École Normale Supérieure Analyse des équations aux dérivées partielles
C. Letrouit 2020/2021
TD no 3 : Équation de la chaleur
Dans tout le TD, n désigne un entier naturel non nul.
Exercice 1 : inégalité de Poincaré-Wirtinger et équation de la chaleur en dimension 1
RT
1. Soit u ∈ C 1 (R) qui est T -périodique. Montrer que si 0 u(t) dt = 0 alors
Z T !1/2 Z T !1/2
T
|u(t)|2 dt ≤ |u0 (t)|2 dt .
0 2π 0
[Indication : utiliser une décomposition en séries de Fourier.]
2. Soit u = u(t, x) une fonction de classe C 2 sur R × R, 2π-périodique en x, et solution de
l’équation de la chaleur
∂t u − ∂x (γ(x)∂x u) = 0,
où γ est une fonction C ∞ ,R 2π-périodique et minorée par une constante strictement positive.
π
Montrer que si la moyenne −π u(0, x) dx s’annule, alors il existe une constante C telle que, pour
tout temps t ≥ 0, Z π Z π
u(t, x)2 dx ≤ e−tC u(0, x)2 dx.
−π −π
Exercice 2 : principe du maximum faible pour l’équation de la chaleur
Le but de cet exercice est de prouver un principe du maximum faible pour l’équation de la
chaleur. On considère Ω un ouvert borné de Rn et T > 0. On définit :
KT = [0, T ] × Ω et ΓT = {0} × Ω ∪ ([0, T ] × ∂Ω) .
On note également
Q = ]0, +∞[×Ω et donc Q = [0, +∞[×Ω.
Soit u ∈ C 0 (Q) ∩ C 2 (Q) telle que ∂t u − ∆u ≤ 0 dans Q.
1. Soit ε > 0. On introduit la fonction uε définie par uε (t, x) = u(t, x) + ε|x|2 sur Q.
a) Montrer que uε|KT atteint son maximum en un point (tε , xε ) ∈ KT puis que si (tε , xε ) ∈
/ ΓT ,
on a ∆uε (tε , xε ) ≤ 0.
b) Toujours en supposant que (tε , xε ) ∈
/ ΓT , montrer que ∂t uε (tε , xε ) ≥ 0.
c) Montrer que (tε , xε ) ∈ ΓT .
2. Montrer que supKT u = supΓT u.
Exercice 3 : principe du maximum fort pour l’équation de la chaleur
Soient Ω un ouvert borné de Rn et T > 0. On note ΩT = (0, T ] × Ω.
1. Dans cette première question, on va démontrer une formule de la moyenne pour l’équation de
la chaleur. On introduit la fonction Φ définie sur R × Rn par
|x|2
1
e− si t > 0
4t
Φ(t, x) = (4πt)n/2
0 si t ≤ 0
puis l’ensemble E(t, x; r) pour (t, x) ∈ R × Rn et r > 0 défini par
n o
E(t, x; r) = (s, y) ∈ Rn+1 ; s ≤ t, Φ(t − s, x − y) ≥ 1/rn .
1
a) On fixe (t, x) ∈ ΩT et on pose
1 |x − y|2
ZZ
φ(r) = u(s, y) dy ds
rn E(t,x;r) (t − s)2
pour r > 0 assez petit pour que E(t, x; r) ⊂ ΩT . On suppose que u ∈ C 2 (ΩT ) est solution
de l’équation de la chaleur sur ΩT (c’est-à-dire vérifie ∂t u = ∆u sur ΩT ). Montrer que φ est
constante.
[Indication : on pourra utiliser la fonction ψ définie par ψ(s, y) = −n/2 ln(−4πs) + |y|2 /4s +
n ln(r) pour s ≤ 0.]
b) En admettant que
|y|2
ZZ
2
dy ds = 4,
E(1) s
où E(1) := E(0, 0, 1), montrer que si u ∈ C 2 (ΩT ) est solution de l’équation de la chaleur sur ΩT ,
alors
1 |x − y|2
ZZ
u(t, x) = n u(s, y) dy ds
4r E(t,x;r) (t − s)2
pour tout E(t, x; r) ⊂ ΩT .
2. Montrer que si Ω est convexe et qu’il existe un point (t0 , x0 ) ∈ ΩT tel que
u(t0 , x0 ) = max u
ΩT
alors u est constante sur Ωt0 .
Pour aller plus loin :
— On étudie souvent le “semigroupe” de la chaleur, qui est le groupe d’opérateurs donné
par St = et∆ : pour plus d’informations, voir par exemple le Chapitre 7 du livre de Jürgen
Jost “Partial Differential Equations”.
— Il existe des liens importants entre l’équation de la chaleur et le mouvement brownien,
parmi lesquels un des plus célèbres est la formule de Feynman-Kacs, qui donne explici-
tement la solution de l’équation de Laplace ou de la chaleur à l’aide de l’espérance d’un
processus stochastique (par exemple le brownien). La page Wikipédia de cette formule
donne des références.