Mesures fiscales pour stimuler l'investissement
Mesures fiscales pour stimuler l'investissement
Présenté par :
Plan de travail :
Introduction
Définitions des concepts clés
Mesures fiscales adoptées
Conclusion
Introduction :
“Quelles sont les mesures fiscales susceptibles d'être mises en place pour encourager
l'investissement en période de crise ? “
Cette problématique revêt une importance capitale, car les politiques fiscales influencent
directement les décisions des entreprises et des investisseurs. Ces mesures peuvent prendre
plusieurs formes, notamment des réductions d'impôts, des crédits d'impôt ou la création de
zones franches pour stimuler l'activité économique dans des régions spécifiques.
Il est également essentiel de considérer les mesures sociales qui accompagnent ces
réformes fiscales. Elles visent à protéger les travailleurs et à maintenir la stabilité sociale,
indispensable pour créer un environnement favorable à l'investissement. Ainsi, l’intégration
de mesures fiscales et sociales constitue une approche cohérente et complète pour dynamiser
l’économie en temps de crise.
Une crise est un événement ou une période marquée par des troubles, des
déséquilibres ou des ruptures significatives qui affectent un individu, un groupe ou une
société. Elle se caractérise souvent par une situation de tension qui nécessite une gestion
adéquate pour minimiser ses impacts négatifs.
1
https://www.cnrtl.fr/definition/crise ; consulté le 18/10/2024 à 14:21.
financer les activités de l'État et d'orienter le comportement économique. Ces mesures
peuvent inclure des impôts, des taxes, des exonérations, des déductions, et des crédits d'impôt.
On trouve:
Les mesures fiscales classiques se réfèrent aux dispositifs fiscaux standard qui
s'appliquent de manière générale à tous les contribuables ou à des catégories spécifiques. Ces
mesures incluent les impôts directs, les impôts indirects et les cotisations sociales.
Les mesures fiscales ciblées, en revanche, sont conçues pour inciter des comportements
spécifiques ou soutenir certains secteurs d'activité. Elles incluent crédits d’impôts,
exonérations fiscales et les dépenses fiscales. 3
La loi d'investissement est un cadre juridique qui régit les conditions et les modalités
d'investissement dans un pays. Elle définit les droits et obligations des investisseurs, ainsi que
les régimes d'incitation qui peuvent être offerts pour encourager l'investissement dans divers
secteurs économiques.
2
P.Cliché; “Politique fiscal”; École nationale d'administration publique; 2009; P3.
3
Ibid, P3.
4
Journal Officiel de la République Algérienne, N° 50, 29 Dhou El Hidja 1443 (28 juillet 2022).
Cette loi établit également un cadre juridique clair pour les investissements réalisés par des
personnes physiques ou morales, qu'elles soient résidentes ou non résidentes. Elle garantit la
protection des droits des investisseurs, y compris la non-expropriation sans compensation
équitable.5
Chaque pays dispose de son propre code fiscal qui régit l'ensemble des impôts directs et
indirects.
En Algérie, Le système fiscal est principalement basé sur un cadre déclaratif, il est
régi par un ensemble de lois et de règlements qui définissent les obligations fiscales des
contribuables, les types d'impôts, ainsi que les incitations fiscales destinées à encourager
l'investissement.
Le Code des impôts directs et des taxes assimilées, ainsi que le Code des impôts indirects,
sont les textes de référence.
En Tunisie, Le système fiscal est également structuré autour d'un ensemble d'impôts
directs et indirects. Le code des impôts en Tunisie est un ensemble de lois et de
réglementations qui régissent la fiscalité des personnes physiques et morales. Il est conçu pour
établir un cadre juridique clair et incitatif pour les investisseurs tout en générant des recettes
pour l'État.
Mécanisme
L'abaissement de la pression fiscale désigne la réduction globale de la charge fiscale sur les
contribuables, mesurée par le rapport entre les recettes fiscales et le produit intérieur brut (PIB). Cela
peut impliquer des baisses de taux d'imposition ou la suppression de certaines taxes.
Avantages
5
Loi n° 2016-71 du 30 septembre 2016, portant loi de l’investissement. Journal Officiel de la République
Tunisienne, N° 82, 7 octobre 2016, pp. 3083-3089.
Augmentation de la compétitivité : Une fiscalité allégée peut rendre un pays plus attractif
pour les investisseurs étrangers.
Inconvénients
Perte de recettes fiscales : Une réduction significative de la pression fiscale peut entraîner
une baisse des revenus de l'État.
Inégalités potentielles : Les grandes entreprises pourraient bénéficier davantage que les PME
si les mesures ne sont pas bien ciblées.
Exemple en Algérie : Le gouvernement Algérien a mis en place des mesures pour retarder le
paiement des impôts dus pendant la crise COVID-19. Par exemple, le délai de paiement du premier
acompte provisionnel pour l'impôt sur le revenu global (IRG) et l'impôt sur les bénéfices des sociétés
(IBS) a été prorogé jusqu'au 20 juin 2020, permettant ainsi d'alléger temporairement la pression fiscale
sur les entreprises.
Tunisie :
En Tunisie, la Loi sur l'investissement et le Code des impôts tunisiens incluent également des
incitations fiscales sous forme de réductions d’impôts. L’objectif est d'encourager
l’investissement étranger, en particulier dans les secteurs technologiques et innovants.
Exemple concret : Le Code d’incitation aux investissements (CII) tunisien offre des avantages
fiscaux comme une réduction de 10% du taux de l'impôt sur les sociétés pour les entreprises
qui investissent dans les secteurs exportateurs ou technologiques, comme les industries de
haute technologie ou les services financiers offshore. Il y a aussi des exemptions fiscales pour
les nouvelles entreprises pendant les cinq premières années de leur activité.
Avantages :
Attraction des investisseurs : Les taux réduits peuvent attirer des entreprises étrangères et
stimuler l’investissement national, en particulier dans des secteurs stratégiques ou sous-
développés.
Relance de l'économie : En réduisant le fardeau fiscal des entreprises, les gouvernements
espèrent que ces entreprises réinvestissent leurs économies dans la production,
l’innovation, et la création d'emplois.
Concurrence fiscale internationale : Une fiscalité avantageuse permet à un pays d'être
plus compétitif face à d'autres nations pour attirer des investissements directs étrangers
(IDE).
Inconvénients :
Perte de recettes fiscales à court terme : En réduisant les taux d'imposition, l’État peut
voir ses recettes fiscales diminuer, ce qui pourrait affecter sa capacité à financer des
services publics ou des infrastructures.
Injustice fiscale potentielle : Les taux réduits pour certains secteurs ou entreprises peuvent
être perçus comme injustes, créant une inégalité avec d'autres secteurs ou des petites
entreprises qui ne bénéficient pas des mêmes avantages.
Approches pour la réduction des taux d’imposition
a) Taux d'imposition différenciés
Une stratégie efficace consiste à mettre en place des taux d'imposition différenciés selon les
secteurs d'activité. Par exemple, un taux réduit pour les start-ups ou les entreprises innovantes
peut encourager l'entrepreneuriat et l'innovation. La Tunisie, par exemple, applique un taux
réduit pour les entreprises qui investissent dans des secteurs stratégiques comme les
technologies de l'information6. Cela peut également s'étendre à des zones économiques
spéciales où les taux d'imposition sont temporairement réduits pour attirer des
investissements.
Algérie : Réduction de l'impôt sur les bénéfices des sociétés pour les secteurs stratégiques
(post-crise COVID-19)
En Algérie, pour soutenir la reprise économique après la crise de la COVID-19, le
gouvernement a mis en place des réductions de l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS)
6
https://www.tunisieindustrie.nat.tn/fr/doc.asp?mcat=12&mrub=212 [consulté le 17/10/2024 à 10.30]
7
OECD (2021), Tax Challenges Arising from Digitalisation of the Economy – Global Anti-Base Erosion Model
Rules (Pillar Two): Inclusive Framework on BEPS, OECD/G20 Base Erosion and Profit Shifting Project, OECD
Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/782bac33-en.
pour certains secteurs stratégiques, notamment l’agriculture et les industries manufacturières
hors hydrocarbures. Les entreprises investissant dans des secteurs prioritaires, comme l’agro-
industrie ou les technologies, ont bénéficié de taux réduits pour une période de 5 à 10 ans.
Cela visait à encourager les investissements nationaux et étrangers, tout en stimulant la
diversification économique hors hydrocarbures, essentielle après la chute des prix du pétrole.
Tunisie : Réduction des impôts pour les PME et exonération temporaire (post-crise COVID-
19)
En Tunisie, après les effets de la pandémie sur l'économie, le gouvernement a introduit des
réductions temporaires de l'impôt sur les sociétés pour les petites et moyennes entreprises
(PME) afin de soutenir leur reprise. En 2020 et 2021, une réduction de 10% du taux
d’imposition a été appliquée aux PME opérant dans des secteurs touchés par la crise, comme
le tourisme et les services. En parallèle, une exonération fiscale temporaire de 3 à 5 ans a été
accordée aux nouvelles entreprises dans les régions défavorisées pour encourager la création
d’emplois et la relance économique locale.
Définition :
Élargir l’assiette fiscale signifie augmenter le nombre de contribuables ou d’activités
économiques soumises à l’impôt, ou encore élargir les types de revenus imposables. Cela peut
se faire en supprimant des exonérations fiscales, en intégrant de nouvelles formes de revenus
dans l’assiette imposable (comme les revenus numériques), ou en régularisant des secteurs
informels.
Algérie :
L'élargissement de l’assiette fiscale en Algérie s’inscrit dans un effort pour diversifier les
sources de revenus fiscaux, notamment en dehors du secteur des hydrocarbures. Le Code des
Impôts Directs et Taxes Assimilées (CIDTA) inclut régulièrement des réformes visant à
réduire les exonérations fiscales et à intégrer de nouvelles sources de revenus dans l’assiette
fiscale.
Exemple concret : Un exemple d’élargissement de l’assiette fiscale en Algérie serait la
taxation des professions libérales qui étaient, auparavant, moins intégrées dans le système
fiscal, ou encore l’inclusion des revenus provenant des activités liées au secteur numérique ou
informel.
Tunisie :
En Tunisie, des réformes sont également menées pour élargir l’assiette fiscale. L'idée est de
réduire les niches fiscales et d'intégrer davantage de contribuables, notamment ceux du
secteur informel, dans le système fiscal afin d’accroître les recettes de l’État.
Exemple concret : Dans les dernières années, la Tunisie a cherché à intégrer davantage le
secteur informel dans l’assiette fiscale en introduisant des mécanismes simplifiés pour
permettre à ces entreprises de régulariser leur situation. Par ailleurs, les réformes ont aussi
porté sur l’inclusion de nouvelles formes d’activités numériques dans le champ de l’impôt.
Avantages :
Augmentation des recettes fiscales :
En élargissant l’assiette fiscale, les États peuvent augmenter leurs recettes fiscales sans
nécessairement augmenter les taux d’imposition, ce qui peut aider à combler les déficits
budgétaires.
Équité fiscale :
Cette mesure vise à réduire les inégalités fiscales en s’assurant que toutes les activités
économiques sont soumises à l’impôt, y compris celles qui échappaient auparavant à la
fiscalité, comme le secteur informel ou certains revenus de capitaux.
Simplification du système fiscal :
L'élargissement de l’assiette fiscale peut aller de pair avec la suppression de niches fiscales
complexes, ce qui rend le système fiscal plus transparent et plus facile à appliquer.
Inconvénients :
Risque de mécontentement :
En intégrant de nouveaux secteurs ou de nouvelles activités dans l’assiette fiscale, cela peut
provoquer un mécontentement, notamment dans les secteurs informels qui n'étaient pas
habitués à payer des impôts.
Charges supplémentaires pour les petites entreprises :
Certaines réformes peuvent pénaliser les petites entreprises ou les entrepreneurs indépendants
qui doivent maintenant se conformer à des obligations fiscales supplémentaires.
Difficulté de mise en œuvre :
Élargir l'assiette fiscale nécessite souvent des réformes structurelles et une modernisation de
l’administration fiscale, ce qui peut prendre du temps et être coûteux.
8
Lopez,Ramon E.; Thomas,Vinod; Wang,Yan. The effect of fiscal policies on the quality of growth
(English). IEG evaluation brief Washington, D.C. : World Bank
Group. http://documents.worldbank.org/curated/en/222441468341076543/The-effect-of-fiscal-policies-on-the-
quality-of-growth
Investir dans le renforcement des capacités de l'administration fiscale est essentiel pour gérer
efficacement un élargissement de l'assiette. Cela peut inclure la formation du personnel fiscal,
le développement de nouvelles technologies et l'amélioration des systèmes de collecte des
données fiscales. Une administration fiscale compétente peut mieux cibler les secteurs non
déclarés et les incitations à la conformité 9.
9
Tobias Koenig, Andreas Wagener, Tax structure and government expenditures with tax equity concerns,
Journal of Economic Behavior & Organization, Volume 90, 2013, Pages 137-153,
https://doi.org/10.1016/j.jebo.2012.04.019.
GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) a été mise en place pour taxer les grandes
entreprises du numérique opérant en France, une source de revenus encore peu fiscalisée
auparavant. Cette mesure a permis à l'État de diversifier ses recettes fiscales tout en répondant
aux nouveaux modèles économiques qui avaient pris de l'ampleur avec la numérisation.
Définition : Les incitations fiscales destinées aux jeunes promoteurs sont des mesures
spécifiques mises en place par les pouvoirs publics pour alléger leur charge fiscale. Elles
visent à soutenir les jeunes créateurs d’entreprise en leur offrant un accompagnement lors des
premières étapes de leurs projets.
o Impôt sur les Sociétés (IS) : Exonération totale de l'IS pour les jeunes
entreprises pendant 3 à 5 ans, y compris pour les startups incubées.
o Réduction des cotisations patronales : Allégement des coûts sociaux pour les
employés.
3. Crédits d’impôt :
Avantages :
Inconvénients :
Les exonérations fiscales, telles que celles sur l'impôt sur les sociétés, la TVA et les
cotisations sociales, entraînent une réduction des recettes fiscales pour l'État, ce qui peut
poser problème dans les pays à ressources budgétaires déjà limitées. De plus, ces
incitations peuvent créer des distorsions de concurrence en favorisant certains
entrepreneurs, comme les jeunes, par rapport aux entreprises existantes qui ne
bénéficient pas de ces allègements, provoquant ainsi des tensions dans certains secteurs.
Etude de cas :
Tunisie :
Mesure :
Les exonérations fiscales sont accordées aux start-ups et jeunes entreprises innovantes
durant leurs premières années d'activité. Des avantages fiscaux sont proposés pour
encourager la création de startups. Les crédits d'impôt ont été introduits par la Loi n°
2016-71. Un programme de soutien à l'entrepreneuriat tel l’APII est également en place
pour faciliter la création d'entreprises, améliorer l'accès au financement et réduire la
bureaucratie.
Cadre légal : Période de crise :
Code de l'investissement (2016) : révisé Taux de chômage élevé : notamment chez
pour moderniser le cadre d'investissement et les jeunes diplômés.
attirer des projets. (Art.52, art.49, art.47) Défis exacerbés par la pandémie de COVID-
Startup Act (2018) : offre des avantages 19 : impact sur l'économie et l'emploi.
fiscaux pour encourager la création de
startups innovantes.
Loi n° 2017-8 du 14 février 2017 portant
refonte du dispositif des avantages fiscaux
Loi n° 2016-71 : introduction de crédits
d'impôt. (Art.19)
Loi n° 2023-13 du 11 décembre 2023,
portant loi de finances pour l’année 2024
(art.33)
Loi de Finances 2012 : introduit des
exonérations fiscales pour les nouvelles
entreprises créées par des jeunes.
Loi de Finances 2016 : élargit les mesures
d'incitation pour les startups technologiques.
(Art.13,14 et 15)
Article 49 :
Algérie :
Mesure :
Favoriser l'émergence d'entreprises locales, notamment des exonérations de l'impôt sur
les bénéfices sur trois à cinq ans. En réaction à la crise pétrolière, des incitations fiscales
ont été renforcées pour soutenir l'entrepreneuriat dans les secteurs non pétroliers comme
l'agriculture, le tourisme et l'industrie manufacturière. En 2020, ces mesures ont été
prolongées et élargies, incluant des exonérations d'impôts et de charges sociales et
facilitant l'importation d'équipements
Cadre légal Période de crise
Loi n° 22-18 du 25 Dhou El Hidja 1443 Chute des prix des hydrocarbures (2014-
correspondant au 24 juillet 2022 relative à 2016) : crise économique liée à la baisse
l’investissement (2022) ( Art.27) significative des prix du pétrole.
Décret exécutif n° 96-296 du 8 septembre Pandémie de COVID-19 (2020) : crise
1996 ANSEJ (l'Agence Nationale de Soutien sanitaire exacerbant les difficultés
à l'Emploi des Jeunes) : programme économiques.
soutenant la création d'entreprises locales.
Loi sur la promotion de l’investissement
(Loi n° 16-09 du 3 août 2016)
ANDI (Agence Nationale de
Développement de l’Investissement) :
agence chargée de soutenir les
investissements et les promoteurs.
Loi n° 19-14 du 11 décembre 2019 portant
loi de finances pour 2020 (art.69 )
France :
Mesure :
Des exonérations de charges sociales et des prêts garantis par l'État. De plus, des
subventions et des crédits d'impôt pour la recherche et le développement, visant à
encourager l'innovation.
Définition : Les exonérations fiscales sectorielles désignent des mesures fiscales spécifiques
qui permettent à certaines industries ou secteurs économiques de bénéficier d’allégements ou
d’exemptions temporaires d’impôts, dans le but de stimuler leur croissance, d’encourager
l’investissement et de soutenir des initiatives stratégiques au sein de l’économie.
Avantages :
Inconvénients :
Les exonérations fiscales sectorielles peuvent entraîner une perte de recettes fiscales pour
l'État, nuisant ainsi au financement des services publics. Elles risquent de créer des
distorsions de marché en favorisant des secteurs spécifiques au détriment d'autres, ce
qui fausse la concurrence. De plus, elles peuvent rendre les entreprises dépendantes de ces
aides, limitant leur capacité à développer des modèles d'affaires durables. Enfin, la mise en
œuvre de ces exonérations peut être complexe sur le plan administratif (procédure
administratifs), engendrant des coûts supplémentaires pour l'État.
Etude de cas :
Tunisie :
Mesure :
Exonération de l'impôt sur les sociétés (IS) pendant 5 ans pour les entreprises situées
dans des zones prioritaires ou opérant dans des secteurs stratégiques tels que l'agriculture,
les technologies de l'information et de la communication (TIC) et les énergies
renouvelables. De plus, des exonérations de TVA et de droits de douane sur les
équipements non produits localement.
Algérie :
Mesure :
Les exonérations fiscales incluent une exonération de la TVA sur les biens d'équipement
importés pour les secteurs prioritaires tels que l'agriculture, les énergies renouvelables et
l'industrie. De plus, les entreprises situées dans des zones spécifiques peuvent bénéficier
d'une exonération de l'impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) pendant 3 à 5 ans
Cadre légal Période de crise
La loi n°16-09 du 3 août 2016 sur la Crise pétrolière de 2014 : La chute des prix
promotion de l'investissement en Algérie : du pétrole a entraîné des mesures fiscales
établit des avantages fiscaux, douaniers et pour soutenir des secteurs non pétroliers et
parafiscaux pour les investisseurs, ciblant
des zones géographiques et des secteurs diversifier l'économie.
prioritaires tels que l'agriculture, les énergies
Crise économique de 2020 : En réponse aux
renouvelables et l'industrie. Les mesures
impacts économiques de la pandémie de
incluent l'exonération de la TVA sur les
COVID-19, des exonérations fiscales ont été
équipements importés pour ces secteurs et
instaurées pour aider les entreprises.
l'exonération de l’impôt sur les bénéfices
des sociétés pour 3 à 5 ans dans les zones à
développer.
Le Code des investissements algérien :
complète ces dispositions avec d'autres
avantages pour certaines zones.
France :
Mesure :
Exonération de l'impôt sur les sociétés (IS) pendant 5 à 8 ans pour les entreprises situées
dans des zones franches urbaines (ZFU). Il y a également une exonération de la cotisation
foncière des entreprises (CFE) et de la taxe foncière pour les nouvelles entreprises dans
les zones de revitalisation rurale (ZRR) et les ZFU. De plus, des réductions fiscales sont
accordées aux entreprises opérant dans les pôles de compétitivité
Cadre légal Période de crise
Le Code général des impôts (CGI) : encadre Crise financière de 2008-2009 : Des
les exonérations fiscales pour les zones mesures fiscales ont été adoptées pour
franches urbaines (ZFU), les zones de soutenir l'économie face à la récession
revitalisation rurale (ZRR) et les pôles de mondiale.
compétitivité. Il prévoit des exonérations
Pandémie de COVID-19 (2020) : Le
d’impôt sur les sociétés (IS) pendant 5 à 8
gouvernement a mis en œuvre des
ans pour les entreprises dans les ZFU, ainsi
exonérations fiscales et d'autres aides pour
que des exonérations de cotisation foncière
soutenir les entreprises touchées par la crise
des entreprises (CFE) et de taxe foncière.
sanitaire.
Les lois de finances annuelles : ajustent
régulièrement ces mesures, notamment pour
les secteurs des énergies renouvelables et de
l'innovation.
a) Contexte économique
Chute des prix des hydrocarbures : L'Algérie, comme de nombreux pays exportateurs
de pétrole et de gaz, a été gravement touchée par la baisse des prix du baril de pétrole à
partir de 2014. Cela a entraîné une réduction des revenus de l’État et une contraction des
investissements publics, menaçant ainsi l'emploi et la croissance.
Crise économique et nécessité de diversification : Face à cette crise, il est devenu
crucial pour le gouvernement algérien de diversifier ses sources de revenus, en attirant des
investisseurs étrangers dans des secteurs autres que les hydrocarbures, comme l'industrie
manufacturière, l'agriculture, et les infrastructures.
b) Loi n°16-09 du Code des Investissements
Pour encourager ces investissements, le gouvernement a adopté le Code des
Investissements (loi n°16-09 du 3 août 2016). Ce code prévoit divers avantages fiscaux
et financiers pour les entreprises étrangères et nationales qui s’engagent dans des projets
de développement en Algérie.
Les principales mesures incluent des réductions d'impôts sur les sociétés, des
exonérations de taxes douanières sur l'importation de biens d'équipement, ainsi que des
incitations à l’exportation. Ces mesures visent à soutenir la création d’entreprises, à
stimuler la production locale et à réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers.
c) Projet de l’usine de ciment de Lafarge
Dans ce contexte, le groupe Lafarge, leader mondial de l'industrie du ciment, a bénéficié
de ces mesures pour établir une nouvelle usine de ciment en Algérie. Grâce à des
réductions d'impôt sur les sociétés, Lafarge a pu réduire ses coûts d’exploitation, ce qui
a facilité la réalisation du projet malgré la crise économique.
Contribution à l'économie locale : L’usine a non seulement permis de renforcer
l’industrie nationale du ciment, réduisant ainsi la dépendance du pays aux importations de
matériaux de construction, mais elle a également contribué à la création d’emplois. Des
centaines de postes ont été créés directement dans l’usine, ainsi que dans les activités liées
(logistique, maintenance, distribution).
Diversification économique : Le projet Lafarge a joué un rôle clé dans les efforts de
diversification de l’économie algérienne. En encourageant l’investissement industriel, il
contribue à réduire la dépendance de l’Algérie aux exportations d’hydrocarbures, tout en
stimulant des secteurs à plus forte valeur ajoutée.
d) Impact à long terme
Le projet de Lafarge en Algérie illustre comment les politiques incitatives mises en place
dans des périodes de crise peuvent non seulement attirer des investissements étrangers,
mais aussi contribuer au développement durable d'une économie plus diversifiée et
résiliente.
À long terme, ces investissements dans l'industrie du ciment et d'autres secteurs devraient
renforcer la capacité de l’Algérie à surmonter les crises liées aux fluctuations des prix des
hydrocarbures, tout en créant un environnement économique plus stable et plus attractif
pour les investisseurs étrangers.
En somme, le projet de Lafarge est un exemple concret de l'importance des politiques
d'incitations fiscales et de la diversification économique dans un contexte de crise. Grâce
aux mesures du Code des Investissements, l'Algérie a pu attirer un acteur majeur de
l'industrie mondiale et poser les bases d'une croissance économique plus équilibrée et
moins dépendante des ressources naturelles.
Conclusion :
La politique et les incitations fiscales ne sont qu’un des nombreux facteurs pris en compte par
les investisseurs, qui évaluent également la stabilité politique, la disponibilité de la main
d’œuvre qualifiée et la facilité de rapatriement des fonds