Optimisation des Circuits Micro-ondes
Optimisation des Circuits Micro-ondes
THÈSE
Préparée au
Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes du CNRS
En vue de l’obtention du
Doctorat de l’Université Paul Sabatier de TOULOUSE
Spécialité :
Microélectroniques, Microsystèmes, Micro-ondes
Par :
Mohamed SAADAOUI
Les travaux présentés dans ce mémoire ont été effectués au sein du groupe Technologies
Micro et Nanostructures (TMN) du Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes du
Centre National de la Recherche Scientifique (LAAS-CNRS) de Toulouse. Ces travaux
entrent dans le cadre du projet Tremicromedia (Tête de Réception Micromédia) du Réseau
National de Recherche en Télécommunications RNRT, et du projet européen IMPACT
(Improving multidisciplinary Access to Microsystems Technologies).
Je tiens à remercier tout d’abord Messieurs Jean Claude LAPRIE et Malik GHALAB,
Directeurs successifs du laboratoire pour m’avoir accueilli au sein du laboratoire.
Je remercie aussi infiniment les cadres scientifiques qui ont succédé à la direction du groupe
TMN, Monsieur Gabriel BLASQUEZ, Monsieur Gérard SARRABEOUROUZ, et
actuellement Monsieur Pierre Temple BOYER.
Je ne saurais exprimer ce que je dois à mon co-directeur de thèse, Monsieur Patrick PONS
pour son encadrement scientifique sans faille, ses conseils et sa disponibilité tout le long de
ces années de thèse. J’ai appris énormément à travers les discussions et réunions ou j’ai
bénéficié de l’expérience et la rigueur scientifique de Patrick. Je tiens à lui exprimer ma
profonde reconnaissance et mes amitiés les plus sincères que j’entretenais après mon départ.
Mon implication dans le projet européen IMPACT a été pour moi d’un grand bénéfice tant
sur le plan technique que humain. Je tiens à remercier le Professeur Dan NECULOIU de
l’Institut des Microtechnologie de Bucharest en Roumanie (IMT) pour son support technique
dans le domaine des hyperfréquences, et le Professeur Alexandru MULLER (IMT) avec qui
j’ai passé d’agréables moments en salle blanche pour ses conseils et son soutien.
Finalement, je dédie ce mémoire à mes très chers parents et mes deux frères Amine et
Naoufel qui ont toujours étaient la dans les moments difficiles et pour leurs encouragements
infaillibles. Je souhaite aussi partager ce mémoire avec toute ma grande famille casablancaise.
Je n’oublierais jamais ceux que j’ai perdu durant mon séjour à Toulouse ; Mes grands parents,
Mon oncle (Bouchaib) et ma très chère tante (Hlima), votre amour sera toujours gravé dans
ma mémoire.
INTRODUCTION GENERALE
Introduction générale
L’augmentation des fréquences de fonctionnement des circuits actifs à base de SiGe permet
d’envisager aujourd’hui l’intégration des circuits passifs sur silicium. Ce matériau offre aussi
d’excellentes propriétés thermiques et mécaniques intéressantes notamment pour la réalisation
de composants passifs.
-5-
Introduction générale
Le premier chapitre expose les technologies de fabrication des circuits sur membranes
diélectrique mince. Après une description générale du procédé et des briques technologiques
mises en place antérieurement au laboratoire, nous montrerons les potentialités d’une nouvelle
filière de fabrication de membranes épaisses ainsi que de la technologie des conducteurs
métalliques. Nous exposerons ensuite les résultats obtenus sur la fiabilité mécanique des
circuits réalisés sur les membranes minces. Enfin, nous examinerons les performances
électriques en terme de pertes de la filière des circuits suspendus sur membranes minces ou
épaisses.
Le deuxième chapitre a trait à la mise en place d’un banc de test pour la caractérisation
mécanique des matériaux à partir du gonflement des membranes. Après une description des
moyens et méthode de caractérisation, nous exposerons les principaux résultats liés à la
caractérisation des films minces de nitrure et d’oxyde de silicium utilisés dans la fabrication
des membranes minces.
Le dernier chapitre est consacré à la fabrication technologique d’antennes à émission
surfacique de type Yagi-Uda sur membrane. Après une brève description de la conception de
ce type d’antennes, nous nous focaliserons sur les technologies de micro-usinage du silicium.
Nous présenterons dans un premier temps la fabrication des antennes à partir des méthodes
usuelles de gravure profonde du silicium telle que la gravure sèche et la gravure humide. Puis
nous montrerons dans un second temps le développement d’une technologie originale de
micro-usinage volumique du silicium qui combine les propriétés de la gravure sèche et
humide. Les membranes réalisées à partir de cette technologie sont faiblement encastrées dans
la direction de propagation du signal. Les résultats issus de la caractérisation électrique des
antennes seront confrontés aux données de simulation. Enfin, le comportement mécanique des
membranes à faible encastrement sera analysé.
-6-
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION GENERALE........................................................................................... 4
I.1. INTRODUCTION.................................................................................................. 1
I.2. FILIÈRE TECHNOLOGIQUE DES CIRCUITS SUR MEMBRANES ............... 1
I.2.1. Description technologique générale.......................................................................... 1
I.2.2. Techniques de caractérisation ................................................................................... 5
I.2.2.1. Introduction .......................................................................................................... 5
I.2.2.2. Ellipsométrie......................................................................................................... 5
I.2.2.3. Profilométre mécanique........................................................................................ 6
I.2.2.4. Profilométre optique ............................................................................................. 8
I.2.2.5. Mesure de résistivité sous pointes ...................................................................... 10
I.2.2.6. Spectroscopie Infra rouge FTIR (Fourier Transform Infrared Spectroscopy).... 10
I.2.2.7. Rétrodiffusion de Rutherford RBS (Rutherford Backscattering Spectroscopy). 11
I.2.2.8. Nanoindentation.................................................................................................. 12
I.3. TECHNOLOGIE DES MEMBRANES............................................................... 14
I.3.1. Introduction............................................................................................................. 14
I.3.2. Rappel de la filière technologique SiO2 / SiNx ........................................................ 15
I.3.2.1. Introduction ........................................................................................................ 15
I.3.2.2. Croissance thermique de l’oxyde de silicium ..................................................... 15
I.3.2.3. Dépôt LPCVD de nitrure de silicium ................................................................. 16
I.[Link]. Etude de la filière gazeuse silane / ammoniac ................................... 17
I.[Link]. Etude de la filière gazeuse dichlorosilane / ammoniac ...................... 20
I.3.2.4. Conclusion .......................................................................................................... 25
I.4. MEMBRANES MONOCOUCHES DEPOSEES PAR PECVD ......................... 25
I.4.1. Principe du PECVD ................................................................................................ 26
I.4.2. Dépôt d’oxyde de silicium ...................................................................................... 27
I.4.2.1. Etude intrinsèque ................................................................................................ 27
I.4.2.2. Etude du recuit.................................................................................................... 30
I.4.2.3. Etude de la reproductibilité................................................................................. 31
I.4.2.4. Conclusion .......................................................................................................... 32
I.4.3. Dépôt du nitrure de silicium.................................................................................... 32
I.4.3.1. Etude intrinsèque ................................................................................................ 32
I.4.3.2. Etude du recuit.................................................................................................... 33
I.4.3.3. Conclusion .......................................................................................................... 34
I.4.4. Dépôt d’oxynitrure de silicium ............................................................................... 34
I.4.4.1. Etude de la cinétique de croissance .................................................................... 34
I.4.4.2. Etude des contraintes mécaniques de dépôt........................................................ 36
I.4.4.3. Influence de la température de dépôt.................................................................. 37
I.4.4.4. Caractérisation chimique .................................................................................... 38
I.4.4.5. Détermination de la permittivité relative de l’oxynitrure ................................... 40
I.4.4.6. Recuit Thermique ............................................................................................... 42
I.4.4.7. Influence du temps de recuit............................................................................... 44
I.4.4.8. Analyse chimique ............................................................................................... 45
I.4.4.9. Détermination du gradient de contraintes........................................................... 50
I.5. TECHNOLOGIE DES CIRCUITS ...................................................................... 55
I.5.1. Introduction............................................................................................................. 55
I.5.2. Technique d’élaboration des conducteurs par évaporation sous vide ..................... 55
I.5.3. Technique d’élaboration des conducteurs par électrodéposition ............................ 56
I.6. CARACTERISATION DES CIRCUITS SUR MEMBRANES.......................... 58
I.6.1. Fiabilité mécanique sur membrane SiO2/ SiNx ....................................................... 58
I.6.2. Caractérisation hyperfréquences ............................................................................. 58
I.6.2.1. Choix des impédances caractéristiques............................................................... 59
I.6.2.2. Choix des motifs de calibration TRL.................................................................. 60
I.6.2.3. Mesures hyperfréquences ................................................................................... 61
I.7. CONCLUSION .................................................................................................... 68
I.8. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES DU CHAPITRE.I................................ 70
II.1. INTRODUCTION................................................................................................ 74
II.2. THÉORIE DE GONFLEMENT DES MEMBRANES........................................ 76
II.2.1. Introduction............................................................................................................. 76
II.2.2. Étude théorique ....................................................................................................... 77
II.2.3. Membranes carrées ................................................................................................. 79
II.2.4. Membranes rectangulaires infiniment longues ....................................................... 80
II.2.5. Membranes multicouches ....................................................................................... 81
II.3. DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ......................................................................... 81
II.3.1. Système de génération de la pression...................................................................... 82
II.3.2. Support mécanique pour la membrane.................................................................... 83
II.3.3. Profilométre optique ............................................................................................... 85
II.4. PROCEDES DE FABRICATION ET DE CARACTERISATION DES
MEMBRANES................................................................................................................. 85
II.4.1. Fabrication technologique....................................................................................... 85
II.4.2. Caractérisation des dimensions ............................................................................... 88
II.4.3. Mesure de l’épaisseur du film................................................................................. 88
II.4.4. Mesure des dimensions des membranes ................................................................. 89
II.5. RESULTATS DE CARACTERISATION........................................................... 91
II.5.1. Extraction expérimentale des propriétés mécaniques ............................................. 92
II.5.2. Extraction des paramètres mécaniques ................................................................... 94
II.5.2.1. Membranes en nitrure de silicium ...................................................................... 94
II.[Link]. Résultats............................................................................................ 94
II.[Link]. Analyse des résultats – Module d’Young ......................................... 98
II.[Link]. Analyse des résultats – Contrainte moyenne .................................. 102
II.5.2.2. Membranes en oxyde/nitrure de silicium.......................................................... 102
II.[Link]. Caractéristique du bicouche............................................................ 103
II.[Link]. Caractéristiques mécaniques de l’oxyde thermique ....................... 105
II.6. CONCLUSION .................................................................................................. 108
II.7. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES DU [Link] ............................ 109
I.1. INTRODUCTION
1
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
SiON-PECVD
SiO2 / SiNx
(Face supérieure)
Si3N4 (HF) PECVD
Face Inférieure
Procédé LIFT-OFF Procédé LIGA
Ti / Au (50nm/2µm)
Par évaporation AZ PLP100
1
Gravure face arrière Au Electrolytique
- RIE (SiO2 / SiNx) (3 à 4µm)
-Buffer HF (Si3N4)
1
Gravure face arrière
- RIE (SiO2 / SiNx)
-Buffer HF (Si3N4)
LIGA LIFT-OFF
2
Gravure DRIE
3
Gravure KOH *Protection face avant
85°C – 10 M avec capot en Téflon
4
Gravure de la couche
d’accrochage en Ti/Au
4 3
Gravure de la couche Gravure KOH
d’accrochage en Ti/Au 85°C – 10 M
Figure I-1 : Succession des étapes technologiques pour la fabrication des circuits sur membranes
(Cf. Tableau I-1)
2
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Substrat
Le silicium double face poli, orienté (100) et de 400µm ± 25µm d’épaisseur est utilisé comme
support de départ. Sa résistivité supérieure à 2000Ω.cm, permet de réduire les pertes
diélectriques liées à la présence du silicium dans les accès sous les circuits.
Les plaquettes de silicium sont ensuite nettoyées en effectuant un cycle de nettoyage RCA. Ce
nettoyage utilisé généralement lors de la fabrication de structures MOS, permet d’éliminer les
charges organiques et métalliques présentes à la surface du silicium. L’effet de la présence des
charges est la dégradation de la résistivité du silicium, et donc l’augmentation des pertes
diélectriques.
3
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
dépôt des conducteurs par évaporation sous vide. L’épaisseur de ces conducteurs doit être
suffisante afin de diminuer les pertes ohmiques. Afin de pallier à la mauvaise adhérence de
l’or sur le diélectrique, une couche en titane/or est préalablement déposée.
4
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
I.2.2.1. Introduction
Nous décrivons les différentes techniques utilisées pour la caractérisation physique des
différentes couches réalisées : épaisseur, indice de réfraction, contrainte,…
I.2.2.2. Ellipsométrie
L’ellipsométrie est une technique de caractérisation optique rapide et non destructive. Elle
permet de mesurer l’épaisseur et l’indice de réfraction d’un film en analysant le changement
de l'état de polarisation de la lumière après sa réflexion sur la surface du film et à l’interface
substrat-film. Le changement de la polarisation est ainsi déterminé par le rapport des
amplitudes Rp /Rs et s’écrit :
Rp
= tan(Ψ ).exp(iΔ) = fonction (λ , Φ 0 , n, k , d ) Équation 1
Rs
- Rp et Rs sont les coefficients de réflexion parallèles et perpendiculaires au plan d’incidence.
- tan (Ψ) et Δ présentent le rapport des amplitudes et la différence de phase.
- λ et Φ0 sont la longueur d’onde de la lumière et l’angle d’incidence de la lumière.
- n et k sont la partie réelle et imaginaire de l’indice de réfraction
- d est l’épaisseur du film déposé.
L’ellipsométre utilisé pour la mesure des indices de réfraction et des épaisseurs est de type
Rudolph Research. La Figure I-2 expose les différents composants de l’appareil.
Source Détecteur
Polarisateur
Analyseur
Compensateur
Échantillon
La source génère la lumière monochromatique non polarisée, le faisceau incident est polarisé
par la suite lors de son passage par le polariseur et le compensateur. Ce faisceau se réfléchit en
surface de l’échantillon à mesurer, passe à travers l’analyseur qui mesure l’état de polarisation
5
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
1 Es t s 2 ⎛ 1 1 ⎞
σf = . . .⎜ − ⎟ Équation 2
6 1−ν s t f ⎝ R R0 ⎠
6
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Es
- , t s , t f sont respectivement le module d’Young biaxial (180,5GPa pour le silicium
1 −ν s
(100)), l’épaisseur du substrat et l’épaisseur du dépôt.
L2
- R0 et R Sont les rayons de courbure de la plaquette avant et après dépôt ( R = ).
8.w
Où w et L présentent la flèche et le diamètre de la plaquette mesurée.
La Figure I-3 montre le sens conventionnel pour la détermination du signe des contraintes.
⎛ Ef ⎞
⎜ (1− ν f ) ⎟
⎜1+ ⎟.( t f ts) 3
⎜ Es (1− ν ) ⎟
1 Es ts2 1 ⎝ s ⎠
σf = . . . . Équation 3
6 1− ν s t f R t
1+ f
ts
7
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Ef
est le module d’Young biaxial du film déposé.
1−ν f
Ainsi, cette équation fait intervenir le module biaxial de la couche, qui n’est pas en général
connu surtout lorsqu’il s’agit d’un nouveau matériau.
Le profilométre mécanique utilise l’interpolation polynomiale d’ordre 5 pour obtenir le profil
de déformation de la plaquette. Il permet d’obtenir trois valeurs de contraintes à savoir les
contraintes moyennes, au centre et maximales :
- La contrainte moyenne représente la valeur moyenne de contrainte obtenus par
interpolation polynomiale de la déformation en éliminant 5% de longueur au début et à la
fin de la longueur étudiée L=80mm.
- La contrainte au centre représente la valeur de la contrainte au centre du profil interpolé.
- La contrainte maximale représente la valeur maximale de la contrainte obtenue par
interpolation polynomiale de la déformation en éliminant 5% de longueur au début et à la
fin de la longueur étudiée L=80mm.
Dans le cas d’un dépôt homogène et d’épaisseur uniforme sur l’ensemble de la plaquette, ces
trois valeurs de contraintes sont identiques. La comparaison de ces valeurs permet d’évaluer
ainsi la dispersion de la mesure.
8
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
signal interférométrique en fonction du balayage pour chaque point qui présente une
enveloppe avec 2 lobes distincts si le chemin optique dans le film est supérieur à la
longueur de cohérence de la source. Le décalage entre les deux maxima des
enveloppes est proportionnel à l’épaisseur de la membrane au point de mesure. La
résolution de la mesure est de 5nm.
On dispose d’un profilométre / vibrométre interférométrique ZOOMSURF-3D, développé par
la société Fogale Nanotech. Le principe de base de cet appareil est résumé sur la Figure I-4.
La lumière générée par la source So est réfléchie sur l’échantillon P (faisceau 1) et le miroir M
(faisceau 2) en passant par le cube séparateur Sp. Ce dernier renvoie également les deux
faisceaux 1 et 2 vers la caméra C à travers la lentille L. L’intensité I(d) mesurée en un pixel de
la caméra, varie en fonction de la différence de marche (d) entre les parcours 1 et 2.
Ainsi, l’interférence des deux faisceaux est dite constructive lorsque le miroir de référence et
l'échantillon sont à égale distance du cube séparateur. Par contre, l’interférence est destructive
lorsque la différence des distances parcourues par les deux faisceaux est égale à une demi-
longueur d’onde.
Les mesures sont effectuées sous lumière mono ou polychromatique selon la rugosité, la
transparence de la couche et la hauteur de marche. Le mode monochromatique est destiné à
mesurer des surfaces peu rugueuses. Bien que la résolution verticale de ce mode soit
inférieure à 0,1nm, il reste limité à la mesure de marche inférieure au quart de la longueur
d’onde (la hauteur de marche maximale ne peut dépasser 136nm).
Le mode polychromatique est destiné à mesurer des surfaces structurées ou rugueuses. Dans
ce mode, le profilométre produit un plan focal lumineux qui éclaire toutes les iso-altitudes
d’une surface. Le profil 3D est obtenu en scannant verticalement l'objectif et en redessinant
9
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
ΔV
I I
s
e
10
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
à l'excitation des vibrations et des rotations des liaisons chimiques. L'atténuation de l’énergie
de radiation absorbée est synonyme d’une transition d’énergie de rotation et de vibration
(allongement, déformation,...) moléculaires. La Figure I-6 montre un exemple de
mouvements de liaisons chimiques [I.14].
a) b) c)
La Figure I-7 montre un exemple de vibration des liaisons dans un film d’oxyde de silicium.
11
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Un spectre RBS représente le nombre d'ions rétrodiffusés en fonction de leur énergie. Les
paramètres chimiques de la couche sont déterminés par simulation numérique du spectre
expérimental. La Figure I-8 montre un exemple de spectre enregistré sur un échantillon
composite Co27Gd4.
Figure I-8 : Exemple de spectre RBS enregistré sur un film composite Co27Gd4
I.2.2.8. Nanoindentation
La nanoindentation est une technique de caractérisation mécanique des matériaux, elle permet
la détermination de la dureté et du module d’élasticité d’un matériau par la mesure du
déplacement d’une pointe dans l’épaisseur du matériau à caractériser en fonction de la charge
appliquée (Quelques micro Newtons). La courbe de chargement traduit l’effet élastique et
plastique tandis que le retour est d’origine élastique (cf. Figure I-9)
12
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
dP 2
S = = β . Er . . A Équation 5
dh π
P : charge appliquée.
h : profondeur sur le matériau étudié.
β : facteur géométrique caractérisant l’indenteur.
A : aire de contact, fonction de la profondeur de pénétration.
Er : module d'Young réduit issu du contact entre les deux matériaux, il tient en compte du
comportement mécanique de l’indenteur.
(1− ν i 2 ) (1− ν s 2 )
Er = + Équation 6
Ei Es
(υi, Ei) et (υs, Es) sont le coefficient de poisson et le module d’Young de l’indenteur et de
l’échantillon respectivement.
Les mesures du module d’Young par nanoindentation ont été réalisées au CNES, les
caractéristiques de l’indenteur de type MTS sont résumées dans le Tableau I-2.
13
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
14
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Une solution pour contourner ces problèmes est de réaliser des membranes composites
multicouches. Chaque couche présente alors des contraintes suffisamment faibles pour
permettre l’obtention de l’épaisseur désirée sans délamination ou fissuration. La contrainte
moyenne dans la membrane composite (σc) est alors donnée par :
∑σ i ei
σc = i Équation 7
∑ei
i
Où σi et ei représentent la contrainte et l’épaisseur de la couche i.
La première filière développée au LAAS depuis plusieurs années utilise ce procédé à partir
d’une bicouche d’oxyde et de nitrure de silicium. Cependant, cette filière n’est pas optimale
car elle nécessite l’élaboration de couches différentes dans des fours différents, et elle est
limitée au niveau des épaisseurs réalisables (< 2µm). C’est pourquoi nous avons développé
une nouvelle filière à base de membranes d’oxynitrure de silicium obtenues par PECVD. Ces
deux filières sont décrites dans ce qui suit.
I.3.2.1. Introduction
La filière technologique de ces membranes est basée sur l’association d’un film d’oxyde
thermique et de nitrure de silicium déposé par LPCVD. L’oxyde de silicium thermique est un
matériau de bonne qualité et stable thermiquement. Sa technologie est largement contrôlée et
maîtrisée pour la fabrication des composants CMOS. Pour cette raison, l’oxyde thermique est
parmi les matériaux utilisés pour la fabrication de membranes diélectriques minces.
Cependant, les contraintes résiduelles de l’oxyde déposé à haute température sont
compressives et élevées, et ne permettent pas la fabrication de membranes planes (non
flambées).
L’association du nitrure de silicium déposé par LPCVD à l’oxyde thermique permet ainsi de
diminuer l’amplitude de la contrainte moyenne dans la membrane. Le nitrure de silicium est
par ailleurs un matériau connu pour sa résistance aux attaques chimiques.
15
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Afin d’obtenir des oxydes de silicium assez épais, le choix s’est porté sur l’oxydation humide
à la température maximale d’utilisation des fours, soit 1150°C. Cette croissance est intercalée
entre deux cycles d’oxydation sèche sous oxygène afin de densifier l’oxyde humide réputé
pour sa qualité poreuse. La Figure I-10 montre les phases de l’oxydation du silicium retenu :
30 mn 60 mn 60 mn 10 mn
1150 °C
O2 H2 O O2 Ar
55 mn
55 mn Ar
O2
600 °C
Figure I-10 : Cycle d’oxydation thermique du silicium pour la fabrication des membranes
Il a été reporté que les contraintes dans l’oxyde de silicium sont indépendantes de l’épaisseur
[I.17], et d’origine thermique du fait de la différence des coefficients de dilatation thermique
entre le silicium et l’oxyde thermique, ainsi que des températures de dépôt élevées. Le
Tableau I-3 rapporte les résultats de la caractérisation physique de l’oxyde de Silicium à
pression atmosphérique.
La reproductibilité des dépôts inter-plaquettes est meilleure que 3% pour l’épaisseur, 0,3%
pour l’indice de réfraction, et de 9% pour les contraintes.
Technologiquement, le temps de dépôt de l’oxyde thermique ne doit pas excéder 8 heures. En
effet, pour des temps de dépôts plus grands, l’accumulation de la chaleur dans la torche en
quartz où la réaction entre l’oxygène et l’hydrogène se produit, entraîne la déformation de
cette torche. Ainsi, l’épaisseur maximale déposée est limitée à 1,4µm.
16
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Une étude a ainsi été menée au laboratoire pour minimiser ces contraintes. Deux filières ont
été évaluées : La première à partir du silane et de l’ammoniac, et la seconde à partir du
dichlorosilane et de l’ammoniac.
Les réactions secondaires mise en jeu en phase gazeuse peuvent être décrites
schématiquement sur Figure I-11.
SiH4 NH3
SiH2
SiHNH2
Si SiN N2
Substrat
La pyrolyse du silane SiH4 et de son radical le silylène SiH2 représente la source d’atomes de
silicium, alors que les atomes d’azote proviennent essentiellement de la pyrolyse de
l’ammoniac, et du radical SiHNH2 obtenu par réaction avec les sources de silicium. Ainsi, en
définissant le rapport de débit des gaz comme étant R = NH3 / SiH4, différentes compositions
de nitrure peuvent être obtenues comme le montre la Figure I-12.
17
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
4,0
1,4
3,5
Rapport atomique x = N / Si
1,2
3,0
1,0
2,5
0,8
2,0
0,6
1,5 0,4
1,0 0,2
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
R
Ainsi rapporté par [I.18], pour les faibles valeurs du rapport R, la pyrolyse de l’ammoniac est
inhibée, on peut par la suite obtenir des dépôts avec différentes stœchiométries SiNx avec
0≤x≤1 qui correspond à du silicium dopé azote. Inversement, une augmentation du rapport R
inhibe les sources de silicium (silane et silylène sur la Figure I-12) permettant de déposer des
couches de nitrure enrichies en silicium 1≤x≤1,33 . Ainsi, la variation du rapport de gaz R
permet d’obtenir des dépôts allant de la couche silicium jusqu’au nitrure stœchiométrique
Si3N4. Cette qualité a été exploitée dans le but de réaliser des dépôts avec différentes
configurations mécaniques. Ainsi, la Figure I-13 montre l’évolution des contraintes
intrinsèques en fonction du rapport R.
1000
1,4
1,2 800
1,0
Contraintes (MPa)
600
0,8
x = N / Si
0,6 400
0,4
200
0,2
Tension
0,0 0
Compression
-0,2
-200
-0,4
-0,6 -400
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
R
Figure I-13 : Variation des contraintes et du rapport atomique
en fonction de débits des gaz R
18
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
L’étude de l’uniformité des dépôts du nitrure SiN1,25 sur un lot de 6 plaquettes révèle une
dispersion non négligeable de l’épaisseur de l’ordre de 10%. Cette non uniformité est
expliquée par la consommation du silane le long de la charge. Les uniformités sur l’indice de
réfraction et les contraintes sont de l’ordre de 1,22% et 14% respectivement. Il a été montré
qu’une uniformité acceptable ne peut être obtenue que sur un chargement de six plaquettes.
19
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
SiH2Cl2 NH3
SiCl2
SiH2ClNH2 N2
Si
Si3N4
Substrat
20
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
1,4
2,5
2,4
1,2
x = N / Si
2,3
1,1
2,2
1,0
T = 800 °C
2,1
T = 750 °C
0,9
2,0
0,8
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2
R = NH3 / DCS
A température constante et pour les faibles rapports des gaz (0 < R < 0,3), la valeur de l’indice
de réfraction indique un surplus des atomes de silicium dans le dépôt. La croissance du nitrure
(silicium dopé azote) dans ce cas est due à la présence du radical SiH2ClNH2 ainsi qu’à
l’inhibition de la pyrolyse de l’ammoniac. L’augmentation du rapport R montre une
diminution de l’indice de réfraction jusqu'à une valeur de 2, et un accroissement du rapport
atomique jusqu'à stabilisation à 1,33 en accord avec la stœchiométrie du nitrure Si3N4. Dans
ce cas, l’ammoniac contrôle la réaction et l’effet de la silylamine est ainsi négligeable [I.21].
La température de dépôt influence aussi la détermination de la stœchiométrie du nitrure. En
effet, on remarque que pour un même rapport de débit des gaz (R), le rapport atomique (N/Si)
diminue lorsque la température augmente, ce qui explique que la décomposition du
dichlorosilane (DCS) est accélérée lorsque la température augmente. L’effet inverse est
observé lorsque la température de dépôt diminue. Par contre, on remarque une stabilisation du
rapport atomique (N/Si) lorsque le rapport des débits des gaz croit. Dans ce cas, la
température de dépôt n’influence pas la stœchiométrie du nitrure.
L’étude de la cinétique des dépôts montre une évolution similaire aux deux températures, en
fonction du rapport R (Cf. Figure I-16). La vitesse de dépôt croit jusqu'à atteindre une valeur
maximale. Dans ce cas, la réaction chimique est régie par la pyrolyse du dichlorosilane.
L’augmentation de R synonyme d’une réaction chimique gérée par l’ammoniac entraîne une
21
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
chute de la vitesse de dépôt. Un effet similaire a été indiqué par [I.18] dans le cas de l’étude
de la cinétique de dépôt de nitrure avec le silane. Comme l’apport de l’énergie thermique
favorise la réaction chimique en surface, la cinétique de transport des réactifs est augmentée
ainsi que la vitesse de dépôt du nitrure à rapport de débits des gaz R constant.
60
55
Vitesse de dépot (Å / min)
50
T=
800
45 °C
40 T=
750
°C
35
30
25
20
0 1 2 3 4 5 6
R = NH3 / DCS
Dans le but d’analyser les propriétés mécaniques des dépôts, les contraintes ont été mesurées
et tracées en fonction de la stœchiométrie du nitrure pour les deux températures de dépôt
([Link] I-17).
1000
800
T = 800°C
Contraintes ( MPa )
T = 750°C
600
400
200
Tension
0
Compression
-200
22
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Pour les grandes valeurs du rapport R (R > 0,3), la concentration élevée d'azote dans le nitrure
se traduit par l’obtention de fortes contraintes en tension. La diminution du rapport R (R<0,3)
entraîne une diminution des contraintes due à l’enrichissement du dépôt en silicium jusqu'à
l’obtention de contraintes compressives pour les très faibles valeurs du rapport de débit des
gaz.
L’augmentation de la température se traduit par un affaiblissement du rapport N/Si, ce qui est
synonyme d’un enrichissement des dépôts en silicium, et par la suite une diminution des
contraintes. La réalisation d’une couche épaisse de nitrure de silicium stable physiquement, et
qui permet de contrebalancer les contraintes compressives de l’oxyde, peut être obtenue pour
un rapport des débits des gaz R de 0,24. En effet, la contrainte moyenne dans le film est
extensive et de l’ordre de 600MPa. L’association de cette couche avec l’oxyde de silicium
permet d’obtenir une bicouche de 1,4µm d’épaisseur, avec une contrainte moyenne résultante
de l’ordre de 80MPa. De plus, dans la zone de fonctionnement choisit, soit 0,2 < R < 0,3, la
variation des contrainte est progressive (400MPa (R=0,2) < σ < 670MPa (R=0,3)). La
contrainte moyenne résultante de la bicouche varie alors entre 0 est 120MPa.
L’étude de l’uniformité des dépôts de nitrure a été menée sur un chargement de 25 plaquettes.
La valeur de l’uniformité en pourcentage est mesurée entre l’épaisseur de la première et la
dernière plaquette, par rapport à l’épaisseur de la plaquette du centre. Ainsi, la Figure I-18
montre la variation de l’uniformité de l’épaisseur du nitrure en fonction du rapport des débits
des gaz (R).
18
16 800°C
750°C
14
Uniformité (%)
12
10
0
0 1 2 3 4 5 6
R = NH3 / DCS
23
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
L’uniformité d’épaisseur obtenu sur une plaquette est inférieure à 3% quelque soit la
température et le rapport du débit des gaz.
Pour les valeurs de R>0,3, l’ammoniac contrôle la réaction de décomposition, et l’uniformité
est meilleure quelle que soit la température. (< ±3%)
Pour les valeurs de R<0,3, l’uniformité d’épaisseur inter-plaquettes des dépôts montre des
dispersions supérieure à ±10%. Ces hétérogénéités sont liées à la consommation du
dichlorosilane le long de la charge, et cet effet est amplifié lorsque la température augmente.
Afin de compenser l’effet de la consommation de la charge dans le four pour les faibles
valeurs du rapport R (R<0,3), une rampe de 800/830°C de température a été réalisée dans le
four. L’augmentation de la température à la fin du four permet d’augmenter la vitesse de
dépôt et d’homogénéiser les dépôts. Le Tableau I-5 montre les résultats d’uniformité inter-
plaquettes obtenus pour un chargement de 25 plaquettes.
Ainsi, la réalisation d’une rampe de température dans le four permet d’obtenir des uniformités
d’épaisseur inférieure à ± 5% quel que soit le rapport de débit des gaz R. Et du fait, la
réalisation de dépôts homogènes sur un chargement de 25 plaquettes est rendue possible.
Par la suite, les paramètres retenus pour la réalisation des membranes composites en
oxyde /nitrure à partir de la filière dichlorosilane, sont résumés dans le Tableau I-6.
Tableau I-6 : Paramètres de dépôt de nitrure de silicium pour la réalisation des membranes
L’épaisseur maximale pouvant être déposée est de l’ordre de 0,8µm, car l’utilisation du
dichlorosilane pendant des temps excessifs peut engendrer des corrosions au niveau des fours.
24
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
I.3.2.4. Conclusion
Le Tableau I-7 récapitule les caractéristiques principales des dépôts d’oxyde et de nitrure de
silicium utilisés pour la fabrication des membranes. L’utilisation de la filière SiO2 thermique/
SiNx LPCVD permet d’obtenir des caractéristiques très reproductibles sur des lots de 25
plaquettes.
Tableau I-7 : Comparaison des filières de dépôt de nitrure de silicium par LPCVD
pour la fabrication des membranes composites
25
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
SiH4
NH3
RF N2O
Plasma N2
CF4+O2
L’absorption des radicaux issus du plasma se fait alors à la surface du substrat posé sur
l’électrode inférieure et maintenu à basse température (entre 100 et 400°C). Ainsi, les films
issus des dépôts PECVD sont généralement amorphes. Enfin, les réactifs volatils issus de la
décomposition des gaz dans le plasma sont évacués au moyen d’un système de pompage.
Les dépôts par plasma font intervenir plusieurs paramètres tels que la température, la pression,
le débit des précurseurs, la puissance et la fréquence de l’excitation de la source. Cette
dernière joue un rôle important dans le transport des ions du plasma jusqu’à la surface. En
basse fréquence (BF), ces ions sont très énergétiques et arrivent à suivre l’oscillation du
champ électrique. Le flux des particules et le bombardement ionique sont importants et
génèrent des contraintes en compression. A l’opposé, les ions sont moins mobiles lorsque
l’excitation se fait en haute fréquence, le flux des ions et le bombardement des particules
diminue, et les films déposés sont moins denses et les contraintes moins compressives. Ces
contraintes peuvent être extensives pour les dépôts de nitrure de silicium [I.24]. Par ailleurs, la
vitesse de dépôt en basse fréquence doit être supérieure à celle réalisée en haute fréquence.
L’augmentation de la puissance (P) de la décharge se traduit par un accroissement de l’énergie
cinétique des électrons qui entrent de plus en plus en collision avec les molécules gazeuses, ce
26
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Les paramètres de dépôts de l’oxyde de silicium sont présentés dans le Tableau I-8.
27
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Le dépôt de l’oxyde de silicium tel qu’il a été mis au point affiche un taux important de
protoxyde d’azote N2O dans le but de consommer totalement le faible débit de silane injecté.
Afin d’étudier la cinétique de croissance de l’oxyde, l’évolution de la vitesse de dépôt en
fonction du temps de dépôt est réalisée pour les deux types d’excitations (cf. Figure I-20).
temps de depôt (min)
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
6200 380
6100
370
6000
360
5900
350
Phase de Stabilisation : SiO2 _ BF
5800
340
5700
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 4,5 5,0 5,5 6,0
temps de depôt (min)
La croissance de l’oxyde de silicium passe par une phase de stabilisation du plasma pour les
deux excitations, le temps de stabilisation est de l’ordre d’une quarantaine de seconde dans le
cas des BF, tandis qu’elle est plus grande pour l’excitation HF. La vitesse est aussi plus
importante pour les basses fréquences, autour de 6000Å/min.
Selon [I.25] [I.26], l’état transitoire du plasma est dû à la phase d’amorçage de la puissance
RF qui nécessite un certain temps de stabilisation, ainsi qu’à la croissance pendant les
premières phases de dépôt de couches riches en silicium vu que les liaisons de type Si-H
issues du silane sont les plus fragiles, et ont tendance à rompre en premier. La Figure I-21
montrant l’évolution de l’indice de réfraction en fonction du temps de dépôt, traduit l’excès en
silicium durant les premières phases de dépôt (t<1min), la valeur de l’indice de réfraction
étant supérieure à sa valeur théorique de 1,45.
28
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
1,54
1,52
SiO 2 - B F
1,48
SiO 2 - H F
1,46
1,42
1,40
0,0 0,6 1,2 1,8 2,4 3,0 3,6 4,2 4,8 5,4 6,0 6,6 7,2 7,8 8,4 9,0 9,6
tem ps de dépôt (m in)
Ainsi, l’oxyde de silicium déposé en basse fréquence permet de réaliser des films épais à la
vue de sa grande vitesse de dépôt. On s’est donc intéressé par la suite à l’étude des propriétés
mécaniques induites dans les films déposés en BF seulement. Une première étude montre la
variation des contraintes en fonction de l’épaisseur de la couche (cf. Figure I-22).
0
-25
-50
-75
Contraintes ( MPa )
-100
-125
-150
-175
-200
-225
-250
Compression
-275
-300
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000
épaisseur (Å)
Figure I-22 : Variation des contraintes en fonction de l’épaisseur
La croissance de l’oxyde par plasma engendre des contraintes résiduelles compressives, ces
contraintes sont générées durant la croissance du film, et sont attribuées à un bombardement
ionique à l’interface avec le substrat connu sous l’effet ‘‘peening’’ [I.27], et à l’incorporation
d’impuretés sous forme de liaisons Si-OH [I.28] [I.29]. Ces contraintes compressives ont
tendance à se stabiliser autour de -120MPa avec l’augmentation de l’épaisseur.
29
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Afin de contrebalancer l’effet compressif dans les films déposés, deux solutions sont
envisageables dans la littérature. On peut citer dans ce sens l’ajustement des contraintes par
réglage des paramètres de dépôt tel que le rapport des débits des gaz, la fréquence
d’excitation,…, ou, plus fréquemment, par apport d’énergie thermique sous forme de recuit à
température supérieure à celle de dépôt. Nous avons alors opté pour cette dernière solution
afin d’évaluer l’effet thermomécanique sur l’oxyde déposé.
100
75
50
25
Contraintes (MPa)
(Tension)
0
-25
-50
-75
-100
-125
-150
-175
-200
300 400 500 600 700 800 900 1000
Température (°C)
30
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
La courbe montre une stabilisation des contraintes compressives autour de la valeur initiale (-
150MPa) jusqu'à 400°C. Ensuite, des contraintes en tension sont ajoutées jusqu'à 700°C.
L’augmentation de la température permet en effet d’accroître l’énergie en surface suscitant
ainsi la diffusion des atomes et la désorption des impuretés piégées, en particulier les liaisons
de type Si-OH. Le volume local se trouve ainsi en expansion (Cf. Figure I-24) par
réarrangement des liaisons de type Si-O-Si. La densité diminue et des contraintes en tension
irréversibles sont ainsi générées à haute température, liées à des phénomènes plastiques
irréversibles [I.30].
OH
Si O
Si HO Si Si
Figure I-24 : Expansion du volume local de l’oxyde par désorption des liaisons de type OH
Lorsque la température excède 700°C, l’effet précédent est amorti par la densification de la
couche. Ainsi, les contraintes deviennent de plus en plus compressives avec la montée vers les
hautes températures [I.31].
-100 Run.1
Run.2
Run.3
-120
Contraintes (MPa)
141MPa (4%)
-140
160MPa (3%)
-160
-200
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
Plaquette N°
31
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Les deux premiers dépôts (run) présentent une faible dispersion de l’ordre de 3% autour de la
valeur moyenne. La dispersion moyenne de contraintes inter-dépôt est de l’ordre de 20MPa.
Le dernier dépôt présente une dispersion non négligeable, ceci est probablement dû à la
pollution du bâti après plusieurs chargements successifs. On a effectué deux autres cycles de
recuit comme celui réalisé sur la Figure I-23 [300-950°C] ; aucun changement de la valeur
des contraintes n’a été relevé contrairement aux résultats précédents, ce qui n’a pas pu être
expliqué.
I.4.2.4. Conclusion
L’étude réalisée sur les films d’oxyde de silicium déposé par PECVD montre la possibilité de
réaliser des couches épaisses. Les contraintes résiduelles de dépôt sont compressives et
présentent une bonne reproductibilité. Le recuit thermique de ces films déposés permet
d’obtenir des contraintes extensives faibles. Cependant, ces contraintes en tension obtenues
après le cyclage thermique n’ont pas pu être reproduites sur plusieurs run.
Seul le nitrure BF possède une vitesse de dépôt suffisante (145nm/min) pour réaliser des
membranes de fortes épaisseurs. Dans ce cas, l’indice de réfraction est proche de 1,95 et la
contrainte compressive proche de - 470MPa.
Les paramètres de dépôts du nitrure de silicium BF sont présentés dans le Tableau I-9.
32
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
-340
-360
-380
Contraintes (MPa)
-400
-420
-440
-460
-480
Le recuit du film de nitrure induit un déplacement des contraintes vers le sens de la tension.
L’effet du recuit sur la contrainte, similaire à celui observé dans le cas de l’oxyde, se
manifeste autour de 400°C même si son amplitude reste assez faible. Cet effet a été rapporté
par [I.33] comme étant due microscopiquement à la relaxation des liaisons de types Si-H et N-
H par désorption de l’hydrogène, et à la reformation des liaisons Si-Si et Si-N (Cf. Figure
I-27).
H
Si Si
Si Si
H H
Si Si N
N
H
Figure I-27 : Désorption de l’hydrogène et formation des liaisons Si-N dans le nitrure de silicium
A 600°C, on assiste à une delamination du film de nitrure (Cf. Figure I-28). L’addition de
contraintes en tension lors du recuit n’est pas compensée par la diminution du seuil de
délamination qui diminue avec la température [I.32].
33
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
I.4.3.3. Conclusion
Les dépôts de nitrure de silicium montrent la possibilité de réaliser des films épais. Mais les
contraintes de dépôts sont très compressives et ne peuvent pas être supprimées par un recuit
thermique. Le recuit des films de nitrure à 600°C cause par ailleurs l’apparition des
contraintes de délamination.
300°C
SiH 4 + NH 3 + N 2 O ⎯
⎯→ SiO x N y H z (solide) + H 2 + N 2
34
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
SiH4 (sccm) 35
NH3 (sccm) 15
N2 (sccm) 1710-1935
T (°C) 300
La Figure I-29 montre la variation de la vitesse de croissance en fonction de débit de N2O, les
épaisseurs déposées sont entre 3200 et 5600Å. L’erreur donnée présente la dispersion de la
mesure en trois points de la plaquette.
2200
2000
Vitesse de dépôt (Å/min)
1800
1600
1400
1200
0 50 100 150 200 250
N2O (Sccm)
La vitesse de dépôt croit lorsque le débit du protoxyde d’azote augmente, ceci est expliqué par
la grande réactivité de l’oxygène avec le silane par rapport à l’ammoniac. [I.34] reporte que
l’augmentation du débit de N2O se traduit par une substitution des atomes d’azote par celles
d’oxygène. La vitesse de dépôt ainsi que la composition chimique du film progresse vers celle
de l’oxyde, ceci est illustré aussi sur la Figure I-30 qui montre la décroissance de l’indice de
réfraction du nitrure vers celui de l’oxyde de silicium.
35
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
2,1
Si3N4
2,0
Indice de réfraction à 830nm
1,9
1,8
1,7
1,6
1,5
SiO2
1,4
0 50 100 150 200 250
N2O (Sccm)
Figure I-30 : Variation de l’indice de réfraction en fonction
du débit de N2O à 830nm
-120 Contraintes
2100
Vitesse de dépôt
-140
2000
Vitesse de dépôt (Å/min)
-160
Contraintes (MPa)
1900
-180
-200 1800
-220 1700
-240 1600
-260
1500
-280
1400
-300
-320 1300
-340 1200
1,66 1,68 1,70 1,72 1,74 1,76 1,78 1,80
Indice de réfraction (830nm)
36
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Contraintes (MPa)
37
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
⎛ ε −ε ⎞ ⎛ ε −ε ⎞
fa⎜ a ab ⎟+ fb⎜ b ab ⎟=0 et fa+ fb = 1 Équation 8
⎝ ε a +2ε ab ⎠ ⎝ ε b +2ε ab ⎠
(εa, εb) : constante diélectrique du nitrure et de l’oxyde de silicium
Etant donné que les milieux sont transparents, on peut écrire ε ab =n 2 , où n présente l’indice
de réfraction du milieu. Par combinaison des équations, on déduit :
fa =
( 2 2
2 n 4 + n 2 n a − 2 nb − n a nb ) 2 2
fb =
( 2 2
)
2 n 4 + n 2 n b − 2 n a − n a nb
2 2
(
3n na − nb
2 2
) et
(
3n nb − n a
2 2
) Équation 9
N fa[N ]a O fb[O ]b
= et = Équation 10
Si fa[Si ]a + fb[Si ]b Si fa[Si ]a + fb[Si ]b
38
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
représentent les concentrations atomiques des éléments Si, N et O dans un film de nitrure ou
d’oxyde de silicium.
Ainsi, on peut déduire les rapports atomiques d’azote et d’oxygène par rapport au silicium,
contenu dans un film d’oxynitrure de silicium, et ayant un indice de réfraction de 1,667 :
N O
= 0,76 = 0,86
Si Si
14 000
12 000
10 000
Nombre de coup
Si substrat
8 000
6 000
N
O
4 000
2 000
39
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
40
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
668,0
667,5
Diamètre_Capacité = 1975μm
667,0
666,5
Capacité (pF)
666,0
665,5
665,0
664,5
664,0
0 100k 200k 300k 400k 500k 600k 700k 800k 900k
Fréquence (KHz)
169,8
Diamètre_Capacité = 965μm
169,7
169,6
Capacité (pF)
169,5
169,4
169,3
169,2
0 100k 200k 300k 400k 500k 600k 700k 800k 900k
Fréquence (KHz)
41
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Les capacités obtenues pour un diamètre de 965 et 1975µm sont de l’ordre de 169 et 665pF
respectivement. En se basant sur l’équation du condensateur plan à savoir :
ε 0 .ε r .π .d 2
C = Équation 11
4. e
200
150
100
50
0
-50
-100
-150 2μm - 300°C
2.6μm - 200°C
-200
6.29μm - 200°C
-250
-300
200 250 300 350 400 450 500 550 600 650 700 750 800
Température (°C)
42
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Le recuit des couches en oxynitrures présente des allures similaires à celle obtenues pour le
nitrure de silicium. Les contraintes compressives de dépôt évoluent vers la tension jusqu'à la
fissuration des films. La rupture des films en oxynitrures a été évoquée par [I.36] [I.39] qui
constatent que le phénomène est lié à la présence d’un taux élevé d’azote par rapport à celui
d’oxygène. Les couches ont alors un comportement mécanique similaire à celui du nitrure.
Recuit thermique 2
En se basant sur les valeurs de température nécessaire pour obtenir des films en tension à
partir des dépôts effectués à 200°C, des recuits ont été réalisés entre 450°C et 550°C, en
effectuant une rampe de température (5°C/min) à partir de 450°C qui constitue la température
de chargement et de déchargement des plaquettes (cf. Figure I-36). Ces tests ont été réalisés
sur deux plaquettes avec 6,3µm d’oxynitrure.
T 0C 30 min
550
30 min
500
30 min
450
Temps (min)
Rampe.1
Rampe.2
Les plaquettes recuites à 500°C (rampe.1) et 550°C (rampe.2) exhibent des contraintes en
tension de l’ordre de 130 et 200MPa respectivement. Ces valeurs sont similaires à celles
obtenues avec le traitement thermique 1. Ainsi, les valeurs obtenues à 500°C montre que les
contraintes dependent surtout du plateau de temperature atteint, et non des traitements
thermiques qui précèdent. Aucune fissuration n’a été observée à la surface des films pendant
le recuit.
Recuit thermique 3
Afin de confirmer et d’affiner le contrôle des contraintes, un dernier recuit a été réalisé sur de
nouvelles plaquettes d’oxynitrure. L’introduction des plaquettes s’effectue à la température de
dépôt. Après une rampe de température de 5°C/min, un palier d’une heure (au lieu de 30
minutes) à la température désirée (400°C, 450°C, 480°C ou 500°C) est effectué. Les
échantillons sont ensuite déchargés à 200°C après une rampe de température de -5°C/min et la
mesure de la contrainte s’effectue à température ambiante. Le cycle réalisé est présenté sur la
Figure I-37.
43
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
T 0C
500
1heure 4
480 3
450 2
400
Rampe.1
200 temps
60 Rampe_3 Rampe_4 60
40 40
Contraintes (MPa)
20 20
0 0
-20 -20
Rampe_2
-40 -40
-60 -60
Rampe_1
-80 -80
380 400 420 440 460 480 500 520
Temperature (°C)
À la vue de la variation des contraintes après une heure de recuit à température donnée, il est
possible d’obtenir des contraintes légèrement en tension entre 460°C et 500°C.
44
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
heures à 480 et 500°C sans déchargement entre temps afin d’estimer l’impact des cycles de
température. La Figure I-39 montre l’évolution des contraintes en fonction de la durée du
recuit.
200
150
Contraintes (MPa)
100
50
-50
500°C
500°C_Après 5heures de recuit
-100 480°C
480°C_Après 3heures de recuit
-150
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
temps (heures)
Figure I-39 : Variation des contraintes en fonction du temps de recuit
Bien que le temps de recuit soit assez long dans l’option de stabiliser les contraintes, celles ci
évoluent continuellement jusqu'à atteindre le seuil des contraintes de fissuration. Les films se
fissurent alors autour de 185 et 150 MPa. Par comparaison avec le recuit de type1 à 550°C qui
présente des fissurations autour de la même valeur de contraintes, on peut supposer qu’un
recuit à 500°C pendant 9 heures est équivalent à un recuit de 30 minutes à 550°C. Ceci
signifie que, microscopiquement, les films subissent le même phénomène chimique.
45
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
nitrure et de l’oxynitrure va ainsi permettre d’identifier les liaisons chimiques présentes dans
les couches d’oxynitrure.
Afin d’accéder au spectre du dépôt, on a enregistré en premier le spectre du silicium nu, ce
dernier va être soustraits du spectre total. La résolution du spectromètre est de 4cm-1 sur un
intervalle entre 400 et 4000cm-1. Les Figure I-40 et Figure I-41 comparent le spectre
d’absorption en infrarouge du nitrure avec celui de l’oxynitrure de silicium.
0,25 Si-N
0,20
Absorbance (u.a)
0,15
0,10
0,05
N-H
Si-H
N-H
0,00
Figure I-40 : Spectre d’absorption en Infra rouge du nitrure avant les traitements thermiques
2,0
Si-O
1,8 Si-N
1,6
1,4
Absorbance (u.a)
1,2
1,0
0,8
0,6
0,4
0,0
Figure I-41 : Spectre d’absorption en Infra rouge de l’oxynitrure avant les traitements thermiques
46
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
On relève sur le spectre enregistré sur le nitrure la présence de quatre pic de vibrations
relatives aux différentes liaisons existantes. Selon la bibliographie [I.14] [I.40], ces pics
correspondent à la liaison pure de type Si-N ainsi qu’aux différentes liaisons imposées par
l’incrustation de l’hydrogène dans le réseau. Ces liaisons sont résumées dans le Tableau I-13
suivant.
La Figure I-42 montre une comparaison des différents spectres obtenus après les divers recuits
thermiques réalisés sur des films d’oxynitrure.
47
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
1,5
1,0
Si-H N-H
0,5
0,0
Figure I-42 : Variation de la position de vibration des liaisons d’oxynitrure en fonction des recuits
2,6
500°C (1h)
480°C (5h)
480°C (1h)
2,5 sans recuit
Si-O
Absorbance (u.a)
2,4
Si-N
2,3
2,2
2,1
800 1000
-1
Nombre d'onde (cm )
48
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
On remarque que les liaisons hydrogénées (N-H et Si-H) dans les films subsistent après la
réalisation des recuits. La bande confinant les liaisons principales (Si-O et Si-N) tendent à se
rétrécir autour de la liaison Si-N et Si-O ; la liaison Si-N à tendance à se déplacer vers les
faibles nombres d’ondes, tandis que la liaison Si-O subit le chemin inverse synonyme d’un
décalage du pic d’absorption vers les grands nombres d’ondes. Le film a tendance à se
restructurer vers l’oxyde de silicium (liaison théorique : Si-O=1080cm-1) [I.41] [I.42].
La séparation de phase pourrait probablement expliquer la fissuration observée dans les films
lors de la montée en température. En effet, on pense que la tendance de l’oxygène à se
déplacer vers les grands nombres d’onde s’accompagne par une expansion du volume et une
génération de contraintes en tension. Ces contraintes en tension augmente mais atteignent la
contrainte de rupture à cause de la présence d’une phase de nitrure Si-N plus stable avec la
température.
[I.43] a rapporté que l’évacuation de l’hydrogène et de l’azote peut se réaliser sans rupture des
liaisons N-H à travers le réseau cristallin. Afin de clarifier l’évolution des liaisons
hydrogénées, un échantillon a subit un recuit à 800°C bien qu’à une telle température, la
couche se fissure. Ainsi, la Figure I-44 compare les spectres obtenus à 200°C et 800°C.
2,0
Si-O
Si-N
sans recuit
1,5 800°C (1h)
Absorbance (u.a)
1,0
0,5
Si-H N-H
0,0
Figure I-44 : Position de vibration des liaisons d’oxynitrure en fonction des recuits (200 et 800°C)
49
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Ainsi, les recuits à haute température (800°C) causent la rupture des liaisons N-H. On note
seulement un affaiblissement du pic de la liaison Si-H car il nécessite probablement une
température de recuit plus élevée.
En conclusion, le recuit des couches en oxynitrure entraîne une réduction de la concentration
de l’hydrogène et de l’azote. Cette réduction s’accompagne par la restructuration au niveau
des liaisons pures. Les liaisons Si-N se déplacent vers les faibles longueurs d’ondes, alors que
les liaisons Si-O ont tendance à se déplacer vers les grandes longueurs d’ondes (séparation de
phase). Cette séparation de phase s’accompagne de la fissuration du matériau à la température
de recuit.
= +
50
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
longueurs allant de 200 jusqu'à 630µm. La realisation des microstructures suspendues se fait
par la succession des étapes suivantes (cf. Figure I-46).
(a (d
(b (e
PECVD-SiON
PECVD-SiN
(c (f
Figure I-46 : Succession des étapes technologique pour la fabrication des poutres
51
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
f) La dernière étape consiste à une gravure humide du Silicium dans le KOH (10M, 85°C) afin
de retrancher le Silicium sous les micro-poutres et libérer les structures. Les Figure I-47 et
Figure I-48 montre une vue au microscope et au MEB des structures réalisées.
a) b) c)
Figure I-47 : Profil des structures a) après 5 minutes b) après 15 minutes c) après 20 minutes
de gravure au KOH
Δσ1 2
y = x Équation 12
2.E.h
52
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
18 631.87μm
16
Déformation de la poutre (µm)
14
510.99μm
12
10
420.88μm
8
341.21μm
6
280.77μm
4
229.67μm
2
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 1100 1200
Longueur (μ m)
Afin d’estimer la gradient des contraintes, le module d’Young de la couche a été mesuré au
CNES par nanoindentation sur un film de 1,09μm d’épaisseur. La Figure I-50 montre
l’évolution du module d’Young en fonction de la profondeur de pénétration pour dix neuf
tests réalisées sur différents endroits de l’échantillon.
140
120
Module d'Young (GPa)
100
80
60
40
20
53
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Gradient de
Longueur de
la poutre (µm)
contraintes Température de recuit
Δσ (MPa/µm)
230 13,24
280 13,52
341 13,6
420 13,68
511 13,76 480°C (1heure)
631 13,84
230 9,28
280 9,12
341 9,36
420 9,32
511 9,32
631 9,32 480°C (4heures)
Gradient de contrainte Moyen
9,28
(MPa/µm)
230 7,8
280 8
341 8,12
420 8,04
511 8,08
631 7,88 500°C (1heure)
54
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
55
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Ainsi, pour la réalisation des conducteurs, on s’est fixé une épaisseur autour de 2µm, la
mesure de l’uniformité par plaquette est de l’ordre de 6%, les contraintes sont de l’ordre de
117MPa ± 15% (Cette valeur inclue les contraintes dans le Titane).
56
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
performances d’un nouveau bain d’Au sulfitique à 50°C, ce dernier bain offre une très faible
rugosité nécessaire à la fabrication de ponts métalliques actionnables électrostatiquement
[I.46]. Ce dernier bain utilise le même procédé LIGA avec la résine AZ4562 de 10µm ou
AZPLP100 et la vitesse de dépôt est identique. La réalisation de circuits métalliques par
électrolyse nécessite l’évaporation au préalable d’une bicouche d’accrochage en Titane/Au
(50/500nm). Ainsi, les conducteurs métalliques réalisés sont de l’ordre de 3 à 4µm
d’épaisseur, les contraintes de l’or électrolytique sont très faibles et sont de l’ordre de 5MPa.
En résumé, le Tableau I-17 suivant présente une comparaison entre les propriétés électriques
et physiques des couches d’or déposées par les deux techniques.
La rugosité donnée pour l’or électrolytique correspond à celle obtenue avant la gravure de la
couche d’accrochage (Ti/Au). Si les lignes ne sont pas protégées durant cette gravure, la
rugosité augmente fortement (≈ 150nm).
Evaporation
0,5 117 2 2,5
sur Titane
Electrolytique
2,5 5 à 10 18 3
(Aurocyanure)
Electrolytique
2,5 5 à 10 5
(Sulfite)
La Figure I-52 montre une vue au profilométre optique de la déformation des membranes
générée par les contraintes dans les conducteurs. On peut noter une concentration des
contraintes aux niveaux des marches des conducteurs métalliques. Cette concentration des
contraintes est plus significative pour les conducteurs en or évaporés que pour l’or
électrolytique.
a) b)
57
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
En conclusion de ces tests, aucune défaillance n'a été relevée sur la plupart des composants.
La résistance mécanique de ces membranes est suffisante pour supporter la surpression /
dépression d'air pour les essais de choc.
58
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
valeur est réalisable technologiquement pour une propagation sur silicium massif, mais reste
délicate à obtenir pour une propagation sur membrane puisqu’elle nécessite des largeurs de
fentes de 10µm. Ainsi l’impédance caractéristique sur membrane est supérieure à 75Ω.
D’autre part, La discontinuité des milieux de propagation imposée par la gravure anisotrope
du silicium dans le KOH impose une étape de calibrage dite TRL (Thru, Reflect, Line). Elle
permet de s’affranchir de cette discontinuité et d’effectuer une mesure intrinsèque de la ligne
coplanaire sur membrane.
59
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
170µm 50µm
450µm 500µm
15µm
Plan de symétrie
Figure I-53 : Ligne de longueur nulle et court-circuit pour le calibrage TRL -Transition progressive
305µm 500µm
450µm
200µm
200µm 200µm
Plan de symétrie
Figure I-54 : Ligne de longueur nulle et court-circuit pour le calibrage TRL - Transition abrupte
Le plan de symétrie de la ligne de longueur nulle a été décalé de 15µm et de 305µm entre la
fin de la transition progressive et abrupte et le début de la membrane respectivement. Ceci est
dans le but d’éviter les problèmes de positionnement de la transition après la gravure du
silicium.
Le choix de la longueur de la ligne a été aussi ajusté par rapport au domaine de fréquence [0-
60Ghz]. Ainsi, la phase pendant la transmission est donnée par :
2π f L
φ= ε eff Équation 13
c
60
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
f = fréquence d’utilisation
c = vitesse de la lumière dans le vide (3.108 m.s-1)
L = Longueur de ligne
εeff est la permittivité effective de la ligne (~1,1 pour une propagation sur membrane)
On définit alors la phase pendant la calibration TRL comme étant incluse entre 0 et 180° avec
une marge de 5°, ainsi :
5π
ε < φ < π-ε (ε = rad ) Équation 14
180
Soit :
cε c (π − ε )
p L p Équation 15
2πf min ε r 2πf max ε r
On définit la plage fréquentielle comme étant limitée entre 0 et 60 GHz, centrée autour de
30GHz autour d’un déphasage de 90°. Ainsi, la fréquence centrale est donnée par :
2π f 0 π
θ = εr L = Équation 16
c 2
On déduit alors la longueur de la ligne : L = 2,5mm ainsi que les deux fréquences limites
[fmin=1.6GHz, fmax=56GHz] (cf. Figure I-55).
2500µm 2500µm
61
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
décrits dans les Figure I-53 et Figure I-54. Ainsi, la Figure I-56 et la Figure I-57 compare les
résultats de mesure en fréquences des lignes coplanaires suivant le kit de calibration utilisé.
1
Pertes ([Link] )
-1
0,1
Transition progressive
Transition abrupte
Impédance = 75 Ohms
0,01
1G 10G 50G
Fréquence (GHz)
Figure I-56 : Comparaison des pertes obtenus avec les deux kits de calibration
pour les conducteurs métalliques en or évaporé
1
Pertes ([Link] )
-1
0,1
Transition progressive
Impédance = 75 Ohms Transition abrupte
0,01
1G 10G 50G
Fréquence (GHz)
Figure I-57 : Comparaison des pertes obtenus avec les deux kits de calibration
pour les conducteurs métalliques en or électrolytique
Les pertes obtenues avec le kit de calibration abrupt sont inférieures de 0,1dB environ à celles
obtenues avec le kit de calibration progressif. Ce phénomène n’a pas été expliqué et nécessite
des mesures complémentaires pour être confirmé.
62
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
La Figure I-58 compare l’évolution des pertes fréquentielles des lignes coplanaires.
10
(oxynitrure -1)
(oxynitrure -2)
(oxyde + nitrure)
Pertes ([Link] )
-1
0,5
f
0,1
1G 10G 100G
Fréquence (GHz)
Figure I-58 : Comparaison des pertes sur membrane Bicouche et membrane oxynitrure
Les pertes avec les membranes en oxynitrure sont très faibles (≈ 0,4dB/mm à 30GHz) et
comparables à celles obtenues avec les membranes bicouches SiO2 /SiNx. Les pertes sont
d’origine résistives (~ f ). On peut noter également une légère différence entre deux
membranes d'oxynitrure différentes. Ces différences peuvent être liées soit à un problème de
calibration qui reste difficile pour mesurer des pertes aussi faibles, soit à une dispersion sur la
qualité de l'or électrolytique qui a servi à fabriquer les lignes. Le Tableau I-19 précise les
pertes en [Link]-1 obtenues pour quelques valeurs de fréquence.
63
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Matériaux
La Figure I-59 montre aussi une comparaison de la variation de la permittivité effective des
lignes coplanaires réalisées sur les deux types de membranes. La permittivité relative effective
est très proche de 1 ce qui confirme que la technologie sur membrane est quasiment
transparente pour la propagation.
1,6
1,5
Oxynitrure
Oxyde + Nitrure
Permittivité effective
1,4
1,3
1,2
1,1
1,0
0 10G 20G 30G 40G 50G 60G
Fréquence (GHz)
64
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
lignes de transmission ont été réalisées sur des membranes SiO2/SiNx de 75Ω d’impédance
caractéristique. Les kits de calibration abrupts ont été utilisés.
Les pertes d’origine résistive peuvent être exprimées par [I.11]:
π . f .μ 0 .ρ c
αR= Équation 17
2.Z 0 .weq
f = fréquence d’utilisation
weq est la largeur équivalente du conducteur central, elle correspond à une densité de courant
uniforme dans le conducteur central d’épaisseur δ (épaisseur de peau) et de largeur weq.
μ0 = Perméabilité du vide = 4π.10-7 (H.m-1)
Z0 = Impédance de la ligne
ρc = Résistivité du métal (2,5µΩ.cm pour l’or évaporé, et 3µΩ.cm pour l’or électrodéposé)
0
10
Impédance = 75 Ohms
Pertes ([Link] )
-1
-1
10
La Figure I-60 montre que l’or évaporé présente un niveau de pertes légèrement inférieur à
celui obtenu avec l’or électrodéposé, bien que son épaisseur d’or soit 2 fois plus faible.
D’après Heinrich [I.48], les pertes diminuent lorsque l’épaisseur de la métallisation augmente
et se stabilise lorsque l’épaisseur de métallisation est supérieure à 3 fois l’épaisseur de peau
(δ =
ρc
π μ 0 f ). Cette condition est atteinte, pour les épaisseurs d’or utilisées, pour une
fréquence de 10GHz (30GHz) environ dans le cas de l’or évaporé (électrodéposé).
65
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
0,1
Impedance 75 Ohms
Impedance 100 Ohms
Impedance 120 Ohms
0,01
1G 10G 50G
Fréquence (GHz)
66
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
En s’appuyant sur la Figure I-61, on reporte sur la Figure I-62 la variation des pertes en
fonction de l’impédance à fréquence constante. On peut noter des pertes minimales pour une
impédance de 120Ω. A 30GHz, celles ci sont divisées par un facteur 3 par rapport à
l’impédance de 75Ω utilisée dans nos dispositifs.
0,32
0,30
0,28 10 GHz
30 GHz
0,26
0,24
Pertes ([Link] )
-1
0,22
0,20
0,18
0,16
0,14
0,12
0,10
0,08
0,06
70 80 90 100 110 120 130 140 150
Impédance (Ohms)
D’après les études de Jackson [I.49], les pertes ohmiques d’une ligne coplanaire décroissent
jusqu’à une valeur minimale, lorsque l’impédance augmente. Il note alors une impédance Zr
autour de 60Ω, pour laquelle les pertes présentent un minimum. Son étude est réalisée sur des
lignes coplanaires déposées sur AsGa (εr = 12,8) pour une fréquence de 60GHz.
Au dessous de Zr, l’augmentation des pertes vers les faibles impédances est attribuée au
rétrécissement de la largeur de fentes ‘s’ (Voir Tableau I-18), ce qui a pour effet la
concentration des lignes de champ en bordure des conducteurs métalliques.
Au dessus de Zr, l’augmentation des pertes vers les hautes impédances est attribuable à une
diminution significative de la largeur du conducteur central, la ligne coplanaire dans ce cas est
peut être attribuable à une ligne micro ruban.
Dans notre cas, la ligne étudiée repose sur une membrane, et la permittivité effective qui est
différente entraîne une modification de l’impédance caractéristique :
120 π
Z0 = Fg Équation 18
4 ε eff
67
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
Où Fg est un facteur géométrique qui dépend des dimensions transversales de la ligne, et εeff
est la permittivité effective de la ligne.
L’impédance par laquelle les pertes sont minimales sur membrane est donc définit par :
ε eff ( AsGa )
Z 0 (membrane) = Z 0 ( AsGa) Équation 19
ε eff (membrane)
La permittivité effective des lignes sur AsGa et sur membrane est de 5,9 (l’épaisseur du
substrat est de 100μm) et 1,1 respectivement. On calcule alors une impédance ramenée sur
membrane de 140Ω qui est très proche de celle observée (120Ω).
I.7. CONCLUSION
Ce chapitre a présenté le développement des filières technologiques pour la fabrication des
circuits hyperfréquences sur membrane diélectrique.
Dans un premier temps, nous avons rappelé la filière technologique mise en place
antérieurement au laboratoire, et qui est basée sur l’association de l’oxyde thermique et du
nitrure LPCVD non stoechiométrique. Deux procédés découlent de cette filière pour le dépôt
du nitrure. Le premier procédé est basé sur la réalisation du nitrure à partir du mélange de
silane avec l’ammoniac. Les membranes issues de ce procédé ont donné naissance aux
premiers dispositifs hyperfréquence au LAAS. Cependant, ce procédé a montré des limitations
en terme d’uniformité sur un grand nombre de plaquettes. Un nouveau procédé basé sur le
dépôt du nitrure à partir du mélange du dichlorosilane et l’ammoniac a été développé. Les
résultats obtenus sont très attrayants. Les contraintes résiduelles sont faiblement en tension, et
l’uniformité est meilleure sur un lot de 25 plaquettes. Les circuits issus de ce procédé ont été
testés selon des spécifications spatiales et ont montré la robustesse des membranes fabriquées.
Néanmoins cette filière n’est pas adaptée à la réalisation de membranes épaisses nécessaire
pour obtenir des grandes surfaces (≈1cm de côté). C’est pourquoi nous avons développé une
nouvelle filière à base de dépôt PECVD.
Après avoir testé les potentialités de l’oxyde et du nitrure de silicium déposé, nous avons
abouti à la réalisation des membranes à partir du dépôt d’oxynitrure de silicium. Les
membranes sont faiblement en tension et transparente pour les applications en fréquence.
Afin de juger des performances fréquentielles de cette filière, nous avons fabriqué et
caractérisé des lignes coplanaires de différentes impédances sur membrane diélectrique
d’oxynitrure. Les pertes en fréquence ont été confrontées aux pertes obtenues sur les mêmes
lignes coplanaires fabriquées sur membrane oxyde/nitrure et qui sont jugées matures. Cette
68
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
comparaison montre que le niveau de pertes des circuits sur membranes oxynitrure est
comparable à celui obtenu sur membrane oxyde/nitrure, et permet ainsi de valider l’utilisation
de ces membranes pour la fabrication d’une large gamme de circuits hyperfréquences.
En parallèle, les caractérisations fréquentielles ont permis d’évaluer le niveau de pertes de
différents conducteurs métalliques sur membrane oxyde/nitrure. L’utilisation de lignes
coplanaires de différentes impédances nous a permis de vérifier l’existence d’une impédance
pour laquelle les pertes sur membrane, d’origine résistives, sont minimales. Ainsi, cette
impédance a été évaluée à 120Ω et qui est très proche de la valeur calculée théoriquement à
140Ω.
69
Technologie des circuits hyperfréquences sur membranes diélectriques
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72
[Link] CARACTERISATION DES PROPRIETES MECANIQUES DES
MATERIAUX PAR LA METHODE DE GONFLEMENT DES MEMBRANES
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
II.1. INTRODUCTION
C'est pourquoi nous avons engagé en 2003 au laboratoire des études sur les propriétés
mécaniques des matériaux en collaboration avec le Laboratoire de Génie Mécanique de
Toulouse et le CNES de Toulouse. Les matériaux étudiés dans le cadre de cette thèse sont
ceux utilisés pour la fabrication des membranes diélectriques qui supportent les circuits RF
(SiNx, SiO2) mais les bancs de tests développés et l'expérience acquise peuvent servir pour
d'autres matériaux.
Différentes techniques peuvent être utilisées pour extraire les propriétés mécaniques des
matériaux en couches minces. La méthode la plus populaire est basée sur la mesure du rayon
de courbure d’une plaquette pour la détermination des contraintes moyennes. La présence
d’une contrainte dans la couche déposée sur un substrat massif, entraîne une déformation
élastique du système. Dans le cas des films minces, la détermination des contraintes est
74
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
L’essai de traction mécanique consiste à appliquer un effort axial sur les deux extrémités de
l’échantillon, et mesurer le déplacement dans le plan du système [II.3]. La variation des
contraintes en fonction de la déformation est mesurée. Ainsi, le module d’Young et les
contraintes de la couche sont aisément déterminés. L’utilisation de cette technique est
restreinte par les difficultés de la mise en expérience de la couche mince. En effet, cette
couche mince doit être séparée du substrat sans endommagement. Ces extrémités doivent être
amincis sans créer des fissurations afin d’éviter l’arrêt prématuré du test. L’échantillon doit
être parfaitement aligné afin d’assurer une bonne reproductibilité du test, et d’éviter
d’éventuelles défaillances.
75
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
autour de la pointe. Toutefois, cette technique nécessite des couches relativement épaisses
pour s’affranchir de l’effet du substrat.
Diverses techniques existent ainsi pour caractériser mécaniquement les films minces, dont
chacune présentent des avantages et des limitations. Le but de ce travail a consisté à mettre en
place au laboratoire, et à étudier les potentialités d’une technique de caractérisation
mécanique de matériau, à savoir le gonflement de membranes sous pression différentielle. On
évoquera la théorie liée au développement de cette technique, on présentera ensuite le
dispositif et la technologie de fabrication mise en place. Enfin, les résultats de caractérisations
des membranes minces de nitrure de silicium et bicouches en oxyde nitrure, seront évoqués.
La technique de gonflement des membranes (Bulge test) figure parmi les méthodes de
caractérisation mécanique largement étudiées et utilisées. Le film mince se déforme sous
l’effet d’une pression différentielle appliquée (Cf. Figure II-1). En mesurant la déformation du
film, et en se basant sur le modèle mécanique approprié, on détermine les contraintes
résiduelles ainsi que le module d’Young du matériau étudié.
z
x
y t w0
2b
2a P
76
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Initié théoriquement par Hencky en 1915 par l’étude de membranes circulaires, cette
technique ne sera mise en expérience qu’à partir de 1959 par Beams [II.11]. Ce dernier a
déterminé les propriétés mécaniques de membranes circulaires d’argent et d’or avec une
incertitude non négligeable. Il note que ses dispersions sont dues aux méthodes de micro-
usinage du substrat, ainsi qu’aux approximations liées au modèle mécanique utilisé. Vlassak
et Nix généralisent l’utilisation de la technique pour la caractérisation de membranes
rectangulaires [II.12]. La solution analytique du problème est résolue par l’application de la
méthode de minimisation de l’énergie potentielle développée par Timoshenko [II.13]. Ces
auteurs démontrent que la déformation des membranes rectangulaires, ayant un rapport de
forme supérieur à 4 (membranes infiniment longues), devient indépendante des longueurs des
membranes. Dans ce cas, la solution du comportement mécanique se ramène à une solution
exacte.
La technique de gonflement de membrane est généralisée pour l’étude de la plasticité dans les
films minces [II.14]. Les membranes infiniment longues présentent un état de contraintes
planes. Les déformations et les contraintes sont distribuées uniformément dans la largeur de la
membrane. Paviot et Neumann ont tiré profit de cet état de contraintes planes pour étudier la
plasticité des membranes en or et en aluminium [II.15]. Il faut noter que dans le cas de
membranes circulaires ou rectangulaires ayant un faible rapport de forme, l’étude de la
plasticité est complexe. Dans ce cas, les contraintes et les déformations induites dans ces
membranes ne sont pas uniformes, et la plasticité commence différemment au niveau de la
membrane.
Et ⎡ 2 1 −ν ⎤
2 ∫∫ ⎢ x
= ε + ε y 2 + 2νε x ε y + γ xy 2 ⎥dxdy Équation 20
2 (1 − ν ) A ⎣
V1
2 ⎦
77
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
L’énergie de déformation du film due aux contraintes intrinsèques (σ) V2, et le travail de la
structure W sous l’effet de la pression sont donnés par :
V2 = σt ∫∫ (ε
A
x + ε y )dxdy W = ∫∫ pwdxdy
A
Équation 21
V = V1 + V2 − W Équation 22
∂u 1 ∂w 2
εx= + ( )
∂x 2 ∂x
∂u 1 ∂w 2
ε y= + ( ) Équation 23
∂y 2 ∂y
∂u ∂v ∂w ∂w
γ xy = + + ( ) .( )
∂y ∂x ∂x ∂y
tσ0 b tE t3 E
P = C1 .w0 + C2 (ν , ). .w03 + C3 .w0 Équation 24
a2 a a 4 (1−ν ) a 4 (1−ν 2 )
Où :
t, a et b représentent respectivement l’épaisseur, la demi largeur et la demi longueur de la
membrane.
78
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
C1, C2, C3 sont des constantes qui dépendent du modèle de vecteur déplacement utilisé.
Le premier terme de l’équation caractérise l’effet linéaire des contraintes résiduelles σ 0 dans
le film. La deuxième composante est lié à l’étirement de la membrane sous l’effet de la
pression et fait intervenir le module d’Young E du matériau. Enfin le dernier terme
correspond à la flexion libre de la membrane, ce terme est négligeable dans le cas des films
minces lorsque (t/w)2 <<1. Dans ce cas, l’équation du gonflement de membranes s’écrit :
E t t
) ( 4 ) w0 + C1 σ 0 ( 2 ) w0
3
P = C2 (
1 −ν a a Équation 25
Tableau II-1 : Comparaison des constantes du modèle théorique pour les membranes carrées
Par référence à l’équation 25, la détermination du module d’Young pour des membranes
carrées dépend de la valeur du coefficient de poisson du matériau étudié.
La distribution des contraintes normales σxx a été étudié par Vlassak [II.19]. Les contraintes
sont maximales au centre des encastrements, diminuent légèrement vers le centre de la
membrane et s’annulent rapidement dans les coins de la membrane. La Figure II-2 illustre la
79
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
distribution des contraintes de Von mises, ces contraintes sont normalisées par rapport à (E P2
a2 / h2)1/3.
Figure II-2 : Distribution des contraintes de Von mises dans les membranes carrées
Ainsi, la concentration des contraintes de Von mises est située au centre des encastrements.
On peut s’attendre alors à un décollement du film attaché sur le substrat, au niveau de ces
contraintes maximales. L’état non uniforme des contraintes des membranes carrées montre la
complexité de mener une étude sur la plasticité sur ce genre de géométrie.
Les membranes rectangulaires infiniment longues sont définies par un rapport de forme
supérieur à 4. Récemment, et dans la plupart des travaux de caractérisation des matériaux par
la méthode de gonflement, cette géométrie est particulièrement utilisée [II.20] [II.21] [II.22].
En effet, et contrairement aux membranes carrées ou rectangulaires, les contraintes sont
relaxées suivant la longueur, et se concentrent par la suite dans la direction (OX). Cette
propriété a été exploitée par Ziebart qui propose une solution exacte de la déformation des
membranes sous pression à partir de l’équation des déformations planes [II.23]. Vlassak
[II.19], en se basant sur la méthode de la minimisation de l’énergie arrive à une même loi de
comportement. Dans les deux cas, les constantes définissant la loi de déformation des
membranes longues sont données par :
8
C1 = 2 C2 =
6(1 + ν )
80
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Dans ce cas, la détermination du module d’Young du matériau passe par la mesure du module
E
uniaxial , ce dernier dépend légèrement du coefficient de poisson contrairement aux
1− ν 2
membranes carrées.
n n
∑ C 2 Ei t i 3
∑σ t i i
P ( h) = i =1
w0 + C1 i =1
w0
a4 a2
Équation 26
Où :
Ei, σi et ti présentent respectivement le module d’Young, la contrainte résiduelle et l’épaisseur
de chaque couche.
Le système de gonflement des membranes mise en place est schématisé sur la Figure II-3. Ce
banc de mesure manuel, comprend trois parties principales :
- un dispositif de génération et de mesure de pression,
- un support mécanique conçu pour la mise en place de l’échantillon,
- un profilométre optique Fogale Zoom surf 3D pour la mesure de la déformation,
81
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Profilomètre optique
PC
Acquisition
Capot en Téflon
Échantillon
Système de pression
Ordinateur de
contrôle
Mesureur de pression
(RPM1)
Liaison RS 232
entre 0 et 7 Bars
Sortie
Liaison RS 232
Vanne
AZOTE
Entrée Générateur de pression
(PPC1)
entre 7 et 18 Bars
82
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
83
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Ga ou Gb
Fa ou Fb
Ha ou Hb
La ou Lb
Da ou Db
Ca ou Cb 150
2a ou 2b
450
Support métallique
Cellule en silicium
Capot en téflon
2a 2b Da Db Ea Eb Ca Cb La Lb Fa Fb Ha Hb Ga Gb
400 400 515 515 2000 2000 3000 3000 8000 8000 3000 3000 1015 1015 2700 2700
600 600 415 415 2000 2000 3000 3000 8000 8000 3000 3000 915 915 2700 2700
800 800 315 315 2000 2000 3000 3000 8000 8000 3000 3000 815 815 2700 2700
1000 1000 215 215 2000 2000 3000 3000 8000 8000 3000 3000 715 715 2700 2700
400 1600 515 615 2000 3400 3000 3150 8000 9700 3000 4600 1015 1215 2700 2800
600 2400 415 215 2000 3400 3000 3150 8000 9700 3000 4600 915 815 2700 2800
800 3200 314 615 2000 5000 3000 3350 8000 11700 3000 6200 815 1215 2700 3000
1000 4000 215 215 2000 5000 3000 3350 8000 11700 3000 6200 715 815 2700 3000
84
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
85
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
a) d)
b) e)
c) f)
Figure II-7 : Procédé technologique pour la fabrication des membranes nitrure de silicium
a) Dépôt de la résine AZ1529 sur la face supérieure du substrat pour la protection du nitrure,
et recuit à 105°C pendant une minute. Après, on dépose la même résine sur la face
inférieure, suivie d’un recuit à la même température.
b) Photolithographie de la résine sur la face arrière, et gravure RIE du nitrure pour la
définition des ouvertures des membranes.
c) Elimination de la résine déposée sur les deux faces avec de l’acétone puis de l’eau
desionisée.
d) Dépôt d’une nouvelle couche de résine sur la face avant, suivi d’une photolithographie.
e) Gravure RIE du nitrure pour la réalisation de marche pour la mesure de l’épaisseur.
f) Gravure du silicium dans le KOH à 85°C, la face avant de la plaquette est protégée dans
un support en téflon.
Enfin, la plaquette est rincée dans de l’eau desionisée puis dans l’éthanol pour le séchage.
Pour le procédé de fabrication des membranes en bicouche d’oxyde/nitrure, le procédé est
identique à celui de la Figure II-7 jusqu'à l’étape d). L’étape e) fait appel à la gravure sélective
de l’oxyde par rapport au silicium dans l’acide fluorhydrique. L’étape f) de gravure du
silicium est modifiée par l’utilisation du TMAH grâce à sa grande sélectivité par rapport à
86
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
l’oxyde. La Figure II-8 illustre la modification du procédé à partir de l’étape e), dans le cas de
la réalisation des membranes en oxyde/nitrure.
e) h)
f) i)
g)
Figure II-8 : Procédé technologique pour la fabrication des membranes en oxyde nitrure de silicium
87
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
L’épaisseur de la couche du nitrure de silicium est une mesure comparative entre la mesure de
marche (w1) obtenue après l’étape (e) et la mesure de la marche (w2) obtenue après gravure du
nitrure de silicium dans l’acide fluorhydrique. La Figure II-9 résume la procédure utilisée
pour la mesure de l’épaisseur du nitrure de silicium.
w2
w1 w
L’épaisseur du film de nitrure mesurée par le profilométre mécanique, est égale à w=w1-w2.
Dans le cas des films en bicouches oxyde nitrure, on procède à la mesure de l’épaisseur de
l’oxyde thermique par ellipsométrie, avant le dépôt du nitrure. Ensuite, le nitrure déposé, on
88
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
réalise une gravure RIE totale du nitrure et partielle de l’oxyde. Puis l’oxyde est gravé
sélectivement au HF afin de s’arrêter sur le silicium. La mesure de l’épaisseur présente la
somme de l’épaisseur des deux couches. La Figure II-10 illustre la mesure de l’épaisseur de la
bicouche oxyde nitrure.
Membrane
Face arrière
Figure II-11 : Exemple de mesure face arrière des dimensions des membranes
sous le profilométre optique
89
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Sous le microscope optique Leica, la mesure des dimensions peut être réalisée sur la face
avant ou arrière (Cf. Figure II-12). Les mesures ont été réalisées sur la face avant afin d’éviter
de poser le film à caractériser sur le support du microscope.
a) b)
Figure II-12 : Mesure des dimensions des membranes sous le microscope optique
Afin de vérifier la calibration de ces équipements, nous avons mesuré les ouvertures des
membranes directement sur le masque qui présente une précision voisine de 1µm, soit sous le
profilométre optique, soit sous le microscope. Le Tableau II-3 montre un exemple de
comparaison entre les résultats obtenus.
Nous pouvons constater que le profilométre optique n’est pas calibré dans le plan (oxy). Par
contre, le microscope optique est calibré à ± 1µm dans le plan horizontal.
Nous avons aussi comparé les mesures des dimensions de membranes obtenues par les deux
équipements. Le Tableau II-4 compare les résultats de mesure obtenus sur le profilométre
optique et le microscope, sur des membranes carrées.
90
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Tableau II-4 : Comparaison entre les mesures de dimensions sous microscope et profilométre optique
des membranes carrées
On remarque que l’erreur obtenue sous le profilométre optique lors de la mesure des
dimensions du masque (10µm) est inférieure à celle obtenues lors de la mesure des
dimensions des membranes (entre 17 et 29µm). L’augmentation de cette erreur peut être
expliquée d’une part par la difficulté de définir précisément le commencement de la
membrane, et d’autre part par une éventuelle imperfection de la gravure KOH le long des
encastrements (Cf. Figure II-13), et qui se manifestera par la présence d’un rayon de courbure
de silicium sur une longueur ‘ΔL’ [II.24]. En effet, à cause de la grande profondeur de
balayage, les mesures sur la face arrière sont réalisées en lumière blanche. Ainsi, le silicium
sur une faible épaisseur à l’approche des encastrements peut être transparent.
L L
ΔL
a) b)
Ainsi, les mesures des dimensions des membranes sont réalisées sous le microscope optique
sur la face avant, avec une précision de ±1µm.
91
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
courbe
P
w
( )
= f w 2 . Dans le cas étudié, on supposera que le coefficient de poisson du nitrure
calculer le module d’Young à partir de la pente (Pente). Les contraintes résiduelles sont
calculées en fonction du point d’intersection de la droite extrapolée avec l’axe des abscisses
(Origine). La Figure II-14 montre un exemple de la courbe extrapolée.
0,48
0,46
Y =0,27225+0,0018 X
0,44
0,42
0,40
P / w (mBar / μm)
0,38
0,36
0,34
0,32
0,30
0,28
0,26
déformation de la membrane
0,24 extrapolation linéaire
0,22
0,20
20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120
2 2
w (μm )
Ainsi, le module d’Young et les contraintes résiduelles dans le matériau sont donnés par la
relation.
Pente . a 4 Origine . a 2
E= σ0 = Équation 27
C2 t C1 t
92
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
ΔE Δa Δt ΔC 2 ΔPente
=4 + + +
E a t C2 Pente
Δσ Δa Δt ΔC1 ΔOrigine Équation 28
=2 + + +
σ a t C1 Origine
L’erreur commise sur la mesure de l’épaisseur est déterminée par rapport à la dispersion de
l’épaisseur mesurée sur les échantillons à caractériser à partir de la plaquette de nitrure ou
celle d’oxyde/nitrure.
Sur la première plaquette avec la couche de nitrure, l’épaisseur est comprise entre 0,6 et
0,615µm, soit une erreur potentielle inférieure à ±1,2%. Pour la seconde plaquette de nitrure,
l’épaisseur varie entre 0,6 et 0,62µm, soit une incertitude inférieure à ±1,7%.
Pour les membranes en oxyde/nitrure, seule une plaquette a été caractérisée. L’épaisseur de la
bicouche varie entre 1,48 et 1,5µm, soit une incertitude inférieure à ±0,7%. L’épaisseur de la
couche d’oxyde a été mesurée par ellipsométrie avant le dépôt de la couche de nitrure, elle est
de 0,8µm ±1,25%. L’épaisseur du nitrure est donc égale à 0,69µm ±2,9%.
L’erreur sur la détermination des coefficients C1 et C2 est donnée par l’écart entre les valeurs
relevées dans la littérature. Cette erreur n’est déterminée que dans le cas des membranes
carrées. En effet la détermination des coefficients C1 et C2 pour les membranes rectangulaires
longues est une solution exacte.
En prenant l’erreur maximale commise sur le calcul de ces coefficients, on détermine ainsi
l’incertitude sur les coefficients C1 et C2 à 1,17 et 1,3% respectivement.
93
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
L’erreur commise sur le calcul des paramètres ‘pente’ et ‘origine’ est plus délicate à évaluer.
Afin de donner un ordre de grandeur de cette erreur, nous avons calculé la différence entre la
régression linéaire et les points expérimentaux (Cf. Figure II-14). Les résultats sont portés sur
un exemple illustré sur la Figure II-15. L’écart maximum est inférieur à ±2%. On peut donc
estimer en première approximation que l’erreur sur la ‘pente’ et ‘l’origine’ sera également
inférieure à ±2%.
0,006
P/ w0 régression - P/ w0 éxperience (bar / µm)
0,004
0,002
0,000
-0,002
-0,004
-0,006
0 20 40 60 80 100 120
2 2
w0 (μm )
Ainsi, l’incertitude sur la détermination du module d’Young et des contraintes résiduelles est
inférieure à ±6%.
II.[Link]. Résultats
Afin d’étudier la reproductibilité des résultats, les paramètres mécaniques du nitrure de
silicium ont été mesurés sur des membranes carrées et rectangulaires longues. Ces mesures
sont comparées aux résultats obtenus sur une deuxième plaquette (Cf. Tableau II-5 et Tableau
II-6). La Figure II-16 et la Figure II-17 montrent la dispersion du module d’Young en
fonction de la largeur des membranes carrées ou rectangulaires respectivement. La Figure
II-18 et la Figure II-19 montrent les dispersions obtenues sur la mesure des contraintes, en
fonction de la largeur des membranes carrées ou rectangulaires respectivement.
94
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Cotés 2a Cotés 2a
E (GPa) σ (MPa) E (GPa) σ (MPa)
(µm) (µm)
421 231 570 402 285 815
423 237 592 401 261 689
634 218 606 402 300 801
633 230 613 601 219 807
Plaquette.2
Plaquette.1
Tableau II-5 : Résultats de caractérisation des membranes carrées sur deux plaquettes différentes
Cotés 2a Cotés 2a
E (GPa) σ (MPa) E (GPa) σ (MPa)
(µm) (µm)
421 277 629 403 312 710
424 293 655 402 337 773
628 252 673 403 314 734
626 250 650
Plaquette.1
Plaquette.2
95
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
300 plaquette 1
plaquette 2
280
Module d'Young (GPa)
260
240
220
200
Figure II-16 : Dispersion du module d’Young en fonction de la largeur des membranes carrées
340
330
plaquette 1
320
palquette 2
Module d'Young (GPa)
310
300
290
280
270
260
250
350 400 450 500 550 600 650 700 750 800 850 900 950 1000 1050
Largeur (µm)
Figure II-17 : Dispersion du module d’Young en fonction de la largeur des membranes rectangulaires
96
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
840
820
800
780
760
Contraintes (MPa)
740
720
700
680
660
640
620
600
plaquette 1
580 plaquette 2
560
400 500 600 700 800 900 1000
Largeur (µm)
Figure II-18 : Dispersion des contraintes en fonction de la largeur des membranes carrées
780
770
760 plaquette 1
750 plaquette 2
740
730
Contrainte (MPa)
720
710
700
690
680
670
660
650
640
630
620
350 400 450 500 550 600 650 700 750 800 850 900 950 1000 1050
Largeur (µm)
Figure II-19 : Dispersion des contraintes en fonction de la largeur des membranes rectangulaires
97
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Afin de comparer les résultats de caractérisation mécanique, le Tableau II-7 présente une
comparaison croisée entre les valeurs obtenues sur les membranes carrées et rectangulaires
longues. Les paramètres calculés sont définis dans ce qui suit :
n
∑ xi
Moyenne = i =1
n
Etendue= Max(( xi ) − Min( xi ) Équation 29
2
∑( xi − Moyenne)
Ecarttype=
n
Tableau II-7 : Comparaison entre les valeurs croisées calculées sur les membranes
carrées et rectangulaires longues
98
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
sur l’ensemble des mesures est proche de 265GPa avec un écart type de 13%. Ces dispersions
sont nettement plus grandes que les erreurs estimées (±6%. Cf. p.94).
La comparaison des deux plaquettes caractérisées montre une augmentation de 10% environ
sur la valeur moyenne de la plaquette 2 par rapport à la plaquette 1. Les dispersions sont
également légèrement plus grandes pour la plaquette 2. Ces différences entre ces deux
plaquettes peuvent être dues à la non reproductibilité du dépôt du nitrure.
Les résultats obtenus avec les membranes carrées sont environ 15% inférieurs à ceux obtenus
avec des membranes rectangulaires. Ces différences peuvent être liée à un effet du montage
qui n’est pas identique dans les deux cas (Cf. Figure II-5).
Il faut noter que le nombre d’échantillons testés de chaque type est compris entre deux et
quatre et ne permet pas de donner des indications précises sur ces évolutions.
Plaquette 1 Plaquette 2
Module d’Young Module d’Young
Cotés 2a (μm)
Moyen (GPa) Moyen (GPa)
400 234 282
252
Carrée
600 229
800 246 250
1000 209
400 285 321
Rectangulaire
99
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Da ou Db
P/(w+wr) wr2 ≠0
wr1 ≠0
wr =0
(w+w r)2
100
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
L’effet de la rotation de la puce est d’autant plus important que la largeur de la membrane
augmente. En effet pour un type de membrane, l’augmentation de la largeur se traduit par une
diminution de la dimension Da ou Da/Db. Dans ce cas, la déformation du nitrure sur le silicium
est plus importante et engendre une rotation globale plus significative.
Cette explication est cohérente avec les résultats obtenus par [II.25] dans le cas de membranes
en nitrure possédant de très fortes contraintes en tension (1GPa), et pour lesquelles le module
d’Young, estimé sur un nombre important (>8) de membranes rectangulaires longues de
différentes dimensions, varie entre 250GPa et 320GPa. Dans le cas de couches faiblement en
tension, la détermination du module d’Young est obtenue avec une bonne précision sur un
certain nombre d’échantillons (274GPa ± 0,63GPa pour des contraintes de 34MPa [II.26], et
257GPa ± 5GPa pour des contraintes de 140MPa [II.27]).
Dans la littérature, le module d’Young du nitrure déposé par LPCVD a été mesuré par
différentes techniques et est situé entre 160GPa et 370GPa comme le montre le Tableau II-9.
Les résultats obtenus dans notre étude sont bien compris dans cette fourchette.
Tableau II-9 : Module d’Young du nitrure LPCVD cités dans la base de données matériaux du réseau
d’excellence européen PATENT
101
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Edwards [II.27] donne une valeur de 257GPa ± 5GPa obtenu sur sept échantillons de nitrure
LPCVD de la filière dichlorosilane.
La comparaison des deux plaquettes montre une augmentation de 15% environ sur la valeur
moyenne de la contrainte entre la plaquette 1 et la plaquette 2. Cette augmentation est
comparable à celle obtenue pour le module d’Young et est peut être expliquée par une non
reproductibilité du procédé de dépôt.
102
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Ec t o ⎛⎜ E o ⎞⎟ t n ⎛⎜ E n ⎞⎟
= + Équation 31
1− ν c 2 (t o + t n ) ⎜⎝ 1− ν o 2 ⎟⎠ (t o + t n ) ⎜⎝ 1− ν n 2 ⎟⎠
Où l’indice o (n) fait référence à la couche d’oxyde (nitrure).
En considérant que les coefficients de poisson des deux matériaux sont très proches (≈ 0,25),
le coefficient de poisson du bicouche est également égal à 0,25.
Le Tableau II-10, la Figure II-22 et la Figure II-23 présentent les résultats obtenus pour le
module d’Young et la contrainte moyenne du bicouche sur des membranes rectangulaires
longues.
Cotés 2a
Ec (GPa) σc (MPa)
(µm)
402 147 143
103
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
150
145
140
Module d'Young (GPa)
135
130
125
120
115
160
155
150
145
Contraintes (MPa)
140
135
130
125
120
115
400 500 600 700 800 900 1000
Largeur (µm)
Figure II-23 : Dispersion des contraintes moyennes du bicouche en fonction de la largeur
104
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Le module d’Young moyen est proche de 130GPa avec un écart type relatif de 8%. La
dispersion est identique à celle obtenue sur les membranes de nitrure. On observe également
une légère diminution du module d’Young avec l’augmentation de la taille de la membrane.
La contrainte moyenne déduite est proche de 134MPa avec un écart type de 8%. Cette valeur
est nettement plus grande que celle obtenue par la méthode du rayon de courbure (85MPa), et
peut être expliquée par les contraintes rapportées par le montage (Cf. V.2.1.2). On note une
très légère diminution de la valeur de la contrainte avec l’augmentation de la taille de la
membrane.
t +t ⎛ 1− ν 2 ⎞ t ⎛ 1− ν 2 ⎞
E0 = o n ⎜ o ⎟
Ec + n ⎜ o ⎟
E Équation 32
to ⎜ 1− ν 2 ⎟ to ⎜ 1− ν 2 ⎟ n
⎝ c ⎠ ⎝ n ⎠
σ .(t + t ) − σ n .t n
σo = c n o Équation 33
to
Le Tableau II-11 montre les résultats obtenus sur l’extraction des paramètres mécaniques de
l’oxyde thermique. La contrainte moyenne σ01 est extraite pour à une contrainte moyenne du
nitrure de 690MPa mesurée par le système de gonflement, et la contrainte moyenne σ02 est
extraite pour une contrainte moyenne de 520MPa mesurée par la méthode du rayon de
courbure.
105
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Cotés 2a
E0 (GPa) σ01 (MPa) σ02 (MPa)
(µm)
402 34 - 328 - 182
Module d’Young
Les valeurs du module d’Young sont incohérentes (valeur<0), dispersées et très différentes de
celles données dans la littérature (entre 70GPa et 80GPa).
D’après l’équation 32, le module d’Young de l’oxyde est obtenu par la soustraction de deux
termes (Eeq1 - Eeq2) avec :
t +t ⎛ 1− ν 2 ⎞ t ⎛ 1 − ν o 2 ⎞⎟
E eq1 = o n ⎜ o ⎟
E c et E eq2 = n ⎜ E Équation 34
to ⎜ 1− ν 2 ⎟ t o ⎜ 1− ν 2 ⎟ n
⎝ c ⎠ ⎝ n ⎠
106
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
(t o + t n ) tn
σ1 = σc σ2 = σ
to et t o n Équation 35
107
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
Par la suite, on déduit que la contrainte moyenne de l’oxyde thermique peut être comprise
entre -507MPa et -27MPa. La réduction de cette incertitude nécessite donc la réduction
drastique des erreurs commises sur les valeurs des contraintes du nitrure et du bicouche.
II.6. CONCLUSION
Nous avons mis en place un banc de test pour le gonflement de membranes sous pression
différentielle. Ce banc contient un système de pressurisation, un profilométre optique et un
support spécial qui a été usiné pour fixer les échantillons lors de l’application de la pression.
Les tests réalisés ont permis d’extraire le module d’Young et les contraintes résiduelles dans
le matériau étudié.
Nous avons fabriqué et caractérisé des membranes carrées et rectangulaires longues de
différentes largeurs à partir des films de nitrure LPCVD et du bicouche oxyde/nitrure.
Pour les membranes de nitrure caractérisées, le module d’Young moyen a été déterminé sur
un grand nombre d’échantillons à 264GPa. Cependant, les dispersions relevées sont assez
importantes (200GPa à 340GPa). Nous avons expliqué ces dispersions comme étant dues au
montage utilisé, et à la non prise en compte de la présence d’une rotation de l’échantillon dans
le modèle théorique. Cette rotation est liée à la présence de fortes contraintes en tension.
La contrainte moyenne dans le nitrure est estimée à 690MPa. La dispersion de la mesure est
assez élevée (entre 570MPa et 820MPa). La contrainte moyenne est importante par rapport à
celle mesurée par la méthode de rayon de courbure (520MPa). Cette différence est liée au
montage utilisé ainsi qu’à l’utilisation du silicone pour la fixation de l’échantillon.
Les membranes composites en oxyde/nitrure ont été caractérisées sur des membranes
rectangulaires longues. Les dispersions obtenues sur la détermination des paramètres
mécaniques sont du même ordre de grandeur que celle obtenue lors de la caractérisation des
membranes en nitrure.
Le banc de test développé a ainsi permis de préciser les limitations de la méthode de
gonflement et a montré l’importance du montage sur les caractéristiques du matériau étudié.
Afin de quantifier plus précisément les erreurs commises et de préciser leur origine, il serait
nécessaire de caractériser des membranes en silicium de raideur comparable aux membranes
utilisées. La simulation mécanique de l’ensemble du dispositif de test devrait également
donner des indications sur l’origine des perturbations et sur les pistes d’optimisation. Après la
validation du nouveau dispositif, il sera nécessaire de réaliser un nombre important de
caractérisation pour obtenir une étude plus statistique.
108
Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux par la méthode du gonflement des membranes
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110
[Link] FABRICATION ET CARACTERISATION DES ANTENNES A
ÉMISSION SURFACIQUE DE TYPE YAGI-UDA
111
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
III.1. INTRODUCTION
Les antennes planaires sont aujourd’hui des éléments clés dans les systèmes micro-ondes et
millimétriques pour de nombreuses applications telles que les communications sans fil, la
radioastronomie, les radars mobiles. L’objectif est de développer des modules électroniques à
faible coût.
Ces nouvelles spécifications ont motivé l’émergence de nouvelles filières technologiques
issues de la microélectronique et utilisant les potentialités de micro-usinage du silicium. Les
antennes planaires sur membranes présentent ainsi de fortes potentialités car elles assurent
une propagation homogène de l’onde et éliminent les modes de substrats et les pertes
diélectriques. Elles permettent aussi d’obtenir d’excellentes performances pour des fréquences
élevées [III.1].
La plupart des antennes planaires sur membranes étudiées sont à émission verticale (Cf.
Figure III-1). Depuis quelques années, des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
(Cf. Figure III-1) sont développées car elles permettent d’obtenir d’excellentes
caractéristiques en terme de gain et de diagramme de rayonnement avec une plus grande
latitude dans les paramètres de conception [III.2]. Cependant, la présence du silicium dans la
direction de propagation entraîne une perturbation non négligeable. La solution consiste alors
à réduire ou à éliminer le mur de silicium dans la direction de propagation.
Ce chapitre traite ainsi des potentialités offertes par la combinaison des techniques de micro-
usinage du silicium par la fabrication d’antennes de type Yagi-Uda à émission surfacique.
Après une présentation succincte de la conception de ces antennes, nous exposerons la filière
technologique développée ainsi que les résultats hyperfréquences obtenus.
112
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Ces travaux se sont déroulés dans le cadre du projet européen IMPACT puis AMICOM, et ont
associé le LAAS à l’institut de microtechnologie (IMT) de Bucharest en Roumanie. Ce type
d’antenne est destiné aux applications suivantes :
- Radioastronomie, télécommunication par satellites, (42,5 – 45,5GHz)
- Systèmes de radionavigation, systèmes de défense. (43,5 – 45,5GHz)
- Télécommunication par satellites pour les applications fixes (47 – 48,5GHz)
L’antenne Yagi se compose d’un dipôle actif relié à la source d’alimentation (conducteur), et
d’éléments parasites non alimentées à savoir le réflecteur et les directeurs.
Le conducteur alimenté génère un champ électromagnétique local, et induit un courant au
niveau du premier directeur, non alimenté, et placé dans la direction de propagation.
L’amplification de l’énergie crée au niveau de ce premier élément parasite favorise
l’excitation du second directeur, etc. Par la suite, l’onde électromagnétique est acheminée
horizontalement à travers les éléments directeurs.
Le réflecteur placé derrière le conducteur a pour rôle d’atténuer l’onde de réflexion générée
par le conducteur, et maximiser l’énergie transmise à travers les directeurs. Dans la
113
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
configuration coplanaire des antennes Yagi, les plans de masses de la ligne coplanaire servent
d’éléments réflecteurs [III.5].
Les dimensions retenues pour la réalisation de l’antenne Yagi sont données dans la Figure
III-2.
CPW
(conducteur central 50µm, gap 25µm)
Transition CPW-SL
Déphaseur 180°
Réflecteurs Ligne à fente
Plans de masse (CPW) (gap 100µm)
775µm
Conducteur 100µm
3450µm
600µm
2800µm
Directeurs 550µm
2300µm
114
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Conducteurs
métalliques Direction de
M embrane diélectrique radiation
Les performances de l’antenne Yagi sont examinées à travers les resultats obtenus par
simulation. Elles concernent l’analyse de son gain G et de son diagramme directivité D(θ, φ).
Le gain G se definit comme étant le rapport entre l’intensité maximale de rayonnement dans
la direction du lobe principal et l’intensité de rayonnement d’une antenne isotrope
omnidirectionnelle (Antenne qui émet des puissances égales dans toutes les directions). Le
gain réalisé est corrigé lorsqu’il existe une eventuelle désadaptation de l’antenne, on parle
ainsi d’un gain intrinsèque exprimé en dBi :
Gréalisé
Gint rinsèque = Équation 36
2
1− S11
Ainsi, la Figure III-4 et la Figure III-5 montrent les simulations de l’évolution frequentielle
des pertes en réflexion et du gain de l’antenne Yagi. On déduit que le gain maximal est de
6,8dBi, il se situe autour d’une fréquence de resonance de 47GHz. Ce gain maximal est
obtenu lorsque les pertes par reflexion presentent un minimum autour de -15dB.
115
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
0
Pertes en reflexion (dB)
-5
-10
-15
-20
40 42.5 45 47.5 50 52.5 55
Fréquence (GHz)
10
5
Gain (dBi)
-5
-10
-15
35 40 45 50 55
Fréquence (GHz)
Figure III-5 : Variation du gain en fonction de la fréquence
116
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
La directivité D(θ, φ) indique l’aptitude de l’antenne à concentrer la puissance émise dans une
ou plusieurs directions. Les directions de rayonnement privilégiées se traduisent par
l’existance de lobes dits principaux. Cependant, d’autres lobes dits secondaires apparaissent.
La Figure III-6 et Figure III-7 montrent les resultats de simulation 2D du diagramme de
rayonnement dans les plans parallèlles à l’antenne (θ=91°, φ variable), et les plans
orthogonals (θ= variable, φ= 0°). Ce diagramme est normalisé par rapport au gain maximal
qui est de 6,8dBi à 47GHz.
M ag M a x
0
0 dB
30
-3 0
60
-6 0
90
-9 0
12
0
20
-1
15
0
0
-15
5 dB M ag M i n
180
Per Div -3 0 dB
M ag M a x
0
0 dB
30
-3 0
60
-6
0
90
-9 0
12
0
20
-1
15
0
0
-1 5
5 dB M ag M i n
180
P er D i v -3 0 dB
117
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Les diagrammes de rayonnement montrent que l’antenne est directive dans la direction
parallèle au plan de l’antenne. L’angle d’ouverture est de (58°,115°) à -3dB.
On déduit aussi à partir des diagrammes ci-dessus que le rayonnement de l’antenne est
symétrique par rapport au plan orthogonal, ce qui signifie que la presénce de la membrane n’a
aucune influence sur la propagation du champ électromagnetique. La discontinuité affichée
lorsque θ=91° résulte du fait que le modèle de simulation électromagnétique assume que la
surface de la membrane est infinie.
100µm
A’ A
1mm
Figure III-8 : Superposition des masques de dépôts des conducteurs et de la gravure du silicium
Habituellement, la gravure volumique du silicium est réalisée soit par KOH ou par DRIE. Le
mur de silicium dans la direction de propagation est différent selon la technique utilisée.
Ainsi, pour une gravure KOH, le mur de silicium dans la direction de propagation est
118
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
important. Dans ce cas, les membranes fabriquées sont solides, et le rendement de fabrication
de l’ordre de 95%.
Dans le cas de la gravure DRIE, le mur de silicium dans la direction de propagation est réduit.
Les membranes fabriquées sont fragilisées par le rétrécissement de la largeur de
l’encastrement, mais aussi par le procédé de la gravure DRIE lui-même.
Par ailleurs, nous avons étudié la possibilité de fabriquer ces membranes en combinant la
gravure DRIE et KOH. En effet, l’utilisation de la gravure KOH à la fin du procédé permet de
réduire les risques liés au procédé DRIE. Le mur de silicium dans la direction de propagation
se trouve réduit en largeur, mais aussi en épaisseur.
En vue de la caractérisation fréquentielle des antennes fabriquées en émission et en réception,
la séparation des antennes est une étape importante dans le procédé. Dans le cas des
membranes KOH, les antennes sont découpées à la scie diamantée. Cette étape est évitée dans
le cas des antennes réalisées par DRIE ou par DRIE+KOH. La séparation s’effectue alors
selon la ligne de largeur 1mm qui traverse toute la plaquette.
M2
M1
Figure III-9 : Profil de gravure humide du silicium dans une solution HNA
119
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Le second type de gravure est anisotrope. Dans ce cas, la gravure dépend de la direction
cristallographique du silicium déterminé par les indices de Miller [III.9]. Il existe diverses
solutions pour réaliser une telle gravure, on peut citer ainsi les solutions à base d’hydroxyde
de potassium, césium, sodium, ammonium (KOH, CeOH, NaOH, NH4OH), l’hydrazine
(NH2NH2), l’éthylènediamine (NH2(CH2)2NH2), l’éthylènediamine pyrocatéchol (EDP),
tétraméthylamonium hydroxyde (TMAH)…
La réaction globale d’attaque anisotrope du silicium s’écrit :
Si + 2H 2 O + 2OH − → 2H 2 + Si(OH) 2 O 2 2−
Les sélectivités de gravure des différents plans cristallographiques déterminent la géométrie
finale des structures. Depuis les premières investigations concernant ce type de gravure, la
plaquette de silicium de direction standard (100) révèle l’existence de directions de faible
vitesse de gravure, elles sont identifiées comme étant des plans {111} [III.9]. Ainsi, la gravure
de silicium à travers une ouverture rectangulaire permet d’obtenir une cavité pyramidale
limitée par les plans (111), l’angle d’inclinaison de ces plans par rapport aux plans standards
(100) étant de 54,7° (cf. Figure III-10).
L’origine de l’arrêt de la gravure sur les plans (111) demeure un sujet de débat. Parmi les
hypothèses émises, la variation de la densité atomique suivant la direction
cristallographique est la plus répandue ; les plans (111) sont plus denses que les plans (100).
Une autre explication indique que cette grande sélectivité d’attaque est due à la variation de
l’énergie d’activation. Enfin, une autre hypothèse admet que l’arrêt de la gravure sur les plans
(111) peut être dû à un niveau d’oxydation plus rapide sur les plans (111).
120
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Propagation
660µm
A’ A
100 µm
Propagation
660µm
55°
Figure III-11 : Vue au MEB du profil du silicium obtenu après une gravure KOH
Les antennes fabriquées par cette technique présente un encastrement en silicium de 660µm
de largeur et de 400µm d’épaisseur, dans la direction de propagation. Ce mur assure la rigidité
mécanique de la structure, mais perturbera la propagation de l’onde électromagnétique.
121
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
ensuite les ions et radicaux issus de ce plasma vers la surface à usiner. Les espèces volatilisées
sont ensuite évacuées du système par pompage.
Afin de garantir un aspect anisotrope et une gravure profonde rapide, le principe de base
repose sur l’utilisation d’une phase de passivation et de gravure. La phase de passivation
consiste à déposer isotropiquement une couche qui inhibe le bombardement ionique sur les
parois latérales de l’ouverture. La phase de gravure élimine successivement la couche de
passivation puis le silicium sur le plan horizontal. Le principe de la méthode est illustré sur la
Figure III-12.
+ +
gravure passivation
+ +
gravure passivation
+ +
122
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
gazeuses SF6/O2. Dans ce cas, le silicium est bombardé par les radicaux fluor F, tandis que la
phase de passivation est assurée par la déposition d’une couche de SiOxFy. Cependant, ce
procédé est basé sur l’utilisation de températures cryogéniques pour réaliser la passivation qui
entraîne la fissuration de la résine de masquage.
La deuxième méthode développée par Laërmer [III.13] [III.14], et communément connue sous
le nom de ‘Bosch process’, repose sur l’alternance de la phase de passivation et de gravure de
silicium à température ambiante. La passivation est réalisée par formation d’un polymère sur
les tranches latérales issue des radicaux fluorocarbonnés (CHF3, C2F6, C4F8, CF4,…), tandis
que la gravure peut être réalisée par les radicaux généralement issus des gaz Fluorés (SF6,
NF3,…). Cette technique a permis d’obtenir des grandes vitesses de gravure (jusqu'à une
dizaine de microns par minute), une meilleure sélectivité de gravure par rapport aux résines de
masquage, et un meilleur aspect de forme.
La gravure profonde du silicium est réalisée dans un réacteur à couplage inductif STS-ICP
(Inductif Coupled Plasma) qui utilise le procédé Bosch. La formation du polymère (CxFy)n de
protection est réalisée par dissociation des molécules gazeuses issue du C4F8. La gravure se
fait par formation du radical (F) issue de la décomposition du gaz SF6 silicium (CxFy)n.
Le masquage est assuré par une résine de 10µm d’épaisseur (AZ4562). La plaquette est
ensuite collée sur une deuxième plaquette de silicium avec de la résine (PLP100). Les deux
plaquettes sont recuites ensemble à 115 °C pendant 1minute, et mises sous pression. Ceci
permet d’évacuer les résidus de résines susceptibles de se répandre dans le bâti pendant le
procédé de la gravure et d’homogénéiser la surface de contact pour garantir un bon transfert
thermique. Ce dernier assure une bonne homogénéité de gravure et une faible vitesse
d’attaque de la résine de masquage.
123
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Enfin, la plaquette est mise dans le réacteur qui assure la gravure du silicium avec une
puissance de plasma de 800 watts. La vitesse de gravure estimée est de l’ordre de 3,7 µm/min
pour une épaisseur visée de l’ordre de 410µm. L’uniformité de gravure est de l’ordre de 2,5 %
entre le centre et les bords de la plaquette. La Figure III-14 montre une vue au MEB des
profils de gravure obtenus après la gravure DRIE.
w =100µm
w =70µm
wb wb
wb
Silicium
Silicium
Les profils obtenus présentent des déviations par rapport à la direction verticale (90°) à partir
d’une certaine profondeur. Cette pente négative est assez significative pour les faibles largeurs
de mur. Ces derniers peuvent se rejoindre si la gravure continue.
Le Tableau III-2 compare les valeurs mesurées au MEB, de la largeur du masque ‘w’ avec la
largeur ramenée à la base ‘wb’.
L’effet de la gravure latérale des parois a été largement discuté dans la littérature. Les
principales causes sont imputées aux phénomènes de transports des radicaux à la surface du
silicium, de distribution angulaire des ions et du champ électrique local [III.15].
En effet, lorsqu’il s’agit de gravure profonde (supérieure à 100µm), les ions au fond des
cavités sont moins denses que ceux formés en surface. Le transport de particules se trouve
appauvri et la vitesse de gravure chute, cette conséquence se manifeste lorsque les ouvertures
gravées sont étroites. Le tassement de ces ions au fond des cavités cause leurs
rebondissements sur les murs verticaux [III.16] [III.17].
124
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Propagation
A’ A
400µm
100 µm
Encastrement
III.3.4.1. Introduction
Technologiquement, la combinaison de la gravure sèche et humide permet d’augmenter le
rendement de fabrication des membranes. En effet, les contraintes mécaniques imposées par
la gravure DRIE sont amorties si la profondeur gravée est inférieure à l’épaisseur de la
plaquette. Ainsi, les membranes de silicium, réalisées après l’étape de gravure DRIE, seront
125
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
assez rigides pour supporter les contraintes technologiques de la gravure sèche. La libération
des membranes est alors réalisée au final dans le KOH.
Electriquement, la combinaison des deux techniques de gravure va également permettre de
réduire l’épaisseur du mur de silicium dans la direction de propagation du signal. Les
membranes réalisées seront ainsi faiblement encastrées.
h1
<110>
<100>
(111) (111)
h2
Figure III-17 : Evolution de géométrie du mur du silicium après une gravure DRIE+KOH
126
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
1000
100
10
1
2,80 2,85 2,90 2,95 3,00 3,05 3,10 3,15
1000/T (1/K)
E
V = [KOH] 0,25 [H 2 0] 4 exp(− a ) Équation 37
K.T
V = Vitesse de gravure dans le KOH.
T = Température de la solution.
Ea = l’énergie d’activation du bain.
K= Constante de Boltzmann.
[KOH] et [H20]= Sont les concentrations de l’hydroxyde de potassium et de l’eau.
Ainsi, la vitesse de gravure des plans (110) à 80°C est déterminée à partir de la Figure III-18,
elle est de l’ordre de 2,95µm/min. L’énergie d’activation de la solution est de 0,707 eV.
D’un point de vue géométrique, la largeur initiale (w) du mur de silicium et la profondeur
gravée par DRIE (h1) conditionnent le profil final.
h1
Si w≥ = 226 μm :
tan(54,7°)
la gravure latérale du silicium est stoppée par les plans (111) qui définissent la géométrie
finale de la structure. La Figure III-19 montre une vue au MEB de la progression de la
gravure latérale du mur de silicium de 500µm de largeur, pour différents temps de gravure au
KOH.
127
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
w=500µm
h1=320µm
h2=90µm
L’angle α formé par entre les plans (100) et (111) est estimé à 58°, ce qui est en accord avec
sa valeur théorique (54,7°).
h1
Si w ≤ = 226μm :
tan(54,7°)
Les plans (111) se croisent et forment une double pyramide inversée. La Figure III-20 montre
une vue au MEB de la progression de la gravure latérale du mur de 200μm de large, pour
différents temps de gravure au KOH.
128
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
200μm
200μm
Le temps théorique nécessaire pour graver latéralement le mur de silicium est de 34 min. On
remarque sur la Figure III-20 qu’après 40 min de gravure KOH, cette étape est déjà atteinte, et
les plans (111) sont connectés.
L’estimation du temps de croisement des plans (111) est surévalué à cause de l’imperfection
de la gravure verticale des murs de silicium.
w
silicium
<111>
<111>
wb
129
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
La Figure III-22 montre le profil du mur de largeur w=100µm après 15 min de gravure au
KOH.
w=100µm
<hkl>
Théoriquement, il faut 17 min pour connecter les plans (111). Cependant, on remarque
qu’après 15 min d’attaque, les deux pyramides sont déjà séparées. La pyramide supérieure
forme bien une pointe très fine limitée par des plans d’attaque rapides (hkl). La gravure de ces
derniers plans continue jusqu'à l’obtention d’une pyramide parfaite limitée seulement par les
plans (111).
Afin de vérifier ce constat, des murs de silicium de 70μm de large ont été gravés au KOH.
Dans ce cas, l’effet de l’imperfection est plus significatif, et la formation de la pyramide
parfaite est réalisée rapidement. La Figure III-23 montre la formation des plans parfaits (111)
réalisé sur un mur de silicium de 70μm de large, après 15min de gravure au KOH.
w=70µm
{111}
130
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
W = 200 µm
<411>
β
<111>
Membrane
diélectrique
325 µm
Figure III-24 : Gravure des angles convexes suivant les plans {411}
L’angle β formé entre les familles de plans {411} et {111} est estimé à 34°. Cette valeur se
trouve en accord avec sa valeur théorique qui est égale à 35,2°.
131
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Propagation
100 µm
400µm
Encastrement
Face arrière
132
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
R+x
2
2 ⎛ 4π R ⎞
G 2 = S 21 ⎜ ⎟ Équation 38
⎝ λo ⎠
Où S21 est le paramètre de transmission de l’antenne, et λo la longueur d’onde dans le vide.
Cette méthode de mesure est simple, cependant elle ne permet pas d’accéder au diagramme de
rayonnement de l’antenne.
133
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
-5
Pertes en réflexion (dB)
-10
-15
-20
Simulée
-25
40 42.5 45 47.5 50 52.5 55
Fréquence (GHz)
Figure III-28 : Variation des pertes en réflexion des antennes pour les antennes KOH
-5
-10
-15
Simulée
-20
40 42.5 45 47.5 50 52.5 55
Fréquence (GHz)
134
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Les antennes réalisées par DRIE sont en très bon accord avec les simulations. En effet, la
fréquence de résonance est de 49GHz (47GHz simulée), et les pertes par réflexion sont de -
15dB (-15dB simulée). Ainsi, la réduction de la largeur du mur dans la direction principale de
propagation permet d’obtenir des résultats proches des simulations.
Les antennes réalisées par gravure combinée DRIE + KOH permettent de diminuer la largeur
et la hauteur du mur de silicium dans la direction de propagation. On obtient ainsi une largeur
de 100μm pour une épaisseur de silicium réduite de 70μm. La Figure III-30 montre la
variation fréquentielle des pertes en réflexion pour quatre distances de séparation.
-5
-10
-15
Simulée
-20
40 42.5 45 47.5 50 52.5 55
Fréquence (GHz)
La fréquence de résonance des antennes réalisées par DRIE+KOH est de l’ordre de 48GHz,
les pertes par réflexion sont de l’ordre de -17dB. Ces résultats sont similaires à ceux obtenus
par la gravure DRIE. Ils montrent que la diminution de l’épaisseur du silicium dans la
direction de propagation influence peu le comportement fréquentiel des antennes.
135
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
0
Gain (dBi)
-5
-10 Simulée
DRIE
DRIE+KOH
-15
35 40 45 50 55
Fréquence (GHz)
136
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
B’
B’ B
Afin d’analyser les causes de ces déformations, des simulations 3D ont été réalisées à l’aide
du logiciel ANSYS. La Figure III-34 montre une vue en coupe (plan de symétrie de la
membrane) et de dessus de la membrane simulée. Afin de simplifier l’analyse, les murs de
silicium sont verticaux. L’objectif de l’étude est de quantifier la part des déformations dues au
gradient de contrainte, et celles liée à la contrainte moyenne dans la membrane.
137
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
e
a
h
e
Z b
X oy
y ox
Ces travaux présenteront des pistes d’amélioration technologiques pour la fabrication de ces
membranes faiblement encastrées.
épaisseur de l’oxyde
a = 6000 (ESiNx / σSiNx /υSiNx) (370GPa / 600MPa /0,28)
0,8
épaisseur du nitrure
b = 5500/2 (ESiO2 / σSiO2 / υSiO2) (80GPa / -300 / 0,18)
0,6
Substrat silicium
Paramètres géométriques (µm) Paramètres mécaniques
e 100
(Esi / υsi) (170GPa / 0,1)
h 70
Tableau III-3 : Paramètres utilisés pour les simulations de la bicouche sous ANSYS
138
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
La structure simulée est définie par des éléments de types Shell 181 pour mailler la bicouche,
suivi d’une extrusion suivant l’axe OZ par des éléments de type Solid45 pour mailler le
silicium. Seule la moitié de la structure a été maillée en raison de l’existence du plan de
symétrie (o, x, z), ce dernier sera bloqué en déplacement. La surface inférieure de la structure
est bloquée aussi. La Figure III-35 montre les conditions aux limites utilisées.
Les Figure III-36, Figure III-37 et Figure III-38 illustrent la distribution des déplacements (U)
suivant OX et OZ, et de la contrainte de Von mises σVM.
139
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Max
Max
Max
140
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Les maxima de déplacement se situent au milieu du mur de silicium [(x, y)= (0, 0)]. La
contrainte est maximale dans l’angle de la membrane.
Les déplacements maximaux suivant l’axe (ox) et l’axe (oz) sont respectivement égaux à 11,4
et 12,4µm. Ce dernier est notablement supérieur à celui mesuré sur les antennes (7µm). Cette
différence peut être liée à la valeur surestimée du module d’Young pris pour la simulation
(370GPa) au lieu des 270GPa mesurés (Cf. [Link]). Néanmoins on peut considérer que
les ordres de grandeurs sont cohérents et que les données issues des simulations sont
qualitativement fiables.
Des simulations ont également été réalisées avec un matériau soumis à une contrainte
uniforme de 85MPa qui correspond à la contrainte moyenne du bicouche oxyde/nitrure (Cf.
V.2.2.1 du [Link]). Les déplacements maximaux suivant l’axe (oz) et (ox) sont
respectivement égaux à 5µm et 10µm. On peut en conclure que la déformation dans le plan de
la membrane est essentiellement due à la contrainte moyenne, alors que la déformation
verticale est liée aussi au gradient de contraintes.
141
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
142
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
e variable h variable
143
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
obtenir par DRIE, sans tenir compte des problèmes de rendement. La filière DRIE+KOH
permet par contre de réaliser des murs trapézoïdaux dont la base est égale à 1,4 fois
l’épaisseur. Avec des plaquettes de 400µm d’épaisseur, il est ainsi possible d’obtenir des murs
de silicium de 200µm de large (à la base) et de 140µm de haut.
III.5.3.1. Introduction
Afin d’évaluer les potentialités de la filière oxynitrure pour la réalisation de membranes
faiblement encastrées, nous avons fabriqué les mêmes antennes décrites précédemment mais
sans les conducteurs métalliques pour simplifier le procédé technologique.
Des membranes de 6µm d’oxynitrure ont été élaborées par gravure DRIE+KOH avec le
masque de la Figure III-8. Aucune membrane n’a survécu à la fin de la gravure.
Afin d’expliquer les résultats obtenus et de proposer des améliorations, des simulations
mécaniques ont été réalisées sous ANSYS.
Substrat silicium
Paramètres géométriques (µm) Paramètres mécaniques
e 100 et 200
(Esi / υsi) (170GPa / 0,1)
h 100 et 200
Tableau III-6 : Paramètres utilisés pour les simulations de la membrane en oxynitrure sous ANSYS
144
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
III.5.3.3. Résultats
La Figure III-40 et la Figure III-41 montrent un exemple de déformation suivant les axes (ox)
et (oz) ainsi que des contraintes de Von mises. Le Tableau III-7 précise les résultats obtenus
pour différentes valeurs d’encastrement. Afin de quantifier la part des contraintes moyennes et
du gradient de contraintes, des simulations ont été réalisées en séparant l’effet des deux
composantes. Les simulations globales permettent ensuite d’évaluer les effets croisés.
145
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
e (µm) 100 200 100 100 200 100 100 200 100
σVM (MPa)
35 26,1 59,1 207,8 233,1 194,8 239,7 ** **
max
La superposition des effets de la contrainte moyenne et du gradient sur les déformations a été
validée pour le cas (h, e)= (100µm, 100µm). Ceci permet d’évaluer facilement la part de
chaque effet sur les déformations globales.
Le Tableau III-7 montre que les déformations dans le plan sont principalement attribuées à la
contrainte moyenne (85 à 90%). De même, les déformations hors plan sont surtout générées
par la contrainte moyenne (75 à 90%).
146
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
Le cas (h, e)= (100µm, 100µm) qui se rapproche des antennes fabriquées, montre que les
déformations sont très importantes aussi bien dans le plan (19µm) que hors plan (27µm). Ceci
explique la destruction de toutes les membranes lors de la fabrication.
Comme indiqué précédemment, l’augmentation de la largeur du mur entraîne une réduction
plus importante des déformations que l’augmentation de son épaisseur.
Afin d’évaluer l’influence de l’épaisseur de la membrane sur les déformations, des
simulations supplémentaires ont été réalisées pour le couple (h, e)= (100µm, 100µm). Le
Tableau III-8 présente les résultats obtenus pour des membranes d’épaisseur 2 fois et 4 fois
plus faibles que celles fabriquées.
Tableau III-8 : Effet de l’épaisseur sur la déformation et la contrainte maximale de Von mises
(h=e=100µm)
III.6. CONCLUSION
Dans ce chapitre, nous avons développé une nouvelle technologie de micro-usinage
volumique de silicium pour la fabrication d’antennes à émission surfacique. La technologie
est basée sur la combinaison de la gravure sèche (DRIE) et la gravure humide (KOH), et
permet de réduire considérablement le silicium dans la direction de propagation du signal.
Nous avons fabriqué des antennes de type Yagi-Uda par la technique de micro-usinage de
silicium cité dessus, mais aussi par les deux techniques usuelles de gravure à savoir la DRIE
et le KOH. Ces trois techniques ont permis de réaliser des antennes avec différents
encastrements de silicium dans la direction de propagation. La caractérisation en fréquence
des antennes fabriquées a montré une parfaite concordance avec les résultats de simulation
pour les antennes fabriquées par DRIE et DRIE + KOH. Cependant, l’augmentation de la
147
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
148
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
149
Fabrication et caractérisation des antennes à émission surfacique de type Yagi-Uda
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microfabrication of aspherical optics using KOH anisotropic etching of Si”. Optics
Express, Vol. 11, No. 18, pp. 2244-2252, September 2003
[III.24] R.N. Simons, R.Q. Lee. “On-wafer Characterization of millimetre wave antennas for
wireless applications”. IEEE Transaction on Microwave Theory and Techniques,
Vol. 47, No. 1, pp. 92, January 1999
150
CONCLUSION GENERALE
151
Conclusion générale
Dans cette optique, les travaux menés avaient pour objectif d’améliorer le procédé de
fabrication des circuits micro-ondes sur membrane diélectrique tout en garantissant une
meilleure fiabilité mécanique.
Au cours du premier chapitre, nous avons décrit dans un premier temps et d’une manière
générale les briques de base pour le procédé de fabrication des circuits micro-ondes.
La membrane diélectrique qui représente le support mécanique des circuits a été étudiée en
détail. La technologie auparavant initiée au laboratoire consiste à associer une couche d’oxyde
thermique avec une couche de nitrure non stoechiométrique déposé par LPCVD. Le but de
cette combinaison étant d’assurer la fabrication de membranes avec une contrainte moyenne
très faible (85MPa) et transparente. Dans ce sens, nous avons décrit deux filières
d’élaboration de cette membrane composite à base d’oxyde thermique, mais en modifiant les
conditions de dépôt du nitrure.
La première filière est ancienne et est basée sur la formation du nitrure à 750°C à partir de la
réaction gazeuse entre le silane et l’ammoniac. Cette filière a permis de déposer des films de
nitrure non stoechiométrique SiN1,25 ayant des contraintes de 600MPa. L’association de ce
film avec l’oxyde thermique permet d’obtenir des membranes composites avec une contrainte
et moyenne et une permittivité effective de 85MPa et 1,1 respectivement. Cette filière a donné
naissance aux premiers circuits micro-ondes sur membranes au laboratoire. Cependant, le
152
Conclusion générale
dépôt de nitrure par ce procédé est restreint à un nombre limité de plaquette à cause de la
dégradation de l’uniformité de l’épaisseur dans le four de dépôt.
Pour cela, la deuxième filière de croissance du nitrure a été développé récemment afin
d’obtenir un nitrure de silicium ayant les mêmes propriétés optiques et mécanique que le
nitrure décrit ci dessus, mais avec une meilleure uniformité de l’épaisseur sur un grand
nombre de la plaquettes. Les premières expériences ont porté sur la réaction gazeuse entre le
dichlorosilane et l’ammoniac à 800°C. Dans ce cas le nitrure obtenu SiN1,15 affiche les mêmes
propriétés qu’auparavant mais avec une non uniformité de dépôt. Une rampe de température
de 800°C /830°C a permis de réduire les non uniformité (<±5%) sur un lot de 25 plaquettes.
Néanmoins, ces membranes composites sont de faibles épaisseurs (<2µm) et sont restreintes à
des applications de circuits micro-ondes de surface assez faibles (côté < quelque mm) si on
veut garantir une bonne fiabilité mécanique.
Nous avons présenté les résultats liés à la mise en place d’une filière de dépôt de membrane
par plasma à basse température (≤300°C). Nous avons évalué tout d’abord les contraintes
mécaniques dans l’oxyde et le nitrure de silicium. L’utilisation du recuit thermique à haute
température permet de réaliser des films avec des contraintes résiduelles réglables. Cependant,
des problèmes liés au non reproductibilité des résultats de l’oxyde et la delamination des
couches de nitrure nous ont poussé à développer la filière oxynitrure. Grâce à la grande
vitesse de dépôt et la possibilité d’obtenir des contraintes faiblement en tension, nous avons
réalisé les premières membranes de 6µm d’épaisseur et les premières lignes coplanaires de
2µm d’épaisseur. La composition chimique de l’oxynitrure a été déterminé par RBS et montre
un taux égal de l’oxygène et de l’azote dans le film. La séparation de phase entre ces deux
éléments pourrait expliquer la fissuration observée dans les films lors des recuits thermiques.
Le gradient de contrainte a été déterminé en fonction de la température par la mesure de la
déformation statique des micro-poutres.
Nous avons démontré ensuite la fiabilité mécanique des circuits réalisées sur la membrane
composite en oxyde /nitrure grâce à une série de test de choc et de vibration déterminée par
les spécifications spatiales. Ces tests ont été concluant en terme de fiabilité mécanique.
La caractérisation électrique des circuits fabriqués a permis de démontrer les potentialités de
la filière de la membrane oxynitrure. En effet, les pertes obtenues sur ce type de membrane
sont comparables à celles obtenues avec la membrane composite oxyde /nitrure et inférieure à
0,5dB/cm à 30GHz pour impédance de 75Ω. Ces pertes peuvent être minimisées en réalisant
des circuits conçus à 120Ω (<0,1dB/cm à 30GHz).
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Conclusion générale
Nous avons aussi montré que l’utilisation de l’or évaporé permet de réduire légèrement les
pertes (<0,1dB/cm) pour une épaisseur deux fois plus faible que celle utilisée avec des
conducteurs en or électrodéposé. Néanmoins, les déformations de la membrane générées par
les contraintes dans l’or évaporé sont plus importantes.
Le deuxième chapitre traite de la caractérisation mécanique des films minces par la méthode
de gonflement de membrane. Après avoir présenté le banc de test mis en place ainsi que le
procédé de fabrication des membranes et les méthodes d’extraction des paramètres
mécanique, nous avons montré les résultats concernant la caractérisation de film mince de
nitrure et d’oxyde. Les dispersions obtenues sur la détermination du module d’Young et des
contraintes et du nitrure sont importantes, et sont attribuées au montage utilisé ainsi qu’aux
erreurs sur la l’extraction théorique des paramètres. Quant à l’oxyde thermique, ces
caractéristiques sont extraites à partir de la caractérisation du bicouche oxyde /nitrure. Les
résultats montrent que le module d’Young de l’oxyde est incohérent avec la littérature et que
les contraintes sont assez dispersées. Ces incohérences sont attribuées aux dispersions
importantes sur la détermination des paramètres mécaniques du nitrure et du bicouche.
154
Conclusion générale
Ainsi, au cours des travaux présentés dans ce mémoire, la filière technologique des circuits
micro-ondes sur membrane diélectrique a été présentée. Cette filière regroupe les moyens de
fabrication technologique, de caractérisation mécanique et électrique. Nous avons pu initié la
caractérisation mécanique des matériaux au laboratoire qui reste en phase de développement.
Nous nous sommes aussi appuyés sur la filière présentée pour la fabrication et la
caractérisation d’antennes à émission surfacique.
De ce travail, un large éventail de perspectives peut être dressé afin d’améliorer la technologie
des circuits micro-ondes sur membrane. Dans le premier chapitre, et au niveau de la
fabrication des membranes diélectriques minces, l’acquisition prochainement au laboratoire
de nouveaux fours va permettre de réaliser des membranes monocouches d’oxynitrure par
LPCVD à haute température. Le film déposé va être plus stable thermiquement et présentera
un faible gradient de contrainte. Au niveau des membranes épaisses, l’amélioration du
procédé étudié notamment sur la montée en température va permettre de réaliser des films
stables et homogènes. A notre avis, le fait de diminuer le taux d’azote dans les films déposés
sera une solution efficace pour répondre à cette demande.
Dans le deuxième chapitre, l’étude de l’origine des dispersions sur les mesures des
paramètres mécaniques des films minces doit être entrepris afin d’élargir l’utilisation du
système pour la caractérisation d’une large gamme de matériaux notamment les films
plastiques. Dans ce contexte, il faudrait réaliser des simulations mécaniques de l’ensemble du
système, calibrer le montage en réalisant des caractérisations de films minces très faiblement
contraint avec des paramètres mécaniques bien cités dans la littérature comme le silicium, et
enfin envisager d’automatiser le banc de test pour pouvoir réaliser des études de
reproductibilités.
Dans le dernier chapitre concernant les antennes Yagi, il faudrait envisager de réaliser une
étude mécanique plus approfondie des membranes faiblement encastrées pour valider l’effet
de la contrainte moyenne et du gradient de contrainte sur les déformations. Les améliorations
des procédés de réalisation des membranes citées ci dessus permettront de fabriquer des
membranes faiblement encastrées et plates.
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LISTE DES PUBLICATIONS
Ouvrage
Workshops
Abstract
The aim of this work is to present the new developments of technology related to manufacturing of
passif circuit on dielectrical membranes. After describing the technology established previously in
LAAS and which combines thermal silicon oxide film with low stress silicon nitride deposited by
LPCVD. We propose a new low stress recipe to deposit thick silicon oxinitride film obtained by
plasma. The major interest of such technology is to increase the rigidity of suspended devices when
the membranes width is superior to ten millimeters. RF characterizations of coplanar waveguide lines
fabricated on silicon oxinitride membrane were in good agreements with the lines fabricated on
composite membrane.
The following chapter describes a bulge test system for the mechanical of thin films characterization.
The deflection of thin silicon nitride membranes under differential pressure leads to the extraction of
Young’s modulus and residual stress state.
In the last section, we describe a novel technological process based on dry followed by wet backside
silicon etching for the manufacturing of ‘quasi-three edge’ membranes-supported millimeter wave
circuits according to the undercut mechanism. In order to validate the technology, a Yagi–Uda antenna
for 45 GHz was designed and fabricated. The demonstrator was characterized in terms of return loss
and isotropic gain using ‘on wafer’ measurements. The agreement between the modelling and the
measurements is very good, and validates the new technological approach, which assures free-space
propagation conditions for endfire membrane-supported antennae structures. Moreover, quasi free
edge membranes were simulated using ANSYS tool to understand the deformation behaviour of such a
structure.
Keywords: Membrane technology, micromachining, Metallization, Coplanar waveguides, RF
measurements, Bulge test, Young’s Modulus, residual stress, endfire antennae, Deformation of free
edge membrane