I. Forme et fonction du poème: l’art pour l’art.
Le Parnasse: école du désenchantement. Institution à laquelle se
rattache:
● Gérard Minerval
● Alfred
● Théophile Gautier
Citation 1: époque de désabusement, c’est une époque de désillusion.
Théophile Gautier (1811-1872)
Poète à la croisée des générations. Il appartenait au groupe de Victor
Hugo qu’on appelait le Cénacle.
Au moment de la bataille d’Armani, il est dans le camp d’Hugo.
Pourtant il exerce aussi une influence que la jeune génération comme
sur Baudelaire. Mais aussi sur Théodore de Banville qui influence
Flaubert et leconte de Lisie (p.64)
Gautier communique cette répugnance pour la politique. Il nourrit de
profonds doutes envers l’idée de progrès. Il est obsédé par l’idée de
décadence.
On retrouve sous sa plume bon nombre de moqueries à l’égard du
romantisme, des méditations sur l’amertume de l’existence.
Citation 2: Dénonciation du matérialisme des contemporains.
La préface de Mlle de Maupin peut être considérée comme le premier
manifeste de ce que Gautier appellera l’art pour l’art (art pas forcément
utilitaire).
Cette définition va de pair avec une vision du poète envers sa société.
Poème n°?: Le poète est comparé à une montagne.
Citation 3: Ce poème évoque le sacrifice solitaire du poète à la société.
Conception du poète développé par Gautier, insiste sur le caractère
précieux et sur une utilité indirecte à long terme, qui est moins visible,
utilité indirecte inséparable de la définition de l’art pour l’art.
Citation 5: Définition l’art pour l’art
Citation 7: Gautier insiste sur l’importance accordée au travail poétique,
l’attachement de l’idéal et le rejet du réel, il travaille les mots comme des
pierres précieuses. C’est un poète isolé des autres.
En 1886 est publié une anthologie poétique ? le parnasse contemporain.
Cette anthologie rassemble de nombreux poètes (voir citation 6).
Citation 8: Il s’en prend à ce lyrisme débordant de romantisme.
L’idolâtrie de soi-même.
Les poèmes de l’art pour l’art sont très impersonnels.
Citation 9: poème où l’auteur traite les poètes de montreurs
(exhibitionisme de l’âme). “traiteau” = thèâtre de foire, rejet violent,
rupture dans les poèmes, préfère renoncer à l’éternité que de se
montrer.
Le conte de Lisle préconise un lyrisme impersonnel, poésie avant tout
tourné vers un travail de la forme et refus du présent, impassibilité (refus
déluge émotions) et éternité.
Cette poésie fait des descriptions d’objet ou de scènes de nature, poésie
centrale, tournant ???
Verlaine ou Malarmé, a leur début, ont commencé leur carrière en étant
proche du Parnasse, donc influencé , plusieurs dédicace dans les
poèmes. Verlaine a des poèmes très recherché.
-> On voit un écart net se dessiner entre cette définition du poète
sculpteur par Gautier et celle du poète prophète chez Victor Hugo. Chez
Gautier on a un isolement du poète qui va de pair avec la supériorité qui
peut aller jusqu’à la misanthropie; image du poète renfermé dans sa tour
qui ne se mélange pas.
Gautier incarne l'opposition parfaite au romantique, du
désenchantement à celui des mages. Baudelaire va parachever cette
évolution.
Baudelaire
Mène une vie de bohème. Mais il doit travailler pour vivre, il est
journaliste, critique d’art, critique littéraire…
Il fréquente Hugo mais aussi des peintres comme Delacroix, Courbet
aussi sensible à la musique qu’à la peinture.
Les fleurs du mal:
1ère édition: censurée de 6 pièces.
On reproche à Baudelaire l'outrage à la morale publique et aux bonnes
mœurs: procès.
Lors de ce procès, Baudelaire rédige des notes à son avocat dans
lesquelles il pratique sa distinction entre la morale pratique destinée à
tout le monde et la morale des arts.
Il s’insurge: “Désormais on ne fera que des livres consolants, que tous
les hommes sont heureux, hypocrisie… idée pour laquelle le mal doit
être montré pour que la morale à la fin…”
L’édition de 1861: se compose de 35 poèmes nouveaux, il a multiplié les
poèmes. Section importante: celle des tableaux parisiens. La 1ère
section à une tonalité plus grave et désespérée. Dans ce livre se
dessine une chute, de l’idéal au désespoir et on voit que les sections qui
suivent supposent une progression dans la gravité et le mal.
3ème édition de 1868: posthume, passe de 127 poèmes à 162.
Oeuvre qui se situe entre le romantisme et le formalisme. En effet
Baudelaire admire les romantiques (Hugo) mais il est assez critique à
l’égard de cette complaisance élégiaque des romantiques.
Auteur qui a été déçu par la révolution de 1848 (révolution populaire)
elle a introduit la démocratie, le suffrage universel masculin, elle est
suivie par une reflue contre révolutionnaire qui va déboucher sur le 2nd
Empire avec Napoléon 3.
Le poème le plus connu de Baudelaire: l’Albatros p.66, date de la
deuxième édition, donc un ajout à la partie “Spleen idéal”.
-> Figure du poète, nouvelle métaphore (poète oiseau), lieu commun
romantique mais modifié, opposition entre les hommes d’équipages
(société, terre, connote le réel) et l’oiseau (figure individuel, ciel, azur,
idéal), lien distendu à l’égard du groupe, société. Réalité de la condition
du poète parmi les hommes.
Le style de Baudelaire: Dans Les fleurs du mal, style classique, qui a pu
le faire qualifier de Boileau hystérique. Comparé aux vers des
romantiques, les siens sont classiques et sa mémoire est nourrie de
souvenirs classiques.
Dans les Spleen, la figure d’Andromaque revient.
Baudelaire a un profond souci dans la correction du vers, la grammaire
est très juste, de même pour la prosodie.
-> Ecriture classique, sonnets, quatrains, alexandrins.
Poète qui est conscient de la valeur des arguments de l’art pour l’art. Il
est convaincu par ce travail poétique, de ce travail de l’oeuvre.
Chez Baudelaire on a un replis de la matière verbale sur elle-même, par
rapport au sens on a aussi une véritable émancipation du verbe. Il
donne à la matière sonore une très grande autonomie, le verbe est
autonome. La musicalité peut déterminer le choix du mot.
Poème p.65 La beauté: personnification de la beauté, le poème prète la
parole à une figure presque sacré, elle est représentée sous la forme du
statue d’une femme. Cette beauté n’est accessible au prix d’un travail.
Le classicisme de Baudelaire peut être paradoxale car il est aussi le
peintre de la vie moderne (Tableaux parisiens). Il y a une tension dans
son oeuvre puisqu’elle tente de concilier quelques chose de
contradictoire et le rêve d’une beauté intangible. Il écrit l’une de ces
critiques, la modernité, c’est le transitoire, le fugitif.
Il est conscient de cette tension entre fugacité, modernité et éternité.
Donc le poète écrit dans ces deux mouvements un peu contradictoire.
Baudelaire est aussi quelqu’un qui s’est illustré dans le genre du poème
en prose. Il publie en 1869: Les petits poèmes en prose.
Donc écriture classique d’un côté et moderne de l’autre chez Baudelaire.
Le sujet de Les fleurs du mal:
● Extraire la beauté du mal.
● Titre énigmatique, le mal est comparé à un bouquet de fleurs
(paradoxe).
● Le mal contient donc de la beauté et peut en produire?
Baudelaire écrivait qu’il se proposait d’extraire la beauté du mal.
Citation 15: poème paradoxal, évocation promettant être lyrique, idée de
la beauté associée au mal, donc c’est assez paradoxal, ce poème
célèbre ce qui est antithétique.
Avant, corps dans la religion = égalité car la fin est la même pour tous.
Avant la description avait un sens religieux, ici réaliste ?
La section Spleen, ouvre le recueil et en est la plus importante, elle
montre que le poète est perdu entre le désir de l’idéal perdu et il aspire à
autre chose mais il est aussi enlisé dans le quotidien, accablé par le
spleen, l’ennuie.
Spleen: Mélancolie sans cause apparente, caractérisée par le dégoût de
toute chose.
Le poète chez Baudelaire est aussi quelqu’un qui est alchimiste, il
transforme le mal en beau, rapproche des réalités contraires,
surprenantes.
- Dans la 1ère strophe: la nature appelle à une interprétation, or, le
poète sait déchiffrer les symboles qui sont des signes brisés. Le
poète est celui qui sait lire et reconstruire.
- La 2ème strophe: synesthésie.
Synesthésie: Trouble de la perception dans lequel une sensation
supplémentaire est ressentie dans une autre région du corps que celle
qui est perçue normalement.
Le poète peut aussi traduire les symboles grâce à la correspondance, on
a une métaphore de l’art qui est comparé à un pilier, la métaphore
permet de traduire, de faire l’idéal.
-> Rapport entre le poète et le réel.
-> Baudelaire: son œuvre est devenue une œuvre de référence pour la
poésie de Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, il s’est imposé. Quête d’inconnu
associé à des formes nouvelles.
Verlaine et Rimbaud:
Histoire d’amour qui s’est mal finie.
Verlaine (1844 -1896):
Il occupe des emplois de bureaux pour subvenir à ses besoins. Il meurt
dans une misère assez importante. Il avait publié en 1884, Les poètes
maudits, livre qui fixe la fiction du poète pour la fin du 19e, idée que les
poètes sont victimes d’une malédiction, qu’il souffrent de difficultés
matérielles. Cette souffrance est le moteur de l’inspiration.
La vision de l’art de Verlaine: Dans la tradition de Parnasse il y a une
autonomie de la littérature dissocié du Bien et du Mal. Un art qui n’a pas
de fonction morale mais esthétique. Cela a des conséquences sur
l’écriture de Les fêtes galantes où Verlaine fait le choix d’une écriture
impersonnelle.
Poète qui s'efface dans le recueil.
Verlaine et Mallarmé ont été proches du Parnasse à leurs débuts, se
réclament de Baudelaire. Ils sont marginaux face au style parnassien.
Verlaine et Rimbaud sont toujours qualifiés de poètes maudits, qui est
tirée d’un recueil de Verlaine (le caractérisait premièrement lui-même).
Elle rend compte des tiraillements de l'œuvre entre la mélancolie, le
désespoir du poète et des tendances plus optimistes et chrétiennes.
Vers la fin du 19e les auteurs ont tendance à se convertir.
Ambivalence résumée par le recueil Jadis et naguère.
Il innove en poésie.
Dans Les poèmes saturniens, il joue avec la thématique parnassienne
qu’il dépasse en réintroduisant du lyrisme qui ne consiste pas à tenir un
discours sur sa mélancolie.
Citation 3;4;5 p.67: jeu du poète est pris dans la sensation. Donc
description subjective du monde. Épanchement lyrique différent du jeu
lyrique romantique.
Ce renouveau lyrique de Verlaine l’a défini dans L’art poétique. En
intitulant ainsi, il feint le sérieux des manifeste poétiques du passé, il
réclame le règne dans la musique. Il multiplie le lexique de la nuance, de
l’indécis, du gris. Il refuse une poétique de la pointe, une éloquence, il
s’en prend à la rime. Il refuse une poésie qui ne serait qu’une variation
de la rhétorique.
Verlaine est connu comme l’inventeur du vers libre. Vers qui ont un
nombre de syllabe variable mais qui n’est pas répertorié parmis les
mètres classiques.
Verlaine est le chantre du mètre impair.
Citation 7: il malmène les mètres classiques.
Verlaine est salué par des auteurs comme Mallarmé (Citation 8 et 9).
Les fêtes galantes:
Utilise une culture d’ancien régimes, culture artistique très riche en
transposant le lecteur dans l’univers des fêtes galantes.
Un fête galante: évoque les fêtes de Cour d'Ancien régime du 18e mais
aussi du 17e données dans les jardins de Versailles. On voit les
souvenirs des jardins à la française: la symétrie, l’ordre, la perspective,
ombragé, fontaine, etc… Lieu de fête lié à la nature, une nature
absolument travaillée par l’intervention humaine, lieu théâtral et musical.
Le terme galant renvoie à un code social et culturel: celui de la
galanterie. Ethique. L’usage de galant dans ce sens apparaît dans les
années 1640 dans les salons précieux. Cela désigne un honnête
homme, art de savoir vivre, politesse, bonne manières. Il doit avoir le
souci de plaire aux dames par son esprit. La galanterie implique un
discours.
La galanterie est une norme importante dans la vie mondaine à la fin du
17e et du 18e.
On la retrouve dans le roman galant. C’est souvent de ces romans que
sont tirés certains noms qu’utilise Verlaine (par exemple: Tircisse et
Aminte -> voir exemplier) C’est un nom de couple inventé mais ce nom
va être repris.
Galante peut avoir aussi un sens de licencieux, donc dans les poèmes
de Verlaine, parfois la galanterie tourne vers le libertinage.
Il y a le goût du théâtre à l’italienne, comedia del arte, théâtre populaire
apparu au 16e joué dans la rue, itinérant dans lequel les comédiens
portaient des masques et en général les comédiens improvisent sur des
canevas.
La figure de Pierre dans le 2e poème, la figure d’Arlequin, ou encore de
Colombine.
Cet imaginaire appartient aussi à l’imaginaire de l’ancien régime où la
pratique du déguisement était important.
Ces personnages de la comédie servent de contre point aux amants
raffinés, ce sont en quelques sorte des doubles grotesques de ces
amants galants. Ils permettent de jeter le discrédit sur toutes les paroles
amoureuses du recueil.
Les fêtes galantes renvoient donc à ces fêtes rafinnées mais elles sont à
contraster en raison de ces personnages de comédie.
Il y a aussi la référence à la peinture du poète Watteau. Il invente un
genre pictural dans la 2nd moitié du 18e (voir internet). La fête galante
après lui devient un genre pictural. Verlaine place implicitement son
recueil sous l’égide de ce peintre et de l’univers pictural qu’il représente.
Ce n’est pas uniquement Watteau mais c’est bien la légende formée à
partir du 19e à partir de l’oeuvre Watteau: nostalgie des artistes par
apport à un régime disparu.
Quand Verlaine écrit les fêtes galantes on pense qu’il n’a pu voir qu’un
seul tableau de Watteau.