1.
La retenue de l'eau
Le barrage retient l'écoulement naturel de l'eau. De grandes quantités d'eau s'accumulent et
forment un lac de retenue.
2. La conduite forcée de l'eau
Une fois l'eau stockée, des vannes sont ouvertes pour que l'eau s'engouffre dans de longs tuyaux
métalliques appelés conduites forcées. Ces tuyaux conduisent l'eau vers la centrale hydraulique,
située en contrebas.
La plupart des centrales hydrauliques en France sont automatisées. Chaque centrale se met en
marche selon un programme pré-défini en fonction des besoins d'électricité.
3. La production d'électricité
À la sortie de la conduite, dans la centrale, la force de l'eau fait tourner une turbine qui fait à son
tour fonctionner un alternateur. Grâce à l'énergie fournie par la turbine, l'alternateur produit un
courant électrique alternatif.
La puissance de la centrale dépend de la hauteur de la chute et du débit de l'eau. Plus ils seront
importants, plus cette puissance sera élevée.
4. L'adaptation de la tension
Un transformateur élève la tension du courant électrique produit par l'alternateur pour qu'il puisse
être plus facilement transporté dans les lignes à très haute et haute tension.
Nos lointains ancêtres utilisaient deux pierres pour écraser le blé en les cognant. 2000 ans avant J.C. ,
on parlait de 2 meules tournant l’une sur l’autre actionnées par le bras de l’homme. Puis, on utilisa
l’animal, les esclaves pour faire tourner les moulins collectifs jusqu’à l’invention de la roue
horizontale mue par la force de l’eau et décrite par un architecte nommée Vitruve un siécle avant J.C.
L’intérêt majeur de ce système de roue est de pouvoir construire un moulin de petite capacité à un
coût réduit en disposant d’une petite quantité d’eau et d’une faible pente. Les moulins à eau étaient
très nombreux en France, on estime que vers 1850 leur nombre pouvait atteindre les 100.000 usines
ou moulins ( 700 dans les Landes ).
Une majorité était des moulins à grains mais beaucoup d’activités humaines se sont servies de l’eau
comme énergie pour actionner des machines : textile, huiles ( olives, colza ), cidre, scierie, papier,
forges, coutellerie, taillenderie, tannerie pour le cuir etc.
Quant au moulin à vent, leur conception est beaucoup plus complexe mais surtout le problème
essentiel est l’énergie : le vent ne peut être stocké. Le Moulin à Vent doit donc être construit sur des
hauteurs dans des régions où les vents sont réguliers.
Un moulin à eau est un lieu où un moteur hydraulique est utilisé comme principal mécanisme
utilisant l'énergie hydraulique, transmise par une roue à aubes ou à augets, pour mouvoir divers
outils (moulins à grains ou à huiles, scieries, ateliers métallurgiques…). Cette énergie est fournie par
l'écoulement gravitaire de l'eau, faisant tourner la roue, qui transmet son mouvement à divers
mécanismes. Les systèmes les moins performants sont ceux qui sont mus par le courant d'une rivière
(roues par-dessous), et qui sont tributaires de sa vitesse ; les systèmes les plus efficaces utilisent une
chute, où l'eau est amenée par un canal ou une rigole, en provenance d'une prise sur un cours d'eau,
ou une retenue (roues par-dessus). Plus rarement, c'est la marée qui est exploitée (cas des moulins à
marée ou des usines marémotrices).
Roue à aubes.
Quand le fluide utilisé est quelconque (huile ou autre) et que la force n'est pas la gravité, on parle de
moteur hydraulique hydrostatique.
Par métonymie, un moteur hydraulique est souvent appelé moulin, bien qu'en toute rigueur, cette
appellation soit réservée aux mécanismes permettant de produire des farines et des huiles par la
rotation d'une ou plusieurs meules1, même si on parle aussi de moulin à foulon, de « mouliner »
pour « tourner rapidement » ou de moulin pour les puits creusés dans les glaciers par la rotation de
l'eau de fonte.
La technologie des moteurs hydrauliques a évolué vers celles des sites de production d'hydro-
électricité, qui utilisent des turbines hydrauliques.
Les moteurs hydrauliques servaient à de multiples usages pré-industriels :
moudre des céréales, l'usage le plus ancien ;
extraire l'huile des oléagineux : noix, colza, etc. ;
dans l'industrie forestière, les scieries hydrauliques ;
pour le textile : ribes, foulons, métiers à tisser ;
pour le travail des métaux : meules, forges, martinet, marteau-pilon ;
pour le tournage sur bois, métaux, os, corne, etc. ;
pour actionner des pompes, notamment pour l'extraction minière ;
moulin à papier : du xiiie au xviiie siècle, l'énergie du moteur servait à défibrer les chiffons détrempés
en pâte à papier en actionnant une pile à maillets, ensemble de pilons munis de pointes. Au xixe
siècle, elle actionne en outre la machine à papier en continu. Mais le terme moulin est alors
abandonné au profit du terme papeterie.
Marteau-pilon ou martinet.
Dans les pays de montagne, la force de l'eau a servi d'énergie industrielle jusqu'à la diffusion de
l'électricité et jusqu'au milieu du xxe siècle.
En outre, la roue oxygène l'eau ce qui favorise la pratique de la pisciculture en aval du moulin dès le
Moyen Âge.
L'énergie du cours d'eau, dont une partie de l'eau est généralement captée dans un canal (bief)
permettant de contrôler le débit (grâce à l'abée) et d'obtenir une hauteur de chute suffisante. Le bief
porte différents noms suivant les lieux : boëlle en Ile-de-France par exemple
Roues à axe horizontal
modifier
L'énergie du cours d'eau est transformée en mouvement grâce à deux grands types de roues : les
roues par-dessous, dont la rotation est provoquée uniquement par la vitesse du courant, et les roues
par-dessus, dont la rotation est provoquée par la chute de l'eau sur les pales, et qui sont d'un
meilleur rendement puisque la gravité s'ajoute à la vitesse de l'eau. Dans la majorité des cas la roue à
aubes est verticale (axe horizontal).
Les roues les plus simples sont à aubes (simples planches perpendiculaires au sens de rotation). Les
plus sophistiquées sont à augets, le remplissage successif des augets créant une grande inertie qui
donne un mouvement régulier et une plus grande puissance. Les roues à augets se contentent d'un
débit plus faible que les roues à aubes, mais ne peuvent fonctionner que sous une chute d'une
hauteur au moins égale au diamètre de la roue, ce qui nécessite un aménagement hydraulique
relativement sophistiqué (prise d'eau en rivière, canal d'amenée), plus facilement réalisable dans les
régions présentant du relief (vallées montagnardes notamment).
Roues à axe vertical
modifier
Certains moulins utilisent une roue horizontale (à axe vertical) : les moulins à rodet. Cette technique,
présente autrefois largement en France (visible en fonctionnement en Valgaudemar ) est encore très
répandue dans l'Atlas marocain et ailleurs, dans des versions très simples et peu coûteuses. L'énergie
du cours d'eau est souvent captée par une buse finale, ou canon, permettant de frapper l'auget au
meilleur endroit, avec le bon angle.
À partir de la révolution industrielle, et plutôt au xxe siècle, cette technique est améliorée : la «
turbine », permet de passer d'un rendement de 25 % à plus de 80 %. Il est adapté en particulier dans
le cas des moulins « à retenue », qui sont en général de taille modeste. Le niveau d'eau est maintenu
à une hauteur suffisante en amont du moulin par un barrage ou un seuil muni d'un déversoir.
Ce matériel est réputé blesser ou tuer les poissons, alors qu'ils franchissent sains et saufs les roues à
axe horizontal. Dans tous les cas une grille protège la roue ou la turbine des encombres amenés par
le courant qui pourrait endommager ces pièces. Cette grille doit être nettoyée régulièrement. Dans
certaines installations, l'eau nécessaire au fonctionnement est amenée par une conduite dans une
cuve de stockage attenante au moulin.
L'énergie produite par un moteur hydraulique est utilisée localement. Elle est transmise et
éventuellement démultipliée mécaniquement à l'appareil à mouvoir, par l'intermédiaire
d'engrenages ou de courroies. Les mécanismes les plus élaborés transmettaient l'énergie mécanique
à tous les postes de travail d'une usine, même dans les étages, au moyen de complexes jeux de
courroies, comme dans les tissages.
Le moulin à eau présente plusieurs avantages :
1. **Énergie renouvelable** : Il utilise la force de l'eau, une ressource naturelle et renouvelable, ce
qui réduit la dépendance aux combustibles fossiles.
2. **Durabilité** : Les moulins à eau peuvent fonctionner pendant de longues périodes avec un
entretien approprié.
3. **Écologique** : Ils ont un impact environnemental faible, ne produisant pas de pollution comme
les installations industrielles.
4. **Efficacité** : Ils peuvent transformer une grande quantité d'énergie hydraulique en énergie
mécanique, utilisée pour moudre des grains, scier du bois, etc.
5. **Autonomie locale** : Ils permettent aux communautés rurales de produire leur propre énergie
et de réduire les coûts de transport des ressources.
6. **Création d'emplois** : Les moulins à eau peuvent générer des emplois locaux dans leur
exploitation et leur maintenance.
Ces atouts en font une solution intéressante pour l'hydraulique et le développement durable.
Les moulins à eau présentent également plusieurs inconvénients :
1. **Dépendance à l'eau** : Leur fonctionnement est tributaire de la disponibilité d'une source
d'eau, ce qui peut être problématique en période de sécheresse.
2. **Impact sur l'écosystème** : La construction de barrages et de réservoirs peut perturber les
habitats aquatiques et affecter la faune.
3. **Coûts d'installation** : Les coûts initiaux de construction et d'aménagement peuvent être
élevés, nécessitant des investissements importants.
4. **Maintenance** : Les moulins nécessitent un entretien régulier, ce qui peut engendrer des coûts
supplémentaires et demander des compétences spécifiques.
5. **Limitations géographiques** : Ils ne peuvent être installés que dans des zones avec des cours
d'eau appropriés, limitant leur utilisation.
6. **Variabilité de la production** : La production d'énergie peut être intermittente, dépendant des
fluctuations saisonnières et climatiques.
Ces inconvénients doivent être pris en compte dans le cadre d'une évaluation globale des systèmes
énergétiques.
Les barrages de haute chute
Un barrage de haute chute est principalement utilisé en haute montagne, dans les Alpes et les
Pyrénées par exemple. Il profite de la haute altitude pour simuler une cascade très puissante, d’où le
nom de haute chute. Deux des plus imposants barrages de ce type sont les barrages de Roselend
(1559m d’altitude) et le barrage du Chevril, aussi appelé barrage de Tignes (1794m d’altitude). Ce qui
différencie le barrage de haute chute d’un barrage de moyenne chute est la hauteur de chute de
l’eau qui est supérieur à 300m.
Un barrage de haute chute se base sur le même principe qu’une cascade pour produire de
l’électricité. Plus une cascade est grande, plus la force d’impact en bas sera grande. L’installation va
donc simuler une cascade et placer des turbines tout en bas, là où la force sera la plus grande.
L’installation se décompose en trois parties :
Le barrage
Les conduites forcées
La/les turbines
On peut le retrouver sous différentes formes, en fonction des contraintes mécaniques et
géologiques. Son rôle est de stocker l’eau provenant de rivières et de la fonte des glaces au
printemps et à l’été pour pouvoir fournir de l’eau en continu à la centrale durant la saison hivernale.
La quantité d’eau que le barrage stocke dépend de la disposition géologique de l’emplacement ainsi
que des contraintes mécaniques qui lui sont imposées.
Les conduites forcées
Elles forment l’intermédiaire entre le barrage et les turbines, située à plusieurs centaines de mètres
en contrebas. Ce sont elles qui sont responsables de la chute d’eau. La puissance fournie aux
turbines est d’autant plus importante que la chute est grande.
La/les turbines
Elles sont en France de type Pelton pour les barrages de haute chute. Elles accueillent l’eau avec un
faible débit mais avec une pression très élevée. Les plus grosses peuvent avoir une masse de 200
tonnes et générer une puissance d’environ 90MW.
Pour produire de l’énergie électrique à partir d’une source d’eau, deux facteurs entrent en jeu, la
hauteur de chute d’eau et le débit d’eau.
Dans les barrages de haute chute, c’est la hauteur de chute de l’eau qui importe plus que le débit.
Plus la chute est grande, plus la pression qui sera exercée par l’eau à l’arrivée sera élevée. La pression
augmente d’un bar (= 100 000 pascals) tous les 10m. Les barrages de haute chute sont construits
dans les montagnes à une altitude de souvent plus de 1 000m. La hauteur de chute entre le barrage
et les turbines est alors de plusieurs centaines de mètres. La pression à l’arrivée est donc très grande.
Le second facteur qui entre en jeu est le débit de la source d’eau. Dans le cas des barrages de haute
chute, celui-ci est assez faible.
Prenons l’installation de Roselend. Pour une hauteur de chute de 1200m, la vitesse de l’eau optimale
récupérée au niveau de la turbine est de 140m/s. L’eau pénètre dans la turbine depuis un injecteur
d’un diamètre de 25cm. Le débit qui résulte de cette installation est de 7m3/s. Cela semble
beaucoup mais en comparaison, les barrages au fil de l’eau enregistrent des débits de plusieurs
dizaines, voire centaines, de mètres cubes d’eau à la seconde.
Dans certains cas, un seul de ces barrages suffit à assouvir les besoins en électricité des habitants de
la Savoie.
En contrepartie, ces barrages ne fonctionnent qu’en hiver. Les lacs se vident en hiver et se
remplissent en été lors de la fonte des glaces. De plus, la construction d’un tel édifice engendre
l’évacuation des villages qui occupent la vallée où reposera le lac, comme ce fut le cas pour le
barrage de Tignes, qui tient son nom du village aujourd’hui engloutit.
Le second facteur qui entre en jeu est le débit de la source d’eau. Dans le cas des barrages de haute
chute, celui-ci est assez faible.
Prenons l’installation de Roselend. Pour une hauteur de chute de 1200m, la vitesse de l’eau optimale
récupérée au niveau de la turbine est de 140m/s. L’eau pénètre dans la turbine depuis un injecteur
d’un diamètre de 25cm. Le débit qui résulte de cette installation est de 7m3/s. Cela semble
beaucoup mais en comparaison, les barrages au fil de l’eau enregistrent des débits de plusieurs
dizaines, voire centaines, de mètres cubes d’eau à la seconde.
Dans certains cas, un seul de ces barrages suffit à assouvir les besoins en électricité des habitants de
la Savoie.
En contrepartie, ces barrages ne fonctionnent qu’en hiver. Les lacs se vident en hiver et se
remplissent en été lors de la fonte des glaces. De plus, la construction d’un tel édifice engendre
l’évacuation des villages qui occupent la vallée où reposera le lac, comme ce fut le cas pour le
barrage de Tignes, qui tient son nom du village aujourd’hui engloutit.
Énergie propre et abondante
Installation très puissante
Aménagement du lac pour le tourisme, la pèche, l’agriculture…
Débit utilisé faible : augmente l’autonomie du barrage en hiver
Temps de réactivité très rapide en cas de forte demande en électricité
Inconvénients :
Installation très imposante : destruction de l’environnement, évacuation forcée des populations, fort
impact visuel
Fonctionnement hivernal seulement
Installation et entretien très coûteux
Entretien du barrage
Les barrages retiennent plusieurs millions de mètres cubes d’eau à des altitudes parfois supérieures à
1500m. La rupture d’un de ces barrages aurait des conséquences désastreuses pour tout ce qui se
trouve en aval. Des contrôles sont alors régulièrement effectués pour prévenir un risque de rupture.
Les galeries au sein du barrage et des parois rocheuses sont contrôlées plusieurs fois par mois par les
barragistes (employés spécialisés dans les installations hydroélectriques de haute, moyenne et basse
chute).
Un contrôle plus approfondit du barrage est effectué toutes les décennies. Le lac est entièrement
vidé et une inspection minutieuse de la paroi du barrage ainsi que de l’étanchéité de la vallée, où
repose le lac en temps normal, est accomplie. L’objectif est de repérer des fissures, dues en général
au contact de la glace avec le béton, et de les combler. De nos jours, les lacs ne sont plus qu’à moitié
vidés : l’inspection se fait désormais grâce à des drones sous-marins et aériens.
Les barrages de moyenne chute
Les barrages de moyenne chute, aussi appelés installations hydroélectriques d’éclusées, révèlent
beaucoup de similarités avec les barrages de haute chute. Ce qui les différencie est la hauteur de
chute dont ils servent pour produire de l’électricité. La hauteur de chute doit être comprise entre 30
et 300m pour que le barrage soit qualifié de moyenne chute. Au-delà il s’agit d’un barrage de haute
chute et en deçà d’un barrage au fil de l’eau.
Parmi les barrages de moyenne chute, nous distinguons deux grandes familles : les barrages en béton
et les barrages en terre.
Une centrale hydroélectrique fonctionne sur la même base que n’importe quelle centrale de
production électrique (nucléaire, thermique, éolienne…), à savoir convertir une énergie mécanique
en énergie électrique grâce à un alternateur.
L’énergie mécanique exploitée dans le cas d’une centrale hydroélectrique provient du potentiel
d’inertie de l’eau. L’eau est entrainée vers les turbines où elle transmettra son énergie pour
permettre de faire fonctionner l’alternateur.
Cette force d’inertie s’obtient à partir de deux facteurs :
Le débit de la source entrant dans la turbine. Plus celui-ci sera élevé, plus l’inertie de l’eau sera
grande.
La hauteur de chute de l’eau. Il s’agit du même phénomène que nous retrouvons dans une cascade.
Plus cette dernière est haute, plus la force d’impact de l’eau en bas de la cascade sera élevée. Dans le
cas du barrage de moyenne chute, cette hauteur de chute est la différence d’altitude entre la surface
du lac et des turbines.
Nous pouvons calculer la puissance électrique d’une installation grâce à ces deux paramètres ainsi
qu’avec le rendement de l’installation.
P = g x qv x H x η
P la puissance en kW
g la constante de gravitation
qv le débit en m3/s
H la hauteur de chute en m
η le rendement de la turbine
Pour fonctionner, les centrales éclusées ont tout autant besoin du débit que de la hauteur d’eau,
contrairement aux barrages de haute chute et au barrage au fil de l’eau. Dans le premier cas, la
hauteur de chute est bien plus importante que le débit, et inversement pour le second.
Les installations éclusées se découpent en deux parties :
Le barrage et son lac
Il ressemble fortement aux barrages de haute chute. Cependant son objectif est de retenir une
grande quantité d’eau pour créer une hauteur de chute, contrairement aux barrages de haute chute
qui retiennent l’eau pour avoir de l’autonomie durant l’hiver, lorsque les sources d’eau sont gelées.
Les barrages de moyenne chute se situent à des altitudes bien inférieures, l’eau est présente en
permanence.
La centrale de production
Elle se situe au pied du barrage voire en profondeur sous terre dans certains cas. C’est ici que l’eau
est acheminée pour produire l’électricité. Elle vient actionner des turbines de type Francis (les plus
couramment utilisées par les barrages). Ces dernières combinent les technologies des turbines
Kaplan et Pelton.
L’eau est ensuite restituée à la source d’eau d’origine, rivière ou fleuve.
Ce type de barrage peut être construit de deux manières différentes, en béton ou, pour les plus
anciens, en terre. Dans les deux cas, les travaux sont colossaux et les impacts environnementaux sont
non négligeables.
Avantages :
Énergie propre et abondante
Installation puissante
Aménagement du lac pour le tourisme, la pèche, l’agriculture…
Temps de réactivité très rapide en cas de forte demande en électricité
Inconvénients :
Installation très imposante : bouleversement de l’écosystème, évacuation forcée des populations,
fort impact visuel
Installation et entretien très coûteux
Fort impact sur la migration d’espèces aquatiques
Un barrage au fil de l’eau, aussi appelé de basse chute, est construit sur un cours d’eau (fleuve ou
rivière). Il permet de produire de l’électricité grâce au débit très important de la source.
Contrairement à ses cousins de moyenne et de haute chute, ce type de barrage est moins compliqué
à mettre en place et les contraintes auxquels il doit faire face sont différentes.
Pour qu’un barrage soit considéré en tant que barrage au fil de l’eau, il faut que la hauteur de chute
de l’eau soit inférieure à 30m.
Les barrages de basse chute sont nommés de la sorte car la hauteur de chute dont ils disposent est
relativement faible.
Pour fonctionner, un barrage fait intervenir deux facteurs :
La hauteur de chute. Celle-ci représente la différence de hauteur entre la turbine, qui transforme
l’énergie de l’eau en électricité, et la surface de l’eau en amont du barrage. Plus la hauteur de chute
est grande, plus la force transmise à la turbine sera importante, et donc la production augmentera.
Le débit du cours d’eau. Plus le débit est élevé, plus la force de l’eau sur la turbine sera conséquente
ainsi que la capacité de production électrique.
Contrairement au barrage de haute chute, le barrage au fil de l’eau utilise principalement le débit du
fleuve pour produire de l’électricité. Le débit de certains de ces barrages peut être phénoménal :
jusqu’à plusieurs centaines de m3/s d’eau. Cependant, la hauteur de chute de l’eau est relativement
faible, de l’ordre de quelques mètres contre plusieurs centaines dans le cas des barrages de haute
chute.
La construction d’un de ces barrages rencontre plusieurs problèmes. Tout d’abord une source d’eau à
fort débit est nécessaire pour faire fonctionner l’installation. Il est aussi possible que certains fleuves
soient sujet à un fort trafic maritimes, de nature touristique ou commerciale. Il faut donc prévoir une
écluse qui permettra de préserver ce trafic.
Un autre problème à prendre en compte est celui de la conservation de l’écosystème. Un barrage
peut avoir des conséquences désastreuses sur le bon développement des espèces, surtout marines.
Une passe à poisson est alors aménagée pour s’assurer que les espèces puissent librement entre
l’amont et l’aval du barrage.
Ce qui ne fut pas le cas en Chine, au barrage des trois gorges. En amont du barrage, la pèche n’est
plus praticable en raison de la disparition des poissons dans le fleuve Yangzi Jiang.
Avantages :
La technique de pompage-turbinage est une technologie éprouvée connue depuis la fin du 19 ème
siècle.
Utilisée à travers le monde, elle permet de stocker de grande quantité d'énergie électrique par
l'intermédiaire de l'énergie potentielle de l'eau.
Utilisant cette technique, les stations de transfert d'énergie par pompage (STEP) permettent d'éviter
le gaspillage d'énergie pendant les heures creuses (nuit, week-end) et de pallier à l'intermittence de
la production électrique du secteur éolien et solaire.
Une centrale hydroélectrique réversible (pompage ou turbinage) est utilisée pour transférer l'eau
entre deux bassins situés à des altitudes différentes.
Lorsque le réseau fournit un surplus d'électricité (heures creuses ou pic de production) l'eau du
bassin inférieur est pompée dans le bassin supérieur.
Sous l'effet de la pesanteur, cette masse d'eau représente une future capacité de production
électrique.
Lorsque le réseau connaît un déficit de production électrique, la circulation de l'eau est inversée.
La pompe devient alors turbine et restitue l'énergie accumulée précédemment.
L'opération engendre au total entre 15% à 30% de perte, mais permet de stocker de l'énergie
inutilisée.
Avantages :
Sécurisation du réseau électrique
Technologie simple et éprouvée (pompe / turbine / barrage hydroélectrique)
Optimisation de la production d'énergie : stockage de l'énergie produite en surplus
Inconvénients :
Impact possible sur le paysage et l'hydrologie
Le cycle de pompage / turbinage engendre des pertes d'énergie allant de 15% à 30%.
Plusieurs types d’installations permettent de produire l’énergie hydroélectrique :
Les centrales de lacs que l’on vient d’aborder ;
Les centrales au fil de l’eau qui produisent de l’hydroélectricité, mais sans utilisation de barrages, et
donc de possibilité de stocker l’eau. Basées sur le cours de rivières ou de grands fleuves, elles
fournissent de l’énergie de consommation de base, dite au fil de l’eau ;
Les petites centrales hydrauliques (PCH) dont la puissance est inférieure à 10 MW ;
Les stations de transfert d’énergie par pompage ou STEP, qui permettent de pomper des volumes
d’eau pendant les périodes de basse consommation et de les utiliser pendant les pics de
consommation. On dit que les STEP permettent de stocker l’énergie électrique.
À côté de ces quatre grandes installations hydrauliques, nous retrouvons d’autres types d’installation
qui exploitent l’énergie produite par l’eau : les centrales marémotrices et hydroliennes (entre autres)
qui utilisent les mouvements de l’eau issus des mers et océans pour produire de l’énergie électrique.
Ces énergies renouvelables sont appelées les énergies marines.
Le cas des énergies marines
Les énergies marines, ou énergies bleues, représentent un formidable potentiel de développement
pour la filière des énergies renouvelables en France ou dans le monde. Celles-ci peuvent participer à
la transition énergétique en cours ; mais encore faut-il que les intérêts grandissants pour cette
énergie renouvelable se concrétisent par des réalisations industrielles à grandes échelles.
Il faudra pour cela trouver la maîtrise des mouvements des océans et des mers, ce qui est loin d’être
facile.
Nous pouvons citer les installations potentielles suivantes :
Les centrales marémotrices qui utilisent l’énergie marémotrice - i.e le mouvement de l’eau produit
par la gravité de la Terre et de la Lune - pour produire de l’électricité ;
Les hydroliennes qui utilisent des turbines exploitant les courants marins ;
Les fermes houlomotrices – ou fermes à vagues - qui utilisent le mouvement des vagues ;
L’utilisation de l’énergie thermique des mers ou énergie hydrothermique issue de la différence de
températures entre les eaux de surface et les eaux profondes.
L’impact de l’énergie hydraulique
La production d’électricité à partir de l’énergie hydraulique offre de multiples atouts, mais aussi
certains effets négatifs, comme tout type de production exploité à l’échelle industrielle (ex : les mines
de charbon, les gisements de gaz, l’exploitation du pétrole, etc.). Ces conséquences néfastes
peuvent-elles enrayer le potentiel de développement de la filière des énergies hydrauliques ?
Quels sont les avantages et les inconvénients de l’énergie hydraulique ?
Les principaux avantages de l'énergie hydraulique sont les suivants :
L’hydroélectricité est issue d’une source d’énergie verte ;
L’énergie hydraulique n'émet pas de gaz à effet de serre, elle préserve donc la planète du
réchauffement climatique ;
Elle ne produit pas de déchets – contrairement à l’énergie nucléaire qui en produit un certain
nombre à hauts potentiels toxiques ;
L’énergie hydraulique permet de réguler les pics de consommation d’électricité survenant en hiver,
par exemple, grâce à ses réservoirs de stockage et de pallier ainsi à des coupures de réseau
intempestives ;
L’énergie verte est de plus accessible à un coût abordable sur le moyen-long terme ;
Les centrales hydroélectriques participent au développement économique et touristique des zones
d’habitations où elles sont implantées.
À l'inverse, voici quelques impacts négatifs de cette énergie :
L’énergie hydraulique suppose la construction d’installations de barrages avec un fort impact sur les
écosystèmes environnants. La faune et la flore de ces cours d’eau sont directement affectés par la
construction d’une retenue d’eau artificielle – avec la disparation de certaines espèces animales ;
Idem pour la construction de réseaux de lignes électriques qui donnent lieu généralement à d’autres
constructions, telles que des routes et l’installation de poteaux ;
La construction des infrastructures hydrauliques prend de la place et est souvent à l’origine de
déplacements de populations ;
Les zones d’exploitation de l’énergie hydraulique sont limitées à des endroits montagneux. Or, la
plupart de ces zones sont déjà exploitées et dotées de centrales de lacs. Cette limitation réduit le
développement de cette énergie renouvelable et de fait l’augmentation de sa part dans le mix
énergétique français. Problématique, lorsqu’on sait les intentions du gouvernement de réduire la
production d’électricité issue du parc nucléaire de 50 % d'ici à 2050 et le recours aux énergies fossiles
de 30 % d'ici à 2030 ;
La production hydroélectrique demande de lourds investissements de capitaux ;
L’énergie hydraulique est soumise aux aléas climatiques et peut représenter une source de
production d’énergie électrique instable. En cas de sécheresse, les cours d’eau se réduisent et de fait
sa force motrice de l’eau également.
Quelles solutions pour limiter les effets négatifs de cette énergie renouvelable ?
Pour limiter leurs impacts, les centrales hydroélectriques doivent répondre à des obligations légales,
que l’on peut retrouver dans la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) du 30 décembre 2006.
Cette Loi fixe un cadre législatif au regard des enjeux environnementaux et écologiques :
Les cours d’eau doivent être maintenus à un débit minimum – débit réservé – afin de garantir la
préservation de la vie et son développement ;
Les déplacements des espèces devront être préservés par l’installation de passes à poissons,
notamment pour les poissons migrateurs en périodes de reproduction ;
De même, certains cours d’eau ne sont pas propices à l’exploitation d’une centrale hydraulique, car
ils sont de véritables réserves naturelles pour des espèces de poissons ;
De manière générale, toute faune sauvage doit être préservée et des dispositions prises à leur égard
par les exploitants des centrales hydrauliques ;
L’après-barrage doit être aussi considéré. La démolition d’un barrage libère une eau lourde en
sédiments souvent toxiques ;
L’eau détournée pour être exploitée par les turbines doit retrouver le lit du cours d’eau en aval. Le
cycle de l’eau doit être respecté.
L’avenir de la filière hydraulique en France et dans le monde
La filière d’énergie hydroélectrique représente pour la France environ 11 % de la production
d’électricité globale en 2022. Cela en fait la première source renouvelable d’électricité utilisée dans
l’Hexagone et la seconde derrière l’énergie nucléaire dans le mix énergétique.
Les objectifs quantitatifs et orientations fixés par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) à
atteindre pour la filière hydraulique sont :
D’augmenter la production d’hydroélectricité jusqu'à atteindre 100 GW en 2028 (option basse) ;
De préserver la flexibilité de production de l’énergie hydroélectrique, tout en intégrant de nouvelles
énergies renouvelables ;
Continuer à concilier les enjeux environnementaux (tels que la réduction de l'empreinte écologique)
et la production d’énergie renouvelable ;
Continuer le développement de la filière hydroélectrique par un système d’appels d’offres ;
Développer les STEP pour augmenter la capacité de stockage d’énergie.
Si la filière hydraulique se développe à plus grande échelle, celle-ci viendra également dans le reste
du monde. Au niveau mondial, la filière hydraulique représente près de 20 % de la production
d’électricité et son potentiel global est loin d’être exploité.