Qu'est-ce que les anti-Lumières
Contrepoint longtemps oublié par les historiens.
Il y a eu débats d'idées.
Bergier – Ennemi de Rousseau. Au 18e est un personnage qui a une véritable notoriété.
Les Lumières n'existeraient pas sans les anti-L. Il y aura un dialogue entre les 2 courants. Les idées
des 2 courants vont donc être des idées qui s'alimentent.
Les anti-lumière sont un mouvement très difficile à caractériser car c'est un mouvement divers. Ils
évoluent dans le temps.
Les anti-lumière publient de manière plus active dans la seconde moitié du 18e car c'est là que les
attaques contre l'Eglise se multiplient.
Dans ce courant il y a des protestants, des catholiques mais aussi des dissidents catholiques comme
des jansénistes qui vont participer à ce débat et se rapprocher à certains moments car ils ont un
ennemi commun.
Ils vont surtout combattre quelques livres : l'ouvrage De l'esprit, 1758, Heluétius ; L'Emile de
Rousseau 1762 ; Le système de la nature de Holbach 1770.
Les anti-lumière ressemblent aux Lumières par les moyens employés pour engager le débat. Ils vont
s'exprimer par l'imprimé, ils publient des livres, des journaux, ils fréquentent des salons, ils
débattent. Comme les Lumières.
I. Définir l'anti-philosophie et l'anti-philosophe
1. Un mouvement divers
à l'époque étaient appelés les anti-philosophes.
On reproche on philosophe et les encyclopédistes de former une espèce de secte. Leurs adversaires
se présentent donc comme des anti-philosophes ou anti-encyclopédistes.
On a avant tout des hommes attachés à l'Eglise chrétienne et à la religion chrétienne. On a des gens
qui pensent différemment mais luttent ensemble contre un même adversaire.
Formey – Protestant qui vit en exil en Berlin. Membre de l'académie de Berlin donc un homme de
lettre. Va être l'un des adversaires de Voltaire et de Diderot.
Ce sont aussi et surtout des catholiques. Bergier est sans doute l'anti-philosophe le plus important de
la seconde moitié du siècle. Fait parti de ceux qui vendent le plus de livres.
Chaumeix – Janséniste. Va être un adversaire de l'encyclopédie. Les jansénistes au 18e sont encore
des personnes très attachés à la morale, à une religion austère. Ils se considèrent comme catholiques
mais sont considérés comme des dissidents par l'Eglise catholique.
Bergier en 1787 lorsque qu'on accorde l'état civil des protestants il s'indigne. Il peut combattre les
philosophes aux côtés des protestants mais considérer que les protestants et jansénistes ne doivent
pas obtenir les mêmes droits que les autres français.
Les anti-philosophes ne défendent pas tous le même pdv.
Souvent ce n'est pas le rejet de toute la philosophie. Certains par exemple rejettent juste les
matérialistes. D'autres vont étendre le rejet à des gens qui critiquent la religion sans être anti
religion.
2. Les milieux dévots et jansénistes
Sont parmi les + actifs dans leurs lutte contre philo.
Ces milieux socialement parlant ressemblent bcp à celui des philo. Sont issus des milieux nobles ou
bourgeoisie.
Une différence → Les anti-philosophes comptent dans leurs rangs bcp + d'ecclésiastiques que les
philosophes.
Plusieurs pôles. Le premier = le pôle dévot (cour du roi Louis XV) où se trouve des personnes très
religieuses, qui vont défendre ardemment la religion. Le dauphin est attaché à la religion
traditionnelle mais n'est pas aussi dévot que ses sœurs, Louise et Adélaïde qui sont le cœur du parti
dévot de la cour. Femmes qui ont influence importante. Vont lutter contre l'encyclopédie. Vont être
le cœur du parti anti-philosophie.
Pompadour elle a soutenu l'encyclopédie.
Ce milieu dévot est un milieu encouragé par le père Griffet. Père jésuite qui joue un rôle important
dans la lutte contre les philosophes.
Le milieu dévot est avant tout un milieu attaché à la religion. Le dauphin apprécié bcp Montesquieu
dc n'est pas un rejet total.
Le mouvement janséniste va jouer un rôle très important.
Les jansénistes en France sont interdits, depuis notamment la bulle Unigenitus. Le jansénisme est
particulièrement implanté dans la bourgeoisie, la noblesse donc des milieux qui sont des milieux
savants.
Dispose d'un périodique, Nouvelles ecclésiastiques. Commence à paraître en 1728. Aborde des
débats intellectuels. Discutent des thèses qui se trouvent dans les livres, notamment les livres des
philosophes.
Reprochent aux jésuites de ne pas assez défendre la foi.
3. Echanger les idées des anti-Lumière
L'imprimé. On est dans une civilisation du livre rare. À partir des années 1760 on aura une
démocratisation du livre.
On peut louer des livres chez le libraire.
Parmi ces livres qui ont connu un grand succès c'est l'abbé Pluche qui publie le spectacle de la
nature. On a des traités comme cela qui ont bcp de succès.
Éclosion des périodiques. En général un petit inoctavo, une fois par semaine ou tous les 10 jours.
Parmi ces journaux : Le journal ecclésiastique qui est un journal qui s'adresse aux ecclésiastiques
1760-1792. Donne des conseils de dévotion etc. Dans ce journal professionnel on donne aussi des
avis sur les ouvrages qui paraissent. Les ouvrages de philosophie sont pointés du doigt.
La religion vengée – 1757-1763. Paraît au moment le plus fort du débat.
L'année littéraire – Le plus important. 10 000 abonnés. Rédigé essentiellement par un homme,
Fréron. Paraît tous les 10 jours.
Fréron est un homme de lettre qui s'intéresse à bcp de choses. Vie littéraire, vie scientifiques,
progrès de la médecine. L'une des grandes découvertes est l'inoculation de la variole. Il croit au
progrès mais en même temps sur le fond il illustre les anti-lumière. Il s'en prends souvent à Voltaire,
à Rousseau et de manière général aux encyclopédistes. Ils les attaque avec une virulence qui fait le
plaisir de ses lecteurs, il utilise l'ironie.
1773 Fréron écrit « J'ai été le premier et longtemps le seul à résister au torrent de la philosophie
régnante et au mauvais goût ». Il est avant tout hostile à l'encyclopédie.
Le terme de salon est un terme d'historien. À l'époque on parle de société, de dîners. Les salons sont
des rencontres dans un lieu privé à un jour donné de la semaine.
La plupart des salons sont favorables à la philosophie. Mais on a aussi des salons anti-philosophie.
Ils sont très peu connus.
Le salon de madame de la Ferté-Imbault. Fille de madame Geoffrin, femme de culture qui tient
salon à paris au milieu du 18, le plus brillant salon de Paris. Lorsque sa mère meurt, mme de la
Ferté-Imbault va continuer à tenir salon mais il y a des personnages qu'elle ne voudra plus accueillir
comme Dalembert, Marmontel. Devient de plus en plus un salon hostile aux philosophes.
Elle continue à accueillir des étrangers comme les frères Grimm ou Galiani.
II. Le combat contre les philosophes
1. Contre Helvétius
Le premier txt fondamental qui va être attaqué de manière particulièrement violente c'est De l'esprit
d'Helvétius. Texte qui va choquer les contemporains. Quelques années plus tard il y a aura aussi
l'Emile de Rousseau, où ce qui choque c'est un passage qui est la profession de foi perçu comme
une attaque contre la religion. Rousseau est en fait très religieux, déteste les athées. Il s'oppose aux
religions du livre. Pour lui la vraie religion est une religion naturelle. C'est un dieu que l'on ressent.
Helvétius en 1758 publie De l'esprit. Le pb du livre c'est qu'il est publié après avoir subi la censure.
Ce livre est un livre matérialiste qui présente l'homme comme déterminé par son éducation. Mais en
même temps l'homme est dicté par ses intérêts dans tout ce qu'il fait même dans ses vertus. Un
athéisme de l'auteur apparaît et est perçu facilement par les lecteurs.
Scandale quand l'ouvrage paraît. Va être condamné par toutes les institutions qui ont un pouvoir de
censure :
Aout 1758 le conseil du roi révoque le privilège accordé au livre et demande sa suppression.
Novembre 1758 l'archevêque de Paris condamne l'ouvrage.
Début 1759 trois condamnations successives : parlement de paris, le pape Clément XIII, l'université
de la Sorbonne.
Les autorités qui ont le pouvoir d'interdire un livre sont multiples. Le conseil du roi, le parlement, la
sorbonne peuvent le faire.
Livre qui est uniformément rejeté.
Novembre 1758 dans ce contexte là Chaumeix publie Préjugés légitimes contre l'Encyclopédie. Il
ajoute à ce premier texte un Essai critique du livre De l'esprit. Pour Chaumeix l'encyclopédie est un
livre dangereux. Si il y a un livre comme De l'esprit c'est à cause de l'encyclopédie.
L'encyclopédie est très menacée en mars 1759, suspension du privilège de l'Encyclopédie. Lié au
débat autour de De l'esprit.
2. Contre Voltaire
Est très souvent attaqué.
Le plus célèbre de ses adversaires c'est le jésuite Nonnotte. En 1762 il publie Les erreurs de
Voltaire.
Les anti-philosophe cherchent souvent à montrer les erreurs de démonstration des textes. Essaient
de pointer les erreurs.
Le texte de Voltaire qui suscite le + de réactions c'est le dictionnaire philosophique qui paraît en
1764 de manière anonyme. Sera interdit par le parlement, condamné à être brûlé. Va surtout susciter
des réactions car on sent que c'est un texte qui a de la force. Perçu par les catholiques comme un
texte anti-chrétien.
L'abbé Chaudon publie en 1767 son Dictionnaire anti-philosophique pour servir de commentaire et
de correctif au dictionnaire philosophique.
L'abbé Bergier en 1769 publie Suite de l'apologie de la religion chrétienne ou remarque sur les
principaux articles du dictionnaire philosophique.
L'abbé Paulian publie le dictionnaire philosopho-théologique portatif 1770.
3. Se moquer des philosophes
Le théâtre au 18e ne ressemble pas au théâtre d'ajd. Au 18e le théâtre est très populaire et très bon
marché, fréquenté par toutes les couches de la société. Généralement des pièces courtes, on en
regarde 2.
Souvent des pièces qui font écho à l'actualité. Beaucoup de comédies.
Parmi ces auteurs dramatiques il y a Palissot qui va faire représenter Les philosophes. Présenté à la
Comédie française en mai 1760.
C'est un anti-philosophe qui aime bien Voltaire mais n'apprécie pas du tout les encyclopédistes.
Dans sa pièce se moque de Rousseau, Diderot, essaie de montrer le ridicule de certaines idées.
Le ridicule pour lui c'est l'éloge de la nature qu'on retrouve chez Rousseau.
Représente le valet ? Comme fasciné par Rousseau qui marche à 4 pattes pour essayer de se
rapprocher de la nature.
Personnage Dortidius qui est une incarnation de Diderot. Présenté comme un prétentieux, un
hypocrite, qqn qui ne mérite pas le titre de philosophe.
Diderot c'est un philosophe qui publie très peu. Il est connu avant tout pour l'encyclopédie.
III. Le renouveau de l'apologétique catholique : Bergier et Lamourette
1. Le parcours de l'apologiste Bergier
Bergier est le + important. Sa notoriété au 18e est extraordinaire.
Homme naît 1718 dans le duché de Rennes. Fils d'un laboureur aisé. Les enfants de laboureurs ne
fréquentent pas les collèges sauf quand le maître d'école décèle les capacités intellectuelles d'un
enfant. C'est le cas de Bergier qui est envoyé au collège pour devenir ecclésiastique. Il fréquente un
collège jésuite à Colmar puis à Besançon. Ordonné prêtre en 1743.
Nommé curé en Franche-comté en 1749.
curé qui s'intéresse à la vie culturelle.
Abbé Bergier va participer à des concours et recevoir pls prix d'histoire, de rhétorique. Il va publier
certains de ses travaux.
1763 il publie Combien les moeurs donnent de lustre au talent.
Le livre le + important date de 1765. Le déisme réfuté par lui-même. Texte qui est avant tout rédigé
contre Rousseau.
Au moment où il publie ça, il est principal de collège. Va être appelé à Paris, est qqn qui devient
connu. Devient chanoine à Notre Dame de Paris puis professeur à la cour.
1767 il a publié La certitude des preuves du christianisme. Voltaire va répliquer à la réplique, avec
Les conseils raisonnables à monsieur Bergier pour la défense du christianisme.
Montre que c'est un personnage qui attire l'attention.
1769 il s'en prends à Dolbac avec Apologie de la religion chrétienne.
1770 fréquente le salon du baron Dolbac.
1781 Bergier va accepter de rédiger le volume théologique de l'encyclopédie méthodique, édité par
Panckoucke qui réédite l'Encyclopédie mais de manière différente. Sous format méthodique c'est-à-
dire thématique. On le reproche à Bergier.
Les filles de Louis XV vont avoir pour professeur l'abbé Bergier dans les années 1770.
Meurt en février 1790.
2. Un combat et une Technique : Le déisme réfuté par lui-même
Txt tourné contre Rousseau.
Destiné à montrer que Rousseau n'est pas un chrétien et qu'en cela, il a tort.
Réfutation du déisme de Rousseau par Rousseau. Cherche à mettre Rousseau face à ses propres
contradictions.
Il s'agit d'une douzaine de lettres de Bergier à Rousseau. Lettres qui sont sur des sujets très
religieux.
3. Les ambiguités de l'apologétique : le cas Lamourette
L'abbé Lamourette est enthousiasmé par la Révolution.
Il est né en Artois en 1742. ordonné prêtre en 1769. Va faire vite le choix d'une carrière de
professeur.
Commence à publier des txt de religions ds les années 1780.
Publie Considérations sur l'esprit et les devoirs de la vie religieuse, destiné aux moniales.
Publie Pensées sur la philosophie de l'incrédulité en 1785. Il fait œuvre d'apologiste.
Il n'est pas hostile à la philosophie mais dans son idée la philosophie est toujours inférieure à la
pensée religieuse. En même temps il espère trouver une espèce de compromis entre la pensée de son
siècle et la pensée religieuse.
1789 comme bcp d'ecclésiastiques il considère que la Révolution permettra de régénérer l’Église.
Il devient évêque constitutionnel de Rhône Alpes en 1791.
Devient député.
Il est surtout connu pour une scène de juillet 1792, le baiser Lamourette. Assemblée est tellement
divisée que Lamourette va dire des mots d'apaisement et propose que tout le monde s'embrasse.
1793 est à Lyon au moment de l'insurrection de Lyon. Lamourette va être arrêté, jugé, et guillotiné.
Lumières et anti-lumières doivent être considérés comme deux ensemble hétérogène mais qui aident
mutuellement à se construire.
1789 le débat change en parti de nature. Il n'est plus entre lumières et anti-lumières. La ligne de
fracture se trouve désormais ailleurs, révolution contre anti-révolution.