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Dégradation des vertisols au Cameroun

Je voulais le cour géographie pour 3éme au Cameroun

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Dégradation des vertisols au Cameroun

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Utilisation rationnelle de l'eau des petits bassins versants en zone aride.

Ed. AUPELF·UREF. John Libbey Eurotext, Paris e 1991, p. 287·294

23
Dégradation des vertisols
dans le Nord-Cameroun:
modification du régime hydrique des terres
et tentative de réhabilitation
L. SEINY BOUKAR (1), Ch. FLORET(2}, H. MOUKOURI KUOH(3},
R. PONTANIER (4)
(1) lRA/CNS, Maroua, Cameroun.
(2) CEPE/CNRS, Montpellier, France.
(3) lRA/CNS, Yaoundé, Cameroun.
(4) DRSTDM, Tunis, Tunisie.

Dans la zone soudano-sahélienne du Cameroun qui s'étend du ge au l3 e parallèle


Nord, l'agriculture est particulièrement du type pluvial avec pratique de jachère,
de brûlis et abandon des terres dégradées. La surexploitation des ligneux pour le
bois de chauffe et l'élevage extensif avec pratique de feux de brousse ajoutent à
la dégradation générale des ressources renouvelables. L'importance de cette
dégradation varie selon les types de sol, le mode d'exploitation et la dynamique
de population (croissance annuelle pouvant atteindre 1,5 %, migrations des
populations des montagnes vers les plaines plus attractives).
Le climat est caractérisé par des pluies relativement abondantes (500 à
1 000 mm/an) mais dont les averses individuelles particulièrement violentes
(jusqu'à 140 mm/h en JO mm) et irrégulières rendent la production agricole
incertaine dans cette région où, par ailleurs, l'évaporation est intense (ETP Penman
supérieure à 1 800 mm).
La diversité pédologique se traduit par des comportements hydrodynamiques
très différents: infiltration et capacité de stockage de l'eau des sols très variables,

287
L. Seiny Boukar, Ch. Floret, H. Moukouri Kuoh, R. Pontanier

redistribution très inégale de l'eau aux plantes selon les sols, érosion différentielle,
etc.
L'objet de cet article concerne les conséquences de la dégradation des sols de
la série vertisolique sur leur régime hydrique. Ce travail a été effectué par le Centre
National des Sols (IRA Cameroun) et a été financé par la Communauté Euro-
péenne. Il comprenait l'étude du fonctionnement hydrique des sols du Nord-
Cameroun et de la végétation des savanes qui leur correspondent. Nous ne
parlerons pas ici en détail des mesures qui ont concerné la dynamique superficielle
de l'eau (infiltration) et l'érosivité des sols, pour insister sur la question de la
redistribution temporelle de cette eau infiltrée et de sa disponibilité pour les
végétaux et les cultures. Les résultats complets de ce travail sont présentés par
ailleurs (Seiny Boukar, à paraître).

Matériel et méthodes

Trois sites de mesure correspondant respectivement au vertisol modal (VM), au


vertisol dégradé (VD) et au « hardé» (HV), ont été caractérisés morphologique-
ment et suivis durant trois années consécutives. L'étude de la dynamique interne
de l'eau a été faite sur la base des profils hydriques (distribution verticale) et des
courbes de l'évolution temporelle des réserves d'eau stockée. Les mesures neu-
troniques ont été faites durant ces trois années (1985, 1986 et 1987) au cours
desquelles les précipitations totales respectives ont été de 907, 745 et 488 mm.
L'accent a été mis sur les différenciations texturales des horizons et sur la densité
apparente. Des regroupements correspondant à des niveaux d'étalonnage ont été
faits. Les fonctions de production de la lame ruisselée ont été établies (Thèbe, 1987;
rapport CEE, 1988) par le moyen de la simulation des pluies et/ou en conditions
naturelles sur parcelles de 1 m2 • Elles ont permis de déterminer les pluies efficaces
(Pe) lors de nos mesures et par conséquent de calculer l'évapotranspiration
réelle (ETR).

Résultats et discussions

Caractérisation de la séquence de dégradation des vertisols

Dans le sens d'une dégradation croissante à partir des « vertisols modaux », on


rencontre les « verticols dégradés », et les « hardé ».

Les vertîsols modaux (VM)


Les vertisols modaux ou vertisols en bon état se caractérisent par une teneur en
argile variant de 40 à 45 %, constante dans tout le profil.
L'argile est essentiellement de type montmorillonitique et smectitique (45 %), ce
qui explique la variation saisonnière de leur état de surface: larges fentes de retrait

288
Dégradation des vertisols au Nord-Cameroun .

(2-3 cm) disposées en réseau polygonal allant jusqu'à 1 mètre de profondeur


pendant la période sèche; gonflement et relief gilgaï (micro-relief bosselé) pendant
la période pluvieuse. Ces fentes constituent la macroporosité du sol et délimitent
des unités structurales prismatiques grossières, à faible porosité (micro pores),
compactes à l'état sec et à densité apparente élevée (1,75). Le ruissellement est, par
conséquent, moyen ou fort selon que le sol est saturé en surface ou non. L'érosion
y est faible.
La profondeur de ces sols (plus de 160 cm) et la dominance d'argiles gonflantes
leur confèrent une capacité d'absorption et de rétention d'eau élevée: la réserve
en eau utile (RU) est de l'ordre de 180 mm pour 80 cm d'épaisseur.
La dégradation de ces sols est essentiellement superficielle et physique, et se
traduit par une perte de structure avec développement de la battance et par une
baisse des propriétés hydrodynamiques.

Les vertisols dégradés (VD)


Les signes de dégradation sont perceptibles dès la surface, par la faible expression
des caractères vertisoliques : micro-relief plat, rares fentes de retrait, battance
développée. L'horizon superficiel est plus finement structuré: la croûte de battance
de nature argilo-sableuse recouvre des polyèdres fins à pores interstitiels remplis
de sables fins. Dans l'horizon superficiel (5 à 10 cm) l'appauvrissement en argile
(11,5 %) entraîne une diminution de la CEC (20 à 25 méq.llOO g de terre), et une
acidification (pH = 5,5). La pellicule de battance est épaisse dans ces sols. La
conséquence immédiate est un ruissellement plus fort que sur les vertisols modaux
dépassant fréquemment 50 %, ce qui entraîne une érosion par décapage et
ségrégation des particules fines et grossières (enrichissement en sables). Selon
l'importance du phénomène, la réserve utile (RU) peut être diminuée ou non
(78 mm/40 cm contre 87 mm/40 cm pour les vertisols modaux). En profondeur,
les caractères du vertisol modal sont pratiquement conservés.

Les sols « hardé» hérités des vertisols (HV, HN)


Nous empruntons à Vaille (1970) la définition du terme « hardé» en langue
fulfuldé (langue peulh du Nord-Cameroun). 11 désigne « tout terrain », générale-
ment à faible végétation arbustive et graminéenne, à très forte compacité et très
peu perméable, et duquel l'agriculteur sait qu'il ne tirera qu'une très médiocre
récolte.
On relève dans cette définition synthétique les critères de sol, végétation et
d'occupation des terres pour caractériser ces milieux. On retiendra que cette
appellation traduit beaucoup plus un état de surface qu'un type pédologique
donné: surface nue présentant localement quelques touffes d'herbes antérieures
ou postérieures à une accumulation de sable éolien, ou s'installant à la faveur des
dépôts alluviaux vertiques dans les microdépressions (cas de Setaria pumila). La
pellicule de battance sous laquelle s'observent de nombreux pores vésiculaires est
épaisse de quelques millimètres. La profondeur atteinte par la dégradation dépasse
parfois 20 cm de sol, caractérisés par une structure détruite (structure massive), sans
pores, ni activité biologique. Quelques fentes verticales et discrètes semblent

289
L. Seiny Boukar, Ch. Floret, H. Moukouri Kuoh, R. Pontanier

délimiter parfois dans cet horizon superficiel des unités structurales qui pourraient
devenir des colonnettes, car elles sont souvent coiffées de sables fins.
Ces sols sont le siège d'une érosion en nappe. L'infiltration des eaux pluviales
est également faible (20 à 50 % de la pluie), tout comme la réserve en eau utile (RU
= 60 mm/40 cm). Il convient de préciser que le niveau argileux vertique apparaît
dès 15-20 cm de profondeur. Ceci explique que RU soit de 60 mm/40 cm, car elle
n'est que de 7,5 mm sur les JO premiers centimètres.
A un stade de dégradation encore plus avancé, l'érosion tronque le sol jusqu'à
l'horizon à nodules calcaires et conduit à un relief présentant des ravines (faciès
RN ou « Bad-lands»).

Comportement hydrique de la séquence de dégradation des vertisols

Sur la figure l, ont été représentées les évolutions comparées des réserves en eau
et des profils hydriques des différents faciès de la séquence.

Vertisols modaux
Malgré les différences de pluviométrie durant ces trois années, il se dégage un
comportement global caractéristique pour le vertisol modal. Seule la tranche
superficielle (0-40 cm) réagit de façon nette aux précipitations. En dessous,
l'humidité ne varie presque pas au cours de l'année.
Les vertisols modaux ont une forte capacité d'absorption et de rétention d'eau,
favorisée par l'existence des fentes de retrait. La réserve d'eau disponible se
reconstitue assez tôt dans la saison en surface et se maintient environ pendant
7 mois. La profondeur humectée est moyenne (60-70 cm) mais en dessous, bien
que le stock d'eau soit peu affecté par les précipitations, la réserve en eau est
disponible toute l'année. L'absence de remontée capillaire due aux conditions
physiques du sol est aussi favorisée par le self-mulching du dessèchement rapide
de la surface et aussi par le mulch d'herbacées denses et sèches sur pied. La vie
végétale, surtout pour les espèces à enracinement profond ou étagé est donc
possible sur ces sols toute l'année.

Vertisols dégradés
En ce qui concerne les vertisols dégradés (VD), il nous faut rappeler que dans ces
sols, les fentes de retrait, quand elles existent encore, sont peu nettes et peu
profondes, et que la pellicule de battance est bien développée. Dans ce cas, le stock
de la couche 40-80 cm varie peu au cours de l'année. La réserve d'eau disponible
pour les végétaux n'y est pas maintenue toute l'année. L'humectation du sol est
peu profonde (50-60 cm) et ne dépasse guère 25 % d'eau en valeur volumique.
Ces sols, qui ont pourtant une structure fine en surface, s'humectent difficile-
ment en raison de la pellicule de battance qui cède néanmoins quand les pluies
deviennent abondantes et régulières. L'installation tardive de la végétation herba-
cée en résulte. C'est aussi cette végétation qui accélère l'épuisement des réserves
d'eau du sol avant même l'arrêt des dernière pluies qui ne compensent pas leurs
besoins. Seules les espèces végétales dont les racines atteignent les couches
profondes pourront survivre et aller jusqu'à maturité.

290
Dégradation des vertisols au Nord-Cameroun

80

120
P(mm}
S(mm) Vertisol modo l
120 "''', ,"\
:
1
IIi
\
-,
1
Il~ \ .'fi -,
80 .·· r'-.l ~\. ;.,.~ ,............ !~,,/V ~ 40-80 cm
1 ' \ • 0" , '" .... o. ' " "'1' "
"/ "'~' '~, l ' - 0 -40 cm
40 ..... 1 ,1
..... J \ , , , ....'

o JFMANJJASONOJFMAMJJASONDJFMAMJJASOND
1985 1986 1987

S(mm) Verfisol dégradé


80 .................~ ·········"'I·~'r········· . 40-80cm
11 ft 1 1.., ,.

40 ___ " /'- '.1'......... "" """ _,,,,,: '.. . _ ---- __ '\tJ' /~ "'... 0-40cm
,~

0'-r-1.......--rT--.-r.......--rT"'TT"'T"""T"....-r"'T"""T".....-.-"'T""T-r-""T""T"..,.....,..."'T""T"".........~
JFMAMJJASONDJFMAMJJ ASONDJFMANJJASOND
1985 1986 1987

S(mm)
Hardé
80 ... .,...~.~~:: ..::~ ; · ···· : ·40-80 cm
1 \/\
1 \ ,...../._"" 1l..,
40 _ ../ "' ............... ,""\",-' --" __ ...,/,,,,,,' . . - . . 0-40cm

O~r;-;r;-T:::r;r;-r;-r;;=r.:r::r.T:-r.:r.:r.:r:"""'=rr::-I-r::T-:-r:-r""""""T"-r"""""""'"
JF\4AMJJASO DJFMAl.CJJASONOJ MAMJJASOND
1985 1986 1987

Figure 1. Comparaison de l'évolution annuelle des réserves en eau totale du sol (Smm) des
faciès de dégradation d'une séquence vertisolique du Nord-Cameroun (3 années d'obser-
vation).

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L. Seiny Boukar, Ch. Floret, H. Moukouri Kuoh, R. Pontanier

Sols hardés
Enfin, nous ne pourrons discuter du comportement hydrique global des sols
« hardé» (HV) sans nous référer aux cas précédents, notamment les vertisols
dégradés avec lesquels des similitudes de redistribution relative de l'eau dans les
différentes couches apparaissent (figure 1).
Ces sols se distinguent par une mauvaise efficacité des précipitations dans la
recharge de leur réserve hydrique. Ce fait est certes lié à l'absence de structure et
de porosité, mais est surtout dû à la présence d'une pellicule de battance continue
en surface qui limite l'infiltration de l'eau. Il en résulte une réserve d'eau disponible
insignifiante ou nulle toute l'année qui explique que ces sols soient dépourvus de
végétations; les ligneux eux-mêmes ne pouvant trouver de l'eau en profondeur que
lors de certaines années à pluviométrie exceptionnelle. Les espèces adaptées, telles
que Lannea humilis, survivent grâce à leurs organes de réserves d'eau et à leur
système racinaire superficiel développé (rapport CEE, 1988), qui leur permet de
profiter des courtes périodes de disponibilité de l'eau. La végétation herbacée se
développe en touffes discontinues sur des taches d'accumulation de sable éolien
ou dans des microdépressions qui offrent un régime hydrique favorable.
La dégradation dans la famille vertisolique a eu en définitif pour effet
d'accentuer l'aridité édaphique (Floret et Pontanier, 1984). Celle-ci se traduit par
une diminution de la réserve utile du sol et de la profondeur maximale humectée;
une baisse de l'efficacité des précipitations dans la recharge des réserves hydriques
du sol, et par conséquent une diminution de la réserve d'eau disponible pour les
végétaux (Tableau 1).

Tableau 1. Comparaison des comportements hydriques globaux des faciès de dégradation


d'une séquence vertisolique au Nord-Cameroun.

Durée moyenne
des disponibilités en eau
Coefficient pour la végétation
Réserve ut ile Profondeur maximale d'efficacité (en mois)
'ur 80 cm . RU humectée moyenne des pluies
(mm) (cm) Ke% 0-40 (cm) 40-80 (cm)
Vertisol modal VM .. 170/190 60·70 75 à 85 7 12
Verlisol dégradé VD 150/170 50-60 50 à 60 3 7
Hardé HV .................. 130/150 40/50 30 à 40 2 4

Un exemple d'aménagement traditionnel: les casiers à diguettes de la plaine

Le sorgho de contre-saison est repiqué, à la fin de la saison des pluies sur les
vertisols qui ont, entre-temps reconstitué une importante réserve d'eau durant la
saison pluvieuse. Ces terres argileuses appelées localement « karal » peuvent être,
soit en position de bas-fond engorgé, à drainage externe nul, soit en position de
pente faible (1 à 2 %) et aménagées en certains endroits en casiers à diguettes.
Par ces aménagements, l'objectif des paysans est de stocker le maximum d'eau
durant la saison des pluies en vue du report de cette eau en saison sèche jusqu'à

292
Dégradation des vertiso/s au Nord-Cameroun

la fin du cycle du sorgho (février), Nous avons montré qu'après fermeture des
fentes de retrait, l'efficacité des précipitations dans ces sols baisse considérable-
ment (ke < 60 % à l'échelle de l'année). Sur les faciès plus ou moins dégradés,
les quantités d'eau ruisselées sont encore plus importantes.
Les casiers de forme rectangulaire, et d'une superficie variant de 50 à 200 m2
suivant les positions topographiques, sont délimités par des diguettes de 20 à 30 cm
de hauteur, confectionnées manuellement à la daba. En général, sauf cas d'évé-
nements pluvieux exceptionnels, de cumul de charges d'eau ou de destruction de
diguettes, ces aménagements retiennent toute l'eau précipitée.
Nous avons cherché à comparer une zone aménagée et une zone voisine non
aménagée.
Malgré la courte durée de l'expérimentation, la tendance évolutive des réserves
en eau totale est assez révélatrice de l'efficacité de ce type d'aménagement. Le
Tableau et la figure 2 présentent les résultats globaux pour la période allant du
20/4 au 18/6/87. Alors qu'il était déjà tombé 146 mm dans la zone de Maroua
à la date du 18/6/87, on observe les faits suivants:
- le traitement de la zone avec diguettes permet d'augmenter entre le 24/5/86
(date de la première pluie) et le 18/6/87, de près de 45 % environ le stockage de
l'eau par rapport à la zone non traitée;
- dans la zone traitée le front d'humectation atteint 80 cm et difficilement
50 cm dans la zone sans diguettes;
- l'ETR dans la zone traitée a été entre le 24/5 et le 18/6/87 de 67,7 mm, ce
qui correspond à une évapotranspiration moyenne journalière de 2,7 mm dans
l'hypothèse où toute l'eau précipitée s'est infiltrée.

o 10 20 30 Hv% o 20 30 Hv%

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Prof.(em)
Prof.(em)

Parcelles avec diguettes Parcelles sans diguettes

Figure 2. Profils hydriques à Doyang.

293
L. Seiny Boukar, Ch. Floret, H. Moukouri Kuoh, R. Pontanier

Tableau II. Evolution des réserves en eau totale à Doyang.

Réserve en eau (mm)


0-120 cm
Accroissement des réserves
21-4-87 18-6-87 en eau (mm)
Parcelle traitée en diguette ............ 167,1 245,4 78,3
Parcelle non traitée ........................ 162,5 207,8 46,3

Conclusions

Selon Gavaud (1971), la dégradation des vertisols, d'abord d'origine anthropique,


est relayée par l'érosion hydrique dont les décapages successifs aboutissent à
l'affleurement des horizons profonds à nodules calcaires. L'action de l'homme a
pour effet de transformer progressivement la structure prismatique grossière des
horizons supérieurs, en une structure polyédrique fine, puis en structure massive
avec baisse concomitante des taux de matières organiques, appauvrissement et
lessivage en argile, et susceptibilité à la battance et à l'érosion. La thèse de filiation
entre les faciès de la séquence de dégradation des vertisols, caractérisés dans cette
étude, est confortée par la continuité du niveau à nodules calcaires et du niveau
basal argileux défini par une teneur en argile (40 à 50 %) et une composition
minéralogique (environ 45 % d'argile 2/1 : montmorillonite et smectite).
Nous avons précisé les principaux effets de cette dégradation des sols sur le
fonctionnement des systèmes écologiques correspondants, et en particulier l'accen-
tuation des contraintes hydriques pour la végétation.
Face à cette situation, l'homme choisit souvent la voie de l'abandon des cultures,
réduisant ainsi de plus en plus ses superficies cultivables, sans pour autant arrêter
sa pression sur ces milieux dégradés (coupe de bois, surpâturage), accélérant le
processus de « l'hardéïsation» qui aboutit à des sols stériles, à ruissellement
intensif et irréversible. La végétation naturelle répond par des adaptations, à la fois
morphologiques et phénologiques variées, qui sont en cours d'étude.
Sur la base des résultats ci-dessus, nous avons entrepris un programme de
recherche visant à réhabiliter les sols dégradés de cette séquence vertisolique.
L'aménagement en casiers a été appliqué à des vertisols dégradés en vue de leur
récupération pour la culture de mouskouari. Billons, microcatchments, et/ou
labours périodiques, protection totale, etc., sont aussi expérimentés pour tenter
d'abaisser le front d'humectation dans le sol. Ces pratiques permettent en outre
d'augmenter à nouveau les réserves en eau disponible sur des sols abandonnés
depuis de longues années. Des résultats fiables concernant la remontée biologique
de ces systèmes ne pourront être obtenus qu'après plusieurs années d'observations.

294
actualité scientifique
British Library Cataloguing in Publication Data
Kergreis, André
Utilisation rationnelle de l'eau des petits
bassins versants en zone aride.
1. Hydrology
I. Title
551.49

ISBN 0-86196-315-6

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UTILISATION RATIONNELLE
DE L'EAU DES PETITS
BASSINS VERSANTS
EN ZONE ARIDE

Journées scientifiques du Réseau


« Génie Para-Sécheresse» de l'UREF
organisées avec la collaboration
du Réseau Recherche Résistance à la Sécheresse (R3S)
et de l'Ecole Inter Etats d'Ingénieurs de l'Equipement
Rural (EIER)
EIER, Ouagadougou, 12-15 mars 1990

COORDINATION
André Kergreis
Jacques Claude

ImIJ~~YII

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