Cours Virologie Medical Atms
Cours Virologie Medical Atms
C'est un agent infectieux très simple, dont la structure se résume à deux ou trois
éléments. Les virus sont donc différents des bactéries ou des parasites, qui sont des
cellules procaryotes ou eucaryotes. "Les virus sont les virus", comme le disait André
Lwoff, un des pères de la virologie moderne.
1.1. Génome
Un virus comporte toujours un génome qui est de l’ADN ou de l’ARN. C’est d’ailleurs
le premier élément de classification des virus. La connaissance de la nature du génome,
ADN ou ARN, intervient aussi pour comprendre les mécanismes de variabilité génétique
et le mode d’action de la chimiothérapie antivirale. Ce génome est monocaténaire (à
simple brin) ou bi caténaire (à double brin).
D'une façon générale, la réplication du génome est beaucoup moins fidèle pour les virus
à ARN que pour les virus à ADN. En effet, les ARN polymérases des virus à ARN n’ont
pas les mécanismes de détection et de correction d’erreurs de copie des ADN
polymérases des virus à ADN. Ainsi, les virus à ARN sont particulièrement sujets aux
variations génétiques (HIV, virus de l'hépatite C, par exemple).
La taille du génome diffère considérablement pour les virus à ADN (de 3 à 300 kpb),
alors qu’elle est plus restreinte (de 7 à 30 kb) pour les virus à ARN. La capacité réduite
de codage des génomes viraux est souvent compensée par un chevauchement des cadres
de lecture et par le phénomène d’épissage des ARN messagers, d’ailleurs découvert
initialement chez les adénovirus.
1.2. Capside
Le génome est empaqueté dans une structure protéique appelée capside qui est très stable
et le protège. On appelle nucléocapside l’ensemble formé par la capside et le génome. La
nucléocapside a une conformation géométrique qui, selon les virus, est soit hélicoïdale
tubulaire, soit polyédrique. Une nucléocapside tubulaire se présente comme un tube
enroulé en peloton. Une nucléocapside polyédrique a les axes de symétrie d’un
icosaèdre, polyèdre régulier à 12 sommets et 20 faces triangulaires équilatérales.
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1.3. Enveloppe
C'est l'élément le plus externe des virus enveloppés. La présence (virus enveloppés) ou
l'absence d'enveloppe (virus nus) a un rôle important dans le mode de transmission des
maladies virales. L’enveloppe dérive des membranes cellulaires. En effet, les virus
enveloppés, tel que le virus de la grippe, terminent leur multiplication dans la cellule par
bourgeonnement à travers une telle membrane, après insertion de glycoprotéines virales
dans la bicouche lipidique : le virus est libéré de la cellule par formation d’une
évagination de la membrane, évagination qui va se détacher pour former un virus entier.
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Virus de la grippe
Le fait d’avoir une enveloppe rend le virus fragile. L’enveloppe virale présente, en effet,
la fragilité des membranes cellulaires dont elle dérive. Or, un virus, quel qu'il soit, doit
être entier pour être infectieux. En particulier, il est deux endroits où les virus
enveloppés vont avoir leur enveloppe rapidement dégradée et du même coup perdre leur
pouvoir infectieux alors que les virus nus y résistent beaucoup plus longtemps : le milieu
extérieur et le tube digestif. Dans le milieu extérieur, les virus enveloppés sont inactivés
par la température, même la température ordinaire, et la dessiccation ; dans le tube
digestif, par le pH acide et les enzymes digestives. Les virus enveloppés, comme les
virus de la grippe et les virus de la famille des Herpesviridae, sont absents des selles. A
l'inverse, les poliovirus qui sont des virus nus sont trouvés dans les selles qui sont le
moyen essentiel de dissémination de l‟infection (contamination fécale-orale).
En ce qui concerne la transmission des infections virales d'un individu à un autre, on
peut donc opposer nettement la transmission de la grippe à celle de la poliomyélite et
mettre en correspondance ces différences avec les propriétés des virus en cause.
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Contamination interhumaine oui oui
directe, respiratoire ou salivaire
Contamination interhumaine non oui
indirecte, fécale-orale
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Nous vous proposons ci-après une classification très simplifiée des principaux virus prenant
seulement en compte la nature du génome et la présence de l‟enveloppe.
- CLASSIFICATION SIMPLIFIÉE DES VIRUS - (les noms officiels des familles virales
s’écrivent en italiques et avec des capitales)
VIRUS A ADN
Herpèsvirus :
virus à capside
icosaédrique
et enveloppe
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VIRUS À ARN
2.2.1. Attachement
Le cycle viral commence par l'attachement de la surface virale à la surface cellulaire. Il
se fait par des protéines de la capside pour les virus nus, par des glycoprotéines de
l’enveloppe pour les virus enveloppés. Ces protéines ou glycoprotéines s’attachent à des
récepteurs spécifiques situés sur la membrane cytoplasmique de la cellule hôte.
Ce besoin de récepteurs cellulaires spécifiques pour les virus explique qu'un virus donné
ne peut infecter qu'un nombre restreint d'espèces animales (tropisme d’hôte) et que
certains tissus ou cellules chez celles-ci (tropisme tissulaire et cellulaire).
Ainsi, les poliovirus infectent l'homme et, expérimentalement, les singes supérieurs,
mais pas les rongeurs parce que les récepteurs des poliovirus ne trouvent uniquement sur
les cellules de primates. En revanche, le virus de la fièvre jaune, qui se multiplie chez
l'homme, le singe et le moustique, a des récepteurs à la surface des cellules de ces trois
espèces très différentes.
2.2.2. Pénétration
Le virus pénètre à l'intérieur de la cellule. Pour les virus nus, cela survient
essentiellement par un processus d’endocytose. Pour les virus enveloppés, cela s’effectue
par endocytose ou directement par fusion entre l'enveloppe virale et la membrane
cytoplasmique, processus dénommé fusion-lyse. Cette fusion-lyse conduit à la formation
d'un pore (trou) qui permet le passage de la capside dans le cytoplasme. Elle résulte de
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l’action d’une glycoprotéine fusogène de l’enveloppe virale telle que la glycoprotéine
gp41 dans le cas du HIV.
2.2.3. Décapsidation
Les structures virales sont ensuite dégradées, à l'exception du génome qui, débarrassé de
la capside, se trouve libéré dans la cellule. Il est nécessaire que la capside soit détruite,
ou au moins très remaniée, pour que le génome puisse interagir avec la machinerie
cellulaire.
Assemblage
Libération
Réplication
Maturation
Fixation
Pénétration
Décapsidation
2.2.4. Réplication
Le génome viral libéré prend la direction des synthèses dans la cellule, se substituant en
totalité ou en partie au génome cellulaire. Désormais, la cellule va produire des virus.
Plus précisément, elle va faire des copies (répliques) du génome viral, des protéines
virales de capside et glycoprotéines d’enveloppe pour les virus enveloppés. Le
mécanisme de cette réplication virale varie selon que le génome est à ARN ou ADN.
Mais, dans tous les cas, c'est par des ARN messagers viraux que les génomes viraux
transmettent leur information et donnent leurs ordres à la machinerie cellulaire. Dès que
des ARN messagers viraux apparaissent dans la cellule infectée, celle-ci est "piégée" :
les virus ont été ainsi comparés à des agents subversifs.
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transcription du génome à ARN en une copie d‟ADN qui sera intégrée dans l‟ADN
cellulaire. Cette transcription est effectuée par une transcriptase virale dite inverse (TI)
car elle catalyse l'opération inverse de la transcription cellulaire normale d‟ADN en
ARN (en anglais, reverse transcriptase [RT]). Les ARN messagers des rétrovirus sont
ensuite transcrits à partir de la copie d‟ADN intégrée, comme pour les gènes cellulaires.
2.2.5. Assemblage
Les nouveaux génomes fabriqués par la cellule s'entourent de nouvelles protéines virales
elles-aussi fabriquées par la cellule. Cet emballage est l'encapsidation (l'inverse de la
décapsidation) des génomes qui aboutit à la formation de nouvelles particules virales.
2.2.6. Libération
Les nouveaux virus sont libérés par la cellule par éclatement cellulaire pour les virus
nus, par bourgeonnement pour les virus enveloppés. C'est lors du bourgeonnement que
les virus enveloppés reçoivent leur enveloppe hérissée de spicules glycoprotéiques. Une
cellule infectée produit de l‟ordre de 100 à 1000 particules virales. La multiplication
d'un virus est donc très différente de la multiplication d'une bactérie ou d‟une cellule
eucaryote car le virus n‟augmente pas de taille et ne se divise pas : il sort sous forme
complète de la cellule et ne se modifie plus avant d‟infecter une autre cellule.
3. CHIMIOTHERAPIE ANTIVIRALE
Elle est fondée sur l'introduction dans l'organisme de molécules de synthèse qui inhibent
la multiplication virale. Elle ne vise pas directement les particules virales,
métaboliquement inertes et dont les constituants ne peuvent être détruits sans risque pour
les constituants cellulaires de l'hôte. La chimiothérapie antivirale a pour cible l‟usine à
virus, la cellule infectée, où elle prétend inhiber la synthèse des constituants viraux, sans
altérer le métabolisme cellulaire normal, ce qui conduirait à une cytotoxicité. Les
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différentes étapes du cycle viral ciblées par la chimiothérapie sont illustrées ci-après par
un schéma et quelques exemples de molécules antivirales.
Intégration
Anti-intégrase
Fusion-lyse HIV
T20
HIV
Réplication
Aciclovir
HSV
Décapsidation
Rimantadine
Grippe Maturation
Antiprotéase
HIV
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L'AZT, premier antiviral anti-HIV, est un nucléoside à base normale (thymine) mais à
pentose modifié sans 3'OH. L'AZT nécessite, pour être active, une triphosphorylation en
AZT-TP. La TI du HIV est spécifiquement sensible à l'AZT-TP avec deux mécanismes
possibles d‟inhibition : inhibition par compétition de la TI ou incorporation de l‟AZT-
MP dans l‟ADN avec arrêt d‟élongation de chaîne.
Une première différence avec l'ACV est que les trois étapes de phosphorylation de
l‟AZT sont toutes assurées par des kinases cellulaires. Une autre différence est que
l'AZT-TP a une action parallèle sur l‟ADN polymérase gamma (mitochondriale) de la
cellule. Ces deux différences expliquent que l'AZT soit plus cytotoxique que l'ACV.
POINTS A RETENIR
• La structure des particules virales est simple, se limitant grossièrement à deux ou trois
éléments : génome, capside et enveloppe (dans le cas des virus enveloppés
seulement).
• Cette structure explique, en grande partie, l'épidémiologie des infections virales : les
virus enveloppés sont plus fragiles, conservent moins bien leur infectiosité dans le
milieu extérieur, et sont transmis essentiellement dans des relations de proximité.
• Le génome viral est constitué soit d'ADN, soit d'ARN.
• La multiplication des virus se fait nécessairement à l'intérieur d'un hôte cellulaire et
sous le contrôle du génome viral : le cycle viral inclut plusieurs étapes dont
l'attachement à un récepteur spécifique, la libération du génome viral dans la cellule,
la réplication des composants viraux, l'auto-assemblage des particules virales et leur
sortie hors de la cellule infectée.
• La chimiothérapie antivirale vise à inhiber le déroulement du cycle viral et se fonde
principalement sur des inhibiteurs spécifiques des enzymes codées par le génome
viral.
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PHYSIOPATHOLOGIE ET DIAGNOSTIC DES INFECTIONS VIRALES
1.1. Rappel
Les virus sont des micro-organismes à la fois rudimentaires et complexes. Dotés d’une
information génétique (ADN ou ARN) plus ou moins importante, ils ne possèdent en
revanche pas les éléments cruciaux qui autoriseraient leur multiplication autonome,
comme les acides aminés, certaines enzymes ou les sources d’énergies (ATP). Pour cette
raison, les virus ont besoin de la cellule hôte pour se multiplier.
La notion d’hôte est ainsi fondamentale en virologie, et ceci à deux niveaux :
a) L’hôte en tant que en tant que cellule cible de l’infection virale : nous
verrons dans ce chapitre les principaux déterminants autorisant (ou non) la
multiplication d’un virus dans une cellule, les conséquences de cette
infection sur le phénotype cellulaire et, à l’inverse, l’impact éventuel que
peut avoir le phénotype de la cellule cible sur la multiplication virale ;
b) L’organisme atteint par l’infection virale : nous verrons notamment
l’importance de la réponse immunitaire (et donc l’impact de
l’immunocompétence ou, à l’inverse, de l’immunodépression) dans le
retentissement clinique des infections virales, avec en particulier la notion
de maladies virales opportunistes.
1.2.2. Les 6 étapes de la formation d’un virus (voir le précédent cours et la figure
suivante) Ces 6 étapes sont
- L’attachement,
- La pénétration,
- La décapsidation,
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- La réplication,
- L’assemblage, incluant l’encapsidation du génome, - la libération.
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virus (notamment ceux de la famille des herpès virus) est un bon exemple de ce modus
vivendi.
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voire une véritable porte d’entrée, en raison de leur caractère fréquemment sensible et
permissif vis à vis de nombreux virus. De fait, de nombreuses infections virales ont une
porte d’entrée muqueuse, les virus infectant l’homme par inhalation (grippe), ingestion
(entérovirus) ou par rapport sexuels (HIV, herpès génital). À noter que des ulcérations de
la muqueuse génitale, dans le cadre d’une maladie sexuellement transmissible (MST)
comme l’herpès génital, favorisent la transmission du HIV.
[Link]. Cytokines
Parmi une vingtaine de cytokines, les interférons alpha et béta (IFN-) sont produits
par les cellules infectées et les cellules dendritiques. En se fixant aux cellules saines, ils
y induisent un état antiviral par la synthèse de protéines antivirales d'information
cellulaire. Ces dernières bloquent la traduction des ARN messagers viraux par des
mécanismes complexes. Par ailleurs, ces IFN stimulent les cellules NK.
Ces IFN ont une spécificité d'espèce mais n'ont pas de spécificité de virus (large
spectre): les virus sont tous inducteurs d'interférons et sensibles aux interférons, mais à
des degrés divers. Les IFN sont, comme les hormones, actifs à très faibles doses et peu
toxiques. Leur rôle dans les défenses naturelles antivirales est probablement très
important car des animaux des laboratoires, infectés de façon asymptomatique par divers
virus, font après administration de sérum anti-interféron une infection mortelle. La
fixation des IFN sur la cellule y induit la transcription de plus de 300 gènes, et l‟on est
loin de connaître tous leurs effets. Le traitement par IFN- a une activité partielle mais
bien démontrée dans les hépatites B et C.
[Link]. Cellules NK
Les cellules NK (natural killer) ont une activité antivirale directe : elles reconnaissent
les cellules infectées comme étant anormales et les lysent (comme elles lysent les
cellules cancéreuses). Par ailleurs, elles secrètent diverses cytokines. Elles expriment à
leur surface des récepteurs de type Toll Like (TLR), qui font partie des PRR, impliquées
dans la reconnaissance du non-soi. Ainsi, vis-à-vis d‟un agent infectieux ou d‟une
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cellule cancéreuse, elles développent une manifestation de xénophobie primaire,
indifférenciée, rapide, et souvent efficace. A contrario, la sensibilité particulière du
nouveau-né à certaines infections virales, comme l‟herpès, s‟explique par l‟immaturité
physiologique transitoire de ses macrophages et de ses cellules NK.
[Link]. Complément
En coopération avec des anticorps naturels, à spécificité large, le complément lyse les
cellules infectées et les virus à enveloppe.
[Link]. Fièvre
La fièvre est un autre moyen de défense de première ligne : au fur et à mesure que la
température augmente, la multiplication virale diminue, car la plupart des virus ne se
multiplient pas ou mal à 40°C.
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[Link]. Anticorps
Les anticorps sont produits par les lymphocytes B (dont ils sont les récepteurs de
surface) et excrétés sous forme circulante (dans le sang et les liquides biologiques) par
les plasmocytes. Les anticorps protecteurs peuvent être assimilés aux anticorps
neutralisants. Ceux-ci annulent ou réduisent le pouvoir infectieux des virus in vitro en
culture cellulaire, ou in vivo chez l'animal d'expérience. Ces anticorps neutralisants sont
dirigés contre les antigènes de surface du virus (capside pour les virus nus,
glycoprotéines d‟enveloppe pour les virus enveloppés). Les anticorps dirigés contre les
antigènes internes du virus, également suscités par l‟infection, ne sont pas protecteurs ;
ils témoignent simplement de l'infection. En effet, la neutralisation par les anticorps est
la conséquence d‟une altération de l'attachement du virus, de sa pénétration, voire de sa
décapsidation. Les anticorps neutralisants ont donc pour cible les virus extracellulaires.
Les anticorps ne pénètrent pas dans les cellules et sont donc sans action sur la
réplication.
Les anticorps viraux sont des immunoglobulines (Ig) appartenant essentiellement aux
IgA dans les sécrétions muqueuses, et aux IgG et IgM dans le sérum. Les IgM antivirales
disparaissent généralement quelques semaines après la primo-infection.
Le titre des anticorps viraux culmine à la convalescence. Ils interviennent moins dans la
guérison de l'infection que dans la protection vis-à-vis d'une réinfection ultérieure.
[Link]. Complémentarité
Il n'est pas facile de dissocier les différents moyens de défense, tant ils sont à la fois
redondants et complémentaires :
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* L'ADCC met en jeu l'immunité humorale (anticorps) et l'immunité cellulaire.
* À côté des cytotoxicités à médiation cellulaire par les cellules NK, les
lymphocytes T, les cellules K, il existe une cytotoxicité par anticorps
dépendant du complément, aboutissant elle aussi à la lyse des cellules
infectées.
* Une certaine variété d'IFN (IFN immun ou gamma) est sécrétée par les
cellules NK ou les lymphocytes T sous l'effet d'une stimulation antigénique
virale (ou d'une stimulation non spécifique).
* Les IFN- activent les cellules NK. De plus, en augmentant l‟exposition
du CMH-I à la surface des cellules infectées, ils en favorisent la lyse par les
CTL.
On pourrait multiplier à l‟infini les exemples de tels enchevêtrements. Il y a finalement
"surdétermination" des divers mécanismes de défenses contre l'infection virale (un
même effet est produit par différents acteurs), et un même acteur, les cytokines
notamment, joue dans plusieurs pièces (pléiotropisme).
[Link]. Camouflage
Le camouflage des virus consiste à ne pas se faire reconnaître du système immunitaire. Trois
procédés essentiels sont utilisés :
* Variabilité génique ou antigénique : c‟est la modification des épitopes par
mutation (ou parfois par recombinaison génétique). Cela concerne surtout les
virus à ARN, comme les virus de la grippe et le virus de l'hépatite C, car
l‟ARN polymérase ARN-dépendante qui réplique le génome n'a pas de
mécanisme de correction des erreurs, d'où la facilité des mutations. La
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transcriptase inverse (ADN polymérase ARN-dépendante) du HIV manque
également d'un mécanisme de correction d'erreur.
* Latence virale : après la primo-infection, le génome viral persiste dans la
cellule, intégré ou non dans le génome cellulaire, mais il ne s'exprime pas,
ou n'exprime qu'une partie de son information génétique. Ainsi, il ne produit
pas d'antigène et échappe donc aux défenses immunitaires. C'est le cas,
notamment, des herpèsvirus, des polyomavirus, des papillomavirus, du virus
de l'hépatite B, des rétrovirus. Ces virus latents échappent également aux
antiviraux qui sont essentiellement des inhibiteurs de la multiplication virale.
Donc, le virus en phase de latence "survit en faisant le mort" et il est difficile
ou impossible de le déloger.
[Link]. Sabotage
Le sabotage des mécanismes de défense de l'hôte consiste à détruire ou perturber
directement les acteurs et mécanismes de la réponse immunitaire, innée ou adaptative.
Ainsi, les herpèsvirus (et en premier lieu, le CMV) peuvent perturber le fonctionnement
des cellules NK, tandis que le HIV va essentiellement toucher les cellules T CD4+,
acteurs essentiels de l‟immunité adaptative.
A côté de ces effets cellulaires directs, un autre mécanisme important repose sur la
production de protéines virales altérant ou bloquant les différents mécanismes de
défense. C'est le fait des gros virus à ADN (poxvirus, adénovirus, herpèsvirus) chez qui
une grande partie du génome va coder pour des protéines capables de perturber le
fonctionnement des facteurs cellulaires solubles impliqués dans l‟immunité : il s'agit en
particulier de protéines capables d'antagoniser les IFN et autres cytokines antivirales, ou
le complément. Ces protéines virales sont, pour une grande part, des homologues de
protéines cellulaires de notre système de défense antivirale, jouant ainsi le rôle de
leurres. Elles viennent sans doute du piratage de gènes cellulaires. Ainsi on parle de
virokines, analogues de cytokines cellulaires, de virorécepteurs, analogues des récepteurs
de virokines cellulaires.
Enfin, certains virus (adénovirus et herpèsvirus) sont capables d'inhiber l'apoptose des
cellules infectées induites par l‟immunité, facilitant ainsi la persistance de l‟infection virale.
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* Transmission in utero
Certains virus sont capables de traverser la barrière foetoplacentaire (parfois par
l‟intermédiaire d‟une infection du placenta). Cette transmission est notamment mise en
jeu lors des infections congénitales par le CMV, le virus de la rubéole ou le virus B19.
Notons qu‟une virémie maternelle est nécessaire à ce type de transmission, virémie
essentiellement observée au cours des primo-infections maternelles impliquant ces
virus.
* Transmission per partum
L‟accouchement est le moment d‟un contact étroit entre la mère et l‟enfant, tant au
niveau sanguin qu‟au niveau des muqueuses. Une transmission de certains virus
s‟effectue électivement à ce moment, responsable notamment des infections néonatales
par l‟herpes simplex virus-1 et -2, le HIV et le virus de l‟hépatite B.
* Transmission post-natale
Le maternage et l‟allaitement peuvent enfin être responsables d‟une transmission d‟une
infection virale de la mère à l‟enfant, notamment pour les virus présents au niveau du lait
maternel. Ceci est surtout vrai et préoccupant pour le HIV dans les pays en voie de
développement : les efforts pour une prévention de la transmission du virus au moment de
l‟accouchement risquent d‟être annihilés si l‟on n‟est pas capable de permettre à ces femmes
d‟avoir accès à un allaitement artificiel prolongé de qualité.
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foie. De la même manière, la phase asymptomatique de l‟infection par le HIV, qui peut
durer des années après la contamination, n‟est absolument pas une latence virale : après
la primo-infection marquée par une multiplication virale intense, persiste une infection à
bas bruit, partiellement contrôlée par le système immunitaire jusqu'à l'effondrement
immunitaire final du SIDA marqué, à nouveau, par une multiplication finale intense.
Le terrain joue un rôle crucial: gravité de l'infection à herpes simplex chez le nouveau-né
ou chez le nourrisson atteint d'eczéma, gravité générale des infections à herpèsvirus chez
les sujets immunodéprimés.
L'âge intervient, avec, paradoxalement pour certains virus, davantage de formes
symptomatiques chez l'adulte que chez l'enfant : pour les infections à poliovirus
(paralysies), virus de l'hépatite A (ictère), virus Epstein-Barr (mononucléose
infectieuse).
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2. DIAGNOSTIC VIROLOGIQUE DES INFECTIONS VIRALES
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2.2.2. Isolement viral
C‟est une technique classique au cours de laquelle les virus présents dans un
échantillon se multiplient dans une culture cellulaire in vitro, réalisée avec des cellules
dites « permissives » (capables de subir un cycle replicatif complet du virus en
question), à l‟instar des cultures bactériennes en bouillon ou sur gélose. La
multiplication virale qui suppose plusieurs cycles de réplication demande quelques
jours, voire quelques semaines. Tous les virus ne se multiplient pas en culture de
cellules in vitro et il n‟existe pas un type de culture polyvalent, de sorte que pour
ratisser au plus large, le laboratoire doit recourir à plusieurs types de cultures
cellulaires.
Dans les cas les plus évidents, la multiplication virale se traduit par un effet
cytopathique (ECP). C'est le témoin, visible en microscopie optique, de la
multiplication lytique du virus. Les cellules dans les cultures in vitro (qui sur le support
de verre ou de plastique, apparaissent normalement plates, confluentes, peu
réfringentes) s'arrondissent, deviennent réfringentes et se détachent du support dans le
milieu de culture ; certains virus induisent l'apparition de syncytiums par fusion de la
membrane cytoplasmique de cellules voisines, de proche en proche. Cet aspect de
l'ECP peut donc être plus ou moins évocateur d'un virus ou d'une famille virale..
2.2.3. Détection rapide d‟antigène viral directement dans les produits biologiques
Ce diagnostic direct pratiqué à l'aide d'anticorps souvent monoclonaux est très
largement utilisé car c'est une technique rapide, évitant les aléas de la culture cellulaire
in vitro, pouvant de surcroît s‟appliquer à des virus impossibles à cultiver.
* L‟immunocytodiagnostic sur un prélèvement cellulaire (sécrétions
muqueuses, frottis de lésion, sang ou biopsie) consiste en la recherche de
matériel viral dans le cytoplasme ou le noyau en immunofluorescence ou
immunoperoxydase. Les anticorps antiviraux sont directement marqués ou
reconnus par un deuxième anticorps conjugué à un fluorochrome ou à une
enzyme catalysant une réaction colorée (fig. 3). Les applications les plus
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fréquentes de ce type de diagnostic sont la recherche d‟antigènes de virus
respiratoires dans les sécrétions nasopharyngées et la recherche d‟antigène du
CMV dans les polynucléaires (antigénémie CMV).
2.2.4. Détection des génomes viraux directement dans les produits biologiques
Comme l‟approche précédente, elle est applicable a priori à tous les virus, notamment
à des virus difficiles ou impossibles à isoler. Elle repose sur l'hybridation d‟une sonde
nucléique spécifique (complémentaire d'un segment d'acide nucléique viral connu)
avec les acides nucléiques du virus correspondant éventuellement présents dans le
produit biologique.
Cette réaction d'hybridation peut se faire directement sur les produits biologiques ou
après amplification in vitro de la séquence nucléique virale par réaction de
polymérisation en chaîne (PCR). La PCR (dont il existe diverses variantes) a
révolutionné le diagnostic virologique en raison de sa sensibilité, de sa spécificité, de
son automatisation.
Elle a cependant quelques inconvénients : sa sensibilité extrême expose au risque de
contamination d'un échantillon à l'autre entre malades différents, tandis que sa
spécificité expose au risque de méconnaître les variants génétiques d'un virus.
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Une approche quantitative de la PCR a maintenant supplanté les techniques initiales, qui
étaient uniquement qualitatives. Cette quantification est cruciale :
* pour affiner la valeur prédictive d‟une détection d‟un virus vis à vis d‟une
maladie liée à ce virus ;
* pour suivre l‟évolution - spontanée ou sous traitement - d‟une infection
virale, aiguë ou chronique.
L‟approche quantitative la plus utilisée aujourd‟hui est celle de la « PCR en temps réel »,
dont le principe est de regarder à quel cycle d‟amplification va apparaître un signal
détectable. Plus ce « cycle threshold » (CT) est bas, plus il y avait de cibles moléculaires dans
l‟échantillon au départ, ce qui équivaut donc à une charge virale élevée. Une gamme étalon
est associée à la série où sont testés les échantillons, permettant à l‟appareil de calculer, par
régression linéaire logarithmique, la charge virale en fonction des CT observés.
Des approches « syndromiques » utilisant ces techniques moléculaires sont également
développées, avec différentes génomes viraux détectées de façon simultanée
(techniques « multiplex ») et choisies selon le type de l‟atteinte clinique ou du terrain.
Des kits adaptées à des atteintes respiratoires, neuro-méningée, digestives sont ainsi
disponibles, comme d‟autres adaptées au suivi des sujets greffés.
Les techniques des biopuces, permettant de rechercher par hybridation les génomes
d'une très grande diversité de virus, grâce à des sondes spécifiques fixées sur un
support microscopique, risquent de s‟implanter dans un avenir plus ou moins proche
dans les laboratoire, mais restent aujourd‟hui encore expérimentales
2.3.1. Principe
Il consiste à rechercher dans le sérum la présence d‟anticorps spécifiques d‟une
infection virale, au moyen d‟antigènes viraux. La détection peut être qualitative ou
quantitative et porter sur les anticorps totaux, sur les IgG ou sur les IgM théoriquement
spécifiques d‟une primo-infection. Elle peut se faire sur un seul prélèvement, ou sur
deux sérums consécutifs afin de mettre en évidence une séroconversion (anticorps
absents dans le premier sérum et détectables dans le second) ou une augmentation
significative du titre des anticorps.
La seule présence d'IgG spécifiques dans un sérum unique signifie trace immunitaire
de l‟infection mais ne permet pas de dater cette infection. En effet un titre élevé ne
signe pas une infection récente chez un individu donné, tant est grande la variabilité
individuelle de la réponse immunitaire humorale, en termes de rapidité, de niveau
d‟anticorps et de persistance. Cela étant, la seule présence d'IgG spécifiques dans un
sérum constitue une information suffisante pour le praticien, en cas d'infection
chronique telle qu'une infection par le HIV ou le HCV ou pour déterminer si le patient
est protégé vis-à-vis du virus correspondant (titre d'anticorps anti-HBs 10 unités
internationales par mL pour protéger vis-à-vis du virus de l‟hépatite B).
Des techniques plus fines peuvent enfin rechercher un “profil d‟anticorps” dirigés
spécifiquement contre certains antigènes viraux, ce qui peut être utile dans certains cas
pour confirmer une infection, ou pour essayer de la dater.
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[Link]. Les techniques de type ELISA
Cette technique est de loin la plus utilisée. L‟utilisation de supports en plaque 96 puits,
sur lesquels sont fixés les antigènes viraux, permet la réalisation standardisée et
automatisée de grandes séries, avec un coût réduit et une grande fiabilité (fig. 4).
1 2 3 4
27
1 2 3
4
UV
Microscope
28
2.3.3. Avantages et limites du diagnostic indirect
Les avantages de cette approche diagnostique sont essentiellement :
* la simplicité de collecte du prélèvement et de sa conservation,
* le caractère standardisé et automatisable des techniques de type ELISA,
expliquant * le faible coût et la possibilité de réaliser de grandes séries.
En revanche, ce diagnostic souffre de limites importantes, dont les principales sont :
* le délai d‟apparition des anticorps après une infection aiguë (définissant la
“fenêtre sérologique”), plus ou moins longue selon le virus infectant et le
niveau d‟immunocompétence de l‟hôte ;
* le manque de fiabilité de certaines sérologies chez l‟immunodéprimé ;
* la difficulté d‟interprétation des tests sérologiques chez un patient transplanté
ou ayant reçu des produits d‟origine sanguine, à cause du risque d‟un passage
passif d‟anticorps dans ces circonstances. Cette dernière limite est à rapprocher
du cas du fœtus ou nouveau-né, chez qui la présence d‟IgG n‟a pas de
signification, en raison du passage de la barrière placentaire par les anticorps
maternels ;
* ces techniques ne sont pas adaptées au diagnostic des réactivations (observées
notamment au cours des infections herpétiques) ou réinfections virales car ces
atteintes ne s‟accompagnent pas toujours d‟une augmentation du taux des
anticorps ;
* le sérodiagnostic peut enfin être faussement positif du fait de réactions croisées
entre les membres d'une même famille virale ou du fait que certains virus sont
capables de déclencher par stimulation polyclonale B des réactions
immunitaires très larges, non spécifiques.
Pour toutes ces raisons, le diagnostic direct revêt souvent une importance majeure, et doit
être privilégié lorsqu‟il est réalisable, notamment en cas d‟infection aiguë.
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d'adénopathies inguinales, parfois d'une rétention d'urine, et même de méningite à
liquide clair. Comme pour toute IST, la fréquence de l'herpès génital augmente avec le
nombre de partenaires sexuels.
Les récurrences qui frappent certaines personnes, sous forme de poussées d'herpès
génital récidivant, sont moins intenses que la primo-infection, mais restent cependant
douloureuses. Il peut aussi exister une excrétion asymptomatique intermittente de virus
rendant la personne potentiellement contagieuse, même en l'absence de lésions. L'herpès
génital récidivant facilite la contamination sexuelle par le HIV, comme toute affection
génitale ulcérative. A noter que le HSV-2 peut aussi être responsable de la méningite
multirécurrente bénigne de Mollaret.
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