Version Corrigée
Version Corrigée
Scientifique
Thème :
Comité de soutenance
Pr. Abdelhafid DAHIA Ecole supérieure de commerce Président
Pr. Tahar LATRECHE Ecole supérieure de commerce Encadrant
Pr. Sihem BOUABBACHE Ecole supérieure de gestion et Examinateur
d’économie numérique
Dr. Mohamed GUERRACHE Université BLIDA 02 Examinateur
Dr. Billel BENILLES Ecole supérieure de commerce Examinateur
Dr. Khaled AZZAOUI Ecole supérieure de commerce Examinateur
Thème :
Comité de soutenance
Pr. Abdelhafid DAHIA Ecole supérieure de commerce Président
Pr. Tahar LATRECHE Ecole supérieure de commerce Encadrant
Pr. Sihem BOUABBACHE Ecole supérieure de gestion et Examinateur
d’économie numérique
Dr. Mohamed GUERRACHE Université BLIDA 02 Examinateur
Dr. Billel BENILLES Ecole supérieure de commerce Examinateur
Dr. Khaled AZZAOUI Ecole supérieure de commerce Examinateur
Remerciement
Dieu merci ! Pour le savoir, la connaissance, et le courage que vous nous aviez
donné.
Nous remercions également les membres du jury, qui nous ont fait l’honneur de
se consacrer à l’évaluation de ce travail.
Nos sincères et profonds remerciements vont aussi à nos parents qui nous ont
toujours soutenus et ont eu foi en notre travail.
Enfin, nous ne saurions clore nos remerciements sans exprimer notre affection
pour nos chères Familles et amis, votre présence à nos côtés fait notre réussite.
Dédicace
Dédicace
Amira
Sommaire I
Sommaire
Remerciement .........................................................................................................................
Dédicace..................................................................................................................................
Sommaire………………………………………………………………………………...…..I-II
Liste des tableaux ................................................................................................................. III
Liste des figures ................................................................................................................. IIV
Liste des annexes ................................................................................................................... V
Liste des abréviations .......................................................................................................... VI
Résumé………………………………………………………………………………………VII
Abstract ............................................................................................................................. VIII
INTRODUCTION GENERALE........................................................................................ A-G
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques ................................................1
Introduction du chapitre ..........................................................................................................2
SECTION 01 : La banque et ses activités................................................................................3
SECTION 02 : Performance bancaire et concepts voisins ..................................................... 13
SECTION 03 : Indicateurs de la performance bancaire ......................................................... 20
Conclusion du chapitre ......................................................................................................... 30
CHAPITRE II : Les techniques et les mesures de la performance bancaire ........................... 31
Introduction du chapitre ........................................................................................................ 32
Section 01 : Performance et création de la valeur .................................................................. 33
Section 02 : Méthodes traditionnelles de mesure de la performance ......................................38
Section 03 : Méthodes basées sur la frontière ........................................................................ 49
Conclusion du chapitre ......................................................................................................... 58
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire .................................... 59
Introduction du chapitre ........................................................................................................ 60
Section 01 : Typologies des coûts bancaires..........................................................................61
SECTION 02 : les méthodes de gestion adoptées par les banques ......................................... 68
SECTION 03 : Rapport entre coût performance .................................................................... 79
Conclusion du chapitre ......................................................................................................... 84
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes .......................... 85
Introduction du chapitre ........................................................................................................ 86
Section 01 : Panorama du secteur bancaire Algérien ............................................................. 87
Section 02 : Méthodologie de la recherche ............................................................................ 95
Sommaire II
Résumé
La contribution du secteur bancaire au financement de l’économie, à travers sa fonction
d’intermédiation financière, a depuis longtemps suscité l’intérêt de plusieurs chercheurs. Or,
pour assurer la pérennité de cette fonction, les banques doivent consolider leur performance et
le secteur bancaire Algérien n’échappant pas à cette réalité, pour cela notre travail a pour
objectif de voir et d’analyser l’impact de la structure des coûts sur la performance des banques
Algériennes. Pour ce faire nous nous somme intéressées par un échantillon de 20 banques (06
banques publiques et 14 banques privées) et sur une période de 10 ans du 2010 au 2019 par
l’application d’une méthode paramétrique (moindres carrés généralisées).
Mots clés : secteur bancaire Algérien, banque, performance, structure de coûts, MCG.
Abstract VIII
Abstract
The contribution of the banking sector to the financing of the economy, through its
function of financial intermediation, has long attracted the interest of several researchers.
However, to ensure the sustainability of this function, banks must consolidate their performance
and the Algerian banking sector is no exception to this reality, so our work aims to see and
analyze the impact of the cost structure on the performance of Algerian banks. To do this we
are interested in a sample of 20 banks (06 public banks and 14 private banks) and over a period
of 10 years from 2010 to 2019 by applying, a parametric method (generalized least squares).
The results that we obtained from our modeling show a negative and significant effect of all the
variables of the study on the banking performance. We find that poor credit risk management
is the main source of non-performance, as well as personnel and financing costs.
We also note that the large size of the bank does not allow it to perform well. Moreover,
in the case of Algerian banks, the public banks that have a large size are the least efficient in
the sector. Finally, it is necessary for the bank, to be efficient, to adopt management practices
sufficiently participatory to involve all actors in the steering of performance.
INTRODUCTION GENERALE
Et dans une économie d’endettement qui est la nôtre, le secteur bancaire représente la
part dominante dans le financement des entreprises où ces dernières sont fortement endettées
auprès des banques qui se refinancent auprès de la banque centrale.
Donc le secteur bancaire doit être performant sur toutes les échelles (performance
financière et économique), afin de bien accomplir son objectif de financement de l’économie.
Ralph Ablon président d’Odgen Corporation, disait que « Les meilleurs résultats sur le
long terme sont dus à de bonnes décisions stratégiques, qui assurent que les choses justes sont
faites (efficacité), et à la combinaison de la conception, de la technologie, et de l’automatisation
qui assure que les choses seront faites correctement (efficience) ».
La mesure de la performance des banques est toujours liée aux plusieurs facteurs tel la
structure du capital, la gestion des risques, le système du contrôle interne, la gouvernance et la
structure des coûts…
Problématique
La dimension coût et la réduction des frais généraux, ont eu, depuis une quinzaine
d’année, une place centrale dans la stratégie des établissements bancaires et elles ont contribué
à la structuration de la fonction contrôle en leur sein. Cette volonté de réduction des coûts est
toujours apparue comme le moyen principal d’améliorer la rentabilité, ainsi qu’elle a conduit
INTRODUCTION GENERALE B
assez logiquement à une évolution de l’organisation des banques pour gagner en efficacité et
par conséquence en performance.
Comment la structure des coûts impact- elle la performance financière des banques
Algériennes ?
Questions secondaires
- Quel est l’impact des frais de personnel sur la performance des banques Algériennes
?
- Quel est l’impact des frais financiers sur la performance des banques Algériennes ?
- Quel est l’impact du coût du risque crédit sur la performance des banques
Algériennes ?
- Comment impact les variables de contrôle (taille et adéquation des capitaux propres)
la performance des banques Algériennes ?
Hypothèses
H01 : les frais du personnel ont un impact négatif sur la performance des banques Algériennes ;
H02 : les frais financiers ont un impact négatif sur la performance des banques Algériennes ;
H03 : le coût du risque crédit a un impact négatif sur la performance des banques Algériennes ;
Objectif de l’étude
L’objectif de notre recherche est de présenter une synthèse de la littérature faite sur la
performance des banques et de voir l’impact de la structure des coûts adopté sur la performance
des banques Algériennes en se basant sur un modèle d’évaluation de l’efficience coût des
INTRODUCTION GENERALE C
banques Algériennes et par la suite leur performance. Nous essions aussi d’identifier les
sources derrières la non performance des banques Algériennes.
Méthodologie de recherche
Afin d’atteindre l’objectif de notre recherche, nous avons jugé utile de mener une
mixture de deux approches :
Après avoir effectué une revue de littérature, nous avons choisi de présenter quelques
travaux que nous les trouvons plus intéressantes :
Dans ce travail les chercheurs étudient en particulier avec quelle efficience les banques
transforment les intrants en extrants et considérons les rendements d’échelle dans le secteur
bancaire canadien. Essentiellement, il s’agit d’estimer la relation empirique entre les coûts et
les services financiers offerts par la banque.
Le modèle englobe le coût de trois intrants : le travail, le capital et les dépôts. Le coût
du travail est le salaire horaire moyen des employés de banque, celui du capital est égal aux
dépenses relatives aux biens immobiliers et aux agencements ainsi qu’aux technologies de
l’information et des communications plus les frais connexes, et le coût des dépôts est le taux
d’intérêt payé par la banque sur ces derniers.
INTRODUCTION GENERALE D
L’étude était sur un échantillon de vingt banques et sur la période étalon de 1990 à 2009,
et ceci à travers l’utilisation de la méthode paramétrique, à savoir l’approche de frontière
stochastique « SFA», d’une part, et la détermination des variables expliquant le niveau
d’inefficience (d’efficience) d’autre part.
Les résultats de cette étude montrent que les coûts qui absorbent une grande partie du
résultat sont liés au coût du facteur travail (masse salariale c’est-à-dire les charges du personnel)
et au coût du facteur capital physique (charges sur opérations diverses + charges générales
d’exploitation + dotations aux amortissements et provisions).
affectation des facteurs de production ou tout simplement les banques subissent des chocs
externes pouvant affecter négativement leurs performances.
La période de son l’étude était de 2003 jusqu’au 2013, Le choix de cette période a été
imposé par le fait que la plupart des banques étrangères qui constituent l’échantillon ont
commencé à exercer à partir de 2002. D’un autre côté, nous trouvons ce choix relativement
judicieux, Bien que les réformes du système bancaire aient été annoncées par la promulgation
de la loi relative à la monnaie et le crédit en 1990. Mais ce n’est qu’à partir des années 2000
que les banques Algériennes, en particulier les banques publiques, ont réellement commencé à
ressentir les effets de ces réformes sur leurs pratiques.
Les variables choisis dans son étude ont été subdivisé en 02 types :
- La variable endogène : représente le coût total CT qui englobe les coûts financiers et
les coûts d’exploitation. Les coûts d’exploitation sont constitués des dépenses en travail
et en capital physique
- Les variables exogènes : ils représentent les outputs bancaires (total des crédits,
autres actifs rémunérateurs), et les inputs (le travail, le capital physique et le capital
financier).
- les scores d’efficience-coût varient considérablement entre les banques publiques et les
banques privées de l’échantillon, selon le type de propriété et la taille du bilan ;
INTRODUCTION GENERALE F
- Les banques publiques ont obtenu les meilleurs scores, en moyenne 54,42 % contre les
banques privées moyennes et petites qui ont obtenu un score moyen de 42 ,97 % et 21,38
% respectivement ;
- La plupart des banques publiques restent pénalisées par un sureffectif qui pèse sur la
productivité ;
- Les résultats montrent que les banques les plus efficientes en moyenne sont les banques
publiques sauf la banque privée Natixis qui malgré la taille de son bilan enregistre un
score très appréciable par rapport à la moyenne (52, 07 %) ;
- Les scores d’efficience se sont graduellement dégradés pour notre échantillon, passant
de 65, 72 % en 2003 à 36,28 % en 2012. Cette baisse relativement drastique, au niveau
de l’efficience, peut être due aux problèmes causés par un montant colossal de crédits
non performants, suite aux crédits accordés par les banques publiques pour promouvoir
la création des petites et moyennes entreprises dans le cadre des programmes de soutien
à l’investissement ANSEJ et CNAC.
Plan de travail
Le troisième chapitre qui s’intitule structure des coûts dans un établissement bancaire
s’articule autour de trois sections ; la première expose les différents coûts supportés par les
banques, la deuxième présente les méthodes de gestion suivie par les banques et la troisième
présente une analyse de la relation performance-coût.
Introduction du chapitre
La performance est la visée première pour les banques dans l’univers mondialisé et de
concurrence généralisée, elle constitue un des fondements majeurs des recherches effectuées en
sciences de gestion. Corrélativement, cette quête de performance est à la base de la pratique
quotidienne des banques et constitue leur principal objectif.
Les travaux sur la performance ont été très intenses depuis les années quatre-vingt, des
nombreux chercheurs se sont attachés à l'étudier tels que Bourgignon, (1995), Bouquin, (2004),
Marion et al, (2012).
Ceci a donné naissance à une littérature bien établie sur les concepts fondamentaux et
la méthodologie d’analyse de la performance. Dans ce vaste contexte, des recherches
importantes ont évalué la performance des institutions financières, fournissant des informations
pertinentes qui ont servi, non seulement, les objectifs de la réglementation et de la gestion, mais
également, contribuent au développement de la méthodologie de recherche.
Quant au mot « banque », il trouve son origine dans la Rome antique « banca »
désignant le banc en bois sur lequel les changeurs exerçaient leur activité. Suite aux conquêtes
militaires, Rome doit faire face aux problèmes de change des monnaies, de levée et transfert
des impôts.
Dans ce qui suit nous présentons les différentes définitions de mot « banque », ses
activités et ses spécificités.
On distinguera à cet effet, une approche purement théorique, où la banque est considérée
comme étant intermédiaire financier, une autre approche institutionnelle qui fait référence à un
cadre règlementaire et une dernière approche, professionnelle, qui reconnaît la diversité du
métier du banquier.
La fonction d’intermédiation financière des banques est reconnue depuis le moyen âge.
Mais la première conceptualisation n’a été formulée qu’en 1960 par les deux américains Gurley
et Shaw1, qui ont mis l’accent sur la mission essentielle de la banque, la transformation
d’échéances et de risques.
1
J.G. GURLEY et E.S. SHAW, Money in a theory of finance, Brooking’s Institution, 1960, p: 34.
2
Sylvie de COUSSERGUES, La banque, structure, marchés et gestion, Editions Dalloz, 2001, p : 67.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 4
1
Sylvie de COUSSERGUES, La banque, structure, marchés et gestion, op.cit., p : 84.
2
Ibid.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 5
l’emprunteur, l’intermédiaire émet des titres à terme et à risque mieux adaptés aux préférences
des prêteurs, il collecte des capitaux qu’il redistribue par la suite sous forme de crédits aux
agents a besoin de financement 1.
L’intermédiaire financier, fournisseur de liquidité
Les contrats de dépôt, comme ceux de crédit, procurent au client une assurance de
liquidité.
Le dépôt en banque est un actif parfaitement liquide. Divisible en unités de faible
montant, il est accepté par tous comme moyen de paiement. La banque associe généralement
au contrat de dépôt des modes de transfert avec la mise au point d’instruments de paiement
traditionnels comme le chèque ou le virement ou, encore plus modernes, avec les cartes de
paiement.
Des systèmes de compensation assurent de surcroît la convertibilité des dépôts
bancaires. Enfin la valeur nominale d’un dépôt est fixe, non sujette à des pertes en capital. Le
principal risque encouru par le déposant est la faillite de la banque. Cependant, le dépôt bancaire
peut être considéré comme un actif moins risqué que les titres émis par les emprunteurs privés,
en raison de la surveillance de la sécurité du système bancaire par les pouvoirs publics 2.
Le contrat de crédit garantit à l’emprunteur une fourniture immédiate de liquidité lui
permettant d’engager sans délai des dépenses.
La spécificité de la banque réside dans le fait que tant leurs dettes que leurs créances
sont une assurance de liquidité pour la clientèle.
Cette approche met l’accent sur la banque en tant qu’institution dont la définition et les
opérations accomplies relèvent d’une législation spécifique qui est la loi n° 86-12 du 19 Août
1986 portant régime des banques marque l’amorce de la refonte du système bancaire algérien.
La banque comme suit : est réputée banque tout établissement de crédit qui effectue,
pour son propre compte et à titre de profession habituelle principalement les opérations ci-
après désignée3 :
- Collecter auprès des tiers des fonds pour dépôts, quelle qu’en soient la durée et la forme.
- Accorder du crédit, quelles qu’en soient la durée et la forme ;
1
Ibid.
2
La loi n°86 /08 / 1998 relative à la monnaie.
3
Loi n° 86-12 du 19 Août 1986 portant régime des banques marque l’amorce de la refonte du système bancaire
Algérien.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 6
2. Activités de la banque
La banque a plusieurs types d’activités qu’on peut les distinguées en deux grandes
familles d’opérations : opérations principales et opérations connexes. Dans ce qui suit une
présentation de ses dernières1.
Nous distinguons trois types d’opérations dans cette famille qui constituent l’essence de
l’intermédiation financière2 :
La collecte des dépôts est une mission essentielle des banques elle représente un enjeu
considérable pour chaque établissement, car elle détermine pour chaque banque sa part de
marché, sa capacité à distribuer des crédits, sa trésorerie, son rôle sur le marché en tant que
préteur ou emprunteur.
Afin de faciliter les transactions, les banques ont mis à la disposition de leur clientèle,
différents moyens de paiement, efficaces et sécurisés. Pour la réalisation de différentes
opérations, la banque met à la disposition de sa clientèle des instruments de paiement classique
(cheque, lettre de change, ordre de virement…) d’une part et d’autres supports électroniques
pour faciliter et surtout sécuriser les recouvrements des appoints et cela par la mise en place
d’un système de paiement électronique.
1
COUSSERGUE, « gestion de la banque : du diagnostic a la stratégie », 4 eme edition, Dunod, paris, 2005,
P :35.
2
La loi 10-04 relative à la monnaie et au crédit du 26 aout 2010.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 8
Ce sont des opérations qui prolongent les opérations principales de la banque et les
banques développent de multiples activités financières, soit pour leur compte, soit pour le
compte de leur client en intervenant sur le marché financier et monétaire. Nous citons comme
exemple1 :
L’entreprise bancaire a une spécificité particulière par rapport aux autres institutions
économiques et ceci quant aux règles spécifiques qui régissent la présentation des états
financiers, et aussi par rapport au contenu de chaque poste de ces états.
Et voici un tableau qui résume les divergences entre la comptabilité d’une entreprise et
la comptabilité d’une banque :
1
COUSSERGUE, « gestion de la banque : du diagnostic a la stratégie », op.cit. p 56.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 9
Source : élaborer par nos soins sur la base de la norme comptable 21.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 10
La norme comptable générale définit les états financiers comme étant « une
représentation financière structurée des événements affectant une entreprise et des transactions
réalisées par elle ».
L'objectif des états financiers est de fournir une information sur la situation financière,
la performance et les flux de trésorerie d'une entreprise, information utile à une gamme variée
d'utilisateurs pour la prise de décisions économiques.
Les états financiers des établissements bancaires se composent du bilan, de l'état des
engagements hors bilan, de l'état de résultat, de l'état des flux de trésorerie et des notes aux états
financiers.
Les chiffres présentés dans les états financiers doivent être exprimés en Dinars ou en
Milliers de Dinars. Au cas où les états financiers sont exprimés en une monnaie autre que le
Dinar, l’utilisation de chiffres arrondis est admise tant que l'importance relative est respectée.
3.2 Bilan bancaire : définition et composition
Le bilan bancaire est un état qui reprend la situation patrimoniale d'une banque. Il peut
être présenté à partir d'une description succincte des comptes de bilan. Il comprend 05 classes
de comptes présentées dans un format conforme aux normes comptables IFRS (International
Financial Reporting Standards).
Le bilan doit faire apparaître les rubriques suivantes ainsi que le montant total de
chacune de ces rubriques : l'actif, le passif et les capitaux propres. Les éléments du bilan sont
présentés selon leur nature par rapport à l'activité bancaire en privilégiant l'ordre décroissant de
liquidité et d’exigibilité1.
L’actif : on recense les informations portant sur l’emploi des fonds empruntés. Dans ce
1
Pierre- Charles PUPION, Economie et gestion bancaire, édition DUNOD, n° 03, Paris, France, p : 46.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 11
Le hors bilan des banques regroupe toutes les opérations dont la réalisation complète est
reportée dans le futur et qui constituent ce que l'on appelle un passif éventuel. Celui-ci peut
avoir pour origine soit un engagement de la banque, soit la réalisation d'une condition,
incertaine par nature, et indépendante de la volonté de la banque1.
Il constitue un poste important du fait du recours fréquent à des produits dérivés et à des
produits financiers à terme. A la différence des entreprises industrielles et commerciales, qui
n'ont aucune obligation en la matière (sauf en annexes), les banques et tous les établissements
de crédit doivent dans la plupart de législations comptables et financières, tenir une comptabilité
d'engagements.
1
Michel ROUACH & Gérard NAULLEAU, Contrôle de gestion et stratégie dans la banque, RB Edition, Paris,
France, 2013, p : 22.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 12
L'état de résultat doit faire apparaître les produits et les charges de façon à déterminer
les valeurs et soldes intermédiaires suivants2 :
1
Règlement de la Banque d’Algérie n°09-04 du 23 juillet 2009 portant plan de comptes bancaire et règles
comptables applicables aux banques et aux établissements financiers.
2
La norme comptable générale article numéro 07, p 19.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 13
La valeur totale des produits d'exploitation bancaire : est le résultat des postes
suivants :
- Intérêts et revenus assimilés ;
- Commissions (en produits) ;
La valeur totale des charges d'exploitation bancaire : est le résultat des postes
suivants :
- Intérêts encourus et charges assimilées ;
- Commissions encourues ;
- Pertes sur portefeuille-titres commercial et opérations financières.
Le produit net bancaire : est le résultat entre les produits d’exploitation et les charges
d’exploitations.
Le résultat d'exploitation : est le résultat du produit net bancaire diminue des frais de
personnel, des dotations aux amortissements et Autres frais administratifs
(télécommunication, loyers etc).
Le résultat des activités ordinaires, lorsqu'il existe des éléments extraordinaires au
titre de l'exercice en cours ou de l'exercice antérieur ; le résultat net de l'exercice : est le
résultat après déduction de l’impôt sur le bénéfice.
Depuis longtemps, la notion de la performance bancaire est placée au cœur des débats
et discussions afin de contrôler l’activité au sein des systèmes bancaires. Le but de ces
discussions est d'identifier les paramètres nécessaires pour clarifier le concept de performance
et d'identifier les outils appropriés à se mesurer. En effet, l’existence de ce concept est
conditionnée par l’existence d’autres concepts à savoir l’efficience et l’efficacité.
Vers la fin du 14ème siècle, le mot "to perform" est introduit à la langue anglaise, il
désignait « la réalisation, l'accomplissement, l'exécution ».
Au milieu du 19ème siècle, la langue française réintègre le mot. Il signifie depuis le
résultat ; le succès ou l'exploit, qu'on peut attribuer à la réalisation d'une action. Il faut remarquer
que cette définition est différente de la définition anglaise. Explicitement, la performance en
anglais contient à la fois « l’action, son résultat et éventuellement son exceptionnel succès »1.
Et au sens large, pour Philippe LORINO (2003), « Est performance dans l’entreprise
tout ce qui, et seulement ce qui, contribue à améliorer le couple valeur-coût (à contrario, n’est
pas forcément performance ce qui contribue à diminuer le coût ou à augmenter la valeur,
isolément). ». Elle est également « Tout ce qui, et seulement ce qui, contribue à atteindre les
objectifs stratégiques». 2 L’on peut alors dire que la performance est le résultat d’une
combinaison optimale d’actions cohérentes entre elles et de moyens, qui servent de base à
l’évaluation.
Pour ALBANES (1978), définit la performance comme « la raison des postes de gestion
; elle implique l’efficience et l’efficacité ».
Tandis que, P. MARTEAU entend par le mot « performance », « le rapport entre une
production de valeur et une consommation de ressources (coûts). »
À l’issue des définitions présentées ci-dessus, nous concluons que la performance est
une combinaison de plusieurs d’autres termes comme le résultat, l’action, l’effort, l’efficience,
la pertinence…ect.
Et voici un schéma qui illustre c’est quoi une performance selon Jean-Bernard :
1
Annick, BOURGUIGNON, « Peut-on définir la performance ? », Revue Française de Comptabilité, n° 269.
1995. pp. 61-66. p. 62.
2
Philippe LORINO, Méthodes et pratiques de la performance, Edition d’organisation, Paris, France, 1998, p18.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 15
Selon Fare, Grosskopf et Lovell, « une action est dite efficace quand elle produit l’effet
attendu, sur un but préalablement fixé. Ainsi, l’efficacité se mesure par l’écart entre les résultats
souhaités et les résultats obtenus 1 ».
Par ailleurs, Farrel, (1957) est le premier à considérer que l’efficacité s’obtient par une
analyse de benchmark en comparant la performance d’une unité à celle des meilleures dans
l’atteinte de l’objectif spécifié
L'efficience est une notion qui consiste à décrire la capacité d'un individu à atteindre les
objectifs qui lui sont attribués avec les ressources engagés. "Efficient" se rapporte alors à la
1
Allen, Linda, and Anoop., (1996). " Operational Efficiency in Banking : An International Comparison",
Journal of Banking and Finance.
2
H, Mahé de BOISLANDELLE, « gestion des ressources humaine dans la PME », Edition ECONOMICA,
Paris, France, 1998, P : 139.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 16
relation entre les objectifs atteints et les ressources utilisées pour les atteindre, qui peuvent être
financières, humaines, matérielles, etc
Certains auteurs considèrent que l’efficience globale est le produit des trois types
d’efficience, dans ce qui suit, nous allons aborder ces trois types.
Donc l’efficience technique indique dans quelle mesure une institution utilise de
manière optimale les ressources physiques à disposition pour un niveau donné de production.
Une deuxième notion d’efficience fait référence à la connaissance des prix des
ressources, on parle, en fait, de l’efficience allocative. Cette dernière permet de fournir une
information complémentaire sur les performances et de « renvoyer à la capacité à combiner les
inputs et les outputs dans des proportions optimales au vu des prix en vigueur 3».
1
M, FARRELL, «The Measurement of Productive Efficiency», Journal of the Royal Statistical Society, Series A,
Part III, 1957, pp. 253-281.
2
O, HAROLD, et al, «the measurement of productivity efficiency and productivity growth», Oxford
University Press, Inc. United States of America, 2008, p: 13.
3
Anup Agrawal, Charles R, Knoeber, « Firm Performance and Mechanisms to Control Agency Problems
between Managers and Shareholders », 1996.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 17
L’efficacité allocative pour Giorgos Pinteris, traduit, dans ces conditions, la capacité des
dirigeants à choisir parmi les programmes de production techniquement efficaces, celui qui lui
assure le profit le plus élevé, ou si l’on préfère, l’habileté à choisir les inputs dans des
proportions optimales1.
A vrai dire, les meilleures banques sont celles qui choisissent les combinaisons de
facteurs les moins coûteuses et offrent les combinaisons de services les plus profitables. On dit
de ces banques qu’elles sont « allocativement » efficientes, parce qu’elles s’adaptent mieux que
les autres aux contraintes de la concurrence et, en particulier, aux contraintes de prix.
2.2.3 Efficience d’échelle
Pour cette efficience, il s’agit de mesurer l’efficience des banques en se basant sur
l’échelle de production des outputs ou quantité d’outputs produits et sur l’envergure, c'est-à-
dire la diversité de ces outputs -souvent composés des crédits et des titres.
Dietsch en 1992 retient quatre sources d’économie d’échelle fondées sur la théorie de la
firme bancaire :
La notion de pertinence mettre en évidence la relation entre les objectifs fixés par la banque
et les moyens mise en œuvre pour les atteindre et voici la relation qui l’explique :
1
Pinteris, GIORGOS, « Determinants of Commercial Bank Performance in Transition: An Application of
Data Envelopment Analysis », World Bank Policy Research Working Paper 2850, 2002.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 18
3. Concepts voisions
3.1 Profitabilité
La profitabilité représente le rapport entre le profit dégagé par la banque et les coûts qui
lui sont associées Elle est calculée en divisant le résultat net obtenu, par le chiffre d’affaires
réalisé.
3.2 Rentabilité
Melyon, définit la rentabilité d’une banque comme étant l’aptitude à produire un profit
ou un résultat. Pour juger la rentabilité d’une entreprise, il convient donc de rapprocher le
résultat dégagé avec les moyens mis en œuvre pour obtenir ce résultat, c’est-à-dire du capital
qui s’y trouve investi.
1
F, PINARDON, « La rentabilité : une affaire de points de vue », Edition L’Harmattan, Paris, France, 1989, p.
10.
2
Gérard NAULLEAU et Michel ROUACH, « contrôle de gestion et stratégie dans la banque », 3ème édition,
1998, p.57.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 19
3.3 Productivité
Tout comme la performance, la productivité est entendue par les économistes sous
plusieurs angles. En effet, lorsqu'on évoque la productivité en volume ou en valeur absolue, on
sous-entend la productivité totale.
La productivité globale est un rapport entre une production et la quantité des facteurs
utilisés pour y parvenir. Le rapport entre une production (en volume ou en valeur) et un facteur
exprimé en volume ou en valeur est associé à la productivité partielle1.
1
H, Mahé de BOISLANDELLE, op.cit. p : 342.
2
Ibid.
3
Henri BOUQUIN, « Le contrôle de gestion », 5ème édition, Presses Universitaires de France,
Collection Gestion, Paris, 2001, p. 51.
4
F, GIRAUD, « de gestion et pilotage de la performance », 2ème édition. Gualino éditeur, Paris, France, 2004,
p: 44.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 20
détient la banque est une dette exigible, et procure un avantage incitatif sur les autres
intermédiaires1.
1
J, HUGHES, et L. MESTER, « A quality and risk-adjusted cost function for banks: Evidence on the too-
big-to-fail doctrine », Journal of Productivity Analysis, 4(3), p: 315.
2
J, HUGHES, et L. MESTER, op.cit. p : 317.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 21
Dans cette section, nous allons présenter les différentes dimensions de la performance,
et ensuite nous passons à exposer les différents les facteurs qui permettent d’expliquer les
différences de performance entre les banques.
1. Dimensions de la performance
Une recherche dans la littérature montre que la notion de la performance revêt un caractère
polysémique et a plusieurs dimensions. Et selon Morin la performance a quatre dimensions à
savoir :
Elle mesure la capacité de la société à payer les actionnaires. En effet, pour attirer nouveaux
investisseurs ou ne pas "perdre" les partenaires existants, l'entreprise a pour objectif de
maximiser sa performance financière. En réalité, les deux dimensions financières économiques
sont le portail par lequel passe l'ensemble des autres dimensions de la performance, à savoir ;
la dimension sociale, la dimension politique et la dimension systématique.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 22
Apprécier la performance au sein d’une entité économique n’est pas une chose facile à
réaliser. De ce fait, la mise en place d’un système d’appréciation de la performance doit obéir
à des principes qui conditionnent son bon fonctionnement ; ces principes sont les suivants :
1
GIRAUD. F, SAULPIC. O, NAULLEAU G, Op.cit. P.72.
2
Ibid.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 23
a. Déterminants internes
Les déterminants internes sont des déterminants qu’ont une relation avec la banque elle-
même, et qui représentent les facteurs liés à la gestion interne de la banque comme la taille, le
risque de crédit, la liquidité……
3.1.1 La taille
L’impact de la taille sur les performances bancaires était sujet de discussion de plusieurs
études à travers les années, et les résultats de ces derniers se diffère entre les autres :
Le premier groupe affiche un impact positif sur la performance, ça relève aux travaux
de Short (1979), Smirlock (1985), Bikker et al. (2002) et Pasiouras et al. (2007). Ces autres
avancent les arguments suivants pour justifier leurs résultats1 :
- Une taille importante de la banque lui permet de réduire les coûts en raison des
économies d’échelle en réduisant sensiblement les coûts opérationnels en diminuant les
coûts personnels et administratifs.
- Les banques de taille importante peuvent en outre lever du capital à moindre coût, et
donc elles soient plus performantes que les petites banques, notamment lorsqu'on
évoque l'efficience coût.
Une étude européenne rejoint ce groupe et confirme que la taille de la banque joue un rôle
essentiel dans la détermination de l'efficience bancaire. Elle contribue souvent positivement et
significativement à l'efficience des banques en se reposant sur leur savoir-faire.
Le deuxième groupe, avancent un effet négatif de la taille sur la performance et
soulignent que plus une banque est grande, plus elle est difficile à gérer.
Dans la même logique, Kasman, trouve un impact significatif et négatif de la taille sur
la marge nette sur les intérêts (Net interest margin) en regardant un panel de 431 institutions
bancaires dans 39 pays.
1
SHORT, et al, « The relation between commercial bank profit rates and banking concentration in Canada,
Western Europe and Japan », Journal of Banking and Finance 3, 209–219, 1979, p: 34.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 24
De Jonghe conclut, notamment, que les petites banques sont davantage capables de
résister à des conditions économiques difficiles, tandis que Barros et al affirment que les petites
banques ont plus de chance d’obtenir de bonnes performances et moins de chances d’obtenir
des performances mauvaises.
Inversement, les grandes banques ont moins de chance d’obtenir de bonnes
performances et plus de chance d’obtenir de mauvais résultats. De nombreux autres auteurs,
tels Berger et al. répondent à l’argument sur les économies d’échelle et rétorquent que peu de
coûts peuvent être réduits simplement par l’augmentation de la taille.
Le troisième groupe avance un résultat neutre et montre que la taille de la banque n’a
aucun impact sur la performance des banques Il en est ainsi de Goddard et al. (2004), Micco et
al. (2007) et Athanasoglou et al. (2008).
3.1.2 La capitalisation
La capitalisation bancaire ou autrement dit l’adéquation des capitaux propres est une
variable qui a suscité l’intérêt de plusieurs auteurs comme (Bourke (1989), Berger (1995),
Demirgüç-Kunt et Huizinga (1999), Abreu et Mendes (2002), Goddard et al. (2004), Naceur et
Goaied (2001), Pasiouras et Kosmidou (2007), García-Herrero et al. (2009), Liu et al. (2010),
Naceur et al. (2010), et De Jonghe (2010)).
En étudiant l’impact de cette dernière sur la performance bancaire, les autres avancent
que les banques les plus performantes sont celles qui parviennent à maintenir un niveau élevé
de capitaux propres par rapport à leurs actifs.
Et voici un résumé des principales explications avancées par les auteurs pour justifier
leurs résultats1 :
- Un niveau élevé de capitaux propres peut réduire le risque encouru par les banques. Elles
peuvent donc se permettre, d’investir dans des actifs plus risqués et dont la rentabilité attendue
est bien sûr supérieure.
- Avoir un niveau élevé de capitaux propres est un signal très positif envoyé au marché sur la
solvabilité de la banque et de son risque de crédit très faible. En conséquence, de telles banques
sont capables de réduire leurs coûts de financement, par exemple en payant un faible taux
d’intérêt sur leur dette ;
1
Salwa BAHYAOUI, « les déterminants idiosyncratiques de la performance bancaire au Maroc : analyse sur
données de panel », european scientific journal, vol 13, 2017, p : 67.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 25
- Enfin, reprenant la théorie du signal, l’usage de capitaux propres (plus chers que la dette) pour
financer un projet indique au marché que la banque est très confiante en ses projets et que leur
rentabilité va être à la hauteur des attentes.
D’autres autres avancent aussi que les exigences en fonds propres ouvrent de grands
débats et peuvent être une arme à double tranchant. D’une part, « ces exigences favorisent la
stabilité financière en permettant la mise en place d'un volet de fonds propres contre les pertes
et en réduisant le comportement d'aléa moral des actionnaires incités à prendre des risques
excessifs1». D’autre part, ces exigences « peuvent contribuer à réduire les prêts bancaires
octroyés et à ralentir la croissance2 ».
3.1.3 La liquidité
1
essarossi Pierre, Weil Laurent. « Les exigences de fonds propres influencent-elles l'efficience des banques ?
Leçon d'une expérience naturelle en Chine ». Revue économique, vol. 66, n° 3. 2015. p. 506
2
Ibid.
3
D, OGIEN, « Comptabilité et audit bancaire », Ed. DUNOD, 2éme édition, Paris, France, 2008, p : 23.
4
M, ABREU, V, MENDES, « Commercial Bank Interest Margins and Profitability: Evidence from E.U.
Countries », Working Paper Series, Porto, 2002, p: 34.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 26
Cette variable est mesurée généralement par deux ratios : le ratio des provisions de
pertes de créances sur le total des créances, et le ratio des provisions sur créances douteuses sur
le total des créances.
Plusieurs auteurs ont étudié cette variable est son impact sur la performance tel que
Miller (1997), Athanasoglou et al. (2008) et Liu H. et al. (2010). Ces derniers trouvent qu’une
détérioration de la qualité du crédit réduit le ROA et le ROE, et de ce fait la performance.
L’étude de Dietrich et al. En 2011 sur la performance des banques en Suisse est
intéressante puisque les auteurs étudient l’impact de nombreuses variables sur la performance
tant avant la crise que pendant la crise.
Pour la variable qualité du crédit ils trouvent qu’elle n’avait pas d’impact
statistiquement significatif sur la performance des banques avant la crise, peut-être, parce que
les banques suisses n’avaient à cette époque que très peu de provisions pour pertes ou créances
douteuses1.
Avec l’arrivée de la crise le résultat a changé et les auteurs notent désormais un fort
impact positif de la qualité du crédit sur leur performance. Cela peut être expliqué par le volume
des provisions enregistré durant cette période.
3.1.5 La gouvernance
Parmi les auteurs qui ont étudient l’impact de la gouvernance sur la performance, nous
citons Beltratti et Stulz Ils utilisèrent pour ce faire le modèle CGQ (Corporate Governance
Quotient), qui, sur la base de nombreux critères tels que les pouvoirs et la composition du
conseil d’administration, la rémunération des directeurs, ou la présence d’un comité d’audit
indépendant, émet une note.
Ils montrent en effet que ce sont les banques dont le conseil d’administration était le
plus proche des actionnaires (nombreux actionnaires au CA, politique de la banque conforme
aux souhaits des actionnaires…) qui ont connu les pires performances. Cela soulève bien des
questions sur les moyens d’éviter une crise future2.
1
A, DIETRICH, G, WANZENRIED, « Determinants of bank profitability before and during the crisis:
Evidence from Switzerland », J. Int. Finance. Markets Inst. Money, 2011, p: 59.
2
A BELTRATTI, R, STULZ, « Why Did Some Banks Perform Better During the Credit Crisis? A Cross-
Country Study of the Impact of Governance and Regulation», ECGI’s Finance Working Paper No. 254, 2009,
p: 87.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 27
Des déterminants externes aux banques qui ont une relation avec l’environnement
extérieur, tels l’environnement économique, l’inflation. Dans ce qui suit nous allons exposer
l’impact de quelques facteurs sur la performance des banques.
3.2.1 L’inflation
1
FEMISE, « Convergence of banking sector regulations and its impact on bank performances and growth:
the case of Algeria, Egypt, Morocco, and Tunisia », The Centre for European Policy studies, n° FEM 33-04.
Belgium, 200, p: 01.
2
Ibid. p 1
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 28
Berger & De Young (1997) trouvent que l'une des principales raisons de la réduction de
l'efficience coût des banques est la gestion des problèmes de crédits. Ces derniers sont dus
principalement aux mauvaises conditions économiques et au ralentissement de la croissance 1.
C'est de cette logique qu'on considère que la croissance économique influence
positivement l'efficience des banques en favorisant le climat pour l'octroi des crédits, la
disponibilité de l'épargne, mais aussi, en améliorant la fonction de production.
2.3.3 La concurrence
1
Allen BERGER, Robert De YOUNG, « Problem loans and cost efficiency in commercial banks », Journal of
Banking and Finance, Vol. 21, 1997. pp. 849-870.
2
D, GRIGORIAN, V, MANOLE, « Determinants of Commercial Bank Performance in Transition: An
Application of Data Envelopment Analysis », World Bank Policy Research Working Paper 2850, 2002, p: 23.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 29
Le résultat de leur étude menée en 1999, montre qu’il existe une relation négative entre
la taille du secteur bancaire et la performance des banques. Cela est expliqué par le fait de
la concurrence, car plus le marché bancaire est grand, plus le nombre d’acteurs est important et
plus la concurrence est féroce, cette concurrence réduit progressivement la performance de
chacun des acteurs.
Ce résultat est confirmé dans une seconde étude publiée en 2001 menée sur la période
1990-1997, sur la base de données couvrant un grand nombre de pays. Ils montrent qu’un
impact statistiquement significatif existe : un système bancaire développé réduit la performance
à cause de la concurrence plus importante.
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques 30
Conclusion du chapitre
Pour mieux cerner cette notion nous allons exposer dans le chapitre suivant les
approches et les méthodes d’évaluation de la performance bancaire.
CHAPITRE II : Les techniques et les mesures de la
performance bancaire
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 32
Introduction du chapitre
La performance financière est la visée première et même légitime pour les entreprises
dans l’univers mondialisé et de concurrence généralisée.
Lorsque ce concept est utilisé dans le secteur bancaire, plusieurs problèmes peuvent
surgir dont le choix des intrants et des extrants. En d'autres termes, quelles sont les variables
qui représentent ce que la banque utilise pour produire quelles autres variables ? Et quelles sont
les méthodes d’évaluation de cette notion ?
Dans ce chapitre nous allons essayer de répondre à ces questions tout en exposent les
différentes approches de détermination des inputs et des outputs et les méthodes d’évaluation
utilisées.
Et la troisième sera consacrée à la présentation des méthodes basées sur la frontière, qui
sont les méthodes paramétriques et les méthodes non paramétriques.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 33
Les banques sont de plus en plus soumises à la sanction des marchés. Les pressions des
actionnaires pour maximiser le rendement des fonds propres ont amené certains établissements,
de manière analogue à ce qui est fait dans les autres entreprises, à définir de nouveaux critères
de gestion. Dérivés de la théorie financière, ces critères ont pour objectif de maximiser la
création de valeur au profit de l’actionnaire ou le cas échéant du sociétaire. Et pour atteindre
cet objectif les banques doivent être performantes. Donc l’objet de cette section est de présenter
les différentes méthodes d’évaluation des banques.
Il existe plusieurs raisons pour procéder à une évaluation d’une banque, nous citons les
plus pertinentes :
- Etablir les paramètres financiers afin d’amorcer une négociation dans un contexte de
vente ;
- Introduire un nouvel actionnaire dans une banque ;
- Établir les besoins d’une couverture d’assurance sur la vie d’un détenteur d’actions ;
- Le transfert d’une entreprise familiale ;
- Pour établir le bilan personnel du propriétaire de l’entreprise.
L’évaluation d’une banque constitue une démarche d’analyse des états financiers
(actuels et prévisionnels), des perspectives futures de la société et de son plan d’affaires, en vue
d’en obtenir la valeur de façon impartiale.
L’auditeur contrôle la valeur des immobilisations et analyse les rapports et estime leurs
valeurs terminales, mais le problème majeur de l’audit dans l’évaluation des banques réside
dans les crédits à la clientèle et l’appréciation de la couverture des risques liés à ces
engagements.
Les corrections de certaines données comptables
Pour faire une analyse comparative entre deux banques qui cherchent à faire un rapprochement,
il est primordial que les deux entités utilisent des règles comptables identiques ou au moins
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 34
conduisent à des évaluations peu différentes. Les origines des distorsions qui peuvent exister
dans l’évaluation des comptes des établissements de crédit peuvent être regroupées par nature :
- Ecarts liés à des modalités d’application différentes de règles identiques ;
- Ecarts dus à des options offertes par des textes ou des règles elles-mêmes ;
- Ecarts liés à l’absence de dispositions précises des textes et aux difficultés qu’ils laissent
aux établissements.
L’évaluation proprement dite d’une banque
Cette étape consiste à choisir une méthode d’évaluation et l’applique pour obtenir la valeur des
fonds propres de la banque objet de l’étude.
L’évaluation d’une banque est basée sur les mêmes principes généraux que n’importe
quelle autre entreprise : une banque vaut les flux qu’elle est susceptible de rapporter dans le
futur. Il n’en demeure pas moins que l’activité bancaire est spécifique (la dette n’est pas
seulement un mode de financement mais est au cœur de l’activité), diversifiée (banque de
réseau, activités de marché, gestion d’actif…) et soumise à des contraintes prudentielles portant
en particulier un niveau de fonds propres minimum.
2.1 La méthode des flux de trésorerie actualisés : la valorisation directe des fonds
propres
Dans une banque, la dette financière n’est pas seulement un moyen de financement mais
le cœur de l’activité, puisqu’elle représente les ressources prêtées au client et qui génèrent le
Produit Net Bancaire dans le cadre de l’activité d’intermédiation.
Dans ce contexte, calculer le cash-flow d’exploitation sur la base d’un flux hors frais
financiers n’aurait pas de sens. Dès lors, on actualise des flux disponibles pour les actionnaires
qui permettent de valoriser directement les fonds propres.
Résultat net
+ Amortissement
= Cash – flow généré par les opérations
1
Comment évaluer une banque ?, https://www.vernimmen.net consulté le 12/03202.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 35
+
Augmentation nette des dépôts
+ Augmentation nette de la dette financière
+ Augmentation nette des -autres dettes
= Ressources bilancielles
-
Mise en place nette de prêts
+ Augmentation nette des emplois financiers
+ Investissements nets
+ Augmentation nette des autres actifs
= Emplois bilanciels
Ensuite nous passons à calculer la valeur terminale qui représente la valeur de la banque
à l’issue de l’horizon de prévision du business plan. Comme pour les entreprises industrielles
et commerciales, deux méthodes sont possibles pour calculer la valeur terminale : l’application
d’un multiple de sortie aux agrégats de la dernière année du business plan (multiple d’actif net
ou de PER, sur la méthode des comparaisons boursières et des transactions comparables) ou
l’actualisation à l’infini d’un résultat net distribuable supposé normatif1.
2.2 La méthode des flux de trésorerie actualisés simplifiée : Warranted Equity Value
(WEV)
Cette méthode est utile lorsque l’établissement évalué est à maturité, et lorsque nous
pouvons appliquer, à son résultat net, un taux de croissance constant.
1
Idem.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 36
La valeur des fonds propres, selon cette méthode est égale aux capitaux propres
multipliés par un facteur égal au rapport entre le ROE et le coût des fonds propres, corrigés par
le taux de croissance annuel anticipé du résultat net1 :
Avec :
Kp : montant des fonds propres ;
ROE : rentabilité des fonds propres ;
g : taux de croissance ;
Kcp : taux des capitaux propres.
2.3 La méthode des comparaisons boursières et des transactions comparables : les
multiples de résultat net et d’actif net comptable
Les multiples privilégiés dans cette méthode sont le multiple du résultat et celui de l’actif
comptable, et comme la méthode des flux de trésorerie, cette méthode permet de calculer
directement la valeur des capitaux propres sans passer par la valeur de l’entreprise.
Le multiple de résultat net (PER) comme dans le cas des sociétés industrielles et
commerciales, il se base sur des résultats nets avant intérêts minoritaires, amortissement des
survaleurs et éléments exceptionnels.
Le multiple de l’actif net comptable nécessite une analyse de régression linéaire, pour
corriger les multiples du différentiel de rentabilité entre les différentes banques de l’échantillon.
L’analyse de la régression suit les étapes suivantes :
- Élaborer un échantillon de banques cotées comparable à celle qu’on veut l’évaluer ;
- Calculer un multiple de l’année en cours et les années suivantes ;
- Elaborer une droite de régression avec une abscisse de ROE et une ordonnée du multiple
d’actif net ;
- Déterminer un multiple d’actif net pour la banque à évaluer en lecture directe, en
fonction de son ROE anticipé.
1
Khaled ZOUARI, cours évaluation d’entreprise, institut de financement et du développement du Maghreb arabe,
Tunis, 2019.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 37
2.4 La méthode de l’actif net réévalué : l’application de la méthode « sum of the parts »
à l’évaluation des différents métiers de la banque
La valeur des fonds propres est égale à la somme de la valeur de chacun des métiers qui
la composent. Et chaque métier est évalué en mettant en œuvre la méthode la plus pertinente.
Chaque méthode doit tenir compte des perspectives de rentabilité et du risque lie à
chaque métier, et voici un schéma des métiers les plus utilisées par les banques.
Tableau 2: rentabilité - risque
Rentabilité et risque
Banque de financement + ++
Méthodes de valorisation
DCF WEV Comparables Autres
Banque de réseau +++ +++ ++
Gestion d'actifs ++ +++ +++
Banque de financement + +++ -
Banque d'investissement - +++ +
Source : comment évaluer une banque ?, https://www.vernimmen.net consulté le 12/03202.
1
Ibid.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 38
D’après le tableau nous pouvons dire que la méthode WEM est adaptée pour tous les
métiers, puisque c’est une méthode rapide. Et que la méthode des comparables nécessite de
disposer d’échantillons de « pure players » cotés dans chacun des métiers.
2.5 La méthode EVA/ MVA
Les méthodes d’analyse financière basées sur la valeur des fonds propres, tel MVA et
EVA, ont été développées initialement aux États-Unis pour les entreprises industrielles et
commerciales. L’approche MVA-EVA est également utilisée par quelques grands groupes
industriels français.
Récemment, l’utilisation d’une telle approche s’est développée chez les analystes
financiers et les gestionnaires de fonds pour évaluer les performances des établissements
bancaires. Ces analyses ont surtout concerné jusqu’ici les banques américaines.
La mise en œuvre de cette méthode dans le secteur bancaire nécessite une adaptation
aux spécificités de ce dernier, nous parlons particulièrement de deux variables suivants : le
résultat économique et les capitaux investis.
- Le résultat économique : est mesuré par le résultat net après effectuées des
retraitements spécifiques aux banques : dotations et reprises au fonds pour risques
bancaires généraux, prise en compte des profits latents sur portefeuille de placement.
- Les capitaux investis : la principale contrainte des banques est de disposer de fonds
propres d’un niveau suffisant pour absorber des pertes potentielles et satisfaire aux
exigences des ratios de solvabilité et, de plus en plus, des agences de notation. On parle
ici du capital risque qui est quantifié à deux ou trois fois la valeur de l’écart-type de la
volatilité de la valeur de marché de l’actif considéré.
Afin d’analyse leurs positions concurrentielles, les banques doivent analyser leurs
indicateurs de performances, qui sont le plus souvent matérialisés par des rapports appelés
également ratios de performance.
La méthode des ratios, consiste à mettre en rapport les données comptables les plus
significatives, permettant ainsi d’informer l’analyste financier sur de nombreux aspects de la
banque, sa structure, sa productivité, sa rentabilité et sa gestion. C’est aussi, un moyen de
comparaison entre les banques.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 39
Deux approches existent dans la littérature pour déterminer les intrants et les extrants
des banques, 'approche de production et l'approche d'intermédiation.
1.1 Approche de production
A l’issue des lacunes de l’approche de la production, lesquelles ont révélé ses carences
dans la conception de l’activité réelle de la banque, est apparue l’approche de l’intermédiation,
dite aussi approche en valeur (intermediation or asset approach). La présente approche s’inscrit
1
Thakor ANJAN, Boot ARNOUD, «Handbook of Financial Intermediation and Banking», Elsevier,USA,
2008. Pp.151-152.
2
Mohamed MOSTAFA, « Modeling the efficiency of top Arab banks: A DEA-neural network approach »,
Expert Systems with Applications36, 2009, pp.309–320, p: 76.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 40
dans l’esprit d’un renouvellement de la réflexion sur la nature de l’activité bancaire, question
qui est souvent au cœur d’une très dense littérature dès le début des années quatre-vingt.
L'approche intermédiaire considère le processus de production d'une banque comme une
intermédiation financière, c'est-à-dire, la réception des fonds puis l’octroi de ces fonds sous
forme de prêts bancaires. Ainsi, cette approche se focalise sur les coûts totaux, y compris les
frais d'intérêts et d'exploitation. Les extrants sont mesurés en unité monétaire de chaque type
de prêts bancaires. Les intrants sont le travail, le capital physique, les dépôts, d'autres fonds
empruntés et dans quelques études le capital financier 1.
Dans l'approche intermédiaire, les banques sont les principaux intermédiaires de fonds
entre les épargnants et les investisseurs. Les inputs et les outputs sont mesurés en unité
monétaire et peuvent être comme le confirme Seiford et Zhu, les actifs et le capital pour les
inputs et le profit, le revenu sur les actifs (ROA) et le revenu sur le capital (ROE) pour les
outputs. Il est cependant essentiel de rappeler que la disponibilité des données impose de fortes
restrictions sur le type de variable que le chercheur peut utiliser 2.
Pour résumer, l’approche de la production qualifie la banque de producteur de services
qu’elle vend à des clients, contrairement à l’approche d’intermédiation, pour qui, la banque joue
simplement le rôle d’un intermédiaire financier. Les principales divergences qui différencient
les deux approches concernent la prise en compte des coûts financiers et la spécification des
dépôts.
Les dépôts doivent-ils être considérés comme des inputs ou des outputs ? Les réponses
à cette question sont diverses. Hancock, Hughes, Mester et Moon ont proposé de faire des tests
économétriques permettant de déterminer la nature des dépôts.
A ce jour, la théorie a du mal à définir l’activité bancaire d’une façon indéniable. De ce
fait, aucune de ces deux approches ne domine l’autre, comme le précisent, entre autres, Saad et
Moussawi (2008)3. Quoique, les scores d'efficience issus de l'approche intermédiaire sont
généralement supérieurs aux scores d'efficience obtenus par l'approche de production 4.
1
Thakor ANJAN, Boot ARNOUD, op-cit. pp. 151-152.
2
Mohamed MOSTAFA, op-cit. pp.309–320, p:79.
3
Abdelkhalek TOUHAMI, Sana SOLHI, « Efficience et productivité des banques commercials marocaines:
Approche non paramétrique », Economic research forum working paper series, working paper n°466, 2009, p:
45.
4
Drake Leigh, Hall Maximilian, Simper Richard. « The impact of macroeconomic and regulatory factors on
bank efficiency: A non-parametric analysis of Hong Kong's banking system ». Journal of banking and finance,
Elsevier, Vol 30(5), 2006, pp. 1443-1466.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 41
Les inputs de la banque peuvent être définis comme étant les ressources employées par
les agences bancaires, les variables retenues généralement sont :
Nombre d’employés à temps plein, le montant du loyer, les coûts d’exploitation (hors
frais de personnel et loyer) ;
Un taux évaluant la qualité de l’espace client, les dépenses téléphoniques, le nombre
d’ordinateurs, l’activité marketing qualifiée par un indice ;
Le nombre de comptes professionnels et le nombre de comptes particuliers ;
Le nombre d’heures travaillées, les frais opérationnels, la surface en mètres carrés.
Pour mesurer leurs performances, les banques et les établissements financiers utilisent
deux méthodes traditionnelles de mesure à savoir : les Soldes intermédiaires de Gestion (SIG)
et la méthode des ratios.
Cette méthode consiste, à partir des produits et des charges du compte de résultat, à
identifier des soldes successifs. Ces soldes sont au nombre de cinq : Produit net bancaire,
Résultat brut d’Exploitation, Résultat d’Exploitation, Résultat courant avant impôt et le Résultat
net.
PNB = Produits d’exploitation bancaire – Charges d’exploitation bancaire
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 43
Après règlement de l’impôt sur les sociétés (IS), ce résultat d’exploitation devient le Résultat
net (RN).
Le fait que les différents facteurs soient souvent liés entre eux de manière séparée, fait
qu’il faudrait se méfier devant une banque affichant d’excellentes notes sur l’ensemble des
critères, et inversement 1.
L’évaluation se traduit par l’attribution d’une note individuelle à chaque composante, qui
varie sur une échelle de un (1) à cinq (5). Les notes des six composantes, sont alors pondérées, afin
d’obtenir une seule note (rating) ou note composite, qui synthétise l’ensemble des informations
1
M. ROUACH et G. NAULLEAU, Le contrôle de gestion bancaire et financier » Edition banque éditeur,
n°03, Paris, France, 2001, p : 45.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 44
fournies par les différentes composantes, et qui reflète le profil risque et la situation globale de
l’institution financière. Cependant, la note composite, n’est, toutefois, pas une moyenne
arithmétique des notes des six composantes. Cette note finale est définie également sur une
graduation de 1 à 5. Ainsi, les banques et les établissements financiers notés :
- L : La liquidité ;
L’adéquation des fonds propres, est définie selon le concept d’actifs pondérés en
fonction du risque, les actifs plus sûrs, doivent être couverts par moins de fonds propres, et les
actifs plus risqués, doivent être affectés d'une pondération plus élevée. En d'autres termes, plus
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 45
les actifs sont risqués, plus la banque doit constituer davantage de fonds propres1.Les principaux
ratios utilisés au niveau de cet indicateur sont les suivants :
Ratio de solvabilité : Ce ratio est préconisé, pour garantir que les banques puissent
supporter un montant raisonnable de pertes, survenant au cours des opérations, et pour
déterminer leur capacité de charge. Plus le ratio est élevé, plus les banques sont plus
fortes, donc les investisseurs sont mieux protégés.
La qualité des actifs permet de mesurer la solidité et la santé d’une banque par rapport
à une perte de valeur de ces actifs. En effet, la dépréciation des actifs entraine un risque sur la
solvabilité bancaire et engendre un effet de propagation sur les autres comptes.
1
M. Mehdi MENCHIF, M. Mohamed CHEMLAL & M. Moulay Driss SAIKAK, « La performance financière
des banques au Maroc : Une analyse par l’approche CAMELS », thése de doctorat, Université Mohammed V
Rabat, Maroc, p : 7.
2
Sid Ali KOURTAA, « les déterminants de la performance bancaire : cas banques Algériennes », mémoire
de master, école supérieure de commerce, Alger, p : 67.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 46
De ce fait, la plupart des pertes seront récupérées via le capital et impactera la capacité
de l’établissement à réaliser des bénéfices. En général, une mauvaise qualité des actifs reste la
principale cause de la faillite bancaire 1.
La principale préoccupation de toutes les banques commerciales, est de maintenir le
montant des prêts non productifs à un niveau faible. En effet, le niveau élevé des prêts non
productifs, affecte la rentabilité de la banque 2. Les ratios suivants sont requis pour évaluer la
qualité des actifs :
Ratio de couverture de perte : Un niveau élevé d’actifs non performants, signifie, plus
d'actif douteux et plus de pertes, ce qui est contraignant pour la performance financière
future de la banque.
Ratio de Couverture de perte de prêt = Provision pour perte / Total crédits accordés
Avances garanties par rapport au total des avances : Plus la garantie contre les
emprunts est élevée, plus le risque est élevé et inversement.
Ratio de garantie = Valeur marchande des garanties / Total des avances accordées
Crédits aux secteurs prioritaires par rapport au total des avances : Pour assurer une
meilleure adaptation du système bancaire, aux besoins de la planification économique,
les prêts aux secteurs prioritaires, jouent un rôle plus actif24. L'émission d'avances et de
crédits au secteur prioritaire, est l'objectif principal des banques. Ces avances
comprennent les prêts agricoles, les avances dans les petites industries, les avances dans
les micro-industries, les crédits à l'exportation et les avances aux couches les plus
défavorisées3
Ratio de crédit sectorielle = crédits accordés aux secteurs prioritaires / Total crédit
1
Christopoulos et al, « Could Lehman Brothers’ collapse be anticipated? An examination using CAMELS
rating system », International Business Research, 4(2), 2011, p : 11-19.
2
M SANGMI, T NAZIR, « Analyzing financial performance of commercial banks in India: Application of
CAMEL model ». Pakistan Journal of Commerce and Social Sciences, 4(1), 2010, p: 40-55.
3
Ibid.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 47
sûr, sain et efficace conformément aux lois et réglementations 1. Les ratios nécessaires pour
évaluer l'efficacité de la gestion sont :
Ratio d’allocation des dépôts : Ce ratio traduit, l’efficacité de la gestion de la banque
en matière d’utilisation des dépôts, plus le ratio est élevé mieux c’est.
Ratio d’allocation des dépôts = Total des crédits accordés / Total des dépôts
Rendement des avances : Plus le ratio de rendement des avances est élevé, plus la
productivité et la rentabilité des fonds et du personnel, seront élevées, et inversement.
Elle représente une mesure quantitative du succès du management dans les domaines
clés, qui sont, la qualité des actifs, le contrôle des frais généraux, la capacité à étudier les
conditions internes de génération des revenus, ainsi que les variables externes, telles que les
aléas de la conjoncture économique, ou d’autres événements imprévisibles, susceptibles
d’affecter les résultats de gestion. Et nous pouvons la mesurer par les ratios suivants :
1
GUPTA et KAUR, « A CAMEL Model Analysis of Private Sector Banks in India », Journal of Gyan
Management, vol. 2, no. 1, 2008, pp. 3-8.
2
M SANGMI, T NAZIR, op.cit, p : 52.
3
DECHOW, SCHRAND, « earnings Quality », The Research Foundation of CFA Institute, United States of
America, 2004, p: 67.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 48
Ratio de la marge d’intérêt : La marge nette d'intérêt, mesure la différence entre, les
revenus d'intérêts générés par les banques et le montant des intérêts versés à leurs
prêteurs, par rapport au montant de leurs actifs 1.
Liquidité (Liquidity)
L’effet défavorable de l’augmentation des liquidités, sur les institutions financières,
indique que, bien que, des actifs plus liquides améliorent la capacité de lever des fonds à court
préavis, mais réduisent également la capacité de la direction, à s’engager de manière crédible,
dans une stratégie de placement protégeant les investisseurs 2.
La liquidité constitue un facteur essentiel au sein d’une banque, dans la mesure qu’elle
permet d’influencer sur les flux de trésorerie, et des investissements futurs. Elle désigne la
capacité qu’une banque à posséder assez de liquidité pour répondre aux besoins des déposants
et des emprunteurs. Plusieurs ratios sont utilisés pour la mesurer nous citons les suivants :
Sensibilité (Sensitivity)
La sensibilité aux risques du marché est corrélée aux facteurs tels que la variation
des taux d’intérêts, les taux de change et la valeur des capitaux propres. Elle désigne le
niveau des effets indésirables engendrés par les fluctuations des taux d’intérêts, des taux de
1
M. Mehdi MENCHIF et al, « La performance financière des banques au Maroc : Une analyse par l’approche
CAMELS », université Mohamed V rabat, Maroc, p21.
2
S MYERS, R RAJAN, « The paradox of liquidity », Quarterly Journal of Economics, vol.113, no3, pp. 733-
771, 1998.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 49
Ratio des gains de prix : Ce ratio est un signe de surchauffe des marchés boursiers. Le
ratio cours / bénéfice, est plus prévisible sur les marchés émergents, et peut être utilisé
pour prévoir les rendements futurs en particulier, pour choisir les horaires d’entrée ou
de sortie et la sélection des actions.
Ratio des gains de prix = Valeur de marché par action / Bénéfice par action
Ratio des titres : Plus ce ratio est élevé, plus le risque est élevé, ce qui signifie que le
portefeuille de la banque est soumis au risque de marché. Abaisser ce ratio est bon pour
la banque car il caractérise sa résilience au risque de marché 1.
Ratio des titres = Titres détenus par la banque / Total des actifs
La limite primordiale que présente les méthodes d'analyse traditionnelles, est qu'elle
tente d'évaluer la banque à travers quelques ratios quantitatifs ; alors qu'en réalité, la
performance d'une banque est affectée non seulement par les variables internes de nature
quantitative (les ratios financiers), mais aussi par les variables internes de nature qualitative
(l'organisation, les choix de gestion...). Du moment où elles opèrent dans un environnement
concurrentiel. Pour cela il apparait d’autres méthodes qui se basent la notion de la frontière, elle
sera l’objet de notre deuxième section.
1
S GUL, et al, « Factors affecting bank profitability in Pakistan », The Romanian Economic Journal, vol. 2,
no. 3, 2011, pp. 6-9.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 50
L’application des méthodes non paramétriques date du milieu des années 80, l’article
de Sherman et Gold Bank branch operating efficiency : « Evaluation with Data Envelopment
Analysis », est généralement considérée comme la première étude appliquant cette technique
au secteur bancaire.
Les méthodes non paramétriques n’imposent pas de forme à priori de la relation qui lie
les inputs et les outputs. Dans cette catégorie, on distingue Data Enveloppement Analysis
(DEA), encore appelé la méthode d’enveloppement des données et le Free Disposal Hull
(FDH).
1.1 Data Enveloppement Analysis (DEA)
Cette méthode est qualifiée de méthode d’enveloppement des données et comme son
nom le suggère, elle détermine une enveloppe qui contient toutes les observations efficientes
ainsi que leurs combinaisons linéaires, les autres observations (celles qui sont inefficientes) se
situent en dessous.
La méthode DEA a été développée par Charnes et al en 1978 pour évaluer l’efficience
d’un programme fédéral américain d’allocation de ressources aux écoles (« Programme Follow
Through »). L’utilisation de la méthode DEA s’est ensuite généralisée dans les autres
organisations publiques (hôpitaux, usines électriques, unités de police, usines de traitement des
déchets, entreprises de transports publics, entreprises forestières, théâtres, etc.) et dans le
secteur privé (banques, assurances, commerces de détail, etc.).
Cette méthode « consiste à chercher pour chaque producteur s’il existe un autre
producteur qui le surclasse au sens de Koopmans : celui-ci est ‘’meilleur’’ que le producteur
initial auquel il est comparé, s’il produit une plus grande quantité d’outputs à quantité d’inputs
donnée, ou si, à quantité d’outputs donnée, il utilise une quantité moindre d’inputs. S’il existe
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 51
1
M BEKKAR, « Etude comparative d’un réseau bancaire modélisation de la consommation des ressources
par la régression PLS, et application du benchmarking interne par la technique Data Envelopment Analysis
(DEA) », Mémoire de magistère en économie et statistiques appliquées non publié, L’institut national de la
planification et de la statistique, Alger, p : 36.
2
P BADILLO, J PARADI, « La méthode DEA : analyse des performances », Hermes science publication. Paris.
1999. P : 18.
3
P BADILLO, J PARADI, op-cit. pp. 22-23.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 52
l'échantillon, des données et de la période examinée. Les résultats sont donc très susceptibles
aux erreurs qui peuvent se produire lors de la collecte ou du traitement des données 1. Aussi, la
méthode DEA considère qu'une déviation de la frontière efficace est une inefficience et qu’il
n'existe aucun effet dû à des fluctuations aléatoires.
1.2 Free Disposal Hull (FDH)
La méthode Free Disposal Hull (appelée la méthode FDH) est une autre approche non
paramétrique proposée par Deprins, Simar, et Tulkens (1984). Elle assume uniquement la libre
disposition des outputs et des inputs sans préciser la forme fonctionnelle de la frontière,
contrairement à la méthode DEA qui en plus de la libre disposition des inputs et des outputs,
suppose également la convexité de la frontière.
Initialement, la méthode FDH assumait un rendement d'échelle variable. Plus tard,
d'autres spécifications ont été introduites aux modèles de la méthode FDH telles que les
rendements d'échelle non croissants, les rendements d'échelle non décroissants et les
rendements d'échelle constants.
La frontière des possibilités de la méthode FDH est composée uniquement des sommets
(des pics) de la frontière obtenue de la méthode DEA. Les points de la méthode FDH se situent
alors à l'intérieur de ces pics. La moyenne de l'efficience de la méthode FDH est alors supérieure
à la moyenne obtenue par la méthode DEA.
1.3 Développements récents des méthodes non paramétriques : l’’inférence statistique, le
« Bootstrapping » et les approches stochastiques
Les techniques dites de « Bootstrapping » émergent pour répondre aux insuffisances des
méthodes non paramétriques, nous parlons de leur nature non statique.
La technique nous fournit un moyen approprié pour analyser la sensibilité des scores
d’efficience relatifs aux variations d'échantillonnage de la frontière calculée en évitant les
inconvénients des distributions d'échantillonnage asymptotiques 2.
Dans ce contexte, Ferrier & Hirschberg (1997) font dériver des intervalles de confiance
à partir des niveaux d'efficacité d'origine en utilisant la puissance de calcul pour obtenir des
distributions empiriques pour les mesures d'efficacité.
1
Ibid.
2
Yassine BENZAI, « Mesure de l’Efficience des Banques Commerciales Algériennes par les Méthodes
Paramétriques et Non Paramétriques », thèse de doctorat, Université Abou Bakr BELKAID, TLEMCEN,
Algérie, 2016, p : 89.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 53
2. Méthodes paramétriques
Elle repose sur l’hypothèse suivante : les observations non efficientes suivent une
distribution asymétrique (habituellement une loi normale standard). Ainsi, les observations
inefficientes doivent avoir une distribution tronquée puisqu’elles ne peuvent être négatives.
Cela veut dire que l’erreur est décomposée en deux termes : une composante
d’inefficacité et une composante aléatoire qui combine les erreurs de mesure et les chocs
exogènes. La composante aléatoire suit une distribution symétrique normale, tandis que la
composante inefficacité suit une distribution asymétrique définie positivement pour une
fonction de coût et négativement pour une fonction de production.
1
Weill Laurent. « Propriété étrangère et efficience technique des banques dans les pays en transition : Une
analyse par la méthode DEA », Revue économique, Vol. 57, 2006/5, pp. 1093-1108.
2
D AIGNER et al, « Formulation and estimation of stochastic frontier production function models », Journal
of Econometrics, 6, 21–37.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 54
Cette approche qui est proposé par les auteurs : AIGNER, LOVELL, ET SCHMIDT en
1977, se base sur le modèle suivant :
Yi= f (xi, B) + vi avec vi= si – ti
f (xi, B) : une fonction de production d’une forme choisi a priori ;
B : les paramètres b sont inconnus ;
vi : le terme d’erreur ;
si : est un terme purement résiduel prenant en compte les variations d’output de l’entreprise qui
ne sont pas sous son contrôle ;
ti : représente l’inefficacité technique de la firme i.
A partir du modèle de base développé par AINGER, LOVELL et SCHMIDT, nous
définitions la frontière des coûts efficace, pour un échantillon de N banque par :
Cette méthode prend comme hypothèse l’existence d’une moyenne d’efficience pour
chaque firme sur un intervalle de temps donné et elle se distingue par la variable d’erreur qui
est considérée comme constante1.
1
C PARMETER, S KUMBHAKAR, « Efficiency Analysis: A Primer on Recent Advances », Lecture notes for
several short courses presented at Aalto University, the University of Stavanger, and Wageningen University in
2013.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 55
aucune hypothèse quant à la distribution des termes d'erreurs. II suppose uniquement que le
niveau d’inefficacité est stable dans le temps et l'erreur aléatoire tend en moyenne vers zéro.
Dans cette approche, l'inefficience managériale est assumée d'être constante à travers le
temps. D'où, pour des données panel, on peut déduire que uti = ui. De l'autre côté, l'erreur
statistique vti s'annule à travers les années. Le model pour des données panel prend la formule
suivante :
lnTC = ln Ct (Yit, wit) + ln ui+ ln vti
Où :
TC représente les coûts totaux de l'entreprise i en période t,
C : est la fonction coût de l'industrie en période t,
Yti : est un vecteur d'output, wti est un vecteur des prix des inputs e
Ln : représente le logarithme népérien.
Le terme d'erreur devient alors :
Ln ti = ln ui+ ln vti.
La moyenne des résidus de la régression par l'unité transversale i est alors utilisée pour estimer
ln ui.
2.3 Approche De Thick Frontier (TFA)
Afin de surmonter les limites des méthodes paramétriques, la littérature a fait recours à
de nouvelles méthodes et approches, nous citons parmi eux les modèles bayésiens.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 56
Aucune des deux approches dépasser l’autre, ou elle est préférable que l’autre, chacune
a ses avantages et ses incontinents. La méthode non paramétrique n’imposer aucune forme
fonctionnelle à la fonction de production ni de restriction sur la distribution du terme de
l'inefficience, d’autre coté les approches paramétriques imposent une forme fonctionnelle qui
présuppose la forme de la frontière.
Néanmoins, les auteurs proposent des conditions de consistance pour qu’une technique
soit privilégiée à une autre : (Norman ; 2007) :
- Une distribution comparable aux autres méthodes communes ;
1
Yassine BENZAI, op.cit., p : 98.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 57
- Les scores d’efficience devraient être consistants avec les mêmes conditions concurrentielles
du marché et pendant la même période.
Selon Kalaitzandonakes, et al, la méthode non paramétrique est meilleure, et pour
défendre son avis il avance les raisons suivantes :
- La fonction frontière obtenue par les procédures non paramétriques est déterministe ;
ceci signifie que tout écart qu'une firme affiche par rapport à cette frontière est attribué
à l'inefficacité, aucune variation aléatoire n'est possible ;
- La fonction frontière estimée par de telles procédures n'a aucune propriété statistique
permettant de tester des hypothèses ;
- La fonction frontière estimée à l'aide de ces procédures est très sensible aux observations
extrêmes, qui sont en grande partie responsables de la détermination de cette frontière.
CHAPITRE II : Techniques et mesures de la performance bancaire 58
Conclusion du chapitre
A l’issue de chapitre, nous pouvons conclure que plus la banque est performante plus la
création de valeur est importante et considérable pour les actionnaires.
En premier lieu, nous avons présenté la nécessité d’évaluer une banque pour les
actionnaires et les partenaires, ainsi nous avons évoqué les différentes méthodes d’évaluation
d’une banque, ou nous avons pu ressortir que la méthode WEM est adaptée pour tous les métiers
de la banque, puisque c’est une méthode rapide.
Les approches traditionnelles se sont des techniques basées sur des données comptables
issues des états financiers, nous citons la méthode des soldes intermédiaires de gestion et la
méthode basée sur les ratios.
Les approches basées sur la frontière subdivisent en deux catégories, des approches non
paramétriques qui n’imposent pas de forme à priori sur la relation qui lie les inputs et les outputs
et contient deux méthodes : la méthode DEA et la méthode FDH.
Des approches paramétriques qui spécifient une relation structurelle entre les inputs et
les outputs, et contient trois méthodes : la méthode SFA, la méthode DFA, et la méthode TFA.
Le choix d’une approche d’évaluation a fait toujours un sujet de débat entre les
chercheurs, y en a ceux qui privilégient l’approche paramétrique et d’autres qui privilégient
l’approche non paramétrique, et notre avis il n’a y pas une approche meilleure qu’une autre
chacun a ses avantages et ses inconvenantes, le choix dépend de la disponibilité des données et
les spécificités du secteur bancaire objet d’étude.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un
établissement bancaire
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 60
Introduction du chapitre
La banque est comme toute autre entreprise, elle a un statut juridique, une organisation,
un système de pilotage, des produits et une stratégie.
Mais son premier rôle est la création de la monnaie, elle recueille l’épargne du public,
elle gère les moyens de paiement.
Les banques sont exposées à une typologie de risques qui leur est particulière, et pour
cela le secteur bancaire est placé sous la haute surveillance des autorités.
Dans ce chapitre, nous exposons les typologies des coûts supportés par l’organisme
bancaire par la suite nous présentons les méthodes et les instruments d’analyse de la rentabilité
de la banque et enfin nous présentions une analyse du couple coût-performance.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 61
La dimension coût et la réduction des frais généraux, ont eu, depuis une quinzaine
d’année, une place centrale dans la stratégie des établissements bancaires et elles ont contribué
à la structuration de la fonction contrôle en leur sein. Cette volonté de réduction des coûts est
toujours apparue comme le moyen principal d’améliorer la rentabilité, ainsi qu’elle a conduit
assez logiquement à une évolution de l’organisation des banques pour gagner en efficacité et
par conséquence en performance. Cette section est consacrée à la présentation des couts
bancaire.
La définition du coût doit cependant être précisée, car elle a évolué dans le temps et ses
limites doivent être posées.
Une troisième définition pour le contrôle de gestion le coût est l’évaluation monétaire
d’un ensemble de ressources utilisées dans un certain but (exemple : coût de production).
Un calcul de coût se caractérise par les six éléments suivants :
1
http://unt.unice.fr/aunege/Comptabilite_analytique_L2/html/lecon_02.html, consulté le 25/03/2020 à 11H00
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 62
Quels sont les critères d’imputation des ressources à l’objet du calcul de coût ?
Et donc nous pouvons dire qu’un coût peut être défini comme la somme des charges
relatives à un élément (produit, activité, fonction…). Cette définition revient à dire que le coût
est constitué de l'ensemble des frais engagés dans une opération, de quelque nature qu'elle soit.
En règle générale, ces frais sont recensés dans le compte de résultat, d'où l'utilisation du terme
de charges.
Le coût se caractérise par trois particularités indépendantes les unes des autres : le champ
d'application, le moment du calcul, le contenu.
1
Bernard GUMB, Cours de comptabilité de gestion, p : 19.
2
Ibid. p : 20.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 63
Le contenu : Selon que le gestionnaire retient la totalité des coûts dans l'entreprise ou
une partie seulement, on obtiendra un coût complet ou un coût partiel 1.
Et enfin le calcul des coûts permet de quantifier les objectifs, de valoriser les moyens
mis en œuvre et de donner une mesure synthétique ou analytique des résultats obtenus ou
prévus. Les coûts n’ont pas de réalité intrinsèque, mais offrent uniquement une représentation,
une description du réel de manière simplifiée.
On peut distinguer quatre types de coûts, lesquels en se croisant forment quatre sous-
catégories :
Les coûts variables ou opérationnels sont des coûts constitués seulement par les charges
qui varient avec le volume d'activité de la banque (par exemple, les quantités de services rendus)
sans qu'il y ait nécessairement exacte proportionnalité entre la variation des charges et la
variation du volume des services obtenus2.
Nous pouvons dire aussi que les coûts variables sont les coûts des facteurs variables,
c'est-à-dire des facteurs de production dont les quantités varient avec le niveau d'activité de
l’organisme bancaire.
- Les coûts d’assurance : le prix que le preneur d'assurance doit payer pour pouvoir
bénéficier de la couverture d'assurance en cas de sinistre. La prime se compose de trois
parties : la partie « risque », la partie « frais » et la partie « bénéfice ».
- Les coûts des risques bancaires : ensemble des coûts inhérents aux risques qu'ils soient
de change, de défaillance, de contrepartie, de crédit, etc. L'ensemble des risques présente
un coût expliqué notamment par l'obligation de dotations aux provisions.
Ce risque entraînera par exemple un surcoût lors de la demande d'un emprunt. Compte
tenu de votre profil, la banque pourra exiger une rémunération supérieure, et donc un
taux d'intérêt plus élevé pour compenser un risque plus élevé.
- Les coûts des conseils auprès d’un avocat : ce sont les honoraires d’avocats, sont dits
libres, c’est-à-dire que ces professionnels peuvent fixer le tarif qu’ils veulent et le
modifier en fonction de la demande du client
1
Ibid. p : 20.
2
https://www.google.com/gestiondescoutsbancaires , consulté le 20/02/2020, à 18H34.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 64
Les coûts fixes correspondent aux charges engendrées par l'administration ou les
investissements durables. Ils ne sont pas proportionnels aux quantités fabriquées. Donc ce sont
des coûts indépendants du niveau d'activité ou des quantités produites dont l’organisme
bancaire doit s'acquitter pour son bon fonctionnement 1.
- Loyer ;
- L’électricité, l’eau, les lignes téléphoniques, et les charges de réseau internet.
- Les salaires versés aux personnels ;
- Les charges de la sous-traitance (service de sécurité, ménage, système d’informatique
et d’entretien, plomberie…) ;
- Les charges de déplacement ;
- Les fournitures de bureau : les objets bureautique (les stylos, crayons, papiers, agrafes,
tampons…).
De ce fait, nous pouvons dire qu’il est possible de modéliser le comportement des
charges de l’entreprise en fonction du niveau d’activité.
On a ainsi : Total des charges = CF + CV * x avec :
- CF : charges fixes ;
- CV : charges variables unitaires ;
- x : niveau d’activité.
1
Bernard GUMB, op.cit., p: 37.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 65
Les coûts indirects sont ceux qu'il n'est pas possible d'affecter immédiatement, c'est-à-
dire sans calcul intermédiaire, au coût d'un produit déterminé. Ces coûts ne se rapportent pas
directement à la production du service bancaire.
Le calcul de ces coûts n’est pas une chose aisée. Ils ne sont intégrés dans le calcul des
coûts qu’après des calculs permettant de définir la partie de ces charges relatives à la production
d’un service.
- L’amortissement des matériaux informatiques ;
- Le loyer ;
- Les charges d’électricité, d’eau et de téléphone ;
- Les charges de service de sécurité et de ménage.
Dans la banque, le suivi et l’analyse des coûts sont particuliers dans la mesure où il existe
03 coûts qui composent le coût de revient : le coût financier, le coût opérationnel, et le coût du
risque.
Le coût financier : qui représente le coût des ressources qui ont servi à financer les
capitaux distribués (les emplois).
Le coût opérationnel : représente les frais généraux qui prennent en compte à la fois
les frais administratifs et commerciaux de mise en place des prestations ainsi que les
frais de gestion et de suivi des différents dossiers.
Le coût du risque : risque de crédit ou contrepartie, risque de marché, risque de taux,
risque opérationnel...etc. Sa difficulté réside dans son calcul qui consiste à anticiper ces
risques et à les traduire à un coût prévisionnel qui sera facturé au client.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 66
Ainsi, on peut déduire par exemple que le prix du crédit facturé au client englobe le coût
financier, le coût opérationnel, le coût du risque de contrepartie, et bien sûr la marge
que souhaite récupérer la banque.
L’imputation des coûts informatiques une incidence importante sur les résultats
analytiques des banques, de ce fait, ce poste mérite un traitement analytique précis.
Les coûts commerciaux, notamment dans les banques orientées vers le marché des
particuliers et disposant d’une structure à réseau, représentent la majorité des charges, du fait
de la part importante des frais de personnel incorporés dans ce type de coûts2. Les coûts
commerciaux recouvrent des aspects différents :
Pour le marché des particuliers et des professionnels, l’analyse des différentes activités
des agences (pour les banques à réseau), pour conduire à une bonne appréhension des coûts
commerciaux peut consister dans une première répartition à décomposer le temps disponible en
grandes activités de guichet : l’accueil, la vente, la logistique interne, l’après-vente, le
management, les opérations de guichet.
1
F. GIRAUD, et autres, Contrôle de Gestion et Pilotage de la performance, Gualino Editeur, France, 2002, p :
87.
2
Ibid. P :90.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 67
Une répartition plus fine permettra d’analyser le nombre de contacts, d’entretiens par
agent et d’appréhender le taux de réussite de ces différents entretiens. Ce taux de réussite est
très important car il permet de faire la liaison entre les actes commerciaux ayant abouti et ceux
qui n’ont pas abouti1.
Les banques pratiquant les analyses par la méthode ABC («activity based costing»)
répartissent ces temps commerciaux par produit. Pour les autres, il paraît tout de même
nécessaire de distinguer les produits vendus rapidement (une carte, un découvert...), des
produits qui nécessitent des entretiens plus longs (crédits, épargne-retraite...).
Pour les banques à réseau, la connaissance des coûts commerciaux et des marges
associées aux produits peut inciter les établissements de crédits à distribuer certains produits de
manière privilégiée via ces nouveaux canaux de distribution, comme : les plates-formes
téléphoniques, les « mailings », l’internet...
Dans le cas d’une vente séparée, les nouveaux canaux de distribution peuvent s’avérer
plus appropriés et, à l’extrême, pour certains cas, le client effectue directement la saisie des
informations.
Les nouveaux canaux de distribution représentent néanmoins des investissements
susceptibles d’être importants et ne peuvent être amortis que sur plusieurs années.
À ce stade, il convient de distinguer la part des coûts affectés aux produits et ceux qui
devront être considérés comme « acquisition et maintenance de la clientèle ».
Coûts d’acquisition et de maintenance clientèle
L’acquisition et la fidélisation de la clientèle représentent une part non négligeable des
coûts commerciaux, mais relèvent d’une analyse spécifique dans la mesure où ils sont
directement liés à la stratégie de chaque banque. Une partie des coûts de l’informatique
commerciale (notamment les entrepôts de données) peut être affectée à l’acquisition de
clientèle, de même que les entretiens qui n’ont pas abouti peuvent éventuellement être
1
H. DAVASSE &G. LANGLOIS, Comptabilité analytique et gestion budgétaire, Edition BERTI, 2010, p : 123.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 68
considérés comme de l’acquisition de clientèle car ils vont conforter les fichiers informatiques
et les bases de données nécessaires au marketing 1.
Très souvent, le contrôleur de gestion doit manipuler plusieurs types de coûts
commerciaux, suivant le public à qui il destine l’information.
Le taux de réussite constitue alors souvent le coefficient qui fait varier le niveau des
différents coûts commerciaux.
La prise en compte des coûts commerciaux dans la tarification des opérations recouvre
ainsi un enjeu majeur pour la stratégie de la banque et relève clairement, par conséquent, d’un
choix de la direction générale 2.
1
S. COUSSERGUE, Gestion de la banque : du diagnostic à la stratégie, 4ème Edition DUNOD, Paris, France,
2005, p : 34.
2
Henri. JACOB et Antoine. SARDI, Management des risques bancaires, Edition Afges, Paris, France, 2001, p :
90.
3
Nacera HADJ BELKACEM, Gestion des risques bancaires & réglementation prudentielle, mémoire de
master, option finance monnaie et banque, université mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou, p : 11.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 69
On peut dire encore que le ratio ≪ Cooke ≫ est un ratio international de solvabilité que
doivent respecter les établissements de crédits et les compagnies financières exerçant une
activité internationale importante. Les établissements de crédits doivent déclarer les encours de
crédits assujettis à ce ratio sur une base consolidée du 30 juin et au 31 décembre de chaque
année. C'est ainsi que ledit ratio s'est d'abord limite au risque de crédit. En effet, lorsqu’une
banque subite des pertes, le capital permet de les couvrir jusqu'à concurrence duquel les dépôts
ou épargne des créanciers de la banque prendront le relais. C'est ce que le comité de Bale a
voulu prévenir et a fixé de ce fait un seuil forfaitaire à partir duquel les fonds propres doivent
couvrir les engagements de crédits consentis par la banque.
1.2 Ratio de liquidité
Cette norme a été établie dans le but « d’assurer que la banque dispose d’un niveau
adéquat d’actifs liquides de haute qualité non grevés pouvant être convertis en liquidité pour
couvrir ses besoins sur une période de 30 jours calendaires en cas de graves difficultés de
financement »1
Le respect de ce ratio doit permettre aux banques de faire face à leurs exigibilités à court
terme avec leurs utilisations ‘ou emplois’ de même durée. L’ensemble des crédits inférieurs à un
mois doit être supérieur aux ressources de même durée.
Il existe 03 ratios de liquidité à savoir :
1
Règlement de la Banque d’Algérie n°04-04 du 19 juillet 2004 fixant le rapport dit « coefficient de fonds propres
et de ressources permanentes ».
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 70
Ce ratio doit toujours être supérieur à 1. Plus il est élevé, plus la latitude dont
dispose une société pour développer ses activités est grande. Sauf circonstances
particulières, un ratio inférieur à 1 signifie que le fonds de roulement est négatif
Ratio de liquidité restreinte = Actifs à court terme - stocks ÷ dettes à court terme
Une entreprise dont le ratio est inférieur à 1 se trouvera en difficulté si ses créanciers
demandent à être payés sans attendre.
Le coefficient de division des risques est un ratio qui vise à limiter les conséquences
liées aux risques de non-remboursement et donc à garantir la solvabilité des établissements de
crédit.
Le coefficient de division des risques met en relation l'ensemble des risques client
supérieurs à 15% des fonds propres avec les fonds propres. L'ensemble des risques ne devant
pas être supérieur à huit fois les fonds propres.
1.4 Le coefficient de fonds propres et de ressources permanentes
Ce coefficient doit inciter les établissements de crédit à ne pas accroître leur taux de
transformation et donc éviter un financement accru des prêts à moyen et long terme par des
ressources monétaires. Les ressources supérieures à cinq ans doivent permettre de financer plus de
60 % des emplois effectués par la banque pour des durées supérieures à cinq ans.
La rentabilité d'une banque représente son aptitude à dégager de son exploitation des
gains suffisants, après déduction des coûts nécessaires à cette exploitation, pour suivre
durablement son activité. Plusieurs moyens se présentent dans cette perspective :
2.1 Les soldes intermédiaires de gestion
Les soldes intermédiaires de gestion permettent de réaliser une étude analytique des
finances d'une société. Ils peuvent être exprimés en valeur absolue ou en pourcentage du chiffre
d'affaires. Ils sont liés au compte de résultat. Les soldes intermédiaires de gestion constituent,
pour tous les observateurs des comptes des établissements de crédit, un outil indispensable. Ils
permettent en effet de mettre en évidence de façon claire les principales composantes qui sont
à l'origine du résultat net.
Il existe cinq soldes à savoir : le Produit net bancaire (PNB), le Produit global
d'exploitation (PGE), le Résultat brut d'exploitation (RBE), le Résultat courant et le Résultat
net.
Le produit net bancaire représente la marge brute dégagée par les établissements de
crédit sur l'ensemble de leurs activités bancaires. Le produit net bancaire s'obtient par différence
entre les produits d'exploitation bancaire et les charges d'exploitation bancaire. Il a pour but
essentiel de fournir un bon indicateur de l'évolution des opérations qui constituent le cœur de
l'activité des établissements de crédit 1.
En extériorisant une différence entre, d'une part, le coût des ressources et, d’autre part,
les produits générés par les emplois ainsi que les charges et les produits relatifs à diverses
activités de service, il permet de définir une notion qui peut être assimilée à une forme de «
valeur ajoutée » pour les banques. 2
1
Bulletin De La Commission Bancaire N° 10 - AVRIL 1994, p12.
2
Ibid. P : 13.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 72
Le résultat brut d'exploitation est la marge dégagée par les établissements de crédit,
après prise en compte des frais de structure, sur l'ensemble de leurs activités courantes.
Nous obtenons le RBE en retranchant du PGE l'ensemble des charges de structure (les
charges de personnel, les autres frais généraux et les dotations aux amortissements).
Il permet de rapprocher la « production totale » d'un établissement de crédit ou d'un
groupe bancaire, mesurée à travers son PGE, du coût de fonctionnement de ses structures.il peut
être rapproché de la notion d'excédent brut d'exploitation utilisée pour les entreprises
industrielles et commerciales.
2.1.3 Le résultat courant avant impôt
Le résultat courant avant impôt est la marge dégagée par les établissements de crédit,
après prise en compte des frais de structure et du risque de contrepartie, sur l'ensemble des
activités courantes.
Le résultat courant avant impôt s'obtient en retranchant du RBE les dotations nettes aux
provisions et les pertes sur créances irrécouvrables.
Ce solde a pour but de bien faire ressortir l'incidence sur les résultats d'exploitation de
la prise en compte de certains risques générés par l'activité d'intermédiaire financier. Se trouvent
regroupés à ce niveau l'impact des risques de contrepartie ainsi que celui des risques divers
d'exploitation,
2.1.4 Le résultat net
Le résultat net représente le résultat après prise en compte de l'ensemble des produits et
des charges relatives à l'exercice et correspond bien entendu au résultat de l'établissement. Le
résultat net s'obtient en déduisant ou en ajoutant au résultat courant avant impôt, les produits et
les charges exceptionnelles, les dotations ou les reprises nettes au FRBG et l'impôt sur les
sociétés.
ne pas survenir à nouveau dans l'avenir, elles concourent au résultat net pour un montant
significatif1.
Donc nous pouvons dire que la comptabilité de gestion est une discipline de gestion qui
permet de connaitre les coûts assumés par l’entreprise pour réaliser ses différents produits et de
déterminer de façon détaillée l’origine du résultat. Elle permet aussi de juger la performance
réalisée et d’aider les managers à prendre des meilleures décisions.
La comptabilité de gestion d’une entité peut être organisée selon différentes méthodes
complémentaires, adaptées au contexte de production et de distribution.
Et nous allons présenter les deux méthodes, les plus appropriées à un contexte de
banque, qui sont la méthode des sections homogènes et la méthode ABC.
La méthode des sections homogènes ou centres d’analyse est une méthode basée sur
l’analyse des charges en charges directes et charges indirectes, ces derniers étant dites des
charges de sections. Elle consiste à répartir les charges indirectes sur des centres d’analyses,
ensuite les imputer aux coûts des produits. Le traitement des charges directes ne pose pas de
problème majeur quant à leur répartition, il est possible d’affecter immédiatement sans calcul
préalable au coût d’un bien ou d’une activité.
1
M. ROUACH et G. NAULLEAU, op.cit., p : 90.
2
DUBRULLE et D. JOURDAN, Comptabilité analytique de gestion, Dunod, 4eme édition, 2003, p : 21.
3
Henri BOUQUIN, Comptabilité analytique de gestion, Edition Economica, Paris, France, 2000, P : 12.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 74
« Activité Based Costing » consiste à placer entre les centres de travail et les produits
une catégorie intermédiaire : l’activité, calculer le coût des activités fournis par les différents
centres et regarder dans quelle proportion tel produit utilise telle activité de manière à obtenir
une évolution des coûts des produits plus fiable 1 ».
La logique de cette méthode peut se résumer comme :
- les activités consomment des ressources au niveau du processus ;
- les produits consomment des activités.
2.3 Les ratios de gestion
Les ratios représentent la relation entre les éléments du bilan et les éléments du compte
de résultats pour la plupart du temps. Ces relations sont exprimées souvent en pourcentage, et
vont permettre de réaliser des analyses des comptes afin de dégager des informations destinées
à gérer l'entreprise et suivre son évolution.
le coefficient d'exploitation indique la part de Produit net bancaire absorbé par les frais
généraux, C'est un ratio très significatif de la rigueur de la gestion de la banque et il est toujours
calculé, notamment dans une optique comparative, dans la banque à réseaux, un coefficient
d'exploitation supérieur à 70 % est jugé élevé et un taux inférieur à 65 % est jugé convenable 3.
𝒇𝒓𝒂𝒊𝒔 𝒈é𝒏é𝒓𝒂𝒖𝒙
𝐑𝐚𝐭𝐢𝐨 𝐝’𝐞𝐱𝐩𝐥𝐨𝐢𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 =
𝒑𝒓𝒐𝒅𝒖𝒊𝒕 𝒏𝒆𝒕 𝒃𝒂𝒏𝒄𝒂𝒊𝒓𝒆
1
Michel GERVIES, Contrôle de gestion, Edition Economica, 1997, P.174.
2
J. FORCE et G. BRONCY, Les ratios : marges, rentabilités et structures, Edition Foucher, paris, France,
1981, P : 5.
3
Yassine BENZAI, mesure de l’efficience des banques commerciales algériennes, Thèse de doctorat, Option :
Finance Internationale, université Abou Bakr BELKAID, TLEMCEN, p : 62.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 75
Un ratio élevé s'interprète soit par des frais généraux excessifs compte tenu du volume
des opérations réalisées, d'où une mauvaise productivité ; soit comme la conséquence d’une
contraction du produit net bancaire, à moyens inchangé.
Ce ratio indique le rendement net de l'ensemble des actifs constitués par la banque et
nous pouvons l’écrire comme suit :
𝒓é𝒔𝒖𝒍𝒕𝒂𝒕 𝒏𝒆𝒕 𝒑𝒓𝒐𝒅𝒖𝒊𝒕 𝒏𝒆𝒕 𝒃𝒂𝒏𝒄𝒂𝒊𝒓𝒆
*
𝒑𝒓𝒐𝒅𝒖𝒊𝒕 𝒏𝒆𝒕 𝒃𝒂𝒏𝒄𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒕𝒐𝒕𝒂𝒍 𝒃𝒊𝒍𝒂𝒏
Le rapport du résultat net aux fonds propres, ce coefficient de rentabilité met en évidence
le rendement d’investissements en capital2. Avec le ratio de rentabilité financière, le point de
vue de l'actionnaire est privilégié en indiquant la rentabilité qu'il obtient de l'investissement
dans les actions d'une banque. Concernant les interrelations entre les deux ratios de rentabilité,
Nous pouvons écrire :
𝑹é𝒔𝒖𝒍𝒕𝒂𝒕 𝒏𝒆𝒕
𝑹𝑶𝑬 =
𝒇𝒐𝒏𝒅𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆𝒔
Le ROE est égal au ROA multiplié par le levier des fonds propres, levier qui est
l'inverse du ratio de solvabilité. Ainsi, si le ROA est de 1 % et le levier de 10 car les fonds
propres représentent 10 % du total du passif de bilan, le ROE est de 10 %.
- Le ratio Dépenses/revenus : Depuis le début des années 90, plusieurs grandes banques
américaines ont utilisé le ratio de dépenses/revenus comme mesure de l’efficience
1
F. PINARDON, La rentabilité : une affaire de point de vue, Edition L’Harmattan, Paris, France, 1989, P : 27.
2
BANCEL, « Le rôle majeur des fonds propres dans le secteur bancaire », revue banque, 2014, numéro 774,
p : 87.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 76
- Les ratios de productivité par agent : Des ratios calculés par agent sont utiles pour mieux
cerner la productivité du personnel, par exemple, on notera les ratios suivants :
- Les ratios de productivité par agence : Afin de juger de l'efficacité d'un réseau, on peut
calculer les ratios suivants :
𝑪𝒓é𝒅𝒊𝒕𝒔 𝒅é𝒑𝒐𝒕𝒔
;
𝒏𝒐𝒎𝒃𝒓𝒆 𝒅′𝒂𝒈𝒂𝒏𝒄𝒆𝒔 𝒏𝒐𝒎𝒃𝒓𝒆 𝒅′ 𝒂𝒈𝒆𝒏𝒄𝒆𝒔
Les ratios de productivité par agent ou par agence sont instructifs pour les comparaisons
entre banques.
L’analyse de la rentabilité s’effectue par des différentes méthodes qui sont : la rentabilité
par centre de profit, la rentabilité par produit, la rentabilité par client, par activité, par segment
de la clientèle, et par réseau de distribution.
La rentabilité par centre de profit permet de découper le résultat de la banque par centre
de profit et de porter ainsi une appréciation sur les performances. Nous allons présenter
brièvement la démarche globale de la mesure de la rentabilité par centre de profit 1. La
détermination d’un résultat par centre de profit repose sur quatre calculs intermédiaires : la
détermination du produit net bancaire, les charges affectées, du résultat brut d’exploitation et
enfin du résultat net.
1
Abdelhamid CHEFFI, Optimisation de la rentabilité des agences, société générale marocaine des banques,
p : 45.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 77
- La mise à jour de la nomenclature des produits : répertorier tous les produits et les
services commercialisés en indiquant clairement le niveau de regroupement que l’on
retient pour le suivi des rentabilités 2.
- La détermination des charges et des recettes par produit : cette étape consiste à
identifier les charges lies directement ou indirectement à la réalisation du produit et aca
concerne également les recettes.
- La détermination des marges par produit : Différents niveaux de marges par produits
peuvent être calculés, selon une approche toutefois simplifiée par rapport à la
détermination des rentabilités par centre de profit 3. La connaissance des prix de revient
1
M. ROUACH et G.NAULLEAU, op.cit., p : 84.
2
Ibid., P. 84.
3
NaceraHADJ BELKACEM, op.cit., p : 78.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 78
et des marges par produit ou service permet essentiellement de mettre en œuvre des
politiques plus performantes et plus cohérentes de tarification.
L’identification de la rentabilité par client est une dimension de plus en plus demandée
au contrôle de gestion. Elle nécessite la mise au point de procédures de traitement complexes
ainsi que d’importantes capacités informatiques. L’organisation de cette rentabilité suit
généralement les trois grands linges d’activités de la banque : les dépôts et l’épargne, les crédits,
les services bancaires et financiers.
La rentabilité par activité s’attache à calculer la marge dégagée par chacune de ces
catégories d’activité, ces dernières pouvant éventuellement être décomposées en sous
catégories. Ce type de calcul de rentabilité permet des comparaisons relativement aisées et
fiables entre banques, puisque les répartitions conventionnelles de charges indirectes y sont
moins nombreuses. La méthode devient fondamentale si une coordination regroupe l’ensemble
des intervenants intéressés par l’activité afin de prendre des décisions concertées et homogènes.
C’est le cas des banques organisées par « métier » ou par « ligne de métier mondiale ».
Cette mesure de rentabilité est obtenue en effectuant des tris au sein de la base de
données « rentabilité clients ». Les segments d’analyse les plus utilisés sont la catégorie
juridique des clients (particuliers, professionnels, entreprises) 2, la catégorie socio
professionnelle des particuliers et celle du secteur d’activité pour les entreprises.
1
M. ROUACH et G.NAULLEAU, Op, Cit, P. 92.
2
Ibid., p : 92.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 79
Cette mesure de rentabilité est utile pour comparer les réseaux de distribution entre eux
(agence, vente par correspondance, par prescripteur, par téléphone, par internet,…) et ajuster
les prises de décision : renforcement d’un réseau promoteur, abandon d’un réseau déficitaire.
Le calcul est obtenu par traitement de la rentabilité par produit (addition de la rentabilité
de tous les produits vendus par un même réseau de distribution), par centre de profit ou client
ou encore par une combinaison des trois axes.
L’analyse par centre de profit est la méthode préférée des analystes même si l’analyse
par activité est la plus simple.
Par ailleurs tout en assurant ces activités la banque supporte différents types de coûts ;
et elle cherche de rester performante et compétitive malgré le poids des charges supportés, pour
cela elle utilise beaucoup de méthodes de gestion, des fonctions de coûts et des modèles
d’analyse.
La performance des institutions bancaires suscite l'intérêt des chercheurs partout dans
le monde, en fait, plusieurs recherches se sont portées sur la performance et la structure des
coûts des banques dans plusieurs pays.
Dans ce qui va suivre, nous allons présenter la fonction cout suivie par les banques et
quelques études sur la relation coût- performance.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 80
L'efficience coût se réfère à la capacité d'une banque à minimiser ses coûts de production
pour un niveau donné d'outputs. Elle peut être définie comme le niveau auquel se situent les
coûts d’une banque comparativement à une banque de taille similaire appliquant des pratiques
optimales.
Uc: est le facteur d’inefficience pouvant augmenter le coût au-dessus du coût optimale ;
1
M. ROUACH et G. NAULLEAU, Le contrôle de gestion bancaire et financier » Edition banqueéditeur, n°03,
Paris, France, 2001, p : 45.
2
S. KUMBHAKAR et C. LOVELL, Stochastic frontier analysis, Cambridge University Press, 2001, p: 21.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 81
Par ailleurs, la définition de la fonction de coût comme étant une mesure du coût minimal
de production d’un niveau déterminé d’output pour des prix d’inputs donnés, nous conduit
nécessairement à opter pour cette reformulation de la fonction coût :
F : fonction de production.
Afin de simplifier l’étude, la fonction coût est transformée en une fonction logarithmique qui
s’écrit de la manière suivante1 :
L’efficience coût d’une banque "a" est définie comme étant le coût estimé nécessaire à
la production des outputs lorsque "a" est la plus efficiente sur le marché, dans un échantillon
ayant les mêmes variables exogènes (w, y, z, v), divisé par le coût actuel de la banque "a" et
ajusté par la variable d’erreur2.
Ce ratio pourrait s’interpréter comme étant la composante de coût ou les ressources qui
sont utilisées d’une manière efficiente. Il s’agit du ratio suivant :
1
KOOPMANS, TJALLING, An Analysis of Production as an Efficient Combination of Activities", Activity
Analysis of Production and Allocation, 1951, p: 87.
2
D.HUMPHREY et L. PULLEY, Banks Responses to Deregulation: Profits, Technology, and Efficiency",
Journal of Money, Credit, and Banking, p: 124.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 82
La majorité des études qui se sont penchées sur la question de la performance bancaire,
se sont élaborées sur la base des techniques basées sur la frontière. En effet, beaucoup d’études
empiriques, notamment les travaux précurseurs de Pitt et Lee (1981), ont estimé des niveaux de
non performance en utilisant les approches paramétriques et non paramétriques .
L’évaluation de la performance bancaire consiste à utiliser la méthode économétrique
de régression pour construire une fonction de production ou de coût. Une fonction de coût est
une relation entre les coûts et les principaux facteurs qui peuvent être à l’origine de ces coûts.
Et nous distinguons deux grandes catégories de modèles d’estimation de la fonction coût
: les formes fonctionnelles simples (Cobb Douglas, Leontief et CES) et les formes
fonctionnelles flexibles (les fonctions de type Translog (Transcendantal Logarithmic), Leontief
généralisée, McFadden Généralisée et Barnett Généralisée).
La majorité des travaux antérieurs consultés se basent dans leurs études sur une fonction
classique, c'est la fonction de coût «Cobb-Douglas» qui fait dépendre les coûts des prix des
facteurs de production. D’autres se basent sur les fonctions de type Translog. Or tous les travaux
partent d’un seul modèle basique qu’on peut le définir ainsi :
Y it = ci + Σ α*xit + εit
Avec :
ε it : le terme d'erreur.
Ln (y) = β0 + Σ βi ln (xi) + v − u.
Et Après une lecture de la littérature portant sur la performance bancaire, nous pouvons
dire que malgré les différences des secteurs étudiés, des méthodes utilisées, des fonctions et des
variables, tous les travaux et les recherches se terminent aux mêmes résultats. Les principales
sources d’inefficience des banques sont : l’importance des crédits non performants,
l’importance des charges d’exploitation et surtout celles liées au sureffectif, le déficit en
management (organisation, encadrement, adaptation au changement).
Dans notre application, nous suggérons de recourir à une technique différente, nous
permettant, d’une part, la comparaison des sensibilités de coût pour l'ensemble des banques de
notre échantillon face à une variation d'un facteur de production donné et qui met l'accent sur
la réaction de la banque suite à une augmentation d'un facteur de coût. D’autre part de confirme
encore une fois la validité des résultats des recherches antérieures.
CHAPITRE III : Structure des coûts dans un établissement bancaire 84
Conclusion du chapitre
Au terme de ce chapitre, nous avons mis l’accent sur la notion d’une entreprise banque
et ses caractéristiques (ses fonctions de bases et ses typologies), nous pouvons dire que la
banque assure la collecte de fonds auprès du public et les distribue ensuite sous forme de crédits.
Elle met également à la disposition de sa clientèle des moyens de paiements et assure la gestion
de ces derniers.
Aussi nous avons présenté les instruments de base utilisés par la banque afin d’assurer
sa rentabilité et sa pérennité sur le marché.
Enfin nous avons conclu que la démarche d’analyse de rentabilité nécessite une
connaissance des charges et des produits de l’entité et une maitrise des méthodes d’affectation
des coûts sur les différents centres de responsabilité.
Il est à noter que, depuis une dizaine d’années, les techniques de comparaison et
d’amélioration des performances par l’analyse des ratios ont été développées, et dans le chapitre
suivant nous allons exposer des modèles d’évaluation de la performance bancaire à travers une
étude pratique sur les banques algériennes.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des
banques Algériennes
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 86
Introduction du chapitre
Le secteur bancaire Algérien, est passé par une longue période de mutation, marquée
par des réformes qui visent à moderniser, ouvrir et améliorer sa performance. Ces changements
ont laissé place à des banques plus rentables, gérant beaucoup mieux le risque lié au crédit.
Toutefois, on ne peut juger la performance de ces banques qu'en mesurant l'efficience bancaire
de ces dernières.
Comme cela a été exposé dans le premier chapitre : la performance bancaire est affectée
par plusieurs facteurs. Ces facteurs sont propres au contexte macro-économique du pays
(comme l'inflation ou la croissance économique), d'autres concernent le secteur financier
(comme les réformes bancaires, la concurrence ou le risque dans le marché bancaire), et enfin,
des facteurs spécifiques à la banque (comme la taille, le cout des ressources, la rentabilité…).
De ce fait, il est intéressant de préciser quels sont les déterminants de la performance
des banques en Algérie, sachant que ces déterminants sont multiples et qu'une seule étude ne
peut prétendre de les rassembler tous.
Ce chapitre se donne pour objectif d’expliciter ce qui est théoriquement expliqué
auparavant à travers une investigation empirique relative au système bancaire Algérien. En
effet, nous utilisons une approche basée sur la frontière de coût des diverses banques pour
mettre l'accent la performance bancaire.
Cette dernière approche nous a amené à adopter une méthode centrée sur l’évaluation
de la réaction de la banque en termes de coût global suite à une augmentation d’un facteur
quelconque de coût comme une première étape. Ce modèle n’est rien d’autre que le système
d’équations apparemment non reliées (Seemingly Unrelated Regression SUR), qui n’est pas
entièrement nouveau car il remonte aux années soixante. Ce qui est nouveau, c’est son
application dans le champ de l’analyse de l’efficience des banques.
Une fois les déterminants de l’efficience identifiés pour chaque banque, nous passons à
analyser l’impact de la structure des coûts sur la performance bancaire de l’échantillon
à travers l’analyse de la sensibilité du coût et en utilisant la méthode correlated panels
corrected standard errors (PCSEs).
Afin de bien mener notre travail et apporter des réponses à nos questions de recherche,
nous avons structuré ce chapitre autour de trois sections. La première section présente les
spécificités du secteur bancaire Algérien à travers un survol historique du secteur, la deuxième
section sera consacrée à une présentation des variables utilisées pour l'estimation de l'efficience
coût et de la performance de notre échantillon et a pour but d’exposer la méthodologie
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 87
économétrique de recherche et finalement une troisième section qui comporte une discussion
et une interprétation des principaux résultats de la recherche.
Le secteur bancaire Algérien a passé par plusieurs périodes dès son indépendance, afin
de construire une légitimité pour l’Algérie et une indépendance Economique, l’Algérie a fournis
aussi beaucoup d’effort afin de créer un secteur bancaire concurrentiel et qui peut financier son
cycle d’exploitation. Cette section est consacrée à la présentation du volet historique du secteur
bancaire, son architecteur et ses indicateurs.
1
Loi n°62-144 du Journal officiel N°2, date 11 janvier 1963, p.2.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 88
Cette spécialisation fut introduite au terme de la loi de finances de 19704 qui impose
alors aux sociétés nationales et aux établissements publics de concentrer leurs comptes
bancaires et leurs opérations auprès d’une seule et même banque.
La restructuration organique, qui a été mise en œuvre par les autorités à partir de l’année
1982 a donné lieu à la création de deux nouvelles banques qui sont : BADR, BDL.
Période début d'autonomie du système bancaire : lois de 1986 et 19881
1
Loi à partir du Journal officiel N°29, date 10 mai 1963, p.4.
2
AMMOUR, Benhalima, <<le système bancaire Algérien >>, Edition dahlab, Algérie 1996, p19.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 89
1.2 La période après 1990 (la réforme du secteur bancaire introduite par la loi 90-10
relative à la monnaie et au crédit)1
La volonté du législateur est de porter plus loin la libéralisation établie par la loi de
1990. La nouvelle banque centrale perd, quoiqu’un peu, de son autonomie vis-à-vis du pouvoir
politique Les membres du Conseil de la Monnaie et du Crédit et du conseil d’administration de
la Banque d’Algérie sont tous nommés par le président de la République.
L’ordonnance consolide le régime déjà établi par la loi de 1990 en introduisant de nouveaux
principes et/ou en les définissants plus précisément : le secret professionnel, les changes et les
mouvements de capitaux, la protection des déposants. L’objectif de l’ordonnance est de «
renforcer la sécurité financière, améliorer nettement le système de paiement et la qualité du
marché ».
2. Architecture du secteur
Le secteur bancaire Algérien est réparti en deux parties ; les banques et les
établissements financiers qui assurent le financement de l’économie et les autorités monétaires
qui assurent le contrôle de l’activité bancaire
1
Rapport de KPMG, Guide des banques et des établissements financiers, p.8.
2
Ibid.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 90
• les caractéristiques des opérations traitées par les banques et établissements financiers,
• les normes de gestion, en particulier les ratios prudentiels (solvabilité, division des
risques, transformation, etc.) ;
La Banque Centrale d’Algérie est créée par la loi N°62-144 votée par l’assemblée
constituante le 13 décembre 1962, portant création et fixant le statut de la Banque Centrale, elle
est chargée, pour le compte de la Commission Bancaire d'effectuer les contrôles sur pièces et
d'exercer le contrôle sur place par ses agents. Ainsi, le rôle de la Banque d’Algérie consiste à :
- Veiller à la stabilité monétaire et financière ;
Banque publiques
La Banque Nationale d’Algérie (BNA)
Le Crédit Populaire d’Algérie (CPA)
La Banque Extérieure d’Algérie (BEA)
La Banque d’Agriculture et de Développement Rural (BADR)
La Banque du Développement local (BDL)
La Caisse Nationale d’Epargne et de Prévoyance (CNEP)
Source : rapport annuel de la banque d’Algérie.
Les banques privées : Elles représentent les 20 % restante du secteur bancaire et elles
sont dénommées comme suit :
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 92
Banques privées
BNP Paribas AL Djazair (filiale française)
Calyon Algérie (filiale française)
Citibank Algérie (filiale du groupe américain citi-group)
Fransabank El Djazair SPA (filiale Espagnole)
Gulf Bank Algeria (Koweït)
HSBC Algérie (filiale du groupe britannique Hongkong Shanghai Banking Corporation)
Natixis Algérie (filiale française du groupe BPCE : Banque Populaire Caisse d’épargne)
Société Générale Algérie (filiale francaise)
The Housing Bank for Trade and Finance-Algeria (filiale jordanienne)
Trust Bank Algeria
Al Baraka Banque Algérie (Bahreïn)
Al Salam Bank-Algeria (Conseil de coopération des Etats arabes du golf)
Arab Bank Corporation-Algeria (filiale de l’ABC-bank Bahreïn)
Arab Bank PLC-Algeria (filiale jordanienne)
Source : rapport annuel de la banque d’Algérie.
L’activité typique des banques est généralement réduite à la collecte des ressources
auprès du public et à la distribution des crédits. Dans ce qui suit nous allons présenter les
principaux indicateurs de l’activité bancaire Algérienne.
- Liquidité bancaire
Les actifs liquides des banques, dont 80 % sont détenus par les banques publiques, ont
connu une tendance baissière au cours des cinq dernières années, atteignant leur niveau le plus
bas en 2018. Les actifs liquides du système bancaire ont baissé de 8,1 % en 2018. Cela a
engendré une baisse du ratio « actifs liquides/total actifs », qui est passé de 23,5 % en 2017 à
19,8 % en 2018.
- Rentabilité bancaire
La rentabilité des banques est en progression en 2018. Le rendement des fonds propres
(ROE) est en forte hausse, passant de 18,8 % en 2017 à 22,4 % en 2018, en raison de
l’accroissement plus élevé des résultats (30 %) par rapport aux fonds propres moyens (9,5 %).
Le rendement moyen des actifs (ROA) s’est aussi amélioré, passant de 2,1 % en 2017 à 2,4 %
en 2018.
Par type de banque, le taux de rendement des fonds propres (ROE) est en hausse, tant
dans les banques publiques que dans les banques privées. Il s’est établi à, respectivement, 22,68
% en 2018 (20,0 % en 2017) dans les banques publiques et à 21,21 % en 2018 (14,69 % en
2017) dans les banques privées.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 95
- Taux de provisions
La tendance à la hausse des créances non performantes, observée depuis 2015 pour
l’ensemble du système bancaire, s’est confirmée encore en 2018. Rapportées au total des
crédits, ces créances ont atteint 13,13 % en 2018, contre 12,96 % en 2017 et 12,09 % en 2016.
Cette hausse du taux de créances non performantes du système bancaire, est imputable
au classement, par les banques publiques, d’une importante partie (56 %) des crédits octroyés
dans le cadre du programme d’aide à l’emploi (ANSEJ, CNAC, ANGEM), arrivés à échéance
et qui ont contribué à près de 60,0 % à la croissance de leurs crédits non performants.
C’est pourquoi, les banques publiques enregistrent une hausse importante du taux des
créances classées, qui a atteint 13,98 % en 2018 contre 13,71 % en 2017 et 12,58 % en 2016.
A l’inverse, le taux des créances classées par rapport au total des crédits est en baisse dans les
banques privées, passant de 8,55 % en 2016, à 7,79 % en 2017 et à 7,11 % en 2018.
L’objectif de notre travail est de voir l’impact de la structure des coûts sur la
performance des banques Algériennes, en premier temps, nous analysons l’impact de cette
dernière sur l’efficience bancaire, en tant que composante principale de la performance, ensuite
nous estimons la relation entre les coûts et le ROA l’indicateur de performance utilisé par les
banques.
Banque Dénomination
BNA Banque Nationale d'Algérie
BEA Banque Extérieur d'Algérie
CNEP Banque Caisse Nationale d'Epargne et de Prévoyance
CPA Crédit Populaire d'Algérie
BADR Banque de l'Agriculture et de Développement Rural
BDL Banque de Développement Local
ABC Arab Banking Corporation
AGB AGB Gulf Bank Algérie
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 96
Notre travail empirique est effectué sur une dixienne d’années, du 2010 à 2019, et sur
un échantillon de 20 banques. Les données utilisées sont obtenues, des états financiers des
banques, c'est-à-dire des bilans et des tableaux des comptes des résultats des banques.
1.2 Définition des variables de l’étude
Les banques produisent une large gamme de produits qui constitue des services
d'intermédiation difficile à identifier. De ce fait, le choix de la définition appropriée de la
production bancaire est une question importante pour la recherche sur les déterminants de la
performance bancaire. Et nous avons déjà évoqué, dans la partie théorique, qu’il existe deux
approches différentes de détermination des inputs et des outputs.
Selon l’approche de l’intermédiation, la banque collecte des dépôts, ainsi que toutes
autres ressources hors fonds propres, pour les transformer en prêts ou en autres actifs productifs,
et ce en utilisant les facteurs de production nécessaires. Quant à l’approche de la production,
elle considère les dépôts comme étant un output bancaire.
Toutefois, le choix dépend principalement des spécificités qui caractérisent le système
bancaire. Ainsi, il nous est apparu plus cohérent de retenir dans notre travail, l’approche de
l’intermédiation. D’une part, l’adéquation de l’approche avec les caractéristiques des banques
Algériennes qui jouent le rôle d’intermédiaire financier, d’autre part, il est relativement difficile
d'obtenir les données qui s'appuient sur l'approche de production (nombre des comptes de
dépôts, nombre des prêts accordés…etc.).
Cette approche, nous permet aussi l’obtention des coûts relatifs à la production bancaire,
en nous procurent le volume des crédits, des ressources, les intérêts et les commissions, les
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 97
Dans notre travail nous allons procéder, en deux étapes d’évaluation, la première étant
la mesure de la sensibilité des banques aux variations des coûts de la production bancaire à
travers le modèle SUR, la deuxième est de voir l’impact des coûts de la production bancaire sur
la performance de la banque à travers le modèle MCG.
- La variable dépendante retenue dans le premier modèle est le coût total « CT », cette
dernière est composée par des coûts opératoires qui sont les coûts d’exploitation et
des coûts financiers.
Coût total = coûts d’exploitation + coûts financiers
Les coûts d’exploitation : comprennent les dépenses de main-d’œuvre (le personnel) et
de capital physique, qui sont :
- Coût du Travail CT : il représente la masse salariale (les charges du personnel) ;
- Coût du Capital Physique CK = Charges générales d’exploitation + Dotations aux
amortissements et provisions.
- Coût du Capital Financier CF : il représente les intérêts et les charges assimilées
(opération sur la clientèle, opération interbancaire et emprunt obligataire).
Et de ce fait le coût total est égal : CT = CP + CK + CF,
- La variable dépendante retenue dans le deuxième modèle est le ROA, il représente
un indicateur de performance et il exprime la rentabilité économique de la banque.
Ce ratio est mesuré par le rapport du bénéfice avant impôt et intérêt au total des
actifs.
𝐫é𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐭
ROA =
𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐟
1.2.2 Variables exogènes
Quant aux variables exogènes, elles représentent les principaux coûts supportés par les
banques. Les banques doivent faire face à deux catégories de coûts : les coûts opératoires et les
coûts financiers. Les premiers comprennent les frais de personnels, les charges générales
d’exploitation, les amortissements et les impôts d’exploitation tandis que les seconds
correspondent à la rémunération du passif bancaire : les dépôts et les titres émis en vue d’un
refinancement bancaire. Dans ce qui suit la présentation des variables retenues dans le travail :
Prix du facteur travail
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 98
Généralement, le coût du travail est constitué de toutes les dépenses induites par
l'utilisation du facteur travail dans la banque, comprenant les salaires bruts et les cotisations
sociales patronales.
Pour cela, nous avons retenu comme variable, notée « X1 » le rapport "Coût du facteur
travail / Effectif global".
Prix du facteur financier
Certains auteurs ont mesuré le facteur financier par les fonds empruntés dont les dépôts
à terme et d’épargne tandis que d’autres ont utilisé les dépôts à vue et les dépôts à terme.
Pour notre étude, nous retenons l'ensemble des ressources, constituant le passif de la
banque. Les coûts correspondants sont ainsi les intérêts et les commissions versés sur les dépôts
et les emprunts liés au financement du portefeuille de prêts. Le prix du facteur financier, ou le
coût des ressources, noté « X2 », se mesure ainsi, par le rapport "charges d'exploitation bancaire
/ total ressources.
Coût du risque crédit
Il existe différents coûts inhérents aux risques bancaires, qu'ils soient de marché,
opérationnels, de crédit, etc. L'ensemble de ces risques présente un coût expliqué par des
dotations aux provisions.
Ainsi, le calcul du coût du risque de crédit, noté « X3 », s'exprime par le ratio suivant :
" provisions sur créances / créances brutes".
Par conséquent, le coût du risque crédit doit être enregistré conformément aux règles
prudentielles en vigueur. Dans le cas de l’Algérie, la circulaire de la Banque d’Algérie Nº14-
03 du 16 février 2014 relatif aux classements et provisionnements des créances, stipule que la
constitution de provisions doit être mise en place à partir de la classe des créances courantes
jusqu’à la classe des créances compromises.
Taille de la banque
La taille de la banque influence le contrôle des coûts totaux. Pour mesurer son impact
sur le coût total, nous avons choisi l’actif total de la banque comme variable exprimant sa taille,
notée « X4 », ln (actif total).
Adéquation des capitaux propres
Le choix de cette variable est dicté et soutenu par la règlementation de Bâle III qui exige
un certain seuil de fonds propres. Pour examiner la robustesse des fonds propres, nous avons
opté par le rapport entre les capitaux propres de la banque et son total actif noté, X5.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 99
Comme première étape, nous avons jugé utile de mesurer la performance du point de
vue de l’efficience car cette dernière représente la composante fondamentale de la performance.
La majorité des travaux effectués sur l’analyse de l’efficience bancaire se sont élaborés
à l’aide des techniques d’estimation de la frontière de la production bancaire, dans notre travail
empirique, nous suggérons de recourir à une technique, nous permettant la comparaison des
sensibilités de coût pour chacune des banques de notre échantillon face à une variation d'un
facteur de production donné. Par ailleurs, la mise au point d'un modèle passe d'abord par la
conception ou la spécification du modèle.
Une fonction de coût est une relation entre les coûts et les principaux facteurs qui
peuvent être à l’origine de ces coûts. Dans notre démarche, nous avons retenu, comme les autres
études antérieures, une fonction classique qui est la fonction de Cobb-Douglas qui fait dépendre
les coûts des prix des facteurs de production. Par ailleurs, la fonction Cobb-Douglas est très
proche de la réalité quand il s’agit de décrire des relations de production.
Avec :
E (εit) = 0 E (εit) = σ2
Dans notre travail, nous disposons de données de panel (par banque et par période), la
fonction coût choisie sera estimée selon deux méthodes d'estimation : une première méthode,
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 100
appliquée sur chacune des banques séparément, des Moindres Carrés Ordinaires (MCO) et une
deuxième méthode appliquée sur l’ensembles des banques, en tant que système, connue sous le
nom de méthode de Zellner (1962), Technique des équations apparemment non reliées (SUR).
Dans un premier temps, et afin d’expliquer la variable endogène par les différentes
variables explicatives citées dans la section précédente nous allons procéder à une démarche
individuelle c’est-à-dire estimer le coût total de chaque banque indépendamment des autres
banques. Ceci en utilisant la méthode des moindres carrées ordinaires (MCO), cette méthode
(MCO) consiste à minimiser le carré des écarts des erreurs.
La formulation linéaire adoptée dans cette démarche est celle de Cobb-Douglas qui
s’écrit de la façon suivante :
Yit = Xit β i + ε it
Où :
E (εit, εjs) = 0 si t ≠ s
Les résultats de l’estimation par le modèle des moindres carrées ordinaires des cinq
variables étudiées se présentent comme suit (annexe 01) :
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 101
Modèle MCO
Prix du prix du coût du taille de la adéquation des R2
facteur facteur risque banque capitaux
travail financier
coeff t-stat coeff t- coeff t- coeff t- coeff t-stat
stat stat stat
BEA 0.92 0.63 0.60 7.49 0.42 3.63 0.46 5.10 0.06 3.09 0.97
BNA 1.18 1.31 0.63 0.47 0.65 0.14 0.25 1.84 -1.42 2.27 0.91
CPA 0.47 0.47 0.18 0.73 0.45 0.36 0.03 0.45 0.12 1.47 0.95
CNEP 1.48 7.49 0.04 1.19 0.54 1.41 - 4.29 0.06 2.41 0.96
1.13
BADR 1.11 0.17 0.75 2.97 1.87 0.58 0.04 0.06 0.49 1.20 0.95
BDL 0.92 0.48 0.24 3.72 0.85 1.28 0.01 0.29 0.39 0.09 0.98
ABC 0.25 0.025 0.046 3.51 - - 0.19 0.78 0.05 2.86 0.95
0.02 0.54
AGB 0.16 0.48 -0.02 0.10 0.03 1.03 0.08 0.84 0.037 0.45 0.98
ALBARAKA 0.30 0.73 0.003 0.05 0.53 2.14 0.45 3.93 2.97 2.86 0.98
BNPDZ 1.71 0.22 0.51 - 0.15 1.44 0.35 1.89 0.14 0.24 0.89
0.70
SGA 0.59 0.33 0.08 1.53 0.12 2.35 0.35 0.39 0.005 2.28 0.93
TRUST 0.37 3.43 0.52 1.31 0.03 2.10 - 1.89 0.009 0.09 0.95
0.64
NATIXIS 0.37 3.43 0.05 1.31 0.23 2.10 0.06 1.89 0.09 0.09 0.97
ALSALAM 0.30 0.73 0.33 0.05 0.53 2.14 0.45 3.93 0.09 2.86 0.96
BANK
HSBC 0.58 1.31 0.63 0.47 0.38 0.14 0.52 1.84 0.42 2.27 0.91
HOUSING 0.23 0.33 0.34 1.53 0.87 2.35 0.35 0.39 0.04 2.28 0.91
BANK
FRANSABANK 0.16 0.48 0.07 0.20 0.03 1.03 0.08 0.84 -0.037 0.45 0.96
CITIBANK 0.48 7.49 0.08 1.19 0.05 1.41 0.19 4.29 0.06 2.41 0.94
CALYON 0.31 0.22 0.14 0.70 0.50 1.44 0.35 1.89 0.13 0.24 0.92
PLC 0.10 0.25 0.67 3.51 0.29 0.54 0.19 0.78 0.05 2.86 0.95
Source : élabore par nos soins sur la base d’eviews.
Les résultats de l’estimation par MCO se présentent dans le tableau ci-dessus, l’examen
de ces derniers nous laisse retenir que le coefficient de détermination R2 varie entre les banques
de 89% à 0.98%. Donc nous pouvons dire que le modèle estimé est significatif pour toutes les
banques de l’échantillon et qu’il a une bonne qualité d’ajustement.
Si on prend l’exemple de l’AGB, 98% des variations de son coût total sont expliquées
par les cinq variables retenues dans l’étude. De même pour BEA, 97% des variations de son
coût total sont expliquées par les variations des variables.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 102
Les résultats nous montrent aussi, que les coefficients ne sont pas tous significatifs, par
exemple le cas de la ABC pour la variable coût du risque crédit avec un coefficient de -0,02 ;
qui signifie qu’une augmentation du risque d’une unité va engendrer une diminution du coût
total. C’est le même cas pour la AGB en ce qui concerne la variable du prix du facteur financier.
Cela nous amène à dire que quelques estimations présentent des contradictions avec la
réalité économique et nous ne permet pas de faire des éventuelles interprétations.
La conclusion retenue de cette consultation, est l’existence des corrélations entre les
banques qui ne sont pas prises en compte par la modélisation par moindres carrées ordinaires.
Et la solution trouvée est le recours à l’élaboration de la matrice de corrélations entre les résidus.
La matrice de corrélation entre les résidus, issu de l’estimation à travers la méthode MCO, est
présentée ainsi :
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 103
RESID RESID RESI RESID RESID RESID RESID RESID RESID RESID RESID RESIDU RESID RESID RESIDU RESIDU RESID RESID
RESIDU RESIDU
US US DUS US US US US US US US US S US US S S US US
S BDL S ABC
BNA BEA CPA CNEP BADR AGB ALBAR BNPD SGA TRUST NATIX ALSALA HSBC HOUSI FRANS CITIBA CALYO PLC
BNA 1
BEA 0.488 1
CPA 0.279 0.654 1
CNEP 0.009 0.287 0.129 1
BADR 0.015 0.027 0.197 0.243 1
BDL 0.374 0.252 0.455 0.074 0.181 1
ABC 0.182 0.154 0.511 0.389 0.340 0.434 1
AGB 0.488 0.282 0.569 0.647 0.246 0.246 0.632 1
ALBARAKA 0.239 0.723 0.378 0.521 0.661 0.179 0.145 0.165 1
BNPDZ 0.259 0.496 0.123 0.283 0.160 0.716 0.412 0.459 0.269 1
SGA 0.792 0.543 0.354 0.263 0.569 0.569 0.233 0.514 0.146 0.390 1
TRUST 0.462 0.641 0.569 0.474 0.246 0.246 0.056 0.250 0.593 0.297 0.109 1
NATIXIS 0.152 0.883 0.119 0,461 0.276 0.498 0.212 0,152 -0,598 -0,5 0.235 0,312 1
ALSALAM BANK 0.128 0.263 0.030 -0,531 0.128 0.263 0.308 0,532 0,101 0.478 -0,46 0.683 0.325 1
HSBC 0.322 0.569 0.340 -0,021 0.244 0.475 0.311 -0,13 0,066 0.563 0.490 0.321 0.098 0,218 1
HOUSING BANK 0.322 0.693 0.406 -0,081 0.301 0,152 0.042 0,078 -0,425 0.187 0.589 0.510 0,654 0,431 0,521 1
FRANSABANK 0.629 0.069 0.271 0,098 0,106 0,129 -0,678 0,163 -0,523 -0,16 0.034 0.734 0,265 -0,034 0,287 0,149 1
CITIBANK 0.493 0.541 0.590 -0,292 -0,68 -0,678 0,231 -0,46 0,265 0.325 0,329 0.376 0,023 -0,245 0,215 -0,389 -0,198 1
CALYON 0.293 0.983 0.118 -0,347 0,358 0,167 0.289 -0,29 0,143 0.065 0.250 0.023 0,361 0,209 0,089 0,193 0,446 0,179 1
PLC 0.354 0.299 0,09 0,113 0,11 0,045 -0,178 0,198 0.349 0.167 0.235 0.459 -0,456 -0,299 -0,127 -0,087 0,005 -0,313 -0,429 1
Ceci peut être expliqué par l’existence d’une interdépendance cachée entre les banques.
D’ailleurs nous constatons l’existence d’une forte dépendance entre quelques banques tel la
BEA et la NATIXIS avec un coefficient qui s’élève à 0.883. Cette corrélation entre les deux
banques signifie que les facteurs externes influençant la BEA influencent du même poids la
NATIXIS.
Nous remarquons ainsi, l’existence d’une dépendance négative entre quelques banques
tel la CNEP et ALSALAM BANK avec un coefficient de -0.531, cela veut dire que les facteurs
qui influencent l’une positivement influencent l’autre négativement.
La conclusion est que ces corrélations ne sont pas exploitées par la méthode des
moindres carrées ordinaires, d’où la nécessité de procéder à une autre méthode qui les pris en
considération et ce n’est que la méthode des équations apparemment non reliées (SUR).
A présent nous passons à une estimation globale du modèle en utilisant la méthode des
équations apparemment non reliée (SUR), car il existe des facteurs secondaires non observables
communs à toutes les banques de l’échantillon qui ont un impact sur la variable endogène et
qui ne sont pas pris en considération en utilisant la MCO.
Elles sont indépendantes dans le sens qu’aucune variable endogène dans une équation
n’est pas liée aux autres variables endogènes dans une ou plusieurs autres équations, par contre
leurs perturbations sont corrélées. Dans cette perspective, la procédure d’estimation par la
méthode SURE consiste à appliquer une régression linéaire au système d’équations, permettant
ainsi de tenir compte des influences croisées dans les perturbations pour fournir un estimateur
plus efficient que celui des MCO.
Ainsi, la forme fonctionnelle choisie précédemment, s'applique sur toutes les équations du
modèle et s'écrit sous la forme suivante :
Où :
Il faut souligner que C ( ) prend la forme fonctionnelle Cobb-Douglas, ce qui donne des
relations log linéaires. Et que les estimations SUR consistent à utiliser le modèle de Panel et le
traiter par les moindres carrés généralisés sur tout le système en prenant la matrice de
corrélation indiquée ci-dessus. Les résultats de l’estimation du modèle SUR se présentent
comme suit (annexe 02) :
CPA 0.52 1.42 0.43 6.45 0.41 9.92 0.04 0.13 0.12 3.92 0.96
CNEP 1.50 3.50 0.07 7.14 0.57 7.72 0.27 1.67 0.16 1.56 0.92
BADR 1.50 8.40 0.46 6.48 0.51 1.96 0.23 4.12 0.04 2.15 0.98
BDL 0.77 3.62 0.40 2.98 0.74 2.48 0.20 1.34 0.20 9.18 0.97
ABC 0.99 1.88 0.49 12.93 0.29 2.28 0.19 3.72 0.13 1.75 0.95
AGB 0.46 2.31 0.34 9.75 0.23 4.18 0.57 2.41 0.30 5.55 0.91
ALBARAKA 0.74 3.57 0.07 3.78 0.16 1.91 0.18 9.52 0.29 5.16 0.88
BNPDZ 0.87 1.25 0.02 1.93 0.37 2.61 0.26 1.40 0.14 1.85 0.93
SGA 0.54 1.93 0.61 4.55 0.44 4.83 0.30 8.14 0.38 5.48 0.96
TRUST 0.32 2.40 0.43 1.59 0.21 2.72 0.05 7.54 0.33 3.56 0.90
NATIXIS 0.37 5.35 0.29 2.36 0.30 3.48 0.43 2.22 0.009 1.23 0.97
ALSALAM 0.30 1.06 0.32 1.77 0.53 5.79 0.45 10.51 0.17 7.77 0.98
BANK
HSBC 0.53 7.05 0.46 2.46 0.22 8.53 0.58 10.68 0.21 1.04 0.91
HOUSING 0.39 1.56 0.49 7.08 0.28 10.84 0.32 1.79 0.06 10.54 0.93
BANK
FRANSABANK 0.58 2.76 0.31 8.34 0.19 8.88 0.11 1.44 0.04 2.30 0.98
CITIBANK 0.67 7.40 0.14 7.96 0.12 2.79 0.25 2.29 0.08 2.79 0.90
CALYON 0.47 2.65 0.49 9.11 0.43 2.89 0.12 5.51 0.12 2.26 0.89
PLC 0.50 1.09 0.44 1.88 0.29 2.28 0.19 3.72 0.35 13.55 0.95
Source : élaboré par nos soins sur la base d’eviews.
A l’issue des résultats de la régression en utilisent la méthode SUR, nous pouvons dire
que le modèle est significatif et il a une bonne qualité d’ajustement car le coefficient de
détermination R2 varient de 88% à 98% entre les banques de l’échantillon.
C’est dans ce sens que nous avons choisi quelques variables exogènes représentant les
principaux coûts supportés par les banques. Dans ce choix de variables, nous nous sommes
inspirés des travaux empiriques exposés dans la partie théorique. Suite aux choix de ces
variables, nous avons procédé à l’étude des régressions reliant le ROA aux cinq variables
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 107
explicatives à savoir le prix du facteur travail, le prix du facteur financier, le coût du risque
crédit, le taille de la banque et la capitalisation bancaire.
Le modèle à estimer est le suivant :
Avec :
X4 : taille de la banque ;
X5 : capitalisation bancaire ;
t : 1…..10
i : 1……20
Avant de passer à l’estimation des paramètres du modèle, nous avons effectué une série
des analyses (descriptive et multi variée) et des tests économétriques.
3.1.1 Analyse statistique descriptive
Les statistiques descriptives de la variable à expliquer (ROA) ainsi que les variables
explicatives relatives à la gouvernance des banques Algériennes sont présentées dans le tableau
ci-dessous :
Les statistiques descriptives du tableau présenté ci-dessus, indiquent que les banques
Algériennes ont un taux de rendement des actifs (ROA) moyen de 0.26 % avec un maximum
de 9% et un minimum de -0.3% et un écart type de 1,34%. Ce dernier est très élevé, ce qui
signifie une grande dispersion entre les ROA des banques de notre échantillon (série
hétérogène).
- Analyse de la multi-colinéarité
L’un des problèmes qui peut nuire à l'analyse de régression et fausser les résultats est
celui de la multi-colinéarité des variables explicatives, en effet la régression sur des données de
panel est sensible à ce genre de problèmes. A cet effet, et comme une première étape de
l’analyse, nous allons vérifier l’indépendance des variables explicative à travers la matrice de
corrélation, afin de garantir les résultats de la régression des données de panel. La matrice de
corrélation se présente comme suit (annexe 03) :
ROA X1 X2 X3 X4 X5
ROA 1
X1 0.03 1
X2 -0.3 -0.20 1
X3 -0.13 -0.14 0.62 1
X4 -0.17 -0.05 -0.40 -0.86 1
X5 0.49 0.46 -0.21 -0.09 -0.32 1
Source : Elaboré par nos soins sur la base d’eviews.
Alors que la variable taille a un coefficient de 0.86 avec le coût du risque cela veut dire
qu’il existe une corrélation entre les deux variables mais on a pas pris ca on considération car
en réalité, elles ne reflète pas la même chose .
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 109
De ce qui précède nous conclurons que toutes les variables exogènes de notre modèle
sont indépendantes (absence des problèmes de multi-colinéarité). Cette conclusion peut être
confirmée par le test VIF et le calcul de la tolérance, (annexe 04) :
VIF Tolérance
(1/VIF)
X1 3.94 0.25
X2 6.56 0.15
X3 1.44 0.69
X4 9.81 0.10
X5 9.62 0.10
Selon Ringle, un VIF entre 1 et 10 et une tolérance supérieure à 0,1 signifier l’absence
du problème de multi-colinéarité. Ainsi, nous constatons que tous les variables du modèle ont
un coefficient de VIF inférieur à 10 et une tolérance supérieure à 0.1, cela vient de confirmer
notre résultat. (Absence des problèmes de multi-colinéarité).
La première étape consiste à vérifier s'il existe réellement des effets individuels dans
nos données. Nous pouvons représenter ces effets à travers le test suivant :
Sous stata (Annexe 05), nous avons trouvé (P-value = 0.0000 <5%), ce qui implique le
rejet de l’hypothèse nulle qui suppose l’homogénéité, donc notre modèle présente des effets
individuels, autrement dit, la structure de notre panel est hétérogène. Cela veut dire que les
coefficients des banques ne sont pas homogènes et varient d’une banque à l’autre.
Le recours à la régression de données de panel exige, le choix entre deux modèles (le
modèle à effets fixes et le modèle à effets aléatoires). En effet, le modèle à effet fixe suppose
que le modèle théorique étudié est parfaitement identique pour toutes les banques de
l’échantillon et qu’il n’existe pas des spécificités propres à chaque banque contrairement au
modèle à effet variable ou aléatoire.
Pour ce faire, le test de spécification de (Hausman, 1978) permet de répondre à la
question. De ce fait, ce test repose sur les hypothèses suivantes :
H0 : E (Xit, ui, t) =0 (les estimateurs du modèle à erreurs composées sont efficaces.)
- Test d’hétéroscédasticité
Le test de Breusch - Pagan ou test du multiplicateur de Lagrange permet de vérifier que
notre modèle dispose des erreurs homoscédastiques ou hétéroscédastiques intra-individus.
L’idée de ce test est de vérifier si la variance du carré des résidus est constante pour le même
individu. Il s’effectue à travers les hypothèses suivantes :
H0 : Ϭ2ut = Ϭ2, les erreurs sont homoscédastiques,
H1 : Ϭ2ut ≠ Ϭ2, les erreurs sont hétéroscédastiques.
Les résultats du test présentés en (annexe 07), montrent que la p-value (p=0.0000)
relative à la statistique F est inférieure à 5%. Ce qui permet de rejeter l’hypothèse nulle au seuil
de 5%, et nous indiquons qu'il existe un problème d’hétéroscédasticité. Donc la variance des
erreurs n’est pas là même pour tous les individus de l’étude.
Les résultats de ce test montrent, à l’aide du logiciel stata, que la p-value de la statistique
F est de 0.0002 qui est largement inférieur au seuil de 5% (annexe 08). Nous rejetons dans ce
cas l’hypothèse nulle. On conclut ainsi à l’autocorrélation des erreurs.
Après avoir effectué tous les tests nécessaires pour passer à la modélisation ; nous passons
à présent dans cette section, à la discussion et l’analyse des résultats de l’étude.
Nous classifions une variable comme significative lorsque son t-student calculé est
supérieur au t-student tabulé.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 112
A l’issue des résultats de la régression des deux méthodes MCO et SUR, nous constatons
que les coefficients des paramètres, en utilisent la méthode MCO, ne sont pas tous significatifs
donc la qualité des estimations du modèle MCO n’est pas statistiquement satisfaisante.
Quant aux signes des coefficients, les coefficients des paramètres issus de l’estimateur
SUR, sont positifs ce qui montre une relation positive entre le coût total et les variables
explicatives.
Inversement, les résultats issus de l’estimateur MCO, montrent une relation négative de
quelques variables avec le coût total tel le coût du risque pour l’ABC, et le prix du facteur
financier pour la BNPDZ.
Nous remarquons ainsi, que les variables non significatives dans le modèle MCO sont
devenues significatives dans le modèle SURE et l’élasticité est devenu positive pour quelques
banques.
Sur ces constations, nous concluons que l'application de la méthode de moindres carrés
ordinaires est inappropriée et peut conduire à des résultats fallacieux dans la mesure où
l’application des MCO à chacune des équations prises séparément a fourni des estimateurs
biaisés et des effets non significatifs.
Ainsi, pour remédier à ce problème, nous pensons que le recours à la méthode des
équations apparemment non reliées (SUR) pourra alléger une partie des inconvénients de
l'estimation des moindres carrés par équation unique.
Dans ce qui suit, nous présenterons les résultats et leurs interprétations en référence à
l’estimateur SUR de Zellner.
BEA 0.75 PLC 0.44 SGA 0.44 SGA 0.30 ALBARAKA 0.29
ALBARAKA 0.74 CPA 0.43 CALYON 0.43 CNEP 0.27 HSBC 0.21
CITIBANK 0.67 TRUST 0.43 CPA 0.41 BNPDZ 0.26 BDL 0.20
FRANSABANK 0.58 BDL 0.40 BNPDZ 0.37 CITIBANK 0.25 ALSALAM 0.17
BANK
SGA 0.54 BEA 0.35 NATIXIS 0.30 BEA 0.23 CNEP 0.16
HSBC 0.53 AGB 0.34 ABC 0.29 BADR 0.23 BNPDZ 0.14
CPA 0.52 ALSALAM 0.32 PLC 0.29 BDL 0.20 ABC 0.13
BANK
PLC 0.50 FRANSABANK 0.31 HOUSING 0.28 ABC 0.19 CPA 0.12
BANK
CALYON 0.47 NATIXIS 0.29 AGB 0.23 PLC 0.19 CALYON 0.12
AGB 0.46 BNA 0.19 HSBC 0.22 ALBARAKA 0.18 CITIBANK 0.08
HOUSING 0.39 CITIBANK 0.14 TRUST 0.21 CALYON 0.12 HOUSING 0.06
BANK BANK
NATIXIS 0.37 CNEP 0.07 FRANSABANK 0.19 FRANSABANK 0.11 BADR 0.04
TRUST 0.32 ALBARAKA 0.07 ALBARAKA 0.16 TRUST 0.05 FRANSABANK 0.04
ALSALAM 0.30 BNPDZ 0.02 CITIBANK 0.12 CPA 0.04 NATIXIS 0.009
BANK
Source : élaboré par nos soins sur la base d’eviews.
Nous remarquons aussi, que la CNEP et la BADR, sont en véritable première place,
détenant la plus forte sensibilité au prix du facteur travail. En effet si les frais du personnel
augmentent de 1%, le coût total augmentera de 1.50%.
Nous constatons aussi que les banques publiques occupées les premières places dans le
classent des résultats par sensibilité, nous pouvons expliquer ceci par le volume du personnel
qui travaillent au niveau de ces banques notamment la BADR, la banque caractérisée par
sureffectif par rapport aux autres banques.
Nous ne pouvons aussi ignorer la sensibilité des banques privée au prix du facteur travail
à savoir la BNP et La ABC, cela peut être expliqué par l’augmentation des salaires au niveau
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 114
de ces banques et selon l'Office National des Statistiques (ONS), « Les secteurs qui paient le
mieux les Algériens : La Sonatrach pour le public, les banques pour le privé ».
Ainsi, le recours accru aux augmentations salariales est généralement associé au souhait
des banques de créer des incitations à ses employés. Toutefois, il est à signaler que les
augmentations salariales ne pourraient entrainer une amélioration de la productivité que s'il
existe un effet effectivement positif sur l'effort productif consenti par le travailleur.
La relation qui lie les coûts bancaires au coût des ressources fait actuellement l'objet
d'un regain d'intérêt de la part des chercheurs et des dirigeants des banques.
Et en examinant les résultats nous pouvons dire que les banques privées occupent les
premières places avec des sensibilités élevées, cela peut être expliqué par les taux de
rémunération des dépôts élevés au niveau des banques privées.
Et comme les ressources des banques sont constituées des dépôts à vue, à terme et
d’épargne, les banques ont intérêt à collecter les dépôts à vue avec une grande partie car elles
sont gratuites afin de diminuer l’effet de ce coût qui est le prix du facteur financier sur la
structure des coûts.
Cela est illustrer par le cas de la CNEP qui présente une sensibilité faible avec un
coefficient de 0.07, cela veut dire qu’une augmentation du prix de facteur financier de 1%
engendra une augmentation de coût total de 0.07%.
Cette dernière qui n’effectue pas des opérations avec l’étranger et qui a une structure de
dépôts importante, maintiendra un effet compétitif sur le territoire bancaire, donc la collecte des
dépôts à vue peut constituer une source d’efficience des banques Algériennes.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 115
Pour vérifier l'existence d'une relation entre l'inefficience coût et la prise de risque, nous
avons estimé le rapport entre provisions sur créances et l'encours des créances brutes de la
clientèle comme mesure du risque de crédit.
Selon les résultats affichés en haut, nous remarquons que les banques publiques ont une
sensibilité élevée par rapport aux banques étrangères. Prennent le cas de la BNA qui occupe la
première place avec une sensibilité élevée qui est de 0.91, cela veut dire que si le cout du risque
de la BNA augmente de 1%, son coût total augmentera de 0.91%.
Parmi les causes d’inefficiences des banques publiques, nous avancent les suivants :
- La gestion du risque de crédit est plus rigoureuse au niveau des banques privées ;
Donc à travers ces résultats, nous notons que le coût du risque crédit représente une
source d’inefficience des banques Algériennes. Et que les créances douteuses pèsent
lourdement dans la structure des coûts bancaire.
- Taille de la banque
Selon les auteurs la taille de la banque joue un rôle essentiel dans la détermination de
l’efficience bancaire en influencent le contrôle des coûts totaux.
La littérature faite sur cette question, présente des résultats différents en ce qui concerne
la relation du coût total et de la variable taille de la banque.
Le premier groupe des chercheurs confirme l’effet positif de cette dernière sur le coût
total et justifient ce point par le fait que les banques de grandes taille ont une habilité de
réduction des coûts opérationnels en réduisant les coûts administratifs.
Contrairement, le deuxième groupe affiche un effet négatif de la taille sur le coût total,
et confirme que les banques de petite taille qui contrôle mieux leurs coûts et par la suite sont
les plus efficientes.
Dans notre cas, les résultats de la régression montrent que les banques de grandes tailles
affichent une sensibilité élevée tel le cas de la BNA avec un coefficient de 0.56. Alors que les
banques de petite taille affichent une sensibilité faible tel Calyon avec un coefficient de 0.12.
Dans notre étude, on a procédé à l’utilisation des capitaux comptables pour l’évaluation
de l’impact de cette dernière sur l’efficience bancaire.
Capitaux propres = capital social+ écart de réévaluation + réserves+ report à nouveau + résultat
Les résultats des travaux effectués sur cette question montrent une divergence des
conclusions, la première vague des chercheurs affichent un impact positif de cette variable sur
l’efficience ; Inversement une deuxième vague confirme l’effet négatif des capitaux sur
l’efficience des banques.
Pour notre cas et sur la base de nos résultats, nous avançons la conclusion suivante : les
capitaux propres n’ont aucune relation avec l’efficience bancaire car il se trouve qu’il existe
des banques qui ont un niveau très important de fonds propres mais elles sont la plus sensibles
telle la BNA, et inversement il existe des banques qui détiennent un niveau faible de fonds
propres mais elles sont considérées comme efficientes avec une sensibilité très faible telle la
NATIXIS.
Sur la base de notre étude menée sur un échantillon de 20 banques et sur une période de
10 ans, nous pouvons conclure que les frais du personnel constituent la principale source
d’inefficience des banques Algériennes.
L’ensemble des tests que nous avons effectués jusqu’à maintenant ont démontré
l’existence d’un effet individuel dans notre panel (test de spécification de Fisher) et que cet
effet est de nature fixe (test de Hausman). Cependant, les résultats des tests économétriques de
Breusch-Pagen, et Woodridge ont concluent que notre modèle souffre des problèmes de
l’hétéroscédasticité et de l’autocorrélation des erreurs.
Pour cela nous pouvons, utiliser la méthode correlated panels corrected standard errors
(PCSEs) pour estimer les paramètres du modèle. En effet, cette méthode tend à
surestimer la signification des coefficients. Nous optons, alors pour cette dernière qui
tient compte de la présence de ces deux problèmes statistiques et permet la correction.
Les résultats de la régression des variables de l’étude sur les différentes mesures de
performance sont présentés dans le tableau suivant :
A l’issue des résultats de la régression figurant dans le tableau ci-dessus, nous tirons les
conclusions suivantes :
Cette variable est mesurée par le rapport entre Coût du facteur travail et Effectif global,
les résultats de la régression nous montrent un effet négatif et significatif au seuil de 1% de
cette variable sur la performance des banques Algériennes avec un coefficient de -0.002, cela
veut dire qu’une augmentation du prix du facteur travail d’une unité va engendrer une
diminution de la performance de la banque de 0.02%.
Les frais du personnel représentent une charge qui pèse lourdement dans les coûts de la
banque et affecte négativement l’efficience et la performance de cette dernière. Or le recours
accru aux augmentations salariales est généralement associé au souhait des banques de créer
des incitations à ses employés.
Toutefois, il est à signaler que les augmentations salariales ne pourraient entrainer une
amélioration de la productivité que s'il existe un effet effectivement positif sur l'effort productif
consenti par le travailleur.
Nous pouvons ajouter aussi comme conclusions que les banques publiques souffrent du
problème de sureffectif tel la BADR, cela va impacter la performance négativement.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 120
Cette variable est mesurée par le rapport entre charges d’exploitation et total ressources,
les résultats de la régression nous montrent un effet négatif et significatif au seuil de 10% de
cette variable sur la performance des banques Algériennes avec un coefficient de -0.28, cela
veut dire qu’une augmentation du prix du facteur financier d’’une unité va engendrer une
diminution de la performance de la banque de 0.28%.
Cette variable représente essentiellement les intérêts et les commissions versés sur les
dépôts et les différentes opérations de la clientèle, donc une gestion rigoureuse de ces derniers
permet aux banques de maintenir un certain niveau de performance, car les coûts de
financement impactent négativement la performance des banques, en ce qu’ils pèsent sur leur
profitabilité. En effet la réduction des charges d'exploitation bancaires est une politique
préconisée par les banques qui cherchent à être performantes.
Nous pouvons dire aussi que les dépôts à vue et des dépôts d'épargne peuvent être une
source de performance, permettent à la banque de bénéficier des ressources importantes tout en
réduisant les coûts financiers car elles sont non énumérées.
Cette variable est mesurée par le rapport entre provisions des créances douteuses et total
créances, selon les résultats du tableau ci-dessus, le cout du risque crédit à un impact négatif et
significatif au seuil de 1% sur la performance bancaire avec un coefficient de -0.004, cela veut
dire qu’une augmentation du risque crédit d’une unité va engendrer une baisse de la
performance de 0.04%.
A noter que la variable « risque crédit » est généralement considérée comme une mesure
directe de la performance bancaire et c’est une source d’inefficience-coût des banques. Et dans
le même sens Miller (1997), Athanasoglou et al. (2008) et Liu H. et al. (2010) trouvent qu’une
détérioration de la qualité du crédit réduit le ROA, et donc la performance de la banque.
C'est ainsi que depuis plus d’une décennie, le secteur bancaire en Algérien demeure
caractérisé par la poursuite de la détérioration de la qualité de ses actifs, une faiblesse qu’il a
héritée depuis des années et qui revient essentiellement à une accumulation d'un stock des
créances classées.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 121
Ceci est dû au volume des créances douteuses des banques publiques qui est élevé par
rapport aux banques privées et à la mauvaise gestion du risque de crédit au niveau des banques
publiques.
- Taille de la banque X4
Cette variable est mesurée par le logarithme du total actif, et selon les résultats observés
dans le tableau ci-dessus nous remarquons un effet négatif et significatif au seuil de 1% de la
taille sur la performance des banques Algériennes avec un coefficient de -0.004, cela veut dire
que si la taille augment d’une unité la performance va diminuée de 0.04%.
Les études empiriques ont débouché sur des résultats mitigés. Dans une investigation
sur la relation entre la performance et la taille des banques Américaines Aly, Grabowski,
Pasurka & Rangan en 1990, ainsi que Berger & Bonaccorsi di Patti en 2006 ont trouvé une
relation positive. D’un autre côté De Young et Nolle, 1996 ; Isik et Hassan, 2002 ont trouvé
une relation négative ; Alors que d’autres études n’en ont même pas trouvé une relation
significative.
Nos résultats se conforme avec les résultats de De Young et nolle, qui conforme l’effet
négatif de la taille sur la performance. Ça démontre que lorsque les banques Algériennes
deviennent plus importantes en termes de taille (en particulier les banques publiques comme
elles dominent le système bancaire), au lieu de profiter des économies échelle dont elles
disposent, elles sa livrent dans des pratiques managériales bureaucratiques.
- Capitalisation bancaire X5
Cette variable est mesurée par le rapport entre capitaux propres et total actif, cette
dernière à un impact positif et significatif au seuil de 10% sur la performance bancaire avec un
coefficient de 0.01, cela veut dire qu’une augmentation de ce rapport d’une unité va engendrer
une augmentation de la performance des banques de 1%.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 122
Les résultats de la majorité des études empiriques concordent quant à l’existence d’un
lien positif probant entre celle-ci et la performance d’une banque. En effet, les banques avec
des ratios de fonds propres plus élevés ont tendance à bénéficier d’une baisse du coût du
financement en raison des risques de faillite potentiels faibles.
Et nos résultats se conforme avec ces résultats et confirme l’existence d’un effet positif
et significatif sur la performance de la banque.
Nous concluons qu’avoir un niveau élevé de capitaux propres est un signal très positif
envoyé au marché sur la solvabilité de la banque et de son risque de crédit très faible. En
conséquence, de telles banques sont capables de réduire leurs coûts de financement, par
exemple en payant un faible taux d’intérêt sur leur dette.
Conclusion du chapitre
Ce chapitre a été consacré à l’étude empirique de l’impact de la structure des coûts sur
la performance des banques Algériennes au cours de la période 2010-2019, sujet qui constitue
une préoccupation majeure pour le secteur.
Pour ce faire et afin de surmonter les imperfections des méthodes classiques, en premier
lieu nous avons utilisé la méthode des équations apparemment non reliées connue la méthode
SUR. Cette méthode nous a permis, d’une part, d’estimer les niveaux d’inefficience–coût lies
à la production bancaire Algérienne, d’autre part, de déterminer les sources d’inefficience de
chaque banque à travers la comparaison de leur sensibilité.
Les résultats empiriques montrent que toutes les variables exogènes de notre étude ont
une influence statistiquement significative sur l'évolution des coûts de la production bancaire.
Les résultats montrent ainsi, une relation positive et significative entre le prix du facteur
travail et le coût total de la production bancaire, et que les frais de personnel présentent la
principale source d’inefficience des banques Algériennes. De plus, ils montrent l’existence
d’une relation significative entre le coût des ressources et le coût du risque crédit et le coût total,
et qu’ils influent l’évolution des coûts de la production bancaire des banques Algériennes.
Deuxièment et afin de voir l’impact de la structure des coûts sur la performance, nous
avons utilisé la méthode des moindres carrées généralisées, cette dernière qui prend en
considération le problème d’hétéroscédasticité et le problème d’autocorrélation.
Chapitre IV : Etude empirique de la performance des banques Algériennes 123
Les résultats de la régression montrent un impact négatif et significatif des cinq variables
de l’étude sur la performance bancaire. Et nous laisse conclure que pour améliorer la
performance bancaire il faut d’abord améliorer l’efficience de la banque tout en assurant une
taille et un niveau de capitaux propres qui marche avec une gestion rigoureuse du risque crédit
et des frais de personnel.
CONCLUSION GENERALE
Conclusion générale 125
Conclusion Générale
Partant de cette réflexion, une meilleure connaissance des causes d’inefficience coût
permet une meilleure connaissance du processus décisionnel et fonctionnel et à mieux proposer
des actions correctives adéquates.
En effet la démarche analytique peut faire l’objet d’une meilleure connaissance car elle
repose sur la connaissance des charges et des coûts induits par l’élément analysé, ce qui permet
de préciser et d’évaluer la contribution des centres de profit au résultat de la banque.
Dans cette logique, notre étude repose sur l’analyse de l’impact de la structure des coûts
sur la performance bancaire ; et elle porte sur un échantillon de deuze (12) banques (06 banques
publiques et 06 banques privées) sur une période de 15 ans du 2005 au 2019.
Afin de formuler des réponses à notre problématique et à nos questions, nous avons
mobilisé dans une première étape les enseignements théoriques relatifs à la théorie de
performance bancaire, des différents coûts bancaires et aux méthodes de gestion suivis par les
banques. Et dans une deuxième étape nous nous sommes penchés sur la problématique de
l’impact des coûts supportés par la banque sur sa performance.
Dans notre travail empirique, nous procédons en deux étapes, la première est l’analyse
de l’efficience coût du secteur bancaire Algérien en utilisant la méthode SUR, la deuxième
étape consiste en l’analyse de l’impact de coûts bancaire sur la performance, utilisant la
méthode correlated panles corrrected standard errors (PCSEs).
- Nous retenons la première hypothèse qui prédit la relation négative entre les frais du
personnel et la performance des banques Algériennes et à travers notre étude nous
confirme cette dernière ;
- Nous confirmons également la seconde hypothèse qui sous-entend l’impact négatif
des frais financiers sur la performance des banques Algériennes ;
- La troisième hypothèse qui prévoit l’impact négatif du coût du risque crédit sur la
performance des banques Algériennes, est confirmée ;
- Enfin, la quatrième hypothèse qui prévoit un impact positif des facteurs de contrôle
sur la performance des banques, est rejetée pour la variable taille, et confirmée pour
la variable adéquation des capitaux propres,
Dans la banque, l'inefficience coût provient essentiellement de trois origines : des choix
inadéquats en matière d'utilisation des facteurs de production réels (capital travail et capital
physique), des choix des ressources financières inadéquats ou tout simplement des mauvaises
décisions en matière d'emplois. Ces différentes formes d'inefficiences allocatives et techniques
révèlent toutes des déficiences managériales. Les premières entraînent une augmentation des
coûts opératoires, les secondes, une augmentation relative des coûts financiers et les dernières,
une augmentation des pertes sur actifs.
Or, étant donné un environnement en perpétuel changement, les institutions bancaires
doivent opter pour des nouvelles procédures, leur permettant de préserver leur pérennité. Et
dans le cadre de notre étude nous suggérons les recommandations suivantes :
Conclusion générale 127
Enfin, il serait utile de compléter notre étude, en introduisant des variables explicatives,
macro-économiques et de structure de marché bancaire, comme déterminants de la performance
coût des banques Algériennes, à savoir, le taux de marché monétaire, le taux de rémunération
de l'épargne et l’inflation.
BIBLIOGRPHIE
Bibliographie
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marocaine des banques, p : 45.
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Site web
http://unt.unice.fr/aunege/Comptabilite_analytique_L2/html/lecon_02.html, consulté le
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www.mémoire.Online- performance bancaire en période de crise-ABDELKADER
DERBALI consulté le : 23/3/2020 à 22 :43.
Annexes
Annexes i
. xttest0
Estimated results:
Var sd = sqrt(Var)
Test: Var(u) = 0
chi2(1) = 28.98
Prob > chi2 = 0.0000
Panel-corrected
roa Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]
Table de matières
Remerciement .........................................................................................................................
Dédicace..................................................................................................................................
Sommaire……………………………………………………………………………………I-II
Liste des tableaux .............................................................................................................. IIIII
Liste des figures ................................................................................................................ IVV
Liste des annexes ................................................................................................................... V
Liste des abréviations ......................................................................................................... VII
Résumé…………………………………………………………………………..…………..VII
Abstract ............................................................................................................................. VIII
INTRODUCTION GENERALE........................................................................................ A-G
CHAPITRE I : Performance bancaire, fondements théoriques ................................................1
Introduction du chapitre ..........................................................................................................2
SECTION 01 : La banque et ses activités................................................................................3
1. Banque : définition et évolution .......................................................................................3
1.1 La Banque "Intermédiaire financier" .............................................................................3
1.2 La Banque "institution" .................................................................................................5
1.3 La Banque "Métier" ......................................................................................................6
2. Activités de la banque .....................................................................................................7
2.1 Opérations principales ...................................................................................................7
2.2 Opérations connexes .....................................................................................................8
3. Spécificité comptable des banques ...................................................................................8
3.1 Présentation des états financiers de la banque .............................................................. 10
3.2 Bilan bancaire : définition et composition.................................................................... 10
3.3 L’état de hors bilan : définition et composition ....................................................... 11
3.4 Le compte de résultat : définition et composition .................................................... 12
SECTION 02 : Performance bancaire et concepts voisins ..................................................... 13
1. C’est quoi la performance ? ........................................................................................... 13
2. Décomposition de la performance bancaire.................................................................... 15
2.1 Notion de l’efficacité .............................................................................................. 15
2.2 Notion de l’efficience ............................................................................................. 15
2.2.1 Efficience technique ........................................................................................ 16
2.2.2 Efficience allocative ........................................................................................ 16
2.2.3 Efficience d’échelle ......................................................................................... 17
2.3 Notion de la pertinence ........................................................................................... 17
Table de matières II