MP1 Devoir surveillé 1 - Corrigé 2023 - 2024
Problème I
1) a) La fonction fα est impaire et dérivable de dérivée fα0 : x 7→ α − 3x2 .
Sur [0, α3 ], fα est continue et sa dérivée est strictement positive sur l’intervalle
p
ouvert, donc fα est strictement continue sur l’intervalle fermé (segment).
De même sur [ α3 , +∞[, d’où par imparité :
p
fα est strictement croissante sur [− α3 , α3 ].
p p
fα est strictement décroissante sur ] − ∞, − α3 ] et sur [ α3 , +∞[.
p p
− α3
p pα
x −∞ 3 +∞
fα0 (x) − 0 + 0 −
+∞ 2α
pα
fα (x) 3 3
− 2α
pα
3 3 −∞
b) Pour un réel x, gα (x) = x((α − 1) − x2 ).
Si α 6 1, gα (x) est du signe opposé à x (au sens strict).
Si α > 1, son signe est donné par le tableau suivant :
√ √
x −∞ − α−1 0 α−1 ∞
x − − 0 + + .
2
(α − 1) − x − 0 + + 0 −
gα (x) + 0 − 0 + 0 −
2) a) Pour α = 1/2, on obtient la figure suivante :
√ √
b) Soit x ∈]0, α[. Comme fα s’annule en 0 et en α, croı̂t strictement sur [0, α3 ]
p
et décroı̂t strictement sur [ α3 , ∞[, on a 0 < fα (x).
p
√
Or gα est strictement négative sur R∗+ donc fα (x) < x < α.
√ √ √
Ainsi fα (]0, α[) ⊂]0, α[ et par récurrence, on a ∀n ∈ N un ∈]0, α[.
√
c) Comme gα est strictement négative sur ]0, α[, on a
∀n ∈ N un+1 − un = gα (un ) < 0
donc la suite (un ) est strictement décroissante.
d) La suite (un ) étant décroissante et minorée par 0, elle converge vers une limite
` > 0.
un+1 → ` (suite extraite) et un+1 → fα (`) par continuité de fα .
n→+∞ n→+∞
Par unicité de la limite, ` = fα (`) donc gα s’annule en `. Or le seul zéro de gα
est 0 donc ` = 0.
√
3) a) Soit x ∈ [0, α], on a montré ci-dessus, que f (x) > 0. De plus, f (x) = αx−x3 6
αx car x3 > 0.
On√en déduit alors que pour √ tout n ∈ N un+1 = αun − u3n 6 αun car un ∈
[0, α] puisque l’intervalle [0, α] est stable par fα .
On en déduit par récurrence que 0 < un 6 αn u0 pour tout n ∈ N.
1/8
b) Par comparaison avec la série géométrique convergente
P de raison α ∈]0, 1[ et
par positivité des termes des deux séries, la série (un )n>0 est convergente.
c) Comme (un ) tend vers 0, u3n = un ×u2n est négligeable devant un (et donc devant
αun car α 6= 0). On en déduit que
un+1 = αun − u3n = αun + o(un ) ∼ αun .
P
d) La série αun est à terme positive et convergente et un+1 ∼ αun donc, par
sommation des équivalents (cas des séries convergentes)
∞
X ∞
X
uk+1 ∼ αuk
k=n k=n
c’est-à-dire ∞
X
Rn = uk ∼ αRn−1 .
k=n+1
e) Ainsi, en remarquant que Rn−1 = Rn + un on obtient que
Rn = αRn−1 + o(Rn ) = α(Rn + un ) + o(Rn ).
Cela implique que
(1 − α)Rn = αun + o(Rn ).
α
De ce fait, (1 − α)Rn ∼ αun car 1 − α 6= 0 et donc Rn ∼ u .
1−α n
f) i) On a
αuk−1 − u3k−1
ln uk − ln uk−1 − ln α = ln
αuk−1
u2k−1
= ln 1 −
α
2
u
∼ − k−1
α
Or, d’après la question 3.a,
u2k−1 (u0 αk−1 )2 u2
06 6 = 03 α2k ,
α α α
u2k−1
donc − α
= O(α2k ) et donc,
ln uk − ln uk−1 − ln α = O(α2k )
ii) Comme la série à termes positifs ((α2 )k ) converge comme série géométrique
P
de raison α2 de module strictement inférieur à 1.
P
Donc la série (ln uk − ln uk−1 − ln α)k>1 converge également. Notant S sa
somme, on a
n
X
ln un − ln u0 − n ln α = (ln uk − ln uk−1 − ln α) = S − o(1)
k=1
d’où
ln un = n ln α + K + o(1)
avec K = S + ln u0 .
2/8
iii) Il suffit de prendre l’exponentielle :
un = eln un
= eK αn eo(1)
∼ Cαn
où C = eK .
iv) Par le théorème de sommation des équivalents dans le cas de séries équivalentes
à termes positifs, il vient
∞
X αn+1
Rn ∼ Cαk = C
k=n+1
1−α
α α
v) On a ainsi Rn ∼ 1−α
Cαn ∼ u .
1−α n
4) a)
1 1 1
− = ((1 − u2n )−β − 1)
uβn+1 uβn uβn
1
= (1 + βu2n + o(u2n ) − 1)
uβn
∼ βun2−β
1 1
Choisissant β = 2, on a u2n+1
− u2n
∼ 2 (c’est-à-dire tend vers 2).
b) Par sommation des équivalents,
n−1 n−1
X 1 1 X
− 2 ∼ 2
u2
k=0 k+1
uk k=0
1 1 2
c’est-à-dire u2n
− u0
∼ 2n
1
d’où u2n
∼ 2n car u12 = O(1) = o(n)
0
et comme un = q1 (car un > 0), on obtient
1
u2
n
1
un ∼ √
2n
P
Par comparaison avec les séries de Riemann, un diverge.
c)
1 1 1
− − 2 = ((1 − u2n )−2 − 1) − 2
u2n+1 2
un un2
1 (−2)(−3) 4
= 2 (1 + 2u2n + un + o(u4n ) − 1) − 2
un 2
3 3
∼ 3u2n ∼ ∼
2n 2(n + 1)
d) Par sommation des équivalents, il vient
n−1
1 1 X 3 3
2
− 2
− 2n ∼ ∼ ln n
un u0 k=0
2(k + 1) 2
et ainsi
1 3
2
= 2n + ln n + o(ln n)
un 2
1 3 ln n ln n −1/2 1 3 ln n ln n
un = √ (1 + + o( )) = √ − √ 3/2 + o( 3/2 )
2n 4 n n 2n 8 2 n n
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Problème II
Partie I - Préliminaires et cas où α > 1.
1) On suppose que α > 1. On a alors
√
sin(π n) 1
06 α
6 α.
n n
X 1
Maintenant, comme α > 1, la série converge (série de Riemann) et par
nα
X sin(π √n)
comparaison pour les séries à termes positifs, la série converge
√ nα
X sin(π n)
aussi. On en déduit que la série est absolument convergente donc
n>1
nα
convergente.
Partie II - Cas où α appartient à ] 21 , 1].
On suppose dans cette partie que 12 < α 6 1. On définit la fonction φ définie sur [1, ∞[
√
sin(π t)
par t 7→ .
tα √ Z n+1
∗ sin(π n)
Pour tout n ∈ N , on pose un = φ(n) = et vn = φ(t)dt.
nα n
√ √
2) On pose le changement de variable y = t. La fonction t 7→ t est bien de classe
√ 1
C 1 et strictement croissante de [1, x] dans [1, x]. On a de plus, dy = √ dt.
2 t
C’est-à-dire, dt = 2ydy. On obtient alors
Z x √ Z √x Z √x
sin(π t) sin(πy) sin(πy)
α
dt = 2 α
× 2ydy = 2 dy.
1 t 1 (y ) 1 y 2α−1
Z p+1
sin(πy)
3) On pose wp = dy.
p y 2α−1
a) On effectue cette fois le changement de variables affine y = p + s. On a dy = ds.
On en déduit que
Z 1 Z 1
sin(π(p + s)) p sin(πs)
wp = ds = (−1) ds.
0 (p + s)2α−1 0 (p + s)
2α−1
En effet, sin(pπ + sπ) = (−1)p sin(πs).
X
b) Nous allons montrer que la série wp relève du théorème des séries alternées.
p>1
Z 1
sin(πs)
— Pour tout p > 1, 2α−1
ds est positive comme intégrale d’une fonc-
0 (p + s)
tion positive. De ce fait, wp wp+1 6 0.
— Soit p > 1,
Z 1 Z 1
| sin(πs)| 1 1
|wp | 6 2α−1
ds 6 2α−1
ds 6
0 (p + s) 0 (p + s) p2α−1
1
car, 2α − 1 étant positif, s 7→ est décroissante sur [0, 1]. On en
(p + s)2α−1
déduit que lim(wp ) = 0.
4/8
— Pour finir, montrons que (|wp |) est décroissante, on voit que
Z 1
sin(πs) sin(πs)
|wp | − |wp+1 | = − ds.
0 (p + s)2α−1 (p + 1 + s)2α−1
1 1
Or, pour tout s ∈ [0, 1], − > 0. On en déduit
(p + s)2α−1 (p + 1 + s)2α−1
que |wp | − |wp+1 | >X0 et donc que (|wp |) est décroissante.
Finalement, la série wp vérifie les hypothèses du théorème des séries al-
p>1
ternées donc la série converge.
4) a) Soit X un réel positif,
Z X Z X
sin(πy) 1 X − bXc 1
2α−1
dy 6 2α−1
dy 6 2α−1
6
bXc y bXc y bXc bXc2α−1
1
L’avant-dernière inégalité vient du fait que la fonction y 7→ y 2α−1
est décroissante.
b) Comme bXc tend vers +∞ quand X tend vers +∞ et que 2α − 1 > 0, alors
on obtient bien que
Z X
sin(πy)
2α−1
dy → 0 quand X tend vers +∞.
bXc y
c) Soit X ∈ R+ , on a
Z X Z bXc Z X bXc−1 Z X
sin(πy) sin(πy) sin(πy) X
dy = dy + dy = wp + φ(t)dt.
1 y 2α−1 1 y 2α−1 bXc y 2α−1 p=1 bXc
Maintenant,
X quand X tend vers +∞, la série tend vers la somme de la série
wp et le terme de droite tend vers 0 d’après la question précédente. Finale-
ment Z X +∞
sin(πy) X
lim dy = wp .
X→+∞ 1 y 2α−1 p=1
d) On calcule les sommes partielles. Pour n > 1,
n Z n+1 √
Z n
X sin(πy)
vk = φ(t)dt = 2 dy
k=1 1 1 y 2α−1
d’après la question 2. En faisant tendre vers +∞, ces termes convergent vers
+∞
X X
wp . On en déduit que la série vn converge.
p=1 n>1
5) a) Pour tout t ∈ [1, +∞[,
π
√ α
√
2
cos(π t) − √
t
sin(π t)
φ0 (t) = 1 .
tα+ 2
On en déduit que |φ0 (t)| 6 K
1 en posant K = π
2
+ α.
tα+ 2
b) Soit a et b deux réels tels que 1 6 a 6 b, la fonction φ est dérivable sur [a, b].
On peut donc appliquer l’égalité des accroissements finis. Il existe c ∈]a, b[ tel
que
K(b − a) K(b − a)
|φ(b) − φ(a)| = (b − a)|φ0 (c)| 6 α+ 12
6 1
c aα+ 2
5/8
c) Pour tout n ∈ N∗ ,
Z n+1 Z n+1 Z n+1
|un −vn | = φ(n) − φ(t)dt = (φ(n) − φ(t))dt 6 |φ(n)−φ(t)|dt.
n n n
K
Or, d’après la question précédente, pour tout t ∈ [n, n + 1], |φ(n) − φ(t)| 6 α+ 1
n 2
donc,
K
|un − vn | 6 α+ 1 .
n 2
6) Pour tout entier n, un = vn + (un − vn ).
P
On a déjà vu, à la question 4.d queP la série vn convergeait. Maintenant, comme
1 1 K
α > 2 , α + 2 > 1 et donc la série 1 converge. Par comparaison de séries à
nα+ 2 P
termes positifs, on déduitP que la question ci-dessus que la série |un −vn | converge.
Cela signifie que la série un − vn est absolument convergente donc convergente.
X
Par linéarité, la série un converge.
n>1
1
Partie III - Cas où α = 2
.
On suppose, dans cette partie, que α = 12 .
√
7) a) 1 + u = (1 + u)1/2 = 1 + 21 u + Ou→0 (u2 ).
2
eu = 1 + u + u2 + Ou→0 (u3 ) (dans la suite, on fera tendre u vers zéro par valeurs
complexes)
b)
√ √ √ √ √
eiπ n+1
− eiπ n
= eiπ n
eiπ( n+1− n)
−1
√ √ √ 1
iπ n iπ n( 1+ n −1)
= e e −1
√ √ 1 1
= eiπ n eiπ n( 2n +O( n2 )) − 1
√ 1 1
= eiπ n ehn − 1 avec hn = iπ( √ + O( 3/2 ))
2 n n
√ 2
h
= eiπ n hn + n + O(h3n ) car hn → 0
2 n→∞
√ 1 1 1 1 1 1
= eiπ n iπ( √ + O( 3/2 )) + (−π 2 )( + O( 3/2 )) + O( 3/2 )
2 n n 2 4n n n
1 1
( car hn = O( √ ) donc O(h3n ) = O( 3/2 )
n n
√ iπ 2
π 1
= eiπ n √ − + O( 3/2 )
2 n 8n n
√
car eiπ n
= O(1)
c) En égalant les parties réelles on obtient
√ √ √ −π 2 √ π 1
cos(π n + 1) − cos(π n) = cos(π n). − sin(π n). √ + O( 3/2 )
8n 2 n n
et ainsi :
√ √
sin(π n) 2 √ √ π cos(π n)
√ = cos(π n + 1) − cos(π n) − + βn
n π 4n
1
où βn = O( n3/2 ).
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8) a) γ(2n)2 = cos(2πn) → 1 et γ(2n+1)2 = cos((2n + 1)π) → −1 6= 1. Donc la suite
n→∞ n→∞
(γn ) diverge car sinon, toutes ses suites extraites convergerait vers sa limite.
b) Pour n ∈ N∗ , on obtient par télescopage :
n √ n √ n
X sin(π k) 2 √ π X cos(π k) X
√ = (cos(π n + 1 − cos π) − + wk
k=1
k π 4 k=1 k k=1
1
avec wk = 0( k3/2 ). La série de terme général wk converge absolument car la
1
série de terme général k3/2 converge et ses termes sont positifs.
Donc la suite de terme général nk=1 wk converge.
P
√
On a admis que la suite de terme général nk=1 cos(πk k) convergeait.
P
n √
X sin(π k)
Donc la suite de terme général √ diverge, car sinon la suite (αn+1 )
k=1
k
convergerait comme combinaison linéaire de suites convergentes.
√
X sin(π k)
Ainsi la série √ diverge.
k>1
k
Partie IV - Cas α < 21 .
9) Pour tout entier n non nul,
√ √
sin(π n) α− 12 sin(π n) 1
√ =n α
= nα− 2 (Sn − Sn−1 ).
n n
10) Soit N > 2. On effectue une transformation d’Abel :
N √ N N
X sin(π n) X
α− 12
X 1
√ = n Sn − nα− 2 Sn−1
n=1
n n=1 n=1
N N −1
α− 12 1
X X
= n Sn − (k + 1)α− 2 Sk par le changement d’indice n = k + 1 ⇔ k =
n=1 k=0
N N
X
1 1 1
X
= nα− 2 Sn − (k + 1)α− 2 Sk − (N + 1)α− 2 SN +1
n=1 k=0
N
α− 21 α− 21 1
X
= Sn n − (n + 1) + SN (N + 1)α− 2 . car S0 = 0
n=1
11) a) Par hypothèse de l’énoncé (qui va finir par se montrer contradictoire) la suite
(Sn ) converge donc est bornée.
b) Par la question précédente, il existe M ∈ R+ tel que ∀n ∈ N, |Sn | 6 M .
Pour tout N ∈ N∗ ,
N N
1 1 1 1
X X
|Sn nα− 2 − (n + 1)α− 2 | 6 M nα− 2 − (n + 1)α− 2
n=1 n=1
N
α− 12 α− 21 1 1
X
= M n − (n + 1) car nα− 2 − (n + 1)α− 2 > 0
n=1
α− 12
= M 1 − (N + 1) par télescopage
6 M
7/8
X 1 1
Ainsi la série à termes positifs Sn nα− 2 − (n + 1)α− 2 converge car la
n>1
suite des ses sommes partielles est majorée.
α− 21 α− 12
X
Donc la série Sn n − (n + 1) converge absolument, donc converge.
n>1
α− 12 1
c) (N + 1) SN → 0 car (N + 1)α− 2 → 0 et (SN )N ∈N∗ est bornée.
N →∞ N →∞
X sin(π √n)
Donc la série √ converge puisque la suite de ses sommes partielles
n>1
n
est somme de deux suites convergentes.
12) Le résultat obtenu à la question précédente est en contradiction avec celui de la
partie précédente.
X sin(π √n)
Donc la série α
diverge.
n>1
n
8/8