Qualité des Médicaments Vétérinaires au Sénégal
Qualité des Médicaments Vétérinaires au Sénégal
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ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES
(E.I.S.M.V.)
ANNEE: 2007 N° 31
THESE
Présentée et soutenue publiquement le 18 Juillet 2007 devant la Faculté de
Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie de Dakar pour obtenir le grade de
DOCTEUR EN MEDECINE VETERINAIRE
(DIPLOME D’ETAT)
Par
Lucain WALBADET
Né le 05 mars 1977 à Kim-Bongor (TCHAD)
JURY
M. Mamadou BADIANE
Professeur à la Faculté de Médecine, de Pharmacie
Président : et d’Odonto - Stomatologie de Dakar
M. Moussa ASSANE
Membres : Professeur à l’E.I.S.M.V de Dakar
COMITE DE DIRECTION
LE DIRECTEUR
o Professeur Louis Joseph PANGUI
LES COORDONNATEURS
i
PERSONNEL ENSEIGNANT
ii
A. DEPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET
PRODUCTIONS ANIMALES
CHEF DE DEPARTEMENT : Ayao MISSOHOU, Maître de Conférences Agrégé
SERVICES
ANATOMIE-HISTOLOGIE-EMBRYOLOGIE
Serge Niangoran BAKOU Maître de Conférences Agrégé
Gualbert Simon NTEME ELLA Assistant
Camel LAGNIKA Docteur Vétérinaire Vacataire
Teby Fabrice ABONOU Moniteur
CHIRURGIE – REPRODUCTION
Papa El Hassane DIOP Professeur
Alain Richi KAMGA WALADJO Maître - Assistant
Mlle Doris NKO SADI BIATCHO Docteur Vétérinaire Vacataire
Mlle Hermine Flore KWIN Monitrice
iii
B. DEPARTEMENT DE SANTE PUBLIQUE ET ENVIRONNEMENT
CHEF DE DEPARTEMENT: Rianatou BADA ALAMBEDJI, Professeur
SERVICES
MICROBIOLOGIE-IMMUNOLOGIE-PATHOLOGIE INFECTIEUSE
PARASITOLOGIE-MALADIES PARASITAIRES-ZOOLOGIE
APPLIQUEE
iv
Ibrahima WADE Docteur Vétérinaire Vacataire
Charles Benoît DIENG Docteur Vétérinaire Vacataire
Marc NABA Docteur Vétérinaire Vacataire
Mlle Aurélie BOUPDA FOSTO Docteur Vétérinaire Vacataire
PHARMACIE-TOXICOLOGIE
C. DEPARTEMENT COMMUNICATION
CHEF DE DEPARTEMENT : Professeur Yalacé Yamba KABORET
SERVICES
BIBLIOTHEQUE
Mme Mariam DIOUF Documentaliste
SERVICE AUDIO-VISUEL
Bouré SARR Technicien
D. SCOLARITE
v
PERSONNEL VACATAIRE (Prévu)
BIOPHYSIQUE
Mamadou MBODJ Maître – assistant
Boucar NDONG Assistant
Faculté de Médecine et de Pharmacie
UCAD
BOTANIQUE
Dr Kandioura NOBA Maître de Conférences (COURS)
Dr Mame Samba MBAYE Assistant (TP)
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
AGRO-PEDOLOGIE
Fary DIOME Maître – assistant
Institut des Sciences de la Terre (I.S.T.)
ZOOTECHNIE
Abdoulaye DIENG Docteur Ingénieur : ENSA - THIES
Léonard Elie AKPO Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
HIDAOA
٭NORMALISATION ET ASSURANCE QUALITE
Mme Mame Sine MBODJ NDIAYE Chef de la Division Agroalimentaire
de l’Association Sénégalaise de
Normalisation (A.A.S.N.)
٭ASSURANCE QUALITE – ANALYSE DES RISQUES DANS LES REGLEMENTATIONS
ECONOMIE
Oussouby TOURE Sociologue
Adrien MANKOR Docteur Vétérinaire- Economiste
Chercheur à l’I.S.R.A
vi
PERSONNEL EN MISSION (Prévu)
ANATOMIE
Mohamed OUASSAT Professeur
Institut Agronomique et Vétérinaire
Hassan II (Rabat) Maroc
TOXICOLOGIE CLINIQUE
Abdoulaziz EL HRAIKI Professeur
Institut Agronomique et Vétérinaire
Hassan II (Rabat) Maroc
PATHOLOGIE MEDICALE
Marc KPODEKON Maître de Conférences Agrégé
Université d’ABOMEY-CALAVI
(Bénin)
PARASITOLOGIE
Sahidou SALIFOU Maître de Conférences Agrégé
Université d’ABOMEY-CALAVI (Bénin)
BIOCHIMIE
Georges Anicet OUEDRAOGO Professeur
Université de BOBO-DIOULASSO
(Burkina Faso)
H.I.D.A.O.A
Youssouf KONE Maître de Conférences
Université de NOUAKCHOTT
(Mauritanie)
REPRODUCTION
Hamidou BOLY Professeur
Université de BOBO- DIOULASSO
(Burkina Faso)
ZOOTECHNIE
Gbeukoh Pafou GONGNET Professeur
Université de N’DJAMENA (TCHAD)
vii
PERSONNEL ENSEIGNANT CPEV (Prévu)
MATHEMATIQUES
Abdoulaye MBAYE Assistant
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
PHYSIQUE
Issakha YOUM Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
٭Travaux Pratiques
André FICKOU Maître-Assistant
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
CHIMIE ORGANIQUE
Abdoulaye SAMB Professeur
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
CHIMIE PHYSIQUE
Abdoulaye DIOP Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
٭Travaux Pratiques de CHIMIE
Rock Allister LAPO Assistant
EISMV – DAKAR
٭Travaux Dirigés de CHIMIE
Momar NDIAYE Assistant
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
BIOLOGIE VEGETALE
Dr Aboubacry KANE Maître-assistant (Cours)
viii
Dr Ngansomana BA Assistant vacataire (TP)
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
BIOLOGIE CELLULAIRE
Serge Niangoran BAKOU Maître de Conférences agrégé
EISMV - DAKAR
EMBRYOLOGIE ET ZOOLOGIE
Karamokho DIARRA Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
PHYSIOLOGIE ANIMALE
Moussa ASSANE Professeur
EISMV – DAKAR
ix
GEOLOGIE
٭FORMATIONS SEDIMENTAIRES
Raphaël SARR Maître de Conférences agrégé
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
٭HYDROGEOLOGIE
Abdoulaye FAYE Maître de Conférences agrégé
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
CPEV
٭Travaux Pratiques
Mlle Franckline ENEDE Docteur Vétérinaire Vacataire
Mlle Naomie KENMOGNE Monitrice
x
PERSONNEL ENSEIGNANT DU D.E.A – P.A
LES M O D U L E S :
1. ZOOTECHNIE – ALIMENTATION
Intervenants :
xi
2. SYSTEME DE PRODUCTION - ENVIRONNEMENT
Intervenants :
xii
3. REPRODUCTION – AMELIORATION GENETIQUE
Intervenants :
Intervenants :
Cheikh LY Professeur
EISMV – Dakar
xiii
5. HYGIENE ET INDUSTRIES DES DENREES ALIMENTAIRES D’ORIGINE
ANIMALE (H.I.D.A.O.A)
Intervenants :
xiv
5. INITIATION A LA RECHERCHE
Intervenants :
xv
DEDICACES
Je rends grâce à l’Eternel Dieu.
Je dédie ce modeste travail :
A mon père
Ce travail est le fruit de la rigueur que vous avez imposée en nous. Que Dieu vous
bénisse.
A ma mère
Vous êtes l’oreille attentive à mes doléances. Que Dieu vous accorde une longue vie.
A mes grands-parents
Pour tout l’amour dont j’ai été l’objet dès mon enfance, une fois de plus merci.
A mes frères et soeurs
Ce travail doit vous servir d’exemple. Que Dieu vous donne la possibilité de faire mieux.
A ma très chère NOM-OSSO
Ce travail est aussi le tien. Réjouis-toi femme !
A ma fille
Tu es à jamais ma source de motivation. Tu m’es très chère.
A mes oncles et tantes
En reconnaissance à votre assistance et votre soutien spirituel.
A ma belle-famille
Pour la confiance que vous avez placée en moi.
A mes coussins et cousines
En reconnaissance de ce que vous représentez pour moi : une famille
A mes amis : Madjibé DANGAR, LANGTAR Justin, Nodjimadi RIRABE
A mon compagnon Abdel-Aziz Arada IZZEDINE
Que Dieu nous donne la possibilité d’explorer d’autres horizons.
A tous mes amis de la Faculté des Sciences Appliquées et Exactes de N’djaména
A tous mes compatriotes de l’.E.I.S.M.V.
A toute la communauté tchadienne au Sénégal
A toute la communauté Kim de Dakar et de part le monde
A mes amis rwandais, camerounais et ivoiriens de la 34ème promotion
A la 34ème promotion de l’.E.I.S.M.V
Au Sénégal, mon pays hôte
Au Tchad, ma chère patrie
xvi
REMERCIEMENTS
Nous remercions sincèrement :
o Monsieur le Directeur de l’EISMV, Professeur Louis Joseph PANGUI, initiateur de
ce travail, qui a mis à notre disposition les moyens nécessaires pour sa réalisation ;
o Le Docteur Assiongbon TEKO-AGBO, mon maître et directeur de thèse, qui a
accepté de guider nos pas sur la voie de la recherche scientifique. Une fois de plus
merci, pour la confiance que vous avez placée en nous ;
o Monsieur EL Hadji Mamadou Moctar NIANG, pour son soutien, ses conseils et
pour l’encadrement technique ;
o Monsieur Anselme SHYAKA, pour sa présence participative ;
o Monsieur le Directeur de l’Elevage du Sénégal, Docteur Malick FAYE ;
o Le Docteur Mbargo LO et le Docteur Malick TINE, pour leur disponibilité ;
o Les inspecteurs régionaux des services d’élevage des régions de Dakar, Kaolack et
Thiès ;
o Monsieur Mathias BASSAMA, pour son aide et ses conseils ;
o Le Docteur Joseph BOGOL, pour ses conseils et son soutien ;
o Mr GUANDET Doudering Nestor,
o La Coopération Française, pour la prise en charge en séjour sénégalais ;
o Le Docteur Florent MESSOMO NDJANA ;
o Madame DIOUF Mariane, Responsable de la bibliothèque de l’.E.I.S.M.V;
o Mademoiselle Guedem DARA, ma belle-sœur ;
o Mademoiselle Clairence BAWOIDI, ma cousine ;
o Docteur Serge NGANDJI ;
o Docteur Achille YEPKA ;
o Tous ceux ou celles qui de près ou de loin ont contribué à la réalisation de ce travail.
xvii
NOS MAITRES ET JUGES
A notre Maître et Président de jury, Monsieur Mamadou BADIANE
Professeur à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie de
Dakar ;
Vous nous faites un grand honneur en acceptant de présider notre jury de thèse. La
spontanéité avec laquelle vous avez répondu à notre sollicitation nous a beaucoup
marqués. Trouvez ici l’expression de nos sincères remerciements et de notre profonde
gratitude. Hommage respectueux.
xviii
« Par délibération, la faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto –
Stomatologie et l’Ecole Inter – Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires de
Dakar ont décidé que les opinions émises dans les dissertations qui leurs sont
présentées, doivent être considérées comme propres à leurs auteurs et qu’elles
n’entendent leur donner aucune approbation ni improbation. »
xix
LISTE DES TABLEAUX
xx
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Répartition du marché mondial des médicaments vétérinaires par classe
thérapeutique
Figure 2 : Sites d’étude
Figure 3 : Vente de médicaments vétérinaires au marché hebdomadaire de Ndiguiraye
(département de Nioro du Rip)
Figure 4 : Médicaments vétérinaires posés à même le sol par un vendeur au marché de
Touba-Toul (département de Thiès)
Figure 5 : Vendeur ambulant au marché hebdomadaire de Touba-Toul (département de
Thiès)
Figure 6 : Circuit officiel de distribution de médicaments vétérinaires dans les régions
de Dakar, Kaolack et Thiès
Figure 7 : Circuits parallèles de distribution de médicaments vétérinaires dans les
régions de Dakar, Kaolack et Thiès
Figure 8 : Echantillons présentant un défaut de délitement
Figure 9 : Echantillon présentant un défaut de limpidité
Figure 10 : Echantillon limpide (fiole n° 21) comparé à l’échantillon non limpide (fiole
n° 19)
Figure 11 : Chromatogramme de l’échantillon supposé contenir de l’oxytétracycline
Figure 12 : Chromatogramme d'un standard d'oxytétracycline
xxi
LISTE DES ABREVIATIONS
xxii
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION --------------------------------------------------------------------------------------- 1
PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE -------------------------------------- 5
CHAPITRE I : L’ELEVAGE AU SENEGAL ------------------------------------------------------- 6
I.1. Le cheptel national ---------------------------------------------------------------------------------- 6
I.2. Les principaux systèmes d’élevage au Sénégal-------------------------------------------------- 7
I.2.1. L’élevage des ruminants-------------------------------------------------------------------------- 7
I.2.1.1. Le système pastoral ----------------------------------------------------------------------------- 7
I.2.1.2. Le système agro-pastoral----------------------------------------------------------------------- 8
I.2.1.3.Le système périurbain --------------------------------------------------------------------------- 8
I.2.2. L’aviculture ---------------------------------------------------------------------------------------- 8
I.2.2.1. L’aviculture traditionnelle --------------------------------------------------------------------- 9
I.2.2.2. L’aviculture moderne--------------------------------------------------------------------------- 9
I.2.4. L’élevage équin et asin -------------------------------------------------------------------------- 10
I.3. Importance socio-économique de l’élevage----------------------------------------------------- 10
I.3.1. Importance économique ------------------------------------------------------------------------- 10
I.3.2. Importance sociale ------------------------------------------------------------------------------- 11
I.4. Situation zoosanitaire ------------------------------------------------------------------------------ 12
I.4.1. Les maladies de la liste A de l’OIE ------------------------------------------------------------ 13
I.4.2. Les maladies de la liste B de l’OIE ------------------------------------------------------------ 16
I.4.3. Les autres maladies ------------------------------------------------------------------------------ 18
CHAPITRE II : LE MARCHE DU MEDICAMENT VETERINAIRE-------------------------- 19
II.1. Evolution du marché mondial du médicament vétérinaire ----------------------------------- 19
II .1.2. Répartition du marché mondial des médicaments vétérinaires dans le monde --------- 20
II.1.3. Répartition du marché mondial des médicaments vétérinaires par classe thérapeutique
------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 21
II.1.4. Répartition mondiale des médicaments vétérinaires par rapport aux animaux---------- 22
II.1.5. Classement mondial des laboratoires pharmaceutiques vétérinaires --------------------- 22
II.1.6. Classement des molécules les plus vendues en médecine vétérinaire -------------------- 24
II.2. Le marché du médicament vétérinaire en Afrique subsaharienne: particularités et
réglementation ------------------------------------------------------------------------------------------- 26
II.2.1. Particularités ------------------------------------------------------------------------------------- 26
II.2.1.1. Classes thérapeutiques dominantes --------------------------------------------------------- 26
II.2.1.2. Origine des médicaments commercialisés en Afrique subsaharienne------------------ 27
II.2.1.3. Acteurs du marché officiel des médicaments vétérinaires en ASS --------------------- 28
II.2.1.3.1. Les importateurs - grossistes – répartiteurs---------------------------------------------- 28
II.2.1.3.2. Les détaillants ------------------------------------------------------------------------------- 29
II.2.1.3.3. Les soins aux animaux --------------------------------------------------------------------- 30
II.2.1.4. Marché parallèle des médicaments vétérinaires en Afrique subsaharienne ----------- 31
II.2.1.4.1. Acteurs du marché parallèle des médicaments vétérinaires en Afrique
subsaharienne -------------------------------------------------------------------------------------------- 31
II.2.1.4.2. Origine des médicaments vétérinaires rencontrés dans le marché parallèle--------- 32
II.2.2. Réglementation de la pharmacie vétérinaire en Afrique subsaharienne------------------ 32
II.2.2.1. Textes réglementaires existants ------------------------------------------------------------- 33
II.2.2.2. Autorisation de mise sur le marché (AMM)----------------------------------------------- 33
II.2.2.3. Enregistrement des médicaments vétérinaires en Afrique subsaharienne ------------- 34
II.3. Le marché de médicaments vétérinaires au Sénégal ------------------------------------------ 37
II.3.1. Le marché officiel de médicaments vétérinaires au Sénégal ------------------------------ 37
II.3.1.1.Evolution du marché des médicaments vétérinaires au Sénégal------------------------- 38
II.3.1.2. Les acteurs du marché officiel des médicaments vétérinaires au Sénégal ------------- 39
xxiii
II.3.1.2.1. Les pays exportateurs de médicaments vétérinaires au Sénégal ---------------------- 39
II.3.1.2.2. Laboratoires exportateurs et centrales de vente de médicaments vétérinaires au
Sénégal --------------------------------------------------------------------------------------------------- 39
II.3.1.2.3. Les grossistes – répartiteurs --------------------------------------------------------------- 40
II.3.12.4. Les détaillants -------------------------------------------------------------------------------- 41
II.3.2. Le marché parallèle des médicaments vétérinaires au Sénégal---------------------------- 42
II.3.2.1. Les acteurs du marché parallèle des médicaments vétérinaires au Sénégal ----------- 43
II.3.2.2. Origine des médicaments vétérinaires rencontrés dans le marché parallèle au Sénégal
------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 43
II.3.3. Etat de la réglementation pharmaceutique vétérinaire au Sénégal ------------------------ 44
CHAPITRE III : QUALITE DES MEDICAMENTS VETERINAIRES EN AFRIQUE
SUBSAHARIENNE ------------------------------------------------------------------------------------ 46
III.1. Définitions----------------------------------------------------------------------------------------- 46
III.1.1. Médicament vétérinaire ----------------------------------------------------------------------- 46
III.1.2. Médicament vétérinaire générique ----------------------------------------------------------- 47
III.1.3. Médicaments vétérinaires essentiels --------------------------------------------------------- 48
III.1.4. Qualité du médicament vétérinaire----------------------------------------------------------- 48
III.2. Indicateurs de qualité des médicaments vétérinaires----------------------------------------- 49
III.2.1. Etiquetage --------------------------------------------------------------------------------------- 49
III.2.2. Composition du médicament ----------------------------------------------------------------- 49
III.2.3. Numéro de lot----------------------------------------------------------------------------------- 50
III.2.4. Durée de vie du médicament------------------------------------------------------------------ 50
III.2.5. Date de fabrication ----------------------------------------------------------------------------- 50
III.2.6. Date d’expiration ------------------------------------------------------------------------------- 50
III.2.7. Stockage et conservation des médicaments ------------------------------------------------- 51
III.2.8. Laboratoire fabricant--------------------------------------------------------------------------- 51
III.3. Marché des médicaments vétérinaires non-conformes en Afrique subsaharienne ------- 51
III.4. Contrôle de la qualité des médicaments vétérinaires en Afrique subsaharienne: le
LACOMEV et les progrès réalisés en la matière---------------------------------------------------- 53
DEUXIEME PARTIE :--------------------------------------------------------------------------------- 55
CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODES------------------------------------------------------ 56
I.1. Cadre de l'étude ------------------------------------------------------------------------------------- 56
I.1.1. La région de Dakar------------------------------------------------------------------------------- 56
I.1.2. La région de Thiès ------------------------------------------------------------------------------- 56
I.1.3. La région de Kaolack ---------------------------------------------------------------------------- 57
I.2. Phase d’enquête------------------------------------------------------------------------------------- 58
I.2.1. Zones et période de l’enquête------------------------------------------------------------------- 58
1.2.2. Méthode d’enquête ------------------------------------------------------------------------------ 59
I.2.2.1. Recherche bibliographique ------------------------------------------------------------------- 59
I.2.2.2. Rencontres avec les autorités en charge de l'élevage -------------------------------------- 59
I.2.2.3. Visites et entretiens ---------------------------------------------------------------------------- 59
I.2.2.4. Observations directes et interviews informels---------------------------------------------- 60
I.2.3. Echantillonnage des médicaments vétérinaires----------------------------------------------- 60
I.2.3.1. Molécules ciblées ------------------------------------------------------------------------------ 61
I.2.3.2. Description de l’échantillon ------------------------------------------------------------------ 61
I.2.3.3. Nombre d’échantillons prévus---------------------------------------------------------------- 61
I.2.3.4 . Réalisation du prélèvement ------------------------------------------------------------------ 61
I.3. Phase de laboratoire -------------------------------------------------------------------------------- 62
I.3.1. Matériel-------------------------------------------------------------------------------------------- 62
I.3.1.1. Médicaments vétérinaires --------------------------------------------------------------------- 63
xxiv
I.3.1.2. Matériel de laboratoire ------------------------------------------------------------------------ 63
I.3.2. Méthodes de contrôle ---------------------------------------------------------------------------- 64
I.3.2.1. Contrôles galéniques--------------------------------------------------------------------------- 64
I.3.2.2. Identification et dosage des principes actifs ------------------------------------------------ 65
I.3.2.3. Normes de conformité ------------------------------------------------------------------------- 67
I.3.2.4. Traitement des données ----------------------------------------------------------------------- 68
CHAPITRE II : RESULTATS ------------------------------------------------------------------------ 69
II.1. Résultats de l’enquête sur la distribution des médicaments vétérinaires dans les régions
de Dakar, Kaolack et Thiès ---------------------------------------------------------------------------- 69
II.1.1. Aspect législatif et réglementaire sur la profession et la pharmacie vétérinaires ------- 69
II.1.1.1. Au niveau national ---------------------------------------------------------------------------- 69
II.1.1.2. Au niveau sous- régional--------------------------------------------------------------------- 69
I.1.2. Physionomie du marché de médicaments vétérinaires au Sénégal------------------------- 71
I.1.2.1. Le marché officiel------------------------------------------------------------------------------ 71
II.1.2.1.1. Approvisionnement------------------------------------------------------------------------- 72
II.1.2.1.2. Organisation de la distribution ------------------------------------------------------------ 76
II.1.2.2.Marché parallèle ou illicite ------------------------------------------------------------------- 80
II.1.2.2.1. Acteurs --------------------------------------------------------------------------------------- 80
II.1.2.2.2. Ampleur du marché parallèle selon les régions ----------------------------------------- 81
II.1.2.2.3. Causes favorisantes------------------------------------------------------------------------- 84
II.2. Résultats du contrôle de la qualité des échantillons de médicaments vétérinaires au
laboratoire ------------------------------------------------------------------------------------------------ 86
II.2.1- Résultats des tests galéniques ----------------------------------------------------------------- 86
II.2.2. Résultats d’identification et du dosage des principes actifs-------------------------------- 90
II.2.2.1. Identification des principes actifs ----------------------------------------------------------- 90
II.2.2.2. Dosage des principes actifs ------------------------------------------------------------------ 91
II.2.3. Synthèse de résultats de contrôle pharmaceutique ------------------------------------------ 94
CHAPITRE III : DISCUSSION ET RECOMMANDATIONS ----------------------------------- 97
III.1. Discussion ----------------------------------------------------------------------------------------- 97
III.1.1. Méthodologie ----------------------------------------------------------------------------------- 97
III.1.2. Distribution des médicaments vétérinaires-------------------------------------------------- 98
III.1.2.1. Réglementation------------------------------------------------------------------------------- 98
III.1.2.2. Organisation du circuit de distribution ---------------------------------------------------- 99
III.1.2.3. Usage des médicaments vétérinaires ---------------------------------------------------- 101
III.1.3. Résultats d’analyse des échantillons ------------------------------------------------------- 102
III.1.3.1. Non-conformité pharmaceutique--------------------------------------------------------- 102
III.1.3.2. Non-conformité dans les deux circuits du marché ------------------------------------- 103
III.1.3.3. Non-conformité par type de molécule--------------------------------------------------- 104
III.1.3.4. Types de non-conformité et conséquences --------------------------------------------- 104
III.2. Recommandations ------------------------------------------------------------------------------ 106
III.2.1. Aux autorités sénégalaises en charge de l’élevage--------------------------------------- 106
III.2.2. Aux professionnels et à l’Ordre National des Vétérinaires Sénégalais (O.N.V.S)--- 107
III.2.3. A la coopération internationale ------------------------------------------------------------- 108
BIBLIOGRAPHIE ------------------------------------------------------------------------------------ 113
xxv
xxvi
INTRODUCTION
1
L’élevage est une activité importante dans l’économie des pays d’Afrique. Pour
beaucoup des pays africains, il représente l’une des plus importantes sources
d’emplois et de revenus (LY, 2001b ; SIDIBE, 2001).
Au Sénégal, le sous-secteur de l’élevage constitue, un maillon essentiel de
l’économie à travers la promotion des exportations, la création d’emplois et la
satisfaction des besoins alimentaires des populations rurales et urbaines (GUEYE,
2003). Le sous-secteur de l’élevage avec près de 7% du produit intérieur brut (PIB)
national, participe pour 39% à la formation du PIB du secteur primaire et occupe
350 000 familles sénégalaises, soit environ 3 000 000 d’individus issus pour la
plupart, des souches les plus vulnérables du monde rural (SENEGAL, 2004).
Mais le secteur de l’élevage est confronté à un certain nombre de contraintes,
dont les plus marquées en élevage traditionnel, sont les contraintes pathologiques. En
effet, les maladies de types enzootiques, ainsi que les pathologies comme la peste
équine, de même que la maladie de Marek, la maladie de Gumboro, la maladie de
Newcastle et les colibacilloses chez la volaille, continuent de sévir, limitant ainsi, les
productions animales et occasionnant des taux de mortalité souvent élevés
(SENEGAL, 2007). Les pertes économiques enregistrées par ces maladies se
chiffreraient à plusieurs dizaines de milliards de F CFA annuellement (50-60
milliards) (SENEGAL, 1999).
Pour faire face à ces contraintes sanitaires qui minent le développement de l’élevage,
le Sénégal importe des médicaments vétérinaires qui contribuent à la sécurisation de la
santé de son cheptel et celle du consommateur des denrées d’origine animale.
En Afrique subsaharienne en général, et au Sénégal en particulier,
l’environnement institutionnel et les pratiques du terrain se sont considérablement
transformés dans la filière du médicament vétérinaire. Ainsi, la privatisation de
l’exercice de la médecine vétérinaire a permis l’émergence d’acteurs professionnels
nouveaux. La libéralisation de la filière du médicament vétérinaire, quant à elle, se
traduit par une multiplicité d’opérateurs qui sont pour la plupart, sans qualification
professionnelle (OULAI, 2004). Elle entretient de très nombreux canaux de
distribution des produits favorisant ainsi, l’émergence des marchés parallèles (NIANG
et TOLL, 2002 ; DIAGNE, 2001). On relève une diversification accrue de produits et
2
de leurs origines, ce qui augmente les risques sanitaires aussi bien chez l’animal que
chez l’homme (TEKO-AGBO et coll., 2002 ; BA, 2001).
L’émergence d’un marché illicite de médicament vétérinaire au Sénégal,
évoluant en parallèle par rapport au marché des médicaments vétérinaires importés
officiellement, se manifeste par une floraison de multitude de laboratoires
pharmaceutiques dont les unités de production font l’objet de doute concernant la
qualité de leurs produits (BA, 2001). Selon BADA et coll. (2006) et MONTEIRO
(1998), l’utilisation des médicaments vétérinaires non conformes a pour conséquences
immédiates la persistance de la maladie et à longue terme la résistance des agents
infectieux aux antibiotiques et aux antiparasitaires. L’utilisation abusive et mal
contrôlée des médicaments vétérinaires par des personnels, le plus souvent non
qualifiés conduit à la présence des résidus dans les denrées d’origine animale (BADA
et coll., 2006 ; FOFANA, 2004).
En effet, DIOP (2003) a révélé un fort taux d’échantillons (gésiers et foies de poulets)
en résidus dont la teneur dépasse la Limite Maximale de Résidus (LMR) fixée par le
Codex alimentarius et la directive 2277/90 CE. Les résidus d’antibiotiques dans les
denrées animales sont à l’origine des phénomènes d’allergie, et des cas mortels
d’aplasie médullaire ont été signalés avec le chloramphénicol (MILHAUD, 1985). Par
ailleurs, on signale des effets cancérigène, tératogène, mutagène ou embryotoxique
induits par certains résidus des médicaments vétérinaires (surtout les nitrofuranes chez
les consommateurs).
Considérant la nécessité de contrôler les produits pharmaceutiques de santé
animale commercialisés en Afrique subsaharienne, le Laboratoire de Contrôle
Médicaments Vétérinaires (LACOMEV) de l’Ecole Inter-Etats des Sciences et
Médecine Vétérinaires (EISMV) de Dakar a réalisé en accord avec les autorités des
différents pays, des sondages portant sur la qualité des médicaments vétérinaires en
circulation en Afrique subsaharienne ;(six) 6 pays en ont déjà bénéficié à savoir, le
Bénin, le Togo, le Mali, la Mauritanie, le Tchad et le Cameroun. Les résultats de ces
études ont montré des non-conformités pharmaceutiques aussi bien dans le circuit
illicite que dans le circuit officiel. Ces études ont contribué à la mise en place actuelle
3
d’un système d’harmonisation des textes législatifs et réglementaires au niveau de
l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).
A notre connaissance, en ce qui concerne la qualité des médicaments
vétérinaires au Sénégal, peu d’études ont été menées. Devant cette carence
d’informations précises, il apparaît important de confirmer ou d’infirmer l’existence
de médicaments vétérinaires de mauvaise qualité sur le marché sénégalais, par des
contrôles analytiques de quelques échantillons de médicaments vétérinaires prélevés
dans certaines régions du pays. C’est dans ce contexte que se situe la présente étude à
savoir : «l’étude de la distribution et de la qualité des médicaments vétérinaires au
Sénégal : cas des régions de Dakar, Kaolack et Thiès ».
Pour ce faire, notre travail se subdivise en deux parties :
- la première partie qui traite de la synthèse bibliographique, englobera les données sur
l’élevage, la situation zoosanitaire au Sénégal, le marché des médicaments vétérinaires
et la qualité des médicaments vétérinaires en Afrique subsaharienne ;
- la deuxième partie s’intéressera d’une part, à la distribution des médicaments
vétérinaires dans les trois régions précitées, et d’autre part, à l’analyse de la qualité des
échantillons prélevés sur le terrain.
Au plan spécifique, il s’agit :
- d’identifier les circuits de distribution des médicaments vétérinaires dans ces régions
du Sénégal ;
4
PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
5
CHAPITRE I : L’ELEVAGE AU SENEGAL
Le Sénégal, pays sahélien de 196 722 km², a une vocation essentiellement agro-
pastorale. Le cheptel est riche et varié. Les statistiques de la Direction de l’Elevage
(DIREL) font état en 2004 de :
- 8,764 millions de petits ruminants, dont 4,739 millions d’ovins et 4,025 millions de
caprins,
- 4 000 camélins,
- 26,245 millions de volailles, dont 20, 96 millions pour la volaille familiale et 5, 285
millions pour la volaille industrielle (SENEGAL, 2004).
6
I.2. Les principaux systèmes d’élevage au Sénégal
Les systèmes de productions animales sont rarement spécialisés et restent dominés par
un mode extensif dans la conduite des principaux troupeaux.
Selon SONED (1999), trois (3) grands systèmes de production sont identifiés dans
l’élevage des ruminants au Sénégal :
- le système pastoral,
- le système agro-pastoral,
- le système périurbain.
Le système à dominante pastorale concerne 32% des bovins et 35% des petits
ruminants. Il se rencontre généralement dans les zones sèches au nord de l’isohyète
400mm (BA, 2001).
7
I.2.1.2. Le système agro-pastoral
Le système périurbain, voire urbain, localisé dans les zones des Niayes intéresse
l’embouche industrielle, la production laitière et l’aviculture. Il concerne 1% des
bovins et 3% des petits ruminants. Les élevages y sont intensifs et semi- intensifs. Le
développement des activités périurbaines est lié à une forte urbanisation de Dakar
environ 96,6% de la population. Ce processus étant favorisé par la concentration des
industries et commerces, sources potentielles d’emplois, mais aussi par des conditions
de vie estimées plus clémentes (accès à l’eau potable, à l’électricité et aux services
sociaux) par rapport à celles qui prévalent dans certaines régions agricoles affectées
par la sécheresse et la désertification (SONED, 1999).
I.2.2. L’aviculture
8
I.2.2.1. L’aviculture traditionnelle
L’aviculture traditionnelle compte environ 20 960 181 têtes. C’est un type d’élevage
pratiqué essentiellement en milieu rural sous un mode extensif où chaque famille
possède un effectif relativement faible (LY, 2001a). La race couramment utilisée est la
poule locale. La taille moyenne des unités de production est de 10 sujets (DIOP,
1982). Ici l’apport d’intrants tels que les aliments ou les médicaments vétérinaires est
réduit voire nul. L’aviculture traditionnelle est caractérisée par la reproduction
naturelle des poules locales avec les coqs locaux, la rusticité des animaux, la modicité
des techniques et du matériel d’élevage, une alimentation sommaire, une vulnérabilité
aux épizooties, une production très auto consommée (BOYE,1990 ; SAVANE,1996 ).
L’élevage porcin reste dominé par une production traditionnelle et familiale. Intégrée
le plus souvent à d’autres spéculations, la production de porc est peu spécialisée et
typiquement extensive.
Présent dans les régions de Ziguinchor, Fatick, Kaolack, Kolda et sur la petite
côte, l’élevage porcin se rencontre également en îlots dans d’autres zones du Sénégal.
Avec près de 157 253 têtes, soit environ 52,48 % du cheptel national, la Basse
Casamance se distingue parmi les zones de production (SENEGAL, 2004).
9
Les élevages naisseurs peu nombreux par rapport aux élevages engraisseurs, exploitent
la race locale et des métis (Large – White x race locale). La commercialisation est
dominée par la consommation festive de la clientèle des marchés (SONED, 1999).
Le cheval est présent dans plusieurs secteurs d’activités tels que la traction
hippomobile urbaine et rurale, l’industrie des courses hippiques, l’équitation sportive
ou d’agrément et, dans une moindre mesure, la chorégraphie équine et la boucherie
hippophagique. Après l’Ethiopie, le Sénégal est parmi les cinq premiers pays africains
en ce qui concerne les effectifs chevalins (LY, 2001b).
Les effectifs de chevaux qui étaient estimés, en 1966, à 186 000 têtes, ont été
évalués officiellement à près de 454 000 têtes en 1999, dont près de 80% dans le Nord
et le Centre-Ouest du Sénégal (SONED, 1999). En 2004, les statistiques de la
Direction de l’Elevage font état de 504 010 têtes d’équins et de 411 547 têtes d’asins.
Au Sud, la trypanosomose animale africaine constitue une contrainte sanitaire majeure,
bien que les infiltrations de chevaux deviennent progressivement plus nombreuses et
durables (LY, 2001b).
10
environ 3 000 000 d’individus issus pour la plupart, des couches vulnérables du monde
rural (SENEGAL, 2004).
D’après une étude menée en mars 1997 par un consultant de la Banque
Mondiale (BM), dans le cadre du groupe de réflexion stratégique du Ministère de
l’Agriculture et à laquelle la DIREL a contribué, le montant des ruminants
commercialisés annuellement par les ruraux sénégalais est estimé à environ 68
milliards de F CFA (SENEGAL ,1997).
Le revenu net total des ménages intéressés est estimé à 6,505 milliards de F FCA
par an. Ces revenus sont répartis comme suit:
• revenu net rural généré par la vente d’animaux (5,185 milliards) ;
• revenu net rural généré par la vente de lait (1, 320 milliards).
En 2001, d’après la FAO, la production nationale du Sénégal représente 11,6 %
de la production de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine). Il
convient de rappeler que la contribution de l’élevage à l’économie nationale dépasse la
production alimentaire directe et inclut les cuirs et peaux, le fumier et la traction
animale. L’ensemble de ces éléments joue un rôle important dans la sécurisation
alimentaire des populations rurales et dans la lutte contre la pauvreté (Sénégal, 2000).
Sur le plan social, l’activité de l’élevage emploie une main d’œuvre abondante surtout
parmi les ethnies d’éleveurs (les Peuhls) où d’ailleurs la main d’œuvre féminine est
majoritaire. Si l’entretien du gros bétail incombe aux hommes, l’élevage des petites
espèces est dévolu aux femmes qui commercialisent les produits, les sous-produits, de
même que le lait (AKAKPO et coll., 2003). Dans la vie familiale chez les Peuhls, par
exemple, le concept de lait est un des principaux facteurs de sentiment qui inspire tous
les comportements permettant au Peuhl, berger fondamentalement, de se réaliser en
tant que membre d’une communauté spécifique.
Chez le Peuhl, l’élevage bovin est orienté vers l’accroissement du troupeau
comme capital d’une part, et la production de lait d’autre part. La composition
11
moyenne du troupeau est de l’ordre de 22% de mâles pour 78% de femelles dont 50%
de vaches en état de reproduction ( BA 1989).
L’animal constitue une richesse sociale, source incontestable de prestige, objet
de rites et sacrifices, permettant et symbolisant l’accès à un certain statut social,
notamment au mariage. L’élevage demeure un facteur d’intégration sociale avec un
prestige associé au troupeau dans bien de sociétés pastorales avec des tractations de
bétail à des évènements importants de l’existence (dot, pré héritage, sacrifice au
moment des décès, etc.).
Au cours de l’année, les bovins, les ovins et caprins constituent un support
essentiel de l’alimentation carnée des populations. La couverture nationale en viande
ne permet d’assurer qu’une consommation de 11,5 kg par an par habitant (SENEGAL,
1997).
L’importance de l’élevage dans les pays subsahariens (comme le Sénégal),
réside aussi sur le plan socio-culturel. Les animaux de rente sont utilisés, pour
améliorer le repas de l’hôte de marque, mais aussi lors des cérémonies religieuses ou
familiales (AKAKPO et coll., 2003). Toutes les modalités de dot et de surveillance des
alliances ou de la consolidation des foyers s’articulent autour du pouvoir laitier géré
par les femmes, chargées de la commercialisation du lait (BA, 1989).
Malgré son importance socio-économique, l’élevage au Sénégal est confronté à
un certain nombre de contraintes, dont les pathologies infectieuses, bactériennes et
parasitaires.
Le Sénégal connaît une situation zoosanitaire assez stable dans l’ensemble. Toutefois,
les maladies autrefois classées sur la liste A et la liste B de l’Organisation Mondiale de
Santé Animale (OIE) et d’autres maladies entraînent des mortalités et des morbidités
non négligeables (SENEGAL, 2004). Cette situation fait que les pertes économiques
engendrées par ces différentes maladies, sont lourdes et constituent une contrainte pour
les productions nationales.
12
I.4.1. Les maladies de la liste A de l’OIE
Ce sont les maladies transmissibles qui ont un grand pouvoir de diffusion et une
gravité particulière, susceptible de s’étendre au-delà des frontières nationales dont les
conséquences économiques et sanitaires peuvent êtres graves et dont l’incidence sur le
commerce international des animaux et produits animaux est importante (OIE, 2000).
Depuis l’arrêt de la vaccination contre la peste bovine, le Sénégal a mis en
place, un système national de surveillance épidémiologique des maladies animales.
Outre la peste bovine, les maladies prioritaires surveillées sont : la péripneumonie
contagieuse bovine, la peste des petits ruminants, la fièvre aphteuse, la dermatose
nodulaire contagieuse bovine, la peste équine, la fièvre de la vallée du Rift, la peste
porcine africaine et les maladies aviaires. Au titre de la surveillance de la peste bovine,
le Sénégal a été déclaré par l’OIE indemne d’infection de peste bovine en mai 2005.
Cependant, avant la fin du second semestre de l’année 2005, des sondages
sérologiques ont été effectués au niveau du bétail et de la faune sauvage pour
confirmer ledit statut de pays indemne d’infection de peste bovine.
En ce qui concerne la péripneumonie contagieuse bovine, la surveillance passive et la
surveillance active effectuées au niveau de 30 abattoirs et tueries n’ont pas révélé de
cas (SENEGAL, 2004). A cet effet, en raison de l’absence de la péripneumonie
contagieuse bovine depuis 1977, il a été décidé de l’arrêt de la vaccination contre cette
maladie depuis le 1er octobre 2005 et de la mise en œuvre de mesures
d’accompagnement pour gérer toute réapparition ou introduction (SENEGAL, 2005).
Par contre, la peste des petits ruminants (PPR) continue de sévir. La PPR a
connu une flambée en 1998 avec 17 foyers répertoriés. Au total, 455 cas ont été
identifiés et 345 mortalités ont été signalées. En 2004, 6 foyers ont été signalés dans
les départements de Guédiawaye, Matam, Nioro, Bignona et Tambacounda, avec un
total de 231 animaux malades et 49 mortalités enregistrés (SENEGAL, 2004). C’est
dire que la situation zoosanitaire reste alarmante concernant la peste des petits
ruminants. Dans le cadre du volet sanitaire du programme agricole mise en place par
l’Etat sénégalais, une campagne de vaccination rendue obligatoire depuis 1998 se
poursuit. Ainsi au titre de la campagne 2004, 1 440 492 petits ruminants ont été
vaccinés.
13
La situation de la peste équine est restée une des préoccupations des pouvoirs
publics sénégalais depuis la multiplication des foyers signalés un peu partout sur le
territoire depuis 1995 avec l’apparition de 15 foyers. Suite à l’éclatement d’un foyer de
peste équine, entre le 15 mars et 6 avril 2007, 15 mortalités ont été enregistrées chez
les chevaux de race, dans la localité de Niaga (DIREL, 2007). Les autres maladies
prioritaires de la liste A de l’OIE signalées dans l’ensemble du pays en 2004, se
trouvent dans le tableau I. Il s’agit de la clavelée et la variole caprine, la peste porcine
africaine, la maladie de Newcastle et la dermatose nodulaire contagieuse.
14
Tableau I : Récapitulation des foyers de maladies de la liste A de l’OIE et prophylaxie
15
I.4.2. Les maladies de la liste B de l’OIE
16
Tableau II : Récapitulation des foyers de maladies de la liste B de l’OIE et prophylaxie
17
I.4.3. Les autres maladies
Mise à part, les maladies prioritaires de la liste A et B, le Sénégal est aussi confronté à
la présence d’autres maladies animales. Il s’agit de la gourme, de la distomatose ovine,
de la gale des petits ruminants, de la gale bovine, de la coccidiose bovine et du tétanos
équin. Les foyers de ces maladies enregistrés en 2004 par la Direction de l’Elevage, le
nombre de morbidité, de mortalité, ainsi que le nombre d’animaux traités ou vaccinés
contre ces maladies figurent dans le tableau III.
Toutefois, Les foyers de maladies animales rapportés dans les tableaux III, IV
et V ne sont pas exhaustifs.
En vue de satisfaire la demande de la population en protéines animales, le
Sénégal doit augmenter la production animale. Cette augmentation de production
animale passe par une maîtrise des contraintes d’ordre sanitaire, avec une utilisation
adéquate des médicaments vétérinaires de bonne qualité pour une meilleure sécurité de
la santé animale et celle des consommateurs.
18
CHAPITRE II : LE MARCHE DU MEDICAMENT VETERINAIRE
19
médicament vétérinaire en 2006, a été estimé à 16 milliards de dollars américains
(WOOD MACKENZIE, 2006).
La place relativement marginale qu’occupent les médicaments vétérinaires dans le
marché des médicaments, peut s’expliquer par le fait que, la santé animale a un coût qui
doit être nécessairement pris en charge par un acteur. La notion de rentabilité y est aussi
très pratique contrairement à la santé humaine. Or, avec les compagnies pharmaceutiques,
pour qu’un médicament soit commercialisé, il est estimé que le marché concerne au
moins les trois-quarts de la population ciblée et que la demande soit solvable. Pour ces
actionnaires, l’industrie du médicament offre des taux de rentabilité de plus de 20%, voire
jusqu’à 40%. Pour tenir cette cadence, les groupes pharmaceutiques doivent, chaque
année, mettre sur le marché deux ou trois molécules avec un potentiel de vente supérieur à
1 milliard de dollars US, soit 700 milliards de F CFA (BAL, 2000).
Pour cela, les groupes pharmaceutiques veillent à lancer régulièrement des molécules,
rapidement et simultanément aux Etats-Unis, au Japon et en Europe. Ces deux pays et
l’Europe représentent les trois quarts du marché mondial des médicaments (BAL, 2000).
20
produits vétérinaires dans le but d’optimiser leur production et avoir un fort taux de
médicalisation ( BA , 2001). Cette prédominance de l’Amérique et de l’Europe est
essentiellement due à leur mode d’élevage intensif. Car, selon THOME et coll. (1995),
plus les systèmes d’élevage s’intensifient et s’intègrent dans une logique commerciale,
plus leur consommation potentielle en intrants augmente.
vaccins
21% 22% anti-infectieux
antiparasitaires
divers
20%
34%
Les vaccins et les antiparasitaires jouent un rôle important dans la prévention des maladies
contagieuses, et dans la lutte contre les helminthes. En médecine vétérinaire, le
21
déparasitage et la vaccination sont les actes stratégiques les plus répandus dans la pratique
au sein des élevages (VANDAËLE, 2000).
II.1.4. Répartition mondiale des médicaments vétérinaires par rapport aux animaux
22
leur expérimentation sur l’animal (GUILLEMER, 1999). Les laboratoires
pharmaceutiques vétérinaires peuvent être classés selon leurs performances dans les
différents domaines vétérinaires. En santé animale, deux grands groupes à savoir Pfizer et
Merial se placent dans le peloton de tête des dix premiers laboratoires dans le monde en
2006. Ces deux géants possèdent de lourdes structures de recherche pharmaceutique et
occupent près du tiers du marché mondial (28,1%) (WOOD MACKENZIE, 2006). Il faut
noter que la taille de la structure productrice est déterminante pour innover, progresser et
développer des produits nouveaux sur le marché. Cette situation conduit les laboratoires
qui n’ont pas de filiale vétérinaire à confier à d’autres, sous licence, les risques du
développement, de l’industrialisation et de commercialisation des fruits de la recherche
toujours coûteux en santé animale (VANDAËLE, 2000). En effet, découvrir, développer et
mettre une nouvelle molécule sur le marché de la santé animale nécessite pour une firme
pharmaceutique près de 10 ans et l’on estime son coût à environ 12,5 milliards de F CFA
sur le marché. De plus, selon KRUSE (1991), il est plus ardu de développer un produit de
santé animale qu’un produit de santé humaine comparable. Alors qu’un produit de santé
humaine doit être reconnu sans danger pour la personne qui le prend, les produits de santé
animale pour les animaux destinés à l’alimentation, doivent aussi être testés pour obtenir
l’assurance que le produit ne laissera pas des résidus dangereux dans les tissus ou autres
produits alimentaires provenant de ces animaux comme le lait ou les œufs.
Le tableau V donne le classement des dix premiers laboratoires vétérinaires en terme de
chiffre d’affaires dans le domaine de santé animale.
23
Tableau V: Classement mondial des dix premiers laboratoires vétérinaires en 2006
Nous nous proposons d’énumérer dans ce paragraphe les 14 molécules les vendues en
médecine vétérinaire, en terme de chiffre d’affaires (tableau VI).
24
Tableau VI : classement des quatorze premières molécules vendues en médecine
vétérinaire en 2006
Dénomination Laboratoire
Molécules Classe thérapeutique commerciale fabricant
Fipronil Antiparasitaire (puces) Frontline Merial
Ivermectine Endectocide Ivomec Merial
Oxytétracycline Antibiotique - -
Chlortétracycline Antibiotique - -
Imidaclopride Antiparasitaire (puces) Advantage Bayer
Lufénuron Antiparasitaire (puces) Program Novartis
Tylosine Antibiotique Tylan Elanco
Antibiotique et Rumensin Elanco
Monensine Anticoccidien
Salinomycine Coccidiostat, Ionophore - -
Hormone de croissance Hormone - -
Doramectine Endectocide Dectomax Pfizer
Enrofloxacine Antibiotique Baytril Bayer
Ceftiofur Antibiotique Exenel Pfizer
Vaccin contre la Fièvre Vaccin - -
aphteuse
Il ressort de ce classement que, les molécules les plus vendues sont essentiellement
de la classe des antibiotiques et des antiparasitaires.
25
II.2. Le marché du médicament vétérinaire en Afrique subsaharienne: particularités
et réglementation
II.2.1. Particularités
26
bovins et 100 millions de petits ruminants. Selon GOOL (2001), 38 % de ces animaux
exposés sont traités annuellement avec 35 millions de doses de trypanocides. Ces derniers
représentent environ 8% du marché des médicaments vétérinaires en Afrique soit un
chiffre d’affaires de 10 milliards de F CFA (ABIOLA, 2001).
L’importance de ce marché dans chaque pays est étroitement liée à sa situation
sanitaire par rapport aux trypanosomoses animales. Ainsi, dans les pays à faible incidence
trypanosomienne, les trypanocides sont moins utilisés que les anthelminthiques. Les
trypanocides représentent 10% du marché des médicaments vétérinaires au Rwanda
(MUHINDA, 2001).
Par contre, dans les pays à forte pression glossinaire, les trypanocides occupent
une place importante dans le marché de médicaments vétérinaires. En effet, ils font 42%
du chiffre d’affaires au Bénin (ASSOGBA, 2001), 55% du chiffre d’affaires au Niger
(BOISSEAU, 2005) et 60% du chiffre d’affaires en République Centrafricaine
(NAMKOISSE, 1999).
Les médicaments vétérinaires, commercialisés dans cette partie de l’Afrique, ont
des origines diverses.
27
En Côte d'Ivoire, OULAI (2004) estime à 35 le nombre de firmes pharmaceutiques
vétérinaires qui exercent dans le pays. Selon DIEYDI (2004), les médicaments vétérinaires
commercialisés en Mauritanie proviennent de 16 pays étrangers. THOME et al. (1995)
expliquaient la multiplication de laboratoires pharmaceutiques en Afrique par le fait d’une
libéralisation survenue dans des systèmes politiques et réglementaires caractérisés par le
"flou". Et comme le pensent KLIMEK et PETERS (1995), les autorités dans chaque pays
ont la responsabilité de limiter et de contrôler ces importations.
Outre les médicaments vétérinaires importés de l'occident, on retrouve sur le
marché africain, des produits pharmaceutiques vétérinaires fabriqués par des laboratoires
installés en Afrique. Au Nigeria, on en dénombre une centaine et plus de 50 d'entre eux font
l'objet de doute concernant la qualité de leurs produits (BA, 2001). Le Ghana quant à lui
compte plus de 25 unités de production modernes mais seules trois(3) tournent
régulièrement de manière optimale et satisfaisante (BA, 2001).
Quelle que soit leur origine, les médicaments vétérinaires en Afrique
subsaharienne sont commercialisés par de nombreux acteurs qui diffèrent selon que l’on se
trouve dans les secteurs officiel ou parallèle.
Le marché officiel des médicaments vétérinaires dans la plupart des pays africains au sud
du Sahara est animé par divers acteurs. Ces acteurs peuvent être regroupés en 2 catégories à
savoir les grossistes-répartiteurs et les détaillants (OULAI, 2004).
Avant la libéralisation de la profession vétérinaire dans la plupart des pays africains au sud
du Sahara, l’importation des médicaments vétérinaires était assurée par des structures
étatiques. C’est encore le cas de la pharmacie nationale vétérinaire en Côte d’Ivoire qui
détient par ailleurs, le monopole de l’importation et de la distribution des vaccins contre la
péripneumonie contagieuse bovine et la peste des petits ruminants (OULAI, 2004).
28
Par contre, depuis le désengagement des Etats de cette filière, l'importation des
médicaments vétérinaires est désormais assurée par des structures privées. On en dénombre
huit (8) au Burkina Faso toutes concentrées à Ouagadougou (BOISSEAU, 2005), trois(3)
en Guinée (SEKOU, 2001), et quatre (4) au Niger (BOISSEAU, 2005). Au Rwanda, les
médicaments vétérinaires sont importés par les sociétés AGRITECH et AFRICHEM
(MUHINDA, 2001). En Côte d’Ivoire, les sociétés privées CODIVET, PROMAVET,
SNPROVECI et CPV importent la plus grande partie des médicaments et produits
vétérinaires à côté de la pharmacie nationale vétérinaire (OULAI, 2004). En République
Centrafricaine, l’importation des médicaments vétérinaires est plutôt assurée par la
Fédération Nationale des Eleveurs Centrafricains (FNEC) (OULAI, 2004).
A ces grossistes, s’ajoutent les délégués commerciaux de firmes pharmaceutiques
vétérinaires installés dans la plupart des pays. Tous ces acteurs assurent la distribution des
médicaments vétérinaires en gros, auprès des détaillants.
29
commerçant disposant de moyens financiers substantiels a en effet le droit de tenir une
officine de pharmacie humaine ou vétérinaire (NIANG et TOLL, 2002).
Il ressort de ces exemples que l’importation et la distribution des médicaments
vétérinaires en Afrique subsaharienne sont assurées par une diversité d’acteurs.
Dans la plupart des pays, il s’agit des docteurs vétérinaires, des pharmaciens, des
ingénieurs, des agents techniques d’élevage, des groupements d’éleveurs et des
commerçants autorisés.
Certains de ces acteurs en dépit de leur manque de qualification prodiguent
également des soins aux animaux.
Les soins aux animaux en Afrique subsaharienne restent le "parent pauvre" de la santé
animale (THOME et al. 1995). Leur réalisation est généralement déléguée aux techniciens
d’élevage, aux éleveurs, aux bergers et aux vendeurs ambulants des médicaments
vétérinaires. Ces personnes prescrivent et administrent toute sorte de médicaments
vétérinaires aux animaux. Plusieurs causes sont à l’origine de ce phénomène parmi
lesquelles, l’absence de vétérinaires praticiens dans les campagnes, due aux effectifs
insuffisants de docteurs vétérinaires dans la plupart des pays. De plus, les éleveurs sont
souvent peu disposés à régler les honoraires des praticiens pour des actes réalisés (THOME
et al. 1995). En outre, lorsqu’un vétérinaire est installé en clientèle privée, il se fait
généralement aider par des assistants le plus souvent non qualifiés et auxquels il confie la
tâche d’administrer les soins aux animaux. En effet, les "installés" recherchent plus la
confiance en terme de gestion que la compétence chez leurs "assistants", ce qui les amène à
privilégier le recrutement des membres de leur famille, indépendamment de leur niveau de
compétence.
L'inaccessibilité financière des médicaments vétérinaires vendus à l’officine et la
difficulté du marché officiel à couvrir les zones les plus reculées dans les pays obligent
30
parfois, les éleveurs à recourir au marché illicite des médicaments vétérinaires qui offre des
prix relativement plus bas que le marché officiel (MESSOMO, 2006).
La vente illicite des médicaments vétérinaires est une réalité dans la plupart des pays
africains au sud du Sahara (AKODA, 2002). En effet, les études menées par SALEU (1988)
et MESSOMO (2006) au Cameroun, par SIAOUFOULOU (1988) en République
Centrafricaine, par VIAS (2001) au Niger, par AKODA (2002) au Bénin-Togo, par DIALL
(2001) au Mali et par OULAI (2004) en Côté d'Ivoire, confirment l'existence de marchés
parallèles de médicaments vétérinaires en Afrique subsaharienne, à des degrés variables
selon les pays.
De façon générale, 50 à 70 % des produits vétérinaires consommés en Afrique ne
transiteraient pas par les circuits autorisés (SIDIBE, 2001). Dans la zone UEMOA, le
chiffre d'affaires du marché illégal serait équivalent à 35% du marché des médicaments
vétérinaires de cette sous-région, soit 5 milliards de F CFA en 1997 (TCHAO, 2000). Au
Burkina Faso, THOME et al. (1995) estiment que le volume des importations "occultes" de
médicaments vétérinaires est égal à celui des importations officielles. Dans la plupart des
pays de l’Afrique subsaharienne, ce marché parallèle est animé par une diversité d’acteurs
dans les grandes villes et dans les campagnes, notamment au niveau des marchés à bétail.
Ce sont toutes les personnes qui exercent dans l’illégalité les activités d'importation, de
distribution en gros et au détail des médicaments vétérinaires. En Afrique subsaharienne, il
s’agit des techniciens et auxiliaires d'élevage, des ingénieurs agronomes, des commerçants,
des vendeurs ambulants et des éleveurs. Il faut y ajouter les auxiliaires formés en santé
humaine qui complètent par quelques intrants vétérinaires leur panoplie (THOME et al,
1995). Au Tchad par exemple, le marché parallèle des médicaments vétérinaires est animé
31
par un bataillon de colporteurs communément appelés « docteurs choukous » qui
approvisionnent les marchés dans les campagnes (ABIOLA, 2005). Ces acteurs opèrent de
façon purement commerciale, sans se préoccuper ni de la destination, ni de l’utilisation du
médicament vétérinaire qu’ils cèdent aux utilisateurs. Ils sont prêts à s’approvisionner à
toutes les sources disponibles dans le seul but d’avoir le maximum de bénéfice.
La législation de la pharmacie vétérinaire a pour but principal d’organiser dans ses aspects,
le système d’approvisionnement, de distribution et d’utilisation des médicaments
vétérinaires. Elle doit être claire, précise, complète, souple et tenir compte des conditions
locales à chaque pays (LOBRY, 1992).
Dans cette partie du deuxième chapitre, nous allons aborder le cadre juridique et
institutionnel de la pharmacie vétérinaire de quelques pays africains subsahariens.
32
II.2.2.1. Textes réglementaires existants
L'AMM est le processus au terme duquel l'autorité compétente, à l'échelle d'un marché
national ou sous-régional approuve l'importation, la distribution et l'utilisation des
médicaments vétérinaires, après examen des données scientifiques complètes prouvant
33
l'efficacité du produit pour les usages prévus et son innocuité pour la santé humaine et
animale et pour l'environnement. Son intérêt réside alors, dans le fait qu’elle constitue un
contrat tripartite entre le gouvernement local, le laboratoire fabricant et l’utilisateur. Très
souvent, la décision d'AMM est prise par le Ministre en charge de l'élevage sur avis d'une
commission nationale technique et cette décision est notifiée au demandeur. Le dossier de
l'AMM comprend, en référence à la Directive 92/18/CEE du 20 Mars 1992 de la
Commission Européenne, le résumé du dossier, les essais analytiques, les essais d'innocuité
et l’étude des résidus, les essais précliniques et cliniques. Dans les pays de l’Afrique
subsaharienne, la disposition légale d'AMM est pratiquement identique et soumise à
l'appréciation d'une commission pour l'enregistrement. Dans ces pays, aucun médicament
vétérinaire ne peut être mis sur le marché, en principe s'il n'a reçu au préalable une
autorisation délivrée par le Ministre en charge de l'élevage.
Mais la mise en oeuvre d’une telle procédure présente encore d'énormes lacunes.
En effet, l'évaluation technique du dossier de demande d’AMM se limite le plus souvent à
une procédure uniquement administrative, les pays ne disposant pas en général d'outils
scientifiques de contrôle pour s’assurer de la validité des données fournies par le
demandeur. De plus, cette procédure ne couvre pas l'ensemble des médicaments
vétérinaires commercialisés dans le pays.
Si de telles défaillances sont observées dans la mise en oeuvre de la procédure d’AMM,
nous pouvons nous interroger quant à leurs répercussions sur l’enregistrement des
médicaments vétérinaires dans les pays africains au sud du Sahara.
34
procédure d'AMM, ainsi que l’enregistrement des médicaments vétérinaires dans quelques
pays de l'Afrique subsaharienne. Ses résultats indiquent que :
9 au Bénin
Le Bénin dispose d'une procédure d'AMM des médicaments vétérinaires depuis 2004. Une
commission technique des médicaments vétérinaires a été installée en octobre 2004. Sa
mission est de procéder à un examen et à une évaluation scientifique et technique des
dossiers des produits à enregistrer, de suivre et d'évaluer les effets des médicaments utilisés
sur le territoire national et enfin, de formuler des recommandations de tous ordres à des
laboratoires opérant dans le pays. Une liste des médicaments vétérinaires a été élaborée
jusqu'en 2002 mais depuis lors cette liste n’a pas été mise à jour. Le nombre de
médicaments vétérinaires commercialisés dans le pays devrait excéder la centaine.
9 au Burkina Faso
La réglementation pharmaceutique vétérinaire comporte une procédure d'AMM qui est
opérationnelle. Un comité technique se réunit au moins deux fois par an pour examiner les
dossiers de demande d'AMM déposés par les firmes pharmaceutiques vétérinaires. La
conformité de ces dossiers, au regard des exigences réglementaires, est au préalable vérifiée
par le service de l'inspection et de la santé publique vétérinaire. Le comité est présidé par le
Directeur général des services vétérinaires. Le Burkina Faso dispose d'une nomenclature
des médicaments vétérinaires autorisés tenue à jour.
9 en Côte d'Ivoire
La Côte d'Ivoire ne dispose que d'une procédure administrative d'enregistrement des
médicaments vétérinaires. Elle n’a pas de nomenclature listant l'ensemble des médicaments
vétérinaires commercialisés dans le pays.
35
9 en Guinée Bissau
La Guinée Bissau ne dispose pas, au sein de son ministère de l'agriculture, de service gérant
la pharmacie vétérinaire. Il en découle qu'il n'existe pas dans le pays de procédure pour
l'enregistrement des médicaments vétérinaires. Il n'y a pas d'informations sur le nombre de
médicaments vétérinaires actuellement utilisés dans le pays.
9 au Mali
Il existe une procédure administrative d'enregistrement concernant à la fois les
médicaments humains et vétérinaires depuis 1977. Confortée en 1995, elle est gérée par la
direction de la pharmacie et du médicament du ministère de la santé. Limitée à une
approche essentiellement administrative, elle accorde beaucoup d'importance aux AMM
délivrées dans les pays d'origine des médicaments. Elle ne s'appuie qu'occasionnellement
sur le contrôle de la qualité des médicaments vétérinaires soumis à cette procédure, car le
Laboratoire National de Santé (LNS) n'est pas en mesure de procéder à tous les contrôles
demandés. Le Mali dispose d'un registre de médicaments humains et vétérinaires
enregistrés.
9 au Niger
L'enregistrement des médicaments vétérinaires est géré par le ministère de la santé publique
qui a mis sur pied un comité interministériel chargé d'examiner les dossiers de demande
d'autorisation pour les médicaments humains et vétérinaires. Trois personnes représentent
la profession vétérinaire parmi la vingtaine de membres de ce comité. La procédure d'AMM
est essentiellement administrative. Le Niger ne dispose pas d'une liste des médicaments
vétérinaires enregistrés, on ne connaît donc pas officiellement les médicaments vétérinaires
commercialisés dans ce pays.
9 au Togo
Le Togo ne dispose actuellement que d'une procédure administrative d'enregistrement des
médicaments vétérinaires. Cette procédure implique parfois l'intervention d'une
36
commission nationale. Il n'existe pas de liste actualisée et fiable de médicaments
vétérinaires dont la vente est autorisée dans le pays.
9 au Tchad
L'AMM est délivrée par le Ministre de l'élevage. Mais il s’agit d’une procédure purement
administrative.
Après, la revue du marché des médicaments vétérinaires, ainsi que les textes réglementaires
qui régissent la profession et la pharmacie vétérinaire dans quelques pays africains
subsahariens, nous allons entamer dans les lignes qui suivent le cas du Sénégal.
37
II.3.1.1.Evolution du marché des médicaments vétérinaires au Sénégal
38
II.3.1.2. Les acteurs du marché officiel des médicaments vétérinaires au Sénégal
En 2005, onze (11) pays de l’Union Européenne et un pays d’Amérique latine ont
approvisionné le marché formel du médicament vétérinaire au Sénégal (SENEGAL, 2005).
Le cumul des importations autorisées de médicaments, aliments médicamenteux et matériel
à usage vétérinaire, toutes taxes comprises (fret, assurance et transport) s’élève à 1 549 670
893 F CFA (SENEGAL, 2005). Après soustraction, de la valeur cumulée du fret, du
transport et de l’assurance qui est de 24 842 403 F CFA, la valeur Free On Board (F.O.B)
des importations de médicaments vétérinaires en 2005 est de 1 510 478 227 F CFA.
En terme de pourcentage de part de marché, la France est largement en tête avec
69,9 % soit un montant en valeur absolue de 1 074 396 702 F CFA, suivie de l’Espagne 21,7
%, de la Hollande 3,1 % et de la Belgique 2,29 %. La Pologne, l’Italie, l’Allemagne et
l’Angleterre ne représentent que des parts infimes du marché.
39
Les bons résultats de la France et de l’Espagne, s’expliquent par les parts de marché de
leurs grands laboratoires que sont, MERIAL, LAPROVET, COOPHAVET et CEVA santé
animale d’une part, ANDRES PINTALUBA, LIPTOSA et HIPRA d’autre part.
40
II.3.12.4. Les détaillants
Au Sénégal, la distribution au détail des médicaments vétérinaires est réservée aux docteurs
vétérinaires et aux pharmaciens mais dans la réalité, il existe une diversité d’intervenants
(DIAGNE, 2001 ; BA, 2001 ; NGUIMFACK, 2000 ; COLY,1999).
41
Tableau IX : Familles thérapeutiques importées en 2005
Familles thérapeutiques Cumul 2005 (F CFA) Imp. Rel. (%)
Anti-infectieux 148 704 796 10,2
Antiparasitaires des ruminants. 362 793 413 24,95
Prémix, vitamines, oligo-éléments. 490 091 722 33,7
Anti-inflammatoires, anesthésiques, 79 355 796 5,45
Analeptiques, cicatrisants et désinfectants.
Vaccins 62 292 546 4,28
Anti-infectieux des volailles 81 638 758 5,61
Antiparasitaires des volailles 40 401 058 2,77
Vaccins des volailles 106 803 329 7,34
Antiparasitaires des chiens et chats 8 993 587 0,61
Kits de diagnostic 1 747 540 0,12
Anti-diarrhéiques, antispasmodiques et 13 976 887 0,96
enzymes
Hormones 48 660 696 3,34
Matériel 8 608 803 0,59
Total 1 454 068 936 100
Source : SENEGAL, 2005 Note : Imp. Rel. signifie importation relative (en %)
Comme la plupart des pays subsahariens, le Sénégal est aussi confronté à la présence des
marchés illicites sur l’ensemble du territoire national (NIANG et TOLL, 2002 ; DIAGNE,
2001 ; BA, 2001 ;). Selon TCHAO (2000), la faiblesse du chiffre d’affaire des médicaments
vétérinaires au Sénégal (3,5% en 2000), s’explique par le niveau de revenus relativement
faible des éleveurs avec une dépense de moins 200 F CFA par tête d’animal, qui se traduit
par une sous médicalisation du cheptel, d’une part, et d’autre part, par le recours aux
42
médicaments vétérinaires de qualités douteuses, moins chers et distribués dans les marchés
ruraux ou « Louma ». D’après SECK (2006), le marché « Keur Serigne Bi » sis à l’avenue
Blaise DIAGNE de Dakar, est la plaque tournante des produits pharmaceutiques contrefaits.
Dans la région de Dakar en plus de « Keur Serigne Bi », NGUIMFACK (2000) énumère
autres points de vente illicite de médicaments vétérinaires, notamment : le marché de
Castor, le foirail des grands ruminants, le marché de bétail de Rufisque et le marché de
Tiléne.
Le marché parallèle est animé par divers acteurs.
Au Sénégal, bien que la distribution des médicaments vétérinaires au public soit réservée
aux vétérinaires et aux pharmaciens qui en partagent le monopole, mais sur le terrain
d’autres acteurs sont présents (COLY, 1999). Il s’agit des Ingénieurs d' Elevage, des Agents
Techniques d’Elevage et d’autres acteurs non professionnels comme les auxiliaires
d’élevage, les trafiquants, les commerçants, certains éleveurs, etc. (BA, 2001).
43
De même, les délégués commerciaux des firmes pharmaceutiques, en dehors de la
promotion des produits des laboratoires qu'ils représentent, se retrouvent un peu partout
dans les marchés à bétail et autres points de rencontre des éleveurs. Ils assurent la vente de
ces produits et parfois à des quantités importantes (cas des groupements d'éleveurs), ceci en
violation flagrante des dispositions réglementaires (THIAM, 2002). Les mêmes
médicaments sont redistribués sur le marché par des acteurs non autorisés.
Quant au marché de la contrefaçon et des contrebandes, il s’agit des médicaments
vétérinaires provenant de la Mauritanie, principalement du débarcadère de Rosso (NIANG
et TOLL, 2002). Les contrôles frontaliers n’étant pas systématiques, les trafiquants
traversent avec les médicaments vétérinaires camouflés dans les sacs pour les distribuer
dans plusieurs marchés au Sénégal.
Sur le plan juridique, les médicaments vétérinaires sont réglementés par la loi n°54-418 du
15 avril 1954 et la loi n°75-409 du 29 mai 1975 de la République française reproduite
intégralement comme telle au Sénégal dans la loi et par des arrêtés ministériels
(SENEGAL, 1972 ; 1975). En effet, la distribution du médicament vétérinaire au Sénégal
est réglementée par la loi n° 5-418 du 15 avril 1954 étendant aux territoires d’Outre Mer, au
Togo et au Cameroun, certaines dispositions du Code de la Santé Publique relative à
l’exercice de la pharmacie en son article 4. Ainsi, " sont réservés aux vétérinaires au
Sénégal et aux pharmaciens dans les territoires d’Outre Mer, au Togo et au Cameroun :
- la préparation des médicaments destinés à l’usage de la médecine vétérinaire,
- la vente en gros, la vente au détail et toute délivrance des mêmes produits"
En plus de deux lois précitées, il existe d’autres textes qui réglementent la pharmacie
vétérinaire au sénégal. Il s’agit de l’arrêté interministériel n° 7199 MSPAS-SCPH-IP du 08
juillet 1975 fixant les conditions de fabrication et de distribution des médicaments destinés
à l’usage de la médecine vétérinaire et le décret 93-514 du 27 avril 1993 portant code de la
Déontologie de la médecine vétérinaire (SENEGAL, 1993 ).
44
L’arrêté interministériel n° 7199 MSPAS-SCPH-IP en son article premier stipule que : " la
préparation, la vente en gros, la vente au détail et toute délivrance des médicaments
destinés à l’usage de la médecine vétérinaire sont réservés aux pharmaciens et aux
vétérinaires" (SENEGAL, 1975). Ainsi, le Sénégal dispose des textes réglementaires sur la
pharmacie vétérinaire, dont les interprétations différentes des lois par les pharmaciens et les
vétérinaires restent récurrentes, tant que des lacunes, des imprécisions et une ambivalence
avec la législation française relative à la pharmacie vétérinaire subsistent (NGUIMFACK,
2000 ; BA, 2001).
Au-delà de la procédure administrative d'enregistrement des médicaments
vétérinaires, depuis 2001, l’AMM est de plus en plus subordonnée à un contrôle de la
qualité des médicaments vétérinaires concernés. Ce contrôle est réalisé par le Laboratoire
de Contrôle des médicaments vétérinaires (LACOMEV) de l'EISMV de Dakar. Une
nomenclature des médicaments vétérinaires enregistrés a été initiée en 2001, mais elle ne
comporte que les médicaments enregistrés depuis cette année, 140 environ, ce qui ne
représente qu'une petite partie des médicaments vétérinaires, plus de 1000 actuellement
commercialisés dans le pays (MESSOMO, 2006).
L’Afrique subsaharienne occupe une place non négligeable dans le marché des
médicaments vétérinaires, malgré la particularité du marché et les lacunes à des degrés
divers selon le pays. Ces lacunes regroupent entre autres, le manque de législation
spécifique et adaptée au nouveau contexte de libéralisation de la pharmacie vétérinaire dans
la plupart des pays, le manque d’application de la réglementation en vigueur, l’existence
d’un circuit parallèle au circuit officiel, le manque d’inspection et de procédures d’AMM et
d’enregistrement des médicaments vétérinaires. Cette situation laisse subsister un doute
quant à la qualité des médicaments vétérinaires qui sont commercialisés en Afrique
subsaharienne. Le chapitre suivant se propose d’apporter quelques informations à ce sujet.
45
CHAPITRE III : QUALITE DES MEDICAMENTS VETERINAIRES EN
AFRIQUE SUBSAHARIENNE
III.1. Définitions
46
l’organisme. Ainsi, à matière active identique, l’excipient fait la différence dans l’activité
du médicament.
Les médicaments vétérinaires se présentent sous plusieurs formes. C’est ainsi
qu’on distingue les formes solides (les poudres, les bolus, les comprimés, les granulés,
etc.), liquides (les collyres, les solutions injectables, etc.), pâteuses (les pommades, les
pâtes dermiques, etc.) et gazeuses (les sprays, etc.).
En dehors des médicaments vétérinaires de marque dont la production est une
exclusivité d’un laboratoire quelconque, il en existe également, sous forme de générique.
On entend par générique d’une spécialité, une autre spécialité ayant la même composition
qualitative et quantitative en principes actifs, la même forme pharmaceutique, et dont la
bio-équivalence à la spécialité de référence a été démontrée par des études appropriées de
biodisponibilité (TANO, 2005). Par exemple, tous les produits à base d’ivermectine 1%
injectable, disponibles sur le marché sont supposés être des génériques d’IVOMEC qui est
la spécialité de référence. C’est le premier produit à avoir fait des essais d’efficacité et de
toxicité qui lui ont valu une autorisation de mise sur le marché.
Le générique doit être rigoureusement bio-équivalent, c’est-à-dire qu’il doit se
distribuer dans l’organisme exactement comme le produit de référence : même cinétique,
même concentration d’où naturellement les mêmes effets attendus. Si le générique remplit
ces conditions, alors il bénéficie du dossier d’enregistrement de la spécialité de référence.
Par exemple, dans les produits à base de diminazène, la spécialité de référence se nomme
BERENIL (diminazène + antipyrine).
Tout laboratoire qui met sur le marché un produit identique en terme de composition
(principes actifs et excipients) n’a donc plus besoin de reprendre les essais d’efficacité et
de toxicité. Ceci participe à la réduction du coût de production des génériques. En
revanche, tout autre laboratoire qui modifie la composition de BERENIL doit refaire des
essais cliniques pour montrer qu’avec cette « nouvelle » composition, le produit donne
47
toujours les résultats escomptés et qu’il ne provoque pas d’effets secondaires comme le
premier.
A cause de la réduction de leur coût de production, les génériques coûtent
relativement moins chers que les médicaments vétérinaires de marque, facilitant, ainsi
l’accès aux médicaments vétérinaires essentiels. Mais qu’en est-il de leur qualité? Cette
question trouvera sa réponse dans les paragraphes qui suivent, mais voyons d’abord ce que
s’est que la notion de médicaments vétérinaires essentiels.
C’est l’ensemble des médicaments qui conviennent le mieux pour prévenir et traiter les
maladies animales les plus communes dans un espace géographique bien délimité
(SALEU, 1988). La détermination de ces médicaments dépend donc de la situation
zoosanitaire de la délimitation géographique considérée. La liste des médicaments
vétérinaires essentiels constitue de ce fait une aide à la décision pour les importateurs
quant au choix des produits à importer. Cette liste doit être conçue de façon suffisamment
souple en vue d’être modifiée selon les besoins et de tenir compte des nouveaux
médicaments vétérinaires.
Qu’il soit de marque, générique ou essentiel, le médicament vétérinaire est un
produit thérapeutique dont l’efficacité dépend de sa qualité.
48
ce besoin de qualité, le médicament doit être fabriqué à l’usine suivant un ensemble de
règles regroupées sous l’appellation de Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) qui
constituent un élément capital de l’assurance qualité. Les BPF garantissent que les
médicaments sont fabriqués et contrôlés de façon cohérente, selon les normes adaptées à
leur emploi et requises par l’AMM (LE HIR, 2000).
Le contrôle doit se faire sur les matières premières en passant par les différentes
étapes de la fabrication jusqu’aux produits finis. « L’assurance qualité », quant à elle est
un large concept qui couvre tout ce qui peut, individuellement ou collectivement,
influencer la qualité du produit. Au niveau d’un pays, il s’agit de l’ensemble des mesures
réglementaires, scientifiques et techniques, prises pour s’assurer que les médicaments
vétérinaires fabriqués et commercialisés, sont de qualité requise pour l’usage auquel ils
sont destinés et répondent aux descriptions contenues dans le dossier de demande d’AMM.
Plusieurs variables peuvent être utilisés comme indicateurs de qualité des médicaments
vétérinaires. Nous nous proposons de nous limiter à ceux cités par TANO (2005).
III.2.1. Etiquetage
Il s’agit de la nature et de la quantité des principes actifs et des excipients qui composent
le médicament. En ce qui concerne l’excipient, le plus souvent, seule sa quantité est
49
précisée par le fabricant. Dans la pratique, plusieurs médicaments ne respectent pas la
composition indiquée sur l’étiquette.
Les médicaments sont fabriqués par lots. Un lot est composé d’un seul type de
médicaments. Il a un numéro unique, une quantité, une date de fabrication et une date
d’expiration. Les informations sur le lot ne doivent pas être modifiées. Le numéro de lot
est un élément de traçabilité.
Elle est importante et obligatoire car, comparée à la date d’expiration, elle donne une idée
du niveau de qualité du produit.
Elle est également obligatoire. Elle doit figurer sur l’emballage avec les spécifications de
stockage. La date d’expiration correspond à la date limite d’utilisation du médicament.
Au-delà de cette date, il n’existe aucune garantie sur la qualité du médicament.
50
III.2.7. Stockage et conservation des médicaments
Un médicament qui subit avec succès tous les tests de laboratoire en entrant dans un pays
tropical peut être inutilisable en quelques mois si les conditions de transport et de stockage
sont défectueuses. C’est à cause de cette nature dynamique des médicaments que les
conditions de conservation doivent être précisées par le fabricant.
Certains laboratoires fabricants ont une grande expérience dans la production des
médicaments vétérinaires. Ils sont réputés sérieux du fait de la qualité constante de leurs
produits.
Toutefois, le contrôle est nécessaire pour détecter d’éventuelles malfaçons. Le pays
d’origine du laboratoire fabricant peut également prédire sur la qualité du médicament
vétérinaire. Selon KLIMEK et PETERS (1995), les faux médicaments vendus en Afrique
par exemple, proviennent pour la plupart du Nigeria.
Ces éléments ainsi présentés, nous permettent d’aborder dans le paragraphe suivant,
l’objet de notre chapitre à savoir la qualité des médicaments vétérinaires en Afrique
subsaharienne. Pour ce faire, nous présenterons grâce aux résultats des travaux antérieurs,
le marché des médicaments vétérinaires non-conformes dans cette partie du continent
africain.
51
Un médicament vétérinaire contrefait est la reproduction frauduleuse d’un autre
médicament vétérinaire produit légalement par un laboratoire. Il est muni d’une étiquette
n’indiquant pas son identité et/ou sa source véritable. Il ne s’agit pas de la copie servile
d’un produit, mais de la reprise d’un ou de plusieurs éléments qui peuvent porter à
confusion l’acheteur (SCHMIDT, 1999). En effet, dans le marché de la contrefaçon, il y a
une intention frauduleuse de fabriquer, de distribuer, de fournir et de vendre délibérément
et sciemment des médicaments de mauvaise qualité pour en retirer des bénéfices illicites
(OMS, 2000).
Quant aux génériques non-conformes, ce sont des produits qui ne respectent pas
les spécifications qualitatives et/ou quantitatives du produit de référence. Le plus souvent,
la tricherie est volontaire pour produire à bas prix et maximiser sur les bénéfices (TANO,
2005).
Les malfaçons correspondent plutôt aux erreurs commises au cours du processus
de fabrication. Faute de statistiques fiables à cause du caractère informel des circuits de
commercialisation de certains de ces produits notamment les médicaments de contrefaçon,
la proportion des faux médicaments vétérinaires en circulation en Afrique subsaharienne
est mal connue. Selon l’OMS (2000), 60% des médicaments humains en Afrique
pourraient être des faux. Pour ABIOLA (2001a), un tel sondage pourrait présager des
surprises désagréables sur les médicaments vétérinaires. L’inquiétude d’ABIOLA (2001a)
est confortée par les résultats des sondages réalisés par le LACOMEV de l’EISMV de
Dakar au Bénin-Togo, au Mali, en Mauritanie, au Cameroun, au Tchad, puis au
Cameroun, où, respectivement 48% (AKODA, 2001), 43% (ABIOLA, 2002), 59%
(ABIOLA, 2002), 47% (ABIOLA, 2001c) et 61% (ABIOLA, 2005), et 69% (MESSOMO,
2006) des médicaments vétérinaires contrôlés sont non-conformes. Les non-conformités
retrouvées concernent, aussi bien, le circuit illicite que le circuit officiel.
En 2001, la FAO a prélevé dans 11 pays africains 104 échantillons de diminazène
représentant 19 marques différentes et les a fait analyser à l’Université de Glasgow. Les
résultats de cette analyse ont montré que 32% d’échantillons étaient non-conformes
(TANO, 2003). Les non-conformités observées sont le plus souvent les sous-dosages, les
52
surdosages ou les substitutions complètes de principes actifs. Malgré cette situation qui
témoigne des énormes lacunes observées dans la gestion de la qualité des médicaments
vétérinaires en Afrique subsaharienne, des progrès notables ont été réalisés en la matière
au cours des 5 dernières années et pourraient contribuer à l’amélioration de la situation. Il
s’agit notamment de la dotation de l’EISMVde Dakar d’un laboratoire de contrôle des
médicaments vétérinaires dont certains travaux viennent d’être évoqués.
53
et des communications avec les acteurs de la filière des médicaments vétérinaires dans les
différents pays de l’Afrique subsaharienne. C’est à ce titre que SIDIBE (2001) estime que
le LACOMEV est un pas important dans la pratique de l’assurance qualité en Afrique
subsaharienne.
En résumé, les travaux cités dans ce chapitre relèvent à des degrés divers, la
présence de médicaments vétérinaires non-conformes dans les pays africains subsahariens.
Les résultats de ces travaux viennent ainsi conforter les multiples dysfonctionnements
observés dans le marché des médicaments vétérinaires en Afrique subsaharienne au
chapitre II précédent. D’où la nécessité de poursuivre les initiatives qui sont prises depuis
1986 par la communauté internationale et dont l’une des plus importantes est sans doute la
création du LACOMEV qui est un outil concret de gestion de la qualité des médicaments
vétérinaires en Afrique subsaharienne.
Suite à cette présentation sur l’élevage au Sénégal et l’étude du marché des
médicaments vétérinaires, un dysfonctionnement dans la filière du médicament vétérinaire
a été révélé. L’une des conséquences de ce dysfonctionnement est la présence de plus en
plus importante de médicaments vétérinaires de mauvaise qualité dans le marché de cette
partie du continent africain.
Qu’en est-il particulièrement de la situation au Sénégal? C’est pour répondre à une partie
de la question que nous nous proposons d’aborder la deuxième partie de notre travail
consacrée à l’étude de la distribution et de la qualité des médicaments vétérinaires dans les
régions de Dakar, Kaolack et Thiès.
54
DEUXIEME PARTIE :
55
CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODES
Notre champ d’étude était constitué des régions de Dakar, de Kaolack et de Thiès, que
nous allons sommairement présenter.
Située à l’extrême du pays sur la presqu’île du Cap-Vert, la région de Dakar qui abrite la
capitale nationale couvre une superficie de 550 km² soit 0,3% du territoire national. Elle
est la région la plus fraîche du pays en raison de la présence quasi permanente de l’alizé,
vent frais et humide.
Cette particularité climatique est l’une des causes du développement important
d’élevage périurbain ou semi-intensif dans cette région. La région de Dakar concentre une
grande partie du potentiel économique, social, administratif et politique du pays. Sur le
plan administratif, elle est divisée en quatre départements (Dakar, Pikine, Guédiawaye et
Rufisque).
La région de Thiès est l’une des onze régions du Sénégal et est composée de trois
départements qui sont Mbour, Thiès et Tivaouane. Couvrant une superficie de 6 601 km²
et située à 70 km de Dakar, la région de Thiès est limitée :
9 au Nord par la région de Louga ;
56
9 au Sud par la région de Fatick ;
9 à l’Est par les régions de Diourbel et Fatick ;
9 à l’Ouest par la région de Dakar et l’Océan Atlantique.
Le climat de la région est influencé par des courants marins. En effet, la région se situe
dans une zone de transition soumise à l’influence des alizés maritimes et de l’harmattan,
avec une température moyenne de 32°C. Elle est la seconde région en aviculture, après la
région de Dakar.
L’élevage des ruminants est de type semi-extensif et l’embouche paysanne se développe
en milieu rural malgré les conditions climatiques difficiles.
La région de Kaolack s’étend sur une superficie de 16 000 km², soit 14% du territoire
national. Elle est limitée par :
9 la région de Fatick à l’Ouest (départements de Fatick et de Foundiougne) ;
9 la république de la Gambie au Sud ;
9 la région de Tambacounda à l’Est ;
9 la région de Fatick (département de Gossas) et la région de Louga (département de
Linguère) au Nord.
Sur le plan administratif, la région est divisée en trois (3) départements que sont :
9 Kaffrine, chef- lieu de département ;
9 Kaolack, chef- lieu de la région et de département ;
9 Nioro du Rip, chef- lieu de département.
Le climat est de type sahélo- soudanien. Il est marqué par des températures relativement
hautes d’avril à juillet (35-40°C). L’élevage pratiqué est de type extensif et concerne les
bovins, les ovins, les caprins, les équins, les asins et les volailles. Les activités agricoles
occupent 75% de la population active, avec les cultures comme, l’arachide, la pastèque, le
sésame, le fonio, le mil, le sorgho, le coton, le maïs, le haricot et le riz. Cette agriculture
offre ainsi des sous-produits à l’élevage.
57
C’est dans ces régions que nous avons réalisé une enquête sur la distribution des
médicaments vétérinaires et en avons prélevé quelques échantillons afin de contrôler leur
qualité (figure 1).
La phase d’enquête de notre étude s'est déroulée du 05 février au 30 avril 2007. Elle était
divisée en deux parties : une phase préparatoire au LACOMEV et une phase de terrain
dans les trois régions précitées. Durant la phase de terrain, nous avons joint les différents
sites d’enquête par la route.
58
1.2.2. Méthode d’enquête
Notre méthode d’enquête était basée sur la recherche bibliographique, les questionnaires,
des rencontres avec les autorités en charge de l'élevage, des visites et entretiens, des
observations directes et des interviews informels.
Les rencontres avec les autorités en charge de l'élevage se sont déroulées avec l’accord du
Directeur de l’élevage du Sénégal. Ces rencontres avaient pour objectif de bien cadrer
notre intervention et de recueillir l'information officielle. Ainsi, avons-nous rencontré le
représentant du Directeur de l’Elevage, tous les inspecteurs régionaux des trois régions
ainsi que leurs collaborateurs. Un questionnaire (annexe 1) leur a été adressé en vue de
l'évaluation du système d'assurance de la qualité des médicaments vétérinaires au
Sénégal, dans les régions de Dakar, Kaolack et Thiès en particulier.
Outre les informations trouvées dans la bibliographie et celles recueillies auprès des
autorités en charge de l'élevage, nous avons aussi interrogé des personnes ressources sur
la base d'un guide d'entretien (annexe 2). Ces entretiens ont porté sur
59
l'approvisionnement, la distribution et la vente des médicaments vétérinaires ainsi que sur
la situation de la réglementation de la pharmacie vétérinaire au Sénégal.
Les visites et entretiens ont ainsi concerné :
9 3 grossistes-répartiteurs,
9 2 représentants des firmes pharmaceutiques (Merial et Cenavisa),
9 6 vétérinaires praticiens installés en clientèle privée et possédant un cabinet ou une
pharmacie vétérinaire,
9 2 ingénieurs des travaux d’élevage et 12 agents techniques de santé animale.
Les observations ont été faites sur les pratiques dans le marché parallèle ainsi que dans les
cabinets vétérinaires, les pharmacies et les établissements de vente en gros des
médicaments vétérinaires. Au niveau du marché parallèle, nous nous faisions passer pour
des clients afin de recueillir les informations réelles. Par exemple chez les vendeurs
ambulants ou installés dans les marchés hebdomadaires, nous nous sommes intéressé
surtout à leurs sources d’approvisionnement et à leurs motivations.
Nous avons également posé des questions aux clients que nous avons rencontrés dans le
marché parallèle. Nous leur avons par exemple demandé les raisons qui les poussent à
acheter les médicaments vétérinaires dans ce circuit.
A la suite de cette enquête, nous avons réalisé un échantillonnage de médicaments
vétérinaires en vue de procéder au contrôle de la qualité de ces derniers au laboratoire.
60
I.2.3.1. Molécules ciblées
61
- auprès de deux (2) grossistes tirés au sort dans la région de Dakar et d’un autre dans la
région de Thiès,
- auprès de cinq (5) clinique et pharmacie vétérinaires tirées au sort dont une (1) à
Kaolack, une (1) à Kaffrine, une (1) à Thiès et deux (2) à Dakar,
- au niveau de sept (7) marchés parallèles pris au hasard dans six (6) départements sur un
ensemble de dix (10) pour le compte des trois régions dont un (1) dans le département de
Kaffrine (Birkelane), un (1) dans le département de Nioro-du Rip (Ndiguiraye), un dans le
département de Mbour (Mbafaye), un (1) dans le département de Thiès (Touba-Toul) et
deux (2) dans le département de Dakar (Foirail des bovins et Keur- Serigne Bi).
En résumé, le prélèvement des échantillons de médicaments vétérinaires dans notre étude
a concerné huit (8) sites pour le circuit officiel et sept (7) pour le circuit parallèle.
Les échantillons prélevés ont été scellés chacun dans un emballage en plastique, étiquetés
(numéro de prélèvement), identifiés sur une fiche (annexe3) conçue à cet effet puis
acheminés ensemble par la route au LACOMEV où ils ont été mis en conservation dans
l'échantillonthèque avant leur analyse dans les limites indiquées des dates de péremption.
La liste des médicaments vétérinaires échantillonnés et leurs sites de prélèvement sont
présentés dans l’annexe 4.
I.3.1. Matériel
Nous avons utilisé deux types de matériel : les médicaments vétérinaires et le matériel de
laboratoire que nous allons successivement présenter.
62
I.3.1.1. Médicaments vétérinaires
9 Verrerie
La verrerie que nous avons utilisée est commune à celle utilisée dans un laboratoire de
contrôle mis sous assurance qualité. Elle est composée entre autres de pipettes graduées à
double trait de classe A, de fioles jaugées de classe A, de béchers et des éprouvettes
graduées à de différentes capacités.
9 Appareils
Les principaux appareils utilisés sont :
Pour la préparation des solutions:
- une balance analytique type Présica 205 A SCS;
63
- un distillateur d'eau semi-automatique type Calypso Fistreem relié à un appareil de
production d'eau ultra pure type UHQ-PS-MK3;
- un bain ultrason type DTH-B3510;
- des agitateurs magnétiques type MONOTHERME;
- deux hottes aspirantes.
Pour les tests galéniques:
- un pH-mètre type Mettler Tolédo Quatro MP 230;
- un délitest type PHARMA test PTZ.
Pour l'identification et le dosage des principes actifs:
- une chaîne HPLC (High Performance Liquid Chromatography) de type HP 1100
équipée de 6 modules dont un bac à solvant, un dégazeur à vide, une pompe quaternaire,
un passeur automatique d'échantillons, une enceinte à colonne thermostatée et un
détecteur à barrette d’iodes. Cet ensemble est piloté par un ordinateur de type HP Vectra
VE muni d'un logiciel HP Chem Stations.
9 Réactifs
Les réactifs utilisés sont de type HPLC.
Les méthodes de contrôle que nous avons utilisées sont les méthodes validées en interne
suivant les Bonnes Pratiques de Laboratoire (BPL) et mises sous assurance qualité. Elles
sont utilisées en routine au LACOMEV.
64
9 la densité pour les solutions;
9 l'aptitude au délitement pour les bolus et les comprimés;
9 le temps de dissolution pour les granulés et les poudres destinés à la préparation de
solutions injectables, leur limpidité, et leur pH.
Le contrôle de l’emballage des échantillons a été réalisé en comparaison avec quelques
originaux obtenus auprès des laboratoires fabricants.
La limpidité des solutions injectables prêtes à l’emploi a été observée à l’oeil nu. Quant à
la limpidité des préparations injectables, les solutions préparées avec de l’eau ultra pure
sont conservées dans des tubes à essai et observées après 24 heures.
Le pH a été mesuré à l'aide d'un pH-mètre type Mettler Tolédo Quatro MP 230.
L’uniformité de masse et la densité ont été mesurées à la balance et l’aptitude au
délitement a été étudiée au Délitest type PHARMA test PTZ.
Principe
Nous avons procédé à l’identification et au dosage des principes actifs contenus dans
les échantillons par HPLC. C’est une méthode basée sur l’extraction liquide / liquide ou
l’extraction d’une phase liquide par un liquide avant la détection et la quantification qui se
font dans l’Ultra Violet (UV). En HPLC, la détection est précédée d’une séparation fine à
travers une colonne judicieusement choisie dans la méthode.
Les conditions d'analyse varient d'un principe actif à un autre.
Conditions d'analyse
9 extraction
Les solvants d’extraction varient selon la molécule concernée par l’analyse.
Ainsi l'oxytétracycline et l'albendazole ont été extraits dans le N, N-Diméthylformamide
(N, N DMF) pour HPLC.
L'ivermectine a été extrait dans le méthanol pour HPLC, alors que l'extraction du
diminazène a été réalisée dans l'eau ultra pure uniquement.
65
9 conditions chromatographiques
Les conditions chromatographiques sont également variables en fonction du principe
actif. Elles sont :
Pour l'oxytétracycline
- Colonne : C 18, Kromasil 5μm, 4.6 x 150 mm
- Phase mobile: Tampon pH 3.3, Diméthylformamide, Acétonitrile
- Débit : 0,8 ml / mn
- Détection UV : 360 nm
- Volume d’injection : 10μl
- Substance de référence : lot n°060627, Titre : 97,20%
Pour l'albendazole
- Colonne C 18, Kromasil 5μm, 4.6 x 150 mm
- Phase mobile: Méthanol et Eau ultra pure
- Débit : 1,2 ml / mn
- Volume d’injection : 20 μl
- Détection UV : 254 nm
- Substance de référence : n° lot n° 21128-A, Titre : 100.82%
Pour l'ivermectine
- Colonne C 18, Kromasil 5μm, 4.6 x 150 mm
- Phase mobile: Méthanol, Acétonitrile et Eau ultra pure
- Débit : 1 ml / mn
- Détection : 254 nm
- Volume d’injection : 20 μl
- Substance de référence : lot n° : CH 001998, Titre : 96,48%
Pour le diminazène
- Colonne C18, Kromasil 5μm, 4.6 x 150 mm
- Phase mobile: PIC B5 et Méthanol
- Débit : 0,8 ml / mn
- Volume d’injection : 10 μl
66
- Détection : 230 nm
- Substance de référence : lot n° 11 90 - A, Titre : 100,13%.
Pour les tests galéniques, les normes de conformité sont celles décrites dans la
pharmacopée européenne 2005 ou par les fabricants des échantillons soumis au contrôle
67
et validées au LACOMEV. Ainsi, les solutions contrôlées sont conformes si elles sont
limpides et exemptes de particules dans les conditions appropriées de visibilité. La limite
adoptée pour le temps de délitement est de 30 minutes. Tout comprimé ou bolus dont le
temps de délitement est supérieur à cette norme est déclaré non-conforme. Les normes de
pH et de densité sont celles fournies par les fabricants dans le dossier technique
d’enregistrement ou dans la pharmacopée européenne 2005.
Quant à la quantification des principes actifs, les échantillons sont conformes lorsque les
valeurs trouvées sont dans les limites de tolérance de ± 10% des teneurs nominales.
Nous avons traité nos résultats d’analyses ainsi que les informations portées sur les fiches
de prélèvement à l’aide de deux programmes informatiques à savoir le tableur EXCEL et
la base de données ACCESS.
Les résultats sont exprimés sous forme de pourcentage par rapport au nombre
d’échantillons analysés.
En résumé, notre méthodologie nous a permis de collecter les informations portant sur la
distribution des médicaments vétérinaires dans les trois régions et d’en prélever des
échantillons. Les échantillons prélevés ont été acheminés et analysés au LACOMEV de
l’EISMV de Dakar. Le traitement des données de l’enquête et les résultats de l’analyse
des échantillons seront présentés dans le chapitre suivant.
68
CHAPITRE II : RESULTATS
Nous présenterons successivement dans ce chapitre les résultats de l’enquête que nous
avons menée sur le terrain et ceux des travaux réalisés au laboratoire
II.1. Résultats de l’enquête sur la distribution des médicaments vétérinaires dans les
régions de Dakar, Kaolack et Thiès
69
textes précisent dans le détail le fonctionnement des dispositifs institutionnels (DARE,
2007).
Il s’agit notamment :
Règlement n°01/2006/CM/UEMOA portant création et modalités de
fonctionnement d’un comité vétérinaire au sein de l’UEMOA
Ce texte crée le comité vétérinaire de l’UEMOA et précise les dispositions essentielles
relatives à sa composition, son domaine de compétence et son fonctionnement.
70
Règlement n° 04/2006/CM/UEMOA instituant un réseau de laboratoires chargés
du contrôle de la qualité des médicaments vétérinaires dans la zone UEMOA
Ce texte institue le réseau, définit ses objectifs, ses modalités de fonctionnement et
d’organisation.
Au Sénégal, ces différents textes ont fait l’objet d’une large diffusion auprès des
professionnels de la filière (SENEGAL, 2007).
C'est le circuit reconnu par les autorités et où exercent des personnes et des établissements
ayant reçu une autorisation administrative. Ses fonctions principales sont
l'approvisionnement et la distribution des médicaments vétérinaires, des vaccins, des
produits et de matériels à usage vétérinaire.
71
II.1.2.1.1. Approvisionnement
9 Source
Notre enquête a montré que le Sénégal dépend de l’extérieur pour son approvisionnement
en produits à usage vétérinaire. Les produits vétérinaires sont importés pour la plupart des
pays de l'Union Européenne, d’Asie, d’Amérique latine et des Etats-Unis d’Amérique.
L’année 2006 est particulièrement marquée par la présence des pays africains comme la
Tunisie, le Botswana, le Mali et la Mauritanie sur la liste des pays exportateurs des
médicaments et aliments médicamenteux au Sénégal en 2006 (tableau XI).
72
Tableau XII : Laboratoires et centrales de vente de médicaments vétérinaires en
2006
Laboratoires et Centrales de vente Cumul 2006 en F CFA
MERIAL (F) 235 463 800
COOPHAVET(F) 36 816 098
LAPROVET (F) 235 435 817
VETOQUINOL(F) 165 368 655
LIPTOSA (E) 120 697 563
VIRBAC (F) 46 639 021
JENS MOOS APS(D) 4 979 534
HIPRA (E) 54 100 401
ANDRES Pintaluba (E) 73 082 878
CEVA S.A (F) 47 137 188
MGI (F) 52 501 486
GUYOMARCH (F) 72 333 001
CENAVISA (E) 37 644 585
KELA (B) 33 799 568
INTERCHEMIE (H) 19 475 035
CIPLA (In) 18 703 072,34
INOUKO Generics (F) 12 951 870,96
V.M.D. (B) 17 695 240
OVEJERO (E) 4 553 653
INVESA Int. S.A (E) 14 051 058
TUNIFEED (T) 8 547 283
ALCYON (F) 3 525 880,38
OUROFINO (Br) 7 921 422
LOBS (F) 3 454 754
HIPPOCAMPE (F) 681 480
SAS SANDERS (F) 18 436 301
AFRIVET (EU) 14 898 600
NEUVA (It) 11 586 168
LYVEN (F) 5 391 966
INTERVET (A) 4 152 863
VET PHARMA(R.I.M.) 2 058 393
Botswana VaccineInstitute (BW) 1 461 472,19
CEPROVET (M) 1 065 995
SIPROVET (M) 749 994
Clément- THEKAN (F) 548 917
DYNTEC (R. TCH.) 545 100
TECHNA (F) 268 942
Total 1 386 650 165
73
Sur un total de 15 pays, ceux provenant de l’Europe viennent en tête avec 8 pays
représentant 94,83% du marché de médicaments vétérinaires.
Les médicaments vétérinaires produits par ces laboratoires sont importés au Sénégal
par plusieurs acteurs.
9 Procédure d’importation
Pour importer les médicaments vétérinaires, les grossistes-importateurs adressent des
commandes aux laboratoires fabricants et centrales d'achat étrangers. En réponse à la
commande, le fournisseur envoie au grossiste une facture proforma comportant le prix des
produits commandés, la date de livraison et le délai de confirmation. Le grossiste introduit
alors une demande en deux exemplaires, adressée au Directeur de l’Elevage, précisant le
ou les produits soumis pour l’enregistrement et précisant le pays, le laboratoire d’origine
ainsi que l’adresse du fabricant, en vue de l’obtention d’un visa d’importation.
S’il s’agit des produits non enregistrés, le grossiste dépose à la Direction de l’Elevage les
dossiers d’A.M.M complets du pays d’origine, pour chaque produit soumis à
74
l’enregistrement. Pour la réalisation des analyses, la Direction de l’Elevage du Sénégal a
donné un agrément au LACOMEV en 2001 pour la prise des décisions techniques. Le
nombre d’unités par échantillon pour l’analyse est variable en fonction de la forme
galénique. Il s’agit de 10 flacons pour les formes liquides, 35 sachets pour les formes en
poudre ou granulés et 35 bolus ou comprimés. Ces échantillons sont suivis de leurs
certificats pharmaceutiques délivrés par les autorités du pays d’origine.
A la suite des résultats d’analyse favorables, une décision délivrée par le Directeur de
l’Elevage ou visa d’importation autorisant la libre circulation du ou des produits au
Sénégal pour une durée de cinq (5) ans, est remise au grossiste. Dès lors, le grossiste peut
réceptionner la commande si celle-ci est confirmée. Pour la plupart du temps,
l’importateur réceptionne la commande au niveau du port de Dakar ou à l’aéroport
international Léopold Sédar SENGHOR de Dakar sous présentation du visa d’importation
aux services des douanes. A partir de ce moment, l’importateur dispose de ses
médicaments vétérinaires et les stocke en vue de la distribution.
En général, la quantité de médicaments vétérinaires importés varie en fonction des
familles thérapeutiques.
75
Tableau XIII : Principales familles thérapeutiques importées en 2006 au Sénégal
Familles thérapeutiques importées Cumul en FCFA Part du marché
en (%)
Prémix, vitamines et oligo-éléments 729 967 044 52,6
Antiparasitaires pour ruminants 336 212 728 24,24
Anti-infectieux 190 924 536 13,76
Anti-inflammatoires, anesthésiques,
analeptiques, cicatrisants et désinfectants 96 123 177 6,93
Vaccins des volailles 104 599 723 7,54
Anti-infectieux des volailles. 67 696 972 4,88
Antiparasitaires pour volailles. 51 052 201 3,68
Anti-diarrhéiques., enzymes,
anti-spasmodiques, protecteurs hépato-rénal 24 325 253 1,75
Vaccins 7 270 273 0,52
Antiparasitaires pour carnivores 10 401 818 0,75
Matériel 2 960 563 0,21
Hormones 607 271 0,04
Total 1 386 650 165 100
Quelle que soit la famille thérapeutique concernée, les médicaments vétérinaires importés
sont ensuite distribués à différents niveaux dans le marché.
9 Distribution en gros
La distribution des médicaments vétérinaires en gros est assurée par les grossistes-
répartiteurs. Après la réception des commandes, les sociétés importatrices les répartissent
76
dans leurs agences provinciales en fonction des besoins des éleveurs de la région. Ces
agences provinciales stockent les médicaments reçus et les distribuent ensuite en gros
auprès des officines et cabinets vétérinaire, soit les propriétaires des officines et cabinets
vétérinaires viennent auprès des grossistes pour se procurer des médicaments vétérinaires.
La localisation des grossistes répartiteurs est variable en fonction des régions.
77
9 Distribution au détail
Elle est légalement assurée par les officines et cabinets vétérinaires privés d’une part, et
d’autre part, par les pharmacies. Ces derniers s’approvisionnent auprès des grossistes
selon leurs besoins et assurent la vente des produits au détail dans leurs installations ou
dans les marchés à bétail. En général, chaque vétérinaire détaillant cible des groupements
d’éleveurs dans sa région auxquels il livre les médicaments de façon régulière. Par
ailleurs, les détaillants se comportent également en grossiste en important directement
leurs produits. En effet, tout vétérinaire qui s’installe en clientèle privée, dispose d'un
cabinet de soins auquel est annexée une officine pour la vente des médicaments
vétérinaires au détail, mais parallèlement, il dispose éventuellement d'un service import ce
qui est le cas de SOS-VETO et de VETAGROPHARMA.
La répartition des distributeurs détaillants est variable en fonction des régions.
78
o Dans la région de Thiès
La situation de la région de Thiès n’est pas si différente des deux autres précédentes. En
effet, la distribution des médicaments vétérinaires au détail est assurée par 12 vétérinaires
privés installés. Cependant, dans cette région la distribution de médicaments vétérinaires
est également assurée par un agent technique d’élevage qui ne dispose que d’une
autorisation d’exercer les soins vétérinaires.
Il en ressort de cette enquête que la distribution des médicaments vétérinaires dans
ces trois régions est assurée par des acteurs divers. Le tableau XIV récapitule la
répartition des vétérinaires privés en fonction des régions.
79
qu’ils désirent y compris les vaccins, pour être servis. Une fois sur le terrain, l’éleveur
administre lui même les médicaments aux animaux. Cette pratique est la plus courante et
la plus observée dans les zones d’élevage comme Kaolack et Thiès lors de notre étude.
Pour lutter contre cette pratique, les vétérinaires privés de la région de Kaolack ont
restreint une catégorie de médicaments vétérinaires aux éleveurs qui se présentent sans
ordonnance et sans leur animal. Il s’agit des médicaments vétérinaires injectables et les
vaccins. Mais les observations du terrain ont montré que ces mêmes vétérinaires privés ne
respectent pas leur engagement.
Par ailleurs, certains éleveurs se tournent vers le marché parallèle où le prix des
médicaments vétérinaires est relativement plus bas.
II.1.2.2.1. Acteurs
Le marché parallèle des médicaments vétérinaires dans les trois régions de notre étude est
essentiellement animé par les commerçants, les vendeurs ambulants, les agents techniques
et les auxiliaires d’élevage. Ces acteurs s’approvisionnent essentiellement pour la plupart
au niveau du marché Ocas à Touba, au niveau de Diourbel et quelques fois auprès des
éleveurs mauritaniens qui viennent vendre les animaux lors de la fête de Tabaski. L’entrée
de ces médicaments vétérinaires au Sénégal à partir de la Mauritanie et de la Gambie, est
en général frauduleuse.
80
II.1.2.2.2. Ampleur du marché parallèle selon les régions
81
Figure 3: Vente de médicaments vétérinaires au marché hebdomadaire de
Ndiguiraye (département de Nioro du Rip)
82
Figure 4 : Médicaments vétérinaires posés à même le sol par un vendeur au marché
de Touba-Toul (département de Thiès)
83
II.1.2.2.3. Causes favorisantes
84
Laboratoires fabricants
Commerçants importateurs
Grossistes
Agents Techniques et
Auxiliaires d’Elevage Vendeurs ambulants
85
II.2. Résultats du contrôle de la qualité des échantillons de médicaments vétérinaires
au laboratoire
Ils portent sur les tests galéniques, l'identification et le dosage des principes actifs des
échantillons de médicaments vétérinaires prélevés sur le terrain.
Les résultats des tests galéniques ont montré que 24 échantillons sur 55 sont non-
conformes; soit 43,63%. Ces échantillons proviennent aussi bien du secteur parallèle que
du secteur officiel. Les non-conformités constatées regroupent les défauts:
9 de pH
Sur les cinquante cinq 55 échantillons, trois (3) sont non-conformes sur le plan du pH;
soit 5,4%. Ils proviennent du circuit officiel ou parallèle.
9 de densité
Vingt deux (22) échantillons sur 55 soit 40% sont non-conformes sur le plan de la densité.
Il s'agit uniquement des solutions prêtes à l'emploi.
9 de délitement
Deux (2) échantillons sur 55, soit 3,6% ont présenté des temps de délitement supérieurs à
la norme (figure 8)
86
9 de limpidité
Les défauts de limpidité n’ont concerné que 2 échantillons d’oxytétracycline sur 55;
soit 3,6% de non-conformité. Parmi ces 2 échantillons d’oxytétracycline, l’un (1)
d’eux a présenté des particules noires au fond du flacon, alors que l’autre échantillon
a présenté deux phases dont la supérieure est mousseuse et grisâtre (figure 9).
87
Tableau XV : Résultats détaillés des tests galéniques et physico-chimiques des échantillons de médicaments vétérinaires
88
20 granulés limpide - 5,5 - 7,5 - J/R-O granulés Limpide - 6,4 - J C
24 granulés limpide - 5,5 - 7,5 - J/R-O granulés Limpide - 6,2 - J C
27 liquide limpide - 5,5 - 7,5 - J/R-O liquide Limpide - 5,6 - J C
29 granulés limpide - 5,5 - 7,5 - J/R-O granulés Limpide - 6,1 - J C
33 granulés limpide - 5,5 - 7,5 - J/R-O granulés Limpide - 5,9 - J C
40 granulés limpide - 5,5 - 7,5 - J/R-O granulés Limpide - 6,0 - J C
04 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - > 30 mn NC
07 bolus - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
12 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
14 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
17 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
21 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
28 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - > 30 mn NC
31 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
36 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
39 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
42 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
46 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
47 bolus - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
52 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
55 bolus - - - < 30 mn - bolus - - - < 30 mn C
J = Jaune
R-O = Rouge-Orangé
N = Conforme
NC = Non-conforme
- = non réalisé
89
Les tableaux XVI et XVII présentent respectivement les taux de non-conformité
galénique en fonction du type de molécule et en fonction du secteur de prélèvement
des échantillons.
Tableau XVI: Résultats du contrôle galénique par type de molécule
Molécule Echantillons analysés Echantillons non Taux de non
conformes conformité
Albendazole 15 2 13,33%
Diminazène 10 0 0%
Ivermectine 15 14 93,33%
Oxytétracycline 15 8 53,33%
Total 55 24 43,63%
90
Figure 11 : Chromatogramme de l’échantillon supposé contenir de
l’oxytétracycline
Le dosage des principes actifs a montré que 29 échantillons sur 55 sont non
conformes; soit 52,72%. Parmi ces échantillons, 11 soit 20% sont sous-dosés et 18,
soit 32,72% sont sur-dosés.
Le tableau XVIII présente les résultats détaillés de l’identification et du dosage des
principes actifs des échantillons de médicaments vétérinaires.
91
Tableau XVIII : Résultats détaillés d’identification et du dosage des principes actifs des
échantillons de médicaments vétérinaires
92
24 Diminazène 1,05 g Diminazène 1,20 g / sachet 14,2 NC
Antipyrine 1,31 g Antipyrine 1,33 g / sachet 1,5
27 Diminazène 75 mg/ml Diminazène 72,35 mg/ml -3,5 C
Antipyrine 250mg/ml Antipyrine 246 ,41mg/ml -1,4
29 Diminazène 1,05 g Diminazène 1,29 g / sachet 22,8 NC
Antipyrine 1,31 g Antipyrine 1,52 g / sachet 16
33 Diminazène 1,05 g Diminazène 1,15 g / sachet 9,5 C
Antipyrine 1,31 g Antipyrine 1,47 g / sachet 12,2
40 Diminazène 1,05 g Diminazène 1,06 g / sachet 0,9 C
Antipyrine 1,31 g Antipyrine 1,23 g / sachet - 6,1
02 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 9,276 mg/ ml -7,2 C
06 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 9,189 mg/ml -8,1 C
09 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 8,256 mg/ml -17,4 NC
16 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 9,806 mg/ml -1,9 C
18 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 7,882 mg/ml -21,8 NC
23 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 8,216 mg/ml -17,8 NC
25 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 8,232 mg/ml -17,6 NC
32 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 9,133 mg/ml -8,6 C
34 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 8,289 mg/ml -17,1 NC
38 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 10,416 mg/ml 4,1 C
43 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 8,382 mg/ml -16,1 NC
45 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 10,877 mg/ml 8,7 C
49 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 8,791 mg/ml -12 NC
51 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 8,15 mg/ml -18 NC
54 Ivermectine 10 mg/ml Ivermectine 2,798 mg/ml -72 NC
Ccl = Conclusion
NC = Non-conforme
C = conforme
Les taux de non-conformité sur le plan du dosage des principes actifs des échantillons
sont présentés dans les tableaux XIX et XX respectivement en fonction du type de
molécule et en fonction des secteurs de prélèvement.
93
Tableau XIX : Résultats du dosage des principes actifs en fonction du type de molécule
94
33%
Conformes
Non-conformes
67%
Les taux de non-conformité pharmaceutique par type de molécule sont présentés dans
le tableau XXII.
95
Tableau XXII : Taux de non-conformité pharmaceutique par type de molécule
96
CHAPITRE III : DISCUSSION ET RECOMMANDATIONS
III.1. Discussion
III.1.1. Méthodologie
97
Bien que l’objectif de cet échantillonnage (55 échantillons de 4 molécules)
n’était pas de faire une étude statistique du marché des médicaments vétérinaires au
Sénégal, ce dernier a néanmoins le mérite d’englober trois grandes régions d’élevage
du Sénégal, et de prendre en compte les deux circuits de distribution : le circuit officiel
et le circuit parallèle.
III.1.2.1. Réglementation
98
Cette loi devra permettre une meilleure organisation de la filière des médicaments
vétérinaires au Sénégal. C’est à ce titre que BA (2001) et NGUIMFACK (2000)
estiment que les textes réglementaires sur la pharmacie vétérinaire au Sénégal seront
sujet à interprétations différentes par les pharmaciens et les vétérinaires, tant que des
lacunes, des imprécisions et une ambivalence avec la législation française relative à la
pharmacie vétérinaire subsisteront.
Les résultats de cette étude ont montré que la distribution des médicaments
vétérinaires au Sénégal et précisément dans les trois régions de notre étude, se fait
dans deux grands secteurs ou circuits : le circuit officiel et le circuit parallèle.
9 Le circuit officiel
Comme dans les autres pays de l’Afrique subsaharienne, le circuit officiel de
distribution des médicaments vétérinaires au Sénégal est caractérisé par une
diversification accrue des produits vétérinaires de part leurs origines, ainsi que par
l’absence d’une segmentation effective des activités de vente en gros et de vente au
détail des médicaments vétérinaires.
Le nombre important de sources d’approvisionnement et de marques de
médicaments vétérinaires disponibles sur le marché serait lié à deux facteurs. En effet,
la logique économique oblige les acteurs (importateurs-grossistes) à privilégier les
médicaments les moins chers. Cette situation expliquerait l’importance des
médicaments vétérinaires provenant de l’Asie sur les marchés africains. La
particularité du marché sénégalais de médicaments vétérinaires est que sur le marché
officiel, on retrouve plus de produits en provenance de l’Union Européenne. Cette
particularité est due au fait que depuis 2001, l’AMM de médicaments vétérinaires au
Sénégal est de plus en plus subordonnée à un contrôle de la qualité de ces derniers par
le LACOMEV. Cette situation est à l’origine de la réduction du nombre des firmes
asiatiques exportant au Sénégal. En effet l’identification, la connaissance et le choix
des firmes pharmaceutiques « fournisseurs » sont des impératifs à la garantie de la
qualité des médicaments vétérinaires commercialisés dans un pays, tant il est vrai que
99
l’unité de production est le premier maillon de la filière qui doit garantir la qualité du
produit.
Quant à l’absence de séparation effective des activités de grossistes-répartiteurs et
celle de distributeurs-détaillants, il s’agit d’une conséquence logique du manque de loi
spécifique à la pharmacie vétérinaire au Sénégal. En effet, tout pharmacien ou tout
vétérinaire installé en clientèle privée et disposant de moyens financiers nécessaires,
importe, distribue en gros et au détail les médicaments vétérinaires. Ce désordre peut
entraîner une saturation très rapide du marché, obligeant ainsi certains grossistes en
quête d’une clientèle, à distribuer leurs produits même dans le circuit parallèle à
l’instar de la situation décrite au Sénégal par THIAM (2002).
9 Le circuit parallèle
Le circuit parallèle de distribution des médicaments vétérinaires est animé en général,
par des acteurs non qualifiés. Ce circuit se développerait à la faveur de plusieurs
facteurs parmi lesquels, le manque de loi régissant l’exercice de la pharmacie
vétérinaire, le manque de répression de la part de l’Etat faute de moyens adéquats
(base juridique, ressources humaines, moyen logistique). En effet comment expliquer
que les acteurs du marché parallèle de médicaments vétérinaires vendent dans des
lieux bien connus par les autorités en charge de l’élevage. Le comble est que le
marché Keur- Serigne Bi sur l’avenue Blaise DIAGNE, est situé en face des Services
d’hygiène.
L’importance du marché parallèle des médicaments vétérinaires est variable en
fonction des régions. Le développement du marché parallèle dans certaines régions est
probablement lié au déficit en personnel chargé de la santé animale. Le diagnostic de
la situation par région montre que ce phénomène semble être plus développé dans les
régions de Kaolack et de Thiès que dans la région de Dakar. Cette différence serait
liée à quatre facteurs. Il s’agit de :
un nombre réduit de vétérinaires installés en clientèle privée ;
leur proximité avec la région de Diourbel où le marché Ocas à Touba est le
principal point d’approvisionnement (produits venant de la Mauritanie) des
vendeurs illégaux ;
100
l’importance des activités d’élevage de type extensif ;
l’existence des marchés hebdomadaires ou « Louma » lieux de forte demande
de produits vétérinaires par les éleveurs, qui sont plus guidés par le niveau des
prix pratiqués, que par la qualité des produits vendus.
Ce constat corrobore les observations faites par BA (2001).
Les conséquences de ce fléau sont d’ordre sanitaire, économique et social. Les
préjudices sanitaire et économique indirects découlent de la mauvaise qualité et du
mauvais usage des médicaments vétérinaires que mobilise ce circuit. La persistance
des maladies animales s’accompagne généralement d’une baisse de productivité
freinant ainsi, le développement de l’élevage dans le pays. Quant au préjudice
économique direct, le marché parallèle des médicaments vétérinaires cause un
important manque à gagner aux acteurs du marché officiel (Firmes pharmaceutiques,
grossistes, détaillants, etc.). C’est ce qui justifie la mobilisation de certains grossistes
comme la SENEVET, le représentant de Merial et celui de OUROFINO au Sénégal,
dans des campagnes de sensibilisation des éleveurs et propriétaires d’animaux dans la
région de Kaolack et autres régions du Sénégal (Fatick, Louga) contre les dangers liés
aux médicaments vétérinaires provenant des sources douteuses.
Cette étude révèle que le mauvais usage des médicaments vétérinaires est courant au
Sénégal. En effet, les médicaments vétérinaires sont le plus souvent délivrés aux
éleveurs sans ordonnance ou dans le marché parallèle; ces derniers les administrent
eux-mêmes à leurs animaux. Dans la pratique, les éleveurs ne respectent pas les
posologies indiquées, soit par souci d’économie en administrant des doses faibles aux
animaux, soit par souci de guérir rapidement la maladie en administrant des doses
supérieures aux doses indiquées. Dans la plupart des cas, les délais d’attente ne sont
pas respectés.
Les conséquences de ces deux pratiques peuvent être, aussi bien dommageables
pour l’animal,(absence de guérison) que pour le consommateur (empoisonnement) qui
s’expose aux risques des résidus médicamenteux. Ainsi, dans une étude portant sur les
résidus d’antibactériens dans le foie et le gésier de poulets de chair dans les régions de
101
Dakar et Thiès au Sénégal, DIOP (2003) a mis en évidence la présence, au delà des
LMR, des résidus de tétracyclines, de sulfamides, de macrolides et/ou de
bêtalactamines, de nitrofuranes et de chloramphénicol. Ces deux derniers font partie
des substances dont la présence est interdite dans les produits animaux destinés à la
consommation. En 2002, BIAGUI dénonçait déjà l’utilisation anarchique des produits
même interdits dans les exploitations avicoles dans la zone des Niayes au Sénégal par
des personnes non qualifiées.
Outre les risques sanitaires liés à la présence de résidus dans les denrées d’origine
animale, le mauvais usage des médicaments vétérinaires peut également être à
l’origine de résistances aux antimicrobiens chez les animaux destinés à la
consommation avec des effets indésirables sur la santé humaine. En effet, afin
d’examiner la résistance à un groupe de 16 antibiotiques utilisés en médecine humaine
et en médecine vétérinaire, FOFANA (2004) a isolé de la viande de poulet de chair au
Sénégal des souches de Salmonella spp et d’Escherichia coli présentant une résistance
multiple à plus de 5 antibiotiques.
102
identifiés pourraient figurer dans le groupe des médicaments déclarés conformes.
Nous pouvons donc penser que le taux de non-conformité réel de notre étude est
supérieur au taux obtenu.
Malgré cette limite, le résultat de cette étude (67% de médicaments vétérinaires
non conformes) est bien supérieur aux 43%, 48%, 59% et 61% de non-conformité
obtenus respectivement au Mali par ABIOLA (2002), au Bénin-Togo par AKODA
(2001), en Mauritanie par ABIOLA (2002) et au Tchad par ABIOLA (2005). La
différence entre nos résultats et ceux cités, se justifierait par le nombre élevé des sites
de prélèvements, et par conséquent un grand nombre d’échantillons. Ce résultat est
cependant inférieur aux taux de non-conformité obtenus au Cameroun par MESSOMO
(2006) soit 69%, malgré le fait que les sites de prélèvement et le nombre
d’échantillons dans notre étude sont élevés.
Les médicaments vétérinaires non-conformes révélés par notre étude proviennent aussi
bien du circuit officiel que du circuit parallèle. En effet, sur 29 médicaments
vétérinaires prélevés dans le circuit officiel, 20 sont non-conformes, soit 69% contre
17 échantillons non-conformes sur 26, soit 67% dans le circuit parallèle. D’après ces
résultats, il y’aurait plus de médicaments vétérinaires de mauvaise qualité dans le
circuit officiel que dans le circuit parallèle au Sénégal. Ce qui nous semble d’ailleurs
inacceptable, pour un secteur légal ou de référence du marché des médicaments
vétérinaires dans un pays où il existe une procédure d’AMM subordonnée à un
contrôle de qualité. Cette situation résulterait d’une part, de certaines lacunes que nous
avons décrites dans le marché des médicaments vétérinaires dans ces régions, à savoir
les mauvaises conditions de stockage, et l’absence d’inspection de la pharmacie
vétérinaire. D’autre part, nous doutons de la garantie de qualité des médicaments
vétérinaires circulant après l’obtention de l’AMM. En effet, nous supposons que les
laboratoires en vue d’obtenir une AMM, envoient de meilleurs échantillons pour le
contrôle de qualité. Mais une fois l’AMM obtenue, rien ne garantit la qualité des lots
de médicaments vétérinaires qu’ils livrent, étant donné que cette AMM est valable
pour une période de cinq (5) ans. D’où l’intérêt de réaliser des contrôles post-AMM.
103
Le pourcentage de non-conformité obtenu dans le circuit parallèle, certes, non-
négligeable serait lié d’une part aux mauvaises conditions de stockage de médicaments
vétérinaires ; ces derniers sont étalés sur le sol et sont généralement exposés à des
températures élevées, et d’autre part, aux sources d’approvisionnement douteuses des
médicaments vétérinaires commercialisés dans ce circuit.
Les médicaments vétérinaires non-conformes révélés par cette étude présentent des
défauts sur le plan galénique ; certains sont également sous-dosés ou sur-dosés. Tous
ces défauts peuvent être liés aux contrefaçons, aux défauts de fabrication ou aux
104
mauvaises conditions de stockage des médicaments vétérinaires que nous avons
observées sur le terrain (température élevée, précarité des installations). Les défauts de
pH ont concerné 3 échantillons. Le contrôle du pH permet de s’assurer de la tolérance
des solutions injectables par l’organisme et en particulier celles des hématies, mais le
pH peut également influencer la biodisponibilité d’un médicament (LE HIR, 2000).
Selon ce dernier, le choix du pH des préparations injectables proche de la neutralité,
correspond aux pH des liquides de l’organisme (le sang, la lymphe et le liquide
céphalo-rachidien) qui sont compris entre 7,35-7,40. En effet, DIALL (2001)
expliquait l’apparition des résistances chez les trypanosomes par la formation au point
d’injection chez l’animal d’un abcès suivie du rejet d’une partie du médicament,
réduisant ainsi sa biodisponibilité.
Sur le plan analytique, 18 échantillons se sont révélés sur-dosés et 11 sous-
dosés. L’administration de produits sur-dosés implique l’introduction dans
l’organisme de l’animal, sans le savoir, d’une quantité excessive du principe actif
pouvant entraîner son accumulation sous forme de résidus plus dommageables pour le
consommateur. Parmi les cas de sous-dosage, nous avons distingué 2 types:
- les sous-dosages manifestes qui contiennent moins de 50% de la valeur
nominale en principe actif, ce qui entraîne une inefficacité immédiate du produit
(TANO, 2003) ;
- les sous-dosages subtils qui contiennent plus de 50% de la teneur du principe
actif indiquée par le fabricant. Dans ce cas, le produit pourrait agir, mais il va entraîner
des rechutes rapides et le risque de développement de phénomène de résistance est
grand, à long terme. En effet selon MONTEIRO (1998), l’existence des nématodes
lévamisole-résistants au Kenya est due au fait qu’ils sont soumis à des produits sous-
dosés. C’est donc à juste titre que TETEY et al. (2002) estiment que la circulation des
faux médicaments vétérinaires, dans la plupart des pays africains au sud du Sahara
conduit inévitablement à la persistance des maladies animales, avec des conséquences
négatives sur la productivité et la survie du bétail.
Le dernier type de non-conformité que nous avons observé, concerne
l’échantillon ne contenant pas de principe actif indiqué par le fabricant. Cet
échantillon provient du circuit officiel. Ce cas de figure est également connu dans le
105
circuit parallèle. En effet HAMADOU et BANIPE (2001) rapportent des cas de
substitution complète de principes actifs dans les médicaments vétérinaires au
Sénégal, en l’occurrence l’utilisation du maïs écrasé mis dans les sachets et vendu en
lieu et place du BERENIL (spécialité à base de diminazène), de même que le café
moulu vendu comme du Trypamidium (isométamidium) ou encore des détergents
vendus en lieu et place des vaccins.
A la lumière de toutes ces observations, KLIMEK et PETER (1995) estiment
que la dérégulation des marchés risque de transformer la distribution des médicaments
dans les pays en voie de développement en une activité criminelle. Des mesures
correctionnelles doivent donc être prises pour la protection de la santé des
consommateurs, la préservation du bien-être des animaux et pour la promotion de
l’élevage en Afrique subsaharienne en général, et au Sénégal en particulier. Notre
contribution serait de faire des recommandations à l’endroit des différents acteurs de
la filière des médicaments vétérinaires au Sénégal. Certaines de ces recommandations
sont valables pour les autres pays de l’Afrique subsaharienne.
III.2. Recommandations
9 Recommandation n°1
CONSIDERANT :
- les résultats de la présente étude et l’importance des médicaments vétérinaires de
qualité dans le développement de l’élevage et la protection de la santé des
consommateurs;
- l’absence de textes spécifiques portant réglementation de la médecine et de la
pharmacie vétérinaire au Sénégal.
Nous recommandons :
- que le projet de loi sur la médecine et la pharmacie vétérinaires au Sénégal soit
mieux suivi pour son application effective;
- la réalisation de cette étude dans d’autres régions du Sénégal sur un grand nombre
d’échantillons ;
106
- la formation du personnel en matière de gestion de la qualité des médicaments
vétérinaires.
9 Recommandation n°2
CONSIDERANT :
- l’ampleur du phénomène du commerce illicite des médicaments vétérinaires au
Sénégal ;
- la prolifération des marques de médicaments vétérinaires disponibles sur le marché
et la diversité de leurs origines ;
- la responsabilité de l’Etat en matière de protection de la santé publique et en matière
de répression des fraudes;
- l’importance des auxiliaires d’élevage dans certaines zones reculées du pays.
Nous recommandons :
- la mise à jour de la liste de médicaments vétérinaires enregistrés au Sénégal ;
- l’institution d’un corps d’inspecteurs de la pharmacie vétérinaire chargé de contrôler
l’application effective des textes réglementaires en la matière ;
- la mise en place des postes de contrôle au niveau des frontières (entre la Gambie, la
Mauritanie et le Mali) et à l’intérieur du pays;
- l’élaboration d’un programme de formation unique pour les auxiliaires d’élevage sur
l’ensemble du territoire.
9 Recommandation n°1
CONSIDERANT :
- l’absence de séparation des activités de grossistes-répartiteurs et de détaillants de
médicaments vétérinaires au Sénégal ;
- la diversité des sources d’approvisionnement en médicaments vétérinaires.
Nous recommandons que:
- l’O.N.V.S organise des séminaires et des ateliers de sensibilisation des vétérinaires
en vue d’une séparation effective des activités de grossistes et de détaillants ;
107
- les professionnels s’approvisionnent auprès des laboratoires pharmaceutiques
vétérinaires mondialement reconnus et présentant une longue expérience en la matière,
afin d’éviter les sources d’approvisionnement douteuses sur le plan de la qualité de
leurs produits.
9 Recommandation n°2
CONSIDERANT :
- l’importance de la clientèle que mobilise le marché illicite de médicaments
vétérinaires ;
- les conséquences du mauvais usage des médicaments vétérinaires sur la santé des
consommateurs et sur celle des animaux.
Nous recommandons que:
- l’O.N.V.S organise régulièrement des campagnes de sensibilisation à l’endroit des
éleveurs sur les dangers liés à l’utilisation des produits vétérinaires issus du marché
illicite;
- la délivrance du médicament vétérinaire se fasse uniquement sur prescription d’une
ordonnance par un docteur vétérinaire ;
- l’O.N.V.S organise régulièrement des formations destinées aux éleveurs sur le bon
usage des médicaments vétérinaires.
9 Recommandation n°1
CONSIDERANT :
- les mouvements importants en matière de commerce des médicaments vétérinaires
entre les pays de l’UEMOA, de la CEMAC, de la CEDEAO et les autres pays voisins ;
- l’importance des échanges d’informations entre les pays sur l’enregistrement des
médicaments vétérinaires.
Nous recommandons à la CEMAC:
- l’harmonisation des textes réglementaires sur la profession et la pharmacie
vétérinaires, en prenant pour exemple celui des pays de l’espace UEMOA,
108
- la mise en commun des ressources humaines pour une meilleure gestion des
médicaments vétérinaires en Afrique Centrale en s’inspirant du modèle du Comité
Régional du Médicament Vétérinaire (CRMV) au sein de l’UEMOA en cours de
réalisation.
Recommandation n°2
CONSIDERANT :
- les efforts importants consentis ces dernières années par l’OIE pour informer et
sensibiliser les responsables des pays africains des procédures d’enregistrement des
médicaments vétérinaires ;
- la place importante qu’occupe l’élevage dans la lutte contre la pauvreté en Afrique
Subsaharienne.
Nous recommandons à l’OIE :
- de soutenir les efforts du gouvernement sénégalais en vue de l’assainissement de la
filière des médicaments vétérinaires,
- d’apporter un appui technique à l’élaboration d’un système d’assurance de la qualité
des médicaments vétérinaires au Sénégal.
109
CONCLUSION GENERALE
Conscients de l’importance socio-économique de l’élevage et du rôle central des
médicaments vétérinaires dans la lutte contre les maladies animales, les responsables
africains au sud du Sahara ont réalisé ces dernières années des efforts allant dans le
sens de l’assainissement de la filière du médicament vétérinaire. En effet plusieurs
rencontres régionales et internationales ont été organisées, sur cette problématique et
particulièrement sur le thème de la circulation des médicaments vétérinaires et de leur
contrôle en Afrique. Certaines enquêtes pilotes par des sondages limités ont été ensuite
entreprises dans plusieurs pays africains au sud du Sahara. Il s’agit notamment du
Bénin, du Togo, de la Mauritanie, du Mali, du Tchad et du Cameroun. Ces études
montrent que la filière du médicament vétérinaire en Afrique subsaharienne présente
encore d’énormes lacunes sur les plans réglementaire et organisationnel. La présente
étude au Sénégal s’inscrit dans ce dernier cadre. Elle porte sur la distribution et la
qualité des médicaments vétérinaires au Sénégal (cas des régions de Dakar, Kaolack et
Thiès), afin d’envisager les mesures propres pouvant permettre l’assainissement de
cette filière.
Cette étude a été conduite en deux phases : une phase de terrain et une phase de
laboratoire. La phase de terrain s’est déroulée dans les villes (chefs-lieux des régions)
et dans différents départements et communes de ces trois (3) régions précitées. Elle
nous a permis de collecter des informations sur le marché des médicaments
vétérinaires dans ces régions et d’en prélever des échantillons en vue de leur analyse
au laboratoire. La collecte d’informations s’est faite à travers une méthodologie
d’enquête basée sur les questionnaires conçus à cet effet, les entretiens avec les
différents acteurs de la filière, les observations directes, mais aussi à travers la
recherche bibliographique. Quant aux prélèvements des échantillons de médicaments
vétérinaires, ils ont concerné 4 molécules à savoir l’oxytétracycline, l’albendazole,
l’ivermectine et le diminazène. Cinquante cinq (55) échantillons de ces molécules ont
été prélevés et analysés par HPLC pendant la phase de laboratoire au LACOMEV de
l’EISMV de Dakar. Les résultats du contrôle de la qualité de ces échantillons ainsi que
ceux de l’enquête nous ont permis d’analyser la situation à travers une discussion et de
faire des recommandations aux différents intervenants de la filière du médicament
110
vétérinaire en vue de l’amélioration de la gestion de ces derniers. Ces résultats
révèlent sur le plan de la distribution des médicaments vétérinaires que :
- le Sénégal dépend entièrement de l’extérieur pour son approvisionnement en
médicaments vétérinaires. Le nombre de laboratoire fournisseurs étant variable ; mais
à travers notre enquête, nous en avons pu identifier 15 originaires de l’Europe, de
l’Amérique, de l’Asie ou de l’Afrique. Seuls les vaccins vétérinaires sont produits
localement par le Laboratoire National d’Elevage et de Recherches Vétérinaires
(LNERV) de Dakar;
- les anti-parasitaires sont les médicaments vétérinaires les plus utilisés au
Sénégal. Ils occupent une part de marché estimée en 2006 à 30% et sont suivis par les
antibiotiques (18,64%);
- la distribution des médicaments vétérinaires dans ces trois régions se fait dans
deux circuits comme dans les autres pays de l’Afrique subsaharienne : un circuit
officiel et un circuit parallèle ou illicite;
- le circuit officiel est animé par les pharmaciens et les vétérinaires installés en
clientèle privée qui exercent les activités de grossistes-répartiteurs ou de détaillants-
distributeurs, mais dans la réalité, il existe une confusion entre ces deux activités. En
effet, les grossistes-répartiteurs distribuent également les médicaments vétérinaires au
détail comme les détaillants-distributeurs. Les marques de médicaments vétérinaires
disponibles sur le marché sont multiples mais celles provenant des laboratoires
français sont importantes;
- le circuit parallèle est animé par divers acteurs. Il s’agit d’auxiliaires
d’élevage, d’ingénieurs d’élevage, d’agents technique d’élevage, d’éleveurs, de
commerçants, de vendeurs ambulants de médicaments humains et vétérinaires. Ce
circuit semble être plus développé dans les régions de Kaolack et de Thiès
caractérisées par l’importance de marchés hebdomadaires, le nombre réduit des
vétérinaires privés, leur proximité avec la région de Diourbel, ainsi qu’une importante
activité d’élevage de type extensif;
- sur le plan réglementaire, la « loi n° 55-418 du 15 avril 1954 » relative à la
pharmacie, la loi « 75-409 du 29 mai 1975» et l’arrêté « n° 7199 MSPAS-SCPH-IP
du 08 juillet 1975 » règlementent la pharmacie vétérinaire au Sénégal. Les textes
111
réglementaires sur la pharmacie vétérinaire dans l’espace UEMOA adoptés le 23 mars
2006, constituent un cadre législatif solide dont l’application n’est pas encore
effective.
Sur le plan de l’analyse des échantillons de médicaments vétérinaires prélevés
sur le terrain, les résultats montrent que 37 sur 55 analysés sont non-conformes, soit
67%. Les non-conformités concernent, aussi bien les échantillons prélevés dans le
circuit officiel que ceux issus du circuit parallèle. Ainsi, sur 29 échantillons de
médicaments vétérinaires dans le circuit officiel, 20 se sont révélés non-conformes,
soit 69% contre 17 sur 26, soit 65% dans le circuit parallèle. Les résultats d’analyse
par molécule vétérinaire nous montre que l’ivermectine et l’oxytétracycline présentent
le taux de non-conformité le plus élevé soit 99,33%, suivis du diminazène qui présente
70% de non-conformité, et enfin de l’albendazole avec un taux de non-conformité de
13,33%.
Bien que l’objectif de ce travail ne soit pas de faire une étude statistique du
marché des médicaments vétérinaires au Sénégal, il permet cependant de confirmer
qu’il existe des médicaments vétérinaires non-conformes dans le pays, ceci dans les
deux circuits de distribution. Ces résultats témoignent de l’insuffisance des mesures
prises jusque là pour assurer la qualité des médicaments vétérinaires au Sénégal,
malgré l’existence d’une procédure d’enregistrement de médicaments vétérinaires,
subordonnée à une analyse au LACOMEV.
Outre la responsabilité de l’Etat, la problématique de la qualité des
médicaments vétérinaires en Afrique subsaharienne en général, et au Sénégal en
particulier, interpelle aussi tous les autres acteurs de la filière dans la mesure où le
médicament vétérinaire ne doit plus être évalué du point de vue « patient », mais de
celui du consommateur, donc en terme de santé publique.
112
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EISMV, 6 au 9 Février 2001-170p.
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de déontologie de la médecine vétérinaire.- JO de la République du Sénégal.- 4p.
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1975 ; page 1049.
76. SIDIBE S.A, 2001. Impact économique des maladies animales sur l’élevage en
Afrique Subsaharienne. (18-28) In : Acte du séminaire sur l’utilisation des
médicaments vétérinaires en Afrique Subsaharienne. Dakar, EISMV, 6 au 9 Février
2001-170p.
77. SONED., 1999. Etude sur le rôle du sous secteur de l’Elevage dans l’économie
nationale. Formulation d’une stratégie nationale de développement.- Dakar : ministère
de l’Economie, des Finances et du plan, Unité de Politique Economie (UPE).-90p.
80. TANO L., 2003. La qualité des trypanocides : une plus grande vigilance doit être
déployée pour éliminer les mauvais produits diffusés illégalement en Afrique. Afrique
Agriculture, (294) : 44-45.
81. TCHAO M., 2000. Le médicament vétérinaire dans les pays de l’Union
Economique et Monétaire Ouest Africain : Aspect législatif
Thèse : Méd. Vét. : Tunis ; 5.
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83. THIAM I., 2002. La distribution des médicaments vétérinaires au Sénégal.
Deuxième journée d’études de l’ordre des docteurs vétérinaires du Sénégal. Kaolack, 6
mars 2002.- 19p.
84. THOME O. ; BONIS CHARANCLE J.M. ; MESTER C. et CORREZE A.,
1995. Processus de privatisation en santé animale. Synthèse des cas (Burkina-Faso,
Guinée, Niger et RCA).- Paris : Ministère de la coopération.-90p.
87. VIAS G., 2001. Le marché des produits vétérinaires au Niger : situation actuelle et
perspectives. (91-98) In : Acte du séminaire sur l’utilisation des médicaments
vétérinaires en Afrique Subsaharienne. Dakar, EISMV, 6 au 9 Février 2001-170p.
120
ANNEXES
2. Guides d’entretien.
1.1 Existe-t-il une réglementation permettant se s’assurer de la qualité des médicaments vétérinaires ?
Oui Non
− Si Oui : cette réglementation s’applique-t-elle :
A l’importation ? Oui Non
A la production ? Oui Non
A la distribution ? Oui Non
− Joindre une copie de ces textes au questionnaire.
Existe-t-il un système national d’inspection contrôlant l’application effective des textes réglementaires
relatifs aux médicaments vétérinaires ? Oui Non
La réglementation prévoit-elle une issue pour les stocks de médicaments non conformes ou périmés ?
Oui Non
− Si Oui, précisez (destruction, renvoi au fournisseur, etc.…) :....................
Le système de répression (saisie, fermetures de sites) dispose-t-il de moyens adéquats pour appliquer la
législation existante ? Oui Non
1.2 Existe-t-il au niveau national un laboratoire de contrôle de la qualité des médicaments vétérinaires ?
Oui Non
− Si Non,
− où sont analysés les produits suspects (saisies, importations…) ?
Précisez :
− des tests simplifiés sont-ils à défaut réalisés pour établir l’identité et
vérifier la pureté des médicaments ? Oui Non
− Si Oui :
a) Statut et structure du laboratoire :
b) Le personnel du laboratoire :
c) Activités et résultats :
Contrôles galéniques :
− mesure du pH Oui Non
− test de délitement des formes solides Oui Non
− mesure de la densité Oui Non
− mesure du pouvoir rotatoire Oui Non
− uniformité de masse Oui Non
− vitesse de dissolution des bolus/suppositoires Oui Non
− dureté des formes solides Oui Non
Contrôles microbiologiques :
− test de stérilité Oui Non
− recherche des pyrogènes Oui Non
− dosage microbiologique des antibiotiques Oui Non
Dosage des principes actifs et de certains excipients :
− spectrophotométrie uv-visible Oui Non
− chromatographie liquide haute performance Oui Non
− photométrie de flamme Oui Non
− méthodes colorimétriques Oui Non
− chromatographie en phase gazeuse (CPG) Oui Non
− fluorimétrie Oui Non
− potentiométrie Oui Non
− autres (précisez) :
 Un responsable qualifié vétérinaire ou pharmacien est-il désigné pour toute entreprise de production ?
Oui Non
Le fabricant a-t-il un laboratoire de contrôle ? Oui Non
L’autorisation d’ouverture du site de production prévoit-elle une enquête par un inspecteur vétérinaire ou
pharmacien ? Oui Non
Existe-t-il des procédures de suivi de la qualité avec possibilité de retrait ou suspension de l’autorisation
de production en cas de mauvais fonctionnement ? Oui Non
Existe-t-il une procédure d’enregistrement des médicaments produits localement ? Oui Non
Qui a la responsabilité de l’enregistrement ………………………………………………………………………
III Importations des médicaments et des matières premières vétérinaires
Qui importe ?
Quelles sont les grandes classes thérapeutiques importées ? Complétez si possible le tableau ci-joint.
− S’agit-il de :
− produits non actifs sur le terrain ? Oui Non
− produits dont les caractères organoleptiques sont suspects (odeur, couleur,
consistance, limpidité) ? Oui Non
− formes galéniques présentant une stabilité particulièrement mauvaise ?
− produits dont le conditionnement et/ou l’étiquetage sont suspects ?
− produits dont le coût est anormalement bas ? Oui Non
− produits présentant des signes anormaux de toxicité ? Oui Non
− autre (précisez) :
Les lieux agréés de vente en gros ou au détail sont-ils tous gérés par un vétérinaire ou un pharmacien
Oui Non
Les pharmacies vétérinaires privées sont-elles contrôlées ? Oui Non
Existe-t-il une liste identifiant tous les points de vente autorisés de médicaments vétérinaires ? Oui Non
Quels sont les différents types de points de vente autorisés ?
− pharmacies d’officine vétérinaires Oui Non
− grossistes répartiteurs Oui Non
− dépôts pharmaceutiques villageois Oui Non
− groupements d’éleveurs Oui Non
− ONG / projets Oui Non
− Techniciens d’élevage ou infirmiers vétérinaires Oui Non
− autres (précisez)
Le système d’inspection de la pharmacie vétérinaire exerce-t-il un contrôle sur les points de vente suivants ?
VI Bibliographie
Existe-t-il des travaux, des thèses qui ont été consacrés à la qualité du médicament, au marché parallèle, au
marché de génériques, etc. ?
Joindre leurs références bibliographiques complètes S.V.P.
Nom :
Fonction :
Adresse professionnelle :
Téléphone / Fax :
Téléphone portable :
E-mail :
Date et Visa :
ANNEXE 2
Guides d’entretien
A- Guide d’entretien avec les structures importatrices des médicaments vétérinaires
I. Identification
1. Nom et adresse de la structure
2. Titre du responsable
3. nombre et titre des employés
4. localisation
I. Identification
1. non et adresse de la structure
2. type de structure
3. titre du responsable
4. localisation
5. nombre et titres des employés
REGION DE PRELEVEMENT :
SECTEUR DE PRELEVEMENT :
NOM DE LA SPECIALITE :
NUMERO DE LOT :
FORME GALENIQUE :
PRINCIPE ACTIF :
CONDITIONNEMENT :
DATE DE PEREMPTION :
VU VU
LE DIRECTEUR LE PROFESSEUR RESPONSABLE
DE L’ECOLE INTER-ETATS DE L’ECOLE INTER-ETATS DES
DES SCIENCES ET MEDECINE SCIENCES ET MEDECINE
VETERINAIRES DE DAKAR VETERINAIRES DE DAKAR
VU
LE DOYEN
DE LA FACULTE DE MEDECINE LE PRESIDENT
ET DE PHARMACIE DU JURY
DE L’UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP
DE DAKAR
VU ET PERMIS D’IMPRIMER______________
DAKAR, LE_______________________________
RESUME