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MES FORET

Parcours : la nature, la poésie, l’intime

Intro :

*Contexte→ La pandémie du Covid 19, l’auteure se confine


dans sa maison au milieu de la forêt québecoise.
*Auteur→ Hélène Dorion, auteure contemporaine, canadienne
et québecoise née en 1958. HD a commencé par faire des
études de philosophie. Elle s’est intéressée entre autres à
Albert
*Oeuvre→ « Mes Forêts » est un recueil de poèmes, il en
contient 59 plus ou moins long en vers libres, se basant sur les
thèmes de la nature, et de la place de celle-ci dans une société
qui se modernise.

•La poésie est l’art d’exprimer les émotions, rêves et


sentiments et pensées, ce genre s’impose dès le Moyen-Age en
tant qu’un des genres littéraires les plus prestigieux,
représentant la nature symboliquement et allégoriquement. Au
fil du temps la poésie se révolutionne, notamment au 19eme
siècle grâce à des poètes tel que Arthur Rimbaud ou Baudelaire
qui ont transgressé les codes de la poésie traditionnelle en
écrivant des poèmes en prose et dans rimes. Le sujet de la
nature et du monde qui entoure les poète est de plus en plus
présent dans leurs écrits. Il s’agit d’un des thèmes principaux
du recueil « Mes Forêts » écrit par Hélène Dorion en 2021 dans
un contexte de pandémie mondiale du covid 19, qui a permis à
l’auteure d'utiliser la nature qui l'entoure pour illustrer son
paysage intérieur et intime.

STRUCTURE DE L’OEUVRE :
4 parties :
1) « L’écorce incertaine » : 23 poèmes : explore en détail la
composition des arbres de la fôret dans laquelle évolue la
poétesse. Au terme de cette promenade, après avoir réfléchit
sur la place de l’homme et des animaux dans cette végétation,
elle se retrouve prise dans les quatres éléments : l’eau, la terre,
le vent, le feu.

2) « Une chute de galets » : long poème sur 6 pages : après


une exploration visuelle de la forêt, c’est maintenant une
exploration spirituelle qui s’engage, puisque le « je » écoute le
temps s’échapper « C’est le bruit du monde, l ‘écoulement du
temps ».

3) « L’onde du chaos » : 30 poèmes : plus longue partie du


recueil, il s’agit de dresser la liste de ce qui menace le monde.
Pour HD, il y a 2 dangers principaux : la violence des humains
qui se manifeste à travers la guerre , les famines, ect… et la
surinformation que provoque l’omniprésence des écrans, de la
technologie. Il y a tout lieu de s’interroger sur la place de la
poésie dans ce monde où « chutent nos poèmes ». Contre
toute attente, Dorion ne désespère pas et affirme que le monde
est réparable.

4) « Le bruissement du temps » : 3 longs poèmes : « avant


l’aube », « avant l’horizon », « avant la nuit » : Les 3 poèmes
sont organisés autour de l’adverbe « avant ». L’objet de cette
section est d’imaginer un monde possible et souhaitable pour
demain. A partir d’une histoire de l’humanité, HD propose une
renaissance qui s’inspire de la Génése biblique. A cette histoire
histoire du monde s’intègrent des souvenirs personnels de
l’autrice.

LES THEMES PRINCIPAUX :


→La nature : La forêt et les éléments naturels sont
omniprésents, servant de métaphores et de cadre pour
l’exploration intérieur.
→La mémoire et le temps : La réflexion sur le passé, les
souvenirs et la temporalité est centrale, cycle : saisons.
→L’identité et la quête de soi : Le recueil explore la recherche
de l’identité et la compréhension de soi à travers le dialogue
avec la nature.
→La réparation : La déchirure, la faille, ou la plaie sont des
images omniprésentes dans « Mes Forêts » = concrét : nature
détruit par humain. Métaphorique : réparation de elle même, ce
qu’elle porte en elle. → se répondent , recueil = trouver moyen
de réparer cette blessure, cette faille.
→La technologie : expose critique de la société de
consommation et de production, explique que la dominance de
la technologie nous amène à agir en détriment de la nature.
Poésie de HD = poésie engagé qui pousse son lecteur à la
réflexion.
→Intimité et relation : les liens entre les individus et les
intéractions humaines sont examinés avec sensibilité.
•« Mes Forêts » d’HD se révèle être une œuvre riche et
introspective ou la nature devient le miroir de l’âme humaine et
un espace de méditation profonde. Ainsi « Mes Forêts » ne se
contente pas de célébrer la beauté de la nature mais nous
pousse également à une réflexion urgente est nécessaire sur
notre responsabilité collective envers la planète.

FACE A DE LA POESIE ?
→La forme d’écriture : Hélène Dorion adopte une poésie
moderne sans rimes et en vers libres ; Seul le premier mot du
poème comporte une majuscule ( pas au début de chaque
vers). La langue est proche de la prose (écriture prosaique).
Mais travail sur l’espace de la age avec des strophes de
longueurs variées, des mises en retrait de certaines strophes
(long poème de la scetion « Une chute de galets », et des
espaces à l’intérieur du vers (« capturent l’ombre capturent
l’éclat »). Les poèmes n’ont pas tous de titre. Dans la 1 ère
section (« L’écorce incertaine ») le titre fait parfois également
office de 1er vers puisqu’il peut constituer le sujet du verbe qui
suit (ex : Les racines/ fendent le sol/ comme des éclairs »).
→La musique des mots :
•Le lyrisme : Il s'agit d'un genre poétique qui a pour objet
l'expression (parfois exaltée comme chez les romantiques) des
sentiments. Les thèmes essentiels abordés sont l'amour, la
mort, le temps qui passe,... On peut trouver du registre lyrique
dans d'autres genres que la poésie. Le lyrisme renvoie
étymologiquement à la lyre, l'instrument d'Orphée dans la
mythologie grecque. La poésie lyrique est donc à l'origine une
poésie en musique. Mes forêts, une poésie de l'intime : C'est
une poésie centrée sur la personne de la poète :
-avec prédominance du pronom personnel « je » et du
déterminant possessif « mon/mes».
-avec importance de la vue « jai ouvert les yeux »
-avec importance l’ouie « j’écoute un chant de vague qui
chutent : à l’horizon.
-avec l’importance de verbes de déplacement : « je marche :
aussi d’un pas qui repose à l’infini ».
Cet intime peut s'élargir au « nous » du genre humain dans une
perspective de destruction
Une poésie dans laquelle la poète exprime peu de choses
personnelles (et donc bien éloignée du lyrisme)
il y a peu d'éléments biographiques
quelques discrètes évocations amoureuses (bien
éloignées des longs poèmes enflammés de Lamartine) : «
alors que je rêve / vers toi mon corps s'enroule / frêles
pétales / au bout de la nuit des mots / frémissent comme /
ces brumes inapaisées / encerclent nos silences » (p77)
on trouve peu de verbes de sentiments : « comme un
petit bruit / au fond de l'âme / ce que l'on tait / les pierres
le portent (c'est une poésie pudique dans laquelle la poète
ne s'attarde pas sur ses sentiments)
Mais qui se veut une musique
avec les répétitions des poèmes « Mes forêts sont... » (et
en même temps qui sont des variations à la manière de la
musique)
avec les assonances et les allitérations « mère/père »
avec l'utilisation du champ lexical de la musique : « les
notes / lumineuses d'une feuille » (p89), « le chant / de
fêlure et de désir » (p61) « comme des archets » (p87).
Forêts et musique sont intimement mêlées. Tout se passe
comme si la nature produisait une musique qui lui est propre.

REPRESENTATION DE L’ESPACE DES FORETS DANS LE RECUEIL :


→Nature comme lieu : Forêt = arbres, hyperonyme précisé à
travers les différents éléments qui constituent l ‘arbre : « le
tronc » , « le mur de bois », « les colonnes », « la branche »,
« les brindilles », « les feuilles », « l’écorce », « la cime »… réf
omniprésente surtout 1ère section recueil.
→Les forêts dans leur environnement : Environnement nous
tirent vers le bas, « l’humus », « la mousse », « l’ile », « le
sentier », « le rocher », en opposition on a mouvement
d’élévation dans tt autres sections, « l’horizon », « les
nuages », « le ciel », « les étoiles ». Les forêts s’insèrent dans
un vaste cosmos. Peuplés par des bêtes, ells vivent en
association avec les éléments naturels : l’eau du « ruisseaux »
et du « fleuve » qui sont en bas, celle de la « pluie » et de
« l’orage » qui vient du haut, « le vent ».
→Les forêts dans le temps : Les forêts ne sont pas immobiles,
mais en mouvement et en perpétuelle transformation , ce
mouvement est à la fois le mouvement des jours et des nuits et
celui des saisons (« l’hiver », « l’automne », « les saisons »).
C’est « l’écoulement du temps » (répété 7 fois). Ce mouvement
vient inscrire les forêts dans un cycle naturel de vie et de mort
« mes forêts sont un champs silencieux/ de naissances et de
morts ».

→Une fragilité naturelle : Due à l’orage, la pluie, vent, feu, qui


s’attaquent à a forêt « un désordre qui blessent les vent »,
« l’orage à venir », « les flèches de pluie », « on dirait une bête
prête à tout dévorer ». Fragilité exprimé à travers l’oxymore
« l’écorce incertaine » (censé être dure), à travers « l’écorce
blessée » et de nombreux verbes « s’effrite », « fendillent »,
« craquelle », « vacillent ».
→Fragilité lié à l’être humain : liée à notre mode de vie, celui de
la société de consommation . D’abord sonore « sirènes
klaxons alarmes[…] titamarre », il sont « le bruit du monde »,
prennent forme dans 3ème section « L’onde du chaos ». C’est
le monde dans lequel nous vivons constitué de « saisons
décousues », dans lequel « il fait un temps de verre éclaté/
d’écrans morts de nord perdu/ un temps de pourquoi de
comment ». Humain est perdue le nord. Mots spécifiques de
notre société technologique : « écrans »,
« facebookinstagramtwitter », « toile », « ère numérique »,
dénoncent l’absurdité de notre monde auquel s’oppose le
monde des forêts.
FORET COMME METAPHORE :
→Des Forêts en mouvement : Dorion aide a concevoir le
mouvement des forêts comme mouvement de nos vies=
mouvement cyclique. Mouvement civilisation (dernière section
recueil), « avant l’aube » décrit la Création = référence Génèse
biblique, mythes grecs puis plus récente avec Einstein. « avant
l’horizon » s’intéresse au destin de l’humanité (constitution de
la famille, invention de l’art, début des violences et de
l’oppression, soumission de la Terre à notre bon vouloir,
invention écriture) . « Avant la nuit » évoque notre civilisation
contemporaine avec des références autobiographiques (la rue
Summerside et l’hôpital du Saint-Sacrement se trouvent au
Québec, les peurs enfantines…) mais très vite elargissement
pour aboutir à nouveau à l’humanité (« l’anthropocène » =
avènement de l’humanité avec ses différents ages, les « tours
blessées » du 11 septembre). Nombreuses références
culturelles (« la terre est bleu comme une orange » un vers de
d’Eluard, Dante et Zanzotto sont des poètes, Hopkins et
Cézanne sont des peintres…). Tt s’achève dans un élan
d ‘espoir mesuré « on a trébuché/rebondi puis chuté de
nouveau ». Elles invitent au voyage « les mats de nos voyages
immobiles »(voyage intérieur) et « portent le poids de la mer »,
on a une symbiose des différents éléments (terre et eau).
→Les forêts fragiles : Elles sont « failles », « brèches »,
« fissures », la fragilité devient métaphore de nos fragilités
humaines. Fragilités à la fois intérieures, personnelles : « la
forêt disperse/ nos fatigues/ masques et failles/ de os
illusions », « il fait un temps de foudre et de lambeaux/
d’arbres abattus/ au-dedans de soi ». Fragilités aussi
communes à toutes l’humanité « guerres famines tristes
duretés/ c’est seulement l’hiver/ sur l’écran d’aujourd’hui ».
→Les forêts comme lieu d’apprentissage : Elles nous ouvre aux
émotions et aux sensations, Dans « Une chute de galets »
(poème de la sélection) répétition de « écoute » . On nous
invite à nous mettre à l’écoute de l’appel de la forêt dans un
phénomène de mélange des sens « écoute / la lumière »,
« écoute/ le chemin », « écoute/l’instant fragile et pur ». Lieux
de mémoires et souvenirs « et nos corps/ plus chancelant que
la terre/ ne reconnaissent plus/ la mémoire d’un arbre ». Elle
nous invite également à nous intrerroger sur nos origines et ce
vers ou nous cheminons

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