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Technique, Science et Liberté: Concepts Clés

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Technique, Science et Liberté: Concepts Clés

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La Technique

Définition : Ensemble des procédés (construction d’outils, mémorisation, transmission du savoir, etc.)
utilisés pour détourner des processus naturels* et les mettre au service de l’être humain.

* Par « détourner les processus naturels », il faudra entendre


« changer, dévier le cours spontané de ces processus ».
Culture
Civilisation
Technique Nature

- Il ne faut pas confondre Science et Technique

Science Technique
Du verbe latin scire, « Savoir » Du grec technè : métier, production matérielle.
But : connaissance du réel But : transformer le réel
Activité théorique (= qui concerne la connaissance, la construction de Activité pratique (= qui relève de la
modèles pour décrire la réalité ; du grec theorein, « contempler, regarder ») transformation concrète du réel)

La science vise davantage le savoir La technique vise davantage le pouvoir

- Toutefois, l’articulation entre Science + Technique donne lieu à une nouvelle notion :
la notion de Technologie. Est technologie toute technique à laquelle on a appliqué du savoir scientifique.

- Autour aux notions de Technique et de Technologie s’affrontent deux attitudes opposées :

Technophilie et Technophobie
Méliorisme

Progrès : changement produisant un état meilleur que celui l’ayant précédé.


Progrès technique : changement produisant un état meilleur que celui l’ayant précédé, dû à des innovations
techniques et technologiques.

- Le progrès technique advient selon une logique circulaire :

Amélioration technique Efficacité

- Un objet technique est un objet utilisé pour produire un certain effet.


• Le terme le plus général pour désigner un objet technique est celui d’instrument. Il désigne tout ce dont on se sert à
un moment donné.
• Le terme d’outil est plus précis : c’est un instrument fabriqué par un être humain.
• Une machine est un objet technique complexe, qui a un mécanisme, c’est-à-dire un ensemble de pièces agencées
pour un fonctionnement.
• Un automate est une machine capable d’effectuer seule, sans l’intervention humaine, un programme préétabli.
La Liberté
Définitions :

Liberté de Pouvoir Liberté de Vouloir (= Libre Arbitre)

Absence de restrictions Capacité de déterminer sa volonté par


à l’exercice de notre soi-même et d’être la cause première
volonté de ses pensées, actions et choix.

Ici, on est plus ou moins Ici, on est plus ou moins


libre par rapport à libre par rapport à

- …lois civiles - …conditionnements


- …interdictions sociaux et culturels
- …prohibitions. - …déterminismes
biologiques.
Les principales libertés
politiques (liberté de
circulation, liberté Libre arbitre Déterminisme
d’expression, liberté de
presse, etc.) Conscience Inconscient
appartiennent à la
Liberté de Pouvoir. Responsabilité Déresponsabilisation

En philosophie politique,
la doctrine qui met le plus
l’accent sur la Liberté comme
valeur à poursuivre est le

Libéralisme
Doctrine prônant une société fondée sur la
liberté d'expression des individus dans le
respect du droit, du pluralisme et du
libre-échange des idées. Sur le plan
économique, le libéralisme prône l’idée selon
laquelle la liberté économique, le libre jeu de
l’entreprise ne doivent pas être entravés.

Autonomie : du grec autos (qui vient de soi) et nomos (règle), capacité de se donner à soi-même des règles
de conduite et de les respecter.

Responsabilité : du latin respondere (se porter garant, répondre de quelque chose), capacité de répondre de
ses actes et des engagements, et de les assumer.

Déterminisme : conception suivant laquelle tous les événements, et en particulier les actions humaines, sont
déterminés par la chaîne d’événements antérieurs et par les lois de la physique.

Mauvaise foi : (concept élaboré par Sartre) attitude de celui qui, pour fuir l’angoisse existentielle, refuse de
reconnaître sa liberté de choix et décharge sa responsabilité sur des circonstances extérieures et/ou sur des
déterminismes biologiques, sociaux ou culturels.
Le Bonheur
Définition : État de plénitude, de satisfaction durable et globale.

Analyse :
• État de plénitude, de satisfaction ≠ État de manque, d’insatisfaction
• Satisfaction durable ≠ satisfaction momentanée ;
• Satisfaction globale ≠ satisfaction locale, réduite à une seule dimension de notre vie.

- Autour de la question de l’accessibilité du Bonheur, 2 attitudes s’affrontent :

ne mélangez pas tout !


questions différentes,
Optimisme Pessimisme

Ce sont deux
ATTENTION
Tendance à considérer les Tendance à considérer les choses
choses du bon côté et à avoir du mauvais côté et à penser que
confiance en l’avenir. l’avenir est à craindre.

- Autour de la question de l’importance de la notion de Bonheur en Morale, 2 attitudes s’affrontent :

Utilitarisme Déontologie
kantienne
La notion de Bonheur est
fondamentale en Morale : La notion de Bonheur n’est pas fondamentale en morale :
« Le plus grand bonheur pour seules les actions faites par Devoir comptent,
le plus grand nombre ». indépendamment du Bonheur qu’elles procurent.

Hédonisme : Doctrine philosophique qui identifie bonheur et plaisir, d’une part ; d’autre part, malheur et
souffrance. (L’utilitarisme de Bentham et la doctrine d’Epicure sont des hédonismes)

Désir : - Tendance qui porte à vouloir obtenir un objet connu ou imaginé


- Expression d’un manque ressenti vis-à-vis d’un objet connu ou imaginé.

Eudémonisme : Doctrine philosophique et morale selon laquelle le but ultime de toute action
humaine est le bonheur.
La Religion
Définition : univers de croyances et de pratiques définies par rapport à quelque chose de sacré, et
partagées par une communauté.

On peut regrouper la variété de religions existantes en 3 catégories


1) Religions monothéistes (trois : Islam, Christianisme, Judaïsme) ;
2) Religions polythéistes (plusieurs dieux)
3) Religions sans Dieu (Bouddhisme, confucianisme, etc.)

En quoi cette variété peut-elle être ramenée au seul terme de « religion ? »


= dans les trois cas, on retrouve un univers de croyances et de pratiques définies par rapport à quelque chose de
sacré, et partagées par une communauté.

Cela semble refléter l’étymologie du mot religion : du latin, religare, « relier » :


- relier les membres d’une communauté religieuse entre eux (lien horizontal)
- relier le fidèle au divin (lien vertical).

- Entre autres, la notion de Religion peut évoquer des questions en lien avec…

La Raison La Morale et le Devoir


Est-il irrationnel de croire en Dieu ? Faut-il suivre les commandements de Dieu pour
La croyance en Dieu est-elle une agir moralement, comme le prônent les
question de Raison, ou plutôt de Foi ? morales de l’Autorité ? Ou bien la croyance en
Dieu est inessentielle, voire fait obstacle à
l’action morale ?

Dieu : entité supérieure et surhumaine. Dans les trois monothéismes, créateur suprême, omniscient, tout-puissant,
parfait et infini.

* En réalité, il faudrait ici distinguer deux manières par lesquelles on peut concevoir Dieu : le Déisme et le
Théisme. L’Athéisme s’oppose aux deux :

Déisme Théisme Athéisme


Affirme l’existence d’un Affirme l’existence d’un Refuse de croire en
Dieu créateur, indifférent Dieu créateur, qui intervient l’existence d’un
aux sorts du monde. Les activement dans le monde quelconque Dieu.
déistes proposent et – dans les 3
d’arriver à Dieu, non pas monothéismes – s’identifie
par le culte, mais par le au Dieu de la religion
raisonnement révélée dans la Bible, le
Coran, ou la Thora

Croyance : adhésion de l’esprit à une idée ou à une représentation, qui se passe de preuves. La croyance suppose
de se fier à quelqu’un ou à quelque chose, et implique une confiance.

Du mot latin fides, signifiant « confiance », dérive le mot Foi : fait de croire en un
Dieu par une adhésion profonde de l’esprit et du cœur.

Sacré : Qui appartient à un domaine interdit et inviolable (par opposition à profane) et fait l'objet d'une vénération.
La Raison
Raison », du latin ratio (calcul)

- Dans le langage courant, une raison désigne ce qui provoque une action ou un événement :
« c’est pour cette raison que j’ai quitté l’école ».
Une raison permet d’expliquer ou de justifier quelque chose.

- La Raison est la faculté qui, chez l’Homme, préside aux


activités mentales supérieures, comme le raisonnement, la déduction, le calcul, etc.
La Raison préside aux activités mentales supérieures en ce qu’elle permet…
✓ …de forger des concepts, c’est-à-dire des représentations mentales ;
✓ …de les ordonner en jugements, c’est-à-dire des liaisons entre un sujet et un prédicat ;
✓ …d’ordonner ces jugements en raisonnements, conformément aux règles de la logique.

Le raisonnement est le processus mental par La règle logique la plus fondamentale, sur
lequel on parvient à établir une conclusion. laquelle reposent toutes les autres, est le
C’est grâce à ce processus qu’on peut construire principe de non-contradiction
des arguments.

La Raison est également un principe…

…d’explication lucide du La Raison permet d’élaborer des raisonnements, dont on se sert


réel ; pour expliquer la réalité.
…d’entente ; Dans la mesure où un raisonnement respecte les règles de la
logique, tout être doté de Raison peut le comprendre. Cela favorise
l’entente entre individus. (voir : analogie du logiciel)
…d’action maîtrisée ; La Raison permet d’analyser les conditions de l’action, et de choisir
l’action la plus adaptée au but.

La Raison a souvent été conceptualisée par opposition à d’autres principes et facultés :

Raison Raison Raison


VS VS VS
instincts, émotions, sentiments imagination Expérience
Les instincts, les émotions et les La Raison est la faculté de L’opposition
sentiments nous saisissent la rigueur. Raison VS Expérience
immédiatement ; en revanche, un En revanche, suppose que, malgré nos
raisonnement requiert la médiation de l’Imagination vécus différents, ainsi que
la réflexion. (= la faculté d’évoquer et les divers contenus qu’on
Par ailleurs, instincts, émotions et de manipuler des images nous a appris, nous
sentiments nous happent par notre dans notre esprit) disposons tous de certaines
corps ; en revanche, un raisonnement peut suivre des chemins capacités fondamentales :
mobilise nos facultés mentales, notre étrangers à la rigueur de celles nous permettant de
esprit. la Raison. raisonner.

ATTENTION : ● En ce qu’elle est indépendante du vécu personnel, la Raison n’est pas subjective. Au contraire,
c’est grâce à la Raison qu’on peut tomber d’accord, en dépit de nos vécus différents.
● Il faut distinguer Science et Raison, puisque la Raison n’est qu’une composante de la Science.
La Science lie Raison + Expérience (ici, = Expérimentation)

Principe de non-contradiction : principe de base de toute la logique : deux propositions contradictoires ne


peuvent pas être vraies en même temps et sous le même rapport (par ex. un triangle ne peut pas être
carré ; soit on est célibataire, soit on a une relation.)

Déduction/Induction : deux types différents de raisonnement. La déduction part d’une affirmation


générale pour parvenir à une conclusion particulière. L’induction part de faits particuliers, pour parvenir à
une conclusion générale.
Le travail
Définition de base : Activité par laquelle l’être humain produit les moyens de sa propre subsistance.
Etymologie : du latin Tripalium (instrument de torture utilisé par les Romains pour punir les esclaves rebelles)

Une stratification dans le sens du terme Travail :


Dans les premiers usages du terme en français, « travail » signifie surtout
activité pénible, fatigante, et potentiellement dangereuse ;
ce sens du terme est proche de l’étymologie latine tripalum
Ensuite, le sens du mot s’est beaucoup étendu.
Dans son sens le plus large, il désigne
toute activité humaine, de nature manuelle et/ou intellectuelle, visant un résultat déterminé.
Avec plusieurs idées associées, liées à l’étymologie :
● l’idée de contrainte ou de devoir ; ● l’idée d’effort ; ● l’idée de quotidienneté, ou en tout cas de régularité
Synonymes Antonymes
Tâche Repos
Œuvre Oisiveté
Besogne Jeu
C
Aujourd'hui, le sens principal du terme est plus restreint : il désigne
une activité professionnelle rémunérée et régulière ;
souvent même, une activité à temps plein, que l’on exerce pendant une durée conséquente, et qui contribue à définir
l’identité de l’individu qui l’exerce. Cette activité est encadrée par un cadre légal : en France, le code du travail.
Synonymes Antonymes
Emploi Chômage
Occupation Inactivité
Profession Temps libre
Métier Loisir
D

- La division du travail : il s’agit de la répartition du travail au sein d’une société, d’une entreprise ou d’une
organisation. Différents types de division du travail :
• Division sexuée du travail = répartition du travail selon les sexes
• Division internationale du travail = degré de spécialisation des différents pays dans le commerce international
• Division sociale du travail = degré de spécialisation des individus dans une société donnée
• Division technique verticale du travail (= degré de séparation entre le travail de conception et le travail d’exécution)
• Division technique horizontale du travail (= degré de parcellisation des tâches dans une entreprise

- Entre autres, la notion de Travail peut évoquer des questions en lien avec…

L’Art Le Bonheur
Faut-il distinguer l’activité artistique du simple Travailler moins, est-ce vivre mieux ?
travail ? Le travail fait-il obstacle au bonheur,
L’art peut-il devenir un travail sans se dénaturer ? ou en est-il la condition ?

Emploi : poste rémunéré pour une tâche quelconque. Métier : Compétence dans un domaine quelconque, faisant
objet d’une reconnaissance sociale. Appris au cours d’une formation, il se perfectionne par l’exercice.
Récompense extrinsèque/Récompense Intrinsèque : lorsque ce qui motive un travailleur est surtout une
gratification externe (salaire, primes, promotions, avantages matériels), on parle de récompense extrinsèque.
En revanche, lorsque ce qui motive un travailleur est surtout une gratification interne (satisfaction dans
l’accomplissement de la tâche, sentiment de compétence et d’autonomie, reconnaissance sociale), on parle de
récompense intrinsèque.
Capitalisme : Système de production basé sur la propriété privée des moyens de production et la création de
biens et services visant à réaliser un profit. Il implique le libre-échange et la concurrence.

Aliénation : (concept élaboré par Marx) processus par lequel les individus sont dépossédés de leur essence
humaine, de leur autonomie et de leur connexion avec les autres, en raison des structures économiques et
sociales dans lesquelles ils vivent – notamment sous le Capitalisme.
Le Langage
Définition : Le terme « Langage » peut indiquer une Faculté (= une capacité) ou un Système :
Langage comme Faculté : Faculté permettant de produire des systèmes organisés de signes , et de les
utiliser pour communiquer et pour s’exprimer.
Langage comme Système : Produit de cette faculté. Système de signes organisés par des règles.

Un signe est une chose perceptible (un son, un geste, un élément graphique, un phénomène naturel, etc.) qui
renvoie à autre chose qu’elle-même.
Avec Peirce (Elements of Logic), nous pouvons distinguer 3 types de signes :
Icones Exemple : > bonheur, approbation Le lien entre la chose perceptible et ce à quoi elle renvoie
est basé sur la ressemblance.
Indices Exemple : fumée > feu Le lien entre la chose perceptible et ce à quoi elle renvoie
est basé sur un rapport de cause>effet
Symboles Le lien entre la chose perceptible et ce à quoi elle renvoie
Exemple : « cheval » > est basé sur une convention arbitraire, sociale et historique.

Le langage dit « naturel » (ce que nous parlons et écrivons) est surtout basé sur des symboles.
Dans les termes utilisés par De Saussure, ce langage lie…

Des signifiants… …à des signifiés


(c’est-à-dire des séquences de sons (c’est-à-dire les représentations
ou de caractères graphiques : des mentales des objets auxquels ces
mots prononcés ou écrits.) mots renvoient)

Comme le lien entre signifiants et signifiés est basé sur une convention
arbitraire, sociale et historique, il varie selon les communautés humaines.
C’est pourquoi il y a plusieurs LANGUES.

- La distinction LANGAGE/LANGUE/PAROLE.
Langage Langue Parole
En tant que faculté, le langage La langue est relative à une Utilisation concrète et
est censé être universel : tout communauté humaine individuelle de la langue.
individu est censé le posséder particulière. Elle est singulière et propre à un
de façon innée ; c’est Une langue est un système de individu déterminé : il s’agit du
pourquoi, lorsque cette SYMBOLES (mots) organisé par vocabulaire, de l’intonation, du
capacité est perturbée, on des règles (grammaire), propre à rythme, de la prononciations
parle de troubles du langage. une certaine communauté propres à tel individu.
humaine. Elle est apprise.

- Entre autres, la notion de Langage peut évoquer des questions en lien avec…

La Liberté (Libre-Arbitre) ; La Conscience


Sommes-nous maîtres de nos paroles ?
Ou est-ce que c’est la langue que nous parlons qui détermine ce que nous pouvons penser et concevoir ?

Déterminisme linguistique : (nommé également « hypothèse Sapir-Whorf ») Conception suivant


laquelle nos catégories mentales, et l’ensemble de nos processus de pensée, seraient
largement conditionnés par la langue que nous parlons.
La Vérité
Définitions
Il existe au moins trois formes de « Vérité » (= trois manières par lesquelles on peut dire que X est vrai) :

Vérité-Correspondance Vérité-Validité Vérité-Dévoilement

La Vérité est, ici, La Vérité est, ici, La Vérité est, ici,


le rapport d’adéquation, la cohérence logique ce que les choses sont
de correspondance entre entre les différents réellement,
• La pensée et/ou la parole éléments d’un par-delà les
• La réalité raisonnement, apparences
d’un discours, et les opinions.
Plus en général, il y a d’une assertion.
vérité-correspondance lorsqu’il y a adéquation entre nos
descriptions de la réalité et la réalité elle-même.
Ex. Ex. Ex.
L’énoncé « Je suis prof de philo » est vrai, car il y a 2+2 = 4 Lorsque quelqu’un dit
correspondance entre l’énoncé et ce que je suis réellement : et « Je l’ai suivi, et j’ai
c’est-à-dire, un prof de philo. Tout A est B ; or C est A. découvert la vérité ! », le
Donc C est B terme « vérité » désigne,
La théorie de l’évolution par sélection naturelle est vraie car elle ici, les choses telles
sont vrais, car ils
offre une description fidèle et adéquate de la réalité biologique. qu’elles sont, par-delà les
respectent les règles de la
apparences.
logique et n’impliquent
aucune contradiction.

VS

- Vérité et Réalité
En tant que V.-Correspondance et V.-Validité, la Vérité n’est pas une chose, mais un rapport, une relation :
dans la Vérité-Correspondance, c’est la relation d’adéquation entre ●La pensée et/ou la parole →La réalité ;
dans la Vérité-Validité, c’est la relation de cohérence logique entre les éléments d’un énoncé ou d’un raisonnement.
Ici, Vérité ≠ Réalité
En tant que Vérité-Dévoilement, la Vérité ne fait qu’un avec les choses telles qu’elles sont, par-delà les apparences et les
opinions. Ici, Vérité = Réalité.

- Quelques antonymes
Lorsque, par ignorance ou inadvertance, nos pensées et nos paroles ne correspondent pas à la réalité, on
parle de fausseté.
Lorsque, par ignorance ou inadvertance, les éléments de nos énoncés, raisonnements ou discours ne
s’enchaînent pas de façon logique, on parle de fausseté, d’incohérence et/ou d’erreur. (Le terme
technique est, ici, paralogisme)
Lorsqu’on établit volontairement une non-correspondance entre nos paroles et la réalité, on parle de
mensonge.
Lorsqu’on produit volontairement un raisonnement invalide, mais qui semble valide, afin de tromper, on
parle de sophisme.

- Autour de la notion de Vérité s’affrontent des attitudes et doctrines opposées :

Dogmatisme
Attitude propre à celui qui rejette le doute, Scepticisme
notamment au sujet de ce qu’il affirme être Attitude propre
des vérités fondamentales, incontestables. à celui qui doute, qui n’est sûr de rien.

Anti-relativisme Relativisme (épistémologique)


Doctrine qui rejette l’idée selon laquelle la Doctrine et attitude selon laquelle toute
vérité et la connaissance seraient relatives. vérité et toute connaissance sont relatives.
La Science
Définition :
La SCIENCE est = forme de savoir obtenu par l’application d’une méthode déterminée, fondée sur des
observations scrupuleuses et vérifiables et sur des raisonnements rigoureux. Elle poursuit des
connaissances à valeur générale et nécessaire sur la réalité.

= Qui ne peut être autrement. Par ex. La vitesse de la lumière


dans le vide est de 299 792 458 m/s, et pas autrement.

La SCIENCE est également = un ensemble de disciplines constituées (= les sciences).


Dans cet ensemble on distingue 2 + 1 catégories :
Sciences de la nature Sciences humaines et sociales Sciences formelles
Physique, Sociologie, Psychologie, Mathématiques, logique, informatique
astrophysique, chimie, anthropologie culturelle, etc. théorique
biologie, etc.

Expérience + Raison Seule Raison

- Si l’on excepte les sciences formelles – qui forment un domaine quasiment à part dans l’univers des
connaissances humaines –, la Science articule…
EXPÉRIENCE = Expérimentation, observations des faits, protocoles expérimentaux, collecte de données, etc.
RAISON = démonstration, déduction, mathématisation.

- La Science est un phénomène historique – c’est-à-dire qu’elle s’est construite au fil du temps et de l’Histoire
Nous pouvons reconnaître quatre principes fondamentaux de la Science – principes qui ont commencé à
s’imposer dès le Moyen-Âge :
La Nature est un = pour expliquer scientifiquement un phénomène naturel, il faut
avoir recours à un autre phénomène naturel, et non à un principe D’abord adoptés
système clos
surnaturel. dans les Sciences
La Nature est un = la Nature est régie par des lois stables, constantes, qu’il s’agit de de la Nature, ils
système stable déceler (la Science a besoin de constantes) ont par la suite
Expérience, = l’expérimentation est à privilégier, par rapport aux connaissances inspiré les Sciences
Expérimentation dérivant de la Révélation (religieuse) Humaines et
VS Révélation, Autorité et de l’autorité (des Anciens)
Sociales
Mathématiques : = les mathématiques jouent un rôle essentiel dans la description
Outil essentiel des phénomènes naturels.

- Parmi les buts principaux de la Science, on peut en énoncer quatre :


Chercher des preuves = chercher des éléments susceptibles d’établir un fait ou un énoncé. Toutes les preuves ne se
valent pas. C’est pourquoi = différents niveaux de preuve
Décrire les phénomènes = représenter un certain ensemble de phénomènes et leur fonctionnement.
Expliquer les phénomènes = indiquer la ou les causes de tel ou tel phénomène, et reconstruire la chaîne
d’événements qui les a engendrés.
(dans la mesure du possible) Prévoir les phénomènes = concevoir à l’avance comme probable un événement futur.

- L’ambition suprême du savant est celle de…


• …dégager des Lois Scientifiques (c’est-à-dire, des énoncés s’appliquant à tous les membres d’un ensemble
considéré, et servant de principe explicatif des phénomènes)
• …de parvenir à la formulation d’une Théorie (c’est-à-dire, d’un système intégré et général de
connaissances, supporté par des preuves expérimentales).

- L’une des méthodes scientifiques les plus courantes – souvent considérée comme un gage de scientificité –
est la méthode hypothético-déductive : 1) formulation d’une hypothèse cohérente ; 2) déduction logique des
conséquences de l’hypothèse ; 3) expériences pour tester les conséquences de l’hypothèse ; 4) interprétation
des données expérimentales ; 5) adoption ou rejet de l’hypothèse de départ.
La Justice
Définitions
Le terme « Justice » peut avoir deux sens, renvoyant à deux choses essentiellement différentes :

La Justice comme Principe La Justice comme Institution


Ex. « Ce professeur est sévère mais juste » Ex. « Je vais te traîner en justice !»
= Principe moral, social et juridique qui prescrit de = Ensemble d’organismes chargés de
donner à chacun ce qui lui est dû faire reconnaître la loi et de l’appliquer.
– autrement dit, ce à quoi il a droit.
La Justice comme institution incarne l’un
La Justice comme Principe se divise en son tour en des trois pouvoirs de l’État :
le Pouvoir Judiciaire.
Justice commutative Justice distributive
(Justice = Égalité) (Justice ≠ Égalité
Justice = Equité)
Forme de justice qui Forme de justice qui
prescrit de repartir les prescrit de repartir les
ressources selon une ressources de façon
égalité arithmétique proportionnelle aux
stricte. mérites et aux besoins
de chacun

- Étymologie : du latin « Justitia », venant de « Jus » qui signifie « règle de conduite, norme régissant des
rapports interpersonnels, Loi »

- La Justice et la Loi
L’étymologie du terme « Justice » renvoie déjà à la notion de Loi.
Ces deux notions entretiennent des rapports complexes car, si la Justice comme Principe doit s’incarner
dans des Lois pour être effective, il arrive que la loi ne soit pas toujours juste.
Les repères Légal/Légitime sont particulièrement utiles ici :
• On peut penser que n’est juste que ce qui est Légal ;
• ou bien on peut penser que ce qui est Légal n’est pas forcément juste, et s’opposer à la loi au nom de
principes tenus pour Légitimes (--> cas du justicier, Antigone)

Loi (sens général) : énoncé qui s’applique à tous les membres d’un ensemble donné.
Loi civile : Enoncé s’appliquant à tous les membres d’une communauté humaine, qui prescrit ou
interdit au nom du bien commun. En droit, la loi émane du pouvoir politique, et plus particulièrement,
en démocratie, du pouvoir législatif. Elle est toujours générale et obligatoire.
Les lois civiles sont des normes sociales formelles ; elles sont ordonnées de façon hiérarchique. Au
sommet de la hiérarchie on trouve le Bloc constitutionnel.

- Autour aux notions de Justice et de Loi s’affrontent des attitudes et des doctrines opposées :

Légalisme Désobéissance
Attitude de celui ou de ceux qui prônent Action consistant à ne pas obéir à quelqu’un ou à
un respect scrupuleux de la loi, hors de quelque chose, en refusant ou négligeant de faire ce
toute considération morale ou politique. qu'il demande, ou en faisant ce qu'il défend

Désobéissance civile
Désobéissance publique, revendiqué et
assumée à la loi, utilisée comme instrument de
résistance pacifique.
La Conscience
Définitions :
● (Sens large) fait d’être éveillé, par opposition à : état d’inconscience, sommeil profond, coma)
● (S. philosophique) Capacité de saisir une certaine réalité , et de savoir qu’on la saisit.
Etym. Latin :
Autrement dit Capacité de se rendre compte d’ une certaine réalité , et de savoir qu’on s’en rend compte. Cum = avec
Scientia = savoir
Cette réalité peut être

Une réalité sensible, délivrée par Une réalité psychique,


la perception et perçue comme plus intérieure (ressentis, souvenirs,
étant extérieure à moi-même images mentales, raisonnements)

On parle ici de On parle ici de


Conscience Immédiate Conscience Médiate ou Réfléchie
= Fait d’être éveillé ; = Capacité…
capacité de saisir la réalité extérieure - …de se penser soi-même, de se contempler intérieurement,
par la perception. - …de se rendre compte de ses propres contenus mentaux,
- …de les commenter (conscience comme voix off)
- …et de porter des jugements moraux sur eux
(conscience morale)
- Les caractères de la conscience selon W. James :
Selon James, la Conscience possède 4 caractères essentiels :
1) Elle est toujours vécue de l’intérieur par un Sujet ; elle est sa conscience
2) La conscience est changement perpétuel
3) Toutefois, la conscience est aussi unité et continuité : il y a un flux de conscience
4) Dans ce flux, l’attention crée des polarités, des éléments saillants, des choses plus importantes que d’autres.

- Conscience et Volonté :
En ce qu’elle est « capacité de saisir une certaine réalité, et de savoir qu’on la saisit », la Conscience est aussi
le centre propulseur d’actes volontaires.
Un acte est volontaire quand…
• …on lui donne consciemment son impulsion
• …on sait qu’on l’effectue
• …on peut envisager ses conséquences éventuelles.

ATTENTION : Tout acte volontaire est conscient, mais tout acte conscient n’est pas volontaire.
Par ex. lorsque le médecin enclenche mon réflexe rotulien avec son martelet, j’ai conscience du
mouvement de ma jambe, mais ce mouvement est involontaire.

- La notion de Conscience est liée à celle de Liberté de Vouloir (= Libre Arbitre)


On peut penser que la conscience est une condition préalable au libre arbitre :
La conscience permettrait à un individu d’ envisager les différentes options
qui s'offrent à lui et de choisir consciemment entre elles.
Conscience
Par ailleurs, l’impression
d’être capable de choisir entre différents cours d’événements alternatifs
Libre arbitre
accompagne généralement mon expérience consciente.

Ce lien entre Conscience et Libre Arbitre lie également la


Responsabilité
Conscience à la notion de Responsabilité.
L’Inconscient
Définitions : Le terme « inconscient » peut avoir plusieurs sens, selon la manière par laquelle on l’utilise.
Lorsque le terme est utilisé comme…

…un adjectif, …nom indiquant un …un substantif (L’Inconscient)


il signifie état, il signifie
il signifie
1) Ce qui n’est pas éclairé par la conscience ; Ensemble des fonctions et des
ce qui est fait sans qu’on y pense L’état d’un sujet qui ne activités mentales qui
(ex. un mouvement inconscient) possède pas la échappent à la conscience.
conscience
(Chez Freud) Région du
2) Ce qui est fait sans considérer les (ex. « Lorsque les
psychisme qui échappe à la
conséquences secours sont arrivés, il
conscience.
(ex. un geste téméraire peut être dit était déjà
‘inconscient’ ; inconscient »)
« tu es un inconscient ! »)

- La notion d’Inconscient est liée à la notion de Déterminisme

L’Inconscient est considéré comme une force capable de conditionner nos


pensées, nos actions et nos choix, même si nous ne sommes pas
conscients de ces influences. Il agit, donc, comme une cause (ou un Inconscient
ensemble de causes), dont nos pensées, nos actions et choix seraient les
effets.
Déterminisme
Ce lien entre Inconscient et Déterminisme
lie également
Inconscient et déresponsabilisation Déresponsabilisation

- Dans le cours, nous avons examiné 3 types d’Inconscient


ATTENTION ! A ne pas confondre avec les 3 sens du terme « Inconscient »

Inconscient…
…Corporel …Pulsionnel …Social
Il concerne les événements qui Il concerne les pulsions Il concerne les dispositions que
ont lieu dans notre corps – (= force instinctuelle ou désir nos avons incorporées pendant
notamment dans notre système puissant qui motive le le processus de socialisation, et
nerveux –, et la manière par comportement humain), et les la manière par laquelle elles
laquelle ils conditionnent nos mécanismes psychiques de conditionnent nos pensées,
pensées, actions et choix. gestion de ces pulsions. actions et choix.
(Spinoza [et neurosciences]) (Freud et psychanalyse) (Bourdieu et sociologie)

Psychanalyse : méthode de traitement des troubles mentaux et théorie de la psychologie développée par Sigmund
Freud au début du XXe siècle. Elle jouera un rôle décisif dans la conceptualisation de la notion d’Inconscient.

Ça, Sur-moi, Moi et Idéal du Moi : dans la IIème Topique de Freud, les instances qui régissent le fonctionnement du
psychisme. Elles se mettent en place à la suite de la résolution du Complexe d’Œdipe. Le Ça est un réservoir de pulsions et de
contenus mentaux refoulés ; il est totalement inconscient. Le Surmoi est l’instance qui refoule et qui maintient les pulsions
enfouies dans l’Inconscient. Le Moi est le siège de l’identité du sujet. L’Idéal du Moi est la projection consciente des injonctions
du Surmoi : il contient les valeurs morales et religieuses du sujet.

Habitus : chez Bourdieu, l’ensemble des dispositions que le sujet a incorporées pendant le processus de
socialisation. Il varie en fonction de la place que le sujet occupe dans le tissu social, et conditionne sa manière
d’agir, de penser, de choisir, et même de bouger et de parler.
L’Art
Définitions :
• Sens large : (étymologie = du latin Ars, savoir-faire technique, habilité)
Activité qui vise la production d’un résultat, requiert du talent et implique l’observation de règles.
Ex. L’art d’être grand père, avoir l’art du compromis.
• Sens restreint ( Beaux-Arts ) : Ensemble d’activités qui consistent à créer des objets (des œuvres) dont
la finalité est principalement esthétique et significative.
1. Architecture
2. Sculpture Arts
- La notion d’Art a une histoire 3. Arts Visuels (peinture, dessin, photo…) Plastiques
• À l’origine, le terme « art » est synonyme de 4. Musique
celui de « métier, habileté technique, 5. Littérature (poésie, romans, etc.)
artisanat ». Il désigne donc 6. Arts de la scène, du spectacle (théâtre, danse, etc.)
7. Cinéma
A) l’ensemble des moyens, des procédés qui
permettent d’obtenir certains résultats dans certains domaines.
B) le savoir-faire associé à la mise en œuvre
de ces procédés.

• Entre la Renaissance et le XVIIIe siècle, « art » et « métier » prennent des sens distincts et même opposés.
Les « arts » désignent désormais les beaux-arts : des activités qui poursuivent la beauté plutôt que l’utilité.
Depuis la Renaissance, certains artistes revendiquent un statut social supérieur à celui des autres
artisan(ne)s. Par exemple, ils affirment que leur activité n’est pas d'abord manuelle mais intellectuelle. Ou
encore, ils affirment que leur activité ne consiste pas à suivre des règles, mais contient une part d’invention.

• Aujourd’hui, bien que certaines activités créatives aient reçu le statut de « Beaux-Arts »
(voir : classification des 7 arts), la définition de ce qui est art continue de faire débat.
Ce, pour plusieurs raisons :
À partir du XXème siècle, de nouvelles formes d’expression artistique ont vu le jour, qui défient la définition traditionnelle
de « Beaux-Arts » et déplacent la frontière entre œuvre d’art et objet d’usage (voir : ready-made, pop-art).
Il ne suffit pas qu’un objet soit une sculpture, une peinture, un film, un roman, une musique, etc. pour qu’on le qualifie
automatiquement d’« art ». Par exemple, on va avoir tendance à distinguer l’art d’autres productions culturelles que l’on
juge « simplement » agréables, divertissantes, commerciales, idéologiques…
Cela montre que le terme « Art » n’est pas uniquement descriptif mais aussi normatif : il ne sert pas uniquement à dire ce
qu’est un objet, mais aussi à marquer sa conformité à des normes (de perfection, de beauté, mais également des normes
sociales et culturelles : « X est de l’art, car normalement on le considère comme de l’art »).

Esthétique = ce qui concerne les valeurs de beau/laid ; qui touche au domaine du goût, des sens et de
l’imagination.
Goût = capacité de discerner le beau du laid ; capacité de formuler des jugements esthétiques.
Génie = faculté de l’esprit rendant celui qui la possède capable de créations extraordinaires.
Expression = Action consistant à rendre manifeste une idée, un message, une émotion par le langage, le
corps ou la création ; aussi, résultat de cette action.
Imagination = Faculté de l’esprit permettant d’évoquer, de créer et de manipuler des images mentales.
Œuvre d’art = objet issu d’une activité de création, ayant principalement un but esthétique et significatif.
Création = action de créer, de faire exister quelque chose qui n’existait pas auparavant, par le biais de
processus originaux.
Activité Artistique = Activité par laquelle un individu, l’artiste, donne une forme à une certaine matière
(couleurs, sons, pierre, mots, etc.), afin de créer cet objet particulier qu’est l’œuvre d’art.
Industrie Culturelle = Chez Adorno, processus par lequel la culture est transformée en une marchandise
standardisée et homogénéisée, produite en série et diffusée à grande échelle.
La Nature
Définitions : ● La Nature est tout ce qui n’est pas le fruit d’une production humaine, c’est-à-dire l’ensemble
des phénomènes du monde physique et organique, considérés dans leur cours spontané.
● La Nature est également ce qui est donné ; le socle sur lequel reposeraient les accidents de
la culture, de l’Histoire, de la coutume humaines.
Lorsqu’on décompose le concept de Nature, on trouve que :
- Est « Nature » ce qui sert de cadre de vie à l’espèce humaine, et/ou le terrain sur lesquels se développe cette vie.
- Est « Nature » ce qui est profond, essentiel ou inné, par opposition à ce qui est superficiel, accidentel ou acquis.
- Est « Nature » ce qui n’est pas le fruit d’une production humaine, par opposition à la Culture (Naturel VS Artificiel).

La notion de Nature est souvent conceptualisée par opposition à :

Culture
Nature Civilisation
Technique
À la base de ces oppositions, on trouve une opposition plus
fondamentale : celle entre…
Naturel Artificiel
Qui est conforme au cours spontané de la nature ; qui n’a Qui est le produit de l’activité et de l’habileté humaine, ainsi
pas subi de transformations dues à l’intervention humaine. que de la civilisation et de la vie sociale.
Qui découle, sans effort, de la nature de quelqu’un. Qui manque de naturel, qui est affecté, étudié.

- Nature et Nature Humaine


Lorsqu’on parle de Nature, on peut évoquer la notion de Nature Humaine. Cette notion apparaît dans le
langage courant, lorsqu’on dit, par exemple, « « L’empathie est un trait constitutif de la nature humaine »,
Définition : Par Nature Humaine, on entend l’essence universelle de l’être humain, marquant
son appartenance à l’espèce biologique Homo Sapiens. Sur cette essence viendraient se greffer
les accidents de la culture, de la civilisation et de l’Histoire.
f
Parler de « Nature Humaine » signifie supposer que l’être humain se Culture
constituerait de deux « couches » :
❖ Une base « naturelle », issue de l’évolution biologique de l’homme
(hominisation), que les millénaires de civilisation n’auraient pas modifié ; Nature
➢ Une couche « culturelle », issue de l’histoire des civilisations.

Comment distinguer ces deux « couches » chez un individu ?


Traditionnellement, on les distingue à partir des deux façons par lesquelles l’être humain transmet son patrimoine :
1) les gènes et 2) l’éducation. Ce qui se transmet par les gènes (= caractères physiques, physiologiques et des
programmes comportementaux innées, ou instincts) irait constituer la base « naturelle ». Ce qui se transmet par
l’éducation (= objets, savoirs, savoir-faire, manières d’être acquis) irait constituer la couche culturelle.
Il faut néanmoins remarquer que ce modèle « à couches superposées » ne va pas de soi : chez l’être humain, Nature
et Culture semblent être étroitement entrelacées.
Pour le dire avec le philosophe Merleau-Ponty, « Tout est naturel et tout est fabriqué chez l’homme »

- Autour de la question « L’être humain est-il naturellement mauvais ou naturellement bon ? »,


deux points de vue opposés s’affrontent :

Anthropologie pessimiste Anthropologie optimiste


(Il est naturellement mauvais) (Il est naturellement bon)
Nature <> Tech., Civilisation Nature <> Tech., Civilisation
La Morale et le Devoir
Définition : La Morale est la branche de la philosophie qui s’occupe des questions de principe relatives aux
valeurs de Bien et Mal, à l’action bonne et à la vertu.
L’adjectif « moral » signifie ce qui est conforme à la Morale, à la norme du Bien.

- Relativisme Moral et Réalisme Moral


Beaucoup de débats de Morale tournent autour de l’opposition entre…

Relativisme Moral Réalisme Moral


Le relativisme moral considère que tous les Le réalisme moral s’oppose au relativisme, et
jugements et valeurs moraux sont relatifs affirme le caractère absolu d’au moins un certain
(à l’époque, au contexte, à la culture, etc.) nombre de jugements et de valeurs moraux.

Bien et Mal n’existent pas indépendamment Bien et Mal peuvent exister indépendamment
des mœurs des gens à une certaine époque, des mœurs des gens à une certaine époque, des
des goûts subjectifs des individus, etc. goûts subjectifs des individus, etc.

Si l’on veut fixer des normes morales indépendantes de l’époque, du contexte, des goûts subjectifs des gens, on
devra adopter une position Réaliste .

Définition : « Devoir » en français est d’abord un verbe, qui indique au moins 4 choses :
1) Quelque chose de probable (« Il devrait faire beau demain »)
2) Quelque chose d’inévitable, indépendamment de toute volonté humaine (« Cela devait arriver »)
3) Une dette envers quelqu’un (« Je dois 1000 euros à Antoine »)
4) Une obligation sociale ou morale (« Je dois aller à l’école », « Je dois protéger mon enfant »)

En philosophie, on utilise surtout le mot « Devoir » comme un nom commun : « Le Devoir ». Dans ce cas,
le mot est synonyme d’obligation : un lien moral, religieux ou social par lequel on est tenu de faire ou de
ne pas faire quelque chose.
Cette obligation peut être formulée à un niveau très général, comme une règle d’action. Elle commencera
alors par « Il faut » (Ex. « Il faut toujours tenir ses promesses »). Mais elle peut aussi prendre une forme
plus particulière, lorsque je l’applique à une situation particulière (« Je dois tenir ma promesse »)

- Devoir et Morale
La notion de Devoir joue un rôle important en philosophie Morale, en ce qu’elle invite à s’interroger sur les
normes qui régissent l’action bonne : À quelle norme dois-je me rattacher pour agir moralement ?
En effet, tout énoncé contenant le verbe « Devoir » (dans le sens d’obligation) renvoie à 3 choses :
1) La réalité ; 2) une norme ; 3) l’exigence que la réalité se conforme à la norme.
C’est pourquoi on parle d’énoncé normatif (ou prescriptif)

En fonction de la réponse qu’on donne à la question À quelle norme dois-je me rattacher pour agir moralement ?
on peut reconnaître 3 grands courants de la philosophie Morale :

Morales basées sur une autorité transcendante Morales basées sur un principe immanent (La Raison)

Morales de
l’Autorité Utilitarisme Déontologie
Norme : Commandements de Dieu Norme : le + grand Bonheur pour Norme : principes fixés a priori
ou ordre spontané de la nature. le + grand nombre Chez Kant, l’Impératif Catégorique
Le Temps
Définitions : Le Temps peut être conçu comme…
1. …un milieu indéfini dans lequel se succèdent les événements.
2. …le mouvement ininterrompu par lequel le présent devient le passé.

Temps et Physique : Le temps de Newton et le temps d’Einstein


L’idée de temps comme « milieu indéfini dans lequel se succèdent les événements » est très liée à la conception
newtonienne du temps. Selon Newton, le temps est une grandeur fondamentale, externe à l'univers physique, et se
présente comme un cadre dans lequel les phénomènes se produisent. Le temps newtonien est également absolu et
indépendant de tout objet ou événement.
La théorie de la relativité générale d’Einstein a profondément remis en cause cette conception du temps. Selon
Einstein, le temps n'est pas absolu ni indépendant, mais il est intimement lié à l'espace et dépend du mouvement
et de la gravité. Espace et temps sont interdépendants et forment un tissu unique (l’espace-temps). La présence de
masse et d'énergie courbe l'espace-temps, affectant ainsi le mouvement des objets et la mesure du temps. En
présence de champs gravitationnels intenses, le temps s'écoule plus lentement par rapport à des champs
gravitationnels plus faibles.
Aujourd’hui, la conception einsteinienne du temps a remplacé celle de Newton.

- Les dimensions du Temps


On considère que le temps a 3 dimensions :
Le passé Le présent L’avenir
Dimension du temps correspondant Dimension du temps Dimension du temps correspondant
à ce qui s’est déjà produit ou qui correspondant à l’ici et à ce qui ne s’est pas encore produit.
s’est écoulé avant le présent. maintenant. Contrairement au passé, qui est
g
La notion de « passé » est strictement Il est souvent considéré rétrospectif, l'avenir est prospectif,
liée à celle de mémoire – car c’est fugace, évanescent et c'est-à-dire qu'il est lié aux possibilités
grâce à la mémoire que le passé est changeant. et aux incertitudes qui se trouvent
conservé. devant nous.

- Temps Objectif et Temps Subjectif


Avec le philosophe H. Bergson, nous pouvons distinguer deux facettes du Temps :

Temps Objectif Temps Subjectif


Le temps objectif est le temps Le temps subjectif, également appelé
mesuré et quantifié. Il correspond au durée vécue, est le temps de notre
temps tel qu'il est conçu par les expérience intérieure. Il reflète la
sciences et les horloges. C'est un façon dont nous ressentons le temps
temps linéaire, homogène et divisible et la manière dont il s'écoule pour
en unités de mesure égales, telles nous. Le temps subjectif est
que les secondes, les minutes et les caractérisé par la continuité, la fluidité
heures. Le temps objectif est conçu et la sensation de durée. Il peut
comme une série de moments sembler s'étirer ou se contracter selon
distincts et isolés. Il est partagé et notre état d'esprit, nos émotions et
essentiel à la vie à plusieurs. nos expériences vécues.
L’État
Définition : Ensemble des institutions et des organismes culturels permettant la défense et l’administration
d’une communauté humaine, ainsi que l’exercice du pouvoir, sur un certain territoire.
Il est associé au repère Public, par opposition à Privé
(Etymologie : du latin status, dérivé du verbe stare qui signifie au sens premier « se tenir debout », et au sens figuré
« la position ». Particule « ST » qu’on retrouve dans « stable »).

- Il faut impérativement éviter de


confondre l’État avec… …la société : la société est un ensemble d’individus qui entretiennent
des relations variées ; l’État est l’ensemble des institutions et des
organismes qui maintiennent l’ordre et structurent la société.

…le gouvernement : le gouvernement n’est qu’une composante de l’Etat – celle


qui exerce le pouvoir exécutif. Il imprime une certaine orientation politique à la
gestion des affaires publiques, est responsable de la prise des décisions et peut
changer avec les élections. L’État, lui, ne change pas au gré des élections.

…le régime politique : Le régime politique désigne la manière dont le pouvoir est exercé et organisé
au sein d'un État. Il varie d’un pays à l’autre et peut être caractérisé par des éléments tels que le
système électoral, la répartition des pouvoirs, les droits et libertés des citoyens, les mécanismes de
prise de décision, etc. Les régimes politiques peuvent être démocratiques, autoritaires, totalitaires,
monarchiques, etc.

- Etat minimal et Etat social


En fonction de l’étendue de l’intervention de l’État dans la société, on distingue deux conceptions de l’Etat :

• Etat minimal : soutient l'idée que le rôle de l'État dans la société devrait être limité au maximum. Ici, l'État doit se
concentrer sur les fonctions essentielles, telles que la protection des droits individuels, la défense nationale et le
maintien de l'ordre public. Les partisans de l'État minimal croient en la primauté de la liberté individuelle et de la
propriété privée, et ils soutiennent que le libre marché et la concurrence sont les meilleurs moyens d'organiser la
société.
• Etat social : également appelé "État providence", welfare state ou "État social-démocrate", repose sur l'idée que
l'État a un rôle actif à jouer dans la promotion du bien-être social et de la justice économique. Ici, l'État a la
responsabilité de fournir des services publics tels que l'éducation, les soins de santé, les assurances sociales, le
logement, et de mettre en place des politiques de redistribution des richesses pour réduire les inégalités.

Législation, Gouvernement et Justice renvoient, dans


les Démocraties modernes, aux 3 pouvoirs de l’Etat :
Législatif, Exécutif et Judiciaire.

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