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Le Guide Sysgoc

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INTRODUCTION

LE GUIDE

SYSGOC
SYSTEME DE GOUVERNANCE CHARIA

JUIN 2022

A L’ATTENTION DES
ETABLISSEMENTS DE CREDIT ET DES SYSTEMES FINANCIERS DECENTRALISES DE LA ZONE UEMOA
Système de Gouvernance Charia
1
Une série de guides
pratiques et opérationnels
sur la finance islamique

LE GUIDE SYSGOC

EDITION 2022

Publié en 1443 AH – 2022

Auteur : Abbas Abdul Karim CHERIF

Copyright © 2022 Abbas CHERIF

Tous Droits Réservés. La reproduction partielle, intégrale de cette


publication est formellement interdite sans l’autorisation préalable écrite
ou verbale de l’Auteur.

Malgré tous les efforts consentis dans la rédaction de ce document pour


éviter toute erreur d’interprétation ou de traduction, l’équipe de rédaction
ne peut garantir l’absence totale de telles erreurs. Prière nous envoyer vos
avis suggestions et par mail : abbas.cherif6@[Link] ou encore via
WhatsApp : (+225)0747216110.
SIGLES, ABBRÉVIATIONS ET DEFINITIONS
AAOIFI : Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial

Institutions

Adl : Concept d’exigence éthique minimum requise par la société.

BCEAO : Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest

CA : Conseil d’Administartion

CB : Commission Bancaire de l’UMOA

CCI : Conseil de Conformité Interne ou Sharia Board

Charia : Principes et règles de la finance islamique (Jurisprudence islamique)

CIBAFI : general Council for Islamic Banks and Financial Institutions

CISSA : Certified Islamic Specialist in Shariah Auditing

CSAA : Certified Shari’a Adviser and Auditor

Fatwa : Avis juridique donné par un spécialiste basé sur les principes et

règles de la Finance islamique

IFI : Institution Financière Islamique

IFSB : Islamic Financial Services Board

Ihsan : concept de recherche de l’excellence en éthique, ce qui est fortement

recommandé.

SB : Sharia Board ou CCI

SFD: Système Financier Décentralisé (Microfinance)

SYSGOC : Système de Gouvernance Charia

SYSGOC
UMOA : Union Monétaire Ouest Africaine

Zakat : Aumône légale obligatoire en Islam prélevée sur les biens (argent,

récoltes, bestiaux, …) suivant un taux déterminé et à partir d’un seuil

défini.

Le Guide SYSGOC 3
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Les différents cadres influencant la gouvernance Charia dans l’UMOA................5

Figure 2 : Les objectifs visé par le SYSGOC........................................................................6

Figure 3 : Les cibles du SYSGOC........................................................................................7

Figure 4 : Les six bases de la gouvernance Charia selon l’AAOIFI......................................12

Figure 5 : Les trois principales composantes de l’approche SYSGOC................................15

Figure 6 : Les diifférentes catégories d’observation du Sharia Board................................ 22

Figure 7 : Les différentes formes d’atteinte à l’indépendance du Sharia Board..................25

Figure 8 : L’environement du contrôle Charia au sein des IFI.............................................26

Figure 9 : Les principales activités de l’audit Charia..........................................................31

Figure 10 : Les différentes formes de violation de l’éthique..............................................36

Figure 11 : L’équation de Adl & Ihsan................................................................................37

Figure 12 : Les six vertus éthiques des IFI........................................................................37

Figure 13 : Les exigences règlementaires de gouvernance dans l’UMOA..........................38

Système de Gouvernance Charia


4
EQUIPE DE REDACTION
Monsieur Abbas CHERIF
Consultant en Finance Islamique - PNMP/BIsD

Auteur - Illustrateur

Monsieur Arimi-Yaou MOUSTAPHA


Formateur, CSAA - Cabinet IFIM

Relecture

Monsieur Ahmed Sidi Mazou


Conseiller Charia Banque Islamique du Niger (BIN)

Relecture-contribution

Monsieur Ezzedine GHLAMALLAH


Expert en Takaful SAAFI

Contribution

Monsieur Babacar Pierre LETTE


Chef de service développement des produits Banque Islamique du Sénégal

Contribution

Monsieur Majed GHARSALLI


Responsable Audit et Conformité Islamique Zitouna Bank Tunisie

Contribution

SYSGOC
Monsieur Cheick Bassirou DIOP
Responsable des opérations de Finance Islamique PAMECAS Sénégal

Contribution

Le Guide SYSGOC 5
REMERCIEMENTS
Il est important pour moi de partager ces mots de remerciement tout
d’abord à Allah le Tout-Puissant qui m’a donné l’idée, l’inspiration, la force
et les aptitudes qui m’ont permis de réaliser ce document.

Mes remerciements vont également à l’endroit de toute l’équipe de


rédaction, mais aussi à tous ces professionnels à travers l’industrie qui
ont pris de leur temps pour contribuer et améliorer le contenu de ce
document.

Enfin, je tiens à manifester ma gratitude à l’endroit de toutes ces


institutions financières et non financières islamiques de la zone UMOA
qui ont soutenu d’une manière ou d’une autre cette initiative.

ABBAS CHERIF

Système de Gouvernance Charia


6
Table des matières

Introduction 8
1 Les objectifs 9
2 Les cibles 10
3 Le cadre reglementaire 11
4 Les généralités sur la gouvernance Charia 14
5 Les principales composantes du SYSGOC 18
6 Conclusion 43

Annexe 1 44

Annexe 2 46

Annexe 3 87

Annexe 4 97

SYSGOC
Le Guide SYSGOC 7
INTRODUCTION

INTRODUCTION
Depuis Mars 2018, la BCEAO a amorcé une série de réformes visant la mise
en place d’un cadre règlementaire régissant l’activité de finance islamique
dans la zone UMOA. Un certain nombre d’initiatives de mise en place formelle
d’institutions financières islamiques ont vu le jour dans la région. Vu l’importance
cruciale de la conformité Charia pour toute institution financière islamique, il
est important de s’interroger sur la façon de conduire une politique efficace de
gouvernance Charia dans l’environnement de l’UMOA. Certes les Instructions
publiées par la Banque Centrale tracent les sillons de cette gouvernance, mais
au regard des indications des institutions internationales de normalisation,
il est important de proposer une approche permettant une maitrise de ladite
conformité.

Ce guide se veut un outil assez pratique d’aide à l’implémentation réussie


d’un système de gouvernance Charia au sein des Institutions financières de
la zone UEMOA. La méthodologie adoptée pour l’approche SYSGOC est la
revue documentaire combinée à une série d’entretiens avec les professionnels
Africains pour la validation empirique. Le SYSGOC se veut une méthode simple
de mise en place de la gouvernance Charia alignant les réalités de l’industrie
régionale aux exigences du marché international en matière de gouvernance
Charia.

INSTRUCTIONS
BCEAO

C.A SB

BEST
PRACTICES NORMES IFSB
UMOA
Contrôle Audit

NORMES AAOIFI

Figure 1 : Les différents cadres influençant la gouvernance Charia dans l’UMOA

Système de Gouvernance Charia


8
1 LES OBJECTIFS DU GUIDE

Proposer le SYSGOC

Normes AAOIFI & IFSB


SYSGOC
Promouvoir la conformité

Vulgariser le SYSGOC
Figure 2 : Les objectifs visé par le SYSGOC

1. Les objectifs du guide


Ce guide vise à :

1. Proposer l’approche SYSGOC de mise en place de la gouvernance Charia


au sein des institutions financières islamiques ;

2. Adapter les différents référentiels internationaux (AAOIFI ; IFSB) aux


réalités règlementaires et juridiques de la sous-région ;

3. Promouvoir la conformité Charia au sein de l’industrie sous-régionale de la


finance islamique ;

4. Proposer une approche basée sur les spécificités de la gouvernance Charia

5. Vulgariser le SYSGOC en Afrique.

SYSGOC Le Guide SYSGOC 9


LES CIBLES DU GUIDE 2

1
Professionnels
2
Dirigeants

3 Autorités de régulation

4 Acteurs du marché global

Figure 3 : Les cibles du SYSGOC

2. Les cibles du guide


Le Guide SYSGOC s’adresse tout d’abord aux professionnels et aux opérationnels
des institutions financières islamiques de la Zone UMOA.

Il est ensuite destiné aux dirigeants et autres membres d’organes statutaires des
institutions financières islamiques de la zone UMOA.

Ce document a été également rédigé à l’attention des autorités de régulation et


de supervision qui ont un rôle central d’encadrement et de surveillance dans l’éco-
système financier islamique de l’UMOA.

Enfin il permettra aux autres parties-prenantes de comprendre et d’appréhender


les spécificités de la zone UMOA en termes de champ règlementaire propre à la
gouvernance Charia.

Système de Gouvernance Charia


10
3 LE CADRE RÈGLEMENTAIRE

3. Le cadre légal et règlementaire de référence


3.1 La loi

Le Conseil des Ministres de l’UMOA en date du 29 septembre 2017 a


examiné et approuvé les amendements à la loi portant réglementation des
systèmes financiers décentralisés de l’UMOA (N°011729/09/2017 /CM/
UMOA) en vue de permettre l’exercice des opérations de finance islamique.
Il avait retenu la date limite du 30 juin 2018 pour l’insertion de cette loi
dans l’ordre juridique interne des Etats membres1.

• Le 04 avril 2018, l’Assemblée Nationale du Niger à adopté le projet de


loi modifiant et complétant la loi n°2014-059 du 05 novembre 2014,
portant règlementation des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD).

• La loi N° 2019-06 modifiant la loi N°2008-47 fut adoptée le 25 janvier


2019 par l’Assemblée Nationale du Sénégal.

• L’assemblée nationale Ivoirienne a également adopté le 19 juillet 2019,


le projet de loi modifiant l’ordonnance N° 2011-36 du 3 novembre 2011
portant règlementation des Systèmes financiers décentralisés (SFD).

3.2 Les instructions de la BCEAO

A partir de Mars 2018, la Banque Centrales des Etats de l’Afrique de l’Ouest


(BCEAO) a publié quatre (04) instructions relatives à l’exercice de la Finance
islamique dans la zone UEMOA. Ce sont :

• L’instruction Nº 002-03-2018 RELATIVE AUX DISPOSITIONS


PARTICULIÈRES APPLICABLES AUX ÉTABLISSEMENTS DE CRÉDIT
EXERÇANT UNE ACTIVITÉ DE FINANCE ISLAMIQUE.

• L’instruction Nº 003-03-2018 RELATIVE AUX DISPOSITIONS


PARTICULIÈRES APPLICABLES AUX SYSTÈMES FINANCIERS
DÉCENTRALISÉS EXERÇANT UNE ACTIVITÉ DE FINANCE ISLAMIQUE.

• L’instruction Nº 004-05-2018 RELATIVE AUX CARACTÉRISTIQUES

SYSGOC
TECHNIQUES DES OPÉRATIONS DE FINANCE ISLAMIQUE EXERCÉES
PAR LES ÉTABLISSEMENTS DE CRÉDIT DE L’UNION MONÉTAIRE OUEST-
AFRICAINE (UMOA).

• L’instruction Nº 005-05-2018 RELATIVE AUX CARACTÉRISTIQUES


TECHNIQUES DES OPÉRATIONS DE FINANCE ISLAMIQUE EXERCÉES
1 BCEAO : [Link]
conseil-des-ministres-de-lunion

Le Guide SYSGOC 11
LE CADRE RÈGLEMENTAIRE 3
PAR DES SYSTÈMES FINANCIERS DÉCENTRALISÉS DE L’UNION
MONÉTAIRE OUEST-AFRICAINE (UMOA).

Il est important de mentionner que les instructions N°002-03-2018 &


N°003-03-2018 jettent la base des exigences règlementaires en matière de
gouvernance chariatique dans la zone. Les titres 3 et 4 de ces instructions
consacrent dix (10) articles aux aspects de Gouvernance Sharia. Nous le
constaterons dans le développement de ce document que l’approche de la
BCEAO est très similaire à celle de l’AAOIFI.

3.3 Les Circulaires de la Commission Bancaire de la BCEAO

La Commission Bancaire (CB) édicte des Circulaires, en vue de préciser les


modalités d’application de la réglementation bancaire2. La gouvernance
des Institutions financières dans l’UMOA est régulée par les Circulaires
de la CB notamment, les circulaires N° 01-2017 CB C et N° 03-2017 CB C
relatives à la gouvernance et au contrôle interne.

3.4 La lutte contre le blanchiement de capitaux et le


financement du terrorisme

Depuis 2015, une série de textes ont instauré une politique de lutte contre
le blanchiment des capitaux notamment :

• LA DIRECTIVE N°02/CM/UEMOA DU 2 JUILLET 2015 RELATIVE A LA


LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT
DU TERRORISME DANS LES ETATS MEMBRES DE L’UMOA ;

• DECISION N° 26 du 02/07/2015/CM/UMOA PORTANT ADOPTION


DU PROJET DE LOI UNIFORME RELATIVE A LA LUTTE CONTRE LE
BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME
DANS LES ETATS MEMBRES DE L’UNION MONETAIRE OUEST AFRICAINE
(UMOA);

3.5 Les standards internationaux

L’industrie mondiale de la finance islamique est dominée par deux grandes


institutions de normalisation de la gouvernance chariatique. Il s’agit
notamment de :

• AAOIFI (Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial


2 Site BCEAO : [Link]

Système de Gouvernance Charia


12
3 LE CADRE RÈGLEMENTAIRE

Institution)

L’AAOIFI, organisation de comptabilité et d’audit des institutions financières


islamiques est un organisme de normalisation créé en 1991 dont le siège se
trouve à Manama au Bahreïn. A ce jour l’AAOIFI a émis plus de 100 normes au
total dont quatorze (14) normes de gouvernance, trois (03) normes d’éthique
et huit (08) normes d’audit. Ce sont donc au total vingt deux (22) normes qui
ont étés émises concernant le système de gouvernance Charia.

• IFSB (Islamic Financial Services Board)

L’IFSB, conseil des services financiers islamiques est une organisation basée
à Kuala Lumpur en Malaisie a été inauguré le 10 mars 2003. L’IFSB a publié
trente-six (36) normes, principes directeurs et notes techniques pour le
secteur des services financiers islamiques. La Norme IFSB-10 est dédiée à la
gouvernance Charia des institutions financières islamiques.

• IFSB-AAOIFI (CADRE DE GOUVERNANCE CHARAIQUE POUR LES


INSTITUTIONS OFFRANT DES SERVICES FINANCIERS ISLAMIQUES)

Le 31 Mars 2022, l’IFSB et l’AAOIFI ont pour la première fois conjointement


publié un draft proposant un cadre de gouvernance Charia à l’attention des
institutions financières islamiques. Ce draft propose une liste de quatorze
(14) principes directeurs autour desquels devraient se batir le cardre de
gouvernance Charia desdites institutions. Ce document étant le fruit de la
collaboration entre deux des plus influentes institutions de l’industrie globale
de la finance islamique.

SYSGOC Le Guide SYSGOC 13


LE CADRE RÈGLEMENTAIRE 3

4. Les généralités sur la gouvernance Charia1


Le terme “Système de Gouvernance Charia” réfère à un ensemble de
dispositions institutionnelles et organisationnelles par le biais desquelles
une Institution financière islamique (IFI) garantit qu’il existe une surveillance
efficace et indépendante quant à la conformité aux principes et règles de
la finance islamique de chacun des processus et des structures suivants :

• L’émission d’avis juridiques (Fatwa)

• La diffusion et application de ces avis juridiques

• Le contrôle/audit Charia interne

• Un rapport annuel d’audit Charia

Comme l’affirme SIAGH (2003)2 , les banques islamiques se réfèrent à la


Charia pour planifier, élaborer et choisir les activités qu’elles poursuivent
ainsi que les produits et services qu’elles offrent.

1 Norme IFSB-10, décembre 2009


2 Lachemi Siagh, « L’islam et le monde des affaires », édition Organisation, 2003.

Système de Gouvernance Charia


14
4 LES GÉNÉRALITÉ SUR LA GOUVERNANCE CHARIA

LES BASES DE LA GOUVERNANCE CHARIA

1 Renforcer la confiance

2 Garantir la Conformité Sharia

3 Optimiser le modèle d’affaire


(Business model)

Renforcer l’engagement des


4 parties prenantes

5 Améliorer la responsabilité
sociale de l'IFI

6 Cultiver la conduite éthique


des affaires

Figure 4 : Les six bases de la gouvernance Charia selon l’AAOIFI


4.1 Les fondements et principes de la Gouvernance Charia3

Renforcer la confiance : Le secteur des services financiers (qu’ils soient


conventionnels ou islamiques) est un secteur dans lequel la « confiance » est
vitale. La confiance est la pierre angulaire des opérations d’une IFI.

La confiance dans une IFI ne peut se développer sans plusieurs mesures


importantes, au nombre desquels on peut citer la mise en place d’une
gouvernance transparente. Le Conseil d’Administration (CA), le Sharia Board
(SB), la direction, les employés et les autres parties sous-traitantes ou travaillant
pour une IFI doivent s’efforcer de renforcer ce facteur confiance qui est vital
pour la survie et croissance de son activité.

Garantir la conformité : En fait l’essence d’une IFI réside en sa capacité de


mener son activité conformément aux principes et règles de la finance
islamique. Le choix d’investir ou de traiter avec une IFI au lieu d’une autre est

SYSGOC
3
fondé sur l’évaluation et la capacité de l’institution à fonctionner en stricte
conformité avec la Charia, faute de quoi il peut y avoir un manque de confiance
vis-à-vis de l’IFI. Par conséquent, une IFI doit disposer de mécanismes pour
se conformer aux principes et règles de la finance islamique dans toutes ses
transactions financières et autres.

Normes de gouvernance N°6 AAOIFI

Le Guide SYSGOC 15
LES GÉNÉRALITÉ SUR LA GOUVERNANCE CHARIA 4
Business Model : Le modèle économique d’une IFI se caractérise par des
contrats qui sont conçus pour être conformes aux principes et règles de la
finance islamique, ce qui en fait la spécificté. Il est primordial que le capital
des actionnaires soit protégé et leurs intérêts sauvegardés, les risques liés aux
fonds des clients gérés par le biais d’instruments d’investissement (restrictifs,
non restrictifs ou autres) sont assez importants. Il est donc important d’en
tenir compte dans le business modèle de l’Institution financière islamique.

Renforcer l’engagement des parties prenantes : Il est important que les


personnes en charge de la gouvernance au sein de l’IFI comprennent quelles
sont les principales parties prenantes afin de permettre la mise en place d’une
structure de gouvernance caractérisée par des niveaux élevés de responsabilité.

Améliorer la responsabilité sociale de l’IFI : La gouvernance visera à aligner,


autant que possible, les intérêts des parties prenantes, des responsables de
la gouvernance et les besoins de la société. Les principes de la jurisprudence
islamique établissent un équilibre entre l’intérêt de l’individu et ceux de la
société à laquelle il appartient. Les IFI ont été créées pour aider à utiliser
la richesse et les ressources financières d’une manière bénéfique pour les
investisseurs ainsi que pour la communauté dans son ensemble.

Cultiver la conduite éthique des affaires : Le code d’éthique d’une IFI comprend
des valeurs dérivées des principes et règles de la finance islamique. Ces
valeurs sous-tendent le comportement de toutes les personnes employées
par ou associées à l’IFI dans l’exercice ou l’accomplissement de leurs devoirs
ou obligations respectifs envers l’institution et son écosystème. De ces
fondements découlent 11 principes fondamentaux de la gouvernance Charia
que sont:

◊ Principe 1 : La structuration Charia compatible

◊ Principe 2 : Le traitement équitable des actionnaires

◊ Principe 3 : Le traitement équitable des bailleurs de fonds et autres

parties prenantes importantes

◊ Principes 5 : Un contrôle interne efficace

◊ Principe 6 : Un système d’audit efficace

◊ Principe 7 : La gestion des risques

◊ Principe 8 : L’absence de conflits d’intérêt

◊ Principe 9 : La surveillance appropriée de la politique de rémunération

Système de Gouvernance Charia


16
4 LES GÉNÉRALITÉ SUR LA GOUVERNANCE CHARIA
◊ Principe 10 : La transparence vis-à-vis de l’opinion publique

◊ Principe 11 : Le code de conduite éthique

4.2 La gouvernance des institutions financières dans l’UMOA

Les circulaires de la CB de la BCEAO donnent des indications claires et précises


sur les obligations en matière de gouvernance applicable aux Etablissements
financiers de façon générale dans la zone UMOA. Nous en rélevons les plus
pertinentes que sont :

◊ LA CIRCULAIRE N° 01-2017 CB C RELATIVE A LA GOUVERNANCE


DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT ET DES COMPAGNIES
FINANCIERES DE L’UMOA

Elle fixe les règles minimales en matière de gouvernance


devant être observées par les établissements financiers en
activité dans l’UMOA. Elle donne les bases du dispositif de
gouvernance, définit le cadre des obligations et responsabilités
des organes délibérants, des comités spécialisés. Elle
intervient également au niveau des organes exécutifs avec
des indications sur les fonctions de contrôle et d’audit. La
transparence, la déontologie et autres notions de conflit
d’interêt y sont succinctement abordées.

◊ LA CIRCULAIRE N°03-2017 CB C RELATIVE AU CONTROLE


INTERNE DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT ET DES COMPAGNIES
FINANCIERES DANS L’UMOA

Elle fixe les règles en matière de contrôle interne applicables


aux établissements financiers en activité dans l’UMOA.
Elle pose les bases du système de contrôle interne, défini
la responsabilité des principaux acteurs et détermine les
contours de la fonctions d’audit interne.

SYSGOC Le Guide SYSGOC 17


LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5

Sharia
Contrôle Board
Charia

Ethique
Audit
Charia

Figure 5 : Les quatres principales composantes de l’approche SYSGOC

5. Les principales composantes du SYSGOC


La gouvernance Charia dans l’absolu est un véritable océan de notions et
concepts, dans un souci de synthèse, la méthode SYSGOC a été élaborée
en prenant en compte les différents référentiels au niveau global, tout en se
focalisant sur quatre notions primordiales qui constituent un socle pour ce
système de gouvernance spécifique aux institutions financières islamiques
de la zone UMOA. Le SYSGOC est donc un Système de Gouvernance Charia
qui s’articule autour de quatre (04) principaux axes que sont :

• Le Sharia Board ou Conseil de Conformité Interne ;

• Le Contrôle Charia;

• L’Audit Charia ;

• L’Ethique.

Il est néanmoins important de préciser que la Banque Centrale des Etats de


l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a lancé en juin 2020 le chantier de l’élaboration
d’un guide de gouvernance Charia qui à terme devrait définir un cadre de
gouvernance pour les institutions financières islamiques de la zone.

Système de Gouvernance Charia


18
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC

5.1. Le Sharia Board (Conseil de Conformité Interne)

Le Sharia Board est un organe indépendant de spécialistes en jurisprudence


ou en droit commercial islamique. Cependant, le conseil de conformité interne
peut comprendre un membre doté de compétences autres que la jurisprudence
islamique, mais doit être un expert dans le domaine des institutions financières
islamiques et ayant une connaissance du fiqh Muhamalat4 . Le conseil de
surveillance de la Charia est chargé de diriger, d’examiner et de superviser les
activités de l’institution financière islamique afin de s’assurer qu’elles sont
conformes aux règles et principes de la finance islamique. Les avis juridiques
et les décisions du conseil de conformité interne s’imposent à l’institution
financière islamique.

5.1.2 Conditions de création

Le Sharia Board est créé par la présélection des membres au nombre de trois
(03) minimum. La matérialisation de la création du Sharia Board se fait tout

SYSGOC
d’abord par son intégration dans les textes juridico-légaux (Statuts). Ces textes
doivent faire apparaitre les dispositions mentionnées par les instructions de
la BCEAO notamment la désignation, les missions et la composition du Sharia
board. Les institutions de forme mutualiste qui opteront pour l’intégration du
Sharia board de façon statutaire en tant qu’organe ne pourront donc pas les
rémunérer mais leur verser des perdiem (jeton de présence) et devront par
4 Jurisprudence des transactions et des interactions humaines en islam

Le Guide SYSGOC 19
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
ailleurs changer ces membres au bout de 6 ans maximum.

5.1.3 Conditions de nomination et de détermination de la


rémunération

Chaque institution financière islamique a obligation de se doter d’un Sharia


Board qui sera nommé ou révoqué par l’Assemblée Générale (AG) annuelle sur
recommandation du Conseil d’Administration en tenant compte de la législation
et des réglementations locales. La BCEAO autorise le recour au Sharia Board de
la faitière ou de la Holding selon le type d’institution. Les actionnaires peuvent
autoriser le conseil d’administration à fixer la rémunération des membres du
Sharia Board. La nomination n’intervient qu’après la validation de l’AG et la
signature d’un document (lettre de nomination ou convention) liant l’institution
financière islamique (IFI) aux membres du Sharia Board. Annexe 2 (P73)

5.1.4 Les critères de sélection des membres du Sharia Board

La sélection des membres du Sharia Board peut s’avérer être un exercice délicat
dans une région comme l’UMOA où l’industrie est encore à ses balbutiements.
Le challenge réside surtout dans le fait qu’il faut trouver des compétences qui
répondent aussi bien aux exigences de la BCEAO qu’à celles du marché global
et aux besoins opérationnels. Les exigences règlementaires en zone UMOA5
sont :

• jouir d’une bonne moralité et ne pas avoir été condamné notamment pour
des infractions relatives aux biens ainsi que celles portant atteinte à la
probité ;

• être dotés de compétences nécessaires pour exercer leur mission, avoir


notamment une expérience ou une formation en droit musulman des
affaires ou en droit financier musulman ainsi qu’une bonne connaissance
de la réglementation bancaire applicable dans l’UMOA ;

• jouir de la nationalité d’un Etat membre de l’UMOA ou bénéficier d’une


assimilation aux ressortissants d’un Etat membre, en vertu d’une convention
d’établissement.

Déjà qu’il n’est pas aisé de trouver des compétences en jurisprudence islamique
dans la zone, l’exigence de la connaissance de la règlementation bancaire
applicable dans l’UMOA du fait des difficultés de la langue corse un peu plus
cet exercice. C’est la raison pour laquelle des dérogations à la condition de
nationalité ont été beaucoup sollicité afin de permettre à des experts Africains
hors-UMOA de siéger dans le Sharia Board d’IFI de l’espace UMOA.

5 Instructions BCEAO N°002-03-2018 & N°003-03-2018

Système de Gouvernance Charia


20
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC

Vu l’importance de cette entité il est important d’y avoir des personnes assez
expérimentées et/ou réputées qui seront un gage suffisant de la conformité
vis-à-vis de l’opinion et de l’industrie. Vu leur disponibilité dans la région, les
certifications CISSA du CIBAFI6, du CSAA de l’AAIOFI7 ou tout autre certificat
équivalent sont des minima à exiger pour prétendre à des fonctions dans le
SYSGOC.

Le besoin d’indépendance, d’impartialité et de crédibilité du Sharia Board


requiert qu’aucun membre de la Direction ou du Conseil d’Administration ne
puisse y siéger. Il leur est permis d’y avoir éventuellement un représentant
comme observateur lors des réunions.

Afin d’assurer la pérennité du SYSGOC, il est fortement recommandé


d’employer et former de jeunes membres du Sharia Board ayant un potentiel
prometteur pour élargir le vivier de talents dans la profession.

5.1.5 Procédures de fonctionnement et hiérarchie

Une série claire de règles et règlements au sujet de la tenue des réunions,


la prise de décisions et leur enregistrement, la préparataion et présentation
des rapports, donnera des indications aux membres du Sharia Board, sur le
niveau de compréhension de leur responsabilité. Cela facilitera également les
relations entre celui-ci et les autres organes au sein de l’organisation des IFI,
leur permettant ainsi de travailler plus efficacement les uns avec les autres et
sans ambiguïté quand aux chevauchements des tâches.

Il est fortement recommandé que les IFI développent une capacité interne
par le biais d’un service/unité/département de Conformité Charia spécialisée
et composée de Contrôleurs Charia ou de Conseillers Charia ayant des
qualifications et l’expérience appropriées. Ces agents internes, peuvent, entre
autres :

• Devenir le point de contact pour les problèmes de conformité Charia,


jouant un rôle de conseil/consultatif délégué par le Sharia Board ;

• Gérer le traitement et l’application des avis et recommendations émis

SYSGOC
par le Sharia Board ; et

• Fournir des avis sur les décisions qui seront prises par la Direction. Il
devrait y avoir une séparation claire des processus et des procédures
6 Certified Islamic Specialist in Shariah Auditing, une certification du « general Council for Islamic Banks and
Financial Institutions » (CIBAFI) qui se tient chaque année dans la zone UMOA en partenarait avec le CESAG de
Dakar.
7 Certified Shari’a Adviser and Auditor de l’AAOIFI organisé chaque année dans la zone UEMOA en partenariat avec
le Cabinet Islamic Finance Intelligence and Management.

Le Guide SYSGOC 21
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5

entre l’Unité/Département interne de Contrôle Charia et l’Unité/


Département Interne d’Audit Charia par le biais d’un manuel ou d’un
cadre standard.

• Rendre compte directement au Sharia Board avec lequel il est établi


une relation focntionnel

Un mode opératoire du Sharia Board est proposé en Annexe 2 (P 75).

5.1.6 Le rapport du Sharia Board

Le rapport du Sharia Board est un document qui expose l’opinion du Sharia


Board face à une requête qui lui a été soumise. Cette note devrait contenir
un certain nombre d’éléments de base que sont :

• Le titre

Le rapport du Sharia Board doit avoir un titre approprié.

• Le destinataire

Le rapport du Sharia Board doit être traité de manière appropriée, comme


l’exigent les circonstances de la mission et les lois et réglementations en
vigueur.

• Un paragraphe introductif

Le rapport du Sharia Board doit identifier l’objet de la mission.

Le libellé d’un paragraphe d’ouverture (introductif) est illustré ci-dessous :

« Conformément à la lettre de nomination, nous sommes tenus de remettre le


rapport suivant : ... »

• Un paragraphe sur le champ d’application décrivant la nature du travail


effectué

Un exemple de libellé pour un paragraphe portant sur le champ d’application


est présenté ci-dessous :

« Nous avons examiné les principes et les contrats relatifs aux transactions et
aux applications introduites par (le nom de l’institution financière islamique)
au cours de la période écoulée. Nous avons également effectué un examen
pour nous faire une opinion quant à savoir si (le nom de l’institution financière
islamique) s’est conformé aux principes et règles de la finance islamique ainsi
qu’aux avis juridiques (fatwas), décisions et directives spécifiques que nous
Système de Gouvernance Charia
22
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC

avions émis. »

Ou

« Nous avons effectué notre verification qui comprenait l’examen, sur la base
de tests de chaque type de transaction, de la documentation et des procédures
pertinentes adoptées par (le nom de l’institution financière islamique).

Nous avons planifié et effectué notre examen de manière à obtenir toutes les
informations et explications que nous avons jugées nécessaires afin de nous
fournir des preuves suffisantes pour donner une assurance raisonnable que (le
nom de l’institution financière islamique) n’a pas enfreint les règles et principes
de la jurisprudence islamique. »

Le cas échéant, la note de conformité peut inclure :

◊ Une déclaration claire indiquant que les états financiers ont été
examinés pour déterminer si la base chariatique de répartition des
bénéfices est appropriée entre les actionnaires et les titulaires de
comptes d’investissement.

◊ Une déclaration claire indiquant que tous les revenus qui ont été
réalisés à partir de sources ou par des moyens interdits par les règles et
principes de la Charia islamique ont été cédés à des œuvres caritatives.

◊ Une déclaration indiquant que les sources et l’utilisations des fonds


caritatifs ainsi que le calcul de la zakat sont conformes aux règles et
principes de la finance islamique.

• Responsabilité des organes exécutifs

Une déclaration claire selon laquelle la direction de l’institution financière


islamique est chargée de se conformer aux principes et règles de la finance
islamique.

Le libellé illustratif de la déclaration du Sharia Board est présenté ci-dessous :

« La direction de (le nom de l’institution financière islamique) est chargée

SYSGOC
de s’assurer que l’institution financière mène ses activités conformément
aux principes et règles de la finance islamique. Il est de notre responsabilité
d’emmètre une opinion indépendante, sur la base de notre examen des
opérations de (le nom de l’institution financière islamique), et de vous en faire
rapport. »

Le Guide SYSGOC 23
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5

• Un paragraphe d’opinion (contenant un avis juridique sur la conformité


de l’institution financière islamique aux principes et règles de la finance
islamique)

Le rapport du Sharia Board doit indiquer si les contrats de (le nom de l’institution
financière islamique) et la documentation y afférant sont conformes aux
principes et règles de la jurisprudence islamique.

Une illustration du libellé du paragraphe d’opinion est présentée ci-dessous :

« Selon nous, :

a. Les contrats, transactions et opérations conclus par (le nom de l’IFI)


au cours de l’exercice clos......... que nous avons examinés sont conformes
aux règles et principes de la charia islamique ;

b. L’affectation des bénéfices et l’imputation des pertes relatives aux


comptes d’investissement sont conformes à la base que nous avons
approuvée conformément aux règles et principes de la Charia islamique ;

(le cas échéant, le paragraphe d’avis comprend également les éléments


suivants :)

c. Tous les revenus qui ont été réalisés à partir de sources ou par des moyens
interdits par les règles et principes de la jurisprudence islamique ont été
cédés à des œuvres caritatives ; et

d. Le calcul de la Zakat est conforme aux principes et règles de la finance


islamique. »

NB : Si le Sharia board a établi que la direction de l’institution financière


islamique a enfreint les principes et règles de la finance islamique ou les
avis juridiques (fatwas), décisions et directives émises par ses soins, alors
il se doit de signaler lesdites violations dans le paragraphe d’avis du rapport
de conformité.

• La date du rapport

Le sharia board doit indiquer la période couverte par la note de conformité et


dater le rapport à la date d’achèvement de l’examen.

Le sharia board ne doit pas dater le rapport avant la date d’approbation et de


signature des états financiers par la direction.

Système de Gouvernance Charia


24
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC

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Figure 6 : Les diifférentes catégories d’observation du Sharia Board

• La signature des membres du Sharia Board

Le rapport du Sharia Board ainsi que le certificat de respect doivent être


signés par tous les membres du sharia board.

NB : Le rapport du Sharia Board sera publié dans le rapport annuel de l’institution


financière islamique. Il est recommandé que l’institution financière islamique
diffuse les avis juridiques (fatwas), les décisions, les directives et le certificat
de respect émis par son Sharia Board au cours de l’année tout en les rendant
accessible au public.

5.1.7 Classification des observations du Sharia Board

Au regard des élements à leur disposition, les membres du Sharia Board


procèdent à l’examen des différentes pièces, données et informations qui leur
ont été comuniquées. Le Sharia Board fait alors des observations sur la base
des principes et règles de la finance islamique qui sont généralement de qua-
tre (04) types :

SYSGOC ◊ Procédure non conforme aux indications et instructions du Sharia-


Board

◊ Modèle de contrat non conforme à celui validé par le Sharia Board

◊ Type de contrat non autorisé par le Sharia Board (non soumis ou non
validé)

Le Guide SYSGOC 25
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5

TABLEAU DE CLASSIFICATION ET DE TRAITEMENT


DES OBSERVATIONS

Procédure Non Conforme Exemple Traitement de l'observation

Transaction menée dans le Ne rien verser au client Rectification de l'erreur


non respect des dans un contrat Salam suivie de l'annulation de la
obligations fixées par le après la signature du transaction en restituant
Sharia Board contrat les fonds

Contrat non conforme Exemple Traitement de l'observation

Transaction menée au
Stipuler dans un contrat
moyen d'un contrat dont
Ijara que l'intégralité des Rectification de l'erreur et
les clauses sont
maintenances et des reversement de smontants
différentes des contrats
assurances du bien sont à à des oeuvres de charité
types validés par le Sharia
la charge du client
Board

Contrat non autorisé Exemple Traitement de l'observation

Recourir au Tawarruq pour Retrait du contrat non


Transaction conduite au
financer le besoin de autorisé suivi de
moyen d'un contrat non
Trésorerie alors que ce l'annulation de la
soumis au (ou rejeté) par le
produit n'a pas été autorisé transaction en restituant
Sharia board
par le Sharia Board les fonds

Manque d'informations Exemple Traitement de l'observation

Les dates de signature du


Les informations Demande d'information
contrat et de livraison du
disponible ne permettent complémentaire ou
bien manufacturé non
pas au Sharia Board de se échange/entretien avec les
rensignées dans une
prononcer services compétents
opération Istisna

Tableau 1 : Les exemples d’observations et leur traitement

Système de Gouvernance Charia


26
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC

◊ Manque d’informations suffisantes permettant une prise de décision


du Sharia Board.

Selon le type d’observation:

◊ Une rencontre est organisée avec les instances dirigeantes pour


echanger sur l’observation si elle est mineur afin de prendre des mésures
correctives.

◊ Une mention est faite dans le rapport du Sharia Board afin d’en informer
l’Assemblée Générale.

◊ Une demande d’information est instruite et on peut convenir d’entretiens


avec les organes compétents.

5.8 L’indépendance du Sharia Board8

• Définition

L’indépendance, du Sharia Board, c’est « un état d’esprit qui préserve les


membres du Sharia Board des points de vue et des conclusions sous la
contrainte, la subordination, l’influence ou tout autre moyen de pression dus
à des intérêts conflictuels. Il garantit à tout instant et en toute circonstance la
prise de décision de manière objective ».

L’importance de l’indépendance du Sharia Board

L’indépendance des membres du Sharia Board est d’une importance capitale


pour une IFI parce qu’elle permet de :

◊ Renforcer la confiance du public quant à la conformité de l’IFI dans son


application des principes et règles de la finance islamique.

◊ Atteindre les objectifs fondamentaux d’une IFI en renforçant


l’indépendance et l’objectivité de son Sharia Board. Les membres du
Sharia Board ont une responsabilité envers le public qui compte sur

SYSGOC
les services fournis par eux en toute indépendance. Le terme “public”
comprend les clients, les bailleurs de fonds, les gouvernements, les
employeurs, les employés, les investisseurs et autres organes de
régulation qui comptent sur l’objectivité et l’intégrité des membres du
Sharia Board pour assurer la conformité des activités de l’IFI.

8 Normes de gouvernance N°5 AAOIFI

Le Guide SYSGOC 27
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
• L’objectivité

◊ L’objectivité est une attitude d’independnace mentale que les membres


du Sharia Board doivent maintenir dans l’exercice de leur tâche de
supervision des activités. Ils ne doivent pas subordonner leur jugement
sur les questions de jurisprudences à celui des autres sauf si celui-ci
émane de la règlementation.

◊ L’objectivité exige que le Sharia Board effectue la supervision de


bonne foi et de la manière la plus honnête. Les SB devraient éviter les
situations réelles et potentielles qui nuisent à leur capacité à porter des
jugements professionnels objectifs. Ils ne devraient en aucun cas être
des employées de cette IFI.

• Une évaluation continue

Les membres du Sharia Baord doivent évaluer en permanence leurs relations


avec leurs IFI afin d’identifier et résoudre toute situation susceptible de porter
atteinte à l’indépendance. Ils doivent signaler aux dirigeants les situations un
risque ou un un problème d’atteinte à l’indépendance, ainsi que les mésures
correctives indiquées pour les résoudre.

• La résolution des problèmes d’atteinte à l’indépendance

Face à un problème potentiel ou réel d’atteinte à leur indépendance, les membres


du Sharia Board pourraient suivre le schéma ci-dessous pour sa résolution.
Documentation
Rassembler le maximum
d'élements sur la situation et les

01
consigner dans des documents
Documentez le problème (CR, PV, Rapport)

Examen interne Tenir des


sessions en interne afin de
trouver des solutions
amiables
Examiner le problème en
interne au sein du Sharia Board 02
Révocation du membre du Révocation

03 Sharia Board présentant le


problème
Si la situation persiste et ne trouve pas
de solution, opter pour la démission du
membre à l'origine de cette atteinte

Faire les dues dillgeances


Notifications Notification
de la révocation du membre
à l'AG pour validation ainsi
qu'à la BCEAO et la CB
conformément à la
règlementation en vigueur 04
Figure 7 : Les différentes formes d’atteinte à l’indépendance du Sharia Board

Des exemples d’atteinte à l’indépendance sont proposés en annexe 1

Système de Gouvernance Charia


28
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC

Le Contrôle Charia

Organes exécutifs Procédures


01 05

Contrats et accords Risques


02 06

Ressources humaines Conformité


03 07

Marketing Règlementation
04 08

Figure 8 : L’environement du contrôle Charia au sein des IFI

5.2 Le Contrôle Charia (Contrôle de Conformité)

5.2.1 Définition

Le Contrôle Charia ou revue chariatique ou encore revue charaique est un examen


de l’étendue de la conformité d’une IFI, dans toutes ses activités, aux principes
et règles de la jurisprudence islamique. Cet examen concerne les contrats,
accords, politiques, produits, transactions. Il s’étend aux mémorandums, statuts,
états financiers, rapports (notamment audit interne et inspection de la banque
centrale), circulaires, etc.

Le Sharia Board doit avoir un accès complet et sans entrave à tous les
enregistrements, transactions et informations de toutes sources, y compris des
conseillers professionnels et employés de l’IFI.

SYSGOC 5.2.2 Objectifs

L’objectif premier d’un Contrôle Charia est de s’assurer que les activités menées
par une IFI n’enfreignent pas la jurisprudence islamique. La réalisation de cet
objectif nécessite que la jurisprudence islamique, les avis juridiques du SB et la
règlementation en vigueur en constituent le référentiel.

Le Guide SYSGOC 29
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5

Le second objectif est de détecter au moment opportun les violations de


la jurisprudence afin d’y apporter dans la mesure du possible les correctifs
appropriés. On dit du Contrôle Charia qu’il est PPDC (Préventif-Permanent-
Détectif-Correctif).

5.2.3 Typologie
On distingue trois principaux types de Contrôle Charia :

◊ Le Contrôle Charia interne

Selon le type d’institution financière islamique (entièrement islamique ou fenêtre),


il peut faire partie de l’inspection générale, de la direction du contrôle interne ou
être un département à part entière.

◊ Le Contrôle Charia externe

Il est confié généralement à une entité indépendante qui a pour objectif de


rassurer à une plus grande échelle l’industrie sur la conformité et la crédibilité de
l’institution.

◊ Le Contrôle Charia central

Emanant généralement de l’autorité centrale de régulation (BCEAO) et qui assez


souvent est confié à des auditeurs Charia indépendants.

5.2.4 Méthodologie du Contrôle Charia


La procédure de Contrôle Charia doit comporter trois (03) étapes que sont :

• Planification du Contrôle Charia

◊ Le Contrôle Charia doit être planifié afin qu’il soit mené de manière efficace
et efficiente. Le plan doit être développé de manière adéquate afin de
garantir une prise en compte complète des opérations de l’IFI en termes
de produits, de taille des opérations, d’emplacements, de succursales, de
filiales et de divisions. Le plan doit inclure l’obtention d’une liste de tous les
avis juridiques (fatwas) et décisions ou directives émis par le Sharia Board.

◊ Il est essentiel de bien appréhender les activités, les produits, la perception


et l’attitude de la Direction envers la conformité Charia. Cela aura un effet
direct sur la nature, l’étendue et le calendrier du contrôle Charia.

Système de Gouvernance Charia


30
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC

◊ Le plan doit être correctement documenté. Il doit d’une part inclure les
critères de sélection des échantillons ainsi que leurs tailles, d’autre part
tenir compte de la complexité et de la fréquence des transactions.

◊ Le plan du Contrôle Charia doit être conçu sur la base des données ci-
dessus. Les contrôles doivent couvrir toutes les activités, tous les produits
et tous les emplacements. Ces contrôles doivent vérifier si les transactions
et les produits approuvés par le Sharia Board ont été exécutés comme tels
et si toutes les conditions connexes ont été remplies.

• Exécution du plan de Contrôle Charia et examen des documents de

travail

A ce stade, tous les contrôles prévus ont été exécutés. Les activités d’examen
du Contrôle Charia doivent normalement inclure :

◊ La vérification du niveau de perception, d’engagement de la Direction vis-à-


vis du contrôle de la conformité Charia ;

◊ L’examen des contrats, accords, etc. ;

◊ La vérification de la conformité des transactions conclues au cours de


l’année au moyen des produits autorisés par le Sharia Board ;

◊ L’examen d’autres informations et rapports tels que les circulaires, les


procès-verbaux, les rapports d’exploitation et financiers, les politiques et
procédures, etc. ;

◊ La consultation/coordination avec des conseillers tels que des auditeurs


externes ; et

◊ La discussion des conclusions avec la direction de l’IFI.

NB : Ces différentes actions doivent toutes être documentées de façon


complète, soignée être référencée.

SYSGOC
• La documentation des conclusions et rédaction du rapport

Le Sharia Board prend connaissance de ces conclusions et prépare la note de


conformité adressée aux actionnaires sur la base des travaux effectués et des
discussions tenues. Cette note doit être lue lors de l’Assemblée Générale annuelle
de l’IFI. Une note détaillée, le cas échéant, doit également être délivrée à la Direction
de l’IFI.

Le Guide SYSGOC 31
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5

5.3. L’audit Charia (Audit de conformité)

5.3.1 Définition
L’audit Charia est une opération qui vise à vérifier l’ensemble du système de
contrôle Charia interne, des comptes et les rapports. Il permet de s’assurer
que le SYSGOC, la comptabilité et le reporting sont efficaces et conformes au
reférentiel Charia et à la règlementation en vigueur. Cette vérification permet
de mettre en évidence les éventuelles insuffisances, fraudes ou omissions.
Bien que l’opinion de l’auditeur renforce la crédibilité des états financiers,
l’utilisateur ne peut présumer que l’opinion est une assurance quant à la
viabilité future de l’institution financière ou quant à l’efficience ou l’efficacité
avec laquelle la Direction a mené les affaires de l’institution financière.

5.3.2 Objectifs
L’objectif d’un audit Charia est de permettre à l’auditeur d’exprimer une opinion
sur la question de savoir si les états financiers sont préparés, dans tous leurs
aspects significatifs, conformément aux règles et principes de la Charia, aux
normes (AAOIFI, IFSB...) et pratiques comptables nationales pertinentes
dans le pays dans lequel l’institution financière opère. L’expression utilisée
pour exprimer l’opinion de l’auditeur est « donner une image fidèle ».

Système de Gouvernance Charia


32
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC

5.3.2 Typologie
A l’instar du Contrôle Charia, on distingue trois principaux types d’Audit Charia :

◊ L’Audit Charia interne

Selon le type d’institution financière islamique (Entièrement islamique ou


fenêtre), il peut faire partir de l’inspection générale, de la direction de l’audit
interne ou être un département à part entière.

◊ L’Audit Charia externe

Il est confié généralement à une entité indépendante qui a pour objectif de


rassurer à une plus grande échelle l’industrie sur la conformité et la crédibilité
de l’institution.

◊ L’Audit Charia central

Emanant généralement de l’autorité centrale de régulation (BCEAO) et qui dans


certains cas souvent est confié à des Auditeurs Charia indépendants.

5.3.3 La lettre d’engagement


Comme son nom l’indique, la lettre d’engagement est un document tenant lieu
de contrat liant le commanditaire de l’Audit Charia à l’entité auditrice qu’elle
soit interne ou externe. Elle définit un certain nombre d’élements afférants à la
mission d’audit notamment9:

◊ Le champ de la mission

◊ Les livrables attendus

◊ Les frais et rémunérations de la mission

◊ L’accord sur les termes de la missions

◊ La récurance (fréquence) des audits

SYSGOC
9 Norme d’Audit N°3 AAOIFI

Le Guide SYSGOC 33
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5

L'Audit Charia

LE RAPPORT

CONSOLIDATION
6 C’est le principal livrable de la mission, il permet à
l’entité auditrice de faire une restitution du résultat

5
de sa mission, de faire des récommandations et
Elle permet de faire une synthèse répondre aux différentes intérrogations quant à la
de tout ce qui a pu être collecté coformité des opérations.
depuis le début de la mission.

4 EVALUATION
C’est également l’opportunité
d’avoir des ultimes compléments
d’information, d’entretien ou de Cette étape permet d’apprecier les résultats
document. des diiférentes action menées jusque là,
permettant ainsi de situer le niveau de
ANALYSE
3
conformité.

L’analyse permet de tester les


différentes procédures et produits
VERIFICATION
afin d’établir leur conformité
2 A cette étape, c’est le lieu de s’assurer de
l’intégrité, la véracité et de la crédibilité des
CONSULTATAION
1
élements collectés précedement

Il est question de passer au peigne fin


toute pièce jugée pertinente en rapport
avec le personel, les opérations, les pièces
comptables, le SIG...

Figure 9 : Les principales activités de l’audit Charia

5.3.4 Méthodologie
L’Audit Sharia comporte 6 types d’activités qui sont présentées dans le graphique
ci-dessus.

5.3.5 Le Rapport d’Audit Charia10


Le rapport d’audit Charia se doit d’être précis concis et devra selon la
juridiction comporter à minima les éléments suivants:

• un titre

Le rapport d’audit Charia doit avoir un titre approprié.

10 Norme d’Audit N°2 AAOIFI

Système de Gouvernance Charia


34
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC

• le destinataire ;

Le rapport d’audit Charia doit être destiné aux personnes et entités les plus
appropriées, comme l’exigent les circonstances de la mission ainsi que les lois
et réglementations en vigeur.

• un paragraphe d’introduction ;

Le rapport d’audit Charia doit, dans le pargraph introductif, préciser la période


couverte par les états financiers ayant fait l’objet de l’audit. Il est également
important de rappeler la responsabilité des organes exécutifs dans la production
des différents états et rapports en conformité avec les principes et règles de
la finance islamique. Il est primorial de stipuler que cette mission exprime
l’opinion de l’auditeur quand à la conformité du SYSGOC et des rapports et
etats aux réferentiels en vigueur dans l’UMOA. Une illustration du libellé du
paragraphe d’introduction est présentée ci-dessous :

“Nous avons audité l’état de la situation financière et de la gouvernance Charia


de (Nom de l’institution financière islamique) au ……… (fin de l’exercice), les états
des revenus et des flux de trésorerie associés ainsi que la comptabilisation des
opérations (sans oublier les autres états, les recommendations du Sharia Board
et rapports requis par la règlementation relatifs aux institutions financières
islamiques dans l’UMOA) pour la période clôturée à cette date. La production
de ces états financiers et l’engagement de l’institution financière à se conformer
aux principes et règles de la finance islamique relèvent de la responsabilité de la
Direction de l’institution financière. Notre responsabilité consiste à exprimer une
opinion sur la conformité de ces états financiers et de la gouvernance Charia sur
la base de notre audit”.

• un paragraphe sur le champ d’application (décrivant la nature et le cadre


de l’audit)

Le rapport de l’audit Charia doit décrire l’étendue de l’audit en indiquant que celui-
ci a été mené conformément aux réferentiel Charia (Standars internationaux &
avis juridiques du Sharia Board) et aux normes ou pratiques en vigueur dans
l’UMOA, le cas échéant, qui ne contreviennent pas aux principes et règles
de la finance islamique. Cela garantit au lecteur que l’audit a été effectué

SYSGOC
conformément aux normes ou pratiques établies. Sauf indication contraire,
les normes ou pratiques d’audit suivies sont présumées être celles du pays
indiqué par l’adresse de l’auditeur Charia. Une illustration du libellé du champ
d’application de l’Audit Charia est présentée ci-dessous :

“Nous avons effectué notre audit conformément aux Normes d’audit pour les
institutions financières islamiques (et nous nous référons à la législation, aux
réglementations et aux normes ou pratiques pertinentes et en vigeur dans

Le Guide SYSGOC 35
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5

l’UMOA). Ces Normes requièrent que nous planifiions et réalisions un Audit Charia
de manière à obtenir l’assurance raisonnable que le Sytème de Gouvernance
Charia, les états financiers et la comptabilité ne contiennent pas d’anomalies
significatives. Un audit consiste à examiner, par divers moyens légaux, les
éléments probants justifiant les montants et informations figurant dans les états
financiers ainsi que la conformité de la Gouvernance Charia. Un audit comporte
également l’appréciation des principes comptables suivis et des estimations
significatives de l’engagement de la direction, ainsi que l’appréciation de la
présentation d’ensemble des états financiers. Nous estimons que notre audit
fournit une base raisonnable à notre opinion.

• une description des travaux effectués par l’auditeur ;

Le rapport de l’auditeur doit mentionner l’audit comme incluant les activités


réalisées :

◊ l’examen, par sondages, des éléments pertinents pour l’évaluation de la


Gouvernance Shraia et des informations fournies

◊ l’appréciation des principes comptables suivis pour l’établissement des


états financiers

◊ l’évaluation et les estimations significatives de l’engagement de la


direction dans le cadre de la conformité des activités et procédures aux
principes et règles de la finance islamique, et

◊ l’évaluation de la présentation globale des états financiers.

• paragraphe d’opinion contenant une expression d’opinion sur la conformité

Le rapport de l’auditeur doit indiquer clairement l’opinion de l’auditeur quant à


savoir si les états financiers, la gouvernance et la comptabilité sont exercées
conformément aux principes et règles de la finance islamique tels que déterminés
par le Sharia Board de l’IFI tout en répondant aux exigences légales.

NB: Le cadre de “reporting” financier et de Gouvernance Charia sont déterminés


par la BCEAO, l’AAOIFI, les exigences statutaires, les règles émises par les
organismes professionnels (APBEF ou APSFD) et le développement de la
pratique générale dans l’UMOA ; ce avec une prise en compte appropriée
de l’engagement de l’IFI à fonctionner conformément à la jurisprudence
islamique. Pour informer le lecteur du contexte dans lequel « la conformité » est
exprimée, l’opinion de l’Auditeur Charia indiquera le referentiel selon lequel les
états financiers ont étés produits en utilisant par exemple la formule suivante
« conformément au Plan Comptable Bancaire Islamque (indiquer les normes

Système de Gouvernance Charia


36
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC
comptables de l’AAOIFI ainsi que la législation en vigueur, réglementations et
pratiques)... »

• date du rapport ;

L’auditeur doit dater le rapport de la date d’achèvement de l’audit. Cela informe


le lecteur que l’auditeur a pris en compte l’effet sur les états financiers et sur le
rapport des événements et transactions dont l’auditeur a eu connaissance et
qui se sont produits jusqu’à cette date.

• l’adresse de l’auditeur, et

Le rapport doit mentioner l’adresse précise de l’auditeur, qui est habituellement


l’adresse du siège social ou du bureau principal de l’entité responsable de
l’audit.

• la signature de l’Auditeur Charia

Le rapport d’Audit Charia doit être signé soit au nom du cabinet d’audit Charia,
soit au nom personnel de l’auditeur Charia interne, soit les deux, selon le cas.

NB: Une uniformité dans la forme et le contenu du rapport d’audit Charia est
souhaitable car elle favorise la compréhension du lecteur et aide à facilement
identifier les circonstances inhabituelles lorsqu’elles se produisent.

SYSGOC Le Guide SYSGOC 37


LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5

5.4. L’éthique des IFI

5.4.1 Définition
L’éthique ne consiste pas seulement à faire ce qu’il faut ; il s’agit de faire
la bonne chose avec la bonne intention et le bon état d’esprit, de la bonne
manière, même lorsqu’on n’est pas observé et au mieux de ses capacités. Être
éthique implique également d’aller vers les autres et de s’engager avec eux de
manière positive, prudente et efficace, en les encourageant à se comporter
de manière adéquate. En d’autres termes, l’éthique consiste à intérioriser des
croyances et des vertus spécifiques et à les extérioriser pour présenter certains
comportements.

5.4.2 Objectifs

Les objectifs de l’éthique (dans les IFI) peuvent être décliné comme suit:

◊ aider l’industrie de la finance islamique et les professionnels de la


finance islamique à atteindre la Barakah en s’alignant sur la Maqasid-e-
Shari’ah (les finalités de la Charia) ;

◊ aider les professionnels de la finance islamique à comprendre les


exigences d’une conduite éthique et à choisir la bonne ligne de conduite

Système de Gouvernance Charia


38
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC

face à un dilemme éthique ou à une difficulté ;

◊ encourager les professionnels de la finance islamique à la quête


perpétuelle et volontaire de l’éthique, à défendre la vérité, les pratiques
éthiques et à devenir des modèles de comportement éthique pour les
autres ;

◊ réduire le risque opérationnel des IFI, en particulier en atténuant les


risques de non-conformité à la jurisprudence islamique et de réputation ;
et

◊ renforcer la confiance du grand public et des autres parties prenantes


dans l’industrie de la finance islamique.

5.4.3 Cadre conceptuel de l’éthique

Le cadre conceptuel de l’éthique des IFI se base sur le respect des


vertus éthiques proposées ainsi que l’atteinte et le maintien de l’Adl11
“l’éthiquement correct” en tant qu’exigence obligatoire en évitant la
violation de ces vertus. Les violations illustratives couvrent un large
éventail, allant de celles liées aux transactions (les conflits d’intérêts), à
la culture (la médisance), en passant par celles liées au leadership ou à la
gestion (la discrimination), aux relations interpersonnelles (le harcèlement)
et personnelles (la déloyauté).
Transactionelle liées aux transactions
Ex: les conflits d’intérêts)
liées aux individus
Ex: déloyauté

Personnelle Culturelle
Violations
éthiques
Liées à la culture!
Ex : la médisance

Liées aux relations


interpersonnelles!
Ex : Le harcèlement

Interpersonnelle Managériale

SYSGOC
Liées au leadership ou au
Management
Ex : la discrimination
Figure 10 : Les différentes formes de violation de l’éthique

11 Selon le code Ethique des professionels des IFI de l’AAOIFI : Adl – est le concept d’exigence éthique mini-
mum requise par la société. Littéralement, le terme signifie ou implique de mettre quelque chose ou quelqu’un à sa
juste place ou position et qui inclut le sens de la justice, de l’équité, de l’équité et de l’équilibre.

Le Guide SYSGOC 39
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
5.4.5 L’équation de l’éthiquement correct et de l’excellence (Adl &
Ihsan12)

Le cadre conceptuel de l’éthique des IFI se base sur le respect des vertus
éthiques proposées ainsi que l’atteinte et le maintien du tandem Adl-Ihsan.

Avoir une bonne La poser de Impacter


Poser une
intention et un manière positivement les Adl & Ihssan
bonne action
bon état d'esprit correcte autres

Figure 11 : L’équation de Adl & Ihsan

5.4.6 Les six (06) vertus éthiques des IFI

L’IFI doit, tout en maintenant les quatre éléments de l’équation Adl et


Ihsaan, défendre, dans le contexte de ses propres rôles et devoirs, les six
vertus éthiques representés dans la figure ci-dessous.
Crainte de Dieu
Avoir une considération et un souvenir
d'Allah Tout-Puissant de telle sorte qu'il
en résulte Son obéissance et en cas de
Takwa désobéissance, un repentir immédiat ;

Exhortation la vérité
Confiance en Dieu
Encourager les autres à faire le bien et à
éviter le mal de manière éclairée, Tawasi Faites confiance à la volonté et au décret
positive et prudente en utilisant le Tawakul d'Allah Tout-Puissant et soyez satisfait du
raisonnement, l'influence, l'autorité, etc. bil Haq résultat après avoir épuisé de manière
optimale toutes les possibilité

06 vertus
éthiques
Force
des IFI
Avoir, sur une base continue, la Intégrité
puissance, la capacité et la capacité Atteindre la cohérence et la persistance,
intellectuelles, psychologiques et
physiques à un niveau requis pour Qouwa Sidq ainsi que l'harmonie entre les
croyances, les intentions, les paroles et
l'accomplissement d'une responsabilité les actions, tout en soutenant et en
ou l'exécution d'une tâche promouvant la vérité

Fiabilité
Honorer et remplir les devoirs, pouvoirs et Amana
responsabilités associés à son rôle, son rang, sa
position et son statut, y compris la sauvegarde des
ressources données dans son commandement en
tant que confiance
Figure 12 : Les six vertus éthiques des IFI

Il est également très important de préciser que l’AAOIFI a consacré une


norme spéciale aux règles d’éthique de la Fatwa à consulter à l’Annexe 3.

12 Selon le code Ethique des professionels des IFI de l’AAOIFI : Ihsaan – est le concept de recherche d’ex-
cellence en éthique, ce qui est fortement recommandé. Le terme « excellence » signifie faire quelque chose d’une
manière qui, compte tenu des ressources, des contraintes et des circonstances données, ne peut pas être mieux
faite ;

Système de Gouvernance Charia


40
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC

SYSTEME DE GOUVERNANCE GENERAL UMOA

Organes

de capitaux et le financement du terrorisme


Politique de lutte contre le blanchiment
délibérants Fonction d'audit Fonctions de Gestion de risque
Organes exécutifs
Toute institution interne contrôle et conformité
financière dans la
zone UMOA

SYSTEME DE GOUVERNANCE CHARIA

Spécifiques aux Organes


Institution délibérants Système de
Fonction d'audit
financières islamiques Sharia Board Organes exécutifs contrôle Charia
Charia interne
interne

Ethique

Figure 13 : Les exigences règlementaires de gouvernance dans l’UMOA

5.5. Etat actuel de la Gouvernance Charia dans l’UMOA

La responsabilité de la gouvernance incombe, indépendament de la nature


de l’institution, aux organes délibérants et exécutifs. Cependant, ils ont la
latitutde de se faire appuyer par un certain nombre d’entités internes ou
externes leur permettant de renforcer l’efficacité de cette gouvernance.
Dans la zone UMOA, des exigences minimum distinctes sont requises d’une
institution à une autre en fonction de sa taille, sa structure, la nature et la
complexité de ses activités, ainsi qu’à son profil de risque et, le cas échéant,
à celui du groupe ou à la faîtière auquel elle appartient.

La gouvernance Charia bien que reposant essentiellement sur les organes


délibérants fait cependant intervenir le SB ou Conseil de Conformité Interne
qui joue un rôle déterminant avec un rattachement hiérarchique aux fonctions
de contrôle et d’audit Charia interne conformément à la reglementation.

SYSGOC
Le tableau ci-dessus résume les exigences règlementaires minimum des
Institutions financières en matière de gouvernance selon leur nature.

5.5.1 Les Conseils de Conformité Internes dans l’UEMOA


A ce jour, treize (13) institutions ont obtenu leur agrément pour l’exercice
de l’activité de finance islamique dans la zone UEMOA. Une analyse des
données relatives aux membres des Conseils de conformité internes de ces

Le Guide SYSGOC 41
CONCLUSION 6
Institutions (voir annexe 4) nous revèle les informations suivantes :

Il est à noter de prime à bord que 44 postes de membres de Sharia Board


ont été pourvus dans la zone UEMOA au 31 décembre 2021. Ce sont au total
12 nationalités qui sont representées au sein des Sharia Boards de la zone
UEMOA. Le Niger est le plus representé avec 11 postes suivi par la Tunisie
9 postes enfin, le Burkina Faso et le Sénégal 8 représentants chacun. Le
Niveau Doctorat (25) est le plus représenté suivi par les Master 1&2 (6) au
sein des conseils de Conformité Internes de la région. Le Droit dans toutes
ses composantes (Privé, Affaires Islamique, Jurisprudence...) est le domaine
d’étude le plus présent dans la zone avec pas moins de 20 membres.
L’Université d’Aix-en-Provence est representée 9 fois. On y trouve également
3 fois l’Université Islamique de Médine (Arabie Saoudite) et 2 fois l’INCEIF
(Malaisie). Les Docteurs Abdessatar KHOUILDI et Seyni HIMA sont les plus
actifs dans la sous-région avec respectivement 9 et 3 interventions dans des
Sharia Boards.

5.5.2 Les défis de la Gouvernance Charia dans l’UEMOA


• Le cadre réglemnentaire

Bien que la notion de Conseil de conformité soit suffisament couverte, il


manque néamoins des directives claires et précises concernant l’Audit Charia
et le dispositif interne de verifiction. Les Instructions relatives au niveau des
articles 12, 13 et 14 ne mentionent que :

i. l’obligation d’intégrer la finance islamique dans le dispositif interne de


vérification

ii. les responsabilités des organes délibérant et exécutif vis-à-vis du SB

iii. l’obligation d’intégrer l’Audit Charia dans le dispositif d’audit interne

iv. Les obligations de rapport

Cela constitue certes un bon début mais ne pourrait occulter le besoin urgent
de circulaires de la Commission Bancaire sur la gouvernance, l’audit et le
dispositif interne de vérification des IFI.

• La supervision

A ce jour le Conseil de Conformité Centrale de la BCEAO n’est pas fonctionnel


quoiqu’à titre transitoire la Banque Centrale à prévu dans les instructions de
recourir à des entités ou experts spécialisés. Néamoins, il s’avère difficile de
maintenir une supervision efficiente et permanente de l’activité des IFI dans

Système de Gouvernance Charia


42
6 CONCLUSION
une telle configuration.

• Les ressources humaines

Il nous est donné de constater que certains experts interviennent dans plusieurs
Conseils de Conformité Internes dans la sous-région. Cela est principalement dû à
l’insuffisance de ressources humaines compétentes pour assurer les différentes
fonctions au sein du système de gouvernance et aussi à l’absence de politique
de formation adéquate.

• La sensibilisation

Il manque aujourd’hui dans l’Union une veritable sensibilisation à l’endroit du


personnel et des organes délibérants et exécutifs. Il est important de s’assurer
que ces acteurs au regard de leur responsabilité dans la gouvernance et la
conformité aient pleine conscience des bonnes pratiques et des risque liés à la
non-conformité.

6. CONCLUSION
En définitive, nous pouvons retenir que la notion de gouvernance Charia est à ses
balbutiements tout comme l’industrie de la finance islamique dans la zone UMOA.
Des efforts considérables ont été certes consentis par les autorités de régulation
et les dirigeant des IFI. Nonobstant, l’avenir et la perennité de l’industrie dépend
de son apptitute à bien négocier ce virage de la gouvernance et de la conformité
charaique.

Cet exercice nous a permis tout d’abord de survoler le cadre tel que défini par
les Organismes Internationaux de Normalisation de la finance islamique avant
de jeter un regard sur l’existant dans la zone UMOA. Cela nous a donc permis
d’énoncer la méthode SYSGOC qui est une approche de Système de Gouvernance
Charia qui s’articule autour de quatre axes notamment le Sharia Board, le Contrôle
Charia, l’Audit Charia et l’Ethique.

En l’absence de directives du régulateur, la méthodologie du SYSGOC a ainsi été


proposée dans ce document. Elle s’inspire des différentes indications du marché
globale de la finance islamique et les adapte aux réalités de la sous-région. Les

SYSGOC
puristes de la Finance islamique rêvent de voir une prolifération des instruments
participatifs mais il est clair que sans gouvernance rigoureuse il serait vraiment
utopique d’espérer voir ce rêve se réaliser un jour sous nos cieux.

Le Guide SYSGOC 43
ANNEXE 1

1
Exemple d’atteinte à l’indépendance du Sharia board
Les membres du SB, durant leur période d’engagement, doivent être et
paraître libres de tout intérêt qui pourrait être considéré, quel que soit son
effet réel, comme étant incompatible avec l’indépendance, l’objectivité
et l’intégrité. Voici des exemples de situations, de conditions ou de
circonstances qui peuvent indiquer un manque d’indépendance réel ou
apparent :

• Implication financière avec ou dans les affaires des clients

L’implication financière avec une IFI affecte l’indépendance et peut


conduire un observateur raisonnable à conclure qu’elle a été compromise.
Une telle implication, qui peut être directe ou indirecte, peut survenir
de plusieurs manières. Les exemples sont la propriété d’actions, les
garanties, etc.

• Relations personnelles et familiales

Les relations personnelles et familiales à un troisième degré de relation


avec un membre de la SB peuvent affecter l’indépendance. Il est partic-
ulièrement nécessaire de veiller à ce qu’une approche indépendante de
toute mission ne soit pas mise en danger en raison d’une relation per-
sonnelle ou familiale. Le type de relation qui peut nuire à l’indépendance
est celui entre le membre du SB et un membre du conseil d’administra-
tion, le PDG ou tout autre membre de l’équipe de direction/de direction
de l’IFI.

• Frais

Lorsque la perception de redevances récurrentes d’une IFI ou d’un


groupe d’IFI connectées représente une part importante du total des
redevances brutes d’un membre du SB, la dépendance vis-à-vis de cette
IFI ou de ce groupe d’IFI devrait inévitablement faire l’objet d’un examen
minutieux et pourrait soulever des doutes quant à son indépendance. De
plus, lorsqu’il y a une grande proportion d’honoraires impayés pour des
périodes antérieures, cela pourrait être considéré comme une atteinte à
l’indépendance.

1 Norme de Gouvernance N°5 AAOIFI

Système de Gouvernance Charia


44
ANNEXE 1

• Honoraires conditionnels

Les services de supervision de la charia ne doivent pas être offerts ou


rendus à une IFI dans le cadre d’un accord selon lequel aucun frais ne
sera facturé à moins qu’une conclusion ou un résultat spécifié ne soit
obtenu ou lorsque les frais dépendent par ailleurs des conclusions ou
des résultats de ces services.

• Bonus lié à la performance

Les services de supervision de la charia ne devraient pas être offerts


ou rendus à une IFI dans le cadre d’un accord selon lequel le SB béné-
ficie d’un bonus lié aux performances de l’IFI.

• Biens et services

L’acceptation de biens et de services d’une IFI peut constituer une


menace pour l’indépendance. L’acceptation d’une hospitalité indue
constitue une menace similaire. Les biens ou services acceptables
sont ceux qui relèvent des courtoisies normales de la vie sociale.

• Contentieux réel ou probable

Un litige impliquant un membre du SB et une IFI peut faire craindre que


la relation normale avec le client soit affectée dans la mesure où l’in-
dépendance et l’objectivité d’un SB peuvent être compromises.

• Longue association des SB avec les IFI

Le maintien du même membre du SB dans une mission de supervision


de la charia pendant une période prolongée peut constituer une menace
pour l’indépendance. Le membre du SB doit prendre des mesures pour
garantir le maintien de l’indépendance et de l’objectivité de la mission.
On craint qu’une longue implication d’un membre du SB avec un client
puisse conduire à une relation étroite qui pourrait être perçue comme
une menace pour l’indépendance et l’objectivité. Une IFI devrait prendre

SYSGOC
des mesures pour assurer une rotation ordonnée de l’entretien du SB
sur l’engagement, de manière à garantir qu’au moins un membre du SB
devrait être renouvelé tous les cinq ans.

Le Guide SYSGOC 45
ANNEXE 2

CONSEIL DES SERVICES FINANCIERS ISLAMIQUES


CSFI

PRINCIPES DIRECTEURS SUR LE SYSTEME DE


GOUVERNANCE DE LA CHARĪ`A POUR LES INSTITUTIONS
OFFRANT DES SERVICES FINANCIERS ISLAMIQUES

Décembre 2009

Système de Gouvernance Charia


46
ANNEXE 2

Note: In the event of any inconsistency or discrepancy between the English version
and any other language versions of this Standard, the
English language version shall prevail.

Remarque: en cas de différence ou de discordance éventuelle entre la version en


langue anglaise de cette norme et celle dans une autre langue, la version en
langue anglaise fera autorité.

SYSGOC
Le Guide SYSGOC
ISBN: 978-983-44579-5-2

47
ANNEXE 2

SUR LE CONSEIL DES SERVICES FINANCIERS ISLAMIQUES (CSFI)

Le CSFI est un organisme de normalisation international qui fut officiellement inauguré le 3


novembre 2002 et commença ses opérations le 10 mars 2003. Cet organisme encourage et
renforce la solidité et la stabilité de l’industrie des services financiers islamiques en émettant des
normes prudentielles internationales et des principes directeurs pour l’industrie, qui est
généralement définie comme incluant les secteurs bancaires, les marchés financiers et
l’assurance. Les normes élaborées par le CSFI résultent d’une procédure officielle étendue en
accord avec ses Directives et Procédures pour la Préparation de Normes/Principes directeurs, qui
prévoient la publication des exposés-sondages et l’organisation d’ateliers et, si nécessaire, la tenue
des audiences publiques. Le CSFI mène également des recherches et coordonne les initiatives sur
les enjeux de l’industrie, tout en organisant des tables rondes, séminaires et conférences pour les
régulateurs et intervenants de l’industrie. A cette fin, le CSFI travaille en étroite collaboration avec
les organismes internationaux, régionaux et nationaux, les institutions académiques et de
recherche et les acteurs du marché.

Pour de plus amples informations sur le CSFI, veuillez consulter [Link].

Système de Gouvernance Charia


48
ANNEXE 2

LES MEMBRES DU CONSEIL*

S.E. Rasheed Mohammed Al Maraj Gouverneur, Banque Centrale de Bahreïn


S.E. Dr Atiur Rahman Gouverneur, Banque de Bangladesh
S.E. Haji Mohd Roselan Haji Mohd Daud Secrétaire permanent, Ministère des Finances,
Brunei
S.E. Djama Mahamoud Haid Gouverneur, Banque Centrale De Djibouti
S.E. Dr Farouk El Okdah Gouverneur, Banque Centrale d’Egypte
S.E. Dr Darmin Nasution Gouverneur Intérimaire, Banque d’Indonésie
S.E. Dr Mahmoud Bahmani Gouverneur, Banque Centrale de la République
islamique d’Iran
S.E. Dr Ahmad Mohamed Ali Président, Banque Islamique de développement
S.E. Dr Umayya Toukan Gouverneur, Banque Centrale de Jordanie
S.E. Sheikh Salem AbdulAziz Al-Sabah Gouverneur, Banque Centrale du Koweït
S.E. Dr Zeti Akhtar Aziz Gouverneur, Banque d’Etat de la Malaisie
S.E. Fazeel Najeeb Gouverneur, Autorité Monétaire des Maldives
S.E. Rundheersing Bheenick Gouverneur, Banque de Maurice
S.E. Sanusi Lamido Aminu Sanusi Gouverneur, Banque Centrale de Nigéria
S.E. Syed Saleem Reza Gouverneur, Banque d’Etat du Pakistan
S.E. Sheikh Abdulla Saoud Al-Thani Gouverneur, Banque Centrale du Qatar
S.E. Dr Muhammad Sulaiman Al-Jasser Gouverneur, Agence Monétaire de l’Arabie Saoudite
S.E. Heng Swee Keat Directeur Général, Autorité Monétaire de
Singapour
S.E. Dr Sabir Mohamed Hassan Gouverneur, Banque Centrale du Soudan
S.E. Dr Adib Mayaleh Gouverneur, Banque Centrale de la Syrie
S.E. Sultan Bin Nasser Al Suwaidi Gouverneur, Banque Centrale des Emirats Arabes

*Par ordre alphabétique du pays représenté par le membre

SYSGOC
Le Guide SYSGOC
i
49
ANNEXE 2

LE COMITÉ TECHNIQUE

Le Président
S.E. Dr Abdulrahman A. Al-Hamidy – Agence Monétaire de l’Arabie Saoudite

Le Vice-Président
M. Osman Hamad Mohamed Khair – Banque Centrale du Soudan (jusqu’au 15
août 2009)

Membres*
Dr Sami Ibrahim Al-Suwailem Banque Islamique de Développement
M. Khalid Hamad Abdulrahman Hamad Banque Centrale de Bahreïn
M. Gamaal M. Abdel-Aziz Negm Banque Centrale d’Egypte
Dr Mulya Effendi Siregar
Banque d’Indonésie
(jusqu’au 31 mars 2009)
M. Ramzi A. Zuhdi
Banque d’Indonésie
(depuis le 1er avril 2009)
M. Hamid Tehranfar
Banque Centrale de la République Islamique d’Iran
(jusqu’au 31 mars 2009)
M. Abdolmahdi Arjmand Nehzad
Banque Centrale de la République Islamique d’Iran
(du 1er avril 2009)
Dr Mohammad Yousef Al-Hashel Banque Centrale du Koweït
M. Bakarudin Ishak Banque d’Etat de la Malaisie
(jusqu’au 31 mars 2009)
M. Ahmad Hizzad Baharuddin Banque d’Etat de la Malaisie
(depuis le 1er avril 2009)
Dr Nik Ramlah Mahmood Commission sur les Valeurs mobilières de la Malaisie
M. Pervez Said
Banque d’Etat du Pakistan
(jusqu’au 31 mars 2009)
Mlle Lubna Farooq Malik
Banque d’Etat du Pakistan
(depuis le 1er avril 2009)
M. Mu’jib Turki Al Turki Banque Centrale du Qatar
M. Abdulaziz Abdullah Al Zoom Autorité du Marché financier de l’Arabie Saoudite
M. Chia Der Jiun Autorité Monétaire de Singapour
M. Saeed Abdulla Al-Hamiz Banque Centrale des Emirats Arabes
(jusqu’au 31 mars 2009)
M. Khalid Omar Al-Kharji Banque Centrale des Emirats Arabes
(depuis le 1er avril 2009)

* Par ordre alphabétique du pays représenté par le membre

ii

Système de Gouvernance Charia


50
ANNEXE 2

GROUPE DE TRAVAIL SUR LA GOUVERNANCE DE LA CHARĪ`A

Le Président
Dr Abdulrahman A. Al-Hamidy – Agence Monétaire de l’Arabie Saoudite

Le Vice-Président
Mr Osman Hamad Mohamed Khair – Banque Centrale du Soudan

Membres*
M. Ak Shahrulazmi Pg Dr. Hj Ismail Ministère des Finances du Brunei
M. Ali Sakti Banque d’Indonésie
M. Cecep Maskanul Hakim Banque d’Indonésie
M. Faisal Adnan Al-Roudan Banque Centrale du Koweït
M. Rustam Mohd Idris Banque d’Etat de la Malaisie
Dr Md Nurdin Ngadimon Commission des Valeur mobilières de la Malaisie
M. Syed Azhan Syed Mohd Bakhor Commission des Valeur mobilières de la Malaisie
M. Abdul Ghani Endut CIMB Banque Islamique Berhad, Malaisie
M. Mahmood Shafqat Banque d’Etat du Pakistan
M. Abdullah Ahmed Ali Banque Centrale du Qatar
M. Tariq Javed Agence Monétaire de l’Arabie Saoudite
M. Mohammad Abdullah Al-Saab Autorité du Marché financier de l’Arabie
Saoudite
Dr Mousa Adam Eisa Banque Commerciale, Arabie Saoudite
M. Nazeem Ebrahim Commercial
Oasis Bank,
Crescent Saudi
Capital Arabia
(Pty) Ltd., Afrique du Sud
M. Abdalla Elhassan Mohamed ElBasheer Banque Centrale du Soudan
M. Simon Gray Autorité des Services Financiers de Dubaï

* Par ordre alphabétique du pays représenté par le membre

LE COMITÉ CHARĪ`A DE LA BANQUE ISLAMIQUE DE DEVELOPPEMENT*

Le Président
Sheikh Mohamed Mokhtar Sellami

Le Vice-Président
Sheikh Saleh Bin Abdulrahman Bin Abdulaziz Al Husayn

Sheikh Dr Abdulsattar Abu Ghuddah Membre


Sheikh Dr Hussein Hamed Hassan Membre
Sheikh Mohammad Ali Taskhiri Membre
Sheikh Mohamed Hashim Bin Yahaya Membre
* Par ordre alphabétique

SECRÉTARIAT, CONSEIL DES SERVICES FINANCIERS ISLAMIQUES

Professeur Rifaat Ahmed Abdel Karim Secrétaire-Général

SYSGOC
Professeur Rodney Wilson Consultant
Professeur Simon Archer Consultant
M. Madzlan Mohamad Hussain Chef de Projet Senior

iii

Le Guide SYSGOC 51
ANNEXE 2

TABLE DE MATIERES

ACRONYMES v
INTRODUCTION 1

Définition et Périmètre du Système de Gouvernance de la Chari`a 1


Comment utiliser la norme 5

LES PRINCIPES DIRECTEURS 7

Partie I: Approche Générale au Système de Gouvernance de la Chari`a 7


Partie II: Compétence 11
Partie III: Indépendance 15
Partie IV: Confidentialité 19
Partie V: Cohérence 21

DÉFINITIONS 23

ANNEXES 25

ANNEXE 1: Mandat du Conseil de Surveillance sur la Chari`a (Conseil de la Chari`a) 25


ANNEXE 2: Modes Opératoires du Conseil de Surveillance de la Chari`a 27
ANNEXE 3: Ethique et Conduite Professionnelles Fondamentales des Membres du
Conseil de Surveillance de la Chari`a 30
ANNEXE 4: Exigences Minimales de Compétences pour les Membres du Conseil de la Chari`a 32
ANNEXE 5: Exemples de Mesures de Performance du Conseil de la Chari`a 33

iv

Système de Gouvernance Charia


52
ANNEXE 2

ACRONYMES

CA Conseil d’Administration
FPC Fonds de Placement Collectif
TCI Titulaire de Compte d’Investissement
FPCI Fonds de Placement Collectif Islamique
CSFI Conseil des Services Financiers Islamiques
ISFI Industrie des Services Financiers Islamiques
Institutions Islamiques offrant des Services Financiers (eu égards uniquement à ce
IISF document et incluant notamment: les guichets islamiques des institutions
conventionnelles, les institutions Takāful/d’assurance islamiques, les fonds
UICC communs de placements
Unité/Département Interneislamiques, ainsiàque
de Conformité des sociétés de gestion de fonds)
la Chari`a
UIAC Unité/Département Interne d’Audit/Vérification de Conformité à la Chari`a
OCDE Organisation de Coopération et de Développement Economiques
CSC Conseil de Surveillance de la Chari`a ou Conseil de la Chari`a (en abrégé)
OT Opération Takāful

SYSGOC
Le Guide SYSGOC
v

53
ANNEXE 2

Bismillahirrahmanirrahim.
Allahumma salli wasallim ‘ala Sayyidina Muhammad wa’ala ālihi wasahbihi

INTRODUCTION

1. Ces dernières années, le Conseil des Services Financiers Islamiques (CSFI) a mis au
point trois Principes Directeurs dans le but de favoriser la consolidation des structures
et procédures de gouvernance dans plusieurs segments de l’Industrie des Services
Financiers Islamiques (ISFI) en conformité avec son mandat, visant à promouvoir la
solidité et la stabilité du système financier islamique.1 Dans les trois cas, il fut constaté
que des préoccupations quant aux rôles et aux fonctions des Conseils Chari`a2, qui
font partie du Système de gouvernance plus étendu, ont constitué un thème récurrent.
Cette constatation est cruciale, étant donné que la conformité aux règles et principes
de la Chari`a est la raison d’être de l’ISFI. En fait, les autres normes du CSFI – telles
que celles sur la gestion des risques, l’adéquation du capital et le processus de contrôle
prudentiel - contiennent également des exigences et des recommandations pour
garantir que le Système de Gouvernance de la Chari`a soit effectif.3

2. Par conséquent, le Conseil du CSFI a, durant sa neuvième rencontre à Djeddah,


approuvé la préparation d’un ensemble de Principes Directeurs sur le Système de
Gouvernance de la Chari`a, qui devra :
(a) compléter les autres normes prudentielles émises par le CSFI, en faisant
ressortir de façon plus détaillée aux autorités de contrôle en particulier et plus
généralement à l’attention des autres intervenants de l’industrie, les éléments
clés d’un Système solide de Gouvernance de la Chari`a surtout par rapport à
la compétence, l’indépendance, la confidentialité et la cohérence des Conseils
de Surveillance de la Chari`a;
(b) faciliter une meilleure compréhension des enjeux relatifs à la gouvernance de
la Chari`a et de la façon dont les intervenants devront s’assurer qu’un Système
de Gouvernance adéquat et efficace soit en place;
(c) assurer un degré accru de transparence sur la publication et le processus
d’audit/vérification conformément aux délibérations d’énoncés de la Chari`a;
et
(d) amener à une plus grande harmonisation des structures et procédures de
gouvernance de la Chari`a entre les juridictions, surtout étant donné le nombre
croissant d’IISF ayant des opérations transfrontalières.

Définition et Périmètre du Système de Gouvernance de la Chari`a

3. Le terme “Système de Gouvernance de la Chari`a”, même s’il est appliqué de façon


générale dans l’ISFI aux structures et processus adoptés par les intervenants au sein
de l’ISFI (tant les régulateurs financiers que les intervenants commerciaux) pour
assurer la conformité aux règles et principes de la Chari`a, n’a été convenablement
défini dans aucune des normes4 existantes. Pour la clarté, ce document adoptera la
définition de "Système de Gouvernance de la Chari`a’’ et les autres terminologies clés:

1
Ceux-ci incluent (i) les Principes Directeurs de Gouvernance pour les Institutions offrant uniquement les Services
Financiers Islamiques (IISF-excluant les Institutions islamiques de Takāful/d’assurance et les organismes de placements
islamiques), également appelé IFSB-3 (2006); les Principes Directeurs sur la Gouvernance pour fonds de placements
Islamiques, également appelé IFSB-6 (2008) et les Principes Directeurs sur la Gouvernance des Opérations Takāful,
également appelé IFSB-8 (2009).
2
Les Conseils Chari`a (à savoir les Conseils de Surveillance de la Chari`a) se composent habituellement d’un panel de
Spécialistes de la Chari`a agissant comme conseillers spéciaux pour les institutions, et peuvent également être désignés
en tant que Comité Chari`a ou Conseil de Surveillance Chari`a (CSC). Cependant, durant ces dernières années, il y eut
une convergence vers la création de cabinets de conseil sur la Chari`a, qui offrent des services tels que l’audit/vérification
de conformité avec la Chari`a, même s’ils ne peuvent être considérés comme un alternatif à un Conseil Chari`a complet
en bonne et due forme.
3
Par exemple, les Principes Directeurs sur la Gestion des Risques, également appelé IFSB-1 (2005), démontre le besoin
pour les IISF d’établir une politique et une infrastructure appropriées pour gérer le risque légal et le risque de non-
conformité à la Chari`a, qui sont considérés comme faisant partie des risques opérationnels des IISF- ainsi indiquant
clairement le besoin d’un système robuste et fiable de gouvernance de la Chari`a pour gérer les risques de non-conformité
à la Chari`a. La norme sur le Processus de Contrôle Prudentiel, aussi connu comme IFSB-5 (2007), recommande que les
autorités de contrôle doivent s’assurer de l’existence et la bonne mise en place de systèmes appropriés, y compris celui
qui concerne les rôles joués par les Conseils Chari`a.
4
Il convient de rappeler qu’outre les normes de CSFI susmentionnées, certains organismes internationaux de la finance
islamique, ainsi que certaines autorités de Contrôle, ont émis leur propres directives concernant la gouvernance Chari`a.

Système de Gouvernance Charia


54
ANNEXE 2

Le terme “Système de Gouvernance de la Chari`a” se réfère à


un ensemble de dispositions institutionnelles et
organisationnelles par le biais desquelles une IISF garantit qu’il
existe une surveillance5 efficace et indépendante quant à la
conformité à la Chari`a de chacun des structures et processus
suivants:

(a) Publication des déclarations/résolutions pertinentes sur la


Chari`a

Le terme “Les déclarations/résolutions sur la Chari`a" se


réfère à une opinion juridique sur toute matière concernant
les enjeux de la Chari`a dans la finance islamique, émise
par le Conseil Chari`a6 qui a été dûment mandaté. Dans
les juridictions où il y a une autorité centrale telle que le
Conseil d’Administration national de la Chari`a ou le
Conseil Fatwa, l’autorité centrale a le pouvoir d’émettre de
telles déclarations/résolutions, ce qui implique que le
Conseil Chari`a des IISF se conforme aux les
déclarations/résolutions émises par l’autorité centrale7.

Dès qu’il a été décidé qu’une déclaration/résolution sur la


Chari`a devra être mise en application, elle devient une
‘’Décision sur la Chari`a ‘’ (hukm al-Shar’īa) avec effet
juridique de plein droit qui lie les IISF8.

Une déclaration/résolution sur la Chari`a doit être émise


uniquement par le biais des procédures appropriées, ce
qui, parmi d’autres, impliquera une délibération
approfondie des membres du Conseil Chari`a concernant
tout produit ou transaction proposé se conformant à la
Chari`a qui nécessite une approbation Chari`a, ainsi qu’un
examen détaillé des contrats et autres documents légaux
pertinents auxdits produits ou transactions.

(b) Diffusion d’information sur de telles déclarations/décisions


de la Chari`a aux personnels des IISF qui effectuent le
contrôle quotidien de la conformité aux
déclarations/décisions sur la Chari`a par rapport à chaque
niveau des opérations et chaque transaction

5
Un critère clé d’Indépendance est la capacité d’exercer un jugement sensé à la suite d’une considération équitable sur
toute information pertinente et opinions sans l’influence des cadres dirigeants ou des intérêts externes inappropriés. IFSB-
3 explique cela en détail et, entre autres choses, exige que le professionnalisme et l’indépendance du Conseil Chari`a
soient maintenus avec le plus grand respect. Ce concept est plus amplement renforcé en Annexe 3.
6
A cet égard, le Conseil de la Chari`a devra clairement expliquer aux IISF s’il va émettre une déclaration/décision,

SYSGOC
recommandation ou d’autres remarques, pour une compréhension claire des instructions du Conseil de la Chari`a ainsi
facilitant la mise en application appropriée des instructions.
7
Même si quelquefois l’autorité centrale sur la Chari`a peut ne pas empêcher entièrement l’annonce des déclarations par
le Conseil de la Chari`a au niveau des IISF, d’ordinaire cela ne les concerne pas vraiment étant donné qu’il y aura un
commun accord avec le Conseil de la Chari`a au niveau des IISF afin de ne pas contredire ou déroger à toute
déclaration/décision émise par une autorité centrale sur la Chari`a.
8
Evidemment, l’effet juridique contraignant d’une déclaration/décision sur la Chari`a est également assujetti au cadre
national, juridique et réglementaire, selon le cas. Cependant, dans la pratique, les décisions de la Chari`a sont appliquées
en les inscrivant dans la documentation juridique des transactions financières islamiques; ainsi, elles engagent les parties
contractantes, y compris les IISF, sous la loi existante des contrats.

Le Guide SYSGOC 55
ANNEXE 2

Une telle tâche serait normalement effectuée par une


"unité/division interne de conformité à la Chari`a (UICC)’’, ou
au moins par un Responsable de Conformité à la Chari`a qui
fait partie de l’équipe de conformité des IISF. Cette dernière
dotera l’UICC des compétences nécessaires pour la
surveillance de la conformité aux règles et une connaissance
pertinente de la Chari`a – par exemple, en regroupant une
équipe ayant les deux différentes compétences. Les ISF
devront également s’assurer que l’UICC soit distincte et
indépendante des entités et départements commerciaux.

(c) Une révision/audit interne de conformité à la Chari`a vérifiant


que la conformité à la Chari`a a été satisfaite, durant lequel tout
incident de non-conformité sera enregistré et rapporté, et
autant que possible, traité et rectifié.

IFSB-3 précise que les déclarations/décisions sur la Chari`a


émises par les Conseils de la Chari`a devront être strictement
suivies. La révision interne de la Chari`a devra ainsi être
confiée à quelqu’un convenablement formé pour effectuer la
révision/audit de conformité à la Chari`a, afin qu’il/elle puisse
avoir une très bonne compréhension du processus.

Alors que l’UICC forme partie de l’équipe de conformité d’une


IISF, l’unité/département de révision/audit interne (UIAC) peut
être établi(e) pour fonctionner de la même façon que l’équipe
d’audit interne de l’IISF. La différence majeure est ceci: alors
que l’auditeur interne sera habituellement sous la
responsabilité du Comité de Révision comptable, UIAC sera
sous la responsabilité du Conseil de la Chari`a.

Si nécessaire, les rapports de révision/d’audit interne sur la


Chari`a requerront ou recommanderont à la direction de l’IISF
d’adresser et de rectifier tout sujet de conformité à la Chari`a.

(d) Une révision/audit annuelle de la Chari`a pour vérifier que la


révision/l’audit interne sur la Chari`a a été effectué
convenablement et que les résultats ont été dûment notés par
le Conseil de la Chari`a.

Le Conseil de la Chari`a qui a émis les déclarations/décisions


sur la Chari`a peut être responsable de ce processus, ayant
reçu les commentaires et les rapports d’UIAC. Autrement,
cette tâche peut être confiée à un auditeur ou un cabinet
consultatif externe compétent en la Chari`a.

Le Conseil de la Chari`a ou le cabinet consultatif sur la Chari`a


qui effectue la révision/l’audit sur la conformité de la Chari`a
émettra des rapports, indiquant si l’IISF s’est conformée aux
exigences de la Chari`a tout au long de l’exercice financier. Le
cas échéant ou si cela s’avère nécessaire, il peut y avoir deux
types de rapports: une déclaration générale de Conformité qui
devra être incluse dans le rapport annuel de l’IISF; et un
compte-rendu plus détaillé du travail entrepris adressé
spécifiquement aux autorités de contrôle.

4. Un autre terme qui est habituellement utilisé dans l’IISF c’est "Spécialistes de la Chari`a’’,
qui désigne toute personne engagée professionnellement par l’IISF à fournir de l’expertise
lors du processus de conformité à la Chari`a. Alors que le mot "Spécialiste’’ a été préféré

Système de Gouvernance Charia


56
ANNEXE 2

comme une traduction directe pour "alim’’ (au pluriel : ulama), qui évoque une personne
ayant été formée et qui est un expert, dans le cadre de l’ISFI, on se réfère particulièrement
à un niveau plus spécialisé au sein du Fiqh al-Muamalat (Les Lois des Affaires Islamiques)
plutôt qu’à la Chari`a au sens large ou à d’autres domaines des études islamiques. De
plus, cette spécialisation est consacrée à la provision des opinions d’expert via des
déclarations/décisions liées à la Chari`a, spécifiques aux services financiers islamiques et
ne s’adressent habituellement pas directement au grand publique ni aux sociétés. Par
souci de clarté, il est donc important de souligner la connotation "professionnel’’ (par
opposition à "académique’’) associée à cette position. Ainsi, ce document utilise le terme
"Membres du Conseil de la Chari`a’’, au lieu de ‘’Spécialistes de la Chari`a’’, pour se référer
à ulama ou autres9 qui fournissent leurs services professionnels spécifiquement à
l’intérieur de l’ISFI. Le sens et le contexte des autres termes clés sont définis à la page 22.

5. Une illustration de la façon dont le Système de Gouvernance de la Chari`a complète la


gouvernance ainsi que les fonctions de supervisions et de conformité existantes dans une
IISF, comparé à un scénario dans un institut financier conventionnel, est présentée ci-
après:

FONCTIONS INSTITUTION FINANCIER AJOUTS DE L’IISF


TYPIQUE
Gouvernance  Conseil d’Administration  Le Conseil de la Chari`a
Contrôle  Auditeur interne  UIAC
 Auditeur externe  Révision externe de la Chari`a
Conformité  Agents, Unité ou Département  UICC
de Régulation et Conformité
Financière

6. En réalité, l’étendue détaillée du Système de Gouvernance de la Chari`a peut varier d’une


juridiction à l’autre en fonction des types de structures adoptées par l’IISFselon ce qui est
permis par les autorités. Compte tenu de ce fait, ce document s’alignera aux
hypothèses suivantes:
(i) Les normes et les Principes Directeurs du CSFI s’alimentent mutuellement et se
complètent, et forment un cadre prudentiel cohérent. Les exigences et les
recommandations de ce document ne contredisent ni remplacent, en aucune
façon, les exigences et les recommandations sur le Système de Gouvernance de
la Chari`a qui ont été citées dans d’autres normes et Principes Directeurs du CSFI.
(ii) Il est parfaitement compréhensible que les autorités de contrôle peuvent adapter
le Système de Gouvernance de la Chari`a instauré par les IISF dans leurs
juridictions respectives pour convenir aux réalités du marché et au stade de
développement de leur ISFI. Chaque modèle peut avoir ses pour et contre, et les
autorités de contrôle doivent en avoir une compréhension très claire et un
raisonnement sur quel modèle conviendra à leurs exigences. A cet égard, la
sagesse universelle de "aucun modèle unique’’ et "aucune solution unique’’
comme préconisée par le promoteur de renommée internationale de la bonne
gouvernance, l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques
(OCDE), est pertinent.
(iii) La charge d’assurer l’existence d’un Système de Gouvernance de la Chari`a sain
et efficace ne devrait pas uniquement incomber aux membres du Conseil de la
Chari`a. Chaque intervenant au sein de l’ISFI, y compris les clients, la direction,
les intervenants et les autorités de contrôle, devrait également partager cette
responsabilité. 10 Un guide compréhensif sur le Système de Gouvernance de la
Chari`a permettra à tous les intervenants de comprendre et de bien remplir leurs

SYSGOC
fonctions dans la réalisation des objectifs de la Gouvernance sur la Chari`a, et

9 Veuillez consulter Annexe 2, item 6.


10 A cet égard, le CSFI se rend compte que les parties prenantes devraient être habilitées au moyen de systèmes et procédures
appropriés avant qu’ils puissent assumer leur part de cette responsabilité. Ainsi, en ayant une hiérarchie bien définie, par
exemple, les Conseils de la Chari`a peuvent interagir de manière plus systématique et objective avec les divers organismes
de gouvernance tels que le Conseil d’Administration (CA), l’UICC, l’UIAC et les auditeurs externes, ainsi que les actionnaires
et autres parties prenantes.

Le Guide SYSGOC 57
ANNEXE 2

ainsi d’aider à promouvoir la sureté et la stabilité de l’ISFI. Ainsi, alors que les
Conseils de la Chari`a ont un rôle prépondérant à jouer afin de garantir une juste
gouvernance de la Chari`a, il est également raisonnable d’espérer que les autres
organismes de gouvernance d’une IISF participent au respect du Système de
Gouvernance de la Chari`a en effectuant diligemment leur fonctions et en
reconnaissant l’importance de soutenir le travail du Conseil de la Chari`a. A cette
fin, les IISF devraient considérer l’implémentation du Système de Gouvernance
de la Chari`a d’une manière globale.

Comment utiliser la norme

7. Ce document contient neuf principes directeurs (ci-après référés comme les "Principes
Directeurs’’). Les Principes Directeurs sont divisés en cinq sections:

Section I Concerne l’approche générale au Système de Gouvernance de la Chari`a,


selon laquelle plusieurs processus ex-ante et ex-post considérés comme
essentiels aux pratiques de bonne gouvernance dans d’autres normes de
gouvernance internationalement reconnues, tels que les attributions
précises des Conseils de la Chari`a, l’alignement approprié des primes,
l’archivage approprié, l’adoption d’un code d’éthique professionnelle, etc.,
sont adoptés afin de consolider le Système de Gouvernance de la Chari`a.
Section II Sur les compétences, propose diverses mesures pour assurer l’expertise
et des aptitudes raisonnables du Conseil de la Chari`a, et pour évaluer leur
performance et leur développement professionnel.
Section III Vise à protéger l’Independence des Conseils de la Chari`a, plus
particulièrement de la direction des IISF, en soulignant les diverses
questions provenant d’éventuels conflits d’intérêts et en donnant des
recommandations sur la façon dont il convient de les gérer.
Section IV Souligne l’importance d’adhérer et de préserver la confidentialité des
organismes de gouvernance Chari`a.
Section V Se focalise sur l’amélioration de la cohérence sur le professionnalisme des
membres du Conseil de la Chari`a, qui serait cruciale dans l’amélioration de
leur crédibilité et pour confirmer leur intégrité par le biais d’un ensemble de
pratiques exemplaires.

8. Les Principes Directeurs contiennent quelques exemples de pratiques courantes qui


peuvent être considérées comme des pratiques exemplaires. Il faut cependant tenir
compte qu’à mesure que l’ISFI continue de croître, les pratiques les plus recommandables
pourront- et devront- également évoluer au fil des changements et développements du
marché, et en réaction aux nouvelles stratégies rendues possibles par la technologie,
l’ingénierie financière et une meilleure coordination entre les autorités et les intervenants.
Le but des Principes Directeurs n’est pas d’édicter chacune des procédures sur la
gouvernance, le contrôle et la conformité. Au contraire, le CSFI continuera à revoir et
réviser ces recommandations de temps en temps, et encourage les intervenants de l’ISFI
à faire de même.

9. Dans les autres normes, le CSFI recommande l’adoption de l’approche dite “se conformer
ou s’expliquer” lorsqu’il s’agit des divulgations, car cette approche est très pragmatique par
rapport aux diverses cadres de juridictions légales dans lesquels les IISF opèrent. De plus,
une telle approche faciliterait l’adoption d’un cadre de gouvernance qui corresponde
proportionnellement à la dimension, la complexité et la nature de chaque IISF.11 Ainsi, il

11 IFSB-3 explique que l’approche "se conformer ou s’expliquer" ‘provient de l’idée de la discipline imposée par le marché, par
laquelle les intervenants (y compris le Responsable) sont habilités à réagir aux arrangements de gouvernance insatisfaisantes
ou à des divulgations insuffisantes (qui sont soit erronées, soit considérablement incomplètes ou trompeuses). Les sanctions
des parties prenantes peuvent varier des préjudices portées à la réputation de l’IISF, à la perte de confiance dans la Direction-
forçant ainsi quelques cadres dirigeants à la démission, ou encore à entreprendre des actions en justice en se basant sur les
termes contractuelles. Plus particulièrement, les autorités de contrôle devraient disposer de mécanismes de mise en application

Système de Gouvernance Charia


58
ANNEXE 2

est recommandé aux IISF d’adopter la même approche lors de la divulgation de leur
conformité avec ce document aux parties prenantes concernées.

SYSGOC
adéquats, allant de l’autorité pour mener les divulgations nécessaires à l’imposition des reproches et sanctions afin de freiner
la non-conformité délibérée.

Le Guide SYSGOC
6

59
ANNEXE 2

LES PRINCIPES DIRECTEURS

Partie I: Approche Générale au Système de Gouvernance de la Chari`a

Principe 1.1: La Structure de Gouvernance de la Chari`a adopté par les IISF devra
correspondre proportionnellement à la dimension, la complexité et la nature de ses activités.

Ni “modèle unique” ni "approche uniforme’’

10. Le CSFI a requis systématiquement dans ses normes et principes directeurs que chaque
IISF ait un accès adéquat et efficace au Conseil de la Chari`a, qui aura un mandat et une
responsabilité claire pour assurer que le IISF adhère aux règlements et principes de la
Chari`a par rapport à tous ses produits et services financiers islamiques. Ainsi, il est
dûment reconnu que plusieurs structures et modèles de gouvernance de la Chari`a qui ont
été adoptés par les différentes juridictions où les IIFS sont présentes.

11. Certaines autorités de contrôle peuvent décider que leur responsabilité quant à la
gouvernance ne s'étend pas à la structure de gouvernance de la Chari`a adoptée par une
IISF. Etant donné qu’elles ont uniquement le souci que les IISF aient un système efficace
de gestion du risque de la réputation liée à la conformité à la Chari`a, elles permettent aux
IISF de décider d’eux-mêmes quel genre de Système de Gouvernance de la Chari`a il
convient d’adopter. Il revient au marché de déterminer en toute indépendance le système
qui confère une crédibilité suffisante aux produits et services offerts par chaque IISF.
D'autres autorités de contrôle sont préoccupées par les "défaillances du marché" et la
nécessité de protéger les clients. Par conséquent, elles exigent que chaque IISF ait un
Système de Gouvernance de la Chari`a qui fonctionne bien et chercheront à confirmer que
c'est le cas. En plus, par le biais d'un processus général consultatif indépendant de tout
Conseil de la Chari´a spécifique, elles peuvent également émettre des circulaires et des
directives sur des produits conformes à la Chari´a tels que sukuk, etc.

12. Quelques autres autorités de contrôle considèrent que les Conseils de la Chari`a ont un
rôle important dans le contrôle de la solidité des IISF, semblable aux autres conseillers
professionnels tels que les avocats, comptables et auditeurs. Elles imposent ensuite une
exigence que chaque IISF doit pouvoir disposer d'un certain nombre minimal de membres
au Conseil de la Chari`a, qui doivent aussi satisfaire certains critères "d’aptitude et
d’honorabilité’’ - semblable à celle de l'assurance demandée lorsque les banques nomment
leur CA.

13. Dans certaines juridictions, les autorités de contrôle ont leur propres Conseils de la Chari`a
qui travaillent avec eux sur l’émission des déclarations/décisions normalisées au sujet de
la Chari`a, ainsi que l’alignement des pratiques pertinentes et des cadres règlementaires
sur la Chari`a. Bien qu’elles puissent être connues sous différentes dénominations telles
que le Conseil de Contrôle National sur la Chari`a, Le Conseil National Fatwa, Le Conseil
Suprême sur la Chari`a, etc., leur fonctions sont similaires, c’est-à-dire, de devenir la plus
haute instance émettrice des déclarations/décisions sur la Chari`a pour l’ISFI du pays.
Certaines de ces autorités de contrôle sont même allées un peu plus loin, en interdisant
les membres du Comité national sur la Chari`a de devenir membre d’un Conseil de la
Chari`a d’une institution commerciale afin d'éliminer toute perception de conflits d'intérêts.
En outre, dans certaines juridictions chaque membre d’un Conseil de la Chari`a est limité
quant au nombre de Conseils de la Chari`a des intervenants dans lesquels il/elle peut
siéger. Cette restriction vise non seulement à réduire le conflit d'intérêt et à maintenir une
distance appropriée pour gérer les conflits et préserver la confidentialité, mais aussi (peut-
être même plus) pour que les membres du Conseil de la Chari`a puissent consacrer
suffisamment de temps et d'efforts à chaque IISF qu'ils desservent.

14. Conformément aux normes reconnues de gouvernance telles que celles publiées par
l’OCDE, les IISF devront exercer une discrétion appropriée sur le choix de structures de
gouvernance de la Chari`a afin qu’elles puissent garantir l’accomplissement approprié des
obligations fiduciaires, y compris la bonne foi, l’attention, la compétence et la diligence
7

Système de Gouvernance Charia


60
ANNEXE 2

envers les intervenants. Chaque IISF devrait considérer sa taille, afin de déterminer
l’incidence du nombre de membres sur l’efficacité de la prise de décisions, et d’opter pour
la dimension du Conseil de la Chari`a la plus appropriée. Les IISF devront en sus tenir
compte de l’étendue et la nature de leurs opérations. Dans la mesure du possible, une IISF
devrait opter pour un Conseil de la Chari`a qui présente une combinaison d’expérience et
de compétences.

15. À cet égard, il est envisagé que les exigences et spécifications de Gouvernance de la
Chari`a de différents types d’IISF, qui peuvent être semblables par principe, seraient bien
différents dans la pratique. Par exemple, une banque classique engagée dans les
opérations de financement islamique sur une base ad-hoc, ou une opération ("guichet")
islamique d'une banque conventionnelle avec une offre très limitée de produits financiers
islamiques, peut ne pas avoir un cadre de Gouvernance interne sur la Chari`a avec les
ressources d'un véritable IISF ou un guichet islamique avec une très large gamme de
produits financiers islamiques.12 De même, un fond de placement islamique (FPI) ou une
opération de gestion de fonds islamique peut avoir besoin de différents compétences dans
le Conseil de la Chari`a par rapport à ce que l'on peut attendre d'un tel conseil lors d’une
opération Takāful (TO).

Considérations ex-ante qui devraient avoir lieu lors de l’étape de conception/développement du


produit, avant d'être offerts aux clients

16. Au stade de la conception/du développement du produit, une IISF souhaiterait


normalement s’assurer que le Système de Gouvernance de la Chari`a inclut les processus
ex ante, à savoir (i) la publication des déclarations/décisions sur la Chari`a, et (ii) les
vérifications de conformité, avant que le produit soit offert à la clientèle.

17. Par conséquent, avant d'établir ou d'engager son Conseil de la Chari`a, une IISF devrait
être pleinement informée de ses options, dont les suivantes :
 nommer un Conseil de la Chari`a dont les membres bénéficient d’une bonne réputation
et de crédibilité;13
 aider le Conseil de la Chari`a en nommant une UICC ou un Agent du Chari`a, par le
biais duquel le Conseil de la Chari`a est capable de mandater et déléguer certaines de
ses fonctions à l'UICC; et
 que le Conseil de la Chari`a ait au moins trois membres, formés peut-être dans
différentes écoles de jurisprudence, ayant un mélange de membres avec différentes
durées d'expérience14et, le cas échéant, être de différentes nationalités.15 En plus de
leur expertise sur la Chari`a, il faudrait que les membres du Conseil de la Chari`a aient
une certaine expérience dans les domaines du commerce ou de la finance - par

12 Dans certaines circonstances, il est compréhensible que le "guichet" islamique souhaite adopter un autre cadre de

gouvernance de la Chari`a approprié, tel que sous-traiter de telles fonctions à une firme de Conseil sur la Chari`a.
13 Il s’avère, cependant, que dans certaines juridictions le cadre régulateur permet la nomination d’un membre individuel issu
du Conseil de la Chari`a pour effectuer la fonction de gouvernance de la Chari`a dans une IISF. Bien qu'une telle approche
pourrait être justifiée du point de vue du coût, elle mettrait presque certainement une IISF en désavantage en ce qui concerne
la sagesse et la crédibilité collectives qui peuvent être atteintes dans un groupe de Conseil Chari`a composé de plusieurs
membres. En outre, il pourrait être soutenu que l'indépendance d'un membre individuel du Conseil Chari`a serait plus douteuse.
14 Il y a diverses raisons soutenant l'idée d’avoir un mélange de membres ayant différentes longueurs d'expérience dans le
Conseil Chari`a. Sachant tout d’abord que l'industrie a besoin d'un approvisionnement constant de membres hautement
compétents et qualifiés issus du Conseil Chari`a, l’opportunité et un temps adéquat doivent être alloués à la préparation d'un
nouveau groupe de personnes pour acquérir la compétence et l’expérience nécessaires. Certainement un des meilleurs
moyens pour y parvenir est par le biais d'un "système d'encadrement" par lequel le membre le plus expérimenté peut guider

SYSGOC
et superviser ceux qui ont moins d'expérience. Deuxièmement, les membres les plus expérimentés du Conseil Chari`a, en
raison de leur solide réputation et expérience, auront habituellement beaucoup plus d’engagements tels que siéger sur d'autres
conseils de la Chari`a ou à l'autorité centrale sur la Chari`a. Par conséquent, en termes d'attribution de temps, il est probable
que les membres les moins expérimentés peuvent consacrer plus de temps à étudier les questions et les propositions sur une
décision du Conseil Chari`a permettant ainsi une courbe d'apprentissage efficace et effective entre les deux. Troisièmement,
une combinaison des deux groupes favoriserait un meilleur équilibre entre l'expérience et des idées nouvelles, qui pourrait
ainsi être plus susceptible à faciliter l'innovation ainsi que l'harmonisation dans l'ensemble des délibérations du Conseil Chari`a.
15 Il convient de noter que même si le Conseil de la Chari'a devrait être composé de membres de différentes nationalités, les
citoyens locaux devraient également être inclus, entre autres, afin de promouvoir le développement des talents locaux et leur
expertise.
8

Le Guide SYSGOC 61
ANNEXE 2

exemple, dans les services bancaires aux particuliers, l'opération Takāful ou les
produits du marché des capitaux.

Considérations ex-post dont il faudrait prendre compte à l’étape de l’offre de produits - c’est-à-dire,
après que le produit a été offert aux clients et que des transactions ont été effectuées

18. Pour une bonne gestion de risque et la vérification progressive de la viabilité du produit,
une IISF souhaiterait normalement s’assurer que son Système de Gouvernance de la
Chari`a inclut les processus ex post, à savoir, la révision interne et les rapports sur la
gouvernance de la Chari`a. Sans un tel suivi, l’IISF ne serait pas en mesure de contrôler
la cohérence de la conformité à la Chari`a et de gérer efficacement tout risque de non-
conformité qui peut survenir au fil du temps.

19. Par conséquent, une IISF devrait être pleinement avisée de la possibilité, entre autres:
 De s’assurer que le Conseil de la Chari`a soit plus focalisé, avec plus de temps passé
sur chaque tâche et que les conflits d’intérêts soient gérés efficacement, qui peut
impliquer que ses membres ne devront servir qu’un nombre limité de clients, 16
 D’employer et former de jeunes membres du Conseil de la Chari`a ayant un potentiel
prometteur pour élargir le vivier de talents dans la profession; et
 engager d’autres professionnels, tels que les avocats, comptables et économistes,
pour assister et conseiller le Conseil de la Chari`a, notamment sur les enjeux légaux
et financiers.

Principe 1.2: Chaque IISF s’assurera que le Conseil de la Chari`a ait:


 une indication claire de son mandat et ses responsabilités;
 des procédures de fonctionnement et des hiérarchies bien définies; et
 une bonne compréhension de, et une familiarité avec, la déontologie professionnelle et le
comportement éthique.

20. Afin que le Conseil de la Chari`a puisse avoir une hiérarchie précise et une responsabilité
claire envers les intervenants respectifs d’IISF; il doit être muni :
(i) D’un mandat qui lui donne des pouvoirs appropriés pour effectuer sa tâche et ses
fonctions;
(ii) Des procédures d’opération bien organisées par rapport aux réunions, à
l’enregistrement des réunions, au processus de prise de décision dans lequel des
décisions seront adoptées pour leur application efficace, y compris les processus
pour réviser les décisions si requis; et
(iii) Un code d’éthique et de comportement correct qui sert à renforcer l’intégrité, le
professionnalisme et la crédibilité des membres du Conseil de la Chari`a.

Conditions de nomination

21. Les principes de la bonne gouvernance, la gestion prudente des risques et le


professionnalisme requièrent la nomination formelle, par écrit et avec un mandat bien
défini, du Conseil de la Charī`a. La lettre de nomination, qui devient le contrat des membres
nommés à siéger au Conseil de la Chari`a des IISF, est le document principal qui détermine
la relation, le niveau des obligations fiduciaires, et la hiérarchie des responsabilités entre
le Conseil de la Chari`a, les IISF et leurs intervenants. Etant donné la nature juridiquement
contraignante du contrat entre les deux parties, au minimum, les mandats devront contenir
l’information établie en Annexe 1.

22. Puisque le cadre juridique dans la plupart des juridictions prévoit un CA en tant
qu’organisme essentiellement responsable de la gouvernance d’une IISF, le Conseil de la

16 Il est impératif d’assurer l’existence de garde-fous appropriés qui peuvent neutraliser les conflits potentiels. Par exemple, il
peut être acceptable pour un Spécialiste de la Chari`a de devenir un membre du Conseil Chari`a pour les IISF opérant dans
différents segments de l’ISFI ou dans différentes juridictions.
9

Système de Gouvernance Charia


62
ANNEXE 2

Chari`a doit être avisé des limites de son autorité. 17 Le respect de chaque rôle et de
chaque fonction est essentiel, étant donné que la bonne gouvernance requiert que tous
les organismes de gouvernance travaillent ensemble, et non l’un contre l’autre. Le CA, le
Conseil de la Chari`a, la Direction et les autorités de contrôle, ainsi que les autres
intervenants, tels que les clients, les fournisseurs et le public, devront toujours chercher à
améliorer la communication entre eux afin d’éviter des malentendus et la confusion,
conformément à l’Ordre du Coran dans la Sourate Al-Maidah au verset 2 : ‘’Entraidez-vous
avec justesse et piété, mais ne vous entraidez pas dans le péché et l’amertume ; Craignez
Allah, car Allah est sévère dans la punition’’.

Procédures de fonctionnement et Hiérarchie

23. Une série claire de règles et règlements sur la tenue des réunions, les décisions prises et
enregistrées, et les rapports préparés et présentés, donnera l’orientation, très nécessaire
pour les membres du Conseil de la Chari`a, sur le niveau de compréhension de leur
responsabilité. Cela facilitera également les relations entre le Conseil de la Chari`a et les
autres organismes au sein de l’organisation des IISF, les permettant ainsi de travailler plus
efficacement les uns avec les autres et sans ambigüité quant aux chevauchements des
tâches. L’Annexe 2 recommande quelques pratiques exemplaires qui pourront être
adoptées par les IISF par rapport aux procédures de fonctionnement.

24. Il est fortement recommandé que les IISF créent une capacité interne par le biais d’une
UICC spécialisée et composée d’agents de la Chari`a ayant des qualifications et
l’expérience appropriées.18 Ces agents internes, peuvent, entre autres:

(i) Devenir le point de contact pour les problèmes de conformité à la Chari`a, jouant
un rôle de conseil/consultatif délégué par le Conseil de la Chari`a;
(ii) Gérer le traitement et l’administration des questions soulevées par le Conseil de
la Chari`a; et
(iii) Fournir des avis sur les décisions qui seront prises par la Direction. Il devrait y
avoir une séparation claire des processus et des procédures entre l’UICC et l’UIAC
par le biais d’un manuel ou d’un cadre standard.

Ethique et déontologie

25. En l’absence d’un code internationalement reconnu sur l’éthique et la déontologie pour les
membres du Conseil de la Charī`a, l’IISF pourra établir son propre code d’éthique et de
déontologie en accord avec son Conseil de la Charī`a. Il est évident que ce Code de
Déontologie devra être élaboré en collaboration et consultation avec les membres du
Conseil de la Charī`a, et attiré de nouveau à leur attention avant leur nomination ou le
renouvellement de leur mandat en tant que membres du Conseil de la Charī`a auprès de
l’IISF. Les révisions et les améliorations du Code de Déontologie devront être effectuées
de temps en temps, et avec la pleine participation du Conseil de la Charī`a. Les autorités
de contrôle pourront être amenées à s’assurer que des systèmes adéquats sont en place
pour contrôler la conformité avec ce code, et s’assurer que toute mauvaise conduite est
rapidement et efficacement prise en charge. Les quelques choses de base "à faire’’ et "à
ne pas faire’’ par les membres du Conseil de la Charī`a, y compris le devoir d’éviter tout
conflit d’intérêt avec les IISF, figurent en Annexe 3. Ceci concerne également la question
de l’Indépendance, qui sera élaborée dans la Section III.

17
Toute intervention effectuée par un Conseil de la Chari`a sera nécessairement en conformité avec la Chari`a et ne devra

SYSGOC
jamais outrepasser le manat du Conseil de la Chari`a. Les Conseils de la Chari`a devront également être vigilants à ne pas
faire de déclarations publiques sans consulter le CA ou la Direction par rapport à leurs tâches et responsabilités envers les
IISF. Dans tous les cas, en cas de différences sérieuses et inconciliables entre le Conseil de la Chari`a et tout autre organisme
au sein de l’IISF, y compris le CA et la Direction, le Conseil de la Charia consignera dans son rapport ou ses déclarations, à
l’attention des actionnaires et/ou les autorités de contrôle, ses préoccupations quant aux questions de conformité à la Chari`a.
Cependant, avant que toute déclaration sur les enjeux de conformité à la Chari`a émanant du Conseil de la Chari`a soit rendue
publique, le Conseil devra informer les autorités de contrôle afin qu’elles soient en capacité d’intervenir et remédier
opportunément à la situation, notamment en anticipant toute réaction adverse des intervenants.
18 La note 20 indique quelques recommandations sur les compétences minimales requises d’un Agent de l’UICC ou de
l’UIAC, ou d’un Agent interne de la Charī`a.
10

Le Guide SYSGOC 63
ANNEXE 2

Partie II: Compétence

Principe 2.1: L’IISF s’assurera que toute personne mandatée pour la supervision du Système
de Gouvernance de la Charī`a réponde aux critères acceptables et convenables.

26. Il est devenu pratique courante pour les autorités de contrôle d'exiger du CA et de la haute
direction d’une IISF de se conformer à certains critères minimaux afin de comforter la
confiance des membres du public que les IISF avec lesquelles ils font affaire sont
compétentes, honnêtes et financièrement saines, et qu’elles les serviront équitablement.
Compte tenu de l'importance des personnes chargées de superviser le Système de
Gouvernance sur la Charī`a dans la prise de décision des IISF, il est approprié que certains
critères "acceptables et convenables" soient imposés aux membres du conseil de la Charī`a
ainsi qu’aux agents de l'UICC et l’UIAC.

27. Le CA des IISF devraient prendre en compte les critères suivants lors de l’évaluation de la
compétence et l’honorabilité des individus faisant partie du Conseil de la Charī`a, ainsi que
les agents de l’UICC et de l’UIAC:
(i) bon caractère – c’est-à-dire, l’honnêteté, l’intégrité, l’équité et la réputation; et
(ii) la compétence, diligence, capacité et justesse de jugement.
Il est à noter que la liste ci-dessus n'est pas exhaustive et, en conséquence, le CA devra
tenir en compte tous les autres aspects pertinents au cas par cas - en particulier, les
aspects qui sont pertinents pour les segments de l'ISFI dans lequel ils se trouvent, et la
compétence juridique et du cadre réglementaire.

Bon caractère

28. Bon caractère – c'est-à-dire, l'honnêteté, l'intégrité, l'équité et la réputation - sont des
qualités qui sont démontrées au fil du temps. Pour évaluer le bon caractère d’une
personne, et pour orienter les critères de sélection qui seront appliqués avant de nommer
quelqu'un au Conseil de la Charī`a, l'IISF devrait, tout comme lors de l'examen des
candidatures pour le CA, le Directeur Général ou la haute direction, mettre en place un
processus transparent19 qui tient compte de tous les facteurs nécessaires, y compris entre
autres:
(i) si la personne a été déclarée coupable d'une infraction pénale, notamment une
infraction relative à la malhonnêteté, la fraude ou la criminalité financière;
(ii) si la personne a fait l'objet d'une conclusion défavorable ou d’un quelconque
règlement dans les procédures civiles, notamment en relation avec les affaires
bancaires ou financières, de mauvaise conduite ou de fraude;
(iii) si la personne, ou toute entreprise dans laquelle la personne est un actionnaire
majoritaire ou a un intérêt majoritaire ou exerce une influence notable, a fait l’objet
d’une enquête et sanctionnée ou suspendue par un organisme professionnel ou
de réglementation, une cour ou un tribunal, qu’ils soient privés ou publics;
(iv) si la personne a été propriétaire, gérant ou directeur d'une entreprise, d’une
association ou d’une autre organisation dont fut refusée l'enregistrement,
l'autorisation, l’adhésion ou la licence d’exercer un commerce, une activité ou une
profession, ou dont l'enregistrement, l'autorisation, l'adhésion ou la licence eût été
révoquée, retirée ou résiliée, contraignant ainsi cette personne à être refusée le
droit d'exercer un commerce, une activité professionnelle ou une profession
nécessitant une telle licence, enregistrement ou autre autorisation;
(v) si la personne a été un dirigeant, associé ou impliquée autrement dans la gestion

19 Alors que dans la plupart des juridictions le cadre réglementaire pourrait être tel que l'autorité de contrôle exige qu’un tel
processus soit supervisé et exécuté par le CA, dans d'autres juridictions où le règlement sur cette question est moins clair,
l’IISF peut remettre ce processus au Conseil de la Charī`a pour effectuer leur propre auto-examen, ou à la Direction de le
faire. Puisqu'il a été accepté comme bonne pratique de gouvernance que le Comité de Nomination (lorsqu'il existe ou, dans le
cas contraire, le Comité de vérification) désigne le commissaire aux comptes externe et que les actionnaires approuvent ce
dernier, de même, il est recommandé audit comité de nommer le Conseil Charī`a sujet à l’approbation des actionnaires. Dans
tous les cas, le plus important serait qu’un processus de sélection "acceptable et convenable" soit établi, et que ledit processus
soit transparent pour les parties prenantes
11

Système de Gouvernance Charia


64
ANNEXE 2

d'une entreprise qui a été mise en procédure de redressement, d'insolvabilité ou


de liquidation judiciaire pendant que la personne été liée à cette organisation ou
dans un délai raisonnablement court (p. ex. un an) après son départ de
l'établissement;
(vi) si la personne a été congédiée, a été demandée de démissionner, ou a
démissionné d'un emploi ou d'une position de confiance, d’une nomination de
fiduciaire ou d’un poste semblable pour des questions d'honnêteté et d'intégrité;
(vii) si la personne a déjà été déchue de sa fonction d'administrateur ou de son statut
au sein d’une direction à cause des actes répréhensibles;
(viii) si la personne n'a pas été juste, honnête et communicative dans les relations avec
les clients, supérieurs, auditeurs et les autorités de réglementation dans le passé,
et a fait l'objet d'une quelconque plainte justifiée concernant des activités
réglementées; et
(ix) si la personne démontre une disponibilité et une volonté de se conformer aux
exigences et aux normes du système de réglementation et à d'autres exigences
légales ou réglementaires, ou à des exigences et aux normes professionnelles.

Compétence et capacité

29. L’IISF devrait s'assurer que les membres du Conseil de la Charī`a démontrent la
compétence et la capacité de comprendre les exigences techniques de l'activité, les
risques inhérents à cet égard, et les processus de gestion nécessaires pour mener ses
opérations de manière efficace, en tenant compte de l'intérêt de toutes les parties
prenantes. Dans l'évaluation de la compétence et de la capacité d'une personne, tous les
facteurs pertinents doivent être pris en considération, y compris entre autres:
(i) si la personne a démontré, par les qualifications et l'expérience, la capacité
d'entreprendre avec succès les responsabilités du poste;
(ii) si la personne est physiquement, mentalement et émotionnellement apte à exercer
ses fonctions;
(iii) si la personne a déjà été: sanctionnée par un organisme professionnel, de
commerce ou de réglementation, licenciée ou demandée à démissionner d'un
poste pour cause de négligence, d'incompétence, de fraude ou de mauvaise
gestion; et
(iv) si la personne a une bonne connaissance de l'activité et des responsabilités du
poste.

30. Il s'ensuit que les membres du Conseil de la Charī`a et les agents de l'UICC et de l’UIAC
doivent au moins posséder les connaissances et les compétences adéquates pour leur
permettre de bien effectuer leurs tâches et responsabilités. L’IISF doit faire preuve de
diligence en effectuant la vérification des antécédents des candidats susceptibles d’être
nommés à des positions respectives. Une liste de compétences minimales pour les
membres du Conseil de la Charī`a est établie à l'annexe 4.20

Cabinet consultatif de la Charī`a

31. Dans le contexte où un cabinet de conseil sur la Charī`a est nommé par une IISF, une
telle entreprise devra disposer de suffisamment d'expertise et de ressources pour
accomplir son travail. Un cabinet de conseil sur la Charī`a ne peut entreprendre aucun
travail de vérification/audit de la Charī`a au-delà de sa capacité et son expertise. Une IISF
devrait réserver le droit de contrôler et s’assurer, de temps à autre, que l'entreprise
possède l'expertise et des ressources adéquates pour effectuer correctement son rôle. La

SYSGOC
Direction d’un cabinet de conseil sur la Charī`a devrait nommer une équipe dévouée et

20
Il est raisonnable de s'attendre à ce que le minimum de compétences pour les agents de l’UIAC et de l’UICC comprennne,
entre autres :
(i) une formation adéquate sur la Charī`a; (ii) la possession d'autres qualifications dans le domaine de la finance ou d'autres
domaines pertinents;
(iii) de bonnes aptitudes de communication pour leur permettre d’échanger et de travailler efficacement avec le Conseil de la
Charī`a; et (iv) le sens de l'organisation pour leur permettre de communiquer et de travailler avec d'autres unités ou
départements au sein de l'IISF.
12

Le Guide SYSGOC 65
ANNEXE 2

compétente, notamment dans le cadre du travail mené par l'équipe; et l'équipe doit avoir
la main-d’œuvre et les ressources pour réaliser le travail de vérification/audit selon les
normes fixées par l’IISF. De façon réaliste, les cabinets consultatifs sur la Charī`a
devraient être traités de la même manière et être soumises à des règles et règlements
relatifs à l’utilisation de prestataires externes de services par l’IISF.

Principe 2.2: L’IISF facilitera le développement professionnel continu du personnel au sein


du Conseil de la Charī`a, ainsi que l’UICC et l’UIAC, si nécessaire.

32. Afin de renforcer le professionnalisme et l'efficacité des personnes siégeant comme


membres du Conseil de la Charī`a, de l'UIAC ou de l’UICC, selon le cas, l’IISF est
encouragée à faciliter et à parrainer une formation appropriée à leur développement
professionnel continu. Les politiques de formation seront établies avec suffisamment de
considération, selon les besoins, pour assurer la conformité aux politiques et procédures
opérationnelles de contrôle interne de l’IISF, et à toutes les dispositions légales et
réglementaires applicables à l'IISF en général, et auxquelles les membres du Conseil de
la Charī`a et les agents internes sur la Charī`a en particulier, sont ciblés. Une formation
adéquate doit être fournie à la fois au départ et sur une base continue.

33. Quand ils sont initialement nommés aux postes, l’IISF veillera à ce que les membres du
Conseil de la Charī`a et les agents internes sur la Charī`a reçoivent une formation
appropriée (y compris en ce qui concerne leur rôle et responsabilité et la façon de
s'acquitter de leurs fonctions). Cela devrait inclure un programme d'orientation et de
formation destiné à faire en sorte que les membres du Conseil de la Charī`a et les agents
internes sur la Charī`a sont familiarisés avec les opérations et les pratiques de
gouvernance de l’IISF. Le cas échéant, un programme de mentorat - où plus de membres
expérimentés sur la Charī`a et les agents internes du Charī`a donneraient des conseils et
de l'enseignement à leurs homologues moins expérimentés - devrait être encouragé.

34. Il est tout aussi important que les IISF allouent des ressources afin que les membres du
Conseil de la Charī`a et les agents internes de la Charī`a puissent, de temps à autre,
recevoir plus de formation ciblée, notamment sur les nouvelles dispositions législatives,
réglementaires et sur l'évolution des risques commerciaux, car il est injuste et irréaliste de
s'attendre à ce qu'ils soient bien informés sur les questions propres à l'industrie s’ils ne
sont pas adéquatement formés. Les IISF peuvent adapter les types de formation pour les
membres du Conseil de la Charī`a et les agents internes de la Charī`a afin qu'ils soient
dotés de connaissances spécifiques à l'industrie notamment sur les banques, les fonds de
placement collectif (FPC) et Takāful, en conformité avec les dernières tendances et
évolutions survenant au marché.

35. L'échange de connaissances et d'expertise entre les membres du Conseil de la Charī`a


et les agents internes sur la Charī`a et le CA, la haute Direction et d’autres membres du
personnel opérationnel des IISF conduirait à des communications plus efficaces dans
l'ensemble de l'organisation. Par conséquent, les membres du Conseil Charī`a et les
agents internes de la Charī`a devraient être encouragés, de temps en temps, à fournir des
séances de formation pour les autres départements de gouvernance afin de développer
davantage la capacité de conformité des IISF.21

Principe 2.3: Il devrait y avoir une évaluation formelle de l'efficacité du Conseil de la Charī`a
dans son ensemble et de la contribution de chaque membre à l'efficacité du Conseil de la
Charī`a

36. Les IISF devront préciser et adopter un processus pour évaluer l'efficacité du Conseil de
la Charī`a dans son ensemble, ainsi que la contribution de chaque membre à son efficacité.
Les membres du Conseil de la Charī`a doivent être informés de ce processus d'évaluation
au moment de leur nomination, afin qu'ils aient une idée précise de ce qui est attendu

21IISF peut considérer de mettre en place des polices et procédures pour l’échange de connaissance comme faisant partie
de leur cadre de gestion de connaissance, s’il y en a.
13

Système de Gouvernance Charia


66
ANNEXE 2

d'eux.

37. Les IISF devront décider comment la performance du Conseil de la Charī`a peut être
évaluée et proposer des critères de performance objectifs. Ces critères de performance,
qui permettent la comparaison avec les pairs de l'industrie, devraient être développés en
coopération et en consultation avec le Conseil de la Charī`a. Ces critères de performance
ne doivent pas être arbitrairement ou unilatéralement modifiés par les IISF, et si les
circonstances sont telles qu’il devient nécessaire de changer un ou plusieurs de ces
critères, il incombera aux IISF, par le biais du CA, de justifier cette décision.

38. Une IISF peut permettre au Conseil de la Charī`a de procéder à une auto-évaluation, se
basant sur des critères convenus. L'évaluation individuelle doit viser à déterminer si
chaque membre du Conseil de la Charī`a continue à contribuer efficacement et à
démontrer son engagement à sa fonction (y compris l'engagement de temps pour assister
aux réunions pertinentes, la rédaction des déclarations/prises de résolutions sur la Charī`a
et la performance d'autres fonctions). Des exemples de facteurs à prendre en
considération dans l'évaluation de la performance du Conseil de la Charī`a sont présentés
dans l'annexe 5

39. L'évaluation de la performance devrait être présentée au CA pour observation et pour


éliciter des commentaires constructifs. Le cas échéant, les IISF devront statuer sur les
résultats de l'évaluation de la performance, tels que l'examen des candidatures de
nouveaux membres qui seront nommés au Conseil de la Charī`a ou une demande de
démission de tout membre du Conseil de la Charī`a qui n’arrive pas à satisfaire aux termes
et conditions de son contrat.

SYSGOCLe Guide SYSGOC


14

67
ANNEXE 2

Partie III: Indépendance

Principe 3.1: Le Conseil de la Charī`a devrait jouer un rôle de surveillance indépendant et


soutenu, avec des moyens suffisants pour exercer un jugement objectif sur les questions
liées à la Charī`a. Aucune personne ni aucun groupe de personnes sera autorisé à exercer
un rôle dominant sur la prise de décision par le Conseil de la Charī`a.

40. Afin de maintenir l'intégrité et la crédibilité du Conseil de la Charī`a, ses membres doivent
non seulement être en mesure d'exercer un jugement indépendant sans influence ni
contrainte injustifiée, en particulier de la part de la Direction des IISF, mais aussi d’être
perçus comme étant réellement indépendants. À cet égard, il serait souhaitable pour une
IISF d’officialiser l'indépendance du Conseil de la Charī`a et de ses membres en
approuvant le Conseil de la Charī`a, ses rôles et son mandat.22 Les IISF doivent mettre en
place un processus transparent et approprié pour résoudre les divergences d'opinion entre
le CA et le Conseil de la Charī`a. Ce processus peut inclure un accès direct (après avoir
dûment informé l'autorité de surveillance) auprès des actionnaires en tant que "lanceur
d’alerte". Les autorités de contrôle peuvent être impliqués dans ce processus de résolution
des différends, sans compromettre la nature contraignante des prises de
décisions/résolutions du Conseil de la Charī`a.

41. Le Conseil de la Charī`a peut être considéré comme "indépendant" dès lors qu'aucun de
ses membres ne possède un lien sanguin ou une relation intime avec l'IISF, ses sociétés
affiliées ou ses agents susceptibles d’interférer, ou raisonnablement être perçus comme
interférant, avec l'exercice indépendant par le Conseil de la Charī`a de son jugement dans
le meilleur intérêt de l'IISF. Dans le cas d’un cabinet de Conseil de la Charī`a, il sera
considéré comme étant indépendant de l’IISF uniquement s'ils ne sont pas des parties
liées, comme lorsqu’ils ont des actionnaires ordinaires ou des administrateurs
communs.

42. Adaptés à partir des meilleures pratiques internationales généralement applicables aux
membres indépendants non-exécutifs de la CA, les suivants sont des exemples de relations
qui sont incompatibles avec un degré adéquat d'indépendance de la part d’un membre du
Conseil de la Charī`a vis-à-vis de l'IISF à laquelle il est affiliée, et qui par conséquent
doivent être évités :
(i) un membre du Conseil de la Charī`a étant aussi employé à plein temps par une
IISF ou l'une de ses sociétés liées pour l'année en cours ou au cours de la dernière
année financière;
(ii) un membre du Conseil de la Charī`a qui a un membre de sa famille immédiate,
comme son conjoint, ses enfants ou frères et sœurs23, qui est, ou qui a été au
cours du dernier exercice financier, employé de l'IISF ou de l'une de ses sociétés
liées, en tant que membre de la haute direction;
(iii) un membre du Conseil de la Charī`a, ou un membre de sa famille immédiate,
acceptant une rémunération ou un financement de la part d’une IISF, ou l’une de
ses filiales, autre que l'indemnité pour service au Conseil de la Charī`a; ou

22 Dans certaines juridictions, la nomination et/ou la résiliation du Conseil de la Charī`a ou de ses membres nécessite
l’approbation de l’autorité de contrôle, et devra aussi être annoncée publiquement. La fiabilité et l’indépendance du Conseil de
la Charī`a pourront être améliorés en nommant une diversité de membres issus de milieux différents au Conseil de la Charī`a.
23
Dans certaines juridictions, le niveau du lien relationnel qui est considéré comme "étant en position conflictuelle’ peut être
plus étendu – de sorte qu’il inclue les oncles, tantes, neveux et nièces – et devra similairement être respecté.
15

Système de Gouvernance Charia


68
ANNEXE 2

(iv) un membre du Conseil de la Charī`a, ou un membre de sa famille immédiate, étant


un actionnaire important ou un associé (avec une participation de 5% ou plus), ou
un cadre dirigeant de l’IIFS, ou un directeur d'une entreprise à but lucratif dans
laquelle l'IISF ou une de ses filiales y est, ou à partir de laquelle l'IISF ou une de
ses filiales, a reçu des paiements d’un montant significatif durant l'année financière
en cours ou de la précédente.24

SYSGOC
24 Les autorités de contrôle de différentes juridictions peuvent avoir des opinions différentes sur ce qui est considéré comme
un paiement d’un montant significatif; toutefois, comme un exemple, tout paiement total reçu durant l’exercice qui s’élève à
20% ou plus du taux normal d’honoraires reçu par les membres du Conseil de la Charī`a ayant les mêmes fonctions et
expériences devra généralement être considéré comme étant significatif.

Le Guide SYSGOC
16

69
ANNEXE 2

43. Les relations décrites ci-dessus ne sont pas exhaustives, et sont des exemples de situations
qui pourraient laisser croire qu'un membre du Conseil de la Charī`a ou un cabinet de conseil
sur la Charī`a soit perçu comme non-indépendant. Si l'IISF tient encore à envisager qu'un
membre du Conseil de la Charī`a ou le cabinet de conseil sur la Charī`a est indépendant,
en dépit de l'existence d'une ou plusieurs de ces relations, il doit intégralement divulguer la
nature de cette relation et assumer la responsabilité d'expliquer pourquoi le membre ou le
cabinet de conseil doit être considéré comme étant indépendant. La divulgation peut, le cas
échéant, être faite, à l'autorité de contrôle, ou au public dans le rapport annuel de l'IISF.

44. De plus, là où un conflit d'intérêts est inévitable, le membre du Conseil de la Charī`a ou du


cabinet de conseil sur la Charī`a doit le déclarer par écrit à l'IISF. Ils doivent de même
signaler tout type de conflit qui concerne les membres de leur famille, des collègues ou
des sociétés dans lesquelles ils ont un intérêt. Lorsqu'il existe un tel conflit d'intérêts, ou une
obligation envers une autre partie, ils devraient alors s'abstenir de participer à la décision
ou l'action concernée au nom de l'IISF. Lorsqu'une notification est faite sur un conflit, elle
doit être enregistrée et conservée par un agent désigné à cette fin.25

45. Lorsqu'un membre Conseil de la Charī`a a plusieurs responsabilités


d'administration/nominations au sein dudit conseil, il ou elle doit garantir que suffisamment
de temps et d'attention soient accordés aux affaires de chaque IISF. L'IISF devrait décider
si un membre du Conseil de la Charī`a est capable de, et a adéquatement mené, l'exercice
de ses fonctions au service du Conseil de la Charī`a. Des lignes directrices internes
devraient être adoptées qui s’appliquent aux engagements de temps qui sont concurrents
lorsque les membres du Conseil de la Charī`a siègent dans plusieurs Conseils de la Charī`a.

Principe 3.2: Pour s'acquitter de ses responsabilités, le Conseil de la Charī`a devrait être uni
des renseignements complets, appropriés et en temps utile, avant chaque réunion et sur
une base continue.

46. La direction d'une IISF a une obligation de mettre à disposition du Conseil de la Charī`a des
renseignements complets, exacts et adéquats en temps utile. S'appuyer uniquement sur le
volontariat de la direction est peu susceptible d'être suffisant en toutes circonstances, et
d'autres renseignements peuvent être nécessaires si le Conseil de la Charī`a doit s'acquitter
de ses fonctions et responsabilités correctement. Par conséquent, le Conseil de la Charī`a
devrait avoir un accès distinct et indépendant auprès la haute direction de l'entreprise pour
tous les renseignements dont il a besoin, tout en respectant les obligations de
confidentialité.26

47. L’information présentée doit inclure les informations de base et des explications relatives
aux questions qui seront portées devant le Conseil de la Charī`a, des copies de documents
d'information, les états financiers et les rapports d'évaluation des risques. Dans la mesure
du possible, de telles informations devraient être conçues et présentées de manière à aider
le Conseil de la Charī`a dans son analyse, non seulement sur le fond mais aussi la forme
des questions portées devant eux.

48. Le Conseil de la Charī`a doit avoir un accès séparé et indépendant à l'UICC et UIAC,
respectivement, pour vérifier si les procédures de contrôle internes et de conformité ont été
convenablement suivies et que les règles et règlements auxquels l'IISF est soumis ont été
respectés.

25 Référence doit être faite à IFSB-4, qui suit la norme IAS 24 sur les transactions des parties liées, et aux Principes Directeurs
sur les Affaires de IISF (IFSB-9).
26
Le Principe 1.1. d’IFSB-3 recommande que l’IISF développe un cadre général de gouvernance complète. A cette fin, l’IISF
peut incorporer des politiques et procédures évidentes concernant le droit à l’information du Conseil de la Charī`a dans le
cadre de sa politique de gouvernance.
17

Système de Gouvernance Charia


70
ANNEXE 2

49. Lorsque le Conseil de la Charī`a a son propre secrétariat, la nomination et la révocation


des membres du secrétariat devraient être correctement effectuées en collaboration avec
le Conseil de la Charī`a.

50. L’IISF doit avoir une procédure applicable au Conseil de la Charī`a, soit pour chaque
membre individuel ou en groupe, dans le cadre de leurs fonctions, pour prendre des
conseils professionnels indépendants, tels que sur le plan juridique, comptable, financier
ou d'évaluation, si nécessaire, à la charge de l'IISF.

SYSGOCLe Guide SYSGOC


18

71
ANNEXE 2

Partie IV: Confidentialité

Principe 4.1: Les membres du Conseil de la Charī`a devront garantir que l’information
interne obtenue au cours de l’exercice de leurs fonctions reste confidentielle.

51. Dans l'exercice de leurs fonctions, les membres du Conseil de la Charī`a ou cabinets de
conseils sur la Charī`a au service d'une IISF peuvent avoir accès à des dossiers, des
registres, des projets de textes et des conversations qui sont considérés comme
confidentiels en vertu des procédures internes de l'IISF et des pratiques de marché.
Lorsqu'un membre du Conseil de la Charī`a ou d’un cabinet de conseils sur la Charī`a sert
plusieurs IISF simultanément, la question se pose sur la manière de traiter les
renseignements confidentiels ou sensibles obtenus dans le cadre de leurs fonctions. C'est
une des principales préoccupations de l'éthique professionnelle que des informations
confidentielles ou sensibles obtenues par un membre du Conseil de la Charī`a ou du
cabinet de conseils sur la Charī`a dans l’exercice de ses fonctions auprès d’une IISF ne
devraient pas être utilisées par eux de manière qui pourrait nuire à cette IISF, en particulier
par des moyens qui pourraient donner un avantage compétitif à ses concurrents.
.
52. L'information confidentielle se réfère ici à l'information reçue par les membres du Conseil
de la Charī`a ou de la société de conseil sur la Charī`a dans l'exercice de leurs fonctions,
qui n'est pas publique et n'est pas autorisée à être rendu public. Cela comprend les
renseignements reçus sous scellés, marqués ou expressément désignés par l'IISF comme
confidentiels, ou liés au processus délibératifs de l'IISF. Des exemples de renseignements
confidentiels sont :
(i) l'information sur le développement de nouveaux produits et services que l'IISF
envisage d'offrir ou de s'impliquer;
(ii) le contenu des projets d'avis ou des décisions du conseil d'administration ou de la
haute direction;
(iii) les notes de service internes, en projet ou sous forme définitive, préparées dans
le cadre de questions présentées, ou qui seront présentées, devant le Conseil de
la Charī`a ou des cabinets de conseils sur la Charī`a;
(iv) le contenu ou la présence de conversations entre membres du Conseil de la
Charī`a concernant les questions délibérées en séance du Conseil et des
représentants de l'IISF;
(v) le timing d'une décision, ou autre opération commerciale, y compris l'état ou le
progrès d’une transaction commerciale ou d'une action non-finalisée (sauf en cas
d’autorisation par le CA en vertu de la procédure interne de l'IISF);
(vi) opinions exprimées par les parties au cours de discussions sur une question
particulière portée au Conseil de la Charī`a; et
(vii) tout sujet que l'IISF ayant nommé le Conseil de la Charī`a aurait indiqué comme
ne devant pas être révélé, tel que les pratiques internes, les procédures
informelles, le contenu ou la présence d'énoncés ou de conversations, et les
actions d'un autre membre du Conseil de la Charī`a ou du cabinet de conseils sur
la Charī`a.

53. L'information considérée comme non-confidentielle comprend les règles et principes de la


Charī`a, les rapports et déclarations/résolutions du Conseil de la Charī`a publiés par l’IISF
à l’intention du public, et d'autres informations divulguées dans les documents ou
procédures publics.

54. L'obligation de respecter la confidentialité s'applique à toutes les informations qui ont été
confiées aux membres du Conseil de la Charī`a ou au cabinet de conseil sur la Charī`a par
leur client, ou qui sont portées à leur attention au cours de ou à tout moment lors de
l'exécution de leur mission. Les mêmes règles de confidentialité devraient être imposées
aux agents internes de la Charī`a. Les obligations en matière de confidentialité ne
s'arrêtent pas lorsqu'un membre du Conseil de la Charī`a ou du cabinet de conseil sur la
Charī`a n’exerce plus auprès d’une IISF ou lorsqu'un sujet est complété ou clos. Les
membres du Conseil de la Charī`a et des cabinets de conseils sur la Charī`a devraient
19

Système de Gouvernance Charia


72
ANNEXE 2

respecter les mêmes restrictions sauf si elles ont obtenu l'autorisation expresse de l'IISF
qui les libère d'une telle obligation.

55. Néanmoins, afin de faciliter le respect de la confidentialité, une IISF s’assurera que les
mandats inclus dans les contrats du Conseil de la Charī`a ou de ses membres énoncent
explicitement qu'ils doivent observer et garantir la confidentialité, le secret de l'entreprise
et toute information sensible sur le plan commercial partagée avec eux par l'IISF. Une
disposition devrait être prise pour informer et/ou clarifier au Conseil de la Charī`a ou à ses
membres quant à l'importance de conserver soigneusement toute information
confidentielle et commercialement sensible. Chaque membre du Conseil de la Charī`a
devrait signer un accord de non-divulgation ou une lettre d'engagement confirmant leur
obligation d’observer la confidentialité et la discrétion à l'égard de toute information
sensible du point de vue commercial ou du marché qui a été partagée avec lui par l'IISF.

56. Dans le cas où le Conseil de la Charī`a ou l'un de ses membres laisserait fuiter ou révèlerait
des informations confidentielles ou sensibles sur le plan commercial à des intervenants
inappropriés, l'IISF devrait au moins avoir une gestion appropriée des risques ainsi que
des processus de contrôle en place pour limiter les dégâts de la divulgation. Dans la
mesure du possible, l'IISF devrait établir un processus pour prendre des mesures
disciplinaires et/ou d'autres mesures administratives à l'encontre du Conseil de la Charī`a
ou de ses membres pour assurer la responsabilité absolue et la réparation appropriée.

SYSGOCLe Guide SYSGOC


20

73
ANNEXE 2

Partie V: Cohérence

57. L'interprétation des règles et principes de la Charī`a fondée sur la discipline du Fiqh al-
Muamalat est une question d'appréciation professionnelle des membres d'un Conseil de
la Charī`a. Par conséquent, dans la mesure du possible, les membres du Conseil de la
Charī`a devraient s'efforcer de parvenir à un consensus sur une décision du conseil. C’est
seulement lorsqu'un consensus ne peut être atteint dans un délai raisonnable que toute
décision afférente devrait être prise sur la base d'une majorité simple. En même temps, les
membres du conseil de la Charī`a doivent être cohérents par rapport aux avis qu'ils
fournissent durant leur service au sein des conseils de la Charī`a de diverses IISF. La
cohérence à cet égard est liée à la compétence et l'indépendance, comme mentionné ci-
dessus, et est également une question d'éthique professionnelle.

Principe 5.1: L'IISF devrait bien comprendre le cadre juridique et réglementaire afférant à la
publication des déclarations/décisions sur la Charī`a dans la juridiction où il exerce ses
activités. Elle devrait s'assurer que son Conseil de la Charī`a respecte strictement ledit
cadre et, dans la mesure du possible, promeut la convergence des normes de gouvernance
de la Charī`a.

58. Bien que les membres du Conseil de la Charī`a et les entreprises consultatives sur la
Charī`a doivent être pleinement conscients que les procédures et processus doivent être
respectés avant que toute déclaration/décision sur la Charī`a ne soit élaborée et conclue,
une IISF a également besoin d'être prudente quant à la façon dont la déclaration/décision
sur la Charī`a est diffusée ou publiée dans la presse ou pour le grand public. La propriété
intellectuelle de telles déclarations/décisions sur la Charī`a pourrait effectivement
appartenir exclusivement à l'IISF, selon les mandats des membres du Conseil de la Charī`a
et du cabinet de conseils sur la Charī`a. À cet égard et considérant que le Conseil de la
Charī`a ou ses membres, en tant qu’agents libres, sont généralement autorisés à fournir
des services à tout client autre que l’IISF sans aucune restriction, chaque IISF peut avoir
besoin d’établir des mesures de sauvegarde supplémentaires pour garantir que les
déclarations/ résolutions sur la Charī`a, élaborées en fonction de leur connaissance des
affaires et de l'information interne, ne seraient pas exploitées par des parties inappropriées.
En d'autres termes, la diffusion des déclarations/décisions sur la Charī`a pourrait être
limitée en fonction de conditions et modalités établies par l'IISF.

59. La plupart du temps, une majorité des Conseils de la Charī`a des IISF mentionnent
uniquement dans leur déclarations/décisions sur la Charī`a si une transaction réalisée, ou
à être réalisée, par l'IISF, ou un produit que l'IISF souhaite offrir, est admissible ou pas. Il
est rare que dans leurs déclarations/décisions sur la Charī`a ils mettent à disposition des
éléments de preuve qui pourraient être examinés par les membres d’autres Conseils de la
Charī`a. En outre, même lorsqu'ils publient de tels éléments de preuve le langage utilisé
est souvent technique et difficile à comprendre pour le grand public. Par conséquent, il est
très difficile d’accroître la compréhension du public quant aux fondements et justifications
derrière une déclaration /décision sur la Charī`a. L'industrie pourrait bénéficier davantage
en offrant un accès plus étendu aux déclarations/décisions sur la Charī`a, puisqu’un
soutien fort et une bonne appréciation par le public des rôles des Conseils de la Charī`a,
ne peuvent venir que par une meilleure prise de conscience sur ce que les conseils de la
Charī`a ont fait et sont encore en train de faire.

Ex-ante (à l'étape de conception/développement de produits)

60. Il y a plusieurs mesures qui peuvent être adoptées par les membres du Conseil de la
Charī`a afin d’avoir plus de cohérence dans leurs décisions. Dans les pays où il existe une
autorité centrale émettant des déclarations/résolutions sur la Charī`a, le Conseil de la
Charī`a auprès de chaque IISF est généralement tenu de suivre et d’adopter des
déclarations/résolutions sur la Charī`a telles que celles émises par cette autorité centrale
sur la Charī`a. Dans les juridictions où il n'y a pas une telle autorité, il est recommandé au
Conseil de la Charī`a de suivre et adopter les déclarations résolutions sur la Charī`a émises
21

Système de Gouvernance Charia


74
ANNEXE 2

par des organisations mondialement reconnues qui émettent des opinions autorisées sur
la Charī`a. Si ce n'est pas possible - par exemple, dans le cas où aucun organisme
internationalement reconnu n’a élaboré aucune opinion faisant autorité sur le produit
commercialisé par l'IISF – le Conseil de la Charī`a devrait déployer ses meilleurs efforts
afin de documenter et publier les déclarations/résolutions sur la Charī`a émises par lui-
même et/ou ses membres, afin qu'elles puissent être ouvertement évaluées par les
intervenants de l'industrie (sous réserve de l'application de la confidentialité).

Ex-post (après que les produits aient été offerts aux clients)

61. De temps à autre, les membres du Conseil de la Charī`a doivent participer à différents
séminaires, ateliers et réunions de l'Uléma spécialisée dans le Fiqh al-Muamalat pour
présenter et débattre les déclarations/décisions nouvelles et existantes. En fait, les
membres du Conseil de la Charī`a devraient également envisager de participer à
d’autres événements similaires ayant trait au système bancaire et financier, au Takāful, au
marché des capitaux, etc., qui peuvent outrepasser leurs domaines de spécialisation en
matière de la Charī`a, afin d'élargir leurs connaissances et leur compréhension des
évolutions au sein de l'ISFI.

62. Les membres du Conseil de la Charī`a doivent aussi s'attendre à répondre aux questions
des actionnaires et du public, lors d'une assemblée générale ou d’autre forum similaire.
Afin de favoriser un meilleur enregistrement et diffusion de l'information, il serait utile s'ils
incluaient dans les rapports annuels une section sur la conformité à la Charī`a de l'IISF et
les déclarations/décisions émises par le Conseil de la Charī`a et/ou ses membres, y
compris la clarification du processus par lequel le Conseil de la Charī`a est arrivé à ses
décisions.

63. L'IISF devrait s'assurer que le Conseil de la Charī`a adopte un processus spécifié pour
changer, modifier ou réviser toutes déclarations/décisions sur la Charī`a qu’il a émises. La
divulgation appropriée et en temps opportun doit être faite aux actionnaires et/ou au public
à chaque fois que le Conseil de la Charī`a et/ou ses membres s’éloignent de ou font une
révision de ses déclarations/résolutions.

SYSGOCLe Guide SYSGOC


22

75
ANNEXE 2

DÉFINITIONS

Les définitions suivantes donnent une compréhension générale des termes utilisés dans ce
document. Le glossaire n’est en aucun cas une liste exhaustive.

Fiqh Connaissance de la règle légale aférant au comportement, qui provient


de preuves spécifiques dans la Chari`a.
Institutions Les institutions offrant des services financiers islamiques (qui, aux fins de
Islamiques offrant ces Principes Directeurs uniquement, doivent également inclure les
des services guichets de transaction islamique, l’assurance islamique / les institutions
financiers (IISF) Takāful et organismes de placement islamiques, tout comme les sociétés
de gestion de fonds.
Fonds de Tout fonds de placement qui, fondamentalement, répond à TOUS les
Placement Collectif critères suivants:
Islamique (FPCI) a) Les investisseurs ont regroupés leur capital dans un fonds (que ce
fonds soit dans une entité légale séparée ou régi par un accord
contractuel) en enregistrant des parts ou actions de valeur égale. De
telles parts ou actions constituent, en effet, des droits à la propriété
des biens indivisibles du fonds (qui peuvent consister de biens
financiers ou non financiers), et donnent accès au droit ou à
l’obligation de partager les profits ou pertes dérivés de ces biens;
b) Ce fonds est établi et géré en conformité aux règles et principes de la
Chari`a; et
c) Que le FPCI est géré ou non par les institutions qui l’établissent ou le
sponsorisent, il a une comptabilité et une responsabilité financière
séparée de ces institutions (c.à.d. il a son propre profil d’actifs et de
passifs), à l’exclusion de sukuk comme définis par IFSB-6.
Assurance Toute institution ou entité qui gère une opération Takāful.
Islamique/Institutions
Takāful
Membres du Conseil La catégorie des Spécialistes de la Chari`a, ou uléma, qui sont non
de la Chari`a seulement dotés d’une connaissance générale de la Chari`a ou d’autres
disciplines, mais sont surtout arrivés à un niveau spécialisé
d’enseignement et d’expertise en Fiqh al-Muamalat. Cette spécialisation
est ensuite dédiée à fournir les opinions professionnelles expertes dans
la forme de déclarations/décisions sur la Chari`a, spécifiquement aux
IISF, au-delà d’un simple discours académique et souvent pas
directement au grand public ou aux sociétés dans d’autres industries.27
Charī`a Loi Divine Islamique comme révélée dans le Coran et la Sunnah.
Cabinet de Une entité qui, dépendant de sa taille et sa capacité, fournit des conseils
Conseils sur la sur la Chari`a, y compris les révisions d’audit sur la Chari`a, ainsi que
Charī`a l’avis sur le développement de produits conformes à la Chari`a, dans le
cadre de ses services professionnels.
Conseil de la Chari`a Organisme spécifique établi ou engagé par les IISF pour effectuer et
appliquer le Système de Gouvernance de la Chari`a.

27 Un Conseil Chari`a peut également avoir des membres qui ne sont pas spécialisés en Chari`a mais qui ont été nommés sur
la base de connaissances du Fiqh al-Muamalat et d’expertise en finance. Cependant, les IISF devront s’assurer que la
nomination de tels membres ne conduise pas à ce qu’ils soient plus nombreux ou disposent de plus de voix que l’uléma au
sein du Conseil de la Chari`a. Veuillez consulter l’Annexe 2, item 6.
23

Système de Gouvernance Charia


76
ANNEXE 2

Parties prenantes ou Ceux qui ont un intérêt direct dans le bien-être d’une IISF, y compris :
intervenants (i) les employés;
(ii) les clients;
(iii) les fournisseurs;
(iv) la communauté; et
(v) les superviseurs et gouvernements, se basant sur le rôle unique
des IISF dans les économies locale et nationale et dans les
systèmes financiers.

SYSGOC
Le Guide SYSGOC
24

77
ANNEXE 2

ANNEXES

ANNEXE 1: Mandat du Conseil de Surveillance sur la Chari`a (Conseil de la Chari`a)

1. Nomination, Démission ou Résiliation

Dans leur mandat, les membres du Conseil de la Chari`a seront informés de:
(i) Qui à l’intérieur d’IISF est autorisé à nommer ou résilier la nomination ou l’emploi
de ses membres; 28
(ii) La durée de cette nomination; et
(iii) Si des raisons spécifiques et/ou un certain préavis doivent être notifiés avant que
le contrat ne soit résilié par une des parties.

Les avantages et la rémunération, y compris les charges professionnelles, devront être


spécifiés dès le début.

2. Structure hiérarchique

Le Conseil de la Chari`a rendra des comptes sur le plan administratif au CA. Cette structure
hiérarchique reflète particulièrement l’indépendance du Conseil de la Chari`a vis-à-vis de la
gestion de l’IISF.

Le Conseil de la Chari`a fera état, dans son rapport ou ses déclarations à l’intention des
actionnaires, de ses préoccupations quant aux problèmes éventuels de conformité avec la
Chari`a, qui seront incluses dans le rapport annuel de l’IISF. Si nécessaire, les autorités de
contrôle peuvent être impliquées dans ce processus étant donné que l’IIFS est liée par les
déclarations/décisions du Conseil de la Chari`a.

3. Pouvoirs et Autorités

Le Conseil de la Chari`a sera investi des pouvoirs appropriés nécessaires pour effectuer
efficacement ses tâches et responsabilités.

4. Fonctions primaires

(i) Conseiller le CA sur tous les sujets liés à la Chari`a.


(ii) Contrôler et approuver les politiques et directives liées à la Chari`a. A cette fin,
l’IISF devrait également avoir un Manuel sur le Processus de la Chari`a qui spécifie
la façon dont une soumission ou une requête pour des déclarations/décisions sur
la Chari`a devrait être adressée au Conseil de la Chari`a, la tenue des réunions
du Conseil de la Chari`a, et la manière d’assurer la conformité opérationnelle avec
toute décision du Conseil de la Chari`a.
(iii) Approuver et valider toute documentation pertinente sur les nouveaux produits et
services, y compris les contrats, accords et autre documentation légale utilisée lors
des transactions au sein de l’IISF.
(iv) Superviser le calcul et l’allocation de zakat et tout autre fonds destiné à être dirigé
vers des organisations caritatives.
(v) Aider et conseiller les parties concernées qui s’occupent des IISF, telle que leurs
avocats et conseillers juridiques, auditeurs externes ou autres consultants, selon
la demande.
(vi) Enregistrer, par écrit, toute opinion qui est donnée concernant des questions
relatives à la Chari`a.

28 A cet égard, il est envisagé que le CA nommera le Conseil de la Chari`a mais la nomination nécessitera l’approbation des
actionnaires lors de l’Assemblée Générale, comme à la nomination d’un auditeur externe. Le CA peut vouloir déléguer l’autorité
à une autre partie - par exemple, le Comité de Nomination ou le PDG. Cependant, le CA doit finalement demeurer responsable
de la nomination du Conseil de la Chari`a. Ceci assurera que l’indépendance du Conseil de la Chari`a, particulièrement de
l’influence de la Direction des IISF, ne soit pas compromise.
25

Système de Gouvernance Charia


78
ANNEXE 2

* Dans le cas où l’IISF opère dans une juridiction où il y a un organisme


central/national/suprême qui a été mandaté à émettre des déclarations/décisions sur la
Chari`a pour l’ISFI dans ce pays ("Organisme Central de la Chari`a")

(vii) Adopter toutes les déclarations/décisions sur la Chari`a émises par l’organisme
central de la Chari`a et aborder toute question qui en découle.

5. Délégation de Pouvoirs

Le Conseil de la Chari`a sera habilité à réserver les droits de déléguer quelques-unes de


ses fonctions à l’UICC ou aux agents internes de la Chari`a au sein de l’IISF en soutenant
et en validant les directives relatives aux produits, les promotions, les brochures et
illustrations commerciales utilisées pour décrire des produits spécifiques. De même, le
Conseil de la Chari`a peut déléguer ses pouvoirs et son autorité à l’UIAC lors du contrôle,
de temps en temps et régulièrement, du niveau de la conformité du Chari`a,
particulièrement par rapport à son application réelle et le fonctionnement des contrats
financiers impliquant l’IISF.

L’exercice d’un tel pouvoir de délégation doit être fait explicitement et être convenablement
enregistré par écrit.

6. Révision des termes des mandats

Si nécessaire, les mandats peuvent être revus et mis à jour par le Conseil de la Chari`a,
en consultation avec le CA, à condition que les nouveaux termes satisfassent aux
conditions minimales normales qui peuvent être requises par l’Organisme Centrale de la
Chari`a et /ou l’autorité de contrôle.

SYSGOC
Le Guide SYSGOC
26

79
ANNEXE 2

ANNEXE 2: Modes Opératoires du Conseil de Surveillance de la Chari`a

(Pour guider les procédures de réunion, la prise de décision et l’adoption des décisions pour une
application efficace, y compris les processus de révision de ces décisions si nécessaire)

1. Exposé sur la Demande de Décisions liées à la Chari`a


Toutes les soumissions déposées au Conseil de la Chari`a par la Direction des IISF
devront clairement mentionner le but de cette demande et être présentées au Conseil de
la Chari`a par les agents responsables, avec des détails adéquats, pour faciliter
l’évaluation des demandes. Si nécessaire, les autres organes de gouvernance pertinents
seront également pourvus d’une copie de la demande.

Tous les dossiers de présentation devront être soumis au secrétaire du Conseil de la


Chari`a pour diffusion aux membres du Conseil de la Chari`a au plus tard une semaine
avant la réunion du Conseil de la Chari`a. Tout document présenté après l'heure limite est
présenté au Conseil de la Chari`a uniquement suivant l’approbation du Président.

2. Rapports du Conseil de la Chari`a

A la fin de toute consultation entre les IISF et le Conseil de la Chari`a, le Conseil de la


Chari`a aura la discrétion de produire ses rapports sous la forme de :
(i) rapport d'enquête;
(ii) rapport (ex-ante) au sujet de la conception et du développement des produits ;
(iii) (ex-post) rapport (ex-post) d'audit interne sur la Chari`a sur les produits offerts aux
clients; et
(iv) un rapport annuel de conformité à la Chari`a.

Les rapports d'enquête et les rapports en matière de conception et développement de


produit sont soumis au Directeur général de l’IISF.

Un rapport d'audit interne sur la Chari`a concernant les produits offerts aux clients doit être
mis à la disposition du Comité d’Audit de l’IISF.

Le rapport annuel de conformité doit être soumis au CA pour diffusion aux actionnaires et,
sur demande, être mis à la disposition de l'autorité de contrôle et les membres du public, y
compris les titulaires d'un compte d'investissement (TCI)

3. Président du Conseil de la Chari`a

Un des membres du Conseil de la Chari`a est élu Président. La présidence doit de


préférence être à tour de rôle, par exemple à chaque fois qu'il y a un renouvellement du
Conseil de la Chari`a.

Dans le cas où le Président est incapable d'assister à la réunion, les membres élisent entre
eux le Président suppléant à la présidence de la réunion.

4. Secrétariat du Conseil de la Chari`a

Le Directeur général ou toute autre personne habilitée par le CA nommera le Chef de l’UICC
de l’IIFS ou son agent interne de la Chari`a, après consultation auprès du Conseil de la
Chari`a. L'UICC ou l’agent interne de la Chari`a sera le secrétariat du Conseil de la Chari`a.

S'il n'y a pas d’UICC ou agent interne au sein de l’IISF, cette fonction peut être effectuée
par d'autres agents tels que le secrétaire de l’IIFS, le directeur du développement de
produits ou le directeur du département juridique.
27

Système de Gouvernance Charia


80
ANNEXE 2

5. Fréquence des réunions

Le Conseil de la Chari`a se réunit régulièrement pour procéder à des évaluations


périodiques afin de surveiller de façon générale la conformité des opérations des IISF à la
Chari`a. Cependant, si nécessaire, le Conseil de la Chari`a peut tenir une réunion si l’IISF
fait une demande urgente de conseils et avis sur des questions liées à la Chari`a.

Le Conseil de la Chari`a doit aussi s’organiser pour rencontrer le CA de l’IISF au moins deux
fois par an (tous les six mois) pour discuter des questions d'intérêt commun.

6. Quorum pour une Réunion

Le Conseil de la Chari`a devrait déterminer un quorum pour ses réunions si nécessaire, en


fonction du nombre de membres présents. Par exemple, un Conseil de la Chari`a
comprenant cinq membres peut fixer son quorum à trois.

Dans le cas où les membres du Conseil de la Chari`a de l'IISF incluent des professionnels,
comme des avocats, des experts comptables ou des économistes qui ont une certaine
connaissance de la Chari`a mais ne sont pas particulièrement formés dans cette discipline,
le quorum du conseil doit s'assurer que ceux-ci ne dilueraient pas la valeur des décisions
prises par le Conseil de la Chari`a sur des questions connexes. Bien que ces professionnels
soient considérés comme égaux aux autres membres siégeant dans le Conseil de la
Chari`a, ils ne devraient pas voter sur les questions concernant la Chari`a.

De préférence, les professionnels tels que des avocats, des experts comptables et des
banquiers peuvent toujours être appelés à conseiller le Conseil de la Chari`a pendant les
réunions, mais ils ne devraient pas faire partie de la composition du Conseil sur la Chari`a.

Les membres qui sont incapables d'y assister pour des raisons valables sont enregistrés
comme "Absent" avec des excuses", tandis que l'absentéisme sans motif valable est
considéré comme "Absent sans excuses", et le procès-verbal doit être enregistré en tant
que tel.

7. La prise de décisions

En l'absence d'un consensus, les décisions sont prises sur la base d'un vote à la majorité
simple des membres du Conseil de la Chari`a qui assistent à la réunion.

8. La participation de la haute direction

Les membres de la haute direction de l’IISF peuvent assister à la réunion du Conseil de la


Chari`a pour représenter le point de vue de la direction sur les questions discutées à la
réunion, mais ne disposent pas de vote ou de droits de veto.

9. Pouvoir d'inviter les dirigeants pertinents de siéger aux réunions

Le Président - et en l'absence du Président, le Président suppléant - est habilité à inviter les


agents ayant des fonctions pertinentes à participer à ces réunions.

SYSGOC
Il est recommandé d’inviter les représentants de l'UICC, du département de la gestion des
risques et du service juridique à titre d'invités permanents. Toutefois, ces invités n'ont ni le
droit de vote ni le droit de veto.

10. Procès-verbaux des réunions

Le secrétaire du Conseil de la Chari`a est responsable de l'enregistrement du procès-verbal


des réunions du Conseil de la Chari`a. Les divergences d'opinion ou opinions dissidentes
28

Le Guide SYSGOC 81
ANNEXE 2

parmi les membres du Conseil de la Chari`a sont mentionnées dans le procès-verbal.

Tous les procès-verbaux du Conseil de la Chari`a doivent être soumis aux fonctions de
contrôle interne pertinentes desl’ IISF pour leur notification et la poursuite de l'action.

Tous les procès-verbaux doivent être correctement archivés par le secrétaire du Conseil de
la Chari`a pour une référence future. Sur demande, ils doivent être mis à la disposition de
l’auditeur interne, l’auditeur externe et de l'examinateur de l'autorité de contrôle.

29

Système de Gouvernance Charia


82
ANNEXE 2

ANNEXE 3: Ethique et Conduite Professionnelles Fondamentales des Membres du Conseil


de Surveillance de la Chari`a

Lors de l’exécution de ses travaux dans toute IISF, un membre du Conseil de la Chari`a doit se
comporter de manière consistante avec les principes établies de la profession et de l’organisme
dont il /elle appartient. Les principes suivants sont particulièrement applicables dans la pratique de
cette profession:

1. Indépendance

En effectuant ses tâches, un membre du Conseil de la Chari`a devra toujours avoir une
entière indépendance morale, intellectuelle et professionnelle. Cela s’applique aussi bien
à la représentation des intérêts d’un client qu’à la résolution des conflits d’intérêts entre
les membres du Conseil de la Chari`a, l’IISF, les autorités de contrôle et les autres parties
prenantes.

2. Responsabilité personnelle

Les Membres du Conseil de la Chari`a sont uniquement responsables de leur activité


professionnelle. Ils sont responsables de leur tâche, et du travail effectué lors de leur
emploi.

3. Soin et diligence

En exerçant sa profession, un membre du Conseil de la Chari`a doit accorder toute la


vigilance requise aux exigences légales et éthiques de sa profession.

Ceci nécessite une indépendance dans toutes les affaires professionnelles et,
particulièrement, l’exercice de l’objectivité en se prononçant sur les faits d’une affaire.

Avant d’accepter une nomination, un membre du Conseil de la Chari`a doit soigneusement


examiner s’il/si elle est capable d’entreprendre cet engagement eu égard dûment à ses
obligations et compétences.

Il ou elle s’efforcera toujours :


(i) De soutenir l’impartialité et l’équité à l’égard de toutes les parties prenantes;
(ii) D’agir de façon à préserver son honnêteté et son intégrité;
(iii) D’exercer une discrétion adéquate lors des décisions en considérant non
seulement les aspects techniques de la conformité Chari`a; et
(iv) D’apprécier la diversité d’opinions parmi les écoles de pensée et les différences
d’expertise parmi ses collègues au Conseil de la Chari`a.

4. Confidentialité

Le devoir de confidentialité s’applique à toute information confiée à un membre du Conseil


de la Chari`a par une IISF ou qui a été portée à son attention durant ou à tout moment lors
de l’exécution de sa tâche.

5. Alignement des Activités

SYSGOC
Un membre du Conseil de la Chari`a devra entreprendre uniquement des activités qui sont
compatibles avec sa profession et qui ne sont pas en conflit avec ses obligations
professionnelles.

Il ou elle doit toujours éviter d’être:


(i) Dans une position de conflit d’intérêt envers une IISF qu’il/elle sert, y compris le
mauvais usage pour gain personnel ou aux fins personnelles de l’information
30

Le Guide SYSGOC 83
ANNEXE 2

confidentielle partagée avec lui ou elle par l’IISF;


(ii) Associé à toute activité immorale ou illégale eu égard aux principes dela Chari`a,
ainsi que aux lois du pays, y compris la transgression de toute exigence ou norme
de la régulation du système financier, bancaire ou commercial;
(iii) L’objet de conclusions défavorables ou de tout règlement négocié dans le cadre
de poursuites civiles ou pénales par rapport aux investissements, mauvaise
conduite ou fraude financière ou commerciale;
(iv) Renvoyé en tant qu’employé ou directeur/président de toute institution, société ou
entreprise pour cause de fraude, fausse représentation ou abus de confiance;
(v) En défaut de paiement d’un montant dû ou de tout impôt ou taxe, à titre personnel
ou de la part d’une entreprise sous sa responsabilité; et
(vi) Accusé et condamné d’une offense criminelle impliquant l’irrégularité financière ou
la turpitude morale.

6. Sanctions Disciplinaires

Le Code de Conduite développé par l’IISF sera applicable aux membres du Conseil de la
Chari`a par l’application de sanctions disciplinaires, y compris un pouvoir d’exclusion et de
résiliation.

7. Formation Continue

Un membre du Conseil de la Chari`a s’efforcera d’améliorer continuellement son


développement personnel et professionnel, particulièrement en termes de connaissances
et compétences sur la Chari`a, et surtout le Fiqh al-Muamalat.

31

Système de Gouvernance Charia


84
ANNEXE 2

ANNEXE 4: Exigences Minimales de Compétences pour les Membres du Conseil de la


Chari`a

Une IISF effectuera une vérification des antécédents et vérifiera que toute personne à être nommée
comme membre du Conseil de la Chari`a aura au moins les compétences suivantes:

1. Compétences Universitaires

Il/Elle devra au moins avoir une Licence/ ijazah d’une université accréditée sur les sciences
de la Chari`a, y compris la transaction islamique/le droit islamique des affaires (Fiqh al-
Muamalat), et être capable de démontrer une connaissance adéquate de la finance en
général et la finance islamique en particulier.

Il est raisonnable de s’attendre à ce qu’un membre du Conseil de la Chari`a ait:


 De bonnes compétences sur la philosophie de la loi islamique (Usul al-Fiqh), étant
donné qu’il/elle doit savoir avec précision les méthodologies appropriées du Fiqh pour
établir des opinions juridiques; et
 Une bonne connaissance de l’arabe écrite, étant donné qu’il/elle doit être très à l’aise
avec les sources primaires de la Chari`a.

Il est fortement recommandé qu’un membre du Conseil de la Chari`a soit capable de parler
en anglais, étant donné que cela l’aidera à améliorer la communication entre lui ou elle et
les intervenants des IISF.

2. Expérience et Exposition

Le niveau de connaissance attendu d’un membre du Conseil de la Chari`a peut varier selon
le niveau de responsabilité et le type d’activité réglementée à être effectué par les IISF.
Cependant un membre du Conseil de la Chari`a est généralement considéré comme étant
capable de démontrer une compréhension:
(i) Des règles et principes de la Chari`a qui sont pertinent aux activités proposées par
les IISF;
(ii) Du cadre légal et réglementaire général qui peut être applicable aux fonctions
qu’il effectuera; et
(iii) De l’impacte général de l’introduction de produits financiers sur le marché et au
public basés généralement sur le Maqāsid al-Sharī`ah.

De préférence, seul un membre du Conseil de la Chari`a qui a au moins trois ans


d’expérience en matière de déclarations/décisions sur la Chari`a, ou au moins quatre ans
d’expérience post-qualification dans l’enseignement ou la recherche sur la finance
islamique, devra être nommé comme Président du Conseil de la Chari`a.

Il ou Elle devra être capable de démontrer des connaissances spécifiques sur l’industrie
des services financiers en conformité avec les affaires des IISF; que ce soit dans le
système bancaire, les marchés capitaux ou Takāful.

3. Caractère

Il ou Elle doit avoir un caractère respectueux et avoir une bonne conduite, particulièrement
de l’honnêteté, l’intégrité et la réputation dans ses affaires professionnelles et transactions

SYSGOC
financières.

32

Le Guide SYSGOC 85
ANNEXE 2

ANNEXE 5: Exemples de Mesures de Performance du Conseil de la Chari`a

Le processus d’évaluation devra être objectif et lié à la responsabilité du Conseil de la Chari`a. Il


est impératif d’assurer qu’il soit transparent, afin qu’il ne soit pas mal employé ou abusé par le CA
ou la haute Direction des IISF pour imposer leur volonté sur le Conseil de la Chari`a ou
compromettre son indépendance.

Evaluations Globales

Est-ce que le Conseil de la Chari`a a:


1. démontré une responsabilité organisationnelle efficace?
2. communiqué efficacement avec d’autres départements de gouvernance, y compris le
CA, la Direction et les Auditeurs?
3. adéquatement identifié et évalué l’exposition de l’organisation aux risques de non-
conformité et d’atteinte à la réputation, et communiquer efficacement cette information aux
unités appropriées de l’organisation?
4. promu l’éthique et les valeurs au sein de l’organisation?
5. promu l’amélioration continue des processus de contrôle sur la Chari`a d’un organisme?

Evaluations Personnelles

Est-ce chaque membre du Conseil de la Chari`a:


1. contribue, au mieux de ses compétences, à enrichir la discussion et les décisions
concernant les questions soulevées lors des réunions sur la Chari`a?
2. démontre l’intégrité et l’honnêteté?
3. s’efforce à atteindre une amélioration continuelle de soi?
4. accepte des responsabilités avec l’attention et la diligence requises?
5. s’efforce d’être diplomatique et sensible aux différences culturelles?
6. s’efforce d’être observant/ conscient des facteurs contextuels avant de prendre une
décision?
7. démontre un raisonnement rationnel et logique?
8. démontre une volonté d’apprendre des autres ?
9. s’efforce d’être curieux (capable de poser des questions intelligentes et pertinentes)?

33

Système de Gouvernance Charia


86
ANNEXE 3

Norme Charia N°(29)

Les Règles et Ethique de la Fatwa


dans le Cadre des Institutions
Financières Islamiques

SYSGOC Traduction : Abbas CHERIF

Le Guide SYSGOC 87
ANNEXE 3

Système de Gouvernance Charia


88
ANNEXE 3

Contents
1. Champ d’application de la norme ................................................................................ 3
2. Définition de la fatwa et de sa réquisition .................................................................... 3
3. Règles Charia relatives à la réquisition (istifta’) et l’émission (fatwa) de l’avis juridique 3
4. Champ d’application de l’avis juridique (fatwa)............................................................ 3
5. Les critères requis des Jurisconsultes (muftis) ........................................................... 3
6. Les responsabilités de l’IFI requérant l’avis juridique (fatwa) ....................................... 4
1 7. La méthode et les instruments de l’avis juridique (fatwa) ............................................ 4
8. Le Contrôle de l’avis juridique (fatwa) ......................................................................... 5
9. L’énoncé de l’avis juridique......................................................................................... 6
10. Le document de l’avis juridique ............................................................................... 7
11. La révision d’un avis juridique pour cause d’erreur ................................................... 7
12. La morale de l’avis juridique (L’Ethique des Jurisconsultes) ..................................... 8
13. Date de promulgation de la norme ........................................................................... 8

SYSGOC
Le Guide SYSGOC 89
ANNEXE 3

Norme Charia N° (29) : Le cadre et l’éthique de la fatwa pour les IFI

AU NOM D’ALLAH, LE TOUT MISERICORDIEUX, LE TRES MISERICORDIEUX


Gloire à Allah, Seigneur de l’univers et que la paix et le salut, soient sur lui et notre prophète,
Mohamed, sa famille ainsi que sur tous ses compagnons.

Préface
Le but de cette norme est de définir la fatwa (Avis juridique), les conditions de son
émission, ses outils appropriés et son champ d’application. La norme présente
la méthodologie de présentation d’une fatwa et explique comment peut se faire la
rectification des erreurs de fatwa.

Système de Gouvernance Charia


90
ANNEXE 3

Norme Charia N° (29) : Le cadre et l’éthique de la fatwa pour les IFI

Enoncé de la norme
1. Champ d’application de la norme

Cette norme présente l’environnement de la Fatwa en ce sens qu’il est l’une des
missions confiées au(x) Conseil(s) de Conformité Interne (Sharia-Board) des
IFI.

2. Définition de la fatwa et de sa réquisition


[Link] terme fatwa fait référence à un avis juridique présenté à une personne
qui en fait la requête par rapport à un évènement qui est déjà survenu ou
qui a une forte probabilité de survenance. Il ne traite pas de requête relative
à une simple hypothèse.
[Link] réquisition de fatwa (istifta’), est l’action de requérir un avis juridique ou
une fatwa portant sur un évènement dont la survenance est effective ou très
probable.

3. Règles Charia relatives à la réquisition (istifta’) et l’émission (fatwa) de l’avis


juridique
3.1.A l’origine, la fatwa est une responsabilité collective qui peut être confiée à
toute personne qui en a l’expertise avérée. Cette responsabilité devient
cependant individuelle s’il n’y a qu’un seul érudit dans la communauté à
même d’assurer cette fonction.
[Link] Conseil de Conformité Interne est tenu d’émettre des avis juridiques
(fatwa) pour l’IFI en vertu des accords les liant.
[Link] est du devoir de l’IFI de requérir un avis juridique (fatwa) portant sur tout
évènement survenu ou dont la survenance est très probable. Elle doit
également requérir un avis juridique sur chacune des transactions
envisagées.
[Link], celui qui demande une fatwa fait de son mieux pour recourir à
l’érudit le plus indiqué (selon la qualification ou l’intégrité) pour répondre à
sa requête. Selon les règles et régulations en vigueur, les IFI doivent requérir
la fatwa de leur propre Conseil de Conformité Interne.

4. Champ d’application de l’avis juridique (fatwa)

L’émission de fatwa, en ce qui concerne les IFI, est circonscrite aux aspects

SYSGOC
opérationnels, financiers ainsi qu’aux questions s’y rapportant, notamment
celles relatives aux principes d’adoration tout en étayant ce qui est licite et
illicite.

5. Les critères requis des Jurisconsultes (muftis)


[Link] membre du Conseil de Conformité Interne doit avoir une expertise avérée
en Jurisprudence islamique (fiqh) et être bien documenté sur les travaux

Le Guide SYSGOC 91
ANNEXE 3

Norme Charia N° (29) : Le cadre et l’éthique de la fatwa pour les IFI

des érudits en la matière. Il doit être aussi capable de recourir à l’une des
méthodes reconnues de déduction pour l’émission d’avis juridiques sur de
nouveaux sujets. Il doit également être reconnu pour son discernement et
sa bonne maîtrise des us et coutumes de la communauté tout en restant à
l’écoute du changement des comportements. L’expertise en jurisprudence
islamique (fiqh) se manifeste généralement par la renommée de l’Erudit ou
par ses nombreuses contributions distinguées dans le domaine des
transactions des IFI.
5.2.L’émission d’avis juridique pour une IFI ne requiert pas la maitrise de tous
les domaines de la jurisprudence. L’avis juridique (fatwa) peut être émis par
un Erudit ayant des compétences seulement dans le domaine des
transactions des IFI (Fiqh Muamalat).
[Link] membre du Conseil de Conformité Interne ne devrait avoir d’intérêt
personnel lié au sujet pour lequel l’IFI requiert l’avis juridique (fatwa).

6. Les responsabilités de l’IFI requérant l’avis juridique (fatwa)


6.1.L’IFI qui requiert l’avis juridique (fatwa) a obligation de l’appliquer une fois
qu’elle est émise par son Conseil de Conformité Interne peu importe que les
dirigeants soient satisfaits ou pas. Cette obligation est sans équivoque
lorsqu’il s’agit de faire expressément quelque chose ou de s’en abstenir
formellement. Lorsque l’avis juridique (fatwa) prononce la possibilité de
faire quelque chose, l’IFI a le libre choix de l’appliquer ou non selon ses
réalités. Si l’Organe Exécutif (le Management, la Direction) de l’IFI refuse de
s’exécuter, il revient au Conseil de Conformité Interne d’en référer à l’Organe
Délibérant (Assemblée Générale).
[Link] avis juridique peut être réexaminé s’il y’a de nouveaux éléments à
présenter au Conseil de Conformité Interne. Les nouveaux éléments
peuvent inclure sans s’y limiter, le changement significatif de la perception
ou la non validité de l’une des raisons motivant le rejet de la question
précédemment soumise.
6.3.L’IFI ne devrait pas suivre les avis juridiques d’un autre Sharia Board sans
l’aval de son Conseil de Conformité Interne.
[Link] n’est pas (permis) à l’IFI d’exiger de son Conseil de Conformité Interne un
avis juridique (fatwa) selon une école de pensée juridique (Madhab) même
si cette obédience est dominante dans la juridiction abritant son siège. Il
est cependant indiqué de prêter une attention particulière aux situations
susceptibles d’entrainer des contentieux judiciaires du fait de la différence
d’obédience.

7. La méthode et les instruments de l’avis juridique (fatwa)


7.1. L’avis juridique se fonde tout d’abord sur ce qui a été explicitement
mentionné dans le Coran et la tradition prophétique (Hadith). Ensuite nous
avons le consensus des Erudits (Ijmah) ainsi que l’ensemble de ce qui

Système de Gouvernance Charia


92
ANNEXE 3

Norme Charia N° (29) : Le cadre et l’éthique de la fatwa pour les IFI

découle du raisonnement (déduction) analogique (Quiyas). Enfin il y’a les


avis des jurisconsultes prenant en compte l’intérêt général.
7.2.L’avis juridique (fatwa) ne devrait pas se baser sur un point de vue personnel
ne s’appuyant sur aucune des sources susmentionnées (au paragraphe
7.1). Il est également interdit d’émettre un avis juridique qui va à l’encontre
de ces sources.
7.3. L’absence de directives claires desdites sources ne saurait justifier la non-
réquisition de l’avis juridique. Dans un tel cas de figure, il faut examiner la
question sous le spectre des fondamentaux de la jurisprudence islamique
(Usul-fiqh).
[Link] Conseil de Conformité Interne en coordination avec l’IFI peut transférer
si nécessaire la responsabilité de l’émission d’avis juridique à un Comité
d’experts plus qualifié de par son vivier d’Erudits à l’instar des Académies
du Fiqh ou du Sharia Board de l’AAOIFI.
7.5. Parmi les alternatives permettant d’obtenir un avis adéquat on peut citer
entre autres :
͹ǤͷǤͳǤ Constituer une documentation fournie sur la question qui requiert
l’avis juridique, la consultation d’autres Sharia Boards ; et recourir à
des entités spécialisées, tout en prenant en compte les us et
coutumes prévalant dans la zone.
͹ǤͷǤʹǤ Rechercher des avis émanant des différentes écoles de pensées
juridiques. En cas de positions contradictoires ou d’absence d’avis
motivés, des recherches spécifiques plus poussées doivent être
menées.
͹ǤͷǤ͵Ǥ S’inspirer des avis juridiques collectifs tels que les résolutions de
l’Académie Islamique du fiqh, les Conseils de Conformité Centraux,
les séminaires, symposiums et autres conférences.
[Link] Conseil de Conformité (Central, Interne ou autre) a l’obligation d’émettre
un avis juridique lorsqu’il est requis valablement. Exception est faite des cas
où il est soupçonné que le requérant en fasse un usage illicite. Le cas
échéant, le Conseil de Conformité peut soit s’abstenir, soit y appliquer des
restrictions.
7.7. Il faut faire le nécessaire pour diffuser les avis juridiques du Conseil de
Conformité et fluidifier leurs échanges avec les autres Conseils et entités

SYSGOC
concernés.

8. Le Contrôle de l’avis juridique (fatwa)


[Link] proscrites, les dérivations présomptueuses (Interprétations
sémantiques erronées) des textes et l’usage d’assertions non authentiques
attribuées au Prophète (PSL). Il est impératif que toute source motivant
l’émission d’avis juridique soit bien référencée.

Le Guide SYSGOC 93
ANNEXE 3

Norme Charia N° (29) : Le cadre et l’éthique de la fatwa pour les IFI

8.2. Les Membres du Conseil de Conformité lors de l’émission de l’avis juridique


s’assureront de vérifier la véracité des citations et autres opinions
attribuées à des jurisconsultes reconnus. Il faut prendre en compte l’opinion
authentifiée de chaque école de pensée juridique tout en respectant les
principes d’émission de l’avis juridique.
[Link] l’avis juridique offre le choix entre deux options, la priorité devrait
être accordée à la plus accessible. Si le choix de l’une des deux options
entraine un avantage licite pendant que l’autre laisse la porte ouverte à un
préjudice, il convient d’éviter celle menant au préjudice. Tout devrait être
mis en œuvre afin d’éviter les problèmes qui pourraient subséquemment
résulter du choix effectué.
[Link] membres du Conseil de Conformité Interne ne devraient pas
systématiquement recourir aux dérogations chariatiques pour faciliter les
choses aux IFI. L’exemption chariatique ne devrait intervenir qu’après un
examen minutieux de la question. Ils doivent s’assurer que la dérogation ne
permet pas de cautionner un acte qui est unanimement proscrit par les
jurisconsultes ou entraine l’émission d’avis juridiques différents sur des
problématiques identiques. Une telle pratique est considérée en
jurisprudence islamique comme un compromis prohibé (Talfiq).
[Link] membres du Conseil de Conformité Interne ne doivent aucunement
mener l’IFI vers des manœuvres visant à contourner les interdictions
chariatiques ou à violer les objectifs jurisprudentiels.
8.6. L’avis juridique ne devrait en aucun cas être émis à la hâte. Il ne faut pas
par exemple s’empresser de condamner un acte sur la simple base d’un
sentiment conservateur de condamnation. Les nouvelles mœurs ne sont
condamnables qu’à condition d’enfreindre les règles de la Charia.
Pareillement, il ne faudrait pas se précipiter de déclarer licite un fait
seulement pour être en cohérence avec les nouvelles tendances (us et
coutumes).
8.7. Il est important de rappeler que déclarer une notion licite n’en constitue en
rien une recommandation encore moins une incitation à en faire usage.

9. L’énoncé de l’avis juridique


9.1. L’avis juridique doit être énoncé assez clairement afin qu’il soit bien
compris par un lecteur profane, et pour éviter que son sens ne soit détourné
par mauvaise foi.
9.2. S’il y’a des opinions diverses sur la question, le Conseil de Conformité se
doit de préciser celle à laquelle il adhère pour l’émission de son avis
juridique. S’il s’agit d’un sujet à controverse, le Conseil doit trancher et
expliciter les sources et fondements sous-tendant de son choix.
[Link] cas où l’avis juridique à a plusieurs aspects, il convient de les indiquer
clairement.

Système de Gouvernance Charia


94
ANNEXE 3

Norme Charia N° (29) : Le cadre et l’éthique de la fatwa pour les IFI

[Link] principe, mentionner les preuves chariatiques sous-tendant l’émission


de l’avis juridique n’en constitue pas une condition de validité. L’IFI n’a donc
pas le droit de fixer lesdites preuves comme conditions d’acceptation de
l’avis juridique. Néanmoins il est fortement recommandé au Conseil de
Conformité Interne de mentionner les sources et preuves sur lesquels
repose son avis.
9.5.L’énoncé de l’avis juridique doit être précis, concis et être dépourvu de tous
détails confus ainsi que de toute expression exhortative qui n’ont rien à
avoir avec l’objectif recherché. Néanmoins, si la circonstance l’impose ou
l’intérêt général le requiert ou encore pour satisfaire les exigences des
autorités de régulations, il est recommandé de se conformer aux règles
d’usage en matière de style. Ceci dans un but de justifier l’avis juridique, en
indiquer l’objectif et mettre en garde contre les préjudices.
9.6. Il n’y a aucun obstacle à aller au-delà du simple cadre de la problématique
soumise par le requérant ce, dans le but de ne laisser aucune place à la
confusion ou de différencier cet avis d’un autre ou encore pour les des
besoins futurs.

10. Le document de l’avis juridique


10.1. En principe, l’avis juridique peut être énoncé de façon verbale ou gestuelle.
Cependant en ce qui concerne le cadre des IFI, il est impératif de le mettre
par écrit afin de garder une traçabilité et de le reverser au référentiel Charia
de l’IFI.
10.2. Il convient de commencer l’énoncé de l’avis juridique par la formule : « Au
nom d’Allah le tout miséricordieux, les très miséricordieux » suivie de la
mention : « Gloire à Allah, Seigneur de l’univers, et que la paix et le salut soient
sur notre prophète Mouhammad, sa famille ainsi que sur tous ses
compagnons. » Et conclure par la formule « Seul Allah détient le savoir
absolu » (Allahou Alam)
10.3. Le document de l’avis juridique doit être manuscrit ou saisi de façon bien
lisible, il doit être parafé et porter le cachet/sceau de l’autorité émettrice si
disponible ainsi que la date d’émission.
10.4. Il convient d’y joindre le document de réquisition de l’avis juridique qui de
préférence doit comporter un résumé de la requête.
10.5. Dans le cas où l’avis est émis par le Conseil de Conformité Interne il est
impératif d’inscrire le contenu dudit avis le compte-rendu de la réunion en

SYSGOC
respectant toutes les formalités.

11. La révision d’un avis juridique pour cause d’erreur


11.1. Le Conseil de Conformité Interne doit revenir sur son avis juridique
précédemment émis s’il est déclaré erroné à la suite d’un examen conduit
par un organisme de niveau supérieur. Dans un tel cas, le Conseil de
Conformité Interne doit en informer l’IFI afin que ledit avis soit rectifié de

Le Guide SYSGOC 95
ANNEXE 3

Norme Charia N° (29) : Le cadre et l’éthique de la fatwa pour les IFI

même que toutes les conséquences qui en découlent. Il incombe dès lors à
l’IFI de corriger toutes les actions posées sur la base de cet avis juridique
erronée et de ne plus suivre ce dernier.
11.2. Le Conseil de Conformité Interne, sur initiative propre ou sur requête de
l’IFI peut réexaminer un avis juridique précédemment émis, même si cela
conduit à l’émission d’un nouvel avis juridique contradictoire. Il incombe
donc à l’IFI de désormais se conformer au nouvel avis juridique tout en
traitant les répercussions de la précédente.

12. La morale de l’avis juridique (L’Ethique des Jurisconsultes)


12.1. Adopter une attitude sereine et posée lors des argumentations et éviter le
zèle tout au long du processus d’émission de l’avis juridique.
12.2. Eviter d’émettre des avis contradictoires pour une même problématique
en fonction du requérant.
12.3. Eviter toute émission d’avis juridique lorsque le jurisconsulte est impliqué
personnellement ; ce qui pourrait entacher son objectivité et son
impartialité.
12.4. Préserver la confidentialité autour de l’IFI, ses employés et ses process
internes qui ont été dévoilés aux membres du Conseil de Conformité Interne
pour la circonstance. L’usage fait de ces secrets ne devrait outrepasser le
cadre de l’émission de l’avis juridique.

13. Date de promulgation de la norme

Cette norme a été émise le 1er dhul al-qa’dah 1427 AH, correspondant au 23
novembre 2006 AG.

Système de Gouvernance Charia


96
ANNEXE 4

COMPOSITION DES SHARIA BOARD DANS L’UMOA


Institution Code Nom & Prénoms Nationalité Niveau d'étude Domaine d'étude Pays d'étude
BIS BIS 1 Abdoulaye LAM Sénégalaise Diplôme de 3e Jurisprudence islamique Jordanie
cycle
BIS2 Ahmed Lamine ATHIE Sénégalaise Doctorat Droit Musulman des Koweït
affaires
BIS3 Adama DIEYE Sénégalaise PhD (Doctorat) Finance islamique Malaisie
BIS 4 Mohammed Burhan ARBOUNA Ghanéene PhD (Doctorat) Banque et Finance Malaisie
islamique
BIS 5 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BIN BIN 1 SHEIKH ESSAM MUHAMMAD Bahraini Science politique Canada
ISHAQ
BIN2 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BIN3 DR. MUHAMMAD AL-BASHIR Tchadienne Doctorat Finance islamique Malaisie
MUHAMMAD AL AMINE
CBI CBIB-BN 1 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BARAKA- CBIB-BN2 Alao Issiack LIGALI Béninoise BEPC Imam Bénin
BN CBIB-BN3 Idrissou MAMA Béninoise Ingénieur Hydraulique et Burkina Faso
équipement rural
CBI CBIB-BF 1 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BARAKA- CBIB-BF2 Dr Seyni HIMA Nigérienne Doctorat Droit Musulman des Grande Bretagne
BF affaires
CBIB-BF3 Dr Hamadou DICKO Burkinabé Doctorat Etudes Islamiques Maroc
CBIB-BF 4 Saidou BAARY Burkinabé Licence Sciences Economiques Sénégal
CBI CBIB-CI 1 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BARAKA- CBIB-CI 2 IMAM Djiguiba CISSE Ivoirienne Bachelor Imam Cote d'Ivoire
CI CBIB-CI 3 IMAM ISSOUF DOUMBIA Ivoirienne Maitrise Droit islamique Arabie saoudite
CBI CBIB-CI 1 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BARAKA- CBIB-CI 2 Sidy BOUARE Malienne Executive MBA Finance islamique France
Mali CBIB-CI 3 IMAM Ousmane Seydou Malienne Maitrise Droit islamique Arabie Saoudite
SAMAKE

Institution Code Nom & Prénoms Nationalité Niveau d'étude Domaine d'étude Pays d'étude
CBI CBIB-NG 1 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BARAKA- CBIB-NG 2 Dr Seyni HIMA Nigérienne Doctorat Droit Musulman des Grande Bretagne
Niger affaires
CBIB-NG 3 Dr Hamadou DICKO Burkinabé
CBIB-NG 4 Saidou BAARY Burkinabé
CBI CBIB-SN 1 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BARAKA- CBIB-SN 2 El Hadji Bara DIENE Sénégalaise
Senegal CBIB-SN 3 Dr Abdou DIAW Sénégalaise PhD (Doctorat) Finance islamique Malaisie
CBI CBIB-TG 1 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BARAKA- CBIB-TG 2 Abdoulatif MAKO Togolaise Certificat Predication Islamique Egypte
Togo CBIB-TG 3 Dr Nourredine Anani Togolaise Doctorats Sicences économiques
& Economie
internationale
TAYSIR TF-NG 1 Imam Ahmed Dame NDIAYE Sénégalaise Conferencier Ligue des imams et
FINANCE prédicateurs
S.A TF-NG 2 Oustaz Serigne BADOU Sénégalaise Chercheur Economie Islamique Egypte
TF-NG 3 Dr Abdoulaye LAM Sénégalaise Doctorats Jurisprudence

SYSGOC
islamique
AL AMANA AFI-NG 1 DJIBO Oumarou Faroukou Nigérienne Doctorat Science économique
FINANCIAL et de gestion
ISLAMIQUE AFI-NG 2 Souheloun Almahadi Nigérienne Maitrise Arabe Arabie Saoudite

AFI-NG 3 Adam GALADI ILYASSOU Nigérienne Master 2 Jurisprudence Niger


islamique
AFI-NG 4 Mouhamadou Mourtalla Nigérienne Docteur Hadiths et des Arabie Saoudite
Souleylane INOUSSA sciences islamiques

Le Guide SYSGOC 97
ANNEXE 4

Institution Code Nom & Prénoms Nationalité Niveau d'étude Domaine d'étude Pays d'étude
AL IZZA AIF-NG 1 Dr Seyni HIMA Nigérienne Doctorat Droit Musulman des Grande Bretagne
FINANCE affaires
ISLAMIQUE AIF-NG 2 Sheikh Nabil Nababayo Nigérienne DEA Théologie islamique Tunisie
S.A AIF-NG 3 Sheikh Ahmed ALKASSOUM Nigérienne Maitrise Droit islamique Niger
TAADA TMF-NG 1 Dr. Ibrahim N. Tadahoud Nigérienne Doctorat Jurisprudence Jordanie
MOUN islamique
FINANCE TMF-NG 2 Dr. Mahamadou ZABEIROU Nigérienne Doctorat Droit islamique Lybie
S.A
TMF-NG 3 Docteur Han-Madou ILBOUDO Burkinabé PhD (Doctorat) Finance Islamique Grande Bretagne

: 11 membres
: 09 membres
: 08 membres

Système de Gouvernance Charia


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ANNEXE 4

Cel: (+225)0747216110 - (+225)0546179797

E-mail : abbas.cherif6@[Link]

Système de Gouvernance Charia


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