Analyse des Régimes Transitoires Électriques
Analyse des Régimes Transitoires Électriques
II.1 Introduction :
Dans l’analyse d’un système électrique ou physique, une distinction est faite entre le régime
permanent et le régime transitoire ou dynamique [08], [09].
Un système électrique est dit être en régime permanent, lorsque les variables qui décrivent son comportement
(tension, courant, etc..), sont soit invariables dans le temps (circuit DC) ou des fonctions périodiques du temps
(circuit AC). Un système électrique est dit en régime transitoire quand les variables changent ou varient de
manière non périodique.
Le régime transitoire disparait dans le temps et un nouvel état d’équilibre apparait. Donc le régime transitoire
est le passage d’un état stable à un autre état stable.
Les paramètres du circuit L et C sont caractérisés par leur capacité à stocker de l’énergie.
1 1
L’énergie du champ magnétique est : Wl = ∅𝑖 = 𝐿𝑖 2
2 2
1 1
L’énergie du champ électrique est : Wl = QV = CV 2
2 2
Les sources de courant et de tension sont les éléments au travers desquels l’énergie est
appliquée aux circuits. Ainsi, un système électrique comme un système physique est caractérisé par une
quantité d’énergie. Sous les conditions d’un régime permanent, l’énergie stockée dans les différentes capacités
et inductances et appliquée par une source continue est constante. Cependant, dans un circuit alternatif,
l’énergie est périodiquement transférée entre le champ magnétique et le champ électrique. Lorsque se produit
un changement soudain dans un circuit, il y a une redistribution d’énergie entre L et C et un changement dans
l’état des sources, requit par les nouvelles conditions.
Cette redistribution d’énergie ne peut avoir lieu instantanément mais nécessite un certain temps qui est la
durée du régime transitoire. La principale raison de cette situation est qu’un changement instantané de
l’énergie exigerait une puissance infinie. En d’autres termes, suite à une commutation, interruption, court
circuit ou tout autre changement brusque dans la structure d’un réseau, il y aura des phénomènes transitoires.
De façon générale, nous dirons qu’un régime transitoire est la phase qui sépare dans le temps deux phases de
régime permanent distinct d’un système physique.
16
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
L'étude du régime transitoire est souvent nécessaire afin de déterminer si les tensions et les
courants qui en découlent ne présentent pas des évolutions dangereuses. Dans le cas de
transformateurs de distribution d'énergie, le courant de démarrage peut atteindre jusqu'à 20 fois la
valeur nominale. Il est donc impératif de prévoir cette valeur pour y adapter les organes de protection.
Il est donc utile de savoir prédéterminer ces régimes, au moins dans les cas assez simples.
Un circuit électrique, représenté par un schéma, est l’ensemble des éléments idéaux
fonctionnellement connectés de façon à constituer le modèle mathématique d’un système électrique.
Ce modèle permet de comprendre le fonctionnement du système électrique qu’il représente.
Dans ce chapitre, les méthodes d’analyse transitoire des circuits électriques sont présentées. La
méthode d’analyse utilisant les équations différentielles est étudiée et appliquée à des circuits du 1 er
ordre et du 2ème ordre.
Quelle sont les différences entre les régimes libre, forcé, transitoire et permanant ?
* Le régime libre est le régime observé quand toutes les sources sont éteintes. Des composants
passifs et linéaires forment un circuit dans lequel se trouve initialement de l’énergie sous forme de
tension (dans un condensateur) ou de courant (dans une bobine).
* Le régime forcé est le régime observé quand le circuit linéaire est soumis à une excitation. Par
exemple lorsqu'on allume un générateur de courant et/ou de tension aux bornes du circuit.
* Le régime transitoire est le régime d'évolution d'un circuit qui n'a pas atteint un état stable. Il
apparait par exemple à l'ouverture ou à la fermeture d'un interrupteur. Il prend la forme d'un régime
apériodique ou d'un régime pseudo-périodique.
Pour étudier la réponse d’un circuit électrique suite à l’application d’une excitation, on peut utiliser l’une
17
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
• Le réseau étant linéaire, l’évolution de toute grandeur électrique (intensité, tension, charge d’un
condensateur. . .) est d’écrite par une équation différentielle linéaire à coefficients constants de la forme :
dnx d n 1 x dx
Dn n
D n 1 n 1
.... D1 D0 x f ( x) , avec les Di constants.
dt dt dt
Où l’ordre n de l’équation différentielle définit l’ordre du circuit. Nous étudierons le circuit d’ordre 1 et d’ordre
2.
A) Echelon de tension et de courant
1) Echelon de tension :
Une source idéale de tension délivre un échelon de tension si la tension produite par la source est de la forme
:
e(t) 0 si t 0
e(t) E si t 0
Avec e(t) en Volt)
Réalisation :
Pour t 0, interrupteur en 2. u 0
Pour t 0, interrupteur en 1. u E
2) Echelon de courant :
j(t) 0 si t 0
j(t) J si t 0
Réalisation :
Pour t 0, interrupteur ouvert. i 0
Pour t 0, interrupteur fermé . i J
18
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
Pour cette analyse on établit les équations d’état du circuit qui sont des équations
différentielles, du premier ordre, écrites sous forme matricielle :
𝑑𝑥
𝑑𝑡
= 𝐴𝑥 + 𝐵𝑢
𝑦 = 𝐶𝑥 + 𝐷𝑢
19
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
L'avantage principal d'analyser des circuits électriques de cette façon est que les calculs sont
beaucoup plus simples dans le domaine de Laplace. Dans le domaine de Laplace, les dérivées et
intégrales se combinent à l'aide de simples opérations algébriques ; pas besoin d'équations
différentielles.
La transformée de le Fourier est très utile pour l'analyse transitoire des circuits électriques et
comme la transformée de Laplace c'est-à-dire convertit une fonction du temps (fonction de domaine
temporel) en fonction de la fréquence (fonction de domaine fréquentiel).
En fait, la transformée de Fourier est un cas spécial de la transformée de Laplace. Alors pourquoi
voudrait-on utiliser une autre transformée ? La raison est que la transformée de Fourier est plus utile
dans certains domaines comme les télécommunications et le traitement de signaux.
Remarque :
La transformée de Laplace est plus utilisée pour calculer la réponse d’un circuit que la
transformée de Fourier pour deux raisons :
20
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
II.3.1 Introduction :
Les relations (COURANTS/TENSIONS) utilisables lors des régimes transitoires sont forcément les
relations générales des dipôles. Ces relations, qui utilisent les dérivées des courants et tensions, font des
équations de mailles ou de nœuds des circuits, des équations différentielles. Pour résoudre un régime transitoire
il est donc nécessaire de savoir résoudre une équation différentielle.
On considère le circuit constitué d’un conducteur ohmique de résistance R en série avec un condensateur de
capacité C : l’ensemble est soumis à une tension E Figure II.2.
a- Equation électrique du circuit R, C série :
UR
e(t) = E0 pour t ≥0 0 t
1
𝑒(𝑡) = uR + uc = Ri + ∫ i dt (II.1)
C
q 𝑑𝑞 𝑞
où e (t) = uR + avec [i= et uc = ]
C 𝑑𝑡 𝐶
dq q
Donc e (t) = R +
dt C
dq q 𝑒(𝑡)
+ = (II.2)
dt RC R
𝑑𝑞 𝑑𝑢𝑐 duc
On a 𝑖= , et comme 𝑞 = 𝐶𝑢𝑐 alors 𝑖 = 𝐶
𝑑𝑡
et uR = RC
𝑑𝑡 dt
duc
𝑒 (𝑡) = RC + uc (II.3)
dt
On montre, en mathématiques, que la solution générale d’une telle équation se met toujours sous la forme
:
21
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
u(t) = uG + uP
• Où :
uG est la solution générale de l’´equation homogène (i.e. équation sans second membre) : elle correspond
au régime libre du circuit (absence de source de tension où de courant).
uP est une solution particulière de l’´equation avec second membre : elle correspond au régime forcé
imposé par la source.
Tant que | uG (t) |~| uP |, on est dans le domaine du régime transitoire.
Lorsque | uG |<<| uP |, le régime forcé est établi (ici, régime continu).
C’est une équation différentielle linéaire du 1er ordre à coefficients constants et avec 2nd membre.
La solution de (1) est : q = qG + qP (sol. générale de l’éq. Sans 2nd membre + sol. Particulière de l’éq. avec
second membre).
1
− 1
{ q G=λe RC = λ exp (− ) ⇒
t
Soit : 𝑞(𝑡 ) = λe−RC + CE0 (II.5)
q P = CE0 𝝉
• Pour déterminer λ, on suppose (par exemple) que pour t < 0, le condensateur n’est pas chargé
(q (t = 0−) = q0 = 0).
22
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
t t
− 𝑑𝑞 − E0
Ainsi : 𝑞 (𝑡 ) = CE0 (1 − e RC ) et 𝑖 (𝑡 ) = = I0 e RC avec I0 =
𝑑𝑡 R
Régime Régime
Régime Régime transitoire forcé continu
transitoire forcé continu
~5 0 ~5
Propriété : On remarque que le régime continu est atteint lorsque le condensateur a atteint sa charge
maximale sous la tension E0 ; alors, le courant ne circule plus.
* En ré́gime continu, le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert *
-Extinction de la source :
On réinitialise le temps pour simplifier les calculs :
t
dq q − t
+ =0 (II.4) De solution : 𝑞 (𝑡 ) = µe RC = µ exp ( ) avec µ𝜖ℝ
dt RC τ
Determination de µ:
- Pour t < 0, q = CE0 (car on suppose le condensateur complètement chargé sous la tension E0 ).
- Par continuité de la charge, nous obtenons : q(t = 0+) = q(t = 0−),
𝑞(0− ) = 𝐶𝐸0
Soit : q(t=0+) ={ ⇒ d’où µ = 𝐶𝐸0
𝑞 (𝑡 = 0 + ) = 𝜇
1 t
𝑑𝑞 E0
A in s i : 𝑞 (𝑡) = 𝐶𝐸0 e−RC et 𝑖(𝑡 ) = = −I0 e− RC avec I0 =
𝑑𝑡 R
q i(t)
CE 0 t
Régime libre Régime libre
transitoire transitoire
ire
t I0
Remarque : i < 0 car la décharge se fait dans le sens opposé au sens positif conventionnel du schéma.
23
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
- Etude énergétique :
𝑑𝑞 𝑑𝑞 𝑑 1
Avec 𝑖= , il vient : 𝑞𝑖 = 𝑞
𝑑𝑡
=
𝑑𝑡
( 𝑞 2)
2
𝑑𝑡
d 1 q2
D’où : 𝒫𝑓 = Ri2 + (
dt 2 C
)
t t
Ou encore : 𝜀C = |𝜀𝐶 (𝑡)|t00 = ∫0 0 𝑑𝜀𝐶 (𝑡) = ∫0 0 𝒫reçue par C 𝑑𝑡
t
t0 𝑑 1 𝑞2 t0 1 𝑞2 1 𝑞2 0
𝜀C = ∫0 𝑑𝑡 ( )𝑑𝑡 = ∫0 𝑑 ( )=| | , t
2 𝐶 2 𝐶 2 𝐶 0
1
Soit : 𝜀𝑐 = 2 CE0 0 𝜏
Propriété : Cette énergie εC est emmagasinée par le condensateur : elle n’est pas dissipée
q
La loi des mailles donne uR +uC = 0, soit : uR = −uC = −
C
La puissance reçue par la résistance R pendant la décharge vaut :
q d 1 q2
𝒫reçue par R(t) = uR . 𝑖 = − i = − ( )
C dt 2 C
• L’énergie dissipée par effet Joule entre les instants t = 0 et t 0 – c’est-à-dire du début à la fin de la décharge,
est donc l’énergie reçue par la résistance, ER, entre t = 0 et t0 avec :
24
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
d𝜀 R
𝒫J = 𝒫reçue par R(t) = ; q CE0
dt
t
t t d 1 q2 1 q2 0
𝜀R = ∫0 0 𝒫Joule 𝑑𝑡 = ∫0 0 − dt ( ) 𝑑𝑡 = |− 2 C |
2 C 0
1
Finalement : 𝜀R = 2 𝐶𝐸0 = 𝜀𝐶 0 𝜏 t0 t
Propriété : Lors de la décharge du condensateur, toute l’´energie stockée est dissipée dans la
résistance par effet Joule.
- Exercice d’application :
Un condensateur de capacité C = 20 µF est chargé sous une tension u = - 25 V.A l’instant t = 0, on relie le
condensateur à un générateur de tension constante E = 50 V en série avec une résistance R = 1000 .
Solution :
d(Aeαt +B)
D’où : E = RC
dt
+ (Aeαt + B)
1 1
α=− α=− = −50 𝛂 = −𝟓𝟎𝐬−𝟏
RC 1000.20. 10−6
𝐮 = −𝟕𝟓𝒆−𝟓𝟎𝒕 + 𝟓𝟎
25
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
Nous allons étudier la réponse indicielle d’un circuit RL série, puis son régime libre.
𝑑𝑖
𝑒 (𝑡) = UR + UL = Ri + L
𝑑𝑡
𝑑𝑖 𝑅 e(t)
Soit : + i=
𝑑𝑡 𝐿 L
- Etablissement du courant :
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CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
𝑑𝑖 𝑅 𝐸0
A 𝑡 ≥ 0 l’équation différentielle s’´ecrit : + i=
𝑑𝑡 𝐿 𝐿
La solution de (1) est : i = iG + iP (sol. générale de l’éq. Sans 2nd membre + sol. Particulière de l’éq. avec
second membre).
Rt
La solution générale de (.) 𝑖𝐺 = 𝐴e− L Avec µ𝜖ℝ
te
et iP = c (puisque le second membre de (.) est constant)
diP R E0 𝐸0 Rt
E0
Donc iP doit vérifier + ip = d’où ip = . Finalement : i(t) = (1 − Ae− L )
dt L L 𝑅 R
• Pour déterminer la constante d’intégration A, on a besoin d’une condition initiale (C.I.), c’est-à-dire la valeur
de l’intensité i à 𝑡 ≥ 0
On suppose, par exemple, qu’en t = 0− il n’y a aucun courant dans le circuit. La condition initiale s’´ecrit donc
: i (0−) = i0 = 0.
• Or, on sait que le courant traversant une bobine est une fonction continue du temps.
i (0−) = i0 = 0
𝐸0
On a donc : i (0+) = A=
𝑅
E0 R
+ − 0
i (t = 0 ) = − Ae L
R
Rt
E0 −
Conclusion : i (t) = (1 − Ae L )
R
E
Lorsque t ∞, i 0
= 𝑖0
𝑅
Le régime transitoire s’efface et laisse place au régime permanent continu.
Rt
di E0 E0
• Par suite : = e− L 𝑑𝑖
soit ( )t=0 =
𝑑𝑡
dt L L
E0
Donc, l’´equation de la tangente à la courbe en O (0, 0) est : 𝑦 =
L
t.
E0 L E0 L
On a 𝑦 = I0 =
R
pour 𝑡= = =𝜏
E0 R R
27
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
L
Propriété : On se rend compte que 𝜏 = donne un ordre de grandeur de la durée du régime transitoire.
R
Ordre de grandeur :
L ≃10−3 H
⇒ 𝜏 ≃ 10-6s. . . C’est très faible : le régime transitoire s’éteint » rapidement.
R≃10 Ω3
Rt
E
= L L0 e− L
𝑑𝑖
• Représentation de uL tension aux bornes de la bobine : uL = L
𝑑𝑡
Rt
− t
Soit : uL = E0 e = E0 exp (− τ) .
L
uL(t)
Pendant le régime transitoire, la bobine E0
cherche à ‘contrer’ la tension du générateur en
imposant une tension de sens opposé (loi de Régime Régime
transitoire forcé continu
Lenz).
En régime établi (régime permanent continu),
uL = 0. On retrouve qu’en régime continu la
bobine se comporte comme un fil conducteur. 0 ~5
0 t Pour t ≥ 0 : e(t) = 0
Rt
−
• La solution s’écrit : 𝑖 = Be L Avec B𝜖ℝ
De plus, par continuité de l’intensité traversant la bobine, on a :
i (0−) = i0 = 0
Rt
𝐸0 𝐸0
i (0+) = ⇒ d’où B= . Finalement 𝑖(𝑡) = e− L
𝑅 𝑅
R
+) E0 − 0
i (t = 0 = − Ae L
R
𝑑𝑖 E0 R −Rt
Cl : donc la tension aux bornes de la bobine est : u L =L =L ( e L)
𝑑𝑡 R L
Rt
−
Soit : uL = −E0 e L
On se rend compte que le régime libre est un régime transitoire de durée de l’ordre du temps caractéristique
L
du circuit RL série 𝜏= : au bout de « quelques »𝜏, i 0 et uL 0.
R
28
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
i (t) uL
I0
-E0
- Etude énergétique :
𝑑 1
𝒫𝑓 = Ri2 + ( Li2 )
𝑑𝑡 2
Puissance Dissipée par effet Joule dans R 𝒫L puissance reçue par la bobinet
- Extinction de la source :
On réinitialise le temps : ainsi, la date t = 0 correspond à i(t) I
0
l’extinction de la source, soit : i(t = 0−) = I. Cette fois, à t
= t 0, l’intensité est nulle.
- Calcul de l’énergie εR dissipée dans R par effet Joule entre t = 0 et t0 :
𝑑𝜀 𝑅
À tout instant t, on a la relation : 𝒫J = 𝑅I 2 =
𝑑𝑡
t t 𝑑𝜀 𝑅 (𝑡) t t
Par suite : 𝜀R = | 𝜀𝑅 (𝑡)|00 = ∫0 0
𝑑𝑡
= ∫0 0 𝒫Joule 𝑑𝑡 = ∫0 0 𝑅i2 𝑑𝑡
𝑑𝑖 𝑑𝑖 𝑑 1
Donc Ri = −L ⇒ R𝑖 2 = −Li. =− ( Li2 )
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 2
t0
𝑑 1 2 1 2 t0 1
𝜀R = ∫ − ( 𝐿𝑖 ) 𝑑𝑡 = |− 𝐿𝑖 | = 0 − (− Li2 )
0 𝑑𝑡 2 2 0 2
1
CI : 𝜀R = LI 2 = 𝜀L
2
Propriété : Toute l’énergie stocké́e dans la bobine idéale est intégralement restituée et a été (ici) dissipée par
effet Joule.
29
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
- Exercice d’application :
Un circuit RL série avec R = 50 Ω et L = 10 H est alimenté par une tension constante E = 100 V à l’instant
R
uR = Ri = E(1 − e−L )
t
R
E R − t R
𝑑𝑖
uL = L 𝑑𝑡 = L R
(L ) e L = E e−L t
50
100
2. A.N i = (1 − e− 10 0.5 ) i = 2(1 − e−2.5 ) = 𝟏. 𝟖𝟒𝐀
50
𝐸
uR = uL = = 𝟓𝟎𝐕
2
50
50 = −100e− 10 t
e−5t = −0.5 ⇒ 𝐭 = 𝟎. 𝟏𝟑𝟖𝐬
𝐿
3. τ = = 0.2𝑠 ⇒ 5τ = 1𝑠
𝑅
Il faut faire varier t de 0 à plus de 1s pour observer sur les courbes le régime permanent comme
indique la figure suivante :
30
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
II.3.4 Réponse indicielle d’un circuit RLC Série (réponse à un échelon de tension) :
tension.
∀t , on applique la loi des mailles :
di 1
−u(t) + Ri + L + ∫ idt = 0
dt C
𝑑𝑞 d2 q dq q
avec 𝑖 = soit : L +R + = u(t)
𝑑𝑡 dt2 dt C
d2 q R dq 1 𝑢(𝑡) d2 q 𝜔 0 dq 𝑢(𝑡)
Ainsi : 2
+ + q= + + ω20 q =
dt L dt LC 𝐿 dt2 𝑄 dt 𝐿
Le circuit est régi par une équation différentielle du 2nd ordre à coefficients constants avec 2nd membre.
d2 q 𝜔 0 dq E0
• Pour t ≥0, on peut écrire : + + ω20 q =
dt2 𝑄 dt L
qG : solution générale de l’équation sans 2nd membre ; elle correspond au régime libre du circuit (RLC)
qui est transitoire ;
qP : solution particulière de l’équation avec 2nd membre ; ce second membre traduit la présence d’une
source qui impose un régime forcé au circuit (RLC) ; si la f.é.m. est continue, ce régime forcé est
permanent continu.
• On cherche qP sous la forme d’une fonction constante puisque le 2nd membre est constant ; l’équation
devient :
E0 E0
0 + 0 + ω20 𝑞𝑃 = ⇒ 𝑞𝑃 = = CE0 Soit : qP = CE0
L ω2
0L
• Trois cas se présentent pour la solution qG : ils correspondent aux trois régimes libres transitoires possibles :
31
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
1
• Exemple : cas de régime libre transitoire est pseudo-périodique : ∆< 0 et Q> .
2
Les racines de l’équation caractéristique de l’équation sans 2 membre sont des racines complexes
nd
t
conjuguées, qu’on peut écrire sous la forme r1/2 = − ± j𝜔 – et donc :
𝝉
t 2𝑄 𝜔0
q G (t) = (A cos ωt + B sin ωt)exp(− ) Avec : 𝜏 = et ω = √4𝑄2 − 1 =
𝝉 𝜔0 2𝑄
1
𝜔0 √1 −
4𝑄2
t
q(t) = q P + q G = CE0 + (A cos ωt + B sin ωt)exp(− )
𝝉
A B t
⇒ i(t) = [(Bω − ) cos ωt − (Aω − ) sin ωt] exp (− )
𝝉 𝝉 𝝉
Dans les expressions précédentes, A et B sont deux constantes d’intégration fixées par les
Dès lors :
+ q (0 − ) = q 0 = 0
q(0 ) = { ⇒ A = −CE0
q(t = 0+) = CE0 + A
- la conservation de l’intensité traversant la bobine se traduit par :
i(0− ) = i0 = 0 A CE0
+
i(0 ) = { +) A ⇒ B= =
i (t = 0 = − + Bω τω τω
τ
1 t
Finalement : q(t) = CE0 + [1 − (cos ωt + sin ωt) exp(− ) ]
τω 𝝉
𝑑𝑞 t t 1 t
𝑖= = −CE0 + [(− + )(cosωt + (ω + 2 sin ωt) exp(− ) ]
𝑑𝑡 𝛕 𝝉 τ ω 𝝉
t 1
Soit : 𝑖(t) = CE0 exp(− ) + (ω + )sin ωt)
𝛕 τ2 ω
32
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
• Commentaires :
On peut prévoir, avant de faire les calculs, les valeurs des grandeurs, une fois le régime transitoire
passé, car le régime est alors continu.
- En régime continu, la bobine se comporte comme un fil, donc la tension à ses bornes est nulle :
uL = 0 V et on a : E0 = uR + uC + uL = uC =q/C
2𝑄 2L
On déduit de la remarque précédente que 𝜏= = est bien l’ordre de grandeur de la durée du
𝜔0 R
régime transitoire.
d𝑖 q
uR + uC + uL = 0R𝑖 +L + =0
dt C
dq
avec 𝑖 =
dt
On a vu que :
1 q2
- εC (t) = est l’énergie électrostatique emmagasinée par le condensateur à l’instant t ;
2 C
1
- εL (t) = L𝑖 2 est l’énergie emmagasinée par la bobine à l’instant t ;
2
Donc ε(t) = εC (t) + εL (t) est l’énergie emmagasinée dans le condensateur et la bobine àl’instant t.
33
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
Conclusion : Lors du régime libre, l’énergie emmagasinée ε(t) diminue au cours du temps : elle est dissipée
𝑑𝜀 (𝑡)
par effet Joule dans la résistance R. = −𝑅𝑖 2 < 0
𝑑𝑡
d𝑖 q
• Loi des mailles : −𝑒 + R𝑖 + L + =0
dt C
En multipliant chaque membre de cette équation par l’intensité i, il apparaît la puissance fournie par le
générateur (supposé idéal) au reste du circuit
d𝑖 q dq
𝒫𝑓 = −𝑒𝑖 + R𝑖 2 + L𝑖 dt + C dt
Soit:
d 1 q2 1 2
2
d dε(t)
𝒫𝑓 = R𝑖 + ( + L𝑖 ) = 𝒫𝐽 + (εC (t) + εL (t)) = 𝒫𝐽 +
dt 2 C 2 dt dt
• Remarque : Nous n’avons pas supposé que la f.é.m. était continue ; a priori elle peut être variable. Mais
bien sûr, en régime permanent continu (e(t) = E0), la relation précédente est vérifiée : au bout de quelques, i
= 0, c’est-à-dire :
𝒫𝐽 = 0 et de même 𝒫𝑓 = 0
1 dε
- et comme ε(t) = CE0 , on a également : =0
2 dt
Lω0 1
Q= R
= RCω Ainsi Q lorsque R .
0
dε Lω0
• En régime libre, nous avons vu que :
dt
= −𝑅𝑖 2 = − Q
. 𝑖2
Il apparaît que pour des expériences de durées ∆t identiques, la perte d’énergie emmagasinée
du circuit |∆𝜀| lorsque R , c’est-à-dire lorsque Q .
Donc :
plus R est grand et plus le circuit est amorti, plus il perd rapidement son énergie ;
plus Q est grand et moins le circuit perd rapidement son énergie.
34
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
Remarque :
Le facteur de qualité du circuit (RLC) est un nombre sans dimension qui permet d’´evaluer la capacité du
circuit à conserver l’´energie qu’il a emmagasinée.
a) Pertes relatives d’´energie pour un circuit RLC série en régime libre pseudo-périodique
sur une pseudo-période :
1 q2 1
ε(t) = εC (t) + εL (t) = + L𝑖 2
2 C 2
| ∆𝜀|
Perte d’énergie relative sur une pseudo-période :
𝜀
𝑇 𝑇
À chaque instant t, on a : 𝑖(𝑡 + 𝑇) = 𝑖(𝑡) 𝑒𝑥𝑝 (− ) et 𝑞 (𝑡 + 𝑇) = 𝑞(𝑡)𝑒𝑥𝑝 (− )
𝜏 𝜏
D’où :
1 q2 (t+T) 1 1 q2 (t) 1 2𝑇
ε(t + T) = + L𝑖 2 (t + T) = [ + L𝑖 2 (t)] 𝑒𝑥𝑝 (− ) =
2 C 2 2 C 2 𝜏
2𝑇
ε(t)𝑒𝑥𝑝 (− )
𝜏
D’où :
2T 𝑇0 ω0 𝑇0 2π
Ce qui permet d’écrire : ≃ 2𝑄 = =
τ 𝑄 𝑄
ω0
2T 2π
− − 2π | ∆𝜀| 2π
Donc, pour 𝑄 ≫ 2π : 𝑒 τ ≃𝑒 Q ≃1− D’où ≃
Q 𝜀 (𝑡) Q
35
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
- Exercice d’application :
Un dipôle RLC est relié à une source de tension E= 100 V avec L= 0,1 H C= 50 μF. A t=0, le
condensateur est déchargé.
Solution :
a) –
d2 i R di i
- + + =0
dt2 L dt LC
d2 q R dq 1 𝐸
- + + q=
dt2 L dt LC 𝐿
d2 u R du u 𝐸
- + + =
dt2 L dt LC 𝐿𝐶
b) -
𝐿 0.1
1. 𝑅𝑐 = 2√ 𝑅𝑐 = 2√ = 89.4𝛺
𝐶 50.10 −6
𝑅 1
2. 𝜆 = 2𝐿 = 25 avec 𝜔0 = √𝐿𝐶 = 447
d𝑖 q d2 i R di i 𝑅 𝑖
E = R𝑖 + L + et + + = 0 ; (𝑖 ∗∗ + 𝑖 ∗ + = 0)
dt C dt2 L dt LC 𝐿 𝐿𝐶
d𝑖 q
E = R𝑖 + L + à t=0 , i=0 et q=0
dt C
d𝑖 d𝑖
100 = 0 + 0.1 +0 ⇒ ( ) = 1000
dt dt t=0
1000
K2 = = 2.24 D’où
446.5
3 .
𝑅 = 𝑅𝑐
𝑅 98.4
𝛼 = −𝜆 = − 𝛼 =− = −447 𝑠 −1
2𝐿 0.2
i = 𝑒 −447𝑡 (K1 + K 2 t)
A t=0 , i=0 i = 𝑒 0 (K 1 + K 2 . 0 ) ⇒ K 1 = 0 d’où i = K 2 t 𝑒 −447𝑡
d𝑖
= −447K2𝑒 −447𝑡 t + K 2 𝑒 −447𝑡
dt
d𝑖
A t=0 ( ) = 1000
dt t=0
37
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
4.
R=500Ω
𝑅 500
𝜆 = 2𝐿 𝜆 = 2𝑥0.1 = 2500 𝛼 = −2500
𝑖 = 𝑘1 𝑒 𝑟1 𝑡 + 𝑘2 𝑒 𝑟2 𝑡
𝒊 = 𝟎. 𝟐𝟎𝟑𝒆−𝟒𝟎𝒕 − 𝟎. 𝟐𝟎𝟑𝒆−𝟒𝟗𝟔𝟎𝒕
38
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
II.3.5 Application sur l’analyse d’un circuit RL par la méthode de la transformée de Laplace :
On considère la réponse du système correspondant au circuit ci-dessus, soumis à un signal échelon (supposé
Lu (t )
1
unitaire) U(t). La transformée de Laplace du signal échelon est :
s
Pour t>0 on a : u(t)=E = constante. On cherche le courant i (t) qui circule dans le circuit de la figure ci-
dessous.
2-On applique la transformation de Laplace (Annexe 1), dans chacun de ces éléments pris séparément,
en se rappelant F'(s)= sF(s) ; ce qui donne :
U (s) R.I (s) L.s.I (s)
En remplaçant U(s) par E/s, l’équation différentielle s’exprime dans l’espace de Laplace par :
R LsI ( s)
E
U ( s)
s
39
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
E
E 1 L A B
I ( p) .
s R Ls R s sR
s s L
L
E 1 1
I ( p)
R s s R
L
E t
R
i (t ) 1 e L
R
II.3.6 Application sur l’analyse d’un circuit RL par la méthode des équations différentielles alimenté
par une source alternative:
K R i(t)
On se propose de déterminer l’évolution du courant i(t) après la fermeture de l’interrupteur sachant que
la valeur initiale du courant est nulle.
𝑅 𝑉𝑚𝑎𝑥
Où : (𝐷 + 𝐿 ) 𝑖 = sin(𝜔𝑡 + 𝜑)
𝐿
40
CHAPITRE II Analyse transitoire des circuits électriques
𝑉𝑚𝑎𝑥 𝑉𝑚𝑎𝑥
𝑖𝑝 = 𝑒 −(𝑅⁄𝐿)𝑡 ∫ 𝑒 −(𝑅⁄𝐿) sin(𝜔𝑡 + 𝜑) 𝑑𝑡 = sin(𝜔𝑡 + 𝜑 − 𝑡𝑎𝑛 −1 𝜔𝐿⁄𝑅 )
𝐿 √𝑅2 +𝜔2 𝐿2
𝑉𝑚𝑎𝑥
𝑖 = 𝑖𝐺 + 𝑖𝑝 = 𝑐𝑒 −(𝑅⁄𝐿)𝑡 + sin(𝜔𝑡 + 𝜑 − 𝑡𝑎𝑛−1 𝜔𝐿⁄𝑅) (1)
√𝑅2 +𝜔2 𝐿2
−𝑉𝑚𝑎𝑥
On obtient : 𝑐= sin(𝜑 − 𝑡𝑎𝑛 −1 𝜔𝐿⁄𝑅)
2
√𝑅 +𝜔2 𝐿2
−𝑉𝑚𝑎𝑥 𝑉𝑚𝑎𝑥
𝑖 = 𝑒 −(𝑅⁄𝐿)𝑡 [ sin(𝜑 − 𝑡𝑎𝑛−1 𝜔𝐿⁄𝑅) ] + sin(𝜔𝑡 + 𝜑 − 𝑡𝑎𝑛 −1 𝜔𝐿⁄𝑅) (2)
2
√𝑅 +𝜔2𝐿2 √𝑅 2
+𝜔2 𝐿2
Remarque : on voit dans la fonction de i un coefficient 𝑒 −(𝑅⁄𝐿)𝑡 égal à zéro pour un temps relativement
très court mais la valeur entre les parenthèses tout simplement est un constant très compliqué donc sa valeur
varie suivant l’angle φ et le temps de fermeture de l’interrupteur K.
On a deux cas :
1. Si : (𝜑 − 𝑡𝑎𝑛 −1 𝜔𝐿⁄𝑅 ) = 𝑛𝜋 avec 𝑛 = 0,1,2,3, … … … … … …donc 𝑖 = 0 et le courant va
à la stabilité directement (régime permanant).
2. Si : (𝜑 − 𝑡𝑎𝑛 −1 𝜔𝐿⁄𝑅 ) = (1 + 2𝑛) 𝜋 ⁄2 donc i tend vers la valeur maximale possible
Deuxième partie de la fonction (2) est un courant dans l’état permanant et il est suivi par la tension
angulaire (𝑡𝑎𝑛−1 𝜔𝐿⁄𝑅)
41