0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
245 vues107 pages

Poly Calculus 1

Transféré par

lamialililala
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
245 vues107 pages

Poly Calculus 1

Transféré par

lamialililala
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Calculus 1

27 septembre 2024
Table des matières
1. Rappels de calcul 5
1.1. Développer, Factoriser, Réduire, Résoudre . . . . . . . . . . . . 5
1.2. Equations de droites et systèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3. Inégalités, intervalles et valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4. Racines carrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5. Puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.6. Géométrie et trigonométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.7. Second degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.8. Polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

2. Nombre complexes et géométrie 21


2.1. Opérations sur les complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.2. Conjugaison, module, inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.3. Argument, forme exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

3. Généralités sur les fonctions 37


3.1. Image, antécédent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.2. Représentation graphique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.3. Botanique des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.3.1. Fonctions affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.3.2. Fonctions puissances entières . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.3.3. Fonctions racines et fonctions puissances rationnelles . . 43
3.3.4. Exponentielles et logarithmes de base a. . . . . . . . . . 44
3.3.5. Fonctions trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.4. Opérations sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.5. Limite finie en un réel, continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.6. Limite infinie, limite en l’infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
3.7. Théorème des valeurs intermédiaires. . . . . . . . . . . . . . . . 63
3.8. Variations, réciproque. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64

4. Dérivation et applications 75
4.1. Algèbre des fonctions qui tendent vers 0 en 0 . . . . . . . . . . . 75
4.2. Développement limité à l’ordre 1, nombre dérivé. . . . . . . . . 75
4.3. Fonction dérivée, règles de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.4. Dérivée et calcul d’incertitudes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
4.5. Dérivée et variation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87

3
4.6. LA fonction exponentielle, LE logarithme néperien et les fonc-
tions puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
4.6.1. Fonction logarithme népérien . . . . . . . . . . . . . . . 94
4.6.2. Retour sur les exponentielles de base a et les fonctions
puissance. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.7. Étude de fonctions et optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . 98

A. Pour référence 105


A.1. Alphabet grec . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
A.2. Périmètre, Aires et Volumes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
A.3. Formules de dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107

Introduction
Que vous souhaitiez étudier l’informatique, la physique, la chimie, l’ingénierie
ou les mathématiques, ce cours de mathématiques est le premier que vous
suivrez à l’UPEC.
Il passe en revue en leur apportant un nouvel éclairage les notions suivantes :
• Techniques de calculs élémentaires : développements, factorisation, (in)équation,
équations de droites, racines carrées, puissances, trigonométrie.
• Notion de fonction (d’une variable réelle à valeur réelle), opération sur les
fonctions, fonctions usuelles, limite d’une fonction en un un réel, conti-
nuité, variations.
• Dérivation, développement limité à l’ordre 1, études de fonctions, pro-
blèmes d’optimisation.
• Nombres complexes, forme algébrique et exponentielle, applications géo-
métriques.
Toutes ces notions sont reprises au début, de telle sorte que même si vous
n’avez pas suivi les enseignements et ou options de maths du nouveau bac il
vous est possible (bien que plus difficile) de réussir.
Un outil qui peut être intéressant en complément de ce cours est le cahier de
calcul disponible ici : [Link]
[Link].

4
1. Rappels de calcul
Le but de ce chapitre rapide est de revoir et réactiver les techniques de calculs
du collège et du lycée.

1.1. Développer, Factoriser, Réduire, Résoudre


On commence par travailler les règles habituelles de calcul littéral (dévelop-
pement, factorisations, identités remarquables...).
Pour des exercices supplémentaires, on pourra regarder les Fiches 1, 3 et 5
de [Link]

Exercice 1.1. (∗)


1. Rappelez les trois identités remarquables.
2. Etablissez des formules similaires pour (a + b)3 , (a − b)3 , (a + b)4 et
(a − b)4 .

Exercice 1.2. On considère une couronne circulaire délimitée par des cercles
de rayons r − h et r + h. Que pensez vous de l’affirmation suivante : "La
couronne a une longueur de 2πr et une largeur de 2h. L’aire c’est longueur
fois largeur, ça fait 4πrh."

h
r−
r
r+
h

5
Exercice 1.3. 1. Développez (a − b)(a2 + ab + b2 ) et (a + b)(a2 − ab + b2 ).
2. En utilisant les identités que vous avec obtenues, déterminez une fac-
torisation de a4 + (ab)2 + b4 .

Exercice 1.4. Factoriser :


1. (x + 2)2 − (x + 2)(x + 2)
2. a2 − (a − 3)2
3. y 2 − 8y + 16
4. (7x − 1)2 − (2x + 1)2

Exercice 1.5. Développer et simplifier au maximum :


1. (3x − 2)(x + 1) − (x + 2)2
2. (2x − y)2 + (x − 2y)2
3. 2(x + 3)(y + 2) − (x + y)2
4. 3(x − 2)(x + 1) − (x + 2)2

Exercice 1.6. Réduire au même dénominteur et simplifier :


x
1. x+1 − 2
x+2
2. 2x−1 + 2x
x 1
3. 2x+1 − x−3
1 1 1
4. x2 +x + x + x+1

Exercice 1.7. 1. Montrez que pour tous réels a, b, x et y on a :

(a2 + b2 )(x2 + y 2 ) = (ax − by)2 + (ay + bx)2 .

2. Montrez que pour tous réels a, b, c, d, x, y, z et t :

(a2 + b2 + c2 + d2 )(x2 + y 2 + z 2 + t2 ) = (ax − by − cz − dt)2


+ (ay + bx + ct − dz)2
+ (az + cx − bt + dy)2
+ (at + dx + bz − cy)2 .

6
Une équation est une expression mathématique de la forme A = B reliant
entre elles certaines variables. Souvent certaines de ces variables ont un statut
particulier : ce sont les inconnues, les autres sont appelés paramètres. Résoudre
une éqution, c’est en déduire de manière certaine toutes les valeurs possibles
pour la ou les inconnues. En présence d’un paramètre, la réponse peut dépendre
des paramètres : l’équation x + a = a, d’inconnue x, a comme seule solution
0, l’équation ax = 1, d’inconnue x, n’a pas de solution si a = 0 et a une seule
solution a1 si a ̸= 0.
Pour cela, on ne fait pas passer des choses d’un coté à l’autre ! Mais on a le
droit de faire deux choses :
• Factoriser, développer, réduire les expressions apparaissant de chaque
coté du signe égal.
• Effectuer exactement la même opération de chaque coté de l’équation (en
prenant bien du fait que cela suppose que l’on aie le droit de le faire).
Dans le deuxième cas, si on peut effectuer une opération qui permet de re-
venir en arrière on aura une équivalence. Si on ne peut pas revenir on aura
simplement une implication.

Exercice 1.8. Pour chacune des paires d’équations ci dessous :


• dire quelle opération permet de passer de l’une à l’autre.
• cette opération est elle possible pour toutes les valeurs des variables
de l’équation ?
• a-t-on a une équivalence ou simplement une implication entre les deux
équations ?
1. 6x − 4 = 2x + 1, 4x − 4 = 1.
2. 6x − 4 = 2x + 1, 4x = 5.
3. 3y = 12 cos y + 8, y = 4 cos y + 2.
t+2
4. t−1 = t + 1, t + 2 = t2 − 1.
5. x − y 2 = x − y, x + y = 1.
2

x+2 x2 +1
6. x+1 = x−3 , (x + 2)(x − 3) = (x2 + 1)(x + 1).
2
7. x = 4, x = 2.
8. θ = π3 , cos θ = 12 .
1 1
9. z+1 = z−1 , z + 1 = z − 1.

10. y − 2 = 3, y − 2 = 9.
√ √
11. 1 + y − 1 − y = 0, 2y = 0.

q q
b b
Exercice 1.9. Soient a, b et c des réels positifs vérifiants a+ c = a c.
Exprimez c en fonction de a et b.

7
1 1
Exercice 1.10. Soient x et y deux réels vérifiants x + y = a et y + x = b.
Exprimez xy en fonction de a et b.

y x+y
Exercice 1.11. Soit x, y et z trois réels positifs tels que x−z = z = xy .
Déterminez xy

1.2. Equations de droites et systèmes

Exercice 1.12. Résoudre pour (x, y) ∈ R2 le système :



7x + 2y =8
4x + y = −1

Exercice 1.13. Résoudre pour (x, y) ∈ R2 le système :



8x + 3y = 12
3x + y =7

Exercice 1.14. (∗) Rappelez la forme générale d’une équation de droite, et


donnez la méthode permettant de déterminez l’équation d’une droite passant
par deux points.

Exercice 1.15. Soit A, B, C et D les points de coordonnées respectives


(3, 4), (−1, 2), (−1, −2) et (3, 0).
1. Déterminez des équations des droites (AB) et (CD).
2. Déterminez l’intersection de (AB) et (CD)

Exercice 1.16. Soit A et B les points de coordonnées (−2, 6) et (3, 4).


Déterminez les points d’intersection de la droite (AB) avec les axes.

8
Exercice 1.17. Soit A, B, C et D les points de coordonnées respectives
(3, 4), (−1, 2), (−1, −2) et (3 − t, t) où t ∈ R est un paramètre. À quelle
condition sur t les droites (AB) et (CD) sont elles parallèles ?

Exercice 1.18. Résoudre pour (x, y) ∈ R2 le système :



x + 2y =7
2x − 3y = −2

3x + 4 =1
2x − 3y = 3

2x + 3y =7
6x − 9y = −2

Exercice 1.19. Résoudre pour (x, y) ∈ R2 le système :



 x+2y 11
xy = 12
 2x−3y = 2
xy 3

Exercice 1.20. (Plus théorique.) Soit ∆ et ∆′ deux droites sécantes. On note


A leur intersection. Soit ax + by + c = 0 une équation cartésienne de ∆ et
a′ x+b′ y+c′ = 0 une équation cartésienne de ∆′ . On pose P (x, y) = ax+by+c
et Q(x, y) = a′ x + b′ y + c′ .
Pour (α, β) ̸= (0, 0). On pose

Dα,β = {(x, y) ∈ R2 |αP (x, y) + βQ(x, y) = 0}.

1. Montrez que Dα,β est une droite.


2. Montrez que A ∈ Dα,β .
3. Montrez que pour toute droite D passant par A on peut trouver α0 et
β0 tels que D = Dα0 ,β0 .

1.3. Inégalités, intervalles et valeur absolue


Pour des exercices supplémentaires, on pourra regarder les Fiches 1 et 3 de
[Link]

9
Rappelons les définitions des intervalles, avec a et b des réels :
• ]a, b[= {x ∈ R|a < x < b}
• [a, b[= {x ∈ R|a ≤ x < b}
• ]a, b] = {x ∈ R|a < x ≤ b}
• [a, b] = {x ∈ R|a ≤ x ≤ b}
• ] − ∞, b[= {x ∈ R|x < b}
• ] − ∞, b] = {x ∈ R|x ≤ b}
• [a, +∞[= {x ∈ R|a ≤ x}
• ]a, +∞[= {x ∈ R|a < x}
La fonction valeur absolue est elle définie par :

x si x est un réel positif ou nul.
|x| = 
−x si x est une réel négatif.

Exercice 1.21. (∗) Rappelez les règles de manipulation des inégalités


(somme, produit, multiplication par une constante...)

a
Exercice 1.22. Soient a, b, c, d > 0 tels que b < cd.
1. Déterminez le signe de ad − bc.
a a+c
2. Montrez que b < b+d < dc .
3. Classez par ordre croissant 4/5, 3/4, 7/9, 10/13 et 11/14.

Exercice 1.23. Dans la résolution pour x ≥ 0 de l’inéquation suivante,


justifier chacune des équivalences :
√ √ 2
5x − 4 x2 + 9 > 0 ⇔ 25x2 − 16 x2 + 9 > 0
⇔ 25x2 − 16(x2 + 9) > 0
⇔ 9x2 − 16 × 9 > 0
⇔ x2 − 16 > 0
⇔ (x − 4)(x + 4) > 0
⇔ [x − 4 > 0 et x + 4 > 0] ou [x − 4 < 0 et x + 4 < 0]
⇔x−4>0
⇔x>4

Comment adapter cette résolution pour x ∈ R ?

10
Exercice 1.24. Résoudre pour x ∈ R les inéquations suivantes.
1. −4x − 1 ≤ 2.
2. 3x + 1 ≤ x − 7.
3. (4x + 1)(2 − x) ≥ 0.
4. (x2 + 1)(3x − 9)(x2 − 1) ≥ 0.
5. 16x2 ≤ 9.
7x+2
6. −3x+1 ≤ 2.

Exercice

1.25. Écrire comme

intervalle les ensembles suivants :
1. x ∈ R |x − 2| ≤ 3 .
n o
2. x ∈ R |x − 31 | ≤ 1
7 .
n o
3. x ∈ R |x + 52 | ≤ 3
2 .
n o
12 1
4. x ∈ R |x + 13 | ≤ 3 .
 
5. x ∈ R |4x + 7| ≤ 1 .
n o
6. x ∈ R |3x + 23 | ≤ 1
8 .
n o
7. x ∈ R |5x − 29 | ≤ 4
3 .

1.4. Racines carrées


Pour des exercices supplémentaires, on pourra regarder la Fiche 4 de https:
//[Link]/cdc/cahier_de_calcul_v3.pdf.
Profitons de ce rappel pour montrer un exemple de la structure d’un cours de
mathématiques à l’université. On commence par définir l’objet en question :

Définition 1.26. Soit x ∈ R, on dit que y ∈ R est une racine carré positive
de x si les deux conditions suivantes sont vérifiées :
• y ≥ 0.
• y 2 = x.

Dans le cours et les exercices qui suivent une définition, même si vous avez
déjà une familiarité avec l’objet en question les démonstrations ne doivent s’ap-
puyer que sur cette définition.

11
2
Exercice 1.27. À l’aide de la définition, montrez que 3 + 3 est une racine
carrée positive de 13 + 49 .

Exercice 1.28. À l’aide de la définition, montrez que si x a une racine carrée


positive alors x ≥ 0.

La suite du cours démontre des propriétés des objets en questions. On va


montrer ici par exemple qu’un nombre ne peut avoit qu’une seule racine carrée
positive.

Proposition 1.29. Soit y0 ∈ R et y1 ∈ R deux racines carrées positives de


x ∈ R. Alors y0 = y1 .

Démonstration. Comme y0 et y1 sont des racines positives de x, on a que


y0 ≥ 0, y02 = x, y1 ≥ 0 et y12 = x. On en déduit en particulier que y02 = y12 et
donc que y02 − y12 = 0, ce qui peut encore s’écrire :

(y0 − y1 )(y0 + y1 ) = 0.

Ceci implique que y0 − y1 = 0 ou y0 + y1 = 0 et donc que y0 = y1 ou y0 = −y1 .


Si la première alternative (y0 = y1 ) est vraie, la proposition est démontrée.
Sinon la deuxième alternative est vraie et comme y1 ≥ 0, on en déduit que
y0 = −y1 ≤ 0 et donc que 0 ≤ y0 ≤ 0. On a donc que y0 = 0 et y1 = −y0 = 0.
Donc y1 = y0 et la proposition est ainsi démontrée.

Il arrive parfois que nous ayons besoin de théorèmes ou de propositions que


nous ne pouvons pas démontrer avec les outils à notre disposition. Ces théo-
rèmes seront admis.
On admettra la théorème suivant :

Théorème 1.30. Soit x un nombre réel positif. Alors x a une unique racine
carrée positive.

Si x est un réel positif, sa racine carrée positive sera notée x.

Exercice 1.31. (∗)


1. Rappelez les règles de manipulation des racines. (racine d’un produit,
d’une puissance)
2. Les démontrer en utilisant la définition donnée ci dessus.

12
Exercice 1.32. On considère la définition suivante :

Définition 1.33. Soit x un nombre réel. Un inverse de x est un réel y tel


que xy = 1.

Montrez à l’aide de cette défintion :


1. que tout réel a au plus un inverse.
2. que 0 n’a pas d’inverse.
3. (en admettant que tout réel non nul x a un inverse noté x1 ), que pour x
 n
et y non nuls x1 y1 = xy
1
et pour x non nul et n entier naturel x1n = x1 .

√ 1√
Exercice 1.34. Simplifier au maximum 2 + 2+ + √1 .
2+ 2 2−2

√ √
Exercice 1.35. Montrez que 5 + 7 est solution de l’équation x4 − 24x2 +
4=0


r q
Exercice 1.36. Résoudre pour x ∈ R l’équation 1+ 2+ x = 2.


Exercice 1.37. 1. Calculez (3 + 5 7)2 .
q √
2. En déduire la valeur de 92 + 15 7.

3. Calculer la racine carrée
√ de 16−6 7. (On pourra chercher cette dernière
sous la forme a + b 7 où a et b sont des entiers.)

4. En déduire la racine carrée de 8 − 3 7.

Exercice 1.38. Soient x et y deux réels vérifiant √3 − √1 = √ 2√ , déter-


y x x+ y
minez xy .

Exercice 1.39. 1. Résoudre dans R l’équation


√ √
x+1+ x−1 1
√ √ = .
x+1− x−1 2

13
2. Déterminez pour quelles valeurs du paramètre réel p l’équation
√ √
x+1+ x−1
√ √ =p
x+1− x−1
a au moins une solution réelle.

1.5. Puissances
Pour des exercices supplémentaires, on pourra regarder la Fiche 2 de https:
//[Link]/cdc/cahier_de_calcul_v3.pdf.

Exercice 1.40. 1. Soient a et b des réels, m et n des entiers. Donnez les


règles de calcul pour :

m n n am  m
a
a a , (a × b) , n , .
a b
2. En revenant à la définition de an , démontrez les propriétés que vous
avez données à la première question.

(74 ×25 )2 213


Exercice 1.41. Écrire sous forme de fraction irréductible 148 × 67 et
8 2 2
12 (9 )
214 (68 ) .

Exercice 1.42. Soit x et y deux réels positifs non nuls, écrire sous la forme
xa y b les expressions suivantes :
x3 y 2
1. x2 y 13 .
3 2 3
2. (x y ) .
12
3. √x y
.
x3 y 4

1.6. Géométrie et trigonométrie


Pour des exercices supplémentaires, on pourra regarder la Fiche 8 de https:
//[Link]/cdc/cahier_de_calcul_v3.pdf.

14
π/2

(cos θ, sin θ)
sin θ •

π θ 0
cos θ

−π/2

Exercice 1.43. Soit θ un réel.


1. Comment peut-on placer sur le cercle trigonométrique le point Mθ de
coordonnées (cos θ, sin θ) ?
2. De quelle théorème de géométrie la relation cos2 θ + sin2 θ = 1 est-elle
une conséquence ?
3. À l’aide d’un cercle trigonométrique, démontrer les diverses relations
entre cos θ, sin θ, cos(−θ), sin(−θ), cos(π − θ), sin(π − θ), cos(π + θ),
sin(π + θ), cos( π2 − θ), sin( π2 − θ), cos( π2 + θ) et sin( π2 + θ).
4. Calculez cos θ et sin θ pour θ = 0, π6 , π4 , π3 , π2 . Attention, on ne vous de-
mande pas seulement d’aller chercher la valeur dans un livre ou votre
mémoire mais de déterminer cette valeur par un raisonnement géomé-
trique ou algébrique : pour π4 , on pourra commencer par montrer que
cos π4 = sin π4 , pour θ = π3 , on pourra reconnaître un triangle équilatéral.

On rappelle les points suivants :


Un repère orthonormé du plan est donné par :
• Un point O appelé origine.
• Deux vecteurs ⃗i et ⃗j, de norme 1 et orthogonaux.
Si on travaille dans l’espace à 3 dimensions, on aura trois vecteurs ⃗i, ⃗j et ⃗k.
On dit qu’un vecteur ⃗u pour composantes (ux , uy ) si :

⃗u = ux⃗i + uy⃗j.

On dit qu’un point M a pour coordonnées (xM , yM ) si :


−−→
OM = xM⃗i + yM⃗j.

15
Exercice 1.44. Illustrez le point de cours précédent par une figure.

Exercice 1.45. Si ⃗u et ⃗v sont deux vecteurs, quelles sont les composantes


de −⃗u et ⃗u + ⃗v ? Prouvez-le !

Exercice 1.46. Si M et N sont deux points du plan muni d’un repère


−−→
orthonormé (O,⃗i, ⃗j). Quelles sont les composantes du vecteur M N ? Prouvez
le !
−−→ −−→ −−→
Pour la preuve, exprimez M N en fonction de OM et ON à l’aide de la
relation de Chasles.

Exercice 1.47. Quelles sont les composantes dans le repère (O,⃗i, ⃗j) d’un
vecteur F⃗ de norme F faisant un angle θ avec l’axe O⃗i ?

Exercice 1.48. Exprimez l’aire d’un triangle ABC en fonction des lon-
gueurs AB et AC et de l’angle en A. On pourra commencer par déterminer
la longueur de la hauteur issue de C.

Exercice 1.49. On considère la figure suivante :

K C J

α
D H
β
B

O A I

où OIJK est un rectangle et ABCD est un losange inscrit dans OIJK dont
tous les côtés sont de longueur 1. La droite (DH) est parallèle à (OI).
1. Exprimez l’aire du losange ABCD en fonction de α + β.
2. Exprimez en fonction de α et β les longueurs OA, OD, DK et KC.

16
3. Quelle relation y-a-t’il entre les aires du losange ABCD, du rectangle
OIJK et des triangles OAD, KDC, JBC et IAB ?
4. En déduire la formule donnant sin(α + β) en fonction de cos α, sin α,
cos β et sin β.

Exercice 1.50. En admettant la formule sin(α + β) = sin α cos β +


cos α sin β, retrouvez les formules exprimant sin(α − β), cos(α + β) et
cos(α − β) en fonction des cosinus et sinus de α et β.

1.7. Second degré


Pour des exercices supplémentaires, on pourra regarder la Fiche 6 de https:
//[Link]/cdc/cahier_de_calcul_v3.pdf.

Exercice 1.51. (∗) Rappelez le théorème permettant de résoudre les équa-


tions du second degré.

Exercice 1.52. Soit a un paramètre réel. On considère l’équation :

x2 − ax + 6 = 0 (Ea ).

1. Pour quelle valeur de a le nombre 2 est-il une solution de (Ea ) ?


2. Pour quelle valeur de a cette équation a-t-elle des solutions réelles ?

Exercice 1.53. 1. On considère le polynôme p(x) = x2 + bx + c où b et


c sont tels que p a deux racines réelles r1 et r2 . Exprimez b et c en
fonction de r1 et r2 .
2. Utilisez ce résultat pour trouver deux entiers dont la somme est 50 et
le produit est 504.
3. Déterminez une condition nécessaire et suffisante sur p et s pour qu’il
existe deux réels de somme s et produit p.

Exercice 1.54. Soit c un paramètre réel. Dans chacun des cas suivant, dire
à quelle condition sur c les équations suivantes (d’inconnues x) ont deux
solutions réelles :

17
1. x2 = c.
2. x2 − cx = 0.
3. cx2 − 2x + 1 = 0.
4. (x + c)2 + 1 = 0.

Exercice 1.55. Factorisez les polynômes du second degré suivant et dressez


leur tableau de signe :
1. x2 + x − 2.
2. x2 − cx.
3. −2x2 − 3x + 2.
4. (x + c)2 − 1.

Exercice 1.56. Soient a, b et c des réels tels que a ̸= 0. Vous avez étudié
en première les propriétés les trinômes P (x) = ax2 + bx + c où x est une
variable réelle.
Le but de cet exercice est de démontrer ces propriétés.
 
b 2
1. Déterminer un réel d tel que P (x) = a (x + 2a ) −d .
2. On suppose que d ≥ 0, factoriser P (x) en utilisant l’identité remar-
quable A2 − B 2 = · · · .
3. Toujours sous la condition d ≥ 0, en déduire toutes les solutions de
l’équation P (x) = 0 ainsi que le signe de P en fonction de x.
4. On suppose d < 0, déterminer toutes de l’équation P (x) = 0 ainsi que
le signe de P en fonction de x.

Exercice 1.57. Dans un plan muni d’un repère orthonormé on considère le


cercle C de centre l’origine et de rayon 1. A le point de coordonées (−1, 0)
et Bt le point de coordonées (0, t) où t est un paramètre réel.
1. Déterminez une équation du cercle C.
2. Lequel des points A et Bt appartient à C ?
3. Détereminez une équation de la droite (ABt ).
4. Déterminez les coordonées de Mt , point d’intersection de C et (ABt )
qui n’est pas A.
⃗ et AB
5. Soit θ l’angle entre AO ⃗ t . Montrer que t = tan θ.
6. En déduire les identités suivantes :
1 − tan2 θ 2 tan θ
cos 2θ = 2 , sin 2θ = .
1 + tan θ 1 + tan2 θ

18
1.8. Polynômes
Il est utile de savoir factoriser des polynômes de degré supérieur à 2. Pour
cela on se servira du fait suivant : si un polynôme P (x) de degré n vérifie
P (a) = 0 pour un réel a, alors on peut trouver un polynôme Q de degré n − 1
tel que P = (x − a)Q. En calculant P (a) pour des valeurs simples de a, on
peut parfois trouver des racines et factoriser des polynômes.
Considérons par exemple le polynôme p(x) = x3 + 3x2 − 2x − 6, qui est de
degré 3. On remarque que p(−3) = −27 + 27 + 6 − 6 = 0, donc par la propriété
ci dessus, on peut trouver un polynôme q de degré 2 tel que p(x) = (x + 3)q(x).
Cherchons q sous la forme q(x) = ax2 + bx + c où a, b et c sont des paramètres
réels à déterminer. En utilisant les expressions pour p et q, l’égalité p(x) =
(x + 3)q(x) devient :

x3 + 3x2 − 2x − 6 = (x + 3)(ax2 + bx + c) = ax3 + (3a + b)x2 + (3b + c)x + 3c.

En identifiant les coefficients, on obtient que a = 1, 3a + b = 3, 3b + c = −2 et


3c = −6. Ceci forme un système que l’on peut résoudre pour obtenir : a = 1,
b = 0 et c = −2, d’où : p(x) = (x + 3)(x2 − 2). On peut encore factoriser le
polynôme de degré 2 qui est apparu pour obtenir :
√ √
p(x) = (x + 3)(x − 2)(x + 2)

Exercice 1.58. Factoriser les polynômes suivants et déterminez leur tableau


de signe.
1. x3 + 2x2 − 5x − 6.
2. x3 − x2 − x − 2.
3. x4 − 1.
4. x4 + 2x3 − 12x2 + 13x − 10.

19
2. Nombre complexes et
géométrie
Pour des exercices supplémentaires, on pourra regarder les Fiches 16 et 17
de [Link]

2.1. Opérations sur les complexes


Les nombres complexes sont construits à partir des nombres réels en y ajou-
tant un nouveau nombre i dont on convient qu’il vérifie i2 = −1.
Définition 2.1. Un nombre complexe est une expression de la forme a + ib où
a et b sont des nombres réels. On note C = {a + ib|(a, b) ∈ R2 } l’ensemble de
tous les nombres complexes.
Tout comme x et y sont souvent utilisés pour désigner des nombres réels, les
lettres z et w sont souvent utilisées pour désigner des nombres complexe.
Définition 2.2. Soit z = a + ib ∈ C où (a, b) ∈ R2 . On dit que a est la partie
réelle de z (notée Re(z)) et que b est la partie imaginaire de z (notée Im(z)).
Pour faire des additions, des différences ou des produits de nombres com-
plexes on traite i comme une variable et on utilise la relation i2 = −1. On
obtient ainsi, si z = x + iy et w = a + ib sont deux complexes :
z + w = (x + iy) + (a + ib)
= x + a + iy + ib
= (x + a) + i(y + b)
Et :
zw = (x + iy)(a + ib)
= xa + xib + iya + iyib
= xa + ixb + iya + i2 yb
= xa + ixb + iya − yb
= (xa − yb) + i(xb + ya)
Comme cas particulier, on a la multiplication par une nombre réel λ : λz =
λ(x + iy) = λx + iλy. On pose −z = (−1)z = (−x) + i(−y), ceci permet de
définir la différence de deux nombres complexes : z − w = z + (−w).

21
La multiplication et l’addition de nombres complexes a des propriétés très
similaires à l’addition et la multiplication complexe :
Proposition 2.3. Soient z1 , z2 et z3 des complexes, alors :
1. z1 + z2 = z2 + z1 .
2. (z1 + z2 ) + z3 = z1 + (z2 + z3 ).
3. z1 z2 = z2 z1 .
4. (z1 z2 )z3 = z1 (z2 z3 ).
5. z1 (z2 + z3 ) = z1 z2 + z1 z3 .
Remarque 2.4. Cette présentation n’est pas entièrement rigoureuse, on devrait
plutôt prendre comme définition de la somme +C et du produit ×C de com-
plexes les formules (x+iy)+C (a+ib) = (x+a)+i(y +b) et (x+iy)×C (a+ib) =
(xa−yb)+i(xb+ya). On peut alors démontrer la proposition ci dessus, essayez
par exemple de montrer ainsi que (z1 ×C z2 ) ×C z3 = z1 ×C (z2 ×C z3 ).

Exercice 2.5. Écrire les nombres complexes sous la forme a + ib avec a, b


des réels.
1. (1 + i) − (7 − 2i).
2. (1 − i) + (2 − 3i).
3. ( 21 + i) − (1 + i).
4. 2(3 + i) − (2 − 3i).
5. (3 − 2i)2 .
6. (2 + i) + i(1 + i).
7. (2 − i)(−1 + 2i).
8. (1 + i)(7 − i).
9. (4 − 3i)(1 + 2i).
10. (3 − i)(1 + i).
11. (2 − i)(1 − i)(3 − i).
12. (2 − i)3 .
13. (2 + i)2 − (2 − i)2 .
14. (1 + i)4 .

Exercice 2.6. Pour quelles valeurs du réel α le complexe (2 − αi)(α +


3i)(2α + i) est il réel ?

22

3
Exercice 2.7. Pour quelles valeurs de β ∈ R z = β + 2 i est il solution de
z2 + z + 1 = 0 ?

On va faire un peu de géométrie, à partir de maintenant quand on parlera


d’un plan on supposera qu’il est muni d’un repère orthonormé (O,⃗i, ⃗j).
Dans un plan muni d’un repère (O,⃗i, ⃗j), vous avez appris 1 depuis longtemps
à utiliser deux nombres réels (abscisse et ordonnée) pour repérer des points ou
décrire des vecteurs. Grâce aux complexes, un seul nombre suffit :

Définition 2.8. Soit A un point du plan dont les coordonnées sont (xA , yA ).
L’affixe de A est le complexe zA = xA + iyA . !
x⃗u
De même si ⃗u est un vecteur du plan dont les composantes sont . L’affixe
y⃗u
de ⃗u est le complexe z⃗u = x⃗u + iy⃗u .

z = x + iy
y

⃗j

O ⃗i x

Exercice 2.9. On considère les points M1 , M2 , M3 et M4 du plan représentés


sur la figure ci dessous.
M3

M2

M4 M1

1. Pour chaque point Mk , déterminez son affixe zk .


1. On rappelle que si (O,⃗i, ⃗j) est un repère du plan les composantes du vecteur ⃗u sont
les réels x et y tels que ⃗u = x⃗i + y⃗j et les coordonnées d’un point sont les composantes du

vecteur OA.

23
2. Pour chacun des zk , placer dans le plan le point Mk′ d’affixe izk .
3. Quelle transformation géométrique permet de passer de Mk à Mk′ ?

Proposition 2.10. Soit ⃗u et ⃗v deux vecteurs du plan d’affixes z⃗u et z⃗v . Soient
α et β des réels. Alors l’affixe de α⃗u + β⃗v est αz⃗u + βz⃗v .

Proposition 2.11. Soient A et B deux points du plan dont les affixes respec-
tives sont zA et zB . Alors
⃗ est zB − zA .
• l’affixe de AB
• l’affixe du milieu de [AB] est zA +z
2 .
B

Exercice 2.12. Soit ABCD un carré tel que l’affixe de A est 0 et celle de
B est 1. Déterminez les affixes de C, D et de l’intersection I des diagonales
de ABCD.

Exercice 2.13. Soit ABC un triangle équilatéral tel que l’affixe de A est
0 et celle de B est 1. Déterminez les affixes de C et de l’intersection des
médianes de ABC.

Exercice 2.14. Démontrer les deux propositions ci dessus.

Exercice 2.15. Soit ABCD un quadrilatère. On note I, J, K et L les


mileux respectifs de [AB], [BC], [CD] et [DA]. Montrez que IJKL est un
parallélogramme.

2.2. Conjugaison, module, inverse


Définition 2.16. Soit z = x + iy ∈ C un complexe. Le conjugué de z, noté z,
est le complexe z = x − iy.

La conjugaison a de très bonne propriétés pour les calculs :

Proposition 2.17. Si z et w sont des complexes, on a :


• z + z = 2 Re z,
• z − z = 2i Im z,
• z + w = z + w,
• zw = z w.

24
Exercice 2.18. Démontrez la proposition ci dessus.

Exercice 2.19. À l’aide de la proposition ci dessus, montrez que si (z, w) ∈


C2 et (α, β) ∈ R2 alors αz + βw = αz + βw.

La conjugaison permet de caractériser facilement les nombres réels ou ima-


ginaires purs parmi les complexes :
• z est réel si et seulement si z = z.
• z est imaginaire pui si et seulement si z = −z.
Proposition 2.20. Soit z = x + iy ∈ C alors zz = x2 + y 2 .
Démonstration. C’est un calcul simple utilisant l’identité remarquable (a +
b)(a − b) = a2 − b2 :

zz = (x + iy)(x − iy) = x2 − (iy)2 = x2 − i2 y 2 = x2 − (−1)y 2 = x2 + y 2 .


Définition 2.21. Soit z ∈ C. Le module de z, noté |z|, est le réel zz
Remarque
√ 2 2.22. Si z = x + iy, la proposition précédente donne que |z| =
2
x + y . La racine carrée n’étant pas l’opération mathématique la plus simple
à manipuler, on calculera souvent le carré du module par la formule zz = |z|2 .
Des propriétés du conjugué on déduit :
Proposition 2.23. Si (z, w) ∈ C2 , |zw| = |z| |w|.
Démonstration. C’est un calcul très simple :

|zw|2 = zw × zw = zwzw = zzww = |z|2 |w|2 .

En prenant la racine carrée (tout les réels impliqués sont positifs !) on obtient
bien que |zw| = |z| |w|.
On en déduit les propriétés fondamentales suivantes :
Proposition 2.24. Soient z et w des complexes. Alors :
• z = 0 si et seulement si |z| = 0.
• zw = 0 si et seulement si z = 0 ou w = 0.
Démonstration.√Si |z| = 0, alors en écrivant z = x + iy avec x et y des réels,
on obtient que x2 + y 2 = 0, et donc x2 + y 2 = 0. Comme x2 ≥ 0 et y 2 ≥ 0,
on en déduit que 0 ≤ x2 ≤ x2 + y 2 = 0, d’où x2 = 0 et donc x = 0. De même
y = 0. Et donc z = 0 + 0i = 0.

25
Le module a une interprétation géométrique très utile :
Proposition 2.25. Soit M un point du plan d’affixe z, alors le module de z
est la distance OM de M à l’origine.
Proposition 2.26. Soit A et B des points du plan d’affixes zA et zB , alors la
distance de A à B est égale à |zA − zB |.

y z

|z |

⃗j

O ⃗i x

Exercice 2.27. Soit ABCD un parallélogramme.


1. On munit le plan d’un repère orthonormé dont l’origine est A. Exprimez
l’affixe de C en fonction des affixes de B et D.
2. Montrez que AC 2 + BD2 = 2(AB 2 + AD2 ).

Exercice 2.28. Soit (E) l’équation |z − 1| = |z + 1| d’inconnue z ∈ C.


Résoudre cette équation de trois manières différentes :
1. En interprétant les modules comme des distances.
2. En exprimant les modules à l’aide de conjugués.
3. En cherchant z sous la forme x + iy où (x, y) ∈ R2 .

Exercice 2.29. Soit z et w deux complexes non nuls tels que w ne peut pas
s’écrire λw pour λ réel.
1. Décrire l’ensemble D des points dont l’affixe est de la forme tw pour
t ∈ R.
2. Le point A d’affixe z appartient-il à D ?
3. On considère la fonction f : R → R définie par f (t) = AMt où Mt est
le point d’affixe tw. Donnez une expression de f (t) en fonction de t, w
et z.
4. Montrez que f à un minimum en 0 si et seulement z est de la forme
ciw où c ∈ R.

26
Les inégalités suivantes ont des interprétations géométriques très naturelles :

Proposition 2.30. Soit (z, w) ∈ C2 , alors :


• Re z ≤ |z|.
• |z + w| ≤ |z| + |w|. De plus si |z + w| = |z| + |w| et z ̸= 0, w ̸= 0 alors
on peut trouver un réel λ > 0 tel que w = λz.

Exercice 2.31. Soit A, B, C et D des points d’affixes respectives a, b, c et


d.
1. Factoriser (a − b)(c − d) + (a − d)(b − c).
2. En déduire que AC × BD ≤ AB × CD + AD × BC. (Inégalité de
Ptolémée)

Jusqu’ici nous avons considéré comme opérations sur les complexes l’addi-
tion, la soustraction et la multiplication. Pour définir le quotient, nous allons
passer par le conjugué et le module. On va commencer par calculer l’inverse
d’un complexe non nul z. Pour cela, on va utiliser la relation zz = |z|2 :

1 1z z 1
= = 2 = 2 z.
z zz |z| |z|

Qu’a t-on gagné avec cette écriture ? À première vue on simplement remplacé
le calcul de z1 par le calcul de |z|1 2 . Cependant, |z|1 2 est un nombre réel, et on
sait multiplier un complexe par un nombre réel. En pratique, on calcule un
quotient de nombres complexes en multipliant numérateur et dénominateur
par le conjugué du dénominateur. Illustrons ceci sur un exemple :

3−i 3 − i 1 − 2i (3 − i)(1 − 2i) 1 − 7i 1 7


= = = = − i.
1 + 2i 1 + 2i 1 − 2i (1 + 2i)(1 − 2i) 5 5 5

Exercice 2.32. Écrivez les complexes suivant sous la forme x + iy :


2+i 4+i
1−i 1 − 2i
2 1 − 3i
4+
1+i 1 − 2i
2 + 3i 1+i
3+i 1−i

1 1
Exercice 2.33. Soit z un complexe non nul, montrez que z + z est réel.

27
⃗ et AB
Comme trois points A, B et C sont colinéaires si et seulement si AC ⃗
sont colinéaires, en passant aux affixes on obtient :
Proposition 2.34. Soient A, B, C trois points d’affixes respectives zA , zB ,
zC . Alors A, B et C sont alignés si et seulement si zzBC −z
−zA ∈ R.
A

Dans l’ensemble R des réels, seuls les nombres positifs ont une racine carrée.
Pour passer de R à C, nous avons ajouté aux réels un nouveau nombre (i) qui
est une racine carrée de -1. Grâce à cela nous pouvons construire des racines
carrées
√ pour ∈ R est positif,
√ tous les réels. En effet si a √ √ ses racines carrées sont
a et − a, alors que si a est négatif, i −a et −i −a sont les racines carrées
(complexes !) de a. On va voir que l’on peut faire encore mieux :
Proposition 2.35. Tout complexe non nul z a exactement deux racines carrées
qui sont opposées.
Démonstration. Soit z ∈ C\{0}. Montrons tout d’abord que z a une racine
carrée. Ecrivons z sous sa forme algébrique x + iy, et cherchons sa racine carrée
w sous sa forme algébrique a + ib. w est une racine carrée de z si et seulement
si w2 = z. En utilisant les formes algébrique de z et w, cette équation est
équivalente à :
(a2 − b2 ) + 2iab = x + iy.
En identifiant parties réelles et imaginaires on obtient le système :

a2− b2 = x
2ab = y
.

Ce système contient assez d’information pour retrouver a et b, mais on peut


avoir des calculs un peu plus simple en remarquant que si w2 = z alors |w2 | =
|z|
√ 2et donc, vu les propriétés du module, |w|2 = |z|, ce qui donne : a2 + b2 =
x + y 2 . On a donc en fait trois équations :

2 2
√ 2




a + b = x + y2

a2 − b2 = x

2ab = y

En faisant la somme et la différence des deux premières équations, on obtient


alors : 




2a2 = A

2b2 = B

2ab = y

√ √
où l’on a posé A = x2 + y 2 + x et B = x2 + y 2 − x. Remarquons q que A
A
et B sont positifs car | Re z| ≤ |z|. On obtient donc que a vaut ± 2 et que b
q
vaut ± A2 . Cependant on ne peut pas choisir les signes de a et b librement, en

28
effet la troisième équation nous dit que le produit
q de a q
et b a le mêmeqsigne
que y, en particulier si y ≥ 0 on obtient (a = 2 et b = B2 ) ou (a = − A2 et
A
q q q q
b = − B2 ). De même si y < 0, on a (a = A2 et b = − B2 ) ou (a = − A2 et
q
b = B2 ). On obtient donc comme solutions de z 2 = w :
 q q 
A B
± +i si y ≥ 0


z= q 2 q 
2
A B
± −i si y < 0


2 2

Exercice 2.36. Déterminez les racines carrées des complexes suivants :


1. x où x est un réel négatif.
2. i.
3. −3 − 4i.
4. 5 + 12i.

Une fois que l’on sait extraire des racines carrées, nous pouvons résoudre
l’équation générale du second degré :
Proposition 2.37. Soit (E) l’équation az 2 + bz + c = 0 d’inconnue complexe
z, où (a, b, c) ∈ C3 et a ̸= 0. On pose ∆ = b2 − 4ac. Soit δ une racine carrée
de ∆. Les solutions de (E) sont données par :
−b − δ −b + δ
z1 = , z2 =
2a 2a
Démonstration. On met le trinôme sous forme canonique :
 !2   !2 
b b2 − 4ac  b ∆
az 2 + bz + c = a  z+ − 2
= a z + − 2
2a 4a 2a 4a

δ 2
 

et, on peut maintenant réécrire 4a2 = 2a on factorise la différence de carrés :
 !2 !2  ! !
b δ b δ b δ
a z+ −  =a z+ − z+ + .
2a 2a 2a 2a 2a 2a

L’équation (E) est alors équivalente à l’équation produit :


! !
b δ b δ
a z+ − z+ + = 0.
2a 2a 2a 2a
−b−δ −b+δ
dont les solutions sont 2a et 2a .

29
Exercice 2.38. Soit P un polynôme à coefficients réels, montrez que si
P (z) = 0 alors P (z) = 0.

Exercice 2.39. Résoudre dans C les équations suivantes :


1. z 2 − 2z + 5.
2. z 2 − (1 − i)z − (2 − i).
3. z 2 + (3 − 2i)z + (5 − i).

Exercice 2.40. Soit A, B et Ω respectives les points d’affixes −1, 2 + 3i, et


1 + i soit C le cercle de centre Ω et de rayon 1.
1. Montrez que M ∈ (AB) si et seulement si son affixe z vérifie (1 − i)z −
(1 + i)z = 2i.
2. Montrez que M ∈ C si et seulement si son affixe vérifie |z −(1+i)|2 = 1.
3. En déduire que les affixes des points d’intersection de C et (AB) véri-
fient une équation de degré 2 que l’on précisera.
4. Déterminez les affixes des intersections de C et (AB).

2.3. Argument, forme exponentielle


Posons, pour θ un réel quelconque, f (θ) = cos θ + i sin θ. Et calculons, pour
des réels θ et ϕ :
f (θ)f (ϕ) = (cos θ + i sin θ)(cos ϕ + i sin ϕ)
= cos θ cos ϕ + i cos θ sin ϕ + i sin θ cos ϕ + i2 sin θ sin ϕ
= cos θ cos ϕ − sin θ sin ϕ + i(cos θ sin ϕ + sin θ cos ϕ)
= cos(θ + ϕ) + i sin(θ + ϕ)
f (θ)f (ϕ) = f (θ + ϕ)
Où l’on a utilisé les formules usuelles pour cos(θ + ϕ) et sin(θ + ϕ) (si vous ne
les connaissez pas encore, pas de panique ! les complexes vous donnerons une
façon de les retrouver très rapidement.)
On a vu aux chapitres précédents que les seules fonctions g : R → R vérifiant
g(x)g(y) = g(x + y) sont les fonctions x 7→ eλx où λ ∈ R, ces fonctions vérifient
g ′ = λg. Si l’on dérive (formellement) notre fonction f , on obtient que :
f ′ (θ) = − sin θ + i cos θ
= i(cos θ + i sin θ)
= i f (θ)

30
Ces coïncidences troublantes nous poussent à introduire la définition sui-
vante :
Définition 2.41. Pour tout réel θ, le complexe eiθ est défini par :

eiθ = cos θ + i sin θ.

eiθ = cos θ + i sin θ


sin θ •

θ
cos θ

Exercice 2.42. Déterminez pour θ ∈ R le module de eiθ .

Exercice 2.43. Déterminez la forme algébrique de eiπ , eiπ/2 , eiπ/3 , eiπ/4 et


eiπ/6 .

L’exponentielle complexe a les propriétés suivantes :


Proposition 2.44. 1. ei(θ+ϕ) = eiθ eiϕ
2. eiθ = e−iθ
1 −iθ
3. eiθ = e
iθ n inθ
4. (e ) = e

Exercice 2.45. Démontrez la proposition ci dessus.

Il est souvent utile d’exprimer cos θ et sin θ en fonction de eiθ . Ce sont les
formules d’Euler.
Proposition 2.46. Pour θ ∈ R, on a :
eiθ + e−iθ eiθ − e−iθ
cos θ = et sin θ = .
2 2i

31
Exercice 2.47. Démontrez cette proposition.

Ces formules donnent des moyens très pratiques de retrouver les formules de
trigonométrie :

Exercice 2.48. En partant de la formule eiθ eiϕ = ei(θ+ϕ) , exprimez cos(θ+ϕ)


et sin(θ + ϕ) en fonction de cos θ, sin θ, cos ϕ et sin ϕ.

Exercice 2.49. 1. À l’aide de la formule d’Euler, exprimez cos(θ)2 et


sin2 θ en fonction de cos 2θ.
2. Exprimez (cos θ)3 et cos θ sin2 θ comme somme pondérée de sinus et
cosinus.

Exercice 2.50. En calculant de deux manières différentes la partie réelle de


e3iθ , exprimez cos 3θ en fonction de cos θ et sin θ.

2iπ
Exercice 2.51. On pose z = e 5 .
1. Montrez que pour tout complexe w, (w − 1)(1 + w + w2 + w3 + w4 ) =
w5 − 1.
2. En déduire que 1 + z + z 2 + z 3 + z 4 = 0.
3. Montrez que z 3 = z 2 et z 4 = z.
4. En déduire que 1 + 2 cos 2π 4π
5 + 2 cos 5 .
5. En déduire que cos 2π5 est solution d’une équation du second degré à
coefficients entier.
6. En déduire une expression pour cos 2π
5 .

Proposition 2.52. Pour tout complexe z tel que |z| = 1, il existe un réel θ ∈ R
tel que z = eiθ . De plus si θ et ϕ sont deux réels tels que eiθ = eiϕ , on peut
trouver un entier k tel que ϕ = θ + 2kπ.
Démonstration. Soit z de module 1. Notons M le point d’affixe z. Comme
OM = |z| = 1, M est un point du cercle trigonométrique. Soit θ une mesure
⃗ ). Par définition des fonctions trigonométriques, M
de l’angle orienté (⃗e1 , OM
a pour coordonées (cos θ, sin θ), et a donc pour affixe cos θ + i sin θ = eiθ .
Pour la deuxième partie c’est une conséquence des propriétés des angles
orientés qui ne sont définis qu’à un multiple de 2π près.

32
z = reiθ
Im z •
|z |
r=
θ
Re z

Figure 2.1. – Forme exponentielle.

Considérons maintenant un complexe z non nul, alors son module |z| est
z
aussi non nul. Posons w = |z| et calculons son module :
z |z|
|w| = = = 1.
|z| |z|
Par la proposition précédente on peut donc trouver un réel θ tel que w = eiθ ,
et donc z = |z|eiθ .
Définition 2.53. Soit z un nombre complexe non nul. Soit r > 0 et θ ∈ R tels
que z = reiθ . On dit que reiθ est une forme exponentielle de z. On dit que θ
est un argument de z.

Exercice 2.54.√Mettre sous forme exponentielle les complexes suivantes :


• z1 = 1 + i 3.
• z2 = 3 + 3i.
• z3 = 1 + i tan α.
En déduire le module et l’argument de z1100 , z2100 et z3100 .


1+i 1+i
√ 3.
Exercice 2.55. Écrire sous forme exponentielle les complexes 1−i et 3+i

Par les propriétés du module, |reiθ | = |r||eiθ | = r × 1 = r.


La forme exponentielle se prête très bien au calcul des puissances d’un
nombre complexe car (reiθ )n = rn einθ . De même, il est assez simple de connaître
les racines n-ièmes d’un complexe w = reiθ . En effet il suffit de résoudre l’équa-
tion z n = w. Cherchons z lui aussi sous forme exponentielle z = ρeiφ , z n = w
devient alors :
ρn einφ = reiθ .

Cette égalité sera vraie si : ρn = r, ce qui donne que ρ = n r, et nφ = θ + 2kπ
pour k dans Z ce qui donne que φ = θ+2kπ n . On se rend compte ensuite que les
√ θ+2kπ
complexes zk = n rei n vérifient zk+n = zk . En ne considérant que les entiers
k entre 0 et n − 1 on obtient toutes les solutions :

33
Proposition 2.56. Soit w = reiθ un complexe non nul sous forme expo-
nentielle
√ et n ∈ N. Les solutions de l’équation z n = w sont les complexes
zk = n rei(θ+2kπ)/n où k =∈ {0, ..., n − 1}.

Exercice 2.57. 1. Placer dans un repère orthonormé tous les points dont
les affixes sont solution de l’équation z 6 = 1.
2. Placer aussi ceux dont les affixes sont solutions de z 6 = −1.
3. Trouvez une équation de degré 12 donc les affixes des douzes points
que vous avez placés sont les solution.

Exercice 2.58. 1. Déterminez la forme algébrique de eiπ/12 en l’expri-


mant comme racine carrée d’un complexe plus simple.
2. En déduire les valeurs de cos π/12 et sin π/12.

Exercice 2.59. Soit w = 1 + i.


1. Déterminez la forme algébrique des racines carrées de w.
2. Déterminez la forme exponentielle de w.
3. Déterminez la forme exponentielle des racines carrées de w.
4. En déduire les valeurs de cos π/8 et sin π/8.

L’argument permet de traiter les problèmes d’angles et d’orthogonalité à


l’aide des complexes.
Proposition 2.60. Soient ⃗u et ⃗v deux vecteurs d’affixes respectives z⃗u et z⃗v .
• L’angle orienté entre ⃗u et ⃗v est l’argument du complexe zz⃗⃗uv .
• ⃗u et ⃗v sont orthogonaux si et seulement si zz⃗⃗uv ∈ iR.

Exercice 2.61.
B1 B2 B3

O A

On considère les trois carrés ci-dessus. On suppose que O est l’origine et


A est d’affixe zA = 3.

34
1. Pour i = 1, 2, 3, déterminez l’affixe zi de Bi .
⃗ OB
2. On note αi l’angle (OA, ⃗ i ) et ri la distance OBi . Donnez en fonction
des αi et des ri la forme exponentielle du produit z1 z2 z3 .
3. En déduire que α1 + α2 + α3 = π2 .

Exercice 2.62. Déterminez le module et l’argument de z = 1+eiθ en plaçant


sur une figure les points d’affixe 0, 1 et 1 + eiθ et en utilisant que la somme
des angles d’un triangle vaut π radians.

Exercice 2.63. Soient A et B deux points d’affixes respectives 1 et −1 et


M un point d’affixe z. Montrez que AM B est rectangle en M si et seulement
si M est sur le cercle de diamètre [AB].

Exercice 2.64. Soit ABC un triangle quelconque. On considère les carrés


ABD′ D et ACE ′ E construit à l’extérieur du triangle ABC sur les cotés du
triangle ABC.

D
E

E′
D′

C
B

Dans un repère orthonormé dont A est l’origine, on note a, b, c, d et e les


affixes respectives des points A, B, C, D et E.
1. Exprimez d en fonction de b et e en fonction de c.
b−e
2. Calculez d−c .
3. En déduire que les segments [BE] et [CD] sont orthogonaux et de
même longueur.

35
Exercice 2.65. 1. Dans le plan muni d’un repère orthonormé, on consi-
dère trois points A, B et C d’affixes respectives a, b et c. Soit A′ le
milieu de [BC], on note a′ son affixe. Soit M le point d’affixe a+b+c
3 .
Montrez que M est le centre de gravité de ABC.
2. Dans le plan muni d’un repère orthonormé, on note C le cercle de
centre l’origne O et de rayon 1 et A, B et C trois points de C d’affixes
respectives a, b et c. Soit H le point d’affixe a + b + c. Montrez que M
est l’orthocentre du triangle ABC.
3. Montrez que dans tout triangle, le centre de gravité, l’orthocentre et le
centre du cercle circonscrit sont alignés.

Exercice 2.66. 1. Sur le cercle trigonométrique, on considère deux points


A et B d’affixes respectives eiθ et e−iθ . Montrez que z est de module 1

si et seulement si ee−iθ−z
−z est d’argument θ ou θ + π.
2. En déduire que 4 points A, B, C et D sont cocycliques ou alignés si et
seulement si leurs affixes a, b, c et d vérifient que :
c−b
c−a
d−b ∈R
d−a

Exercice 2.67. Soit A, B, C et D des points d’affixes respectives a, b, c et


d.
1. Factoriser (a − b)(c − d) + (a − d)(b − c).
2. En déduire que AC × BD ≤ AB × CD + AD × BC.

36
3. Généralités sur les fonctions
3.1. Image, antécédent
Une fonction f : A → B est définie en donnant deux ensembles A et B, et
une règle qui pour chaque élément a ∈ A de l’ensemble de départ (ou domaine
de définition) nous donne un élément de l’ensemble d’arrivée B que l’on notera
f (a). Il faut penser à f : A → B comme à une machine qui, quand on lui
fournit un élément a de A, nous donne en échange un élément f (a) de B.
On écrira :

f :A→B
a 7→ f (a).

L’emploi de la lettre a pour désigner un élément de A dans l’écriture ci-dessus


est d’une importance toute relative, l’écriture :

f :A→B
♡ 7→ f (♡).

a exactement la même signification et désigne la même fonction.


En général, les ensembles A et B peuvent être de nature très variée, on
pourrait prendre par exemple pour A l’ensemble des étudiants de licence à
l’UPEC, pour B l’ensemble des pays, et pour f : A → B la fonction qui à un
étudiant associe le pays dans lequel il est né.
Attention, pour qu’une fonction soit bien définie il faut que pour tout a il
n’y ait qu’une seule valeur possible de f (a). Par exemple, l’existence des
doubles licences (entre autres) nous empêche de définir une fonction qui à un
étudiant de l’UPEC associe le diplôme dans lequel il est inscrit.
Si f : A → B est une fonction et que b ∈ B et a ∈ A sont tels que f (a) = b,
on dira que b est l’image de a (par la fonction f ) et que a est un antécédent
de b.
Dans ce cours, nous nous intéresserons plus particulièrement aux fonctions
f : A → B dont les ensembles de départ et d’arrivée sont des sous-ensembles
de R. On appelle ces fonctions « fonctions réelles d’une variable réelle ».
On supposera donc maintenant que A et B sont des parties de R.

37
Exercice 3.1. On considère quatre fonctions :
• f1 : R → R définie par f (t) = t2 + 1.
• f2 : R → R définie par f (x) = (x − 1)x(x + 1).
• f3 : [0, +∞[→ R définie par f (s) = |s − 1|.
• f4 : R → R définie par f (y) = 1.
Pour chacune des affirmations suivantes, dire si chacune des fonctions ci-
dessus la vérifie :
1. 0 n’a pas d’antécédent.
2. L’image de -1 est un réel strictement positif.
3. Il existe un réel qui a une infinité d’antécédents.
4. -1 n’a pas d’image.
5. 0 a exactement 3 antécédents.
Pouvez vous trouver une fonction pours laquelle les réponses
aux cinq affirmations ci dessus sont (vrai/vrai/vrai/vrai/vrai) ?
(faux/faux/vrai/vrai/vrai) ? Même question pour les 25 = 32 possibi-
lités.

3.2. Représentation graphique

Un outil très utile pour comprendre les fonctions réelles d’une variable réelle
est la représentation graphique (ou graphe, ou courbe représentative).

Définition 3.2. Soient A et B deux parties de R et f : A → B. Le graphe


(ou courbe représentative, ou représentation graphique) de f est l’ensemble

Cf = {(x, f (x))R2 |x ∈ A}

des points du plan de coordonées (x, f (x)) où x ∈ A.

38
Cf
f (x)

Exercice 3.3. Pour les quatre parties du plan dessinées ci-dessous, dire si
elles peuvent être le graphe d’une fonction f . Si c’est le cas, donner l’ensemble
de définition de cette fonction.


Exercice 3.4. On considère une fonction f : [−2, 3] → R dont la représen-


tation graphique est la suivante :

39
1. Déterminez l’image par f des réels −2, −1, 0, 1, 2, 3.
2. Déterminez le nombre d’antécédents par f des réels −1, 0, 1, 2.

Une partie E de R est dite symétrique si −E = {−x|x ∈ E} est égal à E.


Exemple 3.5. [0, 1], R+ , [−1, 2], [−π, π[ et [−1, 0[∪]0, 1[ ne sont pas symétriques,
alors que [−1, 1], Z, [−2, −1] ∪ [1, 2] le sont.
Définition 3.6. Soit E une partie symétrique de R.
f : E → R est dite paire si pour tout x ∈ E, f (−x) = f (x).
f : E → R est dite impaire si pour tout x ∈ E, f (−x) = −f (x).

Exercice 3.7. Comment se traduit graphiquement le fait qu’une fonction


soit paire ? impaire ?

Exercice 3.8. Soient E une partie symétrique de R et f : E → R une


fonction à la fois paire et impaire. Que pouvez vous dire de f ?

Exercice 3.9. Soit P le graphe de la fonction x 7→ x2 . Soit A le point


de P d’abscisse a ∈ R et B le point de P d’abscisse −b ∈ R. Déterminez
l’ordonnée du point d’intersection de (AB) avec l’axe des ordonnées.

Exercice 3.10. Soit P le graphe de la fonction x 7→ x2 et A le point de P


d’abscisse a ∈ R. L’équation de la droite D passant par A qui intersecte P
en un seul point.

40
Exercice 3.11. Soit H le graphe de la fonction x 7→ x1 et A le point de P
d’abscisse a ∈ R. L’équation de la droite D passant par A qui intersecte P
en un seul point.

3.3. Botanique des fonctions


3.3.1. Fonctions affines
Les fonctions affines sont les fonctions de la forme (avec a et b sont des
réels-) :

f :R→R
x 7→ ax + b

Le graphe d’une fonction affine est une droite, a est son coefficient directeur,
b est l’ordonnée à l’origine.

y = ax + b

a
b 1

Figure 3.1. – Graphe d’une fonction affine x 7→ ax + b.

Exercice 3.12. À quelle condition sur les réels a et b la fonction affine


f : R → R définie par f (x) = ax + b est elle paire ? impaire ?

41
Exercice 3.13. Le taux d’accroissement d’une fonction f : E ⊂ R → R
entre deux réels distincts x et y est défini par f (y)−f
y−x
(x)
. Montrez que f est
affine si et seulement si son taux d’accroissement ne dépend pas de x et y.

Exercice 3.14. Soient A et B deux villages reliés par un unique route. Deux
grand-mères partent simultanément de chaque village au lever du soleil. Elles
se croisent à midi. Celle partie de A arrive à 4h de l’après-midi en B et celle
partie de B arrive en A à 9h du soir.
1. On note xA : t 7→ xA (t) la fonction qui à un temps t (mesuré en heures
écoulées depuis minuit) associe la distance entre la grand mère partie
de A et le village A. On note xB : t 7→ xB (t) la fonction qui à un temps
t associe la distance entre la grand mère partie de B et le village A.
Traduire les hypothèses de l’énoncé en propriété des fonctions xA et
xB .
On pourra noter t0 l’heure de lever du soleil.
2. On suppose que les grand-mères se sont déplacés à vitesse constante
lors de leur voyage. Montrez que xA et xB sont des fonctions affines.
3. Donnez (dans un même repère) l’allure des graphes des fonctions xA
et xB . Vous ferez apparaître les données du problème sur votre schéma
(t0 et la distance L séparant a et b).
4. À l’aide d’un raisonnement géométrique utilisant le théorème de Thalès,
déterminez |12 − t0 |.
5. À quelle heure le soleil s’est il levé ?

3.3.2. Fonctions puissances entières

Ce sont les fonctions données par x 7→ xn où n est un entier. Il convient de


distinguer deux cas.
• Si n est positif la fonction x 7→ xn est définie sur R tout entier.
• Si n est négatif la fonction x 7→ xn est définie sur R\{0}.

Exercice 3.15. À quelle condition sur n ∈ Z la fonction x 7→ xn est elle


paire ? impaire ?

42
n=3
n=4 n=2 n=1

Figure 3.2. – Graphe des fonctions puissances x 7→ xn (n > 0).

3.3.3. Fonctions racines et fonctions puissances rationnelles


La fonction racine carrée est définie par :
f : R+ → R

x 7→ x
Une généralisation naturelle consiste à considérer la fonction racine n-ième,
définie par :
f : R+ → R

x 7→ n x

où n x est le seul réel positif y vérifiant l’équation y n = x (l’existence
√ et
√ l’unicité
de ce réel sera justifiée ultérieurement). Avec cette notation, x = x. 2


Exercice 3.16. À l’aide de la définition de n
x, montrez que :
q
1 n 1
1. si x > 0 alors √
nx = x.

43
n=1

n=2
n=3
n=4

Figure 3.3. – Graphe des fonctions puissances x 7→ xn (n < 0).

√ √ √
2. si x et y sont des réels positifs, alors n xy = n x n y.
√ √ m
En déduire que si m ∈ N, n xm = n x .

p a
Exercice 3.17. (Difficile) Soient p, q, a, b des entiers positifs tels que q = b
√ √
et x > 0. Montrez que ( q x)p = ( b x)a .


Ces√propriétés justifient l’introduction de la notation x1/n pour n x et xp/q
p
pour q x . Ceci permet pour tout rationnel p/q de définir des fonctions puis-
sances x 7→ xp/q définies pour x ∈ R+ .

3.3.4. Exponentielles et logarithmes de base a.


Pour des exercices supplémentaires, on pourra regarder la Fiche 7 de https:
//[Link]/cdc/cahier_de_calcul_v3.pdf.

44
n=2

n=3
n=4


Figure 3.4. – Graphe de la fonction x 7→ n
x.

On admet qu’il existe un moyen naturel de définir xα pour α ∈ R et x > 0,


cette définition étend celle donnée précédemment quand α est rationnel.
La discussion précédente permet de définir les fonctions exponentielles de
base a > 0 :
Définition 3.18. Soit a > 0. La fonction exponentielle de base a est définie
par :

expa : R → R
x 7→ ax .

Remarquons que expa (0) = 1.


Proposition 3.19. (Admise) Pour tous réels x et y, on a :

expa (x + y) = expa (x) expa (y).

1
Exercice 3.20. Qu’implique cette formule pour expa (x)n ? expa (x) ? expa (x−
y) ?

Pour a ∈ R et x > 0, on note loga (x) l’unique solution y de l’équation


expa (y) = x (l’existence et l’unicité de cette solution seront justifiées ultérieu-
rement).
Définition 3.21. Soit a > 0. La fonction logarithme de base a est définie par :

loga :]0, +∞[ → R


x 7→ loga (x).

45
Les fonctions loga et expa vérifient les relations suivantes :
• Pour tout réel x, loga (expa (x)) = x.
• Pour tout réel strictement positif y, expa (loga (y)) = y.
• Pour y > 0 et x ∈ R, expa (x) = y si et seulement si x = loga (y).
On en déduit en particulier que loga (1) = 0.
Proposition 3.22. Pour tous réels strictement positifs x et y :

loga (xy) = loga (x) + loga (y)

Démonstration. On utilise les propriétés de expa pour avoir :

expa (loga (x) + loga (y)) = expa (loga (x)) expa (loga (y)) = xy.

En prenant le logarithme en base a de chaque membre de l’équation expa (loga (x)+


loga (y)) = xy on obtient bien :

loga (xy) = loga (x) + loga (y).

Exercice 3.23. En déduire les formules permettant de calculer loga (xn ) et


loga ( x1 ) en fonction de loga (x).

ln 2
Exercice 3.24. Montrez que ln 3 n’est pas un nombre rationnel.

Pour des raisons que nous évoquerons dans le chapitre suivant, la fonction
exponentielle de base e (où e = 2.718... est la constante d’Euler) a une im-
portance particulière. On posera alors expe = exp et loge = ln (ln est appelé
logarithme néperien).

Exercice 3.25. Par définition, la fonction logarithme décimal, notée log,


est la fonction définie sur l’intervalle ]0, +∞[ par :

log(x) = log10 (x).


loga (x)
1. Montrez que pour toute base a ∈ R et tout x > 0, log10 (x) = loga (10) .
2. Mesure de la magnitude d’un séisme
La magnitude d’un séisme, sur l’échelle de Richter, est évaluée à partir
de l’amplitude A des ondes sismiques enregistrées sur un sismographe
par la formule M = log A − log A0 où A0 désigne l’amplitude d’un
séisme de référence.

46
a=2

a = 1.5

a = 0.5

Figure 3.5. – Fonctions x 7→ ax pour diverses valeurs de a.

a) On a mesuré l’amplitude du séisme du 13 janvier 2001 au Salvador


et on a obtenu A = 3, 98 · 107 A0 .
Calculer la magnitude de ce séisme sur l’échelle de Richter.
A
b) La magnitude d’un séisme est 5. Déterminer le rapport A0 de son
amplitude à l’amplitude de référence.
c) A quelle variation d’amplitude correspond une variation de ma-
gnitude 1 sur l’échelle de Richter ?
3. En chimie
La molarité en ions H + d’une solution est le nombre noté [H + ] de
moles par litre de l’ion H + . [H + ] s’exprime généralement par un nombre
comportant une puissance négative de 10. On lui préfère donc le pH
défini par pH = − log[H + ].
a) Quel est le pH d’une solution contenant 3 · 10−7 moles H + par
litre ?
b) Quelle est la molarité en ions H + d’une solution neutre (pH = 7) ?

47
a = 1.5 a=2

a = 0.5

Figure 3.6. – Fonctions x 7→ loga (x) pour diverses valeurs de a.

3.3.5. Fonctions trigonométriques


On a rappelé précédemment la définition géométrique de sin et cos. Elles
définissent des fonctions sin : R → R et cos : R → R.

Définition 3.26. Soit T > 0. On dit que f : R → R est T périodique si pour


tout réel x, f (x + T ) = f (x).

sin et cos sont des fonctions 2π-périodiques.

Exercice 3.27. Montrez que la fonction :

tan : R\{ π2 + kπ|k ∈ Z} → R


sin x
x 7→
cos x
est π-périodique.

48
−π −π/2 π/2 π cos
| | | |

sin

Figure 3.7. – Fonctions sin et cos

3.4. Opérations sur les fonctions


Tout comme on peut effectuer des opérations sur les nombres pour obtenir
de nouveaux nombres, on peut effectuer des opérations sur les fonctions pour
obtenir de nouvelles fonctions.
Définition 3.28. Soit E ⊂ R et f : E → R, g : E → R. On définit les
fonctions f + g, f g, fg par :

f +g :E →R
x 7→ f (x) + g(x)

fg : E → R
x 7→ f (x)g(x)

Soit E ′ = {x ∈ E|g(x) ̸= 0}.

f
: E′ → R
g
f (x)
x 7→
g(x)

Il est fréquent (bien qu’un peu cavalier) de confondre une constante c ∈ R


et la fonction (constante !) définie sur R par x 7→ c. Avec cette convention,
on construit à partir d’une fonction f , les fonctions f + c : x 7→ f (x) + c,
cf : x 7→ cf (x) et fc : x 7→ f (x)
c
.
Remarque 3.29. Il est possible d’avoir une définition un peu plus large des
opérations sur des fonctions qui inclue le cas de fonctions qui ne sont pas
définies sur les mêmes ensembles. Par exemple si f : E → R et g : E ′ → R, on
peut définir f + g : E ∩ E ′ → R par, pour x ∈ E ∩ E ′ , (f + g)(x) = f (x) + g(x).
Exemple 3.30. En multipliant les fonctions x 7→ xn par des constantes et en les
additionnant on peut construire les fonctions polynômes x 7→ pn xn +pn−1 xn−1 +
· · · + p1 x + p0 .

49
Exemple 3.31. Si x 7→ p(x) et x 7→ q(x) sont deux fonctions polynômes, on
peut construire la fonction fraction rationnelle pq , dont le domaine de défintion
est R\{x ∈ R|q(x) = 0}.

Exercice 3.32.

Soit f : [−1, 3] → R la fonc-


tion dont la représentation gra-
phique est donnée ci-contre. Trou- y = f (x)
vez parmi les courbes ci-dessous
les graphes des fonctions 2f , − f2 ,
f + 1 et 1 − f .

a) b)

b) d)

Exercice 3.33. Soit E une partie symétrique de R et f : E → R. Montrez


que l’on peut écrire f comme somme d’une fonction paire et d’une fonction
impaire.

50
Une autre opération importante est la composition f ◦ g d’une fonction f
avec une fonction g. Elle consiste à enchaîner les deux fonctions l’une à la
suite de l’autre : pour calculer (f ◦ g)(x), on commence par calculer g(x), puis
on applique f au résultat que l’on a obtenu (on calcule donc f (g(x)). Encore
faut-il que l’on ait le droit !

Définition 3.34. Soit D et E des parties de R. Soit f : D → R et g : E → R


des fonctions telles que g(E) = {g(x)|x ∈ E} ⊂ D. La composée de f avec g
est la fonction f ◦ g définie par :

f ◦g : E →R
x 7→ f (g(x))

Il est parfois utile de décrire cette situation dans le diagramme suivant :

g f
x∈E g(x) ∈ g(E) ⊂ D f (g(x))

f ◦g

où l’on voit que f ◦ g est « la fonction g suivie de la fonction f ».


Remarque 3.35. Les conditions sur lesquelles on a défini f ◦ g sont assez restric-
tives. Si la condition g(E) ⊂ D n’est pas vérifiée, il est quand même possible
de définir f ◦ g : E ′ → R où E ′ = {x|g(x) ∈ D}.

Exercice 3.36. Si on pose fk (x) = xk , qui sont les fonctions fk ◦ fl , fk × fl


et ffkl ?

Exercice 3.37.

Soit f : [−1, 1] → R la fonction


dont la représentation graphique
est donnée ci-contre. Soient u1 :
x 7→ 2x, u2 : x 7→ −x/2, u3 :
x 7→ x + 1 et u4 : x 7→ 3x+12 . Trou- y = f (x)
vez parmi les courbes ci-dessous
les graphes des fonctions f ◦ u1 ,
f ◦ u2 , f ◦ u3 et f ◦ u4 .

51
a) b)

c) d)

Exercice 3.38. Pour chacune des questions ci-dessous, on donne les valeurs
de deux fonctions f et g de R dans R en certains réels. Déterminez à partir
de ces informations les images par f ◦ g, g ◦ f et f × g d’autant de réels que
possible.
1. f (1) = 3, g(1) = −2, f (2) = 4, g(3) = 1.
2. f (0) = 2, g(5) = 0, f (2) = 0, g(0) = −1.
3. f (−1) = 3, g(0) = −2, f (2) = 4, g(2) = −1.

Exercice 3.39. Déterminez l’ensemble de définition des fonctions u, v, u ◦


u, u ◦ v ◦ u et donnez l’expression de u ◦ u, u ◦ v ◦ u lorsque u(x) =
1
x et v(x) = ln x.

Exercice 3.40. Déterminez l’ ensemble de définition des fonctions u, v, u◦


v, v ◦ u et donnez l’expression de u ◦ v, v ◦ u dans les cas suivants :

1. u(x) = x, v(x) = ln x

2. u(x) = x1 , v(x) = ln( x − 1)

52
2x2 −x−1
3. u(x) = x , v(x) = ln x
4. u(x) = ln x, v(x) = x+1
x−1

2
5. u(x) = x + x + 1, v(x) = ln x

6. u(x) = x + x2 − 1, v(x) = ln x

Exercice 3.41. Soient f et g deux fonctions de R → R. Dire si chacune


des affirmations suivantes est vraie ou fausse. Pour les phrases vraies, les
démontrer, pour les fausses donner un contre exemple.
1. Si f et g sont paires alors f ◦ g est paire.
2. Si f est paire et g est impaire alors f ◦ g est impaire.
3. Si f est impaire et g est paire alors f ◦ g est impaire.
4. Si f et g sont impaires alors f ◦ g est impaire.
5. Si f est paire alors f ◦ g est paire.
6. Si g est paire alors f ◦ g est paire.
7. Si f est impaire alors f ◦ g est impaire.
8. Si g est impaire alors f ◦ g est impaire.

Exercice 3.42. On définit les fonctions f : R → R et g : R → R par


f (t) = t2 − 3t et g(s) = 2s3 + 1. Exprimez à l’aide de f et g et des opérations
de somme, produit et composition les fonctions suivantes :

1. x 7→ 2x3 + x2 − 3x + 1. 3. t 7→ (2t3 + 1)2 − 3(2t3 + 1).


2. y 7→ 2(y 2 − 3y)3 + 1. 4. z 7→ (z 2 − 3z)(2z 3 + 1).

Définition 3.43. Une fonction usuelle f : Df → R est une fonction telle que
les deux conditions suivantes sont réunies :
• il existe une formule expr(x) construite à partir de la variable x, des
quatre opérations et des fonctions exp, sin, cos, ln, x ∈ R+ 7→ xα , α ∈ R,
x ∈ R 7→ xn , n ∈ N, x ∈ R∗ 7→ x1 x 7→ |x| telle que pour tout x ∈ Df ,
f (x) = expr(x).
• Df est l’ensemble de tous les x ∈ R pour lesquels le calcul de l’expression
expr(x) est possible.
Une expression expr(x) comme dans la définition ci-dessus permet de défi-
2
nir une fonction usuelle. Par exemple, l’expression (x+1)
x+1 définit une fonction
usuelle f dont le domaine de définition est Df =] − ∞, −1[∪] − 1, +∞[ et qui
2
est définie par f (x) = (x+1)
x+1 . Cette fonction usuelle n’est pas la même que celle
définie par l’expression x + 1.

53
Exercice 3.44. Déterminez les domaines de définition des fonction usuelles
définies par les expression suivantes :
3−x
1. 4+x 7. ln(x + 1) − ln(x − 1)
2x+1
2. 9x2 −1
8. ln(x2 − 3x − 4)
√ √
3. 4−x 9. ln x − 1

2

4. √x −4 10. sin 2x.
x+2
5. ln(x − 1) 11. ln(x − 1 − x2 ).

6. ln x+1
x−1 12. tan x.

3.5. Limite finie en un réel, continuité

Soit f : E → R une fonction. Soit x0 ∈ R un réel tel que E contienne un


intervalle de la forme ]x0 , x0 +ε[, ]x0 −ε, x0 +ε[, ]x0 −ε, x0 [, ]x0 −ε, x0 [∪]x0 , x0 +ε[
pour ε > 0 suffisamment petit.
On dira que « f a pour limite ℓ en x0 » (ou de façon équivalente que « f (x)
tend vers ℓ quand x tend vers x0 ») et on notera limx0 f = ℓ (ou limx→x0 f (x) =
ℓ) si quand x est proche de x0 , f (x) est proche de ℓ. Cette façon d’exprimer la
notion de limite manque de précision, et sera précisée dans le cours « Analyse
réelle » du second semestre.
On peut néanmoins essayer de donner une explication un peu plus précise
en raisonnant de manière graphique.

Pour visualiser si limx0 f = ℓ,


on commence par se placer au
1. point (x0 , ℓ) dans le plan où y=ℓ
l’on aura tracé le graphe Cf Cf
de f .

x
x = x0

54
y

On trace une bande horizon-


tale H autour de la droite H
2. y=ℓ
y = ℓ, aussi fine que souhai- Cf
tée.

x
x = x0
y V

Si limx0 f = ℓ, on pourra
trouver une bande verticale V
autour de la droite verticale H
3. y=ℓ
d’équation x = x0 telle que Cf
la portion de Cf qui est dans
V est aussi dans H.

x
x = x0

Exercice 3.45. 1. Se convaincre à l’aide d’un raisonnement graphique


que la fonction :

f :R→R

0 si x < 0
x 7→ 
1 si x ≥ 0

n’a pas de limite en 0.


2. Même question pour la fonction x 7→ sin x1 définie sur R∗ .

Exercice 3.46. Pour x ∈ R, on appelle partie entière de x, noté ⌊x⌋, le


plus grand entier (relatif) inférieur ou égal à x. Intuitivement, si x est entier,
⌊x⌋ est égal à x, sinon ⌊x⌋ est l’entier qui est « juste avant » x. On note
E : R → R la fonction x 7→ ⌊x⌋.
1. Calculez ⌊2⌋, ⌊ 43 ⌋ et ⌊ −9
2 ⌋.
2. On pose pour x ∈ R, ⌈x⌉ = −⌊−x⌋. Calculez ⌈3⌉, ⌈ 34 ⌉, ⌈ −9
2 ⌉.

55
3. Montrez que pour tout réel x : E(x) ≤ x < E(x) + 1.
4. Montrez que pour tout réel x : x − 1 < E(x) ≤ x.
5. Déterminez tous les réels x0 pour lesquels la fonction E a une limite en
x0 .
6. On considère la fonction x 7→ x − E(x), montrez qu’elle est périodique.
7. Soit f : x 7→ |x − E(x) − 12 |. Montrez que f est périodique et paire.
Déterminez les réels x0 pour lesquels f est continue en x0 .

Dans ce cours on s’appuiera souvent pour le calcul de limite sur le théorème


suivant qui sera démontré dans un autre cours :
Théorème 3.47. Soit f : Df → R une fonction usuelle, alors pour tout réel
x0 dans le domaine de définition de f , limx→x0 f (x) = f (x0 ).
Remarque 3.48. La condition que x0 appartienne au domaine de définition de
f est essentielle. La fonction x 7→ sin x1 est une fonction usuelle sur R∗ mais
n’a pas de limite 0.
Les fonctions vérifiant la conclusion du théorème ci-dessus ont des propriétés
très utiles, c’est pour cela que l’on donne la définition suivante :
Définition 3.49. Soit E une partie de R et f : E → R. On dit que f est
continue en x0 ∈ E si limx→x0 f (x) = f (x0 ).
Remarque 3.50. On dira que f : E → R est continue sur E ′ ⊂ E si f est
continue en tout x0 ∈ E ′ .
Le théorème précédent affirme que les fonctions usuelles sont continues sur
leur domaine de définition.
Les limites ont de bonnes propriétés par rapport aux opérations usuelles sur
les fonctions :
Théorème 3.51. Soit f : E1 → R et g : E2 → R deux fonctions et x0 ∈ E1
tel que f (x0 ) ∈ E2 . On suppose que :
• limx→x0 f (x) = y0 ,
• limy→y0 g(y) = ℓ.
Alors limx→x0 g(f (x)) = ℓ.
Théorème 3.52. Soit f : E → R et g : E → R deux fonctions et x0 ∈ E
telles que limx→x0 f (x) = ℓ1 et limx→x0 g(x) = ℓ2 . Alors :
• limx→x0 f (x) + g(x) = ℓ1 + ℓ2 ,
• limx→x0 f (x)g(x) = ℓ1 ℓ2 ,
• Si ℓ2 ̸= 0, limx→x0 fg(x)
(x)
= ℓℓ21 .
• Si f ≤ g alors ℓ1 ≤ ℓ2 .

56
Exercice 3.53. Déterminez les limites suivantes :
1+3x2
q
1. limx→1 2 1+x 5. limx→−1 ln(x2 + 3x + 2) − ln(x + 1)
q 2
2. limx→2 cos(π x/8) 6. limx→2 3x3x−11x+8
2 −x−2

3. limx→3 log2 (x2 − 1) 7. limx→16 √x−16


x−4
2 2
4. limx→1 4x x−5x+1
2 −1
sin x
8. limx→0 cos x−1

Le théorème suivant, appelé « théorème des gendarmes », nous permettra de


calculer plus de limites :
Théorème 3.54. Soit f : E → R, g− : E → R et g+ : E → R des fonctions
telles que :
• g− ≤ f ≤ g+ .
• limx0 g− = limx0 g+ = ℓ.
Alors limx0 f = ℓ.

Exercice 3.55. Déterminez les limites suivantes :


1. limx→0 x2 sin x1 ,
2. limx→0 ln(1 + x) sin x1 ,
3. limx→0 x⌊x⌋.

Exercice 3.56. Le but de cet exercice est de montrer que limθ→0 sinθ θ = 1.
Sur la figure ci-contre, OA = 1, la courbe reliant A à B est un arc de cercle
de centre O et de rayon 1, (OA) et (AC) sont perpendiculaires et B ′ est le
projeté orthogonal de B sur (OA), θ ∈ [0, π/2].
1. Exprimez en fonction de θ l’aire du secteur
circulaire C délimité en trait plein sur la fi-
gure. On pourra utiliser le fait que cette aire
est proportionnelle à θ.
2. Exprimez en fonction de θ les distances OB ′ , C
B
BB ′ et AC.
3. En comparant l’aire délimitée par C à l’aire
des triangles OBB ′ et OAC, montrez que :
θ
cos θ sin θ θ tan θ O B′ A
≤ ≤ .
2 2 2
sin θ
4. En déduire un encadrement de θ et la li-
mite limθ→0 sinθ θ .

57
Exercice 3.57. À l’aide de la limite démontrée dans l’exercice précédent,
déterminez les limites suivantes :
1. limx→0 sinxax où a ∈ R.
x
2. limx→0 sin
xα où α > 0.
ax ∗
3. limx→0 sin
sin bx où a ∈ R et b ∈ R .
4. limx→0 cosxx−1
2 .
5. limx→0 tan 3x
sin 2x .
px−sin px
6. limx→0 tan
tan qx−sin qx , p ∈ R,q ̸= 0.

Exercice 3.58. On dit qu’une fonction f : E → R est bornée si on peut


trouver M > 0 tel que pour tout réel x de E |f (x)| ≤ M .
Montrez que si f : E → R est bornée et g : E → R vérifie limx0 g = 0
alors limx0 f g = 0.

Exercice 3.59. Soit f :]0, +∞[→ R une fonction telle que limx→0 fx(x)
2 = ℓ.
Déterminez les limites quand x tend vers 0 de :
f (x)
1. x
f (ax)
2. x2 (a > 0).
f (ax)
3. f (bx) (a > 0 et b > 0).

3.6. Limite infinie, limite en l’infini

Soit f : E → R une fonction définie sur un ensemble E contenant un inter-


valle de la forme ]A, +∞[. On dit que f tend vers ℓ ∈ R en +∞ (et on note
lim+∞ f = ℓ ou limx→+∞ f (x) = ℓ) si quitte à rendre x assez grand, on peut
rendre f (x) aussi proche que désiré de ℓ.
Graphiquement, l’existence d’une limite en +∞ se traduit ainsi.

58
y

Pour visualiser si lim+∞ f =


ℓ, on commence par consi-
dérer la droite horizontale
1. y=ℓ Cf
d’équation y = ℓ dans un
plan où est tracé le graphe Cf
de f .

x
y

On trace une bande horizon-


tale H autour de la droite H
2. y=ℓ Cf
y = ℓ, aussi fine que souhai-
tée.

x
y

Si lim+∞ f = ℓ, on pourra
trouver une droite verticale D H
3. telle que la portion de Cf qui y=ℓ Cf
est à droite de D est aussi
dans H.

x
D

Exercice 3.60. Expliquez graphiquement pourquoi la fonction x 7→ sin x


n’a pas de limite en +∞.

De façon similaire, on définit lim−∞ f pour f une fonction définie sur un


domaine contenant un intervalle de la forme ] − ∞, c[. Les théorèmes sur les
opérations sur les limites de la partie précédente se généralisent sans change-
ment au cas où x0 vaut +∞ ou −∞.

59
Considérons maintenant une fonction définie sur E et x0 ∈ / E tel que pour
tout δ > 0, ]x0 − δ, x0 + δ[ et E s’intersectent.
On dira que f a pour limite +∞ en x0 (notée limx0 f = +∞ ou limx→x0 f (x) =
+∞) si, quitte à rendre x très proche de x0 , on peut rendre f (x) aussi grand
que l’on veut. Graphiquement cela donne :

y x = x0

Pour visualiser si
Cf
limx0 f = +∞, on com-
mence par considérer la
1.
droite verticale d’équation
x = x0 dans un plan où est
tracé le graphe Cf de f .

y x = x0

Cf
On choisit une droite hori-
2. zontale D, aussi haute que
D
souhaitée.

y x = x0
H

Si limx0 f = +∞, on pourra Cf


trouver une fine bande verti-
3. cale V telle que la portion de
D
Cf qui est à l’intérieur de V
est aussi au-dessus de D.

x
On peut définir de manière similaire limx0 f = −∞.

60
Exercice 3.61. 1. Montrez graphiquement que la fonction f : R∗ → R
définie par f (x) = x1 n’a pas de limite quand x tend vers 0.
1 1
2. Les fonctions f+ :]0, +∞[→ R, x 7→ x et f− :] − ∞, 0[→ R, x 7→ x
ont-elles une limite en 0 ?

On peut aussi définir ce que signifie lim+∞ f = +∞, lim−∞ f = +∞,


lim+∞ f = −∞ et lim−∞ f = −∞.

Exercice 3.62. Expliquez graphiquement ce que signifient les affirmations


lim+∞ f = +∞, lim−∞ f = +∞, lim+∞ f = −∞ et lim−∞ f = −∞.

Exercice 3.63. Déterminez graphiquement les limites aux extrémités de


leurs intervalles de définition (quand elles existent) des fonctions de la partie
« botanique » de ce chapitre.

Dans le cas d’une limite infinie, le théorème d’encadrement se simplifie :


Théorème 3.64. Soient f : E → R et g : E → R deux fonctions telle que
f ≤ g. Alors :
• Si limx0 f = +∞ alors limx0 g = +∞.
• Si limx0 g = −∞ alors limx0 g = −∞.

Exercice 3.65. Déterminez les limites suivantes :

1. limx→1 x21−1 + sin x. E(x)


4. lim
x→+∞ x
2. limx→+∞ ex+cos x .
E(πx)
3. lim E(x) 5. lim
x→−∞ x→+∞ x − π

Le théorème donnant la limite d’une composée est aussi vrai quand x0 ou


certaines des limites impliquées valent +∞ ou −∞.
Les théorèmes d’opérations sur les limites s’étendent à certains cas où les
limites peuvent être infinies avec les conventions suivantes, où ℓ est un réel
quelconque, et c > 0 :
• (+∞) + ℓ = (+∞) + (+∞) = c × (+∞) = (+∞) × (+∞) = (−∞) ×
(−∞) = (+∞).
• (−∞) + ℓ = (−∞) + (−∞) = (−∞) × (+∞) = (−∞).
c c
• +∞ = −∞ = 0.
Le calcul de limx0 g1 où g : E → R vérifie limx0 g = 0 nécessite un soin particu-
lier :

61
• si g est positive sur l’intersection de E avec un intervalle de la forme
]x0 − δ, x0 + δ[ pour un certain δ > 0, alors limx0 g1 = +∞.
• si g est négative sur l’intersection de E avec un intervalle de la forme
]x0 − δ, x0 + δ[ pour un certain δ > 0, alors limx0 g1 = −∞.
• sinon g1 n’a pas de limite en 0 (on pourra penser à x 7→ x1 en 0).
Il existe un certain nombre de cas pour lesquels on ne peut pas trancher, ce
sont les « formes indéterminées ». Les voici :
±∞ 0
”(+∞) − (+∞)”, ” ”, ” ”, ”0 × (±∞)”.
±∞ 0
Ces notations sont bien pratiques pour mémoriser les formes in-
déterminées mais elles n’ont pas leur place dans un raisonnement
mathématique correct. En conséquence, vous ne devez pas les utili-
ser sur vos copies.
Si l’on arrive à ces cas, il faut travailler avec l’expression de la fonction pour
x
« lever l’indétermination ». Considérons par exemple la fonction x 7→ x+1 et
cherchons sa limite en +∞ . En travaillant directement avec cette expression
on obtient ±∞±∞ . Si l’on écrit par contre (en mettant en facteur x au numérateur
x x
et au dénominateur) x+1 = 1 1 on obtient que limx→+∞ x+1 = 1.
1+ x

Exercice 3.66. Soit f : E → R une fonction bornée et g : E → R telle que


limx0 g = +∞. Montrez que limx0 f + g = +∞.

Exercice 3.67. Soit p : R → R une fonction polynomiale définie par p(x) =


pn xn + pn−1 xn−1 + · · · + p0 . Déterminez les limites de p en +∞ et −∞.

Exercice 3.68. Soient p et q deux fonctions polynômes sur R telles que q


ne soit pas identiquement nulle. On admet qu’il existe un réel A tel que pour
tout x ≥ A, q(x) ̸= 0.
1. Discutez suivant les degrés de p et q l’existence et la valeur de
limx→+∞ p(x)
q(x) .
2 5 2
2. Calculez limx→+∞ x2x +7
2 +x+1 , limx→+∞ x2x +7
2 +x+1 , limx→+∞ x2x +7
5 +x+1

Exercice 3.69. Soit f : R → R une fonction telle que limx→∞ xf (x) = ℓ.


Déterminez la limite en +∞ de :
1. f (x).
f (x)
2. x+2 .
f (3x)
3. f (2x) .

62
Exercice 3.70. Déterminez les limites suivantes :

1. lim sin(ex ) x+3−2
x→−∞ 11. lim
2. lim ex sin x
x→1 x−1
x→−∞ √
x− x+2
3. lim ln x cos x 12. lim √
x→0 x→2 4x + 1 − 3
4. lim ln(x3 + 7x) − ln(x2 + 2) √ √
x→+∞ x + 4 − 3x + 4
x+ex 13. lim √
5. limx→+∞ sin|x|−e−x x→0 x+1−1
2x
−4x+2

6. limx→+∞ (lnxe x)ex +xe2x +1
x+3−2
14. lim √ √
7. limx→+∞ cos x sin x2 1 x→1 2x + 1 − x+2
√ √
8. limx→+∞ x2 + x − 1 − x 15. lim 4x2 − x + 1 − 2x
√ x→+∞
x+3−2 √ √
9. lim √ √ 16. lim 9x2 + x + 1 − 9x2 − 1
x→1 2x + 1 − x + 2 x→+∞

2x + 3 − 3 1 + sin x − cos x
10. lim 17. lim
x→3 x−3 x→+∞ 1 + x2

3.7. Théorème des valeurs intermédiaires.


La continuité est un outil important pour démontrer que certaines équations
ont des solutions à l’aide du théorème des valeurs intermédiaires :
Théorème 3.71. Soit f : [a, b] → R une
fonction continue. Alors pour tout y0 ∈
[f (a), f (b)] on peut trouver x0 ∈ [a, b] tel
que f (x0 ) = y0 .

Remarque 3.72. La continuité de f et le fait


que le domaine de définition de f soit un f (a)
intervalle [a, b] sont des hypothèses essen-
tielles ! y0
| |
a x0 b
Exercice 3.73. Trouvez des contre-
exemples à l’énoncé du théorème des va-
leurs intermédiaires si :
y = f (x)
1. on ne suppose plus que f est conti- f (b)
nue.
2. on suppose que f est continue, mais
pas que son domaine de définition
est un intervalle.

63
Exercice 3.74. En utilisant le théorème des valeurs intermédiaires, montrez
que pour tout c ∈ [0, 2], l’équation xn + x = c a une solution dans [0, 1].

Exercice 3.75. Soient f, g : R → R définies par f (x) = x5 − 3x − 1 et


g(x) = x2x − 1.
Montrer que :

f (x) = 0 a au moins une solution entre 1 et 2,


g(x) = 0 a au moins une solution entre 0 et 1,
f (x) = g(x) a au moins une solution dans ]0, 2].

Exercice 3.76. Soit f : [a, b] → R et g : [a, b] → R deux fonctions continues


telles que f (a) ≤ g(a) et f (b) ≥ g(b). Montrez que les courbes représentatives
de f et g s’intersectent.

Exercice 3.77. Soit f une fonction continue de [0,1] dans [0,1]. Montrer
qu’il existe un élément x0 de [0,1] tel que f (x0 ) = x0 .

Exercice 3.78. Soit f : [0, 1] → R une fonction continue telle que f (0) =
f (1).
1. Quel est le domaine de définition de la fonction g : t 7→ f (t + 12 ) − f (t) ?
2. Montrez qu’il existe t0 ∈ [0, 12 ] tel que g(t0 ) = 0.
3. Que pensez vous de l’affirmation suivante :
À chaque instant, il y a toujours au moins un point sur l’équateur où
il fait exactement la même température en ce point et à son antipode.

3.8. Variations, réciproque.


Définition 3.79. Soit f : E → R une fonction. On dit que f est croissante si
pour tous x et y de E vérifiant x ≤ y, on a f (x) ≤ f (y).
Définition 3.80. Soit f : E → R une fonction. On dit que f est décroissante
si pour tous x et y de E vérifiant x ≤ y, on a f (x) ≥ f (y).
Remarque 3.81. Autrement dit l’application d’une fonction croissante des deux
cotés d’une inégalité large préserve cette inégalité large. L’application d’une

64
fonction décroissante renverse les inégalités larges. On peut aussi dire qu’une
fonction croissante préserve l’ordre et qu’une fonction décroissante renverse
l’ordre.

Une fonction est dite monotone si elle croissante ou décroissante. En deman-


dant la préservation des inégalités strictes, on obtient la notion de fonction
strictement croissante :

Définition 3.82. Soit f : E → R une fonction. On dit que f est strictement


croissante si pour tous x et y de E vérifiant x < y, on a f (x) < f (y).

Définition 3.83. Soit f : E → R une fonction. On dit que f est strictement


décroissante si pour tous x et y de E vérifiant x < y, on a f (x) > f (y).

Remarque 3.84. On dira que f : E → R est croissante sur E ′ ⊂ E si pour tous


x et y de E ′ vérifiant x ≤ y, on a f (x) ≤ f (y).

Exercice 3.85. Dire si les fonctions suivantes sont croissantes, décroissantes,


strictement croissantes sur leur domaine de définition, strictement décrois-
santes ou rien de tout ça. (On pourra s’aider d’une représentation graphique.)

65
1. 6.

f :R→R f :R→R
2
x 7→ x

x2 si x > 0
x 7→ 
2. x−1 sinon

f : [0, +∞[ → R 7.
2
x 7→ x
f : R∗ → R
3. 1
x 7→
x
f :R→R
8.

x2 si x > 0
x 7→ 
0 sinon
f : [0, π] → R
4. x 7→ cos x

f :R→R 9.

x2 si x > 0
x 7→  f :R→R
x sinon
x 7→ E(x)
5.
10.
f :R→R

x2 si x > 0 f :R→R
x 7→ 
x+1 sinon x 7→ x − E(x)

Exercice 3.86. Dire si les affirmations suivantes sont vraies ou fausses, si


elles sont fausses, donnez un contre exemple, si elles sont vraies montrez-les :
• Si f est croissante sur E et sur E ′ alors f est croissante sur E ∪ E ′ .
• Si f est croissante sur [a, b] et [c, d] alors f est croissante sur [a, b]∪[c, d].
• Si f est croissante sur [a, b] et [b, c] alors f est croissante sur [a, b]∪[b, c].
• Si f est croissante sur [a, b] et ]b, c] alors f est croissante sur [a, b]∪]b, c].

Certaines fonctions f : E → R qui ne sont ni croissantes ni décroissantes


ont quand même des variations simples à comprendre : on peut décomposer E
en une union d’intervalles sur lesquels f est strictement croissante ou décrois-
sante. On peut résumer ces informations, ainsi que les limites des fonctions en
question, sur un tableau de variation. Par exemple pour la fonction de R∗ dans
R x 7→ x1 on obtient :

66
x −∞ 0 +∞

+∞
1
x 0 0
+∞

Et pour la fonction x ∈ R 7→ x2 on a :

x −∞ 0 +∞

+∞ +∞
2
x
0

Exercice 3.87. Dresser les tableaux de variation des fonctions usuelles in-
troduites dans la section 3.3.

À l’aide des propriétés des inégalités, on montre que les opérations sur les
fonctions ont les effets suivants sur leurs variations :
Proposition 3.88. Si f : E → R et g : E → R sont croissantes alors f + g :
E → R est croissante.
Démonstration. Soient x et y dans E tels que x ≤ y. Par la croissance de f et
de g, on a que :
f (x) ≤ f (y) et g(x) ≤ g(y)
En additionnant ces deux inégalités, on obtient que f (x) + g(x) ≤ f (y) + g(y),
ce qui par définition de f + g signifie bien que :

(f + g)(x) ≤ (f + g)(y).

Proposition 3.89. Si f : E → R et g : E → R sont croissantes et positives


alors f g : E → R est croissante.
Démonstration. Soient x et y dans E tels que x ≤ y. Par la croissance de f et
de g, on a que :
0 ≤ f (x) ≤ f (y) et 0 ≤ g(x) ≤ g(y)
En multipliant ces deux inégalités (c’est possible car seuls des réels positifs
sont impliqués), on obtient que f (x)g(x) ≤ f (y)g(y), ce qui par définition de
f g signifie bien que :
(f g)(x) ≤ (f g)(y).

67
Les propositions ci-dessus sont aussi valides quand f et g sont simultanément
strictement croissantes, décroissantes ou strictement décroissantes.

Exercice 3.90. Déterminer le lien entre les variations de f et les variations


de αf et f + c où α et c sont des constantes réelles.

La composition est aussi un outil utile pour comprendre les variations :

Proposition 3.91. Soit f : D → R et g : E → R telle que g(E) ⊂ D.


• Si f est croissante sur D et g est croissante sur E, alors f ◦ g est crois-
sante sur E.
• Si f est décroissante sur D et g est croissante sur E, alors f ◦ g est
décroissante sur E.
• Si f est croissante sur D et g est décroissante sur E, alors f ◦ g est
décroissante sur E.
• Si f est décroissante sur D et g est décroissante sur E, alors f ◦ g est
croissante sur E.

Démonstration. On donne la preuve dans le cas où f et g sont croissantes, les


autres sont laissées au lecteur.
Considérons x et y dans E tels que x ≤ y. Vu la croissance de g sur E, on
aura que g(x) ≤ g(y).
Comme g(x) et g(y) sont des éléments de D et que f est croissante sur
D, si on applique f des deux cotés de l’inégalité, on obtient que f (g(x)) ≤
f (g(y)).

Exercice 3.92. Soit p : R → R, x 7→ ax2 + bx + c une fonction polynômiale


de degré 2. Déterminez les variations de p à l’aide de sa forme canonique.

Exercice 3.93. Donner (sans utiliser la notion de dérivée) les tableaux de


variation des fonctions suivantes :
2
1. f (x) = x2 + 7. 5. u(x) = cos(e−x ).
2. g(x) = x2 − x + 4. 2
6. v(x) = sin( 1+x 2 ).
3. h(x) = x3 + x.
1
4. k(x) = x2 +x−2 . 7. w(x) = e2x + ex − 2.

Exercice 3.94. On considère le dispositif électronique suivant, constitué


d’une résistance de valeur R0 et d’un potentiomètre de valeur R1 :

68
R0

r R1 − r
• •

Lorsque l’on tourne le potentiomètre, le paramètre r prend toutes les valeurs


de 0 à R1 .
On souhaite connaître les valeurs de R0 et R1 . Malheureusement les com-
posants sont dans un boîtier scellé et les seuls points où l’on peut prendre
des mesures sont les deux points noirs sur le schéma (cette hypothèse est
inspirée de faits réels).
1. On note Re (r) la résistance équivalente mesurée au bornes du circuit.
Montrez que :
1 R0 + R1
=
Re (r) r(R0 + R1 − r)
2. En déduire le tableau de variation de la fonction Re : [0, R1 ] 7→ R.
3. En branchant un ohmmètre aux bornes du circuit et en tournant le
potentiomètre, on observe la chose suivante : quand le potentiomètre
est en butée vers la gauche, l’appareil indique 0kΩ. Quand on tourne le
potentiomètre vers la droite, la résistance augmente jusqu’à atteindre
30kΩ, elle décroît ensuite pour arriver à 50
3 kΩ lorsque le potentiomètre
est en buté à droite. Déterminez à partir de ces informations les valeurs
de R0 et R1 .

Au cours de ce chapitre nous avons été amenés à admettre l’existence et


l’unicité des solutions des équations xn = y (lors de la définition de la foncion

y 7→ n y) et ax = y (avec y > 0, lors la définition de y 7→ loga (y)). La notion de
bijection va nous permettre de démontrer ces résultats d’existence et d’unicité.

Définition 3.95. Soient E et F des parties de R et u : E → F une fonction.


On dit que u est une bijection si pour tout y0 dans F , l’équation u(x) = y0
d’inconnue x a une unique solution y0 dans E.

Remarque 3.96. Contrairement aux autres notions sur les fonctions que nous
avons vues jusqu’ici, la notion de bijection est très sensible à l’ensemble d’ar-
rivée choisi !

Exercice 3.97. Dire si les fonctions suivantes sont des bijections :

69
1. u : R → R, x 7→ x2 . 4. u : [0, +∞[→ [0, +∞[, x 7→ x2 .
2. u : R → [0, +∞[, x 7→ x2 . 5. u :] − ∞, 0] → R, x 7→ x2 .
3. u : [0, +∞[→ R, x 7→ x2 . 6. u :] − ∞, 0] → [0, +∞[, x 7→ x2 .

Exercice 3.98. Pour chacune des fonctions suivantes, dire si elle est bijective
ou non. (On pourra s’aider d’un tableau de variation ou d’une représentation
graphique.)
1. f : R → R, définie par f (x) = sin x.
2. f : [−π/2, π/2] → R, définie par f (x) = sin x.
3. f : [−π/2, π/2] → [−1, 1], définie par f (x) = sin x.

Un théorème utile pour repérer les bijections est le suivant :


Théorème 3.99. Soit I ⊂ R un intervalle et u : I → R une fonction continue
et strictement monotone.
• J = f (I) = {u(x)|x ∈ I} est un intervalle.
• u : I → J est une bijection.
Démonstration. Supposons que I = [a, b] avec a et b des réels, pour les autres
intervalles on consultera les remarques après la preuve. On supposera aussi que
u est strictement croissante, le cas où u est strictement décroissante se déduit
du cas précédent en considérant −u.
Montrons tous d’abord que u([a, b]) = [u(a), u(b)]. Tout d’abord si y0 ∈
u([a, b]),il s’écrit u(x0 ) pour un x0 ∈ [a, b]. Par définition de [a, b], a ≤ x0 ≤ b,
et donc comme u est croissante on peut en déduire que u(a) ≤ u(x0 ) ≤ u(b).
Ce qui signifie que y0 = u(x0 ) ∈ [u(a), u(b)]. Donc u([a, b]) ⊂ [u(a), u(b)].
De plus si y0 ∈ [u(a), u(b)], la continuité de u et le fait que u soit défi-
nie sur l’intervalle [a, b] nous permet d’appliquer le théorème des valeurs in-
termédiaires. Ce dernier nous assure de l’existence d’un réel x0 ∈ [a, b] tel
que u(x0 ) = y0 , ce qui signifie que y0 ∈ u([a, b]). On a donc montré que
[u(a), u(b)] ⊂ u([a, b]).
Donc J = [u(a), u(b)].
Montrons maintenant que u : I → J est une bijection. Le théorème des
valeurs intermédiaires nous a montré ci-dessus que pour tout y0 ∈ J, l’équation
u(x) = y0 a au moins une solution x0 dans I = [a, b]. Pour montrer que u est une
bijection, il faut montrer que cette solution est la seule. Pour cela considérons
un réel x ̸= x0 dans [a, b]. Alors soit x < x0 et la stricte croissance de u nous
donne que u(x) < y0 , similairement si x > x0 alors u(x) > y0 . En particulier
on a montré que si x ̸= x0 alors u(x) ̸= y0 , donc l’équation u(x) = y0 ne peut
avoir d’autre solution que x0 dans [a, b].
Ceci montre bien que pour tout y0 ∈ J, l’équation u(x) = y0 a une unique
solution dans I, et donc que u est une bijection.

70
Remarque 3.100. Dans la démonstration ci-dessus, on a vu que si I = [a, b] et
si u est croissante alors u([a, b]) = [u(a), u(b)]. Si u est décroissante et I = [a, b]
alors u([a, b]) = [u(b), u(a)].
Pour les autres types d’intervalles I et u : I → J une fonction strictement
croissante, on admettra les faits suivants.
• Si I =]a, b] alors u(I) =] lima u, u(b)].
• Si I = [a, b[ alors u(I) = [u(a), limb u[.
• Si I =]a, b[ alors u(I) =] lima u, limb u[.
La preuve du théorème dans ces cas nécessite une compréhension plus fine de
la notion de limite que celle dont on dispose dans ce cours.
Dans le cas où u est strictement décroissante, les bornes de u(I) sont in-
versées : par exemple, si u : [a, b[→ R est décroissante, alors u([a, b[) =
] limb u, u(a)].

Exercice 3.101. Pour chacune des fonctions suivantes u : I → R, montrez


qu’elles sont bijectives de I dans u(I) et déterminez u(I).
1. u : [0, +∞[→ R, x 7→ xex .
cos x
2. u :]0, π/2] → R, x 7→ x .

Quand on a une bijection u : E → F , on peut pour chaque y0 ∈ F trouver


un unique x0 ∈ E vérifiant u(x0 ). Associer à chaque y0 ∈ F le x0 correspondant
définit une nouvelle fonction, appelée la réciproque de u.
Définition 3.102. Soit u : E → F une bijection. La réciproque de u est la
fonction v : F → E qui à y ∈ F associe l’unique x ∈ E tel que u(x) = y.
Remarque 3.103. On note parfois u−1 la réciproque de u, cependant cela peut
parfois prêter à confusion car un peut aussi désigner la fonction x 7→ u(x)n . Le
contexte permet en général de trancher.

Exercice 3.104. Soit u : E → F une bijection et v : F → E sa réciproque.


Déterminez u ◦ v : F → F et v ◦ u : E → E.

Proposition 3.105. Soit u : E → F une bijection strictement croissante,


alors sa réciproque est strictement croissante.
Démonstration. Notons v la réciproque de u.
Soient y1 , y2 ∈ F tels que y1 < y2 , posons x1 = v(y1 ) et x2 = v(y2 ), on a en
particulier u(x1 ) = y1 et u(x2 ) = y2 . On a alors les deux possibilités suivantes :
soit x1 > x2 , soit x1 < x2 . Si x1 > x2 la stricte croissance de u implique que
u(x1 ) > u(x2 ), et donc que y1 > y2 , ce qui n’est pas possible car y1 < y2 .
On est donc dans le second cas et x1 < x2 , soit v(y1 ) < v(y2 ) et donc v est
strictement croissante.

71
Remarque 3.106. Similairement, si u est strictement décroissante, sa réciproque
l’est aussi.

Exercice 3.107. Soit f :]1, +∞[→]1, +∞[ définie par f (x) = x+1x−1 . Montrez
que f est une bijection et montrez que la réciproque de f est f .

Exercice 3.108. Pour chacune des fonctions suivantes, montrez qu’elles


sont bijectives et déterminez leur réciproque.
1. f : [−1, 3] → [1, 9] définie par f (x) = 2x + 3.
x−4
2. f :] − 4, +∞[→]8, +∞[ définie par f (x) = x+4 .
1+x2
3. f : [0, 1[→ [1, +∞[ définie par f (x) = 1−x2 .
4. f : [−2, +∞[→ [−4, +∞[ définie par f (x) = x2 + 4x.

Certaines des fonctions que nous avons rencontrées jusqu’ici ont été construites
comme réciproques d’autres fonctions.
Exemple 3.109. Soit u : [0, +∞[→ [0, +∞[ la fonction x 7→ xn . C’est une
fonction continue strictement croissante, sa réciproque v est la fonction y 7→
√n y.

Exemple 3.110. Soit u : R →]0, +∞[ la fonction x 7→ ax avec a > 1. C’est


une fonction continue strictement croissante, sa réciproque v est la fonction
y 7→ loga y.

Exercice 3.111. Soit u : I → J une fonction continue croissante et v sa


réciproque. Quel lien y a-t’il entre les graphes de u et v ?

On peut aussi définir des réciproques d’autres fonctions usuelles. En parti-


culier pour les fonctions trigonométriques :
Exemple 3.112. La fonction sin : [− π2 , π2 ] → [−1, 1] est continue et stricte-
ment croissante, elle admet donc une réciproque nommée « arcsinus », arcsin :
[−1, 1] → [− π2 , π2 ].
Exemple 3.113. La fonction cos : [0, π] → [−1, 1] est continue et strictement
décroissante, elle admet donc une réciproque nommée « arccosinus », arccos :
[0, π] → [−1, 1].
Exemple 3.114. La fonction tan :]− π2 , π2 [→]−∞, ∞[ est continue et strictement
croissante, elle admet donc une réciproque nommée « arctangente », arctan :
] − ∞, ∞[→] − π2 , π2 [.

72
Exercice 3.115. On note arcsin, arccos et arctan les fonctions réciproques
des fonctions :

π π 
π π
sin : − , → [−1, 1], cos : [0, π] → [−1, 1] et tan : − , → R.
2 2 2 2
1. Calculer pour x ∈ [−1, 1], sin(arcsin x), cos(arcsin x), cos(arccos x),
sin(arccos x).
π
2. Montrer que : Pour tout x ∈ [−1, 1], arccos x + arcsin x = 2
3. Donner les variations et les courbes représentatives des fonctions sui-
vantes :
f (x) = arcsin(sin x) g(x) = arctan(tan x)
h(x) = arccos(cos x) et k(x) = arccos(sin x).

73
4. Dérivation et applications
Dans ce chapitre, on désignera par I un intervalle ouvert.

4.1. Algèbre des fonctions qui tendent vers 0 en 0


Définition 4.1. On note E l’ensemble des fonctions e : I → R où I est un
intervalle ouvert contenant 0 et limh→0 e(h) = 0.
On a noté E cet ensemble comme « erreur », le fait que e ∈ E tende vers 0
quand h → 0 traduit l’idée qu’en contrôlant suffisamment h, on peut rendre e
petit.
Les propriétés des limites au chapitre précédent montrent la proposition
suivante :
Proposition 4.2. Soient e1 et e2 deux éléments de E et f un fonction définie
sur un intervalle ouvert contenant 0 qui est bornée ou continue. Alors :
• e1 + e2 ∈ E.
• f e1 ∈ E.
• e1 ◦ e2 ∈ E.
On peut utiliser cette notation pour donner une autre point de vue sur la
continuité :
Proposition 4.3. Soit f : I → R et x0 ∈ I. f est continue en x0 si et
seulement si on peut trouver une fonction e ∈ E tel que pour h suffisamment
petit f (x0 + h) = f (x0 ) + e(h).
Démonstration. Supposons d’abord qu’on peut trouver e ∈ E tel que f (x0 +
h) = f (x0 ) + e(h). En faisant tendre h vers 0 dans cette égalité on obtient
limh→0 f (x0 + h) = f (x0 ). Comme limh→0 f (x0 + h) = limx→x0 f (x), on obtient
bien que f est continue en x0 .
Réciproquement, si f est continue en x0 , on peut écrire que f (x0 + h) =
f (x0 )+f (x0 +h)−f (x0 ) et e : h 7→ f (x0 +h)−f (x0 ) a pour limite f (x0 )−f (x0 )
en 0, donc e ∈ et on a bien écrit que f (x0 + h) = f (x0 ) + e(h) où e ∈ E.

4.2. Développement limité à l’ordre 1, nombre


dérivé.
Dans la section précédente, on a vu que les fonctions continues en x0 vérifiait
f (x0 + h) = f (x0 ) + e(h) où e ∈ . En d’autres termes, une fonction continue en

75
x0 est une fonction qui à une erreur e près se comporte comme une constante.
Une fonction dérivable en x0 est une fonction qui se comporte autour de x0
comme une fonction affine à une erreur de la forme he(h) près.
Pour formuler notre définition du nombre dérivé, on a besoin du fait suivant :
Proposition 4.4. Soient a1 , a2 , b1 , b2 des réels et e1 , e2 ∈ E. Si

a1 + b1 h + he1 (h) = a2 + b2 h + he2 (h)

alors a1 = a2 et b1 = b2 .
Démonstration. En faisant tendre h vers 0 dans

a1 + b1 h + he1 (h) = a2 + b2 h + he2 (h) (4.1)

on obtient que a1 = a2 . En retranchant a1 de chaque côté de (4.1), on obtient


que b1 h+he1 (h) = b2 h+he2 (h). En divisant par h de chaque côté (en supposant
h ̸= 0) on a alors que b1 + e1 (h) = b2 + e2 (h) et en faisant tendre h vers 0 on
obtient bien que b1 = b2 .
Définition 4.5. Soit f : I → R une fonction et x0 ∈ I. On dit que f est
dérivable en x0 si on peut trouver un réel, noté f ′ (x0 ), et e ∈ E tels que, pour
tout h suffisamment petit :

f (x0 + h) = f (x0 ) + f ′ (x0 )h + he(h).

Définition 4.6. Dans la situation ci dessus, f ′ (x0 ) est appelé nombre dérivé
de f en x0 .
Définition 4.7. Dans la situation ci dessus, on dit que f (x0 ) + f ′ (x0 )h + he(h)
est un développement limité à l’ordre 1 de f en x0 .
Remarque 4.8. Si f est dérivable en x0 , on remarquera qu’en écrivant f (x0 +
h) = f (x0 ) + f ′ (x0 )h + he(h) on obtient, comme h 7→ f ′ (x0 )h + he(h) est dans
E, que f est continue en x0 .
Exemple 4.9. Considérons une fonction constante f : x 7→ c et x0 ∈ R. Alors :

f (x0 + h) = c = f (x0 ) + 0 × h + 0.

Comme la fonction constante égale à 0 est bien dans E, ceci montre que f est
dérivable en x0 et que sa dérivée vaut 0.
Exemple 4.10. Considérons une fonction affine f : x 7→ ax+b et x0 ∈ R. Alors :

f (x0 + h) = a(x0 + h) + b = (ax0 + b) + ah = f (x0 ) + ah + 0.

Comme la fonction constante égale à 0 est bien dans E, ceci montre que f est
dérivable en x0 et que sa dérivée vaut a.

76
Exemple 4.11. Considérons la fonction carré f : x 7→ x2 et x0 ∈ R. Alors :

f (x0 + h) = (x0 + h)2 = x20 + 2x0 h + h2 = f (x0 ) + 2x0 h + h2 .

Comme la fonction h 7→ h2 est bien dans E, ceci montre que f est dérivable en
x0 et que sa dérivée vaut 2x0 .

Exercice 4.12. 1. Déterminez le nombre dérivé de la fonction f : x 7→ x3


en tout réel x0 ∈ R.

2. Déterminez le nombre dérivé en 0 de la fonction f : x 7→ 3 + 2x + x x.
3. Déterminez le nombre dérivé en π/2 de la fonction f : x 7→ 3 + 2x +
x cos x.
4. Déterminez le nombre dérivé en 0 de la fonction

f :R→R
 √
1 − 2x(1 + x sin 1 )
x si x ̸= 0
x 7→ 
1 si x = 0

Un autre moyen de calculer les nombres dérivés est la proposition suivante :

Proposition 4.13. Soit f : I → R une fonction et x0 ∈ R. Alors f est


dérivable en x0 si et seulement si h 7→ f (x0 +h)−f
h
(x0 )
a une limite quand h tend

vers 0. Si cette limite existe elle est égale à f (x0 ).

Considérons pour f : I → R sa courbe représentative dans le plan Cf , et


notons pour t ∈ I Mt le point d’abscisse t sur Cf . Pour x0 ∈ I et h ̸= 0 tel que
x0 + h ∈ I, f (x0 +h)−f
h
(x0 )
est le coefficient directeur de la droite Dh passant par
Mx0 et Mx0 +h .
Si f est dérivable, cette droite va se rapprocher, quand h s’approche de 0
d’une droite D appelée la tangente en Mx0 à Cf .

Définition 4.14. Soit f : I → R une fonction dérivable en x0 ∈ I et Cf la


courbe représentative de f . La tangente à Cf en (x0 , f (x0 )) est la droite passant
par (x0 , f (x0 )) de coefficient directeur f ′ (x0 ).

Exercice 4.15. Sur chacun des graphiques ci dessous, on a représenté en


trait plein le graphe d’une fonction f et en pointillé sa tangente en (1, f (1)).
Donnez f ′ (1) et l’équation de la tangente au graphe en (1, f (1)) dans
chaque cas.

77
Cf

Dh
Mx0 +h

D
Mx0

x0 x0 + h

Figure 4.1. – Sécante et tangente

3 3
y y
2 2
1 1
x x
−3 −2 −1 1 2 3 −3 −2 −1 1 2 3
−1 −1
−2 −2
−3 −3
1) 2)

3 3
y y
2 2
1 1
x x
−3 −2 −1 1 2 3 −3 −2 −1 1 2 3
−1 −1
−2 −2
−3 −3
3) 4)

Exercice 4.16. Calculer le nombre dérivé des fonctions suivantes au réel x0


donné.

1. x 7→ x, x0 ∈ R∗ . 3. x 7→ sin x, x0 = 0.
2. x 7→ x1 , x0 ∈ R∗ . 4. x 7→ cos x, x0 = 0.

78
Exercice 4.17. En vous aidant des formules trigonométriques pour cos(x +
y) et sin(x + y) et des dérivées de sin et cos en 0, déterminez les dérivées des
fonctions sin et cos.

Exercice 4.18. Soit f : R → R définie par f (x) = |x|. Déterminez les réels
x0 pour lesquels f est dérivable en x0 et la valeur de f ′ (x0 ).

4.3. Fonction dérivée, règles de calcul


Pour des exercices supplémentaires, on pourra regarder la Fiche 9 de https:
//[Link]/cdc/cahier_de_calcul_v3.pdf.
Définition 4.19. Soit f : I → R une fonction dérivable en tout x0 ∈ I. La
fonction dérivée de f est définie par :
f′ : I → R
x 7→ f ′ (x)
Remarque 4.20. Il peut arriver qu’une fonction f : I → R ne soit dérivable que
sur une partie J ⊂ I (appelé domaine de dérivabilité), on peut alors seulement
définir f ′ : J → R.

Exercice 4.21. À partir des exercices précédents, déterminez pour les fonc-
tions suivantes leur domaine de dérivabilité et leur fonction
√ dérivée de
2 3 1
x 7→ ax + b (a et b réels), x 7→ x , x 7→ x , x 7→ x et x 7→ x. x 7→ |x|.

Proposition 4.22. Soient u : I → R et v : I → R deux fonctions dérivables


sur I et α ∈ R. Alors αu, u + v et uv sont dérivables sur I et :
• (αu)′ = αu′
• (u + v)′ = u′ + v ′ .
• (uv)′ = u′ v + uv ′ .
Démonstration. Soit x0 ∈ I, comme u et v sont dérivables en x0 , on peut
trouver e1 , e2 ∈ E tels que, pour h suffisamment petit :
u(x0 + h) = u(x0 ) + u′ (x0 )h + he1 (h) et v(x0 + h) = v(x0 ) + v ′ (x0 )h + he2 (h).
Déterminons le nombre dérivé de u + v à partir de ces formules. On calcule :
(u + v)(x0 + h) = u(x0 + h) + v(x0 + h)
= u(x0 ) + u′ (x0 )h + he1 (h) + v(x0 ) + v ′ (x0 )h + he2 (h)
= u(x0 ) + v(x0 ) + u′ (x0 )h + v ′ (x0 )h + he1 (h) + he2 (h)
= (u + v)(x0 ) + (u′ (x0 ) + v ′ (x0 )) h + h (e1 (h) + e2 (h))

79
On observe maintenant que comme e1 , e2 ∈ E, e1 + e2 ∈ E. Ceci montre que
u + v est dérivable en x0 et que (u + v)′ (x0 ) = u′ (x0 ) + v ′ (x0 ). En particulier
(u + v)′ = u′ + v ′ .
Pour la dérivée de uv, on calcule :

(uv)(x0 + h) =u(x0 + h)v(x0 + h)


= (u(x0 ) + u′ (x0 )h + he1 (h)) (v(x0 ) + v ′ (x0 )h + he2 (h))
=u(x0 )v(x0 ) + u(x0 ) × v ′ (x0 )h + u′ (x0 )h × v(x0 )
+ u′ (x0 )v ′ (x0 )h2 + u(x0 )he2 (h) + v(x0 )he1 (h)
+ u′ (x0 )h × he2 (h) + v ′ (x0 )h × he1 (h) + he1 (h) × he2 (h)
=(uv)(x0 ) + (u(x0 )v ′ (x0 ) + u′ (x0 )v(x0 )) h

+ h u′ (x0 )v ′ (x0 )h + u(x0 )e2 (h) + v(x0 )e1 (h)

′ ′
+ u (x0 )he2 (h) + v (x0 )he1 (h) + he1 (h)e2 (h)
=(uv)(x0 ) + (u(x0 )v ′ (x0 ) + u′ (x0 )v(x0 )) h + he(h)

où l’on a désigné par e(h) l’expression entre crochets ci-dessus. De plus e ∈ E


car c’est une somme de fonctions tendant vers 0 quand h tend vers 0. Donc
(uv)′ (x0 ) = u(x0 )v ′ (x0 ) + u′ (x0 )v(x0 ), ce qui montre bien que (uv)′ = u′ v + uv ′ .
La preuve de la formule pour la dérivée αu est laissé au lecteur.
Remarque 4.23. Dans la preuve précédente, le calcul de la dérivée de uv est un
peu indigeste. Une manière d’y remédier est d’introduire une nouvelle notation :
on notera e n’importe quelle fonction qui tend vers 0 en 0. Avec cette notation,
la dérivabilité de u et v en x0 s’écrit u(x0 + h) = u(x0 ) + u′ (x0 )h + he(h) et
v(x0 + h) = v(x0 ) + v ′ (x0 )h + he(h), bien que les e dans ces deux égalités
désignent des fonctions différentes.
Les propriétés vues au début de ce chapitre donnent les règles de calcul
suivantes : e(h) + e(h) = e(h), e(h) × f (h) = e(h) si f est bornée ou continue,
et e(e(h)) = e(h).
On peut alors écrire, en utilisant les règles de calcul ci dessus :

(uv)(x0 + h) =u(x0 + h)v(x0 + h)


= (u(x0 ) + u′ (x0 )h + he(h)) (v(x0 ) + v ′ (x0 )h + he(h))
=u(x0 )v(x0 ) + u(x0 ) × v ′ (x0 )h + u′ (x0 )h × v(x0 )
+ u′ (x0 )v ′ (x0 )h2 + he(h)v(x0 + h) + u(x0 + h)he(h)
=u(x0 )v(x0 ) + (u(x0 )v ′ (x0 ) + u′ (x0 )v(x0 )) h
+ u′ (x0 )v ′ (x0 )he(h) + he(h) + he(h)
=(uv)(x0 ) + (u(x0 )v ′ (x0 ) + u′ (x0 )v(x0 )) h + he(h)

Il faut cependant être vigilant avec cette notation, en particulier e(h) − e(h) =
e(h), et pas autre chose !

80
Exercice 4.24. Déterminez la dérivée de la fonction x 7→ xn (vous pouvez
utiliser soit la formule du binôme de Newton, soit un raisonnement par
récurrence).

Proposition 4.25. Soit u : I → R et v : I → R deux fonctions dérivables


telles que v ne s’annule pas sur I. Alors uv est dérivable et :
 ′
u u′ v − uv ′
= .
v v2
En particulier : !′
1 v′
= − 2.
v v
Démonstration. On va commencer par calculer la dérivée de v1 en utilisant la
limite du taux d’accroissement. On calcule donc, pour x0 ∈ I et h petit :
1 v(x0 ) − v(x0 + h)
!
1 1 1
− =
h v(x0 + h) v(x0 ) h v(x0 )v(x0 + h)
1 v(x0 + h) − v(x0 )
=−
v(x0 )v(x0 + h) h
1
Quand h tend vers 0, − v(x0 )v(x0 +h)
tend vers − v(x10 )2 car v est continue et
v(x0 +h)−v(x0 )
h tend vers v ′ (x0 ) car v est dérivable.
On déduit que :
v ′ (x0 )
!
1 1 1
lim − =−
h→0 h v(x0 + h) v(x0 ) v(x0 )2

1 v (x0 )
Donc v est dérivable en x0 de dérivée − v(x0)
2 . On a donc bien montré que
 ′ ′
1
v = − vv2 .
Pour la dérivée de uv , on utilise la dérivée de 1
v et la règle du produit pour
avoir :
1 ′
 ′ ! !′
u 1 1
= u× = u′ + u
v v v v
′ ′!
u v
= +u − 2
v v

v′
!
u
= +u − 2
v v
′ ′
u v − uv
=
v2

81
Exercice 4.26. Pour chacune des fonctions f ci-dessous, calculez sa fonction
dérivée f ′ .
1. f (x) = 3x3 + 2x − 2

2. f (x) = 2 cos(x) + x

3. f (x) = (x2 + 1) x
4. f (x) = cos(x) sin(x)
3x
5. f (x) = x2 +x+1
x+ 3
6. f (x) = x2 −1

1+ x
7. f (x) = 1+x
sin(x)
8. f (x) = tan(x) = cos(x)

Exercice 4.27. Calculer la dérivée des fonctions suivantes :


1
1. f (x) = sin(x)
sin x
2. f (x) = x

x cos x
3. f (x) = x+1
x2 +4x+1
4. f (x) = 1+x
2

5. f (x) = x (1 + x) sin(x)

Exercice 4.28. Pour chacune des fonctions f et des réels x0 ci dessous,


donnez l’équation de la tangente en (x0 , f (x0 )) au graphe de f .
1. f (x) = 1/x, x0 = 2

2. f (x) = x, x0 = 4
3. f (x) = x3 , x0 = −1

Nous allons maintenant voir comment se calcule la dérivée d’un composition.

Proposition 4.29. Soit u : I → R et v : J → R deux fonctions dérivables


telles que v(J) ⊂ I. Alors u ◦ v est dérivable et (u ◦ v)′ = (u′ ◦ v) × v ′ .

Démonstration. Soit x0 ∈ J et posons y0 = v(x0 ). Comme u est dérivable en


y0 et v est dérivable en x0 , on peut écrire, pour h et k petits :

v(x0 + h) = v(x0 ) + v ′ (x0 )h + he(h) et u(y0 + k) = u(y0 ) + u′ (y0 )k + ke(k).

82
On a donc :

(u ◦ v)(x0 + h) =u(v(x0 + h)
=u(v(x0 ) + v ′ (x0 )h + he(h))
=u(y0 + v ′ (x0 )h + he(h))

On utilise maintenant le développement limité à l’ordre 1 de u avec k =


v ′ (x0 )h + he(h) pour obtenir :

(u ◦ v)(x0 + h) =u(y0 ) + u′ (y0 )[v ′ (x0 )h + he(h)]


+ [v ′ (x0 )h + he(h)]e(v ′ (x0 )h + he(h)))
=u(v(x0 )) + u′ (v(x0 ))v ′ (x0 )h + he(h) + h(v ′ (x0 ) + e(h))e(e(h))
=(u ◦ v)(x0 ) + (u′ ◦ v)(x0 )v ′ (x0 )h + he(h)

On en déduit que u◦v est dérivable en x0 et que sa dérivée est (u′ ◦v)(x0 )v ′ (x0 ),
et donc que (u ◦ v)′ = (u′ ◦ v) × v ′ .

Exercice 4.30. Soit u une fonction dérivable.


q Déterminez les dérivées des
n n
fonctions x 7→ u(x) , x 7→ u(x ), x 7→ u(x), x 7→ u(ax + b) (a et b réels),
x 7→ cos(u(x)) et x 7→ sin(u(x)).

Exercice 4.31. Pour chacune des fonctions f ci-dessous, calculez sa fonction


dérivée f ′ .
 3
1. f (x) = x3 + 2

2. f (x) = 3x + 12
q
3. f (x) = 1 + x1

4. f (x) = 1 − x2
5. f (x) = sin(3x)
6. f (x) = cos(x)1 2
7. f (x) = sin x1
x 7
 
8. f (x) = 1+x
q
9. f (x) = sin(x)

10. f (x) = sin( x)
11. f (x) = cos(x2 )

83
Exercice 4.32. Pour chacune des fonctions f ci-dessous, calculez sa fonction
dérivée f ′ .
q
1. f (x) = 1 + cos(x)2
q
1
2. f (x) = sin x
1
3. f (x) = sin 4+x7 + sin 4 + x7

Une application intéressante de cette formule est la dérivation des fonctions


réciproque

Proposition 4.33. Soit u : I → J une bijection dérivable et v : J → I sa


réciproque. Alors v est dérivable sur J ′ = {y ∈ J|u′ (v(y)) ̸= 0} et sa dérivée
est donnée par :
1
v′ = ′
u ◦v
Démonstration. On admet que v est dérivable sur J ′ . Par définition de la ré-
ciproque, on a que pour tout y ∈ J, u(v(y)) = y. La dérivée du membre de
droite vaut 1 (comme dérivée d’une fonction affine de y), celle du membre de
gauche se calcule à l’aide de la formule de dérivation des fonctions composées :

(u ◦ v)′ (y) = (u′ ◦ v)(y) × v ′ (y)

Donc, pour tout y dans J ′ , on a : (u′ ◦ v)(y) × v ′ (y) = 1. Comme u′ (v(y)) ̸= 0


sur J ′ , on a bien :
1
v ′ (y) = ′ .
u (v(y))

Exercice 4.34. Montrez que chacune des fonctions f ci-dessous est une
bijection, et calculez la dérivée de sa réciproque là ou c’est possible.
1. f : [0, +∞[→ [0, +∞[, définie par f (x) = x2 .
2. f : [−π/2, π/2] → [−1, 1], définie par f (x) = sin x.
3. f :] − π/2, π/2[→] − ∞, ∞[, définie par f (x) = tan x.

On peut utiliser la défintion de la dérivée et le calcul des dérivées pour


donner des valeurs approchées de fonctions à partir de valeurs déjà connues.
Un exemple est l’approximation sin θ ≃ θ pour θ << 1, très utile en physique,
que l’on peut justifier ainsi : sin est dérivable en 0, de nombre dérivé 1. Donc :

sin θ = sin(0 + θ) = sin(0) + 1 × θ + θe(θ) = θ + θe(θ).

84
Le terme θe(θ) est négligeable devant θ, ce qui justifie l’approximation sin θ ≃
θ.
L’exercice suivant donne d’autres exemples de ces approximations :

Exercice 4.35. Donnez (sans calculatrice) une valeur approchée de


1. (2, 02)2 .
2. (3, 04)3 et (1, 04)3 .
3. log(1, 02).

4. 3, 98.
1
5. 2,04 .

6. 3
8, 06.
7. cos(1, 05), sachant que cos(1) ≃ 0, 540 et sin(1) ≃ 0, 841.

On utilisé la notion de limite pour définir et calculer les dérivées. En retour,


la dérivée va nous donner une nouvelle méthode de calcul de limite :

Proposition 4.36. Soit f : I → R et g : I → R deux fonctions dérivables en


x0 ∈ I et telles que :
• f (x0 ) = g(x0 ) = 0.
• g ′ (x0 ) ̸= 0.

Alors limx→x0 fg(x)(x)
= fg′ (x
(x0 )
0)
.

Exercice 4.37. À l’aide de la définition de la dérivées, démontrez le théo-


rème ci-dessus.

Exercice 4.38. Quelles limites des exercices 3.53, 2.53 et 3.57 cette règle
permet-elle de calculer ?

4.4. Dérivée et calcul d’incertitudes


Soit x un nombre représentant une grandeur physique (distance, force, ten-
sion, intensité, volume, temps, vitesse...) que l’on cherche à connaître avec
précision. On suppose disposer d’un appareil de mesure nous permettant de
mesurer directement la grandeur en question. Cette mesure est systématique-
ment entachée d’une erreur, on lit donc un nombre x qui est a priori différent
de x.

85
On dit que l’incertitude absolue sur la mesure de x est de ∆x si l’on peut
être sûr 1 que |x − x| ≤ ∆x. ∆x a la même dimension que x.
On écrit souvent x = x ± ∆x. La valeur de ∆x est souvent déduite des
graduations sur lesquelles la mesure est faite : dans le cas d’une règle graduée
en mm, on prendra ∆x = 1mm. Sans information supplémentaire, on pourra
considérer que le dernier chiffre affiché est vrai à une unité près. Par exemple
sur un volt-mètre à affichage numérique donnant U = 2.45V , on prendra ∆U =
0.01V .

Exercice 4.39. 1. Donnez des encadrements de x1 = 9.84 ± 0.1, x2 =


3.13 ± 0.02.
2. On sait que x ∈ [2.04, 2.14], trouvez ∆x le plus petit possible et x tels
que x = x + ∆x.
3. On mesure des longueurs. On veut être capable de détecter avec cer-
titude une différence de 1mm. Avec quelle incertitude absolue doit-on
faire les mesures ?

Il est aussi possible de donner une incertitude relative ∆x


|x| , définie générale-
ment par un pourcentage. Certains appareils donnent leur marge d’erreur en
pourcentage. On pourra écrire par exemple :

Exercice 4.40. 1. Une tension U a été mesurée à 5.08V à 2% près. Quelle


est l’incertitude absolue sur cette mesure ?
2. Donner un encadrement de 7.8 ± 6%.
3. On suppose que 4.03 ≤ x ≤ 4.07, quelle est l’incertitude relative sur
x?

On suppose maintenant que l’on a mesuré une grandeur x avec une incerti-
tude ∆x, On note le résultat de la mesure x. On est intéressé par une autre
grandeur y liée à x par une relation de la forme y = f (x) où f est une fonction
dérivable. On va calculer y = f (x) et on cherche à contrôler |y − y|.

Exercice 4.41. On pose h = x − x.


1. Pourquoi a-t-on |h| ≤ ∆x ?
2. Montrez que f (x) − f (x) = f ′ (x)h + he(h).
3. On choisit de négliger le terme he(h). En déduire que l’on peut choisir
∆y = |f ′ (x)|∆x.

1. En général il est difficile d’être entièrement certain de la valeur de mesure, on se


contentera plutôt de dire que |x − x| ≤ ∆x avec une forte probabilité, 95% par exemple.

86
On résume souvent les conclusions de l’exercice précédent par la formule
« ∆f (x) = |f ′ (x)|∆x ».

Exercice 4.42. 1. On suppose que y = ax + b où a et b sont des


constantes, calculez l’incertitude sur y en fonction de l’incertitude sur
x.
2. On cônnait le rayon r d’un cercle avec une incertitude ∆r, quelle in-
certitude a-t-on sur sa circonférence et son aire ?
3. Pour de petiteq oscillations, la période T d’un pendule de longueur l
vérifie T = 2π l/g. La longueur du pendule est mesurée à 25cm ± 1%.
Calculez la période du penduleavec son incertitude.
4. Vous roulez dans une voiture dont la masse est 1.2 tonnes. À la lec-
ture du compteur, vous estimez votre vitesse à 80 ± 5km.h−1 . Calculez
l’énergie cinétique E de la voiture avec son incertitude ∆E.
5. La quantité N (t) de carbone 14 dans un échantillon décroît au cours
du temps suivant la loi N (t) = N0 e−λt . On mesure cette quantité N
avec une incertitude ∆N , et on cherche à calculer t, quelle incertitude
a-t-on sur t ?

4.5. Dérivée et variation


Les variations des fonctions affines sont très simples à étudier. Comme la
dérivée décrit la meilleure façon d’approcher une fonction par une fonction
affine, il est naturel de se demander si ces notions ont un lien.
Passer d’informations sur les variations à des informations sur la dérivée est
assez simple :

Proposition 4.43. Soit f : I → R une fonction dérivable. Alors :


• Si f est croissante alors f ′ ≥ 0.
• Si f est décroissante alors f ′ ≤ 0.

Démonstration. On traite ici le cas où f est croissante, l’autre cas est laissé au
lecteur.
Soit x0 ∈ I et h > 0 assez petit alors x0 + h > x0 et, comme f est croissante,
f (x0 + h) ≥ f (x0 ) et donc f (x0 + h) − f (x0 ) ≥ 0. Comme h est positif, on en
déduit que :
f (x0 + h) − f (x0 )
≥ 0,
h
et, en faisant tendre h vers 0, on obtient que f ′ (x0 ) ≥ 0. Ce raisonnement
pouvant être fait en tout x0 de I, ceci nous dit bien que f ′ ≥ 0.

87
Exercice 4.44. Existe-t’il une fonction strictement croissante dont la déri-
vée n’est pas strictement positive ?

Définition 4.45. Soit f : I → R une fonction et x0 ∈ I. On dit que x0 est


un maximum de f si pour tout x ∈ I, f (x) ≤ f (x0 ). On dit que x0 est un
minimum de f si pour tout x ∈ I, f (x) ≥ f (x0 ).

Remarque 4.46. Si x0 est un maximum ou un minimum on dit que c’est un


extremum.

Proposition 4.47. Soit f : I → R une fonction dérivable en x0 ∈ I. Si x0 est


un extremum de f alors f ′ (x0 ) = 0.

Démonstration. Supposons que x0 est un maximum, le cas où x0 est un mini-


mum est laissé au lecteur. Comme x0 est un maximum, on a que pour tout h tel
que x0 +h ∈ I, f (x0 +h) ≤ f (x0 ). En particulier on a que f (x0 +h)−f (x0 ) ≤ 0.
Si h est positif, on obtient alors :

f (x0 + h) − f (x0 )
≤ 0,
h
et, en faisant tendre h vers 0, on obtient que f ′ (x0 ) ≤ 0.
Si h est négatif, on obtient alors :

f (x0 + h) − f (x0 )
≥ 0,
h
et, en faisant tendre h vers 0, on obtient que f ′ (x0 ) ≥ 0.
Donc 0 ≤ f ′ (x0 ) ≤ 0 et f ′ (x0 ) = 0.

Exercice 4.48. Soit f : I → R une fonction dérivable et soit D une droite


qui passe par un point M du graphe Cf de f et telle que Cf est entièrement
en dessous de D. Montrez que D est la tangente à Cf en M .

Pour obtenir des informations sur les variations à partir des informations sur
la dérivée, nous avons besoin d’un outil un peu plus évolué : le théorème des
accroissements finis. Son énoncé est le suivant :

Théorème 4.49. Soit u : [a, b] → R une fonction continue, dérivable sur ]a, b[.
Alors on peut trouver c ∈]a, b[ tel que :

f (b) − f (a)
= f ′ (c).
b−a

88
"Démonstration". On va donner une preuve graphique. Une preuve plus rigou-
reuse sera donnée dans le cours d’analyse réelle du S2. Soient Cf le graphe de
f et A et B les points de coordonnées (a, f (a)) et (b, f (b)). Remarquons que
f (b)−f (a)
b−a est le coefficient directeur de la droite (AB).
Comme f ′ (c) est le coefficient directeur de la tangente à Cf en (c, f (c)),il
suffit de trouver un point de Cf où la tangente est parallèle à (AB).
Si le Cf est confondue avec le segment [AB], sa dérivée est constante égale
f (b)−f (a)
b−a et le théorème est vrai pour tout choix de c ∈]a, b[.
Sinon, il y au moins une partie de Cf qui n’est pas sur [AB], elle passe
donc forcément au-dessus ou en-dessous de (AB). Supposons qu’elle passe au-
dessus (le cas ou Cf est entièrement en-dessous se traite de la même manière)
et considérons la parallèle à (AB) la plus haute possible qui intersecte Cf et
appelons la D. Soit C ∈ Cf un point d’intersection de Cf et D. Notons (c, f (c))
les coordonnées de Cf . Par définition de D, Cf est entièrement en dessous de
D et, par l’exercice 4.48, D est la tangente à Cf en C.

D
•B
C

a
c b
A•

Figure 4.2. – "Preuve" géométrique du théorème des accroissements finis.

Exercice 4.50. Montrez que l’énoncé du théorème devient faux si on ne


suppose plus que I est un intervalle ou si f n’est pas dérivable en certains
points de I.

Exercice 4.51. À l’aide du théorème des accroissements finis, montrez les


inégalités suivantes :
1. Pour x > 0, sin x ≤ x.
2. Pour θ >]0, π/2[, tan x ≥ x.
3. Pour x > 0, arctan x ≤ x.

89
Exercice 4.52. Le but de cet exercice est de donner une preuve de l’inégalité
3 ≤ π ≤ 72 .

1. On va commencer par montrer que 32 < 3 < 74 .

a) Justifer l’inégalité 1 < 3 < 2.
b) En appliquant le théorème √ des accroissement fini à la fonction

2
x :7→ x sur l’intervalle
√ I = [ 3, 2], montrez qu’il existe c ∈] 3, 2[
tel que 1 = 2c(2 − 3.
c) En déduire l’inégalité demandée.
d) Optionnel En appliquant
√ le même√raisonnement avec ce meilleur
encadrement de 3, montrez que 3 ∈] 83 97
48 , 56 [.
2. On considère maintenant la fonction arcsin : [−1, 1] → [−π/2, π/2].
a) Calculez arcsin(0) et arcsin( 12 ).
b) En utilisant le fait que arcsin est la réciproque sin, calculez la
dérivée de arcsin.
π
c) En déduire qu’il existe c ∈]0, 21 [ tel que 6 = √1
2 1−c2
.
d) En déduire que π ∈]3, 72 [.

Le théorème des accroissements finis nous permet de montrer le résultat


suivant :

Proposition 4.53. Soit I un intervalle et f : I → R une fonction dérivable.


• Si f ′ = 0 sur I, f ′ est constante.
• Si f ′ > 0 sur I, f est strictement croissante.
• Si f ′ ≥ 0 sur I, f ′ est croissante.
• Si f ′ < 0 sur I, f est strictement décroissante.
• Si f ′ ≤ 0 sur I, f ′ est décroissante.

Démonstration. On va montrer seulement les deux premiers points, les autres


sont laissés au lecteur.
Supposons d’abord que f ′ = 0 et I est un intervalle. Soit x0 ∈ I fixé et
x ∈ I quelconque. Par le théorème des accroissements finis, on peut trouver
un c entre x et x0 tel que f (x) − f (x0 ) = f ′ (c)(x − x0 ) = 0 car f ′ = 0. Donc
pour tout x ∈ I, f (x) = f (x0 ) ce qui montre bien que f est constante.
Supposons maintenant que f ′ > 0 et I est un intervalle. Soit x et y deux
réels de I tels que x < y. Par le théorème des accroissements finis, on a alors
un c dans ]x, y[ tel que f (y) − f (x) = f ′ (c)(y − x). Or par hypothèse f ′ (c) > 0
et y − x > 0, on en déduit donc que f (y) − f (x) > 0. On a donc montré
que si x < y, alors f (x) < f (y), ce qui montre bien que f est strictement
croissante.

90
Exercice 4.54. Montrez que l’énoncé du théorème devient faux si on ne
suppose plus que I est un intervalle.

Exercice 4.55. Chacun des graphiques ci-dessous représente la dérivée de


l’une des fonctions de l’exercice 4.15, retrouvez laquelle.

3 3
y y
2 2
1 1
x x
−3 −2 −1 1 2 3 −3 −2 −1 1 2 3
−1 −1
−2 −2
−3 −3
a) b)

3 3
y y
2 2
1 1
x x
−3 −2 −1 1 2 3 −3 −2 −1 1 2 3
−1 −1
−2 −2
−3 −3
c) d)

4.6. LA fonction exponentielle, LE logarithme


néperien et les fonctions puissance
Proposition 4.56. Soit f une fonction dérivable sur R telle que f ′ = f et
f (0) = 1. Alors pour tout réel x on a f (−x)f (x) = 1 et f ne s’annule pas sur
R.

Démonstration. On considère pour tout réel x, g(x) = f (−x)f (x) et u(x) =


f (−x). Comme f est dérivable sur R , u est dérivable sur R comme composée
de fonctions dérivables et u′ (x) = −f ′ (x). g est donc dérivable sur R et g ′ (x) =
−f ′ (−x)f (x) + f (−x)f ′ (x).
De f ′ = f on déduit que pour tout réel x, g ′ (x) = −f (−x)f (x)+f (−x)f (x) =
0. g est donc une fonction constante sur R. En particulier pour tout réel x,
on a g(x) = g(0). Comme g(0) = f 0)f (0) = 1, on obtient pour tout réel x,

91
f (−x)f (x) = 1.
Si pour un réel x on a f (x) = 0, alors f (−x)f (x) = 0, ce qui est impossible.
Donc f ne s’annule pas sur R.
Théorème-Défintion 4.57. Il existe une unique fonction f , dérivable sur
R, telle que f = f ′ et f (0) = 1. On la nomme fonction exponentielle ; elle
est notée exp. On pose e = exp(1) et pour tout réel x, exp(x) = ex . On a
R → R∗+
exp :
x 7→ ex

Démonstration. L’existence d’une fonction f , dérivable sur R, telle que f = f ′


et f (0) = 1 est admise.
Pour démontrer l’unicité de f , on considère une fonction g qui vérifie les
mêmes conditions que f et on montre qu’elle est égale à f . Pour cela on prouve
que fg = 1. D’après le résultat préliminaire la fonction f ne s’annule pas sur
g(x)
R. On définit la fonction h sur R par h(x) = f (x) . La fonction h est dérivable
′ ′
g f −f g
sur R et on obtient h′ = ( fg )′ = f2 = 0 (car f = f ′ et g = g ′ ). La fonction
h est donc constante sur R. De plus h(0) = fg(0)
(0) = 1. Donc pour tout x réel,
h(x) = 1 ou encore pour tout x réel, f (x) = g(x)

Exercice 4.58. Soit u une fonction dérivable positive, déterminez la dérivée


de la fonction x 7→ eu(x) .

Exercice 4.59. Déterminez la dérivée des fonctions suivantes.


1.
2. f (x) = e2x
2
3. f (x) = ex
4. f (x) = ecos(x)
5. f (x) = cos(ex )
6. f (x) = cos(ex )3

Proposition 4.60. Pour tous réels x et y, exp(x + y) = exp(x) + exp(y).


Remarque 4.61. Cette égalité peut également s’écrire ex+y = ex ey . La fonction
exponentielle transforme les sommes en produits.
Démonstration. Soit a un réel. On considère pour tout réel x, fa (x) = exp(x +
a) exp(−x). fa est dérivable sur R comme produit de deux fonctions dérivables.
Chacune d’entre elles est dérivable en tant que composée de deux fonctions

92
dérivables. On a fa′ (x) = exp(x + a) exp(−x) − exp(x + a) exp(−x) = 0. fa est
donc une fonction constante sur R. De fa (0) = exp(a) on déduit que exp(x +
exp(a) 1
a) exp(−x) = exp(a) d’où exp(x + a) = exp(−x) = exp(x) exp(a) car exp(−x) =
exp(x).
Proposition 4.62. Pour tous réels x et y et pour tout entier relatif p on a
x
ex−y = eey , e−y = e1y et (ex )p = epx .
Démonstration. Cette propriété qui se déduit de la propriété précédente a été
démontrée dans un cadre plus général [exercice 2.16].

Proposition 4.63. Pour tout réel x, on a ex > 0.


Par définition la fonction exponentielle est dérivable elle est donc continue.
Sa dérivée étant strictement positive, la fonction exponentielle est donc stric-
tement croissante sur R.
x x
Démonstration. Soit x un réel, on a ex = e2. 2 = (e 2 )2 . D’après la proposition
4.56 on a ex ̸= 0, il s’ensuit ex > 0.
Théorème 4.64. On a limx→+∞ ex = +∞ et limx→−∞ ex = 0.
x
De plus, limx→+∞ ex = +∞.
Démonstration. Prouvons que, pour tout réel x, ex ≥ x.
On considère pour tout réel x, f (x) = ex − x. f est dérivable sur R et on
a f ′ (x) = ex − 1. Comme la fonction exp est strictement croissante sur R et
e0 = 1, on en déduit que sur ] − ∞, 0[, f ′ (x) < 0 et sur ]0, +∞[, f ′ (x) > 0. f
∗ ∗
est décroissante sur R− et croissante sur R+ . Comme f (0) = 1, il en résulte
que sur R, f (x) ≥ 0.
Pour tout réel x, l’inégalité x, ex ≥ x est prouvée.
Comme limx→+∞ x = +∞, d’après le théorème 2.58, on a limx→+∞ ex =
+∞.
1
On a limx→−∞ ex = limx→−∞ e−x = 0.
En effet on écrit exp(−x) = exp ◦h(x) où h(x) = −x. Comme limx→−∞ h(x) =
+∞ et limx→+∞ exp(x) = +∞, d’après le théorème de composition des li-
1
mites on obtient limx→−∞ exp(−x) = +∞. Il s’ensuit limx→−∞ e−x = 0 ou
x
limx→−∞ e = 0.
x
Enfin pour tout x > 0, d’après ce qui précède on a e 2 ≥ x2 . On en déduit
x 2 x
(e 2 )2 ≥ ( x2 )2 , soit ex ≥ x4 ou encore ex ≥ x4 . Comme limx→+∞ x4 = +∞,
x
d’après le théorème 2.58, on a limx→+∞ ex = +∞.

Exercice 4.65. Déterminez les limites suivantes :


x
1. limx → 0 e x−1 .
ax
−1
2. limx → 0 e x .
ax
−1
3. limx → 0 eebx −1 .

93
4.6.1. Fonction logarithme népérien
Nous avons établi que la fonction exponentielle est continue et strictement
croissante sur R. D’après le théorème 2.91 et la remarque 2.92 la fonction exp
est une bijection de ] − ∞, +∞[ sur ]0, +∞[.
Définition 4.66. La fonction logarithme népérien est la bijection réciproque
de la fonction exponentielle. Elle est notée ln. Ainsi :
x = ey
( (
y = ln x

x ∈ ]0, +∞[ y ∈ R

Les résultats suivants découlent immédiatement de la définition :


• ln 1 = 0, ln e = 1, ln 1e = −1, puisque e0 = 1, e1 = e et e−1 = 1e .
• Pour tout réel x, ln(ex ) = x ; pour tout x > 0, eln x = x.
• La fonction logarithme népérien est strictement croissante.
Proposition 4.67. Pour tous réels x > 0 et y > 0, ln(xy) = ln x + ln y
- ln( x1 ) = − ln x
- ln( xy ) = ln x − ln y
- Pour tout entier relatif p, ln(xp ) = p ln x
- Pour tout α ∈ Q, on a ln xα = α ln x.
Remarque 4.68. La fonction logarithme népérien transforme les produits en
sommes.
Démonstration. Une partie de la démonstration de cette propriété est analogue
à celle de la proposition 2.18 et de l’exercice√2.19.
Pour√ la dernière égalité calculons d’abord ln n x avec n ∈ N ∗ . Pour cela, posons
y= √
n
x ce qui équivaut à y n = x. Il s’ensuit n ln y = ln x, ln y = n1 ln x, puis
ln n x = n1 ln x. Posons maintenant α = pq avec p ∈ Z et q ∈ N ∗ , d’après
√ √
l’égalité précédente, nous obtenons ln q xp = 1q ln xp , puis ln q xp = pq ln x ou
encore ln xα = α ln x
Proposition 4.69. La fonction ln est continue et dérivable sur ]0, +∞[ et pour
tout x > 0, ln′ x = x1 .
Démonstration. D’après la proposition 4.33, la fonction ln est dérivable sur
]0, +∞[ et donc continue. Soit f la fonction définie sur ]0, +∞[ par f (x) =
eln x = x. f est dérivable comme composée de fonctions dérivables et on a
f ′ (x) = ln′ (x).eln x = ln′ (x).x. D’autre part f ′ (x) = 1. Il s’ensuit ln′ (x) = x1 .

Exercice 4.70. Soit u une fonction dérivable positive, déterminez la dérivée


de la fonction x 7→ ln(u(x)).

94
Exercice 4.71. Déterminez les limites suivantes :
1. limx→0 ln(1+x)
x

2. limx→0 ln(1+ax)
x
2
3. limx→0 ln(1−4x
x2
)

4. limx→0 ln(1+ax)
ln(1+bx) .

Exercice 4.72. Calculez les dérivées des fonctions suivantes :


1. f (x) = ln(1 + 2x).
2. f (x) = x ln x.
3. f (x) = ln(x2 ).
4. f (x) = ln(1 + x2 ).

Théorème 4.73. On a limx→+∞ ln x = +∞ et limx→0 ln x = −∞ De plus,


limx→+∞ ln(x)
x = 0.

Démonstration. - Soit A > 0, il existe un réel à savoir eA > 0 tel que pour tout
x > eA , on a ln x > A. On a donc limx→+∞ ln x = +∞.
- Comme limx→0 x1 = +∞ et limx→+∞ ln x = +∞, d’après le théorème de
composition des limites on a limx→0 ln( x1 ) = +∞ ou encore limx→0 − ln x =
+∞. Il s’ensuit limx→0 ln x = −∞.
x
- Pour x > 0, on a lnxx = elnlnxx . Comme limx→+∞ ln x = +∞ et limx→+∞ ex =
ln x
+∞, d’après le théorème de composition des limites, on a limx→+∞ eln x = +∞.
Il s’ensuit limx→+∞ elnlnxx = 0 ou encore limx→+∞ lnxx = 0 .

Exercice 4.74. 1. Comparer 19992000 et 20001999 à l’aide de la calcula-


trice.

2. De façon générale comparer nn+1 et (n + 1)n .

Exercice 4.75. Croissance comparée.



1. Après avoir prouvé que pour tout x > 0, ln x ≤ x , retrouver le
résultat limx→+∞ lnxx = 0.

2. Montrer que pour tout entier n ≥ 1, limx→+∞ lnxnx = 0 et


x x
limx→+∞ xen = +∞. Écrire xn = en ln x , ensuite xen = ex−n ln x et

95
n ln x
enfin x − n ln x = x(1 − x ), puis conclure.

3. En déduire que pour tout entier n ≥ 1, limx→0 xn ln x = 0 et


limx→+∞ xn e−x = 0 puis limx→−∞ xn ex = 0.

4.6.2. Retour sur les exponentielles de base a et les


fonctions puissance.
Définition 4.76. Pour a > 0, b réel, on pose :

ab = eb ln a

(ab se lit "a puissance b")

Remarque 4.77. • Cette définition est cohérente avec celle des puissances
entières : si n ∈ Z, an et en ln a sont égaux car ils ont le même logarithme
népérien.
• Nous connaissons la signification de aα lorsque a > 0 et α ∈ Q. Nous
avons montré ln aα = α ln a ce qui signifie encore aα = eα ln a ; cela justifie
l’extension. √
• Nous venons de donner un sens à l’écriture 2π , π 2 , etc...
• On a ln(ab ) = b ln a

Exercice 4.78. Soit α ∈ R et a > 0, déterminez les dérivées des fonctions


x ∈ R 7→ ax et x ∈ [0, +∞[7→ xα .

Les règles de calcul sont les mêmes que celles relatives aux exposants entiers :

Proposition 4.79. Pour tous réels a > 0, a′ > 0 et quels que soient b et c
réels, on a :

• ab ac = ab+c
• a−b = 1b
• (ab )c = abc
• ab a′b = (aa′ )b .

Démonstration. Montrons la troisième égalité. Les autres égalités se démontrent


de manière analogue.
b bc
On a (ab )c = ec ln(a ) = ec.(b ln a) = eb.c ln a = eln a = abc .

Remarque 4.80. Cette égalité justifie les calculs de l’exercice 2.21.

96
D’après la définition 2.14 et la définition 4.76 on a pour tout x ∈ R,
expa (x) = ax = ex ln a .
On pose expa (x) = g ◦ f (x) où la fonction f définie par f (x) = x ln a est une
bijection continue de R sur R et g = exp.
• Si a = 1, exp1 (x) = 1.
• Si 0 < a < 1, on a ln a < 0 la fonction f est donc strictement décroissante,
et continue sur R. Comme la fonction exp est strictement croissante et
continue de R sur ]0, +∞[ alors gof est strictement décroissante et conti-
nue de R sur ]0, +∞[.
• Si a > 1, on a ln a > 0 la fonction f est donc strictement croissante,
et continue sur R. Comme la fonction exp est strictement croissante et
continue de R sur ]0, +∞[alors g ◦f est strictement croissante et continue
de R sur ]0, +∞[.
Dans chacun des deux derniers cas, d’après le théorème 2.91 et la remarque
2.92 la fonction expa est une bijection de ] − ∞, +∞[ sur ]0, +∞[.
Ainsi, pour a > 0, a ̸= 1 et x > 0, l’équation expa (y) = x admet une unique
solution notée loga (x). Ceci justifie la définition 2.17. La fonction logarithme
de base a est la fonction réciproque de la fonction exponentielle de base a.
Définition 4.81. Soit α un réel, la fonction fα définie sur R∗+ par fα (x) =
xα = eα ln x est appelée fonction puissance.
Proposition 4.82. • Si α = 0, fα = 1.
• Si α < 0, fα est strictement décroissante.
• Si α > 0, fα est strictement croissante.
Démonstration. On pose fα (x) = g ◦ f (x) où la fonction f est définie par
f (x) = α ln x est une bijection continue de R∗+ sur R et g = exp et on raisonne
comme au paragraphe précédent.

Exercice 4.83. 1. Déterminer la limite en +∞ de la fonction f telle que


f (x) = (1 + x1 )x . (On pourra considérer ln(f (x).)
2. Étudier la limite en 0 de la fonction g telle que g(x) = xx . (On pourra
considérer ln(g(x).)
 1 1
x
a x +b x
3. Montrer que la limite en +∞ de la fonction h telle que h(x) = 2

est ab. (On pourra considérer ln(h(x).)

Exercice 4.84. Croissance comparée. On suppose que les réels x et α sont


strictement positifs.
1. Montrer que limx→+∞ lnxαx = 0. En déduire que limx→0 xα ln x = 0.
x
e
2. Montrer que limx→+∞ xα = +∞.

97
4.7. Étude de fonctions et optimisation
La dérivation est un outil très puissant. Ses liens avec les variations per-
mettent par exemple de résoudre certains problèmes d’optimisation.

Exercice 4.85. Pour chacune des fonctions f suivantes, déterminer son


domaine de définition et dresser son tableau de variation.
1. f (x) = 2x2 + 3x + 2,
2. f (x) = (x2 − 3)ex ,
2
ex
3. f (x) = 2x+1 .

Exercice 4.86. Soit f (x) = cos(x)2 + sin(x)2 . Calculer f ′ , en déduire une


identité trigonométrique classique.

Exercice 4.87. On considère les fonctions ch : R → R et sh : R → R


définies par :
ex + e−x ex − e−x
ch(x) = , sh(x) = .
2 2
1. Montrez que pour tout x ∈ R, ch2 (x) − sh2 (x) = 1.
2. Montrez que sh′ = ch, and ch′ = sh.
3. En déduire le tableau de variation de sh et ch.
4. Montrez que pour tout x ∈ R, 2 sh(2x) = 2 ch(x) sh(x).

Exercice 4.88. Soit la fonction th : R → R définie par :

sh(x)
th(x) = .
ch(x)

1. Calculez th′ .
2. Établir le tableau de variation de th.
2
3. Montrez que th(x) = 1 − e2x +1 . En déduire les limites de th en −∞ et
+∞.

Exercice 4.89. Parmi les rectangles de périmètre 1, lequel est d’aire maxi-
male ?

98
Exercice 4.90. Un gardien de phare en mer qu’on nomme P fait le trajet
pour atteindre la ville V . Il voyage en barque du phare au point M de la
côte à une vitesse de 4 km.h−1 , puis rejoint la ville à pied à une vitesse de
5 km.h−1 . On note x la distance OM en km. (Voir figure.)

3km
M
V
O 15km

1. Le gardien de phare est pressé, où lui conseillez vous d’accoster ?


2. Montrer que le temps (en heures) mis par le gardien de phare pour se
rendre du phare P à la ville V est donné par la formule :

x2 + 9 15 − x
T (x) = +
4 5

3. Établir le tableau de variation de la fonction x 7→ T (x) sur l’intervalle


[0, 15].
4. Reconsidérez votre réponse à la première question.

Exercice 4.91. Le rectangle ABCD représente un mur. En B et C sont


positionnées des arrivées d’eaux pluviales (par des gouttières). L’évacuation
de ces eaux se trouve en I au milieu de [AD]. On doit relier B et C à I. On
relie d’abord I à M par un tuyau vertical de longueur x puis on relie M à
B et C par deux tuyaux obliques. (voir figure)
1. En fonction de la hauteur x à laquelle se trouve le point M calculer la
longueur totale de tuyau nécessaire. On notera cette fonction L(x).
2. À quel intervalle intervalle est il raisonnable de restreindre la variable
x si on tient compte de l’origine pratique du problème ?
3. Dresser le tableau de variation de L(x) sur l’intervalle choisi à la ques-
tion précédente.
4. En quelle position faut il placer M pour utiliser le moins de tuyau
possible.

99
B C
M

x
A D
I
10

Exercice 4.92. Soit f la fonction définie par f (x) = x3 + 3x2 − 9x + 6.


1. Calculer la dérivée f ′ de f et étudier le signe de f ′ .
2. Dresser le tableau de variation de f .
3. Discuter selon la valeur du réel m le nombre de solutions de l’équation
f (x) = m.

Exercice 4.93. Une entreprise construit des boites en carton d’un litre de
forme parallélépipédique dont la base est carrée.
1. On note c le côté de la base (en décimètre), quelle est la hauteur h de
la boite ?
2. Calculer l’aire totale du carton utilisé pour fabriquer la boîte.
3. Comment choisir c pour que la quantité de carton utilisée soit la plus
faible possible ?

Exercice 4.94. On cherche à construire des boîtes parallélépipédiques à


base carré de côté c et ouvertes en haut en coupant un carton de 1m par 1m
comme indiqué sur la figure : on découpe les parties hachurées puis on replie
selon les pointillés.
Comment choisir c pour que la boîte obtenue aie la plus grande contenance
possible ?
c

100
Exercice 4.95. Considérons une poutre de section rectangulaire dont la
base est de longueur b et la hauteur est de longueur h. La résistance des
matériaux nous apprends que la résistance de la poutre à la flexion engendrée
par une force verticale peut être décrite par le nombre b × h2 . On considère
le problème suivant : étant donné un tronc d’arbre circulaire de rayon 1, on
veut fabriquer la poutre à section rectangulaire la plus résistante possible.
La figure ci dessous montre la découpe que l’on veut utiliser. Exprimer h2
en fonction de b, puis déterminez la valeur de b pour laquelle la résistance
est maximale.

Exercice 4.96. On cherche une solution approchée de l’équation :

x3 + 3x − 1 = 3, 018. (E)

On considére la fonction f : R → R définie par f (x) = x3 + 3x − 1.


1. Montrer que f : [0, 2] → [−1, 13] est une bijection.
2. En déduire que l’équation (E) a une solution x0 comprise entre 0 et 2.
3. Calculer f (1).
4. On note g : [−1, 13] → [0, 2] la réciproque de f . Calculer g(3) et g ′ (3).
5. Trouver h tel que x0 = g(3 + h).
6. En utilisant un développement limité à l’ordre 1, en déduire une valeur
approchée de x0 .

Exercice 4.97. (Vitesse et accélération) En physique, lorsqu’une grandeur


est fonction du temps, la dérivée de cette grandeur donne la vitesse instanta-
née de variation de cette grandeur, et la dérivée seconde donne l’accélération.
A l’instant t0 , un automobiliste circulant à la vitesse v0 est obligé de freiner
brutalement. Son accélération est alors constante (et évidemment négative) :
a(t) = −a (avec a > 0).
Il s’agit d’établir que la distance d’arrêt du véhicule est proportionnelle au
carré de v0 . Nous noterons tA le temps d’arrêt du véhicule, temps écoulé

101
entre l’instant où le conducteur commence à freiner et celui où il s’arrête, et
dA la distance d’arrêt (qui est la distance parcourue pendant le temps tA ).
1. Montrer que la vitesse v(t) du véhicule est donnée par v(t) = −a(t −
t0 ) + v0 pour t0 ≤ t ≤ t0 + tA . En déduire tA .
2. Exprimer la distance parcourue d(t) par le véhicule entre les instants
t0 et t ( t0 ≤ t ≤ t0 + tA ). En déduire dA et conclure.

Exercice 4.98. (Physique) Un générateur de force électromagnétique E et


de résistance interne r débite sur un résistor de résistance R variable. La
puissance P dépensée dans le résistor est fonction de R :

RE 2
P (R) = .
(R + r)2

(E et r sont des constantes)


1. Etudier les variations de la fonction P .
2. Pour quelle valeur de R la puissance dépensée est-elle maximale ?

Exercice 4.99. (Physique) On utilise dans cet exercice la propriété phy-


sique suivante : “Lorsqu’un point M est situé à une distance d d’une source
lumineuse de puissance p, l’intensité de l’éclairement en M est égale à p\d2 .”
Aux points A et B sont placés deux sources lumineuses de puissances
respectives
p et 8p. M est un point du sgment [AB], distinct de A et B. On pose
AB = ℓ et AM = x avec 0 < x < ℓ.
p 8p
1. Démontrer que l’intensité de l’éclairement en M est égal à x2 + (ℓ−x)2 .
2. Où faut-il choisir M sur [AB] pour que l’intensité soit minimale ?

Exercice 4.100. (Pharmacologie) Un laboratoire pharmaceutique fabrique


un produit solide conditionné sous la forme d’un petit parallélépipède rec-
tangle dont le volume est 576 mm3 .
On note y la hauteur ; ses autres dimensions sont x et 2x (x et y sont en
mm).
1. Calculer y en fonction de x.
2. Calculer la surface totale S(x) en mm2 , de ce parallélépipède rectangle
en fonction de x.
3. x est nécessairement compris entre 3 et 12 mm. Etudier le sens de

102
variation de S sur l’intervalle [3; 12] et en déduire la valeur de x pour
laquelle S(x) est minimale.
Commentaire. La vitesse avec laquelle un comprimé soluble, de volume
donné, se dissout, augmente avec sa surface. Ceci explique pourquoi les fabri-
cants de médicaments se posent parfois des problème de recherche d’extrema.

103
A. Pour référence
A.1. Alphabet grec
Minuscule Majuscule Nom des lettres Correspondance en alphabet latin

α A alpha a
β B bêta b
γ Γ gamma g
δ ∆ delta d
ε E epsilon é
ζ Z dzêta dz
η H êta è
θ Θ thêta th
ι I iota i
κ K kappa k
λ Λ lambda l
µ M mu m
ν N nu n
ξ Ξ xi x
o O omicron o
π Π pi p
ρ P rhô r
σ Σ sigma s
τ T tau t
υ Υ upsilon y
φ Φ phi ph
χ X khi ch
ψ Ψ psi ps
ω Ω oméga ô

A.2. Périmètre, Aires et Volumes.


• Aire d’un rectangle de côtés a et b : ab.
b
a

105
bh
• Aire d’un triangle : 2 où b est la base du triangle et h la hauteur (relative
à la base choisie).

b
• Aire d’un paraléllogramme : bh où b est la base du triangle et h la hauteur
(relative à la base choisie).

b
• Aire d’un disque de rayon r : πr2 . (Périmètre : 2πr.)

• Volume d’un pavé de cotés a, b et c : abc.

b
a
• Volume d’un prisme (ou d’un cylindre) : Ah où A est l’aire de la base B
et h la hauteur.

Ah
• Volume d’une pyramide (ou d’un cône) : 3 où A est l’aire de la base B
et h la hauteur.

106
h

4πr3
• Volume d’une boule de rayon r : 3 . Aire d’une sphère de rayon r :
4πr2 .

A.3. Formules de dérivation


f f′
x 7→ xα (α ∈ R) x 7→ αxα−1
x 7→ sin x x 7→ cos x
x 7→ cos x x 7→ − sin x
x
x 7→ e x 7→ ex
x 7→ ln x x→ 7 x1
u+v u′ + v ′
uv u′ v + uv ′
u◦v (u′ ◦ v)v ′

On pourrait ajouter beaucoup de lignes à ce tableau mais toutes peuvent


se déduire de ces formules-ci, c’est d’ailleurs un bon exercice de comprendre
comment !

107

Vous aimerez peut-être aussi