Les types d’arguments
Exercices systématiques
A. Repère le type d’arguments utilisés dans les énoncés suivants.
1. La sédentarisation grandissante de l'humanité dans les villes est, comme l'a
montré Michel Tournier, un signe de la guerre ancestrale qu'elle a toujours
menée contre les nomades.
Argument d’autorité
2. L'usage compulsif du téléphone portable dans les lieux publics compromet la
qualité de l'espace républicain.
Argument par les valeurs
3. Il est aussi vain de stigmatiser la ville moderne que de regretter
perpétuellement la disparition d'un prétendu âge d'or.
Argument par l’analogie
4. « Ils changent très fréquemment de femmes, ce qui est un signe très vrai de
sauvagerie. Ils ignorent de toute évidence la noblesse et l'élévation du beau
sacrement de mariage ».
(Jean-Claude Carrière, La Controverse de Valladolid, 1992, Éd. Presses
Pocket.)
Argument par les valeurs
5. Vous dirigez un orchestre et vous prônez l'anarchie !
Argument par l’absurde
6. Fumer est dangereux pour la santé, c’est ce que démontre le rapport sur la
santé des Français rédigé par le professeur Blum.
Argument d’autorité
7. Les agriculteurs en difficulté ont été indemnisés. Il faut donc indemniser aussi
les éleveurs qui ont des problèmes.
Argument par l’analogie
8. Le commandant Cousteau l'a dit, les océans et les mers sont en danger.
Argument d’autorité
9. Visitez la Laponie, terre de liberté et d'harmonie.
Argument par les valeurs
10. Un usage abusif d’Internet peut créer une très forte dépendance qui nous
coupera tous les liens avec le monde extérieur.
Argument par la conséquence
11. Quand des jeunes portent des vêtements à la mode, on peut être certain qu’ils
ont été influencés par les médias.
Argument par la cause
12. Être heureux, c’est gagner beaucoup d’argent !
La définition
13. On ne peut nier l’influence positive du multimédia dans l’enseignement, mais il
ne faut pas croire que le multimédia peut se substituer à l’enseignant. En effet
une classe sans professeur est comme un navire sans commandant ! La
classe comme le navire auront toujours besoin d’un guide pour mener les
gens à bon port !
Argument par l’analogie
14. Il convient de limiter l’usage de la télévision qui abêtit de plus en plus les
jeunes. Il suffit, par exemple, de voir le nombre grandissant d’émissions qui
relèvent d’une sous-culture !
Argument par l’exemple
15. Si vous ne me faites pas une remise, je solliciterai votre concurrent.
Argument par l’hypothèse
16. Il ne faut pas croire que les gens sont indifférents à l’esprit d’unité. Le roi lui-
même, dans son dernier discours, insiste sur l’idée d’unité qui lui semble
essentielle à la survie du pays.
Argument d’autorité
17. Les plus grands spécialistes du monde médical mettent en avant les bienfaits
du sport.
Argument d’autorité
18. L’usage du tabac est voisin de celui des drogues ou de l’alcool : il crée une
dépendance physique et psychologique dont le patient aura bien du mal à se
débarrasser.
Argument d’analogie
19. Fumer entraine des troubles gastriques, donne mauvaise haleine et perturbe
l’odorat comme le gout.
Argument par la conséquence
20. L’usage du tabac n’est pas dangereux seulement pour le consommateur, mais
pour tous ceux qui sont intoxiqués passivement dans son entourage. C’est
donc non seulement une question de bonnes manières, mais plus encore de
civisme et de santé publique que de s’abstenir de fumer dans un lieu public.
Argument par les valeurs.
21. Ton pote est vraiment incorrigible, c’est toujours le premier à te mettre des
idées stupides en tête. Et tu le suis, en plus !
Argument ad hominem
22. Bougez, courez, sautez, jouez, roulez ! car le mouvement c’est la vie.
La définition
B. Sur quel type d'exemple l'argumentation de Camus contre la peine de mort
repose-t-elle ?
« Peu avant la guerre de 1914 un assassin dont le crime était particulièrement
révoltant (il avait massacré une famille de fermiers avec leurs enfants) fut condamné
à mort à Alger. […] On estima généralement que la décapitation était une peine pas
trop lourde pour un pareil monstre. Telle fut, m'a-t-on dit, l'opinion de mon père, que
le meurtre des enfants en particulier avait indigné. L'une des rares choses que je
sache de lui en tout cas, est qu'il voulut assister à l'exécution, pour la première fois
de sa vie. […] Ce qu'il vit ce matin-là, il n'en dit rien à personne. Ma mère raconte
seulement qu'il rentra en coup de vent, le visage bouleversé, refusa de parler,
s'étendit un moment sur le lit et se mit tout d'un coup à vomir. Il venait de découvrir la
réalité qui se cachait sous les grandes formules dont on la masquait. […] Quand la
suprême justice donne seulement à vomir à l'honnête homme qu'elle est censée
protéger, il paraît difficile de soutenir qu'elle est destinée comme ce devrait être sa
fonction à apporter plus de paix et d'ordre dans la cité. »
« Réflexions sur la peine capitale », Albert Camus, 1957
o Sur un événement historique
o Sur une anecdote tirée d’une expérience personnelle
o Sur un extrait d’œuvre littéraire
En choisissant ainsi de fonder son argumentation sur une anecdote qui a marqué sa
famille, Camus cherche à produire un double effet : d'une part, inscrire son propos
dans la réalité (il n'invente pas, tout ceci s'est réellement passé, précisément « en
1914 », « à Alger ») ; d'autre part, créer une relation de proximité avec le lecteur (il
lui confie un épisode important de la vie de sa famille, un événement qui est resté à
ce point gravé dans son histoire personnelle qu'il représente « l'une des rares
choses » qu'il sache de son père).
C. Sur quel type de raisonnement repose l'extrait suivant ?
« D'où vient que cet homme qui a perdu depuis peu de mois son fils unique, et qui,
accablé de procès et de querelles, était ce matin si troublé, n'y pense plus
maintenant ? Ne vous en étonnez point : il est tout occupé à voir par où passera ce
sanglier que les chiens poursuivent avec tant d'ardeur, depuis six heures. Il n'en faut
pas davantage. L'homme, quelque plein de tristesse qu'il soit, si on peut gagner sur
lui de le faire entrer en quelque divertissement, le voilà heureux pendant ce temps-
là ; et l'homme, quelque heureux qu'il soit, s'il n'est diverti et occupé par quelque
passion ou quelque amusement qui empêche l'ennui de se répandre, sera bientôt
chagrin et malheureux. Sans divertissement, il n'y a point de joie ; avec le
divertissement, il n'y a point de tristesse. Et c'est aussi ce qui forme le bonheur des
personnes de grande condition, qu'ils ont un nombre de personnes qui les
divertissent, et qu'ils ont le pouvoir de se maintenir en cet état. »
Blaise Pascal, Pensées, 1670
o Le raisonnement progressif
o Le raisonnement déductif
o Le raisonnement inductif
Pascal articule progressivement sa réflexion en partant d'un exemple pour en tirer un
argument. Cette méthode consistant à élargir le cas particulier (« Cet homme ») à
la loi générale (« L'homme ») est ce que l'on nomme raisonnement inductif. Notons
également que la répétition syntaxique (« quelque… qu'il soit ») permet de marquer
l'argument et de bien le faire comprendre.
D. Quelle thèse défend Rousseau dans le passage suivant ?
« Il y a un excès de rigueur et un excès d'indulgence, tous deux également à éviter.
Si vous laissez pâtir les enfants, vous exposez leur santé, leur vie ; vous les rendez
actuellement misérables ; si vous leur épargnez avec trop de soin toute espèce de
mal-être, vous leur préparez de grandes misères ; vous les rendez délicats,
sensibles ; vous les sortez de leur état d'hommes dans lequel ils rentreront un jour
malgré vous. »
Émile ou De l'éducation, Jean-Jacques Rousseau, II, 1762
o L’éducation doit être sévère et stricte
o L’éducation doit être ni trop sévère ni trop bienveillante
o L’éducation doit laisser l’enfant s’épanouir.
Le texte dont est extrait le passage analysé fait partie des œuvres qui ont opposé
Rousseau et les autres philosophes des Lumières. Articulé autour de la question de
l'éducation, le philosophe propose ici un moyen terme entre une éducation
rigoureuse et une éducation permissive en dénonçant les deux extrêmes et, pour la
première fois, en évoquant le devenir de l'enfant.
E. Quel est l'objectif de Diderot dans l'extrait suivant ?
« Tableau délicieux ! le plus agréable et peut-être le plus intéressant du Salon. Elle
est de face ; sa tête est appuyée sur sa main gauche : l'oiseau mort est posé sur le
bord supérieur de la cage, la tête pendante, les ailes traînantes, les pattes en l'air.
Comme elle est naturellement placée ! que sa tête est belle ! qu'elle est élégamment
coiffée ! que son visage a d'expression ! […] Ô la belle main ! la belle main ! le beau
bras ! Voyez la vérité des détails de ces doigts, et ces fossettes, et cette mollesse, et
cette teinte de rougeur dont la pression de la tête a coloré le bout de ces doigts
délicats, et le charme de tout cela. On s'approcherait de cette main pour la baiser, si
on ne respectait cette enfant et sa douleur. Tout enchante en elle, jusqu'à son
ajustement. Ce mouchoir de cou est jeté d'une manière ! il est d'une souplesse et
d'une légèreté ! Quand on aperçoit ce morceau, on dit : délicieux ! Si l'on s'y arrête,
ou qu'on y revienne, on s'écrie : délicieux ! délicieux ! »
Denis Diderot, extrait du commentaire d'un tableau de Greuze, La Jeune fille qui
pleure son oiseau mort, 1765
o Persuader
o Convaincre
o Délibérer
Cette critique d'art de Diderot ne propose pas de stratégie argumentative qui pourrait
laisser penser qu'il cherche à convaincre son lecteur de la qualité du tableau. Tout au
contraire, il se concentre sur sa subjectivité et les sensations que le tableau a
provoquées en lui : c'est pour cela que cet extrait est saturé de vocabulaire
évaluatif (« délicieux, agréable, belle » etc.), d'hyperboles et d'exclamations. Notons,
pour finir, l'emploi du pronom « on » qui montre que Diderot sous-entend que son
lecteur sera de son avis.
Sources :
- « Les caractéristiques de l’argumentation » in ASP Assistance scolaire
personnalisée
[Link]
2_f401#exercicet7, consulté le 11/02/2020
- « L’organisation du texte argumentatif » in site Magister, [Link]
[Link]/[Link]#axzz6DdTXVHn0, consulté le 11/02/2020