0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
27 vues4 pages

Gestion locale des ressources au Sahel

Transféré par

Issa Ada Chamsiya
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
27 vues4 pages

Gestion locale des ressources au Sahel

Transféré par

Issa Ada Chamsiya
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

INTRODUCTION

En Afrique Subsaharienne, la paix et la sécurité sont menacées par une multiplicité de causes, de plus
en plus complexe, résultant de l’interaction de la variété de circonstances et d’influences
perceptibles. La lutte pour les ressources naturelles constitue l’une des principales causes qui
déstabilise la paix et la sécurité au Sahel. Cette lutte entraine le plus souvent des conflits entre
agriculteurs et éleveurs, des conflits fonciers qui gravitent autour de l’exploitation des ressources
naturelles.

Les ressources naturelles constituent les bases fondamentales de l’agriculture et de l’élevage,


englobant les terres cultivables, l’eau et le pâturage. La gestion locale de ces ressources est cruciale
pour préserver leurs disponibilités à long terme. La cohabitation entre agriculteurs et éleveurs est
souvent le pivot de cette gestion impliquant la recherche d’un équilibre entre les intérêts divergeant
pour l’utilisation des terres et ressources.

La gestion locale est ainsi définie comme la manière de gérer, de conduire et d’administrer les
affaires propres de la collectivité territoriale.

La cohabitation quant à elle désigne la coopération entre deux ou plusieurs parties opposées. Ainsi,
cette présente étude s’intéresse aussi bien à la gestion des ressources naturelles au niveau local
qu’aux rapports qu’entretiennent les agriculteurs et les éleveurs lorsque il s’agit des dites ressources.
Il est important de préciser que ce sujet dégage un intérêt à la fois pratique et théorique. Théorique
dans la mesure où il permet d’apprécier l’efficacité et l’importance de la gestion qui est faite des
différentes ressources naturelles consacrées par les textes. Et pratique en ce sens qu’il permet de
constater l’intérêt des rapports qu’entretiennent les agriculteurs et les éleveurs ainsi que les effets
qui en découlent dans une dynamique d’utilisation des ressources naturelles. Ce pendant la question
qu’il faut se poser est celle de savoir : En quoi l’efficacité de la gestion locale impact elle sur les
rapports entre agriculteurs et éleveurs ? Dans la suite de ce travail sera analysée en premier lieu la
gestion locale : un levier du développement local(I) et en second lieu la collaboration entre
agriculteurs et éleveurs (II).

[Link] GESTION LOCALE : UN LEVIER POUR LE DEVELOPPEMENT RURAL


Etant l’élément central de la politique nationale en matière de foncier rural et de gestion des
ressources naturelles, le code rural de la république du Niger datant de 1993 s’articule autour d’un
dispositif juridique (A) et d’un dispositif institutionnel (B) relatif à la gestion foncière et des
ressources naturelles, ainsi que le contrôle du respect des règles établies.

[Link] CADRE JURIDIQUE DE GESTION LOCALE


Vu sous cet angle, les textes nationaux encadrent l’utilisation des terres et des ressources naturelles.
Parmi ces textes on peut citer entre autres :

Tout d’abord le code rural de la république du Niger de 1993 qui est composé d’un ensemble de
textes réglementaire relatif à la gestion foncière et des ressources naturelles. D’où l’ordonnance n°
93-015 du 2 mars 1993 portant principes d’orientation du code rural qui s’est fixé deux principaux
objectifs : à savoir la fixation du cadre juridique des activités et la sécurisation des opérateurs ruraux
à travers notamment la reconnaissance de droit et la promotion du développement par une
organisation rationnelle du monde local.
Ensuite on peut citer les textes complémentaires à l’ordonnance n° 93-015 du 2 mars 1993 :

1. Les textes de portée législative, il s’agit de :

-l’ordonnance n° 92-030 du 8 juillet 1992 portant adoption du document intitulé << principes
directeurs d’une politique de développement rural pour le Niger ;

- loi n° 2004-4O du 8 juin 2004 portant régime forestier ;

- loi n° 2004-048 du 30 juin 2004 portant loi cadre relative à l’élevage ;

- l’ordonnance n° 2010-09 du 1erAvril 2010 portant code de l’eau au Niger ;

- l’ordonnance n° 2010-29 du 20 mai 2010 relative au pastoralisme ;

- la loi n° 98-056 du 29 décembre 1998 portant loi cadre relative à la gestion de l’environnement ;

- l’ordonnance n° 93-028 du 30 mars 1993 portant statut de la chefferie traditionnelle en république


du Niger, modifiée par la loi n° 2008-22 du 23 juin 2008.

2. les textes réglementaires, il s’agit :

- Décret n° 97-006/PRN/MAG/EL du 10 janvier 1997, portant règlementation de la mise en valeur des


ressources naturelles. Aux termes de son article 2, la mise en valeur s’entend << de toute activité ou
action de l’homme sur une ressource naturelle en vue de son exploitation rationnelle et durable
suivant des moyens propres à la protection, la restauration, l’amélioration de la qualité productive et
le rendement de la ressource.

- Décret n° 97-007/PRN/MAG/EL du 10 janvier 1997, fixant le statut des terroirs d’attache des
pasteurs. Ce décret s’applique indistinctement aux terroirs d’attache situés aussi bien dans les zones
pastorales que dans les zones agricoles.

- Enfin, le décret n° 97-367/PRN/MAG/EL du 20 octobre 1997 déterminant les modalités d’inscription


des droits fonciers au dossier rural. Ce décret régit le dossier rural institué par l’article 130 des
principes d’orientations du code rural (ordonnance n° 93-015 du 2 mars 1993).

Néanmoins il découle du cadre juridique, des mécanismes ou institution chargés de la gestion locale.

[Link] DE GESTION LOCALE


Vue sous ces vocables, il y’a de noter qu’en parlant de mécanisme de gestion locale, nous faisons
allusion aux différentes institutions qui interviennent dans la mise en œuvre des textes adoptés par
le code rural de 1993. Ces différents organes ou institutions sont chargés de la réglementation tant
au niveau national qu’au niveau local. D’où il suit que chaque institution a des compétences et des
prérogatives bien définies. C’est ainsi qu’on peut noter le comité national du code rural au niveau
national qui est chargé de dégager les grandes orientations politiques de l’Etat du Niger en politique
nationale. Ce comité est présidé par le ministre en charge de l’agriculture et est composé des autres
ministres impliqués dans la gestion du foncier et des ressources naturelles. Le comité national a pour
objectifs d’élaborer, de vulgariser (sensibiliser) et de veiller à l’application des principes
d’orientations du code rural. Ensuite nous avons le secrétariat permanent qui est la cheville ouvrière
de la mise en application des principes d’orientations du code rural. Il a pour mission l’élaboration
des projets de textes complémentaires, la création d’un centre de documentation et d’une banque
de donné sur le foncier rural, le suivi et évaluation des commissions foncières de l’impact de
l’application du code rural. Ces commissions foncières ont un rôle essentiel dans la gestion du foncier
rural, de l’immatriculation, de l’aménagement territoire. Elles ont une compétence consultative en
matière de mise en valeur, de concession rurale. Elles établissent les actes constatant les droits et
contrôlent la mise en valeur des terres. Cependant il existe une commission foncière au niveau du
village ou tribu d’où les commissions foncières de base (COFOB), une commission foncière communal
(COFOCOM) et une commission départementale (COFODEP) au Niger. Au Burkina Faso il a été créé
des commissions villageoises de gestion du terroir (CVGT) et des commissions inter-villageoises de
gestion du terroir(CIVGT) en 2000 par le gouvernement. Ces commissions sont officiellement
chargées de la gestion des infrastructures communautaires, des bois villageois, des pâturages et la
biodiversité en général et l’allocation, l’évaluation et le retrait des terres du domaine national. Dans
la pratique, une CVGT ne peut devenir efficace dans l’administration foncière et la résolution des
conflits que si elle travaille en étroite collaboration avec les autorités coutumières. Concernant le
Mali, il n’a pas encore de législation pour ce type de structure mais l’introduction d’une commission
foncière est proposée dans le contexte de la loi d’orientation agricole(LOA) et il convient de noter
que, dans les trois pays, le lien entre ces commissions foncières et les collectivités territoriales
nouvellement créées devient un sujet de discussion. Toutes ces commissions sont la clé de voute du
système de sécurisation foncière, car étant des organes collégiaux à composition adapté au milieu,
d’où dans l’esprit du législateur, les commissions foncières devraient disposer en son sein tous les
acteurs clés pour la gestion du foncier rural. Ces acteurs relèvent de trois catégories : l’autorité
administrative qui assure la présidence, les services techniques, les autorités coutumières et les
représentants des producteurs ruraux (article 118 de l’ordonnance 93-015). Elles sont aussi des
organes de proximité pour la sécurisation des ressources individuelles et collectives, tout en assurant
le renoncement des ressources naturelles, ainsi que la sécurisation des espaces pastoraux. Elles
assurent également la sécurisation foncière à travers l’enregistrement des titres individuels et
collectifs. Enfin, malgré le bilan encourageant de la mise en œuvre du processus du code rural, il
reste que ce dernier fait face à des nombreuses difficultés qui se situent à diffèrent niveau,
notamment dans l’application des différentes prescriptions par les commissions foncières. On peut
les synthétiser en deux grandes catégories : les premières sont liées aux imprécisions et les lacunes
des textes à mettre en œuvre et les secondes au rôle des acteurs engagés dans les missions de COFO.
Ces limites sont également perçues au niveau de l’ordre juridique ou il est essentiel de relever que,
dans le cadre de l’une de ses principales attributions, c’est-à-dire la délivrance des titres fonciers. La
COFO fait face à des dispositions qui peuvent être analysé comme contradictoire toutes choses qui
fragilisent ces interventions. C’est notamment le cas de l’article 10 qui est en contradiction avec
l’article 134 de la même ordonnance 93-015. En effet au sens de l’article 10, l’attestation
d’enregistrement a la même valeur probante que l’immatriculation au livre foncier, d’où la déduction
de lui attribuer la même force qu’un titre foncier. Mais l’article 134 de la même ordonnance affirme
un principe rendant difficile la compréhension de l’article 10 en disposant que : << l’attestation
d’inscription au dossier rural ne constitue pas un titre de propriété, mais la preuve écrite de
l’existence d’un droit foncier. Les mécanismes de gestion étant analysés, nous allons continuer
l’analyse sur la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs.

[Link] COLLABORATION ENTRE AGRICULTEURS ET ELEVEURS


La cohabitation entre agriculteurs et éleveurs peut être soit harmonieuse, soit conflictuelle due à des
enjeux (A) d’où la nécessité de trouver des solutions ou perspectives (B) pour une cohabitation plutôt
harmonieuse.

[Link] ENJEUX LIES A LA COLLABORATION ENTRE AGRICULTEURS ET ELEVEURS


Les rapports entre agriculteurs et éleveurs dans ce milieu écologique fortement sous pressions
varient, selon le cycle des activités agropastorales. Ces acteurs partagent la paternité des conflits
associés à divers facteurs à savoir :

-la fracture relationnelle jadis plus ou moins complémentaires, les relations sont conflictuelles. Des
communautés cohabitent dans une absence de concertation. Cela est imputable à un dialogue des
sourds, un problème de communication d’ordre linguistique, d’où une importante défiance et des
préjugés.

- le foncier : la pression foncière de plus en plus forte et la course à l’espace installent un rapport de
compétition entre agriculteurs et éleveurs qui évoluent dans un contexte où il est difficile de
contrôler et gérer ensemble le patrimoine commun. Les obligations vis-à-vis des non autochtones
sont remises en causes, dans certains cas les acteurs vivent un conflit séculaire pour l’appropriation
des terres. Ils sont liés par une rancune héritée des aïeux.

- les nouveaux rapports : les pratiques pastorales et agricoles ont connu des mutations aux effets
multiples : dégradations des relations, sédentarisations des éleveurs, les agricultures irriguées de
saison sèche, produisant moins de résidus pour le bétail, les pasteurs de plus en plus jeune et
manque de civilité et de maturité pour résoudre les conflits à l’amiable, la perte d’accès aux zones
humides abondante en herbe, la hausse du risque de la dégradation des animaux.

- la sécurité : la dégradation continue de la situation sécuritaire, afin de créer un climat pacifié


propice à résoudre les anciens conflits qui ont toujours opposé les communautés comme ceux entre
agriculteurs et éleveurs.

Ainsi les relations entre agriculteurs et éleveurs, précédemment marqué par un certains équilibre
reposant sur la complémentarité, sont devenues désormais conflictuelles et concurrentielles dans la
gestion des ressources naturelles et de l’espace, causé par le phénomène du changement climatique
qui serait venu accentuer la relation conflictuelle entre agriculteurs et éleveurs du fait des difficiles
adaptations. Il y a lieu de noter aussi le non pratique de la jachère qui a un effet positif et significatif
sur l’issue des conflits agropastoraux. Les agriculteurs qui ne laissent pas reposer leurs terres sont
plus souvent soumises à des conflits puisqu’ils ne laissent pas un espace réservé pour le pâturage.
Par conséquent plus le lieu d’abreuvage est réservé plus le nombre de conflit entre agriculteurs et
éleveurs augmente. Cela s’explique par le fait que les agriculteurs ne respectent pas le lieu
d’abreuvage réservé aux troupeaux lorsqu’ils positionnent leurs cultures. D’où la nécessité d’utiliser
de l’eau pour les besoins de l’agriculture et pour l’abreuvage des animaux entraine de nombreux
conflits liés à la gestion des ressources. La gestion de l’espace autour des points d’eau est
particulièrement la destruction des parcelles aménagés en produits vivriers et constituent des
goulots d’étranglement dans les relations entre éleveurs et agriculteurs.

Vous aimerez peut-être aussi