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Rimbaud : Liberté et douleur poétique

Yuh

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Introduction

Le poème "Ma Bohème, écrit en 1870 par Arthur Rimbaud (1854-1891) , fait partie de son
recueil Poésies. À seulement 16 ans, Rimbaud évoque ici sa propre expérience de jeunesse
marquée par le rejet des conventions sociales. Ce poème reflète son goût pour la liberté,
l'inspiration tirée de la nature, et la création poétique comme échappatoire à la dureté de la
vie matérielle.

En quoi ce poème est-il un voyage pour découvrir la liberté poétique ?

Dans un premier mouvement (1ère strophe) on peut voir un regard attendri sur le
pauvre poète qu’il est.

D'abord, le poème est écrit à la première personne du singulier ce qui signifie que nous
sommes dans l'autobiographie, Rimbaud va nous raconter sa vie de jeune homme « je m'en
allais » et on est à l'imparfait. temps de l'antériorité. Le verbe « aller » revient deux fois, mais
on a « s'e aller »Dans le premier quatrain, Rimbaud se dépeint comme un vagabond démuni
:
"Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ; / Mon paletot aussi devenait idéal"
Le poète est pauvre, en rupture avec le monde matériel. Ses poches sont crevées, il n’a
rien, mais il semble transformer cette misère en un idéal de liberté. Le poète n’a pas besoin
de richesse matérielle pour rêver. Ainsi, Rimbaud montre que la pauvreté matérielle ne limite
pas la richesse de l’imaginaire.
« Les poings » sont forcément des mains vides. Ensuite, les poches crevées perdent ce
qu'elles contiennent.
C'est un jeune adolescent sans expérience, sans vécu, mais il parvient tout de même à se
moquer de ses propres rêves, cette moquerie est inhérente aux romantiques « que d'amours
splendides j'ai rêvées ». Son rêve est au passé composé (pour une action révolue dont on
perçoit les conséquences au présent) alors que les verbes précédents sont à l'imparfait
(actions qui ont duré dans un passé révolu). Avec ce dernier vers, Rimbaud s'éloigne ainsi
des romantiques ce qui affirme son désir d'émancipation créatrice et la rime embrassée«
crevees/ rêvées est signifiante car très originale.

Le deuxième mouvement qui correspond au deuxième quatrain:

Rimbaud poursuit en s’éloignant des formes poétiques conventionnelles, revendiquant une


liberté totale dans sa création. Il se compare à "Petit-Poucet rêveur", une allusion au conte
populaire. Contrairement au personnage du conte, qui jette des cailloux pour retrouver son
chemin, Rimbaud sème des "rimes". C’est ici une métaphore de son parcours poétique :
plutôt que de suivre un chemin tracé par les autres, il en crée un nouveau, basé sur
l’imagination et la spontanéité.
La course du Petit-Poucet est imitée par les allitérations en « R » qui sont parsemées à
travers le texte. La « course » c'est peut-être implicitement la course du soleil : et en effet,
cela annonce la tombée de la nuit avec l'apparition des étoiles. Rimbaud fait référence au
conte de l'enfance. En se comparant à ce personnage qui fait preuve de génie pour se sortir
des ennuis, au lieu de semer des cailloux, il sème des « rimes» et on peut remarquer que
notre poète a donc de la créativité.

Le troisième mouvement (deux tercets) est la blessure du poète:

Cependant, cette liberté poétique n’est pas sans douleur. Le dernier tercet l'illustre à travers
l’image des "souliers blessés". "Comme des lyres, je tirais les élastiques / De mes souliers
blessés, un pied près de mon cœur". Les souliers blessés, symbole de la difficulté de la
marche poétique et du chemin parcouru, traduisent la souffrance du poète face à cette quête
de liberté. La blessure des souliers est physique, mais elle fait écho à une douleur plus
profonde, celle de la condition du poète qui, bien que libre, est constamment vulnérable. La
mention du pied "près de mon cœur" souligne cette union entre douleur corporelle et
émotionnelle. Il ne s'agit pas seulement d'une blessure physique, mais aussi d'une
souffrance intérieure liée à son isolement, sa quête incessante de sens et d'évasion à
travers la poésie.

Conclusion

Pour conclure, Rimbaud présente dans ce poème un voyage initiatique à travers lequel il
transcende les limites de la condition humaine. L'évocation de sa pauvreté et de ses
blessures ne fait que renforcer l'idée que la véritable liberté ne se trouve pas dans le confort
matériel, mais dans l'évasion poétique. On pourrait dire que la vie de bohème permet
d'accéder en fait à une grande richesse symbolique : l'errance correspond chez Rimbaud à
une recherche constante, qui fonde une esthétique personnelle et originale, où le rêve se
brise parfois contre la réalité.

Contexte:

Dans Ma Bohème, Rimbaud décrit sa vie de jeune vagabond, errant avec des vêtements
usés et les poches trouées, mais riche en rêves. Il se compare à un "Petit-Poucet rêveur",
semant des rimes sur son chemin sous un ciel étoilé. Malgré sa pauvreté matérielle et ses
"souliers blessés", il trouve dans la nature une source d’inspiration et de liberté poétique. Le
poème illustre la fusion entre la vie simple du vagabond et l’imaginaire poétique. Rimbaud
transcende sa misère pour découvrir une liberté créatrice, où même la douleur devient
source d’art.

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