Fiscalité au Cameroun : TVA et Droits d'Accises
Fiscalité au Cameroun : TVA et Droits d'Accises
L’attention des lecteurs est appelée sur le fait que, émanant de l’administration fiscale,
le contenu du présent précis ne saurait en aucun cas se substituer aux textes légaux qu’il se
contente de reprendre pour les expliquer.
1
PREMIERE PARTIE : LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE ET LES
DROITS D’ACCISES
INTRODUCTION
Instituée au Cameroun par la loi n° 98/009 du 1er juillet 1998 portant Loi de finances
pour l’exercice 1998/1999 en son article 8ème, la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) est une taxe
d’essence communautaire mise en place par la Directive n°1/99/CEMAC-028-CM-03 du 17
décembre 1999 votée par le Conseil des Ministres de la Communauté Economique et
Monétaire de l’Afrique Centrale.
Ce sont ces divers prélèvements qui ont été agrégés pour donner naissance à la Taxe sur
le Chiffre d’Affaires (TCA) par l’Acte n°1/92-UDEAC-556-CD-SE1. Cette dernière, dont les
règles d’imposition ne différaient pas fondamentalement de celles de la TVA, a été rapidement
abandonnée en raison des multiples dysfonctionnements qu’elle a engendrés. Elle n’a ainsi
constitué qu’une étape vers la mise en place de la TVA.
Les Droits d’accises quant à eux ont été institués en même temps que la Taxe sur le
Chiffre d’affaires par l’Acte n°1/92-UDEAC-556-CD-SE1 et repris dans le dispositif fiscal
camerounais en 1994.
La TVA et les droits d’accises présentent des particularités et des avantages indéniables.
- Soit il le réclame à l’acheteur qui est le consommateur final et on parle ici de taxation
2
directe, système dans lequel le contribuable acquitte directement sa dette auprès du Trésor
public ;
- soit l’Etat s’adresse au vendeur pour recouvrer l’impôt ; c’est le système de la taxation
indirecte dans lequel le vendeur incorpore le montant de la taxe dans le prix du produit et se
présente comme un collecteur d’impôt.
A contrario, le système de la taxe unique veut que le bien soit taxé une seule fois sur sa
valeur finale. Cela suppose soit que l’ensemble du système est détaxé jusqu’à la dernière
transaction, soit que la taxation se fait à chaque transaction sur la valeur ajoutée au produit par
le vendeur.
La TVA est un impôt unique puisque à l’issue d’un circuit économique, la charge fiscale
est assise sur le montant de vente final. Tout se passe comme si le bien ou le service n’était
taxé qu’au dernier stade, c'est-à-dire celui de la consommation finale.
Le nombre des intervenants dans la détermination du coût final n’influe pas sur le
montant de la taxe.
La TVA est un impôt à paiement fractionné car chaque opérateur facture la TVA sur sa
propre valeur ajoutée.
3
- B revend le produit à C au prix de 715,5 + 400 (qui représente sa marge HT)
La TVA sur la marge se calcule comme suit : 400 X 19,25% = 77
Le prix de vente TTC de B à C est donc de 715,5 + 400 + 77 = 1192,5 Frs
C qui est le consommateur final supporte ainsi une charge fiscale totale de 115,5 + 77=
192,5.
L’on serait parvenu exactement au même résultat si l’opération avait été réalisée entre un
vendeur unique et le consommateur final. On aurait ainsi eu un prix de vente hors taxe de 1000
Frs et une TVA de 192,5.
Cet exemple démontre que le nombre d’intervenants dans la formation du prix de vente
du produit au consommateur final n’influence pas le montant de la TVA à payer en bout de
chaîne économique.
Les Droits d’accises sont dits spécifiques lorsqu’ils sont assis sur une base autre que la
valeur, et ad valorem lorsqu’ils sont assis sur la valeur du bien. C’est cette dernière catégorie
applicable en CEMAC et au Cameroun qui sera étudiée dans le présent précis.
1) L’élargissement de l’assiette
Outre le fait que ces multiples exonérations faisaient perdre d’importantes recettes à
l’Etat, elles étaient également dommageables pour les entreprises qui en bénéficiaient. En effet,
la caractéristique de l’exonération est qu’elle prive l’assujetti du droit à déduction de la TVA
qui a grevé le prix de revient de ses opérations. La quasi-totalité des entreprises qui faisaient
valoir ces exonérations se retrouvaient ainsi systématiquement en situation de crédit, sans
pouvoir bénéficier du remboursement.
4
dont l’un des corollaires est la maîtrise des exonérations. Cette politique permet d’assurer une
meilleure répartition de la charge fiscale sur un plus grand nombre de consommateurs tout en
tenant compte de la situation des contribuables les plus modestes.
2) Le droit à déduction
Le droit à déduction permet aux entreprises de récupérer la TVA brute payée en amont
lors des achats auprès des fournisseurs. Il a pour objet d’assurer à la taxe sa neutralité
économique à tous les stades de la production ou de la distribution.
A côté du taux général de TVA qui est de 19,25%, l’on retrouve un taux zéro applicable
à certaines opérations telles que les exportations ou encore les livraisons effectuées pour le
compte des entreprises situées en zone franche industrielle. Il s’agit d’une taxation fictive
aboutissant à la collecte d’une TVA nulle. A la base de son institution, il y a le souci d’offrir
aux entreprises qui y sont soumises la possibilité de demander le remboursement de la TVA
payée à leurs fournisseurs.
Grâce au mécanisme de déduction immédiate de la taxe payée sur les investissements, les
entreprises bénéficient d’une aide non négligeable. Le mécanisme de récupération de la TVA
par les entreprises leur permet en effet de disposer de capacités de financements
supplémentaires pour moderniser leur outil industriel et commercial.
Sans doute, le Droit d’accise vise principalement à pourvoir aux recettes budgétaires de
l’Etat. Mais d’autres objectifs lui sont assignés à titre accessoire. Ainsi, la soumission au Droit
d’accises des produits de luxe et ceux nocifs à la santé participe de l’équité fiscale, et de la
protection de la santé des consommateurs.
5
CHAPITRE 1 : LE CHAMP D’APPLICATION DE LA TVA ET DES DROITS
D’ACCISES
- l’Etat ;
- les Collectivités territoriales décentralisées ;
- les Etablissements publics administratifs ;
- les Sociétés à capital public ;
- les Sociétés d’économie mixte.
Ces personnes sont assujetties à la TVA quels que soit leur statut juridique, leur situation
au regard d’autres impôts, ainsi que la forme ou la nature de leurs interventions dans le
processus économique. Par contre, comme on le verra plus bas, le régime d’imposition peut
être un élément déterminant dans les critères d’imposition à la TVA.
Dans le cadre des opérations soumises à la TVA, deux notions sont essentielles : les
notions de redevable légal et de redevable réel de la taxe.
6
Le redevable légal de la TVA est la personne physique ou morale tenue par la loi de
collecter la taxe et de la reverser à l’État. Il s’agira par exemple de la personne qui exécute
l’opération, c'est-à-dire le fournisseur ou le prestataire de services.
Au Cameroun, comme il sera décrit ci-après, certains contribuables, pour une même
opération, sont à la fois redevable réel et redevable légal de la taxe. C’est le cas lorsque la loi
leur fait obligation de retenir la taxe due pour la reverser directement au trésor public (système
de la retenue à la source).
Dans ce cadre, sont réputées agir de manière indépendante, les personnes qui exercent
une activité sous leur propre responsabilité et jouissent d’une totale liberté dans l’organisation
et l’exécution des travaux qu’induit ladite activité.
En revanche, toute personne qui est liée par un contrat de travail ou tout autre rapport
juridique créant des liens de subordination en ce qui concerne les conditions de travail, les
modalités de rémunération et la responsabilité de l’employeur, ne peut être considérée pour
l’exécution de son activité comme assujettie à la TVA. C’est le cas notamment des salariés et
des travailleurs à domicile dont les gains peuvent être assimilés à un salaire.
Le caractère habituel des opérations est établi par leur répétition. Il suppose également
qu’une organisation est mise en place pour leur réalisation notamment par l’existence de
structures destinées à l’exercice de l’activité.
Cependant, une opération peut être imposable à la TVA même si elle n’a pas de
caractère répétitif dès lors que les conditions dans lesquelles elle est réalisée, ne laissent aucun
doute sur la qualité d’assujetti de la personne qui la réalise. Les critères d’appréciation peuvent
être liés à la nature du bien vendu ou de la prestation effectuée, à l’importance de la transaction
ou à la nature même de l’opération.
Les contribuables dont le chiffre d’affaires est inférieur à cette limite n’entrent pas dans
le champ d’application de la TVA et peuvent à ce titre être considérés comme des
consommateurs finaux ; ainsi, ils ne sont pas autorisés à facturer la TVA et ne peuvent pas non
plus déduire la taxe qu’ils supportent lors de l’acquisition des biens et services nécessaires à
leur activité.
Les personnes imposables aux droits d’accises sont essentiellement les producteurs des
biens soumis auxdits droits ou leurs distributeurs ainsi que les importateurs desdits biens. Le
producteur ou son distributeur est donc tenu de prélever les droits d’accises lors de la vente des
biens et marchandises de même que l’importateur au moment du franchissement du cordon
douanier.
7
II- LES OPERATIONS IMPOSABLES (articles 126 et 127)
En général, les opérations imposables s’entendent des opérations réalisées à titre onéreux
par un assujetti dans le cadre d’une activité économique. Toutefois, au-delà de ce critère
d’ordre général, il existe des opérations taxables en vertu d’une disposition expresse de la loi.
C’est la catégorie la plus importante d’opérations imposables à la TVA. Elle regroupe les
livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti dans
le cadre d’une activité économique.
Est considérée comme une livraison de biens, le transfert du pouvoir de disposer d’un
bien meuble corporel comme propriétaire, même si ce transfert est opéré en vertu d’une
réquisition de l’autorité publique. En général, les livraisons de biens meubles consistent en des
ventes pures et simples de biens matériels.
Il convient de préciser que l’électricité, l’eau, le gaz et les biens similaires sont considérés
comme des biens meubles corporels au sens de la TVA.
- l’apport en société ;
- l’échange d’un bien contre un autre bien qui s’analyse juridiquement comme une
double vente ;
- le prêt à la consommation qui est un contrat par lequel une partie livre à l’autre des
choses qui se consomment à l’usage, à charge pour cette dernière de lui en rendre la
même quantité de même aspect. Ici, aussi bien l’opération de prêt que celle de
restitution sont imposables…
Dans certains cas, la simple remise matérielle d’un bien meuble corporel est assimilée à
une livraison ; c’est le cas notamment dans les contrats de vente avec clause de réserve de
propriété, de location-vente ou de vente à terme.
La notion de prestation de services est très large et recouvre toutes les opérations autres
que les livraisons de biens meubles corporels. Elle comprend notamment :
8
Et, d’une manière générale, toute les activités qui relèvent du louage d’industrie ou du
contrat d’entreprise par lequel une personne s’oblige à faire, moyennant une rémunération
déterminée ou en échange d’un autre service, un travail d’ordre quelconque ou à exercer des
activités qui donnent lieu à la perception de profits divers (honoraires, primes, participations,
redevances…).
La notion d’activité économique est assez englobante. Elle renvoie aux activités aussi
diverses que la production, l’importation, les prestations de services, la distribution en général,
mais également les activités extractives, financières, agricoles, industrielles, forestières,
artisanales et celles des professions libérales et assimilées.
Une opération n’est imposable à la TVA que si elle revêt un caractère onéreux, ce qui
suppose une contrepartie de quelque forme que ce soit (somme d’argent, bien, service rendu,
etc.….). Si le caractère onéreux caractérise une activité économique, peu importe en revanche
les buts ou les résultats de cette activité qui, même si elle est effectuée sans but lucratif ou sans
bénéfice, confère à celui qui la réalise la qualité d’assujetti. Ainsi une vente ou une prestation
de services réalisée « à prix coûtant » est imposable à la TVA.
Il faut entendre par vente « à prix coûtant », une vente ou cession au prix de revient sans
application de la marge brute.
Il arrive que la loi déclare expressément imposable une opération qui en vertu du critère
de droit commun ne l’aurait pas été. C’est le cas s’agissant des livraisons à soi-même et des
prestations à soi-même.
Les livraisons à soi-même de biens sont imposables lorsque les biens, propriété de
l’entreprise et qui ont fait l’objet d’une déduction de TVA, sont affectés à des besoins autres
que ceux de l’entreprise. Il peut s’agir de biens affectés aux besoins des dirigeants, du
personnel, ou de tiers (distribution gratuite de biens, prélèvement dans le stock…)
- l’utilisation d’un bien affecté à l’entreprise pour les besoins privés de l’assujetti, ceux
9
de son personnel ou à des fins étrangères à l’entreprise ;
- prestations effectuées à titre gratuit par l’assujetti pour ses besoins privés, ceux de son
personnel ou à des fins étrangères à l’entreprise (Exemple : prestation de conseil rendue
gratuitement par un cabinet d’avocats à l’un de ses membres).
Les biens et marchandises sus mentionnés sont ceux prévus à l’annexe II du titre II du
CGI, notamment les véhicules de tourisme d’une cylindrée supérieure à 2000 cm3, les tabacs,
boissons alcoolisées.
Les opérations exonérées sont celles qui, bien que remplissant les critères de l’imposition,
ne sont pas soumises à la TVA par le fait d’une disposition légale.
10
A- les exonérations d’ordre technique
Elles concernent en général les activités soumises à une taxation spécifique. En principe,
le fait qu’une activité soit soumise à une taxation spécifique n’empêche pas sa soumission à la
TVA.
En effet, le Code Général des Impôts prévoit que sont à comprendre dans la base
d’imposition à la TVA les impôts et taxes ainsi que les prélèvements de toute nature, à
l’exception de la TVA elle-même. Toutefois, dans certains cas, le législateur a expressément
voulu éviter un cumul d’imposition pour certaines activités soumises à une taxation spécifique.
- l’exonération des intérêts rémunérant les emprunts qui vise à ne pas alourdir le coût du
crédit ;
- l’exonération des opérations de composition, impression, importation ou vente des
journaux et périodiques, à l’exception des recettes de publicité, qui vise à alléger le coût
des activités du secteur de la presse ;
- l’exonération des petits matériels agricoles et de pêche ainsi que des intrants
d’agriculture de pêche et d’élevage qui vise à alléger les coûts de production et donc à
améliorer les revenus des producteurs…
- les produits de première nécessité figurant à l’annexe I du titre II du CGI ainsi que leurs
intrants ;
- les tranches de consommation d’eau et d’électricité dites sociales ;
- les examens, soins, consultations, hospitalisation, travaux d’analyse et de biologie
médicale ;
- les frais de scolarité ou pensions perçus dans le cadre normal de l’activité des
établissements d’enseignement régulièrement autorisés ;
- les contrats et commissions d’assurance-vie ou d’assurance maladie…
11
1) s’agissant des missions diplomatiques
* la mission diplomatique
- l’exonération de TVA sur les achats concernant les biens mobiliers effectués pour
l’équipement des locaux de la mission ;
- l’exonération de TVA sur les dépenses d’entretien des véhicules administratifs ou de
fonction, les prestations d’électricité, de gaz, de télécommunication, de
télédistribution ;
- l’exonération de TVA sur l’acquisition des biens et services acquis à l’occasion des
circonstances exceptionnelles telles que la célébration des fêtes officielles des pays
ayant leurs représentations diplomatiques au Cameroun, conformément aux dispositions
de l’Instruction Interministérielle n° 0123/MINFI/DIPL du 20 novembre 1989 relative à
l’application des privilèges diplomatiques.
* le chef de mission
* Le personnel diplomatique
12
- exonération de TVA sur l’acquisition des biens à usage personnel ci-après :
Champagne et vins : 80 l
Bières et boissons non alcoolisées : 60 cartons de 24 bouteilles de 33 cl ;
Spiritueux : 30l ;
Cigarettes : 2000 cigarettes (10 cartouches de 200 cigarettes)
Ladite exonération porte sur les achats de mobiliers destinés à l’équipement de leur
résidence ainsi que sur la fourniture d’eau, électricité, télécommunication et télédistribution
sous réserve de réciprocité et au regard des dispositions de l’Instruction interministérielle
précitée. (Il s’agit des réfrigérateurs, climatiseurs, magnétophones, cuisinières, téléviseurs,
vélomoteurs, meubles, magnétoscopes…).
Sauf mutation vers le statut de diplomate, lesdits avantages prennent fin au terme des six
mois de l’installation.
Elles sont adressées au Ministère des Relations Extérieures qui après visa, se charge de
les transmettre au Ministère des Finances (Direction Générale des Impôts).
Les demandes doivent être quantifiées et les fournisseurs précisément indiqués. Dans ce
sens, la facture pro forma qui accompagne la demande doit clairement mentionner les nom,
adresse et Numéro d’Identifiant Unique du fournisseur.
NB : Toute demande qui ne respecte pas cette procédure est retournée au Ministère des
Relations Extérieures.
13
- l’adéquation le cas échéant de la demande aux quotas fixés ;
- la régularité de la demande par rapport aux dispositions du Code Général des Impôts ;
- la régularité des pièces justificatives ;
-du respect des quotas.
A cet effet, le Ministère des Relations Extérieures doit faire tenir à la Direction Générale
des Impôts la liste des personnels de rang diplomatique des missions accréditées au Cameroun,
ainsi que la liste des pays qui appliquent la réciprocité à l’égard des agents diplomatiques
camerounais.
* L’organisation internationale
- l’exonération de TVA sur les achats de biens mobiliers effectués pour l’équipement
des locaux de l’organisation internationale;
- l’exonération concernant les dépenses d’entretien des véhicules administratifs ou de
fonction, les prestations d’électricité, de gaz, télécommunication et télédistribution.
14
* Les personnels diplomatiques de l’organisation internationale
Ces derniers ne bénéficient d’aucun avantage spécifique. Ils sont soumis au droit
commun en matière de TVA.
La procédure est quasiment la même que celle applicable aux missions diplomatiques et à
leur personnel.
Les requêtes doivent être visées par le représentant ou une autre autorité désignée à cet
effet.
Elles sont adressées au Ministère des Relations Extérieures qui après visa, se charge de
les transmettre à la Direction Générale des Impôts.
Les demandes doivent être quantifiées et les fournisseurs précisément désignés. Ainsi, la
facture pro forma qui accompagne la demande doit clairement mentionner les nom, adresse et
Numéro d’Identifiant Unique (NIU) du fournisseur.
NB : Toute demande qui ne respecte pas cette procédure est retournée au Ministère des
Relations Extérieures.
15
Précisions doctrinales : régime de TVA des services accessoires aux biens et services
exonérés1
La question s’est souvent posée de savoir si l’exonération d’un bien ou d’un service implique
systématiquement l’exonération des biens et services accessoires à ceux-ci.
Aussi l’administration a-t-elle précisé qu’il est de principe en Droit fiscal que les exonérations
sont d’application et d’interprétation strictes. Ainsi, les services et les achats de biens afférents
à l’exécution de services ou à la production de biens exonérés de TVA sont passibles de ladite
taxe, à moins que la législation fiscale en ait disposé autrement. Cette taxation ne remet
aucunement en cause le principe de la neutralité de la TVA dans la mesure où les crédits de
TVA susceptibles d’en résulter pourraient être résorbés par le mécanisme de l’imputation ou
du remboursement prévu par les dispositions de l’article 149 (3) du CGI.
Dès lors, les biens et services relatifs à l’achat, l’importation ou la vente de biens exonérés
sont passibles de TVA.
En matière de TVA, les exportations sont taxées au taux zéro, ce qui aboutit, dans les
faits, à une situation analogue à une exonération. Cependant, l’application d’un tel taux ne
remet pas en cause le principe de la taxation et présente un avantage certain. Il offre en effet la
possibilité de déduction de la taxe d’amont qui n’est pas autorisée dans le cas d’opérations
exonérées de TVA.
Cette logique se retrouve dans le calcul du prorata de déduction pour les assujettis
partiels dès lors que les exportations, à l’instar des opérations taxées au taux normal, figurent
tant au numérateur qu’au dénominateur du calcul du pourcentage de déduction.
1- Cas général
Toute opération entrant dans le champ d’application de la TVA est soumise à cette taxe
dès lors qu’elle peut être considérée comme réalisée sur le territoire de la République du
Cameroun sans que l’on tienne compte de la domiciliation du redevable réel.
Dès lors, il convient de localiser le lieu de réalisation de l’opération. Ainsi, dans le cas
d’une vente, elle sera taxable si elle est réalisée aux conditions de livraison de la marchandise
au Cameroun. Dans les faits, le lieu de la livraison doit être situé au Cameroun. Pour les autres
opérations, telles que les services rendus, les droits cédés ou les objets faisant l’objet d’une
location, elles sont taxables au Cameroun, si lesdits services ou droits y sont utilisés ou
exploités.
1
Lettres n°s 3547/MINFI/DI/LC/L du 22 juillet 2003 ;
4087/MINFI/DI/LC/L du 05 septembre 2003 ;
et 0592/MINEFI/DI/LC/L du 03 février 2004.
16
En ce qui concerne les prestations de services, elles font l’objet d’une taxation à la TVA
dès lors que l’une, au moins, des trois conditions suivantes est réalisée :
Une prestation est localisable au Cameroun lorsqu’elle y est réalisée directement ou par
l’intermédiaire d’un représentant, par un prestataire domicilié à l’étranger. Dans ce cas, il suffit
que le principal de l’opération soit réalisé au Cameroun. Par principal de l’opération il faut
entendre, la commande et l’exécution, compte non tenu du lieu ou de la monnaie de paiement.
2- Particularités
Précisions doctrinales : Perception de la TVA à l’occasion de la vente de billets pour les vols
internationaux3.
L’administration fiscale exonère de TVA, les commissions perçues par les agences de voyages
à l’occasion de la vente des billets d’avions pour les vols internationaux. Les commissions
afférentes aux vols internes demeurent quant à elles passibles de cette taxe dans les conditions
de droit commun.
2
Note n°07/1818/CF/MINEFI/SG.
3
Note N°0938/MINFI/DGI/LC/L du 19 février 2009.
17
3– Entreprises étrangères (article 151)
Les entreprises étrangères qui exercent au Cameroun une activité taxable à la TVA sont
soumises aux mêmes obligations et formalités que les entreprises camerounaises. Si elles n’ont
pas d’établissement fixe ou de base d’affaires, elles sont tenues de désigner un représentant
solvable et accrédité, résidant au Cameroun qui accomplira pour leur compte toutes leurs
obligations fiscales. Ce représentant sera solidairement responsable du paiement de la TVA et
des éventuelles pénalités y afférentes.
18
CHAPITRE 2 : REGIMES D’IMPOSITION (articles 132)
1- Le régime du réel
Sont imposables au régime du réel les personnes physiques dont le chiffre d’affaires
annuel hors taxes est égal ou supérieur à 100 millions de francs. Y sont également imposables
d’office, les personnes morales, les exploitants forestiers, les membres des professions libérales
compte non tenu de leur chiffre d’affaires.
Il faut noter ici que la transparence fiscale ne vaut que pour l’IR. Aussi les sociétés de
personnes relèvent-elles de plein droit du régime du réel en matière de TVA.
2- Le régime simplifié
Ce régime concerne les personnes physiques dont le chiffre d’affaires annuel hors taxes
est compris entre 50 et 100 millions de francs.
3- le régime de base
Relèvent de ce régime les personnes physiques réalisant un chiffre d’affaires annuel hors
taxes compris entre 15 et 50 millions de francs.
Il concerne les personnes physiques réalisant un chiffre d’affaires annuel hors taxes
inférieur à 15 millions de francs.
Pour les contribuables relevant des régimes du réel et simplifié, les incidences en matière
de TVA sont les suivantes :
19
Pour les assujettis du régime de base :
S’agissant enfin des contribuables relevant du régime de l’impôt libératoire, ils ne sont
autorisés ni à facturer ni à déduire la TVA lors de la réalisation de leurs activités.
De la même manière, les entreprises relevant des régimes du réel et simplifié ne sont pas
autorisées à déduire la TVA qui leur serait facturée, en dépit de l’interdiction ci-dessus, par
leurs clients relevant du régime de l’impôt libératoire.
Précisions doctrinales : retenue à la source de la TVA sur les factures délivrées par des
contribuables relevant de l’impôt libératoire4
L’article 205 bis du CGI affranchit les contribuables relevant du régime de l’impôt
libératoire du paiement de la patente, de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de la
TVA.
Sur cette question, l’administration fiscale a précisé que les personnes habilitées à
opérer la retenue à la source de la TVA pouvaient pratiquer ladite retenue sur les factures
délivrées par leurs fournisseurs sans distinction de régime, notamment celles émises par des
contribuables relevant de l’impôt libératoire.
1 – Possibilités d’option
4
Note n°248/MINEFI/DGI/LC/L du 11 avril 2006
20
L’option doit être notifiée au centre des impôts compétent avant le 1er février de l’année
d’imposition. Dans les deux cas, elle est irrévocable pour une période de trois (03) ans.
Les entreprises qui, au cours d’un exercice, voient leur chiffre d’affaires croître au dessus
des limites du régime auquel elles appartiennent font l’objet d’un reclassement au régime
correspondant. Toutefois, l’impôt déjà acquitté par ces dernières au régime inférieur constitue
un acompte sur l’impôt dû en fin d’exercice.
En revanche, les entreprises individuelles dont le chiffre d’affaires passe en dessous des
limites du seuil sont maintenues dans leur régime initial pendant une période de deux (02) ans.
21
CHAPITRE 3 : FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE (articles 133 et 134)
I – DEFINITIONS
1) Fait générateur
Le fait générateur de la taxe se définit comme l’événement par lequel sont réalisées les
conditions légales nécessaires pour l’exigibilité de la taxe. En d’autres termes, c’est
l’évènement qui donne naissance à la créance fiscale du Trésor public à l’égard de l’assujetti.
2) Exigibilité
L’exigibilité de la taxe est définie comme le droit que l’administration peut faire valoir à
un moment donné auprès du redevable pour obtenir le paiement de la taxe. Cette notion
présente un intérêt essentiel pour l’application de la taxe.
Il faut toutefois relever que certaines clauses contenues dans un contrat peuvent avoir une
influence sur le transfert de propriété et donc sur le fait générateur et l’exigibilité. Il s’agit
notamment de la condition suspensive ou des ventes avec clause de réserve de propriété ; ainsi
lorsqu’un contrat de vente est assorti d’une condition suspensive, le transfert de propriété est
différé jusqu’à la réalisation de la condition.
Exemple : Vente sous condition d’obtention d’un crédit bancaire par l’acheteur. Ici, l’on
considère que la vente a lieu dès l’obtention du crédit et c’est également à partir de ce moment
que naissent le fait générateur et l’exigibilité.
Par ailleurs, dans certains cas, la simple remise matérielle d’un bien est assimilée à un
transfert de propriété et suffit pour la constatation du fait générateur et de l’exigibilité ; il en est
ainsi notamment en matière de location-vente d’un bien meuble.
22
III – FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE EN MATIERE DE PRESTATIONS
DE SERVICES
Pour ces opérations, le fait générateur est constitué par la date de conclusion du contrat ;
l’exigibilité quant à elle, intervient à l’échéance des intérêts ou des redevances. Le défaut de
paiement à l’échéance n’a aucune incidence sur le droit de l’administration à exiger la taxe.
Ici, le fait générateur est constaté à la date de conclusion du contrat, cependant que
l’exigibilité interviendra à l’échéance des loyers.
23
Le régime du débit tend à pallier les difficultés posées par cette règle aux prestataires de
services, notamment les entrepreneurs immobiliers, en leur permettant de porter
immédiatement en déduction la TVA d’amont à compter de la facturation des travaux, et dans
le même temps, de déclarer et éventuellement de reverser dans la caisse du Trésor public, la
taxe facturée au client au titre desdits travaux, compte non tenu de la date d’encaissement.
Le débit constate la dette du client par inscription à son compte mais n’est pas
nécessairement lié à la facturation, bien que dans les faits débit et facturation coïncident
souvent.
Cette autorisation, mentionnée sur les factures de vente permet au client de déduire la
TVA dès qu’il entre en possession de la facture même s’il n’en a pas acquitté le montant.
L’autorisation d’acquitter la taxe d’après les débits ne doit pas avoir pour effet de
permettre de payer la taxe postérieurement à l’encaissement. C’est pourquoi les avances et les
acomptes perçus doivent supporter la TVA sans attendre l’établissement de la facture.
L’option de paiement sur les débits est révocable sur simple demande écrite du
contribuable qui souhaite revenir au régime du paiement d’après les encaissements.
Exemple d’application
- des travaux réalisés en janvier pour 80 000 000 F CFA HT +15 400 000 F CFA de TVA,
soit 95 400 000 F CFA TTC ;
- des travaux qu’elle a réalisés en février pour 65 000 000 F CFA HT + 12 512 500 F CFA
de TVA, soit 77 512 500 F CFA TTC.
Elle perçoit :
- sur les travaux facturés en janvier ou précédemment : par caisse 15 742 000 F CFA et par
banque 66 412 000 F CFA ;
- sur des travaux facturés en février 2009 : par caisse 4 000 000 F CFA et par banque
40 600 000 F CFA ;
- à titre d’avances sur des travaux qu’elle n’a pas encore achevés 26 238 000 F CFA par
banque.
24
2)- Elle acquiert en janvier 2009 :
3)- La TVA sur achats et frais généraux ouvrant droit à déduction au titre du mois de février
2009 s’élève à 1 405 500 F CFA.
Travail demandé :
Eléments de correction
Les travaux immobiliers sont des prestations imposables de plein droit à la TVA
conformément à l’article 127 (4) du CGI.
Base imposable : (19 742 000 + 133 250 000) x 100 = 128 295 178 HT
119,25
2) TVA déductible
- sur immobilisations acquises en janvier : 19,25% x (62 000 000 + 44 000 000)
= 20 405 000
- sur achats et frais généraux = 1 405 500
25
3) TVA nette due
L’exigibilité est constituée par l’inscription de la créance au débit du compte « clients » ; elle
correspond généralement à la date d’établissement de la facturation. Toutefois, l’option pour les
débits ne doit pas retarder l’exigibilité de la taxe. C’est ainsi que la TVA sera exigible sur les
encaissements antérieurs à l’inscription de la créance au débit du compte « clients », c’est-à-dire
en pratique dès la perception d’acomptes et avances.
1) TVA Brute
- sur travaux immobiliers facturés en février : 80 000 000 + 65 000 000 = 145 000 000 HT
- sur avances perçues sur travaux non achevés 26 238 000 x 100 = 22 002 516 HT
119,25
Soit base imposable : 145 000 000 + 22 002 516 = 167 002 516
2) TVA déductible
- sur immobilisations acquises en janvier : 19,25% x (62 000 000 + 44 000 000) =
20 405 000
- sur achats et frais généraux = 1 405 500
26
- s’agissant de la vente par un producteur ou son distributeur de biens et marchandises
taxables, le fait générateur et l’exigibilité coïncident et se situent au moment de la
livraison ; la livraison étant ici entendue comme la facturation de la vente.
- En ce qui concerne les importations des biens et marchandises soumis aux droits
d’accises, le fait générateur et l’exigibilité sont séparés. Le fait générateur est réalisé au
moment de l’introduction des biens sur le territoire national tandis que l’exigibilité
intervient au moment de la mise à la consommation à travers la déclaration de mise à la
consommation (D3).
27
CHAPITRE 4 : LA BASE D’IMPOSITION (articles 135 à 141)
La base d’imposition à la TVA est constituée par toutes les sommes, valeurs, biens ou
services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le prestataire de service en contrepartie de la
livraison de biens ou de la prestation de services. Les frais, taxes, prélèvements de toute nature
sont à inclure dans la base imposable, à l’exception de la TVA elle-même.
C’est sur cette base encore appelée assiette qu’est appliqué le taux en vue de déterminer
le montant de la taxe.
Pour les livraisons de biens, la base d’imposition est constituée par le prix convenu entre
les parties alors qu’en matière de prestations de services, elle est constituée par l’intégralité des
sommes reçues par le fournisseur en contrepartie de la prestation. Lorsque le paiement est fait
en nature, c’est la valeur du bien ou du service qui constitue la contrepartie de la livraison ou
de la prestation qui sert de base imposable.
Tous les droits directs et taxes diverses à l’instar des droits de douane et des droits
d’accise sont à inclure dans la base imposable, à l’exclusion de la TVA elle-même.
28
De manière générale, tous les compléments de prix acquittés à des titres divers par
l’acquéreur des biens ou par des tiers (versement de subventions, unique contrepartie d’une
opération taxable ou complément direct du prix destiné à compenser une insuffisance de
recettes) doivent être inclus dans la base imposable.
3) les débours
Les sommes facturées pour leur montant exact à l’acquéreur des biens ou du service et
qui ne constituent qu’un remboursement de frais engagés par l’intermédiaire sont exclues de la
base d’imposition.
Il faut toutefois souligner qu’il ne suffit pas qu’une entreprise répercute au franc près les
dépenses qu’elle engage pour qu’elles soient exclues de la base imposable. En effet, les
débours sont strictement liés à la notion de mandat ; en clair, les actions doivent avoir été
menées au nom et pour le compte du mandant.
En tout état de cause les conditions ci-après doivent être remplies :
- les intermédiaires doivent avoir eu mandat préalable et explicite d'engager ces
dépenses ;
- ils doivent rendre compte à leurs commettants du montant et de l'engagement des
dépenses ;
- ils doivent inscrire ces dépenses dans des comptes de passage ;
- ils doivent justifier auprès de l'administration des impôts de la nature ou du montant
exact de ces débours.
Les sommes reçues par un assujetti en réparation d’un préjudice sont à mettre hors du
champ d’application de la TVA et doivent par conséquent être exclues de la base imposable.
29
5) les intérêts moratoires
Les intérêts acquittés à l’issue d’une procédure juridictionnelle ou non par un client qui
n’a pas payé le prix à l’échéance sont hors champ d’application de la TVA. N’étant en effet pas
la contrepartie d’une affaire, ils ne sont pas inclus dans la base imposable.
Les pourboires versés directement au personnel ne sauraient être pris en compte pour la
détermination de la base d’imposition ; en effet, ils ne peuvent être considérés comme un
élément du chiffre d’affaires de l’entreprise puisqu’ils ne profitent pas à cette dernière mais au
personnel.
Toutefois, s’il est avéré que lesdits pourboires sont rétrocédés à l’entreprise par le
personnel, ils seront considérés comme un complément du prix de la prestation et soumis à la
TVA.
1- Les échanges
L’échange s’apparente à une double vente dont le prix est payé en nature. Ainsi, en cas
d’échanges, la base imposable est constituée par la valeur des objets reçus ou à recevoir en
contrepartie de ceux livrés, majorée éventuellement de la soulte.
L’assiette de la TVA des marchés financés par le budget de l’Etat ou par des prêts ou
subventions, quelle qu’en soit l’origine, est constituée par le montant du marché toutes taxes
comprises (TTC), à l’exclusion de la TVA elle-même.
30
3- Les livraisons et prestations à soi-même
La base imposable des livraisons à soi-même est constituée par le prix d’achat hors taxes
des biens achetés ou utilisés en l’état ou par le coût de revient des biens extraits, fabriqués ou
transformés. S’il s’agit de prestations de services, la base imposable est définie par le montant
des dépenses engagées pour leur réalisation.
Exemple :
La base imposable de cette prestation à soi même sera calculée de la manière suivante :
375 000 + 150 000 + 180 000 + 250 000 = 955 000
Le législateur est ensuite revenu sur cette option et depuis le 1er janvier 2005, la base
imposable à la TVA pour ces entreprises est constituée par le produit intégral des jeux, y
compris les distributions faites aux parieurs.
La base imposable en ce qui concerne les importations est constituée par la valeur
imposable telle que définie par le Code des Douanes. Il s’agit du prix Coût-Assurance-Fret
(CAF) auquel on ajoute le montant des droits de douane et, le cas échéant, des droits d’accises.
S’agissant des introductions de biens sur le territoire d’un Etat membre de la CEMAC,
l’assiette de la TVA est constituée de la valeur « sortie usine » à l’exclusion des frais
d’approche.
31
L’entreprise OMEGA importe des cigarettes de France ; les frais y relatifs sont les
suivants :
L’on considère que les droits de douane représentent 30% de la valeur imposable en
douane.
a- détermination de la valeur imposable telle que définie par le Code des Douanes
La base imposable aux droits d’accises est constituée par le prix CAF auquel l’on ajoute
les droits de douane, c'est-à-dire : 13 000 000 + 3 900 000 = 16 900 000.
En supposant que les mêmes biens aient été introduits sur le territoire camerounais en
provenance du Gabon, la détermination de la base imposable se ferait de la manière suivante :
32
Le cas particulier des importations de boissons alcoolisées
L’année 2009 consacre une nouvelle base d’imposition à la TVA, pour les achats à
l’importation de certaines boissons alcoolisées, notamment les vins, les eaux de vie, les
boissons fermentées, les vermouths et vins de raisins frais.
La base imposable à la TVA et aux Droits d’accises pour les produits sus mentionnés est
dorénavant déterminée selon les dispositions du Code des Douanes de la CEMAC.
Conformément aux dispositions des articles 26 et suivants dudit Code, ladite base d’imposition
est constituée par la valeur transactionnelle.
La valeur transactionnelle est le prix effectivement payé ou à payer pour les
marchandises lorsqu’elles sont vendues pour l’exportation à destination du Cameroun, après
les ajustements prévus dans le même Code. Lesdits ajustements concernent entre autres, l’ajout
des commissions et frais de courtage, à l’exception des commissions d’achat, les coûts de
contenants, les coûts des emballages, comprenant aussi bien la main d’œuvre que le matériel.
Il y a lieu de préciser que les dispositions ci-dessus ne s’appliquent que pour les achats à
l’importation des marchandises sus mentionnées.
Pour ce qui est des producteurs locaux, la base imposable à la TVA est le prix sortie usine
majoré des droits d’accises.
La base imposable aux droits d’accises est constituée par les sommes ou valeurs perçues
ou à percevoir en contrepartie du bien livré ou importé, telles que définies pour la TVA.
Depuis le 1er janvier 2005, les abattements sus mentionnés ont été supprimés et la base
d’imposition est déterminée suivant les modalités exposées ci avant.
33
- le cas des emballages
Cette exclusion tient au fait que lesdits emballages ne répondent pas aux critères de
l’imposition aux droits d’accises, à savoir le caractère luxueux ou la nocivité du bien. Ils
bénéficient ainsi d’un traitement différent de celui des produits qu’ils contiennent, qui seuls,
font l’objet d’une taxation aux droits d’accises.
Bien plus, la consignation de biens est une opération ne rentrant pas dans le champ
d’application de cet impôt.
Exemple :
La société DONNY Sarl spécialisée dans la distribution de boissons achète 5000 casiers
de bière auprès de la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun. La facture se présente de
la manière suivante :
Exemple :
34
La société GUSSY S.A importe des bijoux d’Anvers (Belgique) ; les frais y relatifs sont
les suivants :
Sachant que les droits de douane représentent 30% de la valeur imposable telle que
définie par le Code des Douanes CEMAC, déterminer le montant des droits d’accises dus lors
du franchissement du cordon douanier.
a) calcul de la valeur imposable telle que définie par le Code des Douanes CEMAC
35
CHAPITRE 5 : LES TAUX DE LA TVA ET DES DROITS D’ACCISES
- le taux général de 17,5%, auquel il faut ajouter 1,75% au titre des centimes additionnels
communaux, soit un taux effectif de 19,25% ;
a) Le taux général
Le taux général majoré des centimes additionnels communaux s’applique à toutes les
opérations et produits soumis à la TVA à l’exclusion des exportations.
C’est le lieu de rappeler que la législation sur les taux a connu une évolution. Ainsi, avant
l’institution de la TVA, l’Acte UDEAC relatif à la Taxe sur le Chiffre d’Affaires prévoyait
divers taux organisés de la manière suivante :
La multiplicité des taux était source de complexité aussi bien pour l’administration que
pour les contribuables.
D’un côté, elle obligeait l’administration à mettre en place des mesures particulières de
suivi et de contrôle des opérations des contribuables. Chez ces derniers, la principale difficulté
était liée à la comptabilisation des opérations et à la détermination du prorata de déduction
applicable aux assujettis qui réalisaient des opérations soumises à des taux différents.
La Directive relative à la TVA a mis fin à ce système en instituant un taux général unique
qui doit être choisi par chaque Etat à l’intérieur d’une fourchette comprise entre 15% et 18%.
Si le Cameroun s’est conformé aux prescriptions de la Directive en adoptant le taux général de
17,25%, il n’en est pas de même pour certains Etats dont la législation prévoit encore des taux
réduits (Gabon, Congo).
b) Le taux zéro
36
La distinction entre exonération et imposition au taux zéro est fondamentale pour la
détermination du droit à déduction. La réalisation d’une opération exonérée n’ouvre pas droit à
déduction de la TVA supportée en amont tandis que l’application du taux zéro ouvre droit à
déduction de ladite taxe.
La conséquence pour les entreprises qui exportent des produits exonérés est qu’elles ne
peuvent pas déduire la taxe qu’elles auraient supportée sur les services connexes à
l’exportation. Pour celles qui réalisent par ailleurs des opérations taxables, elles sont autorisées
à appliquer un prorata de déduction pour la détermination de leur TVA déductible.
- un taux général de 25%, applicable aux biens figurant à l’annexe II du titre II du Code
général des impôts autres que les véhicules de tourisme d’une cylindrée supérieure ou
égale à 2 000 cm³ ;
- un taux réduit de 12,5%, applicable exclusivement aux véhicules de tourisme d’une
cylindrée supérieure ou égale à 2 000 cm³.
II - EXONERATIONS
Les exonérations en matière de TVA résultent d’une disposition expresse de la loi. Sont
ainsi exonérés de cette taxe, les opérations énumérées à l’article 128 du Code Général des
Impôts, et les biens de première nécessité dont la liste figure à l’annexe I du titre II du même
Code. Cette liste est complétée par la Circulaire N°06/631/MINEFI/CAB du 28 mai 2006 et la
Circulaire N°001/MINFI/DGI du 11 avril 2008 y relatives.
Cette liste est limitative et seuls les biens y figurant bénéficient de l’exonération de TVA.
Il convient de relever qu’en matière de TVA, le chiffre d’affaires hors taxes s’entend
uniquement hors TVA. Pour convertir un prix toutes taxes comprises en prix hors taxes afin de
retrouver la base imposable à la TVA, il est fait application de la formule suivante :
100
Prix HT = Prix TTC × ---------------
100 + T (T représente le taux de la TVA)
Cette formule est d’application simple pour le taux zéro et le coefficient de conversion est
égal à 1.
37
100
-------------- = 0,838
100 + 19,25
Exemple de calcul :
Soit un produit acheté au prix TTC de 2000 francs avec une TVA à 19,25%, le prix HT
sera déterminé de la manière suivante :
100
Prix HT = 2000 ×------------
100 + T
38
CHAPITRE 6 : LES DEDUCTIONS
La TVA qui a grevé les éléments du prix d’une opération imposable est déductible de la
taxe applicable à cette opération. Le mécanisme de la TVA voudrait qu’à chaque stade d’une
activité économique donnée, le redevable calcule et facture à son client une taxe grevant le prix
de vente qu’il pratique, et qu’il impute sur l’impôt ainsi collecté, la taxe qui a grevé en amont
les éléments de son prix de revient.
2) Il calcule la TVA qu’il a lui-même payée à ses fournisseurs sur les achats de
marchandises, les services, les fournitures de toutes sortes, les investissements :
C’est la TVA déductible ;
3) Il déclare et paye à la Recette des impôts la différence entre la TVA brute et la TVA
déductible :
C’est la TVA nette.
Le droit à déduction ne se justifie que si le coût des biens et des services acquis par le
redevable se répercute effectivement et directement sur le prix des opérations imposables qu’il
réalise.
Comme précisé ci-avant, la TVA qui a grevé les éléments du prix d’une opération
imposable est déductible de la taxe applicable à cette opération. Par opération imposable
ouvrant droit à déduction, il faut entendre les livraisons de biens et prestations de services
effectuées par un assujetti, rentrant dans le champ d’application de la TVA et effectivement
taxées. Il en résulte que les opérations exonérées n’ouvrent pas droit à déduction.
Au regard de ce principe, les exportations qui sont taxables au taux zéro, donnent lieu à
déduction de la TVA grevant les opérations ayant concouru à leur réalisation. Les déductions
ne sont définitivement acquises que lorsque la preuve de l’effectivité de l’exportation est
rapportée (production des documents douaniers et attestations de rapatriement des fonds
notamment).Les prestations de services qui se rattachent directement aux exportations et qui
sont fournies lors du processus de fabrication, de transformation, ou de conditionnement ainsi
que les opérations de transport et de transit sont passibles de la TVA au taux général.
39
III – NAISSANCE DU DROIT À DEDUCTION (article 143) :
Le droit à déduction de la TVA chez le client prend naissance lorsque la taxe d’amont
devient exigible chez le redevable de cette taxe, c’est-à-dire, chez le fournisseur des biens et
services. La naissance du droit à déduction coïncide donc avec la date d’exigibilité de la taxe
d’amont correspondante. Cette date d’exigibilité varie selon la nature des opérations.
Pour les livraisons de biens, elle est fixée au moment de la réalisation de l’opération,
c’est-à-dire à la date de livraison.
Pour les prestations de services, elle est fixée au moment de l’encaissement du prix, des
avances ou acomptes.
Dans tous les cas, la loi impose le respect de la règle du décalage d’un mois. En
conséquence, le droit à déduction s’exercera le mois suivant soit la livraison des biens, soit
l’encaissement du prix pour les prestations de services.
Exemples :
En outre, pour qu’un bien ou un service ouvre droit à déduction, il doit simultanément
remplir des conditions de forme et des conditions de fond.
Notons par ailleurs que la propriété ne constitue pas une condition pour l’exercice du
droit à déduction.
- la facturation régulière ;
- le délai de déduction.
40
a) Facturation régulière
Le montant de la TVA dont la déduction est demandée doit être mentionné distinctement
sur une facture régulièrement établie ou sur un document en tenant lieu. La facture doit donc
faire apparaître le montant HT et la TVA sur deux lignes séparées ainsi que le montant TTC de
l’opération.
- celle qui figure sur une facture délivrée par un fournisseur immatriculé et soumis au
régime du réel ou au régime simplifié. Le Numéro d’Identifiant Unique doit apparaître
distinctement sur la facture ;
- celle qui a été perçue à l’importation et qui figure sur la déclaration de mise à la
consommation (déclarations de la Direction Générale des Douanes : D3, D43, T6bis) ;
- celle qui a été acquittée par l’assujetti lui-même lors d’une livraison ou prestation de
services à soi-même. Le contribuable, dans cette hypothèse, doit faire figurer cette TVA sur sa
propre déclaration.
Les factures susceptibles de justifier la déduction sont exclusivement celles qui ont été
délivrées à l’assujetti soit directement, soit par l’intermédiaire d’un commissionnaire agissant
pour son compte.
De manière générale, pour être régulière, la facture doit mentionner les éléments
suivants :
Cependant, s’il s’agit d’une simple erreur et, si la bonne foi des parties n’est pas mise en
cause, le client peut se faire délivrer une facture rectificative qui lui ouvrira droit à déduction.
b) Le délai
La TVA supportée en amont par un assujetti au cours d’un mois ne peut être admise en
déduction au titre du même mois. En vertu de la règle du décalage d’un mois, cette TVA ne
sera déductible que le mois suivant celui au cours duquel, elle a été effectivement supportée.
De même, le droit à déduction ne peut être exercé que jusqu’au deuxième exercice
suivant celui au cours duquel la TVA est devenue exigible.
41
2) – Les conditions de fond
Il s’agit exclusivement :
Il convient de noter qu’afin d’assurer une parfaite neutralité de la TVA, certaines entreprises
facturant la TVA sur leurs opérations à un taux autre que ceux de droit commun, sur la base
d’une disposition conventionnelle, n’exerce le droit à déduction qu’à due concurrence du taux
applicable auxdites opérations. Il en est ainsi notamment de la société COTCO (Cameroon Oil
Transportation Company).
Pour ouvrir droit à déduction de la TVA, les biens ou services doivent être nécessaires à
l’exploitation de l’entreprise et être utilisés directement pour ses besoins. Ainsi ouvrent droit à
déduction la TVA ayant grevé :
Les biens et services ne remplissant pas les conditions énumérées ci-avant sont exclus du
droit à déduction.
42
- les dépenses de logement, d’hébergement, de restauration, de réception ; de spectacle et
de location de véhicules de tourisme et de transport de personnes. Cependant, cette exclusion
ne concerne pas les dépenses ci-dessus lorsqu’elles sont supportées au titre de leurs activités
par les professionnels du tourisme, de la restauration, du spectacle et les concessionnaires
automobiles ;
- les biens et services acquis par l’entreprise mais utilisés par des tiers, les dirigeants, ou
le personnel de l’entreprise ;
Précisions doctrinales :
L’administration fiscale a été saisie de façon récurrente par les entreprises qui
souhaitent se voir préciser la notion de véhicule de tourisme pour l’exclusion du droit à
déduction de la TVA.
Sur cette question, il a été précisé que par véhicule de tourisme, il faut entendre, les
véhicules conçus pour le transport des personnes ou faisant l’objet d’un usage mixte. Il s’agit
notamment des véhicules à plus de deux places assises, place du conducteur non comprise.
Cette catégorie intègre notamment les véhicules de type berline et les pick-up double cabine.
L’article 144 (2) du CGI pose le principe selon lequel, la TVA ayant grevé l’importation
de biens liés à l’exploitation, non utilisés et réexportés en l’état ne peut être déduite.
L’administration a toutefois précisé que cette disposition ne s’appliquait que pour les
importations de biens strictement liés à l’exploitation, c’est-à-dire des biens destinés à être
utilisés ou transformés par l’entreprise. Ainsi, l’importation de biens non liés à l’exploitation,
avec l’intention de les revendre à l’étranger, ouvre droit à déduction de la TVA d’amont.
La circonstance qu’un assujetti ne soit pas propriétaire des biens qu’il utilise dans le
cadre de son exploitation ne s’oppose pas à la déduction de la taxe les ayant grevés.
La propriété n’est donc pas une condition à l’exercice du droit à déduction de la TVA,
l’assujetti pouvant notamment déduire la TVA afférente aux biens pris en location nécessaires
à l’exploitation.
5
Lettre n°0291/MINFI/DGI/LC/L du 13 janvier 2009 ;
6
Lettre n°0365/MINFI/DGI/LC/L du 28 janvier 2008.
43
Le droit à déduction de la TVA facturée s’exerce dans le mois suivant celui où
l’exigibilité est intervenue chez le fournisseur. C’est l’application de la règle du décalage d’un
mois des déductions.
- pour les livraisons aux tiers et à soi-même dans le mois de la livraison des biens.
La déduction de la taxe ayant grevé les divers éléments du prix des opérations ouvrant
droit à déduction s’effectue, de façon générale, par imputation. Cela signifie que le redevable
diminue de la taxe brute le montant de la taxe déductible pour obtenir la TVA à reverser dans
les caisses du Trésor public. Cette opération s’effectue globalement sur l’ensemble des
opérations réalisées au cours du mois, et non opération sur opération selon les modalités ci-
après :
2) la taxe déductible est égale à la taxe brute, dans ce cas l’entreprise ne reverse aucune
taxe dans la caisse du Trésor public ;
3) la taxe déductible est supérieure à la taxe brute, on dit que l’entreprise est en situation
de crédit de TVA. Dans cette hypothèse, l’excédent ou crédit de TVA est reporté sur les
déclarations des périodes ultérieures jusqu’à épuisement, sans limitation de délai.
Les crédits trimestriels cumulés supérieurs à 10 millions de francs CFA sont soumis au
Directeur Général des Impôts pour validation. Ils ne peuvent être reportés sur les périodes
ultérieures qu’à compter du mois suivant celui de leur validation. Notons qu’il s’agit ici des
crédits qui s’accroissent anormalement ou en raison de circonstances particulières.
Cependant, la taxe déductible qui n’a pu faire l’objet d’imputation, cas des entreprises en
situation de crédit structurel, peut faire l’objet, soit d’une compensation, soit d’un
remboursement comme on le verra plus loin.
Par entreprise en situation de crédit structurel, l’on entend celles dont le crédit de TVA
est lié à la nature de leur activité. Il en est ainsi notamment :
- des exportateurs ;
- des entreprises dont l’essentiel des opérations font l’objet de retenue à la source de la
TVA.
Les redevables doivent faire figurer le montant de la taxe déductible sur les déclarations
déposées au titre du mois au cours duquel la TVA est devenue déductible. En cas d’omission
44
de cette mention, la réparation peut intervenir au cours des mois suivants, dans un délai de
deux ans.
Concrètement, les déductions qui n’auraient pas été effectuées dans les délais requis
peuvent néanmoins être opérées sur les déclarations des périodes ultérieures déposées avant la
fin du deuxième exercice fiscal qui suit celui au cours duquel la TVA est devenue exigible.
Exemple :
Soit une immobilisation acquise le 24 novembre 2003 qui a fait l’objet d’une déduction
de 1000 francs. Cette immobilisation est cédée sans TVA le 3 avril 2004, soit 3 ans avant le
délai légal de cinq ans. Il y a lieu de procéder au reversement d’une partie de la TVA
initialement déduite.
- le bien est resté dans l’entreprise du 24/11/2003 au 03/04/2004, soit 2 ans (toute année
commencée comptant pour une année entière) ;
- la TVA à reverser s’élève donc à : 1000 F CFA – (1000x2/5) = 600 F CFA
L’affectation de biens et services ayant donné lieu à déduction à des opérations n’ouvrant
pas droit à déduction, la perte ou disparition desdits biens, non établie au moyen d’un procès
verbal dressé par un Commissaire aux avaries, un Huissier de justice, ou un agent d’exécution,
donnent lieu à reversement de la totalité de la TVA initialement déduite.
S’agissant des régularisations portant sur le prorata définitif de déduction des assujettis
partiels à la TVA, celles-ci peuvent être positives (complément de déduction) ou négatives
(reversement de TVA). Elles correspondent à la différence entre le prorata provisoire appliqué
en cours d’exercice et le prorata définitif déterminé en fin d’exercice.
45
Précisions doctrinales :
Il a été admis s’agissant de la destruction de biens d’une entreprise dans le cadre de son
activité que la disparition des biens en stock, acquis ou produits par une entreprise n’entraîne
pas, sous réserve de justification, la régulation de la TVA antérieurement déduite.
Pour être justifiée, ladite destruction qu’elle soit volontaire, accidentelle ou objet d’un
vol ou d’un détournement, doit être établie au moyen d’un procès verbal dressé par un
Commissaire aux avaries ou un Huissier de justice, et prise en compte uniquement pour son
montant réel.
2) biens prélevés par le chef d’une entreprise individuelle pour ses besoins personnels8
L’article 127 du CGI dispense de la TVA les prélèvements qu’un chef d’entreprise
individuelle opère pour son usage personnel. Il se pose alors la question du sort de la TVA
d’amont ayant grevé l’acquisition des biens ainsi prélevés, et déduite par l’assujetti.
Conformément à l’article 143 du CGI, seule la TVA ayant frappé en amont le prix d’une
opération imposable en aval est déductible de la taxe applicable à cette opération. Il en
résulte que la TVA ayant grevé l’acquisition de biens et services qui ne donnent pas lieu à
collecte de TVA en aval, notamment en raison de leur affectation à l’usage personnel du
chef d’entreprise, mais qui a été déduite par l’assujetti, doit être régularisée.
3- Modalités de régularisation
Dans tous les cas visés ci-dessus, la régularisation s’opère sur la déclaration du mois au
titre duquel elle a été effectuée. Ladite déclaration est déposée au plus tard le 15 du mois
suivant.
1- Le principe
Les entreprises qui ne réalisent pas exclusivement les opérations ouvrant droit à
déduction peuvent opter soit pour l’application d’un prorata de déduction, soit pour le régime
des secteurs distincts d’activités. Le prorata de déduction est applicable à la TVA grevant tant
les immobilisations que les biens et services. Il est calculé à partir de la fraction de chiffre
d’affaires imposable à la TVA.
2-Détermination du prorata
La fraction de la TVA déductible par les assujettis partiels est déterminée par le rapport
existant entre les opérations soumises à la taxe y compris celles soumises au taux zéro, et
l’ensemble des opérations réalisées par l’entreprise y compris les exonérations.
7
Lettres n°2965/MINEFI/DI/LC/L du 8 mars 2001 ;
et n°0360/MINFI/DGI/LC/L du 28 janvier 2008.
8
Note n°248/MINEFI/DGI/LC/L du 11 avril 2006.
46
Les recettes à retenir s’entendent tous droits, impôts et taxes compris, à l’exception de la
TVA. Le rapport ainsi défini est appelé prorata de déduction.
Au dénominateur sont portées toutes les recettes de quelle que nature que ce soit,
réalisées par l’entreprise.
Le prorata ainsi défini est déterminé, provisoirement en fonction des recettes et produits
réalisés au cours de l’exercice précédent et, pour les entreprises nouvelles, en fonction des
recettes et produits prévisionnels de l’exercice en cours. Le prorata définitif est arrêté au plus
tard le 15 mars qui suit la clôture de l’exercice.
Une entreprise X a réalisé un chiffre d’affaires annuel HT de 150 millions, réparti ainsi
qu’il suit :
- Vente de produits assujettis à la TVA : 80 millions
- Exportations : 40 millions
- Produits exonérés de TVA : 30 millions
47
80 + 40
---------- = 0,8 soit 80%
80 + 40 + 30
Dans cet exemple, l’entreprise X ne pourra imputer sur sa TVA brute que 80% de la TVA
qu’elle aura supportée sur ses opérations d’amont.
5 – Variation du prorata
Les déductions opérées durant l’exercice sur la base du prorata provisoire, sont
régularisées dans la déclaration mensuelle de TVA du mois de mars pour tous les assujettis. Le
prorata définitif au titre des opérations réalisées au cours de l’exercice N est déterminé au plus
tard le 31 mars de l’exercice N+1.
Toutes les déductions pratiquées par application du prorata provisoire font l’objet de
régularisation. L’application du prorata définitif peut donner lieu à un complément de
déduction. C’est le cas lorsque le prorata définitif est supérieur au prorata provisoire appliqué
sur ces opérations. Dans le cas contraire, il donne lieu à un reversement de la TVA.
Les excédents ou les insuffisances de déductions sont portées sur la déclaration de TVA
dont le modèle est fourni par l’administration.
Enfin, dans l’hypothèse où le prorata de déduction est inférieur à 10%, plus aucune
déduction n’est admise (cas où l’entreprise réalise à plus de 90% un chiffre d’affaires sur des
opérations non imposables à la TVA).
La loi prévoit la possibilité de tenir compte des secteurs distincts d’activité pour un
contribuable qui exerce une pluralité d’activités dont certaines sont soumises à la TVA et
d’autres exonérées.
Dans cette hypothèse, il peut sur demande adressée à l’administration, ne pas appliquer
le prorata, afin de déduire l’intégralité de la TVA supportée sur ses activités imposables. Dans
le même temps, il s’abstient de déduire la TVA d’amont facturée au titre des opérations non
taxables. Pour l’application de ce système, l’assujetti doit être à même de tenir une
comptabilité séparée, pour les opérations imposables et pour celles exonérées. De plus, il ne
doit y avoir aucune confusion dans l’affectation, entre les différentes activités, des
immobilisations et biens et services pouvant donner lieu à déduction de la TVA.
La question s’est posée de savoir dans quelles conditions il pouvait être tenu compte des
secteurs distincts d’activités pour les contribuables assujettis partiels.
9
Lettre n°3155/MINEFI/DI/LC/L du 13 décembre 2001.
48
Il y a lieu de rappeler que l’article 148 du CGI pose en effet le principe de la possibilité
d’opter pour les secteurs distincts d’activités en cas d’exercice d’activités taxables et non
taxables.
Bien plus, pour amples clarifications, l’administration fiscale a précisé les conditions
d’exercice de ladite option.
2) la taxe ayant grevé l’acquisition des immobilisations affectées à des opérations non
taxables n’ouvre pas droit à déduction ; celle ayant grevé les immobilisations affectées à des
opérations taxables est déductible ;
3) la règle de l’affectation est appliquée pour la déduction de la TVA ayant grevé les
biens et services. Ainsi, la taxe d’amont afférente à des biens et services concourant à la
réalisation d’opérations ouvrant droit à déduction est elle-même déductible. Tel n’est pas le
cas pour la taxe d’amont afférente aux biens et services n’ouvrant pas droit à déduction ;
4) en ce qui concerne la TVA d’amont relative aux biens communs aux différents
secteurs, le montant de la taxe déductible est déterminé par application du prorata général de
l’entreprise.
Si l’application du prorata n’a pas souvent fait débat pour les exonérations dites par
nature qui, elles, sont accordées en raison de la nature du bien, en revanche elle a toujours été
très discutée en ce qui concerne les premières.
En effet, les fournisseurs des entreprises qui bénéficient d’une exonération par destination
sont pénalisés par le fait qu’ils ne peuvent pas collecter la TVA sur les opérations qu’ils
réalisent avec lesdites entreprises. Par ailleurs, conformément à la législation applicable, ils ne
sont pas autorisés à déduire la TVA ayant grevé en amont les opérations qu’ils ont réalisées
avec leurs clients exonérés ; bien plus, il leur est fait application d’un prorata de déduction du
fait de l’exonération.
La conséquence en est que certains de ces fournisseurs ont tendance, soit à refuser de
faire des affaires avec les entreprises bénéficiant d’une exonération par destination soit à leur
facturer la TVA, à charge pour ces dernières d’en demander le remboursement.
Face à cette situation, l’administration fiscale n’a pas encore apporté de solution
définitive et harmonisée.
49
Autant la déduction intégrale est admise notamment pour les fournisseurs et prestataires
des missions diplomatiques et consulaires, des organisations internationales, des entreprises
ayant signé des conventions particulières avec l’Etat, autant le prorata est systématiquement
appliqué chez les fournisseurs et prestataires de toutes les autres personnes exonérées.
La même convention garantit à la COTCO une stabilité du régime fiscal qui, en matière
de TCA, prévoit une imposition au taux de 16,5%.
- le remboursement ;
- la compensation.
10
Lettre n°s 1341/MINEFI/DI du 18 novembre 1998,
et n°0413/MINEFI/DI/LC/L du 24 janvier 2003.
50
1- La compensation des crédits TVA
a) Personnes éligibles
Seuls les assujettis à la TVA sont éligibles au remboursement des crédits de TVA. En
outre, ils doivent appartenir de manière exclusive à l’une des catégories suivantes :
- Entreprises exportatrices
Il s’agit des entreprises dont les opérations taxables sont en totalité ou en partie destinées
à l’exportation et que l’application du taux zéro met en situation de crédits structurels.
- de l’Etat ;
- des collectivités territoriales décentralisées ;
- des établissements publics administratifs.
51
En ce qui concerne les matériels, leurs accessoires spécialisés sont pris en considération
dans la mesure où ils en constituent le complément naturel et indispensable non susceptible
d’un autre emploi.
Les opérations ayant généré un crédit de TVA remboursable doivent avoir fait l’objet du
visa préalable du Directeur Général des Impôts.
b- Montants éligibles
Pour les entreprises en situation de crédits structurels du fait des retenues à la source
ainsi que pour les exportateurs, le montant trimestriel cumulé des crédits de TVA doit être
supérieur à 25 millions FCFA.
Pour les organismes sans but lucratif, les missions diplomatiques et les organismes
internationaux, il n y a pas de limitation de montant.
Pour les entreprises en situation de crédits structurels du fait des retenues à la source,
ainsi que pour les exportateurs, les crédits de TVA objet de la demande doivent avoir été
cumulés pendant au moins un trimestre (trois mois).
Pour les organismes sans but lucratif, les demandes sont introduites dès la fin de
l’exercice.
52
2-2 Introduction de la demande
a) Forme de la demande
- à la Direction Générale des Impôts pour les missions diplomatiques ou consulaires et les
organismes sans but lucratif ;
- auprès du service gestionnaire du dossier fiscal pour les entreprises en situation de crédits
structurels du fait des retenues à la source, les entreprises exportatrices, les industriels et les
établissements de crédit-bail.
Relève de cette catégorie l’assujetti, dont le dossier fiscal atteste que les critères suivants
sont cumulativement réunis.
La liste des entreprises citoyennes est établie et mise à jour au plus tard le 31 mars de
chaque exercice fiscal par la Direction Générale des Impôts. Elle fait l’objet de publication.
Cette catégorie recouvre toutes les entreprises qui ne font pas partie de la liste des
entreprises dites citoyennes.
Les entreprises de la présente catégorie peuvent néanmoins être reclassées dans la liste
des entreprises citoyennes à l’occasion des mises à jour annuelles et après examen par les
services gestionnaires du respect des critères arrêtés à cet effet.
b) Le contrôle de validation
Les demandes de remboursement des crédits de TVA des entreprises citoyennes font
l’objet d’un simple contrôle formel qui consiste à s’assurer de :
Dans les vingt-cinq (25) jours à compter de leur dépôt, les demandes de remboursement
des crédits de TVA donnent lieu à une vérification partielle de groupes d’opérations dans la
comptabilité des requérants, dans les conditions fixées par le Livre des Procédures Fiscales.
Ledit contrôle porte sur la TVA relative à la période couverte par la demande de
remboursement de crédit. Il consiste en l’examen :
54
- du respect des règles d’assiette en matière d’imposition à la TVA ;
- du respect des règles de déduction de la TVA d’amont, notamment pour ce qui est de
l’application le cas échéant du prorata de déduction ;
- de l’effectivité des exportations le cas échéant ;
- de la conformité au fond et sur la forme des factures ayant généré la TVA déductible à
l’origine du crédit dont le remboursement est sollicité.
Dans tous les cas, la notification des résultats du contrôle effectué au niveau du service
gestionnaire est accompagnée de la mention suivante:
Cette mention vise à informer le contribuable que le service gestionnaire ne statue qu’en
premier ressort sur la demande de remboursement.
La Cellule de Validation récapitule à la fin de chaque mois les demandes ayant fait
l’objet d’une lettre de confirmation. Lesdites demandes sont intégrées dans la liste globale des
encours de crédits de TVA.
La liste globale des encours est établie sous trois formes. La première retrace les
entreprises concernées suivant l’ordre alphabétique, la deuxième tient compte de l’antériorité
des crédits dont le remboursement est demandé, la troisième quant à elle est fonction des
différents secteurs d’activité.
Sur la base des états des encours, la Cellule de Validation établit tous les 15 du mois la
liste des entreprises devant bénéficier des remboursements effectifs de crédits de TVA.
55
- représentativité des différents secteurs d’activité.
Les titres de remboursement sont déposés après signature auprès de la banque dépositaire
du compte du requérant pour virement du montant remboursé. Le bénéficiaire est notifié du
remboursement par une lettre de la Direction Générale des Impôts l’invitant à prendre l’attache
de sa banque ou de son établissement financier.
Le Directeur Général des Impôt publie la liste des entreprises ayant bénéficié du
remboursement.
56
CHAPITRE 7 : MODALITES DE PERCEPTION DE LA TVA ET DES DROITS
D’ACCISES (article 149)
La loi définit deux modes principaux de perception de la TVA et des droits d’accises :
- cas général ;
- cas particulier : la retenue à la source.
Toutefois, il existe un mode spécial de perception de la TVA due sur les marchés publics
financés en totalité ou en partie par des fonds en provenance de l’étranger.
I – CAS GENERAL
Ces paiements s’agissant de la TVA sont ensuite centralisés et transférés sur un compte
ouvert à la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) dont le solde net est viré au Trésor
public.
La retenue à la source avait pour conséquence de mettre à la charge des personnes sus
mentionnées une partie de la mission de collecte d’impôts et taxes qui relève normalement de
la compétence de l’administration. Elles étaient tenues de s’y conformer, sans contrepartie
d’aucune sorte, alors même que ladite obligation induisait pour elles des coûts
supplémentaires.
Aussi, un plan de suppression progressive de cette obligation a-t-il été mis en place à
compter de l’année 2007. Dans un premier temps, l’administration a procédé à une réduction
significative du nombre d’entreprises privées autorisées à pratiquer la retenue à la source
d’impôts et taxes. L’on est ainsi passé de 245 entreprises autorisées à retenir les impôts et taxes
à la source en 2006 à seulement 28 en 2007.
57
La loi de finances pour l’exercice 2008 est venue parachever le processus de suppression
de la retenue à la source. Dorénavant, les entreprises privées, les sociétés à capital public et les
sociétés d’économie mixte ne sont plus tenues de pratiquer ladite retenue.
Depuis lors, sont exclusivement habilités à retenir à la source, l’Etat, les collectivités
territoriales décentralisées et les établissements publics administratifs.
Bien entendu, les rémunérations versées aux entreprises étrangères réalisant des
opérations au Cameroun sans y avoir un établissement stable, continuent de faire l’objet de
retenue à la source de la TVA et de la TSR y afférentes, par la partie versante.
Une difficulté s’est posée relativement au traitement à réserver aux factures qui
chevauchaient sur deux exercices. Il s’agissait de savoir si les entreprises pouvaient retenir à la
source la TVA due sur des factures établies en 2007 mais dont le règlement intervenait en
2008.
La prise en charge de la TVA est la modalité de perception de la TVA utilisée pour les
marchés publics à financement extérieur. A titre de rappel, le régime fiscal des marchés à
financement extérieur est contenu dans le Décret n°2003/651/PM du 16 avril 2003 fixant les
modalités d’application du régime fiscal et douanier des marchés publics.
Ledit Décret précise que les marchés publics sont conclus toutes taxes comprises et que la
TVA est prise en charge par le maître d’ouvrage. Cette prise en charge fait intervenir la notion
de fonds de contrepartie.
Les fonds de contrepartie sont destinés, entre autres, à la prise en charge directe sur
ressources propres de l’Etat des impôts, taxes et autres droits de douane résultant de la mise en
œuvre d’un projet à financement extérieur.
Pour la prise en charge effective de la TVA, les maîtres d’ouvrage doivent transmettre
périodiquement au Ministère en charge de l’Economie et à la Direction Générale du Budget un
état des marchés à financement extérieur mis en œuvre dans leur département, en précisant
bien le montant de TVA qui doit être pris en charge par les fonds de contrepartie.
Il y a lieu de relever que dans certains cas, les entreprises adjudicataires des marchés
financés par des fonds extérieurs peuvent se faire délivrer des attestations de prise en charge de
la TVA par la Direction Générale des Impôts.
58
Pour ce faire, elles adressent à l’administration fiscale des demandes auxquelles elles
doivent impérativement joindre les factures pro forma délivrées par leurs fournisseurs et qui
précisent les quantités et les prix des biens ou services à acquérir.
59
CHAPITRE 8 : LES OBLIGATIONS DES REDEVABLES
En matière de TVA et de droit d’accise, les redevables sont astreints à trois types
d’obligations :
- obligation d’immatriculation ;
- obligations déclaratives et de paiement ;
- obligations comptables.
I – IMMATRICULATION
Pour ce faire, les redevables doivent remplir une demande aux fins d’immatriculation.
Cette demande est effectuée sur un imprimé fourni par l’administration. Il est prévu un
imprimé pour les personnes physiques et un imprimé pour les personnes morales.
L’immatriculation donne lieu à attribution d’un Numéro Identifiant Unique (NIU) qui
doit figurer sur chaque facture et à la délivrance de la carte du contribuable. Les frais
d’immatriculation s’élèvent à 1500 francs CFA pour les entreprises nouvelles, et à 500 francs
CFA en cas de renouvellement. La durée de validité de la carte de contribuable est de deux
ans.
Tout assujetti à la TVA est tenu de souscrire auprès du service des impôts de
rattachement, une déclaration de chiffre d’affaires sur imprimé fourni par l’administration
fiscale. La déclaration de TVA est identique pour les contribuables soumis au régime du réel
et ceux soumis au régime simplifié d’imposition. Les délais de dépôt de la déclaration sont
fixés ainsi qu’il suit :
- les assujettis relevant du régime du réel, de même que ceux relevant du régime simplifié
doivent déposer leur déclaration mensuelle au plus tard, le 15 du mois suivant celui de la
réalisation des opérations ;
- les assujettis relevant du régime de base doivent quant à eux déposer leurs déclarations
au plus tard, le 15 du mois qui suit la fin de chaque trimestre.
Ces déclarations doivent être déposées au centre des impôts dont dépend le siége social
de l’entreprise ou son principal établissement. Les contribuables relevant d’une unité de
gestion spécialisée (DGE, CIME, CSPLI) déposent leurs déclarations auprès de cette dernière.
Pour être recevables ces déclarations doivent obligatoirement être datées et signées du
contribuable ou de son représentant accrédité.
60
Outre les obligations déclaratives ci-avant décrites, les assujettis sont également astreints
à d’autres obligations déclaratives. Il en est ainsi :
- de la déclaration du début d’activité qui doit être déposée dans les quinze jours qui
suivent le commencement des opérations de l’entreprise et être accompagnée obligatoirement
d’un plan sommaire de localisation ;
Par ailleurs, la déclaration statistique et fiscale (DSF) de l’assujetti doit faire ressortir :
En fait, cet état constitue le récapitulatif des déclarations déposées au cours de l’exercice.
Les obligations comptables des assujettis sont tributaires du régime d’imposition dont ils
relèvent :
1) Les contribuables relevant du régime du réel doivent tenir une comptabilité conforme
au système comptable normal prévu par le droit comptable OHADA dont les composantes
sont :
- le compte de résultat ;
- le tableau financier des ressources et des emplois ;
- le bilan ;
- l’annexe ;
- l’état statistique supplémentaire.
3) Les assujettis relevant du régime de base doivent tenir une comptabilité conforme au
système minimal de trésorerie prévu par le droit comptable OHADA dont les composantes
sont :
- le compte de résultat simplifié ;
- le bilan simplifié ;
- le tableau de trésorerie.
61
comptabilité spécifiques à la nature de l’activité exercée. Ces documents doivent être conservés
pendant 10 ans.
En outre, pour être réputée probante, la comptabilité doit être certifiée par un expert
comptable agréé en CEMAC, et inscrit au tableau de l’ordre, ou être validée par un Centre de
gestion agréé (CGA). Toutefois, la comptabilité d’une entreprise réalisant un chiffre d’affaires
annuel inférieur à 250 millions de francs CFA est également réputée probante, dès lors qu’elle
est tenue par un comptable agréé en CEMAC.
1 – Comptes
• 443 – Etat, TVA facturée dont les principaux sous-comptes sont les suivants :
• 444 – Etat, TVA due ou crédit de TVA dont les sous-comptes sont :
• 445 – Etat, TVA récupérable dont les principaux sous-comptes sont énumérés ci-
après :
• 446 – Etat, autres taxes sur le chiffre d’affaires pour l’enregistrement des Droits
d’accises collectés sur ventes ;
• 645 – Impôts et taxes indirects pour l’enregistrement des Droits d’accises supportés
sur achats.
2 – Ecritures comptables
La passation des écritures comptables varie suivant la nature des opérations réalisées. Il
peut s’agir des achats de biens et services, de ventes, ou de livraisons à soi-même.
62
2.1 Achats de biens et services
Eléments de réponse :
100
Coefficient de conversion = ------------- = 0,838
119,25
HT TVA
Achat de marchandises (10 000 000 × 0,838) = 8 380 000 × 19,25% = 1 620 000
Achat d’un matériel de transport (40 000 000×0,838) = 33 520 000 × 19,25% = 6 480 000
Paiement de l’assurance (200 000 × 0,838) = 167 600 × 19,25% = 32 400
63
Ecritures comptables
- 02 décembre, vente comptant aux Etablissements Elgar de deux tonnes d’huile de table
pour un montant de 10 000 000 F CFA TTC ;
- 14 décembre, vente à crédit au restaurant chinois de 12 tonnes de riz parfumé pour un
montant de 40 000 000 F CFA TTC ;
- 20 décembre, services de maintenance informatique réalisés chez le Sieur AMADOU
facturés à 200 000 F CFA TTC.
Eléments de réponse :
HT TVA
Ventes de produits finis (10 000 000×0,838) = 8 380 000 × 19,25% = 1 620 000
Ventes de marchandises (40 000 000×0,838) = 33 520 000 × 19,25% = 6 480 000
Facturation de services de maintenance (200 000×0,838)=167600×19,25% = 32 400
64
Ecritures comptables
(maintenance informatique)
Eléments de réponse :
65
• TVA correspondante = 200 000 × 19,25% = 38 500 F CFA.
_______________
TOTAL = 238 500 F CFA.
Ecritures comptables
(Achat en espèces
Exemple 4 : enregistrement de de bières)et des droits d’accises supportés sur achats
la TVA
- le 04 février, importations de vins de raisins frais réglées par banque dont les détails de
l’opération sont les suivants :
66
NB.
- Les Droits de douane et les Droits d’accises rentrent dans la base d’imposition à la
TVA à l’importation ;
- la base d’imposition aux Droits d’accises à l’importation est constituée du prix CAF ou
le cas échéant de la valeur transactionnelle et des Droits de douane ;
- pour les biens produits localement ou en CEMAC, la base d’imposition à la TVA est
constituée par la valeur sortie-usine à l’exclusion des frais d’approche et les Droits
d’accises ;
- la base d’imposition aux Droits d’accises pour les produits locaux ou de la CEMAC est
constituée par le prix sortie-usine à l’exclusion des frais d’approche.
Travail à faire : enregistrer ces opérations ainsi que la TVA et les droits d’accises y
afférents.
- 05 janvier, ventes à crédit de boissons maltées à son client ALIMA pour un montant
TTC de 12 491 438 F CFA selon le détail ci-après :
67
Travail demandé : enregistrer ces opérations ainsi que la TVA et les droits d’accises
collectés
• 446 – Etat, autres taxes sur le chiffre d’affaires 2 095 000 F CFA
Travail demandé : établir la déclaration de TVA et des droits d’accises du mois de février
à déposer au centre des impôts compétent au plus tard le 15 mars 2009, sachant que la TVA
déductible susvisée a été supportée au cours du mois de janvier 2009 ; puis enregistrer la
déclaration et le paiement de la TVA et des droits d’accises.
1) TVA :
a) TVA collectée
68
TOTAL = 8 170 900 F CFA
b) TVA déductible
TVA nette = TVA collectée – TVA déductible (8 170 900 – 6 170 900) = 2 000 000 F CFA
2) Droits d’accises
Ecritures comptables
69
Exemple 7 : enregistrement d’un crédit de TVA
Considérons que dans l’exemple ci-dessus, la TVA récupérable sur immobilisations soit
égale à 12 000 000 F CFA, l’enregistrement comptable se fera ainsi qu’il suit :
- Déclaration de TVA
a) TVA collectée
b) TVA déductible
Calcul du crédit de TVA de l’entreprise imputable sur la TVA due sur les périodes
ultérieures :
TVA nette (crédit) = TVA collectée – TVA déductible (8 170 900 – 13 690 900)
Ecritures comptables
70
CHAPITRE 9 : PRESCRIPTION SANCTIONS ET PENALITES
Les sommes dues par les contribuables au titre de la TVA sont prescrites à leur profit
après un délai de quatre (04) ans suivant la date d’exigibilité. Rappelons qu’en matière de
livraison des biens, l’exigibilité de la TVA coïncide avec le fait générateur au moment de la
livraison, alors qu’en matière de prestations de services, l’exigibilité n’intervient qu’au
moment de l’encaissement.
De plus, tout acte de poursuite engagé dans le délai de quatre ans susvisé interrompt la
prescription quadriennale pour lui substituer la prescription trentenaire.
En matières de TVA et de droits d’accises, les sanctions sont tantôt fiscales, tantôt
pénales.
- la fermeture d’établissement ;
- la taxation d’office ;
- la perte du droit à déduction en cas de taxation d’office ;
- la déchéance du droit d’exercer ;
- la non déduction de la TVA en cas d’absence du NIU sur la facture ;
- l’interdiction d’importer ;
- le blocage des comptes bancaires ;
- l’interdiction de soumissionner aux marchés et commandes publics.
• amende forfaitaire de 250 000 francs pour le non dépôt dans les délais d’une
demande d’immatriculation ;
• application des majorations sur les droits éludés :
• intérêts de retard de 1,5% par mois, plafonné à 50%, calculé sur la base des
droits mis à la charge du contribuable, en cas de paiement tardif ;
• une amende de 100 000 francs pour non-dépôt d’une déclaration faisant
apparaître un impôt néant, après mise en demeure ;
71
• une amende de 100% de la valeur de la transaction avec un minimum de
100 000 francs est appliquée à toute transaction n’ayant pas fait l’objet d’une
facturation ou en cas de facture erronée ou incomplète établie, reçue ou
utilisée par un professionnel ;
• une amende forfaitaire pouvant aller jusqu’à 5 000 000 francs en cas
d’opposition au droit de communication ou à l’avis à tiers détenteur, majorée
d’une astreinte de 100 000 francs par jour de retard au-delà des délais indiqués
sur la demande.
B – Sanctions pénales
• encourt un emprisonnement de un à cinq ans et une amende de 500 000 à 5 millions de
Francs ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque :
- refuse expressément de faire sa déclaration dans les délais prescrits ;
- organise son insolvabilité ou fait obstacle au recouvrement de l’impôt ;
- omet de passer ou de faire passer des écritures ;
- fait passer des écritures inexactes, fictives ;
- établit des faux bilans ;
- organise ou tente d’organiser le refus collectif de l’impôt.
En cas de récidive, les peines listées ci-avant sont doublées et le délinquant encourt une peine
complémentaire telle l’interdiction d’exercer directement ou par personne interposée.
72
CHAPITRE 10 : QUELQUES EXEMPLES PRATIQUES
Les exemples ci-après sont destinés à faciliter la compréhension des principes et des
mécanismes de la TVA.
Soit une entreprise qui réalise en janvier 2008 un chiffre d’affaires HT de 40 millions de
francs. En décembre 2007, ses achats de marchandises se chiffrent à 20 millions de francs HT
et ses frais généraux ayant supporté la TVA sont de l’ordre de 5 millions de francs HT. En
janvier ses achats de biens et services ayant donné lieu à facturation de la TVA s’élèvent à 25
millions de francs HT.
Par ailleurs l’entreprise a acquis en décembre un matériel pour un coût total de 6 millions
de francs HT.
Supposant que le taux de la TVA facturée est de 19,25%, à combien s’élèvera la TVA à
reverser dans les caisses du Trésor au titre du mois de janvier 2008 ?
TVA nette à déclarer avant le 15 février 2008 = 7 700 000 – 5 967 500 = 1 732 500
Supposons que dans l’exercice ci-dessus le chiffre d’affaires hors taxe est de 25 millions
de francs.
73
Total de la TVA déductible = 5 967 500
Crédit de TVA à déclarer avant le 15 février 2008 = 4 812 500 - 5 967 500 = 1 155 000.
Le crédit de TVA sera imputé sur les déclarations postérieures jusqu’à épuisement sans
limitation de délai.
74
DEUXIEME PARTIE : L’IMPOT SUR LE REVENU DES PERSONNES
PHYSIQUES
INTRODUCTION
75
Le premier chapitre de ce précis présente les règles générales communes à toutes ces
catégories de revenus.
Les trois chapitres suivants sont consacrés exclusivement :
- à la détermination de l’assiette de l’impôt sur le revenu des personnes physiques ;
- au calcul de l’impôt ;
- aux modalités de perception de l’impôt.
76
CHAPITRE I : REGLES GENERALES COMMUNES A TOUTES LES
CATEGORIES DE REVENUS
SECTION I – LA NOTION DE REVENU IMPOSABLE
Il faut entendre par revenu imposable tous les produits susceptibles d’être renouvelés, y
compris les bénéfices de toutes les opérations lucratives auxquelles se livre un assujetti.
Dans cette perspective, l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP) est dû
chaque année, à raison des bénéfices ou revenus de source camerounaise ou étrangère que le
contribuable réalise ou dont il a disposé au cours de la même année.
Les caractéristiques du revenu imposable sont les suivantes :
L’IRPP est dû au titre d’un exercice à raison des revenus dont a disposé le contribuable
au cours de cet exercice. A titre de rappel, l’exercice fiscal au Cameroun correspond à l’année
civile, c’est-à-dire qu’il court du 1er janvier au 31 décembre.
Les dépenses effectuées en vue de l’acquisition du revenu s’entendent de celles qui ont
pour objet la production du revenu et sa réalisation effective.
L’assiette de l’impôt est constituée par la somme algébrique de tous les revenus nets
catégoriels mis à la disposition du redevable au cours de l’exercice fiscal. Exclusion est
toutefois faite des déficits qui s’imputent cédule par cédule, le report se faisant sur le revenu
net catégoriel en cause jusqu’à résorption complète. De même, les revenus catégoriels faisant
l’objet d’un prélèvement libératoire ou d’une taxation proportionnelle ne rentrent pas dans
l’assiette globale du revenu imposable (revenus de capitaux mobiliers, plus-values sur cession
d’immeubles).
Un revenu est disponible dès lors que sa perception ne dépend que de la seule volonté du
bénéficiaire.
77
SECTION II – LES PERSONNES IMPOSABLES (Articles 25 et 26)
L’imposition par foyer a été supprimée. En conséquence, l’Impôt sur le Revenu des
Personnes Physiques est un impôt unique qui frappe individuellement les personnes physiques
sur l’ensemble des revenus dont elles ont disposé au cours d’une année déterminée.
S’agissant des enfants mineurs, leurs revenus sont imposés entre les mains de l’un des
deux parents, ou à défaut du tuteur reconnu.
Par « personne considérée comme ayant au Cameroun son domicile fiscal », il faut
entendre toute personne qui se trouve dans les cas suivants :
• Les personnes qui ont au Cameroun leur foyer ou le lieu de leur séjour principal.
Pour l’appréciation de ce critère, il importe de savoir que le foyer désigne le lieu où une
personne habite avec son conjoint et/ou ses enfants de manière habituelle. Cette résidence doit
avoir un caractère permanent.
Il en est ainsi notamment lorsque la famille du contribuable habite au Cameroun et
même si celui-ci séjourne longtemps ou temporairement à l’étranger au cours de l’année,
pour des raisons professionnelles ou autres.
En outre, le contribuable est réputé avoir son lieu de séjour principal au Cameroun, et
partant son domicile fiscal, dès lors qu’il y est personnellement et effectivement présent, quels
que soient les conditions et le lieu de son séjour et de celui de sa famille. C’est le lieu de
rappeler que la doctrine fiscale pose comme principe que toute personne ayant séjourné plus
de six mois (183 jours) au Cameroun doit être considérée comme y ayant son lieu de séjour
principal, et par conséquent, son domicile fiscal.
78
• Cas particuliers des fonctionnaires et agents de l’Etat en service à l’étranger.
Les personnes qui exercent au Cameroun une activité professionnelle salariée ou non, à
moins qu’elles ne justifient que cette activité y est exercée à titre accessoire.
Pour être imposable sur ses revenus au Cameroun, le contribuable doit exercer une
activité professionnelle salariée ou non. S’agissant des salariés, le domicile fiscal à retenir
sera le lieu où ils exercent effectivement et régulièrement leur activité professionnelle.
En ce qui concerne les non salariés, il conviendra de s’assurer de ce qu’ils ont au
Cameroun une installation fixe, un établissement stable ou une exploitation.
L’exercice au Cameroun de l’activité professionnelle ne doit pas être accessoire.
Lorsque les contribuables exercent simultanément plusieurs professions ou la même
profession dans plusieurs pays, les intéressés sont considérés comme domiciliés au Cameroun
s'ils y exercent leur activité principale, qui s'entend de celle à laquelle ils consacrent le plus de
temps effectif, même si elle ne dégage pas l'essentiel de leurs revenus. Si un tel critère ne peut
être appliqué, il convient de considérer que l'activité principale est celle qui procure aux
intéressés la plus grande part de leurs revenus « mondiaux ».
Il s’agit des personnes qui ont au Cameroun le centre de leurs intérêts économiques.
Il y a lieu de relever que pour être imposable sur ses revenus au Cameroun, le
contribuable doit y avoir le lieu de son principal établissement. Ce critère est réalisé lorsque
l’assujetti se trouve dans l’une ou l’autre des situations suivantes :
- il y a effectué ses principaux investissements ;
- il y possède le siège de ses affaires ;
- il y a le centre de ses activités professionnelles ;
- il administre ses biens à partir du Cameroun ;
- il y tire la plus grande partie de ses revenus.
79
II- La notion de revenus de source camerounaise
En vertu de la règle de la transparence fiscale, les associés des sociétés en nom collectif,
les commandités des sociétés en commandite simple et les membres des sociétés civiles
(personnes physiques), des sociétés en participation et des sociétés de fait non passibles de
l’Impôt sur les Sociétés ou n’ayant pas opté pour cet impôt sont personnellement soumis à
l’IRPP pour la part des bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société.
Les dispositions des articles 430, 431 et 467 de l’Acte Uniforme OHADA sur le droit
des sociétés commerciales admettent la possibilité pour un associé d’être salarié de
l’entreprise et que sa rémunération soit fixée par l’Assemblée Générale ou le Conseil
d’Administration.
Lorsque cette formalité est respectée, la rémunération susvisée est imposable à l’Impôt
sur le Revenu des Personnes Physiques dans la catégorie des traitements et salaires si elle
n’est pas excessive par rapport au service rendu et correspond à un travail effectif
conformément à l’article 7°1-a du Code Général des Impôts).
Dans le cas contraire, elle représente une distribution de bénéfices taxable dans la
catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
11
Note n° 5404/MINFI/DI/LC/L du 27 novembre 2003
80
Précisions doctrinales : Régime fiscal des coopératives d’épargne12
En fait, les bénéfices réalisés par une société coopérative d’épargne et de crédit sont
des revenus de capitaux mobiliers, taxables à ce titre entre les mains des membres de ladite
coopérative. La personne qui effectue le paiement de ces revenus a l’obligation de retenir et
de reverser au Trésor public la taxe proportionnelle sur les revenus des capitaux mobiliers.
1) Sous réserve de réciprocité, les immunités fiscales sont accordées aux personnels
diplomatiques et consulaires de nationalité étrangère pour les activités exercées dans le cadre
de leur mission officielle. Pour l’application de cette disposition légale, il est à préciser que
les exonérations prévues à l’article 27 ne concernent pas les autres revenus de source
Camerounaise dont ils pourraient disposer ainsi que les membres de leur famille.
Précisions doctrinales : Régime fiscal des revenus perçus par le personnel camerounais
non diplomate des missions diplomatiques, consulaires et des organisations
internationales13
12
Lettres n°s 1031 et 1032/MINEFI/DI/LC/L du 13 septembre 2001
13
Lettre n°07/368/MINEFI/DGI/LC/RI du 11 janvier 2007
81
TABLEAU SYNOPTIQUE DU REGIME FISCAL AU REGARD DE L’IRPP
APPLICABLE AUX MISSIONS DIPLOMATIQUES ET ORGANISATIONS
INTERNATIONALES ACCREDITEES AU CAMEROUN
• Le Haut-
commissaire ;
• Le Chargé
d’affaires ai ;
• Le Chargé
d’affaires ;
• le consul ;
• Le Consul
Général.
Exempt de tous
impôts et taxes sur
les salaires
L’organisation L’organisation
internationale internationale n’est
pas soumise à cet
impôt
83
LES PERSONNELS DE L’ORGANISATION INTERNATIONALE
I – Définitions
1) Fait générateur
Le fait générateur de l’impôt se définit comme l’événement par lequel sont réalisées les
conditions légales nécessaires pour son exigibilité.
85
2) Exigibilité
L’exigibilité de l’impôt est définie comme le droit que l’administration peut faire valoir
à un moment donné auprès du contribuable pour obtenir le paiement de l’impôt.
1) Fait générateur
Chaque contribuable est imposable à l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques à
raison de ses revenus personnels acquis. Est considéré comme revenu acquis, le revenu dont
le bénéficiaire peut se prévaloir d’un droit certain même si le fait qui le rend disponible ne
s’est pas encore produit.
C’est le lieu ici de faire une distinction entre revenu acquis, revenu disponible et revenu
perçu.
Un revenu est acquis lorsqu’un droit certain à ce revenu existe, bien que le fait qui le
rende disponible ne se soit pas encore produit
Le revenu est disponible lorsque sa perception ne dépend que de la volonté du
bénéficiaire.
Le revenu perçu est celui qui est effectivement encaissé. Dans la plupart des cas, la mise
à la disposition se confond avec la perception.
A- Exigibilité
86
b) En matière de bénéfices industriels et commerciaux, de bénéfices agricoles, et de
bénéfices non commerciaux pour les contribuables relevant du régime du réel
L’exigibilité de l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques en matière des bénéfices
industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles, et des bénéfices non commerciaux pour
les contribuables relevant du régime du réel intervient lors de la réalisation du fait générateur.
C’est le principe de l’imposition des revenus acquis qui s’applique, même s’ils ne sont
pas encore disponibles. En pratique, le bénéfice imposable pour ces catégories de revenu est
déterminé conformément aux règles de la comptabilité commerciale, c’est-à-dire à partir des
notions de créances acquises et de dépenses engagées.
Des règles identiques sont édictées pour déterminer le résultat imposable des entreprises
individuelles relevant des bénéfices artisanaux, agricoles, industriels et commerciaux et des
bénéfices non commerciaux.
Dans l’ensemble, les entreprises individuelles passibles de l’Impôt sur le Revenu des
Personnes Physiques au titre des bénéfices artisanaux, industriels, et commerciaux, des
bénéfices agricoles, et des bénéfices non commerciaux, sont imposables, suivant les régimes
ci-après, déterminés en fonction du chiffre d’affaires réalisé:
- Régime de base ;
- Régime simplifié ;
- Régime du réel.
87
Toutefois, ils peuvent opter pour le régime du réel. L’option est irrévocable pour une
période de trois ans et emporte également option pour le même régime à la Taxe sur la Valeur
Ajoutée.
A cet effet, ils doivent notifier leur choix au Centre des Impôts territorialement
compétent avant le 1er février de l’année d’imposition.
Régime du réel :
- les transporteurs interurbains de personnes par cars d’au moins cinquante (50) places
quelque soit le nombre de véhicules exploités;
En tout état de cause, les transporteurs interurbains de personnes ne sont pas soumis au
régime de base. De même, les transporteurs interurbains des marchandises relèvent du droit
commun.
1° le régime de base :
Relèvent de ce régime, les exploitants de baby foot dont le nombre de machines est
compris entre 10 et 20, les exploitants de flippers et jeux vidéo dont le nombre de machines
est compris entre 5 et 10 et les exploitants de machines à sous dont le nombre est compris
entre 3 et 5.
2° le régime simplifié :
Sont imposables sous ce régime, les exploitants de baby foot dont le nombre de
machines est compris entre 21 et 31, les exploitants de flippers et jeux vidéo dont le nombre
de machines est compris entre 11 et 15 et les exploitants de machines à sous dont le nombre
est compris entre 6 et 10.
88
3° le régime du réel :
Le régime du réel concerne les exploitants de baby foot dont le nombre de machines est
supérieur à 31, les exploitants de flippers et jeux vidéo dont le nombre de machines est
supérieur à 15 et les exploitants de machines à sous dont le nombre est supérieur à 10.
Les exploitants des jeux dont le nombre de machines est inférieur aux planchers ci-
dessus visés relèvent de la catégorie D du régime de l’impôt libératoire.
Il est à noter que les personnes morales relèvent, sans considération du nombre des
machines, du régime du réel.
Est taxé d’office à l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques d’après les signes
extérieurs de richesse, tout contribuable dont les dépenses personnelles ostensibles et notoires
sont supérieures aux revenus qu’il déclare ou tout contribuable, qui, dans les mêmes
conditions, n’a pas souscrit de déclaration.
Le revenu global imposable est déterminé en appliquant à certains éléments de train de
vie, le barème ci-dessous. En cas de contestation, la charge de la preuve incombe à
l’Administration.
Les autres dépenses d’entretien non comprises dans ce barème sont prises en compte
pour leur montant réel. La différence entre l’évaluation des éléments de train de vie d’un
contribuable et les revenus qu’il déclare est établie lorsque la somme forfaitaire résultant de
l’application des dispositions prévues aux paragraphes précédents excède d’au moins 40% le
revenu net déclaré au cours de l’un des deux derniers exercices. Si le contribuable n’a pas
souscrit de déclaration, son revenu de référence est considéré comme étant égal à zéro.
Pour l’application des dispositions qui précèdent, la valeur locative est déterminée soit
au moyen de baux écrits dûment enregistrées, soit par comparaison de locaux dont le loyer
aura été régulièrement constaté ou notoirement connu.
Lorsque le contribuable dispose simultanément d’au moins quatre éléments
caractéristiques de train de vie, le revenu forfaitaire correspondant à ces éléments est majoré
de 25%.
En cas d’évaluation du revenu brut à travers les consommations d’eau, d’électricité et
de téléphone, le contribuable est autorisé à faire état de ses charges déductibles.
Les éléments dont il est fait état pour la détermination de la base d’imposition d’un
contribuable comprennent également ceux de son conjoint ou de ses ascendants ou
descendants directs lorsque ces derniers ne déclarent pas de revenus propres.
Toutefois, lorsque le revenu ainsi constitué provient en totalité ou en partie du fait que le
contribuable a disposé des revenus expressément exonérés de l’Impôt sur le Revenu des
Personnes Physiques par une disposition particulière, l’intéressé peut, à condition d’en
apporter la preuve, obtenir la déduction desdits revenus exonérés.
89
BAREME DE DETERMINATION DES REVENUS FORFAITAIRES
SELON LES ELEMENTS DE TRAIN DE VIE
REVENU FORFAITAIRE
ELEMENTS DE TRAIN DE VIE
CORRESPONDANT
1) Valeur locative de la résidence principale hormis le
cas de logement de fonction, déduction faite de celle 2 fois la valeur locative réelle.
s’appliquant aux locaux ayant un caractère
professionnel :
2) Valeur locative des résidences secondaires au
Cameroun et hors du Cameroun : 2 fois la valeur locative réelle.
3) Employés de maison et autres employés pour
chaque personne âgée de moins de 60 ans : 300.000 francs.
4) Voitures automobiles destinés au transport des personnes :
a) Par cheval-vapeur de la puissance de la voiture 180.000 francs,
lorsque celle-ci est égale ou inférieure à 6 Cv,
b) Par cheval-vapeur de la puissance de la voiture 360.000 francs,
lorsque celle-ci est comprise entre 7 et 10 Cv,
Dans tous les cas : Abattement de 1/3 pour les voitures âgées
de 5 à 10 ans et 2/3 pour celles âgées de
plus de 10 ans.
5) Yachts ou bateaux de plaisance jaugeant au moins 3
tonneaux de jauge internationale : 1.000.000 francs.
Pour chaque tonneau :
6) Voyage d’agrément ou tourisme à l’étranger : 5 fois le prix du titre de transport par
voyage.
7) Piscine : 500.000 francs.
8) Avion de tourisme, par Cv de la puissance de
l’avion : 500.000 francs.
9) Consommation d’eau, d’électricité et téléphone : 5% du revenu brut.
Exemple d’application :
Monsieur KAMGA figure dans le fichier du Centre des Impôts des Professions
Libérales et de l’Immobilier de Yaoundé. L’activité principale mentionnée dans sa carte de
contribuable est « Consultant International ». Au titre de l’exercice 2008, il souscrit une
déclaration qui fait apparaître un bénéfice de FCFA 3 900 000.
Les éléments de train de vie recoupés par l’administration fiscale se présentent ainsi
qu’il suit :
- deux véhicules de tourisme dont un de 9 CV et l’autre de 11 CV. Les deux véhicules
ont moins de deux ans d’âge.
- une résidence principale au quartier ODZA dont la valeur des constructions est
estimée à 50 000 000 FCFA ;
90
- une piscine ;
- il a effectué au cours de l’année un séjour touristique à Majorque en Espagne : titre de
transport : 600 000 FCFA à l’aller et le même montant au retour.
- consommation d’eau, d’électricité et de téléphone : 3 000 000 FCFA.
Problème : Déterminer son revenu imposable d’après ces éléments de train de vie.
SOLUTION :
➢ Reconstitution des éléments du revenu :
• Véhicules :
- Pour le véhicule de 9 CV le revenu à retenir est de 360 000 Fcfa X 9 = 3 240 000 Fcfa.
- Pour le véhicule de 11 CV, le revenu à retenir est de 540 000 X 11 = 5 940 000 Fcfa.
- La somme des deux revenus est de : 3 240 000 X 5 940 000 = 9 180 000 Fcfa. Il n’y a
pas d’abattement à faire valoir ici les véhicules étant datés de moins de deux ans,.
• Piscine : 500 000 Fcfa
• Résidence principale
- détermination de la valeur locative réelle, soit 1/20 de la valeur des constructions si
l’on considère que les constructions s’amortissent sur une période de vingt ans.
50 000 000 X 1/20 = 2 500 000 Fcfa
• Voyage d’agrément, soit cinq fois le titre de transport
600 000 X 5 (X2) = 6 000 000 Fcfa
• Reconstitution du revenu brut à partir de la consommation d’eau, d’électricité et
de téléphone
3 000 000 X 100/5 = 60 000 000
On en déduit les charges : 60 000 000 – 3 000 000 = 57 000 000 Fcfa
➢ Somme des revenus reconstitués
9 180 000 + 500 000 + 6 000 000 + 57 000 000 = 72 680 000 Fcfa
➢ Majoration à cause d’au moins quatre éléments reconstitués
72 680 000 X 25% = 18 170 000 Fcfa
➢ Revenu à considérer
72 680 000 + 18 170 000 = 90 850 000 Fcfa
91
comptables ci-après, qui sont un tout indissociable (cf. article 26 Acte Uniforme OHADA
portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises) :
- le bilan ;
- le compte de résultat ;
- le tableau financier des ressources et des emplois (TAFIRE) ;
- un état supplémentaire statistique ;
- un état annexé qui complète et précise, en cas de besoin, l’information donnée par les
autres états financiers annuels, à même de favoriser l’obtention d’une image fidèle du
patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’entreprise.
2- Les entreprises relevant du système comptable allégé (SCA) dont le chiffre d’affaires
est inférieur à 100 millions de FCFA présentent les documents comptables ci-après :
- le bilan simplifié ;
- le compte de résultat simplifié ;
- un état annexe simplifié.
- un livre de recettes ;
- un livre de dépenses ;
- la variation des avoirs.
Toutes ces obligations, y compris celles propres au système fiscal camerounais, à savoir
l'immatriculation, la production du plan sommaire de situation en vue de la localisation…
concernent également les entreprises individuelles.
92
Les déficits accusés dans une catégorie ne s’imputent que sur les résultats futurs de la
même catégorie et non sur le revenu global.
- qu’il s’agisse des héritiers en ligne directe c’est à dire les ascendants et descendants au
premier degré (enfants ou parents du défunt) ou du conjoint ;
- que toutes les évaluations d’éléments d’actif figurant au dernier bilan établi avant la mort
du de cujus soient conservés par les nouveaux exploitants ;
- que les statuts prévoient en plus expressément que des parts de l’entreprise (du capital) ne
seront pas cédées à des tiers étrangers à la succession, s’il y a constitution de SARL.
93
III- Obligations particulières des chefs d’entreprises (Articles 100 à 104)
Les entreprises restent tenues par la Législation de produire à leur centre des impôts de
rattachement, et ce au plus tard le 15 mars de chaque année, des bulletins individuels
récapitulatifs retraçant pour l’exercice précédent :
94
CHAPITRE II - DETERMINATION DE L’ASSIETTE DE L’IMPOT SUR LE
REVENU DES PERSONNES PHYSIQUES
Le champ d'application de l'impôt recouvre non seulement les revenus provenant des
traitements, des salaires, indemnités, émoluments, des pensions et rentes viagères, mais
également les gains réalisés par les producteurs d’assurance, les voyageurs représentants
placiers, lorsque l’activité rétribuée s’exerce au Cameroun.
Les traitements et salaires constituent des sommes perçues dans le cadre d’une activité
professionnelle exercée par une personne physique placée dans un état de subordination et
d’étroite dépendance vis-à-vis de son employeur. En principe, toutes les rémunérations
perçues en raison d’une activité salariée sont imposables dans la catégorie des traitements et
salaires, quels que soient :
Les pensions désignent des allocations, rentes ou indemnités qui représentent, dans une
certaine mesure, la contrepartie de droits acquis à raison d'une activité exercée antérieurement
ou la récompense de services passés, la contrepartie de la réduction ou de la perte de capacité
de gain ou encore les moyens qui sont accordés à une personne pour assurer son existence. On
peut avoir les pensions de vieillisse ou de retraite, les pensions d’invalidité, les pensions
alimentaires.
Les rentes viagères quant à elles désignent des allocations périodiques (ou arrérages)
qu'une personne appelée débirentier, s'engage à servir à une autre personne, appelée
crédirentier, pendant la vie de celle-ci. En général, la rente viagère résulte d'un contrat, mais
elle peut également résulter d'un jugement ou d'une disposition testamentaire.
La rente peut être constituée :
- soit à titre onéreux, lorsque l'une des parties contractantes cède volontairement à l'autre, la
propriété d'objets mobiliers ou immobiliers ou d'une somme d'argent ;
- soit à titre gratuit, si le contrat ne comporte pas, pour le bénéficiaire, la cession préalable
d'un capital mobilier ou immobilier.
95
Sauf attribution expresse de la compétence d’imposition par une convention fiscale
internationale, les pensions et rentes ne sont pas imposées au Cameroun lorsque le débiteur
n’y est pas établi.
- former un non cumul avec les frais réels engagés pour la même cause. Dans le cas
contraire, l’allocation forfaitaire devra être comprise dans la base imposable ;
- correspondre à des frais professionnels, c’est-à-dire couvrir des dépenses strictement
inhérentes à la fonction ou à l'emploi, les frais de caractère personnel n’étant jamais admis en
déduction pour la détermination du revenu imposable ;
- correspondre à des dépenses professionnelles spéciales, c’est-à-dire des frais spéciaux
occasionnés par l'exercice même de l'activité professionnelle et qui, spécifiques à cette
activité, sont exposés par le salarié directement dans l'intérêt de l'entreprise. C’est le cas par
exemple des frais liés aux déplacements nécessités par l'emploi occupé ou les fonctions
exercées, ou des dépenses entraînées par des invitations résultant d'obligations
professionnelles ;
- correspondre à des dépenses réelles ; cela signifie que la fixation des allocations ou
indemnités doit être effectuée en fonction des charges réellement supportées par les intéressés
dans l'exercice de leurs fonctions au service de l'entreprise.
- être utilisés conformément à leur objet, c’est-à-dire, L'exonération de ces
remboursements ou allocations suppose que les frais correspondants soient appuyés de
justifications suffisamment précises pour en établir la réalité et le montant et qu'il soit
clairement démontré qu'ils ont été exposés dans l'intérêt de l'entreprise et ne sont pas d'un
niveau exagéré.
Ce sont :
96
- les pensions pour blessures et invalidité accordées aux hommes qui ont servi aux
forces armées ;
- les bourses d’études ;
- le capital reçu à titre de pension ou d’indemnité pour décès ou en compensation
consolidée pour décès ou blessures.
- la quote-part de l’indemnité de licenciement versée à titre de dommages intérêts en
vertu de la législation sociale à l’exception des sommes destinées à couvrir le préjudice relatif
à la perte du salaire.
La base d’imposition est obtenu en tenant compte du montant brut des traitements,
indemnités, émoluments, salaires, pensions et rentes viagères ainsi que de tous les avantages
en nature ou en argent accordés aux intéressés.
b. Les gratifications
Les gratifications représentent les primes et autres indemnités allouées au salarié en sus
de sa rémunération principale. Elles sont assez variées. On peut avoir : la prime de transport,
la prime de technicité, la prime d’ancienneté, la prime d’assiduité, l’indemnité de sujétion, la
prime de caisse, la prime de risque, les majorations pour heures supplémentaires, l’indemnité
de travaux spéciaux, etc. Il appartient à l’agent des impôts d’apprécier chaque fois pour
l’imposition des gratifications les faits et la nature desdites primes ou indemnités.
Les avantages en nature représentent les biens ou prestations de service que l’employeur
met gratuitement (ou pour une valeur réduite) à la disposition des salariés ou dirigeants, et
destinés à leur usage personnel.
L’estimation des avantages en nature est faite selon un barème contenu dans le CGI. Les
taux y contenus sont à appliquer sur le salaire brut taxable entendu comme l’ensemble des
rémunérations mises à la disposition du contribuable par les soins de son employeur (salaires
+ indemnités et primes taxables). Pour leur tarification, la loi n’a retenu que six d’entre eux
97
(logement, électricité, eau, domestique, véhicule et nourriture). Les taux prévus pour
l’estimation des avantages en nature sont les suivants :
Logement…………………………………………………………………… 15%
Electricité…………………………………………………………………… 4%
Eau………………………………………………………………………… 2%
Par domestique…………………………………………………………… 5%
Par véhicule ……………………………………………………………… 10%
Nourriture………………………………………………………………… 10%
En effet, conformément aux dispositions de l’article 31 (1) du Code Général des Impôts,
les compléments de salaire en nature ou en argent sont affranchis de l’IRPP sous réserve de
la combinaison des trois (03) conditions suivantes :
La soumission à l’IRPP se fait alors sur la base de l’article 33 du Code Général des
Impôts relatif à l’estimation des avantages en nature. Ces avantages ou leur pendant en
espèces sont compris dans la base d’imposition dans la limite des taux précisés audit article.
14
Lettres n°s 0422/MINEFI/DI/LC/L du 11 août 2000 ; 0322/MINFI/DI/LC/L du 20 janvier 2003 ;
1279/MINEFI/DI/LC/L du 05 mars 2004 ; 2548/MINEFI/DI/LC/L du 10 mai 2004 ; 2072/MINEFI/DI/LC/L du
19 avril 2004 ; 5336/MINFIB/DI/LC/L du 29 décembre 2004 ; et 3441/MNEFI/DGI/LC/L du 24 juin 2005
98
Précisions doctrinales : Régime fiscal des compléments d’indemnité de
licenciement15
Suite aux interrogations portant sur le sort fiscal réservé aux compléments d’indemnités
perçus par un employé à l’occasion de la rupture de son contrat de travail, l’Administration a
fait connaître sa position sur le sujet.
Il importe d’emblée de dire que les employeurs versent souvent à leurs ex-salariés, de
façon forfaitaire ou en application de conventions collectives de travail, diverses sommes
recouvrant des dénominations variées. Il s’agit, selon les entreprises, d’indemnité de
séparation à l’amiable, de prime de bonne séparation ou d’indemnité de fin de carrière.
Lesdites sommes sont versées en sus de l’indemnité de licenciement pour des raisons
d’humanisme, de réinsertion sociale ou de conjoncture économique.
Au sens de l’article 31 (3) du Code Général des Impôts, le capital reçu par un salarié
parvenu à la fin d’un contrat de travail n’est exonéré de l’impôt que dans la mesure où il
répare un préjudice corporel causé audit salarié, ou s’il est versé par l’Etat, les collectivités
territoriales décentralisées et les établissements publics en vertu des lois et décrets
d’assurance et d’assistance.
Il s’en suit dès lors que les sommes versées aux ex-employés en plus de l’indemnité de
licenciement lors de la rupture du lien de subordination constituent un complément de revenu
taxable à l’IRPP, à l’exception de celles qui ont pour objet de réparer un préjudice
exceptionnel, matériel ou moral autre que la seule perte du revenu.
Le revenu net imposable est déterminé en déduisant du montant brut des sommes
payées et des avantages en nature ou en argent accordés, les frais professionnels calculés
forfaitairement au taux unique de 30% ainsi que les cotisations versées à la Caisse Nationale
de Prévoyance Sociale (CNPS) au titre de la retraite obligatoire.
Les cotisations versées à l’Etat et qui sont visées à l’article 34 du CGI sont celles
relatives à la retraite obligatoire. Ne sont en conséquence pas déductibles de l’assiette de
l’IRPP la contribution au Crédit Foncier, la Redevance Audio-visuelle, la Taxe communale
ainsi que tout autre prélèvement perçu par l’Etat et ses démembrements.
Enfin, en cas de paiement d’un revenu exceptionnel portant sur plusieurs mois, ce
revenu est étalé sur les mois correspondants. Les revenus mensuels initiaux de la période
concernée doivent alors être reconstitués et le barème appliqué. Le solde correspondant à la
15
Lettres n°s : 0972/MINEFI/DI/LC/L du 08 octobre 2000 ; 7408/MINEFI/DI/LC/L du 14 novembre 2002 ;
7848/MINFI/DI/LC/L du 13 décembre 2002 ; et Instruction n°01/MINEFI/DI/LC/L du 31 janvier 2005
99
différence entre l’impôt initialement acquitté et celui résultant de la reconstitution de la base
taxable est retenu à la source au courant du mois de perception du revenu exceptionnel.
Exemple : Monsieur FAY est cadre de banque. Il a perçu au titre de l’année 2008 les
rémunérations suivantes :
Soit 3 600 000 + 800 000 + 500 000 + 1 000 000 + 400 000
Revenu brut taxable = 6 300 000
Revenu net imposable = revenu brut – charges déductibles (ici abattement pour frais
professionnels de 30%)
100
préjudice). La réparation d’un préjudice attaché à une indemnité en général échappe à
l’imposition (voir tableau ci –après sur le régime fiscal des pensions alimentaires).
Les rentes viagères peuvent être constituées à titre onéreux ou à titre gratuit. Quelle que
soit la forme, les rentes viagères sont considérées comme des revenus imposables. Toutefois,
lorsque leur caractère consiste à réparer un préjudice, elles ne sont pas imposables.
Les bénéfices qui ne demeurent pas investis dans l’entreprise sont considérés comme
revenus distribués.
Aussi, sont considérés comme désinvestissements et par conséquent taxés à l’impôt sur
les revenus des personnes physiques au titre des RCM :
101
1. tous les produits ou bénéfices qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au
capital;
2. toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou
porteurs des parts et non prélevées sur les bénéfices, même en cas de déficit ;
3. les rémunérations allouées aux membres des conseils d’administration des
sociétés anonymes à quelque titre que ce soit, à l’exclusion des salaires et des redevances de
propriété industrielle.
S’agissant des personnes n’ayant pas leur domicile ou siège social au Cameroun, sous
réserve des conventions internationales, les bénéfices sont réputés distribués au titre de
chaque exercice à ces personnes.
Aux termes des dispositions des articles 36.1° et 37.1° du CGI, les répartitions des
bénéfices et réserves antérieurement incorporés au capital et qui font l’objet d’un
remboursement aux associés ou actionnaires par voie de diminution du capital sont
considérées comme des revenus distribués et par conséquent taxées à l’IRPP dans la
catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
Une répartition est réputée présenter ce caractère à la condition que tous les bénéfices
et réserves autres que la réserve légale aient été auparavant repartis.
Les plus-values nettes globales réalisées à cette occasion par les particuliers, à titre
occasionnel ou habituel, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un établissement financier
sont dorénavant taxées à l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques au titre de cette
catégorie.
16
Lettre n° 5903/MINEFI/DGI/LC/L du 29 octobre 2005
103
d’épargne détenus par une personne. En cas d’assujettissement du fait de la sommation de
tous les comptes, les impôts y relatifs sont notifiés au contribuable concerné.
3- Dans le même ordre d’idée, les plus values nettes globales visées à l’article 42
du CGI, ayant une valeur inférieure ou égale à 500 000 F CFA sont exonérés de l’IRPP. Cette
disposition relative à l’activité boursière a pris effet à compter du 1er janvier 2003.
- pour les produits des actions, parts de capital, et revenus assimilés, par le montant brut
des dividendes versés ;
- pour les obligations, effets publics et emprunts, par l’intérêt ou le revenu distribué
durant l’exercice ;
- pour les primes de remboursement, par la différence entre les sommes remboursées et
le taux d’émission des emprunts ;
- pour les revenus des créances, dépôts et cautionnements, par le montant brut des
intérêts, arrérages et tous autres produits des valeurs désignées à l’article 41 du CGI ;
- pour les cessions d’actions, d’obligations et autres parts de capital, par la plus value
nette globale résultant de la compensation effectuée entre les plus ou moins values
réalisées au cours de l’exercice sur chaque catégorie de titres détenus par le
contribuable.
La plus ou moins value de chaque opération de cession effectuée au cours de l’exercice
s’obtient par la différence entre le prix de cession des titres concernés et leur prix d’achat ou
leur valeur d’attribution en cas d’acquisition de ces titres lors de la constitution d’une société
ou de l’augmentation de son capital.
En cas de moins-value nette globale constatée au cours d’un exercice, cette dernière est
reportable sur les plus-values nettes globales éventuelles des quatre exercices suivants.
Les rémunérations et avantages occultes s’entendent au sens de la loi, du montant global
des sommes que, directement ou par l’entremise d’un tiers, les sociétés ou personnes morales
ont versé à des personnes dont elles ne révèlent pas l’identité, au cours de la période retenue
pour l’établissement de l’Impôt. Ils sont considérés comme revenus distribués, qu’ils soient
ou non prélevés sur les bénéfices et sont taxés au taux le plus élevé.
Sont compris dans la catégorie des revenus fonciers, lorsqu'ils ne sont pas inclus dans
les bénéfices d'une entreprise industrielle, commerciale ou artisanale, d'une exploitation
agricole ou d'une profession non commerciale :
1) les revenus provenant de la location des immeubles bâtis et non bâtis sis au Cameroun :
2) les plus-values réalisées par les personnes physiques sur les immeubles bâtis ou non
bâtis acquis à titre onéreux ou gratuit :
Les plus-values réalisées à titre occasionnel par les personnes physiques lors de la
cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens,
sont passibles de l'impôt sur le revenu selon les règles définies à l’article 90 du CGI..
3) les parts d’intérêts des membres des sociétés civiles immobilières n’ayant pas opté pour
l’Impôt sur les Sociétés.
Chaque membre est imposé à l’IRPP, sur les bénéfices correspondant à ses parts dans la
société civile immobilière n’ayant pas opté pour l’IS.
Ne sont pas considérés comme des revenus imposables dans la catégorie des revenus
fonciers :
Les revenus des propriétés bâties ou non bâties ne sont pas imposables dans la catégorie
des revenus fonciers, lorsqu’ils sont inclus dans le bénéfice d’une entreprise industrielle,
d’une exploitation agricole, d’une profession commerciale ou d’une profession non
commerciale.
- les revenus des immeubles inscrits à l’actif des entreprises industrielles, commerciales
ou artisanales;
- la location ou sous-location en meublé ainsi que la location des établissements
industriels ou commerciaux munis du mobilier ou du matériel nécessaire à leur
exploitation ;
105
Relèvent de la catégorie des bénéfices agricoles :
- les revenus procurés par l’exploitation d’un domaine agricole lorsque la mise en valeur
est assurée soit par le propriétaire exploitant lui-même, soit dans le cadre d’un contrat de
métayage ;
- les revenus procurés par des immeubles donnés en location qui figurent à l’actif d’une
exploitation agricole.
- les revenus tirés de locaux utilisés dans le cadre de leur profession par les titulaires de
revenus non commerciaux que les exploitants ont choisi d’inscrire sur leur registre des
immobilisations ;
- les profits réalisés par des personnes qui sous-louent, à des tiers, des immeubles non
meublés dont elles sont locataires. Toutefois, si la sous-location est consentie en meublé,
les loyers ont le caractère de revenus commerciaux.
1) base d’imposition des revenus provenant de la location des immeubles bâtis et non
bâtis sis au Cameroun :
Les loyers se définissent comme l’ensemble des sommes et prestations fournies par le
locataire en contrepartie de la mise à disposition du bien. Ces prestations de services peuvent
être fournies par le locataire ou des dépenses incombant de droit au propriétaire et mises à la
charge du locataire.
Le revenu brut à comprendre dans la base est constitué par la somme des recettes brutes
perçues chaque année par le propriétaire. Les recettes brutes comprennent les sommes
encaissées par le bailleur (propriétaire) à quelque titre que ce soit, au cours de l'année
d'imposition (loyers, dépenses incombant normalement au bailleur mais mises à la charge des
locataires, subventions et indemnités destinées à financer des charges déductibles, recettes
accessoires, notamment des recettes qui proviennent de la location du droit d'affichage, …)
Les charges de la propriété, déductibles pour la détermination du revenu net sont fixées
forfaitairement à 30 % du revenu brut, sauf justification des frais réels exposés. En cas de
justification des frais réels exposés, ceux-ci doivent, pour être déductibles :
106
2) Base d’imposition des plus-values réalisées par les personnes physiques sur les
immeubles bâtis ou non bâtis acquis à titre onéreux ou gratuit
La base d’imposition de ces plus-values visée est égale à la différence entre le prix
déclaré par les parties et la valeur du bien à la dernière mutation. La valeur du bien à la
dernière mutation comprend, le cas échéant, les frais de construction et/ou de transformation
de l’immeuble dûment justifiés.
- des frais réels afférents à la dernière mutation, lorsque celle-ci avait été faite à
titre onéreux ;
- des frais réels afférents à la dernière mutation, non compris les droits
d’enregistrement, lorsque cette mutation a été faite à titre gratuit.
La détermination de la plus-value sus indiquée devra être faite avec le plus de précision,
ce d’autant que les notaires ont désormais l’obligation d’exprimer distinctement d’une part le
prix du terrain, et d’autre part celui des différentes constructions, dans les actes portant
mutation de propriété d’immeubles.
Le dispositif législatif y relatif contenu dans la loi N° 2002/003 du 19 avril 2002 portant
Code Général des Impôts a connu une innovation majeure consistant en la fusion en une
catégorie unique désormais dénommée « bénéfices artisanaux, industriels et commerciaux »
des dispositions relatives d’une part aux bénéfices industriels et commerciaux, et d’autre part
aux bénéfices des professions artisanales.
Cette fusion se justifie non seulement par l’identité des règles d’imposition applicables
à ces catégories de bénéfices, mais aussi par le souci du législateur de simplifier l’imposition
du revenu des personnes physiques.
107
- achats de marchandises, matières ou objets en vue de leur revente en l'état ou après
transformation ;
- acquisitions de meubles en vue de la location ;
- transports ;
- opérations de commission et de courtage ;
- etc.
- les personnes se livrant à des opérations d’intermédiaires pour l’achat ou la vente des
immeubles ou de fonds de commerce ou qui, habituellement, achètent en leur nom les
mêmes biens en vue de les revendre ;
- les personnes qui procèdent au lotissement et à la vente après exécution des travaux
d’aménagement et de viabilité, de terrains leur appartenant ;
- les personnes qui donnent en location un établissement commercial ou industriel muni
du mobilier et du matériel nécessaire à son exploitation, que la location comprenne ou
non tout ou partie des éléments incorporels du fonds de commerce ou d’industrie ;
- les personnes qui louent ou sous-louent en meublé tout ou partie des immeubles leur
appartenant ;
- les personnes qui, à titre principal ou accessoire, exploitent les jeux de hasard et de
divertissement
Les professions artisanales sont celles des contribuables qui exercent pour leur propre
compte une activité manuelle, et qui tirent principalement leur profit de la rémunération de
leur propre travail. Sont ainsi considérées comme artisans, les personnes ci-après :
- les fabricants et ouvriers travaillant chez eux, avec ou sans force motrice, à façon ou
non, utilisant le concours de cinq employés, compagnons ou apprentis au maximum et
ne vendant que le produit de leur propre travail ;
- les mariniers, chauffeurs ou cochers n’ayant qu’un bateau ou véhicule qu’ils conduisent
eux-mêmes ;
- les pêcheurs se livrant personnellement à la pêche sans autre concours que celui de deux
aides.
- les revenus des propriétés inscrites à l’actif du bilan d’une entreprise industrielle,
commerciale ou artisanale ;
108
- les produits de la location des établissements industriels et commerciaux munis du
matériel et du mobilier nécessaires à l’exploitation ;
- les profits tirés de la location en meublé, de la location d’un fonds de commerce et des
locaux où il est exploité.
109
Les produits transformés relèvent des BIC lorsque les ventes sont effectuées dans un
magasin de vente au détail distinct de l’exploitation agricole, lorsque les opérations de
transformation portent sur les produits qui peuvent être utilisés comme matières premières
dans l’agriculture ou dans l’industrie.
110
Les prélèvements de l’exploitant ou des associés, qu'ils soient effectués en nature ou en
espèces, doivent être ajoutés au bénéfice imposable de la période au cours de laquelle ils ont
été effectués.
Régime de base
Le bénéfice imposable des contribuables soumis au régime de base prévu à l’article 61
du CGI est constitué par le résultat d’exploitation découlant de leur comptabilité selon le
système minimal de trésorerie.
En cas d’absence de déclaration ou de comptabilité, l’assiette de l’impôt est déterminée
par application au chiffre d’affaires reconstitué par l’Administration selon les éléments réels
en sa possession, du taux de bénéfice fixé par décret. Ces taux sont les suivants :
- 7,5% pour les commerçants non importateurs, agriculteurs, éleveurs et
pêcheurs ;
- 20% pour les commerçants importateurs, producteurs, les prestataires de
services ;
- 15 % pour les artisans.
Régime simplifié
S’agissant des contribuables relevant du régime simplifié, le bénéfice imposable est
constitué par l’excédent des recettes brutes sur les dépenses nécessaires à l’exploitation.
L’application des taux forfaitaires n’est envisageable que dans le cadre d’une procédure de
redressement contradictoire ou d’une taxation d’office.
Les contribuables relevant de ce régime doivent tenir une comptabilité simplifiée
comportant un livre de recettes, un livre de dépenses, un livre d’inventaire et un livre des
immobilisations.
Pour la détermination du bénéfice imposable, il ne sera tenu compte que des dépenses
exposées pour les besoins d’exploitation ou se rattachant à la gestion normale de l’activité de
l’entreprise.
Régime du réel
Le bénéfice imposable des contribuables soumis au régime du réel est déterminé comme
en matière d’Impôt sur les Sociétés. Les modalités de détermination des produits et des
charges sont définies ainsi qu’il suit :
Le bénéfice net imposable est déterminé en tenant compte non pas des seules opérations
afférentes à l’exercice et qui ont fait l’objet d’un règlement au titre de cet exercice là, mais
bien de l’ensemble des créances acquises, en d’autres termes des produits définitivement
acquis dans leur principe et déterminés quant à leur montant au cours de la période
considérée.
111
Il en demeure que si à la clôture d’un exercice, une créance demeure incertaine dans son
principe ou indéterminée quant à son montant, elle ne doit pas être comprise dans les produits
ou les résultats de cet exercice.
De façon concrète s’agissant des ventes, c’est la date de la livraison des biens entendue
comme la remise matérielle du bien à l’acquéreur, qui détermine l’exercice de rattachement
desdites ventes.
Concernant les prestations de services, il convient de distinguer le cas des prestations
ponctuelles de celui des prestations échelonnées dans le temps.
Pour les prestations ponctuelles, c’est la date d’achèvement de la prestation qui
déterminera l’exercice de rattachement desdites prestations.
Les prestations échelonnées dans le temps sont prises en compte au fur et à mesure de
l’exécution.
Le bénéfice net imposable est déterminé en tenant compte non pas des seules charges
afférentes à l’année d’imposition et qui ont fait l’objet d’un règlement au titre de cet exercice,
mais bien de l’ensemble des dépenses engagées, en d’autres termes les dettes qui sont
devenues certaines dans leur principe et déterminées dans leur montant au cours de la période
considérée.
Ainsi, une dette peut être tenue pour certaine dans son principe lorsque la créance née
corrélativement dans le patrimoine de l’autre co-contractant est acquise à ce dernier.
Une dette peut être tenue pour déterminée quant à son montant lorsqu’elle peut être
chiffrée avec précision compte tenu de l’ensemble des données qui sont connues à la date de
l’estimation.
Les dettes certaines dans leur principe et déterminées dans leur montant lorsqu’elles
n’ont pas été payées à la clôture de l’exercice doivent être inscrites au passif du bilan à un
compte de tiers.
Des frontières existent entre les bénéfices agricoles et les BIC, les revenus fonciers.
Les revenus des immeubles par nature dépendant d’un domaine agricole sont rangés
dans la catégorie des bénéfices agricoles si le domaine est exploité par le propriétaire lui-
même. Par contre, si le domaine est donné en location, le revenu du propriétaire est passible
de l’impôt dans la catégorie des revenus fonciers.
Toutefois, lorsque le domaine mis en location est la propriété d’une entreprise agricole
soumise au régime du réel, les loyers des immeubles correspondants inscrits à l’actif du bilan
seront réputés revenus agricoles.
Le bénéfice réel de l’exploitation agricole est constitué par l’excédent des recettes
provenant de l’agriculture, de l’élevage et des autres produits sur les dépenses nécessitées par
l’exploitation au cours de l’exercice. Pour la détermination de ce résultat, il est tenu compte :
Les BNC sont constitués par tous les profits ayant le caractère d’un revenu et ayant leur
source dans les actes ou opérations susceptibles de renouvellement non expressément
113
exonérés et non soumis à l’IRPP dans une autre catégorie de revenu et même s’ils ne résultent
pas d’une activité professionnelle.
Les bénéfices non commerciaux peuvent être regroupés en quatre catégories ci-après :
114
II- LIMITES AVEC LES AUTRES CATEGORIES DE REVENUS
L’exercice d’un art ou d’une science peut être soumis à la catégorie des traitements et
salaires dès lors qu’il est établi le lien de subordination et d’étroite dépendance. De même, les
artistes titulaires de leurs activités seront imposés dans la catégorie des BNC alors que les
autres resteront soumis à la catégorie des traitements et salaires.
115
B- Les charges déductibles
116
CHAPITRE III- CALCUL DE L’IMPOT (articles 69 à 72)
Pour le calcul de l’impôt, il est tenu compte, des revenus nets catégoriels ci-après :
L’impôt est liquidé par application du barème ci-après, après abattement de 500 000 F
CFA sur la somme des revenus nets catégoriels, telle que définie à l’article 69 du CGI :
De 0 à 2 000 000………………………………. 10 %
De 2 000 001 à 3 000 000……………………... 15 %
De 3 000 001 à 5 000 000……………………... 25 %
Plus de 5 000 000……………………………... 35 %
Les impôts ainsi obtenus sont majorés de 10% au titre des centimes additionnels
communaux.
Les contribuables qui réalisent les bénéfices industriels et commerciaux, les bénéfices
non commerciaux et les bénéfices agricoles sont soumis à un minimum de perception de 1,1%
du chiffre d’affaires réalisé au cours de l’exercice. A cet égard, quels que soient le montant et
la nature du bénéfice déclaré, ces contribuables ne peuvent acquitter un impôt inférieur à
1,1% de leur chiffre d’affaires. Les acomptes versés en cours d’exercice doivent être pris en
compte.
Par ailleurs, la redevance Audio-visuelle (RAV) ne constitue plus un acompte d’impôt,
et de ce fait, n’est plus déductible de l’IRPP dû par le contribuable, ni en cours ni en fin
d’exercice. Elle n’est non plus déductible de la base d’imposition à l’IRPP.
Ayant été saisi de manière récurrente sur les difficultés observées dans la détermination
de l’IRPP dû par les employés ayant perçu des salaires sur une période inférieure à un an, le
Directeur Général des Impôts a pris une note de service pour y apporter d’amples précisions.
17
Note de service n°0801/MINEFI/DGI/LC/L du 20 octobre 2006
117
Ainsi, dans l’optique d’imposition des salaires servis sur une période inférieure à 12
mois, la liquidation de l’IRPP conséquent se fera suivant les étapes ci-après en déterminant :
En ce qui concerne les RCM, le calcul de l’impôt se fait par application d’un taux
libératoire de 15 % sur le revenu imposable. Ce taux est fixé à 10 % pour les plus-values sur
cessions de titres d’un montant net global supérieur à 500 000 francs CFA.
118
Les revenus remplissant les conditions sus évoquées sont imposés en suivant les étapes
ci-après :
1- Calculer l’impôt par application du barème annuel progressif sur le revenu net
ordinaire ;
Il reste entendu que les revenus, même exceptionnels ou différés, qui sont par nature
imposés à un taux proportionnel libératoire tels que les revenus de capitaux mobiliers, ne
bénéficient pas du mécanisme prévu à l’article 65 bis.
Dans tous les cas de figure, la cotisation supplémentaire doit être prélevée au cours du
mois du versement du revenu additionnel.
Exemple 1 :
- Abattement forfaitaire pour frais professionnels : 30% X 3 060 000 = 918 000 (article
34 CGI), soit 3 060 000 – 918 000 = 2 142 000
- Déduction de la cotisation sociale CNPS (article 34 CGI) 2,8% X 3 060 000 soit
2 142 000 – 85 660 = 2 056 340
- Déduction complémentaire de 500 000 (article 29 CGI) : 2 056 340 – 500 000 =
1 556 340
119
Application du barème IRPP
- IRPP dû au titre de l’année après application du barème : 155 634 + 10% au titre des
CAC, soit 155 634 + 15 563 = 171 197
2. Calcul de l’IRPP sur le revenu ordinaire majoré du quart du revenu différé : soit
3 060 000 + (6 000 000/4) = 4 560 000
IRPP total : (200 000 + 84 600) + 10% au titre des CAC ; soit 284 600 + 28 460 = 313 060
5. Solde net à reverser au trésor public après déduction des retenus mensuelles : soit
581 718 – 0 = 581 718
L’étape 5 ne s’applique pas dans le cas d’espèce dès lors que qu’il n’y a pas d’acompte
sur les traitements et salaires.
Exemple 2 :
Au titre du mois d’avril 2005, M. Y a perçu son salaire ordinaire mensuel de Fcfa
157 000 ainsi qu’une indemnité pour congés payés de montant Fcfa 471 000. M. Y a perçu au
120
titre des trois dernières années des salaires respectifs de Fcfa 1 500 000, 1 600 000 et 1700
000.
Il sollicite le bénéfice des dispositions de l’article 65 bis.
Dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas d’un revenu exceptionnel dès lors que le montant
de Fcfa 471 000 est inférieur à Fcfa 1 600 000 (moyenne de 1 500 000, 1 600 000 et
1 700 000). En conséquence, le calcul de l’impôt dû se fait de la manière suivante :
- Abattement forfaitaire pour frais professionnels : 30% X 1 884 000 = 565 200 (article
34 CGI), soit 1 884 000 – 565 200 = 1 318 800
- Déduction de la cotisation sociale CNPS (article 34) : 2,8% X 1 884 000 = 52 752 soit
1 318 800 – 52 752 = 1 266 048
- Déduction complémentaire de 500 000 (article 29 CGI) : 1 266 048 – 500 000 =
766 048
Revenu ordinaire annuel majoré du revenu du revenu supplémentaire : 1 884 000 + 471 000 =
2 355 000
• Abattement pour frais professionnels
121
• Déduction supplémentaire de 500 000
• Cotisation supplémentaire IRPP global diminué de l’IRPP annuel ordinaire : 108 200 –
76 600 = 31 600
31 600 + 6 385 = 37 985 + 10% au titre des CAC, soit 41 783 Fcfa
Exemple 3 :
Au titre du mois d’avril 2005, M. Z a perçu a perçu son salaire ordinaire mensuel de
Fcfa 157 000 ainsi qu’une prime de bilan de montant Fcfa 2 000 000. M. Z a perçu au titre des
trois dernières années des salaires respectifs de 1 500 000, 1 600 000 et 1 700 000.
La prime de bilan de montant Fcfa 2 000 000 est un revenu exceptionnel, servi de
manière ponctuelle. De par sa nature, il n’est pas susceptible d’être mis à la disposition de son
bénéficiaire annuellement et son montant dépasse la moyenne nette des revenus dont a
disposé le contribuable au titre des trois dernières années.
- Abattement forfaitaire pour frais professionnels : 30% x 1 884 000 = 565 200
- Déduction de la cotisation sociale CNPS (article 34 CGI) : 2,8% x 1 884 000 = 52 752
soit 1 318 800 – 52 752 = 1 266 048
- Déduction complémentaire de 500 000 (article 29 CGI) : 1 266 048 – 500 000 =
766 048
122
De 0 à 2 000 000 : 10 % ; soit 766 000 X 10% = 76 600
134 400 + 6 385 = 140 785 + 10% au titre des CAC, soit Fcfa 154 863
L’étape 5 ne s’applique pas dans le cas d’espèce dès lors qu’il n’y a pas d’acompte sur
les traitements et salaires.
123
CHAPITRE IV - MODALITES DE PERCEPTION
L’impôt définitivement dû en fin d’exercice est calculé sous déduction des acomptes et
retenues à la source effectivement opérés au cours de l’exercice. Ces déductions doivent être
appuyées des pièces justificatives.
En cas d’existence de plusieurs établissements situés dans des localités différentes, les
employeurs ont le choix, en ce qui concerne le lieu de reversement des retenues d’IRPP et
autres contributions rattachées aux traitements et salaires ; elles peuvent être reversées soit au
centre de rattachement de l’établissement, soit à celui du siège social de l’entreprise. Au cas
où cette dernière option est choisie, ils sont toutefois tenus de présenter en annexe de leur
déclaration, un état éclaté desdites retenues par établissement.
Au plan pratique, les retenues sur les traitements et salaires sont effectuées à partir des
feuillets du DIPE, et reversées le 15 du mois suivant.
18
Note explicative du Directeur Général des Impôts du 1er décembre 2005.
124
Par ailleurs deux paramètres de calcul ajustés dans l’ancienne version ne le sont plus.
Ainsi l’abattement forfaitaire annuel est de 500000fcfa conformément à l’article 29 duCGI ;
la déduction des cotisations sociales s’obtient par application du taux de 28% sur le salaire
mensuel brut plafonné à 300.000 FCFA.
Enfin le traitement des éléments exceptionnels de salaire a été précisé au travers de
l’article 65 bis (nouveau).
Conséquence des changements.
La conséquence des changements opérés par rapport à l’ancienne version est le
passage des salaires exonérés (article 81du CGI) de 52.000 fcfa à 62.000 FCFA.
Dans la pratique, l’on s’apercevra lors du calcul de l’impôt que le revenu net imposable
des personnes bénéficiant d’un salaire mensuel brut compris entre 52.000 FCFA et
62.000fcfa est nul ou négatif . Dans ces conditions aucun impôt ne saurait être retenu ou
réclamé aux personnes concernées.
Par ailleurs les contribuables qui relèvent de cette situation particulière ne sauraient
invoquer un quelconque crédit d’impôt pour une base nette d’imposition négative dés lors
que suivant les dispositions légales, le taux de l’impôt ne s’applique que sur une base
d’imposition au moins égale à zéro.
Base taxable
Pour des raisons de commodité, le présent barème fait ressortir le salaire brut comme
base taxable, alors que la base du barème annuel est le salaire net.
Le salaire brut est égal au total des traitements, indemnités (y compris l’indemnité de
transport), émoluments, salaires, pensions et rente viagères, ainsi que tous les avantages en
natures ou en argent accordés aux intéressés ; à l’exclusion des allocations à caractère
familial, de celles destinés à couvrir les frais inhérents à la fonction ou à l’emploi, ainsi que
les réparations des dommages d’accidents de travail.
Avantages en nature
L’estimation des avantages en nature est faite selon les taux ci-après, appliqués au
salaire brut taxable :
Logement…………………………………………………………………… 15%
Electricité…………………………………………………………………… 4%
Eau………………………………………………………………………… 2%
Par domestique…………………………………………………………… 5%
Par véhicule ……………………………………………………………… 10%
Nourriture………………………………………………………………… 10%
125
Il convient de signaler que les salaires inférieurs à 62000 francs sont exonérés de
l'IRPP.
Le salaire net auquel s'applique le taux d'imposition est déterminé en déduisant du
salaire brut les frais professionnels calculés forfaitairement au taux de 30%, ainsi que les
cotisations versées à la caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) au titre de la retraite
obligatoire.
Les taxes reçues au profit des communes pour services rendus (taxes d’enlèvement des
ordures ménagères, taxes d’eau, d’électricité etc.) doivent faire l’objet des retenues
mensuelles en même temps que l’impôt sur le revenu, par les employeurs.
Formule de calcul.
L’algorithme ayant servi à la détermination de ce barème est donné ci-après. Il servira
notamment au calcul de l’impôt pour les revenus supérieur à 3.000.000 de francs : et à la
rédaction des programme informatique de retenues de l’IRPP sur les salaires.
La parafiscalité regroupe pour l’essentiel les retenues effectuées sur les salaires par
l’administration fiscale d’ordre et pour le compte de certains organismes publics dotés de
l’autonomie financière.
La contribution au crédit foncier est une taxe parafiscale recouvrée par l’administration
fiscale et reversée au CFC dont l’objet est d’apporter son concours financier à la réalisation
des projets afférents à l’habitat.
Les personnes assujetties à cette contribution sont les salariés et les employeurs des
secteurs privé et public.
Sont exonérés de la contribution au Crédit Foncier : l’Etat ; les communes ; les
Chambres Consulaires ; les missions diplomatiques et consulaires ; les associations et
organismes à but non lucratif, et dans les conditions fixées par décret ; les exploitants
19
Loi n°77/10 du 13 juillet 1977 portant institution d’une contribution au Crédit Foncier.
126
agricoles individuels et éleveurs ; les établissements d’enseignement privé ; les établissements
hospitaliers confessionnels ; les établissements sociaux professionnels et laïcs.
2- Modalités de perception
La contribution au crédit foncier est en général liquidée par l’employeur par application
d’un taux de 1% pour les salariés sur le montant brut des salaires et 1,5% pour les employeurs
sur les rémunérations versées, y compris les avantages en espèces et en nature et reversée au
Trésor dans les vingt premiers jours du mois pour les salaires payés au cours du mois
précédent.
Toutefois, lorsque le montant du prélèvement mensuel est inférieur à 25 000 francs,
l’employeur est admis à effectuer le versement trimestriellement dans les vingt premiers jours
de chaque trimestre pour les salaires payés au cours du trimestre précédent.
La liquidation des droits se fait sur des imprimés fournis par l’administration fiscale.
2- Modalités de perception
Le montant de cette contribution est déterminé par application d’un taux de 1% sur le
montant des rémunérations servies y compris les avantages en nature payés ou accordés au
personnel, pour leur montant réel. La base du prélèvement est arrondie au millier de francs
inférieur.
Elle doit être reversée au Trésor Public dans les mêmes délais que la contribution au
CFC et est rétrocédée au Fonds National de l’Emploi dont l’objet est la promotion de l’emploi
au Cameroun.
La redevance audiovisuelle est due par les salariés des secteurs parapublic et privé et par
les personnes physiques et morales redevables de la contribution des patentes.
En sont exonérés : les pensions et rentes viagères ; les salaires du personnel
domestique ; les salaires des ouvriers travaillant dans les exploitations agricoles ou pastorales
individuelles ; les personnes physiques ou morales exonérées de la contribution des patentes
par les dispositions du Code Général des Impôts.
20
Loi n° 90/050 du 19 décembre 1990 modifiant la loi n°77/10 du 13 juillet portant institution d’une
contribution au Crédit Foncier et fixant la part de cette contribution destinée au fonds National de l’emploi.
21
Instituée par Ordonnance n° 89/004 du 12 décembre 1989 portant institution d’une redevance audiovisuelle.
127
2- Modalités de perception
La base de calcul de la redevance audiovisuelle due par les salariés est constituée par le
montant brut des salaires perçus.
Les montants mensuels forfaitaires de la redevance audiovisuelle due par les salariés
s’établissent ainsi qu’il suit :
de 0 à 50 000 FCFA 0
de 50 001 à 100 000 FCFA 750
de 100 001 à 200 000 FCFA 1 950
de 200 001 à 300 000 FCFA 3 250
de 300 001 à 400 000 FCFA 4 550
de 400 001 à 500 000 FCFA 5 850
de 500 001 à 600 000 FCFA 7 150
de 600 001 à 700 000 FCFA 8 450
de 700 001 à 800 000 FCFA 9 750
de 800 001 à 900 000 FCFA 11 050
de 900 001 à 1 000 000 FCFA 12 350
Au dessus de 1 000 000 FCFA 13 000
128
• Le salaire proprement dit ;
• Les gains en espèce de toute nature ;
• Les avantages en nature.
Certains avantages en nature tel le logement ou la nourriture sont évalués
forfaitairement. Mais cette évaluation forfaitaire ne s’étend pas aux indemnités en argent
représentatives d’avantages en nature. En dehors de ces avantages en nature dont l’évaluation
est forfaitisée, tous les autres avantages en nature sont cotisables à 100%.
Seules ne rentrent pas dans l’assiette cotisable les frais professionnels qui sont
limitativement déterminés comme suit (arrêté interministériel du 1er mars 1974):
• L’indemnité de déplacement ;
• L’indemnité de lait ;
• L’indemnité de bicyclette ou de cyclomoteur ;
• L’indemnité de représentation ;
• La prime de panier ;
• La prime de transport ;
• La prime de salissure ;
• La prime d’outillage ;
• La prime de sécurité accordée aux promoteurs de la prévention des risques
professionnels.
La liquidation de la cotisation pension se fait par application de différents taux à
l’assiette cotisable, suivant les différentes branches gérées par la CNPS, et suivant qu’on est
employeur ou salarié.
129
• Salarié : 2,8% du salaire cotisable plafonné.
A la question de savoir si les salaires de moins de 62 000 Fcfa peuvent ou non être
imposés à la RAV et à la CCF en dépit de leur exonération de l’IRPP, l’administration fiscale
a répondu que la dispense des salaires de moins de 62 000 Fcfa de l’IRPP emporte également
exonération de ces salaires de la RAV et de la Contribution Salariale au Crédit Foncier.
Toutefois, cette dispense ne concerne pas la Contribution Patronale au Crédit Foncier
et la contribution au FNE dues par l’employeur conformément à la loi N°90/050 du 19
décembre 1990.
L’ IRPP dû au titre des Revenus de Capitaux Mobiliers (RCM) perçus est retenu à la
source par la personne qui en effectue le paiement, à charge pour elle de le reverser à son
centre des impôts de rattachement dans un délai de quinze (15) jours, à compter du paiement
desdits RCM.
Dans l’hypothèse où les RCM sont de source étrangère et profitent à un contribuable
domicilié au Cameroun, les établissements financiers et autres qui reçoivent les fonds et les
mettent à la disposition de la personne domiciliée au Cameroun sont soumis à l’obligation de
retenue à la source. Il en est de même des RCM versés à des sociétés exonérées d’IS, dont
l’impôt doit être également retenu à la source par le payeur.
Lorsque les RCM sont payés et perçus à l’étranger par une personne dont il est établi
que le domicile fiscal est au Cameroun celle-ci doit acquitter spontanément son impôt lors de
sa déclaration annuelle, qui doit intervenir au plus tard le 15 mars de chaque année. Il s’agit
d’un cas où le bénéficiaire des RCM reste soumis à l’obligation de déclaration.
22
Note N°610/MINFI/DGI/LC/C du 29 septembre 200 et Note N°688/MINFI/DGI/LC/C du 17 octobre 2007
130
Les revenus fonciers déterminés comme ci-avant sont soumis à une retenue à la source
effectuée par la personne qui paie les loyers, et dont le taux est fixé à 5% des loyers perçus.
L’acompte d’IRPP sur Revenus fonciers doit être obligatoirement retenu à la source et
reversé au plus tard le 15 du mois qui suit le paiement effectif par les personnes ci-après :
- l’Etat et tous ses démembrements tels que précisés par l’Instruction 105 du 06
février 2003 relative à la loi de finances pour l’exercice 2003 ;
- les personnes morales et les entreprises individuelles soumises au régime du
réel et à celui du simplifié.
Toutefois, les loyers versés aux entreprises qui relèvent du régime du réel, quelle que
soit la forme desdites entreprises, échappent à la retenue à la source. Il en est de même des
sociétés civiles immobilières ayant optées pour l’IS.
S’agissant des loyers perçus par des particuliers et qui ne subissent par conséquent pas la
retenue à la source visée ci-dessus, ces contribuables sont tenus d’acquitter trimestriellement,
le 15 du mois suivant la fin du trimestre concerné, un acompte d’IRPP sur Revenus fonciers,
fixé à 5% du montant des loyers effectivement encaissés sur le trimestre. Sont donc
particulièrement visés ici, tous les loyers versés pour les locaux à usage d’habitation.
De même, les loyers versés par les contribuables relevant du régime de base ou de
l’impôt libératoire et qui conformément aux dispositions de l’article 87 du CGI ne font pas
l’objet de retenues à la source feront l’objet d’une déclaration trimestrielle, le 15 du mois
suivant la fin du trimestre concerné. Dans ce cadre, le bailleur acquittera un acompte d’IRPP
sur revenus fonciers fixé à 5% du montant des loyers effectivement encaissés. Il s’agit dans ce
cas des loyers perçus par des bailleurs ne relevant ni du régime du réel ni du régime simplifié.
Il s’est posé la question de savoir qui procède à la retenue sur loyer auprès des stations-
service.
Pour répondre à cette préoccupation, l’Administration a rappelé que les loyers de biens
immeubles font l’objet d’une retenue de 20 % au titre du précompte sur les loyers, opérée par
le locataire, et qui constitue un crédit d’impôt pour le bailleur à valoir sur l’Impôt
définitivement dû. Il y a toutefois lieu de rappeler que le taux dudit précompte est passé de 20
% à 5 %.
En ce qui concerne les plus-values réalisées sur la vente des immeubles hors bilan qui
constituent des Revenus fonciers, elles restent soumises à un prélèvement libératoire de toutes
autres impositions fiscales, fixé à 10% du montant de la plus-value ; ce prélèvement est retenu
à la source par le notaire lors de la transaction, et reversé lors de l’accomplissement de la
formalité.
23
Lettres N°S 0031/MINEFI/DI/INS du 02 juillet 1998, 0561 et 0562/MINEFI/DI/FS/CPM du 04 septembre
2000.
131
SECTION V - BENEFICES ARTISANAUX, INDUSTRIELS ET COMMERCIAUX,
BENEFICES AGRICOLES ET BENEFICES NON COMMERCIAUX (Articles 91 à 93)
132