MP1 Devoir surveillé 2 2023 - 2024
Calculatrices interdites. Les deux problèmes sont indépendants.
Problème 1
Partie I
Soient a, b deux nombres réels strictement positifs, on considère les suites (an ) et (bn )
définies par
a0 = a b 0 = b √
∀n ∈ N an+1 = an bn
bn+1 = an +b n
2
1) Que dire des suites (an ) et (bn ) si a = b ?
2) Montrer que si (x, y) ∈ (R+∗ )2 , on a
√ x+y
xy 6
2
3) Démontrer que les suites (an ) et (bn ) sont monotones à partir du rang 1, puis qu’elles
sont bornées.
4) Montrer que (an ) et (bn ) convergent vers une même limite strictement positive.
On notera M (a, b) la limite commune aux suites (an ) et (bn ).
On définira la fonction f sur R+∗ par f (x) = M (1, x).
5) Soit λ ∈ R+∗ , exprimer en fonction de λ et M (a, b) les quantités suivantes :
M (b, a) et M (λa, λb)
b
6) Justifier que M (a, b) = af a
.
Partie II
Pour a, b deux nombres réels strictement positifs, on considère les intégrales
Z +∞ Z +∞
dt dt
I(a, b) = p et J(a, b) = p
2 2 2 2
(a + t )(b + t ) (a + t2 )(b2 + t2 )
2
0 −∞
7) Justifier que les intégrales I(a, b) et J(a, b) convergent, puis que J(a, b) = 2I(a, b).
1 ab
8) En effectuant le changement de variable t = s− , montrer que
2 s
a+b √
J , ab = 2I(a, b)
2
9) Montrer que
∀n ∈ N, I(an , bn ) = I(a, b)
10) a) Montrer que lim I(an , bn ) = I(M (a, b), M (a, b)).
n→+∞
On pourra, pour tout entier naturel n, considérer les fonctions fn définies sur
1
R+∗ par fn : x 7→ p .
(an + t2 )(b2n + t2 )
2
1/4
b) En déduire que
I(M (a, b), M (a, b)) = I(a, b)
11) Conclure que
π
M (a, b) =
2I(a, b)
Partie III
x
12) On fixe x > 0. En effectuant le changement de variable t = , montrer que
s
√
Z x
1
I(1, x) = 2 √ √ dt
0 1 + t2 x2 + t2
√ √
Z x Z x
1 1
13) Montrer que I(1, x) − 2 √ dt est négligeable devant 2 √ dt
0 x + t2
2
0 x + t2
2
quand x tend vers 0+ .
√
√ x
Z
1
14) Dériver t 7→ ln(t+ 1 + t2 ) et en déduire une expression réduite pour √ dt.
0 x2 + t2
15) Déterminer un équivalent simple de I(1, x) en x = 0+ et en déduire que
π
f (x) ∼ + −
x→0 2 ln(x)
1
16) Pour x > 0, déterminer une relation simple entre x, f (x) et f x
et en déduire que
πx
f (x) ∼
x→+∞ 2 ln(x)
Partie IV
17) Soit x > 0, montrer que
√
2 2 x
I(1, x) = I 1,
1+x 1+x
√
2 wn
18) On définit la suite (wn ) par w0 = x et wn+1 = .
1 + wn
a) Montrer que la suite (wn ) converge vers 1.
b) Montrer que
n
Y 2
∀n ∈ N, I(1, x) = I(1, wn+1 )
k=0
1 + wk
c) Soit la suite (pn ) définie par
n
Y 1 + wk
pn =
k=0
2
Montrer que la suite (pn ) converge vers une limite ` non nulle, puis exprimer
de manière simple I(1, x)`.
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Problème 2
Dans ce problème n désignera un entier strictement positif.
Soit f est un endomorphisme d’un C-espace vectoriel de dimension finie E, χf désignera
son polynôme caractéristique, pour tout scalaire λ, Eλ (f ) désignera Ker(f − λidE ) et
Sp(f ) désignera son spectre.
De même, si A ∈ Mn (C), χA désignera son polynôme caractéristique, pour tout scalaire
λ, Eλ (A) désignera Ker(A − λIn ) et Sp(A) désignera son spectre.
Pour toutes matrices A, B de Mn (C), on note hA,B l’endomorphisme de Mn (C) défini par
:
∀ M ∈ Mn (C) , hA,B (M ) = AM − M B
Partie I : Un exemple
Soit A0 et B0 les matrices de M2 (C) données par :
0 2 2 2
A0 = , B0 =
−1 3 −1 −1
On considère la base B = (E11 , E12 , E21 , E22 ) de M2 (C) et on note H0 la matrice de
l’endomorphisme ϕ = hA0 ,B0 dans cette base.
1) Déterminer Sp(A0 ) et Sp(B0 ).
2) Déterminer H0 puis Sp(H0 ). On pourra admettre que χH0 = X 4 − 4X 3 + 5X 2 − 2X.
n o
Vérifier que Sp(H0 ) = a − b/(a, b) ∈ Sp(A0 ) × Sp(B0 ) .
3) Montrer que A0 et B0 sont diagonalisables dans M2 (C).
4) La matrice H0 est-elle diagonalisable ?
Partie II : étude du cas général
Dans la suite du problème, A et B sont quelconques dans Mn (C). On se propose
d’étudier les liens existant entre la diagonalisabilité de A et B et celle de hA,B
5) Montrer que B et sa transposée B T ont même polynôme caractéristique (question
de cours). Que peut-on en conclure au niveau des spectres ?
2
6) Soit a ∈ Sp(A) et b ∈ Sp(B) = Sp(B T ). On fixe (V, W ) ∈ Mn,1 (C)\{0Mn,1 (C) }
tels que A V = a V et B T W = b W .
v1 w1
a) Expliciter les coefficients de V W T en posant V = ... et W = ... .
vn wn
T
En déduire que V W 6= 0Mn (C)
b) Montrer que V W T est un vecteur propre de hA,B .
n
c) En déduire une inclusion entre les ensembles Sp(hA,B ) et a − b/(a, b) ∈
o
Sp(A) × Sp(B) .
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7) Soient (Vi )i∈[[1,n]] et (Wi )i∈[[1,n]] deux bases de Mn,1 (C).
On note P et Q les matrices dont les colonnes sont respectivement (V1 , V2 , · · · , Vn )
et (W1 , W2 , · · · , Wn ).
Montrer que pour tout i, j ∈ [ 1, n]], Vi WjT = P Ei,j QT ((Ei,j )(i,j)∈[[1,n]]2 désigne la
base canonique de Mn (C)).
En déduire que la famille de (Vi WjT )(i,j)∈[[1,n]]2 est une base de Mn (C).
8) Déduire des questions 6) et 7) que si A et B sont diagonalisables dans Mn (C), alors
hA,B est diagonalisable.
9) a) Soit (Pij )(i,j)∈[[1,n]]2 une base de Mn (C) et X ∈ Mn,1 (C) avec X 6= 0.
Montrer que la famille (Pij X)(i,j)∈[[1,n]]2 est une famille génératrice de Mn,1 (C).
b) Soit A ∈ Mn (C). On note hA = hA,A . On suppose que hA est diagonalisable.
En appliquant la question précédente à une base de vecteurs propres (Pij )(i,j)∈[[1,n]]2
de hA et à un vecteur propre X de A dont on justifiera l’existence, montrer
que A est diagonalisable.
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