La tour Eiffel
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Source : Article Tour Eiffel de Wikipédia en français
La tour Eiffel est une tour de fer puddlé de 324 mètres de
hauteur (avec antennes) située à Paris, à l’extrémité nord-
ouest du parc du Champ-de-Mars en bordure de la Seine
dans le 7e arrondissement. Son adresse officielle est 5,
avenue Anatole-France. Construite par Gustave Eiffel et
ses collaborateurs pour l’Exposition universelle de Paris
de 1889, et initialement nommée « tour de 300 mètres »,
ce monument est devenu le symbole de la capitale
française, et un site touristique de premier plan : il s’agit
du second site culturel français payant le plus visité en
2011, avec 7,1 millions de visiteurs dont 75 % d'étrangers
en 2011, la cathédrale Notre-Dame de Paris étant en tête
des monuments à l'accès libre avec 13,6 millions de
visiteurs estimés mais il reste le monument payant le plus
visité au monde. Depuis son ouverture au public, elle a
accueilli plus de 300 millions de visiteurs.
D’une hauteur de 312 mètres à l’origine, la tour Eiffel est
restée le monument le plus élevé du monde pendant
quarante ans. Le second niveau du troisième étage,
appelé parfois quatrième étage, situé à 279,11 mètres, est
la plus haute plateforme d'observation accessible au
public de l'Union européenne et la deuxième plus haute
d'Europe, derrière la Tour Ostankino à Moscou culminant
à 337 mètres. La hauteur de la tour a été plusieurs fois
augmentée par l’installation de nombreuses antennes.
Utilisée dans le passé pour de nombreuses expériences
scientifiques, elle sert aujourd’hui d’émetteur de
programmes radiophoniques et télévisés.
Présentation générale
Contestée par certains à l'origine, la tour Eiffel fut d'abord,
à l'occasion de l'exposition universelle de 1889, la vitrine
du savoir-faire technique français. Plébiscitée par le public
dès sa présentation à l'exposition, elle a accueilli plus de
200 millions de visiteurs depuis son inauguration. Sa taille
exceptionnelle et sa silhouette immédiatement
reconnaissable en ont fait un emblème de Paris.
Imaginée par Maurice Koechlin et Émile Nouguier,
respectivement chef du bureau des études et chef du
bureau des méthodes d'Eiffel & Cie, la tour Eiffel est
conçue pour être le « clou de l'Exposition de 1889 se
tenant à Paris. ». Elle salue également le centenaire de la
Révolution française. Le premier plan est réalisé en juin
1884 et amélioré par Stephen Sauvestre, l’architecte en
chef des projets de l'entreprise, qui lui apporte plus
d'esthétique.
Le 1er mai 1886, le ministre du Commerce et de l'Industrie
Édouard Lockroy, fervent défenseur du projet, signe un
arrêté qui déclare ouvert « un concours en vue de
l’Exposition universelle de 1889 ». Gustave Eiffel remporte
ce concours et une convention du 8 janvier 1887 fixe les
modalités d'exploitation de l'édifice. Construite en deux
ans, deux mois et cinq jours, de 1887 à 1889, par 250
ouvriers, elle est inaugurée, à l'occasion d'une fête de fin
de chantier organisée par Gustave Eiffel, le 31 mars 1889.
Sa fréquentation s'érode rapidement ; la tour Eiffel ne
connaîtra véritablement un succès massif et constant qu'à
partir des années 1960, avec l'essor du tourisme
international. Elle accueille maintenant plus de six millions
de visiteurs chaque année.
Sa hauteur lui a permis de porter le titre de « plus haute
structure du monde » jusqu'à la construction en 1930 du
Chrysler Building à New York. Située sur le Champ-de-
Mars, près de la Seine, dans le 7e arrondissement de
Paris, elle est actuellement exploitée par la Société
d'exploitation de la tour Eiffel (SETE). Le site, sur lequel
travaillent plus de 500 personnes (dont plus de 250
directement employés par la SETE), est ouvert tous les
jours de l'année.
La tour Eiffel est inscrite aux monuments historiques
depuis le 24 juin 1964 et est inscrite au patrimoine
mondial de l'UNESCO depuis 1991, en compagnie
d'autres monuments parisiens.
Données techniques
Voici les principales dimensions de la tour Eiffel.
Fondations
Hauteur du sol (au-dessus du niveau de la mer) : 33,50
mètres
Longueur de l'écart intérieur entre 2 piliers : 74,24 mètres
Longueur de l'écart extérieur entre 2 piliers : 124,90
mètres
1er étage
Hauteur du plancher au-dessus du sol : 57,63 mètres
Hauteur du plancher au-dessus du niveau de la mer :
91,13 mètres
Côté extérieur (au niveau du plancher) : 70,69 mètres
Superficie (au niveau du plancher) : 4 200 m2
2e étage
Hauteur du plancher au-dessus du sol : 115,73 mètres
Hauteur du plancher au-dessus du niveau de la mer :
149,23 mètres
Côté extérieur (au niveau du plancher) : 40,96 mètres
Superficie (au niveau du plancher) : 1 650 m2
3e étage
Hauteur du plancher au-dessus du sol : 276,13 mètres
Hauteur du plancher au-dessus du niveau de la mer :
309,63 mètres
Côté extérieur (au niveau du plancher) : 18,65 mètres
Superficie (au niveau du plancher) : 350 m2
« 4e étage » (second niveau du 3e étage)
Hauteur du plancher au-dessus du sol : 279,11 mètres
Hauteur du plancher au-dessus du niveau de la mer :
312,61 mètres
Côté extérieur (au niveau du plancher) : 18,65 mètres
Superficie (au niveau du plancher) : 350 m2
Flèche
Hauteur totale avec antennes (mesure 2000) : 324 mètres
Hauteur totale avec antennes (mesure 1994) : 318,70
mètres
Hauteur totale avec antennes (mesure 1991) : 317,96
mètres
Hauteur totale avec drapeau (mesure 1889) : 312,27
mètres
Hauteur totale sans drapeau (mesure 1889) : 300 mètres
Description de la tour étage par étage
Les informations ci-dessous décrivent les principales
données techniques de chaque étage, ainsi que les
principales curiosités qui s'offrent au visiteur, une fois sur
place.
La base
La tour s'inscrit dans un carré de 125 mètres de côté,
selon les termes mêmes du concours de 1886. Haute de
324 mètres avec ses 116 antennes, elle est située à 33,5
mètres au-dessus du niveau de la mer.
Le deuxième étage
Situé à 115 mètres au-dessus du sol, d'une superficie de
1 650 mètres carrés environ, il peut supporter la présence
simultanée d'environ 1 600 personnes.
C'est de cet étage que la vue est la meilleure, l'altitude
étant optimale par rapport aux bâtiments en contrebas (au
troisième étage, ils sont moins visibles) et à la perspective
générale (nécessairement plus limitée au premier étage).
À travers le plancher, des hublots vitrés ont été installés
afin de permettre une vue plongeante sur le sol en
contrebas. Des grillages métalliques de protection sont
présents afin d'empêcher toute tentative de saut dans le
vide, qu'il s'agisse d'un suicide ou d'un exploit sportif.
Le restaurant Le Jules Verne est un restaurant
gastronomique d'une capacité de 95 couverts,
récompensé d'une étoile par le guide Michelin, d'un 16/20
et trois toques au guide Gault et Millau. Le restaurant a
été repris en main par le groupe du cuisinier Alain
Ducasse et a rouvert ses portes fin décembre 2007 après
120 jours de travaux, coordonnés par le désigner Patrick
Jouin. Un ascenseur « privé » (il sert aussi au personnel
d'entretien de la tour), situé dans le pilier sud, mène
directement à une plate-forme d'environ 500 m2, à
exactement 123 mètres de hauteur.
Le troisième étage
Situé à 276,13 mètres au-dessus du sol, d'une superficie
de 350 mètres carrés, il peut supporter la présence
simultanée d'environ 400 personnes.
L'accès se fait obligatoirement par un ascenseur (l'escalier
est interdit au public à partir du deuxième étage) et donne
sur un espace fermé ponctué de tables d'orientation. En
montant quelques marches, le visiteur arrive ensuite sur
une plate-forme extérieure, parfois dénommée
« quatrième étage » culminant à près de 279 m.
On peut apercevoir à cet étage une reconstitution du type
« musée de cire » montrant Gustave Eiffel recevant
Thomas Edison, qui renforce l'idée selon laquelle Gustave
Eiffel aurait utilisé l'endroit comme bureau. La réalité
historique est différente : l'endroit a d'abord été occupé
par le laboratoire météorologique, puis dans les années
1910 par Gustave Ferrié pour ses expérimentations de
TSF.
Tout en haut de la tour, un mât de télédiffusion a été
installé en 1957, puis complété en 1959 pour couvrir
environ 10 millions de foyers en programmes hertziens. Le
17 janvier 2005, le dispositif a été complété par le premier
émetteur TNT français, portant à 116 le nombre
d'antennes de télédiffusion et radiodiffusion de l'ensemble.
Historique
Contexte
Dès la première exposition universelle (Great Exhibition of
the Works of Industry of All Nations, Londres, 1851), les
gouvernants s'aperçoivent que derrière l'enjeu
technologique se profile une vitrine politique dont il serait
dommage de ne pas profiter. En démontrant son savoir-
faire industriel, le pays accueillant l'exposition signifie son
avance et sa supériorité sur les autres puissances
européennes qui règnent alors sur le monde.
Dans cette optique, la France accueille à plusieurs
reprises l'Exposition universelle, comme en 1855, 1867 et
1878. Jules Ferry, président du conseil de 1883 à 1885,
décide de relancer l'idée d'une nouvelle exposition
universelle en France. Le 8 novembre 1884, il signe un
décret instituant officiellement la tenue d'une exposition
universelle à Paris, du 5 mai au 31 octobre 1889. L'année
choisie n'est pas innocente, puisqu'elle symbolise le
centenaire de la Révolution française.
C'est aux États-Unis que naît l'idée d'une tour de 300
mètres : lors de l'exposition universelle de Philadelphie en
1876, les ingénieurs américains Clark et Reeves
imaginent un projet de pylône cylindrique de 9 mètres de
diamètre maintenu par des haubans métalliques, ancrés
sur une base circulaire de 45 mètres de diamètre, d'une
hauteur totale de 1 000 pieds (environ 300 mètres). Faute
de financement, ce projet ne voit pas le jour, mais il est
décrit en France dans la revue Nature.
À partir d'une idée émise aux États-Unis de « tour-soleil »
en fer éclairant Paris, l’ingénieur français Sébillot et
l’architecte Jules Bourdais, qui a été à l’origine du Palais
du Trocadéro pour l’exposition universelle de 1878,
conçoivent un projet de « tour-phare » en granit, haute de
300 mètres. Cette tour, concurrente de celle de Gustave
Eiffel, connaît plusieurs versions, mais ne sera jamais
construite.
Le fer puddlé de la tour
Le fer puddlé de la tour Eiffel a été produit dans les forges
et aciéries Dupont et Fould de Pompey, en Lorraine.
Gustave Eiffel l'a choisi notamment en raison de ses
propriétés mécaniques.
La tour Eiffel de 1889 à la Première Guerre mondiale
Le 6 mai 1889, l’Exposition universelle ouvre ses portes
au public, qui peut grimper sur la Tour de 300 mètres
(nom de la tour Eiffel à cette époque) à partir du 15 mai.
Alors qu’elle avait été décriée pendant sa construction,
elle connaît, pendant l’Exposition, un succès populaire
immédiat. Dès la première semaine, alors que les
ascenseurs ne sont même pas encore en service, ce sont
28 922 personnes qui grimpent à pied en haut de l’édifice.
Finalement, sur les 32 millions d’entrées comptabilisés
pour l’Exposition, ce sont environ 2 millions de curieux qui
s’y presseront.
Le monument, qui est alors le plus haut du monde
(jusqu’en 1930 et l’édification du Chrysler Building à New
York), attire aussi quelques personnalités, dont Thomas
Edison.
Mais, une fois l’Exposition finie, la curiosité retombe vite et
le nombre de visiteurs avec elle. En 1899, seules 149 580
entrées sont comptabilisées. Afin de relancer l’exploitation
commerciale de sa tour, Gustave Eiffel baisse le prix des
billets d’entrée, sans que l’impact soit significatif. Il faut
attendre l’Exposition universelle de 1900 à Paris, pour que
remonte le nombre de curieux. À cette occasion, plus d’un
million de tickets sont vendus, ce qui est largement
supérieur aux dix années précédentes, mais bien inférieur
à ce qui aurait pu être permis. En effet, non seulement les
entrées sont deux fois moins nombreuses qu’en 1889,
mais, en part absolue, la baisse est encore plus forte,
compte tenu du fait que les visiteurs de l’Exposition
universelle de 1900 sont encore plus nombreux qu’en
1889.
La chute du nombre d’entrées reprend dès 1901, de sorte
que l’avenir de la tour n’est pas assuré, passé le 31
décembre 1909, date de la fin de la concession d’origine.
Certains avancent même l’idée qu’elle puisse être détruite.
Expériences scientifiques et radiodiffusion
Conscient du risque de destruction de la tour, Gustave
Eiffel imagine, dès l'origine, qu'elle puisse rendre des
services à la science. C’est pourquoi, il y multiplie les
expériences, qu’il finance en partie, jusqu'à son retrait des
affaires en 1893, après le scandale de Panama dans
lequel il est impliqué.
Évocations de la tour
Protestation des artistes contre la tour
Des articles, souvent pamphlétaires, sont publiés tout au
long de l'année 1886, avant le début des travaux.
Alors que les fondations de l'édifice n'avaient commencé
que quelques jours plus tôt, le 28 janvier 1887
exactement, une lettre de protestation signée par une
cinquantaine d'artistes (écrivains, peintres, compositeurs,
architectes, etc.) paraissait dans le journal Le Temps le 14
février 1887. Signée de grands noms de l'époque
(Alexandre Dumas fils, Guy de Maupassant, Émile Zola,
Charles Gounod, Leconte de Lisle, Charles Garnier, Sully
Prudhomme, etc.) et restée célèbre sous le nom de
Protestation des artistes contre la tour de M. Eiffel, elle se
montrait très virulente à l'égard de la hauteur de la tour qui
viendrait, selon eux, défigurer Paris :
« II suffit d’ailleurs, pour se rendre compte de ce que nous
avançons, de se figurer une tour vertigineusement ridicule,
dominant Paris, ainsi qu’une noire et gigantesque
cheminée d’usine, écrasant de sa masse barbare : Notre-
Dame, la Sainte-Chapelle, la tour Saint-Jacques, le
Louvre, le dôme des Invalides, l’Arc de triomphe, tous nos
monuments humiliés, toutes nos architectures
rapetissées, qui disparaîtront dans ce rêve stupéfiant. Et
pendant vingt ans, nous verrons s’allonger sur la ville
entière, frémissante encore du génie de tant de siècles,
comme une tache d’encre, l’ombre odieuse de l’odieuse
colonne de tôle boulonnée. »
— Collectif d’artistes, « Les artistes contre la tour Eiffel »,
Le Temps, 14 février 1887.
Un débat houleux mêlant des personnalités de l'époque,
des responsables politiques, des journalistes, des
ingénieurs suit cette déclaration.
En juillet 1888, François Coppée fustige la tour Eiffel, qu’il
traite de « mât de fer aux durs agrès / Inachevé, confus,
difforme », de « symbole de force inutile », d’« œuvre
monstrueuse et manquée » ou encore de « mât ridicule »
(Sur la tour Eiffel, deuxième plateau, Poésies). En mai
1889, par poésie interposée, Raoul Bonnery lui répond :
« Tu mis la fleur de ta science/ A m'appeler « Monstre
hideux » / Un peu plus de reconnaissance / T'eût convenu
peut-être mieux. », ou encore « Quel sang dans tes veines
circule / Pour t'écrier avec mépris, / Que je suis un mât
ridicule / Sur le navire de Paris. / Un mât ? J'accepte
l'épithète, / Mais un mât fier, audacieux, / Qui saura,
portant haut la tête, / Parler de progrès jusqu'aux cieux. »
(La tour Eiffel à François Coppée, le jour de ses 300
mètres, in Le Franc journal). Au contraire des exemples
précédents, Vicente Huidobro, Blaise Cendrars et Louis
Aragon lui rendent hommage (respectivement dans Nord-
Sud, no 6-7, 1917, La tour en 1910 in Dix-neuf poèmes
élastiques, 1913 et La tour parle in La Tour Eiffel de
Robert Delaunay). Pierre Bourgeade, dans une nouvelle
intitulée La Suicidée, relate, via le témoignage d'un
gardien, le suicide d'une inconnue ayant sauté du 3e
étage de la tour (in Les Immortelles, Gallimard, 1966).
On a pu lire ailleurs :
« ce lampadaire véritablement tragique » (Léon Bloy) ;
« ce squelette de beffroi » (Paul Verlaine) ;
« ce mât de fer aux durs agrès, inachevé, confus,
difforme » (François Coppée) ;
« cette haute et maigre pyramide d'échelles de fer,
squelette disgracieux et géant, dont la base semble faite
pour porter un formidable monument de Cyclopes, et qui
avorte en un ridicule et mince profil de cheminée d'usine »
(Guy de Maupassant) ;
« un tuyau d'usine en construction, une carcasse qui
attend d'être remplie par des pierres de taille ou des
briques, ce grillage infundibuliforme, ce suppositoire criblé
de trous » (Joris-Karl Huysmans).
Gustave Eiffel répondit à la protestation des artistes, dans
un entretien avec Paul Bourde qui fut reproduit dans le
même numéro du journal Le Temps, à la suite de la
protestation.
Le ministre Édouard Lockroy remit au directeur des
travaux, Jean-Charles Alphand, une réponse qui pourrait
avoir été rédigée par un obscur fonctionnaire nommé
Georges Moineaux, qui deviendra célèbre sous le nom de
Georges Courteline.
Gustave Eiffel écrivit plus tard :
« Cette page bien française a dû étonner quelque peu les
expéditionnaires du ministère ; la correspondance
administrative n'est malheureusement d'ordinaire ni si
vive, ni si gaie, ni si spirituelle ; sa sévérité s'accommode
mal à nos vieilles traditions gauloises. Si M. Lockroy
pouvait faire école, l'exercice des fonctions publiques
serait moins monotone et certainement mieux apprécié.
Le ministre avait su mettre les rieurs de son côté. Son
procès était gagné. »
La tour Eiffel a attiré les foules après son inauguration,
faisant, petit à petit, taire les réticences . Ainsi, deux ans
après avoir signé la « protestation des artistes », Sully
Prudhomme prononce un discours favorable à la tour.
Peinture
Avant même la fin de la construction, Georges Seurat ou
encore Paul-Louis Delance peignent la tour Eiffel. En
1889, le peintre Roux la représente à la Fête de nuit à
l’Exposition universelle de 1889 et Jean Béraud la fait
apparaître en arrière-plan de son Entrée de l’Exposition de
1889.
Puis plusieurs peintres viendront directement s'en
inspirer : le Douanier Rousseau, Paul Signac, Pierre
Bonnard, Maurice Utrillo, Marcel Gromaire, Édouard
Vuillard, Albert Marquet, Raoul Dufy, Marc Chagall, Roger
Lersy ou encore Henri Rivière.
Mais le peintre le plus prolifique et inspiré vis-à-vis de la
tour Eiffel reste Robert Delaunay, qui en fait le sujet
central d'une trentaine de toiles, réalisées entre 1910 et
1925.
Littérature
Au moment de son édification et au tout début de son
exploitation, le monument a avant toutes choses fait l’objet
d’analyses critiques personnelles, le plus souvent publiées
dans des journaux de l’époque et le plus souvent
négatives, les artistes abordant les thèmes récurrents du
défi technique, industriel et commercial que la tour
représentait à l’époque, de son influence sur le
rayonnement de la France à l’étranger, l’aspect esthétique
ou au contraire inesthétique de la tour ou encore de son
intérêt scientifique potentiel ou au contraire de son
inutilité.
Par la suite, devant le succès populaire qu’elle a remporté
auprès du grand public, un grand nombre d’écrivains ont
revu leurs considérations, balayant leurs dernières
réserves.
Roland Barthes décrit ce sentiment d'attrait/répulsion des
artistes vis-à-vis de la tour Eiffel :
« Regard, objet, symbole, la tour est tout ce que l’homme
met en elle, et ce tout est infini. Spectacle regardé et
regardant, édifice inutile et irremplaçable, monde familier
et symbole héroïque, témoin d’un siècle et monument
toujours neuf, objet inimitable et sans cesse reproduit, elle
est le signe pur, ouvert à tous les temps, à toutes les
images et à tous les sens, la métaphore sans frein ; à
travers la tour, les hommes exercent cette grande fonction
de l’imaginaire, qui est leur liberté ; puisque aucune
histoire, si sombre soit-elle, n’a jamais pu la leur enlever. »
— Roland Barthes, La Tour Eiffel, Delpire Éditeur, 1964.
Léon-Paul Fargue revient sur l’analyse critique de ses
pairs, sur la tour à ses débuts (Le Piéton de Paris, 1932-
1939), de même que Pierre Mac Orlan, qui tout en
rappelant qu’au départ, pour les artistes, « vitupérer contre
la tour […] était un brevet de sensibilité littéraire et
artistique », souligne l’intérêt scientifique et militaire qui a
ensuite été reconnu à la tour (La Tour, Javel et les
Bélandres, Villes, in Œuvres complètes), enfin
dernièrement, Pascal Lainé aborde l’histoire de la
conception, de la construction et des premières années
d’exploitation de la tour à travers une narration romancée
(Le Mystère de la tour Eiffel, 2005). En cela, il se
rapproche de Dino Buzzati, qui dans Le K., mettait en
scène un ouvrier fictif qui aurait travaillé sur le chantier de
la tour en 1887-1889. Néanmoins, Buzatti procède
différemment de Lainé, son texte étant une nouvelle, pas
un roman, et le ton utilisé étant fantastique et non réaliste
comme pour Pascal Lainé.
En poésie, Guillaume Apollinaire en a fait un calligramme
souvenir de guerre, dans 2e canonnier conducteur du
recueil Calligrammes (1918), et l'évoque dans un vers de
Zone en 1913, vers que René Étiemble considère, dans
Essais de littérature (vraiment) générale, comme un
exemple d’haïku occidental (« Bergère ô tour Eiffel le
troupeau des ponts bêle ce matin »).
Le monument du Champ-de-Mars a également été traité
sous des formes particulières : journal (Jules de Goncourt
et Edmond de Goncourt, Journal, tome VIII, 6 mai et 2
juillet 1889), récit de voyage (Guy de Maupassant, La vie
errante, 1890), où l’écrivain dit son dégoût de la tour Eiffel
(Dès les premières lignes, le ton est donné : « J’ai quitté
Paris et même la France, parce que la tour Eiffel finissait
par m’ennuyer trop »), étude sémiologique (Roland
Barthes, La Tour Eiffel, 1964), mais aussi préface de
livres, discours à une conférence, article dans une revue,
etc.
La tour est également largement évoquée dans le roman
d'Umberto Eco Le Pendule de Foucault, publié en 1988 ;
le chapitre 116 lui est presque entièrement consacré.
Données chiffrées
Une tour de très grande hauteur
À son inauguration, la tour Eiffel est la structure la plus
haute au monde avec ses 300 mètres. Elle dépasse de
130 mètres la précédente plus haute structure au monde,
l'obélisque de Washington, et conserve sa première place
pendant environ 40 ans (la grande pyramide de Gizeh a
détenu ce record pendant environ 4 000 ans), jusqu'en
1930, où elle est dépassée par le Chrysler Building, avec
319 mètres.
La pierre ne permet pas de dépasser une certaine
hauteur. L'obélisque de Washington en est la preuve. Il
était prévu à l'origine que le monument, fait de marbre, de
grès et de granit, atteigne 180 mètres de hauteur. Achevé
le 6 décembre 1884, et officiellement ouvert au public le 9
octobre 1888, il mesure 169 mètres, soit 10 de moins que
prévu. C'est alors la plus haute structure du monde.
La technique du fer permet ensuite de dépasser cette
limite. Que ce soit en Angleterre, en France ou aux États-
Unis, les projets vont se multiplier pour atteindre l'objectif
de 300 mètres. En 1833, Richard Trevithick, expert
britannique des machines à vapeur, propose un projet de
colonne en fonte ajourée, haute de 1 000 pieds (≈ 300
mètres).
En France, dans les années 1880, le principal concurrent
de Gustave Eiffel est Jules Bourdais, qui a imaginé et
construit, avec Gabriel Davioud, le palais du Trocadéro,
dans le cadre de l'exposition universelle de 1878.
Bourdais imagine d'abord une tour de 300 mètres en
granit, mais le projet ne prenant pas assez en compte le
problème de la résistance des matériaux, ce matériau
sera finalement remplacé par le fer en 1886, lors du
concours qui l'oppose à Gustave Eiffel pour construire une
tour de 300 mètres pour l'Exposition universelle de 1889.
Si Jules Bourdais est resté connu comme un concurrent
sérieux d'Eiffel, c'est qu'il a su promouvoir, comme son
adversaire, son projet de tour auprès des hommes
politiques, des médias et du grand public. 107 projets sont
déposés lors de ce concours. Même s'ils ne semblent pas
tous réalistes, cela prouve que Gustave Eiffel est loin
d'être le seul ingénieur à avoir planché sur ce projet de
très haute tour.
La place de la tour Eiffel parmi les plus hauts bâtiments de 1889
En 1889, avant que la tour Eiffel ne soit officiellement
achevée, seules trois structures dépassaient 150 mètres,
soit la moitié de sa hauteur : la cathédrale de Rouen (150
mètres), la cathédrale de Cologne (169 mètres) et
l'obélisque de Washington (169 mètres). Avec ses 300
mètres, la tour Eiffel dépasse donc largement tous les
autres grands bâtiments du monde existants à l'époque.
Fréquentation de la tour Eiffel
Après le succès populaire pendant l’Exposition universelle
de Paris de 1889 et le demi-succès de l’Exposition
universelle de 1900, le nombre de visiteurs ne décollera
qu’une fois la Seconde Guerre mondiale terminée.
Ainsi, entre 1901 et 1914, entre 120 000 et 260 000
personnes en font l’ascension chaque année. De 1915 à
1918 inclus, elle est fermée du fait de la Première Guerre
mondiale. Puis, de 1919 à 1939, la tour Eiffel attire en
moyenne 480 000 visiteurs par an avec des pics à 800
000 entrées pendant l’Exposition coloniale de 1931 et
l’Exposition spécialisée de 1937. Entre 1940 et 1945
inclus, elle est de nouveau fermée pour cause de
Seconde Guerre mondiale.
Une fois cette période passée, le nombre de visiteurs
annuels ne cessera d’augmenter : 1 300 000 en moyenne
de 1946 à 1962 et ce n’est véritablement qu’à partir de
1963 que les entrées se développent, notamment grâce à
l’essor du tourisme international. En effet, en 1963, la tour
Eiffel repasse pour la première fois le cap des 2 millions
de visiteurs, soit le même que pour son année inaugurale
soixante-quatorze ans plus tôt, à la différence majeure
que cette fois-ci, ce cap symbolique de 2 millions
d’entrées sera amélioré chaque année. En 1972 le cap
des 3 millions d’entrées est dépassé, en 1984 c’est celui
des 4 millions, en 1989 celui des 5 millions, et enfin en
1998 celui des 6 millions.
À l’heure actuelle, ce sont donc plus de 300 millions de
visiteurs qui ont foulé de leurs pieds la tour Eiffel (palier
atteint le 28 septembre 2017).
D'après l'Observatoire régional du tourisme d'Île-de-
France, la tour Eiffel est le cinquième monument le plus
visité d'Île-de-France en 2004 avec 6 229 993 visiteurs,
derrière Notre-Dame de Paris (12 800 000 visiteurs),
Disneyland Paris (12 400 000), la basilique du Sacré-
Cœur de Montmartre (8 millions) et le musée du Louvre (6
600 398).
Exploitation commerciale
Différents exploitants
Propriété de l'État français pendant l'Exposition universelle
de 1889, la tour Eiffel est ensuite devenue propriété de la
ville de Paris (Article 11 de la convention du 8 janvier
1887). Selon ce même article, Gustave Eiffel devient (en
son nom propre) l'exploitant de la tour Eiffel. Il possède la
jouissance commerciale de la tour pour une durée de vingt
ans, du 1er janvier 1890 au 31 décembre 1909, après
quoi, l'édifice est susceptible d'être détruit. Devant l'intérêt
scientifique reconnu au monument, Gustave Eiffel obtient
une prolongation de son autorisation d'exploiter
commercialement la tour Eiffel, à partir du 1er janvier 1910
et pour une période de 70 ans supplémentaires.
La gestion du monument a ensuite été confiée, de 1980 à
2005, à la Société nouvelle d'exploitation de la tour Eiffel
(SNTE), société d'économie mixte détenue à 30 % par
Paris et à 70 % par la SAGI (Société anonyme de gestion
immobilière), elle-même détenue à hauteur de 60 % par
Perexia, une filiale du Crédit foncier de France (Groupe
Caisse d'épargne) et à 40 % par Paris.
Le 13 décembre 2005, le conseil de Paris décide la
création d'une nouvelle société d'économie mixte, la
Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE), détenue à
hauteur de 60 % par Paris et à 40 % par des partenaires
privés (BTP Eiffage, Unibail, LVMH, Dexia Crédit local et
EDF), pour prendre le relais de la SNTE dans la gestion
du monument dans le cadre d'une délégation de service
public. Cette société doit être l'exploitant de la tour du 1er
janvier 2006 au 31 décembre 2015.
En 2011, l'exploitation de la tour Eiffel donne du travail à
plus de 500 personnes, dont plus de 250 directement
employés par la SETE. De nos jours, l'exploitation de la
tour Eiffel est rentable. Ainsi, l'édifice est un des rares
monuments français, sinon le seul, à avoir une réalité
économique puisqu'elle ne fait appel à aucune subvention.
Revenus de l'exploitation
La tour Eiffel a coûté 7,8 millions de francs-or. L'État
français a versé 1,5 million de francs-or sous forme de
subventions et une société anonyme a été spécialement
créée à l'occasion de l'édification de la tour, avec un
capital de 5,1 millions de francs-or. Cette société était
détenue pour partie par Gustave Eiffel lui-même et pour
partie par un consortium de trois banques. Les bénéfices
obtenus à l'issue de l'Exposition universelle de 1889 ont
permis de rembourser intégralement le capital aux
actionnaires.
Selon une étude conduite par la Chambre de commerce
italienne de Monza et Brianza en 2012, qui a évalué les
monuments d'Europe les plus célèbres, la tour Eiffel aurait
une image de marque d'une valeur virtuelle de 434
milliards d'euros, loin devant le Colisée de Rome (91
milliards d'euros) et la Sagrada Família de Barcelone (90
milliards d'euros)23,24. Selon l'étude historico-immobilière
"Que vaut Paris ?" publiée en 2013, la Tour Eiffel vaudrait
2,8 milliards d'euros comparés à 7,5 milliards pour Le
Louvre et 525 milliards pour l'ensemble des logements
parisiens25.
Textes officiels
Les textes désignant les exploitants de la tour Eiffel sont
les suivants :
Convention du 8 janvier 1887, entre Gustave Eiffel,
Édouard Lockroy et Eugène Poubelle, autorisant
l'exploitation de la tour par Gustave Eiffel, en son nom
propre, du jour d'ouverture au public lors de l'Exposition
universelle de 1889 jusqu'au 31 décembre 1909 ;
prolongation de l'autorisation de gestion et d'exploitation
de la tour Eiffel donnée à Gustave Eiffel pour une période
de 70 ans, à compter du 1er janvier 1910 ;
délibération du Conseil de Paris du 17 février 1981,
« portant sur la concession de la tour Eiffel », accordée à
la SNTE pour une période de vingt-cinq ans, allant du 1er
janvier 1981 au 31 décembre 2005 ;
délibération du Conseil de Paris du 13 décembre 2005 ;
attribution de la délégation de service public pour la
gestion et l’exploitation de la tour Eiffel, accordée à la
SETE pour une durée de dix ans, à partir du 1er janvier
2006.
Droits d'auteur
Dès 1889, la tour Eiffel fait l'objet de très nombreuses
reproductions, on la retrouve par exemple sur des
bouteilles, des bougies, des chromos, des pieds de lampe,
etc.
Gustave Eiffel envisage alors d'exploiter commercialement
l'image de sa tour. Jules Jaluzot, directeur du Printemps,
lui propose même de lui racheter les droits exclusifs de
reproduction pour fabriquer des copies en série et les
vendre dans son magasin. Mais l'initiative provoque un
tollé de nombreux artisans et Gustave Eiffel renonce à son
idée initiale en abandonnant ses droits d'auteur dans le
domaine public.
Ainsi, Gustave Eiffel s'est privé d'une source de revenus
importante. L'exploitation commerciale de l'image sur les
cartes postales représentant la tour Eiffel aurait pu lui
rapporter beaucoup d'argent. Avec plus de 5 milliards
d'unités, en cumulé depuis 1889, les cartes postales
représentant le monument sont les plus vendues au
monde. Mais Gustave Eiffel a une importante fortune
personnelle et la seule exploitation commerciale des
entrées lui rapporte suffisamment.
La Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE)
revendique des droits sur la publication de la tour
illuminée, sans que cela soit confirmé par un jugement, en
s'appuyant sur une décision de la Cour de cassation du 3
mars 1992 relative à des illuminations mises en place en
1989, pour le centenaire de la tour. Selon la Cour, le
spectacle son-et-lumière La Mode en images, et
notamment « la composition de jeux de lumière destinés à
révéler et à souligner les lignes et les formes du
monument constituait une « création visuelle » originale,
et, partant, une œuvre de l'esprit. »
L'entretien
De 2008 à 2014, l’ascenseur du pilier ouest est rénové
pour un coût global estimé à 36 millions d'euros.
La 19e campagne de peinture de la tour a lieu de 2009 à
2010.
En 2010, un modèle numérique de la tour a été réalisé par
le Centre technique des industries mécaniques en
collaboration avec DEKRA, pour la Société d'exploitation
de la tour Eiffel. Grâce à ce modèle, il est possible de
simuler le comportement de la structure en fonction des
efforts appliqués (vent, gel, neige, poids des visiteurs), ou
d'anticiper les conséquences des modifications et de
mieux planifier l'entretien.
En 2012 et 2013, le premier étage de la tour est rénové
par l'agence Moatti-Rivière. À cette occasion, le bord
intérieur de l'étage sera prolongé par des dalles
transparentes bordées par un garde-corps vitré, afin de
donner une vue sur le sol. Cette opération, financée en
totalité par la Société d'exploitation de la tour Eiffel, a pour
but d'augmenter la fréquentation du 1er étage, les
visiteurs ayant tendance à préférer les autres étages. La
salle de réception et de conférence Gustave-Eiffel sera
détruite puis reconstruite, afin de la moderniser et
d'améliorer la vue depuis l'intérieur. Le pavillon Ferrié sera
également détruit puis reconstruit.
Informations diverses
Illuminations de la tour
La tour Eiffel est régulièrement animée par des jeux de
lumière. Dès 1888, avant même son achèvement, des
feux d’artifices étaient tirés depuis le deuxième étage, et
encore maintenant, il est le lieu de rendez-vous des
parisiens à chaque fête nationale française.
En 1889, et dans un premier temps, les éclairages de la
tour se font à l'aide de 10 000 becs de gaz, mais dès
l’Exposition universelle de 1900, qui se tient à Paris, ils se
font à l’électricité.
En 1925, André Citroën fait installer par Fernand
Jacopozzi une énorme publicité lumineuse pour sa
marque, s’étendant en hauteur. Les illuminations par 250
000 ampoules en six couleurs figurent neuf tableaux, le
dernier étant le nom « Citroën » avec un lettrage stylisé
version Art déco. Elle reste en place jusqu'en 1933 bien
que la commune ait multiplié par six sa taxe en 1926.
En 1937, pour l’Exposition internationale des arts
appliqués, André Granet conçoit un nouvel éclairage
mettant en valeur la structure en dentelle de la tour.
Pour le passage à l'an 2000, la tour a été équipée d'un
faisceau lumineux tournant à la manière d’un phare
rappelant ainsi le projet initial de Gustave Eiffel. En outre,
sur toute la hauteur de la tour, un système de 20 000
flashes est venu compléter l'éclairage habituel. Ces 20
000 ampoules à baïonnettes crépitaient tous les jours
pendant dix minutes à midi, et de la tombée de la nuit à
une heure du matin, en plus de l’éclairage doré habituel,
elles s’illuminaient pendant cinq minutes à chaque
nouveau passage d’heure. Enfin, à une heure du matin,
pour clore le spectacle, les ampoules brillaient pendant dix
minutes, mais cette fois-ci seules, c’est-à-dire sans
l’éclairage habituel de la tour.
Certaines illuminations célèbrent des événements d'une
portée plus internationale. Par exemple, de nouvelles
illuminations apparaissent le 22 janvier 2004 pour célébrer
le nouvel an chinois à Paris. De juillet à décembre 2008, à
l'occasion de la présidence française du conseil de l'Union
européenne, la tour Eiffel fut éclairée en bleu et, entre le
premier et le second étage, 12 lumières en forme d'étoiles
furent installées pour évoquer le drapeau européen. Elle
est illuminée en vert le 30 novembre 2015 à l'occasion de
l'ouverture à Paris de la COP21.
Depuis peu, les illuminations s'accordent avec l'actualité :
dans la nuit du 14 au 15 novembre 2015, les éclairages de
la tour s'éteignent, en signe de deuil, après les attentats
survenus la veille33. Puis, du 16 au 18 novembre, la face
nord-ouest de la tour est éclairée des couleurs tricolores
34. Ces illuminations sont, par la suite, prolongées
jusqu'au 25 novembre35. Elle est également illuminée aux
couleurs du drapeau belge le 22 mars 2016, après que
des attentats ont frappé le pays.
En 2018 la tour Eiffel doit faire l'objet d'un lifting qui est
compliqué par la présence de plomb36
Les concerts sur ou à côté de la tour
La tour a servi de podium a quelques artistes : le 25
septembre 1962, pour le lancement du film Le Jour le plus
long, Édith Piaf chante depuis le premier étage de la tour
Eiffel devant 25 000 Parisiens. En 1966, pour le
lancement de la campagne mondiale contre la faim,
Charles Aznavour et Georges Brassens y chantent.
Pour les événements plus spectaculaires, le monument ne
peut pas accueillir les artistes : la tour ne sert que
d'arrière-plan aux spectacles qui se déroulent sur le
Champ de Mars . Le 14 juillet 1995, Jean-Michel Jarre
donne ainsi un concert au pied de la tour Eiffel pour
célébrer les 50 ans de l'UNESCO, devant plus d'un million
de spectateurs. Le 10 juin 2000, Johnny Hallyday y donne
un concert et un spectacle pyrotechnique, devant 600 000
personnes, dont il tirera un disque : 100 % Johnny - Live à
la tour Eiffel.
Les répliques
Parmi les nombreuses répliques de la tour Eiffel, on peut
citer :
À Lyon (France), sur la colline de Fourvière, se trouve la
tour antenne-radio de Lyon, réplique du troisième étage
de la tour Eiffel.
À Prague (République tchèque), la tour de Petřín, d'une
hauteur de 60 m, s'inspire de la tour Eiffel.
À Las Vegas (États-Unis), une réplique de 165 m de
hauteur a été construite dans le cadre du complexe
hôtelier Paris Las Vegas.
À Tokyo (Japon), la tour de Tokyo (東京タワー, Tōkyō tawā?,
de l'anglais Tokyo Tower) est une tour orange et blanche
située dans l'arrondissement de Minato. Son concept est
fondé sur celui de la tour Eiffel de Paris. Elle a été réalisée
par l'architecte Tachū Naitō.
À Hangzhou (Chine) se trouve une réplique de la Tour
Eiffel haute de 108 m.
Ventes de tronçons d'escalier
L'escalier hélicoïdal de 1889 reliant à l'origine le deuxième
au troisième étage a été démonté en 1983 et découpé en
24 morceaux dont 20 ont été vendus aux enchères.
Certains de ces morceaux sont occasionnellement remis
aux enchères comme en 2016, quand François Tajan a
adjugé le tronçon numéro 13, d'une hauteur de 2 m 60 et
comptant 14 marches, pour la somme de 523 800 euros.
Plate-forme d'observation
Le second niveau du troisième étage, appelé parfois
quatrième étage, situé à 279,11 m, est la plus haute plate-
forme d'observation accessible au public de l'Union
européenne et la plus haute d'Europe, tant que celle de la
Tour Ostankino à Moscou culminant à 360 m demeurera
fermée au public, à la suite de l'incendie survenu en l'an
2000, l'observatoire du Shard de Londres se situant à 245
m et celui de la Fernsehturm de Berlin à 204 m.
La cheminée
Au sud-ouest du pilier ouest de la tour Eiffel, se trouve une
cheminée en briques rouges, parmi des arbustes au
sommet d'une fontaine et de grottes artificielles au bord
d'un petit étang. Elle date de l'époque de la création de la
tour en 1887. Elle servait à alimenter en énergie le
chantier du pilier sud durant sa construction.
Victor Lustig : « l'homme qui vendit la tour Eiffel »
En 1925, l'escroc Victor Lustig vend la tour Eiffel pour
pièces détachées et récupération, à un ferrailleur. Ayant lu
dans la presse que celle-ci pourrait être bientôt démolie, il
fabrique de faux documents à en-tête du ministère des
Postes et Télégraphes, organisme alors responsable de la
tour, et invite les cinq plus importantes compagnies
récupératrices de métaux ferreux à l'hôtel de Crillon, place
de la Concorde à Paris. Seuls sont censés être dans la
confidence le président de la République, le ministre, le
sous-ministre et son chef de cabinet. Se présentant
comme étant ces deux derniers, Victor Lustig et son
complice Dan Collins conduisent leurs invités en limousine
à la tour Eiffel et la leur font visiter, puis annoncent au
ferrailleur le plus crédule qu'il a remporté le marché. Celui-
ci ayant payé par chèque une avance représentant le
quart de la soumission, augmenté d'un pot-de-vin, les
deux escrocs encaissent le chèque et s'enfuient en
Autriche. Revenus à Paris retenter leur chance avec de
nouveaux ferrailleurs, ils sont surveillés par la police et
s'échappent en bateau à New York.
Cet exploit a été repris dans le livre (The Man Who Sold
the Eiffel Tower) de James F. Johnson et Floyd Miller,
paru en 1961 chez Doubleday, dont la traduction française
(L'Homme qui vendit la tour Eiffel) a été publiée en 1963
par Calmann-Lévy. En 1964, Claude Chabrol réalise un
court-métrage inspiré de cette histoire, L'Homme qui
vendit la tour Eiffel, dans le film à sketches Les Plus
Belles Escroqueries du monde.
Exploits sportifs
Comme les artistes, les sportifs ont utilisé la tour à la fois
pour la publicité qu'elle permet, que pour le défi que peut
représenter sa hauteur. Pour beaucoup, il s'agit d'un
exploit réalisé sans l'accord préalable de la société
exploitant la tour, comme les sauts à l'élastique de A. J.
Hackett et Thierry Devaux, ou Taïg Khris qui établit le
record du monde de saut dans le vide en roller en
s'élançant d'une plate-forme située au niveau du premier
étage de la tour Eiffel. D'autres sont moins risqués mais
ont marqué par leur originalité, comme Sylvain Dornon
qui, en 1905, monte sur des échasses les marches qui
mènent au premier étage.
Des manifestations sportives ont aussi marqué l'histoire
de la tour. Le 26 novembre 1905, le quotidien Les Sports
organise le « championnat de l'escalier » regroupant 227
concurrents. Le vainqueur, un laitier du nom de Forestier,
grimpe les 729 marches menant au deuxième étage en 3
min 12 s.
En avril 1900, Henry Deutsch de la Meurthe offre un prix
de 100 000 francs à la première machine volante capable
de réaliser, avant octobre 1904, le trajet aller-retour de
Saint-Cloud à la tour Eiffel en moins de 30 minutes. 19
octobre 1901, Alberto Santos-Dumont parcourt ce trajet en
30 min 42 s, avec son ballon dirigeable no 6, et remporte
le prix. En 1944, peu avant le débarquement en
Normandie, un pilote américain du 357th Fighter Group,
William Overstreet, Jr., aux commandes d'un P-51
Mustang passe sous les arches de la tour Eiffel pour
abattre un Messerschmitt Bf 109. Ce dernier, touché à
plusieurs reprises par le Mustang, tenta de survoler Paris
pour le faire abattre par la Flak.
Les accidents
La tour Eiffel n’a connu qu'un seul accident mortel durant
sa construction.
Le 4 février 1912, Franz Reichelt, un jeune tailleur parisien
de 33 ans d’origine autrichienne, décide de sauter du
premier étage de la tour Eiffel, soit à quelque cent mètres
de hauteur, muni d’une voilure de son invention, une
combinaison-parachute en toile caoutchoutée avec ailes
d'une surface portante de douze mètres carrés, et de se
filmer. Il s’écrase au sol, après avoir déjoué la vigilance
des policiers qui s'attendaient à un essai avec un
mannequin. L’autopsie montre qu'il est mort d’une crise
cardiaque, avant d’avoir touché le sol.
Le 24 février 1926, à la suite d'un pari avec un Américain,
Léon Collot, jeune lieutenant de réserve de 32 ans du
camp d’Orly, décide de faire passer son avion Breguet 19
entre les pieds ouest et nord de la tour Eiffel ;
malheureusement, à la suite de son passage réussi, il se
tue en heurtant une antenne TSF.
Le 20 mars 1928, un essai de parachute à la tour Eiffel,
alors que cette pratique est totalement interdite depuis
1912, va mal tourner, provoquant la mort de Marcel Gayet,
un bijoutier de 35 ans, qui va chuter de 80 mètres avant
de s'écraser au sol, son parachute ne s'étant pas ouvert,
alors qu'il a sauté du 1er étage de la tour. Le mauvais
pliage de son parachute serait en cause.
En 2006, selon le Quid, il y avait eu 366 morts depuis
l'inauguration de la tour, tous motifs confondus : défis
sportifs ratés, accidents, suicides, etc.. Depuis plusieurs
décennies, la société exploitant le monument a mis en
place un système de filets de sécurité empêchant les
accidents et dissuadant les aventuriers. Malgré cela,
certains arrivent encore à passer outre et à braver le
danger. Ce fut le cas le 17 mai 2005, lorsqu’un Norvégien
de 31 ans se tua vers 22 h en voulant sauter en parachute
du deuxième étage. Malgré les protections, il réussit à
s'élancer de la tour mais heurta peu après les structures
du premier étage, mourant sur le coup. Le dernier en date,
un Israélien, s'est suicidé le 24 juin 2012 en sautant dans
le vide après avoir escaladé la tour jusqu'au-dessus du
deuxième étage.
Écoulement de l'électricité
Seize tuyaux de fonte de 50 cm de diamètre courant le
long des quatre piliers jusque dans la couche aquifère
permettent d'écouler l'électricité lorsque la tour Eiffel est
frappée par la foudre.
Émetteurs
La tour Eiffel est l'émetteur principal de diffusion
hertzienne de la région parisienne, en particulier pour les
programmes de radio FM, auparavant de télévision
analogique et aujourd'hui télévision numérique. De
nombreuses liaisons sont également réalisées depuis les
antennes disposées à son sommet. Plus d'une centaine
de faisceaux hertziens assurent la transmission des
signaux entre la tour et les différents opérateurs (studios,
régies…).