DROIT
BACHELOR INGENIERIE & CYBER SECURITE
1ère Année
Jean-Philippe BRESSON
2024-2025
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- PARTIE 1 -
PRINCIPES FONDAMENTAUX DU DROIT ET
LEUR APPLICATION A L’INFORMATIQUE
1.1 ROLE ET PRINCIPE DU DROIT :
LE DROIT COMME OUTIL DE REGULATION
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I. - LES CONTOURS DU DROIT EN GENERAL
A. - DU « DROIT » AUX « DROITS »
Appliquer une totale liberté, quelque soit le contexte, conduirait à créer une situation générale où il n’y aurait
pas de responsabilité.
Le risque serait que soit appliquée la loi « du plus fort ».
Le droit vient palier à cette situation en permettant la mise en place d’un ensemble de
règles de conduite qui gouvernent les différentes relations entre les personnes
physiques et/ou les personnes morales, et qui s’imposent à elles par la contrainte de
l’Etat.
« Le droit » recouvre les règles de conduite qui sont nécessaires pour ordonner / organiser les conduites
de ceux qui vivent ensemble. Ces règles sont rassemblées, concrétisées dans plusieurs grandes branches :
* le droit civil ;
* le droit du travail ;
* le droit des affaires, le droit fiscal….
« Les droits » sont des prérogatives que le droit reconnaît à un individu à un groupe et dont ils peuvent se
prévaloir dans leurs relations entre personnes, avec vis—vis d’autres personnes ou encore concernant des
choses.
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B. - CARACTERISTIQUES D’UNE REGLE DE DROIT
1) Le caractère générale de la règle de droit
Toute règle de droit est censée s’appliquer à tous ou d’une manière uniforme à une catégorie de personnes
déterminé.
2) Le caractère en principe obligatoire de la règle de droit
Cela recouvre 3 aspects : la règle de droit oblige à un acte ou impose un comportement, Elle interdit un acte
ou un comportement, elle reconnait un droit ou une liberté
3) Le caractère « contraignant » de la règle de droit
Sanctions pénales Sanctions civiles
Fonction Punition Contrainte Réparation du
préjudice
Exemples Amende Saisie sur compte Dommages-intérêts
Emprisonnement appelée Saisie versés par l’auteur
attribution lorsqu’un d’un accident à la
débiteur ne règle pas victime
sa dette fiscale ;
expulsion du locataire
(qui ne paie pas son
loyer) condamné par
le juge à quitter les
lieux
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II. - LES PRINCIPALES SOURCES DU DROIT
Il existe plusieurs sources de droits applicables qui sont hiérarchisées :
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III. - LE DROIT APPLIQUE A L’INFORMATIQUE :
ROLE ET PRINCIPES
A. - CONTOURS DU DROIT APPLIQUÉ À L’INFORMATIQUE
En informatique, les acteurs sont multiples et peuvent s’inscrire dans des démarches et motivations très
différentes. Les situations sont également souvent disparates et complexes. L’objectif de la régulation repose
avant tout sur la volonté de lutter contre l’illicite, que l’international et l’anonymat des réseaux favorisent
d’autant plus.
Au départ est d’abord né le « droit de l’informatique ». Puis on est passé du « droit de l’informatique », au
« droit de la télématique » et ensuite encore au « droit du multimédia » avec la généralisation des réseaux
en ligne et bien sur internet pour arriver aujourd’hui à parler plutôt d’un « droit du numérique ».
Quoi qu’il en soit « ce » droit appliqué dans le domaine de l’informatique n’est pas un
droit uniforme, hétérogène et définitivement arrêté : il recouvre différents aspects,
différents dispositifs, différentes règles, différentes responsabilités et différentes
situations.
Il peut s’inscrire dans des branches du droit habituelles (droit des contrats classiques, droit de la propriété
intellectuelle) mais intègre aussi des éléments spécifiques (la protection du logiciel mise en place en 1985, le
droit de la consommation en matière de contrat à distance en cas de site e-commerce, les aspects liés aux
noms de domaine) tout en gardant un caractère évolutif autant que peut l’être le domaine du numérique.
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Il s’attache habituellement à prendre en compte :
- le patrimoine informatique,
- les contrats informatiques,
- le contentieux informatique.
Le droit appliqué à l’informatique a ainsi connu un véritable foisonnement de textes.
B. - LES GRANDS PRINCIPES
Comme dans beaucoup de domaines d’activité, il existe dans le domaine de l’informatique des principes / des
éléments clés transversaux et récurrents qui font partie intégrante de l’activité.
Tout d’abord, d’un point de vue global et général, les principes de « neutralité technologique » et
« d’équivalence fonctionnelle » sont là pour que s’appliquent des textes sans avoir à tenir compte des
technologies nouvelles dont on sait qu’elles sont évolutives.
La neutralité technologique permet de ne pas lier l’application de dispositions juridiques,
quelque soit le type de texte concerné, à un ou plusieurs moyens technologiques, à un
modèle économique en particulier ou à un système spécifique : les droits et les
obligations des personnes concernées s’appliquent en toutes circonstances.
Le principe de l’équivalence fonctionnelle vise à assurer des fonctions juridiques
équivalentes que l’on se trouve en présence de documents papier ou électroniques. Cela
permet le passage de l’analogique (papier) au numérique pour des notions d’écrit, de
signature, d’original ou de document.
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Ensuite, il y a bien sur d’autres principes dont nous reparlerons et auxquels il faut penser dans le cadre des
aspects que vous manipulez / que vous mettez en place et ce sur quoi vous intervenez dans certaines
situations / contextes :
- La confidentialité qui est à mettre en place vis-à-vis de clients lorsque vous être prestataire informatique
ou alors qui est obligatoire au regard de certains type de données (données personnelles et RGPD) ;
- La ou les responsabilités qui peuvent découler de contrats ou exister même sans contrat avec notamment
des mécanismes de responsabilité qui repose sur vos fonctions sur un réseau de communication (la Loi
« LCEN » avec notamment la distinction entre le rôle « d’hébergeur » et celui « d’éditeur ») ;
- La sécurité bien sûr, qui peut être obligatoire au regard de certains type de données (données personnelles
et RGPD) et/ou de contextes (cybersurveillance de salariés) ;
- D’autres principes encore qui sont à prendre en compte parfois notamment dans le cadre du RGPD :
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- PARTIE 1 (suite) -
PRINCIPES FONDAMENTAUX DU DROIT ET
LEUR APPLICATION A L’INFORMATIQUE
1.2 ORGANISATION JURIDICAIRE :
PRINCIPES ET PROCEDURES
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I. - LA LIBERTE D’ENGAGER UNE PROCEDURE, DE
NEGOCIER A L’AMIABLE OU MEME NE RIEN FAIRE
Face à une situation litigieuse, il n’y a aucune obligation en soit d’agir devant les Tribunaux. C’est une
décision de gestion qui est totalement libre et apparient à chacun. Il faut toujours se poser la question du bon
choix stratégique par rapport au but poursuivi;
La décision d’engager une procédure judiciaire est en effet lourde de conséquences :
- d’un point de vue financier, du côté de l’entreprise qui attaque : le coût d’une procédure judiciaire en
matière informatique est en général élevé (voir très élevé) voir plus élevé que dans un cadre plus
« classique »;
- en termes de publicité ;
- en termes de préparation et de mobilisation : une procédure juridique implique en amont une importante
préparation notamment pour rassembler et identifier des preuves.
Dans le cadre des procédures judiciaires lié à l’informatique, il existe 3 aspects spécifiques principaux :
- la technicité ;
- le secret ;
- la durée.
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II. - REGLEMENT DES LITIGES DEVANT LES TRIBUNAUX
A. - LES PRINCIPES GENERAUX
On distingue deux ordres : l’ordre judiciaire (juridictions civiles et pénales) et l’ordre administratif.
Un double degré de juridiction permet de juger à nouveau une affaire devant une juridiction de degré
supérieur.
La Cour de cassation juge le droit (et non les faits) (idem pour le Conseil d’État dans le domaine
administratif).
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B. - LES ELEMENTS PRIS EN COMPTE
Outre le(s) textes ayant vocation à s’appliquer à une situation donnée, lorsque des adversaires décident de
porter leur litige devant la justice, on doit d’abord déterminer devant quelle juridiction (compétence
matérielle) cela doit intervenir .
Puis, ensuite, se pose la question de savoir devant la juridiction de quelle ville (compétence territoriale) il faut
se tourner.
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- PARTIE 1 (suite et fin) -
PRINCIPES FONDAMENTAUX DU DROIT ET
LEUR APPLICATION A L’INFORMATIQUE
1.3 LA PREUVE ET L’INFORMATIQUE
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I. - CONTOURS GENERAUX DE LA PREUVE
A. - MÉCANISME GÉNÉRAL
La preuve est la démonstration d’une situation, d’un fait ou de l’existence d’un acte.
La nécessité de la preuve est d’autant plus importante dans le domaine informatique dont les éléments sont
volatiles, secrets et techniques.
Cette question de la preuve peut apparaitre dans différents contextes et il faut se placer
dans l’optique / la possibilité / le risque d’une procédure devant les Tribunaux
Dès qu’un point / un aspect et donc son incidence juridique sont soulevés, il faut en apporter la preuve et
donc pouvoir disposer en amont, en ayant anticipé les choses de cette preuve
C’est à la partie demanderesse d’apporter la preuve des faits qu’elle soulève et qui seront ensuite appréciés
par le Juge au regard de ces preuves.
C’est ce qu’on appelle la « charge de la preuve ».
Exemple 1 : une marque enregistrée pour un nom de logiciel
Exemple 2 : en matière de contrat électronique
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B. - LA PREUVE PEUT ÊTRE APPORTÉE PAR TOUS MOYENS.
En principe, la preuve peut être fournie par tous moyens. Il existe ainsi 2 catégories de types de preuves :
- Les preuves dites « parfaites » : elles s’imposent au juge qui n’a pas de marge d’appréciation.
- Les preuves dites « imparfaites » : le juge a ici une liberté d’appréciation.
C. - DE LA PREUVE ÉCRITE « CLASSIQUE » À LA PREUVE
« ÉLECTRONIQUE »
Le papier n’est pas aujourd’hui le seul support valable comme preuve car la preuve est indépendante du
support.
L’écrit sur support électronique a la même force que l’écrit sur support papier si la personne dont il émane
peut être identifiée et à condition qu’il soit établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir
l’intégrité.
La définition très générale de l’écrit au sens juridique est donc sans lien avec le support
ni avec les modalités de transmission de ce support. L’écrit électronique est un juste écrit
qui change de forme en empruntant « une » forme électronique.
En matière de contrat l’exigence qu’existent plusieurs exemplaires est considérée comme remplie par voie
électronique si l’écrit peut être imprimé par le destinataire concerné.
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Il y a quand même 2 conditions pour que l’écrit électronique une preuve aussi efficace/admissible que sous
forme papier :
- d’abord, que l’auteur de l’écrit puisse être identifié ;
- ensuite, que l’écrit soit établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la preuve numérique est une obligation légale pour les entreprises qui
doivent prendre en compte la dématérialisation des processus et des informations et en particulier :
- l’obligation de conservation des contrats électroniques B to C ;
- des durées de conservation qui sont dans les autres cas variables selon les documents (30 ans à 6 mois).
II. - LES DEMARCHES SPECIFIQUES EN MATIERE DE
PREUVES
A. - LE CONSTAT DES « COMMISSAIRES DE JUSTICE » (EX-HUISSIERS)
Le constat d’Huissier peut s’envisager sous un angle double :
- d’abord, dans l’optique d’une datation de vos droits pour invoquer ultérieure, en cas de litiges éventuels, un
droit d’auteur par exemple, il permet d’avoir une date certaines sur une création qui lui est remise telle qu’un
logiciel ;
- ensuite, dans l’optique d’une constatation d’une situation pouvant porter atteinte à vos droits (contrefaçon,
copie, non-respect d’un contrat etc…), il permet d’en « photographier » juridiquement la consistance, les
contours, les détails, les éléments.
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La validité des procès-verbaux de constats sur l'internet suppose le respect et la description du mode
opératoire et de prérequis techniques.
Lorsque ces exigences techniques ne sont pas respectées, les constats d’huissier sur l'internet peuvent-ils
être annulés et sont alors dépourvus de toute force probante.
Doivent en particulier être appliqués et apparaitre dans le PV les points suivants :
- l’huissier doit inscrire sur le PV l’adresse IP de l’ordinateur utilisée pour le constat afin de vérifier au moyen
du journal de connexion du serveur interrogé les pages réellement consultées pendant les opérations de
constat ;
- l’huissier doit suffisamment décrire le matériel qu’il utilise et servant pour le constat ;
- le matériel doit répondre à un critère de neutralité
- la suppression des fichiers temporaires stockés sur l’ordinateurs, des cookies et de l’historique de
navigation est requise ;
- dans le cas d’un site web soumis à une inscription préalable comme utilisateur, l’huissier doit s’identifier
avec sa véritable identité afin de respecter le principe de loyauté.
B. - LES CONSTATS DES AGENTS DE L’APP (AGENCE POUR LA
PROTECTION DES PROGRAMMES)
Ces agents sont habilités à établir des constats en particulier en cas de situation de possible contrefaçon de
programme informatiques, de jeux vidéo, de progiciels, d’œuvres numériques.
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- PARTIE 2 -
LA / LES PROTECTIONS JURIDIQUES DES
OUTILS, PRODUITS ET MATERIELS
INFORMATIQUES
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I. - CONTOURS DES PROTECTIONS PAR
LA PROPRIETE INTELLECTUELLE
A. - A QUOI SERT LA PROPRIETE INTELLECTUELLE ?
Les idées et les concepts à l’origine d’une nouvelle technologie, d’un programme d’ordinateur ou plus
largement de toute création, ne sont pas protégeables en elles-mêmes, en tant que telles car seule leur mise
en forme qui s’exprime / se manifeste peut être protégée.
La Propriété Intellectuelle est donc un mécanisme juridique général de protection(s).
Mais la Propriété Intellectuelle permet bien plus que une / des protections car elle permet de :
* être protégé contre la copie grâce à l’action en contrefaçon ;
* rassurer des partenaires commerciaux et financiers ;
* percevoir des redevances sur l’exploitation faite par ceux que vous autorisez ;
* créer un actif immatériel inscrit au bilan d’une société ;
* obtenir une exclusivité.
La Propriété Intellectuelle a un effet dopant de l’activité et est génératrice d’une forte valeur ajoutée.
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B. - QUE RECOUVRE LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE ?
1) Une diversité de droits
La Propriété Intellectuelle recouvre des droits qui présentent chacun des spécificités, ont vocation à
s’appliquer sur des points différents et obéissent à des mécanismes, à un régime et à des conditions de
validité qui leurs sont propres.
Propriété Littéraire et artistique Propriété Industrielle
Droit d’auteur Brevets
Logiciels Marques
Bases de données, … Dénomination sociale
Enseigne
Dessins et Modèles
Noms de domaine, …
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