Choix d’une structure pour une entreprise
I. Choisir une structure en fonction des considérations patrimoniales
A. Responsabilité de l'entrepreneur individuel
Entreprise individuelle (classique) : confond le patrimoine personnel et
professionnel, ce qui expose l’entrepreneur au risque de perdre ses biens en
cas de faillite. Cependant, elle reste attractive pour sa simplicité et les
avantages fiscaux (ex. microentreprise).
Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL) : la loi de 2010 a permis
aux entrepreneurs de séparer une partie de leur patrimoine grâce à un
"patrimoine d'affectation" dédié uniquement à leur activité.
Nouveau statut d’entrepreneur individuel : les lois récentes distinguent
désormais les patrimoines personnel et professionnel, limitant la saisie aux
seuls biens professionnels.
Forme sociétaire : en créant une société (SARL, EURL, SAS, etc.),
l’entrepreneur limite sa responsabilité au montant de ses apports, car la société
dispose de son propre patrimoine.
B. Régime matrimonial:
Si l'entrepreneur est marié, le régime de séparation des biens est préférable
pour protéger les biens du conjoint. En revanche, sous le régime de la
communauté légale, les biens communs peuvent être saisis pour des dettes
professionnelles.
II. Statuts social et fiscal de l’entrepreneur
A. Statut social
Les dirigeants non majoritaires dans certaines structures (ex. SARL) sont
assimilés à des salariés, avec des protections sociales complètes.
Les autres (entrepreneurs individuels, associés uniques d'EURL, etc.) sont
travailleurs non salariés. Cependant, les régimes sociaux se sont rapprochés,
offrant des protections similaires pour tous.
B. Statut fiscal
Entreprise individuelle : le revenu de l'entrepreneur est imposé directement au
titre de l'Impôt sur le Revenu (IR).
Société : les sociétés sont soumises à l'Impôt sur les Sociétés (IS), ce qui
permet un taux proportionnel fixe, généralement de 25 %. Le choix de la
structure dépend donc de la situation spécifique et des revenus prévus.
III. Fonctionnement et évolution de l’entreprise
A. Fonctionnement
En entreprise individuelle et dans les sociétés unipersonnelles (EURL, SASU), le
pouvoir décisionnel appartient à une seule personne.
Dans les sociétés avec plusieurs associés, les décisions sont soumises aux
votes en assemblée générale.
B. Évolution
Transformer une entreprise individuelle en société permet de répartir la
direction et de faciliter les financements externes (ex. crédits, levées de fonds).
Les SA et SAS, par exemple, sont mieux adaptées pour attirer des
investisseurs.
IV. Servir l’économie sociale et solidaire
L'économie sociale et solidaire favorise les entreprises coopératives (ex. SCOP)
où les salariés sont associés à la fois au capital et à la gestion de l’entreprise.
Ce modèle privilégie la solidarité et l’utilité sociale, les employés y détenant
généralement au moins 51 % du capital social.