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Le Traitement Antireflet

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Mohammed Taif
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LE TRAITEMENT ANTIREFLET

I POSITION DU PROBLEME
II PRINCIPE
III EXECUTION
IV MONO ET MULTICOUCHES
V CONCLUSIONS

I POSITION DU PROBLEME
Le traitement antireflet a pour but d'augmenter la transmission et par conséquent le
confort d'utilisation. Il supprime au maximum les reflets provenant de la réflexion de la
lumière sur les dioptres d'une lentille. Il permet d'augmenter le contraste des images et
participe au gain d'acuité. Les reflets peuvent provenir de lumières parasites venant de face
(1). Peu génants pour le porteur, ils le sont plus pour la personne en face. Ils sont aussi
produits par le dioptre arrière en provenance de luminosité derrière soi (2).Les derniers
sont les reflets internes (3) , moins intenses que les reflets du dioptre postérieur, ils
provoquent une gène fonctionnelle car ils entraînent un déboublement ressenti comme un
voile, un manque de contraste.

Dans l'exemple ci-dessus, la lumière reflechie de la lampe parasitera la lumière provenant


de la bougie et ne permettra plus la lecture d'un texte éclairée par la bougie. Un cas
semblable pourrait se présenter pour un skieur sirotant un vin chaud à la terrasse d'une
buvette d'altitude. Equipé avec des lentilles photochromiques foncées par le soleil, il ne
peut pas écrire ses cartes postales car une luminosité trop importante provient de la
montagne enneigée derrière lui. Il y aura tout interêt à diminuer ce flux parasite en traitant
les lentilles sur les deux [Link] traitement permet d'augmenter la transmission d'un
verre. Le contraste est accentué, ce qui permet d'améliorer l'acuité.

II PRINCIPE
Il consiste à créer sur chaque dioptre du verre un système interferentiel par dépot de
couches minces de matériaux spécifiques d'indices différents (fluore de magnésium,
dioxyde de titane, dioxyde de silicium ou autres oxydes métalliques). Ces couches
permettent d'obtenir une lame quart d'onde mettant en opposition de phase la lumière
réflechie, essentiellement pour des longueurs d'onde sensibles à l'œil et d'altérer les reflets
pour les autres longueurs d'onde.

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Pour que les ondes réfléchies soient éteintes, il faut que R1 et R2 soient en opposition de
phase et qu'ils aient même amplitude. Pour parvenir à ce résultat, il faut satisfaire à deux
conditions :

e est l'épaisseur de la couche d'oxyde métallique à déposer, l la longueur d'onde à éteindre,


n l'indice de l'oxyde à déposer, N l'indice du verre à traiter. Pour traiter un verre d'indice
1,523, l'oxyde métallique devrait avoir un indice n de Le matériau solide
permettant une bonne adhérence d'indice le plus proche est le fluorure de magnésium
d'indice 1,38.¨Pour une longueur d'onde de 5000Å, qui représente la plus grande sensibilité
de l'oeil., l'épaisseur de la couche sera de 5000 /4x38 = 1000Å

III EXECUTION
Le procédé consiste à déposer sous vide (10-5 torr) des couches minces d'oxydes
métalliques avec une précision de l'angström. Dans des enceintes hors poussières les
lentilles sont d'abord nettoyées dans des chaînes de lavage puis séchées aux ultrasons Elles
sont montées dans des supports qui entreront dans des cloches de traitement. Le vide est
fait dans les cloches afin d'obtenir l'évaporation (sublimation) de l'oxyde à moins haute
température. L'évaporation peut se faire par effet joule en chauffant l'oxyde ou à l'aide d'un
canon à électrons. Il faut parfaitement contrôler la qualité et la mesure du vide, la vitesse
d'évaporation et les épaisseurs de couches déposées. Ces épaisseurs doivent bien sur être
uniformes.

CLOCHE A VIDE

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IV MONO ET MULTICOUCHE

L'exemple précédent traitait sur une longueur d'onde. Si le traitement est encore efficace aux
alentours de cette longueur d'onde, il l'est beaucoup moins quand on s'en éloigne. Si on en
reste à un traitement monocouche, l'intensité de la lumière réfléchie, bien que plus faible que
pour un verre non traité, se situe aux extrémités du spectre visible (bleu + rouge). Ce qui
explique la couleur résiduelle mauve ou pourpre de ce traitement monocouche. Le traitement
multicouche (à partir de deux) est obtenu par empilement successif d'oxydes métalliques
créant des combinaisons de couches ¼ d'onde, ½ onde, ¼ d'onde. L'effet interférentiel
obtenu limite les effets résiduels aux extrémités. La technicité permettrait de supprimer
uniformément les reflets résiduels comme dans les traitements achromatiques. Cette
performance est laissée au verre fort indice pour lesquels le traitement est obligatoire. Pour
les autres verres, dans un but commercial et de séduction (Le Singe Nu [Link]), on laisse un
reflet résiduel qui varie selon les pays. On procède à une translation de la pointe de la courbe
multicouche ci-dessous. En France le jaune-vert (Essilor) a été adopté (jusqu'à ce que la mode
change). De plus le traitement multicouche fait passer de 4% en mono à 0,8% la perte de
transmission par réflexion.

Remarque : Un même procédé par évaporation d'oxydes métalliques permet la coloration en


surface des lentilles et d'effet de miroir.

VI CONCLUSIONS
Les détracteurs des verres antireflets reproche l'aspect sale de verre traité. Ce qui était vrai
il y a quelques années l'est beaucoup moins aujourd'hui. L'apport en surface de couches
neutres à base de composés fluorés (top coat) permet aux lentilles traitées d'être
hydrophobes, oléophobes. La couche d'oxyde métallique présentait au début l'inconvénient
de se fissurcr ce qui rendait rapidement le traitement inesthétique. Un vernis nano-
composite chargé de 50% de billes minérales est maintenant déposé entre l'antireflet et la
matière de base. Il agit comme un amortisseur. Lors de la vente préciser que ces lentilles
demandent plus d'entretien. Ne jamais dire qu'elles sont plus salissantes ce qui engage de
votre responsabilité. C'est parce que le verre est plus transparent que l'on remarque plus
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les traces de doigts ou autre. 30% seulement des équipements français bénéficient du
traitement antireflet, alors que 70% de nos cousins germains en équipent leurs lunettes.

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