SORTIE DE TERRAIN -
GÉOLOGIE
LES FALAISES DU CAP DE LA HEVE
Baptiste BRIERE, Anna GUILBERT et Oriane MARTINEZ
Table des matières
Introduction........................................................................................................... 1
1. Stratigraphie des falaises du Cap de la Hève...............................................4
Perméabilité des roches du Cap de la Hève :..................................................7
Les discordances sur le site du Cap de la Hève...............................................7
2. Mouvements de Terrains à Sainte-Adresse..................................................8
Conclusion........................................................................................................... 11
Introduction
Dans le cadre du cours de géologie, nous avons effectué une sortie au cap de la
Hève. Grâce à cette sortie, nous avons pu faire le lien entre la théorie assimilée
lors des cours et les observations faites durant cette sortie.
L’objectif de cette sortie était de s’intéresser aux falaises du Cap de la Hève en
étudiant les différentes roches qui la composent. En connaissant ce type de
roche, nous pouvons ainsi comprendre l’histoire du site.
Dans un premier temps, nous nous intéresserons à la stratigraphie des falaises
du Cap de la Hève. Puis, nous discuterons des mouvements de terrain observés à
Sainte-Adresse.
Tout d’abord, nous allons exposer brièvement le contexte géologique de la
région normande où se trouve Sainte-Adresse et donc le Cap de la Hève.
Le Cap de la Hève se situe dans la commune de Sainte-Adresse, en bordure du
Bassin sédimentaire de Paris, à l'ouest du département de la Seine-Maritime.
A l’échelle 1/1 000 000ème, nous avons pu remarquer que les formations
géologiques du Havre se sont formées principalement par accumulation de
couches sédimentaires du crétacé supérieur (-100Ma), disposées au-dessus de
couches datant du Jurassique supérieur :
Figure 1 : Extrait de la carte géologique du BRGM au 1/1 000 000ème 1
1
Source : BRGM, extrait de l’énoncé du TP
1
A l’échelle 1/250 000ème, nous avons pu voir que les roches du Cap datent bien
du Crétacé supérieur et plus particulièrement du Cénomanien :
Figure 2 : Extrait de la carte géologique du BRGM au 1/250 000ème 2
Puis, à l’échelle 1/50 000ème, nous remarquons que ces couches sédimentaires
du Cénomanien, ont été recouvertes de formations dites « superficielles » plus
jeunes (Cénomanien Supérieur) :
Figure 3 : Extrait de la carte géologique du BRGM au 1/50 000ème 3
2
Source : BRGM, extrait de l’énoncé du TP
3
Source : PPR_StAdresse_RapportPré[Link]é[Link] (seine-
[Link])
2
On sait que la Haute-Normandie se situe sur un synclinal, on l’observe en
regardant les cartes géologiques. Les couches les plus vieilles affleurent ici
comme des roches du Jurassique en bas de falaise. Cela est dû au pendage
engendré par le synclinal. Cela fait qu’en allant vers le Nord/Nord-Est, on peut
observer des couches de plus en plus jeunes. Cela explique également que l’on
puisse observer des couches de craies qui ne datent pas du même étage
géologique entre Le Havre et Saint-Valéry en Caux.
Roches les
plus jeunes
Roches de
plus en plus
vieilles
Cap de
la
Hève
Figure 4 :
Observation du synclinal sur le Seine-Maritime 4
4
Source : PPR_StAdresse_RapportPré[Link]é[Link] (seine-
[Link])
3
1. Stratigraphie des falaises du Cap de la Hève
Figure 5 : Photographie de la falaise au Cap de la Hève 5
En observant la falaise, nous avons tout d’abord repéré une couche superficielle
d’argile à silex orange, d’environ 10m.
Cette couche superficielle d’argile à silex s’est formée par altération chimique,
sur des périodes très longues. En effet, l’eau de pluie pénétrant dans la craie
poreuse, a érodé et dissous les unités de craies supérieures. Les résidus sont de
l’argile à silex car le silex ne se dissout pas. La couleur orange est due à
l’oxydation du fer concentré dans l’argile.
En dessous, nous avons observé une couche de craie jaune, avec des gros
rubans de silex. Ces silex sont identifiables à leur aspect noirâtre dans la craie.
La craie jaune est une roche carbonatée formée de micro-organismes à tests
carbonatés : les coccolithophoridés présents dans le plancton. Leur
décomposition dans un environnement profond a formé une boue à l’origine de
la craie. Ces couches se sont ensuite accumulées, tassées et solidifiées, c’est ce
que l’on appelle la diagenèse. Cela signifie donc que notre région se trouvait
auparavant sous un océan. Les rubans de silex sont issus de boue siliceuse. La
silice provient de planctons marins, les diatomées. Lorsque ces planctons
5
Photographie prise par nos soins
4
meurent, les squelettes tombent au fond de l’océan et forment une boue qui,
avec le temps et des conditions climatiques particulières, donne des silex.
Enfin, à la base du site, nous
avons constaté la présence
d’une couche de craie
glauconieuse, grise. Cette
craie date aussi du
Cénomanien et contient de la
glauconie, qui se présente
sous la forme de grains
verdâtres allongés. La
glauconite, qui les compose,
est un minéral argileux riche
en fer, et c’est cette réduction
du fer en ions FE2+ qui lui
donne sa couleur verdâtre.
En dessous de cette craie
glauconieuse, nous avons pu
trouver des Poudingues
ferrugineux. Un poudingue est
une roche sédimentaire,
détritique datant de l’Albien.
Cette roche est un
conglomérat de galets reliés
par un
ciment
naturel.
Figure 6 : Composition géologique de la partie visible de la
falaise (à gauche) et photographie de poudingue 6
Lorsque nous sommes descendus vers la plage, nous avons pu observer, en
dessous de la végétation, du sable ferrugineux de l’Aptien, constituant la partie
inférieure de la falaise.
Puis, en arrivant au niveau de la
plage, nous avons observé de l’argile
grise/brune en alternance avec de la
roche calcaire grise, datant du
Kimméridgien.
En étudiant l’argile grise en pied de
falaise, nous avons pu constater la
6
Photographie prise par nos soins
5
présence d’un bivalve, un fossile. Ce dernier prouve le caractère sédimentaire de
ces roches.
Figure 7 : Observations d’un fossile bivalve dans la couche d’argile grise 7
En conclusion de cette analyse des différentes couches qui le compose, voici le
profil stratigraphique du Cap de la Hève :
Figure 8 : Profil
stratigraphique de la falaise au Cap de la Hève 8
7
Photographies prises par nos soins
8
Source : PPR_StAdresse_RapportPré[Link]é[Link] (seine-
[Link])
6
Perméabilité des roches du Cap de la Hève :
La perméabilité d’une roche représente sa facilité à se laisser traverser par de
l’eau.
Comme évoqué précédemment, avec l’argile à silex, nous avons vu que la craie
est une roche poreuse permettant à l’eau de circuler. De ce fait, elle est
perméable.
L’argile, est très poreuse et considérée comme une roche globalement
imperméable. En effet, lorsqu’elle est sèche, sa perméabilité est appréciable.
Cependant, lorsqu’elle est humide, l’eau absorbée la rend imperméable. Les
différentes argiles de la falaise (argile à silex, argile du Gault et argile grise) sont
donc considérées comme des roches globalement imperméables.
La couche de sable de l’Albien, quant à elle, est perméable et entourée de 2
niveaux imperméables : les argiles du Gault au sommet et les marnes du
Kimméridgien à la base.
Le calcaire du Jurassique est très peu poreux mais possède ce qu’on appelle une
« perméabilité de fissure », comme le granite. La roche est en tant que telle
imperméable mais l’eau s’infiltre et passe par ses fissures. C’est ainsi que nous
avons constaté des petits écoulements d’eau au pied de la falaise. Les argiles
grises (très humides) vont drainer les circulations d’eau que l’on a dans la
falaise. L’eau passe à travers les fissures du calcaire et son contact avec les
bandes d’argiles, présentes en bas de la falaise. De ce fait, nous observons à la
frontière du calcaire et l’argile, des écoulements d’eau.
Les discordances sur le site du Cap de la Hève
Lors de notre visite, nous avons pu constater une discordance sur le site : un
hiatus ou une lacune. En effet, nous avons observé l’absence de plusieurs étages
géologiques entre le Kimméridgien et l’Aptien. Cette discordance d’étages se
produit à cause de l’érosion et a causé l’absence de dépôts des étages
suivantes :
Lacune entre
150 Ma et 125
Ma
7
2. Mouvements de Terrains à Sainte-Adresse
Les mouvements de terrain sont les manifestations du déplacement gravitaire de
masses de terrain déstabilisées sous l’effet de sollicitations naturelles ou
anthropiques.
A. Glissement de terrain, fluage et coulées de boue associées
Le climat du Cap de la Hève est un climat de type tempéré océanique. Les
précipitations importantes ruissellent en surface et s’infiltrent dans les
formations superficielles. Ces circulations d’eau sont un facteur important de
mouvements de terrains.
Les glissements de terrains sont un type de mouvement dû à une forte
saturation en eau dans les roches. Cela se caractérise par un déplacement d’une
masse considérable de terrain, le long d’une surface de rupture.
Glissement de terrain de type rotationnel :
En continuant notre balade, nous avons pu constater que deux blocs se sont
détachés de la falaise pour arriver un peu plus bas. Il y a eu un glissement de
type rotationnel. En effet, les “rubans” de silex de ces blocs sont inclinés vers
l’arrière, contrairement aux rubans de silex du reste de la falaise. La surface de
rupture était donc de forme circulaire.
Figure 9: A gauche, photographie d’un bloc
détaché de la falaise par glissement rotationnel. A
droite, schéma explicatif du phénomène de glissement rotationnel 9
B. Éboulements rocheux, chute de blocs de pierre
9
Photographie prise par nos soins, schéma issu du PPR du département :
PPR_StAdresse_RapportPré[Link]é[Link] (seine-
[Link])
8
Les éboulements rocheux sont des mouvements de terrain “rapides” et
brutaux. Au Havre, l’action de la pesanteur sur la craie du Cénomanien (roche
rigide et fracturée) et la dégradation progressive de la falaise sous l’action
d’agents d’érosion crée des volumes rocheux, dans un état d’équilibre précaire.
En 1905, la falaise du Cap de la Hève s’écroule
sur 200m, causant la mort de plusieurs
pêcheurs. Cet effondrement correspond
aujourd’hui à l’intégralité des éboulis situés
derrière l’esplanade d’herbe et recouverts
presque intégralement de végétation. Cette
importante végétation permet la stabilisation
des abords de la falaise et empêche également
les promeneurs d’affluer le long de la falaise et
de se retrouver victime d’un nouvel
éboulement.
Figure 10 : Photographie du tas d’éboulis
recouvert par la végétation10
En mars 2001, un éboulement rocheux s’est produit
juste derrière les habitations.
Fort heureusement, cet éboulement n’a pas créé de
dommages humains, ni sur les habitations. Cela reste
tout de même un phénomène imprévisible et
dangereux.
Figure 11 : Photographie de l’éboulement de 2001 11
10
Photographie prise par nos soins
11
Photographie issue du PPR : PPR_StAdresse_RapportPrésentation-
[Link]é[Link] ([Link])
9
C. Recul du trait de côte
L’ensemble de ces mouvements de terrains et autres modifications physiques de
la falaise s’accompagnent d’un inévitable recul du trait de côte. La hausse du
niveau de la mer rapproche les vagues de la base de la falaise et peuvent
provoquer la fragilisation de cette base. La falaise est grignotée petit à petit, aux
risques et périls des infrastructures situées au pied ou en haut de celle-ci.
Les études de la CEREMA datant de 2019 énumèrent les causes de ce recul du
trait de côte et amènent à simuler l’évolution de celui-ci sur 100 ans :
Figure 12 : Prévisions de recul du trait de côte sur 100 ans 12
12
Source : PPR_StAdresse_RapportPré[Link]é[Link] (seine-
[Link])
10
Conclusion
Pour conclure, cette sortie géologique nous a permis d’en apprendre davantage
sur les roches normandes, et plus particulièrement celles du Cap de la Hève. La
compréhension de la composition de cette falaise permet de retranscrire son
histoire géologique. L’analyse des phénomènes tels que les mouvements de
terrains nous montrent l’influence des éléments extérieurs sur la falaise et les
conséquences désastreuses que peuvent avoir des aménagements à proximité
de cette falaise. Le but est aussi d’être sensibilisé quant à la réflexion qui doit
être porté à la composition du sol avant d’implanter un projet de construction
notamment.
L’intérêt d’une sortie sur le terrain est de pouvoir matérialiser les connaissances
et d’observer les phénomènes géologiques vues en classe. Nous avons
fortement apprécié l’après-midi au Cap de la Hève et cette découverte de cette
espace sous l’angle géologique.
Sitographie
Principale source pour la recherche d’informations supplémentaires à la sortie
géologique : PPR_StAdresse_RapportPré[Link]é[Link]
([Link])
11