Le Guide Sysgoc
Le Guide Sysgoc
LE GUIDE
SYSGOC
SYSTEME DE GOUVERNANCE CHARIA
JUIN 2022
A L’ATTENTION DES
ETABLISSEMENTS DE CREDIT ET DES SYSTEMES FINANCIERS DECENTRALISES DE LA ZONE UEMOA
Système de Gouvernance Charia
1
Une série de guides
pratiques et opérationnels
sur la finance islamique
LE GUIDE SYSGOC
EDITION 2022
Institutions
CA : Conseil d’Administartion
Fatwa : Avis juridique donné par un spécialiste basé sur les principes et
recommandé.
SYSGOC
UMOA : Union Monétaire Ouest Africaine
Zakat : Aumône légale obligatoire en Islam prélevée sur les biens (argent,
défini.
Le Guide SYSGOC 3
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Les différents cadres influencant la gouvernance Charia dans l’UMOA................5
Auteur - Illustrateur
Relecture
Relecture-contribution
Contribution
Contribution
Contribution
SYSGOC
Monsieur Cheick Bassirou DIOP
Responsable des opérations de Finance Islamique PAMECAS Sénégal
Contribution
Le Guide SYSGOC 5
REMERCIEMENTS
Il est important pour moi de partager ces mots de remerciement tout
d’abord à Allah le Tout-Puissant qui m’a donné l’idée, l’inspiration, la force
et les aptitudes qui m’ont permis de réaliser ce document.
ABBAS CHERIF
Introduction 8
1 Les objectifs 9
2 Les cibles 10
3 Le cadre reglementaire 11
4 Les généralités sur la gouvernance Charia 14
5 Les principales composantes du SYSGOC 18
6 Conclusion 43
Annexe 1 44
Annexe 2 46
Annexe 3 87
Annexe 4 97
SYSGOC
Le Guide SYSGOC 7
INTRODUCTION
INTRODUCTION
Depuis Mars 2018, la BCEAO a amorcé une série de réformes visant la mise
en place d’un cadre règlementaire régissant l’activité de finance islamique
dans la zone UMOA. Un certain nombre d’initiatives de mise en place formelle
d’institutions financières islamiques ont vu le jour dans la région. Vu l’importance
cruciale de la conformité Charia pour toute institution financière islamique, il
est important de s’interroger sur la façon de conduire une politique efficace de
gouvernance Charia dans l’environnement de l’UMOA. Certes les Instructions
publiées par la Banque Centrale tracent les sillons de cette gouvernance, mais
au regard des indications des institutions internationales de normalisation,
il est important de proposer une approche permettant une maitrise de ladite
conformité.
INSTRUCTIONS
BCEAO
C.A SB
BEST
PRACTICES NORMES IFSB
UMOA
Contrôle Audit
NORMES AAOIFI
Proposer le SYSGOC
Vulgariser le SYSGOC
Figure 2 : Les objectifs visé par le SYSGOC
1
Professionnels
2
Dirigeants
3 Autorités de régulation
Il est ensuite destiné aux dirigeants et autres membres d’organes statutaires des
institutions financières islamiques de la zone UMOA.
SYSGOC
TECHNIQUES DES OPÉRATIONS DE FINANCE ISLAMIQUE EXERCÉES
PAR LES ÉTABLISSEMENTS DE CRÉDIT DE L’UNION MONÉTAIRE OUEST-
AFRICAINE (UMOA).
Le Guide SYSGOC 11
LE CADRE RÈGLEMENTAIRE 3
PAR DES SYSTÈMES FINANCIERS DÉCENTRALISÉS DE L’UNION
MONÉTAIRE OUEST-AFRICAINE (UMOA).
Depuis 2015, une série de textes ont instauré une politique de lutte contre
le blanchiment des capitaux notamment :
Institution)
L’IFSB, conseil des services financiers islamiques est une organisation basée
à Kuala Lumpur en Malaisie a été inauguré le 10 mars 2003. L’IFSB a publié
trente-six (36) normes, principes directeurs et notes techniques pour le
secteur des services financiers islamiques. La Norme IFSB-10 est dédiée à la
gouvernance Charia des institutions financières islamiques.
1 Renforcer la confiance
5 Améliorer la responsabilité
sociale de l'IFI
SYSGOC
3
fondé sur l’évaluation et la capacité de l’institution à fonctionner en stricte
conformité avec la Charia, faute de quoi il peut y avoir un manque de confiance
vis-à-vis de l’IFI. Par conséquent, une IFI doit disposer de mécanismes pour
se conformer aux principes et règles de la finance islamique dans toutes ses
transactions financières et autres.
Le Guide SYSGOC 15
LES GÉNÉRALITÉ SUR LA GOUVERNANCE CHARIA 4
Business Model : Le modèle économique d’une IFI se caractérise par des
contrats qui sont conçus pour être conformes aux principes et règles de la
finance islamique, ce qui en fait la spécificté. Il est primordial que le capital
des actionnaires soit protégé et leurs intérêts sauvegardés, les risques liés aux
fonds des clients gérés par le biais d’instruments d’investissement (restrictifs,
non restrictifs ou autres) sont assez importants. Il est donc important d’en
tenir compte dans le business modèle de l’Institution financière islamique.
Cultiver la conduite éthique des affaires : Le code d’éthique d’une IFI comprend
des valeurs dérivées des principes et règles de la finance islamique. Ces
valeurs sous-tendent le comportement de toutes les personnes employées
par ou associées à l’IFI dans l’exercice ou l’accomplissement de leurs devoirs
ou obligations respectifs envers l’institution et son écosystème. De ces
fondements découlent 11 principes fondamentaux de la gouvernance Charia
que sont:
Sharia
Contrôle Board
Charia
Ethique
Audit
Charia
• Le Contrôle Charia;
• L’Audit Charia ;
• L’Ethique.
Le Sharia Board est créé par la présélection des membres au nombre de trois
(03) minimum. La matérialisation de la création du Sharia Board se fait tout
SYSGOC
d’abord par son intégration dans les textes juridico-légaux (Statuts). Ces textes
doivent faire apparaitre les dispositions mentionnées par les instructions de
la BCEAO notamment la désignation, les missions et la composition du Sharia
board. Les institutions de forme mutualiste qui opteront pour l’intégration du
Sharia board de façon statutaire en tant qu’organe ne pourront donc pas les
rémunérer mais leur verser des perdiem (jeton de présence) et devront par
4 Jurisprudence des transactions et des interactions humaines en islam
Le Guide SYSGOC 19
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
ailleurs changer ces membres au bout de 6 ans maximum.
La sélection des membres du Sharia Board peut s’avérer être un exercice délicat
dans une région comme l’UMOA où l’industrie est encore à ses balbutiements.
Le challenge réside surtout dans le fait qu’il faut trouver des compétences qui
répondent aussi bien aux exigences de la BCEAO qu’à celles du marché global
et aux besoins opérationnels. Les exigences règlementaires en zone UMOA5
sont :
• jouir d’une bonne moralité et ne pas avoir été condamné notamment pour
des infractions relatives aux biens ainsi que celles portant atteinte à la
probité ;
Déjà qu’il n’est pas aisé de trouver des compétences en jurisprudence islamique
dans la zone, l’exigence de la connaissance de la règlementation bancaire
applicable dans l’UMOA du fait des difficultés de la langue corse un peu plus
cet exercice. C’est la raison pour laquelle des dérogations à la condition de
nationalité ont été beaucoup sollicité afin de permettre à des experts Africains
hors-UMOA de siéger dans le Sharia Board d’IFI de l’espace UMOA.
Vu l’importance de cette entité il est important d’y avoir des personnes assez
expérimentées et/ou réputées qui seront un gage suffisant de la conformité
vis-à-vis de l’opinion et de l’industrie. Vu leur disponibilité dans la région, les
certifications CISSA du CIBAFI6, du CSAA de l’AAIOFI7 ou tout autre certificat
équivalent sont des minima à exiger pour prétendre à des fonctions dans le
SYSGOC.
Il est fortement recommandé que les IFI développent une capacité interne
par le biais d’un service/unité/département de Conformité Charia spécialisée
et composée de Contrôleurs Charia ou de Conseillers Charia ayant des
qualifications et l’expérience appropriées. Ces agents internes, peuvent, entre
autres :
SYSGOC
par le Sharia Board ; et
• Fournir des avis sur les décisions qui seront prises par la Direction. Il
devrait y avoir une séparation claire des processus et des procédures
6 Certified Islamic Specialist in Shariah Auditing, une certification du « general Council for Islamic Banks and
Financial Institutions » (CIBAFI) qui se tient chaque année dans la zone UMOA en partenarait avec le CESAG de
Dakar.
7 Certified Shari’a Adviser and Auditor de l’AAOIFI organisé chaque année dans la zone UEMOA en partenariat avec
le Cabinet Islamic Finance Intelligence and Management.
Le Guide SYSGOC 21
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
• Le titre
• Le destinataire
• Un paragraphe introductif
« Nous avons examiné les principes et les contrats relatifs aux transactions et
aux applications introduites par (le nom de l’institution financière islamique)
au cours de la période écoulée. Nous avons également effectué un examen
pour nous faire une opinion quant à savoir si (le nom de l’institution financière
islamique) s’est conformé aux principes et règles de la finance islamique ainsi
qu’aux avis juridiques (fatwas), décisions et directives spécifiques que nous
Système de Gouvernance Charia
22
5 LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC
avions émis. »
Ou
« Nous avons effectué notre verification qui comprenait l’examen, sur la base
de tests de chaque type de transaction, de la documentation et des procédures
pertinentes adoptées par (le nom de l’institution financière islamique).
Nous avons planifié et effectué notre examen de manière à obtenir toutes les
informations et explications que nous avons jugées nécessaires afin de nous
fournir des preuves suffisantes pour donner une assurance raisonnable que (le
nom de l’institution financière islamique) n’a pas enfreint les règles et principes
de la jurisprudence islamique. »
◊ Une déclaration claire indiquant que les états financiers ont été
examinés pour déterminer si la base chariatique de répartition des
bénéfices est appropriée entre les actionnaires et les titulaires de
comptes d’investissement.
◊ Une déclaration claire indiquant que tous les revenus qui ont été
réalisés à partir de sources ou par des moyens interdits par les règles et
principes de la Charia islamique ont été cédés à des œuvres caritatives.
SYSGOC
de s’assurer que l’institution financière mène ses activités conformément
aux principes et règles de la finance islamique. Il est de notre responsabilité
d’emmètre une opinion indépendante, sur la base de notre examen des
opérations de (le nom de l’institution financière islamique), et de vous en faire
rapport. »
Le Guide SYSGOC 23
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
Le rapport du Sharia Board doit indiquer si les contrats de (le nom de l’institution
financière islamique) et la documentation y afférant sont conformes aux
principes et règles de la jurisprudence islamique.
« Selon nous, :
c. Tous les revenus qui ont été réalisés à partir de sources ou par des moyens
interdits par les règles et principes de la jurisprudence islamique ont été
cédés à des œuvres caritatives ; et
• La date du rapport
té e Cont
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es dif
n r fé
PROCEDURE NON r en CONTRAT NON
no t
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D'INFORMATION & DE ée oa rd
Donn AUTORISE
DONNEES
◊ Type de contrat non autorisé par le Sharia Board (non soumis ou non
validé)
Le Guide SYSGOC 25
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
Transaction menée au
Stipuler dans un contrat
moyen d'un contrat dont
Ijara que l'intégralité des Rectification de l'erreur et
les clauses sont
maintenances et des reversement de smontants
différentes des contrats
assurances du bien sont à à des oeuvres de charité
types validés par le Sharia
la charge du client
Board
◊ Une mention est faite dans le rapport du Sharia Board afin d’en informer
l’Assemblée Générale.
• Définition
SYSGOC
les services fournis par eux en toute indépendance. Le terme “public”
comprend les clients, les bailleurs de fonds, les gouvernements, les
employeurs, les employés, les investisseurs et autres organes de
régulation qui comptent sur l’objectivité et l’intégrité des membres du
Sharia Board pour assurer la conformité des activités de l’IFI.
Le Guide SYSGOC 27
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
• L’objectivité
01
consigner dans des documents
Documentez le problème (CR, PV, Rapport)
Le Contrôle Charia
Marketing Règlementation
04 08
5.2.1 Définition
Le Sharia Board doit avoir un accès complet et sans entrave à tous les
enregistrements, transactions et informations de toutes sources, y compris des
conseillers professionnels et employés de l’IFI.
L’objectif premier d’un Contrôle Charia est de s’assurer que les activités menées
par une IFI n’enfreignent pas la jurisprudence islamique. La réalisation de cet
objectif nécessite que la jurisprudence islamique, les avis juridiques du SB et la
règlementation en vigueur en constituent le référentiel.
Le Guide SYSGOC 29
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
5.2.3 Typologie
On distingue trois principaux types de Contrôle Charia :
◊ Le Contrôle Charia doit être planifié afin qu’il soit mené de manière efficace
et efficiente. Le plan doit être développé de manière adéquate afin de
garantir une prise en compte complète des opérations de l’IFI en termes
de produits, de taille des opérations, d’emplacements, de succursales, de
filiales et de divisions. Le plan doit inclure l’obtention d’une liste de tous les
avis juridiques (fatwas) et décisions ou directives émis par le Sharia Board.
◊ Le plan doit être correctement documenté. Il doit d’une part inclure les
critères de sélection des échantillons ainsi que leurs tailles, d’autre part
tenir compte de la complexité et de la fréquence des transactions.
◊ Le plan du Contrôle Charia doit être conçu sur la base des données ci-
dessus. Les contrôles doivent couvrir toutes les activités, tous les produits
et tous les emplacements. Ces contrôles doivent vérifier si les transactions
et les produits approuvés par le Sharia Board ont été exécutés comme tels
et si toutes les conditions connexes ont été remplies.
travail
A ce stade, tous les contrôles prévus ont été exécutés. Les activités d’examen
du Contrôle Charia doivent normalement inclure :
SYSGOC
• La documentation des conclusions et rédaction du rapport
Le Guide SYSGOC 31
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
5.3.1 Définition
L’audit Charia est une opération qui vise à vérifier l’ensemble du système de
contrôle Charia interne, des comptes et les rapports. Il permet de s’assurer
que le SYSGOC, la comptabilité et le reporting sont efficaces et conformes au
reférentiel Charia et à la règlementation en vigueur. Cette vérification permet
de mettre en évidence les éventuelles insuffisances, fraudes ou omissions.
Bien que l’opinion de l’auditeur renforce la crédibilité des états financiers,
l’utilisateur ne peut présumer que l’opinion est une assurance quant à la
viabilité future de l’institution financière ou quant à l’efficience ou l’efficacité
avec laquelle la Direction a mené les affaires de l’institution financière.
5.3.2 Objectifs
L’objectif d’un audit Charia est de permettre à l’auditeur d’exprimer une opinion
sur la question de savoir si les états financiers sont préparés, dans tous leurs
aspects significatifs, conformément aux règles et principes de la Charia, aux
normes (AAOIFI, IFSB...) et pratiques comptables nationales pertinentes
dans le pays dans lequel l’institution financière opère. L’expression utilisée
pour exprimer l’opinion de l’auditeur est « donner une image fidèle ».
5.3.2 Typologie
A l’instar du Contrôle Charia, on distingue trois principaux types d’Audit Charia :
◊ Le champ de la mission
SYSGOC
9 Norme d’Audit N°3 AAOIFI
Le Guide SYSGOC 33
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
L'Audit Charia
LE RAPPORT
CONSOLIDATION
6 C’est le principal livrable de la mission, il permet à
l’entité auditrice de faire une restitution du résultat
5
de sa mission, de faire des récommandations et
Elle permet de faire une synthèse répondre aux différentes intérrogations quant à la
de tout ce qui a pu être collecté coformité des opérations.
depuis le début de la mission.
4 EVALUATION
C’est également l’opportunité
d’avoir des ultimes compléments
d’information, d’entretien ou de Cette étape permet d’apprecier les résultats
document. des diiférentes action menées jusque là,
permettant ainsi de situer le niveau de
ANALYSE
3
conformité.
5.3.4 Méthodologie
L’Audit Sharia comporte 6 types d’activités qui sont présentées dans le graphique
ci-dessus.
• un titre
• le destinataire ;
Le rapport d’audit Charia doit être destiné aux personnes et entités les plus
appropriées, comme l’exigent les circonstances de la mission ainsi que les lois
et réglementations en vigeur.
• un paragraphe d’introduction ;
Le rapport de l’audit Charia doit décrire l’étendue de l’audit en indiquant que celui-
ci a été mené conformément aux réferentiel Charia (Standars internationaux &
avis juridiques du Sharia Board) et aux normes ou pratiques en vigueur dans
l’UMOA, le cas échéant, qui ne contreviennent pas aux principes et règles
de la finance islamique. Cela garantit au lecteur que l’audit a été effectué
SYSGOC
conformément aux normes ou pratiques établies. Sauf indication contraire,
les normes ou pratiques d’audit suivies sont présumées être celles du pays
indiqué par l’adresse de l’auditeur Charia. Une illustration du libellé du champ
d’application de l’Audit Charia est présentée ci-dessous :
“Nous avons effectué notre audit conformément aux Normes d’audit pour les
institutions financières islamiques (et nous nous référons à la législation, aux
réglementations et aux normes ou pratiques pertinentes et en vigeur dans
Le Guide SYSGOC 35
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
l’UMOA). Ces Normes requièrent que nous planifiions et réalisions un Audit Charia
de manière à obtenir l’assurance raisonnable que le Sytème de Gouvernance
Charia, les états financiers et la comptabilité ne contiennent pas d’anomalies
significatives. Un audit consiste à examiner, par divers moyens légaux, les
éléments probants justifiant les montants et informations figurant dans les états
financiers ainsi que la conformité de la Gouvernance Charia. Un audit comporte
également l’appréciation des principes comptables suivis et des estimations
significatives de l’engagement de la direction, ainsi que l’appréciation de la
présentation d’ensemble des états financiers. Nous estimons que notre audit
fournit une base raisonnable à notre opinion.
• date du rapport ;
• l’adresse de l’auditeur, et
Le rapport d’Audit Charia doit être signé soit au nom du cabinet d’audit Charia,
soit au nom personnel de l’auditeur Charia interne, soit les deux, selon le cas.
NB: Une uniformité dans la forme et le contenu du rapport d’audit Charia est
souhaitable car elle favorise la compréhension du lecteur et aide à facilement
identifier les circonstances inhabituelles lorsqu’elles se produisent.
5.4.1 Définition
L’éthique ne consiste pas seulement à faire ce qu’il faut ; il s’agit de faire
la bonne chose avec la bonne intention et le bon état d’esprit, de la bonne
manière, même lorsqu’on n’est pas observé et au mieux de ses capacités. Être
éthique implique également d’aller vers les autres et de s’engager avec eux de
manière positive, prudente et efficace, en les encourageant à se comporter
de manière adéquate. En d’autres termes, l’éthique consiste à intérioriser des
croyances et des vertus spécifiques et à les extérioriser pour présenter certains
comportements.
5.4.2 Objectifs
Les objectifs de l’éthique (dans les IFI) peuvent être décliné comme suit:
Personnelle Culturelle
Violations
éthiques
Liées à la culture!
Ex : la médisance
Interpersonnelle Managériale
SYSGOC
Liées au leadership ou au
Management
Ex : la discrimination
Figure 10 : Les différentes formes de violation de l’éthique
11 Selon le code Ethique des professionels des IFI de l’AAOIFI : Adl – est le concept d’exigence éthique mini-
mum requise par la société. Littéralement, le terme signifie ou implique de mettre quelque chose ou quelqu’un à sa
juste place ou position et qui inclut le sens de la justice, de l’équité, de l’équité et de l’équilibre.
Le Guide SYSGOC 39
LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSGOC 5
5.4.5 L’équation de l’éthiquement correct et de l’excellence (Adl &
Ihsan12)
Le cadre conceptuel de l’éthique des IFI se base sur le respect des vertus
éthiques proposées ainsi que l’atteinte et le maintien du tandem Adl-Ihsan.
Exhortation la vérité
Confiance en Dieu
Encourager les autres à faire le bien et à
éviter le mal de manière éclairée, Tawasi Faites confiance à la volonté et au décret
positive et prudente en utilisant le Tawakul d'Allah Tout-Puissant et soyez satisfait du
raisonnement, l'influence, l'autorité, etc. bil Haq résultat après avoir épuisé de manière
optimale toutes les possibilité
06 vertus
éthiques
Force
des IFI
Avoir, sur une base continue, la Intégrité
puissance, la capacité et la capacité Atteindre la cohérence et la persistance,
intellectuelles, psychologiques et
physiques à un niveau requis pour Qouwa Sidq ainsi que l'harmonie entre les
croyances, les intentions, les paroles et
l'accomplissement d'une responsabilité les actions, tout en soutenant et en
ou l'exécution d'une tâche promouvant la vérité
Fiabilité
Honorer et remplir les devoirs, pouvoirs et Amana
responsabilités associés à son rôle, son rang, sa
position et son statut, y compris la sauvegarde des
ressources données dans son commandement en
tant que confiance
Figure 12 : Les six vertus éthiques des IFI
12 Selon le code Ethique des professionels des IFI de l’AAOIFI : Ihsaan – est le concept de recherche d’ex-
cellence en éthique, ce qui est fortement recommandé. Le terme « excellence » signifie faire quelque chose d’une
manière qui, compte tenu des ressources, des contraintes et des circonstances données, ne peut pas être mieux
faite ;
Organes
Ethique
SYSGOC
Le tableau ci-dessus résume les exigences règlementaires minimum des
Institutions financières en matière de gouvernance selon leur nature.
Le Guide SYSGOC 41
CONCLUSION 6
Institutions (voir annexe 4) nous revèle les informations suivantes :
Cela constitue certes un bon début mais ne pourrait occulter le besoin urgent
de circulaires de la Commission Bancaire sur la gouvernance, l’audit et le
dispositif interne de vérification des IFI.
• La supervision
Il nous est donné de constater que certains experts interviennent dans plusieurs
Conseils de Conformité Internes dans la sous-région. Cela est principalement dû à
l’insuffisance de ressources humaines compétentes pour assurer les différentes
fonctions au sein du système de gouvernance et aussi à l’absence de politique
de formation adéquate.
• La sensibilisation
6. CONCLUSION
En définitive, nous pouvons retenir que la notion de gouvernance Charia est à ses
balbutiements tout comme l’industrie de la finance islamique dans la zone UMOA.
Des efforts considérables ont été certes consentis par les autorités de régulation
et les dirigeant des IFI. Nonobstant, l’avenir et la perennité de l’industrie dépend
de son apptitute à bien négocier ce virage de la gouvernance et de la conformité
charaique.
Cet exercice nous a permis tout d’abord de survoler le cadre tel que défini par
les Organismes Internationaux de Normalisation de la finance islamique avant
de jeter un regard sur l’existant dans la zone UMOA. Cela nous a donc permis
d’énoncer la méthode SYSGOC qui est une approche de Système de Gouvernance
Charia qui s’articule autour de quatre axes notamment le Sharia Board, le Contrôle
Charia, l’Audit Charia et l’Ethique.
SYSGOC
puristes de la Finance islamique rêvent de voir une prolifération des instruments
participatifs mais il est clair que sans gouvernance rigoureuse il serait vraiment
utopique d’espérer voir ce rêve se réaliser un jour sous nos cieux.
Le Guide SYSGOC 43
ANNEXE 1
1
Exemple d’atteinte à l’indépendance du Sharia board
Les membres du SB, durant leur période d’engagement, doivent être et
paraître libres de tout intérêt qui pourrait être considéré, quel que soit son
effet réel, comme étant incompatible avec l’indépendance, l’objectivité
et l’intégrité. Voici des exemples de situations, de conditions ou de
circonstances qui peuvent indiquer un manque d’indépendance réel ou
apparent :
• Frais
• Honoraires conditionnels
• Biens et services
SYSGOC
des mesures pour assurer une rotation ordonnée de l’entretien du SB
sur l’engagement, de manière à garantir qu’au moins un membre du SB
devrait être renouvelé tous les cinq ans.
Le Guide SYSGOC 45
ANNEXE 2
Décembre 2009
Note: In the event of any inconsistency or discrepancy between the English version
and any other language versions of this Standard, the
English language version shall prevail.
SYSGOC
Le Guide SYSGOC
ISBN: 978-983-44579-5-2
47
ANNEXE 2
SYSGOC
Le Guide SYSGOC
i
49
ANNEXE 2
LE COMITÉ TECHNIQUE
Le Président
S.E. Dr Abdulrahman A. Al-Hamidy – Agence Monétaire de l’Arabie Saoudite
Le Vice-Président
M. Osman Hamad Mohamed Khair – Banque Centrale du Soudan (jusqu’au 15
août 2009)
Membres*
Dr Sami Ibrahim Al-Suwailem Banque Islamique de Développement
M. Khalid Hamad Abdulrahman Hamad Banque Centrale de Bahreïn
M. Gamaal M. Abdel-Aziz Negm Banque Centrale d’Egypte
Dr Mulya Effendi Siregar
Banque d’Indonésie
(jusqu’au 31 mars 2009)
M. Ramzi A. Zuhdi
Banque d’Indonésie
(depuis le 1er avril 2009)
M. Hamid Tehranfar
Banque Centrale de la République Islamique d’Iran
(jusqu’au 31 mars 2009)
M. Abdolmahdi Arjmand Nehzad
Banque Centrale de la République Islamique d’Iran
(du 1er avril 2009)
Dr Mohammad Yousef Al-Hashel Banque Centrale du Koweït
M. Bakarudin Ishak Banque d’Etat de la Malaisie
(jusqu’au 31 mars 2009)
M. Ahmad Hizzad Baharuddin Banque d’Etat de la Malaisie
(depuis le 1er avril 2009)
Dr Nik Ramlah Mahmood Commission sur les Valeurs mobilières de la Malaisie
M. Pervez Said
Banque d’Etat du Pakistan
(jusqu’au 31 mars 2009)
Mlle Lubna Farooq Malik
Banque d’Etat du Pakistan
(depuis le 1er avril 2009)
M. Mu’jib Turki Al Turki Banque Centrale du Qatar
M. Abdulaziz Abdullah Al Zoom Autorité du Marché financier de l’Arabie Saoudite
M. Chia Der Jiun Autorité Monétaire de Singapour
M. Saeed Abdulla Al-Hamiz Banque Centrale des Emirats Arabes
(jusqu’au 31 mars 2009)
M. Khalid Omar Al-Kharji Banque Centrale des Emirats Arabes
(depuis le 1er avril 2009)
ii
Le Président
Dr Abdulrahman A. Al-Hamidy – Agence Monétaire de l’Arabie Saoudite
Le Vice-Président
Mr Osman Hamad Mohamed Khair – Banque Centrale du Soudan
Membres*
M. Ak Shahrulazmi Pg Dr. Hj Ismail Ministère des Finances du Brunei
M. Ali Sakti Banque d’Indonésie
M. Cecep Maskanul Hakim Banque d’Indonésie
M. Faisal Adnan Al-Roudan Banque Centrale du Koweït
M. Rustam Mohd Idris Banque d’Etat de la Malaisie
Dr Md Nurdin Ngadimon Commission des Valeur mobilières de la Malaisie
M. Syed Azhan Syed Mohd Bakhor Commission des Valeur mobilières de la Malaisie
M. Abdul Ghani Endut CIMB Banque Islamique Berhad, Malaisie
M. Mahmood Shafqat Banque d’Etat du Pakistan
M. Abdullah Ahmed Ali Banque Centrale du Qatar
M. Tariq Javed Agence Monétaire de l’Arabie Saoudite
M. Mohammad Abdullah Al-Saab Autorité du Marché financier de l’Arabie
Saoudite
Dr Mousa Adam Eisa Banque Commerciale, Arabie Saoudite
M. Nazeem Ebrahim Commercial
Oasis Bank,
Crescent Saudi
Capital Arabia
(Pty) Ltd., Afrique du Sud
M. Abdalla Elhassan Mohamed ElBasheer Banque Centrale du Soudan
M. Simon Gray Autorité des Services Financiers de Dubaï
Le Président
Sheikh Mohamed Mokhtar Sellami
Le Vice-Président
Sheikh Saleh Bin Abdulrahman Bin Abdulaziz Al Husayn
SYSGOC
Professeur Rodney Wilson Consultant
Professeur Simon Archer Consultant
M. Madzlan Mohamad Hussain Chef de Projet Senior
iii
Le Guide SYSGOC 51
ANNEXE 2
TABLE DE MATIERES
ACRONYMES v
INTRODUCTION 1
DÉFINITIONS 23
ANNEXES 25
iv
ACRONYMES
CA Conseil d’Administration
FPC Fonds de Placement Collectif
TCI Titulaire de Compte d’Investissement
FPCI Fonds de Placement Collectif Islamique
CSFI Conseil des Services Financiers Islamiques
ISFI Industrie des Services Financiers Islamiques
Institutions Islamiques offrant des Services Financiers (eu égards uniquement à ce
IISF document et incluant notamment: les guichets islamiques des institutions
conventionnelles, les institutions Takāful/d’assurance islamiques, les fonds
UICC communs de placements
Unité/Département Interneislamiques, ainsiàque
de Conformité des sociétés de gestion de fonds)
la Chari`a
UIAC Unité/Département Interne d’Audit/Vérification de Conformité à la Chari`a
OCDE Organisation de Coopération et de Développement Economiques
CSC Conseil de Surveillance de la Chari`a ou Conseil de la Chari`a (en abrégé)
OT Opération Takāful
SYSGOC
Le Guide SYSGOC
v
53
ANNEXE 2
Bismillahirrahmanirrahim.
Allahumma salli wasallim ‘ala Sayyidina Muhammad wa’ala ālihi wasahbihi
INTRODUCTION
1. Ces dernières années, le Conseil des Services Financiers Islamiques (CSFI) a mis au
point trois Principes Directeurs dans le but de favoriser la consolidation des structures
et procédures de gouvernance dans plusieurs segments de l’Industrie des Services
Financiers Islamiques (ISFI) en conformité avec son mandat, visant à promouvoir la
solidité et la stabilité du système financier islamique.1 Dans les trois cas, il fut constaté
que des préoccupations quant aux rôles et aux fonctions des Conseils Chari`a2, qui
font partie du Système de gouvernance plus étendu, ont constitué un thème récurrent.
Cette constatation est cruciale, étant donné que la conformité aux règles et principes
de la Chari`a est la raison d’être de l’ISFI. En fait, les autres normes du CSFI – telles
que celles sur la gestion des risques, l’adéquation du capital et le processus de contrôle
prudentiel - contiennent également des exigences et des recommandations pour
garantir que le Système de Gouvernance de la Chari`a soit effectif.3
1
Ceux-ci incluent (i) les Principes Directeurs de Gouvernance pour les Institutions offrant uniquement les Services
Financiers Islamiques (IISF-excluant les Institutions islamiques de Takāful/d’assurance et les organismes de placements
islamiques), également appelé IFSB-3 (2006); les Principes Directeurs sur la Gouvernance pour fonds de placements
Islamiques, également appelé IFSB-6 (2008) et les Principes Directeurs sur la Gouvernance des Opérations Takāful,
également appelé IFSB-8 (2009).
2
Les Conseils Chari`a (à savoir les Conseils de Surveillance de la Chari`a) se composent habituellement d’un panel de
Spécialistes de la Chari`a agissant comme conseillers spéciaux pour les institutions, et peuvent également être désignés
en tant que Comité Chari`a ou Conseil de Surveillance Chari`a (CSC). Cependant, durant ces dernières années, il y eut
une convergence vers la création de cabinets de conseil sur la Chari`a, qui offrent des services tels que l’audit/vérification
de conformité avec la Chari`a, même s’ils ne peuvent être considérés comme un alternatif à un Conseil Chari`a complet
en bonne et due forme.
3
Par exemple, les Principes Directeurs sur la Gestion des Risques, également appelé IFSB-1 (2005), démontre le besoin
pour les IISF d’établir une politique et une infrastructure appropriées pour gérer le risque légal et le risque de non-
conformité à la Chari`a, qui sont considérés comme faisant partie des risques opérationnels des IISF- ainsi indiquant
clairement le besoin d’un système robuste et fiable de gouvernance de la Chari`a pour gérer les risques de non-conformité
à la Chari`a. La norme sur le Processus de Contrôle Prudentiel, aussi connu comme IFSB-5 (2007), recommande que les
autorités de contrôle doivent s’assurer de l’existence et la bonne mise en place de systèmes appropriés, y compris celui
qui concerne les rôles joués par les Conseils Chari`a.
4
Il convient de rappeler qu’outre les normes de CSFI susmentionnées, certains organismes internationaux de la finance
islamique, ainsi que certaines autorités de Contrôle, ont émis leur propres directives concernant la gouvernance Chari`a.
5
Un critère clé d’Indépendance est la capacité d’exercer un jugement sensé à la suite d’une considération équitable sur
toute information pertinente et opinions sans l’influence des cadres dirigeants ou des intérêts externes inappropriés. IFSB-
3 explique cela en détail et, entre autres choses, exige que le professionnalisme et l’indépendance du Conseil Chari`a
soient maintenus avec le plus grand respect. Ce concept est plus amplement renforcé en Annexe 3.
6
A cet égard, le Conseil de la Chari`a devra clairement expliquer aux IISF s’il va émettre une déclaration/décision,
SYSGOC
recommandation ou d’autres remarques, pour une compréhension claire des instructions du Conseil de la Chari`a ainsi
facilitant la mise en application appropriée des instructions.
7
Même si quelquefois l’autorité centrale sur la Chari`a peut ne pas empêcher entièrement l’annonce des déclarations par
le Conseil de la Chari`a au niveau des IISF, d’ordinaire cela ne les concerne pas vraiment étant donné qu’il y aura un
commun accord avec le Conseil de la Chari`a au niveau des IISF afin de ne pas contredire ou déroger à toute
déclaration/décision émise par une autorité centrale sur la Chari`a.
8
Evidemment, l’effet juridique contraignant d’une déclaration/décision sur la Chari`a est également assujetti au cadre
national, juridique et réglementaire, selon le cas. Cependant, dans la pratique, les décisions de la Chari`a sont appliquées
en les inscrivant dans la documentation juridique des transactions financières islamiques; ainsi, elles engagent les parties
contractantes, y compris les IISF, sous la loi existante des contrats.
Le Guide SYSGOC 55
ANNEXE 2
4. Un autre terme qui est habituellement utilisé dans l’IISF c’est "Spécialistes de la Chari`a’’,
qui désigne toute personne engagée professionnellement par l’IISF à fournir de l’expertise
lors du processus de conformité à la Chari`a. Alors que le mot "Spécialiste’’ a été préféré
comme une traduction directe pour "alim’’ (au pluriel : ulama), qui évoque une personne
ayant été formée et qui est un expert, dans le cadre de l’ISFI, on se réfère particulièrement
à un niveau plus spécialisé au sein du Fiqh al-Muamalat (Les Lois des Affaires Islamiques)
plutôt qu’à la Chari`a au sens large ou à d’autres domaines des études islamiques. De
plus, cette spécialisation est consacrée à la provision des opinions d’expert via des
déclarations/décisions liées à la Chari`a, spécifiques aux services financiers islamiques et
ne s’adressent habituellement pas directement au grand publique ni aux sociétés. Par
souci de clarté, il est donc important de souligner la connotation "professionnel’’ (par
opposition à "académique’’) associée à cette position. Ainsi, ce document utilise le terme
"Membres du Conseil de la Chari`a’’, au lieu de ‘’Spécialistes de la Chari`a’’, pour se référer
à ulama ou autres9 qui fournissent leurs services professionnels spécifiquement à
l’intérieur de l’ISFI. Le sens et le contexte des autres termes clés sont définis à la page 22.
SYSGOC
fonctions dans la réalisation des objectifs de la Gouvernance sur la Chari`a, et
Le Guide SYSGOC 57
ANNEXE 2
ainsi d’aider à promouvoir la sureté et la stabilité de l’ISFI. Ainsi, alors que les
Conseils de la Chari`a ont un rôle prépondérant à jouer afin de garantir une juste
gouvernance de la Chari`a, il est également raisonnable d’espérer que les autres
organismes de gouvernance d’une IISF participent au respect du Système de
Gouvernance de la Chari`a en effectuant diligemment leur fonctions et en
reconnaissant l’importance de soutenir le travail du Conseil de la Chari`a. A cette
fin, les IISF devraient considérer l’implémentation du Système de Gouvernance
de la Chari`a d’une manière globale.
7. Ce document contient neuf principes directeurs (ci-après référés comme les "Principes
Directeurs’’). Les Principes Directeurs sont divisés en cinq sections:
9. Dans les autres normes, le CSFI recommande l’adoption de l’approche dite “se conformer
ou s’expliquer” lorsqu’il s’agit des divulgations, car cette approche est très pragmatique par
rapport aux diverses cadres de juridictions légales dans lesquels les IISF opèrent. De plus,
une telle approche faciliterait l’adoption d’un cadre de gouvernance qui corresponde
proportionnellement à la dimension, la complexité et la nature de chaque IISF.11 Ainsi, il
11 IFSB-3 explique que l’approche "se conformer ou s’expliquer" ‘provient de l’idée de la discipline imposée par le marché, par
laquelle les intervenants (y compris le Responsable) sont habilités à réagir aux arrangements de gouvernance insatisfaisantes
ou à des divulgations insuffisantes (qui sont soit erronées, soit considérablement incomplètes ou trompeuses). Les sanctions
des parties prenantes peuvent varier des préjudices portées à la réputation de l’IISF, à la perte de confiance dans la Direction-
forçant ainsi quelques cadres dirigeants à la démission, ou encore à entreprendre des actions en justice en se basant sur les
termes contractuelles. Plus particulièrement, les autorités de contrôle devraient disposer de mécanismes de mise en application
est recommandé aux IISF d’adopter la même approche lors de la divulgation de leur
conformité avec ce document aux parties prenantes concernées.
SYSGOC
adéquats, allant de l’autorité pour mener les divulgations nécessaires à l’imposition des reproches et sanctions afin de freiner
la non-conformité délibérée.
Le Guide SYSGOC
6
59
ANNEXE 2
Principe 1.1: La Structure de Gouvernance de la Chari`a adopté par les IISF devra
correspondre proportionnellement à la dimension, la complexité et la nature de ses activités.
10. Le CSFI a requis systématiquement dans ses normes et principes directeurs que chaque
IISF ait un accès adéquat et efficace au Conseil de la Chari`a, qui aura un mandat et une
responsabilité claire pour assurer que le IISF adhère aux règlements et principes de la
Chari`a par rapport à tous ses produits et services financiers islamiques. Ainsi, il est
dûment reconnu que plusieurs structures et modèles de gouvernance de la Chari`a qui ont
été adoptés par les différentes juridictions où les IIFS sont présentes.
11. Certaines autorités de contrôle peuvent décider que leur responsabilité quant à la
gouvernance ne s'étend pas à la structure de gouvernance de la Chari`a adoptée par une
IISF. Etant donné qu’elles ont uniquement le souci que les IISF aient un système efficace
de gestion du risque de la réputation liée à la conformité à la Chari`a, elles permettent aux
IISF de décider d’eux-mêmes quel genre de Système de Gouvernance de la Chari`a il
convient d’adopter. Il revient au marché de déterminer en toute indépendance le système
qui confère une crédibilité suffisante aux produits et services offerts par chaque IISF.
D'autres autorités de contrôle sont préoccupées par les "défaillances du marché" et la
nécessité de protéger les clients. Par conséquent, elles exigent que chaque IISF ait un
Système de Gouvernance de la Chari`a qui fonctionne bien et chercheront à confirmer que
c'est le cas. En plus, par le biais d'un processus général consultatif indépendant de tout
Conseil de la Chari´a spécifique, elles peuvent également émettre des circulaires et des
directives sur des produits conformes à la Chari´a tels que sukuk, etc.
12. Quelques autres autorités de contrôle considèrent que les Conseils de la Chari`a ont un
rôle important dans le contrôle de la solidité des IISF, semblable aux autres conseillers
professionnels tels que les avocats, comptables et auditeurs. Elles imposent ensuite une
exigence que chaque IISF doit pouvoir disposer d'un certain nombre minimal de membres
au Conseil de la Chari`a, qui doivent aussi satisfaire certains critères "d’aptitude et
d’honorabilité’’ - semblable à celle de l'assurance demandée lorsque les banques nomment
leur CA.
13. Dans certaines juridictions, les autorités de contrôle ont leur propres Conseils de la Chari`a
qui travaillent avec eux sur l’émission des déclarations/décisions normalisées au sujet de
la Chari`a, ainsi que l’alignement des pratiques pertinentes et des cadres règlementaires
sur la Chari`a. Bien qu’elles puissent être connues sous différentes dénominations telles
que le Conseil de Contrôle National sur la Chari`a, Le Conseil National Fatwa, Le Conseil
Suprême sur la Chari`a, etc., leur fonctions sont similaires, c’est-à-dire, de devenir la plus
haute instance émettrice des déclarations/décisions sur la Chari`a pour l’ISFI du pays.
Certaines de ces autorités de contrôle sont même allées un peu plus loin, en interdisant
les membres du Comité national sur la Chari`a de devenir membre d’un Conseil de la
Chari`a d’une institution commerciale afin d'éliminer toute perception de conflits d'intérêts.
En outre, dans certaines juridictions chaque membre d’un Conseil de la Chari`a est limité
quant au nombre de Conseils de la Chari`a des intervenants dans lesquels il/elle peut
siéger. Cette restriction vise non seulement à réduire le conflit d'intérêt et à maintenir une
distance appropriée pour gérer les conflits et préserver la confidentialité, mais aussi (peut-
être même plus) pour que les membres du Conseil de la Chari`a puissent consacrer
suffisamment de temps et d'efforts à chaque IISF qu'ils desservent.
14. Conformément aux normes reconnues de gouvernance telles que celles publiées par
l’OCDE, les IISF devront exercer une discrétion appropriée sur le choix de structures de
gouvernance de la Chari`a afin qu’elles puissent garantir l’accomplissement approprié des
obligations fiduciaires, y compris la bonne foi, l’attention, la compétence et la diligence
7
envers les intervenants. Chaque IISF devrait considérer sa taille, afin de déterminer
l’incidence du nombre de membres sur l’efficacité de la prise de décisions, et d’opter pour
la dimension du Conseil de la Chari`a la plus appropriée. Les IISF devront en sus tenir
compte de l’étendue et la nature de leurs opérations. Dans la mesure du possible, une IISF
devrait opter pour un Conseil de la Chari`a qui présente une combinaison d’expérience et
de compétences.
15. À cet égard, il est envisagé que les exigences et spécifications de Gouvernance de la
Chari`a de différents types d’IISF, qui peuvent être semblables par principe, seraient bien
différents dans la pratique. Par exemple, une banque classique engagée dans les
opérations de financement islamique sur une base ad-hoc, ou une opération ("guichet")
islamique d'une banque conventionnelle avec une offre très limitée de produits financiers
islamiques, peut ne pas avoir un cadre de Gouvernance interne sur la Chari`a avec les
ressources d'un véritable IISF ou un guichet islamique avec une très large gamme de
produits financiers islamiques.12 De même, un fond de placement islamique (FPI) ou une
opération de gestion de fonds islamique peut avoir besoin de différents compétences dans
le Conseil de la Chari`a par rapport à ce que l'on peut attendre d'un tel conseil lors d’une
opération Takāful (TO).
17. Par conséquent, avant d'établir ou d'engager son Conseil de la Chari`a, une IISF devrait
être pleinement informée de ses options, dont les suivantes :
nommer un Conseil de la Chari`a dont les membres bénéficient d’une bonne réputation
et de crédibilité;13
aider le Conseil de la Chari`a en nommant une UICC ou un Agent du Chari`a, par le
biais duquel le Conseil de la Chari`a est capable de mandater et déléguer certaines de
ses fonctions à l'UICC; et
que le Conseil de la Chari`a ait au moins trois membres, formés peut-être dans
différentes écoles de jurisprudence, ayant un mélange de membres avec différentes
durées d'expérience14et, le cas échéant, être de différentes nationalités.15 En plus de
leur expertise sur la Chari`a, il faudrait que les membres du Conseil de la Chari`a aient
une certaine expérience dans les domaines du commerce ou de la finance - par
12 Dans certaines circonstances, il est compréhensible que le "guichet" islamique souhaite adopter un autre cadre de
gouvernance de la Chari`a approprié, tel que sous-traiter de telles fonctions à une firme de Conseil sur la Chari`a.
13 Il s’avère, cependant, que dans certaines juridictions le cadre régulateur permet la nomination d’un membre individuel issu
du Conseil de la Chari`a pour effectuer la fonction de gouvernance de la Chari`a dans une IISF. Bien qu'une telle approche
pourrait être justifiée du point de vue du coût, elle mettrait presque certainement une IISF en désavantage en ce qui concerne
la sagesse et la crédibilité collectives qui peuvent être atteintes dans un groupe de Conseil Chari`a composé de plusieurs
membres. En outre, il pourrait être soutenu que l'indépendance d'un membre individuel du Conseil Chari`a serait plus douteuse.
14 Il y a diverses raisons soutenant l'idée d’avoir un mélange de membres ayant différentes longueurs d'expérience dans le
Conseil Chari`a. Sachant tout d’abord que l'industrie a besoin d'un approvisionnement constant de membres hautement
compétents et qualifiés issus du Conseil Chari`a, l’opportunité et un temps adéquat doivent être alloués à la préparation d'un
nouveau groupe de personnes pour acquérir la compétence et l’expérience nécessaires. Certainement un des meilleurs
moyens pour y parvenir est par le biais d'un "système d'encadrement" par lequel le membre le plus expérimenté peut guider
SYSGOC
et superviser ceux qui ont moins d'expérience. Deuxièmement, les membres les plus expérimentés du Conseil Chari`a, en
raison de leur solide réputation et expérience, auront habituellement beaucoup plus d’engagements tels que siéger sur d'autres
conseils de la Chari`a ou à l'autorité centrale sur la Chari`a. Par conséquent, en termes d'attribution de temps, il est probable
que les membres les moins expérimentés peuvent consacrer plus de temps à étudier les questions et les propositions sur une
décision du Conseil Chari`a permettant ainsi une courbe d'apprentissage efficace et effective entre les deux. Troisièmement,
une combinaison des deux groupes favoriserait un meilleur équilibre entre l'expérience et des idées nouvelles, qui pourrait
ainsi être plus susceptible à faciliter l'innovation ainsi que l'harmonisation dans l'ensemble des délibérations du Conseil Chari`a.
15 Il convient de noter que même si le Conseil de la Chari'a devrait être composé de membres de différentes nationalités, les
citoyens locaux devraient également être inclus, entre autres, afin de promouvoir le développement des talents locaux et leur
expertise.
8
Le Guide SYSGOC 61
ANNEXE 2
exemple, dans les services bancaires aux particuliers, l'opération Takāful ou les
produits du marché des capitaux.
Considérations ex-post dont il faudrait prendre compte à l’étape de l’offre de produits - c’est-à-dire,
après que le produit a été offert aux clients et que des transactions ont été effectuées
18. Pour une bonne gestion de risque et la vérification progressive de la viabilité du produit,
une IISF souhaiterait normalement s’assurer que son Système de Gouvernance de la
Chari`a inclut les processus ex post, à savoir, la révision interne et les rapports sur la
gouvernance de la Chari`a. Sans un tel suivi, l’IISF ne serait pas en mesure de contrôler
la cohérence de la conformité à la Chari`a et de gérer efficacement tout risque de non-
conformité qui peut survenir au fil du temps.
19. Par conséquent, une IISF devrait être pleinement avisée de la possibilité, entre autres:
De s’assurer que le Conseil de la Chari`a soit plus focalisé, avec plus de temps passé
sur chaque tâche et que les conflits d’intérêts soient gérés efficacement, qui peut
impliquer que ses membres ne devront servir qu’un nombre limité de clients, 16
D’employer et former de jeunes membres du Conseil de la Chari`a ayant un potentiel
prometteur pour élargir le vivier de talents dans la profession; et
engager d’autres professionnels, tels que les avocats, comptables et économistes,
pour assister et conseiller le Conseil de la Chari`a, notamment sur les enjeux légaux
et financiers.
20. Afin que le Conseil de la Chari`a puisse avoir une hiérarchie précise et une responsabilité
claire envers les intervenants respectifs d’IISF; il doit être muni :
(i) D’un mandat qui lui donne des pouvoirs appropriés pour effectuer sa tâche et ses
fonctions;
(ii) Des procédures d’opération bien organisées par rapport aux réunions, à
l’enregistrement des réunions, au processus de prise de décision dans lequel des
décisions seront adoptées pour leur application efficace, y compris les processus
pour réviser les décisions si requis; et
(iii) Un code d’éthique et de comportement correct qui sert à renforcer l’intégrité, le
professionnalisme et la crédibilité des membres du Conseil de la Chari`a.
Conditions de nomination
22. Puisque le cadre juridique dans la plupart des juridictions prévoit un CA en tant
qu’organisme essentiellement responsable de la gouvernance d’une IISF, le Conseil de la
16 Il est impératif d’assurer l’existence de garde-fous appropriés qui peuvent neutraliser les conflits potentiels. Par exemple, il
peut être acceptable pour un Spécialiste de la Chari`a de devenir un membre du Conseil Chari`a pour les IISF opérant dans
différents segments de l’ISFI ou dans différentes juridictions.
9
Chari`a doit être avisé des limites de son autorité. 17 Le respect de chaque rôle et de
chaque fonction est essentiel, étant donné que la bonne gouvernance requiert que tous
les organismes de gouvernance travaillent ensemble, et non l’un contre l’autre. Le CA, le
Conseil de la Chari`a, la Direction et les autorités de contrôle, ainsi que les autres
intervenants, tels que les clients, les fournisseurs et le public, devront toujours chercher à
améliorer la communication entre eux afin d’éviter des malentendus et la confusion,
conformément à l’Ordre du Coran dans la Sourate Al-Maidah au verset 2 : ‘’Entraidez-vous
avec justesse et piété, mais ne vous entraidez pas dans le péché et l’amertume ; Craignez
Allah, car Allah est sévère dans la punition’’.
23. Une série claire de règles et règlements sur la tenue des réunions, les décisions prises et
enregistrées, et les rapports préparés et présentés, donnera l’orientation, très nécessaire
pour les membres du Conseil de la Chari`a, sur le niveau de compréhension de leur
responsabilité. Cela facilitera également les relations entre le Conseil de la Chari`a et les
autres organismes au sein de l’organisation des IISF, les permettant ainsi de travailler plus
efficacement les uns avec les autres et sans ambigüité quant aux chevauchements des
tâches. L’Annexe 2 recommande quelques pratiques exemplaires qui pourront être
adoptées par les IISF par rapport aux procédures de fonctionnement.
24. Il est fortement recommandé que les IISF créent une capacité interne par le biais d’une
UICC spécialisée et composée d’agents de la Chari`a ayant des qualifications et
l’expérience appropriées.18 Ces agents internes, peuvent, entre autres:
(i) Devenir le point de contact pour les problèmes de conformité à la Chari`a, jouant
un rôle de conseil/consultatif délégué par le Conseil de la Chari`a;
(ii) Gérer le traitement et l’administration des questions soulevées par le Conseil de
la Chari`a; et
(iii) Fournir des avis sur les décisions qui seront prises par la Direction. Il devrait y
avoir une séparation claire des processus et des procédures entre l’UICC et l’UIAC
par le biais d’un manuel ou d’un cadre standard.
Ethique et déontologie
25. En l’absence d’un code internationalement reconnu sur l’éthique et la déontologie pour les
membres du Conseil de la Charī`a, l’IISF pourra établir son propre code d’éthique et de
déontologie en accord avec son Conseil de la Charī`a. Il est évident que ce Code de
Déontologie devra être élaboré en collaboration et consultation avec les membres du
Conseil de la Charī`a, et attiré de nouveau à leur attention avant leur nomination ou le
renouvellement de leur mandat en tant que membres du Conseil de la Charī`a auprès de
l’IISF. Les révisions et les améliorations du Code de Déontologie devront être effectuées
de temps en temps, et avec la pleine participation du Conseil de la Charī`a. Les autorités
de contrôle pourront être amenées à s’assurer que des systèmes adéquats sont en place
pour contrôler la conformité avec ce code, et s’assurer que toute mauvaise conduite est
rapidement et efficacement prise en charge. Les quelques choses de base "à faire’’ et "à
ne pas faire’’ par les membres du Conseil de la Charī`a, y compris le devoir d’éviter tout
conflit d’intérêt avec les IISF, figurent en Annexe 3. Ceci concerne également la question
de l’Indépendance, qui sera élaborée dans la Section III.
17
Toute intervention effectuée par un Conseil de la Chari`a sera nécessairement en conformité avec la Chari`a et ne devra
SYSGOC
jamais outrepasser le manat du Conseil de la Chari`a. Les Conseils de la Chari`a devront également être vigilants à ne pas
faire de déclarations publiques sans consulter le CA ou la Direction par rapport à leurs tâches et responsabilités envers les
IISF. Dans tous les cas, en cas de différences sérieuses et inconciliables entre le Conseil de la Chari`a et tout autre organisme
au sein de l’IISF, y compris le CA et la Direction, le Conseil de la Charia consignera dans son rapport ou ses déclarations, à
l’attention des actionnaires et/ou les autorités de contrôle, ses préoccupations quant aux questions de conformité à la Chari`a.
Cependant, avant que toute déclaration sur les enjeux de conformité à la Chari`a émanant du Conseil de la Chari`a soit rendue
publique, le Conseil devra informer les autorités de contrôle afin qu’elles soient en capacité d’intervenir et remédier
opportunément à la situation, notamment en anticipant toute réaction adverse des intervenants.
18 La note 20 indique quelques recommandations sur les compétences minimales requises d’un Agent de l’UICC ou de
l’UIAC, ou d’un Agent interne de la Charī`a.
10
Le Guide SYSGOC 63
ANNEXE 2
Principe 2.1: L’IISF s’assurera que toute personne mandatée pour la supervision du Système
de Gouvernance de la Charī`a réponde aux critères acceptables et convenables.
26. Il est devenu pratique courante pour les autorités de contrôle d'exiger du CA et de la haute
direction d’une IISF de se conformer à certains critères minimaux afin de comforter la
confiance des membres du public que les IISF avec lesquelles ils font affaire sont
compétentes, honnêtes et financièrement saines, et qu’elles les serviront équitablement.
Compte tenu de l'importance des personnes chargées de superviser le Système de
Gouvernance sur la Charī`a dans la prise de décision des IISF, il est approprié que certains
critères "acceptables et convenables" soient imposés aux membres du conseil de la Charī`a
ainsi qu’aux agents de l'UICC et l’UIAC.
27. Le CA des IISF devraient prendre en compte les critères suivants lors de l’évaluation de la
compétence et l’honorabilité des individus faisant partie du Conseil de la Charī`a, ainsi que
les agents de l’UICC et de l’UIAC:
(i) bon caractère – c’est-à-dire, l’honnêteté, l’intégrité, l’équité et la réputation; et
(ii) la compétence, diligence, capacité et justesse de jugement.
Il est à noter que la liste ci-dessus n'est pas exhaustive et, en conséquence, le CA devra
tenir en compte tous les autres aspects pertinents au cas par cas - en particulier, les
aspects qui sont pertinents pour les segments de l'ISFI dans lequel ils se trouvent, et la
compétence juridique et du cadre réglementaire.
Bon caractère
28. Bon caractère – c'est-à-dire, l'honnêteté, l'intégrité, l'équité et la réputation - sont des
qualités qui sont démontrées au fil du temps. Pour évaluer le bon caractère d’une
personne, et pour orienter les critères de sélection qui seront appliqués avant de nommer
quelqu'un au Conseil de la Charī`a, l'IISF devrait, tout comme lors de l'examen des
candidatures pour le CA, le Directeur Général ou la haute direction, mettre en place un
processus transparent19 qui tient compte de tous les facteurs nécessaires, y compris entre
autres:
(i) si la personne a été déclarée coupable d'une infraction pénale, notamment une
infraction relative à la malhonnêteté, la fraude ou la criminalité financière;
(ii) si la personne a fait l'objet d'une conclusion défavorable ou d’un quelconque
règlement dans les procédures civiles, notamment en relation avec les affaires
bancaires ou financières, de mauvaise conduite ou de fraude;
(iii) si la personne, ou toute entreprise dans laquelle la personne est un actionnaire
majoritaire ou a un intérêt majoritaire ou exerce une influence notable, a fait l’objet
d’une enquête et sanctionnée ou suspendue par un organisme professionnel ou
de réglementation, une cour ou un tribunal, qu’ils soient privés ou publics;
(iv) si la personne a été propriétaire, gérant ou directeur d'une entreprise, d’une
association ou d’une autre organisation dont fut refusée l'enregistrement,
l'autorisation, l’adhésion ou la licence d’exercer un commerce, une activité ou une
profession, ou dont l'enregistrement, l'autorisation, l'adhésion ou la licence eût été
révoquée, retirée ou résiliée, contraignant ainsi cette personne à être refusée le
droit d'exercer un commerce, une activité professionnelle ou une profession
nécessitant une telle licence, enregistrement ou autre autorisation;
(v) si la personne a été un dirigeant, associé ou impliquée autrement dans la gestion
19 Alors que dans la plupart des juridictions le cadre réglementaire pourrait être tel que l'autorité de contrôle exige qu’un tel
processus soit supervisé et exécuté par le CA, dans d'autres juridictions où le règlement sur cette question est moins clair,
l’IISF peut remettre ce processus au Conseil de la Charī`a pour effectuer leur propre auto-examen, ou à la Direction de le
faire. Puisqu'il a été accepté comme bonne pratique de gouvernance que le Comité de Nomination (lorsqu'il existe ou, dans le
cas contraire, le Comité de vérification) désigne le commissaire aux comptes externe et que les actionnaires approuvent ce
dernier, de même, il est recommandé audit comité de nommer le Conseil Charī`a sujet à l’approbation des actionnaires. Dans
tous les cas, le plus important serait qu’un processus de sélection "acceptable et convenable" soit établi, et que ledit processus
soit transparent pour les parties prenantes
11
Compétence et capacité
29. L’IISF devrait s'assurer que les membres du Conseil de la Charī`a démontrent la
compétence et la capacité de comprendre les exigences techniques de l'activité, les
risques inhérents à cet égard, et les processus de gestion nécessaires pour mener ses
opérations de manière efficace, en tenant compte de l'intérêt de toutes les parties
prenantes. Dans l'évaluation de la compétence et de la capacité d'une personne, tous les
facteurs pertinents doivent être pris en considération, y compris entre autres:
(i) si la personne a démontré, par les qualifications et l'expérience, la capacité
d'entreprendre avec succès les responsabilités du poste;
(ii) si la personne est physiquement, mentalement et émotionnellement apte à exercer
ses fonctions;
(iii) si la personne a déjà été: sanctionnée par un organisme professionnel, de
commerce ou de réglementation, licenciée ou demandée à démissionner d'un
poste pour cause de négligence, d'incompétence, de fraude ou de mauvaise
gestion; et
(iv) si la personne a une bonne connaissance de l'activité et des responsabilités du
poste.
30. Il s'ensuit que les membres du Conseil de la Charī`a et les agents de l'UICC et de l’UIAC
doivent au moins posséder les connaissances et les compétences adéquates pour leur
permettre de bien effectuer leurs tâches et responsabilités. L’IISF doit faire preuve de
diligence en effectuant la vérification des antécédents des candidats susceptibles d’être
nommés à des positions respectives. Une liste de compétences minimales pour les
membres du Conseil de la Charī`a est établie à l'annexe 4.20
31. Dans le contexte où un cabinet de conseil sur la Charī`a est nommé par une IISF, une
telle entreprise devra disposer de suffisamment d'expertise et de ressources pour
accomplir son travail. Un cabinet de conseil sur la Charī`a ne peut entreprendre aucun
travail de vérification/audit de la Charī`a au-delà de sa capacité et son expertise. Une IISF
devrait réserver le droit de contrôler et s’assurer, de temps à autre, que l'entreprise
possède l'expertise et des ressources adéquates pour effectuer correctement son rôle. La
SYSGOC
Direction d’un cabinet de conseil sur la Charī`a devrait nommer une équipe dévouée et
20
Il est raisonnable de s'attendre à ce que le minimum de compétences pour les agents de l’UIAC et de l’UICC comprennne,
entre autres :
(i) une formation adéquate sur la Charī`a; (ii) la possession d'autres qualifications dans le domaine de la finance ou d'autres
domaines pertinents;
(iii) de bonnes aptitudes de communication pour leur permettre d’échanger et de travailler efficacement avec le Conseil de la
Charī`a; et (iv) le sens de l'organisation pour leur permettre de communiquer et de travailler avec d'autres unités ou
départements au sein de l'IISF.
12
Le Guide SYSGOC 65
ANNEXE 2
compétente, notamment dans le cadre du travail mené par l'équipe; et l'équipe doit avoir
la main-d’œuvre et les ressources pour réaliser le travail de vérification/audit selon les
normes fixées par l’IISF. De façon réaliste, les cabinets consultatifs sur la Charī`a
devraient être traités de la même manière et être soumises à des règles et règlements
relatifs à l’utilisation de prestataires externes de services par l’IISF.
33. Quand ils sont initialement nommés aux postes, l’IISF veillera à ce que les membres du
Conseil de la Charī`a et les agents internes sur la Charī`a reçoivent une formation
appropriée (y compris en ce qui concerne leur rôle et responsabilité et la façon de
s'acquitter de leurs fonctions). Cela devrait inclure un programme d'orientation et de
formation destiné à faire en sorte que les membres du Conseil de la Charī`a et les agents
internes sur la Charī`a sont familiarisés avec les opérations et les pratiques de
gouvernance de l’IISF. Le cas échéant, un programme de mentorat - où plus de membres
expérimentés sur la Charī`a et les agents internes du Charī`a donneraient des conseils et
de l'enseignement à leurs homologues moins expérimentés - devrait être encouragé.
34. Il est tout aussi important que les IISF allouent des ressources afin que les membres du
Conseil de la Charī`a et les agents internes de la Charī`a puissent, de temps à autre,
recevoir plus de formation ciblée, notamment sur les nouvelles dispositions législatives,
réglementaires et sur l'évolution des risques commerciaux, car il est injuste et irréaliste de
s'attendre à ce qu'ils soient bien informés sur les questions propres à l'industrie s’ils ne
sont pas adéquatement formés. Les IISF peuvent adapter les types de formation pour les
membres du Conseil de la Charī`a et les agents internes de la Charī`a afin qu'ils soient
dotés de connaissances spécifiques à l'industrie notamment sur les banques, les fonds de
placement collectif (FPC) et Takāful, en conformité avec les dernières tendances et
évolutions survenant au marché.
Principe 2.3: Il devrait y avoir une évaluation formelle de l'efficacité du Conseil de la Charī`a
dans son ensemble et de la contribution de chaque membre à l'efficacité du Conseil de la
Charī`a
36. Les IISF devront préciser et adopter un processus pour évaluer l'efficacité du Conseil de
la Charī`a dans son ensemble, ainsi que la contribution de chaque membre à son efficacité.
Les membres du Conseil de la Charī`a doivent être informés de ce processus d'évaluation
au moment de leur nomination, afin qu'ils aient une idée précise de ce qui est attendu
21IISF peut considérer de mettre en place des polices et procédures pour l’échange de connaissance comme faisant partie
de leur cadre de gestion de connaissance, s’il y en a.
13
d'eux.
37. Les IISF devront décider comment la performance du Conseil de la Charī`a peut être
évaluée et proposer des critères de performance objectifs. Ces critères de performance,
qui permettent la comparaison avec les pairs de l'industrie, devraient être développés en
coopération et en consultation avec le Conseil de la Charī`a. Ces critères de performance
ne doivent pas être arbitrairement ou unilatéralement modifiés par les IISF, et si les
circonstances sont telles qu’il devient nécessaire de changer un ou plusieurs de ces
critères, il incombera aux IISF, par le biais du CA, de justifier cette décision.
38. Une IISF peut permettre au Conseil de la Charī`a de procéder à une auto-évaluation, se
basant sur des critères convenus. L'évaluation individuelle doit viser à déterminer si
chaque membre du Conseil de la Charī`a continue à contribuer efficacement et à
démontrer son engagement à sa fonction (y compris l'engagement de temps pour assister
aux réunions pertinentes, la rédaction des déclarations/prises de résolutions sur la Charī`a
et la performance d'autres fonctions). Des exemples de facteurs à prendre en
considération dans l'évaluation de la performance du Conseil de la Charī`a sont présentés
dans l'annexe 5
67
ANNEXE 2
40. Afin de maintenir l'intégrité et la crédibilité du Conseil de la Charī`a, ses membres doivent
non seulement être en mesure d'exercer un jugement indépendant sans influence ni
contrainte injustifiée, en particulier de la part de la Direction des IISF, mais aussi d’être
perçus comme étant réellement indépendants. À cet égard, il serait souhaitable pour une
IISF d’officialiser l'indépendance du Conseil de la Charī`a et de ses membres en
approuvant le Conseil de la Charī`a, ses rôles et son mandat.22 Les IISF doivent mettre en
place un processus transparent et approprié pour résoudre les divergences d'opinion entre
le CA et le Conseil de la Charī`a. Ce processus peut inclure un accès direct (après avoir
dûment informé l'autorité de surveillance) auprès des actionnaires en tant que "lanceur
d’alerte". Les autorités de contrôle peuvent être impliqués dans ce processus de résolution
des différends, sans compromettre la nature contraignante des prises de
décisions/résolutions du Conseil de la Charī`a.
41. Le Conseil de la Charī`a peut être considéré comme "indépendant" dès lors qu'aucun de
ses membres ne possède un lien sanguin ou une relation intime avec l'IISF, ses sociétés
affiliées ou ses agents susceptibles d’interférer, ou raisonnablement être perçus comme
interférant, avec l'exercice indépendant par le Conseil de la Charī`a de son jugement dans
le meilleur intérêt de l'IISF. Dans le cas d’un cabinet de Conseil de la Charī`a, il sera
considéré comme étant indépendant de l’IISF uniquement s'ils ne sont pas des parties
liées, comme lorsqu’ils ont des actionnaires ordinaires ou des administrateurs
communs.
42. Adaptés à partir des meilleures pratiques internationales généralement applicables aux
membres indépendants non-exécutifs de la CA, les suivants sont des exemples de relations
qui sont incompatibles avec un degré adéquat d'indépendance de la part d’un membre du
Conseil de la Charī`a vis-à-vis de l'IISF à laquelle il est affiliée, et qui par conséquent
doivent être évités :
(i) un membre du Conseil de la Charī`a étant aussi employé à plein temps par une
IISF ou l'une de ses sociétés liées pour l'année en cours ou au cours de la dernière
année financière;
(ii) un membre du Conseil de la Charī`a qui a un membre de sa famille immédiate,
comme son conjoint, ses enfants ou frères et sœurs23, qui est, ou qui a été au
cours du dernier exercice financier, employé de l'IISF ou de l'une de ses sociétés
liées, en tant que membre de la haute direction;
(iii) un membre du Conseil de la Charī`a, ou un membre de sa famille immédiate,
acceptant une rémunération ou un financement de la part d’une IISF, ou l’une de
ses filiales, autre que l'indemnité pour service au Conseil de la Charī`a; ou
22 Dans certaines juridictions, la nomination et/ou la résiliation du Conseil de la Charī`a ou de ses membres nécessite
l’approbation de l’autorité de contrôle, et devra aussi être annoncée publiquement. La fiabilité et l’indépendance du Conseil de
la Charī`a pourront être améliorés en nommant une diversité de membres issus de milieux différents au Conseil de la Charī`a.
23
Dans certaines juridictions, le niveau du lien relationnel qui est considéré comme "étant en position conflictuelle’ peut être
plus étendu – de sorte qu’il inclue les oncles, tantes, neveux et nièces – et devra similairement être respecté.
15
SYSGOC
24 Les autorités de contrôle de différentes juridictions peuvent avoir des opinions différentes sur ce qui est considéré comme
un paiement d’un montant significatif; toutefois, comme un exemple, tout paiement total reçu durant l’exercice qui s’élève à
20% ou plus du taux normal d’honoraires reçu par les membres du Conseil de la Charī`a ayant les mêmes fonctions et
expériences devra généralement être considéré comme étant significatif.
Le Guide SYSGOC
16
69
ANNEXE 2
43. Les relations décrites ci-dessus ne sont pas exhaustives, et sont des exemples de situations
qui pourraient laisser croire qu'un membre du Conseil de la Charī`a ou un cabinet de conseil
sur la Charī`a soit perçu comme non-indépendant. Si l'IISF tient encore à envisager qu'un
membre du Conseil de la Charī`a ou le cabinet de conseil sur la Charī`a est indépendant,
en dépit de l'existence d'une ou plusieurs de ces relations, il doit intégralement divulguer la
nature de cette relation et assumer la responsabilité d'expliquer pourquoi le membre ou le
cabinet de conseil doit être considéré comme étant indépendant. La divulgation peut, le cas
échéant, être faite, à l'autorité de contrôle, ou au public dans le rapport annuel de l'IISF.
Principe 3.2: Pour s'acquitter de ses responsabilités, le Conseil de la Charī`a devrait être uni
des renseignements complets, appropriés et en temps utile, avant chaque réunion et sur
une base continue.
46. La direction d'une IISF a une obligation de mettre à disposition du Conseil de la Charī`a des
renseignements complets, exacts et adéquats en temps utile. S'appuyer uniquement sur le
volontariat de la direction est peu susceptible d'être suffisant en toutes circonstances, et
d'autres renseignements peuvent être nécessaires si le Conseil de la Charī`a doit s'acquitter
de ses fonctions et responsabilités correctement. Par conséquent, le Conseil de la Charī`a
devrait avoir un accès distinct et indépendant auprès la haute direction de l'entreprise pour
tous les renseignements dont il a besoin, tout en respectant les obligations de
confidentialité.26
47. L’information présentée doit inclure les informations de base et des explications relatives
aux questions qui seront portées devant le Conseil de la Charī`a, des copies de documents
d'information, les états financiers et les rapports d'évaluation des risques. Dans la mesure
du possible, de telles informations devraient être conçues et présentées de manière à aider
le Conseil de la Charī`a dans son analyse, non seulement sur le fond mais aussi la forme
des questions portées devant eux.
48. Le Conseil de la Charī`a doit avoir un accès séparé et indépendant à l'UICC et UIAC,
respectivement, pour vérifier si les procédures de contrôle internes et de conformité ont été
convenablement suivies et que les règles et règlements auxquels l'IISF est soumis ont été
respectés.
25 Référence doit être faite à IFSB-4, qui suit la norme IAS 24 sur les transactions des parties liées, et aux Principes Directeurs
sur les Affaires de IISF (IFSB-9).
26
Le Principe 1.1. d’IFSB-3 recommande que l’IISF développe un cadre général de gouvernance complète. A cette fin, l’IISF
peut incorporer des politiques et procédures évidentes concernant le droit à l’information du Conseil de la Charī`a dans le
cadre de sa politique de gouvernance.
17
50. L’IISF doit avoir une procédure applicable au Conseil de la Charī`a, soit pour chaque
membre individuel ou en groupe, dans le cadre de leurs fonctions, pour prendre des
conseils professionnels indépendants, tels que sur le plan juridique, comptable, financier
ou d'évaluation, si nécessaire, à la charge de l'IISF.
71
ANNEXE 2
Principe 4.1: Les membres du Conseil de la Charī`a devront garantir que l’information
interne obtenue au cours de l’exercice de leurs fonctions reste confidentielle.
51. Dans l'exercice de leurs fonctions, les membres du Conseil de la Charī`a ou cabinets de
conseils sur la Charī`a au service d'une IISF peuvent avoir accès à des dossiers, des
registres, des projets de textes et des conversations qui sont considérés comme
confidentiels en vertu des procédures internes de l'IISF et des pratiques de marché.
Lorsqu'un membre du Conseil de la Charī`a ou d’un cabinet de conseils sur la Charī`a sert
plusieurs IISF simultanément, la question se pose sur la manière de traiter les
renseignements confidentiels ou sensibles obtenus dans le cadre de leurs fonctions. C'est
une des principales préoccupations de l'éthique professionnelle que des informations
confidentielles ou sensibles obtenues par un membre du Conseil de la Charī`a ou du
cabinet de conseils sur la Charī`a dans l’exercice de ses fonctions auprès d’une IISF ne
devraient pas être utilisées par eux de manière qui pourrait nuire à cette IISF, en particulier
par des moyens qui pourraient donner un avantage compétitif à ses concurrents.
.
52. L'information confidentielle se réfère ici à l'information reçue par les membres du Conseil
de la Charī`a ou de la société de conseil sur la Charī`a dans l'exercice de leurs fonctions,
qui n'est pas publique et n'est pas autorisée à être rendu public. Cela comprend les
renseignements reçus sous scellés, marqués ou expressément désignés par l'IISF comme
confidentiels, ou liés au processus délibératifs de l'IISF. Des exemples de renseignements
confidentiels sont :
(i) l'information sur le développement de nouveaux produits et services que l'IISF
envisage d'offrir ou de s'impliquer;
(ii) le contenu des projets d'avis ou des décisions du conseil d'administration ou de la
haute direction;
(iii) les notes de service internes, en projet ou sous forme définitive, préparées dans
le cadre de questions présentées, ou qui seront présentées, devant le Conseil de
la Charī`a ou des cabinets de conseils sur la Charī`a;
(iv) le contenu ou la présence de conversations entre membres du Conseil de la
Charī`a concernant les questions délibérées en séance du Conseil et des
représentants de l'IISF;
(v) le timing d'une décision, ou autre opération commerciale, y compris l'état ou le
progrès d’une transaction commerciale ou d'une action non-finalisée (sauf en cas
d’autorisation par le CA en vertu de la procédure interne de l'IISF);
(vi) opinions exprimées par les parties au cours de discussions sur une question
particulière portée au Conseil de la Charī`a; et
(vii) tout sujet que l'IISF ayant nommé le Conseil de la Charī`a aurait indiqué comme
ne devant pas être révélé, tel que les pratiques internes, les procédures
informelles, le contenu ou la présence d'énoncés ou de conversations, et les
actions d'un autre membre du Conseil de la Charī`a ou du cabinet de conseils sur
la Charī`a.
54. L'obligation de respecter la confidentialité s'applique à toutes les informations qui ont été
confiées aux membres du Conseil de la Charī`a ou au cabinet de conseil sur la Charī`a par
leur client, ou qui sont portées à leur attention au cours de ou à tout moment lors de
l'exécution de leur mission. Les mêmes règles de confidentialité devraient être imposées
aux agents internes de la Charī`a. Les obligations en matière de confidentialité ne
s'arrêtent pas lorsqu'un membre du Conseil de la Charī`a ou du cabinet de conseil sur la
Charī`a n’exerce plus auprès d’une IISF ou lorsqu'un sujet est complété ou clos. Les
membres du Conseil de la Charī`a et des cabinets de conseils sur la Charī`a devraient
19
respecter les mêmes restrictions sauf si elles ont obtenu l'autorisation expresse de l'IISF
qui les libère d'une telle obligation.
55. Néanmoins, afin de faciliter le respect de la confidentialité, une IISF s’assurera que les
mandats inclus dans les contrats du Conseil de la Charī`a ou de ses membres énoncent
explicitement qu'ils doivent observer et garantir la confidentialité, le secret de l'entreprise
et toute information sensible sur le plan commercial partagée avec eux par l'IISF. Une
disposition devrait être prise pour informer et/ou clarifier au Conseil de la Charī`a ou à ses
membres quant à l'importance de conserver soigneusement toute information
confidentielle et commercialement sensible. Chaque membre du Conseil de la Charī`a
devrait signer un accord de non-divulgation ou une lettre d'engagement confirmant leur
obligation d’observer la confidentialité et la discrétion à l'égard de toute information
sensible du point de vue commercial ou du marché qui a été partagée avec lui par l'IISF.
56. Dans le cas où le Conseil de la Charī`a ou l'un de ses membres laisserait fuiter ou révèlerait
des informations confidentielles ou sensibles sur le plan commercial à des intervenants
inappropriés, l'IISF devrait au moins avoir une gestion appropriée des risques ainsi que
des processus de contrôle en place pour limiter les dégâts de la divulgation. Dans la
mesure du possible, l'IISF devrait établir un processus pour prendre des mesures
disciplinaires et/ou d'autres mesures administratives à l'encontre du Conseil de la Charī`a
ou de ses membres pour assurer la responsabilité absolue et la réparation appropriée.
73
ANNEXE 2
Partie V: Cohérence
57. L'interprétation des règles et principes de la Charī`a fondée sur la discipline du Fiqh al-
Muamalat est une question d'appréciation professionnelle des membres d'un Conseil de
la Charī`a. Par conséquent, dans la mesure du possible, les membres du Conseil de la
Charī`a devraient s'efforcer de parvenir à un consensus sur une décision du conseil. C’est
seulement lorsqu'un consensus ne peut être atteint dans un délai raisonnable que toute
décision afférente devrait être prise sur la base d'une majorité simple. En même temps, les
membres du conseil de la Charī`a doivent être cohérents par rapport aux avis qu'ils
fournissent durant leur service au sein des conseils de la Charī`a de diverses IISF. La
cohérence à cet égard est liée à la compétence et l'indépendance, comme mentionné ci-
dessus, et est également une question d'éthique professionnelle.
Principe 5.1: L'IISF devrait bien comprendre le cadre juridique et réglementaire afférant à la
publication des déclarations/décisions sur la Charī`a dans la juridiction où il exerce ses
activités. Elle devrait s'assurer que son Conseil de la Charī`a respecte strictement ledit
cadre et, dans la mesure du possible, promeut la convergence des normes de gouvernance
de la Charī`a.
58. Bien que les membres du Conseil de la Charī`a et les entreprises consultatives sur la
Charī`a doivent être pleinement conscients que les procédures et processus doivent être
respectés avant que toute déclaration/décision sur la Charī`a ne soit élaborée et conclue,
une IISF a également besoin d'être prudente quant à la façon dont la déclaration/décision
sur la Charī`a est diffusée ou publiée dans la presse ou pour le grand public. La propriété
intellectuelle de telles déclarations/décisions sur la Charī`a pourrait effectivement
appartenir exclusivement à l'IISF, selon les mandats des membres du Conseil de la Charī`a
et du cabinet de conseils sur la Charī`a. À cet égard et considérant que le Conseil de la
Charī`a ou ses membres, en tant qu’agents libres, sont généralement autorisés à fournir
des services à tout client autre que l’IISF sans aucune restriction, chaque IISF peut avoir
besoin d’établir des mesures de sauvegarde supplémentaires pour garantir que les
déclarations/ résolutions sur la Charī`a, élaborées en fonction de leur connaissance des
affaires et de l'information interne, ne seraient pas exploitées par des parties inappropriées.
En d'autres termes, la diffusion des déclarations/décisions sur la Charī`a pourrait être
limitée en fonction de conditions et modalités établies par l'IISF.
59. La plupart du temps, une majorité des Conseils de la Charī`a des IISF mentionnent
uniquement dans leur déclarations/décisions sur la Charī`a si une transaction réalisée, ou
à être réalisée, par l'IISF, ou un produit que l'IISF souhaite offrir, est admissible ou pas. Il
est rare que dans leurs déclarations/décisions sur la Charī`a ils mettent à disposition des
éléments de preuve qui pourraient être examinés par les membres d’autres Conseils de la
Charī`a. En outre, même lorsqu'ils publient de tels éléments de preuve le langage utilisé
est souvent technique et difficile à comprendre pour le grand public. Par conséquent, il est
très difficile d’accroître la compréhension du public quant aux fondements et justifications
derrière une déclaration /décision sur la Charī`a. L'industrie pourrait bénéficier davantage
en offrant un accès plus étendu aux déclarations/décisions sur la Charī`a, puisqu’un
soutien fort et une bonne appréciation par le public des rôles des Conseils de la Charī`a,
ne peuvent venir que par une meilleure prise de conscience sur ce que les conseils de la
Charī`a ont fait et sont encore en train de faire.
60. Il y a plusieurs mesures qui peuvent être adoptées par les membres du Conseil de la
Charī`a afin d’avoir plus de cohérence dans leurs décisions. Dans les pays où il existe une
autorité centrale émettant des déclarations/résolutions sur la Charī`a, le Conseil de la
Charī`a auprès de chaque IISF est généralement tenu de suivre et d’adopter des
déclarations/résolutions sur la Charī`a telles que celles émises par cette autorité centrale
sur la Charī`a. Dans les juridictions où il n'y a pas une telle autorité, il est recommandé au
Conseil de la Charī`a de suivre et adopter les déclarations résolutions sur la Charī`a émises
21
par des organisations mondialement reconnues qui émettent des opinions autorisées sur
la Charī`a. Si ce n'est pas possible - par exemple, dans le cas où aucun organisme
internationalement reconnu n’a élaboré aucune opinion faisant autorité sur le produit
commercialisé par l'IISF – le Conseil de la Charī`a devrait déployer ses meilleurs efforts
afin de documenter et publier les déclarations/résolutions sur la Charī`a émises par lui-
même et/ou ses membres, afin qu'elles puissent être ouvertement évaluées par les
intervenants de l'industrie (sous réserve de l'application de la confidentialité).
Ex-post (après que les produits aient été offerts aux clients)
61. De temps à autre, les membres du Conseil de la Charī`a doivent participer à différents
séminaires, ateliers et réunions de l'Uléma spécialisée dans le Fiqh al-Muamalat pour
présenter et débattre les déclarations/décisions nouvelles et existantes. En fait, les
membres du Conseil de la Charī`a devraient également envisager de participer à
d’autres événements similaires ayant trait au système bancaire et financier, au Takāful, au
marché des capitaux, etc., qui peuvent outrepasser leurs domaines de spécialisation en
matière de la Charī`a, afin d'élargir leurs connaissances et leur compréhension des
évolutions au sein de l'ISFI.
62. Les membres du Conseil de la Charī`a doivent aussi s'attendre à répondre aux questions
des actionnaires et du public, lors d'une assemblée générale ou d’autre forum similaire.
Afin de favoriser un meilleur enregistrement et diffusion de l'information, il serait utile s'ils
incluaient dans les rapports annuels une section sur la conformité à la Charī`a de l'IISF et
les déclarations/décisions émises par le Conseil de la Charī`a et/ou ses membres, y
compris la clarification du processus par lequel le Conseil de la Charī`a est arrivé à ses
décisions.
63. L'IISF devrait s'assurer que le Conseil de la Charī`a adopte un processus spécifié pour
changer, modifier ou réviser toutes déclarations/décisions sur la Charī`a qu’il a émises. La
divulgation appropriée et en temps opportun doit être faite aux actionnaires et/ou au public
à chaque fois que le Conseil de la Charī`a et/ou ses membres s’éloignent de ou font une
révision de ses déclarations/résolutions.
75
ANNEXE 2
DÉFINITIONS
Les définitions suivantes donnent une compréhension générale des termes utilisés dans ce
document. Le glossaire n’est en aucun cas une liste exhaustive.
27 Un Conseil Chari`a peut également avoir des membres qui ne sont pas spécialisés en Chari`a mais qui ont été nommés sur
la base de connaissances du Fiqh al-Muamalat et d’expertise en finance. Cependant, les IISF devront s’assurer que la
nomination de tels membres ne conduise pas à ce qu’ils soient plus nombreux ou disposent de plus de voix que l’uléma au
sein du Conseil de la Chari`a. Veuillez consulter l’Annexe 2, item 6.
23
Parties prenantes ou Ceux qui ont un intérêt direct dans le bien-être d’une IISF, y compris :
intervenants (i) les employés;
(ii) les clients;
(iii) les fournisseurs;
(iv) la communauté; et
(v) les superviseurs et gouvernements, se basant sur le rôle unique
des IISF dans les économies locale et nationale et dans les
systèmes financiers.
SYSGOC
Le Guide SYSGOC
24
77
ANNEXE 2
ANNEXES
Dans leur mandat, les membres du Conseil de la Chari`a seront informés de:
(i) Qui à l’intérieur d’IISF est autorisé à nommer ou résilier la nomination ou l’emploi
de ses membres; 28
(ii) La durée de cette nomination; et
(iii) Si des raisons spécifiques et/ou un certain préavis doivent être notifiés avant que
le contrat ne soit résilié par une des parties.
2. Structure hiérarchique
Le Conseil de la Chari`a rendra des comptes sur le plan administratif au CA. Cette structure
hiérarchique reflète particulièrement l’indépendance du Conseil de la Chari`a vis-à-vis de la
gestion de l’IISF.
Le Conseil de la Chari`a fera état, dans son rapport ou ses déclarations à l’intention des
actionnaires, de ses préoccupations quant aux problèmes éventuels de conformité avec la
Chari`a, qui seront incluses dans le rapport annuel de l’IISF. Si nécessaire, les autorités de
contrôle peuvent être impliquées dans ce processus étant donné que l’IIFS est liée par les
déclarations/décisions du Conseil de la Chari`a.
3. Pouvoirs et Autorités
Le Conseil de la Chari`a sera investi des pouvoirs appropriés nécessaires pour effectuer
efficacement ses tâches et responsabilités.
4. Fonctions primaires
28 A cet égard, il est envisagé que le CA nommera le Conseil de la Chari`a mais la nomination nécessitera l’approbation des
actionnaires lors de l’Assemblée Générale, comme à la nomination d’un auditeur externe. Le CA peut vouloir déléguer l’autorité
à une autre partie - par exemple, le Comité de Nomination ou le PDG. Cependant, le CA doit finalement demeurer responsable
de la nomination du Conseil de la Chari`a. Ceci assurera que l’indépendance du Conseil de la Chari`a, particulièrement de
l’influence de la Direction des IISF, ne soit pas compromise.
25
(vii) Adopter toutes les déclarations/décisions sur la Chari`a émises par l’organisme
central de la Chari`a et aborder toute question qui en découle.
5. Délégation de Pouvoirs
L’exercice d’un tel pouvoir de délégation doit être fait explicitement et être convenablement
enregistré par écrit.
Si nécessaire, les mandats peuvent être revus et mis à jour par le Conseil de la Chari`a,
en consultation avec le CA, à condition que les nouveaux termes satisfassent aux
conditions minimales normales qui peuvent être requises par l’Organisme Centrale de la
Chari`a et /ou l’autorité de contrôle.
SYSGOC
Le Guide SYSGOC
26
79
ANNEXE 2
(Pour guider les procédures de réunion, la prise de décision et l’adoption des décisions pour une
application efficace, y compris les processus de révision de ces décisions si nécessaire)
Un rapport d'audit interne sur la Chari`a concernant les produits offerts aux clients doit être
mis à la disposition du Comité d’Audit de l’IISF.
Le rapport annuel de conformité doit être soumis au CA pour diffusion aux actionnaires et,
sur demande, être mis à la disposition de l'autorité de contrôle et les membres du public, y
compris les titulaires d'un compte d'investissement (TCI)
Dans le cas où le Président est incapable d'assister à la réunion, les membres élisent entre
eux le Président suppléant à la présidence de la réunion.
Le Directeur général ou toute autre personne habilitée par le CA nommera le Chef de l’UICC
de l’IIFS ou son agent interne de la Chari`a, après consultation auprès du Conseil de la
Chari`a. L'UICC ou l’agent interne de la Chari`a sera le secrétariat du Conseil de la Chari`a.
S'il n'y a pas d’UICC ou agent interne au sein de l’IISF, cette fonction peut être effectuée
par d'autres agents tels que le secrétaire de l’IIFS, le directeur du développement de
produits ou le directeur du département juridique.
27
Le Conseil de la Chari`a doit aussi s’organiser pour rencontrer le CA de l’IISF au moins deux
fois par an (tous les six mois) pour discuter des questions d'intérêt commun.
Dans le cas où les membres du Conseil de la Chari`a de l'IISF incluent des professionnels,
comme des avocats, des experts comptables ou des économistes qui ont une certaine
connaissance de la Chari`a mais ne sont pas particulièrement formés dans cette discipline,
le quorum du conseil doit s'assurer que ceux-ci ne dilueraient pas la valeur des décisions
prises par le Conseil de la Chari`a sur des questions connexes. Bien que ces professionnels
soient considérés comme égaux aux autres membres siégeant dans le Conseil de la
Chari`a, ils ne devraient pas voter sur les questions concernant la Chari`a.
De préférence, les professionnels tels que des avocats, des experts comptables et des
banquiers peuvent toujours être appelés à conseiller le Conseil de la Chari`a pendant les
réunions, mais ils ne devraient pas faire partie de la composition du Conseil sur la Chari`a.
Les membres qui sont incapables d'y assister pour des raisons valables sont enregistrés
comme "Absent" avec des excuses", tandis que l'absentéisme sans motif valable est
considéré comme "Absent sans excuses", et le procès-verbal doit être enregistré en tant
que tel.
7. La prise de décisions
En l'absence d'un consensus, les décisions sont prises sur la base d'un vote à la majorité
simple des membres du Conseil de la Chari`a qui assistent à la réunion.
SYSGOC
Il est recommandé d’inviter les représentants de l'UICC, du département de la gestion des
risques et du service juridique à titre d'invités permanents. Toutefois, ces invités n'ont ni le
droit de vote ni le droit de veto.
Le Guide SYSGOC 81
ANNEXE 2
Tous les procès-verbaux du Conseil de la Chari`a doivent être soumis aux fonctions de
contrôle interne pertinentes desl’ IISF pour leur notification et la poursuite de l'action.
Tous les procès-verbaux doivent être correctement archivés par le secrétaire du Conseil de
la Chari`a pour une référence future. Sur demande, ils doivent être mis à la disposition de
l’auditeur interne, l’auditeur externe et de l'examinateur de l'autorité de contrôle.
29
Lors de l’exécution de ses travaux dans toute IISF, un membre du Conseil de la Chari`a doit se
comporter de manière consistante avec les principes établies de la profession et de l’organisme
dont il /elle appartient. Les principes suivants sont particulièrement applicables dans la pratique de
cette profession:
1. Indépendance
En effectuant ses tâches, un membre du Conseil de la Chari`a devra toujours avoir une
entière indépendance morale, intellectuelle et professionnelle. Cela s’applique aussi bien
à la représentation des intérêts d’un client qu’à la résolution des conflits d’intérêts entre
les membres du Conseil de la Chari`a, l’IISF, les autorités de contrôle et les autres parties
prenantes.
2. Responsabilité personnelle
3. Soin et diligence
Ceci nécessite une indépendance dans toutes les affaires professionnelles et,
particulièrement, l’exercice de l’objectivité en se prononçant sur les faits d’une affaire.
4. Confidentialité
SYSGOC
Un membre du Conseil de la Chari`a devra entreprendre uniquement des activités qui sont
compatibles avec sa profession et qui ne sont pas en conflit avec ses obligations
professionnelles.
Le Guide SYSGOC 83
ANNEXE 2
6. Sanctions Disciplinaires
Le Code de Conduite développé par l’IISF sera applicable aux membres du Conseil de la
Chari`a par l’application de sanctions disciplinaires, y compris un pouvoir d’exclusion et de
résiliation.
7. Formation Continue
31
Une IISF effectuera une vérification des antécédents et vérifiera que toute personne à être nommée
comme membre du Conseil de la Chari`a aura au moins les compétences suivantes:
1. Compétences Universitaires
Il/Elle devra au moins avoir une Licence/ ijazah d’une université accréditée sur les sciences
de la Chari`a, y compris la transaction islamique/le droit islamique des affaires (Fiqh al-
Muamalat), et être capable de démontrer une connaissance adéquate de la finance en
général et la finance islamique en particulier.
Il est fortement recommandé qu’un membre du Conseil de la Chari`a soit capable de parler
en anglais, étant donné que cela l’aidera à améliorer la communication entre lui ou elle et
les intervenants des IISF.
2. Expérience et Exposition
Le niveau de connaissance attendu d’un membre du Conseil de la Chari`a peut varier selon
le niveau de responsabilité et le type d’activité réglementée à être effectué par les IISF.
Cependant un membre du Conseil de la Chari`a est généralement considéré comme étant
capable de démontrer une compréhension:
(i) Des règles et principes de la Chari`a qui sont pertinent aux activités proposées par
les IISF;
(ii) Du cadre légal et réglementaire général qui peut être applicable aux fonctions
qu’il effectuera; et
(iii) De l’impacte général de l’introduction de produits financiers sur le marché et au
public basés généralement sur le Maqāsid al-Sharī`ah.
Il ou Elle devra être capable de démontrer des connaissances spécifiques sur l’industrie
des services financiers en conformité avec les affaires des IISF; que ce soit dans le
système bancaire, les marchés capitaux ou Takāful.
3. Caractère
Il ou Elle doit avoir un caractère respectueux et avoir une bonne conduite, particulièrement
de l’honnêteté, l’intégrité et la réputation dans ses affaires professionnelles et transactions
SYSGOC
financières.
32
Le Guide SYSGOC 85
ANNEXE 2
Evaluations Globales
Evaluations Personnelles
33
Le Guide SYSGOC 87
ANNEXE 3
Contents
1. Champ d’application de la norme ................................................................................ 3
2. Définition de la fatwa et de sa réquisition .................................................................... 3
3. Règles Charia relatives à la réquisition (istifta’) et l’émission (fatwa) de l’avis juridique 3
4. Champ d’application de l’avis juridique (fatwa)............................................................ 3
5. Les critères requis des Jurisconsultes (muftis) ........................................................... 3
6. Les responsabilités de l’IFI requérant l’avis juridique (fatwa) ....................................... 4
1 7. La méthode et les instruments de l’avis juridique (fatwa) ............................................ 4
8. Le Contrôle de l’avis juridique (fatwa) ......................................................................... 5
9. L’énoncé de l’avis juridique......................................................................................... 6
10. Le document de l’avis juridique ............................................................................... 7
11. La révision d’un avis juridique pour cause d’erreur ................................................... 7
12. La morale de l’avis juridique (L’Ethique des Jurisconsultes) ..................................... 8
13. Date de promulgation de la norme ........................................................................... 8
SYSGOC
Le Guide SYSGOC 89
ANNEXE 3
Préface
Le but de cette norme est de définir la fatwa (Avis juridique), les conditions de son
émission, ses outils appropriés et son champ d’application. La norme présente
la méthodologie de présentation d’une fatwa et explique comment peut se faire la
rectification des erreurs de fatwa.
Enoncé de la norme
1. Champ d’application de la norme
Cette norme présente l’environnement de la Fatwa en ce sens qu’il est l’une des
missions confiées au(x) Conseil(s) de Conformité Interne (Sharia-Board) des
IFI.
L’émission de fatwa, en ce qui concerne les IFI, est circonscrite aux aspects
SYSGOC
opérationnels, financiers ainsi qu’aux questions s’y rapportant, notamment
celles relatives aux principes d’adoration tout en étayant ce qui est licite et
illicite.
Le Guide SYSGOC 91
ANNEXE 3
des érudits en la matière. Il doit être aussi capable de recourir à l’une des
méthodes reconnues de déduction pour l’émission d’avis juridiques sur de
nouveaux sujets. Il doit également être reconnu pour son discernement et
sa bonne maîtrise des us et coutumes de la communauté tout en restant à
l’écoute du changement des comportements. L’expertise en jurisprudence
islamique (fiqh) se manifeste généralement par la renommée de l’Erudit ou
par ses nombreuses contributions distinguées dans le domaine des
transactions des IFI.
5.2.L’émission d’avis juridique pour une IFI ne requiert pas la maitrise de tous
les domaines de la jurisprudence. L’avis juridique (fatwa) peut être émis par
un Erudit ayant des compétences seulement dans le domaine des
transactions des IFI (Fiqh Muamalat).
[Link] membre du Conseil de Conformité Interne ne devrait avoir d’intérêt
personnel lié au sujet pour lequel l’IFI requiert l’avis juridique (fatwa).
SYSGOC
concernés.
Le Guide SYSGOC 93
ANNEXE 3
SYSGOC
respectant toutes les formalités.
Le Guide SYSGOC 95
ANNEXE 3
même que toutes les conséquences qui en découlent. Il incombe dès lors à
l’IFI de corriger toutes les actions posées sur la base de cet avis juridique
erronée et de ne plus suivre ce dernier.
11.2. Le Conseil de Conformité Interne, sur initiative propre ou sur requête de
l’IFI peut réexaminer un avis juridique précédemment émis, même si cela
conduit à l’émission d’un nouvel avis juridique contradictoire. Il incombe
donc à l’IFI de désormais se conformer au nouvel avis juridique tout en
traitant les répercussions de la précédente.
Cette norme a été émise le 1er dhul al-qa’dah 1427 AH, correspondant au 23
novembre 2006 AG.
Institution Code Nom & Prénoms Nationalité Niveau d'étude Domaine d'étude Pays d'étude
CBI CBIB-NG 1 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BARAKA- CBIB-NG 2 Dr Seyni HIMA Nigérienne Doctorat Droit Musulman des Grande Bretagne
Niger affaires
CBIB-NG 3 Dr Hamadou DICKO Burkinabé
CBIB-NG 4 Saidou BAARY Burkinabé
CBI CBIB-SN 1 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BARAKA- CBIB-SN 2 El Hadji Bara DIENE Sénégalaise
Senegal CBIB-SN 3 Dr Abdou DIAW Sénégalaise PhD (Doctorat) Finance islamique Malaisie
CBI CBIB-TG 1 Dr Abdessatar KHOUILDI Tunisienne Doctorat Droit privé France
BARAKA- CBIB-TG 2 Abdoulatif MAKO Togolaise Certificat Predication Islamique Egypte
Togo CBIB-TG 3 Dr Nourredine Anani Togolaise Doctorats Sicences économiques
& Economie
internationale
TAYSIR TF-NG 1 Imam Ahmed Dame NDIAYE Sénégalaise Conferencier Ligue des imams et
FINANCE prédicateurs
S.A TF-NG 2 Oustaz Serigne BADOU Sénégalaise Chercheur Economie Islamique Egypte
TF-NG 3 Dr Abdoulaye LAM Sénégalaise Doctorats Jurisprudence
SYSGOC
islamique
AL AMANA AFI-NG 1 DJIBO Oumarou Faroukou Nigérienne Doctorat Science économique
FINANCIAL et de gestion
ISLAMIQUE AFI-NG 2 Souheloun Almahadi Nigérienne Maitrise Arabe Arabie Saoudite
Le Guide SYSGOC 97
ANNEXE 4
Institution Code Nom & Prénoms Nationalité Niveau d'étude Domaine d'étude Pays d'étude
AL IZZA AIF-NG 1 Dr Seyni HIMA Nigérienne Doctorat Droit Musulman des Grande Bretagne
FINANCE affaires
ISLAMIQUE AIF-NG 2 Sheikh Nabil Nababayo Nigérienne DEA Théologie islamique Tunisie
S.A AIF-NG 3 Sheikh Ahmed ALKASSOUM Nigérienne Maitrise Droit islamique Niger
TAADA TMF-NG 1 Dr. Ibrahim N. Tadahoud Nigérienne Doctorat Jurisprudence Jordanie
MOUN islamique
FINANCE TMF-NG 2 Dr. Mahamadou ZABEIROU Nigérienne Doctorat Droit islamique Lybie
S.A
TMF-NG 3 Docteur Han-Madou ILBOUDO Burkinabé PhD (Doctorat) Finance Islamique Grande Bretagne
: 11 membres
: 09 membres
: 08 membres
E-mail : abbas.cherif6@[Link]