Cours de Phytoechnie
Cours de Phytoechnie
industrielle au Gabon
Chaque type de plante prélevé dans le sol des éléments nutritifs particuliers, et parfois libère
dans le sol des éléments nutritifs essentiel pour la culture suivante. Les légumineuses ont cette
capacité de libéré dans le sol des éléments nutritif.
L’association des cultures est un système de production qui consiste à produire sur la même
sole au même moment des cultures qui offre aux des avantages.
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Produits récolté ou commercialisable
Nom usuelle Nom Scientifique Famille Feuilles racines Fruits Tige Tubercule
2
Poivron Capsicum anuum Solanacées
Poireau Allium
ampeloprasum (A.
Alliacées
porrum
Oignon Allium cepa
Ail Allium cepa
Baselle Basela alba Basellacées
Morelle noir Solanum nigrum
solanacées
Pomme de terre Solanum melongena
Haricot Phaseolus vulgaris Fabacées
radis Raphanus sativus
Navet Brassica rapa subsp.
rapa
Chou-fleur Brassica oleracea
convar. botrytis var.
botrytis
Brocoli Brassica oleracea
Brassicacéés
convar. botrytis var.
italica
Chou pommé Brassica oleracea
blanc/vert var. capitata
Brassica oleracea Brassica rapa subsp.
var. capitata chinensis
Choux de Chine Brassica rapa subsp.
(Pak Choï) pekinensis
Carotte Daucus carota Apiacées
Patate douce Ipomea Batatas convollacées
Melon Cucumis melo L. Cucurbitacées
Riz Oryza sativa Poacées
Arachides Arachis hypogea Fabacées
Canne à sucre Sacharum
Poacées
officinarum
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Manioc Manihot esculenta Euphorbiacées
Igname Dioscorea sp Dioscoréacées
ananas Ananas sativa rubiacées
Mais Zea mays
ble triticum
Mil Pennisetum spp Poacées
Orge Hordeum vulgare
Soja Glycine masc
Gingimbre Zingibier
Zingibéracées
officinarum
Citronnelle Cymbopogom
Poacées
officinarum
Betterave rouge Beta vulgaris Chénopodiacées
(Amarantacées)
Coriandre Coriandrium
Apiacées
sativum
Persil Petroselinum
Apiacées
crispum
Basilic Ocimum basilicum Lamiacées
Bananier Musa paradisiaca Musacées
Taro Colocasia esculenta Aracées
Cacaoyer Theobroma sterculiacées
Caféier Coffea spp Rubiacées
Palmier Elais guinensis Arecacées
hévéa Hevea brasilliensis Euphorbiacées
Manguier Mangifera indica Anacadiacées
Orange Citrus sinensis L.
Pamplemoussier Citrus maximun
Rutacées
Mandarinier Citrus reticula
Citronnier Citrus spp
Safoutier Dacryodes edulis Burseracées
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Papayer Carica papaya Caricacées
Avocatier Persea amaericana Lauracées
Cocotier Coscos nucifera Arecacées
Corossolier Annana muricata Annanacées
Goyavier Psidium guayava myrtacées
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Partie : Culture vivrières
Chapitre [Link]és
Origine
Une des espèces, Manihot glaziovii, a été longtemps exploitée en Amérique du Sud pour son
latex fournissant le Caoutchouc.
Le manioc, M. esculenta, est originaire du nord de L’Amérique du Sud. Cette espèce cultivée
n’existe plus à l’état naturel. L’histoire révèle que le manioc était déjà cultivé au Pérou, au
Brésil, en Guyane et au Mexique à l’époque précolombienne.
Le manioc fut amené en Afrique à la fin du 16e siècle par les navigateurs portugais. Il s’est
rapidement répandu principalement dans l’Afrique de l’ouest, l’Afrique Centrale et les pays
riverains du Golfe de Guinée et pénétra plus à l’intérieur par le bassin du fleuve Congo. En
Afrique Orientale la progression du manioc se situa plus tardivement, à la fin du 17 e siècle,
Via les Iles de la Réunion, de Madagascar et de Zanzibar.
Exigences agropédoclimatiques
Les températures annuelles moyennes pour une croissance optimum se situent entre 25° et
29° C ; des températures en dessous de 16°C lui sont préjudiciables et la croissance s’arrête en
dessous de 10° C. Au-delà de 1800m le manioc se développe très lentement. En aucun cas le
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manioc ne supporte le gel. Malgré sa tolérance à la sécheresse, une quantité de 500 mm et une
période six mois de pluviosité par an sont nécessaires. Les précipitations optimales se situent
entre 1000 et 1500mm par an.
Le manioc est une plante rustique, tolérant une large gamme de sol, hormis les sols
hydromorphes ou les sols trop sableux. Il préfère les sols sablo- argileux profonds, meubles et
bien drainés. Il tolère des sols acides. De par sa mycorhization poussée, le manioc vient bien
sur sols désaturés et pauvres en phosphore. Par contre, les sols trop fertiles et en particulier
l’excès d’azote nuisent à la tubérisation, le manioc est vorace en potasse. Une culture de
manioc améliore la structure du sol suite à son enracinement profond.
Multiplication
Si le manioc se multiplie par semences dans les travaux de sélection, c’est par contre la
bouture qui sera utilisée pour l’établissement des champs de production. Le manioc étant
multiplié par voie végétative, il y aura lieu d’établir des parcs de bois en vue de la
multiplication des boutures en culture industrielle. C’est avec beaucoup de rigueur qu’il
faudra éliminer régulièrement les plantes virosées. En culture villageoise, les boutures sont
généralement prélevées dans un champ en cours de récolte très souvent, ces boutures sont déjà
infectées, ne fût- ce qu’à l’état latent par le virus causant la mosaïque.
Les boutures de 10 à 30cm de longueur sont prélevées sur des tiges aoûtées et bien droites des
plantes saines âgées de 8 à 18 mois. Elles seront plantées immédiatement. Toutefois afin
d’assurer une reprise homogène, certains agriculteurs préfèrent récolter les tiges environ une
semaine avant la mise en place. Pendant cette courte période, les tiges seront conservées à
l’ombre en un endroit bien aéré. La division des tiges en bouture se fera par contre, au
moment de la plantation ou au plus tôt, la veille. Chaque tige la préparation de 4 à 5 boutures
la partie terminale portant des ramifications est à rejeter en raison des rendements moindres
qu’elle procure. Chaque bouture doit posséder 3 à 5 yeux dormants. La reprise des boutures
ne pose pas problèmes particuliers sauf en cas de sécheresse prolongée.
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Rotation
La culture du manioc vient habituellement en fin de rotation, ce qui lui confère le titre
exagéré de culture épuisante. Toutefois. Le manioc est parfois placé en tête de rotation quand
les sols sont épuisés ou quand on cherche à occuper un terrain fraîchement défriché sur la
forêt.
Dans les régions de savane à maïs et dans les zones d’altitude d’Afrique Centrale et Orientale,
le manioc vient typiquement en fin de rotation. Sur sols trop sableux, impropres aux céréales,
la rotation se limitera souvent au manioc auquel on associera d’autres cultures vivrières telles
que le vigna, le potrion ou arichide. Ailleurs, comme dans la forêt ombrophile de la
République centrafricaine, le manioc est utilisé comme plante d’ ouverture sur défriche
forestière afin de coloniser rapidement le sol.
Préparation du terrain
La mise en place des boutures se fait sur un terrain ameubli ou sur buttes, suivant les
coutumes locales.
Epoque de plantation
Dans les régions tropicales, la plantation se fait tout au début de la saison des pluies. Les
boutures seront plantées horizontalement, obliquement ou verticalement, à raison d’une ou
deux boutures par emplacement. Généralement, la meilleure méthode consiste à les
enfoncer obliquement jusqu’aux trois quarts de leur longueur. Il convient de les enfouir de
manière à respecter leur tropisme, c’est à dire leur polarité géotropique : il faut que leur
extrémité distale se trouve sur un plan plus élevé que l’extrémité proximale.
Une inversion par rapport à ce principe provoque toujours une diminution notable des
rendements. La plantation se fait à des écartements de 1m x 1m en culture pure. La mise en
place à cet écartement nécessite de 2000 à 3000 mètres de boutures utiles. Une plante mère
livre normalement entre 10 à 20 boutures.
En culture mixte, la densité est moins élevée et les écartements peuvent atteindre de 2 à 3m
tous sens. La reprise a lieu après 8 à 15 jours. Les boutures qui n’ont pas repris après ce laps
de temps devraient en principe être remplacées par des boutures si possibles déjà enracinées et
du même âge que celles du champ et produites spécialement dans ce but. Cette pratique de
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remplacement, peu habituelle en milieu villageois, serait cependant de nature à augmenter les
rendements par unité de surface.
Fumure
Les plantes à tubercules prélèvent dans le sol des quantités considérables d’éléments
fertilisants, même si on les compare aux céréales. La fumure minérale du manioc donne de
bons résultats avec des formules NPK de 12-12-18 ou de 15-15-15 selon les quantités variant
généralement de 300 à 650kg/ha d’engrais commercial.
L’application sera fractionnée (par exemple une première application juste après la plantation
et une deuxième à la fermeture des frondaisons, et localisée.
Sarclage
D’habitude, deux à trois sarclages sont largement suffisants : le premier 3 à 4 semaines après
la plantation, le second 1 à 2 mois après, et le troisième au début de la seconde année de
culture, après la reprise de la végétation adventice succédant à la reprise des pluies.
Dans les cultures de manioc plantées à plat on procède au buttage avant la couverture des
frondaisons, lorsque les plantes atteignent de 40 à 60cm de hauteur.
Dans le cas du désherbage chimique, on utilisera des herbicides en pré émergence à base de
diuron, chloramben, atrazine. En cas de traitement tardif après l’émergence des adventices, il
convient d’ajouter un herbicide de contact tel que le glufosinate.
Récolte
Dans la région équatoriale, la plupart des variétés de manioc, tant douces qu’amères, peuvent
être récoltées vers l’âge de 12 mois. Lorsque le climat s’écarte des conditions équatoriales, la
récolte est plus tardive et ne s’opère qu’après 18 à 24 mois.
La détermination exacte de la période optimale de récolte n’a toutefois pas pour le manioc
l’importance que ce facteur revêt pour d’autres cultures. Le manioc peut être récolté dès que
les racines ont atteint un poids moyen de 2 à 4kg. En pratique la récolte s’effectuera
généralement après 10 à 18 mois de végétation. Après ce stade de développement, les racines
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continuent cependant de se développer mais au-delà de 16-18 mois elles durcissent et se
lignifient.
Un champ de manioc peut donc être récolte sans inconvénient durant une période de plusieurs
mois. Cet échelonnement de la récolte constitue un avantage appréciable car il permet
l’exploitation au fur et à mesure des besoins.
C’est en région tropicale que ce caractère est particulièrement avantageux car il fait du
manioc une production de réserve qui, en cas d’échec d’une autre culture, met la population à
l’abri de la disette.
Rendement
Les rendements sont très variables suivant le climat, la valeur du sol, la variété et l’âge auquel
en récolte. En région équatoriale, les terres moyennes, bien cultivées, fournissent de 20 à 25t
de racines fraîches à l’hectare. Dans les régions tropicales, la production se situe, dans des
conditions moyennes, à environ 10t à l’hectare.
La racine de manioc fraîche comporte 10 à 15% de pelure. Les racines pelées contiennent de
20 à40% de fécule. Une tonne de racines fraîche mal pelée peut donc fournir 200 à 300kg
de cossettes séchées ou de farine.
Conservation.
Les racines de manioc sont récoltées au fur et à mesure des besoins, dès qu’elles atteignent les
dimensions voulues. Ce mode d’exploitation est justifié par le fait que la conservation des
racines fraîches est difficile au – delà de deux semaines. Aussi lorsque l’on procède à une
récolte assez massive est – il indiqué de rouir les racines, de les débarrasser de leur pelure
et, enfin, de les faire sécher après les avoir divisées en fragments. On peut également,
après dessiccation, réduire ces fragments en farine et assurer la conservation sous cette
forme.
Origine
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La patate douce, Ipomoea batatas (L) Lam., inconnue à l’état spontanée, est originaire de
la région s’étendant du Sud de l’Amérique centrale au nord – ouest de l’Amérique latine.
Le genre Ipomoea comprend quelques centaines d’espèces dont surtout I. batatas présente
une valeur économique de par ses tubercules comestibles. Plusieurs espèces sont cultivées en
Inde comme épinards. D’autres espèces sont connues comme plantes ornementales.
Exigences agropédoclimatiques
Au point de vue climatique, la patate douce est très plastique, mais son rendement se ressent
favorablement des conditions qui lui sont propices. La croissance et sa production sont
meilleures dans les régions chaudes et humides. Ce n’est toutefois qu’au début de sa
croissance que la plante demande beaucoup d’humidité ; quand les tubercules sont déjà
formés, tout excès d’humidité dans le sol occasionne leur pourriture. La tubérisation est
favorisée par les journées courtes de 11h et les nuits fraîches. Au-delà de 14h la tubérisation
est inhibée.
Des températures inférieures à 10°C peut être fatales à la survie des plantes de patate douce.
La croissance commence à partir de 15°C et est maximale entre 21° et 28°C. Au Burundi on
a estimé que le cycle de la patate douce nécessitait une somme des températures de 3.650°C.A
basse température, les racines évoluent surtout vers des racines filiformes.
La facilité d’émettre des racines adventives combinée à l’émission de lianes rampantes font,
de la patate douce une plante apte à coloniser les sols marginaux.
Ainsi, la patate douce n’est pas très exigeante quant au sol. Elle demande des terrains
meubles, bien perméables et sans excès d’azote, ce dernier stimulant le développement
végétatif aérien aux dépens de celui des racines tubérisées.
La patate douce présente une bonne tolérance vis-à-vis des sols acides, riches en aluminium et
pauvres en phosphore. Elle s’accommode facilement des sols fortement organiques comme
dans certains marais tourbeux. Par contre, il faudra éviter les sols compacts. La culture ne
supporte pas des conditions d’hydromorphie continue de plus de trois jours. L’excès d’azote
et des conditions hydro morphes favorisent l’émission de racines fibreuses.
Multiplication
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La multiplication se fait de façon végétative, le plus généralement par bouture et encore par
racine tubérisée, fragment de tubercule ou rejet de tubercule, ce dernier ayant la même valeur
que la bouture ordinaire. La multiplication générative ne s’utilise qu’en sélection.
Le bouturage n’est effectué que dans les pays tropicaux où la patate douce reste en culture
pendant toute l’année. Les boutures doivent avoir 20 à 40 cm de longueur, avec 3 à 4
bourgeons et provenir des extrémités jeunes ou du milieu des tiges. Il convient de les prélever
au moment de la plantation ou de les conserver à l’ombre en attendant leur mise en place. Les
boutures de la base de la tige, dont les feuilles sont tombées, donnent une reprise et un
rendement trop faible. La plantation d’un ha nécessite environ 30.000 à 90.000 boutures.
En culture traditionnelle, c’est sur les jeunes plantes et sur la moitié supérieure de ceux-ci que
se prélèvent les boutures pour une nouvelle culture. En culture intensive, les parcelles de
multiplication de boutures seront isolées des champs de production et soumis à un traitement
insecticide contre les vecteurs des viroses. On conseille de planter les champs de
multiplication à 25 x 50 cm à raison d’une bouture par poquets. Les premières boutures
peuvent être coupées après 2 à 3 mois et les récoltes suivantes se feront un mois
d’espacement. Un apport de 200 kg par ha de fumure NPK 20-10-10 est conseillé au Burundi
pour la multiplication rapide. L’arrachement des plantes viroses dans les parcelles de
multiplication devrait être la règle générale.
Rotation
La patate douce vient souvent en tête de rotation sauf sur les sols trop riches ou il faut éviter
de planter en tête d’assolement. En effet le développement végétatif trop abondant retarde
sensiblement le processus de tubérisation. La patate douce est une plante nettoyante et
convient bien pour garnir les défriches là où l’envahissement immédiat des mauvaises herbes
est à craindre.
Dans le sud des Etats-Unis, l’assolement patate douce- soja est souvent pratiqué avec succès à
condition de relever le pH des sols généralement acides. Le relèvement du pH a comme
inconvénient d’induire une incidence plus forte de maladies fongiques sur patate douce
(pourriture des tiges et des racines tubérisées).
Préparation du terrain
En général, la plantation se fera sur buttes ou billons. Normalement, ils sont de 30 à 40cm de
hauteur et d’environ 60cm de largeur. L’écartement entre les buttes, de centre à centre est
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d’environ 75 à 100 cm. Il sera adapté de façon à avoir une couverture du sol entre six à huit
semaines et de façon à obtenir rapidement un indice foliaire d’au moins 3. Le LAI ou leaf
area index représente la proportion de la surface foliaire sur la surface du sol.
Plantation
L’époque de la plantation sera choisie de telle sorte que la récolte puisse avoir lieu en saison
sèche. La plantation sur butte favorise la tubérisation. En effet, les racines adventives,
normalement horizontales, s’incurvent vers le bas en approchant la surface de la butte et l’on
sait que c’est à l’endroit de la courbure que se développent plus aisément les tubercules. Il
semble que la culture sur butte soit préférable que la culture sur billon surtout sur sols lourds.
En général, les boutures sont plantées de façon oblique en incurvant la partie distale de façon
parallèle à la surface du sol. Il ne subsistera qu’à peu près un tiers de la bouture au-dessous de
sol. En savane, les boutures seront plus longues et enterrées plus profondément afin de réduire
les risques de desséchement.
Sur billon, on plante généralement deux boutures croisées par poquet tous les 25 à 35cm. Sur
butte, les plants sont distants d’environ 25 à 35cm. On place deux rangées de plants par butte,
une au sommet, une autre sur le côté de la butte. Ainsi pour une butte de 1m 2, on plantera trois
boutures au sommet et 5 boutures sur le flanc de la butte.
Entretien
L’enracinement des boutures est très rapide et, au bout de deux mois la végétation couvre le
sol. Les soins d’entretien se réduisent à un ou deux sarclages au début de la végétation et à la
protection des buttes contre l’érosion.
Fertilisation
La fumure minérale éventuelle s’inspirera en général d’un équilibre. NPK de 1-1-3 pour les
variétés à cycle court et de 1-2-3 pour les variétés à cycle long. Sur sols riches, il faudra
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veiller à réduire l’apport en azote afin d’éviter la prolifération excessive de la masse végétale
au dépens de la tubérisation.
L’apport de la matière organique doit se faire de façon raisonnée étant donné que les excès,
surtout si la matière organique est riche en azote, engendrent un développement luxuriant de
la masse végétale aux dépens de la tubérisation.
Récolte
La maturité des tubercules est indiquée par un léger jaunissement des feuilles selon la
variété. L’enlèvement des racines tubérisées se fait à la houe. Quand le sol est trop dur,
l’emploi d’un trident ou fourche est fort utile. La récolte ne peut être trop retardée car ,
après être arrivés à maturité les tubercules germent assez facilement. Ils risquent d’autre part
de se décomposer et d’être attaqués pas le charançon de la patate douce
Rendement
La patate douce est probablement l’espèce vivrière qui produit le plus d’énergie à l’unité de
surface. Ce n’est donc pas par hasard qu’on la retrouve massivement en chine.
Les rendements sont de 10 à 20 t/ha dans des cultures rationnelles. Ils ne sont que de 5 à 10t /
ha dans les cultures villageoises. En station expérimentale, la culture, favorisée par l’apport
d’une fumure propice, fournit 30 à 50t/ha. En culture intensive, avec irrigation et fumure
des rendements de 40 à 80t / ha sont enregistrés.
Conservation
Après arrachage, les racines tubérisées sont exposés au soleil afin d’être séchés
superficiellement, puis ils sont conservés en lieu sec. Ceux donc l’épiderme a été endommagé
doivent être séparés des autres en vue de diminuer le danger de putréfaction.
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Origine
La zone originelle de la culture de la pomme de terre se situe sur les hauts plateaux de la
cordillère des Andes où les Incas la cultivaient largement pour leur alimentation. Ils la
dénommaient papa et conservaient d’une récolte à l’autre des tubercules séchés au soleil.
En Afrique, la pomme de terre a tout d’abord été importée d’Europe à la fin du 19 e siècle par
les missionnaires et ensuite par les administrations coloniales
Exigences agropédoclimatiques
La pomme de terre est une plante très rustique et sa culture est répandue dans le monde
entier sous diverses conditions de croissance. Cependant les meilleurs résultats sont obtenus,
dans les zones tropicales, en régions où le climat est tempéré par l’altitude (1.800 à 2.300m)
ou en basse altitude lorsque la culture est réalisée durant la saison la plus fraîche (saison
sèche). La t° idéale pour la tubérisation se situe aux alentours de 16C. Au moins durant les
nuits, des température élevées) ( > 29°c) peuvent inhiber la formation des tubercules. La
photopériode joue un rôle important pour la tubérisation qui est induite lorsque les longueurs
de jours sont inférieures à un seuil critique variable d’une variété à l’autre. Les jours courts
des régions tropicales sont toujours favorables à la tubérisation et celle – ci dépendra donc
avant tout des températures nocturnes.
La pomme de terre préfère des sols légers, frais et convenablement draines. Elle supporte des
sols légèrement acides (pH 5,5 à 6,0).
Etant donné le faible développement de son système racinaire, elle est sensible au stress
hydrique. L’approvisionnement en eau doit être régulier, surtout à partir de la phase
d’initiation des stolons jusqu’à la fin du grossissement des tubercules.
Les conditions optimales sont par exemple réunies sur les sols volcaniques d’altitude de l’est
de la RDC, du nord – Ouest du Rwanda et du sud – ouest de l’Ouganda. La pomme de terre y
est une des cultures majeures.
Rotation
Les rotations sont avant tout nécessaires pour éviter le développement de pestes spécifiques
à la culture et l’appauvrissement des sols.
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Dans la région des Grands Lacs (Rwanda, Burundi. RDC, Ouganda, la pomme de terre est
associée dans la rotation à une légumineuse (pois, haricot) et une céréale (blé, maïs) une
jachère naturelle clôture quelque fois la rotation. Dans ces régions, la pomme de terre est
encore souvent cultivée en association sur la même sole avec du maïs et du haricot. De
manière générale, on veillera à ne pas inclure dans la rotation des espèces sensibles aux
mêmes agents phytopathologiques que la pomme de terre, mais au contraire des espèces
brisant le cycle de développement de ces pestes.
Préparation du sol
La pomme de terre en tête de rotation demande une préparation du champ plus importante. A
un défrichage succèdera un première labour d’ouverture du sol, ensuite un deuxième la
bout assez profond de manière à enfouir la végétation et à ameublir convenablement le sol.
On veillera cependant à supprimer les dépressions dans lesquelles pourrait s’accumuler l’eau
de pluie en cours de culture.
Plantation
La densité de plantation dans les lignes est fonction du calibre choisi, l’interligne devant
être suffisamment large (60 à 80cm) pour pouvoir procéder à un bon buttage en cours de
culture. La profondeur de plantation est de l’ordre de 5 à 8cm.
Pour les petits calibres (25 à 35mm), les distances de plantation dans la ligne varient entre
20 et 35 cm (57000 à 41000 pieds / ha), interligne de 70 cm) tandis que pour les calibres
moyens à gros ( 35 à 60 mm) les écartements dans les lignes peuvent être de 35 à 40 cm
(41000 à 36000 pieds /ha), interlignes de 70cm). L’utilisation d’un calibre moyen (35 à 45
mm) nécessite environ 2000kg de plants/ ha. Le choix du calibre doit également s’appuyer
sur des critères techniques. En général les plants de petits calibres ne sont pas favorables aux
meilleurs rendements, la plante issue de ces plants est plus sensible aux aléas climatiques. Les
gros plants convenablement incubés, du fait d’un nombre de germes élevé, donnent
naissance à des plantes à tiges multiples produisant de nombreux tubercules de produisant de
de nombreux tubercules de grosseur moyenne ce qui est le but recherché en production de
plants.
Un léger buttage effectué à la plantation peut être une technique intéressante pour éviter
l’érosion sur les terres en pente.
Fertilisation
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La pomme de terre ainsi que les cultures suivantes bénéficient avantageusement d’une
fumure organique (20 à 30t/ha) appliquée en début de rotation. La fumure minérale est
fonction de la richesse du sol en éléments nutritifs en tenant compte toutefois des exportations
de la culture surtout importantes au niveau de la potasse et des carences induites
( phosphore dans les sols d’origine volcanique en Afrique centrale, magnésium dans les sols
acides). L’apport nitro – potassique joue un rôle déterminant pour l’aspect qualitatif et
quantitatif de la production : un apport K2O /N = 2 semble optimal. Un excès d’azotes peut
contrarier la maturation de la culture, la qualité et la conservation de la production. Une
formule NPK de type 1-1-2 constitue en général une bonne option.
La fumure minérale peut être appliquée dans les lignes de plantation. La localisation de
l’engrais permet un démarrage rapide de la culture.
Entretien
En culture manuelle, deux sarclages peuvent être suffisants : le premier une semaine après la
pleine levée (environ 4 semaines après la plantation) le deuxième précédant le buttage de la
culture.
Le buttage s’effectue lorsque les plantes atteignent la hauteur de 20 cm. Il doit être fort et peut
recouvrir les feuilles inférieures. Le buttage favorise la formation des stolons et protège les
tubercules contre les infections dues au mildiou ou contre les attaques de teigne.
Le désherbage chimique contre les dicotylédones peut être effectué en pré émergence avec la
métribuzine ou la terbutryn associée à la terbuthylazine. Le paraquat peut également être
utilisé en prélevée si le sol est fortement envahi par les adventices. Les antigraminées comme
l’alloxydium sodium et le fluazifop-p peuvent être utilisés en post émergence car possédant
une bonne sélectivité vis-à-vis de la pomme de terre.
Récolte
La maturité de la culture est indiquée par le jaunissement des feuilles et par le fait que les
tubercules se laissent aisément séparer des stolons. Leur peau ne se détache plus par simple
frottement du doigt.
Pour favoriser une bonne conservation de la récolte, il est impératif d’effectuer cette opération
lorsque la peau des tubercules est bien tubérisée, d’éviter de blesser les tubercules à la récolte
et de procéder à cette dernière par temps sec.
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Le défanage de la culture trois semaines avant la récolte est un bon procédé visant la
tubérisation optimale de la peau des tubercules. Dans le cas d’une production destinée à la
semence, il est nécessaire pour limiter le calibre des tubercules mais aussi pour empêcher les
infections virales et fongiques tardives de se transmettre aux tubercules.
Il est également nécessaire lorsque la récolte est mécanisée. Il peut être effectué
manuellement par arrachage ou fauchage des fanes. Le diquat est utilisé pour opérer un
défanage chimique mais son application n’est pas recommandée sur sols sablonneux et en
période de sécheresse et de chaleur étant donné le risque de dégâts aux tubercules. Les
herbicides à base de metoxuron, de dimethipin ou de glufosinate sont également utilisés pour
le défanage des cultures.
1.1.5. Maïs
Origine
Le mais est une plante originaire d’Amérique. Il serait arrivé en Afrique au XVIIe siècle. Le
genre Zea renferme des espèces annuelles et pérennes originaires du Mexique et d’Amérique
centrale. Il comprend des formes sauvages, les téosintes, présentes au Mexique et au
Guatemala, et une forme cultivée, le maïs. En effet, on distingue quatre espèces, dont l’une,
Zea mays, est elle-même divisée en quatre sous-espèces. Parmi elles, la sous-espèce annuelle
Z. mays subsp. parviglumis est considérée comme l’ancêtre le plus probable du maïs, Z. mays
subsp. mays. Le maïs est la céréale dont la zone de culture est la plus vaste. Elle s’étend sur
140 millions d’hectares de la latitude 40° Sud, en Argentine et en Afrique du Sud, à la latitude
58° Nord, au Canada. Dans les Andes, elle culmine à 4000 m d’altitude, alors que le maïs
pousse au dessous du niveau de la mer près de la mer Caspienne.
Exigences agropédoclimatiques
Le maïs affectionne particulièrement les sols riches en matière organique à cause des bonnes
propriétés physiques qu’elle leur confère (porosité, plus grande capacité d’emmagasiner les
réserves en eau, développement de la vie microbienne, ….)
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Le maïs se multiplie par semis direct des graines. La durée du cycle végétatif varie sous les
tropiques de 90 à 130 jours, et parfois plus dans les zones d’altitude. Schématiquement, la
culture du maïs se déroule de la façon suivante :
Préparation du sol
Le site doit être à ciel ouvert puisque l’ombre réduit le rendement considérablement. Le sol
sera dégagé des débris des cultures précédentes et ameubli à une profondeur suffisante (si
possible jusqu’à 20-25cm). Le maïs est très sensible à l’amélioration des propriétés physiques
du sol ; l’augmentation de rendement due au seul labour (qui augmente les réserves d’eau du
sol) est généralement importante et atteint couramment 20%. Suivant les régions, la culture
est réalisée à plat (cas le plus fréquent), sur buttes ou sur billons.
Lorsqu’il est possible, on peut avoir, 2 ou 3 mois auparavant, enfoui une fumure organique
faite de fumier de ferme ; le maïs réagit très positivement à la fumure organique même à
faible dose. On peut aussi enfouir une fumure phospho-potassique, juste avant le semis.
Dans tous les cas, une reprise de labour, suivie d’une préparation du lit de semences, sera
effectuée avant le [Link] certaines conditions, seules les lignes de semis feront l’objet
d’une préparation du sol, conformément à la technique dite du « travail minimum ».
Semis de la plante
En culture pure, le semis se fait en lignes, à des espacements de l’ordre de 80 cm entre les
lignes et de 20 à 50 cm sur les lignes ; selon que les graines seront placées 1 à 1, ou
regroupées en poquets de 3 ou 4.
La densité de peuplement optimal est généralement comprise entre 40.000 et 62.500 plants
à l’hectare. Elle dépend notamment :
19
de la variété utilisée (densité plus forte avec les variétés à faible développement
végétatif) ;
des conditions d’alimentation hydrique ;
du niveau de fertilité du sol.
Lutte
contre les adventices
Une lutte efficace contre les mauvaises herbes constitue une des conditions essentielles
de la réussite de la culture. Les sarclages sont donc des opérations indispensables ; leur
effet sur la croissance du maïs et sur le rendement final est particulièrement important.
Souvent, le 1er sarclage sera fait peu de temps après la levée (dans les 10 jours).Un 2 nd
sarclage, associé parfois à un léger buttage, aura lieu à la montaison (30 à 40 jours après
semis). Parfois, un 3e sarclage-buttage, ou un buttage uniquement sera né[Link]
certains cas, l’usage d’herbicides pourra remplacer avantageusement les sarclages.
Récolte
Le maïs peut être récolté avec des épis « en verts », avant la maturité complète, lorsqu’il
est consommé frais ; ou avec des épis plus secs, après maturité, lorsque les grains ne
peuvent plus être rayés à l’ongle et que les spathes jaunissent.
Le maïs n’est jamais récolté complètement sec : sa présence sur la rafle, toujours plus
humide que le grain, empêche son humidité de descendre jusqu’à 12% ; taux nécessaire à
une bonne conservation. Le grain devra donc nécessairement être séché. Les épis sont
séchés au soleil, si possible démunis de leur spathe (dans les zones où la récolte se fait en
saison sèche).
20
Lorsque la récolte est réalisée au cours d’une période pluvieuse, l’utilisation des séchoirs
est recommandée. Le « crib » peut être employé ; sa largeur dépend de l’humidité de l’air
et de la ventilation ; dans la plupart des pays 0,70m est un maximum. Le rendement
varie en fonction des variétés, des conditions de culture et de l’environnement ; pouvant
aller de 500 – 800 kg de grain /ha en culture traditionnelle à plus de 6-7t de grains/ha en
grande culture.
1.1.6. Riz
Origine
Les riz cultivés appartiennent au genre Oryza qui comporte vingt trois espèces. Ces espèces
sont aujourd’hui distribuées sur tous les continents, mais l’origine du genre Oryza est
eurasiatique. Deux espèces sont cultivées. L’une d’origine africaine, O. glaberrima, est
cantonnée presque uniquement en Afrique de l’Ouest ; l’autre d’origine asiatique, O. sativa,
est présente aujourd’hui sur les cinq continents. Les deux espèces sont diploïdes (2n =24) et
autogames.O. glaberrima est issue de la domestication, probablement dans le delta intérieur
du Niger, de l’espèce annuelle O. breviligulata, elle-même issue de l’espèce pérenne à
rhizomeO. longistaminata. Du fait de sa faible productivité, la culture de cette espèce est
aujourd’hui cantonnée à des systèmes de culture très marginaux.
Exigences agropédoclimatiques
Le riz est probablement la seule céréale capable de vivre dans un milieu asphyxiant, c’est-à-
dire dans un sol gorgé d’eau. Cette propriété exceptionnelle n’exclut pas qu’en l’absence
d’une nappe d’eau permanente, il puisse se développer normalement. Les besoins en eau du
21
riz sont élevés. Le riz est assez plastique en ce qui concerne les sols. Il préfère cependant
les sols à texture fine contenant 40% d’argile, perméables sans trop, de pH compris entre 5
et 8, l’optimum se situant entre 6 et 7; les éléments grossiers sont défavorables.
La culture est alimentée en eau par les pluies ; parfois aussi, en plus, par la nappe
phréatique ;
Encore appelée riziculture pluviale de bas-fonds. Le riz est cultivé dans une zone basse
inondée pendant une partie du cycle cultural, de façon aléatoire ; la riziculture flottante est
un cas particulier où la hauteur de la lame d’eau peut aller jusqu’à 4cm. On donne aussi
parfois aux rizicultures pluviale et inondée les dénominations de « dressée » et
« aquatique ».
1.1.7. Taro
Origine
Diverses aracées tropicales produisent des tubercules. On les groupe le plus souvent sous le
vocable de taro. Ce sont principalement les genres Colocasia, Alocasia, Cyrtospema et
Xanthosoma. Une certaine confusion existe quant à l’utilisation des termes cocoyam et taro
indifféremment pour les quatre genres.
Les trois premiers genres trouvent leur origine dans le Sud- Est asiatique et les îles du
Pacifique, le Sous – continent Indien étant considéré comme centre d’origine primaire pour
les genres Colocasia et Alocasia, alors que l’Indonésie serait le centre d’origine du genre.
22
Cyrtosperma. Selon certains ethnobotanistes, les terrasses irriguées du Sud – Est asiatique
avaient été installées à l’origine en vue de la culture des colocases et alocases. C’est vers 500
avant J.C que la colocase fut introduite en Afrique via l’Egypte, le bassin du Nil et
l’Afrique de l’Est.
Exigences agropédoclimatiques
Les taros exigent un climat chaud et relativement humide. Ils préfèrent des températures
moyennes supérieures à 21°c et des températures minima ne descendant pas en dessous de
10°C. La photosynthèse est optimale entre 25°C et 29°C. Une pluviosité annuelle d’environ
2000 mm est nécessaire pour une bonne croissance.
Une culture de taro a besoin d’un sol léger, sablo-argileux, riche, profond, bien ameubli, avec
une nappe phréatique peu profonde et un pH se situant de préférence de 5,5 à 6,5. Colocasia,
surtout l’espèce C. esculenta var. esculanta, est exigeant au point de vue de la fertilité des
sols. Certains cultivars de taro Colocasia supportent l’hydromorphie permanente et tolèrent
assez bien la salinité.
La colocase se plait à l’ombre et est souvent cultivé sous bananiers et en intercalaire avec des
cultures comme l’igname. X. sagittifolium est en règle générale plus rustique que Colocasia,
certaines variétés pouvant même se cultiver en altitude (jusqu’à 2000 m en Afrique centrale
et au-delà des 2000m sur la côte Atlantique, par exemple sur le mont Cameroun) et sur les
sols moins fertiles et moins arrosés. Xanthosoma supporte davantage l’ombrage que
Colocasia mais ne supporte pas les sols hydromorphes.
Rotation.
Dans beaucoup de pays africains, le taro est cultivé autour de la case mélangée à d’autres
cultures. Dans plusieurs pays d’Afrique occidentale le taro se cultive souvent en plein champ.
Au Nigeria, le taro est souvent planté après igname ou maïs voire même après gombo, mais
23
plus rarement en ouverture de rotation. A la suite du taro viendra généralement le manioc, la
maïs ou une deuxième culture d’igname. Colocasia peut être en rotation avec le riz irrigué
dans les rizières. Toutefois, il faudra veiller, lors de l’irrigation, de maintenir la lame d’eau à
moins de 4 cm du collet.
Préparation du terrain
La préparation du terrain se fait en Afrique comme pour la plupart des plantes à racines et
tubercules en donnant la préférence à la plantation sur buttes ou billons. Dans certains pays
sous influence asiatique comme à Madagascar, on aménagera des trous de plantation. En
outre, Colocasia, tolérant à l’hydromorphie, peut également se cultiver à plat sous irrigation
quasi permanente.
Culture intercalaire
Xanthosoma est associé avec succès au cacaoyer, kolatier, cocotier, hévéa caféier ou
bananièr. Dans les caraïbes, Xanthosoma s’associe volontiers à l’igname selon des lignes
alternées à un écartement de 1m. Au Nigeria Colocasia est souvent a associé au maïs et à
l’igname. En Afrique occidentale, on utilise volontaires Xanthosoma comme plante
d’ombrage pour les jeunes plantations de café ou de cacao.
Multiplication
Plantation
24
50cm, voire même 60 x 40cm. En situation fertile, Xanthosoma pourra être planté à des
écartements plus larges, allant jusqu’à 100 x 100cm. Au Cameroun, dans la région de
Dschang, on recommande de planter Colocasia (taro) à 100 x 50cm et Xanthosoma (macabo)
à 100 x 100cm.
Le mode de plantation varie selon l’espèce et selon le pays en Afrique. Dans certains pays,
tels que le Madagascar, la plantation de la Colocase se fait comme en Asie, dans des trous
profonds de 10 à 20 cm auxquels on ajoute un peu de matière organique. Dans ce cas, la partie
supérieure du plançon dépassera le niveau du sol afin d’éviter les pourritures mais sera
protégé du soleil direct par un peu de paille. Ailleurs, la Colocase et le Xanthosoma se
cultiveront sur buttes ou billons tels que les autres tubercules.
Entretien
Un ou deux sarclages constituent, jusqu’à la récolte, les seuls soins que réclame cette culture
qui couvre rapidement le sol. Au Nigeria, l’utilisation d’herbicides (ametryne, paraquat) a
donné des résultats satisfaisants pour le contrôle des mauvaises herbes dans les cultures
Xanthosoma.
La plantation de taro requiert la main d’œuvre suivante : 20 à 60 hommes- joins (HJ) /ha pour
l’aménagement du sol après défrichement, 6 à 15 HJ/ha pour la plantation (préparation
plançon, mise en place), 20 à 35 HJ/ha pour le sarclage et 35 à 55 HJ/ha pour la récolte. Au
Nigeria, les besoins en main-d’œuvre pour la culture des taros ont été estimés à 142 HJ/ha
contre 168 HJ/ha pour le manioc.
Fertilisation
Récolte
25
La récolte s’effectue par arrachage de préférence en saison sèche ou par temps sec. Elle doit
avoir lieu à maturité complète, lorsque les feuilles les plus âgées dépérissent.
1.2. Oléagineuses
Origine
L’arachide est originaire du bassin amazonien où sont localisées toutes les espèces du genre
Arachis, parmi lesquelles seule A. hypogaea a été durablement domestiquée. Sa
dissémination, à partir du XVIe siècle, s’est faite en direction de l’Extrême-Orient sur l’axe
espagnol Pérou-Philippines et, en direction de l’Afrique, sur l’axe portugais Brésil-côte ouest
africaine. L’introduction au nord du Mexique aurait eu lieu postérieurement en provenance de
l’Afrique.
La plante a ensuite progressivement couvert la totalité des zones tropicales à partir de deux
centres de diversification secondaires : l’un en Afrique de l’Ouest et l’autre dans le Sud-Est
asiatique. Les types variétaux exploités par la sélection arachidière sont issus de ces deux
zones géographiques. Aujourd’hui, on compte une collection de plus de 15 000 variétés. La
culture déborde très largement son aire d’origine, puisqu’on la retrouve jusqu’aux 40e
parallèles Nord et Sud et sur tous les continents lorsque les étés chauds permettent à la plante
de boucler son cycle malgré la latitude élevée.
Exigences agropédoclimatiques
Le sol doit être suffisamment meuble pour permettre la pénétration des gynophores (surtout
entre 40 et 70 JAS) puis l’arrachage des gousses mûres. De plus, l’arachide requiert des sols
bien drainés et aérés car les échanges respiratoires des gousses en formation sont élevés. Les
sols à texture légère, meubles et perméables, en particulier les sols sableux, sont ceux qui
conviennent le mieux. La culture d’arachide sur sols lourds et argileux est conseillée
seulement si le recours à la mécanisation et l’irrigation au moment opportun est possible.
L’arachide est sensible à la salinité et à l’acidité des sols. Les sols très acides (pH inférieur à
5) ou déficients en CaO peuvent induire des toxicités aluminiques ou ferriques.
L’acidité inhibe le développement des bactéries fixatrices d’azote, ce qui est décelable à
l’aspect chlorotique du feuillage et à l’absence de coloration rouge à l’intérieur des nodosités.
26
Les températures inférieures à 15°C et supérieures à 45°C ralentissent ou bloquent la
croissance, l’optimum se situant entre 25°C et 35°C degrés. Les températures trop basses ou
trop élevées, auxquelles on s’expose sous les climats tempérés et en contresaison chaude ou
froide dans les zones tropicales, ont pour effet de prolonger le cycle, voire de bloquer la
germination ou le développement : des variétés de 90 jours, en Afrique de l’Ouest, mettent
130 à 150 jours pour parvenir à maturité dans le midi de la France. L’arachide est peu sensible
à la photopériode, mais les jours longs ont un effet positif sur la productivité : les semis
précoces (lorsque la pluviométrie ou l’irrigation le permettent) sont donc à privilégier. Les
déséquilibres se traduisent fréquemment par un rapport défavorable fanes/gousses, que l’on
observe également en zone équatoriale et dans les cultures sous plantations d’arbustes, lorsque
l’ensoleillement devient limitant.
L’arachide présente une sensibilité variable à la sécheresse : les besoins en eau sont élevés au
moment de l’imbibition de la graine qui, une fois la germination amorcée, craint l’excès
d’eau. La période de floraison-formation des gousses (30-70 JAS) correspond à une phase de
sensibilité à la sécheresse, alors que la phase finale de maturation est favorisée par une
sécheresse relative, des pluies à ce stade pouvant en outre provoquer des germinations sur
pied chez les variétés non dormantes.
Une pluviométrie comprise entre 500 et 1 000 mm pendant la saison de culture permet
généralement d’obtenir une bonne récolte, mais la bonne répartition des pluies, en fonction du
cycle de la variété, est plus importante que le total pluviométrique : des rendements supérieurs
à 1 t/ha en grande culture ont été obtenus au nord du Sénégal, sous 350 mm de pluies
concentrées sur trois mois avec la variété hâtive tolérante à la sécheresse 55-437. L’irrigation
d’appoint, en période de stress hydrique ou de sensibilité maximale, conduit souvent à une
amélioration substantielle (y compris qualitative) de la production. L’utilisation de variétés
tardives, à forte productivité, est alors
préférable.
En milieu rural, les semences sont conservées ou achetées en coque, afin de conserver leur
protection naturelle le plus longtemps possible. Le décorticage manuel est en général
préférable au décorticage mécanique à l’aide d’appareils rudimentaires ou mal réglés, d’autant
27
qu’il peut être effectué en morte saison par la main-d’oeuvre familiale. Il faut prévoir dix à
quinze kg de graines triées par jour et par personne. Il est recommandé de traiter ces semences
avant le semis. La vérification de la qualité semencière peut être effectuée au moyen d’un test
simple : germination sur sable humidifié et comptage des graines germées au bout de quatre
jours. Un lot destiné à être utilisé comme semences doit présenter un taux de germination d’au
moins 85 %.
La préparation du sol
Il faut choisir un terrain n’ayant pas porté d’arachide la saison précédente, brûler ou évacuer
les débris végétaux et effectuer une façon culturale légère (passage croisé de houe) dès que le
sol a été humecté par une pluie. Le sol est alors prêt à recevoir la semence. Le labour, pratiqué
dans certaines situations (sol lourd, enherbement particulièrement vivace), est une opération
rarement justifiée sur sol sableux : l’arachide y répond peu ou mal. Le billonnage est justifié
sur les sols gravillonnaires, peu profonds, peu perméables et exposés au ruissellement.
La date de semis doit caler le cycle de la plante en fonction de la répartition prévisible des
pluies et des autres paramètres climatiques, avec un impératif : semer le plus tôt possible en
sol bien humide.
Lorsque la température est limitante, le semis peut avoir lieu si la température du sol atteint
20°C à quatre cm de profondeur pendant trois jours consécutifs (indicateur utilisé en
Australie). En zone de savanes sèches ouest-africaines, où l’eau est le facteur limitant, le
semis est effectué traditionnellement sur la première pluie de 20 mm postérieure au 30 juin.
Les paysans ne sèment qu’une seule journée pour une pluie de 20mm et prolongent le semis
de 24 heures par tranche supplémentaire de 10 mm. En régime unimodal, une pluviométrie
utile de 400 mm/an répartis sur quatre mois
Les plantes comestibles permet de cultiver les variétés hâtives (90 jours) ; les semi-tardives
(120 jours) sont cultivées sous 600 à 900 mm en cinq mois, tandis que les tardives sont
réservées aux zones à plus de 900 mm.
28
coques nécessaire pour ensemencer un hectare ou valeur culturale, se situe entre 120 et 150
kg/ha, selon la variété et la qualité des semences.
Entretien
Le premier sarclage est important car la jeune plante est très sensible à la concurrence des
adventices ; il doit être effectué à la main sur la ligne, les autres sarclages étant limités à
l’interligne. On prend bien garde, à partir du quarantième jour, à ne pas déterrer les
gynophores. L’utilisation raisonnée d’herbicides de pré-levée, en combinaison avec le travail
du sol, permet de retarder le premier sarclage qui correspond à une période de pointe du
calendrier agricole, mais il demeure nécessaire d’ameublir le sol au moins une fois au cours
du cycle.
Divers herbicides ont été testés et l’arachide présente une bonne tolérance aux herbicides de
pré-levée (à base de métolachlor, de prométryne, de trifluraline), grâce à sa plantule
vigoureuse et à son enracinement rapide et profond.
La récolte de l’arachide est suivie du séchage et du battage, l’ordre de ces deux opérations
pouvant être inversé. La teneur en eau des gousses passe ainsi de 30-40 % à la récolte à 6-8 %
avant stockage.
Le critère de maturité le plus net est le dessèchement du parenchyme interne des gousses qui
devient brunâtre. Avant la date théorique de fin de cycle, il faut procéder à des sondages.
L’arrachage doit se faire lorsque 70 à 80 % des gousses sont matures. L’arrachage peut être
manuel en sol meuble. Sinon il faut sectionner le pivot racinaire à 10-15 cm sous terre,
secouer pour éliminer la terre et laisser ressuyer en andains, gousses en l’air. Les gousses
fraîches ne peuvent être stockées sans s’échauffer. En culture traditionnelle de savane sèche,
on met en meules au bout de deux jours, gousses vers l’intérieur en aménageant une cheminée
centrale d’aération. On laisse sécher au moins trois semaines. En climat humide, il faut opérer
un séchage sur perroquet ou sur un bâti surélevé et finir le séchage en couches minces sous
abri. Un séchage artificiel peut être conduit dans des séchoirs de type riz, en respectant les
règles suivantes :
29
hauteur optimale : de 0,6 m pour 35 % d’humidité à 3 m pour 20 % d’humidité ;
ne pas dépasser 35°C pour l’air soufflé à travers la masse, ou mieux ne pas dépasser
de 5°C la température ambiante ;
adopter un débit moyen compris entre 300 et 600 m3/h et par m3 d’arachide ;
procéder en deux temps : une phase rapide et une phase lente de finissage.
En culture traditionnelle, l’égoussage manuel aboutit à un produit parfait et préserve les fanes.
Des bâtons, fléaux et divers types de batteuses mécaniques inspirées des batteuses à riz sont
utilisés. Il faut ensuite vanner pour séparer les gousses des brisures. Des précautions
particulières sont prises pour traiter les semences et l’arachide de bouche. Des batteuses
mobiles ou à poste fixe sont utilisées dans les pays de culture mécanisée, les plus
performantes intervenant directement après arrachage et déversant le produit dans des vannes
équipées de séchoirs.
Le stockage des graines doit être limité aux produits finis avant expédition (bouche) ou
distribution (semences). Il nécessite des précautions et des infrastructures particulières
entreposage sous bâches, magasin climatisé ou réfrigéré lorsque la période de stockage excède
huit mois.
1. Caféier
• Origine
• Exigences agropédoclimatiques
30
1.2. Itinéraire technique
2. Cacaoyer
La culture du cacaoyer remonte à plus de trois mille ans. La transformation en boisson puis en
chocolat solide des graines contenues dans les fruits, appelés cabosses, est devenue
actuellement une industrie importante. Celle-ci passe par la production à grande échelle de
cacao, de beurre de cacao et de tourteaux, avant d’aboutir aux divers produits finis de la
chocolaterie. Les sous-produits de cette industrie sont de peu d’intérêt économique.
Origine
Le cacaoyer est originaire des forêts tropicales humides d’Amérique centrale et duSud. Il y
était cultivé par les Mayas bien longtemps avant la venue des Européens. Sa culture arrive en
Asie dès le XVIe siècle, tandis que son introduction en Afrique, principale région actuelle de
production, ne date que du début du XIXe siècle. Le cacaoyer appartient à la famille des
Sterculiaceae. La seule espèce cultivée commercialement est Theobroma cacao L. Celle-ci se
répartit en trois grands groupes : Criollo, Forastero et Trinitario.
Exigences agropédoclimatiques
L’écologie du cacaoyer est celle des forêts au climat chaud et humide, sans saison sèche
prolongée :
la température moyenne annuelle optimale est 25°C. Le minimum absolu est de 10°C ;
la pluviométrie optimale est de 1 500 à 2 500 mm. Les périodes sèches ne doivent pas
excéder trois mois. Le taux d’humidité relative de l’air doit être élevé (optimum : 85
%) ;
le jeune cacaoyer a besoin d’être protégé d’un éclairement trop intense pendant les
trois premières années. Cependant, dans les régions où l’éclairement incident est
inférieur à 1 800 heures/an, le plein potentiel productif du cacaoyer est obtenu en plein
soleil, sous condition d’apports rigoureux et réguliers d’intrants afin d’entretenir la
fertilité des sols et de protéger les arbres d’une pression parasitaire très intense au
soleil. Si le recours aux intrants n’est pas assuré, il est généralement préférable de
31
procéder à l’installation (ou au maintien) d’un ombrage permanent interceptant entre
20 et 40 % du rayonnement ;
les propriétés physiques du sol importent tout autant que ses propriétés chimiques. Le
sol doit assurer une bonne rétention de l’eau mais les racines ne doivent pas être
asphyxiées. Le sol doit être légèrement acide et sa teneur en matière organique élevée
dans l’horizon supérieur ;
le cacaoyer peut pousser jusqu’à 1 000 m d’altitude sous l’équateur. À la latitude de
20° Nord ou Sud, seul le niveau de la mer lui convient.
Origine
Exigences agropédoclimatiques
Dans de bonnes conditions le palmier à huile produit toute l’année. Toute limitation des
conditions environnementales se traduit par une réduction de la productivité : allongement des
cycles mâles, diminution des cycles femelles et du poids moyen des régimes, puis
avortements d’inflorescences, surtout femelles. Dans les cas extrêmes, on peut observer la
mort de l’[Link] potentiel maximal du palmier à huile ne peut être atteint que s’il dispose :
d’une pluviométrie de 1 800 mm d’eau par an, bien répartie sur toute l’année ;
d’un minimum de 1 800 heures d’ensoleillement par an et d’un rayonnement global
supérieur à 12 MJ/m2 ;
de minima mensuels de température supérieurs à 18°C et de maxima compris entre 28
et 34°C.
Le palmier à huile est assez peu exigeant concernant les sols. Néanmoins, il lui faut un sol
meuble et profond et exclure les sols gravillonnaires ou trop argileux et les sables purs. Il
affectionne les pH proches de la neutralité mais supporte bien les pH acides jusqu’à 4-4,5. La
32
plupart des substrats géologiques peuvent être exploités : sédiments du tertiaire, socle ancien,
terrasses alluviales anciennes, dépôts alluviaux récents, formations organiques, sédiments
volcaniques. Les pentes et les bas-fonds inondables doivent être spécialement aménagés avant
leur exploitation.
Le palmier est très sensible à la composition chimique du sol. Il exprime son déficit
nutritionnel par des réductions de productivité et des symptômes foliaires de carence. Les
besoins sont variables d’une région à l’autre et dépendent de nombreux facteurs. Le pilotage
de la nutrition minérale se fait à partir d’expérimentations agronomiques spécifiques et
d’analyses de la composition des feuilles en éléments minéraux. Il prend aussi en compte la
rentabilité économique de la fertilisation. Dans le cas des plantations familiales, ce pilotage
devrait être effectué avec l’appui de groupements de planteurs ou de sociétés ou organismes
de conseil spécialisé. La mise en place de la culture passe par deux étapes :
la préparation du matériel végétal, identique dans ses principes entre les plantations
familiales et les plantations industrielles ;
la création de la palmeraie : préparation du terrain et mise en place des plants. Les
planteurs familiaux doivent être conseillés pour cette étape par leur groupement ou un
organisme spécialisé : localisation, superficie, densité, associations ou non
Elle comporte trois phases : germination (quatre mois), pré-pépinière (quatre mois) et
pépinière (huit à douze mois). La commande du matériel végétal doit être effectuée dix-huit à
vingt-deux mois avant la date prévue de plantation. Pour un hectare de cent quarante-trois
palmiers il faut commander deux cent graines germées ou cent soixante-dix plantules de pré-
pépinière. La pré-pépinière est réalisée avec des sachets perforés de polyéthylène transparent
ou noir d’un litre de contenance, remplis avec de la terre humifère enrichie ou non de
Elle comporte trois phases : germination (quatre mois), pré-pépinière (quatre mois) et
pépinière (huit à douze mois). La commande du matériel végétal doit être effectuée dix-huit à
vingt-deux mois avant la date prévue de plantation. Pour un hectare de cent quarante-trois
palmiers il faut commander deux cent graines germées ou cent soixante-dix plantules de pré-
33
pépinière. La pré-pépinière est réalisée avec des sachets perforés de polyéthylène transparent
ou noir d’un litre de contenance, remplis avec de la terre humifère enrichie ou non decompost.
Elle est installée sous ombrière près d’un point d’eau, dans un lieu facile à surveiller. Les
opérations suivantes doivent être réalisées :
Les besoins en eau sont de 4 mm tous les deux [Link] pépinière est installée près du lieu de
plantation etd’un point d’eau.
La création de la palmeraie
Pour les grandes plantations, elle doit être précédée d’une étude de faisabilité. La mise en
place de la palmeraie est réalisée en trois étapes : la création des infrastructures, la préparation
du terrain et la mise en place des plants. Dans les plantations industrielles, elle fait l’objet
d’une étude technique fine : localisation des passages d’eau, orientation du réseau de pistes et
des lignes de plantation, système de drainage, etc. Les plantations villageoises doivent
disposer d’un accès carrossable proche.
Le piquetage est réalisé sur une base de plantation à 9 mètres en triangle. Les travaux de
préparation du terrain doivent préserver la structure du sol, voire l’améliorer. En extension sur
forêt, l’abattage est réalisé à la scie mécanique et les engins lourds doivent être réservés aux
travaux d’andainage. L’andainage est réalisé un interligne sur deux. En extension sur forêt
dégradée, il faut éliminer les adventices indésirables par traitement chimique (glyphosate). En
replantation, l’abattage des vieilles palmeraies est manuel ou effectué avec un tracteur léger à
chenilles. Il faut essoucher si la génération précédente était atteinte de Ganoderma. On
replante dans l’interligne et on utilise du matériel tolérant en cas de précédent fusarié. Des
travaux d’aménagement du paysage (terrasses individuelles ou continues en courbes de
niveau, diguettes) doivent éventuellement être entrepris. Un brûlage léger est parfois
nécessaire. Le semis d’une plante de couverture fixatrice d’azote est indispensable pour
contrôler l’érosion et les adventices indésirables, augmenter la matière organique disponible
et équilibrer la microflore du sol. Dans le cas des petits planteurs, la préparation est
34
généralement manuelle et le brûlage est une pratique fréquente. La mise en place des plants a
lieu de préférence au début de la saison la plus favorable et comprend quatre opérations : la
trouaison, le portage des sacs, la plantation et la protection contre les ravageurs. La trouaison
est manuelle ou mécanisée. Le trou doit être légèrement plus grand que le sac de pépinière
sauf sur les sols très argileux. Onapporte éventuellement une fumure de fond phosphatée dans
le trou de plantation. Le collet doit être au niveau du sol après tassement de la terre autour de
la motte de pépinière. Il faut prévoir une protection contre les rats (grillage ou appâts
empoisonnés). La préparation manuelle et les cultures intercalaires favorisent la présence des
rongeurs. En replantation, les jeunes plants doivent être protégés contre les Oryctes (granulés
d’insecticide dans la flèche, piégeage des adultes). On remplace les arbres manquants jusqu’à
l’entrée en récolte.
L’entretien
Pendant la période immature, il faut procéder au nettoyage manuel des ronds et à l’entretien
sélectif de la plante de couverture pour éliminer les adventices gênantes. Avant la mise en
récolte, on effectue une récolte sanitaire (nettoyage des couronnes), un premier élagage
(feuilles sèches) et une pollinisation assistée si le nombre d’inflorescences mâles est inférieur
à quatre par hectare.
Pendant la période productive, on nettoie trois ou quatre fois par an les ronds sur un rayon
minimum de 1,5 m avec un mélange d’herbicides de contact et de pré-levée ou par entretien
manuel. On réalise également un entretien manuel des interlignes (une à trois fois par an). On
évite l’entretien mécanique répété de l’interligne libre (compaction du sol). Si des adventices
gênantes pour le palmier (Chromolaena odorata, Imperata, Mikania, etc) apparaissent, on
réalise un entretien sélectif. Tous les neuf à douze mois on procède à un élagage pour faciliter
l’accès aux régimes mûrs.
La récolte
La récolte du palmier à huile commence vers deux ans et demi ou trois ans. Pour les arbres de
plus de 6 m de hauteur, on utilise des systèmes d’allonges ou de perches coulissantes. Les
régimes verts (sans fruits détachés) et trop mûrs (plus de 15 % du poids du régime en fruits
détachés) sont préjudiciables à la qualité de la récolte ou entraînent des pertes d’huile. Le
seuil de maturité se situe entre un et trois fruits détachés dans le rond avant la coupe. Le
transport des régimes au bord du champ est effectué par portage manuel, en brouette ou en
petite remorque à traction animale. Les régimes sont ensuite acheminés par camion, tracteur
35
ou parfois par chemin de fer à voie étroite sur le carreau de l’usine. Les planteurs familiaux
vendent leurs régimes bord-champ ou bien les transportent ou se les font transporter jusqu’au
carreau de l’huilerie, à moins qu’ils ne fabriquent et ne valorisent eux-mêmes leur huile
(extraction artisanale en Afrique).
5. Canne à sucre
Origine
La canne à sucre est cultivée depuis les temps les plus reculés. Elle a été sujette à de
très nombreuses migrations et à de nombreux croisements ; si bien que l’on ne peut
donner avec exactitude son origine.
L’existence de la canne à sucre est signalée en Chine et en Inde 6000 ans avant J.C. ; et
aux Iles Hawaï et Tahiti entre 500 et 1100 avant J.C. Son utilisation pour l’alimentation
humaine remonte à 3000 ans avant J.C en Inde, d’où les soldats d’Alexandre le Grand
rapportèrent du sucre en 325 avant notre ère.
Les Romains connaissaient donc ce produit ; mais ce furent les Arabes qui diffusèrent
les boutures de cannes à sucre, en Palestine d’abord, puis en Egypte (700 ans après J.C.),
ensuite en Sicile, en Espagne et au Maroc. Christophe Colomb, à son 2nd voyage, rapporta
des boutures de canne des Iles Canaries à l’Ile appelée maintenant République
Dominicaine. Cette culture se développa donc entre 1500 et 1600 dans la plupart des pays
tropicaux de l’Amérique (Antilles, Mexique, Brésil, Pérou, etc.) et fut pendant longtemps
leur principale richesse agricole.
Installée aux Iles Maurice et de la Réunion en 1650, la canne représenta jusqu’à l’ère
napoléonienne une denrée souvent importante dans la stratégie des échanges commerciaux
des puissances européennes. C’est depuis le développement de l’industrie et des moyens
de transport, ainsi que de l’amélioration des techniques agricoles, que l’exploitation de la
canne à sucre s’est amplifiée ; avec une distribution géographique très importante. Le
36
sucre de canne, avec celui de betterave installée dans les régions tempérées, est
finalement devenu un produit alimentaire de base, après avoir été trop longtemps une
friandise pour les classes sociales aisées. La canne à sucre s’est installée dans toutes les
régions du monde entre les latitudes 35°N et 35°S, n’étant limitée que par le froid et
l’altitude.
Exigences agropédoclimatiques
La culture de la canne à sucre destinée à l’industrie sucrière se fait avec des façons
culturales hautement intensives et l’utilisation d’un équipement mécanisé. Les différentes
étapes de la culture industrielle de la canne à sucre sont :
Les aménagements de l’exploitation concernent aussi les chemins et les routes reliant
les champs à l’usine.
37
Les travaux de préparation du sol ont pour but :
Pépinières
L’utilisation des pépinières n’est pas systématique en culture de canne ; une parcelle en
production pouvant servir en partie à la replantation, si la variété qui y est cultivée est
désirée pour établir une nouvelle plantation.
Plantation
Les cannes des pépinières sont seulement coupées en haut et en bas et la paille
adhérente est conservée pour protéger les bourgeons au cours du transport. Le transport
se fait jusqu’au bord du champ à planter où des tas de cannes sont constitués.
38
Après avoir épaillé la canne à la main (pour ne pas risquer d’endommager les
bourgeons), on la coupe en boutures de 3 yeux en moyenne. La coupe doit être franche et
se faire au milieu de l’entrenoeud.
Puisque seules les boutures de bonne qualité doivent être utilisées , on écarte les cannes
sèches, pourries, trop fines ; à yeux détruits ou déjà développés ; à parties endommagées
par une attaque d’insecte ou par une poussée prématurée des racines de tige.
On peut encore tremper les bouts fraîchement coupés de la bouture, ou la bouture toute
entière, dans une solution anticryptogamique de protection. Les boutures sont disposées à
plat dans le fond du sillon ; les sillons sont écartés de 1,50m. Une disposition en lignes
simples avec espacement de 10 cm nécessite 16.700 boutures/ha.
Entretien
Origine
Les agrumes sont originaires du Sud-Est asiatique. Les conditions climatiques y sont variées,
allant du tropical humide à des climats plus contrastés avec une saison fraîche marquée.
Exigences agropédoclimatiques
Les agrumes supportent des températures comprises entre 0°C et 50°C. La croissance est
optimale entre 20°C et 30°C. Les périodes fraîches (températures inférieures à13°C) ou
sèches induisent un arrêt de la croissance. Cet arrêt, s’il est suffisamment marqué, est
39
favorable à une bonne induction florale. Entre les latitudes 20° et 40° (Nord ou Sud), ces
conditions induisent une floraison unique. Les températures et la coloration des fruits. La
coloration externe des agrumes est spécifique de la variété mais elle est dépendante des
températures. Pour acquérir une coloration intense, il est nécessaire que les températures
baissent nettement et qu’il y ait des écarts suffisants entre le jour et la nuit. Les oranges, les
mandarines et leurs hybrides, les citrons et cédrats réagissent plus particulièrement à ces
conditions. Les limes et pomelos sont moins exigeants. La coloration des fruits résulte de la
disparition sous l’effet du froid des pigments chlorophylliens, qui masquent les pigments
anthocyaniques et caroténoïdes. Sous les tropiques humides, les agrumes restent
extérieurement verts ou verdâtres. La coloration interne rouge des oranges sanguines est liée
au développement de pigments anthocyaniques. Ceux-ci se développent bien en saison fraîche
avec des alternances de température marquées. Des températures régulièrement élevées ou
trop basses ne permettent pas cette coloration rouge typique. Chez les pomélos, la coloration
rouge est liée au développement d’un autre pigment le licopène. Celui ci ne se développe que
si les températures sont régulièrement élevées. Ainsi sous un climat méditerranéen ou tropical
d’altitude, les pomelos rosés ou rouges (sauf les variétés Star Ruby, Rio Red...) ne sont pas
colorés.
Itinéraire technique
La pépinière
La plantation
Les plants sont installés, six mois à un an après le greffage, sur un terrain préalablement
aménagé pour éviter toute inondation temporaire (nivellement et fossés de drainage) et pour
assurer une protection contre les vents dominants (brise-vent). Le travail du sol avec des outils
40
à dents permet de casser les horizons indurés sans remanier les couches superficielles. En
l’absence de mécanisation, des fosses de 0,8 x 0,8 x 0,8 m sont ouvertes deux à trois mois
avant plantation. Les amendements et fumures de fond y sont incorporés suivant les
recommandations, basées si possible sur des analyses de sol. Il est préférable de planter sur
butte pour maintenir une zone saine autour du collet, de tasser puis d’arroser le sol à proximité
du plant, juste après la plantation. Les densités retenues sont fonction du sol, du climat et de
l’association variété/portegreffe :
Les premières années l’entretien doit veiller au bon développement de la frondaison. La taille
de formation sélectionne quatre à cinq branches charpentières, insérées à différents niveaux
du tronc et régulièrement réparties sur sa circonférence. Les apports de fumure azotée sont
fractionnés (deux à quatre apports selon la pluviométrie) et épandus sous et en limite de
frondaison. La ligne de plantation est désherbée (herbicides systémiques ou de contact) et
l’interligne enherbé avec une association graminée-légumineuse (sauf si l’eau est rationnée).
Des cultures intercalaires sont possibles les premières années, à condition d’éviter la
compétition avec les jeunes arbres et d’autoriser la réalisation des traitements. Une bande de
sol d’un mètre minimum au delà de la frondaison doit rester libre. Le contrôle des maladies et
ravageurs se fait suivant les principes de la lutte raisonnée, avec une attention particulière à la
protection des feuilles (mineuses, pucerons, fumagine...). En saison sèche, l’irrigation
maintient le sol humide sans excès (emploi de tensiomètres), sur une profondeur de 30 à 50
cm sous la frondaison, sans accumulation d’eau à la base du tronc.
41
d’herbicides avec une sélectivité de position. L’irrigation est pratiquée, si nécessaire, de la fin
de la floraison à la maturité des fruits. Les apports sont réguliers pour éviter tout stress
responsable d’éclatement et de chute de fruits. Le conseil est basé sur la nature du sol
(capacité de stockage, dose d’apport maxi) et la demande climatique. Le coefficient cultural
permet de connaître les besoins journaliers. Il varie en fonction du mode d’irrigation, du mode
de conduite et du développement des plants.
La récolte
Les fruits sont récoltés avec une teneur en jus optimale de 45 % ou plus pour les oranges,
limes et mandarines, de 40 % ou plus pour les pomelo et 35 % ou plus pour les citrons. Le
rapport teneur en extrait sec soluble (degré Brix) sur l’acidité devra être égal ou supérieur à 7
pour les oranges et les mandarines. Les fruits sont récoltés secs avec l’attache pédonculaire et
entreposés à l’ombre, au frais, dans des caisses propres, avant acheminement vers les stations
de conditionnement ou les marchés
Origine
L’origine et la diversification
Les variétés actuelles proviennent des bananiers sauvages à graines présents en Asie du Sud-
Est (de l’Inde à l’ouest aux Philippines à l’est, de la Malaisie au nord à l’Australie au sud), où
se situent la plus grande diversité ainsi que le centre primaire de diversification du genre. Les
variétés se sont répandues dans toutes les zones intertropicales humides et chaudes, des
plaines jusqu’à 2 000 m d’altitude, débordant parfois dans certaines zones subtropicales. Des
centres de diversification secondaire existent en Afrique de l’Ouest et centrale (bananiers
plantains) et sur les hauts plateaux d’Afrique de l’Est (bananes à cuire et à bière).
Exigences agropédoclimatiques
Le bananier est une plante exigeante en eau, sensible aux basses températures et aux vents.
Les sols doivent être sains, aérés et riches en azote et potasse .Le sol doit être suffisamment
pourvu en eau, les racines n’absorbant aisément que le tiers de la tranche dite habituellement
utile. En climat chaud et humide, on considère généralement que les besoins sont couverts
avec 125 à 150 mm par mois. Mais l’évapotranspiration maximale peut être plus élevée et
42
dépasser 200 mm. Les besoins sont plus élevés en régions sèches et chaudes ou en situations
très ventées.
Les bananiers se défendent contre des déficits momentanés en repliant les demilimbes des
feuilles, mais ils résistent mal aux sécheresses de plus d’un mois. Le pseudo tronc peut alors
casser. Il existe une certaine variabilité entre groupes et sous-groupes de bananiers vis-à-vis
de la tolérance à la sécheresse.
La température
L’optimum est voisin de 28°C (température interne). Au-delà de 35-40°C des anomalies
surviennent. En dessous de 24°C, la vitesse de croissance baisse pratiquement de façon
linéaire avec la température jusqu’à 15-16°C. Elle s’annule complètement vers 10-11°C. Les
feuilles jaunissent à des températures de 4 à 6°C, certains cultivars résistant un peu mieux que
d’autres. La souche ne meurt que par [Link] les 12°C, les bananes sont déformées et se
nécrosent. Les fruits subissent aussi des dommages dans le péricarpe, qui présente des tirets
noirs en coupe longitudinale (frisure, ou pigmentation). Les échanges gazeux sont ralentis et
la maturation est [Link] phénomène se produit au champ, mais aussi en cours de
transport.
La lumière
Le vent
Les vents permanents peuvent réduire les rendements, les vents violents interdire la culture :
chutes, cassures des pseudo troncs. Les vents provoquent également des lacérations de limbes.
Les sols
Les racines étant peu pénétrantes, le sol doit être meuble, bien aéré. Le manque de structure,
le mauvais drainage, la compacité sont des défauts graves pour la culture. Les sols ayant un
horizon durci ou gravillonnaire, et ceux dont la nappe phréatique est trop superficielle sont
impropres à la culture du bananier. La nappe doit se trouver au moins à 80 cm de profondeur.
43
Le bananier supporte des pH de 3,5 à 8 mais, en général, on tente de l’amener entre 5,5 et 7,5
par des amendements. Le bananier a des besoins importants en azote (immobilisations : 250
kg/ha ; exportations : 80 kg pour 40 t/ha de régimes) et en potassium (immobilisations : 1 000
kg/ha ; exportations : 240 kg pour 40 t/ha). Les besoins en Mg sont non négligeables, ceux en
P et Ca relativement faibles. Les apports d’azote sont indispensables, sauf pour certains sols
très organiques. Il en est de même pour le potassium quand les teneurs du sol sont inférieures
à 1 à 2meq/100 g. Le bananier peut supporter une légère salinité des eaux d’irrigation et du
sol : jusqu’à 300 mg/1 de NaCl, 1 500 ppm de sels totaux, conductivité électrique< 0,5
millimohs/cm.
Un des facteurs les plus limitants pour la production bananière est le parasitisme tellurique,
notamment les nématodes des racines. Pour limiter son impact, un principe important doit être
respecté lors de la mise en culture : planter du matériel sain sur un sol sain. L’intégration de la
jachère et des rotations culturales couplée au choix et à la préparation du matériel de
plantation sont des gages de productivité sur le long terme, particulièrement dans le cadre
d’une monoculture intensive. Afin de limiter les infestations du sol par les nématodes, il est
ainsi conseillé, lors d’une replantation, de détruire toutes les repousses de bananiers au moins
un an avant la replantation. Si une jachère ou une rotation est utilisée, il faut veiller à ce que
les plantes n’hébergent pas les nématodes parasites du bananier, comme c’est le cas pour le
maïs ou le gombo.
44
devrait être limitée par un oeilletonnage sélectif à trois tiges lors du démarrage du deuxième
cycle de production.
vitroplants tend à se généraliser en culture industrielle du fait de leur haute qualité sanitaire.
Pour les autres types de matériel végétal, une préparation adéquate est importante. Elle
consiste en un parage des bulbes (élimination des racines et d’une couche très superficielle,
quelques mm incluant les parties éventuellement nécrosées) et l’exclusion de tout matériel
douteux ou trop nécrosé. Le matériel peut être praliné, c’est-à-dire plongé dans un mélange de
nématicide (1 g de m.a./souche) et de pâte argileuse (pralin).
Le matériel végétal, qui doit être d’autant plus homogène que la densité est élevée, sera classé
en catégories : vitroplant sevré (quatre à six feuilles larges), souche pourvue d’un rejet
attenant (production précoce et élevée), souche simple entière, portion de souche, gros rejet,
rejet moyen, petit rejet, plant issu de bourgeon élevé en pépinière. De la terre meuble doit être
placée au fond du trou à la plantation, le collet devant se trouver au plus à 10-15 cm sous le
niveau du sol.
L’entretien
Les techniques de paillage sont conseillées mais malheureusement peu utilisées : elles
maintiennent l’humidité du sol et limitent l’enherbement. Le désherbage manuel ou chimique
est le plus souvent utilisé. Les désherbants sont à utiliser avec précaution, préférentiellement
en post-levée, avec des herbicides de contact ou systémiques. Pour éviter un fort enherbement
en début de plantation, la technique du faux semis est efficace : levée provoquée des
adventices puis destruction par glyphosate ou sulfosate.
45
maintenir un même nombre de plants sur la parcelle à chaque cycle.
La récolte
La partie mâle du régime (dite popotte) est supprimée quinze à vingt jours après la floraison
(2 à 5 % de gain de poids du régime) tandis que les vestiges de fleurs à l’apex des fruits (en
culture intensive) peuvent être supprimés vers cinq à huit jours (épistillage). Cette opération
cependant est plus souvent faite après la récolte. En culture intensive, les régimes récemment
émis sont protégés par une gaine plastique (polyéthylène de trois à huit centièmes de mm
d’épaisseur) transparente et parfois colorée : protection contre certains parasites (Thrips) et
contre le froid (gain de poids de 5 %).
L’intervalle entre émission florale et récolte est, dans les conditions optimales de température,
de 80 à 90 jours : il s’allonge par temps sec ou frais (120 jours). En climat avec une saison
froide (Israël, Canaries, altitude en zone tropicale), il peut atteindre 150 jours. Le point de
coupe commercial pour l’exportation est défini par le grossissement du fruit (grade). Il varie
pour les bananes du sous-groupe Cavendish de 32 à 36 mm, diamètre du fruit à mi-longueur.
Origine
Exigences agropédoclimatiques
Le papayer est une plante de climat chaud à pluviométrie abondante. La température optimum
est de 26 à 30°C. Le papayer craint le froid (des températures trop basses retardent la maturité
des fruits et peuvent entraver la fécondation), la chaleur (températures supérieures à 32°C)
l’inondation et le vent. Très sensible aux vents, la plantation doit être protégée éventuellement
par des brise-vent pour éviter le bris des plants et la contamination par des parasites. Sa
culture nécessite une pluviométrie abondante et bien répartie, de 1 800 à 2 000 mm par an. Au
cours des mois de saison sèche, on doit, si nécessaire, irriguer pour obtenir un total de 150 à
200 mm d’eau par mois. Le sol doit être humifère et aéré et drainer parfaitement. Il ne faut
pas planter sur des sols lourds et restant humides.
46
La mise en place de la plantation
En culture mécanisée, il est nécessaire, si le sol est compact, de sous-soler profondément (60-
70 cm). Ensuite, selon la disponibilité, on apporte de 50 à 100 t/ha de fumier de bovin et on
laboure en formant des ados. En culture non mécanisée, on creuse pour chaque plant un trou
de 50 cm x 50 cm x 50 cm, on mélange la terre de sortie du trou avec 20 kg de fumier bien
décomposé, 500 g d’hyperphosphate et 200 g de sulfate de potassium et on rebouche le trou
en
formant une butte. Dans tous les cas, il faut effectuer un piquetage soigné en veillant au bon
alignement des rangs et des diagonales ainsi qu’à la perpendicularité des alignements. Les
densités peuvent varier de 2 000 à 2 500 plants à l’hectare suivant le type de culture. On peut
planter en quinconce à 2 x 2 en culture non mécanisée et à 2 x 2 x 4 en double rang pour la
culture mécanisée. Avant de réaliser la plantation, il est judicieux de se renseigner auprès d’un
pépiniériste sérieux de la disponibilité en plants. En effet, les plants doivent être issus de
semences certifiées, obtenues à partir de fleurs autopollinisées et protégées de toute
pollinisation intempestive. Si on emploie des semences non sélectionnées, on a une dérive
variétale. La meilleure période de plantation est le début de la saison des pluies, car la reprise
et la croissance y sont meilleures. Dans ces conditions, la production débutera environ six à
huit mois après la plantation. Il faut placer le plant en motte, débarrassé de son sachet
plastique, dans une légère cavité creusée au sommet de l’ados, dans le cas d’une préparation
mécanique, ou de la butte issue du rebouchage, dans le cas de la trouaison manuelle. Ensuite,
on chausse la motte avec de la terre de surface prélevée dans les interlignes sans dépasser le
niveau de la terre de la motte, en tassant modérément. On arrose abondamment après
plantation.
L’entretien de la plantation
L’irrigation
Les besoins du papayer sont de l’ordre de 150 à 200 mm/mois. Durant la saison sèche, il est
indispensable d’irriguer pour maintenir le potentiel fleur-fruit. Le micro-jet ou le goutte-à-
goutte sont des systèmes intéressants. Il faut veiller à ne mouiller ni le tronc ni le feuillage.
Dans certaines zones, l’irrigation par aspersion sur frondaison donne de bons résultats du fait
de la sécheresse de l’air.
Le désherbage
47
Le papayer étant sensible aux herbicides tant que les plants sont jeunes, il faut désherber à la
main autour des plants et utiliser un cache pour appliquer les herbicides (paraquat au début et
ensuite, dès que les plants ont six mois, glyphosate à 8 à 10 ml de produit commercial à 360
g/l pour 10 l d’eau). Ces traitements sont réalisés par temps calme en absence de vent.
La fumure
La récolte et le rendement
La récolte peut se faire lorsque la coloration entre les carpelles vire au jaune (point jaune). La
récolte débute entre les huitième et dixième mois après la plantation et se déroule de manière
continue jusqu’à vingt ou vingt-deux mois. La récolte se pratique fruit par fruit. Ceux-ci sont
déposés dans des bacs en plastique à une couche afin d’éviter les coulures de latex sur les
autres fruits. Un plant peut donner jusqu’à 35 ou 40 kg de fruits, ce qui représente un
rendement de l’ordre de 60 à 80 t/ha sur vingt-deux mois.
Origine
L’ananas est autostérile et se multiplie par voie végétative. Des graines sont obtenues par
hybridations artificielles entre variétés. Le fruit est formé par le développement
parthénocarpique de l’ovaire, de la bractée et des sépales de chacune des nombreuses fleurs
portées par un axe constituant le coeur. Au-dessus du fruit le bourgeon terminal se développe
en couronne. La multiplication végétative est assurée par des rejets : cayeux à la base de la
tige, hapas à la jonction de la tige et du pédoncule et bulbilles sur celui-ci.
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L’écologie de l’ananas
La température est le principal facteur qui agit sur le développement de l’ananas. L’idéal est
une température moyenne de 25°C avec des amplitudes journalières de 12°C. Si la
température est trop basse, le développement de la plante est faible, la chair du fruit brunit et
présente un goût amer (affection constatée aussi à certaines époques de l’année sur les fruits
stockés au froid). Si la température est trop élevée (supérieure à 35° C), les fruits deviennent
fragiles et translucides (ils sont dits jaunes). L’ananas est peu exigeant en eau. Les besoins
théoriques sont de 3 à 4 mm/jour, soit 1200 à 1 500 mm bien répartis au long de l’année.
L’ananas peut s’adapter à des conditions sèches en adoptant, moyennant une réduction de
croissance
Exigences agropédoclimatiques
La mise en place
Tous les types de rejets peuvent être plantés. Ils doivent être triés pour avoir un poids
homogène. Les rejets les plus utilisés sont les cayeux de 350 à 500 g. Lorsqu’elles sont
disponibles les couronnes constituent un matériel de plantation homogène. Le parage des
rejets (élimination des petites feuilles de la base) doit se faire juste avant la plantation. Il n’est
pratiqué habituellement qu’en saison sèche. Il est conseillé de traiter les rejets en les trempant
verticalement dans une solution insecticide (cochenilles) et fongicide en cas de risque de
pourritures à Phytophtora. En culture motorisée, la préparation du terrain comprend
l’installation du réseau routier (transports, traitements) puis un labour de 35 à 45 cm,
éventuellement un drainage à 60 cm et un sous-solage de 60-80 cm de profondeur. Des
traitements contre les nématodes, les fourmis et les symphyles sont souvent né[Link]
plantation se fait en rangées de deux à trois lignes, espacées de 90 cm. Les deux lignes sont
espacées de 30 à 40 cm et les plants sur la ligne de 20 à 30 cm. Ces combinaisons
correspondent à des densités de 44 000 à 77 000 plants/ha. Les densités les plus faibles sont
réservées pour les plantations usine. Une couverture du sol par film de polyéthylène noir de 3
à 4/100ème de mm débordant de chaque côté des lignes jumelées facilite la lutte contre les
adventices, économise l’eau et limite la lixiviation.
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5. Manguier (Mangifera indica L.)
• Origine
• Exigences agropédoclimatiques
Les variétés monoembryonnées ne peuvent être reproduites fidèlement que par greffage. Les
variétés polyembryonnées peuvent être reproduites par semis, mais une dérive du type est
toujours possible. Le plant greffé est moins vigoureux et entre en production deux à trois ans
plus tôt. Aussi ce mode de multiplication est recommandé. Il n’existe que très peu de porte-
greffes sélectionnés, généralement ils sont choisis parmi les variétés locales poly-
embryonnées pour obtenir des plants homogènes, si possible peu vigoureux. La graine est
mise en germoir puis repiquée dans un sac plastique contenant un mélange terreux riche et
drainant. Le plant est greffé en fente de côté ou à l’anglaise. Sous les tropiques, les plants sont
prêts en un an. La station CIRAD-FLHOR de Vieux Habitants en Guadeloupe dispose, en
zone saine, d’un important germpasm.
La plantation
Après piquetage, les jeunes scions sont plantés, en début de saison des pluies, dans des trous
individuels préalablement creusés (0,6 m de côté), en veillant à positionner le collet au
50
sommet de la butte de plantation. Une culture intercalaire peut être envisagée les premières
années. Dès l’entrée en production, les impératifs du programme de traitements
phytosanitaires rendent cette option difficile.
L’entretien
La taille de formation a pour objet d’obtenir la structuration de l’arbre en trois à cinq branches
charpentières insérées à différents niveaux du tronc et régulièrement réparties. Ceci est obtenu
en rabattant l’axe principal au niveau d’une unité de croissance vigoureuse en partie
décapitée.
La détermination du point de coupe des mangues est complexe. Pour que la maturation se
déroule normalement, le fruit doit avoir atteint un degré de maturité suffisant, sans être trop
mûr. Les critères retenus portent souvent sur la coloration de la chair à proximité du noyau
(un tiers orangé) et le gonflement des épaules du fruit.
Origine
Exigences agropédoclimatiques
Le choix du site
Dans le cas du verger de case ou familial, le choix est généralement extrêmement réduit. Si le
minimum de conditions favorables n’est pas réuni, il est préférable de choisir des espèces plus
rustiques que l’avocatier, culture très exigeante du point de vue des caractéristiques
édaphiques. En effet, il est peu réaliste de s’engager dans des travaux d’aménagements lourds,
tels que nivellement, drainage ou installation d’un réseau d’irrigation.
L’implantation de brise-vent
Dans les régions soumises à des vents fréquents et violents, il est nécessaire de prévoir
l’implantation d’un réseau de brise-vent. Les effets des brise-vent en culture d’avocatiers sont
bien connus. Ils permettent une meilleure activité des insectes pollinisateurs en période de
51
floraison, diminuent les phénomènes de dessèchement des fleurs et des jeunes fruits et
limitent les ruptures de branches et les chutes de fruits. Le choix d’un brise-vent n’est pas
facile. Parmi les qualités recherchées, citons l’adaptation au climat et au sol, la croissance
rapide, la rusticité, un feuillage persistant filtrant le vent mais ne l’arrêtant pas et un système
racinaire qui ne concurrence pas les avocatiers. Il est important que le brise-vent ne soit pas
une plante hôte pour des parasites de l’avocatier. Cet aspect exclut d’utiliser les avocatiers de
semis comme brise-vent. En raison de leur système racinaire puissant et concurrentiel, des
espèces comme le bambou et l’eucalyptus sont déconseillées, malgré leur rusticité et leur
croissance rapide. La hauteur du brise-vent doit être suffisante pour que les haies ne soient pas
trop rapprochées. Dans la pratique, on prend comme base de calcul des espacements de dix à
quinze fois la hauteur du brise-vent.
La plantation
Après défriche de terrain boisé ou après arrachage d’un ancien verger, le terrain doit être
soigneusement débarrassé de tout débris de souche ou de racine. En effet, ces débris
permettent aux pourridiés, parasites incurables actuellement, de se propager dans le sol et de
détruire progressivement la plantation. Il vaut mieux cultiver le terrain défriché pendant un ou
deux ans avec des cultures maraîchères ou vivrières avant d’y implanter le verger. Des
analyses de sol permettent de déterminer s’il y a lieu d’apporter des amendements ou
d’effectuer des corrections minérales. En culture mécanisée, on sous-sole profondément (60 à
80 cm) l’ensemble du terrain, puis on réalise les apports éventuels d’amendements. Lorsque
c’est possible, on apporte 30 à 40 t de fumier à l’hectare. On laboure ensuite profondément en
formant des ados centrés sur l’emplacement des rangs, puis on brise les mottes et régularise la
surface au pulvériseur à disques. Si la culture n’est pas mécanisée, on plante au trou. Au tracé
de la plantation, on veille au bon alignement des rangs et des diagonales ainsi qu’à la
perpendicularité des alignements. Lors de la plantation, si le terrain a été préparé
mécaniquement, on dégage une légère cavité au sommet de l’ados, on découpe le fond du
sachet, on dégage l’extrémité du ou des pivots faisant un coude à 90 degrés au contact du fond
du sachet et on la coupe au sécateur à partir du coude. Pour assurer la meilleure reprise
possible, il est préférable de mettre en place les plants au début de la saison des pluies.
L’entretien du verger
52
Des arrosages (20 à 40 l/d’eau par plant et par semaine) peuvent être nécessaires pendant la
phase de reprise. Le paillage de la cuvette autour du tronc du jeune arbre est souvent appliqué
pour limiter l’évaporation et la pousse des mauvaises herbes. C’est une pratique coûteuse en
temps de travail, souvent difficilement envisageable avec une main d’oeuvre salariée.
L’approvisionnement en paille suppose, par ailleurs, d’avoir des parcelles en végétation
naturelle ou en jachère à proximité du verger.
Le jeune avocatier est sensible aux coups de soleil et aux vents desséchants. Aussi est-il
parfois recommandé de procéder à un léger ombrage des plants pendant quelques mois :
utilisation de palmes ou de graminées disposées sur des piquets, blanchissage du tronc avec
un lait de chaux ou protection du tronc par un cylindre en carton de couleur claire. Contre le
vent, on peut utiliser soit des brise-vent individuels (toiles ou claies) en demi-cercles orientés
face aux vents dominants, soit des brise-vent en ligne (toiles ou culture de maïs, sorgho, ou
pois d’Angole). Il est souvent nécessaire de tuteurer les jeunes arbres. Enfin, dans les régions
où les risques d’attaques de rongeurs sont élevés, il est recommandé de protéger la base du
tronc des jeunes plants par des cylindres en polyéthylène ou en grillage.
La taille
Les avocatiers doivent recevoir une taille de formation, de façon à former un tronc d’environ
0,50 m de hauteur. Par la suite, la taille est réduite au strict minimum. Elle consiste
principalement à supprimer les branches mortes ou trop basses, dont les fruits sont en contact
avec le sol, ou encore les branches enchevêtrées au milieu de la frondaison. Quand les arbres
deviennent trop grands (hauteur supérieure à 4 à 5 m), il est nécessaire de procéder à
l’écimage pour faciliter la cueillette. Cet écimage peut être répété au cours de la vie de l’arbre.
Toutes les coupes pratiquées sur les branches doivent être suivies d’un masticage pour éviter
la pénétration des champignons et des insectes. Les premières années, il est souvent
nécessaire de supprimer les repousses sur le porte-greffe.
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