0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
195 vues21 pages

Présentation 1e partie - ٠١٠٤١١

Transféré par

2vdtbb84jg
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
195 vues21 pages

Présentation 1e partie - ٠١٠٤١١

Transféré par

2vdtbb84jg
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UNIVERSITÉ MOHAMMED V – RABAT

FACULTÉ DES SCIENCES JURIDIQUES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES – AGDAL

Cours de
Introduction à la
Sociologie de Droit

Semestre 1
AU : 2023/2024
Professeurs :

Fathallah EL MANOUALI & Réda EL BAKKARI


Liste bibliographique sélective :

▪ Carbonnier (J.), Sociologie juridique, P.U.F, 1978

Dupret (B.), Droit et sciences sociales, Armand colin,

Grawitz (M.), Méthodes des sciences sociales, Dalloz, 2007

Hamdai (I.), Cours de sociologie juridique, AU : 2013/2014

Serverin (E.), Sociologie du droit, éd. La découverte, 2000

Weber (M.), Sociologie du droit, P.U.F, 2007


Introduction
❑ De la définition aux origines de la sociologie juridique :
▪ La sociologie peut être définie comme étant la branche des sciences humaines qui cherche à
comprendre et à expliquer l'impact de la dimension sociale sur les représentations et
comportements humains. La sociologie juridique étant pour sa part une branche de la sociologie
générale.

▪ En effet, le terme de sociologie est forgé en premier par Emmanuel-Joseph Sieyès à partir du
préfixe "socio" du mot latin socius signifiant « compagnon, associé » et du suffixe " logie" du
terme grec ancien λόγος logos, signifiant « discours, parole ». Le terme est popularisé après par
Auguste Comte dans le sens d'une « physique sociale » à partir de 1839, mais le Belge
Adolphe Quetelet l'utilisa déjà pour désigner des travaux statistiques portant sur les
phénomènes sociaux. Le mot « sociologie » est dès lors préféré et retenu.

▪ Dans la civilisation Arabo-islamique, bien avant, Ibn Khaldoun, dans son ouvrage " Al
Muqaddima ", avait introduit une méthode précise et critique des sources et mis les
évènements en perspective pour déterminer les causes de la montée et du déclin des dynasties
arabes. Ludwig Gumplowicz, professeur de sciences politiques à l'Université de Graz, dans un
ouvrage intitulé Aperçus sociologiques publié à Paris en 1900, rapporte qu'« un pieux Moslem
avait étudié à tête reposée les phénomènes sociaux et exprimé sur ce sujet des idées
profondes : ce qu'il a écrit est ce que nous nommons aujourd'hui sociologie. » 3
Introduction

▪ Le premier à avoir utiliser l’expression « sociologie juridique » est le juriste italien


Dionisio Anzilotti, en 1892. La sociologie juridique est née, grâce à l’effort de
juristes qui avaient acquis une double formation. Il n’y a pas d’exemple de
sociologues se convertissant tardivement au droit.

▪ En réalité, il y a eu dans l’histoire des sciences sociales une défiance réciproque entre
sociologues et juristes. En effet, la détermination de la place du droit au sein des sciences
sociales a opposé les deux groupes dès le départ. Les juristes ont « extériorisé » la
sociologie du droit en réduisant son rôle à celui de simple science auxiliaire du droit. Pour les
juristes de droit privé, à la différence des juristes de droit public, qui, pour leur part se
montraient sensibles aux objectifs et aux méthodes de la sociologie, la compréhension des
rapports « droit / société » devait naître de l’étude même du droit, et plus précisément de
la jurisprudence. (Cf. Grawitz M., Méthodes des sciences sociales, Dalloz, 2001, p.167 et s.)
▪ À la sociologie était abandonné l’« extérieur » du droit, selon une démarche qui tendait à
séparer l’étude du droit positif de celle des phénomènes juridiques. Au fait, la rupture entre
juristes et sociologues s’est effectuée sur fonds d’un mépris professé par les juristes envers
les méthodes de la sociologie « dans la recherche de la nature des choses ».

▪ Carbonnier (J.) réaffirme la définitive extériorité du regard sociologique sur le


droit, condamné à ne voir du droit que l’apparence, tandis que le juriste seul
accéderait à une connaissance authentique du droit.

4
Introduction
❑ Distinction de la Sociologie juridique du Droit dogmatique :
▪ En fait, la sociologie juridique et le droit dogmatique ne sont pas deux sciences
distinctes. Elles abordent, en effet, les mêmes objets, mais les envisagent de manière de voir
différente.

- Le droit dogmatique est le droit en tant que science telle qu’elle est traditionnellement
enseignée dans les facultés de droit et pratiquée dans les tribunaux, le mot « dogmatique »
désignant simplement les formes classiques et traditionnelles de la science du droit par opposition
à ses formes sociologiques.
- La sociologie juridique, quant à elle, est définie comme étant la branche de sociologie générale
qui étudie les phénomènes sociaux que sont les phénomènes juridiques.
• Ex : du Fonctionnaire, Conditions de formation d’un contrat..etc (V. Cours polycopié)
✓ Conclusion : - Par rapport au droit dogmatique, l’objet d’étude est le même mais
l’angle de vision est différent.
✓ Dans la sociologie juridique il est plus « réaliste, plus vivant ».
- Même si l’on multiplie les exemples sur toutes les institutions du droit, la vision sociologique
peut se poser aussi bien que la vision dogmatique.

5
Introduction

▪ Ex : Les conditions de formation du contrat


▪ Les étudiants en droit, pendant leurs années universitaires, ont eu un cours de droit des
contrats dans lequel on traite des conditions de formation du contrat, telles qu’énoncées
dans le Code des Obligations et Contrats (D.O.C). C’est là le point de vue de droit
dogmatique.
▪ Maintenant, si on reprend ce même objet, en l’occurrence les conditions de formation
du contrat, sous le point de vue de la sociologie juridique, en nous posant des questions
: - Quelle est l’origine du contrat ?
- Comment le contrat est-il apparu dans l’humanité ?
✓ Ce n’est pas aisé à comprendre, l’apparition d’un mécanisme où l’individu est, en
quelque sorte lié à un autre par une émission de sa propre volonté ? Pour expliquer
l’origine du contrat, il existe des hypothèses de sociologie juridique.
Les ethnologues ont étudié une cérémonie qui existe chez les peuplades primitives pendant
laquelle on échange des dons et ont formulé l’hypothèse selon laquelle ce serait là l’origine
du contrat. C’est ici une méthode purement sociologique : on enquête sur la genèse des
institutions à l’aube de l’humanité civilisée, dans les sociétés dites primitives. Mais rien de
tel en droit dogmatique.

6
Introduction

▪ Ex : Les conditions de formation du contrat (suite)

▪ Cependant, on ne mène pas des recherches de sociologie juridique simplement chez les
sociétés primitives. Au fait, dans nos sociétés, des enquêtes sur les mécanismes contractuels
sont envisageables par le biais de sondages d’opinions. Un certain nombre d’individus
déterminés par échantillonnage scientifique peuvent répondre, à la question : - Est-ce
que vous ne vous sentez pas engagé à remplir une promesse que lorsque vous avez signé un
écrit ?
▪ En effet, du point de vue dogmatique, l’écrit n’est pas une condition d’existence de
l’engagement juridique, mais seulement un moyen de preuve qui n’est pas, de toutes les
façons, nécessaire.

▪ Sur le plan de la réalité sociologique en est-il de même ? Ce n’est pas sûr. Il n’est pas sûr
que la plupart des gens n’attache pas encore l’écrit à une valeur supérieure à celle que lui
attache le droit dogmatique. La réalité sociologique peut diverger de la règle de droit
dogmatique.
✓ Par conséquent, malgré l’identité de l’objet étudié, à savoir le contrat, et
l’autonomie de la volonté, la manière de voir, l’angle de vision n’est pas le même.

7
Introduction

▪ Selon le Doyen Carbonnier (J.) « ce sont en quelque sorte des projecteurs de couleurs
différentes que l’on peut braquer sur une même réalité du droit. Or l’emploi, le maniement
de chacun de ces projecteurs suppose une technique différente, des aptitudes, des
tempéraments différents. C’est pourquoi la sociologie juridique s’est constituée, de nos jours,
en une discipline distincte du droit dogmatique. » Carbonnier (J.), Sociologie juridique, P.U.F,
1978

▪ Remarquons, par ailleurs, que la sociologie juridique renferme une certaine proximité, plus
ou moins affirmée, avec certaines disciplines, à savoir avec l’histoire du droit, le droit
comparé et la philosophie du droit.
▪ Il convient, cependant, de tempérer le propos sur la délimitation des frontières entre ces
trois disciplines transversales. Leurs rapports sont, en effet, assez étroits, au point que
certains auteurs ont proposé de les fondre en une discipline commune. Ainsi, Henri Lévy-
Bruhl, éminent professeur, a proposé de les réunir sous l’appellation de « juristique »
discipline non dogmatique du droit.

▪ On essayera donc, dans une approche comparative, de définir dans le chapitre qui suit la
sociologie juridique en tant que tel, successivement, par rapport à ces trois disciplines.
8
Chapitre 1 :
Définition : Approche comparative
Définition : Approche comparative
1. Sociologie juridique & Histoire du droit

▪ Nous pouvons avancer aussi tôt l’existence d’une différence de point de vue manifeste entre
ces deux disciplines que sont la sociologie juridique et l’histoire du droit, qu’on démontrera
dans les développements qui suivent.
▪ Aussi, il convient de souligner que la sociologie juridique et l’histoire du droit, bien qu’elles
traitent toutes les deux du passé, abordent la même chose mais différemment. Cette
différence relative à la matière, à l’objet est doublée d’une différence au niveau de l’esprit.

❑ Différence quant à la matière de l’observation :


▪ Dans le cas de l’histoire du droit, l’histoire même quand elle traite de l’histoire
contemporaine, porte sur le passé. Alors que la sociologie juridique, pour sa part, traite tant
bien du passé, du présent que de l’avenir.
✓ La sociologie juridique aspire à établir des lois scientifiques, des lois causales à
l’instar d’autres disciplines, telles que la physique, la chimie ou l’astronomie.

▪ Aussi, alors même qu’elles traitent, toutes les deux, du passé, la sociologie juridique et
l’histoire, abordent la même chose mais différemment. En effet, le temps envisagé par les
deux disciplines n’est pas le même : Pour l’histoire, c’est le temps astronomique,
rythmé par les heures, les jours…Mais pour la sociologie en générale et la
sociologie juridique en particulier, c’est le temps social, càd tel qu’il est vécu par
les hommes.

10
Définition : Approche comparative
Sociologie juridique & Histoire du droit

❑ Illustration : Exemple des sociétés primitives

▪ Les sociétés dites primitives peuvent être observées comme des survivances du passé,
en somme un passé vivant. C’est en quelque sorte, des échantillons de sociétés
archaïques, qui grâce ou à cause d’un isolement géographique ont réussi à survivre
jusqu’à nos jours.

▪ Elles représentent des stades plus ou moins anciens de l’évolution de l’humanité.

✓ L’observation de phénomènes juridiques contemporains équivaut à l’observation de faits


du passé. Les sociétés primitives peuvent être, ainsi, légitimement qualifiées de sociétés
archaïques parmi nous.

11
Définition : Approche comparative
Sociologie juridique & Histoire du droit

❑ Différence au niveau de l’esprit :


▪ L’histoire du droit se préoccupe de la reconstitution la plus exacte possible du
déroulement des institutions dans le passé. Son postulat de base étant que chaque
moment historique est irréductible par rapport aux autres étant donné que le
déroulement historique ne se répète pas.
▪ Le souci au niveau de l’histoire de droit est la restitution de l’authenticité de chaque
chose et le respect de son originalité irréductible. Par cet aspect, l’histoire du droit se
rapproche plus du droit dogmatique.
✓ Or, pour la sociologie en générale et la sociologie juridique en particulier,
l’objectif est de dégager des lois scientifiques.
✓ Pour ce faire, il faut disposer de la répétition pour pouvoir établir une typologie des
institutions, à savoir ramener les institutions telles qu’elles se sont présentées dans le
passé historique à un certain nombre de types définis.
✓ Cependant, un tel effort n’est pas dénué d’un certain arbitraire. Etablir une typologie,
c’est dégager des institutions observées, des types plus ou moins abstraits afin de
pouvoir procéder à des comparaisons entre elles et essayer, à un stade ultérieur, de
découvrir les lois qui président à leur développement.

12
Définition : Approche comparative
2. Sociologie juridique & Droit comparé

▪ La première différence qui peut être relevée entre la sociologie juridique et le droit
comparée, a trait à la matière. Ceci dit en sociologie juridique la matière étudiée est
plus vaste et large que celle du droit comparé.

▪ Il existe, en outre, une différence d’objet entre ces deux disciplines transversales.

▪ Une différence en plus s’impose sur le plan du but recherché de ces deux disciplines

13
Définition : Approche comparative
Sociologie juridique & Droit comparé

▪ Si l’histoire du droit opère des comparaisons dans le temps entre le droit positif et le droit
ancien, dans le cadre du droit comparé, la comparaison se fait dans l’espace. Il est question
en effet, pour le droit comparé, de confronter notre droit actuel (Droit positif marocain) aux
droits pratiqués dans d’autres pays. (V. à ce propos Essaid (J.), Introduction à l’étude du droit, 2000, p.
13 et s.)
✓ Ex : Une étude qui porte sur le droit de la famille au Maroc et en Tunisie, étude qui est de nature à
révéler des orientations assez opposées : les réformes intervenues au Maroc sont beaucoup plus
respectueuses de la tradition islamique qu’en Tunisie.
▪ Ainsi donc si l’on s’en tient à la définition du droit comparé comme l’application de la méthode
comparative au droit, on peut constater que la définition peut être valable également pour la
sociologie juridique.
▪ Cependant pour le droit comparé, la comparaison est l’essence même de la matière. D’ailleurs,
elle fait partie intégrante de la dénomination de la discipline.
✓ En revanche, pour la sociologie, la comparaison reste un outil parmi d’autres.

❑ Différence au niveau de la matière étudiée :


▪ En sociologie juridique, la matière étudiée est plus vaste que celle du droit comparé. Ainsi la
comparaison en droit comparé doit concerner des droits appartenant à des sociétés ne
connaissant pas un grand écart entre elles.

14
Définition : Approche comparative
Sociologie juridique & Droit comparé

▪ Ainsi, si l’on prend l’exemple d’une étude qui embrasserait en même temps le droit civil
français et le droit civil d’une autre ethnie d'Afrique occidentale, celle-ci n’aura pas beaucoup
de sens. Les deux droits appartenant à des familles ou systèmes juridiques complètement
hétérogènes, leur comparaison s’avérerait tout à fait vaine et peu probante.
✓ La sociologie juridique, de son côté, ne serait aucunement gênée par la disparité de deux ou
plusieurs systèmes.

❑ Différence d’objet :
▪ Il y a lieu de remarquer qu’il existe, en outre, entre le droit comparé et la sociologie juridique
une différence d’objet.
▪ Alors que le comparatiste qui s’intéresse au système juridique applicable dans un autre pays va
l’aborder à travers les lois et arrêts jurisprudentiels, qu’il étudie comme le ferait le théoricien
ou le praticien du droit dogmatique pour le droit de son propre pays, le sociologue va
privilégier « l’aspect extérieur aux textes. »

✓ Le sociologue juriste se posera ainsi la question de savoir quel est le degré


d’application effective des textes, cherchera à savoir quelles sont les causes
sociales, qui, dans le pays étranger en question, ont déterminé l’apparition des
textes, quelles ont été les incidences sociales de leur application ?

15
Définition : Approche comparative
Sociologie juridique & Droit comparé

❑ Différence au niveau du but attendu :


▪ Le but recherché en droit comparé est la connaissance et le perfectionnement législatif
qu’engendre l’étude des différentes législations et l’emprunt qui peut s’en suivre du
meilleur de chacune pour le développement des autres :
✓ C’est là un but théorique mais surtout pratique.

▪ La sociologie juridique, pour sa part, si elle ne renie point les objectifs pratiques, sa
fonction essentielle est de connaître et d’expliquer les phénomènes juridiques, de les
coordonner en lois scientifiques.

✓ Le but est donc scientifique plutôt que pratique, et c’est là une différence d’esprit qui
contribue à séparer la sociologie juridique du droit comparé.

16
Définition : Approche comparative
3. Sociologie juridique & Philosophie du droit

▪ Faire de la philosophie de droit c’est de poser des questions, l’obtention de réponses n’est pas
sûre. C’est aussi faire de la critique, vérifier des hypothèses, affiner des propositions,
interpréter la volonté du législateur et les décisions jurisprudentielles. Il s’agit donc de critiquer
quand c’est nécessaire.

▪ En effet, la philosophie du droit s’intéresse essentiellement aux considérations fondamentales


et aux finalités des règles juridiques. Les différents courants philosophiques ont leurs
correspondants en philosophie du droit : - Les doctrines du droit naturel se rattachant au
courant idéaliste. - Les doctrines positivistes, selon lesquelles l’idéal de justice est une affaire
de politique ou du choix du législateur. (Cf. BENYAHYA M., Introduction générale au droit, 2003 ;
Batiffol H., la philosophie du droit, P.U.F, 1997)

▪ Parmi les questions que les philosophes se posent : la finalité du Droit ? Les classiques
répondent que le but est la justice, et non pas servir les politiques ou les droits individuels.
▪ Dans le droit naturel classique, la cause final du droit est le juste, et le juste cherche l’équilibre
entre les proportions données : « le bon partage ».

▪ La philosophie du droit est riche par la diversité des sens des mots (ex : mot cause), or dans la
philosophie classique on rencontre la théorie des quatre causes qui préconise d’autres sens à
ce mot (la cause finale, formelle, matérielle et génératrice), et c’est l’ensemble de ces
éléments qui forment l’unité de l’être.

17
Définition : Approche comparative
Sociologie juridique & Philosophie du droit

▪ La philosophie par la multiplicité et la diversité des questionnements qu’elle se pose, se


présente comme la discipline « mère » à partir de laquelle vont émerger d’autres
disciplines scientifiques.
▪ Tant dans l’enseignement que dans la recherche, c’est par un long processus de
différenciation que la sociologie s’est constituée de l’intérieur de la philosophie. A l’instar
de la psychologie, son développement en tant que chapitre dans la philosophie a, peu à
peu, imposé sa spécialisation et son émancipation.
✓ On constate un processus analogue dans les disciplines philosophiques du droit. La
philosophie du droit avait d’abord tout embrassé. Elle a ensuite laissé se détacher d’elle
la sociologie juridique. (Elle conserve ce qui pourrait être la transposition de la morale et
surtout de la métaphysique au droit, càd les spéculations sur les droits et les devoirs
individuels, l’essence de la justice, le droit naturel.)
▪ En fait, tant que les sociologues s’étaient contentés d’une démarche intellectuelle qui se
résumait à une réflexion et à une méditation sur l’homme en société à partir d’une
expérience personnelle, la sociologie juridique correspondait à son statut de philosophie
du droit.
- Elle a gagné son autonomie quand elle s’est donné de nouvelles méthodes, telles que
l’observation de masse, l’expérimentation, enfin les méthodes de la sociologie empirique.

18
Définition : Approche comparative
Sociologie juridique & Philosophie du droit

▪ La sociologie juridique paraît justifier la séparation avec la philosophie du droit par deux
traits :
❑ L’un de méthode
▪ La sociologie juridique, contrairement à la philosophie du droit a besoin de moyens pour
se livrer à l’observation de masse, à l’enquête sur le terrain, à l’expérimentation. Sa
méthode est la recherche empirique.
❑ L’autre de fond
▪ La philosophie du droit a pour objet de découvrir ce qu’est le droit, d’où il vient et où il
va ?
✓ Ce qui importe aux sociologues juristes c’est l’existence du droit, dans la réalité
physique, la matérialité des fais sociaux. En revanche, ce qui importe aux philosophes,
c’est l’essence du droit dans une réalité métaphysique, dans un univers de concepts.

✓ La philosophie du droit exerce une fonction critique lato sensu, elle porte des jugements
de valeur sur le droit existant, elle le confronte à des valeurs qu’elle explicite et
hiérarchise et projette au-delà son idéal du droit. La sociologie juridique se borne, quant
à elle, à enregistrer l’existant sans le juger : c’est une face de sa règle d’objectivité.

19
Définition : Approche comparative
Sociologie juridique & Philosophie du droit

▪ L’autonomisation de ces deux disciplines, que sont la philosophie du droit et la


sociologie juridique, n’empêche pas l’existence de ponts, de relations.

✓ La philosophie du droit demeure, en effet, attentive aux travaux de la sociologie


juridique. Ses travaux alimentent bien souvent sa réflexion. Ainsi par ex : l’agnosticisme
méthodologique que professe la sociologie à l’égard de tout système de valeurs ne
risque-t-il pas d’ébranler le nécessaire crédit des règles du droit auprès de leurs sujets
?

20
Chapitre 2 :
Histoire de la sociologie juridique

Vous aimerez peut-être aussi