e p a s t o r a l e .
Retrouver ce titre sur [Link]

Aussi le soir, quand les troupeaux espars


Etoient serrés et remis en leurs parcs,
Le bon vieillard après moi travailloit
Et à la lampe assez tard me veilloit,
Ainsi que font leurs sansonnets ou pies
Auprès du feu bergères accroupies.
Retrouver ce titre sur [Link]

MAURICE SCÈVE

Sept Dizains de la « Délie »


n XF77
/LShis tost seront Rhosne et Saone desjoinctz,
v Qued'avec toy moncœur se desassemble :
Plus tost seront l'un, et l'aultre Montjoinctz,
Qu'avecques nous aulcun discord s'assemble :
Plus tost verrons et toy, et moyensemble
Le Rhosne aller contremont lentement,
Saone monter tresviolentemment,
Quecemienfeu, tant soit peu, diminue,
Nyque mafoy descroisse aulcunement.
Carferme amoursans eulx est plus, que nue.
XXII
CommeHecate tu meferas errer
Et vif, et mort cent ans parmyles Umbres :
CommeDiane au Cielmeresserrer,
D'où descendis ences mortels encombres :
Commeregnante auxinfernalles umbres
Amoindriras, ouaccroistras mespeines.
MaiscommeLuneinfuse dans mesveines
Celletu fus, es, et seras DELIE,
Qu'Amourajoinct à mespensées vaines
Sifort, que Mortjamais nel'en deslie.
Retrouver ce titre sur [Link]

• CLII

Je sens le noud de plus en plus estraindre


Mon âme au bien de sa beatitude,
Tant qu'il n'est mal qui la puisse constraindre
A delaisser si doulce servitude.
E t si n'est fiebvre en son inquietude
Augmentant plus son alteration
Que fait en moy la variation
De cest espoir, qui, jour et nuict, me tente.
Quelle sera la delectation,
Si ainsi doulce est l'umbre de l'attente ?

CLXVI

Tout jugement de celle infinité


Ou tout concept se trouve superflus,
E t tout aigu de perspicuité
Ne pourroyent joindre au sommet de son plus.
Car seulement l'apparent du surplus,
Première neige en son blanc souveraine,
Au pur des mains délicatement saine,
Ahontiroyt le nud de Bersabée :
E t le flagrant32 de sa suave alaine
Apovriroyt33 l'odorante Sabée.

CCCLXXV

De toy la doulce, et fresche souvenance


Du premier jour, qu'elle m'entra au cœur
Avec ta haulte, et humble contenance,
E t ton regard d'Amour mesmes vainqueur,
Y depeingnit par si vive liqueur
Ton effigie au vif t a n t ressemblante,
Retrouver ce titre sur [Link]

Que depuis l'Ame estonnée, et tremblante


De jour l'admire, et la prie sans cesse :
Et sur la nuict tacite, et sommeillante,
Quand tout repose, encor moins elle cesse.

CCCLXXVIII
La blanche Aurore a peine finyssoit
D'orner son chef d'or luisant, et de roses,
Quand mon Esprit, qui du tout perissoit
Au fons confus de tant diverses choses,
R e v i n t à m o y soulz les Custodes34 closes
Pour plus me rendre envers Mort invincible.
Mais toy, qui as (toy seule) le possible
De donner heur à ma fatalité,
Tu me seras la Myrrhe incorruptible
Contre les vers de ma mortalité.

CCCCVIII
Quand Mort aura, apres long endurer,
De ma triste ame estendu le corps vuyde,
Je ne veulz point pour en Siecles durer,
Un Mausolée ou une piramide.
Mais bien me soit, Dame, pour tumbe humide
(Si digne en suis) ton sent délicieux.
Car si vivant sur Terre, et soulz les Cieulx,
Tu m'as tousjours esté guerre implacable,
Après la mort en ce lieu precieux
Tu me seras, du moins, paix amyable.
Retrouver ce titre sur [Link]

CHRISTOPHE PLANTIN

Le Bonheur de ce monde

unemaison commode, propre et belle,


Unjardin tapissé d'espaliers odorans,
Desfruits, d'excellent vin, peu detrain, peu d'enfans,
Posséder seul sans bruit une femme fidèle ;
N'avoir dettes, amour, ni procès, ni querelle,
Nidepartage à faire avecque ses parens,
Secontenter de peu, n'espérer rien des grands,
Régler tous ses desseins sur unjuste modèle;
Vivre avecque franchise et sans ambition,
S'adonner sans scrupule à la dévotion,
Domterses passions, les rendre obéissantes,
Conserverl'esprit libre et le jugement fort,
Dire son chapelet en cultivant ses entes,
C'est attendre chez soi bien doucement la mort.
Retrouver ce titre sur [Link]

PERNETTE DU GUILLET

Chanson
L ui dira ma robe fourree
De la belle pluye doree,
Qui Daphnes enclose esbranla :
Je ne sçay rien moins que cela.
Qui dira qu'à plusieurs je tens
Pour en avoir mon passetemps,
Prenant mon plaisir çà et là :
Je ne sçay rien moins que cela.
Qui dira que j'ai revelé
Le feu longtemps en moy celé
Pour en toy veoir si force il a :
Je ne sçay rien moins que cela.
Qui dira que d'ardeur commune
Qui les jeunes gentz importune
De toy je veulx, et puis holà :
Je ne sçay rien moins que cela.
Mais qui dira que la Vertu
Dont tu es richement vestu
En ton amour m'estincella :
Je ne sçay rien mieulx que cela.
Mais qui dira que d'amour saincte
Chastement au cueur suis attaincte
Qui mon honneur onc ne foula :
Je ne sçay rien mieulx que cela.
Retrouver ce titre sur [Link]

PONTUS DE THYARD

Au Sommeil
/Lsere du doulxrepo--.,Sommeil,pere du Songe,
v Maintenant que la nuict, d'une grande ombre obscure,
Faict à cest air serain humide couverture,
Viens, Sommeildesiré, et dans mesyeux te plonge.
Tonabsence, Sommeil,languissamment allonge
Et mefaict plus sentir la peine quej'endure,
Viens, Sommeil,l'assoupir et la rendre moins dure,
Viens abuser monmal de quelque doulx mensonge.
Jà le muet Silence un esquadron conduict
Defantosmes ballans dessoubs l'aveugle nuict ;
Tumededaignes seul, qui te suis tant devot.
Viens, Sommeildesiré, m'environner la teste,
Car, d'un vœu non menteur, un boucquet je t'appreste
Deta chere morelle et deton cher pavot.
Retrouver ce titre sur [Link]

PIERRE DE RONSARD

Ode à Cassandre

ÆignOnne, allons voir si la rose


Quice matin avait desclose
Sarobe depourpre au soleil
Apoint perdu cette vesprée
Lesplis de sa robe pourprée
Et sonteint au vostre pareil.
Las !voyezcommeenpeud'espace,
Mignonne,elle a dessus la place,
Las !Las !sesbeautezlaissé cheoir !
0 vrayment marastre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Quedu matinjusques au soir !
Donc,si vous mecroyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
Ensa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Commeà cette fleur, la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
Retrouver ce titre sur [Link]

PONTUS DE THYARD

Au Sommeil
/LSere du doulxrepo-, Sommeil,pere du Songe,
v Maintenant que la nuict, d'une grande ombre obscure,
Faict à cest air serain humide couverture,
Viens, Sommeildesiré, et dans mesyeuxte plonge.
Tonabsence, Sommeil,languissamment allonge
Et mefaict plus sentir la peine quej'endure,
Viens, Sommeil,l'assoupir et la rendre moins dure,
Viens abuser monmal de quelque doulx mensonge.
Jà le muet Silence un esquadron conduict
Defantosmes ballans dessoubs l'aveugle nuict ;
Tumedédaignés seul, qui te suis tant devot.
Viens, Sommeildesiré, m'environner la teste,
Car, d'un vœu non menteur, un boucquet je t'appreste
Deta chere morelle et deton cher pavot.
Retrouver ce titre sur [Link]

Sacrilege meurdrier, si on pend un voleur


Pour piller un butin de bien peu de valeur,
Combien de feux, de fers, de morts et de destresses
Merites-tu, meschant, pour tuer nos Déesses ?
Forest, haute maison des oyseaux bocagers !
Plus le cerf solitaire et les chevreuls legers
Ne paistront sous ton ombre et ta verte criniere
Plus du soleil d'esté ne rompra la lumiere.
Plus l'amoureux pasteur, sur un tronq adossé,
Enflant son flageolet à quatre trous persé,
Son mastin à ses pieds, à ses flancs la houlette,
Ne dira plus l'ardeur de sa belle Janette :
Tout deviendra muet, Echo sera sans vois :
Tu deviendras campagne et en lieu de tes bois
Dont l'ombrage incertain lentement se remue,
Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue ;
Tu perdras ton silence et, haletans d'effroy,
Ny Satires ny Pans ne viendront plus chez toy.
Adieu, vieille forest, le jouet de Zephyre,
Où premier j'accorday les langues de ma lyre,
Où premier j'entendi les fleches resonner
D'Apollon, qui me vint tout le cueur estonner ;
Où premier admirant la belle Calliope,
Je devins amoureux de sa neuvaine trope,
Quand sa main sur le front cent roses me jeta,
E t de son propre laict Euterpe m'allaita.
Adieu, vieille forest, adieu, testes sacrees,
De tableaux et de fleurs autrefois honorees,
Maintenant le desdain des passans alterez,
Qui, bruslez en l'Esté des rayons etherez,
Sans plus trouver le frais de tes douces verdures,
Accusent les meurdriers, et leur disent injures !
Adieu, chesnes, couronne aux vaillants' citoyens,
Arbres de Jupiter, germes dodoneens,
Qui premiers aux humains donnastes à repaistre ;
Peuples vraiment ingrats, qui n'ont sceu recognoistre
Les biens receus de vous, peuples vraiment grossiers
De massacrer ainsi leurs peres nourriciers !
Que l'homme est malheureux qui au monde se fie !
0 dieux que véritable est la philosophie
Qui dit que toute chose à la fin perira
Et qu'en changeant de forme une autre vestira !
De Tempé la vallee un jour sera montagne,
Et la cyme d'Athos une large campagne ;
Neptune quelquefois de blé sera couvert :
La matiere demeure et la forme se perd.

Deux Sonnets pour Hélène

7
/e liay d'un filet de soye cramoisie ,
(/ Vostre bras l'autre jour, parlant avecques vous :
Mais le bras seulement fut captif de mesnouds,
Sans vous pouvoir lier ny cœur ny fantaisie.
Beauté, que pour maistresse unique j'ay choisie,
Le sort est inegal : vous triomphez denous.
Vous metenez esclave esprit bras et genous,
Et l'Amour ne vous tient ny prinse ny aisie.

Vous aimerez peut-être aussi