Poly Calculus 1
Poly Calculus 1
27 septembre 2024
Table des matières
1. Rappels de calcul 5
1.1. Développer, Factoriser, Réduire, Résoudre . . . . . . . . . . . . 5
1.2. Equations de droites et systèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3. Inégalités, intervalles et valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4. Racines carrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5. Puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.6. Géométrie et trigonométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.7. Second degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.8. Polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
4. Dérivation et applications 75
4.1. Algèbre des fonctions qui tendent vers 0 en 0 . . . . . . . . . . . 75
4.2. Développement limité à l’ordre 1, nombre dérivé. . . . . . . . . 75
4.3. Fonction dérivée, règles de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.4. Dérivée et calcul d’incertitudes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
4.5. Dérivée et variation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
3
4.6. LA fonction exponentielle, LE logarithme néperien et les fonc-
tions puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
4.6.1. Fonction logarithme népérien . . . . . . . . . . . . . . . 94
4.6.2. Retour sur les exponentielles de base a et les fonctions
puissance. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.7. Étude de fonctions et optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . 98
Introduction
Que vous souhaitiez étudier l’informatique, la physique, la chimie, l’ingénierie
ou les mathématiques, ce cours de mathématiques est le premier que vous
suivrez à l’UPEC.
Il passe en revue en leur apportant un nouvel éclairage les notions suivantes :
• Techniques de calculs élémentaires : développements, factorisation, (in)équation,
équations de droites, racines carrées, puissances, trigonométrie.
• Notion de fonction (d’une variable réelle à valeur réelle), opération sur les
fonctions, fonctions usuelles, limite d’une fonction en un un réel, conti-
nuité, variations.
• Dérivation, développement limité à l’ordre 1, études de fonctions, pro-
blèmes d’optimisation.
• Nombres complexes, forme algébrique et exponentielle, applications géo-
métriques.
Toutes ces notions sont reprises au début, de telle sorte que même si vous
n’avez pas suivi les enseignements et ou options de maths du nouveau bac il
vous est possible (bien que plus difficile) de réussir.
Un outil qui peut être intéressant en complément de ce cours est le cahier de
calcul disponible ici : [Link]
[Link].
4
1. Rappels de calcul
Le but de ce chapitre rapide est de revoir et réactiver les techniques de calculs
du collège et du lycée.
Exercice 1.2. On considère une couronne circulaire délimitée par des cercles
de rayons r − h et r + h. Que pensez vous de l’affirmation suivante : "La
couronne a une longueur de 2πr et une largeur de 2h. L’aire c’est longueur
fois largeur, ça fait 4πrh."
h
r−
r
r+
h
5
Exercice 1.3. 1. Développez (a − b)(a2 + ab + b2 ) et (a + b)(a2 − ab + b2 ).
2. En utilisant les identités que vous avec obtenues, déterminez une fac-
torisation de a4 + (ab)2 + b4 .
6
Une équation est une expression mathématique de la forme A = B reliant
entre elles certaines variables. Souvent certaines de ces variables ont un statut
particulier : ce sont les inconnues, les autres sont appelés paramètres. Résoudre
une éqution, c’est en déduire de manière certaine toutes les valeurs possibles
pour la ou les inconnues. En présence d’un paramètre, la réponse peut dépendre
des paramètres : l’équation x + a = a, d’inconnue x, a comme seule solution
0, l’équation ax = 1, d’inconnue x, n’a pas de solution si a = 0 et a une seule
solution a1 si a ̸= 0.
Pour cela, on ne fait pas passer des choses d’un coté à l’autre ! Mais on a le
droit de faire deux choses :
• Factoriser, développer, réduire les expressions apparaissant de chaque
coté du signe égal.
• Effectuer exactement la même opération de chaque coté de l’équation (en
prenant bien du fait que cela suppose que l’on aie le droit de le faire).
Dans le deuxième cas, si on peut effectuer une opération qui permet de re-
venir en arrière on aura une équivalence. Si on ne peut pas revenir on aura
simplement une implication.
x+2 x2 +1
6. x+1 = x−3 , (x + 2)(x − 3) = (x2 + 1)(x + 1).
2
7. x = 4, x = 2.
8. θ = π3 , cos θ = 12 .
1 1
9. z+1 = z−1 , z + 1 = z − 1.
√
10. y − 2 = 3, y − 2 = 9.
√ √
11. 1 + y − 1 − y = 0, 2y = 0.
q q
b b
Exercice 1.9. Soient a, b et c des réels positifs vérifiants a+ c = a c.
Exprimez c en fonction de a et b.
7
1 1
Exercice 1.10. Soient x et y deux réels vérifiants x + y = a et y + x = b.
Exprimez xy en fonction de a et b.
y x+y
Exercice 1.11. Soit x, y et z trois réels positifs tels que x−z = z = xy .
Déterminez xy
8
Exercice 1.17. Soit A, B, C et D les points de coordonnées respectives
(3, 4), (−1, 2), (−1, −2) et (3 − t, t) où t ∈ R est un paramètre. À quelle
condition sur t les droites (AB) et (CD) sont elles parallèles ?
9
Rappelons les définitions des intervalles, avec a et b des réels :
• ]a, b[= {x ∈ R|a < x < b}
• [a, b[= {x ∈ R|a ≤ x < b}
• ]a, b] = {x ∈ R|a < x ≤ b}
• [a, b] = {x ∈ R|a ≤ x ≤ b}
• ] − ∞, b[= {x ∈ R|x < b}
• ] − ∞, b] = {x ∈ R|x ≤ b}
• [a, +∞[= {x ∈ R|a ≤ x}
• ]a, +∞[= {x ∈ R|a < x}
La fonction valeur absolue est elle définie par :
x si x est un réel positif ou nul.
|x| =
−x si x est une réel négatif.
a
Exercice 1.22. Soient a, b, c, d > 0 tels que b < cd.
1. Déterminez le signe de ad − bc.
a a+c
2. Montrez que b < b+d < dc .
3. Classez par ordre croissant 4/5, 3/4, 7/9, 10/13 et 11/14.
10
Exercice 1.24. Résoudre pour x ∈ R les inéquations suivantes.
1. −4x − 1 ≤ 2.
2. 3x + 1 ≤ x − 7.
3. (4x + 1)(2 − x) ≥ 0.
4. (x2 + 1)(3x − 9)(x2 − 1) ≥ 0.
5. 16x2 ≤ 9.
7x+2
6. −3x+1 ≤ 2.
Exercice
1.25. Écrire comme
intervalle les ensembles suivants :
1. x ∈ R |x − 2| ≤ 3 .
n o
2. x ∈ R |x − 31 | ≤ 1
7 .
n o
3. x ∈ R |x + 52 | ≤ 3
2 .
n o
12 1
4. x ∈ R |x + 13 | ≤ 3 .
5. x ∈ R |4x + 7| ≤ 1 .
n o
6. x ∈ R |3x + 23 | ≤ 1
8 .
n o
7. x ∈ R |5x − 29 | ≤ 4
3 .
Définition 1.26. Soit x ∈ R, on dit que y ∈ R est une racine carré positive
de x si les deux conditions suivantes sont vérifiées :
• y ≥ 0.
• y 2 = x.
Dans le cours et les exercices qui suivent une définition, même si vous avez
déjà une familiarité avec l’objet en question les démonstrations ne doivent s’ap-
puyer que sur cette définition.
11
2
Exercice 1.27. À l’aide de la définition, montrez que 3 + 3 est une racine
carrée positive de 13 + 49 .
(y0 − y1 )(y0 + y1 ) = 0.
Théorème 1.30. Soit x un nombre réel positif. Alors x a une unique racine
carrée positive.
√
Si x est un réel positif, sa racine carrée positive sera notée x.
12
Exercice 1.32. On considère la définition suivante :
√ 1√
Exercice 1.34. Simplifier au maximum 2 + 2+ + √1 .
2+ 2 2−2
√ √
Exercice 1.35. Montrez que 5 + 7 est solution de l’équation x4 − 24x2 +
4=0
√
r q
Exercice 1.36. Résoudre pour x ∈ R l’équation 1+ 2+ x = 2.
√
Exercice 1.37. 1. Calculez (3 + 5 7)2 .
q √
2. En déduire la valeur de 92 + 15 7.
√
3. Calculer la racine carrée
√ de 16−6 7. (On pourra chercher cette dernière
sous la forme a + b 7 où a et b sont des entiers.)
√
4. En déduire la racine carrée de 8 − 3 7.
13
2. Déterminez pour quelles valeurs du paramètre réel p l’équation
√ √
x+1+ x−1
√ √ =p
x+1− x−1
a au moins une solution réelle.
1.5. Puissances
Pour des exercices supplémentaires, on pourra regarder la Fiche 2 de https:
//[Link]/cdc/cahier_de_calcul_v3.pdf.
m n n am m
a
a a , (a × b) , n , .
a b
2. En revenant à la définition de an , démontrez les propriétés que vous
avez données à la première question.
Exercice 1.42. Soit x et y deux réels positifs non nuls, écrire sous la forme
xa y b les expressions suivantes :
x3 y 2
1. x2 y 13 .
3 2 3
2. (x y ) .
12
3. √x y
.
x3 y 4
14
π/2
(cos θ, sin θ)
sin θ •
π θ 0
cos θ
−π/2
⃗u = ux⃗i + uy⃗j.
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Exercice 1.44. Illustrez le point de cours précédent par une figure.
Exercice 1.47. Quelles sont les composantes dans le repère (O,⃗i, ⃗j) d’un
vecteur F⃗ de norme F faisant un angle θ avec l’axe O⃗i ?
Exercice 1.48. Exprimez l’aire d’un triangle ABC en fonction des lon-
gueurs AB et AC et de l’angle en A. On pourra commencer par déterminer
la longueur de la hauteur issue de C.
K C J
α
D H
β
B
O A I
où OIJK est un rectangle et ABCD est un losange inscrit dans OIJK dont
tous les côtés sont de longueur 1. La droite (DH) est parallèle à (OI).
1. Exprimez l’aire du losange ABCD en fonction de α + β.
2. Exprimez en fonction de α et β les longueurs OA, OD, DK et KC.
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3. Quelle relation y-a-t’il entre les aires du losange ABCD, du rectangle
OIJK et des triangles OAD, KDC, JBC et IAB ?
4. En déduire la formule donnant sin(α + β) en fonction de cos α, sin α,
cos β et sin β.
x2 − ax + 6 = 0 (Ea ).
Exercice 1.54. Soit c un paramètre réel. Dans chacun des cas suivant, dire
à quelle condition sur c les équations suivantes (d’inconnues x) ont deux
solutions réelles :
17
1. x2 = c.
2. x2 − cx = 0.
3. cx2 − 2x + 1 = 0.
4. (x + c)2 + 1 = 0.
Exercice 1.56. Soient a, b et c des réels tels que a ̸= 0. Vous avez étudié
en première les propriétés les trinômes P (x) = ax2 + bx + c où x est une
variable réelle.
Le but de cet exercice est de démontrer ces propriétés.
b 2
1. Déterminer un réel d tel que P (x) = a (x + 2a ) −d .
2. On suppose que d ≥ 0, factoriser P (x) en utilisant l’identité remar-
quable A2 − B 2 = · · · .
3. Toujours sous la condition d ≥ 0, en déduire toutes les solutions de
l’équation P (x) = 0 ainsi que le signe de P en fonction de x.
4. On suppose d < 0, déterminer toutes de l’équation P (x) = 0 ainsi que
le signe de P en fonction de x.
18
1.8. Polynômes
Il est utile de savoir factoriser des polynômes de degré supérieur à 2. Pour
cela on se servira du fait suivant : si un polynôme P (x) de degré n vérifie
P (a) = 0 pour un réel a, alors on peut trouver un polynôme Q de degré n − 1
tel que P = (x − a)Q. En calculant P (a) pour des valeurs simples de a, on
peut parfois trouver des racines et factoriser des polynômes.
Considérons par exemple le polynôme p(x) = x3 + 3x2 − 2x − 6, qui est de
degré 3. On remarque que p(−3) = −27 + 27 + 6 − 6 = 0, donc par la propriété
ci dessus, on peut trouver un polynôme q de degré 2 tel que p(x) = (x + 3)q(x).
Cherchons q sous la forme q(x) = ax2 + bx + c où a, b et c sont des paramètres
réels à déterminer. En utilisant les expressions pour p et q, l’égalité p(x) =
(x + 3)q(x) devient :
19
2. Nombre complexes et
géométrie
Pour des exercices supplémentaires, on pourra regarder les Fiches 16 et 17
de [Link]
21
La multiplication et l’addition de nombres complexes a des propriétés très
similaires à l’addition et la multiplication complexe :
Proposition 2.3. Soient z1 , z2 et z3 des complexes, alors :
1. z1 + z2 = z2 + z1 .
2. (z1 + z2 ) + z3 = z1 + (z2 + z3 ).
3. z1 z2 = z2 z1 .
4. (z1 z2 )z3 = z1 (z2 z3 ).
5. z1 (z2 + z3 ) = z1 z2 + z1 z3 .
Remarque 2.4. Cette présentation n’est pas entièrement rigoureuse, on devrait
plutôt prendre comme définition de la somme +C et du produit ×C de com-
plexes les formules (x+iy)+C (a+ib) = (x+a)+i(y +b) et (x+iy)×C (a+ib) =
(xa−yb)+i(xb+ya). On peut alors démontrer la proposition ci dessus, essayez
par exemple de montrer ainsi que (z1 ×C z2 ) ×C z3 = z1 ×C (z2 ×C z3 ).
22
√
3
Exercice 2.7. Pour quelles valeurs de β ∈ R z = β + 2 i est il solution de
z2 + z + 1 = 0 ?
Définition 2.8. Soit A un point du plan dont les coordonnées sont (xA , yA ).
L’affixe de A est le complexe zA = xA + iyA . !
x⃗u
De même si ⃗u est un vecteur du plan dont les composantes sont . L’affixe
y⃗u
de ⃗u est le complexe z⃗u = x⃗u + iy⃗u .
z = x + iy
y
⃗j
O ⃗i x
M2
M4 M1
23
2. Pour chacun des zk , placer dans le plan le point Mk′ d’affixe izk .
3. Quelle transformation géométrique permet de passer de Mk à Mk′ ?
Proposition 2.10. Soit ⃗u et ⃗v deux vecteurs du plan d’affixes z⃗u et z⃗v . Soient
α et β des réels. Alors l’affixe de α⃗u + β⃗v est αz⃗u + βz⃗v .
Proposition 2.11. Soient A et B deux points du plan dont les affixes respec-
tives sont zA et zB . Alors
⃗ est zB − zA .
• l’affixe de AB
• l’affixe du milieu de [AB] est zA +z
2 .
B
Exercice 2.12. Soit ABCD un carré tel que l’affixe de A est 0 et celle de
B est 1. Déterminez les affixes de C, D et de l’intersection I des diagonales
de ABCD.
Exercice 2.13. Soit ABC un triangle équilatéral tel que l’affixe de A est
0 et celle de B est 1. Déterminez les affixes de C et de l’intersection des
médianes de ABC.
24
Exercice 2.18. Démontrez la proposition ci dessus.
√
Définition 2.21. Soit z ∈ C. Le module de z, noté |z|, est le réel zz
Remarque
√ 2 2.22. Si z = x + iy, la proposition précédente donne que |z| =
2
x + y . La racine carrée n’étant pas l’opération mathématique la plus simple
à manipuler, on calculera souvent le carré du module par la formule zz = |z|2 .
Des propriétés du conjugué on déduit :
Proposition 2.23. Si (z, w) ∈ C2 , |zw| = |z| |w|.
Démonstration. C’est un calcul très simple :
En prenant la racine carrée (tout les réels impliqués sont positifs !) on obtient
bien que |zw| = |z| |w|.
On en déduit les propriétés fondamentales suivantes :
Proposition 2.24. Soient z et w des complexes. Alors :
• z = 0 si et seulement si |z| = 0.
• zw = 0 si et seulement si z = 0 ou w = 0.
Démonstration.√Si |z| = 0, alors en écrivant z = x + iy avec x et y des réels,
on obtient que x2 + y 2 = 0, et donc x2 + y 2 = 0. Comme x2 ≥ 0 et y 2 ≥ 0,
on en déduit que 0 ≤ x2 ≤ x2 + y 2 = 0, d’où x2 = 0 et donc x = 0. De même
y = 0. Et donc z = 0 + 0i = 0.
25
Le module a une interprétation géométrique très utile :
Proposition 2.25. Soit M un point du plan d’affixe z, alors le module de z
est la distance OM de M à l’origine.
Proposition 2.26. Soit A et B des points du plan d’affixes zA et zB , alors la
distance de A à B est égale à |zA − zB |.
y z
|z |
⃗j
O ⃗i x
Exercice 2.29. Soit z et w deux complexes non nuls tels que w ne peut pas
s’écrire λw pour λ réel.
1. Décrire l’ensemble D des points dont l’affixe est de la forme tw pour
t ∈ R.
2. Le point A d’affixe z appartient-il à D ?
3. On considère la fonction f : R → R définie par f (t) = AMt où Mt est
le point d’affixe tw. Donnez une expression de f (t) en fonction de t, w
et z.
4. Montrez que f à un minimum en 0 si et seulement z est de la forme
ciw où c ∈ R.
26
Les inégalités suivantes ont des interprétations géométriques très naturelles :
Jusqu’ici nous avons considéré comme opérations sur les complexes l’addi-
tion, la soustraction et la multiplication. Pour définir le quotient, nous allons
passer par le conjugué et le module. On va commencer par calculer l’inverse
d’un complexe non nul z. Pour cela, on va utiliser la relation zz = |z|2 :
1 1z z 1
= = 2 = 2 z.
z zz |z| |z|
Qu’a t-on gagné avec cette écriture ? À première vue on simplement remplacé
le calcul de z1 par le calcul de |z|1 2 . Cependant, |z|1 2 est un nombre réel, et on
sait multiplier un complexe par un nombre réel. En pratique, on calcule un
quotient de nombres complexes en multipliant numérateur et dénominateur
par le conjugué du dénominateur. Illustrons ceci sur un exemple :
1 1
Exercice 2.33. Soit z un complexe non nul, montrez que z + z est réel.
27
⃗ et AB
Comme trois points A, B et C sont colinéaires si et seulement si AC ⃗
sont colinéaires, en passant aux affixes on obtient :
Proposition 2.34. Soient A, B, C trois points d’affixes respectives zA , zB ,
zC . Alors A, B et C sont alignés si et seulement si zzBC −z
−zA ∈ R.
A
Dans l’ensemble R des réels, seuls les nombres positifs ont une racine carrée.
Pour passer de R à C, nous avons ajouté aux réels un nouveau nombre (i) qui
est une racine carrée de -1. Grâce à cela nous pouvons construire des racines
carrées
√ pour ∈ R est positif,
√ tous les réels. En effet si a √ √ ses racines carrées sont
a et − a, alors que si a est négatif, i −a et −i −a sont les racines carrées
(complexes !) de a. On va voir que l’on peut faire encore mieux :
Proposition 2.35. Tout complexe non nul z a exactement deux racines carrées
qui sont opposées.
Démonstration. Soit z ∈ C\{0}. Montrons tout d’abord que z a une racine
carrée. Ecrivons z sous sa forme algébrique x + iy, et cherchons sa racine carrée
w sous sa forme algébrique a + ib. w est une racine carrée de z si et seulement
si w2 = z. En utilisant les formes algébrique de z et w, cette équation est
équivalente à :
(a2 − b2 ) + 2iab = x + iy.
En identifiant parties réelles et imaginaires on obtient le système :
a2− b2 = x
2ab = y
.
√ √
où l’on a posé A = x2 + y 2 + x et B = x2 + y 2 − x. Remarquons q que A
A
et B sont positifs car | Re z| ≤ |z|. On obtient donc que a vaut ± 2 et que b
q
vaut ± A2 . Cependant on ne peut pas choisir les signes de a et b librement, en
28
effet la troisième équation nous dit que le produit
q de a q
et b a le mêmeqsigne
que y, en particulier si y ≥ 0 on obtient (a = 2 et b = B2 ) ou (a = − A2 et
A
q q q q
b = − B2 ). De même si y < 0, on a (a = A2 et b = − B2 ) ou (a = − A2 et
q
b = B2 ). On obtient donc comme solutions de z 2 = w :
q q
A B
± +i si y ≥ 0
z= q 2 q
2
A B
± −i si y < 0
2 2
Une fois que l’on sait extraire des racines carrées, nous pouvons résoudre
l’équation générale du second degré :
Proposition 2.37. Soit (E) l’équation az 2 + bz + c = 0 d’inconnue complexe
z, où (a, b, c) ∈ C3 et a ̸= 0. On pose ∆ = b2 − 4ac. Soit δ une racine carrée
de ∆. Les solutions de (E) sont données par :
−b − δ −b + δ
z1 = , z2 =
2a 2a
Démonstration. On met le trinôme sous forme canonique :
!2 !2
b b2 − 4ac b ∆
az 2 + bz + c = a z+ − 2
= a z + − 2
2a 4a 2a 4a
δ 2
∆
et, on peut maintenant réécrire 4a2 = 2a on factorise la différence de carrés :
!2 !2 ! !
b δ b δ b δ
a z+ − =a z+ − z+ + .
2a 2a 2a 2a 2a 2a
29
Exercice 2.38. Soit P un polynôme à coefficients réels, montrez que si
P (z) = 0 alors P (z) = 0.
30
Ces coïncidences troublantes nous poussent à introduire la définition sui-
vante :
Définition 2.41. Pour tout réel θ, le complexe eiθ est défini par :
θ
cos θ
Il est souvent utile d’exprimer cos θ et sin θ en fonction de eiθ . Ce sont les
formules d’Euler.
Proposition 2.46. Pour θ ∈ R, on a :
eiθ + e−iθ eiθ − e−iθ
cos θ = et sin θ = .
2 2i
31
Exercice 2.47. Démontrez cette proposition.
Ces formules donnent des moyens très pratiques de retrouver les formules de
trigonométrie :
2iπ
Exercice 2.51. On pose z = e 5 .
1. Montrez que pour tout complexe w, (w − 1)(1 + w + w2 + w3 + w4 ) =
w5 − 1.
2. En déduire que 1 + z + z 2 + z 3 + z 4 = 0.
3. Montrez que z 3 = z 2 et z 4 = z.
4. En déduire que 1 + 2 cos 2π 4π
5 + 2 cos 5 .
5. En déduire que cos 2π5 est solution d’une équation du second degré à
coefficients entier.
6. En déduire une expression pour cos 2π
5 .
Proposition 2.52. Pour tout complexe z tel que |z| = 1, il existe un réel θ ∈ R
tel que z = eiθ . De plus si θ et ϕ sont deux réels tels que eiθ = eiϕ , on peut
trouver un entier k tel que ϕ = θ + 2kπ.
Démonstration. Soit z de module 1. Notons M le point d’affixe z. Comme
OM = |z| = 1, M est un point du cercle trigonométrique. Soit θ une mesure
⃗ ). Par définition des fonctions trigonométriques, M
de l’angle orienté (⃗e1 , OM
a pour coordonées (cos θ, sin θ), et a donc pour affixe cos θ + i sin θ = eiθ .
Pour la deuxième partie c’est une conséquence des propriétés des angles
orientés qui ne sont définis qu’à un multiple de 2π près.
32
z = reiθ
Im z •
|z |
r=
θ
Re z
Considérons maintenant un complexe z non nul, alors son module |z| est
z
aussi non nul. Posons w = |z| et calculons son module :
z |z|
|w| = = = 1.
|z| |z|
Par la proposition précédente on peut donc trouver un réel θ tel que w = eiθ ,
et donc z = |z|eiθ .
Définition 2.53. Soit z un nombre complexe non nul. Soit r > 0 et θ ∈ R tels
que z = reiθ . On dit que reiθ est une forme exponentielle de z. On dit que θ
est un argument de z.
√
1+i 1+i
√ 3.
Exercice 2.55. Écrire sous forme exponentielle les complexes 1−i et 3+i
33
Proposition 2.56. Soit w = reiθ un complexe non nul sous forme expo-
nentielle
√ et n ∈ N. Les solutions de l’équation z n = w sont les complexes
zk = n rei(θ+2kπ)/n où k =∈ {0, ..., n − 1}.
Exercice 2.57. 1. Placer dans un repère orthonormé tous les points dont
les affixes sont solution de l’équation z 6 = 1.
2. Placer aussi ceux dont les affixes sont solutions de z 6 = −1.
3. Trouvez une équation de degré 12 donc les affixes des douzes points
que vous avez placés sont les solution.
Exercice 2.61.
B1 B2 B3
O A
34
1. Pour i = 1, 2, 3, déterminez l’affixe zi de Bi .
⃗ OB
2. On note αi l’angle (OA, ⃗ i ) et ri la distance OBi . Donnez en fonction
des αi et des ri la forme exponentielle du produit z1 z2 z3 .
3. En déduire que α1 + α2 + α3 = π2 .
D
E
E′
D′
C
B
35
Exercice 2.65. 1. Dans le plan muni d’un repère orthonormé, on consi-
dère trois points A, B et C d’affixes respectives a, b et c. Soit A′ le
milieu de [BC], on note a′ son affixe. Soit M le point d’affixe a+b+c
3 .
Montrez que M est le centre de gravité de ABC.
2. Dans le plan muni d’un repère orthonormé, on note C le cercle de
centre l’origne O et de rayon 1 et A, B et C trois points de C d’affixes
respectives a, b et c. Soit H le point d’affixe a + b + c. Montrez que M
est l’orthocentre du triangle ABC.
3. Montrez que dans tout triangle, le centre de gravité, l’orthocentre et le
centre du cercle circonscrit sont alignés.
36
3. Généralités sur les fonctions
3.1. Image, antécédent
Une fonction f : A → B est définie en donnant deux ensembles A et B, et
une règle qui pour chaque élément a ∈ A de l’ensemble de départ (ou domaine
de définition) nous donne un élément de l’ensemble d’arrivée B que l’on notera
f (a). Il faut penser à f : A → B comme à une machine qui, quand on lui
fournit un élément a de A, nous donne en échange un élément f (a) de B.
On écrira :
f :A→B
a 7→ f (a).
f :A→B
♡ 7→ f (♡).
37
Exercice 3.1. On considère quatre fonctions :
• f1 : R → R définie par f (t) = t2 + 1.
• f2 : R → R définie par f (x) = (x − 1)x(x + 1).
• f3 : [0, +∞[→ R définie par f (s) = |s − 1|.
• f4 : R → R définie par f (y) = 1.
Pour chacune des affirmations suivantes, dire si chacune des fonctions ci-
dessus la vérifie :
1. 0 n’a pas d’antécédent.
2. L’image de -1 est un réel strictement positif.
3. Il existe un réel qui a une infinité d’antécédents.
4. -1 n’a pas d’image.
5. 0 a exactement 3 antécédents.
Pouvez vous trouver une fonction pours laquelle les réponses
aux cinq affirmations ci dessus sont (vrai/vrai/vrai/vrai/vrai) ?
(faux/faux/vrai/vrai/vrai) ? Même question pour les 25 = 32 possibi-
lités.
Un outil très utile pour comprendre les fonctions réelles d’une variable réelle
est la représentation graphique (ou graphe, ou courbe représentative).
Cf = {(x, f (x))R2 |x ∈ A}
38
Cf
f (x)
Exercice 3.3. Pour les quatre parties du plan dessinées ci-dessous, dire si
elles peuvent être le graphe d’une fonction f . Si c’est le cas, donner l’ensemble
de définition de cette fonction.
•
•
39
1. Déterminez l’image par f des réels −2, −1, 0, 1, 2, 3.
2. Déterminez le nombre d’antécédents par f des réels −1, 0, 1, 2.
40
Exercice 3.11. Soit H le graphe de la fonction x 7→ x1 et A le point de P
d’abscisse a ∈ R. L’équation de la droite D passant par A qui intersecte P
en un seul point.
f :R→R
x 7→ ax + b
Le graphe d’une fonction affine est une droite, a est son coefficient directeur,
b est l’ordonnée à l’origine.
y = ax + b
a
b 1
−
41
Exercice 3.13. Le taux d’accroissement d’une fonction f : E ⊂ R → R
entre deux réels distincts x et y est défini par f (y)−f
y−x
(x)
. Montrez que f est
affine si et seulement si son taux d’accroissement ne dépend pas de x et y.
Exercice 3.14. Soient A et B deux villages reliés par un unique route. Deux
grand-mères partent simultanément de chaque village au lever du soleil. Elles
se croisent à midi. Celle partie de A arrive à 4h de l’après-midi en B et celle
partie de B arrive en A à 9h du soir.
1. On note xA : t 7→ xA (t) la fonction qui à un temps t (mesuré en heures
écoulées depuis minuit) associe la distance entre la grand mère partie
de A et le village A. On note xB : t 7→ xB (t) la fonction qui à un temps
t associe la distance entre la grand mère partie de B et le village A.
Traduire les hypothèses de l’énoncé en propriété des fonctions xA et
xB .
On pourra noter t0 l’heure de lever du soleil.
2. On suppose que les grand-mères se sont déplacés à vitesse constante
lors de leur voyage. Montrez que xA et xB sont des fonctions affines.
3. Donnez (dans un même repère) l’allure des graphes des fonctions xA
et xB . Vous ferez apparaître les données du problème sur votre schéma
(t0 et la distance L séparant a et b).
4. À l’aide d’un raisonnement géométrique utilisant le théorème de Thalès,
déterminez |12 − t0 |.
5. À quelle heure le soleil s’est il levé ?
42
n=3
n=4 n=2 n=1
√
Exercice 3.16. À l’aide de la définition de n
x, montrez que :
q
1 n 1
1. si x > 0 alors √
nx = x.
43
n=1
n=2
n=3
n=4
√ √ √
2. si x et y sont des réels positifs, alors n xy = n x n y.
√ √ m
En déduire que si m ∈ N, n xm = n x .
p a
Exercice 3.17. (Difficile) Soient p, q, a, b des entiers positifs tels que q = b
√ √
et x > 0. Montrez que ( q x)p = ( b x)a .
√
Ces√propriétés justifient l’introduction de la notation x1/n pour n x et xp/q
p
pour q x . Ceci permet pour tout rationnel p/q de définir des fonctions puis-
sances x 7→ xp/q définies pour x ∈ R+ .
44
n=2
n=3
n=4
√
Figure 3.4. – Graphe de la fonction x 7→ n
x.
expa : R → R
x 7→ ax .
1
Exercice 3.20. Qu’implique cette formule pour expa (x)n ? expa (x) ? expa (x−
y) ?
45
Les fonctions loga et expa vérifient les relations suivantes :
• Pour tout réel x, loga (expa (x)) = x.
• Pour tout réel strictement positif y, expa (loga (y)) = y.
• Pour y > 0 et x ∈ R, expa (x) = y si et seulement si x = loga (y).
On en déduit en particulier que loga (1) = 0.
Proposition 3.22. Pour tous réels strictement positifs x et y :
expa (loga (x) + loga (y)) = expa (loga (x)) expa (loga (y)) = xy.
ln 2
Exercice 3.24. Montrez que ln 3 n’est pas un nombre rationnel.
Pour des raisons que nous évoquerons dans le chapitre suivant, la fonction
exponentielle de base e (où e = 2.718... est la constante d’Euler) a une im-
portance particulière. On posera alors expe = exp et loge = ln (ln est appelé
logarithme néperien).
46
a=2
a = 1.5
a = 0.5
47
a = 1.5 a=2
a = 0.5
48
−π −π/2 π/2 π cos
| | | |
sin
f +g :E →R
x 7→ f (x) + g(x)
fg : E → R
x 7→ f (x)g(x)
f
: E′ → R
g
f (x)
x 7→
g(x)
49
Exemple 3.31. Si x 7→ p(x) et x 7→ q(x) sont deux fonctions polynômes, on
peut construire la fonction fraction rationnelle pq , dont le domaine de défintion
est R\{x ∈ R|q(x) = 0}.
Exercice 3.32.
a) b)
b) d)
50
Une autre opération importante est la composition f ◦ g d’une fonction f
avec une fonction g. Elle consiste à enchaîner les deux fonctions l’une à la
suite de l’autre : pour calculer (f ◦ g)(x), on commence par calculer g(x), puis
on applique f au résultat que l’on a obtenu (on calcule donc f (g(x)). Encore
faut-il que l’on ait le droit !
f ◦g : E →R
x 7→ f (g(x))
g f
x∈E g(x) ∈ g(E) ⊂ D f (g(x))
f ◦g
Exercice 3.37.
51
a) b)
c) d)
Exercice 3.38. Pour chacune des questions ci-dessous, on donne les valeurs
de deux fonctions f et g de R dans R en certains réels. Déterminez à partir
de ces informations les images par f ◦ g, g ◦ f et f × g d’autant de réels que
possible.
1. f (1) = 3, g(1) = −2, f (2) = 4, g(3) = 1.
2. f (0) = 2, g(5) = 0, f (2) = 0, g(0) = −1.
3. f (−1) = 3, g(0) = −2, f (2) = 4, g(2) = −1.
52
2x2 −x−1
3. u(x) = x , v(x) = ln x
4. u(x) = ln x, v(x) = x+1
x−1
√
2
5. u(x) = x + x + 1, v(x) = ln x
√
6. u(x) = x + x2 − 1, v(x) = ln x
Définition 3.43. Une fonction usuelle f : Df → R est une fonction telle que
les deux conditions suivantes sont réunies :
• il existe une formule expr(x) construite à partir de la variable x, des
quatre opérations et des fonctions exp, sin, cos, ln, x ∈ R+ 7→ xα , α ∈ R,
x ∈ R 7→ xn , n ∈ N, x ∈ R∗ 7→ x1 x 7→ |x| telle que pour tout x ∈ Df ,
f (x) = expr(x).
• Df est l’ensemble de tous les x ∈ R pour lesquels le calcul de l’expression
expr(x) est possible.
Une expression expr(x) comme dans la définition ci-dessus permet de défi-
2
nir une fonction usuelle. Par exemple, l’expression (x+1)
x+1 définit une fonction
usuelle f dont le domaine de définition est Df =] − ∞, −1[∪] − 1, +∞[ et qui
2
est définie par f (x) = (x+1)
x+1 . Cette fonction usuelle n’est pas la même que celle
définie par l’expression x + 1.
53
Exercice 3.44. Déterminez les domaines de définition des fonction usuelles
définies par les expression suivantes :
3−x
1. 4+x 7. ln(x + 1) − ln(x − 1)
2x+1
2. 9x2 −1
8. ln(x2 − 3x − 4)
√ √
3. 4−x 9. ln x − 1
√
2
√
4. √x −4 10. sin 2x.
x+2
5. ln(x − 1) 11. ln(x − 1 − x2 ).
√
6. ln x+1
x−1 12. tan x.
x
x = x0
54
y
x
x = x0
y V
Si limx0 f = ℓ, on pourra
trouver une bande verticale V
autour de la droite verticale H
3. y=ℓ
d’équation x = x0 telle que Cf
la portion de Cf qui est dans
V est aussi dans H.
x
x = x0
f :R→R
0 si x < 0
x 7→
1 si x ≥ 0
55
3. Montrez que pour tout réel x : E(x) ≤ x < E(x) + 1.
4. Montrez que pour tout réel x : x − 1 < E(x) ≤ x.
5. Déterminez tous les réels x0 pour lesquels la fonction E a une limite en
x0 .
6. On considère la fonction x 7→ x − E(x), montrez qu’elle est périodique.
7. Soit f : x 7→ |x − E(x) − 12 |. Montrez que f est périodique et paire.
Déterminez les réels x0 pour lesquels f est continue en x0 .
56
Exercice 3.53. Déterminez les limites suivantes :
1+3x2
q
1. limx→1 2 1+x 5. limx→−1 ln(x2 + 3x + 2) − ln(x + 1)
q 2
2. limx→2 cos(π x/8) 6. limx→2 3x3x−11x+8
2 −x−2
Exercice 3.56. Le but de cet exercice est de montrer que limθ→0 sinθ θ = 1.
Sur la figure ci-contre, OA = 1, la courbe reliant A à B est un arc de cercle
de centre O et de rayon 1, (OA) et (AC) sont perpendiculaires et B ′ est le
projeté orthogonal de B sur (OA), θ ∈ [0, π/2].
1. Exprimez en fonction de θ l’aire du secteur
circulaire C délimité en trait plein sur la fi-
gure. On pourra utiliser le fait que cette aire
est proportionnelle à θ.
2. Exprimez en fonction de θ les distances OB ′ , C
B
BB ′ et AC.
3. En comparant l’aire délimitée par C à l’aire
des triangles OBB ′ et OAC, montrez que :
θ
cos θ sin θ θ tan θ O B′ A
≤ ≤ .
2 2 2
sin θ
4. En déduire un encadrement de θ et la li-
mite limθ→0 sinθ θ .
57
Exercice 3.57. À l’aide de la limite démontrée dans l’exercice précédent,
déterminez les limites suivantes :
1. limx→0 sinxax où a ∈ R.
x
2. limx→0 sin
xα où α > 0.
ax ∗
3. limx→0 sin
sin bx où a ∈ R et b ∈ R .
4. limx→0 cosxx−1
2 .
5. limx→0 tan 3x
sin 2x .
px−sin px
6. limx→0 tan
tan qx−sin qx , p ∈ R,q ̸= 0.
Exercice 3.59. Soit f :]0, +∞[→ R une fonction telle que limx→0 fx(x)
2 = ℓ.
Déterminez les limites quand x tend vers 0 de :
f (x)
1. x
f (ax)
2. x2 (a > 0).
f (ax)
3. f (bx) (a > 0 et b > 0).
58
y
x
y
x
y
Si lim+∞ f = ℓ, on pourra
trouver une droite verticale D H
3. telle que la portion de Cf qui y=ℓ Cf
est à droite de D est aussi
dans H.
x
D
59
Considérons maintenant une fonction définie sur E et x0 ∈ / E tel que pour
tout δ > 0, ]x0 − δ, x0 + δ[ et E s’intersectent.
On dira que f a pour limite +∞ en x0 (notée limx0 f = +∞ ou limx→x0 f (x) =
+∞) si, quitte à rendre x très proche de x0 , on peut rendre f (x) aussi grand
que l’on veut. Graphiquement cela donne :
y x = x0
Pour visualiser si
Cf
limx0 f = +∞, on com-
mence par considérer la
1.
droite verticale d’équation
x = x0 dans un plan où est
tracé le graphe Cf de f .
y x = x0
Cf
On choisit une droite hori-
2. zontale D, aussi haute que
D
souhaitée.
y x = x0
H
x
On peut définir de manière similaire limx0 f = −∞.
60
Exercice 3.61. 1. Montrez graphiquement que la fonction f : R∗ → R
définie par f (x) = x1 n’a pas de limite quand x tend vers 0.
1 1
2. Les fonctions f+ :]0, +∞[→ R, x 7→ x et f− :] − ∞, 0[→ R, x 7→ x
ont-elles une limite en 0 ?
61
• si g est positive sur l’intersection de E avec un intervalle de la forme
]x0 − δ, x0 + δ[ pour un certain δ > 0, alors limx0 g1 = +∞.
• si g est négative sur l’intersection de E avec un intervalle de la forme
]x0 − δ, x0 + δ[ pour un certain δ > 0, alors limx0 g1 = −∞.
• sinon g1 n’a pas de limite en 0 (on pourra penser à x 7→ x1 en 0).
Il existe un certain nombre de cas pour lesquels on ne peut pas trancher, ce
sont les « formes indéterminées ». Les voici :
±∞ 0
”(+∞) − (+∞)”, ” ”, ” ”, ”0 × (±∞)”.
±∞ 0
Ces notations sont bien pratiques pour mémoriser les formes in-
déterminées mais elles n’ont pas leur place dans un raisonnement
mathématique correct. En conséquence, vous ne devez pas les utili-
ser sur vos copies.
Si l’on arrive à ces cas, il faut travailler avec l’expression de la fonction pour
x
« lever l’indétermination ». Considérons par exemple la fonction x 7→ x+1 et
cherchons sa limite en +∞ . En travaillant directement avec cette expression
on obtient ±∞±∞ . Si l’on écrit par contre (en mettant en facteur x au numérateur
x x
et au dénominateur) x+1 = 1 1 on obtient que limx→+∞ x+1 = 1.
1+ x
62
Exercice 3.70. Déterminez les limites suivantes :
√
1. lim sin(ex ) x+3−2
x→−∞ 11. lim
2. lim ex sin x
x→1 x−1
x→−∞ √
x− x+2
3. lim ln x cos x 12. lim √
x→0 x→2 4x + 1 − 3
4. lim ln(x3 + 7x) − ln(x2 + 2) √ √
x→+∞ x + 4 − 3x + 4
x+ex 13. lim √
5. limx→+∞ sin|x|−e−x x→0 x+1−1
2x
−4x+2
√
6. limx→+∞ (lnxe x)ex +xe2x +1
x+3−2
14. lim √ √
7. limx→+∞ cos x sin x2 1 x→1 2x + 1 − x+2
√ √
8. limx→+∞ x2 + x − 1 − x 15. lim 4x2 − x + 1 − 2x
√ x→+∞
x+3−2 √ √
9. lim √ √ 16. lim 9x2 + x + 1 − 9x2 − 1
x→1 2x + 1 − x + 2 x→+∞
√
2x + 3 − 3 1 + sin x − cos x
10. lim 17. lim
x→3 x−3 x→+∞ 1 + x2
63
Exercice 3.74. En utilisant le théorème des valeurs intermédiaires, montrez
que pour tout c ∈ [0, 2], l’équation xn + x = c a une solution dans [0, 1].
Exercice 3.77. Soit f une fonction continue de [0,1] dans [0,1]. Montrer
qu’il existe un élément x0 de [0,1] tel que f (x0 ) = x0 .
Exercice 3.78. Soit f : [0, 1] → R une fonction continue telle que f (0) =
f (1).
1. Quel est le domaine de définition de la fonction g : t 7→ f (t + 12 ) − f (t) ?
2. Montrez qu’il existe t0 ∈ [0, 12 ] tel que g(t0 ) = 0.
3. Que pensez vous de l’affirmation suivante :
À chaque instant, il y a toujours au moins un point sur l’équateur où
il fait exactement la même température en ce point et à son antipode.
64
fonction décroissante renverse les inégalités larges. On peut aussi dire qu’une
fonction croissante préserve l’ordre et qu’une fonction décroissante renverse
l’ordre.
65
1. 6.
f :R→R f :R→R
2
x 7→ x
x2 si x > 0
x 7→
2. x−1 sinon
f : [0, +∞[ → R 7.
2
x 7→ x
f : R∗ → R
3. 1
x 7→
x
f :R→R
8.
x2 si x > 0
x 7→
0 sinon
f : [0, π] → R
4. x 7→ cos x
f :R→R 9.
x2 si x > 0
x 7→ f :R→R
x sinon
x 7→ E(x)
5.
10.
f :R→R
x2 si x > 0 f :R→R
x 7→
x+1 sinon x 7→ x − E(x)
66
x −∞ 0 +∞
+∞
1
x 0 0
+∞
Et pour la fonction x ∈ R 7→ x2 on a :
x −∞ 0 +∞
+∞ +∞
2
x
0
Exercice 3.87. Dresser les tableaux de variation des fonctions usuelles in-
troduites dans la section 3.3.
À l’aide des propriétés des inégalités, on montre que les opérations sur les
fonctions ont les effets suivants sur leurs variations :
Proposition 3.88. Si f : E → R et g : E → R sont croissantes alors f + g :
E → R est croissante.
Démonstration. Soient x et y dans E tels que x ≤ y. Par la croissance de f et
de g, on a que :
f (x) ≤ f (y) et g(x) ≤ g(y)
En additionnant ces deux inégalités, on obtient que f (x) + g(x) ≤ f (y) + g(y),
ce qui par définition de f + g signifie bien que :
(f + g)(x) ≤ (f + g)(y).
67
Les propositions ci-dessus sont aussi valides quand f et g sont simultanément
strictement croissantes, décroissantes ou strictement décroissantes.
68
R0
r R1 − r
• •
Remarque 3.96. Contrairement aux autres notions sur les fonctions que nous
avons vues jusqu’ici, la notion de bijection est très sensible à l’ensemble d’ar-
rivée choisi !
69
1. u : R → R, x 7→ x2 . 4. u : [0, +∞[→ [0, +∞[, x 7→ x2 .
2. u : R → [0, +∞[, x 7→ x2 . 5. u :] − ∞, 0] → R, x 7→ x2 .
3. u : [0, +∞[→ R, x 7→ x2 . 6. u :] − ∞, 0] → [0, +∞[, x 7→ x2 .
Exercice 3.98. Pour chacune des fonctions suivantes, dire si elle est bijective
ou non. (On pourra s’aider d’un tableau de variation ou d’une représentation
graphique.)
1. f : R → R, définie par f (x) = sin x.
2. f : [−π/2, π/2] → R, définie par f (x) = sin x.
3. f : [−π/2, π/2] → [−1, 1], définie par f (x) = sin x.
70
Remarque 3.100. Dans la démonstration ci-dessus, on a vu que si I = [a, b] et
si u est croissante alors u([a, b]) = [u(a), u(b)]. Si u est décroissante et I = [a, b]
alors u([a, b]) = [u(b), u(a)].
Pour les autres types d’intervalles I et u : I → J une fonction strictement
croissante, on admettra les faits suivants.
• Si I =]a, b] alors u(I) =] lima u, u(b)].
• Si I = [a, b[ alors u(I) = [u(a), limb u[.
• Si I =]a, b[ alors u(I) =] lima u, limb u[.
La preuve du théorème dans ces cas nécessite une compréhension plus fine de
la notion de limite que celle dont on dispose dans ce cours.
Dans le cas où u est strictement décroissante, les bornes de u(I) sont in-
versées : par exemple, si u : [a, b[→ R est décroissante, alors u([a, b[) =
] limb u, u(a)].
71
Remarque 3.106. Similairement, si u est strictement décroissante, sa réciproque
l’est aussi.
Exercice 3.107. Soit f :]1, +∞[→]1, +∞[ définie par f (x) = x+1x−1 . Montrez
que f est une bijection et montrez que la réciproque de f est f .
Certaines des fonctions que nous avons rencontrées jusqu’ici ont été construites
comme réciproques d’autres fonctions.
Exemple 3.109. Soit u : [0, +∞[→ [0, +∞[ la fonction x 7→ xn . C’est une
fonction continue strictement croissante, sa réciproque v est la fonction y 7→
√n y.
72
Exercice 3.115. On note arcsin, arccos et arctan les fonctions réciproques
des fonctions :
π π
π π
sin : − , → [−1, 1], cos : [0, π] → [−1, 1] et tan : − , → R.
2 2 2 2
1. Calculer pour x ∈ [−1, 1], sin(arcsin x), cos(arcsin x), cos(arccos x),
sin(arccos x).
π
2. Montrer que : Pour tout x ∈ [−1, 1], arccos x + arcsin x = 2
3. Donner les variations et les courbes représentatives des fonctions sui-
vantes :
f (x) = arcsin(sin x) g(x) = arctan(tan x)
h(x) = arccos(cos x) et k(x) = arccos(sin x).
73
4. Dérivation et applications
Dans ce chapitre, on désignera par I un intervalle ouvert.
75
x0 est une fonction qui à une erreur e près se comporte comme une constante.
Une fonction dérivable en x0 est une fonction qui se comporte autour de x0
comme une fonction affine à une erreur de la forme he(h) près.
Pour formuler notre définition du nombre dérivé, on a besoin du fait suivant :
Proposition 4.4. Soient a1 , a2 , b1 , b2 des réels et e1 , e2 ∈ E. Si
alors a1 = a2 et b1 = b2 .
Démonstration. En faisant tendre h vers 0 dans
Définition 4.6. Dans la situation ci dessus, f ′ (x0 ) est appelé nombre dérivé
de f en x0 .
Définition 4.7. Dans la situation ci dessus, on dit que f (x0 ) + f ′ (x0 )h + he(h)
est un développement limité à l’ordre 1 de f en x0 .
Remarque 4.8. Si f est dérivable en x0 , on remarquera qu’en écrivant f (x0 +
h) = f (x0 ) + f ′ (x0 )h + he(h) on obtient, comme h 7→ f ′ (x0 )h + he(h) est dans
E, que f est continue en x0 .
Exemple 4.9. Considérons une fonction constante f : x 7→ c et x0 ∈ R. Alors :
f (x0 + h) = c = f (x0 ) + 0 × h + 0.
Comme la fonction constante égale à 0 est bien dans E, ceci montre que f est
dérivable en x0 et que sa dérivée vaut 0.
Exemple 4.10. Considérons une fonction affine f : x 7→ ax+b et x0 ∈ R. Alors :
Comme la fonction constante égale à 0 est bien dans E, ceci montre que f est
dérivable en x0 et que sa dérivée vaut a.
76
Exemple 4.11. Considérons la fonction carré f : x 7→ x2 et x0 ∈ R. Alors :
Comme la fonction h 7→ h2 est bien dans E, ceci montre que f est dérivable en
x0 et que sa dérivée vaut 2x0 .
f :R→R
√
1 − 2x(1 + x sin 1 )
x si x ̸= 0
x 7→
1 si x = 0
77
Cf
Dh
Mx0 +h
D
Mx0
x0 x0 + h
3 3
y y
2 2
1 1
x x
−3 −2 −1 1 2 3 −3 −2 −1 1 2 3
−1 −1
−2 −2
−3 −3
1) 2)
3 3
y y
2 2
1 1
x x
−3 −2 −1 1 2 3 −3 −2 −1 1 2 3
−1 −1
−2 −2
−3 −3
3) 4)
78
Exercice 4.17. En vous aidant des formules trigonométriques pour cos(x +
y) et sin(x + y) et des dérivées de sin et cos en 0, déterminez les dérivées des
fonctions sin et cos.
Exercice 4.18. Soit f : R → R définie par f (x) = |x|. Déterminez les réels
x0 pour lesquels f est dérivable en x0 et la valeur de f ′ (x0 ).
Exercice 4.21. À partir des exercices précédents, déterminez pour les fonc-
tions suivantes leur domaine de dérivabilité et leur fonction
√ dérivée de
2 3 1
x 7→ ax + b (a et b réels), x 7→ x , x 7→ x , x 7→ x et x 7→ x. x 7→ |x|.
79
On observe maintenant que comme e1 , e2 ∈ E, e1 + e2 ∈ E. Ceci montre que
u + v est dérivable en x0 et que (u + v)′ (x0 ) = u′ (x0 ) + v ′ (x0 ). En particulier
(u + v)′ = u′ + v ′ .
Pour la dérivée de uv, on calcule :
Il faut cependant être vigilant avec cette notation, en particulier e(h) − e(h) =
e(h), et pas autre chose !
80
Exercice 4.24. Déterminez la dérivée de la fonction x 7→ xn (vous pouvez
utiliser soit la formule du binôme de Newton, soit un raisonnement par
récurrence).
81
Exercice 4.26. Pour chacune des fonctions f ci-dessous, calculez sa fonction
dérivée f ′ .
1. f (x) = 3x3 + 2x − 2
√
2. f (x) = 2 cos(x) + x
√
3. f (x) = (x2 + 1) x
4. f (x) = cos(x) sin(x)
3x
5. f (x) = x2 +x+1
x+ 3
6. f (x) = x2 −1
√
1+ x
7. f (x) = 1+x
sin(x)
8. f (x) = tan(x) = cos(x)
82
On a donc :
(u ◦ v)(x0 + h) =u(v(x0 + h)
=u(v(x0 ) + v ′ (x0 )h + he(h))
=u(y0 + v ′ (x0 )h + he(h))
On en déduit que u◦v est dérivable en x0 et que sa dérivée est (u′ ◦v)(x0 )v ′ (x0 ),
et donc que (u ◦ v)′ = (u′ ◦ v) × v ′ .
83
Exercice 4.32. Pour chacune des fonctions f ci-dessous, calculez sa fonction
dérivée f ′ .
q
1. f (x) = 1 + cos(x)2
q
1
2. f (x) = sin x
1
3. f (x) = sin 4+x7 + sin 4 + x7
Exercice 4.34. Montrez que chacune des fonctions f ci-dessous est une
bijection, et calculez la dérivée de sa réciproque là ou c’est possible.
1. f : [0, +∞[→ [0, +∞[, définie par f (x) = x2 .
2. f : [−π/2, π/2] → [−1, 1], définie par f (x) = sin x.
3. f :] − π/2, π/2[→] − ∞, ∞[, définie par f (x) = tan x.
84
Le terme θe(θ) est négligeable devant θ, ce qui justifie l’approximation sin θ ≃
θ.
L’exercice suivant donne d’autres exemples de ces approximations :
Exercice 4.38. Quelles limites des exercices 3.53, 2.53 et 3.57 cette règle
permet-elle de calculer ?
85
On dit que l’incertitude absolue sur la mesure de x est de ∆x si l’on peut
être sûr 1 que |x − x| ≤ ∆x. ∆x a la même dimension que x.
On écrit souvent x = x ± ∆x. La valeur de ∆x est souvent déduite des
graduations sur lesquelles la mesure est faite : dans le cas d’une règle graduée
en mm, on prendra ∆x = 1mm. Sans information supplémentaire, on pourra
considérer que le dernier chiffre affiché est vrai à une unité près. Par exemple
sur un volt-mètre à affichage numérique donnant U = 2.45V , on prendra ∆U =
0.01V .
On suppose maintenant que l’on a mesuré une grandeur x avec une incerti-
tude ∆x, On note le résultat de la mesure x. On est intéressé par une autre
grandeur y liée à x par une relation de la forme y = f (x) où f est une fonction
dérivable. On va calculer y = f (x) et on cherche à contrôler |y − y|.
86
On résume souvent les conclusions de l’exercice précédent par la formule
« ∆f (x) = |f ′ (x)|∆x ».
Démonstration. On traite ici le cas où f est croissante, l’autre cas est laissé au
lecteur.
Soit x0 ∈ I et h > 0 assez petit alors x0 + h > x0 et, comme f est croissante,
f (x0 + h) ≥ f (x0 ) et donc f (x0 + h) − f (x0 ) ≥ 0. Comme h est positif, on en
déduit que :
f (x0 + h) − f (x0 )
≥ 0,
h
et, en faisant tendre h vers 0, on obtient que f ′ (x0 ) ≥ 0. Ce raisonnement
pouvant être fait en tout x0 de I, ceci nous dit bien que f ′ ≥ 0.
87
Exercice 4.44. Existe-t’il une fonction strictement croissante dont la déri-
vée n’est pas strictement positive ?
f (x0 + h) − f (x0 )
≤ 0,
h
et, en faisant tendre h vers 0, on obtient que f ′ (x0 ) ≤ 0.
Si h est négatif, on obtient alors :
f (x0 + h) − f (x0 )
≥ 0,
h
et, en faisant tendre h vers 0, on obtient que f ′ (x0 ) ≥ 0.
Donc 0 ≤ f ′ (x0 ) ≤ 0 et f ′ (x0 ) = 0.
Pour obtenir des informations sur les variations à partir des informations sur
la dérivée, nous avons besoin d’un outil un peu plus évolué : le théorème des
accroissements finis. Son énoncé est le suivant :
Théorème 4.49. Soit u : [a, b] → R une fonction continue, dérivable sur ]a, b[.
Alors on peut trouver c ∈]a, b[ tel que :
f (b) − f (a)
= f ′ (c).
b−a
88
"Démonstration". On va donner une preuve graphique. Une preuve plus rigou-
reuse sera donnée dans le cours d’analyse réelle du S2. Soient Cf le graphe de
f et A et B les points de coordonnées (a, f (a)) et (b, f (b)). Remarquons que
f (b)−f (a)
b−a est le coefficient directeur de la droite (AB).
Comme f ′ (c) est le coefficient directeur de la tangente à Cf en (c, f (c)),il
suffit de trouver un point de Cf où la tangente est parallèle à (AB).
Si le Cf est confondue avec le segment [AB], sa dérivée est constante égale
f (b)−f (a)
b−a et le théorème est vrai pour tout choix de c ∈]a, b[.
Sinon, il y au moins une partie de Cf qui n’est pas sur [AB], elle passe
donc forcément au-dessus ou en-dessous de (AB). Supposons qu’elle passe au-
dessus (le cas ou Cf est entièrement en-dessous se traite de la même manière)
et considérons la parallèle à (AB) la plus haute possible qui intersecte Cf et
appelons la D. Soit C ∈ Cf un point d’intersection de Cf et D. Notons (c, f (c))
les coordonnées de Cf . Par définition de D, Cf est entièrement en dessous de
D et, par l’exercice 4.48, D est la tangente à Cf en C.
D
•B
C
•
a
c b
A•
89
Exercice 4.52. Le but de cet exercice est de donner une preuve de l’inégalité
3 ≤ π ≤ 72 .
√
1. On va commencer par montrer que 32 < 3 < 74 .
√
a) Justifer l’inégalité 1 < 3 < 2.
b) En appliquant le théorème √ des accroissement fini à la fonction
√
2
x :7→ x sur l’intervalle
√ I = [ 3, 2], montrez qu’il existe c ∈] 3, 2[
tel que 1 = 2c(2 − 3.
c) En déduire l’inégalité demandée.
d) Optionnel En appliquant
√ le même√raisonnement avec ce meilleur
encadrement de 3, montrez que 3 ∈] 83 97
48 , 56 [.
2. On considère maintenant la fonction arcsin : [−1, 1] → [−π/2, π/2].
a) Calculez arcsin(0) et arcsin( 12 ).
b) En utilisant le fait que arcsin est la réciproque sin, calculez la
dérivée de arcsin.
π
c) En déduire qu’il existe c ∈]0, 21 [ tel que 6 = √1
2 1−c2
.
d) En déduire que π ∈]3, 72 [.
90
Exercice 4.54. Montrez que l’énoncé du théorème devient faux si on ne
suppose plus que I est un intervalle.
3 3
y y
2 2
1 1
x x
−3 −2 −1 1 2 3 −3 −2 −1 1 2 3
−1 −1
−2 −2
−3 −3
a) b)
3 3
y y
2 2
1 1
x x
−3 −2 −1 1 2 3 −3 −2 −1 1 2 3
−1 −1
−2 −2
−3 −3
c) d)
91
f (−x)f (x) = 1.
Si pour un réel x on a f (x) = 0, alors f (−x)f (x) = 0, ce qui est impossible.
Donc f ne s’annule pas sur R.
Théorème-Défintion 4.57. Il existe une unique fonction f , dérivable sur
R, telle que f = f ′ et f (0) = 1. On la nomme fonction exponentielle ; elle
est notée exp. On pose e = exp(1) et pour tout réel x, exp(x) = ex . On a
R → R∗+
exp :
x 7→ ex
92
dérivables. On a fa′ (x) = exp(x + a) exp(−x) − exp(x + a) exp(−x) = 0. fa est
donc une fonction constante sur R. De fa (0) = exp(a) on déduit que exp(x +
exp(a) 1
a) exp(−x) = exp(a) d’où exp(x + a) = exp(−x) = exp(x) exp(a) car exp(−x) =
exp(x).
Proposition 4.62. Pour tous réels x et y et pour tout entier relatif p on a
x
ex−y = eey , e−y = e1y et (ex )p = epx .
Démonstration. Cette propriété qui se déduit de la propriété précédente a été
démontrée dans un cadre plus général [exercice 2.16].
93
4.6.1. Fonction logarithme népérien
Nous avons établi que la fonction exponentielle est continue et strictement
croissante sur R. D’après le théorème 2.91 et la remarque 2.92 la fonction exp
est une bijection de ] − ∞, +∞[ sur ]0, +∞[.
Définition 4.66. La fonction logarithme népérien est la bijection réciproque
de la fonction exponentielle. Elle est notée ln. Ainsi :
x = ey
( (
y = ln x
⇔
x ∈ ]0, +∞[ y ∈ R
94
Exercice 4.71. Déterminez les limites suivantes :
1. limx→0 ln(1+x)
x
2. limx→0 ln(1+ax)
x
2
3. limx→0 ln(1−4x
x2
)
4. limx→0 ln(1+ax)
ln(1+bx) .
Démonstration. - Soit A > 0, il existe un réel à savoir eA > 0 tel que pour tout
x > eA , on a ln x > A. On a donc limx→+∞ ln x = +∞.
- Comme limx→0 x1 = +∞ et limx→+∞ ln x = +∞, d’après le théorème de
composition des limites on a limx→0 ln( x1 ) = +∞ ou encore limx→0 − ln x =
+∞. Il s’ensuit limx→0 ln x = −∞.
x
- Pour x > 0, on a lnxx = elnlnxx . Comme limx→+∞ ln x = +∞ et limx→+∞ ex =
ln x
+∞, d’après le théorème de composition des limites, on a limx→+∞ eln x = +∞.
Il s’ensuit limx→+∞ elnlnxx = 0 ou encore limx→+∞ lnxx = 0 .
95
n ln x
enfin x − n ln x = x(1 − x ), puis conclure.
ab = eb ln a
Remarque 4.77. • Cette définition est cohérente avec celle des puissances
entières : si n ∈ Z, an et en ln a sont égaux car ils ont le même logarithme
népérien.
• Nous connaissons la signification de aα lorsque a > 0 et α ∈ Q. Nous
avons montré ln aα = α ln a ce qui signifie encore aα = eα ln a ; cela justifie
l’extension. √
• Nous venons de donner un sens à l’écriture 2π , π 2 , etc...
• On a ln(ab ) = b ln a
Les règles de calcul sont les mêmes que celles relatives aux exposants entiers :
Proposition 4.79. Pour tous réels a > 0, a′ > 0 et quels que soient b et c
réels, on a :
• ab ac = ab+c
• a−b = 1b
• (ab )c = abc
• ab a′b = (aa′ )b .
96
D’après la définition 2.14 et la définition 4.76 on a pour tout x ∈ R,
expa (x) = ax = ex ln a .
On pose expa (x) = g ◦ f (x) où la fonction f définie par f (x) = x ln a est une
bijection continue de R sur R et g = exp.
• Si a = 1, exp1 (x) = 1.
• Si 0 < a < 1, on a ln a < 0 la fonction f est donc strictement décroissante,
et continue sur R. Comme la fonction exp est strictement croissante et
continue de R sur ]0, +∞[ alors gof est strictement décroissante et conti-
nue de R sur ]0, +∞[.
• Si a > 1, on a ln a > 0 la fonction f est donc strictement croissante,
et continue sur R. Comme la fonction exp est strictement croissante et
continue de R sur ]0, +∞[alors g ◦f est strictement croissante et continue
de R sur ]0, +∞[.
Dans chacun des deux derniers cas, d’après le théorème 2.91 et la remarque
2.92 la fonction expa est une bijection de ] − ∞, +∞[ sur ]0, +∞[.
Ainsi, pour a > 0, a ̸= 1 et x > 0, l’équation expa (y) = x admet une unique
solution notée loga (x). Ceci justifie la définition 2.17. La fonction logarithme
de base a est la fonction réciproque de la fonction exponentielle de base a.
Définition 4.81. Soit α un réel, la fonction fα définie sur R∗+ par fα (x) =
xα = eα ln x est appelée fonction puissance.
Proposition 4.82. • Si α = 0, fα = 1.
• Si α < 0, fα est strictement décroissante.
• Si α > 0, fα est strictement croissante.
Démonstration. On pose fα (x) = g ◦ f (x) où la fonction f est définie par
f (x) = α ln x est une bijection continue de R∗+ sur R et g = exp et on raisonne
comme au paragraphe précédent.
97
4.7. Étude de fonctions et optimisation
La dérivation est un outil très puissant. Ses liens avec les variations per-
mettent par exemple de résoudre certains problèmes d’optimisation.
sh(x)
th(x) = .
ch(x)
1. Calculez th′ .
2. Établir le tableau de variation de th.
2
3. Montrez que th(x) = 1 − e2x +1 . En déduire les limites de th en −∞ et
+∞.
Exercice 4.89. Parmi les rectangles de périmètre 1, lequel est d’aire maxi-
male ?
98
Exercice 4.90. Un gardien de phare en mer qu’on nomme P fait le trajet
pour atteindre la ville V . Il voyage en barque du phare au point M de la
côte à une vitesse de 4 km.h−1 , puis rejoint la ville à pied à une vitesse de
5 km.h−1 . On note x la distance OM en km. (Voir figure.)
3km
M
V
O 15km
99
B C
M
x
A D
I
10
Exercice 4.93. Une entreprise construit des boites en carton d’un litre de
forme parallélépipédique dont la base est carrée.
1. On note c le côté de la base (en décimètre), quelle est la hauteur h de
la boite ?
2. Calculer l’aire totale du carton utilisé pour fabriquer la boîte.
3. Comment choisir c pour que la quantité de carton utilisée soit la plus
faible possible ?
100
Exercice 4.95. Considérons une poutre de section rectangulaire dont la
base est de longueur b et la hauteur est de longueur h. La résistance des
matériaux nous apprends que la résistance de la poutre à la flexion engendrée
par une force verticale peut être décrite par le nombre b × h2 . On considère
le problème suivant : étant donné un tronc d’arbre circulaire de rayon 1, on
veut fabriquer la poutre à section rectangulaire la plus résistante possible.
La figure ci dessous montre la découpe que l’on veut utiliser. Exprimer h2
en fonction de b, puis déterminez la valeur de b pour laquelle la résistance
est maximale.
x3 + 3x − 1 = 3, 018. (E)
101
entre l’instant où le conducteur commence à freiner et celui où il s’arrête, et
dA la distance d’arrêt (qui est la distance parcourue pendant le temps tA ).
1. Montrer que la vitesse v(t) du véhicule est donnée par v(t) = −a(t −
t0 ) + v0 pour t0 ≤ t ≤ t0 + tA . En déduire tA .
2. Exprimer la distance parcourue d(t) par le véhicule entre les instants
t0 et t ( t0 ≤ t ≤ t0 + tA ). En déduire dA et conclure.
RE 2
P (R) = .
(R + r)2
102
variation de S sur l’intervalle [3; 12] et en déduire la valeur de x pour
laquelle S(x) est minimale.
Commentaire. La vitesse avec laquelle un comprimé soluble, de volume
donné, se dissout, augmente avec sa surface. Ceci explique pourquoi les fabri-
cants de médicaments se posent parfois des problème de recherche d’extrema.
103
A. Pour référence
A.1. Alphabet grec
Minuscule Majuscule Nom des lettres Correspondance en alphabet latin
α A alpha a
β B bêta b
γ Γ gamma g
δ ∆ delta d
ε E epsilon é
ζ Z dzêta dz
η H êta è
θ Θ thêta th
ι I iota i
κ K kappa k
λ Λ lambda l
µ M mu m
ν N nu n
ξ Ξ xi x
o O omicron o
π Π pi p
ρ P rhô r
σ Σ sigma s
τ T tau t
υ Υ upsilon y
φ Φ phi ph
χ X khi ch
ψ Ψ psi ps
ω Ω oméga ô
105
bh
• Aire d’un triangle : 2 où b est la base du triangle et h la hauteur (relative
à la base choisie).
b
• Aire d’un paraléllogramme : bh où b est la base du triangle et h la hauteur
(relative à la base choisie).
b
• Aire d’un disque de rayon r : πr2 . (Périmètre : 2πr.)
b
a
• Volume d’un prisme (ou d’un cylindre) : Ah où A est l’aire de la base B
et h la hauteur.
Ah
• Volume d’une pyramide (ou d’un cône) : 3 où A est l’aire de la base B
et h la hauteur.
106
h
4πr3
• Volume d’une boule de rayon r : 3 . Aire d’une sphère de rayon r :
4πr2 .
107