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RENOUONS AVEC LES ENJEUX CRITIQUES DE L’ANALYSE DU

DISCOURS. VERS LES ÉTUDES DU DISCOURS

Johannes Angermuller

Éditions de la Maison des sciences de l'homme | « Langage et société »

2017/2 N° 160-161 | pages 145 à 161


ISSN 0181-4095
ISBN 9782735123544
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DOI 10.3917/ls.160.0145
Article disponible en ligne à l'adresse :
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Renouons avec les enjeux critiques de l’Analyse du Discours.
Vers les Études du discours

Johannes Angermuller
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Université de Warwick/CEMS/IMM, EHESS
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1. Introduction
Si le discours est un objet aujourd’hui étudié dans la plupart des disci-
plines des sciences humaines et sociales, on peut cependant s’interroger
sur les contours du champ dans lequel se développent les recherches sur
cet objet. Deux tendances semblent à l’œuvre parmi les chercheurs qui
constituent ce champ : d’une part, la spécialisation disciplinaire, dont
témoigne l’évolution de l’Analyse du Discours en tant que sous-champ
des sciences du langage ; d’autre part, l’approche transdisciplinaire à tra-
vers ce qui a donné naissance à un nouveau champ, les Études du discours
(connues sous le nom de Discourse Studies dans le monde anglophone).
L’Analyse du Discours est bien établie depuis les années 1970 en France
et au Royaume-Uni, alors que les Études du discours sont un phéno-
mène aux contours encore flous. Or, il ne faut pas oublier que l’Analyse
du Discours n’aurait jamais été possible sans les débats transversaux du
structuralisme autour du pouvoir, de la subjectivité et du langage qui
ont fait du « discours » une notion fondamentale en sciences humaines et
sociales. Dans la mesure où le discours est constitutif de la vie sociale, il
ne peut se réduire à un objet dont on peut rendre compte moyennant le
savoir spécialisé d’une seule discipline. Il renvoie à la complexité des phé-
nomènes du sens dans leurs inscriptions sociale, politique et historique.
Afin de renouer avec ces enjeux épistémologiques et politiques, je retrace

© Langage & Société n os 160-161 – 2 e et 3 e trimestres 2017


146 / JOHANNES ANGERMULLER

la carrière du « discours » dans trois espaces disciplinaires : sciences du


langage, sciences sociales et humanités.
Dans une communication de 1977, Michel Pêcheux (1990) s’ap-
puie sur les travaux de Michel Foucault qu’il revisite à la lumière
des « classiques » pour opérer un tournant discursif dans le matéria-
lisme contemporain. De même, cette contribution souhaite invi-
ter les analystes du discours d’aujourd’hui à se réapproprier l’esprit
critique des pionniers influencés par le structuralisme, la psychana-
lyse et le marxisme (comme Pêcheux et Foucault) dans le cadre de ce
nouveau champ pluridisciplinaire et international que sont les Études
du discours.

2. De l’Analyse du Discours aux Études du discours


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Quel est le champ dans lequel se font les recherches sur le dis-
cours ? En France, la plupart des spécialistes du discours réfèrent à ce
champ sous-disciplinaire des sciences du langage qu’est l’Analyse du
Discours. De même, au Royaume-Uni ainsi que dans d’autres pays
du Commonwealth comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Hong
Kong, Discourse Analysis est connue comme une spécialité de linguistes
qui s’intéressent aux inscriptions sociales du langage. Dans cette accep-
tion, Discourse Analysis et Analyse du Discours renvoient à un champ qui
existe à côté d’autres champs en sciences du langage comme la syntaxe, la
sémantique, la pragmatique, la grammaire, la stylistique, la lexicologie,
l’anthropologie linguistique, la sociolinguistique, la rhétorique, etc. Ces
deux espaces de recherche sur le discours francophone et anglophone
se sont crucialement inspirés de quelques débats théoriques en sciences
sociales : pensons à l’intérêt que les pionniers en France comme Michel
Pêcheux (1969) et Michel Foucault (1969) ou encore, en Grande-
Bretagne, les protagonistes anglophones de la Critical Discourse Analysis
(Fairclough 1992 ; Reisigl et Wodak 2009 ; van Dijk 2009) portent,
sur fond des interrogations marxistes, à la question du pouvoir. Mais
si, depuis les débuts de l’Analyse du Discours en France et en Grande
Bretagne, les analystes du discours se sont intéressés aux inégalités et aux
discriminations, le discours ne s’est jamais facilement cantonné à une
seule discipline. Le discours a toujours été une problématique transver-
sale qui a poussé de nombreux linguistes à entamer un dialogue avec
les sciences sociales et qui a permis aux sociologues, politistes, histo-
riens ainsi qu’aux spécialistes d’autres disciplines d’appréhender le lan-
gage comme une dimension fondamentale des phénomènes sociaux
(Angermuller et alii 2014).
RENOUONS AVEC LES ENJEUX CRITIQUES DE L'ANALYSE / 147

Si dans les mondes francophone (Charaudeau & Maingueneau 2002),


britannique (Flowerdew & Richardson 2017) et lusophone (Orlandi
1990 ; Possenti 1993), l’analyse du discours est un champ interne aux
sciences du langage, en Allemagne (Angermüller 2011) et dans beau-
coup d’autres pays, les Études du discours désignent des recherches
discursives dans un espace pluridisciplinaire (Angermuller et alii 2014 ;
Wrana et alii 2014). Alors que la plupart des revues, associations et
postes fléchés « discours » renvoient actuellement à ce sous-champ qu’est
l’Analyse du Discours, on voit en effet se dessiner les contours d’un
champ plus vaste – celui des Études du discours – à travers un nombre
grandissant de colloques et congrès, volumes édités et thèses doctorales.
Dans ­l’espace des Études du discours, le « discours » peut désigner des
objets bien connus dans les disciplines tels que le savoir, la culture et les
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médias dans la société contemporaine. Mais le discours désigne aussi un
champ de recherche autour de théories et méthodes qui sont mobilisées
afin de rendre compte des pratiques sociales de la production du sens.
Placées au centre de cet espace pluridisciplinaire qu’est langage et société,
les Études du discours couvrent les recherches théoriques et empiriques
sur le sens social, notamment celles qui s’intéressent au rapport entre
langage et pouvoir, subjectivité et savoir.
Dans cette contribution, je parcours les champs disciplinaires afin
d’identifier les tendances qui constituent les axes majeurs des études
du discours. On verra, en particulier sur le plan théorique, la rivalité
productive entre des approches qui mettent l’accent sur les hiérarchies
et inégalités sociales (on pense ici aux courants critiques) et celles qui
étudient des processus symboliques (par exemple en analyse conversa-
tionnelle) ; et, sur le plan méthodologique, les choix qui peuvent être
faits entre des travaux qui insistent sur la matérialité des formes linguis-
tiques (en privilégiant des outils quantitatifs ou qualitatifs) et ceux qui
abordent la production du sens plutôt d’un point de vue herméneu-
tique (misant sur la capacité de compréhension des acteurs, avec ou sans
recours au terrain).

3. L’analyse du discours en tant que


sous-champ disciplinaire en sciences du langage
Dans les sciences du langage, le discours émerge comme une réponse
à la crise que subit la linguistique classique, celle qu’on associe notam-
ment à Saussure et Chomsky. Depuis l’après-guerre, l’évolution de la
discipline témoigne des tentatives de reconnaître les limites d’une vision
grammaticale de la langue et d’aller au-delà de la phrase. Depuis la fin
148 / JOHANNES ANGERMULLER

du structuralisme, on voit ainsi se développer trois grandes orientations


en analyse du discours : pragmatique, interactionnelle (ou pragmatiste)
et sémantique (Angermuller, Maingueneau & Wodak 2014).
Les pragmaticiens, qu’on associe aux penseurs anglo-saxons
Wittgenstein, Austin et Grice, reçus en France de manière plus systé-
matique depuis la fin des années 1970, considèrent la phrase comme
le produit d’un acte renvoyant au contexte dans lequel cette phrase est
produite. Ici, le discours désigne la contextualisation des énoncés. Alors
que les pragmaticiens s’intéressent aux usages qui peuvent être faits des
textes dans des contextes, les interactionnistes prennent comme point
de départ une activité langagière réelle observable empiriquement, telles
que les interactions situées parmi les membres d’une communauté.
Parfois synonyme de « conversation », le discours est dès lors saisi comme
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une pratique sociale (surtout dans le monde anglophone), dont il s’agit
d’analyser les logiques et contraintes grâce aux méthodes de la recherche
en sciences sociales. Enfin il convient de mentionner les tendances
sémantique et herméneutique, connues en particulier en Allemagne,
qui placent dans un discours les mots, phrases et textes dans l’ensemble
de leurs occurrences et les rapportent au savoir social et historique par-
tagé dans une communauté. Le discours est ainsi défini comme l’espace
interdiscursif dans lequel se constitue le sens des énoncés.
On peut identifier au moins deux modes de construction de l’objet
discours : un mode dit européen qui privilégie le regard d’en haut et qui
focalise sur les inégalités et les rapports de pouvoir en société et un autre
anglo-américain qui adopte le regard d’en bas avec un accent sur les
capacités pratiques des acteurs (Angermüller 2007a). Sur le plan métho-
dologique, on observe les divisions caractérisant la recherche sociale
(Angermüller 2006). C’est le cas des tendances quantitatives ou quan-
tifiantes en linguistique de corpus (Baker 2005 ; Lebart & Salem 1994)
ainsi que des approches qualitatives, notamment interactionnelles
(Gee 2011) et ethnographiques (Blommaert 2005).
En tant que sous-champ des sciences du langage, l’Analyse du
Discours s’est établie depuis la fin des années 1960 en France et une
dizaine d’années plus tard au Royaume-Uni. Dans les deux pays, l’Ana-
lyse du Discours est conçue comme une alternative aux courants domi-
nants en linguistique qui se limitent souvent aux mots et aux phrases sans
s’occuper des contextes sociaux et historiques dans lesquels ils sont utili-
sés. La tradition française résulte de la conjonction du structuralisme, du
matérialisme historique et de la psychanalyse pendant les années 1960.
Si la première génération de discursivistes autour de Michel Pêcheux
RENOUONS AVEC LES ENJEUX CRITIQUES DE L'ANALYSE / 149

reste fidèle aux conceptions structuraliste et distributionnaliste de la


langue tout en rapportant les énoncés aux inégalités sociales (la lutte
des classes), la deuxième génération, en effectuant un tournant pragma-
tique, opéré notamment par Dominique Maingueneau (2014) et Patrick
Charaudeau (1997), entend par discours la façon dont les textes ren-
voient à leurs contextes à travers l’énonciation. On passe d’une mise en
contexte des énoncés dans les structures sociales constituées (la société)
à une activité de contextualisation constitutive de l’espace qu’elle repré-
sente (le social). Par la suite, le sens est appréhendé comme le produit
d’une activité créatrice des participants au discours plutôt que comme la
prolongation des structures linguistiques et sociales préétablies.
Dans la tradition britannique, qui commence à s’établir en sciences
du langage à partir des années 1970, on peut observer des tendances
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similaires mais allant en sens inverse. Les discursivistes britanniques sont
baignés dès le départ dans la pragmatique et l’interactionnisme. Ils ne
découvrent la question du pouvoir que depuis la fin des années 1970.
Depuis les années 1990, on voit émerger la Critical Discourse Analysis qui
met l’accent sur les problèmes sociaux, les inégalités et les discriminations.
L’Analyse du Discours se développe également dans d’autres régions
du monde, notamment en Amérique latine où le débat suit parfois des
orientations venant de France ou du Royaume-Uni. On peut aussi men-
tionner de nombreuses tendances en Allemagne où se fonde un cou-
rant critique dès la fin des années 1970 (Jäger 2007) et où les traditions
venant de France et du Royaume-Uni rencontrent les approches séman-
tique (Busse 1987) et herméneutique (Keller 2005). En Allemagne, de
nombreuses approches plus récentes se font jour inspirées notamment
de la linguistique textuelle (Warnke 2007) et cognitive (Ziem 2008).

4. La nouvelle conjoncture pluridisciplinaire


des Études du discours
De manière générale, les linguistes se tournent vers la problématique du
discours afin de rendre compte de la dimension sociale de leurs objets.
Ainsi, pour eux, le discours renvoie aux défis théorique et méthodologique
de la recherche en sciences sociales dont ils sont souvent amenés à se rap-
procher. Dans le même temps, nombreux sont ceux en sciences sociales
qui, sans être linguistes, découvrent la problématique du discours par le
biais des questionnements épistémologiques et politiques. Le discours
émerge ainsi dans un espace intellectuel pluridisciplinaire qui voit l’essor
du poststructuralisme (parfois la Theory) depuis les années 1980. En pro-
longeant les interrogations marxistes et psychanalytiques des années 1960
150 / JOHANNES ANGERMULLER

et 1970, le poststructuralisme témoigne des tendances théoriques de


l’après-guerre, notamment le tournant linguistique en sciences sociales
(suite à la réception de Saussure et Wittgenstein), l’essor des épistémolo-
gies constructivistes et l’entrée en force des nouveaux mouvements sociaux
tels que le féminisme (Angermuller 2013b ; Angermüller 2007b).
Le poststructuralisme marque le début d’une réception massive des
théories européennes, notamment françaises (Foucault, Derrida, etc.)
dans les humanités nord-américaines pendant les années 1970, ensuite
dans les sciences sociales en Europe depuis les années 1990. Le débat
poststructuraliste tourne autour des topoï théoriques comme le décen-
trement du sujet libre et autonome ou encore la mise en question des
modèles déterministes de la structure. En prolongeant le tournant lin-
guistique qui s’est opéré dans les sciences sociales d’après-guerre, les
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nouvelles sensibilités poststructuralistes préparent le terrain pour que le
discours devienne une problématique centrale hors de la linguistique.
Alors que dans les humanités (notamment en critique littéraire, histoire
et philosophie), le discours désigne les limites de la « représentation »,
donc la critique d’un langage transparent qui puisse donner accès à la
conscience ou l’intention d’un sujet, les sciences sociales convoquent le
discours afin de dépasser un réalisme naïf qui nie les effets sociaux des
pratiques discursives ainsi que les modèles classiques de l’acteur comme
source de l’action sociale.
Au fond de ces interrogations épistémologiques, on s’aperçoit que le
discours peut renvoyer à des problématiques, souvent associées avec le
poststructuralisme, qui se recoupent dans trois espaces pluri­disciplinaires
(sciences du langage, sciences sociales et humanités). On voit ainsi se
dessiner le nouveau champ des Études du discours :
a) En sciences du langage, qui font appel à d’autres champs étudiant
les phénomènes langagiers (anthropologie, communication, lettres, phi-
losophie…), le « discours » est le symptôme d’une crise de la linguis-
tique classique fondée sur la langue comme une structure grammaticale.
En se tournant vers la dimension discursive, les linguistes sortent d’une
conception de la langue prise comme un système clos et découvrent les
contextes sociaux et historiques de l’activité langagière. Le discours per-
met ainsi aux linguistes d’aller au-delà du domaine strictement langagier
(discours = texte + contexte) et de s’ouvrir aux méthodes et théories uti-
lisées en sciences sociales pour étudier des objets empiriques. La décou-
verte du contexte a mis fin à l’hégémonie formaliste et structuraliste dans
les sciences du langage françaises. Le tournant pragmatique de la fin
des années 1970 a joué un rôle crucial dans l’intérêt que les linguistes
RENOUONS AVEC LES ENJEUX CRITIQUES DE L'ANALYSE / 151

français portent au discours (Angermuller 2013a). En revanche, on parle


rarement d’un moment poststructuraliste dans les sciences du langage.
b) En sciences sociales, notamment en sociologie, en sciences poli-
tiques et dans les sciences de l’éducation, le « discours » signale l’avène-
ment de tendances qui interrogent la façon dont les réalités sociales sont
construites par les acteurs (aspect constructiviste) ainsi que la façon dont
les acteurs sont construits dans et par les pratiques discursives (aspect
déconstructiviste). On associe ces tendances constructivistes et décon-
structivistes en sciences sociales avec les théories poststructuralistes qui
ont donné naissance aux critiques de l’objectivité et de l’acteur comme
centre d’action intentionnelle. Cet esprit critique du post­structuralisme
se fait sentir dans les études sur la gouvernementalité (Bröckling,
Krasmann & Lemke 2000 ; Rose 1989) ainsi que dans l’analyse des
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discours hégémoniques (Laclau & Mouffe 2009 ; Nonhoff 2007).
Si le poststructuralisme est l’un des courants qui articulent ces problé-
matiques sociales et politiques au niveau théorique, il rappelle aussi le
rôle des discours dans la société contemporaine, notamment dans la
construction des subjectivités dans les médias de masse, dans la culture
populaire et dans les dynamiques du pouvoir néolibéral.
c) Enfin, dans les humanités, notamment en lettres, philosophie et
histoire comme en linguistique, le tournant vers le « discours » va sou-
vent de pair avec la critique du langage comme instrument d’expression
transparent (ce qu’on appelle la crise de la representation en anglais, voir
par exemple Man 1989). Cette crise a deux dimensions : symbolique et
politique (Spivak 2009). En ce qui concerne la dimension symbolique
de cette crise, on reconnaît que les expressions linguistiques et cultu-
relles ne donnent plus à voir la conscience intentionnelle d’un auteur
mais que la production du sens est prise dans un jeu incontrôlable de
représentations (Jameson 2012). Force est de reconnaître que les idées
sont toujours affectées par les circonstances de leur énonciation. Alors
que les affirmations philosophiques d’une vérité universelle se heurtent
à la matérialité opaque du langage, le fait que l’histoire (White 1973) et
l’anthropologie (Clifford & Marcus 1986) soient écrites devient l’objet
d’interrogations réflexives plus systématiques. Ceci renvoie également à
la « représentation » dans sa dimension politique. Comme le rappellent
les études postcoloniales (Saïd 1980) et les études des identités sexuelles
(Butler 2005), c’est par et dans le discours que les individus négocient
la question de qui peut parler au nom de qui, tout en se plaçant sur le
terrain social du pouvoir.
152 / JOHANNES ANGERMULLER

Dans ces trois espaces pluridisciplinaires, les acceptions du discours


se mêlent et se superposent souvent mais on assiste aussi à des clivages
qui font obstacle à l’échange entre les disciplines. On note que l’intérêt
que les sciences du langage portent au discours ne reflète pas toujours
l’élan intellectuel et épistémologique du poststructuralisme observable
dans l’espace pluridisciplinaire des sciences humaines et sociales. Si, en
sciences du langage, la notion de discours renvoie à un champ discipli-
naire de recherches spécialisées, dans les autres disciplines, elle désigne
une problématique plus transversale et intellectuelle.
En Europe, l’intérêt pour le discours résulte souvent de la rencontre
de la recherche sociale empirique avec la culture philosophique des
humanités. Mais cette conjoncture du discours n’est pas universelle.
Aux États-Unis, par exemple, le discours peine à se constituer en champ
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d’étude même si la notion de discours est bel et bien monnaie courante,
notamment en anthropologie linguistique et en sociolinguistique, qui
par discours entendent avant tout : (institutional) talk. Si l’Analyse du
Discours croît sans cesse dans le monde entier, les États-Unis font sans
doute exception. Ce n’est pas parce qu’il n’y aurait pas de linguistes bien
ancrés dans les sciences sociales. Bien au contraire, la socio­linguistique
(Johnstone 2008 ; Schiffrin 1994) et la linguistique anthropologique
(Gumperz 1982) témoignent du fait que les dimensions sociales du lan-
gage ont été au cœur des travaux de nombreux linguistes depuis la fon-
dation de leur discipline par Franz Boas. Pourtant la plupart de ces lin-
guistes n’échangent pas avec les théories du discours qui ont émergé dans
les humanités suite à la conjoncture poststructuraliste avec l’École de
Yale de la déconstruction ou à l’arrivée de Michel Foucault en Californie
dans les années 1970.

5. Vers les Études du discours


Le débat sur le discours ne constitue pas un espace intellectuel homo-
gène et parfois on peut légitimement douter de ce qu’auraient en com-
mun un spécialiste du langage des jeunes et un philosophe de l’éthique
du discours, un linguiste qui analyse des corpus et un spécialiste des
Cultural Studies qui théorise le lien entre langage et pouvoir. L’ampleur
du débat pluridisciplinaire autour du discours montre en effet que le
discours dépasse le cadre de l’Analyse du Discours et s’inscrit dans cet
espace plus large qui est celui de langage et société où se croisent les
sciences du langage, les sciences sociales et les humanités.
Quels sont les grands axes qui définissent le champ pluridiscipli-
naire des Études du discours ? Ce champ résulte des échanges autour de
RENOUONS AVEC LES ENJEUX CRITIQUES DE L'ANALYSE / 153

quelques problèmes qu’on peut observer dans les disciplines, à savoir a)


les orientations théoriques et méthodologiques, b) les approches micro
et macro, c) les objectifs empiriques/analytiques et critiques/réflexifs.

a) Entre théories et méthodologies


Le discours devient l’objet d’un champ de recherches spécialisé quand
il mobilise les outils méthodologiques de la recherche (comme l’analyse
des corpus, l’analyse conversationnelle ou l’ethnographie) à la lumière
des interrogations théoriques et épistémologiques sur la production
de sens dans la société. Le caractère fondateur des débats épistémolo-
giques autour du structuralisme, du marxisme et de la psychanalyse dans
l’émergence de l’Analyse du Discours en France à la fin des années 1960
est bien connu. Si cette ferveur théorique et intellectuelle s’est atténuée
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depuis dans les sciences du langage en France, on peut cependant obser-
ver que les théories du discours continuent de se développer ailleurs en
Europe et surtout dans les humanités nord-américaines et européennes.
On voit ainsi émerger un débat autour des théories du discours, notam-
ment dans les champs qui se définissent par une certaine culture philoso-
phique tels que la critique littéraire et les Cultural Studies aux États-Unis
ainsi que dans une partie des sciences politiques et dans la sociologie
en Europe. Ces théories du discours, notamment autour du post­
structuralisme, tardent à rendre compte de la philosophie du langage
qui s’était développée depuis Wittgenstein.
Qui plus est les théories du discours ne s’articulent pas facilement
avec les outils méthodologiques qu’on peut trouver dans l’espace que
déterminent les rapports entre langage et société. S’inspirant des avan-
cées méthodologiques dans le domaine de la recherche sociale, les
méthodologies définissent aujourd’hui en grande partie l’identité de
l’analyse du discours en tant que sous-champ en linguistique. On voit
ainsi des innovations méthodologiques en analyse du discours suivre
celles d’autres champs en sciences sociales, par exemple les démarches
ethnographiques, les interviews et les approches de la multimodalité qui
ont permis de manifester une plus grande sensibilité pour la complexité
et l’hétérogénéité de ses objets. L’Analyse du Discours va au-delà des
approches classiques (qui se limitent souvent à un corpus de textes écrits)
et elle se donne pour tâche de rendre compte du sens comme le résultat
d’une pratique dans ses dimensions sociales (l’évolution de la sociolin-
guistique en a donné l’exemple, cf. Boutet 2016). Par conséquent, les
analystes du discours sont confrontés au choix entre deux approches :
une première de type analytique qui vise à déchiffrer les règles organisant
154 / JOHANNES ANGERMULLER

la production du sens social et une seconde de type interprétatif qui


s’appuie sur une compréhension holistique de phénomènes complexes
de production de sens. On note également la différence de choix métho-
dologiques entre ceux qui visent à saisir les discours comme des objets
empiriques (ce qui peut nécessiter par exemple l’observation immédiate
d’un phénomène) et ceux dont l’objectif est plus théorique (ce qui peut
les amener à améliorer un modèle sans passer par un terrain).

b) Entre micro et macro


Pour rendre compte de la production sociale du sens, les discursivistes
peuvent adopter les perspectives macro ou micro en sciences sociales.
On associe la perspective macro avec les traditions qui mettent l’accent
sur les contraintes pesant sur l’agir social. Ici, les acteurs sont soumis à
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une structure d’inégalités ou de pouvoir (Marx) tout en suivant les règles
de la société en tant qu’ordre institutionnel (Durkheim). Ces contraintes
ont tendance à échapper à la conscience des acteurs. Si les acteurs sont
produits par les structures sociales, ils les produisent et reproduisent par
des actions dont les effets sont souvent non intentionnels. Les courants
plus récents comme ceux de la gouvernementalité témoignent d’un tour-
nant constructiviste qui insiste sur le caractère polycentrique du pouvoir
et le rôle du discours dans la construction de l’ordre social. Derrière le
discours, il n’y a pas une réalité sociale qui attend d’être découverte.
Le discours n’est pas un simple instrument pour représenter le social.
Il n’exprime pas non plus une réalité psychique qui pousse et motive
les acteurs. Le discours, en représentant le social, peut participer à sa
constitution. Par conséquent, des groupes sociaux peuvent se trouver
agencés et organisés dans et par des discours qui définissent à la fois leurs
rapports mutuels, l’ordre social et leurs subjectivités.
Tout au long du xxe siècle, ces courants qui défendent une vision
macrosociale se sont confrontés à des critiques se réclamant de l’acteur
et de son savoir tacite. En passant par la sociologie interprétative de
Weber, la philosophie sociale pragmatiste, la sociologie interaction-
niste nord-américaine et les sciences sociales ont élaboré une vision
d’en bas tout en proposant un foisonnement de courants micro dans
la recherche sociale qualitative. Si les disciples de Weber ont recours
à l’acteur comme source intentionnelle de sens et d’action, la concep-
tion humaniste de la production du sens n’est pas partagée par tous les
chercheurs qualitatifs, notamment par les pragmatistes et les interac-
tionnistes pour lesquels le savoir social réside dans les pratiques plutôt
que dans les acteurs.
RENOUONS AVEC LES ENJEUX CRITIQUES DE L'ANALYSE / 155

Après la seconde guerre mondiale, on voit ainsi émerger les approches


praxéologiques qui conçoivent le discours comme une pratique d’usage
du langage à des fins sociales, d’abord chez les ethnométhodologues qui
sont au fondement de l’analyse conversationnelle (Sacks 1992), ensuite
chez les discursivistes qui prennent l’interaction comme unité fondamen-
tale du discours. Dans les approches praxéologiques, le discours n’est pas
expressif d’une intention ; il désigne, au contraire, les processus d’actions
et de réactions qui permettent aux individus de définir la situation entre
eux et de négocier leurs identités. Cette activité ne suit pas toujours un
cours prédéfini. Elle ne reproduit pas des structures sociales entièrement
établies. Elle est créatrice dans la mesure où elle doit répondre à des défis
d’action qui demandent souvent des solutions nouvelles. Dans cette
perspective, ce sont les acteurs qui sont experts pour gérer les actions
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complexes, d’où la préférence des approches micro pour les stratégies
méthodologiques non standardisées comme l’ethnographie.
Ce clivage entre perspectives micro et macro qui définit une bonne
partie de la sociologie se prolonge dans bon nombre d’autres disciplines
où le discours est devenu un enjeu important (notamment en sciences
d’éducation et en géographie qui sont proches de la sociologie). Dans les
sciences du langage, on note la confrontation entre les approches macro
(ou critiques) qui insistent sur la dimension du pouvoir et les approches
micro (ethnométhodologiques) qui se fondent sur le principe (métho-
dologique) selon lequel le contexte n’est pertinent que s’il l’est pour les
participants du discours. Des démarcations semblables se dessinent en
psychologie. Alors que le programme micro est défendu par la psycho-
logie discursive (Edwards & Potter 1992) qui s’en tient aux pratiques
discursives afin de se départir de l’idée d’un « intérieur psychologique »
du sujet, de son côté, la psychologie critique se tourne vers le discours
afin de révéler le caractère construit du sujet et la dimension du pouvoir
dans la subjectivation (Parker 1992). Si la dispute entre macro et micro
a parfois empêché le dialogue entre les camps, la plupart des discursi-
vistes convergent aujourd’hui dans l’acception du discours comme une
pratique empirique, concrète et réelle.

c) Entre analyse empirique et réflexivité critique


On peut constater enfin que l’intérêt pour le discours peut ressor-
tir d’objectifs différents. Nombreux sont les linguistes qui se tournent
vers le discours (et non vers la langue) parce qu’ils s’intéressent à des
objets plus empiriques que théoriques. De manière générale, les Études
du discours font souvent état d’orientations empiriques. De ce point
156 / JOHANNES ANGERMULLER

de vue, des méthodes (par exemple qualitatives ou quantitatives) sont


requises pour rendre compte de la production sociale du sens. Le but des
recherches discursives sera ainsi de mieux comprendre un phénomène
discursif donné.
Mais dans cet espace, la notion de discours peut aussi trahir des
objectifs qui ne sont pas strictement empiriques. On peut penser aux
tendances critiques qui visent à améliorer les discours plutôt que de seu-
lement les décrire. Dans les études du discours, la critique peut avoir au
moins deux sens qui ne s’excluent pas mutuellement. Pour certains, le
discours renvoie à une dimension militante ce qui a notamment été le
cas pour les débuts marxistes de l’Analyse du Discours en France et pour
les courants de l’Analyse du Discours critique. Ces analystes entendent
intervenir dans des luttes politiques tout en concevant la recherche
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sociale comme une arme à des fins autres que scientifiques. On peut
aussi identifier un certain nombre d’analystes qui mettent l’accent sur
la dimension appliquée de leurs recherches, dans des domaines semi ou
non académiques, par exemple les recherches en linguistique appliquée
à finalités pédagogiques.
Dans le sens de la réflexivité, la « critique » peut également renvoyer
aux rapports qu’entretiennent les Études du discours avec leurs propres
objets. On examine alors les conditions qui permettent aux Études du
discours de produire un savoir spécialisé sur le discours. Des philosophes
aussi différents que Jacques Derrida (1967) et Jürgen Habermas (1987)
s’interrogent sur le fait que toute production de savoir doit passer par
le langage. On trouve certains discursivistes qui témoignent du sens
critique déconstructiviste du premier, plus orienté vers les contradic-
tions intérieures alors que d’autres s’inspirent de l’éthique discursive
du second. Enfin, les Études du discours connaissent aussi des ten-
dances critiques et réflexives qui s’interrogent sur les contextes sociaux
et historiques. On cite par exemple les généalogies foucaldiennes qui
réfléchissent sur les conditions de possibilité du discours des sciences
humaines (Foucault 1966). Les Études du discours reconnaissent ainsi
les conditions sociale et historique qui les ont rendues possibles.

6. Conclusion
Alors que l’Analyse du Discours est aujourd’hui bien établie en tant
que sous-champ en sciences du langage, au moins en France et au
­Royaume-Uni, les Études du discours sont un champ récent qui a émergé
à l’intersection des disciplines et dont on peut douter encore de l’exis-
tence. Dans cette contribution, j’ai retracé quelques développements
RENOUONS AVEC LES ENJEUX CRITIQUES DE L'ANALYSE / 157

autour du discours qui nous permettent de voir les axes organisateurs de


ce champ transdisciplinaire qui occupe une place centrale dans l’espace
à la croisée de langage et société. En créant un espace pour les croise-
ments entre traditions disciplinaires et nationales, les Études du discours
témoignent de l’intérêt que les chercheurs de différents champs discipli-
naires portent aujourd’hui à cet objet.
Si les Études du discours sont un champ encore à constituer plutôt
qu’un champ déjà constitué, le regard pluridisciplinaire pourra aider à
empêcher l’Analyse du Discours de tomber dans le piège de la spéciali-
sation institutionnelle et renouer avec l’esprit critique et intellectuel de
ses pionniers tels que Michel Foucault qui ne s’est jamais laissé enfer-
mer dans des cases disciplinaires (voir Dufour 2013 ; Glady 1996). En
intégrant le tournant praxéologique observable en sciences humaines
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et sociales depuis les années 1960, l’Analyse du Discours permettrait
de réinvestir le nexus langage-pouvoir-savoir comme son objet théo-
rique et empirique propre, de pousser plus loin ses ambitions critiques
et de retrouver ainsi son rôle de pilote intellectuel dans l’espace pluri­
disciplinaire des sciences humaines et sociales.

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