Rapport PFE
Rapport PFE
Ainsi les ENCGistes sont amenés à la fin de chaque année universitaire, ceci dès
la 2ème année, à effectuer des stages de formation dans différents organismes et
sociétés. Cela ne représente pas seulement une obligation à laquelle ils doivent se
soumettre mais encore plus : c’est un complément très essentiel et nécessaire à leur
formation.
Avant propos
Sommaire
Introduction
Chapitre I : le marché de change : risques de change et instruments de couverture
Section 1 : le marché du change
I. Les intervenants
II. Les cotations des devises
III. Les composants des marchés de change
Section 2 : le risque du change
I. Définition des risques de change
II. Les types des risques de change
Section 3 : La gestion du risque des changes
I. Identification du type des risques de change
II. La prévision de la fluctuation des cours de change
III. Les stratégies de couverture
IV. L’évaluation de l’exposition au risque
V. Les instruments de couverture des risques
1. Les instruments de couvertures internes
2. Les instruments de couvertures externes
Chapitre II : le marché de change marocain
Section 1 : les dates clés et réglementation
Section 2 : les particularités du marché de change marocain
Section 3 : les instruments de couvertures disponibles
Section 1: La méthodologie
Conclusion
Bibliographie
Annexes
Le plan Maroc Vert vise également, l’appui et le renforcement des associations et des
coopératives agricoles. La Coopérative Agricole de Taroudant (COPAG), pour son sucée
remarquable, a été citée dans ce plan. Cette dernière a été crée en 1987 par 39 producteurs de la
région, en tant que première coopérative pour le conditionnement et la commercialisation des
agrumes. Aujourd’hui, elle est l’un des acteurs importants sur le marché national. Son activité s’est
organisée autour de trois domaines de compétence : la production animale, végétale et les services
rendus aux adhérents.
L’expansion de l’activité de COPAG sur le plan national est caractérisé par l’augmentation des
ses part de marché en offrant des produits laitiers et jus, sous sa marque « Jaouda » reconnus pour
sa qualité et son originalité, en plus de la commercialisation des agrumes et des primeurs sur la
marché international notamment : l’Union Européenne, l’Angleterre, la Russie la Chine, les Pays
de Golf, les Etats Unis, et le Canada. De même qu’elle exporte sur plusieurs destinations, COPAG
compte également plusieurs sources pour son approvisionnement en matières premières ou en
produits de base, et en équipements industriels nécessaires pour la modernisation de ses unités de
production.
Le risque des changes reste donc une réalité pour toutes les entreprises qui développent des
échanges commerciaux dans un contexte de concurrence toujours plus vive, et qui nécessite une
meilleure maîtrise des marges et une bonne gestion visant l’optimisation des recettes et des
dépenses en devise.
A cet égard, toute entreprise exerçant un grand nombre des transactions avec l’étranger, tel est
le cas de la COPAG, doit mettre en place une politique de gestion des risques de change active,
pour accroitre ses marges bénéficiaires, et pouvoir agir avec justesse dans le choix de ses modes de
couverture contre des éventuelles pertes, ou encore pour pouvoir bénéficier des gains possibles.
Dès lors, le défit majeur lancé aux entreprises modernes est d'établir et de consolider une
politique de couverture des risques de change viable dans un environnement économique et
financier en constante évolution.
Conscient de l'impact des risques de changes dans les transactions commerciales et financières
des entreprises, je me suis intéressée à l'approfondir dans le cadre de mon projet de fin d’étude.
Ainsi, "L’optimisation de la gestion du risque de change" sera le thème traité lors de ce rapport,
pour arriver à répondre à la problématique suivante: Comment la COPAG gère-t-elle son risque
de change et quels instruments financiers peut-elle intégrer dans sa boite à outils pour une
meilleure gestion de celui-ci ?
Notre objectif est de traiter alors, la démarche de gestion des risques de change à travers ses
différentes phases, aborder ensuite , les différents instruments de couvertures à la fois internes et
qu’externes, et de montrer par la suite l'impact des instruments dérivés et si ces produits sont
véritablement des outils efficaces qui viennent renforcer les outils déjà utilisés en interne par les
entreprises telle que COPAG.
Dans le second chapitre, nous allons essayer de présenter les particularités du marché de
change marocain, la réglementation en vigueur, et les moyens de couvertures disponibles.
En dernier lieu, après une présentation générale de la coopérative agricole des agrumes et des
primeurs et de la direction financière, lieu de notre stage de fin formation, on traitera la gestion
actuelle du risque de change au sein de la COPAG pour en conclure avec les axes d'amélioration
proposés pour optimiser cette gestion.
Le marché financier est un lieu géographique ou virtuel auquel les différents acteurs économiques
font recoure à ces possibilités en matière de placement de leurs épargnes, de financement et de
couverture des risques financiers.
Nous distinguons en général quatre types de marché sur lesquels peuvent intervenir tous les acteurs
économiques : Le marché de change ou le Forex, le marché monétaire, le marché des actions et le
marché des dérivés.
Puisque notre objectif à travers ce mémoire est de comprendre le risque de change pour mieux s’en
protéger, nous allons se contenter sur une présentation du marché de change et essayer de
comprendre son fonctionnement et ses mécanismes.
anglais Foreign Exchange. Il est considéré le deuxième marché financier après le marché
monétaire en termes de volume des transactions.
Le marché des changes1 est le lieu où se négocient les devises, il assure alors, une confrontation de
l’offre et de la demande des différentes devises et permet par conséquence la détermination du prix
d’une devise par rapport à une autre, ce qu’on appelle : le cours de change ou la parité d’une
monnaie et qui varie en permanence.
Ce marché fonctionne en continu pendant tous les jours ouvrables grâce au relai entre les
différentes places financières (Londres, puis New York, puis Sydney, puis Tokyo) qui s’ouvrent en
fonction des fuseaux horaires. La plus grande part des transactions s’effectue quand la place de
Londres est ouverte, avec un maximum le vendredi et un minimum le lundi, selon l’importance du
chiffre d’affaire économique, et avec une plus grande volatilité pendant le weekend.
Dans un marché de change nous distinguons deux devises, une dite fixe dont le taux est fixé par
l’Etat, l’autre est flottante, généralement pour les devises majeures comme l’euro, le dollar
américain et le yen, et qui sont influencées par l’offre et la demande des devises. L’échange des
différentes devises peut avoir lieu aujourd’hui, c'est-à-dire au comptant, comme ils peuvent être
1
Marchés des changes de Patrice Fontaine, édition de 2008 de Pearson, page 13
I. Les intervenants :
Les grandes banques, les banques centrales, les institutions financières non bancaires, les
courtiers et la clientèle privée constituent les principaux intervenants sur le marché des changes.
Les grandes banques constituent les principaux acteurs de ce marché. Elles interviennent soit pour
leur propre compte ou pour celui de leurs clients par le biais des cambistes, dans ce cadre nous
distinguons :
Le rôle principal des banque est de déterminer le cours acheteur et vendeur d’une devise contre une
autre, d’assurer la liquidité du marché, ainsi que d’assumer le risque que leurs clients ne veulent
pas prendre.
Les banques centrales intervient sur le marché de changer soit pour influencer et modifier la
valeur de la monnaie nationale lorsque celle-ci est jugé inadaptée, soit pour des raisons de
politiques économiques internes ou afin de respecter leurs engagement internationaux relatives aux
parités fixées. Nous citons l’exemple de la Banque Centrale Européenne (BCE), la Réserve
Fédérale américaine (FED).
Les courtiers sont des intermédiaires qui se chargent de trouver une contrepartie suite à la
demande de leurs clients en centralisant l’ensemble des ordres d’achat et de vente. Leur
rémunération dépend de la devise et du montant négocié. Il a une vue précise de son marché et peut
donc proposé un prix plus juste en réduisant l’écart entre le cours acheteur et le cours vendeur.
Avec l’avènement des nouvelles technologies de communication électronique, les opérations de
courtage sont le plus souvent automatisées, et les courtiers électroniques ont remplacé les courtiers
traditionnels.
Les clients constituent les principaux intervenants et se décomposent en trois catégories : les
particuliers, les institutions non financières, et les entreprises industrielles et commerciales. Ces
dernières constituent la clientèle la plus importante, elles offrent et demandes des devises pour
faire face à leurs opérations commerciales d’importations ou d’exportation, ou des opérations
Chaque devise est désignée par une abréviation standardisée donnée par le code ISO. Les deux
premières lettres correspondent au pays et la troisième à la devise, par exemple : USD, YEN,
MAD...etc. Cette règle ne s’applique pas à l’euro car il est utilisé par plusieurs pays et son code
ISO est issu de la contraction de son nom EURO.
Les cours sont toujours exprimés avec 4 chiffres après la virgule, à l’exception du yen qui
s’exprime avec 2 chiffres seulement après la virgule. Et ils sont cotés soit selon :
Dans une cotation il y a toujours un cours acheteur et un cours vendeur et la combinaison entre ces
deux cours s’appelle la fourchette de cotation.
Si le cours d’une devise baisse par rapport à une autre, cela signifie qu’il y a une dépréciation de la
première et une appréciation de la deuxième, et vice versa.
Pour présenter l’ensemble des opérations qui se réalisent sur le marché de change ou le Forex, il
convient de faire une distinction entre le marché de change où se traitent des transactions au
comptant ou à terme (achat et vente de devises) et les opérations de trésorerie (dépôt), et le marché
2
Les marchés financiers de Solnik, Bruno,Jacquillat, BertrandEditeur: DunodPublication: 2002
Le marché au comptant, ou marché spot, un marché de gré à gré non localisé, c'est-à-dire que les
transactions se déroulent dans des salles de marché des banques et par l’intermédiaire des
cambistes en utilisant des réseaux internationaux tel que le Reuters ou Telerat, et qui fonctionne en
continu pendant tous les jours ouvrables. Son rôle est de permettre aux divers acteurs d’échanger
n’importe quel montant de devises et à n’importe quel moment.
Une opération de change au comptant est une opération par laquelle deux devises sont échangées
immédiatement à un cours fixé au moment de l’opération et qui s’appelle le cours au comptant. Les
devises sont livrées effectivement deux jours ouvrables après la date de conclusion de contrat, sauf
pour l’échange entre le dollar américain et canadien. Ce délai peut être prolongé si la livraison
coïncide avec les jours féries.
Un marché de change à terme au sens strict n’existe pas, mais simplement un mécanisme de
couverture, qui consiste à fixé maintenant le cours auquel des devises s’échangeront
ultérieurement. Donc, une opération de change à terme est une opération par laquelle deux devises
sont échangé (achat et vente) à un cours fixé, le cours à terme au moment de l’opération mais pour
une livraison à une date ultérieure.
Le contrat de change à terme est un contrat irrévocable sur le montant et la date d’échéance, ainsi
que sur le cours de change convenu. Ce cours n’est pas affiché officiellement, mais il est calculé à
partir du cours spot de la devise concerné et les points de report ou de déport. Ces derniers sont
provoqués par la différenciation entre les taux d’intérêt de couples de devises, car une opération
de change à terme est une opération de prêt et emprunt dans les deux devises.
Si Tn> Te CT>CC Report devise ou déport La devise est achetée (ou vendue )
monnaie nationale plus cher à terme qu’au comptant.
Si Tn<Te CT<CC déport devise ou report de La devise est achetée (ou vendue )
la monnaie nationale moins cher à terme qu’au comptant.
Ce marché peut être utile pour un exportateur qui va recevoir des devises à une échéance donnée et
qui souhaite dès maintenant figer le cours de change de son exportation afin de garantir le produit
de ses ventes en devises nationales. On peut bien évidemment appliquer le même raisonnement à un
importateur qui veut fixer d’avance le coût de son approvisionnement et le niveau de son stock à
terme.
Le marché de change à terme offre aux différents intervenants plusieurs possibilités pour se
prémunir contre les fluctuations des cours de change notamment : les contrats à terme simple, les
swaps de change et de devises et les futures sur devises, ces techniques seront dans la troisième
section en tant que des instruments externes de gestion des risques de change, après avoir définir la
notion du risque des change et le processus de gestion.
3. Le marché de dépôt :
C'est le marché sur lequel se traitent les opérations de trésorerie en devises sous forme d'emprunts
et de prêts. Ce marché appelé aussi marché interbancaire est organisé selon des règles précises
quant aux taux, aux durées et aux calculs d'intérêts.
Le marché des changes interbancaire bénéficie d'une grande liquidité grâce à la diversité de ses
intervenants. Selon leurs objectifs, leur aversion au risque et leurs horizons temporels, il est
possible de distinguer six catégories d'agents sur ce marché.
En effet, entre le moment où une offre de prix est remise à l’acheteur et le moment où celui-ci
paiera, les devises peuvent fluctuer les unes par rapport aux autres avec des incidences positives ou
négatives selon le cas et selon que l’on est exportateur ou importateur.
Nous pouvons alors, définir le risque des changes3 d’un actif financier en général comme le risque
de pertes ou de gains évalué en monnaie nationale ou dans une devise de référence, encourus par
un agent économique quelconque (Particuliers, Entreprises, Banques, Etat) qui détient des avoirs et
des créances et/ou des engagements en devises étrangères. Il survient suite aux fluctuations des
taux de changes des devises par rapport à la monnaie nationale.
Le risque de consolidation est un risque comptable spécifique aux entreprises qui consolident dans
leurs comptes le bilan et le résultat de leurs filiales étrangères. Il résulte de la conversion de ces
états financiers sont établis dans une monnaie, de fonctionnement ou locale, différente de celle de
présentation des états. Ce risque est fonction des unités à consolidées, des taux de change, et de la
méthode de conversion choisie, soit selon le cours de clôture ou le cours au comptant.
Le risque de change économique existe dés que le résultat, la valeur et la compétitivité nationale ou
internationale de l’entreprise sont affectés par une variation défavorable des cours de change. Il
comprend toutes les conséquences du risque de change sur l’offre et la demande des marchés
d’approvisionnement et de vente de l’entreprise et dépend des caractéristiques spécifiques de la
société et de son secteur d’activité. Par exemple, un exportateur marocain pourrait voir ses ventes
3
Gestion du risque de change Auteur: Ducret, Jacqueline
Le risque de transaction concerne toute entreprise qui réalise des transactions commerciale
libellées en devises. Il résulte de la variation des cours de change entre la date de règlement et la
date de l’engagement, qui peut être soit la date de l’offre ou de catalogue des marchandises
proposées dans le cas des exportateurs, ou la date de la commande lorsqu’il s’agit des opérations
d’importation.
Le risque de change de transaction est engendré par une appréciation des devises dans le cas des
importateurs, ou d’une dépréciation lorsqu’il s’agit des exportations. Les facteurs causals de ce
type de risque seront traités par la suite.
Afin de pouvoir estimer l’importance du risque, il est primordial de suivre une méthodologie claire
afin de bien identifier, recenser et rassembler les risques de même nature, puis de les quantifier de
façon réaliste et fiable. La présentation de la méthodologie de gestion des risques de transaction est
notre finalité dans la section suivante.
La gestion des risques de change est une activité qui a pris de l’ampleur dans la gestion stratégique
des entreprises réalisant des transactions avec l’étranger. Elle n’est qu’un processus à travers
lequel les institutions traitent les différents risques financiers qui affectent leurs activités, et qui
permet une minimisation de l’influence financière de la fluctuation des taux de change sur leurs
résultats.
Dans cette section nous allons essayer de présenter tout le processus de la gestion des risques de
change et spécifiquement le risque de change transactionnel, qui fait l’objet de notre étude et
auquel est exposée la COPAG. Ce processus se base sur quatre étapes permettant d’optimiser cette
gestion :
1. Typologie :
Le risque de change engendré par les transactions peut apparaitre avant la conversion effective des
devises au moment de règlement. Dans ce cadre nous distinguons deux types des risques :
Le risque de change par contrat qui apparait lorsque l’entreprise négocie le prix d’achat ou
de vente en devise contrat par contrat en fonction des conditions de marché en vigueur au moment
de la signature de contrat. Dans ce cas l’entreprise court le risque de change dés la conclusion du
contrat, et par conséquence la gestion de son risque est plus facile car elle connait les entrées et les
sorties des devises.
Le risque de change budgétaire qui s’applique aux opérations pour lesquelles le prix est fixé
pour une période donnée, pour un catalogue ou pour une saison ou une compagne. . Par exemple,
un fournisseur des produits agricoles fournira sa liste de prix quelques mois avant la compagne
agricole à ses clients. Le risque de change apparaît alors dès la diffusion de la liste de prix, soit
bien avant la facturation auprès du client. L’objectif de la gestion des risques de change dans ce
cas et de préserver et d’optimiser le prix budgété.
2. La nature :
Après avoir déterminé les types des risques des changes que l’entreprise court, il est important de
préciser sa nature qui est en fonction de l’évolution de la phase de négociation de l’opération
commerciale entre l’acheteur et le vendeur, nous distinguons alors
Le risque potentiel : une entreprise est potentiellement exposée au risque de change dès sa
soumission à l’appel d’offre, lorsqu’elle s’agit d’une entreprise importatrice, ou lors de l’offre de
son catalogue si elle est exportatrice.
Le schéma suivant récapitule les natures des risques des changes en fonction des différentes
phases de négociation des transactions commerciales dans le temps :
risque potentiel
soumission à l'appel
offre catalogue
d'offre
risque certain
livraison commande
facturation réception
risque dénoué
réglement de
paiment par le client fournisseu
Différentes techniques peuvent être alors utilisées pour anticiper l’évolution des devises :
Par un phénomène d’ajustement, les cours de change contribuent à garantir l’équilibre du modèle
macro-économique. Nous distinguons principalement 4 relations entre les données économiques et
les cours de change :
L’analyse technique s’appuie sur des méthodes mathématiques et graphiques pour anticiper
l’évolution des cours de change. On étudie les cours passés en utilisant de puissants outils
informatiques afin de rechercher dans les séries de cours, des configurations censées se reproduire.
Leur repérage anticipé permettant d’établir des prévisions. Deux méthodes sont principalement
utilisées :
Les prix sur les marchés ne procèdent pas à un cheminement aléatoire, ou « marche au
hasard », mais évoluent suivant des tendances qui se poursuivent jusqu'à ce qu’elles
soient inversées.
Ces prix intègrent à tout moment l’ensemble des informations disponibles qui peuvent les
influencer. Ce postulat est une référence implicite à la théorie de l’efficience des
marchés.
Les comportements des intervenants sur les marchés sont stables, et, par conséquent, le
passé se répète toujours, son analyse est le meilleur prédicateur de l’avenir.
Il est aussi important de signaler que, dans le cadre de sa politique de prévision, en plus des
facteurs économiques et politiques, la société doit prendre en compte des facteurs « humains » :
D’éviter la complexité d’anticiper l’évolution des taux puisque le marché des devises est
l’un des marchés financiers les plus difficiles à prévoir.
Ces objectifs ne peuvent être atteints si l’entreprise ne dispose pas d’une organisation financière
performante et rapide qui permettra au trésorier, d’une part, de connaitre de façon la plus précise
possible, la position de change de la société, et d’autre part, de pouvoir quantifier cette position et
la prévoir.
Pour pouvoir gérer, correctement, le risque de change, il faut disposer au préalable d’informations
justes et fiables sur les positions de change, et donc les flux entrants et sortants qu’ils soient réels,
futurs ou conditionnels. Le service trésorerie aura donc pour rôle d’organiser, de rechercher et de
stocker l’information relative aux flux et à toute opération pouvant générer une exposition au
risque de change.
Pour assurer la collecte et le traitement de ces informations, il faut mettre en place un système
d’information efficace, c’est-à-dire précis et en temps réel, où apparaîtront à la fois les opérations
en devises futures certaines (fournisseurs à payer, emprunts à rembourser, etc.) et les opérations
incertaines, que l’on essaiera de probabilisé en recourant à des séries statistiques passées.
On voit donc clairement que la fiabilité de ce système d’information dépendra largement du type
d’organisation adopté par la société en matière de risque de change: Est-ce un système centralisé,
décentralisé, ou coordonné, ainsi que de la qualité du « reporting » effectué par les différents
services concernés : Direction des achats (pour les importations), direction financière, etc.
Une réflexion globale doit au préalable être menée, dans le but de définir une stratégie
d’intervention sur le marché des changes en cohérence avec les objectifs généraux de la société.
Pour ce qui est des procédures régissant la gestion du risque de change, elles doivent inclure la
définition des fonctions respectives (qui fait quoi ?), des habilitations (quels sont les interlocuteurs
autorisés à l’intérieur et à l’extérieur de la société?), des règles à respecter (comment sont
dépouillées, confirmées, enregistrées les opérations réalisées ?). L’entreprise doit mettre en place
un manuel de procédure expliquant d’une façon claire la procédure de gestion des risques de
change.
Le contrôle des procédures doit aussi avoir pour mission de vérifier que les opérations initiées sont
conformes aux principes d’intervention impartis à la direction financière et de contrôler les flux et
résultats, de calculer la rentabilité des opérations en termes financiers, de permettre d’informer à
posteriori les directions concernées sur les résultats dégagés.
Une stratégie de couverture des risques respectant tous ces critères permet aux entreprises de gérer
activement leur risque de change et de minimiser leur pertes. Malgré cela, certaines entreprises
2. La non-couverture de risque :
Certaines entreprises préfèrent de ne pas se couvrir et réaliser des opérations au comptant. En fait,
choix de ne pas se couvrir est du à une méconnaissance des techniques de couverture et de risque
encouru, ou à une première expérience à travers laquelle l’entreprise constate que le coût de la
protection est plus cher que la non-couverture, ou parce que la totalité des risques de change se
compensent en fin d’exercice.
En effet, cette stratégie spéculative peut être gagnante si les cours de change des devises
concernées évoluent favorablement dans le temps, or, si cette évolution se révélait défavorable, la
marge commerciale des opérateurs peut être menacée ce qui peut mettre en cause leur stabilité
commercial.
Egalement, le choix d’une telle politique nécessitera un suivi quotidien des taux et une maitrise de
l’évolution de marché des changes, ce qui amène les responsables à consacrer plus de temps au
lieu de se focaliser sur leur activité principale et menacer. Nous pouvons dire alors, la non-
couverture reste la stratégie la plus déconseillée, et à ne pas appliquer que dans des cas
exceptionnels.
3. La couverture sélective
Cette stratégie est adoptée seulement lorsque l’activité internationale représente une part
majeure dans l’activité de l’entreprise en général, afin d’éviter la mise en place d'une structure de
gestion du risque de change qui coûterait plus cher que les pertes probables dues aux variations
des cours des devises. La sélection des opérations à couvrir se base sur un certain nombre des
critères, notamment : le niveau d’acceptation du risque de change par l’entreprise, l’anticipation
sur l’évolution des taux des devises, la nature de l’opération, son montant et son échéance.
4. La couverture systématique :
En adoptant cette stratégie, l’entreprise couvre automatiquement ses risques de change dès qu’elle
a des engagements en devises. Elle est conseillée dans le cas des entreprises réalisant des
transactions avec des clients ou des fournisseurs provenant des pays divers et avec des devises
volatiles, dans cette situation l’application d’une compensation est difficile à mettre en place. Elle
est également adoptée lorsque les opérations traitées sont de montants très élevés ce qui oblige les
entreprises à adopter une stratégie de couverture automatique ou systématique. Certes, cette
politique est très sécurisante et permet à l’entreprise de figer son cours dès l’apparition d’un
engagement, mais la prive de bénéficier d’une évolution favorable des devises.
Chaque entreprise adoptant une stratégie de couverture des risques de change, doit estimer et
quantifier son risque de change à travers un document de gestion appelé la position de change ou
l’exposition au risque de change.
La position de change est le résultat d’un inventaire de toutes les opérations comptables en devises,
a savoirs : les dettes fournisseurs, les créances sur clients, les dépôts en devises, et les achats et
ventes à terme. Elle consiste à calculer le nombre des unités que l’on doit payer ou recevoir selon
leurs échéances.
Elle est calculée selon la fréquence des opérations commerciales des entreprises. Le tableau en
dessous constitue un exemple d’une position de change4 et dans lequel on a supposé que les avoirs
et engagements arrivent à l’échéance au même moment :
EUR USD
Echéance en jours Au 30 60 90 180 Au comptant 30 60 90 180
comptant
Clients
Prêts en devises Autre
devises à recevoir
Avoirs en devises
Fournisseurs
Emprunt en devises
Autre devise à livrer
Engagement en devises
Position de change :
Total 1 - Total 2
Alors, la position de change est définie par la différence entre les avoirs et les engagements
libellés dans la même devise. La position ainsi calculé peut être soit une position ouverte ou
fermée:
4
Cet exemple est retenu d’après l’ouvrage des Marchés des changes de Patrice FONTAINE édition de 2OO8
Pearson Education France.
La position de change déterminée permet de mesurer réellement le risque de change encouru par
l’entreprise, si elle répond à trois critères :
La fiabilité : la position de change doit être fiable et intègre toutes les modifications dans
les plus brefs délais.
La clarté : elle doit être claire et facile à lire et à comprendre
Actualisation : la position de change doit être actualisée quotidiennement et établie
régulièrement en fonction de la fréquence des opérations commerciales de l’entreprise et
selon leurs échéances.
La détermination d’une position de change fiable et claire est nécessaire pour la quantification les
risques de change de transaction de l’entreprise et de prendre ainsi la décision de couverture
adéquate.
Elles permettent aux entreprises d’éviter complètement le risque de change, trois techniques
permettent d’éliminer de façon préventive ce risque, dont nous pouvons citer
Dans l’objectif de prévenir le risque de change, l’entreprise peut choisir la devise de facturation de
ses achats ou de ses ventes futurs. Elle prendra la devise forte, c'est-à-dire la devise qui a tendance
à s’apprécier par rapport à sa monnaie de référence, dans le cas des entrées futurs d’argent. En
revanche, elle choisira une devise faible, une devise qui a tendance à se déprécie dans le cas de
sorties d’argent
Elle peut dans le cas extrême choisir de tout facturer dans sa monnaie nationale, ce qui a pour
conséquence de faire peser le risque de change entièrement sur le partenaire commercial, d’où la
difficulté d’aboutir à une entente concernant la monnaie de facturation car les intérêts des deux
partenaires sont opposés.
Elle est en position de force ou offre à l’importateur des avantages importants (une
meilleure qualité du produit ou du service, un prix raisonnable et compétitif, un délai de
règlement long et un délai d’exécution ou de livraison court,...)
L’acheteur ou le vendeur étranger anticipe une évolution de la monnaie de facturation
qui lui est favorable.
Certes, la facturation dans une monnaie nationale garantit la suppression du risque de change de
transaction car le montant de l’encaissement ou de décaissement est connu dès la conclusion du
contrat, mais prive l’entreprise d’un gain potentiel résultant d’une évolution favorable de la devise
étrangère. Le tableau ci-dessous retrace les avantages et les inconvénients de la facturation en
monnaie nationale par rapport à une facturation en devise :
Le choix de la monnaie de facturation pour se prémunir contre le risque de change reste une
solution difficile à appliquer sauf si l’entreprise est dans une position forte par rapport à son
partenaire.
b. Le règlement au comptant :
c’est une solution simple et permet d’éviter la confrontation aux variations des taux de change, or,
elle est difficile à appliquer, car la plupart des paiements internationaux sont effectués plusieurs
jours voire plusieurs mois après la facturation. Mais, s’il est pratiquement impossible d’obtenir des
règlements au comptant, il est conseillé d’éviter des délais de paiement trop longs, ce qui doit être
négocié avec le client au moment de la conclusion du contrat.
Elle consiste à une ouverture d’un compte en devise dans son pays ou dans un pays étranger, mais
à condition que l’entreprise réalise régulièrement des opérations d’importation et d’exportation
dans la devise en question, car les recettes en devise vont, au lieu d’être échangées en monnaie
nationale (ce qui pourrait occasionner un risque de change), servir à couvrir les dettes portant sur
En plus, des techniques de prévention des risques de change, l’entreprise peut faire recours à
d’autres mesures permettant une réduction de ces risques.
Elles sont des techniques de couverture interne et permettent aux entreprises de s’exposer le moins
possible au risque de change, dont nous distinguons :
Le termaillage consiste à accélérer ou retarder les paiements en devises étrangères en fonction des
prévisions et de l’évolution des cours de change, dans le but de profiter d’une hausse ou d’une
baisse d’une devise.
Le paiement anticipé, nommé le leag, ou le paiement différé, appelé la lag, sont des décisions
prises par l’exportateur ou l’importateur en prenant en considération la tendance des devise. Le
tableau ci-dessous mentionne les principales décisions à prendre compte de tenu de l’évolution des
devises :
Importations Exportations
Appréciation de la devise Accélérer le paiement Retarder le paiement
Dépréciation de la devise Retarder le paiement Accélérer le paiement
b. La compensation ou le « netting » :
La compensation est une technique de couverture spécifique aux groupes multinationaux, par
laquelle ils limitent leur risque de change en compensant leurs créances et dettes dans une même
devise entre les différentes entités. Son objectif est de rationaliser les flux de règlement à l'intérieur
d'un groupe par une réduction des volumes transférés d'une société à une autre, et donc réduire son
risque de change, puisque seul le solde qui sera exposé et géré par le groupe et non par chacune
des filiale.
La compensation peut être faite entre deux ou plusieurs entités et pour une seule ou plusieurs
devises. Alors, nous distinguons une compensation bilatérale et la compensation multilatérale.
La compensation bilatérale :
La compensation bilatérale est la compensation la plus simple, elle s’applique lorsque deus
entreprises sont en relations commerciales et effectuent des opérations de vente réciproques, c'est-
à-dire entre deux entités sont simultanément débitrice et créditrice l’une envers l’autre. Elle permet
une limitation des flux en devise, et seul le solde net est transféré.
Supposons une multinationale française ayant deux filiales : une en Suisse et une autre au Maroc.
La filiale suisse possède une créance de EUR 1.000.000 sur la filiale marocaine, qui à son tour
possède une créance d’EUR 400.000 sur la filiale suisse. Par une compensation entre les deux
filiale, nous aurons qu’un seul transfert d’une créance de 600.000 EUR détenue par la filiale suisse
sur la filiale marocaine. Ainsi la couverture contre le risque de change se limitera pour EUR
600.000 au lieu de EUR 1.400.000.
La compensation multilatérale :
Le principe de la compensation multilatérale est identique à celui de la compensation bilatérale,
sauf qu’elle est faite entre plusieurs filiales avec plusieurs transactions commerciales.
Elle implique la création d'un centre de netting qui organise le cycle de compensation (méthodes,
procédures, calendriers, circuits bancaires, etc.), centralise l'information et calcule le solde net de
chaque filiale, on tenant en compte les règlements à effectuer ou les paiements à recevoir vis-à-vis
de l'ensemble des sociétés du groupe.
Dans le cas d’une facturation en devise, l’entreprise peut envisager des clauses d’indexation à
prévoir dans les contrats de vente ou d’achat internationaux. Elles sont le résultat d’une
négociation entre l’acheteur et le vendeur et vise à déterminer les modalités de partage du risque
de change de transaction entre les deux partenaires. En fait, il n’existe pas des clauses d’indexation
«types », nous retenons les quatre clauses suivantes :
Cette clause stipule que le prix facturé n’augmentera ou ne baissera que si le cours de la devise de
facturation est au-delà ou en deçà d’une fourchette fixée par les deux partenaires. Par exemple :
“Dans le présent contrat, les prix sont basés sur la parité dollar par rapport à l’euro du12 janvier
2010. Toute variation du taux de change de plus ou moins 2,5 % donnera lieu à une diminution ou
à une augmentation automatique et proportionnelle des prix.”
La clause du risque partagé prévoit que les deux parties se partageront, par moitié ou une autre
proportion, le risque occasionné par la fluctuation des taux de change entre la date de conclusion
du contrat, ou celle de facturation, et la date de paiement. Cette clause permet non seulement la
répartition de la perte, mais, aussi les gains résultants de ces variations.
Elle permet à l’opérateur d’avoir recours à une autre devise que celle prévue initialement dans le
contrat au cas où la variation de celle-ci lui serait défavorable. Par exemple, les parties peuvent
imaginer un règlement en USD sur la base d’un dollar à 1,3300 EUR et laisser la possibilité de
payer en GBP si le cours du dollar à terme est inférieur à 1,2850 EUR.
La clause multidevises :
Le contenu d’une clause d’indexation est souvent difficile à négocier, car elle transpose tout ou une
partie du risque de change sur l’autre partie
Ces techniques énumérées jouent un rôle important dans la prévention et la minimisation du risque
de change d’une entreprise, mais évidemment, il ne suffit pas à elles seules pour assurer la
couverture de ce risque. Il convient, donc de trouver aussi d’autres moyens, en dehors de
l’entreprise. Ces moyens sont qualifiés de techniques extérieures de couvertures.
Les techniques externes de couverture des risques de change, contrairement aux techniques
internes, nécessitent le recours à des organismes externes à l’entreprise pour leur application.
Dans cette partie nous allons présenter les différentes solutions externes pratiquées sur le marché
international, et déterminer dans la section qui suit les techniques autorisées sur le marché
marocain.
L’entreprise peut se couvrir contre le risque de change par le recours à des compagnes
d’assurance qui proposent des contrats d’assurance contre les pertes de change. Ces contrats ont
pour principe de garantir un cours de change sur des opérations d’import ou d’export contre
paiement d’une prime fixée en pourcentage du montant de l’opération couverte. Ils se subdivisent
en deux types de produits5 : l’assurance change négociation et l’assurance change contrat. Ils ont
pour objectif la couverture du risque de change subit par un opérateur entre la date de réponse à
un appel d’offre à l’international ou la date de conclusion d’un contrat, et celle du dernier
paiement.
L’avance en devise constitue pour un exportateur un crédit à cout terme en devise, qui lui permet de
constituer immédiatement sa trésorerie en monnaie nationale équivalent à la contre valeur d’une
créance sur son client étranger.
L'entreprise exportatrice emprunte à sa banque une somme en devise dont le montant correspond à
celui de la créance détenue sur son client étranger ou à la valeur actuelle de celle-ci pour une durée
au moins égale au délai de paiement du client. Les devises ainsi avancées seront converties
immédiatement en monnaie nationale. La banque facturera à l'entreprise des intérêts calculés à
partir du taux interbancaire majoré d'une marge. L'entreprise remboursera sa dette à l'échéance avec
les devises reçues de son client, et annule ainsi le risque de change, et reconstitue sa trésorerie en
monnaie nationale.
La couverture sur le marché monétaire consiste à réaliser soit une opération de prêt ou d’emprunt
en devises.
5
Se sont deux types des contrats d’assurance offerts par la compagne française d’assurance du commerce
extérieur ( la COFACE)
Le prêt en devises permet à une entreprise importatrice ayant une position courte (dettes
supérieures aux créances) en devises, d'acheter des devises au comptant ou grâce à un emprunt et
de les placer jusqu'au jour de l'échéance. Le fait d'acheter des devises le jour de sa commande
annule son risque de change. Si la trésorerie de l'entreprise est insuffisante, l'importateur peut
emprunter un montant dans sa monnaie national sur le marché et les vendre au comptant
contre devises.
L'exportateur peut emprunter les devises correspondant au montant d'une créance recevoir sur le
marché des devises et les vendre aussitôt sur le marché comptant pour obtenir de la monnaie
nationale. Il remboursera ensuite l'emprunt avec les devises reçues de son client. L'entreprise
annule ainsi le risque de change, et reconstitue sa trésorerie en monnaie nationale.
Exemple :
L'opération de couverture est la suivante : l'exportateur emprunte sur le marché des eurodevises
des dollars de telle manière qu'il rembourse 100 000 USD dans 3 mois,
Il convertit ces 99 255 USD au cours de change au comptant 1 EUR pour 1,5 USD. Il obtient 66
170 EUR qu'il place à un taux de 5 %
La couverture sur le marché de change à terme est une des techniques les plus utilisée par les
entreprises étant donnée sa simplicité d’emploi. Sur ce marché un opérateur peut se couvrir soit
par l’utilisation des contrats à terme de gré à gré ou les Forwards, soit par l’utilisation des
contrats de Futures, ou des swaps de change.
Un contrat à terme sur devises représente un engagement à acheter ou à vendre, à une date
ultérieure, et pour un prix fixé au départ (le cours à terme), un montant déterminé de devises
étrangères.
Cette technique permet d’éliminer la position de change, c'est-à-dire éliminer la position courte par
l'achat de devises auprès d'une banque dans le cas d’un importateur, et la position longue par une
opération de vente lorsqu’il s’agit d’exportateur. Comme ces opérations s'effectuent à des cours
prédéterminés, la contre valeur en monnaie nationale n'est plus dépendante des fluctuations des
cours.
Pour un importateur : la mise en place d’un contrat d’achat à terme protège d’une hausse des
cours de change qui pourrait alourdir les coûts d’achat.
Pour un exportateur : la mise en place d’un contrat de vente à terme protège d’une baisse des
cours de change qui pourrait grever la marge commerciale.
Fonctionnement
Afin d’illustrer le fonctionnement du change à terme, on traitera le cas d’une achat à terme de
devises.
Prenons le cas d’une entreprise importatrice marocaine, tel que la COPAG. On suppose qu’elle a
acheté des matières premières pour un montant de 8 millions dollar, payable dans 3 mois.
Supposons que le cours USD/MAD à la signature de la transaction est de 1USD = 7,6250 MAD. La
facture sera établie pour 8 millions d’USD qui nécessitera la conversion de 61 millions de MAD.
Si le cours USD contre MAD monte et qu’elle s’établisse dans 3 mois à 7,8875, les 8 millions
d’USD représenteront 63.100.000 MAD.
C’est pourquoi COPAG a besoin de connaître précisément le cours auquel il pourra acheter les
Dollars dans 3 mois.
Sa Banque lui fournira ce cours de change à terme, ce qui lui permettra de s’assurer que les
devises à verser donneront bien le montant prévu en dirhams pour le paiement de son importation.
Dans le cas ou la date d’échéance ne coïncide pas avec la date de règlement de l’opération
d’importation ou d’exportation, ou lorsque est contrainte de modifier l’échéance initialement prévue
au contrat, il est possible de modifier la durée d’un contrat de change à terme :
b. en reportant ou prorogeant l’échéance : cet événement est appelé prorogation (ou report) du
change à terme.
Cependant, ces modifications peuvent générer un coût financier supplémentaire par rapport au
coût initial de la couverture.
Avantages et inconvénients :
Le tableau suivant retrace les avantage et les inconvénients d’une couverture par les contrats à
terme.
6
S’intitule aussi les points de report ou de déport
Avantages Inconvénients
Le cours est connu et garanti dès la La technique est peu adaptée aux risques
couverture ; aléatoires en raison du caractère irrévocable
de l’engagement ;
Cette technique ne nécessite aucun suivi
administratif ; Le cours garanti n’est pas négociable ;
Elle se caractérise par une souplesse Il est impossible de profiter d’une évolution
d’utilisation favorable des cours de la devise ;
Les futures sont des contrats par lesquels les opérateurs s’engagent à acheter ou à vendre une
certaine quantité de devises, à un cours et à une date fixée d’avance.
Elles suivent les mêmes règles que les contrats à terme de gré à gré, sauf que les opérations de
futures se font sur des marchés organisés (les bourses), elles sont des contrats standardisées en
terme d’échéance et de quantités, ainsi qu’elles sont évaluées chaque jours (marked to market).
L’intermédiaire centrale des marchés à termes est la chambre de compensation (clearing house)
qui assure la liquidité du marché (acheteuse de tous les vendeurs et vendeuse de tous les
acheteurs).
Principe de couverture :
Dans le but de se couvrir contre e risque de change, l’opérateur doit prendre une position inverse à
celle qu’il détient sur le marché au comptant. En fait, l’exportateur se couvre contre une baisse du
cours de la devise dans laquelle ses créances sont libellées en vendant des contrats à terme. Alors
que L’importateur se couvre contre une hausse du cours de la devise dans laquelle ses dettes sont
libellées en achetant des contrats à terme.
Pour chaque contrat engagé, l’opérateur doit déposer une marge initiale sur son compte, cette
dernière est variable selon a volatilité du marché et la valeur du contrat, et s’engage à maintenir
une somme minimale appelée la marge minimale et qui égale environ au ¾ de la marge initiale.
Les gains et les pertes sont calculés chaque séance. Par exemple, si la variation des cours est
défavorable, la chambre de compensation déduit la comme perdue sur le compte de l’opérateur. Et
si le niveau du compte se trouve en dessous de la marge minimale, on procède à un appel de marge.
Dans le cas contraire, lorsque la variation des prix est défavorable, l’opérateur est gagnant et
reçoit de l’argent qu’il peut retirer.
Avantages Inconvénients
Les options de change constituent des moyens très utiles dans le cadre de la couverture des risques
de change.
Les option sont des contrats à terme qui donne à leurs acquéreurs -le droit et non l’obligation-
d’acheter ou de vendre un support donné à un cours prédéterminé, pendant une période donnée ou
à l’échéance de celle-ci.
Il existe une pluralité des types des option à savoir : les options de devises , les options de change,
les options des taux, les options sur les actions , indice, les options sur les matières premières. Dans
cette partie, nous allons s’intéresser qu’aux options de change .
L'option de change est un contrat entre deux parties par lequel l'une accorde à l'autre le droit (mais
non l'obligation) de lui acheter (option d'achat) ou de lui vendre (option de vente) un montant de
devises, moyennant le versement d'une prime (le prix de l'option). L'achat (ou la vente) du montant
en devises se fait à un cours déterminé à l’avance (prix d'exercice), durant une période (période
Le type de droit attaché à l’option, la date ou la période d’exercice, le prix de l’exercice, le montant
et la prime sont cinq caractéristiques permettant d’identifier un contrat d’option.
Pour ce qui concerne le droit attaché à l’option, on distingue l’option d’achat (call) et l’option de
vente (put).
Le type d’option
L’option est dite « européenne » lorsqu’elle ne peut être exercée qu’à la date d’échéance. Elle
est dite « option américaine » lorsqu’elle peut être exercée à tout moment jusqu’à son échéance. On
peut acheter ou vendre une option d’achat (call) ou de vente (Put).
Le prix d’exercice :
Le prix d’exercice est dans le cas de l’option de devises le cours de change avec lequel s’effectuera
la transaction au cas ou l’option est exercée.
- Dans la monnaie (in the money) si le prix d’exercice immédiat de l’option est plus
avantageux que le cours de la devise observée sur le marché ;
- Hors monnaie (out of the money) si le prix d’exercice est moins avantageux que le cours de
la devise au comptant ;
- A la monnaie (at the money) si le cours de la devise est égal au prix d’exercice.
Le montant de l’option :
Le montant est quant à lui standardisé dans le cas d’une option négociée sur un marché organisé.
Cependant, sur le marché de gré à gré, le montant peut être adapté au risque à couvrir.
La prime de l’option est le montant payé par l’acheteur de l’option et encaissée par le vendeur de
celle-ci. Cette prime est généralement fixée en pourcentage du montant de l’option. La prime d’une
option américaine est supérieure à la prime d’une option européenne de même caractéristiques.
L’échéance de l’option fait l’objet d’une libre négociation entre l’acheteur et le vendeur.
Toutefois, sur un marché organisé les échéances des options sont fixées. Il est à signaler que
l’échéance des options de devises sont très courtes et rarement supérieures à une année ou 6 mois.
Il existe quatre positions de bases sur les options : l’achat d’un call (option d’achat) l’achat d’un put
(option de vente), la vente d’un call (option d’achat) et la vente d’un pu(option de vente). Nous
appellerons K le prix d’exercice, C (en % du montant du call) le prix du Call et P (en % du montant
du Put) celui du Put. Dans ce qui suit, nous présenterons chacune de ces positions.
L’acheteur d’une option d’achat de devises acquiert le droit-et non l’obligation d’acheter un
certain montant de devises à un certain prix K, pendant une certaine durée ou à une date définie
moyennant le versement immédiat d’une prime C au vendeur de l’option. Soit Se le cours de change
de la devise à échéance. Le tableau suivant montre quand il faut exercer ou ne pas exercer l’option
d’achat, la valeur de l’option d’achat ainsi que le profit dégagé.
Se < K Se > K
valeur 0 Se -K-C
profit -C Se -K-C
Exemple 1 :
La prime à verser par l’acheteur par euro est égale à : C = 0.02×10 MAD= 0.2 MAD.
La prime totale à verser est alors de : 1 000 000×0.2 MAD = 20 000 MAD. Le point mort de cette
option (le cours d’euro pour lequel notre profit en exerçant l’option d’achat est nul), est celui
correspondant à un cours de 10 MAD+0.2 MAD= 10.2 MAD.
L’acheteur de l’option ne l’exercera pas et réalisera ainsi une perte égale au montant de la prime
payée, soit 20 000 MAD. La figure suivante illustre cette option.
L’acheteur d’une option de vente de devises acquiert le droit-et non l’obligation- de vendre un
certain montant de devises à un certain cours K (Prix d’exercice), pendant une certaine durée ou à
une date définie, moyennant le paiement d’une prime P au vendeur de l’option de vente.
Soit Se le cours de change de la devise à échéance. Le tableau suivant montre quand il faut exercer
ou ne pas exercer l’option de vente, la valeur de l’option d’achat ainsi que le profit dégagé
Se < K Se > K
Action exercer Ne pas exercer
valeur Se-K 0
profit k-Se-P -P
Exemple :
Supposons l’achat d’une option de vente européenne, caractérisée ainsi :
• Option de vente de USD/MAD;
• Prix d’exercice : K=11 MAD ;
• Prime : P=2% ;
• Montant : 1 000 000 USD ;
• Durée : 3 mois ;
L’acheteur de l’option devra alors exercer son option si le cours de vente, à échéance, du dollar au
comptant est inférieur à 10.98 MAD. Si le cours de vente du dollar est supérieur à 11.2 MAD
l’acheteur de l’option ne l’exercera pas et réalisera ainsi une perte égale au montant de la prime
payée, soit 20 000 MAD. La figure suivante illustre cette option.
Le vendeur d’une option d’achat s’engage à vendre un certain montant en devises à-ou jusqu’à-
une certaine date et à un cours de change (K prix d’exercice) définis, si l’acheteur exerce son droit
d’option. Le vendeur cède le droit d’option et reçoit en échange une prime unitaire C. Le vendeur
de l’option d’achat devra se tenir prêt à céder le montant en devises au prix d’exercice, au cas ou
l’acheteur exerce son option.
Le vendeur d’une option de vente s’engage à acheter un certain montant en devises à-ou jusqu’à-
une certaine date et à un cours de change (K prix d’exercice) définis, si l’acheteur exerce son droit
d’option. Le vendeur cède le droit d’option de vente et reçoit en échange une prime unitaire P. Le
vendeur de l’option d’achat devra se tenir prêt à acheter le montant en devises au prix d’exercice,
au cas ou l’acheteur exerce son option.
L’option à tunnel
Nous avons constaté l’existence d’une panoplie d’instruments de couverture contre le risque de
change de transaction, le choix d’un tel ou tel instrument ne doit pas être aléatoire, mais en
fonction de la stratégie de couverture adoptée par une entreprise opérante sur le marché
international, sa position de base, c'est-à-dire un importateur ou exportateur, et son anticipation
quant à l’évolution des taux de change, mais aussi, en tenant en compte la réglementation en
vigueur et les produits autorisés au Maroc.
Conçu initialement pour fonctionner en interne dans un cercle fermé interbancaire marocain, ce
marché a été ouvert en janvier 1997 au marché international des capitaux en permettant aux
banques d'effectuer des opérations de change devise contre devise auprès de leurs correspondants
étrangers.
Grâce à ce nouveau marché, les exportateurs et les importateurs marocains peuvent non
seulement négocier des taux de change préférentiels, mais aussi se couvrir contre le risque de
change
Au niveau du Maroc et jusqu’à fin juin 2003, les seuls produits de couverture du risque de change
réglementés et autorisés par BANK AL MAGHRIB sont le change à terme et le swap de devises
En Août 2005 on a assisté au lancement des options de change à la demande des opérateurs
économiques. Ainsi, qu’à l’autorisation par BAM des couvertures sur matières premières fin 2005
Nouvelles mesures sur les produits de couvertures et les comptes en devises en 2007, notamment un
circulaire n°1723 relative à la couverture contre le risque de change, et le circulaire n° 1719
relative aux comptes en devise ou en dirham convertible au nom des exportateurs de biens et de
services.(voir annexes)
I. Dispositions générales :
Les cours ou taux de change au comptant sont déterminés par Bank Al-Maghrib tous les jours par
affichage en continu sur écran Reuter de 8H30 à 15H30 (horaire normal) ou de 8H à 13H30 (pour
l’horaire d’été et de Ramadan) avec comme date de valeur ou date de livraison DEV/DIRHAM ou
DEV/DEV deux jours ouvrés après la date de cotation. Les banques sont autorisées à effectuer des
opérations en valeur décalée (J ou J+1).
Les cours de change sont exprimés à l’incertain (montant en dirhams correspondant au x unités des
devises contées).
Le dirham n’est convertible librement, son cours est établi par rapport à un panier de devises
comprenant les monnaies de ses principaux partenaires. Nous trouvons principalement L’euro et le
dollar américain. Un dirham courant est égal à l'inverse du cours de référence de l’euro multiplié
par 80 %, plus l'inverse du cours de référence du dollar multiplié par 20 %. Le résultat de cette
addition est multiplié par le résultat du rapport entre le cours de l'euro sur celui du dollar 7. C’est
ainsi que le risque encouru sur une exposition en dollar est quatre fois supérieur à celui pris sur
l’euro.
Toutes les opérations traitées sur le marché des changes doivent faire l’objet d’une confirmation
immédiate par échange entre les deux parties de messages télex ou SWIFT reprenant toutes les
informations y relatives (montant, taux de valeur, date de valeur, date d’échéance....)
Un prélèvement d’une commission de un pour mille est effectué pour le compte de l’Office de
Change sur toute opération de change commerciale ou financière effectuée par la clientèle.
La circulaire de Bank Al Maghrib N°61 DAI 96 (voir annexes) stipule : « Les opérations à effectuer
sur le marché de change par les intermédiaire agrées pour leurs propres comptes ou pour le
compte de leur clientèle peuvent porter soit sur des opérations au comptant, à terme ou des
opérations de trésorerie et de dépôt »
7
Calcul du taux de change nominal effectif et réel du dirham publié par le ministère des finances et de la
privatisation.
(cf. annexes 1 et 2)
Les opérations au comptant portent sur toutes transactions d’achat ou de vente des devises contre
dirham à un cours défini en fonction des conditions du marché.
Ces opérations englobent les achats, ventes, arbitrages de toutes devises cotées par Bank Al-
Maghrib en fonction des bornes de références (BID/ASK). Pour les devises non cotées, les banques
peuvent les traiter entre elles ou avec les banques étrangères.
Bank Al-Maghrib se réserve la possibilité de ne pas coter certaines devises, celle-ci peuvent être
traitées entre les intermédiaires agrées entre eux ou avec leurs correspondants étrangers, à un taux
négocié librement entre eux.
Le dénouement des opérations de change au comptant intervient de deux jours ouvrables.
Les intermédiaires agréés peuvent effectuer entre eux ou pour le compte de leur clientèle des
opérations d’achat et de vente à terme dirhams contre devise et devise contre devise.
Ces opérations doivent être liées à des opérations d’importation, d’exportation ou de financement
extérieur. Ils peuvent également proposer à leur clientèle d’autres instruments de couverture contre
le risque de change et ce, dans les conditions fixées par Bank Al-Maghrib.
Les échéances ne doivent pas dépasser un délai de 90 jours pour les transactions commerciales et
un an pour la couverture des emprunts extérieurs.
Les banques peuvent traiter, entre elles ou pour le compte de leurs clients, des opérations de
trésorerie : prêt, emprunt et swaps, selon les modalités fixées par Bank Al Maghrib. Elles peuvent
également effectuer des dépôts auprès de celle-ci lorsqu’elles n’arrivent pas à placer leurs
ressources sur le marché interbancaire.
11
Section 3 : les opérations de couverture autorisées :
8
Article 85, chapitre 7 des instructions générales sur le marché de change
9
Article 86, chapitre 7 des instructions générales sur le marché de change.
10
Article 87 chapitre 7 des instructions générales sur le marché des changes.
11
Circulaire de l’Office des changes N°1723 du 01/08/2007 relative à la couverture contre le risque de change
A travers Circulaire n° 61/DAI/96 du 01 avril 1996 relative au marché des changes, telle que
modifiée par les circulaires BAM n°473/DAI/97 du 27 janvier 1997 relative au marché des
changes- amendement des opérations de change au comptant et dépôts en devises auprès de Bank
Al-Maghrib on peut conclure que :
Les banques peuvent traiter des opérations à terme au profit de leurs client sur des Les
opérations qui doivent être adossées à des transactions commerciales ou à des prêts et
emprunts en devises contractées conformément à la réglementation des changes en
vigueur
Les opérations à terme devises contre dirhams ou devises contre devises effectuées par
les intermédiaires agréés portent sur des durées librement négociées entre les parties
Les taux de change relative aux opérations à terme de devises contre dirhams doivent
inclure une commission de 1‰ dont le produit est versé à Bank Al-Maghrib( cette
commission était de 2‰ jusqu’au 4 juin 2009)
Les taux de change à terme ne sont pas affichés par Bank Al-Maghrib, et ce dernier
La réglementation des swaps de devise est dictée par le même circulaire, et duquel nous
dégageons que : « Les caractéristiques des contrats de swap devises contre dirhams ou devises
contre devises conclus par les intermédiaires agréés sont librement négociées entre les parties et
doivent être conformes aux dispositions édictées par l’ISDA (International Swap and Derivatives
Association) ou la FBF (Fédération Bancaire Française). »
Les primes relatives aux options de change doivent être réglées et comptabilisées au moment de la
souscription des contrats.
12 12
Circulaire de Bank Al-Maghrib N°3/DOMC/2005 du 03/08/2005 relative aux opérations d'options de
change
Les options de change autorisées sont les options standards de type européen dites "vanille", dont
l’échéance maximale ne peut dépasser un an. Les devises couvertes sont l’Euro et l’USD.
Les banques peuvent également proposer dans le cadre d’une opération commerciale ou de
financement une combinaison des options de change.
Les primes relatives aux options de change doivent être réglées et comptabilisées au moment de la
souscription des contrats.
Le contexte de chaque projet est l’un des points les plus importants à prendre en considération lors
de son étude. Dans cette section, nous allons présenter succinctement la Coopérative Agricole des
Primeurs et des Agrumes, en exposant sa création, son organisation, et ses domaines d’activités afin
de déterminer les transactions effectuées avec l’étranger et identifier par la suite le risque de change
auquel elle est exposée.
1. Création
La COPAG est une coopérative agricole créée par l’assemblée générale du 07 mai 1987, profitant
de la politique de libéralisation des exportations adoptée par l’Etat Marocain. 39 agriculteurs de la
région de Taroudant ont senti le besoin et la nécessité de se regrouper en coopérative pour être
maîtres de leurs produits agricoles depuis la production jusqu’à un stade plus avancé de la
distribution. Ainsi est née la COPAG. Son capital social a été fixé à 46000000,00 Dirhams divisé en
4600 parts d’une valeur nominale de 1000 dirhams chacune.
Aujourd’hui, elle opère dans trois domaines d’activité : la production animale, la production
végétale et les services rendus aux adhérents.
3. Champs d’activité
Comme il est stipulé dans statut de base, la coopérative COPAG opère dans le secteur agricole au sens
le plus large du terme : productions animales (lait, viande, volailles), productions végétales
(conditionnement des agrumes, des primeurs et des bananes, et production des jus de fruit), la
fabrication des aliments de bétails fournis aux adhérents, et des services rendus aux adhérent visant le
développement de l’élevage laitier dans la région de Souss Massa.
Comme le témoigne son historique, la COPAG a su se tisser une histoire riche et prometteuse. Son
développement est marqué par les dates suivantes :
L’historique de COPAG montre une expansion et une modernisation graduelle des activités
diversifiées, elle va des services, à la transformation en passant à la commercialisation et la
distribution. Cette évolution remarquable de l’activité de la COPAG durant les 25 ans d’existence,
nous amène à s’interroger l’organisation derrière cette croissance remarquable.
Par l’organigramme suivant, on retrace les principales directions de la coopérative tout en se focalisant
sur la direction administrative et financière dans laquelle j’ai effectué mon stage.
Comme nous le constatons, la COPAG est une coopérative agricole administrée par un conseil
d’administration qui peut être composé, selon ses statuts, de six membres au moins et douze au plus.
Le conseil d’administration est élu par l’assemblée générale, les administrateurs sont nommés pour
une période de trois ans renouvelable.
Service matière Souss A.G.B : la saisie des journaux d’approvisionnement des adhérents en pièces
rechanges, produits vétérinaires, semence…et l’insémination artificielle effectués par les
inséminateurs et la facturation mensuelle.
Service matière laiterie : Après la saisie journalière de bons de collecte du lait cru et l’établissement
par quinzaine des factures d’achats, des notes de débit et de crédit et des états de règlement, le
service matière adresse au comptable les états de synthèse mensuels suivants : journal achat lait
cru, journal des notes, journal des prélèvements Aalaf
Service matière agrume : il établi des états pour connaître la qualité de la variété produite par
chaque producteur par date et calibre, ainsi que détermination des frais de transports.
Service caisse:
Les pièces dépenses et recettes établies par le caissier de la laiterie après chaque mouvement des
pièces seront communiquées à la fin du mois au comptable.
Bureau d’ordre :
Il a comme activité : La correspondance : courrier arrivé concernant les factures, les pièces
bancaires ainsi que les courriers de départ (attestation de travail, salaire, prime de naissance…)
lettres, notes et avis aux [Link] le classement des documents d’une façon à pouvoir se
procurer facilement et rapidement l’information recherché.
COPAG compte plusieurs unités que nous allons présenter brièvement selon la nature de leurs produits.
La coopérative COPAG s’occupe elle-même de la vente de ses produits aussi bien sur le marché
local qu’à l’exportation à travers sa société PRIM’ATLAS qui a été crée en 1996 pour l’objet du
suivi commercial des exportations des agrumes et primeurs.
Les principales variétés d’agrumes sont : clémentine, clémentine tardive Nour, clémentine Nules, Navel,
Salustiana, Washington Sanguine, Ortanique et Maroc Late.
Pour mieux satisfaire la demande croissante des marchés, la COPAG a démarré un programme
ambitieux de plantation de plants surtout en petits fruits, et qui s’inscrit dans le cadre du plan Maroc
Vert. Ainsi, la coopérative a initié un programme de mise à niveau visant la modernisation, l’extension
et la certification de ses vergers et station de conditionnement.
Pour diversifier ses champs d’action dans le domaine, la coopérative a conclue une convention en
octobre 1998 avec la société PRIAGRUS, situé à Ait Melloul, pour le traitement et le conditionnement
des primeurs. Et dans ces dernières années la coopérative a connu un accroissement très important du
volume traité des primeurs du fait de l’arrivée de nouveaux producteurs.
La gamme de différents produits des primeurs se présente comme suit : Pomme de terre , Piment fort,
Poivron (vert et capé rouge), l’haricot (filet et plat), Aubergine, courgette, Tomate, et melon
Un entrepôt a été crée en 1998 d’une capacité de 3.200 tonnes, il a comme rôle principal la protection
des produits contre les intempéries.
Les principaux objectifs de cet investissement est :
Les certifications
Les produits de la coopérative ont bénéficié de diverses certifications internationales sur la qualité
(PIAQ), sur la maitrise de sécurité alimentaire (HACCP) et de la distribution (BRC) et GLOBAL
G.A.P.
a. Unité laiterie
La production du lait et ses dérivés constitue le domaine d’activité stratégique de COPAG, elle a
étais initiée en 1993 par la création d’une usine dotée d’une capacité initiale de 15 000 litres par
jour, aujourd’hui la capacité de production est de 700 000 litres par jour.
En plus de cette unité, la coopérative s’est dotée d’une unité de fabrication de lait UHT (Ultra Haut
Température), ainsi que d’une tour de séchage afin de réguler la production du lait .
La COPAG a alloué les ressources nécessaires pour maitriser les facteurs clés de succès et
construire des avantages concurrentiels qui ont permis d’animer le marché et de jouer un rôle
moteur dans le développement de la filière.
La production du lait brut par jours a connu une évolution remarquable, le graphique suivante
représente cette croissance :
600
500
400
300 T/j
200
100
0
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
La production journalière du lait brut a connu une évolution de 14% en 2011 par rapport à l’année
précédente, cela est grâce au développement du cheptel par l’importation de 3 390 têtes des
génisses.
la marque JAOUDA est reconnue aujourd’hui pour la qualité et l’originalité de ses produits et
s’impose comme opérateur de référence dans ses marchés. Elle est élue meilleure marque de
fabrique de l’année 2010.
La COPAG offre aux consommateurs une Large gamme de produits frais et de dérivés composée
de :
11 familles de produits
22 marques
87 références
Dans l’objectif d’une grande intégration de ses activités, la coopérative a crée le 1èr Août 1999 une
unité de fabrication d’aliment pour bétail qui répond à une capacité de 10 tonnes par heure.
COPAG s’est dotée à créer cet investissement pour réaliser plusieurs objectifs, à savoir:
Assurer à ses adhérents une plus grande indépendance et une régularité pour
l’approvisionnement.
La fabrication des aliments de bétail a atteint 104 012 tonnes pendant la compagne de 2011, alors
qu’elle était de 492 tonnes en 1999. Cette croissance sera accompagnée de l’augmentation de
volume d’importation des matières premières agricoles, qui est de 125 242 tonnes pendant la
compagne de 2010/2011.
Malgré l’augmentation continu des prix de ces matières sur le marché international, ce engendre le
surcroît des coûts de fabrication des aliments composés, la coopérative compte toujours satisfaire
les besoins de ses adhérents en ces aliments vu leur rôle important dans l’amélioration de la qualité
de lait fourni.
c. Unité d’élevage:
En mars 2005 une plateforme d’élevage en commun des génisses et taurillons a été créée d’une
capacité initiale de 11 000 têtes.
L’unité d’engraissement conçue selon le modèle des feedlot américain a comme objectif :
Orientation des éleveurs adhérents vers une sorte de spécialisation en production laitière.
Engraissement des taurillons dans une optique d’économie d’échelle.
La coopérative vise le développement de la filière viande rouge dans le cadre du plan Maroc vert à
travers la création d’un abattoir et d’un atelier de découpe dans l’optique de labéliser les produits de
la viande dans le respect de la traçabilité.
Encadrement technique :
Dans le même but, la coopérative assure à ses membres un encadrement technique de la filière
végétale assuré par des ingénieurs agronomes et techniciens supérieurs pour une superficie
d’environ 5900 Ha. Et encadrement technique des éleveurs assuré par un ingénieur zootechnicien
et des techniciens inséminateurs, en plus, des techniciens de contrôle de la qualité du lait et de
l’hygiène des salles de traite.
Cette coopérative ayant pour mission le développement de l’élevage laitier dans la région du Souss
Massa à travers une melioration génétique des troupeaux:, l’appui technique aux éleveurs
Cette étude s'articule autour, des risques de change, et des politiques de gestion de ces risques au sein
de la Coopérative Agricole des Agrumes et des primeurs de Taroudant. Pour ce faire, j’ai adopté la
méthodologie suivante pour conduire la mission du stage.
I. Recherche théorique :
La bonne gestion des risques de change nécessite tout d’abord, une compréhension de la notion du
risque de change, une maitrise du processus de sa gestion, et une connaissance des différents
instruments et méthode de sa couverture. Ainsi, qu’une connaissance de la réglementation en vigueur
concernant le marché de change marocain, et les instruments de couverture des risques disponibles au
Maroc.
Pour ce faire, nous avons fait recours à différentes techniques d'investigation. Nos supports de cours
nous ont d'abord servi de bréviaire, ensuite nous avons eu recours à des livres de gestion, des études de
mémoires, des rapports de stage, enfin, au moteur de recherche google et Wikipedia.
Cette recherche théorique nous a permis de comprendre le mécanisme de gestion des risques de change
dans sa globalité, afin d’étudier l’exposition de la COPAG au risque de change engendré par ses
approvisionnement en marchandises ou équipements libellés en monnaies étrangères.
Après avoir présenté le processus de gestion des risques de change transactionnels, nous procéderons à
une mesure de l’exposition de COPAG à ces risques, , ainsi que l’appréciation de la politique de
couverture mise en place, dans le but de cerner les défaillances et proposer par la suite les méthodes et
outils d’une optimisation de sa gestion.
L’optimisation de la gestion du risque de change de la COPAG, nécessite tout d’abord une de certaines
informations quantitatives et qualitatives.
Les informations dites quantitatives, nous permettrons de mesurer et apprécier la position de change de
la coopérative et quantifier son risque de change. Pour ce faire, nous avons fait recours aux états de
synthèse, notamment le compte des produits et charges et le bilan, de la compagne de 2011/2012 pour
apprécier le montant de la perte et le gain de change dégagés.
Optimisation de la gestion des risques de change 59
Ensuite, une étude des sources du risque de change sera notre objectif, en traitant les principales
opérations effectuées par la coopérative en devises sur la base d’un échantillon des factures.
Après avoir collecté toutes les informations nécessaires, nous menons une évaluation de la gestion
de risque de change de COPAG selon le processus suivant :
Dans un premier lieu, nous allons montrer l’exposition au risque de change au niveau comptable, en
consultant les comptes de bilan de la coopérative à savoir : l’écart de conversion actif et passif, et les
de CPC notamment : la perte et le gain de change, et appréhender leur évolution sur un horizon de 5
ans, et mesurer en fin leur impact sur le résultat financier de l’exercice.
Après, nous allons mesurer la position de change par devise de COPAG à la fin de la compagne de
2011/2012.
Par une comparaison entre les montants effectivement réglés à l’échéance et le montant qui pourra
être encaissé si on procède à une couverture dès la date de commande, on obtient le risque encouru
par la coopérative à cause de sa non-couverture dès le déclenchement de son besoin. (Voir le modèle
de calcul en annexe).
Une lecture de la fluctuation des cours de change du dirham face l’euro et au dollar à partir du 01
octobre 2011, début de la compagne, jusqu’au 30 septembre 2012, fin de la compagne , nous
permettra de justifier et d’expliquer le montant des pertes et des gain de change calculer.
Pour étudier cette fluctuation nous allons consulter l’historique des taux de change des deux
devises affichés par Bank Al-Maghrib.
Sur la base des informations collectées par un entretien (voir annexes) avec le directeur
administratif et comptable de la coopérative, nous allons déterminer la stratégie adoptée pour se
couvrir contre le risque des changes, et évaluer le taux de sa couverture et quantifier la position qui
reste ouverte.
Après avoir quantifier le risque de change auquel est exposée la coopérative, et dégager ses
faiblesses, nous allons exposer quelque points susceptible d’améliorer sa gestion des risques de
fluctuation des devises, et proposer par la suite quelques instruments de couverture assurant une
optimisation de cette gestion.
Dans le paragraphe qui suit nous allons présenter les principales importations pour chaque unité
ou activité, ces importations sont sélectionnées selon leur importance.
1. La production animale :
Pour la production du lait, des dérivés laitiers et des jus de fruits, COPAG s’approvisionne en
matière de base vitales, dont nous trouvons principalement les machines à emballer et les
emballages nécessaires au conditionnement de ces produits et L’unité laiterie s’approvisionne
également en plusieurs ingrédients pour la production des dérivés du lait et les jus de fruits, parmi
ces ingrédients .
Elle importe également des bovins d’engraissement de race Holstein des Pays Bas et de
l’Allemagne, et qui sont réglés en EURO.
Les importations pour la production végétale sont minimes par rapport au total des importations de
COPAG. Nous trouvons seulement les concentrés d’oranges et les emballages pour le
conditionnement des jus d’orange (NECTARY).
La fabrication des aliments composés de bétails cédés aux adhérents nécessitera les importations
des matières premières agricoles : mais, l’orge, son de blé, corn gluten feed, tourteaux de soya,
tourteaux de tournesol, coque de soya, DDGS et tourteaux de colza. Ces matières premières
représentent 91% des marchandises importées par l’unité AALF.
Le DDGS, le corn gluten feed, maïs, la coque de soja et les tourteaux de soja sont achetés sont
négocié à la bourse de Chicago (Chicago Board Of Trade, la CBOT) aux Etats Unis et payés donc
en USD, alors que les tourteaux de colza et les tourteaux de tournosol sont acheté par des contrats
depuis la bourse de Paris et réglés en EUR.
La COPAG s’approvisionne de son de blé livré par des fournisseurs africains et qi sont payés en
EUR, et de la luzerne déshydratée de l’Espagne.
La COPAG importe également des aliments d’allaitement des jeunes bovins (lait ELVOR), et qui
sont fournis aux adhérents en tant que prestation de service. Ces produits sont importés de la
France et qui sont libellés en euro.
Nous constatons que COPAG importe une variété des produits, matières premières ou des
équipements industriels, et qui sont libellés en euro et en dollar américain, ce qui expose la
coopérative au risque des changes.
L'existence du risque du change au sein de COPAG n'est plus un sujet à démonstration, ce risque
est présent et ses séquelles se manifestent surtout au niveau du système comptable.
Au sein de l’ODEP, deux postes du bilan et deux comptes du compte de produits et charges peuvent
nous éclairer sur l’efficience de la gestion du risque de change. Ces postes sont :
Perte de change
Gain de change
Écarts de conversion actifs
Écarts de conversion passifs
Les pertes de change sont regroupées dans le compte 6331 Pertes de change propre à l’exercice.
Ce compte enregistre les pertes de change définitivement supportées par l’entreprise :
- Au titre des divers services de crédit donnés ou reçus en devises (différence négative entre le
cours du jour des opérations de crédit et le cours du jour du dénouement) ;
- Au titre des écarts négatifs constatés en fin d’exercice sur les comptes de trésorerie tenus en
devise ;
Les gains de change sont enregistrés dans le compte 7331 « gains de change propres à l’exercice »,
il regroupe les gains de change définitivement acquis par l’entreprise.
Sont donc portés à ce comptes les gain de change réalisés par l’entreprise au cours de l’exercice et
qui résultent de la différence entre la valeur d’origine d’une créance ou d’une dette en devise et le
montant encaissé ou payé au cours de la période comptable de règlement.
Ces écarts correspondent à la différence entre la valeur des créances et des dettes libellées en
monnaie étrangère, converties en dirhams, sur la base du dernier cours de change connu à la date
de clôture et le dernier montant comptabilisé. L’écart de conversion actif constitue pour
l’entreprise une perte latente, qui correspond à une diminution des créances immobilisées ou à un
accroissement des dettes de financement.
Optimisation de la gestion des risques de change 64
Les écarts de conversion passif
Les écarts de conversion passifs correspondent à des profits latents sur des créances immobilisées
et sur des dettes de financement.
Les opérations de change ont une influence directe sur l’augmentation ou la diminution des pertes
de change et des gains de change, ces deux comptes inscrits au niveau du Compte de Produits et
Charges, plus précisément dans les charges financières et produits financiers.
L'évolution de ces comptes peut nous guider pour apprécier l'ampleur des opérations libellées en
devises, et déterminer le degré de l’exposition du COPAG au risque de change.
Nous avons choisi un horizon de 2 ans pour mieux appréhender l'évolution de ces comptes et aussi
pour élargir le champ de comparaison temporelle
30/09/2011 30/09/2012
Evolution en % 56,88%
Comme le tableau ci-dessous le montre, les pertes de change ont connu une croissance
considérable durant la compagne de 2011/2012 de 56,88%. Cette perte de change a atteint
2 946 506,67 MAD pendant la compagne de 2012. Les pertes de change que subit la COPAG se
chiffrent à des millions de dirhams, ce qui obère la rentabilité de la coopérative et impacte
négativement sur ses résultats
30/09/2011 30/09/2012
Evolution en % -76,45%
Quant aux gains de change, COPAG réalisait des gains de change évoluant négativement en 2012,
En 2012, les gains de change se sont chutés de -76,45%, ils sont de 740 962 MAD alors qu’ils
étaient de 3 146 283,74 MAD pendant la compagne précédentes.
Nous pouvons dire donc, que le résultat de la coopérative est significativement impacté par la
fluctuation des taux de change.
L'analyse des comptes comptables présentant un lien direct avec le risque de change nous amène à
nous prononcer sur l'évolution aléatoire de ces comptes, ceux-ci présentent des fluctuations
difficiles à prévoir.
L'absence d'une gestion rigoureuse du risque de change renforce ces propos, et aura sans aucun
doute des effets négatifs, et ce pour les éléments suivants:
Pour bien évaluer la gestion du risque de change au sein de COPAG, il est indispensable de
déterminer la position de change.
La position de change est un inventaire de toutes les opérations comptables en devises avec
l’étranger. Elle regroupe les avoirs et les dettes de l’entreprise exprimés en devise.
La COPAG perçoit des encaissements en devises correspondant aux exportations des agrumes et
des primeurs, et réalise des décaissements en devises correspondant au paiement des fournisseurs
internationaux (notamment le paiement des d'investissements et l'acquisition de marchandises).
Le tableau suivant présente les positions nettes de la coopérative) dans les principales devises
étrangères, EUR et USD, au 30 septembre 2012.
USD EUR
Actifs circulant
Passifs circulant
1 331 627,26 2 145 359,75
Position nette
-1 331 627,26 -2 145 359,75
Comme le démontre le tableau ci-dessus, la position de la COPAG est courte en dollars et en euro,
c'est-à-dire que les engagements en devises dépassent les recettes en devises au 30 septembre 2012.
Cette position est calculée par la somme des soldes des dettes fournisseurs enregistrées durant la
compagne de 2011/2012. On obtient ainsi, une position de 1 331 627,26 EUR et 2 145 359,75
USD. C’est sur cette position que la coopérative court un risque de change suite à une variation des
cours de change.
Nous pouvons dire donc, que le résultat de la coopérative est significativement impacté par la
fluctuation des taux de change.
La clé d’une gestion efficace des risques de change transactionnels et d’une bonne stratégie de
couverture réside en la bonne connaissance et analyse des flux de trésorerie devise par devise et
par échéance. Dans cette étape on va procéder à une analyse des transactions effectuées par
COPAG durant la compagne de 2011/2012 afin de mesurer le risque de change pour chaque
devise, et pour chaque unité ou types de articles importés.
Vu la pluralité des opérations traitées par COPAG en devise, nous devons sélectionner
l’échantillon significatif des importations sur la base des critères suivants :
Perte de
change
2 517 853,85 1 954 522,76 17 362,85 8 179,18 1 978,43 13 933,58 4 513 830,65
Gain de
change
519 391,59 443 615,10 9 547,57 185 253,11 37 832,76 4 674,63 1 200 314,76
Nous constatons qu’une grande partie des pertes de change est due à l’appréciation du dollar
américain par rapport au dirham. Les tableaux suivants représentent le montant des pertes et des
gains de change pour chaque devise :
45%
EUR
55%
On remarque que 54,76% du gain de change provient des opérations traitées en USD et 45,24%
des transactions facturées en EUR.
GAIN DE CHANGE %
EUR
541 009,96 45,24%
USD
654 910,76 54,76%
TOTAL
1 195 920,72 100,00%
EUR
USD
95%
Dans le but de justifier ces pertes et gains de change, il est nécessaire de procéder à une lecture de
l’évolution du MAD face à l’EUR et à l’USD pendant la compagne de 2011/2012, et qui commence
le 01 octobre 2011 et se termine le 30 septembre 2012
13
D’après les évolutions des cours de devises affichées par Bank Al-Maghrib
« [Link]
qR2KIuSDEfD3yc1P1g9KKgLKR5kBBV88A_RB9b_0A_YLc0IhyPxNHAI0UXuA!/delta/base64xml/L0lKWWttUSEhL3
dITUFLc0FFVUFOby80SUVhREFBIS9mcg!!?Lien=V »
En général l’euro s’est déprécié de 0,67% par rapport au dirham, il était de 11,213 au 30
septembre 2011 et de 11,137 au 30 septembre 2012. Cette faible variation justifiée le montant
faible de la perte de change dégagée par rapport à celle du dollar.
2. Evolution du MAD/USD
On constate une forte fluctuation de cours du dirham face au dollar durant la compagne, cette
fluctuation est marquée par une appréciation du dollar à partir du mois de décembre. Ce cours à
atteint son plus haut niveau le 24 juillet avec 9,2026 USD, alors qu’il était de 7,951 USD le 28
octobre 2011.
En général le dollar s’est apprécié de 3,1%, il était de au début de la compagne avec 8,3502, et
8,6086 au 30 septembre 2012. Cette hausse remarquable du cours du dirham face au dollar
illustre l’importance des pertes de change calculées.
La détermination de la pondération des principales devises dans le panier dirham montre que la
monnaie nationale dépend approximativement à hauteur de 20% du dollar et de 80% de l’euro, ce
qui a eu pour effet de réduire davantage l’impact de la variabilité du taux de change EUR/MAD et
une appréciation de la variabilité USD/MAD (accroissement du risque de change Dollar).
La COPAG perçoit des encaissements en devises en contre partie de ses exportations des agrumes
et des primeurs à l’étranger ce qui peut compenser ses décaissements en devises. Or, la
réglementation marocaine en vigueur ne l'autorisant qu'à conserver 70 % de ses recettes en devises
dans un compte en devises ; les 30 % restants sont cédés en dirhams. Le résultat du COPAG peut
de ce fait être sensible aux variations des taux de change, notamment entre le dirham et le dollar
US ou l'euro.
Les 70% de ces recettes vont, au lieu d’être échangées en monnaie nationale (ce qui pourrait
occasionner un risque de change), servir à couvrir les dettes portant sur les importations facturées
dans cette même devise, et par conséquence éviter l’exposition au risque de change. Mais, sont-
elles suffisantes pour couvrir la totalité des importations ? et est ce que les trésorier utilisent
effectivement ces recettes pour le règlement des engagements ?
Pour répondre à ces questions, nous allons mesurer combien le compte en devise peut couvrir, et
évaluer par la suite les importations couvertes effectivement par ce compte pendant la compagne
2011/2012.
Les tableaux suivants retracent les mouvements, les recettes et les dépenses, de compte en euro et
en dollar américain ce qui nous permettra d’évaluer la couverture de ce comptes des
décaissements de la COPAG pendant toutes la compagne.
En fait, la coopérative dispose de quatre comptes en devises dans deux banques, la BMCI et le
Crédit Agricole, un compte en euro et un autre en dollar dans chaque banque.
a. Le compte en euro
En regroupant les mouvements des deux comptes en euro et en prenant en considération le solde de
ces comptes au 30 septembre 2011, fin de la compagne précédente, on obtient encaissements et les
décaissements effectués chaque mois
Recettes 451 694,74 2 782 181,24 2 002 952,74 543 157,07 5 779 985,79
Dépenses 724 919,92 614 373,69 200 270,63 756 211,62 2 295 775,86
Solde 2 662 126,42 2 388 901,24 4 556 708,78 6 359 390,89 6 146 336,35 9 630 546,27
Au 30 septembre 2011, la COPAG dispose de 2 662 126,42 EUR dans son compte en devise, un
montant très important qui devra normalement être utilisé pour financer ces importations, ce solde
est pris en considération pour le calcul des mouvements de ce compte.
Nous constatons que les recettes en euro excèdent souvent les dépenses libellées dans la même
devise..
Il faut noter que les dépenses enregistrées ne représentent pas la totalité des règlements possibles
d’être couvertes par ce compte. Nous pouvons dire alors que le but pour lequel sont ouverts les
comptes en devise n’est pas atteint, puisque les encaissements reçus des clients étrangers ne sont
pas tous utilisés d’une manière efficace et efficiente pour couvrir les décaissements en euro, ce qui
reflète la mauvaise gestion de ces comptes par le trésorier.
Quant au compte en dollar, on constate qu’une seule facture d’un montant de 145 100,64 USD à
été réglé par un virement, alors que les recettes de COPAG durant la compagne ont atteint les
1 256 766,55 USD, un montant très important et qui devra normalement être utilisé entièrement
pour couvrir les engagements de la coopérative en dollar afin de réduire son exposition aux forte
fluctuation de cette devise.
En consultant les mouvements des comptes en devises, on remarque une mauvaise gestion de ce
compte par les trésoriers, puisque environ 38% des recettes perçues en euro et 24% des recettes en
USD qui sont utilisées pour couvrir les dépenses de la coopérative durant la coopérative.
En analysant de plus près l’exposition du COPAG au risque de change, nous avons jugé judicieux
d'émettre un certain nombre de remarques concernant sa gestion de ces risques :
Conscient de l’importance d’une gestion des risques de change optimale, nous allons traiter dans la
section suivante quelques points permettant une amélioration de la gestion des risques de change
de la coopérative COPAG.
Dans le but d’optimiser et gérer efficacement son risque de change, la COPAG doit respecter le
processus d’une gestion des risques efficace, et qui s’articule autour des étapes suivantes :
La clé d’une gestion efficace des risques transactionnels et d’une bonne stratégie de couverture
réside en la bonne connaissance et analyse de ses flux de trésorerie par devise et déterminer les
expositions historiques, actuels et surtout futurs: l’anticipation permet la mise en place d’une
couverture adaptée.
Pour bien identifier le risque encouru, il faut adopter une démarche structurée afin d’appréhender
correctement les risques de change transactionnels et de les quantifier, par une :
Analyse systématique des postes du bilan libellé en devise par devise et par date
d’échéance ce qui nous permet de déterminer l’exposition bilancielle
Le trésorier devra connaître, de façon la plus précise possible, la position de change de son
organisation, sur chaque devise et par date d’échéance (date de valeur de réalisation des flux).
Pour ce faire il doit constituer un échéancier sur lequel sont enregistrés, échéance par échéance,
toutes les recettes attendues et les dépenses prévisionnelles dans la même devise. (Un exemple d’un
échéancier est déjà présenter dans le premier chapitre).
Une position de change fiable et plus juste, nécessitera la mise en place d’un système d’information
efficace, c'est-à-dire précis et en temps réel, où apparaitront à la fois les opérations en devises
futures certaines (fournisseurs à payer et créances à recevoir), et les opérations incertaines, que
l’on essayera de probabilisé en recourant à des séries statistiques passées.
La direction générale de la COPAG devra valider une stratégie de couverture très précise : faut-il
couvrir systématiquement son risque de change ? peut on rester en position ouverte ou se couvrir
d’une manière sélective ? et quelle doit être la fréquence de révision de cette stratégie ?
Etant donné que la coopérative COPAG n’adopte jusqu'à présent aucune stratégie de couverture, je
suggère une stratégie de couverture sélective, et d’éviter la mise en place d’une couverture
systématique qui coûtera plus cher que les pertes probables dues aux variations des cours des
devises, et la non couverture des risques afin de réduire les pertes enregistrées et qui se chiffres des
millions.
La sélection des opérations à couvrir se base sur un certain nombre des critères notamment :
Avant de recourir à des instruments externes, ou les dérivés financiers, le trésorier doit tout
d’abord essayer les instruments de couverture de type interne.
En évaluant la gestion de COPAG de ses risques de change, nous avons remarqué qu’elle dispose
des comptes en devise, en euro et en dollar américain, ouverts dans le but de financer ces
importations par ces recettes en devises.
Or, comme c’est déjà mentionné, la coopérative ne profite pas d’une manière optimale de ces
comptes pour réduire son exposition au risque de change transactionnel, ainsi, 34% des
encaissements en euro qui sont utilisées pour couvrir les décaissements dans la même devise, et
c’est pareil pour les recettes en dollar avec un taux de couverture de 24% seulement, alors c’est un
manque à gagner.
La direction financière et administrative doit suivre régulièrement les mouvements des comptes en
devise, dans le but de financer le maximum des importations par ce compte avant de recourir à
d’autres sources de financement, tel que le refinancement en devises ou l’achat des devises au
comptant, alors qu’on dispose des devises non utilisées.
Dans le tableau suivant on mesurera le taux de couverture et la position à risque des comptes en
devises, si 100% des recettes en devises conservé ont été utilisé.
Dépenses 4 214 005,94 2 866 008,79 1 937 590,76 4 296 840,37 13 314 445,87
Comptes en EUR 6 700 554,34 2 724 636,78 1 795 579,76 438 875,13 11 659 646,01
Position ouverte 0,00 141 372,02 142 011,01 3 857 965,24 1 654 799,86
Comme le démontre le tableau en dessus, les 70 % des recettes conservées dans le compte en euro
peuvent assurer une couverture de 87,57% de tous les décaissements effectués durant la compagne
si elles sont utilisées d’une façon efficace et consacrées totalement pour ce but.
Les engagements sont couverts à 100% pendant le 1er trimestre. En fait, et les recettes perçues dans
les trois premiers mois de la compagne excédent les dépenses, car il s’agit de haut de saison,
période durant laquelle la COPAG réalise le maximum de son chiffre d’affaire suite à
l’augmentation des ses ventes des primeurs et des agrumes. Ensuite, nous constatons une faible
diminution pendant les deux trimestres qui suivent, avec un taux de couverture de 95% et 92%
pendant le 2emet le 3em trimestres, et une couverture très faible durant le quatrième trimestre suite
à la dégradation des encaissements reçus par COPAG
La position à risque est seulement de 12,43%. Cette dernière est calculée en effectuant un rapport
entre la position non couverte et la totalité des règlements opérés, ainsi on obtient le montant non
couvert par le compte en devise et sur lequel la coopérative court un risque de change.
Dépenses 11 452 521,57 4 056 180,18 12 580 806,68 5 112 958,65 33 202 467,08
Comptes en EUR 209 368,36 401 805,16 76 645,66 0,00 687 819,17
Position ouverte 11 243 153,22 3 654 375,02 12 504 161,03 5 112 958,65 32 514 647,91
Au contraire des recettes en euro, les encaissements perçus en dollar ne sont pas suffisantes pour
couvrir les engagements de la coopérative. Le taux de couverture durant la compagne est de 2,07%,
et sa position à risque et de 97,93%.
Les recettes en euro reçues dans le quatrième trimestre en euro sont faibles, alors que celle reçues
en dollars sont nulles, ce qui donne une couverture nulle durant ce trimestre.
Nous pouvons dire qu’un suivi des comptes en devises, et surtout en euro permettra à la
coopérative de couvrir ses engagements en euro et réduire son exposition au risque de change.
D’où l’importance d’établir un échéancier regroupant les recettes et les dépenses dans chaque
devise et par échéance, afin de déterminer et mesurer efficacement l’exposition nette de COPAG
avant de faire recours à d’autres instruments de financement ou de couverture des risques de
change transactionnels.
Etant donné l’insuffisante du compte en devise pour se prémunir contre les risques de change, et la
difficulté qu’i d’opter pour d’autre instruments de gestion interne des risques de change, tel que : le
termaillage, le choix de la monnaie de facturation, l’intégration des clauses d’indexation dans les
contrats, car elle risque de transposer le risque sur le partenaire commercial. Le trésorier fait
recours à une panoplie d’instruments de couvertures dites externe.
La réglementation du marché des changes en vigueur au Maroc propose une palette d'instruments
de couverture du risque de change, mais il est malheureux de constater que les entreprises
marocaines n'en aperçoivent pas l'utilité, et par voie de conséquence ne les utilisent pas, c'est
notamment le cas de la grande coopérative COPAG, lieu de notre stage de fin d’étude.
Nous avons jugé utile de présenter les nouveaux outils dont nous sommes convaincus de
l'importance pour COPAG d'intégrer dans "sa boite à outils" pour optimiser sa gestion du risque
de change.
Nombreux ont été les obstacles rencontrés lors de la réalisation de cette partie, le plus important
reste l’absence de coopération et le manque d’information de la part des banques qui ne prêtent
attention qu’aux interlocuteurs institutionnels et société ayant réellement un contrat à proposer et
une transaction effective à couvrir.
Les instruments de couverture retenus sont : les contrats à terme et les options sur devises. Que
nous allons appliquer pour les transactions suivantes :
Fournisseur: X
Marchandise: Emballage de conditionnement
Devise: USD
Montant devise : 423 879,99
Date de commande : 08/08/2012
Date de règlement : 31/10/2012
La COPAG importe des emballages de conditionnement des produits laitiers et des jus de fruits de
son fournisseur X, installé à l’Arabie Saoudite. Ces achats sont régis par des contrats et payées
dans un délai de 90 jours à compter de la date d’expédition de la marchandise.
Le 08 août 2012, le service achat a lancé une commande à son fournisseur d’un montant de
423 879,99 USD, Le cours de change en date de commande est de :
Le règlement est effectué le 31 octobre 2012 par un virement bancaire, avec un cours de change
de :
La couverture par un contrat à terme va permettre de figer le cours de dollars à payer dans 84
jours. Il faut tout d’abord disposer:
Du prix du contrat à terme de 3 mois de la part des banques à travers leurs propositions;
Faire un arbitrage entre les propositions des banques et choisir le taux le plus avantageux
pour l'ODEP pour le remboursement à terme;
Et disposer d'une évolution de l'USD / MAD jusqu'à l'échéance pour se prononcer sur une
éventuelle baisse des prix des contrats à terme.
Ainsi, on obtient :
Cette couverture par un contrat à terme va permettre à COPAG de figer son cours de change à
8,1941 USD quelque soit le niveau atteint par le dollar au 30 octobre 2012, date d’échéance. Le
montant global de la facture est égale à :
Au lieu de :
Cette couverture permettra à la coopérative de connaitre dès la date de son engagement le coût de
son approvisionnement, et dans notre cas de minimiser le montant réglé en payant seulement
3 473 315,026 MAD grâce au contrat à terme au lieu de 3 661 560,13 en position nue, et réaliser
donc, une économie de 188 245,10 M
Or, si le cours à l’échéance est plus avantageux que le cours fixé dans le contrat à terme, la
COPAG ne pourra pas bénéficier d’une évolution favorable des taux de change.
pour se prémunir contre le risque de change, la COPAG peut acheter d’une option Call. Pour ce
faire, il faudrait disposer :
On reprend les mêmes caractéristiques de l’exemple précédent, on obtient les paramètres du call
suivant :
Le point mort est le cours à partir duquel on commence à réaliser des gains, et par conséquence on
exerce notre option.
La prime qui sera verser au moment de la conclusion du contrat quelque soit notre position,
exercer ou non l’option.
Au terme des trois mois, le 31 octobre 2012, le cours de l'USD/MAD se situe à 8,6382, un niveau
plus élevé que celui du Strike (8,1158).
COPAG exerce l'option Call USD et achète ses dollars au cours du Strike (8,1158) ;
Elle paiera au total 3 455 949,799 DH (423 879,99 x 8,1158 + 15 824,576) pour les 423 879,99
USD, plutôt que 3 661 560,13DH (423 879,99 x 8,6382), si elle achetait les dollars au comptant.
Si on suppose que le cours à l’échéance soit inférieur au prix d’exercice 8,1158, il est plus
intéressant d’abandonner l’option et acheter les dollars au comptant, dans ce cas la perte est
limitée au montant de prime remboursée et qui est de 15 824,576 MAD
14
Le montant de la prime est retenu d’un exemple d’option fourni par la banque populaire dans un livret offert
à ses cleints
Montant réglé 3 661 560,13 MAD 3 473 315,026 MAD 3 455 949,799 MAD
La couverture du risque de change permet de figer le cours de change dès le déclenchement d’une
commande, et alors être certain de coût de nos approvisionnements.
La position nue a amené la coopérative à régler son fournisseur par un virement de 3 661 560,13
MAD, et subir une perte de change qui se chiffre de 221 434,91 MAD suite à l’appréciation du
dollar américain.
L’utilisation des options en tant que des instruments de couverture permettent de se prémunir
contre une appréciation du dollar tout en ayant la possibilité de profiter d’une baisse de la devise.
Dans notre cas, par l’achat d’un Call on a constaté un gain de change de 205 610,33 MAD, avec
un décaissement d’une prime de 15 824,576 MAD.
On remarque qu’il n’y a pas de règles générales en matière de couverture contre le risque de
change.
Dernier aspect dans la gestion des risques de change : le contrôle de la procédure. Après avoir
établir une procédure de gestion des risques de change, il est indispensable de réaliser un audit
régulier des opérations de change. Là encore, la direction générale devra définir des critères
d’appréciation de performance dans ce domaine, de même qu’elle s’efforcera de fixer des règles de
jeu claires permettant de réaliser efficacement les opérations de change, dès le déclenchement de
besoin jusqu’au dénouement du risque.
Il n'est pas surprenant de rappeler que la conclusion de ce modeste travail n'est qu'un achèvement
de l'analyse déjà faite tout au long de la réalisation de ce rapport.
Ceci dit, cette analyse est loin d'être immuable ou exhaustive, au contrario, elle est ouverte aux
modifications, aux suggestions des intéressés, et aux rectifications des spécialistes.
Nous nous sommes efforcés à ce que cette conclusion soit ouverte que récapitulative. Ouverte sur
les axes d'amélioration que peuvent apporter les nouvelles donnes dans le domaine de la gestion
du risque de change et qui sont désormais les mots d'ordre en la matière.
En effet, dans un environnement turbulent, versatile et changeant, la COPAG est tenu d'intégrer les
techniques actuelles de couverture dans sa "boite à outils" pour une meilleure couverture du risque
de change, tout en gardant les yeux ouvertes sur les opportunités que peut déceler le marché des
changes marocain et la réglementation en vigueur, en vue d'une optimisation de sa gestion dans ce
domaine.
Avant de faire recours à ces techniques, elle est appelée tout d’abord d’adopter une stratégie de
couverture des risques de change et mettre en place une procédure régissant les opérations de
change depuis le déclenchement du besoin jusqu’au dénouement du risque de change. Cette
procédure permettra une amélioration de la gestion interne des risques de change, et le choix des
instruments financiers adéquats en fonction de la stratégie adoptée.
In fine, l'apophtegme dit "Vaut mieux prévoir et agir que subir et gémir
Patrice FOANTAINE, Marchés des changes, édition Pearson Education France, 2008.
Mémoires et cours
Cours de la gestion financière internationale 4éme année ENCG, assuré par M. BEDRAOUI, 2011-2012
Cours de marché de changes et gestion des risques, 5éme année ENCG, assuré par M. OUBDI, 2012-
2013
Rapport de fin d’étude : Gestion optimale des flux financiers à l’international: cas du FANTASIA »,
2011,2012
Rapport de stage de fin de formation : Gestion du risque de change à la SAMIR et perspectives
d’amélioration des outils de couverture , 2006-2007.
WEBOGRAPHIE
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Circulaire n° 61/DAI/96 du 01 avril 1996 relative au marché des changes telle que modifiée par
les circulaires :
• Dispositions diverses.
A- Dispositions générales
1- Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer sur le marché des changes les opérations en
devises au comptant, à terme et de trésorerie et ce, pour leur propre compte ou pour le compte de
la clientèle.
Aucune restriction n’est imposée quant au choix des devises traitées par les intermédiaires agréés
entre eux et avec la clientèle.
2- Les excédents et besoins en devises des banques peuvent être négociés auprès d’autres
intermédiaires agréés à des taux de change déterminés d’un commun accord entre les parties; ils
peuvent également être traités avec Bank Al-Maghrib.
3- Bank Al-Maghrib affiche en continu, sur les écrans «Reuter», les taux de change applicables aux
opérations d’achat et de vente de devises avec les intermédiaires agréés. Ces taux sont exprimés à
«l’incertain» (montant en dirhams correspondant aux unités des devises cotées).
A partir du 4 janvier 1999, Bank Al-Maghrib ne traitera plus avec les banques intermédiaires
agréés d’opérations de change au comptant et de dépôt dans les monnaies nationales des pays
participant à l’euro.
La nouvelle liste des devises pour lesquelles des cours à l’achat et à la vente seront affichés en
continu sur les écrans «Reuters» et qui pourront faire l’objet de transactions avec Bank Al-Maghrib
à partir de l’entrée en vigueur de l’euro est la suivante : EUR, USD, CAD, GBP, DKK, NOK, SEK,
CHF, JPY, DZD, TND, LYD, MRO, KWD, SAR et AED.
Pendant la période de transition de l’euro qui s’achèvera le 31décembre 2001, Bank Al-Maghrib
continuera à afficher sur les écrans «Reuters», à titre indicatif, les cours des monnaies participant
à l’euro tels qu’ils résulteront de la cotation de l’euro contre dirham et de leurs taux de conversion
fixes respectifs. Ces derniers seront arrêtés par le Conseil Européen le 31 décembre 1998 et seront
communiqués par Bank Al-Maghrib aux banques intermédiaires agréés avant le 4 janvier 1999.
Les transactions au comptant et les opérations de dépôt initiées en 1998 et dont les dates de valeur
ou d’échéance interviennent en 1999 seront dénouées selon les conditions convenues initialement.
Au cas où les banques intermédiaires agréés maintiendraient après le 1er janvier 1999 des avoirs
distincts en monnaies participant à l’euro, les dépôts qu’elles auraient à effectuer à ce titre auprès
de Bank Al-Maghrib devront être initiés et exécutés en euro après conversion.
A partir du 4 janvier 1999, les banques intermédiaires agréés ne traiteront plus entre elles, en règle
générale, les monnaies nationales des pays de la zone euro. Elles sont invitées à apporter dans les
meilleurs délais les adaptations comptables et informatiques requises en vue du respect de cette
disposition.
Dans leurs relations avec la clientèle, pendant la période de transition, les banques doivent laisser
toute latitude à cette dernière d’effectuer en euro ou en monnaies nationales de la zone euro les
opérations au comptant ou à terme. Les titulaires de comptes en monnaies de la zone euro devront
également avoir la possibilité de maintenir ces comptes en ces monnaies ou les convertir en euro à
compter du 4 janvier 1999.
Les avis et états périodiques adressés à la clientèle doivent refléter les choix que celle-ci aura
effectués à cet égard.
Les opérations traitées dans l’une des monnaies nationales en question doivent être effectuées à des
taux de change résultant des cotations de l’euro contre dirhams dans les limites arrêtées par la
circulaire de Bank Al-Maghrib N°61/DAI/96 du 1er avril 1996 et de l’application du taux de
conversion fixe correspondant par rapport à l’euro. Aucune commission n’est à prélever au titre de
cette conversion.
Toutes les autres dispositions des circulaires n° 61/DAI/96 et 473/DAI/97 des 1er avril 1996 et 27
janvier 1997 restent inchangées.
Bank Al-Maghrib se réserve le droit de coter d’autres monnaies étrangères ou de limiter ses
interventions à un nombre plus réduit de devises en fonction, notamment, du volume des opérations
et des possibilités de traitement sur le marché.
Les opérations traitées avec Bank Al-Maghrib sont effectuées en continu de 8 h 30 à 15 h 30.
4- Toutes les opérations au comptant s’effectuent normalement valeur deux jours ouvrables. Les
intermédiaires agréés peuvent également convenir de dates de règlement en valeur décalée (valeur
jour ou lendemain).
Le non respect de la date de valeur par l’une des parties donne droit à la contrepartie d’exiger, en
compensation, des intérêts de retard.
5- Toutes les opérations traitées sur le marché des changes doivent faire l’objet de confirmation
immédiate par échange entre les deux parties de messages télex ou SWIFT reprenant toutes les
informations y relatives (montant, taux, date de valeur, date d’échéance, nom du correspondant..).
(Complété par les circulaires n°8/DTGR/04 du 16 janvier 2004 relative à la couverture des risques
sur produits de base et n°3/DOMC/2005 du 3 août 2005 relative aux opérations d’options de
change)
1- Opérations au comptant
a- Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer, aussi bien pour leur propre compte que
pour le compte de la clientèle, les opérations au comptant suivantes :
Bank Al-Maghrib se réserve le droit de ne pas se porter contrepartie à des opérations d’achat ou de
vente de devises contre devises.
2- Les taux de change applicables à ces opérations sont négociés librement entre les parties.
4- Toute opération d’achat ou de vente de devises contre devises auprès d’une banque étrangère
pour un montant supérieur à l’équivalent de 5 millions de dirhams doit être déclarée à Bank Al-
Maghrib quotidiennement sur un état dont le modèle est repris en Annexe.
Les établissements bancaires dont le siège central est à Casablanca doivent remettre l’état susvisé
à la Succursale de Bank Al-Maghrib de cette place le jour de traitement des opérations, à 18 heures
au plus tard. Les autres établissements bancaires doivent déposer cet état, dans les mêmes délais,
auprès de la Direction des Affaires Internationales de Bank Al-Maghrib à Rabat.
b- Les intermédiaires agréés déterminent les taux de change applicables aux opérations en
[Link] DES TEXTES LÉGISLATIFS ET RÉGLEMENTAIRES RÉGISSANT L’ACTIVITÉ
DES ÉTABLISSEMENTS DE CRÉDIT ET ORGANISMES ASSIMILÉS 473
Les cours plancher et plafond pouvant être offerts par les intermédiaires agréés à leur clientèle
correspondent aux cours affichés par Bank Al-Maghrib ajustés de la commission de 1 ‰.
c- Les opérations au comptant traitées auprès de Bank Al-Maghrib doivent être d’un montant
minimum équivalent à un million de DH.
d- Les intermédiaires agréés affichent, à titre indicatif, les cours acheteurs et vendeurs des devises.
2- OPÉRATIONS A TERME
3- OPÉRATIONS DE SWAP
La présente lettre circulaire a pour objet de préciser les modalités d’application de la circulaire de
l’Office des Changes n°1723 du 1er août 2007 relative à la couverture contre le risque de change.
1- Opérations a terme :
Les opérations à terme devises contre dirhams ou devises contre devises effectuées par les
intermédiaires agréés portent sur des durées librement négociées entre les parties.
Bank Al-Maghrib n’affiche pas de taux de change à terme et ne se porte pas contrepartie à ces
opérations.
2- Opérations de swap
Les caractéristiques des contrats de swap devises contre dirhams ou devises contre devises conclus
par les intermédiaires agréés sont librement négociées entre les parties et doivent être conformes
aux dispositions édictées par l’ISDA (International Swap and Derivatives Association) ou la FBF
(Fédération Bancaire Française).
Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer des opérations de swap entre eux et avec leur
clientèle.
4- Opérations de dépôts
(Complété par la circulaire n° 134/DOMC/07 du 08 août 2007 relative aux dépôts et placements en
devises à l’étranger)
a- Les intermédiaires agréés peuvent effectuer, entre eux et avec la clientèle, les opérations de
dépôt à échéance fixe dont la maturité et la rémunération sont fixées d’un commun accord par les
contractants.474
b- Les intermédiaires agréés peuvent également constituer des dépôts auprès de Bank Al-Maghrib
aux conditions précisées dans la section III de la présente circulaire.
Annexes 2
Circulaire de Bank Al-Maghrib n° 3/DOMC/2005 du 03 août 2005 relative aux opérations d’options
de change
La présente circulaire a pour objet de préciser les modalités d’application de la circulaire de l’Office
des Changes n° 1702 aux banques intermédiaires agréés du 1er juin 2004 – 12 Rabii II 1425 relative
à la « Couverture contre le risque de change : le système des options de change. »
Seuls les intermédiaires agréés peuvent traiter des options de change au profit des opérateurs
économiques résidents pour la couverture de leurs opérations commerciales ou de financement
extérieur et ce, dans le respect de la réglementation en vigueur.
Article 2
Pour la pratique de l’activité relative aux options de change, les intermédiaires agréés sont tenus de
se conformer strictement aux dispositions de la circulaire n°6/G/2001 relative au contrôle interne
des établissements de crédit.
Ils doivent justifier de leur capacité à pratiquer cette activité en se dotant de l’organisation et des
ressources nécessaires. Dans ce cadre, ils doivent communiquer à la Direction des Opérations
Monétaires et des Changes (DOMC), avant fin mars de chaque année, un rapport retraçant
notamment les modalités de traitement des options de change, le modèle utilisé pour leur couverture
et leur réévaluation ainsi que le dispositif de gestion des risques inhérents à ces opérations.
Article 3
Les opérations sur options sont traitées dans le cadre d’un contrat cadre (type ISDA), signé entre
l’intermédiaire agréé et l’opérateur économique, décrivant les engagements de chacune des deux
parties.
Une copie de ce contrat cadre, ainsi que toutes les modifications ultérieures y afférentes doivent être
communiquées à la DOMC.
Article 4
Les options de change autorisées sont les options standard de type européen dites «vanille», dont
l’échéance maximale ne peut dépasser un an. Les devises couvertes sont l’Euro et l’US Dollar.
Article 5
Les intermédiaires agréés peuvent proposer dans le cadre d’une même opération commerciale ou de
financement extérieur, une option de change ou une combinaison d’options de change.
En cas de rachat d’options de change, les intermédiaires agréés doivent s’assurer que celles-ci sont
adossées à des opérations commerciales ou de financement extérieur et qu’elles n’ont pas fait
l’objet d’autres opérations de rachat.
Article 6
Les intermédiaires agréés peuvent acheter ou vendre, entre eux, des options devises contre devises
ou devises contre dirhams, exclusivement en vue de couvrir les risques afférents à la vente
d’options de change sur le marché marocain.486
Quand il s’agit des options devises contre devises, les intermédiaires agréés peuvent, le cas échéant,
recourir au marché international.
Article 7
Optimisation de la gestion des risques de change 93
Les primes relatives aux options de change doivent être réglées et comptabilisées au moment de la
souscription des contrats, conformément à la réglementation en vigueur.
Article 8
Les intermédiaires agréés doivent s’efforcer de gérer leurs positions nettes d’options de change
selon l’approche delta neutre.
Ils doivent mettre en place des limites sur les indicateurs de risque Delta (sensibilité de la valeur de
l’option aux variations du sous-jacent), Gamma (sensibilité du delta par rapport aux variations du
cours de la devise) et Vega (sensibilité de la prime par rapport à la volatilité).
Les intermédiaires agréés sont tenus d’évaluer leur exposition sur ces instruments en cas
d’évolutions non usuelles (mesure de stress-testing) des facteurs de détermination du prix des
options de change.
Dans ce cadre, il est recommandé de retenir des hypothèses correspondant aux variations des cours
de change (+/- 10%), de la volatilité (+/- 5%) et de taux d’intérêt devise et dirham (+ 200 points de
base).
Article 9
Les intermédiaires agréés sont tenus de communiquer à la DOMC chaque lundi avant midi, les états
quotidiens de la semaine précédente conformément aux modèles en annexes I, II et III.
Ces états doivent être établis sur la base de la réévaluation de leur portefeuille de transaction et de
couverture d’options de change chaque vendredi à 14 heures.
Les modalités de transmission sur support magnétique seront définies et communiquées par la
DOMC.
Guide d’entretien
1. Quelles sont les principales unités pour lesquelles vous engagez des dépenses en
devises ?
La laiterie car elle constitue notre activité stratégique, unité AALF pour laquelle on
s’approvisionne en matière premières agricoles nécessaires pour la fabrication des aliments
de bétails livrés à nos adhérents.
Pour les deux, mais les investissements représentent seulement 10% du total des
importations
Les importations sont financés soit par le compte courant des associés ou les par les recettes
perçues en devises, ou par des refinancements des banques en devises.
4. Est-ce que ces importations sont toutes régies par des contrats d’achats ?
Oui, mais il y a d’autres qui ne sont pas régie par des contrats.
6. Est-ce que vous pouvez imposer quelques clauses de ces contrats tels que le mode de
règlement, le délai et la monnaie de facturation visant à réduire votre exposition au risque
de change?
7. Est-ce que vous prenez en considération l’évolution des cours de change dans vos
approvisionnements ?
Non
8. Dans le cas du règlement de vos importations par virement bancaire, est ce que vous
consultez toutes les banques pour négocier le cours de change le plus bas?
10. Est que vous adoptez une stratégie pour la gestion des risques de change ?
Non pour l’instant, mais en pense adopter une stratégie pour minimiser les pertes de change.
11. Quelles sont les causes de la non gestion des risques de change ?
Manque des ressources humaines capables de gérer efficacement les risques de change
12. Disposez-vous d’un service qui se charge de l’organisation, le traitement et le stockage
des informations relatives aux flux de devise ?
Non
13. Il existe des techniques internes de gestion des risques de changes tel que le termaillage,
le choix de la monnaie de facturation, clauses d’indexation, l’ouverture d’un compte en
devises, est ce que vous les pratiquez ?
Non, sauf qu’on dispose d’un compte en devise dans lequel sont transférées les 70% des
recettes perçues en contre partie des exportations des agrumes et des primeurs.
14. Pourquoi vous avez choisi l’ouverture d’un compte en devise en tant que technique de
couverture ?
Ce compte nous permet d’éviter le risque de change suite à la vente des devises reçues, et de
financer une partie des importations, surtout en euro.
15. Avez-vous déjà essayez des instruments financiers de couverture des risques de
change ?
Non
Remerciements
Avant propos
Sommaire ................................................................................................................................... 4
Introduction ................................................................................................................................ 6
Chapitre I : le marché de change : risques de change et instruments de couverture ................ 10
Section 1 : le marché du change ........................................................................................... 11
Les intervenants .................................................................................................................... 12
Les cotations des devises .............................................................................................. 13
Les composants des marchés de change....................................................................... 14
1. Le marché de change au comptant ................................................................... 14
2. Le marché de change à terme ........................................................................... 14
3. Le marché du dépôt .......................................................................................... 16
Section 2 : le risque du change ............................................................................................. 16
Définition des risques de change ........................................................................................ 16
Les types des risques de change ......................................................................................... 17
1. Le risque de consolidation ................................................................................ 17
2. Le risque de consolidation ................................................................................ 17
3. Le risque de consolidation ................................................................................ 17
Section 3 : La gestion du risque des changes ...................................................................... 18
Identification du types des risques de change ................................................................... 18
1. Typologie .................................................................................................................. 19
2. La nature ................................................................................................................. 19
La prévision de la fluctuation des cours de change .......................................................... 20
1. L’analyse fondamentale ................................................................................... 21
2. L’analyse technique ou graphique .................................................................... 21
Les stratégies de couverture ....................................................................................... 21
1. Les clés du succès d’une stratégie de couverture ............................................ 23
2. La non-couverture des risques de change ......................................................... 24
3. La couverture sélective .................................................................................... 24