0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
34 vues24 pages

Mesures fiscales pour stimuler l'investissement

Transféré par

naliatravel16
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
34 vues24 pages

Mesures fiscales pour stimuler l'investissement

Transféré par

naliatravel16
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Institut d’Economie Douanière et Fiscale

Créé par convention Algéro-Tunisienne du 03 Septembre 1981

Epreuve du grand oral de la 41ème promotion

Les mesures fiscales susceptibles


d’être prises pour encourager
l’investissement en période de crise

Présenté par :

AIT KACI ALI Nassim


BOUHALAS Chaima
DAHMANI Hadjer
JEMAII Emna

Le Lundi 28 octobre à l’IEDF, Koléa


41ème Promotion

Plan de travail :

 Introduction
 Définitions des concepts clés
 Mesures fiscales adoptées
 Conclusion
Introduction :

En période de crise, qu'elle soit économique, financière ou sanitaire, les gouvernements


doivent adopter des mesures incitatives pour relancer l’investissement et soutenir la
croissance. Dans ce contexte, une problématique fondamentale se pose :

“Quelles sont les mesures fiscales susceptibles d'être mises en place pour encourager
l'investissement en période de crise ? “

Cette problématique revêt une importance capitale, car les politiques fiscales influencent
directement les décisions des entreprises et des investisseurs. Ces mesures peuvent prendre
plusieurs formes, notamment des réductions d'impôts, des crédits d'impôt ou la création de
zones franches pour stimuler l'activité économique dans des régions spécifiques.

Il est également essentiel de considérer les mesures sociales qui accompagnent ces
réformes fiscales. Elles visent à protéger les travailleurs et à maintenir la stabilité sociale,
indispensable pour créer un environnement favorable à l'investissement. Ainsi, l’intégration
de mesures fiscales et sociales constitue une approche cohérente et complète pour dynamiser
l’économie en temps de crise.

1. Définition des Concepts Clés :


1.1. C’est quoi une crise ?

Une crise est un événement ou une période marquée par des troubles, des
déséquilibres ou des ruptures significatives qui affectent un individu, un groupe ou une
société. Elle se caractérise souvent par une situation de tension qui nécessite une gestion
adéquate pour minimiser ses impacts négatifs.

Les crises peuvent être de nature économique, sociale, politique, environnementale, ou


sanitaire, entre autres.1 Les crises peuvent également interagir entre elles, par exemple, une
crise économique peut entraîner une crise sociale, et une crise sanitaire peut causer une crise
économique.

1.2. Mesures Fiscales:

Les mesures fiscales désignent l'ensemble des dispositions législatives et réglementaires


qui ont pour but de prélever des ressources financières auprès des contribuables afin de

1
https://www.cnrtl.fr/definition/crise ; consulté le 18/10/2024 à 14:21.
financer les activités de l'État et d'orienter le comportement économique. Ces mesures
peuvent inclure des impôts, des taxes, des exonérations, des déductions, et des crédits d'impôt.

Elles jouent un rôle essentiel dans la régulation de l'économie, en influençant le revenu


disponible des individus et les décisions d'investissement des entreprises.2

On trouve:

1.2.1. Mesures fiscales classiques:

Les mesures fiscales classiques se réfèrent aux dispositifs fiscaux standard qui
s'appliquent de manière générale à tous les contribuables ou à des catégories spécifiques. Ces
mesures incluent les impôts directs, les impôts indirects et les cotisations sociales.

1.2.2. Mesures fiscales ciblées:

Les mesures fiscales ciblées, en revanche, sont conçues pour inciter des comportements
spécifiques ou soutenir certains secteurs d'activité. Elles incluent crédits d’impôts,
exonérations fiscales et les dépenses fiscales. 3

1.3. Loi d’investissement:

La loi d'investissement est un cadre juridique qui régit les conditions et les modalités
d'investissement dans un pays. Elle définit les droits et obligations des investisseurs, ainsi que
les régimes d'incitation qui peuvent être offerts pour encourager l'investissement dans divers
secteurs économiques.

En Algérie, La loi d'investissement, promulguée par la loi n° 50 de 2022, a pour objectif


de fixer les règles régissant l'investissement, de définir les droits et obligations des
investisseurs, ainsi que les régimes d'incitation applicables. Elle vise à encourager
l'investissement dans divers secteurs économiques. Cette loi consacre également des principes
fondamentaux tels que la liberté d'investir et la transparence dans le traitement des
investissements, garantissant ainsi un cadre juridique stable pour les investisseurs nationaux et
étrangers.4

En Tunisie, La loi d'investissement en Tunisie, adoptée par la loi n° 71 de 2016, vise à


promouvoir l'investissement et à encourager la création et le développement d'entreprises.

2
P.Cliché; “Politique fiscal”; École nationale d'administration publique; 2009; P3.

3
Ibid, P3.
4
Journal Officiel de la République Algérienne, N° 50, 29 Dhou El Hidja 1443 (28 juillet 2022).
Cette loi établit également un cadre juridique clair pour les investissements réalisés par des
personnes physiques ou morales, qu'elles soient résidentes ou non résidentes. Elle garantit la
protection des droits des investisseurs, y compris la non-expropriation sans compensation
équitable.5

1.4. Code des Impôts:

Chaque pays dispose de son propre code fiscal qui régit l'ensemble des impôts directs et
indirects.

En Algérie, Le système fiscal est principalement basé sur un cadre déclaratif, il est
régi par un ensemble de lois et de règlements qui définissent les obligations fiscales des
contribuables, les types d'impôts, ainsi que les incitations fiscales destinées à encourager
l'investissement.
Le Code des impôts directs et des taxes assimilées, ainsi que le Code des impôts indirects,
sont les textes de référence.
En Tunisie, Le système fiscal est également structuré autour d'un ensemble d'impôts
directs et indirects. Le code des impôts en Tunisie est un ensemble de lois et de
réglementations qui régissent la fiscalité des personnes physiques et morales. Il est conçu pour
établir un cadre juridique clair et incitatif pour les investisseurs tout en générant des recettes
pour l'État.

2. Les mesures fiscales :


2.1. Abaissement de la pression fiscale

Mécanisme

L'abaissement de la pression fiscale désigne la réduction globale de la charge fiscale sur les
contribuables, mesurée par le rapport entre les recettes fiscales et le produit intérieur brut (PIB). Cela
peut impliquer des baisses de taux d'imposition ou la suppression de certaines taxes.

Avantages

 Stimulation de l'investissement : Les entreprises sont plus enclines à investir si elles


perçoivent une réduction de leur charge fiscale.

 Création d'emplois : Un environnement fiscal favorable peut encourager les entreprises à


embaucher davantage.

5
Loi n° 2016-71 du 30 septembre 2016, portant loi de l’investissement. Journal Officiel de la République
Tunisienne, N° 82, 7 octobre 2016, pp. 3083-3089.
 Augmentation de la compétitivité : Une fiscalité allégée peut rendre un pays plus attractif
pour les investisseurs étrangers.

Inconvénients

 Perte de recettes fiscales : Une réduction significative de la pression fiscale peut entraîner
une baisse des revenus de l'État.

 Inégalités potentielles : Les grandes entreprises pourraient bénéficier davantage que les PME
si les mesures ne sont pas bien ciblées.

Exemple en Algérie : Le gouvernement Algérien a mis en place des mesures pour retarder le
paiement des impôts dus pendant la crise COVID-19. Par exemple, le délai de paiement du premier
acompte provisionnel pour l'impôt sur le revenu global (IRG) et l'impôt sur les bénéfices des sociétés
(IBS) a été prorogé jusqu'au 20 juin 2020, permettant ainsi d'alléger temporairement la pression fiscale
sur les entreprises.

Exemple en Tunisie: En réponse à la crise économique, le gouvernement Tunisien a également mis


en œuvre des réductions d'impôts pour certaines catégories d'entreprises, notamment dans le secteur du
tourisme, afin de soutenir l'économie locale.

Exemple en France: Depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, le gouvernement a supprimé la


taxe d'habitation pour les résidences principales et a abaissé le taux d'impôt sur les sociétés de 33 % à
25 %. Ces mesures ont permis de réduire la pression fiscale sur les ménages et les entreprises.

2.2. Réduction des taux d’imposition


Définition :
La réduction des taux d'imposition consiste à abaisser les pourcentages appliqués à certaines
catégories de revenus ou à certains types d'impôts (par exemple, l'impôt sur les sociétés,
l'impôt sur le revenu). Cela est souvent utilisé pour stimuler l’économie en réduisant la charge
fiscale pesant sur les ménages ou les entreprises.
Algérie :
Dans le cadre de la Loi de Finances et du Code des Impôts Algérien, des réductions des taux
d'imposition sont souvent envisagées pour encourager l’investissement dans certains secteurs
stratégiques. Par exemple, le Code des investissements algérien prévoit des réductions
d'impôts sur les bénéfices pour les entreprises qui s’implantent dans des zones géographiques
prioritaires ou pour les projets liés à la diversification économique, en particulier hors secteur
pétrolier et gazier.
Exemple concret : Les entreprises qui investissent dans le secteur de la transformation
industrielle ou dans les régions dites "sous-développées" bénéficient d’une exonération totale
ou partielle de l'impôt sur les bénéfices (IBS) pendant une période déterminée (par exemple, 5
à 10 ans), ce qui équivaut à une réduction effective du taux d’imposition.

Tunisie :
En Tunisie, la Loi sur l'investissement et le Code des impôts tunisiens incluent également des
incitations fiscales sous forme de réductions d’impôts. L’objectif est d'encourager
l’investissement étranger, en particulier dans les secteurs technologiques et innovants.
Exemple concret : Le Code d’incitation aux investissements (CII) tunisien offre des avantages
fiscaux comme une réduction de 10% du taux de l'impôt sur les sociétés pour les entreprises
qui investissent dans les secteurs exportateurs ou technologiques, comme les industries de
haute technologie ou les services financiers offshore. Il y a aussi des exemptions fiscales pour
les nouvelles entreprises pendant les cinq premières années de leur activité.

Avantages :
 Attraction des investisseurs : Les taux réduits peuvent attirer des entreprises étrangères et
stimuler l’investissement national, en particulier dans des secteurs stratégiques ou sous-
développés.
 Relance de l'économie : En réduisant le fardeau fiscal des entreprises, les gouvernements
espèrent que ces entreprises réinvestissent leurs économies dans la production,
l’innovation, et la création d'emplois.
 Concurrence fiscale internationale : Une fiscalité avantageuse permet à un pays d'être
plus compétitif face à d'autres nations pour attirer des investissements directs étrangers
(IDE).

Inconvénients :
 Perte de recettes fiscales à court terme : En réduisant les taux d'imposition, l’État peut
voir ses recettes fiscales diminuer, ce qui pourrait affecter sa capacité à financer des
services publics ou des infrastructures.
 Injustice fiscale potentielle : Les taux réduits pour certains secteurs ou entreprises peuvent
être perçus comme injustes, créant une inégalité avec d'autres secteurs ou des petites
entreprises qui ne bénéficient pas des mêmes avantages.
Approches pour la réduction des taux d’imposition
a) Taux d'imposition différenciés
Une stratégie efficace consiste à mettre en place des taux d'imposition différenciés selon les
secteurs d'activité. Par exemple, un taux réduit pour les start-ups ou les entreprises innovantes
peut encourager l'entrepreneuriat et l'innovation. La Tunisie, par exemple, applique un taux
réduit pour les entreprises qui investissent dans des secteurs stratégiques comme les
technologies de l'information6. Cela peut également s'étendre à des zones économiques
spéciales où les taux d'imposition sont temporairement réduits pour attirer des
investissements.

b) Crédits d'impôt et incitations fiscales


Au lieu de réduire les taux d'imposition de manière uniforme, les gouvernements peuvent
offrir des crédits d'impôt spécifiques pour encourager des comportements désirés, comme la
recherche et développement, l'embauche de personnel dans des secteurs prioritaires ou la
transition vers des pratiques durables. Ces crédits peuvent stimuler l'innovation tout en
maintenant les recettes fiscales. Par exemple, l'Algérie pourrait envisager d'accorder des
crédits d'impôt aux entreprises qui investissent dans des technologies vertes ou durables.

c) Révisions périodiques des politiques fiscales


Il est essentiel que les gouvernements procèdent à des révisions régulières de leurs politiques
fiscales pour s'assurer qu'elles restent pertinentes et efficaces. Des études d'impact doivent
être réalisées pour évaluer comment les réductions d'impôts affectent les recettes fiscales et
l'économie dans son ensemble. Cela permettrait d'ajuster les mesures en fonction des résultats
observés et de s'assurer qu'elles atteignent les objectifs escomptés7.

Exemples de réduction des taux d’imposition en période de crise

Algérie : Réduction de l'impôt sur les bénéfices des sociétés pour les secteurs stratégiques
(post-crise COVID-19)
En Algérie, pour soutenir la reprise économique après la crise de la COVID-19, le
gouvernement a mis en place des réductions de l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS)
6
https://www.tunisieindustrie.nat.tn/fr/doc.asp?mcat=12&mrub=212 [consulté le 17/10/2024 à 10.30]
7
OECD (2021), Tax Challenges Arising from Digitalisation of the Economy – Global Anti-Base Erosion Model
Rules (Pillar Two): Inclusive Framework on BEPS, OECD/G20 Base Erosion and Profit Shifting Project, OECD
Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/782bac33-en.
pour certains secteurs stratégiques, notamment l’agriculture et les industries manufacturières
hors hydrocarbures. Les entreprises investissant dans des secteurs prioritaires, comme l’agro-
industrie ou les technologies, ont bénéficié de taux réduits pour une période de 5 à 10 ans.
Cela visait à encourager les investissements nationaux et étrangers, tout en stimulant la
diversification économique hors hydrocarbures, essentielle après la chute des prix du pétrole.

Tunisie : Réduction des impôts pour les PME et exonération temporaire (post-crise COVID-
19)
En Tunisie, après les effets de la pandémie sur l'économie, le gouvernement a introduit des
réductions temporaires de l'impôt sur les sociétés pour les petites et moyennes entreprises
(PME) afin de soutenir leur reprise. En 2020 et 2021, une réduction de 10% du taux
d’imposition a été appliquée aux PME opérant dans des secteurs touchés par la crise, comme
le tourisme et les services. En parallèle, une exonération fiscale temporaire de 3 à 5 ans a été
accordée aux nouvelles entreprises dans les régions défavorisées pour encourager la création
d’emplois et la relance économique locale.

Royaume-Uni : Réduction temporaire de l’impôt sur les sociétés au Royaume-Uni (2020-


2021)
En réponse à la crise liée au COVID-19, le gouvernement britannique a temporairement réduit
l’impôt sur les sociétés (Corporate Tax) pour encourager les entreprises à réinvestir et
maintenir leurs opérations. Le taux est passé de 19% à 17% pour soutenir les entreprises dans
la reprise de leurs activités, en particulier les PME durement touchées. Cette mesure a aidé à
préserver l’emploi et à encourager la reprise économique.

2.3. Élargissement de l’assiette fiscale

Définition :
Élargir l’assiette fiscale signifie augmenter le nombre de contribuables ou d’activités
économiques soumises à l’impôt, ou encore élargir les types de revenus imposables. Cela peut
se faire en supprimant des exonérations fiscales, en intégrant de nouvelles formes de revenus
dans l’assiette imposable (comme les revenus numériques), ou en régularisant des secteurs
informels.
Algérie :
L'élargissement de l’assiette fiscale en Algérie s’inscrit dans un effort pour diversifier les
sources de revenus fiscaux, notamment en dehors du secteur des hydrocarbures. Le Code des
Impôts Directs et Taxes Assimilées (CIDTA) inclut régulièrement des réformes visant à
réduire les exonérations fiscales et à intégrer de nouvelles sources de revenus dans l’assiette
fiscale.
Exemple concret : Un exemple d’élargissement de l’assiette fiscale en Algérie serait la
taxation des professions libérales qui étaient, auparavant, moins intégrées dans le système
fiscal, ou encore l’inclusion des revenus provenant des activités liées au secteur numérique ou
informel.

Tunisie :
En Tunisie, des réformes sont également menées pour élargir l’assiette fiscale. L'idée est de
réduire les niches fiscales et d'intégrer davantage de contribuables, notamment ceux du
secteur informel, dans le système fiscal afin d’accroître les recettes de l’État.
Exemple concret : Dans les dernières années, la Tunisie a cherché à intégrer davantage le
secteur informel dans l’assiette fiscale en introduisant des mécanismes simplifiés pour
permettre à ces entreprises de régulariser leur situation. Par ailleurs, les réformes ont aussi
porté sur l’inclusion de nouvelles formes d’activités numériques dans le champ de l’impôt.

Avantages :
 Augmentation des recettes fiscales :
En élargissant l’assiette fiscale, les États peuvent augmenter leurs recettes fiscales sans
nécessairement augmenter les taux d’imposition, ce qui peut aider à combler les déficits
budgétaires.
 Équité fiscale :
Cette mesure vise à réduire les inégalités fiscales en s’assurant que toutes les activités
économiques sont soumises à l’impôt, y compris celles qui échappaient auparavant à la
fiscalité, comme le secteur informel ou certains revenus de capitaux.
 Simplification du système fiscal :
L'élargissement de l’assiette fiscale peut aller de pair avec la suppression de niches fiscales
complexes, ce qui rend le système fiscal plus transparent et plus facile à appliquer.

Inconvénients :
 Risque de mécontentement :
En intégrant de nouveaux secteurs ou de nouvelles activités dans l’assiette fiscale, cela peut
provoquer un mécontentement, notamment dans les secteurs informels qui n'étaient pas
habitués à payer des impôts.
 Charges supplémentaires pour les petites entreprises :
Certaines réformes peuvent pénaliser les petites entreprises ou les entrepreneurs indépendants
qui doivent maintenant se conformer à des obligations fiscales supplémentaires.
 Difficulté de mise en œuvre :
Élargir l'assiette fiscale nécessite souvent des réformes structurelles et une modernisation de
l’administration fiscale, ce qui peut prendre du temps et être coûteux.

Approches pour élargir l’assiette fiscale


a) Numérisation de l'administration fiscale
L'un des moyens les plus efficaces d'élargir l'assiette fiscale est d'intégrer des systèmes
numériques dans la collecte des impôts. Cela permet de faciliter l'enregistrement des
contribuables et d'améliorer la transparence. Par exemple, plusieurs pays ont développé des
plateformes numériques pour la déclaration et le paiement des impôts, ce qui réduit les coûts
administratifs et augmente le taux de conformité des contribuables. En Algérie, des initiatives
telles que le portail fiscal électronique visent à moderniser le système fiscal, rendant le
processus plus accessible et efficace.
b) Éducation fiscale et sensibilisation
La sensibilisation des contribuables sur l'importance du paiement des impôts est cruciale. Des
campagnes d'éducation fiscale peuvent aider à informer les citoyens sur la manière dont leurs
impôts financent les services publics, tels que l'éducation, la santé et l'infrastructure. En
Tunisie, des programmes éducatifs visant à informer les petites entreprises et les travailleurs
informels des bénéfices d'une régularisation de leur statut fiscal peuvent contribuer à une
meilleure intégration de ces secteurs dans le système fiscal8.

c) Renforcement des capacités de l'administration fiscale

8
Lopez,Ramon E.; Thomas,Vinod; Wang,Yan. The effect of fiscal policies on the quality of growth
(English). IEG evaluation brief Washington, D.C. : World Bank
Group. http://documents.worldbank.org/curated/en/222441468341076543/The-effect-of-fiscal-policies-on-the-
quality-of-growth
Investir dans le renforcement des capacités de l'administration fiscale est essentiel pour gérer
efficacement un élargissement de l'assiette. Cela peut inclure la formation du personnel fiscal,
le développement de nouvelles technologies et l'amélioration des systèmes de collecte des
données fiscales. Une administration fiscale compétente peut mieux cibler les secteurs non
déclarés et les incitations à la conformité 9.

Exemples de l’Élargissement de l’assiette fiscale en période de crise

Algérie : Intégration du secteur informel dans le système fiscal (post-crise pétrolière)


En Algérie, la baisse des prix du pétrole en 2014 a mis en lumière la dépendance excessive du
pays aux recettes des hydrocarbures. En réponse, le gouvernement algérien a entrepris des
réformes pour élargir l’assiette fiscale, notamment en cherchant à intégrer le secteur informel,
qui représente une part importante de l’économie. En 2021, après la pandémie, des campagnes
de régularisation ont été lancées pour inciter les petits commerçants et artisans à s'enregistrer
et à payer des impôts, tout en bénéficiant de réductions temporaires pour faciliter leur
intégration. Cette mesure visait à diversifier les sources de revenus de l'État et à réduire sa
dépendance vis-à-vis des hydrocarbures.

Tunisie : Intégration des revenus numériques dans l’assiette fiscale (2021)


En Tunisie, pour compenser les pertes fiscales dues à la crise économique provoquée par la
pandémie de COVID-19, le gouvernement a élargi l'assiette fiscale en intégrant les activités
numériques. En 2021, des réformes ont été introduites pour taxer les plateformes numériques,
notamment celles opérant dans les services de livraison, de commerce électronique, et de
technologies de l'information. Cette réforme a permis de mieux capter une part des revenus
qui n'étaient pas suffisamment pris en compte dans le système fiscal, tout en alignant le cadre
fiscal sur l'évolution de l'économie numérique, qui a pris de l'importance pendant la crise
sanitaire.

Europe : Taxation du secteur numérique en Europe


En réponse à la crise économique due à la pandémie de COVID-19, la France a élargi son
assiette fiscale en intégrant des revenus issus de l'économie numérique. En 2020, la taxe

9
Tobias Koenig, Andreas Wagener, Tax structure and government expenditures with tax equity concerns,
Journal of Economic Behavior & Organization, Volume 90, 2013, Pages 137-153,
https://doi.org/10.1016/j.jebo.2012.04.019.
GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) a été mise en place pour taxer les grandes
entreprises du numérique opérant en France, une source de revenus encore peu fiscalisée
auparavant. Cette mesure a permis à l'État de diversifier ses recettes fiscales tout en répondant
aux nouveaux modèles économiques qui avaient pris de l'ampleur avec la numérisation.

2.4. Incitations fiscales des jeunes promoteurs :

Définition : Les incitations fiscales destinées aux jeunes promoteurs sont des mesures
spécifiques mises en place par les pouvoirs publics pour alléger leur charge fiscale. Elles
visent à soutenir les jeunes créateurs d’entreprise en leur offrant un accompagnement lors des
premières étapes de leurs projets.

Types des incitations fiscales :

1. Exonérations fiscales temporaires :

o Impôt sur les Sociétés (IS) : Exonération totale de l'IS pour les jeunes
entreprises pendant 3 à 5 ans, y compris pour les startups incubées.

o Taxe professionnelle : Exonérations de certaines taxes, comme la TVA et la


taxe locale.

2. Réductions des taux d’imposition :

o Réduction du taux d’IS : Bénéfice d’un taux d’imposition réduit après la


période d’exonération.

o Réduction des cotisations patronales : Allégement des coûts sociaux pour les
employés.

3. Crédits d’impôt :

o Crédit d’impôt à l’investissement : Réduction de l'impôt sur le revenu pour


les investissements réalisés.

o Crédit d’impôt pour R&D : Crédits pour les dépenses en recherche et


développement.

4. Incitations pour les zones prioritaires :


o Incitations fiscales et subventions pour encourager l’établissement
d'entreprises dans des zones de développement prioritaire, avec des périodes
d’exonération prolongées.

Avantages :

Les dispositifs incitatifs, notamment le crédit d'impôt, soutiennent l'entrepreneuriat et


l'innovation en exonérant les jeunes créateurs d'entreprises d'impôts. Ces incitations visent
à alléger leur fardeau fiscal et à promouvoir l'esprit entrepreneurial. De plus, en
encourageant la création et la croissance d'entreprises, ces mesures peuvent générer un retour
sur investissement pour l'État, avec des rentrées fiscales futures supérieures aux pertes
initiales dues aux exonérations.

Inconvénients :

Les exonérations fiscales, telles que celles sur l'impôt sur les sociétés, la TVA et les
cotisations sociales, entraînent une réduction des recettes fiscales pour l'État, ce qui peut
poser problème dans les pays à ressources budgétaires déjà limitées. De plus, ces
incitations peuvent créer des distorsions de concurrence en favorisant certains
entrepreneurs, comme les jeunes, par rapport aux entreprises existantes qui ne
bénéficient pas de ces allègements, provoquant ainsi des tensions dans certains secteurs.

Etude de cas :

Tunisie :

Mesure :
Les exonérations fiscales sont accordées aux start-ups et jeunes entreprises innovantes
durant leurs premières années d'activité. Des avantages fiscaux sont proposés pour
encourager la création de startups. Les crédits d'impôt ont été introduits par la Loi n°
2016-71. Un programme de soutien à l'entrepreneuriat tel l’APII est également en place
pour faciliter la création d'entreprises, améliorer l'accès au financement et réduire la
bureaucratie.
Cadre légal : Période de crise :
Code de l'investissement (2016) : révisé Taux de chômage élevé : notamment chez
pour moderniser le cadre d'investissement et les jeunes diplômés.
attirer des projets. (Art.52, art.49, art.47) Défis exacerbés par la pandémie de COVID-
Startup Act (2018) : offre des avantages 19 : impact sur l'économie et l'emploi.
fiscaux pour encourager la création de
startups innovantes.
Loi n° 2017-8 du 14 février 2017 portant
refonte du dispositif des avantages fiscaux
Loi n° 2016-71 : introduction de crédits
d'impôt. (Art.19)
Loi n° 2023-13 du 11 décembre 2023,
portant loi de finances pour l’année 2024
(art.33)
Loi de Finances 2012 : introduit des
exonérations fiscales pour les nouvelles
entreprises créées par des jeunes.
Loi de Finances 2016 : élargit les mesures
d'incitation pour les startups technologiques.
(Art.13,14 et 15)
Article 49 :
Algérie :

Mesure :
Favoriser l'émergence d'entreprises locales, notamment des exonérations de l'impôt sur
les bénéfices sur trois à cinq ans. En réaction à la crise pétrolière, des incitations fiscales
ont été renforcées pour soutenir l'entrepreneuriat dans les secteurs non pétroliers comme
l'agriculture, le tourisme et l'industrie manufacturière. En 2020, ces mesures ont été
prolongées et élargies, incluant des exonérations d'impôts et de charges sociales et
facilitant l'importation d'équipements
Cadre légal Période de crise
Loi n° 22-18 du 25 Dhou El Hidja 1443 Chute des prix des hydrocarbures (2014-
correspondant au 24 juillet 2022 relative à 2016) : crise économique liée à la baisse
l’investissement (2022) ( Art.27) significative des prix du pétrole.
Décret exécutif n° 96-296 du 8 septembre Pandémie de COVID-19 (2020) : crise
1996 ANSEJ (l'Agence Nationale de Soutien sanitaire exacerbant les difficultés
à l'Emploi des Jeunes) : programme économiques.
soutenant la création d'entreprises locales.
Loi sur la promotion de l’investissement
(Loi n° 16-09 du 3 août 2016)
ANDI (Agence Nationale de
Développement de l’Investissement) :
agence chargée de soutenir les
investissements et les promoteurs.
Loi n° 19-14 du 11 décembre 2019 portant
loi de finances pour 2020 (art.69 )
France :

Mesure :
Des exonérations de charges sociales et des prêts garantis par l'État. De plus, des
subventions et des crédits d'impôt pour la recherche et le développement, visant à
encourager l'innovation.

Cadre légal Période de crise


Loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de Crise économique de 2008-2009 : crise
finances pour 2024 financière globale impactant l'économie
Loi de modernisation de l'économie en 4 française.
Aout 2008 : facilite l'accès au financement Pandémie de COVID-19 (2020) : crise
pour les entreprises. sanitaire entraînant des difficultés
Loi de Finances 2020 : permet l'instauration économiques significatives.
d'un fonds de solidarité et des exonérations
de charges sociales. (Art46)
La Loi de Finances 2009 a introduit des
exonérations d'impôt sur les sociétés et de
cotisations sociales pour les jeunes
entreprises innovantes (JEI)

2.5. Exonérations fiscales sectorielles

Définition : Les exonérations fiscales sectorielles désignent des mesures fiscales spécifiques
qui permettent à certaines industries ou secteurs économiques de bénéficier d’allégements ou
d’exemptions temporaires d’impôts, dans le but de stimuler leur croissance, d’encourager
l’investissement et de soutenir des initiatives stratégiques au sein de l’économie.

Avantages :

Les exonérations fiscales sectorielles stimulent l'investissement en incitant les entreprises à


se concentrer sur des secteurs prioritaires (stratégiques), ce qui favorise la croissance
économique. Elles contribuent également à la création d'emplois et à la réduction du
chômage. En facilitant l'accès à des ressources financières, elles encouragent l'innovation et
soutiennent la recherche et le développement. Enfin, ces exonérations renforcent la
compétitivité des secteurs ciblés sur les marchés national et international.

Inconvénients :

Les exonérations fiscales sectorielles peuvent entraîner une perte de recettes fiscales pour
l'État, nuisant ainsi au financement des services publics. Elles risquent de créer des
distorsions de marché en favorisant des secteurs spécifiques au détriment d'autres, ce
qui fausse la concurrence. De plus, elles peuvent rendre les entreprises dépendantes de ces
aides, limitant leur capacité à développer des modèles d'affaires durables. Enfin, la mise en
œuvre de ces exonérations peut être complexe sur le plan administratif (procédure
administratifs), engendrant des coûts supplémentaires pour l'État.

Etude de cas :

Tunisie :

Mesure :
Exonération de l'impôt sur les sociétés (IS) pendant 5 ans pour les entreprises situées
dans des zones prioritaires ou opérant dans des secteurs stratégiques tels que l'agriculture,
les technologies de l'information et de la communication (TIC) et les énergies
renouvelables. De plus, des exonérations de TVA et de droits de douane sur les
équipements non produits localement.

Cadre légal Période de crise


La loi n°2016-71 du 30 septembre 2016 : Crise économique de 2011 : Suite à la
encourager les investissements dans des Révolution de jasmin, des mesures fiscales
secteurs prioritaires comme l'agriculture, les ont été mises en place pour soutenir
TIC, l'industrie et les énergies l'économie en difficulté.
renouvelables. Elle offre des exonérations
Crise économique post-2016 : Des
fiscales, dont une exonération de l’impôt sur
exonérations fiscales ont été mises en œuvre
les sociétés pendant 5 ans dans les zones
pour encourager l'investissement dans des
prioritaires et des exemptions de TVA et de
secteurs clés.
droits de douane sur les équipements non
produits localement.
Le Code des incitations à l’investissement
modifié en 2021 : renforce ces avantages
pour les secteurs stratégiques.

Algérie :

Mesure :
Les exonérations fiscales incluent une exonération de la TVA sur les biens d'équipement
importés pour les secteurs prioritaires tels que l'agriculture, les énergies renouvelables et
l'industrie. De plus, les entreprises situées dans des zones spécifiques peuvent bénéficier
d'une exonération de l'impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) pendant 3 à 5 ans
Cadre légal Période de crise
La loi n°16-09 du 3 août 2016 sur la Crise pétrolière de 2014 : La chute des prix
promotion de l'investissement en Algérie : du pétrole a entraîné des mesures fiscales
établit des avantages fiscaux, douaniers et pour soutenir des secteurs non pétroliers et
parafiscaux pour les investisseurs, ciblant
des zones géographiques et des secteurs diversifier l'économie.
prioritaires tels que l'agriculture, les énergies
Crise économique de 2020 : En réponse aux
renouvelables et l'industrie. Les mesures
impacts économiques de la pandémie de
incluent l'exonération de la TVA sur les
COVID-19, des exonérations fiscales ont été
équipements importés pour ces secteurs et
instaurées pour aider les entreprises.
l'exonération de l’impôt sur les bénéfices
des sociétés pour 3 à 5 ans dans les zones à
développer.
Le Code des investissements algérien :
complète ces dispositions avec d'autres
avantages pour certaines zones.

France :

Mesure :
Exonération de l'impôt sur les sociétés (IS) pendant 5 à 8 ans pour les entreprises situées
dans des zones franches urbaines (ZFU). Il y a également une exonération de la cotisation
foncière des entreprises (CFE) et de la taxe foncière pour les nouvelles entreprises dans
les zones de revitalisation rurale (ZRR) et les ZFU. De plus, des réductions fiscales sont
accordées aux entreprises opérant dans les pôles de compétitivité
Cadre légal Période de crise
Le Code général des impôts (CGI) : encadre Crise financière de 2008-2009 : Des
les exonérations fiscales pour les zones mesures fiscales ont été adoptées pour
franches urbaines (ZFU), les zones de soutenir l'économie face à la récession
revitalisation rurale (ZRR) et les pôles de mondiale.
compétitivité. Il prévoit des exonérations
Pandémie de COVID-19 (2020) : Le
d’impôt sur les sociétés (IS) pendant 5 à 8
gouvernement a mis en œuvre des
ans pour les entreprises dans les ZFU, ainsi
exonérations fiscales et d'autres aides pour
que des exonérations de cotisation foncière
soutenir les entreprises touchées par la crise
des entreprises (CFE) et de taxe foncière.
sanitaire.
Les lois de finances annuelles : ajustent
régulièrement ces mesures, notamment pour
les secteurs des énergies renouvelables et de
l'innovation.

2.6 Incitations fiscales dans la relance de l’investissement étranger :


Dans un monde globalisé, l'investissement étranger direct (IED) est un moteur essentiel de
croissance économique. Pour stimuler ce type d'investissement, de nombreux pays mettent
en place des incitations fiscales, qui visent à attirer des capitaux étrangers en offrant des
conditions avantageuses. Ces incitations peuvent prendre diverses formes
a) Zones économiques spéciales
Les zones économiques spéciales (ZES) sont des zones géographiques délimitées où les
gouvernements mettent en place des conditions favorables pour attirer les investisseurs étrangers.
Elles offrent plusieurs avantages pour faciliter l’investissement et encourager la croissance
économique :
Régimes fiscaux avantageux : Les entreprises établies dans ces zones bénéficient souvent de
réductions d'impôts ou d'exonérations fiscales. Cela peut inclure une réduction de l'impôt sur les
sociétés, l'exonération de la TVA, des taxes douanières, ou encore des taxes locales. Ces
incitations permettent aux entreprises d'optimiser leurs coûts fiscaux.
Procédures simplifiées : Les ZES proposent des procédures administratives allégées, ce qui
facilite la création d’entreprises, l'obtention de licences et de permis, ainsi que le traitement des
formalités douanières. Cela réduit les délais et les complexités bureaucratiques pour les
investisseurs.
Infrastructures de soutien : Ces zones sont souvent équipées d'infrastructures modernes
comme des ports, des aéroports, des zones industrielles, des réseaux de communication, et des
services logistiques pour soutenir les activités des entreprises. Elles permettent ainsi aux
entreprises d’accéder plus facilement aux ressources et aux marchés internationaux.
Exemple : Une zone franche où les entreprises bénéficient d'une exonération totale de l'impôt sur
les sociétés pendant une période déterminée.
b) Accords de non-double imposition :
Les accords de non double imposition sont des traités signés entre deux pays pour éviter qu'une
entreprise ou un individu ne soit imposé deux fois sur les mêmes revenus.
Voici les principaux aspects des accords de non double imposition :
Éviter la double imposition : Sans ces accords, une entreprise qui réalise des bénéfices dans un
pays étranger pourrait être imposée dans ce pays et également dans son pays d'origine sur les
mêmes revenus. L’accord détermine comment et où ces revenus doivent être taxés, généralement
en accordant un crédit d’impôt ou en exemptant certains revenus d’une double taxation.
Encourager les investissements : En assurant que les entreprises ne paient pas deux fois l’impôt,
ces accords réduisent les charges fiscales globales, ce qui rend les investissements internationaux
plus attractifs. Cela favorise la fluidité des flux de capitaux entre les pays signataires et incite les
entreprises à investir dans des marchés étrangers.
Exemple : Un accord entre deux pays stipulant que les dividendes versés par une filiale étrangère
ne seront imposés qu'une seule fois.

2.6.1 Effets des initiations fiscales :


a) Zones économiques spéciales
Effets positifs : Attirent des investissements grâce à un environnement fiscal favorable et à des
procédures administratives simplifiées, favorisant le développement régional.
Risques : Risque de créer des "zones de non-droit" si la réglementation et la surveillance sont
insuffisantes.
b) Accords de non-double imposition
Effets positifs : Favorisent les investissements transfrontaliers en réduisant la charge fiscale pour
les entreprises, améliorant ainsi la compétitivité internationale.
Risques : La mise en œuvre de ces accords nécessite une coopération internationale constante, et
des changements dans la législation peuvent compliquer leur application.

2.6.2 Etudes de cas :


Cas d’Algérie :
La crise économique en Algérie, provoquée par la chute des prix des hydrocarbures, a créé un
contexte difficile pour l'économie nationale, fortement dépendante des revenus pétroliers. Cette
situation a contraint le pays à repenser sa stratégie de développement et à mettre en place des
réformes pour attirer des investissements étrangers et diversifier son économie. Un exemple
marquant de cette stratégie est le projet de l'usine de ciment de Lafarge, qui s'inscrit dans une
politique incitative visant à soutenir les investissements industriels non liés aux hydrocarbures.

a) Contexte économique
Chute des prix des hydrocarbures : L'Algérie, comme de nombreux pays exportateurs
de pétrole et de gaz, a été gravement touchée par la baisse des prix du baril de pétrole à
partir de 2014. Cela a entraîné une réduction des revenus de l’État et une contraction des
investissements publics, menaçant ainsi l'emploi et la croissance.
Crise économique et nécessité de diversification : Face à cette crise, il est devenu
crucial pour le gouvernement algérien de diversifier ses sources de revenus, en attirant des
investisseurs étrangers dans des secteurs autres que les hydrocarbures, comme l'industrie
manufacturière, l'agriculture, et les infrastructures.
b) Loi n°16-09 du Code des Investissements
Pour encourager ces investissements, le gouvernement a adopté le Code des
Investissements (loi n°16-09 du 3 août 2016). Ce code prévoit divers avantages fiscaux
et financiers pour les entreprises étrangères et nationales qui s’engagent dans des projets
de développement en Algérie.
Les principales mesures incluent des réductions d'impôts sur les sociétés, des
exonérations de taxes douanières sur l'importation de biens d'équipement, ainsi que des
incitations à l’exportation. Ces mesures visent à soutenir la création d’entreprises, à
stimuler la production locale et à réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers.
c) Projet de l’usine de ciment de Lafarge
Dans ce contexte, le groupe Lafarge, leader mondial de l'industrie du ciment, a bénéficié
de ces mesures pour établir une nouvelle usine de ciment en Algérie. Grâce à des
réductions d'impôt sur les sociétés, Lafarge a pu réduire ses coûts d’exploitation, ce qui
a facilité la réalisation du projet malgré la crise économique.
Contribution à l'économie locale : L’usine a non seulement permis de renforcer
l’industrie nationale du ciment, réduisant ainsi la dépendance du pays aux importations de
matériaux de construction, mais elle a également contribué à la création d’emplois. Des
centaines de postes ont été créés directement dans l’usine, ainsi que dans les activités liées
(logistique, maintenance, distribution).
Diversification économique : Le projet Lafarge a joué un rôle clé dans les efforts de
diversification de l’économie algérienne. En encourageant l’investissement industriel, il
contribue à réduire la dépendance de l’Algérie aux exportations d’hydrocarbures, tout en
stimulant des secteurs à plus forte valeur ajoutée.
d) Impact à long terme
Le projet de Lafarge en Algérie illustre comment les politiques incitatives mises en place
dans des périodes de crise peuvent non seulement attirer des investissements étrangers,
mais aussi contribuer au développement durable d'une économie plus diversifiée et
résiliente.
À long terme, ces investissements dans l'industrie du ciment et d'autres secteurs devraient
renforcer la capacité de l’Algérie à surmonter les crises liées aux fluctuations des prix des
hydrocarbures, tout en créant un environnement économique plus stable et plus attractif
pour les investisseurs étrangers.
En somme, le projet de Lafarge est un exemple concret de l'importance des politiques
d'incitations fiscales et de la diversification économique dans un contexte de crise. Grâce
aux mesures du Code des Investissements, l'Algérie a pu attirer un acteur majeur de
l'industrie mondiale et poser les bases d'une croissance économique plus équilibrée et
moins dépendante des ressources naturelles.

Conclusion :
La politique et les incitations fiscales ne sont qu’un des nombreux facteurs pris en compte par
les investisseurs, qui évaluent également la stabilité politique, la disponibilité de la main
d’œuvre qualifiée et la facilité de rapatriement des fonds

Vous aimerez peut-être aussi