0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
166 vues132 pages

Fiscalité au Cameroun : TVA et Droits d'Accises

Transféré par

achillekevin52
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
166 vues132 pages

Fiscalité au Cameroun : TVA et Droits d'Accises

Transféré par

achillekevin52
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

AVERTISSEMENT

Le précis de fiscalité constitue un instrument de travail pratique qui apporte des


réponses aux questions les plus communément posées.

Sa consultation ne nécessite pas de connaissances approfondies de la matière dont il


traite. C’est un ouvrage de vulgarisation destiné à tous ceux qui, professionnels ou non,
s’intéressent à la fiscalité.

L’attention des lecteurs est appelée sur le fait que, émanant de l’administration fiscale,
le contenu du présent précis ne saurait en aucun cas se substituer aux textes légaux qu’il se
contente de reprendre pour les expliquer.

1
PREMIERE PARTIE : LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE ET LES
DROITS D’ACCISES

INTRODUCTION

Instituée au Cameroun par la loi n° 98/009 du 1er juillet 1998 portant Loi de finances
pour l’exercice 1998/1999 en son article 8ème, la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) est une taxe
d’essence communautaire mise en place par la Directive n°1/99/CEMAC-028-CM-03 du 17
décembre 1999 votée par le Conseil des Ministres de la Communauté Economique et
Monétaire de l’Afrique Centrale.

Entrée en vigueur le 1er janvier 1999 après une période de communication et de


vulgarisation, la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), constitue une étape importante du
processus de modernisation de la fiscalité camerounaise, amorcé en 1994 avec la réforme
fiscalo-douanière qui avait abouti entre autres, à l’harmonisation de l’imposition du chiffre
d’affaires.

En effet, en l’absence d’une véritable législation communautaire sur la taxation du chiffre


d’affaires, les législations nationales des Etats membres prévoyaient une multitude de
prélèvements indirects liés au chiffre d’affaires à l’exemple de la Taxe intérieure sur les
transactions, de l’Impôt sur le chiffre d’affaires intérieur, la taxe unique locale, la taxe
intérieure à la production, la taxe sur le chiffre d’affaires à l’importation...

Ce sont ces divers prélèvements qui ont été agrégés pour donner naissance à la Taxe sur
le Chiffre d’Affaires (TCA) par l’Acte n°1/92-UDEAC-556-CD-SE1. Cette dernière, dont les
règles d’imposition ne différaient pas fondamentalement de celles de la TVA, a été rapidement
abandonnée en raison des multiples dysfonctionnements qu’elle a engendrés. Elle n’a ainsi
constitué qu’une étape vers la mise en place de la TVA.

Le dispositif relatif à la TVA reprend la plupart des principes de la TCA en y apportant


cependant de sensibles simplifications et améliorations.

Les Droits d’accises quant à eux ont été institués en même temps que la Taxe sur le
Chiffre d’affaires par l’Acte n°1/92-UDEAC-556-CD-SE1 et repris dans le dispositif fiscal
camerounais en 1994.

La TVA et les droits d’accises présentent des particularités et des avantages indéniables.

I– GENERALITES SUR LA TVA ET LES DROITS D’ACCISES

A- LA PROBLEMATIQUE DE L’IMPOSITION DE LA CONSOMMATION

L’imposition de la consommation soulève deux questions essentielles : chez qui prélever


l’impôt et à quel stade le prélever ?

1) Qui est le redevable de l’impôt ?

L’Etat dispose de deux possibilités pour collecter l’impôt :

- Soit il le réclame à l’acheteur qui est le consommateur final et on parle ici de taxation

2
directe, système dans lequel le contribuable acquitte directement sa dette auprès du Trésor
public ;

La taxation directe présente l’inconvénient de la multiplicité des intervenants dans le


système, ce qui entraîne des lourdeurs dans le recouvrement de l’impôt. Par ailleurs, il paraît
impossible d’astreindre chaque intervenant de la chaîne aux obligations inhérentes à tout
système de taxation.

- soit l’Etat s’adresse au vendeur pour recouvrer l’impôt ; c’est le système de la taxation
indirecte dans lequel le vendeur incorpore le montant de la taxe dans le prix du produit et se
présente comme un collecteur d’impôt.

La taxation indirecte offre l’avantage de réduire le nombre d’interlocuteurs de l’Etat dans


la chaîne et facilite ainsi les contrôles ultérieurs de l’administration. Il convient de préciser que
le Cameroun a opté pour le système de taxation indirecte.

2) A quel stade de la chaîne de consommation l’impôt doit-il être prélevé ?

L’impôt peut être perçu à chaque étape de la chaîne de consommation, à chaque


transaction ; c’est le système de la taxe cumulative qui présente l’inconvénient de taxer le
même produit plusieurs fois en raison de l’adjonction des marges successives des intervenants.

A contrario, le système de la taxe unique veut que le bien soit taxé une seule fois sur sa
valeur finale. Cela suppose soit que l’ensemble du système est détaxé jusqu’à la dernière
transaction, soit que la taxation se fait à chaque transaction sur la valeur ajoutée au produit par
le vendeur.

B- LES CARACTERISTIQUES DE LA TVA ET DES DROITS D’ACCISES

1- La TVA est un impôt unique

La TVA est un impôt unique puisque à l’issue d’un circuit économique, la charge fiscale
est assise sur le montant de vente final. Tout se passe comme si le bien ou le service n’était
taxé qu’au dernier stade, c'est-à-dire celui de la consommation finale.

Le nombre des intervenants dans la détermination du coût final n’influe pas sur le
montant de la taxe.

2– La TVA est un impôt à paiement fractionné

La TVA est un impôt à paiement fractionné car chaque opérateur facture la TVA sur sa
propre valeur ajoutée.

Exemple : supposons un industriel A qui vend un produit à un grossiste B qui le vend à


son tour à un consommateur C pour un prix hors taxe de 1000 frs. On suppose que la valeur
ajoutée est de 600 francs pour A et de 400 francs pour B.

L’opération en matière de TVA s’analyse ainsi :

- A vend le produit à B au prix hors taxe (HT) de 600


La TVA est donc de 600 X 19,25% = 115,5
Le prix de vente TTC est de 600 + 115,5 = 715,5 Frs.

3
- B revend le produit à C au prix de 715,5 + 400 (qui représente sa marge HT)
La TVA sur la marge se calcule comme suit : 400 X 19,25% = 77
Le prix de vente TTC de B à C est donc de 715,5 + 400 + 77 = 1192,5 Frs

C qui est le consommateur final supporte ainsi une charge fiscale totale de 115,5 + 77=
192,5.

L’on serait parvenu exactement au même résultat si l’opération avait été réalisée entre un
vendeur unique et le consommateur final. On aurait ainsi eu un prix de vente hors taxe de 1000
Frs et une TVA de 192,5.

Cet exemple démontre que le nombre d’intervenants dans la formation du prix de vente
du produit au consommateur final n’influence pas le montant de la TVA à payer en bout de
chaîne économique.

3- les Droit d’accises sont un impôt sur la production et l’importation

Les Droits d’accises sont un prélèvement qui frappe l’importation et la production de


certains biens de luxe ou considérés comme dangereux pour la santé. Ce prélèvement est tantôt
assis sur la valeur du bien, tantôt sur d’autres variables tels que le volume ou le taux d’alcool.

Les Droits d’accises sont dits spécifiques lorsqu’ils sont assis sur une base autre que la
valeur, et ad valorem lorsqu’ils sont assis sur la valeur du bien. C’est cette dernière catégorie
applicable en CEMAC et au Cameroun qui sera étudiée dans le présent précis.

II – LES AVANTAGES DE LA TVA ET DES DROITS D’ACCISES

L’introduction de la TVA apporte des innovations qui représentent autant d’avantages


pour les opérateurs économiques tout en pérennisant les éléments positifs déjà acquis avec la
TCA.

1) L’élargissement de l’assiette

Au moment de l’introduction de la TVA au Cameroun, la législation y relative


comportait de nombreuses exonérations qui traduisaient la volonté du gouvernement de
promouvoir certains secteurs ou encore de faciliter l’accès du plus grand nombre à certains
biens. A titre d’illustration, l’on peut évoquer le cas des biens d’équipement dont l’exonération
a été consacrée par l’Acte UDEAC relatif à la TCA.

Il s’agissait entre autres de générateurs de gaz, de moteurs pour l’aviation, de chaudières,


de moteurs d’embarcation, de fours industriels, de machines à empaqueter, de bulldozers,
pelles mécaniques, pressoirs, machines à imprimer…

Outre le fait que ces multiples exonérations faisaient perdre d’importantes recettes à
l’Etat, elles étaient également dommageables pour les entreprises qui en bénéficiaient. En effet,
la caractéristique de l’exonération est qu’elle prive l’assujetti du droit à déduction de la TVA
qui a grevé le prix de revient de ses opérations. La quasi-totalité des entreprises qui faisaient
valoir ces exonérations se retrouvaient ainsi systématiquement en situation de crédit, sans
pouvoir bénéficier du remboursement.

L’administration s’est engagée dans une politique d’élargissement de l’assiette fiscale

4
dont l’un des corollaires est la maîtrise des exonérations. Cette politique permet d’assurer une
meilleure répartition de la charge fiscale sur un plus grand nombre de consommateurs tout en
tenant compte de la situation des contribuables les plus modestes.

2) Le droit à déduction

Le droit à déduction permet aux entreprises de récupérer la TVA brute payée en amont
lors des achats auprès des fournisseurs. Il a pour objet d’assurer à la taxe sa neutralité
économique à tous les stades de la production ou de la distribution.

3) L’institution du taux zéro

A côté du taux général de TVA qui est de 19,25%, l’on retrouve un taux zéro applicable
à certaines opérations telles que les exportations ou encore les livraisons effectuées pour le
compte des entreprises situées en zone franche industrielle. Il s’agit d’une taxation fictive
aboutissant à la collecte d’une TVA nulle. A la base de son institution, il y a le souci d’offrir
aux entreprises qui y sont soumises la possibilité de demander le remboursement de la TVA
payée à leurs fournisseurs.

En effet, pour bénéficier de l’exercice du droit à déduction, ou le cas échéant du


remboursement de la TVA d’amont, l’entreprise doit avoir elle-même réalisé des opérations
taxables en aval. La taxation au taux zéro, quoique aboutissant à la collecte d’une TVA nulle,
garantit cette possibilité.

4) Le soutien aux investissements et la compétitivité des entreprises

Grâce au mécanisme de déduction immédiate de la taxe payée sur les investissements, les
entreprises bénéficient d’une aide non négligeable. Le mécanisme de récupération de la TVA
par les entreprises leur permet en effet de disposer de capacités de financements
supplémentaires pour moderniser leur outil industriel et commercial.

5) L’équité fiscale et la protection de la santé des consommateurs

Sans doute, le Droit d’accise vise principalement à pourvoir aux recettes budgétaires de
l’Etat. Mais d’autres objectifs lui sont assignés à titre accessoire. Ainsi, la soumission au Droit
d’accises des produits de luxe et ceux nocifs à la santé participe de l’équité fiscale, et de la
protection de la santé des consommateurs.

5
CHAPITRE 1 : LE CHAMP D’APPLICATION DE LA TVA ET DES DROITS
D’ACCISES

L’étude du champ d’application s’analyse au regard :

- des personnes imposables ou assujetties;


- des opérations imposables;
- des opérations exonérées;
- du cas particulier des exportations ;
- de la territorialité.

I- LES PERSONNES IMPOSABLES OU ASSUJETTIES (article 125)

Les personnes imposables ou assujetties à la TVA s’entendent de toutes personnes


physiques ou morales, de droit public ou de droit privé, qui réalisent à titre habituel ou
occasionnel et d’une manière indépendante des opérations imposables à la TVA.

Par personnes morales de droit public imposables, il faut entendre :

- l’Etat ;
- les Collectivités territoriales décentralisées ;
- les Etablissements publics administratifs ;
- les Sociétés à capital public ;
- les Sociétés d’économie mixte.

Quant aux personnes morales de droit privé, il s’agit :

- des sociétés de capitaux ;


- des sociétés de personnes ;
- des associations ;
- des groupements d’intérêt économique ;
- des groupements d’intérêt collectif.

L’assujettissement des personnes de droit public vise à éviter une distorsion de


concurrence avec les opérateurs privés notamment pour certaines activités qui pourraient être
considérées comme imposables de plein droit ; l’on peut citer à titre d’illustration, la fourniture
de télécommunications, de prestations portuaires ou aéroportuaires, le transport …

Ces personnes sont assujetties à la TVA quels que soit leur statut juridique, leur situation
au regard d’autres impôts, ainsi que la forme ou la nature de leurs interventions dans le
processus économique. Par contre, comme on le verra plus bas, le régime d’imposition peut
être un élément déterminant dans les critères d’imposition à la TVA.

Dans le cadre des opérations soumises à la TVA, deux notions sont essentielles : les
notions de redevable légal et de redevable réel de la taxe.

A- Redevable légal et redevable réel

Le redevable réel de la TVA est la personne qui supporte effectivement la taxe ; en


général, c’est le bénéficiaire de l’opération ou le client.

6
Le redevable légal de la TVA est la personne physique ou morale tenue par la loi de
collecter la taxe et de la reverser à l’État. Il s’agira par exemple de la personne qui exécute
l’opération, c'est-à-dire le fournisseur ou le prestataire de services.

Au Cameroun, comme il sera décrit ci-après, certains contribuables, pour une même
opération, sont à la fois redevable réel et redevable légal de la taxe. C’est le cas lorsque la loi
leur fait obligation de retenir la taxe due pour la reverser directement au trésor public (système
de la retenue à la source).

B- Exercice d’une activité indépendante

Dans ce cadre, sont réputées agir de manière indépendante, les personnes qui exercent
une activité sous leur propre responsabilité et jouissent d’une totale liberté dans l’organisation
et l’exécution des travaux qu’induit ladite activité.

En revanche, toute personne qui est liée par un contrat de travail ou tout autre rapport
juridique créant des liens de subordination en ce qui concerne les conditions de travail, les
modalités de rémunération et la responsabilité de l’employeur, ne peut être considérée pour
l’exécution de son activité comme assujettie à la TVA. C’est le cas notamment des salariés et
des travailleurs à domicile dont les gains peuvent être assimilés à un salaire.

C- Exercice d’une activité à titre habituel ou occasionnel

Le caractère habituel des opérations est établi par leur répétition. Il suppose également
qu’une organisation est mise en place pour leur réalisation notamment par l’existence de
structures destinées à l’exercice de l’activité.

Cependant, une opération peut être imposable à la TVA même si elle n’a pas de
caractère répétitif dès lors que les conditions dans lesquelles elle est réalisée, ne laissent aucun
doute sur la qualité d’assujetti de la personne qui la réalise. Les critères d’appréciation peuvent
être liés à la nature du bien vendu ou de la prestation effectuée, à l’importance de la transaction
ou à la nature même de l’opération.

D- Le chiffre d’affaires minimum

La loi a défini un champ d’application restrictif pour la TVA. L’assujettissement d’un


contribuable à cette taxe est conditionné par la réalisation d’un chiffre d’affaires égal ou
supérieur à 15 millions de francs CFA hors taxes.

Les contribuables dont le chiffre d’affaires est inférieur à cette limite n’entrent pas dans
le champ d’application de la TVA et peuvent à ce titre être considérés comme des
consommateurs finaux ; ainsi, ils ne sont pas autorisés à facturer la TVA et ne peuvent pas non
plus déduire la taxe qu’ils supportent lors de l’acquisition des biens et services nécessaires à
leur activité.

E- Les personnes imposables aux Droits d’accises

Les personnes imposables aux droits d’accises sont essentiellement les producteurs des
biens soumis auxdits droits ou leurs distributeurs ainsi que les importateurs desdits biens. Le
producteur ou son distributeur est donc tenu de prélever les droits d’accises lors de la vente des
biens et marchandises de même que l’importateur au moment du franchissement du cordon
douanier.

7
II- LES OPERATIONS IMPOSABLES (articles 126 et 127)

En général, les opérations imposables s’entendent des opérations réalisées à titre onéreux
par un assujetti dans le cadre d’une activité économique. Toutefois, au-delà de ce critère
d’ordre général, il existe des opérations taxables en vertu d’une disposition expresse de la loi.

A- les opérations réalisées à titre onéreux

C’est la catégorie la plus importante d’opérations imposables à la TVA. Elle regroupe les
livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti dans
le cadre d’une activité économique.

1) Les livraisons de biens

Est considérée comme une livraison de biens, le transfert du pouvoir de disposer d’un
bien meuble corporel comme propriétaire, même si ce transfert est opéré en vertu d’une
réquisition de l’autorité publique. En général, les livraisons de biens meubles consistent en des
ventes pures et simples de biens matériels.

Il convient de préciser que l’électricité, l’eau, le gaz et les biens similaires sont considérés
comme des biens meubles corporels au sens de la TVA.

Sont également considérés comme des livraisons de biens meubles corporels :

- l’apport en société ;
- l’échange d’un bien contre un autre bien qui s’analyse juridiquement comme une
double vente ;
- le prêt à la consommation qui est un contrat par lequel une partie livre à l’autre des
choses qui se consomment à l’usage, à charge pour cette dernière de lui en rendre la
même quantité de même aspect. Ici, aussi bien l’opération de prêt que celle de
restitution sont imposables…

Dans certains cas, la simple remise matérielle d’un bien meuble corporel est assimilée à
une livraison ; c’est le cas notamment dans les contrats de vente avec clause de réserve de
propriété, de location-vente ou de vente à terme.

2) Les prestations de services

La notion de prestation de services est très large et recouvre toutes les opérations autres
que les livraisons de biens meubles corporels. Elle comprend notamment :

- les cessions de biens meubles incorporels : marques de fabriques, brevets, fonds de


commerce ;
- la location de biens meubles ou immeubles ;
- les opérations de commissions, de courtage ;
- les travaux d’études, de recherche et d’expertise ;
- le transport de personnes et de marchandises ;
- les ventes à consommer sur place de produits alimentaires ou de boissons…

8
Et, d’une manière générale, toute les activités qui relèvent du louage d’industrie ou du
contrat d’entreprise par lequel une personne s’oblige à faire, moyennant une rémunération
déterminée ou en échange d’un autre service, un travail d’ordre quelconque ou à exercer des
activités qui donnent lieu à la perception de profits divers (honoraires, primes, participations,
redevances…).

a) notion d’activité économique

La notion d’activité économique est assez englobante. Elle renvoie aux activités aussi
diverses que la production, l’importation, les prestations de services, la distribution en général,
mais également les activités extractives, financières, agricoles, industrielles, forestières,
artisanales et celles des professions libérales et assimilées.

b) caractère onéreux de l’opération

Une opération n’est imposable à la TVA que si elle revêt un caractère onéreux, ce qui
suppose une contrepartie de quelque forme que ce soit (somme d’argent, bien, service rendu,
etc.….). Si le caractère onéreux caractérise une activité économique, peu importe en revanche
les buts ou les résultats de cette activité qui, même si elle est effectuée sans but lucratif ou sans
bénéfice, confère à celui qui la réalise la qualité d’assujetti. Ainsi une vente ou une prestation
de services réalisée « à prix coûtant » est imposable à la TVA.

Il faut entendre par vente « à prix coûtant », une vente ou cession au prix de revient sans
application de la marge brute.

B- Les opérations imposables en vertu d’une disposition légale

Il arrive que la loi déclare expressément imposable une opération qui en vertu du critère
de droit commun ne l’aurait pas été. C’est le cas s’agissant des livraisons à soi-même et des
prestations à soi-même.

1) les livraisons à soi-même

Les livraisons à soi-même de biens sont imposables lorsque les biens, propriété de
l’entreprise et qui ont fait l’objet d’une déduction de TVA, sont affectés à des besoins autres
que ceux de l’entreprise. Il peut s’agir de biens affectés aux besoins des dirigeants, du
personnel, ou de tiers (distribution gratuite de biens, prélèvement dans le stock…)

L’on considère qu’il y a également livraison à soi-même, donc perception de la TVA,


lorsque l’entreprise fabrique elle-même les biens et se les livre en l’état. Il s’agit pour le
législateur d’assurer la neutralité de la TVA.

En effet, en l’absence d’imposition, l’entreprise pourrait trouver intérêt à fabriquer elle-


même un bien en faisant appel à son propre personnel plutôt que de l’acheter auprès d’un tiers
qui lui facturerait la taxe. La taxation permet ainsi de supprimer l’avantage dont pourrait
bénéficier l’entreprise.

2) les prestations à soi-même

L’on distingue deux cas de prestations à soi-même :

- l’utilisation d’un bien affecté à l’entreprise pour les besoins privés de l’assujetti, ceux

9
de son personnel ou à des fins étrangères à l’entreprise ;
- prestations effectuées à titre gratuit par l’assujetti pour ses besoins privés, ceux de son
personnel ou à des fins étrangères à l’entreprise (Exemple : prestation de conseil rendue
gratuitement par un cabinet d’avocats à l’un de ses membres).

En toute hypothèse, l’imposition n’est exigible que si la TVA afférente au bien ou au


service a fait l’objet d’une déduction totale ou partielle.

3) les autres opérations imposables

Outre les opérations examinées ci avant, la loi a soumis à la TVA :

- les opérations d’importations de marchandises ;


- les travaux immobiliers ;
- les ventes d’articles et de matériels d’occasion faites par les professionnels ;
- les cessions d’immobilisations corporelles non comprises dans la liste des biens
exonérés visés à l’article 241 du Code des Douanes ;
- les opérations immobilières de toute nature réalisées par les professionnels de
l’immobilier ;
- les ventes de produits pétroliers importés ou produits au Cameroun ;
- les jeux de hasard et de divertissement…

C- Les opérations imposables aux Droits d’accises

Les opérations imposables aux droits d’accises consistent en la vente et en l’importation


par les producteurs, distributeurs et autres grossistes des biens et marchandises soumis auxdits
droits.

Les biens et marchandises sus mentionnés sont ceux prévus à l’annexe II du titre II du
CGI, notamment les véhicules de tourisme d’une cylindrée supérieure à 2000 cm3, les tabacs,
boissons alcoolisées.

A l’occasion de la vente des biens en cause, le producteur, ses distributeurs ou grossistes


sont tenus de prélever les droits d’accises et de les reverser au Trésor public. De même,
l’importateur est tenu d’acquitter lesdits droits lors de la mise à la consommation des biens
importés.

III- LES EXONERATIONS (article 128)

Les opérations exonérées sont celles qui, bien que remplissant les critères de l’imposition,
ne sont pas soumises à la TVA par le fait d’une disposition légale.

Dans l’optique de préserver le caractère d’impôt à haut rendement de la TVA, une


politique de maîtrise des exonérations a été mise en place avec pour finalité l’élargissement à
terme de l’assiette fiscale. Cette dernière a abouti à la suppression progressive de certaines
exonérations jugées non pertinentes.

Mais au-delà des raisons qui militent en faveur de la suppression de certaines


exonérations, il y a lieu de souligner qu’il existe des exonérations incompressibles.

10
A- les exonérations d’ordre technique

Elles concernent en général les activités soumises à une taxation spécifique. En principe,
le fait qu’une activité soit soumise à une taxation spécifique n’empêche pas sa soumission à la
TVA.

En effet, le Code Général des Impôts prévoit que sont à comprendre dans la base
d’imposition à la TVA les impôts et taxes ainsi que les prélèvements de toute nature, à
l’exception de la TVA elle-même. Toutefois, dans certains cas, le législateur a expressément
voulu éviter un cumul d’imposition pour certaines activités soumises à une taxation spécifique.

C’est le cas notamment :

- de la vente des produits de certaines activités extractives ;


- des mutations de droits réels immobiliers et des mutations de fonds de commerce
passibles des droits d’enregistrement ;
- des opérations immobilières de toute nature réalisées par des non professionnels de
l’immobilier…

B- les exonérations d’ordre socio-économique

Les exonérations d’ordre socio-économique obéissent au souci du législateur de ne pas


alourdir le coût de certains biens et services jugés nécessaires ou prioritaires.

Au rang des exonérations d’ordre économique, l’on peut citer :

- l’exonération des intérêts rémunérant les emprunts qui vise à ne pas alourdir le coût du
crédit ;
- l’exonération des opérations de composition, impression, importation ou vente des
journaux et périodiques, à l’exception des recettes de publicité, qui vise à alléger le coût
des activités du secteur de la presse ;
- l’exonération des petits matériels agricoles et de pêche ainsi que des intrants
d’agriculture de pêche et d’élevage qui vise à alléger les coûts de production et donc à
améliorer les revenus des producteurs…

En ce qui concerne les exonérations d’ordre social, elles portent sur :

- les produits de première nécessité figurant à l’annexe I du titre II du CGI ainsi que leurs
intrants ;
- les tranches de consommation d’eau et d’électricité dites sociales ;
- les examens, soins, consultations, hospitalisation, travaux d’analyse et de biologie
médicale ;
- les frais de scolarité ou pensions perçus dans le cadre normal de l’activité des
établissements d’enseignement régulièrement autorisés ;
- les contrats et commissions d’assurance-vie ou d’assurance maladie…

C- les exonérations de souveraineté

Sont concernées ici les missions diplomatiques et consulaires étrangères et les


organisations internationales.

11
1) s’agissant des missions diplomatiques

a- Les personnes concernées

* la mission diplomatique

Sous réserve de réciprocité, la mission diplomatique bénéficie de :

- l’exonération de TVA sur les achats concernant les biens mobiliers effectués pour
l’équipement des locaux de la mission ;
- l’exonération de TVA sur les dépenses d’entretien des véhicules administratifs ou de
fonction, les prestations d’électricité, de gaz, de télécommunication, de
télédistribution ;
- l’exonération de TVA sur l’acquisition des biens et services acquis à l’occasion des
circonstances exceptionnelles telles que la célébration des fêtes officielles des pays
ayant leurs représentations diplomatiques au Cameroun, conformément aux dispositions
de l’Instruction Interministérielle n° 0123/MINFI/DIPL du 20 novembre 1989 relative à
l’application des privilèges diplomatiques.

* le chef de mission

Par Chef de la mission, il faut entendre : l’Ambassadeur, le Haut-commissaire, le Chargé


d’affaires ai, le Chargé d’affaires, le Consul, le Consul Général.

Le chef de mission bénéficie des avantages ci-après :

- Exonération de TVA sur les achats de mobiliers destinés à l’équipement de sa


résidence ;
- Exonération de TVA sur les dépenses de réparation et d’entretien des véhicules
administratifs ou de fonction, de prestations d’électricité, de gaz, de télécommunication
et de télédistribution ;
- Exonération des biens à usage personnel ci-après :

Champagne et vins : 120 l


Bières et boissons non alcoolisées : 80 cartons de 24 bouteilles de 33 cl ;
Spiritueux : 60l ;
Cigarettes : 2000 cigarettes (10 cartouches de 200 cigarettes).

NB : Les achats à caractère personnel (vêtements, chaussures) sont exclus du champ de


l’exonération. Toutefois, les tenues de travail pour les agents d’entretien peuvent bénéficier de
l’exonération.

* Le personnel diplomatique

Il bénéficie des avantages ci-après :

- exonération de TVA sur les achats de mobiliers destinés à l’équipement de leur


résidence ;
- exonération de TVA sur la fourniture d’eau, électricité, télécommunication et
télédistribution ;

12
- exonération de TVA sur l’acquisition des biens à usage personnel ci-après :

Champagne et vins : 80 l
Bières et boissons non alcoolisées : 60 cartons de 24 bouteilles de 33 cl ;
Spiritueux : 30l ;
Cigarettes : 2000 cigarettes (10 cartouches de 200 cigarettes)

NB : Les achats à caractère personnel (vêtements, chaussures) sont exclus du champ de


l’exonération.

* Les personnels administratifs et techniques

Ils bénéficient pendant les six premiers mois de l’affectation au Cameroun de


l’exonération de TVA sur l’acquisition des biens liés à leur installation.

Ladite exonération porte sur les achats de mobiliers destinés à l’équipement de leur
résidence ainsi que sur la fourniture d’eau, électricité, télécommunication et télédistribution
sous réserve de réciprocité et au regard des dispositions de l’Instruction interministérielle
précitée. (Il s’agit des réfrigérateurs, climatiseurs, magnétophones, cuisinières, téléviseurs,
vélomoteurs, meubles, magnétoscopes…).

Sauf mutation vers le statut de diplomate, lesdits avantages prennent fin au terme des six
mois de l’installation.

* Les personnels étrangers et les personnels camerounais des missions diplomatiques

Ils sont normalement soumis au paiement de la TVA.

b- la procédure à mettre en œuvre pour le bénéfice de l’exonération

Le bénéfice de l’exonération est conditionné par le respect de certaines formalités


préalables. Ainsi des requêtes doivent être formulées sous forme de note verbale visée par le
Chef de mission, le chargé d’affaires ou au moins un diplomate désigné à cet effet.

Elles sont adressées au Ministère des Relations Extérieures qui après visa, se charge de
les transmettre au Ministère des Finances (Direction Générale des Impôts).

Les demandes doivent être quantifiées et les fournisseurs précisément indiqués. Dans ce
sens, la facture pro forma qui accompagne la demande doit clairement mentionner les nom,
adresse et Numéro d’Identifiant Unique du fournisseur.

Lorsque la procédure a été respectée, des attestations d’exonération signées du Directeur


Général des Impôts sont alors dressées et permettent au personnel de la mission diplomatique
d’effectuer les achats sans acquitter la TVA.

NB : Toute demande qui ne respecte pas cette procédure est retournée au Ministère des
Relations Extérieures.

Le visa en amont du Ministre des Relations Extérieures atteste de :

- la régularité de l’accréditation de la mission ;


- l’effectivité de la régularité par rapport à l’avantage sollicité ;

13
- l’adéquation le cas échéant de la demande aux quotas fixés ;

L’attestation d’exonération en aval du Directeur Général des Impôts atteste de :

- la régularité de la demande par rapport aux dispositions du Code Général des Impôts ;
- la régularité des pièces justificatives ;
-du respect des quotas.

Cette facilité est accordée uniquement après vérification de l’application de la réciprocité


aux personnels diplomates camerounais dans les pays étrangers.

A cet effet, le Ministère des Relations Extérieures doit faire tenir à la Direction Générale
des Impôts la liste des personnels de rang diplomatique des missions accréditées au Cameroun,
ainsi que la liste des pays qui appliquent la réciprocité à l’égard des agents diplomatiques
camerounais.

2) S’agissant des organisations internationales

a- les personnes concernées

* L’organisation internationale

Au regard des dispositions de l’accord de siège, les organisations internationales


bénéficient de :

- l’exonération de TVA sur les achats de biens mobiliers effectués pour l’équipement
des locaux de l’organisation internationale;
- l’exonération concernant les dépenses d’entretien des véhicules administratifs ou de
fonction, les prestations d’électricité, de gaz, télécommunication et télédistribution.

* Le représentant de l’organisation internationale

Le représentant de l’OI bénéficie des avantages ci-après :

- exonération de TVA sur l’acquisition du mobilier destiné à l’équipement de sa


résidence ;
- exonération de TVA sur les dépenses de réparation et d’entretien des véhicules
administratifs ou de fonction, aux prestations d’électricité, de gaz, de
télécommunication et de télédistribution ;
- exonération de TVA sur l’achat des biens à usage personnel ci-après :

Champagne et vins : 120 l


Bières et boissons non alcoolisées : 80 cartons de 24 bouteilles de 33 cl ;
Spiritueux : 60l ;
Cigarettes : 2000 cigarettes (10 cartouches de 200 cigarettes).

NB : Les achats à caractère personnel (vêtements, chaussures) sont exclus du champ de


l’exonération. Toutefois, les tenues de travail pour les agents d’entretien peuvent bénéficier de
l’exonération.

14
* Les personnels diplomatiques de l’organisation internationale

Ces personnels bénéficient de l’exonération sur la fourniture d’eau, électricité,


télécommunication et télédistribution au regard des dispositions de l’Accord de Siège.

* Les personnels administratifs et techniques

Les personnels administratif et technique bénéficient d’une exonération de TVA pendant


les six premiers mois de l’affectation au Cameroun. Ladite exonération porte sur les achats de
mobiliers destinés à l’équipement de la résidence ainsi que sur la fourniture d’eau, électricité,
télédistribution et télécommunication conformément aux dispositions de l’accord de siège.
* Les personnels de service étrangers et les personnels camerounais

Ces derniers ne bénéficient d’aucun avantage spécifique. Ils sont soumis au droit
commun en matière de TVA.

* Quelques cas particuliers

- la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC)

Cet organisme bénéficie de l’exonération de TVA conformément à l’accord de siège.

- La Délégation de la Commission de l’Union Européenne

En l’absence de réciprocité avec l’Union Européenne, sa représentation au Cameroun n’a pas


droit aux exonérations accordées aux missions diplomatiques. Toutefois, en attendant la
clarification de ce régime, elle bénéficie des mêmes avantages que les organisations
internationales.

b- La procédure à mettre en œuvre

La procédure est quasiment la même que celle applicable aux missions diplomatiques et à
leur personnel.

Les requêtes doivent être visées par le représentant ou une autre autorité désignée à cet
effet.

Elles sont adressées au Ministère des Relations Extérieures qui après visa, se charge de
les transmettre à la Direction Générale des Impôts.

Les demandes doivent être quantifiées et les fournisseurs précisément désignés. Ainsi, la
facture pro forma qui accompagne la demande doit clairement mentionner les nom, adresse et
Numéro d’Identifiant Unique (NIU) du fournisseur.

Lorsque la procédure a été respectée, des attestations d’exonération signées du Directeur


Général des Impôts sont alors dressées et permettent au personnel de l’organisation
internationale d’effectuer les achats sans acquitter la TVA.

NB : Toute demande qui ne respecte pas cette procédure est retournée au Ministère des
Relations Extérieures.

15
Précisions doctrinales : régime de TVA des services accessoires aux biens et services
exonérés1

La question s’est souvent posée de savoir si l’exonération d’un bien ou d’un service implique
systématiquement l’exonération des biens et services accessoires à ceux-ci.

Aussi l’administration a-t-elle précisé qu’il est de principe en Droit fiscal que les exonérations
sont d’application et d’interprétation strictes. Ainsi, les services et les achats de biens afférents
à l’exécution de services ou à la production de biens exonérés de TVA sont passibles de ladite
taxe, à moins que la législation fiscale en ait disposé autrement. Cette taxation ne remet
aucunement en cause le principe de la neutralité de la TVA dans la mesure où les crédits de
TVA susceptibles d’en résulter pourraient être résorbés par le mécanisme de l’imputation ou
du remboursement prévu par les dispositions de l’article 149 (3) du CGI.

Dès lors, les biens et services relatifs à l’achat, l’importation ou la vente de biens exonérés
sont passibles de TVA.

IV—LE CAS PARTICULIER DES EXPORTATIONS (article 142 – 4)

Les exportations s’entendent de toutes les livraisons de biens expédiés ou transportés


hors du Cameroun.

En matière de TVA, les exportations sont taxées au taux zéro, ce qui aboutit, dans les
faits, à une situation analogue à une exonération. Cependant, l’application d’un tel taux ne
remet pas en cause le principe de la taxation et présente un avantage certain. Il offre en effet la
possibilité de déduction de la taxe d’amont qui n’est pas autorisée dans le cas d’opérations
exonérées de TVA.

Cette logique se retrouve dans le calcul du prorata de déduction pour les assujettis
partiels dès lors que les exportations, à l’instar des opérations taxées au taux normal, figurent
tant au numérateur qu’au dénominateur du calcul du pourcentage de déduction.

V- LA TERRITORIALITE DE LA TVA (articles 129 et 130)

1- Cas général

Toute opération entrant dans le champ d’application de la TVA est soumise à cette taxe
dès lors qu’elle peut être considérée comme réalisée sur le territoire de la République du
Cameroun sans que l’on tienne compte de la domiciliation du redevable réel.

Dès lors, il convient de localiser le lieu de réalisation de l’opération. Ainsi, dans le cas
d’une vente, elle sera taxable si elle est réalisée aux conditions de livraison de la marchandise
au Cameroun. Dans les faits, le lieu de la livraison doit être situé au Cameroun. Pour les autres
opérations, telles que les services rendus, les droits cédés ou les objets faisant l’objet d’une
location, elles sont taxables au Cameroun, si lesdits services ou droits y sont utilisés ou
exploités.

1
Lettres n°s 3547/MINFI/DI/LC/L du 22 juillet 2003 ;
4087/MINFI/DI/LC/L du 05 septembre 2003 ;
et 0592/MINEFI/DI/LC/L du 03 février 2004.
16
En ce qui concerne les prestations de services, elles font l’objet d’une taxation à la TVA
dès lors que l’une, au moins, des trois conditions suivantes est réalisée :

- le prestataire est domicilié au Cameroun ;


- la prestation est localisable au Cameroun ;
- le bénéficiaire est immatriculé au Numéro d’Identifiant Unique (N.I.U.) au Cameroun.

Un prestataire est domicilié au Cameroun lorsque son domicile, sa résidence ou son


centre d’intérêt économique se trouvent au Cameroun s’agissant des personnes physiques, ou
lorsque la société a son siège, son principal établissement ou un simple établissement stable au
Cameroun, pour ce qui est des personnes morales. Sont notamment visées dans ce cas, les
prestations immatérielles, les études et prestations intellectuelles de toutes natures.

Une prestation est localisable au Cameroun lorsqu’elle y est réalisée directement ou par
l’intermédiaire d’un représentant, par un prestataire domicilié à l’étranger. Dans ce cas, il suffit
que le principal de l’opération soit réalisé au Cameroun. Par principal de l’opération il faut
entendre, la commande et l’exécution, compte non tenu du lieu ou de la monnaie de paiement.

2- Particularités

Transport inter-CEMAC (article 129 (3) du CGI)

Un transport de marchandises au sein de la CEMAC sera taxable au Cameroun si le


transporteur y est domicilié ou y a fixé son siège social et cela, même dans l’hypothèse où le
principal de l’opération s’effectuerait en dehors du territoire national du Cameroun. On ne
prend donc en compte ni le lieu de départ des marchandises ni le lieu de leur livraison.

Précisions doctrinales : suspension de l’exigibilité de la TVA sur les opérations de transport


inter-CEMAC2
Au regard des difficultés de mise en œuvre des dispositions de l’article 129 (3) susvisé du CGI,
l’exigibilité de la TVA sur les opérations de transport inter-CEMAC a été suspendue, en
attendant qu’une solution définitive soit prise sur le sujet par les instances communautaires
compétentes.

Commissions sur ventes de titres de transport (article 129 (4) du CGI)

En principe, les commissions perçues à l’occasion de la vente de titres de transport sont


taxables au Cameroun dès lors que l’agence de voyage ou toute entreprise ayant ce type
d’activité est située sur le territoire national. On ne tient donc compte ni de la destination, ni du
mode de transport, ni du lieu du siège de la société de transport.

Précisions doctrinales : Perception de la TVA à l’occasion de la vente de billets pour les vols
internationaux3.

L’administration fiscale exonère de TVA, les commissions perçues par les agences de voyages
à l’occasion de la vente des billets d’avions pour les vols internationaux. Les commissions
afférentes aux vols internes demeurent quant à elles passibles de cette taxe dans les conditions
de droit commun.

2
Note n°07/1818/CF/MINEFI/SG.
3
Note N°0938/MINFI/DGI/LC/L du 19 février 2009.
17
3– Entreprises étrangères (article 151)

Les entreprises étrangères qui exercent au Cameroun une activité taxable à la TVA sont
soumises aux mêmes obligations et formalités que les entreprises camerounaises. Si elles n’ont
pas d’établissement fixe ou de base d’affaires, elles sont tenues de désigner un représentant
solvable et accrédité, résidant au Cameroun qui accomplira pour leur compte toutes leurs
obligations fiscales. Ce représentant sera solidairement responsable du paiement de la TVA et
des éventuelles pénalités y afférentes.

En cas de non désignation de ce représentant ou dans l’hypothèse où le représentant


désigné ferait défaut, le redevable réel est solidairement responsable du paiement de la taxe et
des pénalités dues par la société étrangère.

Dans cette dernière hypothèse, la TVA est établie au lieu de la prestation ou de


l’utilisation du service, de la production ou de la première mise à la consommation.

18
CHAPITRE 2 : REGIMES D’IMPOSITION (articles 132)

I – LES REGIMES D’IMPOSITION

Il existe quatre régimes d’imposition :

- le régime de l’impôt libératoire ;


- le régime de base ;
- le régime simplifié d’imposition ;
- le régime du réel.

1- Le régime du réel

Sont imposables au régime du réel les personnes physiques dont le chiffre d’affaires
annuel hors taxes est égal ou supérieur à 100 millions de francs. Y sont également imposables
d’office, les personnes morales, les exploitants forestiers, les membres des professions libérales
compte non tenu de leur chiffre d’affaires.

Il faut noter ici que la transparence fiscale ne vaut que pour l’IR. Aussi les sociétés de
personnes relèvent-elles de plein droit du régime du réel en matière de TVA.

2- Le régime simplifié

Ce régime concerne les personnes physiques dont le chiffre d’affaires annuel hors taxes
est compris entre 50 et 100 millions de francs.

3- le régime de base

Relèvent de ce régime les personnes physiques réalisant un chiffre d’affaires annuel hors
taxes compris entre 15 et 50 millions de francs.

4- le régime de l’impôt libératoire

Il concerne les personnes physiques réalisant un chiffre d’affaires annuel hors taxes
inférieur à 15 millions de francs.

II – L’INCIDENCE DU REGIME SUR LES REGLES D’IMPOSITION

L’appartenance à un régime détermine les règles applicables en matière de TVA. Ainsi


les contribuables soumis au régime simplifié et au régime du réel sont tenus de facturer la TVA
à leurs clients lors de leurs livraisons de biens et services. De même, ils sont autorisés à déduire
la TVA qu’eux-mêmes ont supportée lors de l’acquisition des biens et services nécessaires à
leur activité, à l’exclusion de la TVA supportée auprès des assujettis du régime de base.

Pour les contribuables relevant des régimes du réel et simplifié, les incidences en matière
de TVA sont les suivantes :

- facturation de la TVA à leurs clients lors de la réalisation d’opérations taxables ;


- exercice du droit à déduction de la TVA d’amont ;
- souscription des déclarations selon une périodicité mensuelle.

19
Pour les assujettis du régime de base :

- facturation de la TVA à leurs clients lors de la réalisation d’opérations taxables ;


- impossibilité de déduire la TVA d’amont ;
- souscription des déclarations selon une périodicité trimestrielle.

S’agissant enfin des contribuables relevant du régime de l’impôt libératoire, ils ne sont
autorisés ni à facturer ni à déduire la TVA lors de la réalisation de leurs activités.

De la même manière, les entreprises relevant des régimes du réel et simplifié ne sont pas
autorisées à déduire la TVA qui leur serait facturée, en dépit de l’interdiction ci-dessus, par
leurs clients relevant du régime de l’impôt libératoire.

Toutefois, dans l’hypothèse où un contribuable relevant du régime du réel achète auprès


d’un contribuable relevant de l’impôt libératoire, la TVA doit être retenue à la source par
l’acheteur ou le consommateur final qui en est le redevable réel, nonobstant la suppression du
mécanisme de retenue à la source de la TVA pour les entreprises privées par la Loi de finances
pour 2008.

Précisions doctrinales : retenue à la source de la TVA sur les factures délivrées par des
contribuables relevant de l’impôt libératoire4

L’article 205 bis du CGI affranchit les contribuables relevant du régime de l’impôt
libératoire du paiement de la patente, de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de la
TVA.

Pour les personnes autorisées à pratiquer la retenue à la source de la TVA, la question


s’est posée de savoir si elles pouvaient à bon droit pratiquer ladite retenue sur leurs
fournisseurs relevant du régime de l’impôt libératoire.

Sur cette question, l’administration fiscale a précisé que les personnes habilitées à
opérer la retenue à la source de la TVA pouvaient pratiquer ladite retenue sur les factures
délivrées par leurs fournisseurs sans distinction de régime, notamment celles émises par des
contribuables relevant de l’impôt libératoire.

III – OPTIONS ET CONSEQUENCE DES VARIATIONS DE CHIFFRE


D’AFFAIRES

1 – Possibilités d’option

Deux possibilités d’option sont offertes :

- les contribuables du régime de base (chiffre d’affaires compris entre 15 et 50 millions


de francs CFA hors taxes) peuvent opter pour le régime simplifié ;

- les contribuables du régime simplifié (chiffre d’affaires compris entre 50 et 100


millions de FCFA hors taxes) peuvent opter pour le régime du réel.

4
Note n°248/MINEFI/DGI/LC/L du 11 avril 2006
20
L’option doit être notifiée au centre des impôts compétent avant le 1er février de l’année
d’imposition. Dans les deux cas, elle est irrévocable pour une période de trois (03) ans.

2 – variations du chiffre d’affaires

Les entreprises qui, au cours d’un exercice, voient leur chiffre d’affaires croître au dessus
des limites du régime auquel elles appartiennent font l’objet d’un reclassement au régime
correspondant. Toutefois, l’impôt déjà acquitté par ces dernières au régime inférieur constitue
un acompte sur l’impôt dû en fin d’exercice.

En revanche, les entreprises individuelles dont le chiffre d’affaires passe en dessous des
limites du seuil sont maintenues dans leur régime initial pendant une période de deux (02) ans.

21
CHAPITRE 3 : FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE (articles 133 et 134)

I – DEFINITIONS

1) Fait générateur

Le fait générateur de la taxe se définit comme l’événement par lequel sont réalisées les
conditions légales nécessaires pour l’exigibilité de la taxe. En d’autres termes, c’est
l’évènement qui donne naissance à la créance fiscale du Trésor public à l’égard de l’assujetti.

2) Exigibilité

L’exigibilité de la taxe est définie comme le droit que l’administration peut faire valoir à
un moment donné auprès du redevable pour obtenir le paiement de la taxe. Cette notion
présente un intérêt essentiel pour l’application de la taxe.

En effet, l’exigibilité détermine à la fois la période au titre de laquelle le fournisseur doit


déclarer la taxe et le moment à partir duquel le client est en droit de déduire la TVA qu’il a
supportée sur ses acquisitions de biens et services.

En principe, le fait générateur et l’exigibilité de la taxe interviennent au même moment.


Cependant, ce principe supporte un certain nombre de dérogations.

II – FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE EN MATIERE DE LIVRAISON


DE BIENS

En matière de livraison de biens meubles corporels, le fait générateur et l’exigibilité


coïncident. Ils interviennent tous les deux lors de la livraison du bien, cette dernière devant être
entendue comme le transfert du pouvoir de disposer du bien comme propriétaire.

En pratique, l’on considère que le fait générateur et l’exigibilité se produisent au moment


de la facturation de la transaction par le fournisseur. Il n’ y a donc pas lieu de s’attarder sur la
date du règlement de la facture par le client.

Il faut toutefois relever que certaines clauses contenues dans un contrat peuvent avoir une
influence sur le transfert de propriété et donc sur le fait générateur et l’exigibilité. Il s’agit
notamment de la condition suspensive ou des ventes avec clause de réserve de propriété ; ainsi
lorsqu’un contrat de vente est assorti d’une condition suspensive, le transfert de propriété est
différé jusqu’à la réalisation de la condition.

Exemple : Vente sous condition d’obtention d’un crédit bancaire par l’acheteur. Ici, l’on
considère que la vente a lieu dès l’obtention du crédit et c’est également à partir de ce moment
que naissent le fait générateur et l’exigibilité.

Par ailleurs, dans certains cas, la simple remise matérielle d’un bien est assimilée à un
transfert de propriété et suffit pour la constatation du fait générateur et de l’exigibilité ; il en est
ainsi notamment en matière de location-vente d’un bien meuble.

22
III – FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE EN MATIERE DE PRESTATIONS
DE SERVICES

En matière de prestations de services, le fait générateur et l’exigibilité interviennent à des


moments différents.
En ce qui concerne le fait générateur, il intervient au moment de l’achèvement de la
prestation ou d’une partie de la prestation ; s’agissant de l’exigibilité, elle intervient lors de
l’encaissement de tout ou partie du prix ou de la rémunération (avance, acompte, règlement
pour compte). Ledit encaissement est constaté par la remise des espèces, du chèque ou encore
de l’inscription du montant au crédit du compte bancaire du fournisseur.

Il convient de préciser que le principe exposé ci avant connaît quelques exceptions.


Certaines opérations obéissent en effet à des règles particulières en matière de fait générateur et
d’exigibilité. L’on peut à ce titre citer :

1) Les mutations de propriété d’immeuble

Dans ce cas, le fait générateur et l’exigibilité interviennent à la date de l’acte de mutation


ou du transfert de propriété.

2) Les opérations de crédit à la consommation ou de crédit-bail

Pour ces opérations, le fait générateur est constitué par la date de conclusion du contrat ;
l’exigibilité quant à elle, intervient à l’échéance des intérêts ou des redevances. Le défaut de
paiement à l’échéance n’a aucune incidence sur le droit de l’administration à exiger la taxe.

3) La location-vente par les promoteurs immobiliers

Ici, le fait générateur est constaté à la date de conclusion du contrat, cependant que
l’exigibilité interviendra à l’échéance des loyers.

4) Les importations de biens

En matière d’importation de biens, le fait générateur est constitué par l’introduction du


bien sur le territoire national ; la taxe est exigible au moment de l’enregistrement de la
déclaration de mise à la consommation du bien par un document douanier.

NB : En ce qui concerne les opérations imposables en vertu d’une disposition légale,


notamment les livraisons à soi-même, le fait générateur et l’exigibilité sont constatés lors de la
première utilisation du bien ou du service.

Enfin, un principe essentiel en matière de TVA doit être obligatoirement appliqué en


toutes circonstances, à savoir que toute TVA, même facturée à tort, doit obligatoirement être
reversée.

IV – REGIME DEROGATOIRE : OPTION POUR LE DEBIT (article 133 (2) (b))

En matière de prestations de services, comme on le verra plus loin, le fait générateur et


l’exigibilité de la TVA ne coïncident pas automatiquement comme dans le cas des livraisons de
biens. En effet, le fait générateur se réalise au moment de l’exécution de la prestation, alors que
l’exigibilité quant à elle n’intervient qu’au moment de l’encaissement.

23
Le régime du débit tend à pallier les difficultés posées par cette règle aux prestataires de
services, notamment les entrepreneurs immobiliers, en leur permettant de porter
immédiatement en déduction la TVA d’amont à compter de la facturation des travaux, et dans
le même temps, de déclarer et éventuellement de reverser dans la caisse du Trésor public, la
taxe facturée au client au titre desdits travaux, compte non tenu de la date d’encaissement.

Cette option n’est offerte dans la législation camerounaise qu’aux entrepreneurs de


travaux immobiliers. Ainsi, un contribuable peut, sur autorisation de l’Administration des
Impôts, demander l’autorisation d’acquitter la TVA d’après les débits, c’est-à-dire au moment
de l’inscription en comptabilité des factures sans en attendre le paiement.

Le débit constate la dette du client par inscription à son compte mais n’est pas
nécessairement lié à la facturation, bien que dans les faits débit et facturation coïncident
souvent.

Cette autorisation, mentionnée sur les factures de vente permet au client de déduire la
TVA dès qu’il entre en possession de la facture même s’il n’en a pas acquitté le montant.

L’autorisation d’acquitter la taxe d’après les débits ne doit pas avoir pour effet de
permettre de payer la taxe postérieurement à l’encaissement. C’est pourquoi les avances et les
acomptes perçus doivent supporter la TVA sans attendre l’établissement de la facture.

L’option de paiement sur les débits est révocable sur simple demande écrite du
contribuable qui souhaite revenir au régime du paiement d’après les encaissements.

Exemple d’application

La société camerounaise des constructions est une entreprise de travaux immobiliers. En


2008, son chiffre d’affaires s’élevait à 770 548 000 F CFA. Son activité consiste en la
construction de locaux neufs.

1)- Au cours du mois de février 2009, elle a facturé à ses clients :

- des travaux réalisés en janvier pour 80 000 000 F CFA HT +15 400 000 F CFA de TVA,
soit 95 400 000 F CFA TTC ;

- des travaux qu’elle a réalisés en février pour 65 000 000 F CFA HT + 12 512 500 F CFA
de TVA, soit 77 512 500 F CFA TTC.

Elle perçoit :
- sur les travaux facturés en janvier ou précédemment : par caisse 15 742 000 F CFA et par
banque 66 412 000 F CFA ;

- sur des travaux facturés en février 2009 : par caisse 4 000 000 F CFA et par banque
40 600 000 F CFA ;

- à titre d’avances sur des travaux qu’elle n’a pas encore achevés 26 238 000 F CFA par
banque.

24
2)- Elle acquiert en janvier 2009 :

- un engin de terrassement pour le prix de 62 000 000 F CFA HT ;

- une grue de chantier pour 44 000 000 F CFA HT.

3)- La TVA sur achats et frais généraux ouvrant droit à déduction au titre du mois de février
2009 s’élève à 1 405 500 F CFA.

Travail demandé :

Déterminer le montant de la TVA que la société camerounaise des constructions doit


déclarer et acquitter au CDI au titre du mois de février 2009 dans chacune des hypothèses
suivantes :

- 1ère hypothèse : l’entreprise n’acquitte pas la TVA d’après les débits ;

- 2ème hypothèse : l’entreprise acquitte la TVA d’après les débits.

Eléments de correction

Les travaux immobiliers sont des prestations imposables de plein droit à la TVA
conformément à l’article 127 (4) du CGI.

Le fait générateur est constitué par l’exécution matérielle des travaux.

L’exigibilité intervient à l’encaissement avec possibilité, sur option d’acquitter la TVA


d’après les débits (article 133 (2) (b)) du CGI.

1ère hypothèse : Pas d’option pour les débits

1) TVA Brute sur travaux immobiliers encaissée

- par caisse : 15 742 000 + 4 000 000 = 19 742 000


- par banque : 66 412 000 + 40 600 000 + 26 238 000 = 133 250 000

Base imposable : (19 742 000 + 133 250 000) x 100 = 128 295 178 HT
119,25

TVA brute = 19,25% x 128 295 178

TVA brute = 24 696 822 F CFA

2) TVA déductible

- sur immobilisations acquises en janvier : 19,25% x (62 000 000 + 44 000 000)
= 20 405 000
- sur achats et frais généraux = 1 405 500

TVA déductible : 20 405 000 + 1 405 500 = 21 810 500

25
3) TVA nette due

TVA nette = TVA brute – TVA déductible


Soit 24 696 822 – 21 810 500

TVA nette due = 2 886 222 F CFA

2ème hypothèse : option pour les débits

L’exigibilité est constituée par l’inscription de la créance au débit du compte « clients » ; elle
correspond généralement à la date d’établissement de la facturation. Toutefois, l’option pour les
débits ne doit pas retarder l’exigibilité de la taxe. C’est ainsi que la TVA sera exigible sur les
encaissements antérieurs à l’inscription de la créance au débit du compte « clients », c’est-à-dire
en pratique dès la perception d’acomptes et avances.

1) TVA Brute

- sur travaux immobiliers facturés en février : 80 000 000 + 65 000 000 = 145 000 000 HT
- sur avances perçues sur travaux non achevés 26 238 000 x 100 = 22 002 516 HT
119,25
Soit base imposable : 145 000 000 + 22 002 516 = 167 002 516

TVA brute : 19,25% x 167 002 516

TVA brute = 32 147 984

2) TVA déductible

- sur immobilisations acquises en janvier : 19,25% x (62 000 000 + 44 000 000) =
20 405 000
- sur achats et frais généraux = 1 405 500

TVA déductible : 20 405 000 + 1 405 500 = 21 810 500

3) TVA nette due

TVA nette = TVA brute – TVA déductible


Soit 32 147 984 – 21 810 500

TVA nette due = 10 337 484 F CFA

V- FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE EN MATIERE DE DROITS


D’ACCISES

En matière de droits d’accises, le fait générateur et l’exigibilité se déterminent de la


manière suivante :

26
- s’agissant de la vente par un producteur ou son distributeur de biens et marchandises
taxables, le fait générateur et l’exigibilité coïncident et se situent au moment de la
livraison ; la livraison étant ici entendue comme la facturation de la vente.

- En ce qui concerne les importations des biens et marchandises soumis aux droits
d’accises, le fait générateur et l’exigibilité sont séparés. Le fait générateur est réalisé au
moment de l’introduction des biens sur le territoire national tandis que l’exigibilité
intervient au moment de la mise à la consommation à travers la déclaration de mise à la
consommation (D3).

27
CHAPITRE 4 : LA BASE D’IMPOSITION (articles 135 à 141)

I – DEFINITION DE LA BASE D’IMPOSITION

La base d’imposition à la TVA est constituée par toutes les sommes, valeurs, biens ou
services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le prestataire de service en contrepartie de la
livraison de biens ou de la prestation de services. Les frais, taxes, prélèvements de toute nature
sont à inclure dans la base imposable, à l’exception de la TVA elle-même.

Les éléments sus mentionnés, à l’exclusion de la TVA, constituent ainsi la base


d’imposition à la TVA encore appelée chiffre d’affaires hors taxes. Il convient à ce sujet de
préciser que par « chiffre d’affaires hors taxes », il faut entendre chiffre d’affaires « HORS
TVA » uniquement.

C’est sur cette base encore appelée assiette qu’est appliqué le taux en vue de déterminer
le montant de la taxe.

II – CONSTITUTION DE LA BASE D’IMPOSITION

Pour les livraisons de biens, la base d’imposition est constituée par le prix convenu entre
les parties alors qu’en matière de prestations de services, elle est constituée par l’intégralité des
sommes reçues par le fournisseur en contrepartie de la prestation. Lorsque le paiement est fait
en nature, c’est la valeur du bien ou du service qui constitue la contrepartie de la livraison ou
de la prestation qui sert de base imposable.

Il convient toutefois de préciser que outre le prix ou la rémunération, certains éléments


additionnels doivent être pris en compte dans la détermination de la base imposable à la TVA.
A cet effet, le législateur a expressément désigné les éléments constitutifs de la base imposable
ainsi que ceux qui devaient en être exclus.

A – Les éléments entrant dans la base imposable

Des éléments accessoires viennent en complément du prix ou de la rémunération pour la


détermination de la base d’imposition. Il s’agit :

1) des impôts et taxes

Tous les droits directs et taxes diverses à l’instar des droits de douane et des droits
d’accise sont à inclure dans la base imposable, à l’exclusion de la TVA elle-même.

2) des frais accessoires


Les frais accessoires aux livraisons de biens et services facturés aux clients, sont inclus
dans la base d’imposition à la TVA notamment :
- les frais d’emballage ;
- les frais de transport ;
- les frais d’assurance ;
- les frais de consignation d’emballages non identifiables ;
- les frais de cautionnement etc.

28
De manière générale, tous les compléments de prix acquittés à des titres divers par
l’acquéreur des biens ou par des tiers (versement de subventions, unique contrepartie d’une
opération taxable ou complément direct du prix destiné à compenser une insuffisance de
recettes) doivent être inclus dans la base imposable.

B- les éléments exclus de la base d’imposition

Sont expressément exclus de la base d’imposition :

1) les remises, rabais, ristournes


A condition qu’ils ne représentent pas la contrepartie d’un service, les remises, rabais et
ristournes constituent une réduction de prix et doivent à ce titre entraîner une diminution de la
base imposable. Dans tous les cas, selon qu’ils sont accordés avant ou après la facturation, les
remises, rabais ou ristournes doivent figurer sur une facture initiale, une facture rectificative ou
une note d’avoir destinée à justifier la diminution du prix ;

2) les distributions pour raisons de publicité


Les distributions gratuites de biens dans le cadre de la publicité ou de la promotion
commerciale sont exclues de la base imposable à la TVA. Il convient toutefois de préciser que
lorsque les quantités distribuées sont disproportionnées par rapport à l’objet de la distribution,
l’opération peut être remise en cause et imposée ;

3) les débours
Les sommes facturées pour leur montant exact à l’acquéreur des biens ou du service et
qui ne constituent qu’un remboursement de frais engagés par l’intermédiaire sont exclues de la
base d’imposition.
Il faut toutefois souligner qu’il ne suffit pas qu’une entreprise répercute au franc près les
dépenses qu’elle engage pour qu’elles soient exclues de la base imposable. En effet, les
débours sont strictement liés à la notion de mandat ; en clair, les actions doivent avoir été
menées au nom et pour le compte du mandant.
En tout état de cause les conditions ci-après doivent être remplies :
- les intermédiaires doivent avoir eu mandat préalable et explicite d'engager ces
dépenses ;
- ils doivent rendre compte à leurs commettants du montant et de l'engagement des
dépenses ;
- ils doivent inscrire ces dépenses dans des comptes de passage ;
- ils doivent justifier auprès de l'administration des impôts de la nature ou du montant
exact de ces débours.

4) les indemnités ou toutes sommes perçues à titre de dommages intérêts

Les sommes reçues par un assujetti en réparation d’un préjudice sont à mettre hors du
champ d’application de la TVA et doivent par conséquent être exclues de la base imposable.

29
5) les intérêts moratoires

Les intérêts acquittés à l’issue d’une procédure juridictionnelle ou non par un client qui
n’a pas payé le prix à l’échéance sont hors champ d’application de la TVA. N’étant en effet pas
la contrepartie d’une affaire, ils ne sont pas inclus dans la base imposable.

6) les frais de consignation d’emballages identifiables


Les sommes que perçoit l’assujetti à titre de consignation d’emballages récupérables,
réutilisables et identifiables sont exclues de la base d’imposition. Lorsqu’au terme des délais
d’usage dans la profession, les emballages consignés ne sont pas rendus, ils sont considérés
comme cédés et la TVA est due en conséquence au prix de cession.

7) les subventions d’équipement.


Les subventions d’équipement sont en principe exclues de la base d’imposition à la TVA.
Mais il y a lieu de préciser que les subventions qui se rattachent à l’activité taxable sont
imposables ; exemple : aides destinées à compenser des pertes d’exploitation ou qui
constituent un complément de prix (subventions d’exploitation ou d’équilibre) ;

8) les pourboires directement versés par la clientèle au personnel.

Les pourboires versés directement au personnel ne sauraient être pris en compte pour la
détermination de la base d’imposition ; en effet, ils ne peuvent être considérés comme un
élément du chiffre d’affaires de l’entreprise puisqu’ils ne profitent pas à cette dernière mais au
personnel.

Toutefois, s’il est avéré que lesdits pourboires sont rétrocédés à l’entreprise par le
personnel, ils seront considérés comme un complément du prix de la prestation et soumis à la
TVA.

III – CAS PARTICULIERS DE DETERMINATION DE LA BASE IMPOSABLE

Pour certains types d’opérations, la détermination de la base imposable obéit à des


mécanismes particuliers. C’est le cas en ce qui concerne :

1- Les échanges

L’échange s’apparente à une double vente dont le prix est payé en nature. Ainsi, en cas
d’échanges, la base imposable est constituée par la valeur des objets reçus ou à recevoir en
contrepartie de ceux livrés, majorée éventuellement de la soulte.

2- Les marchés publics

L’assiette de la TVA des marchés financés par le budget de l’Etat ou par des prêts ou
subventions, quelle qu’en soit l’origine, est constituée par le montant du marché toutes taxes
comprises (TTC), à l’exclusion de la TVA elle-même.

Ces dispositions s’appliquent également aux marchés concernant les entreprises


publiques, les collectivités territoriales décentralisées et autres organismes de droit public.

30
3- Les livraisons et prestations à soi-même

La base imposable des livraisons à soi-même est constituée par le prix d’achat hors taxes
des biens achetés ou utilisés en l’état ou par le coût de revient des biens extraits, fabriqués ou
transformés. S’il s’agit de prestations de services, la base imposable est définie par le montant
des dépenses engagées pour leur réalisation.

Exemple :

L’entreprise GUSSY Sarl spécialisée dans la confection et la vente du linge de maison a


réalisé à titre gratuit des prestations au profit de son gérant. Le prix de revient desdites
prestations se présente ainsi qu’il suit :

Confection de 15 rideaux de 4 mètres de longueur chacun : F CFA 375 000 HT


Confection de 30 grandes serviettes de bains : F CFA 150 000 HT
Confection de 6 paires de draps : F CFA 180 000 HT
Confection de 25 sets de tables : F CFA 250 000 HT

La base imposable de cette prestation à soi même sera calculée de la manière suivante :

375 000 + 150 000 + 180 000 + 250 000 = 955 000

4- Les jeux de hasard

La base imposable en ce qui concerne les entreprises de jeux de hasard et de


divertissement est constituée par le produit intégral des jeux, y compris les distributions faites
aux gagnants des jeux.

Il convient à cet égard de préciser que la détermination de la base d’imposition des


entreprises organisant les paris sur les courses hippiques a connu une évolution.

Au départ, la base imposable pour cette catégorie de contribuables était composée du


produit intégral des jeux hormis les distributions faites aux parieurs.

Le législateur est ensuite revenu sur cette option et depuis le 1er janvier 2005, la base
imposable à la TVA pour ces entreprises est constituée par le produit intégral des jeux, y
compris les distributions faites aux parieurs.

5- Les importations et introductions de biens

La base imposable en ce qui concerne les importations est constituée par la valeur
imposable telle que définie par le Code des Douanes. Il s’agit du prix Coût-Assurance-Fret
(CAF) auquel on ajoute le montant des droits de douane et, le cas échéant, des droits d’accises.

S’agissant des introductions de biens sur le territoire d’un Etat membre de la CEMAC,
l’assiette de la TVA est constituée de la valeur « sortie usine » à l’exclusion des frais
d’approche.

Exemple de détermination de la base imposable en cas d’importation ou


d’introduction de biens.

31
L’entreprise OMEGA importe des cigarettes de France ; les frais y relatifs sont les
suivants :

- Prix d’achat : 10 millions ;


- Frais d’assurance : 2 millions ;
- Frais de transport : 1 million.

L’on considère que les droits de douane représentent 30% de la valeur imposable en
douane.

Pour déterminer la base imposable à la TVA, on procèdera aux opérations ci-après :

a- détermination de la valeur imposable telle que définie par le Code des Douanes

Base imposable en douane = Prix CAF (coût- assurance- fret).

10 000 000 + 2 000 000 + 1 000 000 = 13 000 000

b- calcul des droits de douane

13 000 000 X 30% = 3 900 000

c- calcul des droits d’accises

La base imposable aux droits d’accises est constituée par le prix CAF auquel l’on ajoute
les droits de douane, c'est-à-dire : 13 000 000 + 3 900 000 = 16 900 000.

Droits d’accises = 16 900 000 X 25% = 4 225 000

d- calcul de la base d’imposition à la TVA

Base d’imposition à la TVA = Prix CAF + Droits de douane + Droits d’accises

13 000 000 + 3 900 000 + 4 225 000 = 21 125 000

En supposant que les mêmes biens aient été introduits sur le territoire camerounais en
provenance du Gabon, la détermination de la base imposable se ferait de la manière suivante :

a- détermination de la valeur sortie usine

Valeur sortie usine = 10 000 000

b- calcul des droits d’accises

10 000 000 X 25% = 2 500 000

c- calcul de la base imposable à la TVA

10 000 000 + 2 500 000 = 12 500 000

32
Le cas particulier des importations de boissons alcoolisées

L’année 2009 consacre une nouvelle base d’imposition à la TVA, pour les achats à
l’importation de certaines boissons alcoolisées, notamment les vins, les eaux de vie, les
boissons fermentées, les vermouths et vins de raisins frais.
La base imposable à la TVA et aux Droits d’accises pour les produits sus mentionnés est
dorénavant déterminée selon les dispositions du Code des Douanes de la CEMAC.
Conformément aux dispositions des articles 26 et suivants dudit Code, ladite base d’imposition
est constituée par la valeur transactionnelle.
La valeur transactionnelle est le prix effectivement payé ou à payer pour les
marchandises lorsqu’elles sont vendues pour l’exportation à destination du Cameroun, après
les ajustements prévus dans le même Code. Lesdits ajustements concernent entre autres, l’ajout
des commissions et frais de courtage, à l’exception des commissions d’achat, les coûts de
contenants, les coûts des emballages, comprenant aussi bien la main d’œuvre que le matériel.
Il y a lieu de préciser que les dispositions ci-dessus ne s’appliquent que pour les achats à
l’importation des marchandises sus mentionnées.
Pour ce qui est des producteurs locaux, la base imposable à la TVA est le prix sortie usine
majoré des droits d’accises.

6- Opérations réalisées par les intermédiaires

Les opérations réalisées par les commissionnaires, mandataires et autres intermédiaires


ne sont soumises à la TVA que sur la marge ou la commission réalisée par ces derniers et qui
constitue leur rémunération, à condition qu’ils ne soient pas propriétaires des biens et qu’ils
agissent au nom et pour le compte du commettant. C’est le cas des gérants de stations service,
des distributeurs de boissons…

IV- DETERMINATION DE LA BASE IMPOSABLE AUX DROITS D’ACCISES

La base imposable aux droits d’accises est constituée par les sommes ou valeurs perçues
ou à percevoir en contrepartie du bien livré ou importé, telles que définies pour la TVA.

A ce sujet, il y a lieu de relever que la législation en la matière a connu une évolution.


Ainsi jusqu’au 31 décembre 2004, pour la détermination de la base imposable aux droits
d’accises s’agissant des tabacs et boissons, il était prévu des abattements qui se présentaient de
la manière suivante :

- 35% pour les boissons alcoolisées


- 42,5% pour les tabacs.

Depuis le 1er janvier 2005, les abattements sus mentionnés ont été supprimés et la base
d’imposition est déterminée suivant les modalités exposées ci avant.

Toutefois, certaines particularités sont à relever dans la détermination de la base


d’imposition aux droits d’accises.

33
- le cas des emballages

Les sommes perçues par l’assujetti à titre de consignation lors de la livraison


d’emballages récupérables, réutilisables et non identifiables ne sont pas comprises dans la base
imposable aux droits d’accises.

Cette exclusion tient au fait que lesdits emballages ne répondent pas aux critères de
l’imposition aux droits d’accises, à savoir le caractère luxueux ou la nocivité du bien. Ils
bénéficient ainsi d’un traitement différent de celui des produits qu’ils contiennent, qui seuls,
font l’objet d’une taxation aux droits d’accises.

Bien plus, la consignation de biens est une opération ne rentrant pas dans le champ
d’application de cet impôt.

Exemple :

La société DONNY Sarl spécialisée dans la distribution de boissons achète 5000 casiers
de bière auprès de la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun. La facture se présente de
la manière suivante :

• Prix unitaire du casier : 5 400 francs


• Quantité : 5 000
• Consignation d’emballages : 3 750 000 francs
• Montant total hors taxes : 30 750 000 francs

La détermination de la base imposable aux droits d’accises se fera de la manière


suivante :

Base imposable : Prix unitaire du casier X Quantité

AN : 5 400 X 5 000 = 27 000 000

- le cas des importations et introductions de biens

La base imposable aux droits d’accises en matière d’importation est constituée de la


valeur imposable telle que définie par le Code des Douanes. Il s’agit du prix Coût-Assurance-
Fret (CAF) auquel il convient d’ajouter le montant des droits de douane.

Toutefois, en ce qui concerne l’importation de boissons alcoolisées, comme c’est le cas


en matière de TVA, la base d’imposition aux droits d’accises est constituée de la valeur
transactionnelle, c'est-à-dire le prix effectivement payé ou à payer en tenant compte de certains
ajustements relatifs à l’ajout des commissions et frais de courtage, à l’exception des
commissions d’achat, aux coûts de contenants, aux coûts des emballages, comprenant aussi
bien la main d’œuvre que le matériel.

En ce qui concerne l’introduction sur le territoire de biens et marchandises en provenance


d’un Etat membre de la CEMAC, elle est constituée par la valeur « sortie usine », à l’exclusion
des frais d’approche.

Exemple :

34
La société GUSSY S.A importe des bijoux d’Anvers (Belgique) ; les frais y relatifs sont
les suivants :

- prix d’achat : 52 millions


- frais d’assurance : 12 500 000
- frais de transport : 3 500 000.

Sachant que les droits de douane représentent 30% de la valeur imposable telle que
définie par le Code des Douanes CEMAC, déterminer le montant des droits d’accises dus lors
du franchissement du cordon douanier.

a) calcul de la valeur imposable telle que définie par le Code des Douanes CEMAC

52 000 000 + 12 500 000 + 3 500 000 = 68 000 000

b) calcul des droits de douane

68 000 000 X 30% = 20 400 000

c) calcul de la base imposable aux droits d’accises

68 000 000 + 20 400 000 = 88 400 000

Si les mêmes biens avaient été introduits au Cameroun en provenance de la Centrafrique,


la base d’imposition se calculerait de la manière suivante :

Base imposable = Prix sortie usine, à l’exclusion des frais d’approche.

Base imposable serait donc égale à 52 000 000

35
CHAPITRE 5 : LES TAUX DE LA TVA ET DES DROITS D’ACCISES

I - TAUX APPLICABLES (article 142)

1°) Les taux de la TVA

En matière de TVA, il existe deux taux d’imposition :

- le taux général de 17,5%, auquel il faut ajouter 1,75% au titre des centimes additionnels
communaux, soit un taux effectif de 19,25% ;

- le taux spécifique de 0%.

a) Le taux général

Le taux général majoré des centimes additionnels communaux s’applique à toutes les
opérations et produits soumis à la TVA à l’exclusion des exportations.

C’est le lieu de rappeler que la législation sur les taux a connu une évolution. Ainsi, avant
l’institution de la TVA, l’Acte UDEAC relatif à la Taxe sur le Chiffre d’Affaires prévoyait
divers taux organisés de la manière suivante :

- un taux réduit de 3% à 6% applicable à certains biens de première catégorie dont la liste


était limitative ;
- un taux général compris entre 7% et 18 % applicable aux prestations de services et aux
autres biens.

La multiplicité des taux était source de complexité aussi bien pour l’administration que
pour les contribuables.

D’un côté, elle obligeait l’administration à mettre en place des mesures particulières de
suivi et de contrôle des opérations des contribuables. Chez ces derniers, la principale difficulté
était liée à la comptabilisation des opérations et à la détermination du prorata de déduction
applicable aux assujettis qui réalisaient des opérations soumises à des taux différents.

La Directive relative à la TVA a mis fin à ce système en instituant un taux général unique
qui doit être choisi par chaque Etat à l’intérieur d’une fourchette comprise entre 15% et 18%.
Si le Cameroun s’est conformé aux prescriptions de la Directive en adoptant le taux général de
17,25%, il n’en est pas de même pour certains Etats dont la législation prévoit encore des taux
réduits (Gabon, Congo).

b) Le taux zéro

Le taux zéro s’applique exclusivement aux exportations de produits taxables, et aux


livraisons et prestations effectuées pour le compte des entreprises situées en zones franches et
points francs industriels.

A contrario, les exportations de produits exonérés ne bénéficient pas du taux zéro. Le


régime de TVA applicable à l’exportation de cette catégorie de biens est celui de l’exonération.

36
La distinction entre exonération et imposition au taux zéro est fondamentale pour la
détermination du droit à déduction. La réalisation d’une opération exonérée n’ouvre pas droit à
déduction de la TVA supportée en amont tandis que l’application du taux zéro ouvre droit à
déduction de ladite taxe.

La conséquence pour les entreprises qui exportent des produits exonérés est qu’elles ne
peuvent pas déduire la taxe qu’elles auraient supportée sur les services connexes à
l’exportation. Pour celles qui réalisent par ailleurs des opérations taxables, elles sont autorisées
à appliquer un prorata de déduction pour la détermination de leur TVA déductible.

2°) Les taux des droits d’accises

Il existe deux taux en matière de droits d’accises :

- un taux général de 25%, applicable aux biens figurant à l’annexe II du titre II du Code
général des impôts autres que les véhicules de tourisme d’une cylindrée supérieure ou
égale à 2 000 cm³ ;
- un taux réduit de 12,5%, applicable exclusivement aux véhicules de tourisme d’une
cylindrée supérieure ou égale à 2 000 cm³.

Toutefois, la Loi de finances pour l’exercice 2008 a institué un minimum de perception


des droits d’accises sur les tabacs dont le montant est fixé à 2 600 francs CFA pour 1 000 tiges
de cigarettes.

II - EXONERATIONS

Les exonérations en matière de TVA résultent d’une disposition expresse de la loi. Sont
ainsi exonérés de cette taxe, les opérations énumérées à l’article 128 du Code Général des
Impôts, et les biens de première nécessité dont la liste figure à l’annexe I du titre II du même
Code. Cette liste est complétée par la Circulaire N°06/631/MINEFI/CAB du 28 mai 2006 et la
Circulaire N°001/MINFI/DGI du 11 avril 2008 y relatives.

Cette liste est limitative et seuls les biens y figurant bénéficient de l’exonération de TVA.

III-CONVERSION D’UN PRIX TTC EN HT :

Il convient de relever qu’en matière de TVA, le chiffre d’affaires hors taxes s’entend
uniquement hors TVA. Pour convertir un prix toutes taxes comprises en prix hors taxes afin de
retrouver la base imposable à la TVA, il est fait application de la formule suivante :

100
Prix HT = Prix TTC × ---------------
100 + T (T représente le taux de la TVA)

Cette formule est d’application simple pour le taux zéro et le coefficient de conversion est
égal à 1.

Pour le taux général de 19,25%, le coefficient de conversion est de 0,838 calculé de la


manière suivante :

37
100
-------------- = 0,838
100 + 19,25

Exemple de calcul :

Soit un produit acheté au prix TTC de 2000 francs avec une TVA à 19,25%, le prix HT
sera déterminé de la manière suivante :

100
Prix HT = 2000 ×------------
100 + T

Soit 2000 x 0,838 = 1676 francs

Le montant de la TVA est de : 1676 x 19,25% = 324 francs (arrondi).

38
CHAPITRE 6 : LES DEDUCTIONS

I – PRINCIPE (article 143)

La TVA qui a grevé les éléments du prix d’une opération imposable est déductible de la
taxe applicable à cette opération. Le mécanisme de la TVA voudrait qu’à chaque stade d’une
activité économique donnée, le redevable calcule et facture à son client une taxe grevant le prix
de vente qu’il pratique, et qu’il impute sur l’impôt ainsi collecté, la taxe qui a grevé en amont
les éléments de son prix de revient.

Autrement dit, le redevable doit procéder en trois étapes :

1) Il calcule la TVA sur le prix de vente à réclamer à son client :


C’est la TVA brute ;

2) Il calcule la TVA qu’il a lui-même payée à ses fournisseurs sur les achats de
marchandises, les services, les fournitures de toutes sortes, les investissements :
C’est la TVA déductible ;

3) Il déclare et paye à la Recette des impôts la différence entre la TVA brute et la TVA
déductible :
C’est la TVA nette.

Le droit à déduction ne se justifie que si le coût des biens et des services acquis par le
redevable se répercute effectivement et directement sur le prix des opérations imposables qu’il
réalise.

II – OPERATIONS OUVRANT DROIT À DEDUCTION (article 143) :

Comme précisé ci-avant, la TVA qui a grevé les éléments du prix d’une opération
imposable est déductible de la taxe applicable à cette opération. Par opération imposable
ouvrant droit à déduction, il faut entendre les livraisons de biens et prestations de services
effectuées par un assujetti, rentrant dans le champ d’application de la TVA et effectivement
taxées. Il en résulte que les opérations exonérées n’ouvrent pas droit à déduction.

Au regard de ce principe, les exportations qui sont taxables au taux zéro, donnent lieu à
déduction de la TVA grevant les opérations ayant concouru à leur réalisation. Les déductions
ne sont définitivement acquises que lorsque la preuve de l’effectivité de l’exportation est
rapportée (production des documents douaniers et attestations de rapatriement des fonds
notamment).Les prestations de services qui se rattachent directement aux exportations et qui
sont fournies lors du processus de fabrication, de transformation, ou de conditionnement ainsi
que les opérations de transport et de transit sont passibles de la TVA au taux général.

Le mode de collecte de la TVA ne remet pas en cause la déduction. De ce fait, la TVA


retenue à la source, conformément à l’article 149 al. 2, sera déductible chez l’assujetti sur
présentation des attestations de retenue à la source et des quittances de reversement. Notons
que la retenue à la source consiste, pour certains organismes publics notamment, à retenir la
TVA lors du règlement de leurs factures, et à la reverser dans les caisses du Trésor public.

39
III – NAISSANCE DU DROIT À DEDUCTION (article 143) :

Le droit à déduction de la TVA chez le client prend naissance lorsque la taxe d’amont
devient exigible chez le redevable de cette taxe, c’est-à-dire, chez le fournisseur des biens et
services. La naissance du droit à déduction coïncide donc avec la date d’exigibilité de la taxe
d’amont correspondante. Cette date d’exigibilité varie selon la nature des opérations.

Pour les livraisons de biens, elle est fixée au moment de la réalisation de l’opération,
c’est-à-dire à la date de livraison.

Pour les prestations de services, elle est fixée au moment de l’encaissement du prix, des
avances ou acomptes.

Dans tous les cas, la loi impose le respect de la règle du décalage d’un mois. En
conséquence, le droit à déduction s’exercera le mois suivant soit la livraison des biens, soit
l’encaissement du prix pour les prestations de services.

Exemples :

1- Un fournisseur A vend un bien et facture la TVA à son client B le 10 avril. Cette


TVA devra être portée par le fournisseur dans sa déclaration du mois d’avril déposée dans son
centre des impôts de rattachement, au plus tard le 15 mai. Le client quant à lui ne pourra
déduire cette TVA que sur la déclaration du mois de mai déposée en juin. Dans cette
hypothèse, le fait générateur et l’exigibilité coïncident au moment de la livraison.

2- Un prestataire A exécute une prestation de services au profit d’un client B le 10


avril et lui facture la TVA ; mais suite à un accord, B ne paiera son fournisseur qu’un mois plus
tard, soit le 10 mai. Le fait générateur intervient à l’accomplissement de la prestation, soit le 10
avril, mais l’exigibilité n’interviendra que le 10 mai, correspondant à la date du paiement. Dans
ce cas, la déclaration de la taxe ainsi acquittée sera déposée au plus tard le 15 juin, et le client
ne pourra déduire cette TVA que sur sa déclaration du mois de juin déposée en juillet.

IV-CONDITIONS D’EXERCICE DU DROIT À DEDUCTION (article 143)

Pour bénéficier du droit à déduction en matière de TVA, l’assujetti doit obligatoirement


se faire immatriculer dans son centre des impôts de rattachement. Cette procédure donne lieu à
délivrance de la carte de contribuable et d’un Numéro Identifiant Unique (N.I.U).

En outre, pour qu’un bien ou un service ouvre droit à déduction, il doit simultanément
remplir des conditions de forme et des conditions de fond.

Notons par ailleurs que la propriété ne constitue pas une condition pour l’exercice du
droit à déduction.

1) – Les conditions de forme

Les conditions de forme sont au nombre de deux à savoir :

- la facturation régulière ;
- le délai de déduction.

40
a) Facturation régulière

Le montant de la TVA dont la déduction est demandée doit être mentionné distinctement
sur une facture régulièrement établie ou sur un document en tenant lieu. La facture doit donc
faire apparaître le montant HT et la TVA sur deux lignes séparées ainsi que le montant TTC de
l’opération.

La taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est :

- celle qui figure sur une facture délivrée par un fournisseur immatriculé et soumis au
régime du réel ou au régime simplifié. Le Numéro d’Identifiant Unique doit apparaître
distinctement sur la facture ;
- celle qui a été perçue à l’importation et qui figure sur la déclaration de mise à la
consommation (déclarations de la Direction Générale des Douanes : D3, D43, T6bis) ;
- celle qui a été acquittée par l’assujetti lui-même lors d’une livraison ou prestation de
services à soi-même. Le contribuable, dans cette hypothèse, doit faire figurer cette TVA sur sa
propre déclaration.

Les factures susceptibles de justifier la déduction sont exclusivement celles qui ont été
délivrées à l’assujetti soit directement, soit par l’intermédiaire d’un commissionnaire agissant
pour son compte.

De manière générale, pour être régulière, la facture doit mentionner les éléments
suivants :

- le Numéro d’Identifiant Unique de l’entreprise, les factures établies par un fournisseur


nom immatriculé n’étant pas considérées comme des justificatifs suffisants pour
l’exercice du droit à déduction chez le client ;
- la date de la facturation, compte tenu de la règle du décalage d’un mois, et étant
entendu que le droit à déduction ne peut être exercé que dans un délai de deux ans à
compter de la fin de l’exercice au cours duquel la TVA est devenue exigible ;
- l’identité complète du fournisseur ;
- l’identité précise du client ou d’un commissionnaire agissant pour son compte ;
- la nature et l’objet de la transaction ;
- le prix hors taxe ;
- le montant de la TVA facturée ;
- le montant toute taxe comprise.

La taxe n’est pas déductible lorsque la facture ou le document en tenant lieu ne


correspond pas à la livraison d’une marchandise ou à l’exécution d’un service.

Cependant, s’il s’agit d’une simple erreur et, si la bonne foi des parties n’est pas mise en
cause, le client peut se faire délivrer une facture rectificative qui lui ouvrira droit à déduction.

b) Le délai

La TVA supportée en amont par un assujetti au cours d’un mois ne peut être admise en
déduction au titre du même mois. En vertu de la règle du décalage d’un mois, cette TVA ne
sera déductible que le mois suivant celui au cours duquel, elle a été effectivement supportée.

De même, le droit à déduction ne peut être exercé que jusqu’au deuxième exercice
suivant celui au cours duquel la TVA est devenue exigible.

41
2) – Les conditions de fond

Pour l’exercice du droit à déduction, l’opération doit :

- concourir à la réalisation d’opérations ouvrant droit à déduction ;


- être nécessaire et directement liée à l’exploitation ;
- ne pas être exclue du droit à déduction.

a) Opérations ouvrant droit à déduction

Il s’agit exclusivement :

- des opérations soumises à la TVA au taux général ;


- de celles soumises à la TVA au taux zéro.

Il convient de noter qu’afin d’assurer une parfaite neutralité de la TVA, certaines entreprises
facturant la TVA sur leurs opérations à un taux autre que ceux de droit commun, sur la base
d’une disposition conventionnelle, n’exerce le droit à déduction qu’à due concurrence du taux
applicable auxdites opérations. Il en est ainsi notamment de la société COTCO (Cameroon Oil
Transportation Company).

b) Affectation des biens à l’exploitation (article 143 al. 3)

Pour ouvrir droit à déduction de la TVA, les biens ou services doivent être nécessaires à
l’exploitation de l’entreprise et être utilisés directement pour ses besoins. Ainsi ouvrent droit à
déduction la TVA ayant grevé :

- les matières premières et fournitures nécessaires à l’exploitation qui s’intègrent dans le


processus de production des biens et services ;

- les services qui ont effectivement concouru à cette production ;

- les achats de biens et services destinés à la revente en l’état ou après transformation ;

- les biens d’équipement nécessaires à l’exploitation à l’exclusion des véhicules de


tourisme, ainsi que leurs pièces de rechange et les frais de réparation y afférents.

S’agissant des immobilisations partiellement affectées aux besoins de l’exploitation, le


droit à déduction ne s’exerce qu’à proportion de l’utilisation professionnelle desdites
immobilisations. La quote-part de l’utilisation professionnelle peut être déterminée en tenant
compte des critères physiques inhérents à l’affectation du bien à l’usage professionnel, à
l’instar du temps ou de la surface d’une immobilisation utilisée à des fins étrangères au service.

c) Biens et services exclus du droit à déduction (article 144)

Les biens et services ne remplissant pas les conditions énumérées ci-avant sont exclus du
droit à déduction.

Toutefois, certains biens et services acquis dans le cadre de l’exploitation sont


expressément exclus du droit à déduction par le législateur. Il en est ainsi de la TVA ayant
grevé :

42
- les dépenses de logement, d’hébergement, de restauration, de réception ; de spectacle et
de location de véhicules de tourisme et de transport de personnes. Cependant, cette exclusion
ne concerne pas les dépenses ci-dessus lorsqu’elles sont supportées au titre de leurs activités
par les professionnels du tourisme, de la restauration, du spectacle et les concessionnaires
automobiles ;

- les biens et services acquis par l’entreprise mais utilisés par des tiers, les dirigeants, ou
le personnel de l’entreprise ;

- les importations de biens liés à l’exploitation, non utilisés et réexportés en l’état ;

- les services afférents à des biens exclus du droit à déduction.

Précisions doctrinales :

1) clarification de la notion de véhicule de tourisme5

L’administration fiscale a été saisie de façon récurrente par les entreprises qui
souhaitent se voir préciser la notion de véhicule de tourisme pour l’exclusion du droit à
déduction de la TVA.

Sur cette question, il a été précisé que par véhicule de tourisme, il faut entendre, les
véhicules conçus pour le transport des personnes ou faisant l’objet d’un usage mixte. Il s’agit
notamment des véhicules à plus de deux places assises, place du conducteur non comprise.
Cette catégorie intègre notamment les véhicules de type berline et les pick-up double cabine.

2) déduction de la TVA ayant grevé des biens importés et réexportés en l’état6

L’article 144 (2) du CGI pose le principe selon lequel, la TVA ayant grevé l’importation
de biens liés à l’exploitation, non utilisés et réexportés en l’état ne peut être déduite.

L’administration a toutefois précisé que cette disposition ne s’appliquait que pour les
importations de biens strictement liés à l’exploitation, c’est-à-dire des biens destinés à être
utilisés ou transformés par l’entreprise. Ainsi, l’importation de biens non liés à l’exploitation,
avec l’intention de les revendre à l’étranger, ouvre droit à déduction de la TVA d’amont.

3) – Absence de condition de propriété du bien

La circonstance qu’un assujetti ne soit pas propriétaire des biens qu’il utilise dans le
cadre de son exploitation ne s’oppose pas à la déduction de la taxe les ayant grevés.

La propriété n’est donc pas une condition à l’exercice du droit à déduction de la TVA,
l’assujetti pouvant notamment déduire la TVA afférente aux biens pris en location nécessaires
à l’exploitation.

V – MODALITES D’EXERCICE DU DROIT À DEDUCTION (article 143 al.1)

1 – Période de déduction : règle du décalage d’un mois

5
Lettre n°0291/MINFI/DGI/LC/L du 13 janvier 2009 ;
6
Lettre n°0365/MINFI/DGI/LC/L du 28 janvier 2008.
43
Le droit à déduction de la TVA facturée s’exerce dans le mois suivant celui où
l’exigibilité est intervenue chez le fournisseur. C’est l’application de la règle du décalage d’un
mois des déductions.

Toutefois, ce droit s’exerce :


- pour les prestations de services et les travaux immobiliers dans le mois suivant
l’encaissement du prix ou des acomptes ;

- pour les livraisons aux tiers et à soi-même dans le mois de la livraison des biens.

2 – Exercice du droit à déduction

La déduction de la taxe ayant grevé les divers éléments du prix des opérations ouvrant
droit à déduction s’effectue, de façon générale, par imputation. Cela signifie que le redevable
diminue de la taxe brute le montant de la taxe déductible pour obtenir la TVA à reverser dans
les caisses du Trésor public. Cette opération s’effectue globalement sur l’ensemble des
opérations réalisées au cours du mois, et non opération sur opération selon les modalités ci-
après :

1) la TVA déductible ou supportée en amont est inférieure à la TVA brute ou collectée, il


en résulte une TVA nette que l’entreprise reverse dans la caisse du Trésor public ;

2) la taxe déductible est égale à la taxe brute, dans ce cas l’entreprise ne reverse aucune
taxe dans la caisse du Trésor public ;

3) la taxe déductible est supérieure à la taxe brute, on dit que l’entreprise est en situation
de crédit de TVA. Dans cette hypothèse, l’excédent ou crédit de TVA est reporté sur les
déclarations des périodes ultérieures jusqu’à épuisement, sans limitation de délai.

Les crédits trimestriels cumulés supérieurs à 10 millions de francs CFA sont soumis au
Directeur Général des Impôts pour validation. Ils ne peuvent être reportés sur les périodes
ultérieures qu’à compter du mois suivant celui de leur validation. Notons qu’il s’agit ici des
crédits qui s’accroissent anormalement ou en raison de circonstances particulières.

Cependant, la taxe déductible qui n’a pu faire l’objet d’imputation, cas des entreprises en
situation de crédit structurel, peut faire l’objet, soit d’une compensation, soit d’un
remboursement comme on le verra plus loin.

Par entreprise en situation de crédit structurel, l’on entend celles dont le crédit de TVA
est lié à la nature de leur activité. Il en est ainsi notamment :

- des exportateurs ;
- des entreprises dont l’essentiel des opérations font l’objet de retenue à la source de la
TVA.

3 – Péremption du droit à déduction

Les redevables doivent faire figurer le montant de la taxe déductible sur les déclarations
déposées au titre du mois au cours duquel la TVA est devenue déductible. En cas d’omission

44
de cette mention, la réparation peut intervenir au cours des mois suivants, dans un délai de
deux ans.

Concrètement, les déductions qui n’auraient pas été effectuées dans les délais requis
peuvent néanmoins être opérées sur les déclarations des périodes ultérieures déposées avant la
fin du deuxième exercice fiscal qui suit celui au cours duquel la TVA est devenue exigible.

Exemple : L’omission d’une déduction sur la déclaration du mois de novembre 2008


pourra être réparée jusqu’au 31 décembre 2010.

VII – REGULARISATION DE LA TVA INITIALEMENT DEDUITE (article 145)

En principe, la déduction de la taxe régulièrement opérée par un redevable est définitive.


La loi a toutefois prévu des cas où la déduction initialement opérée peut être remise en cause.

1- Cas des immobilisations

Il y a régularisation lorsqu’une immobilisation ayant fait l’objet d’une déduction de TVA


lors de son entrée dans l’actif de l’entreprise est cédée sans qu’il y ait lieu à collecte de TVA,
dans un délai de cinq (05) ans à compter de l’acquisition. Dans cette hypothèse, l’assujetti est
redevable d’une fraction de la taxe initialement déduite. Cette fraction est égale à la TVA
initialement déduite, diminuée d’un cinquième par année ou fraction d’année depuis
l’acquisition du bien.

Exemple :

Soit une immobilisation acquise le 24 novembre 2003 qui a fait l’objet d’une déduction
de 1000 francs. Cette immobilisation est cédée sans TVA le 3 avril 2004, soit 3 ans avant le
délai légal de cinq ans. Il y a lieu de procéder au reversement d’une partie de la TVA
initialement déduite.

Cette régularisation se fera ainsi qu’il suit :

- le bien est resté dans l’entreprise du 24/11/2003 au 03/04/2004, soit 2 ans (toute année
commencée comptant pour une année entière) ;
- la TVA à reverser s’élève donc à : 1000 F CFA – (1000x2/5) = 600 F CFA

2- Cas des biens et services

L’affectation de biens et services ayant donné lieu à déduction à des opérations n’ouvrant
pas droit à déduction, la perte ou disparition desdits biens, non établie au moyen d’un procès
verbal dressé par un Commissaire aux avaries, un Huissier de justice, ou un agent d’exécution,
donnent lieu à reversement de la totalité de la TVA initialement déduite.

S’agissant des régularisations portant sur le prorata définitif de déduction des assujettis
partiels à la TVA, celles-ci peuvent être positives (complément de déduction) ou négatives
(reversement de TVA). Elles correspondent à la différence entre le prorata provisoire appliqué
en cours d’exercice et le prorata définitif déterminé en fin d’exercice.

45
Précisions doctrinales :

1) régularisation de la TVA d’amont suite à avarie7

Il a été admis s’agissant de la destruction de biens d’une entreprise dans le cadre de son
activité que la disparition des biens en stock, acquis ou produits par une entreprise n’entraîne
pas, sous réserve de justification, la régulation de la TVA antérieurement déduite.

Pour être justifiée, ladite destruction qu’elle soit volontaire, accidentelle ou objet d’un
vol ou d’un détournement, doit être établie au moyen d’un procès verbal dressé par un
Commissaire aux avaries ou un Huissier de justice, et prise en compte uniquement pour son
montant réel.

2) biens prélevés par le chef d’une entreprise individuelle pour ses besoins personnels8

L’article 127 du CGI dispense de la TVA les prélèvements qu’un chef d’entreprise
individuelle opère pour son usage personnel. Il se pose alors la question du sort de la TVA
d’amont ayant grevé l’acquisition des biens ainsi prélevés, et déduite par l’assujetti.

Conformément à l’article 143 du CGI, seule la TVA ayant frappé en amont le prix d’une
opération imposable en aval est déductible de la taxe applicable à cette opération. Il en
résulte que la TVA ayant grevé l’acquisition de biens et services qui ne donnent pas lieu à
collecte de TVA en aval, notamment en raison de leur affectation à l’usage personnel du
chef d’entreprise, mais qui a été déduite par l’assujetti, doit être régularisée.

3- Modalités de régularisation

Dans tous les cas visés ci-dessus, la régularisation s’opère sur la déclaration du mois au
titre duquel elle a été effectuée. Ladite déclaration est déposée au plus tard le 15 du mois
suivant.

VIII- LES ASSUJETTIS PARTIELS (article 147)

1- Le principe

Les entreprises qui ne réalisent pas exclusivement les opérations ouvrant droit à
déduction peuvent opter soit pour l’application d’un prorata de déduction, soit pour le régime
des secteurs distincts d’activités. Le prorata de déduction est applicable à la TVA grevant tant
les immobilisations que les biens et services. Il est calculé à partir de la fraction de chiffre
d’affaires imposable à la TVA.

2-Détermination du prorata

La fraction de la TVA déductible par les assujettis partiels est déterminée par le rapport
existant entre les opérations soumises à la taxe y compris celles soumises au taux zéro, et
l’ensemble des opérations réalisées par l’entreprise y compris les exonérations.

7
Lettres n°2965/MINEFI/DI/LC/L du 8 mars 2001 ;
et n°0360/MINFI/DGI/LC/L du 28 janvier 2008.
8
Note n°248/MINEFI/DGI/LC/L du 11 avril 2006.
46
Les recettes à retenir s’entendent tous droits, impôts et taxes compris, à l’exception de la
TVA. Le rapport ainsi défini est appelé prorata de déduction.

Formule de calcul du prorata :

Chiffre d’affaires taxable + exportations


Prorata = ---------------------------------------------------------
Chiffre d’affaires taxable + exportations + exonérations

Ainsi au numérateur sont portées :

- les opérations ayant effectivement donné lieu à collecte de la TVA ;


- les exportations.

Au dénominateur sont portées toutes les recettes de quelle que nature que ce soit,
réalisées par l’entreprise.

Le prorata ainsi défini est déterminé, provisoirement en fonction des recettes et produits
réalisés au cours de l’exercice précédent et, pour les entreprises nouvelles, en fonction des
recettes et produits prévisionnels de l’exercice en cours. Le prorata définitif est arrêté au plus
tard le 15 mars qui suit la clôture de l’exercice.

3 – Cas spécifiques des transporteurs réalisant les opérations de transit inter-Etats


et les services y afférents en CEMAC et des fournisseurs et prestataires des entreprises
bénéficiant du régime des projets structurants

a) Transporteurs réalisant les opérations de transit inter-Etats et les services y


afférents en CEMAC (article 147)

Le chiffre d’affaires réalisé au titre de ces opérations figure à la fois au numérateur et au


dénominateur. Il s’agit d’un régime de faveur visant à permettre aux transporteurs de récupérer
l’intégralité de la taxe supportée au titre de leurs activités de transport.

b) Fournisseurs et prestataires des entreprises bénéficiant du régime fiscal des


projets structurants

Conformément aux dispositions de l’article 11 du Décret N°2008/2304/PM du 29 juillet


2008, l’exonération de TVA au profit des entreprises éligibles au régime des projets
structurants n’influence pas le prorata de déduction de leurs fournisseurs et prestataires. Pour le
calcul de ce prorata, les opérations exonérées sont portées à la fois au numérateur et au
dénominateur.

4 – Exemple de calcul du prorata

Une entreprise X a réalisé un chiffre d’affaires annuel HT de 150 millions, réparti ainsi
qu’il suit :
- Vente de produits assujettis à la TVA : 80 millions
- Exportations : 40 millions
- Produits exonérés de TVA : 30 millions

Son prorata de déduction est de :

47
80 + 40
---------- = 0,8 soit 80%
80 + 40 + 30

Dans cet exemple, l’entreprise X ne pourra imputer sur sa TVA brute que 80% de la TVA
qu’elle aura supportée sur ses opérations d’amont.

Remarque : le prorata est arrondi à l’unité immédiatement supérieure. Ainsi un


pourcentage de déduction de 79,4% sera arrondi à 80%.

5 – Variation du prorata

Les déductions opérées durant l’exercice sur la base du prorata provisoire, sont
régularisées dans la déclaration mensuelle de TVA du mois de mars pour tous les assujettis. Le
prorata définitif au titre des opérations réalisées au cours de l’exercice N est déterminé au plus
tard le 31 mars de l’exercice N+1.

Toutes les déductions pratiquées par application du prorata provisoire font l’objet de
régularisation. L’application du prorata définitif peut donner lieu à un complément de
déduction. C’est le cas lorsque le prorata définitif est supérieur au prorata provisoire appliqué
sur ces opérations. Dans le cas contraire, il donne lieu à un reversement de la TVA.

Les excédents ou les insuffisances de déductions sont portées sur la déclaration de TVA
dont le modèle est fourni par l’administration.

Enfin, dans l’hypothèse où le prorata de déduction est inférieur à 10%, plus aucune
déduction n’est admise (cas où l’entreprise réalise à plus de 90% un chiffre d’affaires sur des
opérations non imposables à la TVA).

6 – Cas particulier des secteurs distincts d’activité

La loi prévoit la possibilité de tenir compte des secteurs distincts d’activité pour un
contribuable qui exerce une pluralité d’activités dont certaines sont soumises à la TVA et
d’autres exonérées.

Dans cette hypothèse, il peut sur demande adressée à l’administration, ne pas appliquer
le prorata, afin de déduire l’intégralité de la TVA supportée sur ses activités imposables. Dans
le même temps, il s’abstient de déduire la TVA d’amont facturée au titre des opérations non
taxables. Pour l’application de ce système, l’assujetti doit être à même de tenir une
comptabilité séparée, pour les opérations imposables et pour celles exonérées. De plus, il ne
doit y avoir aucune confusion dans l’affectation, entre les différentes activités, des
immobilisations et biens et services pouvant donner lieu à déduction de la TVA.

Précisions doctrinales : option pour les secteurs distincts d’activités en matière de


TVA9

La question s’est posée de savoir dans quelles conditions il pouvait être tenu compte des
secteurs distincts d’activités pour les contribuables assujettis partiels.

9
Lettre n°3155/MINEFI/DI/LC/L du 13 décembre 2001.
48
Il y a lieu de rappeler que l’article 148 du CGI pose en effet le principe de la possibilité
d’opter pour les secteurs distincts d’activités en cas d’exercice d’activités taxables et non
taxables.

Bien plus, pour amples clarifications, l’administration fiscale a précisé les conditions
d’exercice de ladite option.

Ainsi, l’option pour les secteurs distincts d’activités induit que :

1) la comptabilité de l’entreprise suive distinctement, pour chaque secteur, les


acquisitions de biens, services ou immobilisations, les cessions d’immobilisations ou leur
transfert à d’autres secteurs ;

2) la taxe ayant grevé l’acquisition des immobilisations affectées à des opérations non
taxables n’ouvre pas droit à déduction ; celle ayant grevé les immobilisations affectées à des
opérations taxables est déductible ;

3) la règle de l’affectation est appliquée pour la déduction de la TVA ayant grevé les
biens et services. Ainsi, la taxe d’amont afférente à des biens et services concourant à la
réalisation d’opérations ouvrant droit à déduction est elle-même déductible. Tel n’est pas le
cas pour la taxe d’amont afférente aux biens et services n’ouvrant pas droit à déduction ;

4) en ce qui concerne la TVA d’amont relative aux biens communs aux différents
secteurs, le montant de la taxe déductible est déterminé par application du prorata général de
l’entreprise.

7- La question de l’application du prorata en cas d’exonération par destination

La question de l’application du prorata s’est posée relativement aux exonérations dites


par destination, c'est-à-dire celles qui sont attachées à la personne du bénéficiaire. Au
Cameroun, elles concernent les missions diplomatiques, les entreprises sous convention
d’établissement, et de manière ad hoc certaines entreprises ou organismes à l’instar de
l’Archidiocèse de Yaoundé, de la Grande Mosquée de Yaoundé…

Si l’application du prorata n’a pas souvent fait débat pour les exonérations dites par
nature qui, elles, sont accordées en raison de la nature du bien, en revanche elle a toujours été
très discutée en ce qui concerne les premières.

En effet, les fournisseurs des entreprises qui bénéficient d’une exonération par destination
sont pénalisés par le fait qu’ils ne peuvent pas collecter la TVA sur les opérations qu’ils
réalisent avec lesdites entreprises. Par ailleurs, conformément à la législation applicable, ils ne
sont pas autorisés à déduire la TVA ayant grevé en amont les opérations qu’ils ont réalisées
avec leurs clients exonérés ; bien plus, il leur est fait application d’un prorata de déduction du
fait de l’exonération.

La conséquence en est que certains de ces fournisseurs ont tendance, soit à refuser de
faire des affaires avec les entreprises bénéficiant d’une exonération par destination soit à leur
facturer la TVA, à charge pour ces dernières d’en demander le remboursement.

Face à cette situation, l’administration fiscale n’a pas encore apporté de solution
définitive et harmonisée.

49
Autant la déduction intégrale est admise notamment pour les fournisseurs et prestataires
des missions diplomatiques et consulaires, des organisations internationales, des entreprises
ayant signé des conventions particulières avec l’Etat, autant le prorata est systématiquement
appliqué chez les fournisseurs et prestataires de toutes les autres personnes exonérées.

Précisions doctrinales : régime de TCA/TVA applicable aux opérations de COTCO :


notion d’exonération et déductibilité.10

La convention d’établissement signée entre la République du Cameroun et la


COTCOexonère de droits et taxes toutes les activités de construction, d’exploitation et
d’entretien du pipeline Tchad-Cameroun, toutes les autres activités étant taxables par ailleurs.

La même convention garantit à la COTCO une stabilité du régime fiscal qui, en matière
de TCA, prévoit une imposition au taux de 16,5%.

Or, les dispositions du CGI en matière de TVA prévoient un mécanisme de déduction de


la taxe supportée en amont et fixent le taux général de ladite taxe à 19,25%.

L’application du taux de 16,5% aux facturations de la COTCO avec possibilité de


récupération de la taxe d’amont au taux de 19,25% briserait la neutralité de celle-ci.

En conséquence, la déduction de la taxe ayant concouru à la réalisation des opérations


avec la COTCO doit être effectuée selon le régime du prorata ou des secteurs distincts
d’activités en prenant en compte le taux de 16,5%.

IX – CAS DES CREDITS NON IMPUTABLES (article 149)

Dans certains cas, le mécanisme général d’imputation ne permet pas d’absorber


l’intégralité du crédit de TVA, qui peut ainsi s’étaler sur une très longue période, au risque
d’entraîner des tensions de trésorerie pour l’entreprise. Pour remédier à cette situation, le
législateur a prévu deux mécanismes :

- le remboursement ;
- la compensation.

Pour bénéficier du remboursement ou de la compensation, les contribuables doivent


remplir cumulativement les conditions ci-après :

- justifier d’une activité ininterrompue pendant deux ans ;


- ne pas faire l’objet d’une procédure de vérification ;
- produire les justificatifs du crédit dont la compensation ou le remboursement est
réclamé ;
- ne pas être débiteurs d’impôts et taxes de quelque nature que soit.

A ce titre les demandes de compensation ou de remboursement devront obligatoirement


être accompagnées d’un bordereau de situation fiscale délivré par le service gestionnaire qui
atteste du respect de cette dernière condition.

10
Lettre n°s 1341/MINEFI/DI du 18 novembre 1998,
et n°0413/MINEFI/DI/LC/L du 24 janvier 2003.

50
1- La compensation des crédits TVA

La compensation s’opère sur les crédits de TVA non imputables. En pratique, le


contribuable en situation créditrice doit mentionner sur la ligne 20 de sa déclaration, le montant
du crédit à compenser. Il doit remplir à cet effet, une déclaration dont le modèle est fourni par
l’administration. Lorsque les conditions sont remplies, sur autorisation expresse du Directeur
Général des Impôts, le Directeur Général du Trésor émet un chèque spécial du Trésor dont le
montant pourra être utilisé à due concurrence pour le paiement des impôts futurs de même
nature que la TVA (impôts indirects), y compris les droits de douane.

2- Le remboursement des crédits de TVA

2-1 Conditions de recevabilité de la demande de remboursement

Lorsque l’imputation s’avère difficile voire impossible, l’assujetti peut bénéficier du


remboursement des crédits de TVA à condition qu’il soit éligible audit remboursement.

a) Personnes éligibles

Seuls les assujettis à la TVA sont éligibles au remboursement des crédits de TVA. En
outre, ils doivent appartenir de manière exclusive à l’une des catégories suivantes :

- Entreprises exportatrices
Il s’agit des entreprises dont les opérations taxables sont en totalité ou en partie destinées
à l’exportation et que l’application du taux zéro met en situation de crédits structurels.

- Entreprises en situation de crédits structurels du fait des retenues à la source


Sont concernés sous cette rubrique, les assujettis qui effectuent des livraisons ou des
prestations de service au profit :

- de l’Etat ;
- des collectivités territoriales décentralisées ;
- des établissements publics administratifs.

- Industriels et établissements de crédit-bail ayant réalisé des investissements lourds


Les investissements doivent avoir généré un crédit de TVA d’au moins 100 millions de
FCFA. Ils doivent avoir été réalisés sous les formes suivantes :

- construction ou extension d’immeubles bâtis en matériaux définitifs liés à l’exploitation


;
- matériels inscrits dans l’actif immobilisé de l’exploitation ;
- matériels informatiques ;
- matériels spécialisés de télécommunication, bâtiment, travaux publics, construction et
réparation navales ;
- remorqueurs et chalands creux de transport fluvial ;
- dépenses de préparation du sol, d’ensemencement de plantations industrielles, à
l’exclusion des dépenses d’entretien.

51
En ce qui concerne les matériels, leurs accessoires spécialisés sont pris en considération
dans la mesure où ils en constituent le complément naturel et indispensable non susceptible
d’un autre emploi.

- Missions diplomatiques ou consulaires et organisations internationales


Les missions diplomatiques ou consulaires sont soumises à la condition de réciprocité
tandis que les organisations internationales sont celles qui ont signé un accord de siège avec le
Cameroun dont l’une des clauses ouvre droit à restitution de la TVA supportée sur les achats et
prestations de service à leur profit.
- Les organismes sans but lucratif
Pour être éligibles au remboursement de crédits de TVA, les organismes sans but lucratif
doivent être reconnus d’utilité publique par décret présidentiel. De plus, leur gestion doit être
bénévole et désintéressée.

Les opérations ayant généré un crédit de TVA remboursable doivent avoir fait l’objet du
visa préalable du Directeur Général des Impôts.

b- Montants éligibles

Pour les entreprises en situation de crédits structurels du fait des retenues à la source
ainsi que pour les exportateurs, le montant trimestriel cumulé des crédits de TVA doit être
supérieur à 25 millions FCFA.

Pour les industriels et établissements de crédit-bail ayant réalisé des investissements


lourds, le montant cumulé des crédits de TVA afférent au programme d’investissement doit
être supérieur à 100 millions FCFA. Le programme d’investissement ainsi visé doit être soumis
à la validation préalable du Directeur Général Impôts.

Pour les organismes sans but lucratif, les missions diplomatiques et les organismes
internationaux, il n y a pas de limitation de montant.

c- Délais d’introduction de la demande

Pour les entreprises en situation de crédits structurels du fait des retenues à la source,
ainsi que pour les exportateurs, les crédits de TVA objet de la demande doivent avoir été
cumulés pendant au moins un trimestre (trois mois).

Pour les industriels et établissements de crédit-bail ayant réalisé des investissements


lourds, la demande de remboursement est introduite dès la réalisation du programme
d’investissement générant un crédit de TVA d’au moins 100 millions de FCFA.

Pour les organismes sans but lucratif, les demandes sont introduites dès la fin de
l’exercice.

Pour les Missions diplomatiques ou consulaires et organisations internationales ayant


opté pour le remboursement, les demandes de remboursement sont introduites dès la réalisation
de l’opération.

52
2-2 Introduction de la demande

a) Forme de la demande

La demande de remboursement de crédit de TVA est déposée auprès du service


gestionnaire par l’assujetti en trois (03) exemplaires, sur un imprimé dont le modèle est fourni
par l’Administration. Y sont annexés :

- la copie des déclarations mensuelles de TVA de la période au cours de laquelle a été


constitué le crédit ;
- le bordereau de situation fiscale délivré par le Receveur des Impôts de rattachement ;
- l’attestation de rapatriement des fonds délivrée par la Direction Générale du Trésor et
de la Coopération Monétaire et Financière pour les exportateurs, ou l’attestation d’exportation
pour les échanges intracommunautaires ;
- les copies des attestations de retenues à la source ;
- l’état des factures (ces dernières doivent mentionner le NIU de l’assujetti, le montant
hors taxes du bien ou service, le montant de la TVA, la date, le numéro de la facture, les nom
et adresse du fournisseur, son NIU…) ;
- les dénomination et adresse de la banque domiciliataire pour les entreprises qui
exportent en zone CEMAC ;
- l’avis de crédit de la banque pour les exportateurs ;
- la copie des marchés enregistrés pour les prestataires de l’Etat ;
- les décomptes des règlements du Trésor.

b- Lieu de dépôt de la demande

La demande de remboursement de crédit de TVA est déposée contre décharge:

- à la Direction Générale des Impôts pour les missions diplomatiques ou consulaires et les
organismes sans but lucratif ;
- auprès du service gestionnaire du dossier fiscal pour les entreprises en situation de crédits
structurels du fait des retenues à la source, les entreprises exportatrices, les industriels et les
établissements de crédit-bail.

2-3 Instruction de la demande de remboursement

L’instruction de la demande de remboursement est fonction de la catégorie dont relève le


requérant.

a) Les différentes catégories

- Les entreprises citoyennes

Relève de cette catégorie l’assujetti, dont le dossier fiscal atteste que les critères suivants
sont cumulativement réunis.

- respect des obligations fiscales de déclaration et de paiement ;


- absence de redressement ou rappel d’impôts sur la base de chefs de redressements de
forme ou d’interprétation de la loi qui n’ont donné lieu qu’à application de pénalités de bonne
foi;
- solvabilité de l’entreprise (immobilisations, créances, garanties bancaires…)
53
Le service s’assure également de la bonne moralité fiscale des dirigeants (absence
d’antécédents fiscaux personnels).

La liste des entreprises citoyennes est établie et mise à jour au plus tard le 31 mars de
chaque exercice fiscal par la Direction Générale des Impôts. Elle fait l’objet de publication.

Le non respect de ses obligations peut entraîner le déclassement d’une entreprise


citoyenne à l’occasion des opérations de mise à jour.

- Les autres entreprises

Cette catégorie recouvre toutes les entreprises qui ne font pas partie de la liste des
entreprises dites citoyennes.

Les entreprises de la présente catégorie peuvent néanmoins être reclassées dans la liste
des entreprises citoyennes à l’occasion des mises à jour annuelles et après examen par les
services gestionnaires du respect des critères arrêtés à cet effet.
b) Le contrôle de validation

Le contrôle de validation se fait à un double stade :

- Au niveau des services gestionnaires

✓ Pour les entreprises citoyennes

Les demandes de remboursement des crédits de TVA des entreprises citoyennes font
l’objet d’un simple contrôle formel qui consiste à s’assurer de :

- l’exactitude des calculs par le rapprochement de la demande de remboursement aux


déclarations constatant le crédit de TVA ;

- la réduction du crédit de TVA sur la déclaration de TVA déposée concomitamment à la


demande de remboursement, à concurrence du montant dont le remboursement est
sollicité ;

- l’absence d’arriérés fiscaux auprès du Receveur des Impôts du service gestionnaire du


dossier fiscal du requérant ou un état des sommes dues auprès du Receveur.
Le dossier est transmis par le service gestionnaire au Directeur Général des Impôts avec
avis motivé du Chef de Centre Principal des Impôts du ressort ou du Chef de la Division des
Grandes Entreprises dans les sept (07) jours suivant la date de dépôt de la demande.

✓ Pour les autres entreprises

Dans les vingt-cinq (25) jours à compter de leur dépôt, les demandes de remboursement
des crédits de TVA donnent lieu à une vérification partielle de groupes d’opérations dans la
comptabilité des requérants, dans les conditions fixées par le Livre des Procédures Fiscales.
Ledit contrôle porte sur la TVA relative à la période couverte par la demande de
remboursement de crédit. Il consiste en l’examen :

54
- du respect des règles d’assiette en matière d’imposition à la TVA ;
- du respect des règles de déduction de la TVA d’amont, notamment pour ce qui est de
l’application le cas échéant du prorata de déduction ;
- de l’effectivité des exportations le cas échéant ;
- de la conformité au fond et sur la forme des factures ayant généré la TVA déductible à
l’origine du crédit dont le remboursement est sollicité.

A l’issue des opérations de contrôle, le service gestionnaire transmet dans un délai de


sept (07) jours, ses conclusions au Directeur Général des Impôts.

Dans tous les cas, la notification des résultats du contrôle effectué au niveau du service
gestionnaire est accompagnée de la mention suivante:

« La décision de l’Administration sur la demande de remboursement présentée


n’interviendra qu’après examen du dossier par la Cellule de Validation des Crédits de TVA. »

Cette mention vise à informer le contribuable que le service gestionnaire ne statue qu’en
premier ressort sur la demande de remboursement.

- Au niveau de la Cellule de Validation

La Cellule de Validation instruit les demandes en provenance des services gestionnaires


dans un délai de 72 heures à compter de leur réception.
Le traitement de la demande est sanctionné par une lettre portant accusé de réception et
confirmation ou rejet de la demande de remboursement.
Les rejets doivent obligatoirement être motivés.

2-4 Modalités de remboursement

a) Elaboration des états de crédits validés

La Cellule de Validation récapitule à la fin de chaque mois les demandes ayant fait
l’objet d’une lettre de confirmation. Lesdites demandes sont intégrées dans la liste globale des
encours de crédits de TVA.

La liste globale des encours est établie sous trois formes. La première retrace les
entreprises concernées suivant l’ordre alphabétique, la deuxième tient compte de l’antériorité
des crédits dont le remboursement est demandé, la troisième quant à elle est fonction des
différents secteurs d’activité.

b) Programmation des remboursements

Sur la base des états des encours, la Cellule de Validation établit tous les 15 du mois la
liste des entreprises devant bénéficier des remboursements effectifs de crédits de TVA.

Cette liste est arrêtée sur la base des critères ci-après :

- niveau de la dotation mensuelle consacrée aux remboursements ;


- antériorité du crédit de TVA ;

55
- représentativité des différents secteurs d’activité.

c) Remboursement proprement dit

La Cellule de Validation soumet les titres de remboursement au Directeur Général des


Impôts pour signature.

Les titres de remboursement sont déposés après signature auprès de la banque dépositaire
du compte du requérant pour virement du montant remboursé. Le bénéficiaire est notifié du
remboursement par une lettre de la Direction Générale des Impôts l’invitant à prendre l’attache
de sa banque ou de son établissement financier.

Le Directeur Général des Impôt publie la liste des entreprises ayant bénéficié du
remboursement.

56
CHAPITRE 7 : MODALITES DE PERCEPTION DE LA TVA ET DES DROITS
D’ACCISES (article 149)

La loi définit deux modes principaux de perception de la TVA et des droits d’accises :

- cas général ;
- cas particulier : la retenue à la source.

Toutefois, il existe un mode spécial de perception de la TVA due sur les marchés publics
financés en totalité ou en partie par des fonds en provenance de l’étranger.

I – CAS GENERAL

Le montant de TVA nette et des droits d’accises est acquitté directement et


spontanément par le redevable au moment du dépôt de la déclaration mensuelle ou trimestrielle
selon le cas. Ce paiement s’effectue à la caisse de la recette des impôts dont dépend le siége
social de l’entreprise, son principal établissement, ou son représentant accrédité.

Ces paiements s’agissant de la TVA sont ensuite centralisés et transférés sur un compte
ouvert à la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) dont le solde net est viré au Trésor
public.

II – RETENUE A LA SOURCE DE LA TVA (article 149)

Le mécanisme de la retenue à la source consiste à faire collecter la TVA par le client ou


le bénéficiaire de la prestation de services dont le règlement est effectué hors taxe. Dans ce cas
spécifique, il y a confusion entre le redevable réel et le redevable légal. En pratique, la TVA
retenue à la source doit faire l’objet d’une déclaration (ligne 15) et reversée dans les caisses du
Trésor public au plus tard le 15 du mois qui suit le règlement de la facture.

Jusqu’au 31 décembre 2007, l’Etat, les collectivités territoriales décentralisées, les


entreprises publiques, les organismes et établissements publics ainsi que certaines entreprises
privées dont la liste était fixée par un arrêté du Ministre en charge des Finances, étaient tenus
de retenir à la source la TVA lors du paiement des factures de leurs prestataires et fournisseurs.

La retenue à la source avait pour conséquence de mettre à la charge des personnes sus
mentionnées une partie de la mission de collecte d’impôts et taxes qui relève normalement de
la compétence de l’administration. Elles étaient tenues de s’y conformer, sans contrepartie
d’aucune sorte, alors même que ladite obligation induisait pour elles des coûts
supplémentaires.

Par ailleurs, en les privant de la possibilité de jouir du droit à déduction, le mécanisme de


retenue entraînait nécessairement la survenance de crédits structurels chez les entreprises
traitant exclusivement ou en majorité avec celles qui étaient tenues de pratiquer la retenue de
TVA.

Aussi, un plan de suppression progressive de cette obligation a-t-il été mis en place à
compter de l’année 2007. Dans un premier temps, l’administration a procédé à une réduction
significative du nombre d’entreprises privées autorisées à pratiquer la retenue à la source
d’impôts et taxes. L’on est ainsi passé de 245 entreprises autorisées à retenir les impôts et taxes
à la source en 2006 à seulement 28 en 2007.

57
La loi de finances pour l’exercice 2008 est venue parachever le processus de suppression
de la retenue à la source. Dorénavant, les entreprises privées, les sociétés à capital public et les
sociétés d’économie mixte ne sont plus tenues de pratiquer ladite retenue.

Depuis lors, sont exclusivement habilités à retenir à la source, l’Etat, les collectivités
territoriales décentralisées et les établissements publics administratifs.

Bien entendu, les rémunérations versées aux entreprises étrangères réalisant des
opérations au Cameroun sans y avoir un établissement stable, continuent de faire l’objet de
retenue à la source de la TVA et de la TSR y afférentes, par la partie versante.

Une difficulté s’est posée relativement au traitement à réserver aux factures qui
chevauchaient sur deux exercices. Il s’agissait de savoir si les entreprises pouvaient retenir à la
source la TVA due sur des factures établies en 2007 mais dont le règlement intervenait en
2008.

L’administration a répondu que l’obligation de retenue à la source devait être rattachée à


la date du fait générateur, c'est-à-dire celle de la facturation. Aussi lorsque la facturation était
intervenue avant la suppression du mécanisme de retenue à la source, l’entreprise cliente était
fondée à retenir la TVA à la source quand bien même le paiement intervenait après la
suppression.

III- LA PRISE EN CHARGE DE LA TVA

La prise en charge de la TVA est la modalité de perception de la TVA utilisée pour les
marchés publics à financement extérieur. A titre de rappel, le régime fiscal des marchés à
financement extérieur est contenu dans le Décret n°2003/651/PM du 16 avril 2003 fixant les
modalités d’application du régime fiscal et douanier des marchés publics.

Ledit Décret précise que les marchés publics sont conclus toutes taxes comprises et que la
TVA est prise en charge par le maître d’ouvrage. Cette prise en charge fait intervenir la notion
de fonds de contrepartie.

Les fonds de contrepartie sont destinés, entre autres, à la prise en charge directe sur
ressources propres de l’Etat des impôts, taxes et autres droits de douane résultant de la mise en
œuvre d’un projet à financement extérieur.

Pour la prise en charge effective de la TVA, les maîtres d’ouvrage doivent transmettre
périodiquement au Ministère en charge de l’Economie et à la Direction Générale du Budget un
état des marchés à financement extérieur mis en œuvre dans leur département, en précisant
bien le montant de TVA qui doit être pris en charge par les fonds de contrepartie.

Toutefois, l’administration fiscale organise périodiquement des missions de collecte des


données dans tout le pays auprès des différentes administrations et organismes publics ayant
mis en œuvre des projets sur financement extérieur. Les données ainsi collectées sont
transmises au Ministère en charge de l’Economie ainsi qu’aux Directions Générales du Budget
et du Trésor pour engagement et apurement à travers les fonds de contrepartie.

Il y a lieu de relever que dans certains cas, les entreprises adjudicataires des marchés
financés par des fonds extérieurs peuvent se faire délivrer des attestations de prise en charge de
la TVA par la Direction Générale des Impôts.

58
Pour ce faire, elles adressent à l’administration fiscale des demandes auxquelles elles
doivent impérativement joindre les factures pro forma délivrées par leurs fournisseurs et qui
précisent les quantités et les prix des biens ou services à acquérir.

Au vu de ces documents, l’administration établit des attestations de prise en charge qui


permettent à l’entreprise bénéficiaire d’acquérir les biens et services destinés à la réalisation du
projet sans acquitter de TVA.

Copies desdites attestations sont adressées au Ministère en charge de l’Economie, aux


Directions Générales du Budget et du Trésor pour engagement et apurement à travers les fonds
de contrepartie.

59
CHAPITRE 8 : LES OBLIGATIONS DES REDEVABLES

En matière de TVA et de droit d’accise, les redevables sont astreints à trois types
d’obligations :

- obligation d’immatriculation ;
- obligations déclaratives et de paiement ;
- obligations comptables.

I – IMMATRICULATION

La loi oblige toute personne imposable au Cameroun à se faire immatriculer par


l’administration fiscale.

Pour ce faire, les redevables doivent remplir une demande aux fins d’immatriculation.
Cette demande est effectuée sur un imprimé fourni par l’administration. Il est prévu un
imprimé pour les personnes physiques et un imprimé pour les personnes morales.

L’immatriculation donne lieu à attribution d’un Numéro Identifiant Unique (NIU) qui
doit figurer sur chaque facture et à la délivrance de la carte du contribuable. Les frais
d’immatriculation s’élèvent à 1500 francs CFA pour les entreprises nouvelles, et à 500 francs
CFA en cas de renouvellement. La durée de validité de la carte de contribuable est de deux
ans.

II – OBLIGATIONS DECLARATIVES (article 152)

Tout assujetti à la TVA est tenu de souscrire auprès du service des impôts de
rattachement, une déclaration de chiffre d’affaires sur imprimé fourni par l’administration
fiscale. La déclaration de TVA est identique pour les contribuables soumis au régime du réel
et ceux soumis au régime simplifié d’imposition. Les délais de dépôt de la déclaration sont
fixés ainsi qu’il suit :

- les assujettis relevant du régime du réel, de même que ceux relevant du régime simplifié
doivent déposer leur déclaration mensuelle au plus tard, le 15 du mois suivant celui de la
réalisation des opérations ;

- les assujettis relevant du régime de base doivent quant à eux déposer leurs déclarations
au plus tard, le 15 du mois qui suit la fin de chaque trimestre.

Ces déclarations doivent être déposées au centre des impôts dont dépend le siége social
de l’entreprise ou son principal établissement. Les contribuables relevant d’une unité de
gestion spécialisée (DGE, CIME, CSPLI) déposent leurs déclarations auprès de cette dernière.

Pour être recevables ces déclarations doivent obligatoirement être datées et signées du
contribuable ou de son représentant accrédité.

Ces obligations doivent être respectées même en cas de déclarations créditrices.


Lorsqu’au cours d’un mois ou d’un trimestre, aucune opération n’a été réalisée, le contribuable
doit néanmoins souscrire une déclaration comportant la mention « NEANT » sur la ligne 01.

En revanche, les déclarations débitrices doivent être accompagnées des moyens de


paiement correspondants (espèces, chèques certifiés, virements).

60
Outre les obligations déclaratives ci-avant décrites, les assujettis sont également astreints
à d’autres obligations déclaratives. Il en est ainsi :

- de la déclaration du début d’activité qui doit être déposée dans les quinze jours qui
suivent le commencement des opérations de l’entreprise et être accompagnée obligatoirement
d’un plan sommaire de localisation ;

- de la déclaration de toute modification substantielle affectant l’exploitation


(changement de dirigeant, cession, cessation), ou portant sur le lieu d’exercice de l’activité,
dans un délai de 15 jours suivant cette modification ;

Par ailleurs, la déclaration statistique et fiscale (DSF) de l’assujetti doit faire ressortir :

- le chiffre d’affaires réalisé.


- le chiffre d’affaires taxable.
- le prorata déduction utilisé.
- les déductions opérées.
- la TVA due et la TVA acquittée.

En fait, cet état constitue le récapitulatif des déclarations déposées au cours de l’exercice.

III – OBLIGATIONS COMPTABLES (article 150)

Les obligations comptables des assujettis sont tributaires du régime d’imposition dont ils
relèvent :

1) Les contribuables relevant du régime du réel doivent tenir une comptabilité conforme
au système comptable normal prévu par le droit comptable OHADA dont les composantes
sont :
- le compte de résultat ;
- le tableau financier des ressources et des emplois ;
- le bilan ;
- l’annexe ;
- l’état statistique supplémentaire.

2) Les contribuables relevant du régime simplifié doivent tenir une comptabilité


conforme au système comptable allégé prévu par le droit comptable OHADA dont les
composantes sont :
- le compte de résultat ;
- le bilan ;
- l’annexe.

3) Les assujettis relevant du régime de base doivent tenir une comptabilité conforme au
système minimal de trésorerie prévu par le droit comptable OHADA dont les composantes
sont :
- le compte de résultat simplifié ;
- le bilan simplifié ;
- le tableau de trésorerie.

Les documents comptables obligatoires y attachés doivent être présentés à toute


réquisition de l’Administration fiscale, et être complétés le cas échéant, par les éléments de la

61
comptabilité spécifiques à la nature de l’activité exercée. Ces documents doivent être conservés
pendant 10 ans.

En outre, pour être réputée probante, la comptabilité doit être certifiée par un expert
comptable agréé en CEMAC, et inscrit au tableau de l’ordre, ou être validée par un Centre de
gestion agréé (CGA). Toutefois, la comptabilité d’une entreprise réalisant un chiffre d’affaires
annuel inférieur à 250 millions de francs CFA est également réputée probante, dès lors qu’elle
est tenue par un comptable agréé en CEMAC.

IV – COMPTABILISATION DE LA TVA ET DES DROITS D’ACCISES

L’enregistrement comptable de la TVA nécessite, comme dans toute autre matière, la


maîtrise des comptes et des écritures comptables pour chaque opération réalisée.

1 – Comptes

1.1 – Comptes utilisés en matière de TVA

• 443 – Etat, TVA facturée dont les principaux sous-comptes sont les suivants :

- 4431 – TVA facturée sur ventes ;


- 4432 – TVA facturée sur prestations de services ;
- 4433 – TVA facturée sur travaux ;
- 4434 – TVA facturée sur production livrée à soi-même ;

• 444 – Etat, TVA due ou crédit de TVA dont les sous-comptes sont :

- 4441 – Etat, TVA due ;


- 4449 – Etat, crédit de TVA à reporter ;

• 445 – Etat, TVA récupérable dont les principaux sous-comptes sont énumérés ci-
après :

- 4451 – TVA récupérable sur immobilisations ;


- 4452 – TVA récupérable sur achats ;
- 4453 – TVA récupérable sur transport ;
- 4454 – TVA récupérable sur services extérieurs et autres charges.

1.2 - Comptes utilisés en matière de Droits d’accises

• 446 – Etat, autres taxes sur le chiffre d’affaires pour l’enregistrement des Droits
d’accises collectés sur ventes ;
• 645 – Impôts et taxes indirects pour l’enregistrement des Droits d’accises supportés
sur achats.

2 – Ecritures comptables

La passation des écritures comptables varie suivant la nature des opérations réalisées. Il
peut s’agir des achats de biens et services, de ventes, ou de livraisons à soi-même.

62
2.1 Achats de biens et services

L’enregistrement comptable des acquisitions de biens et services imposables se fait hors


taxes, par le débit d’un compte de l’actif ou de charges correspondant, et la TVA y afférente est
enregistrée par le débit d’un sous-compte du 445 – Etat, TVA récupérable.

Exemple1 : enregistrement de la TVA supportée sur les biens et services

La société LSA a réalisé les opérations suivantes en janvier 2009 :

- le 12 janvier, achat en espèces de marchandises : 10 000 000 F CFA TTC ;


- le 15 janvier, achat par banque d’un véhicule utilitaire : 40 000 000 F CFA TTC ;
- le 25 janvier, paiement par chèque de l’assurance transport : 200 000 F CFA TTC.

Travail à faire : enregistrer ces opérations ainsi que la TVA correspondante.

Eléments de réponse :

- Détermination des montants hors taxes et de la TVA :

100
Coefficient de conversion = ------------- = 0,838
119,25

HT TVA

Achat de marchandises (10 000 000 × 0,838) = 8 380 000 × 19,25% = 1 620 000
Achat d’un matériel de transport (40 000 000×0,838) = 33 520 000 × 19,25% = 6 480 000
Paiement de l’assurance (200 000 × 0,838) = 167 600 × 19,25% = 32 400

63
Ecritures comptables

N°s de compte Libellés Montants


D C D C
-----------------12.01.09-------------------
6011 Achats de marchandises 8 380 000
4452 TVA récupérable sur achats 1 620 000
57 Caisse 10 000 000
(Achat de marchandises en espèces)
------------------15.01.09------------------
2451 Achat de matériel de transport 33 520 000
4451 TVA récupérable sur immobilisation 6 480 000
52 Banque 40 000 000
(Achat par banque d’un matériel de
transport)
------------------25.01.09------------------
6252 Assurance matériel de transport 167 600
4454 TVA déductible sur services extérieurs 32 400
52 Banque 200 000
(paiement par banque de la prime
d’assurance matériel de transport)

Exemple 2 : enregistrement de la TVA collectée sur ventes de biens et services

Il ressort de l’examen des documents comptables de la société MX Import-export, les


informations ci-après au titre du mois de décembre de l’exercice 2008 :

- 02 décembre, vente comptant aux Etablissements Elgar de deux tonnes d’huile de table
pour un montant de 10 000 000 F CFA TTC ;
- 14 décembre, vente à crédit au restaurant chinois de 12 tonnes de riz parfumé pour un
montant de 40 000 000 F CFA TTC ;
- 20 décembre, services de maintenance informatique réalisés chez le Sieur AMADOU
facturés à 200 000 F CFA TTC.

Travail à faire : enregistrer ces opérations ainsi que la TVA correspondante.

Eléments de réponse :

- Détermination des montants hors taxes et de la TVA :

- Coefficient de conversion = 100


_____ = 0,838
119,25

HT TVA

Ventes de produits finis (10 000 000×0,838) = 8 380 000 × 19,25% = 1 620 000
Ventes de marchandises (40 000 000×0,838) = 33 520 000 × 19,25% = 6 480 000
Facturation de services de maintenance (200 000×0,838)=167600×19,25% = 32 400

64
Ecritures comptables

N°s de compte Libellés Montants


D C D C
-----------------02.12.08-------------------
57 Caisse 10 000 000
7021 Ventes de produits finis 8 380 000
4431 TVA facturée sur ventes 1 620 000

(Ventes au comptant de produits finis)


------------------14.12.08------------------
4111 Clients 40 000 000
7011 Ventes de marchandises 33 520 000
4431 TVA facturée sur ventes 6 480 000

(Ventes de marchandises à crédit)


------------------20.12.08------------------
4111 Clients 200 000
7061 Services vendus 167 600
4432 TVA facturée sur prestations de sces. 32 400

(maintenance informatique)

Exemple 3 : enregistrement de la TVA afférente à une livraison à soi-même

Il ressort de l’examen de la comptabilité de la société EL-ALI, les données suivantes :

- retrait en février 2009 de son stock de matériels informatiques de 5 consommables


informatiques, destinés aux travaux d’entretien et de maintenance des ordinateurs de
l’entreprise, et de 100 registres de 200 pages pour les utiliser dans ses bureaux ;
- coût d’achat d’un consommable informatique = 40 000 F CFA ;
- coût de production d’un registre = 1000 F CFA.

Travail à faire : enregistrer ces opérations et la TVA y relative

Eléments de réponse :

La livraison à soi-même est comptabilisée au coût d’achat pour une entreprise


commerciale, et au coût de production pour une entreprise industrielle. Comme relevé plus
haut, cette opération est imposable à la TVA. Il en résulte, en vertu de la règle de la partie
double, une TVA facturée et une TVA récupérable, suite à la constatation comptable de deux
opérations simultanées : une vente (fictive) et une acquisition (fictive).

• coût d’achat de 5 consommables informatiques = 5 × 40 000 = 200 000 F CFA ;


• TVA y afférente = 200 000 × 19,25% = 38 500 F CFA ;
______________
TOTAL = 238 500 F CFA

• Coût de production de 100 registres = 100 × 2 000 = 200 000 F CFA ;

65
• TVA correspondante = 200 000 × 19,25% = 38 500 F CFA.
_______________
TOTAL = 238 500 F CFA.

Ecritures comptables

N°s de compte Libellés Montants


D C D C
-----------------02.09-------------------
6242 Entretien et réparation et maintenance de 200 000
biens mobiliers
4454 TVA récupérable sur autres charges 38 500
781 Transfert de charges d’exploitation 200 000
4434 TVA facturée sur production livrée à 38 500
soi-même
(5 consommables informatiques utilisés pour
réparation des ordinateurs)
-------------------d°------------------
200 000
Fournitures de bureau
6047 38 500
TVA récupérable sur autres charges
4454 200 000
Transfert de charges d’exploitation
781 38 500
TVA facturée sur production livrée à
4434 soi-même

(Achat en espèces
Exemple 4 : enregistrement de de bières)et des droits d’accises supportés sur achats
la TVA

Au cours du mois de février 2009, la société « Alimentations MXL » a réalisé les


opérations ci-après :

- le 04 février, importations de vins de raisins frais réglées par banque dont les détails de
l’opération sont les suivants :

• Facture fournisseur : 8 000 000 F CFA


• Droits de douane : 1 200 000 F CFA
• Droits d’accises = (8 000 000 + 1 200 000) × 25% = 2 300 000 F CFA
• TVA = (9 200 000 + 2 300 000) × 19,25% = 2 213 750 F CFA
_____________
TOTAL TTC = 13 713 750 F CFA

- le 10 février, achat en espèces de boissons maltées à la société Guinness Cameroun SA


dont le détail se présente comme suit :

• Prix d’achat hors taxe : 2 000 000 F CFA


• Droits d’accises = 2 000 000 ×25% = 500 000 F CFA
• TVA = (2 000 000 + 500 000) ×19,25% = 481 250 F CFA
_______________
TOTAL TTC = 2 981 250 F CFA

66
NB.
- Les Droits de douane et les Droits d’accises rentrent dans la base d’imposition à la
TVA à l’importation ;
- la base d’imposition aux Droits d’accises à l’importation est constituée du prix CAF ou
le cas échéant de la valeur transactionnelle et des Droits de douane ;
- pour les biens produits localement ou en CEMAC, la base d’imposition à la TVA est
constituée par la valeur sortie-usine à l’exclusion des frais d’approche et les Droits
d’accises ;
- la base d’imposition aux Droits d’accises pour les produits locaux ou de la CEMAC est
constituée par le prix sortie-usine à l’exclusion des frais d’approche.

Travail à faire : enregistrer ces opérations ainsi que la TVA et les droits d’accises y
afférents.

N°s de compte Libellés Montants


D C D C
-----------------04.02.09-----------------------
6012 Achats de marchandises 9 200 000
645 Impôts et taxes indirects 2 300 000
4452 TVA récupérable sur achats 2 213 750
52 Banque 13 713 750
(Importations de vins)
------------------10.02.09----------------------
6011 Achat de marchandises 2 000 000
645 Impôts et taxes indirects 500 000
4451 TVA récupérable sur achat 481 250
57 Caisse 2 981 250
(Achat en espèces de bières)

Exemple 4 : enregistrement de la TVA et des droits d’accises sur ventes

Au cours du mois de janvier 2009, Guinness Cameroon a réalisé l’opération suivante :

- 05 janvier, ventes à crédit de boissons maltées à son client ALIMA pour un montant
TTC de 12 491 438 F CFA selon le détail ci-après :

• Prix sortie usine : 8 380 000 F CFA ;


• Droit d’accises = 8 380 000 × 25% = 2 095 000 F CFA ;
• TVA = (8 380 000 + 2 095 000 = 10 475 000) × 19,25% = 2 016 438 F CFA.
_______________
TOTAL TTC = 12 491 438 F CFA

67
Travail demandé : enregistrer ces opérations ainsi que la TVA et les droits d’accises
collectés

N°s de compte Libellés Montants


D C D C
-----------------05.01.09-----------------------
4111 Clients 12 491 438
7021 Ventes de produits finis 8 380 000
446 Etat, autres taxes sur le chiffre
d’affaires 2 095 000
4431 TVA facturée sur ventes 2 016 438

(Ventes à crédit de boissons maltées)

Exemple 6 : Enregistrement de la déclaration et du paiement de la TVA et des droits


d’accises

Il ressort de la balance des soldes de la société MAX’S Import-export, les informations


suivantes au 05 mars 2009 :

• 4431 – TVA facturée sur ventes 8 100 000 F CFA


• 4432 – TVA facturée sur prestations de services 32 400 F CFA
• 4434 – TVA facturée sur livraisons de biens et services à soi-même 38 500 F CFA

• 4451 – TVA récupérable sur immobilisation 4 480 000 F CFA


• 4452 – TVA récupérable sur achats 1 620 000 F CFA
• 4454 – TVA déductible sur services extérieurs
et autres charges 70 900 F CFA

• 446 – Etat, autres taxes sur le chiffre d’affaires 2 095 000 F CFA

Travail demandé : établir la déclaration de TVA et des droits d’accises du mois de février
à déposer au centre des impôts compétent au plus tard le 15 mars 2009, sachant que la TVA
déductible susvisée a été supportée au cours du mois de janvier 2009 ; puis enregistrer la
déclaration et le paiement de la TVA et des droits d’accises.

- Déclaration de TVA et de droits d’accises

1) TVA :

a) TVA collectée

• 4431 – TVA facturée sur ventes 8 100 000 F CFA


• 4432 – TVA facturée sur prestations de services 32 400 F CFA
• 4434 – TVA facturée sur livraisons de biens et services à soi-même 38 500 F CFA
______________

68
TOTAL = 8 170 900 F CFA

b) TVA déductible

• 4451 – TVA récupérable sur immobilisation 4 480 000 F CFA


• 4452 – TVA récupérable sur achats 1 620 000 F CFA
• 4454 – TVA déductible sur services extérieurs et autres charges 70 900 F CFA
______________
TOTAL = 6 170 900 F CFA

Calcul de la TVA à reverser dans la caisse du Trésor public :

TVA nette = TVA collectée – TVA déductible (8 170 900 – 6 170 900) = 2 000 000 F CFA

2) Droits d’accises

• Droits d’accises prélevés = 2 095 000 F CFA

TOTAL GENERAL = 4 095 000 F CFA

Ecritures comptables

N°s de compte Libellés Montants


D C D C
-----------------15.03.09-----------------------
4431 TVA facturée sur ventes 8 100 000
4432 TVA facturée sur prestations de services 32 400
4434 TVA facturée sur livraisons de biens et
services à soi-même 38 500
4451 TVA récupérable sur
immobilisation 4 480 000
4452 TVA récupérable sur achats 1 620 000
4454 TVA déductible sur services
extérieurs et autres charges 70 900

4441 Etat, TVA due 2 000 000

(Déclaration de TVA du mois de février)


------------------d°------------------------------
4441 Etat, TVA due 2 000 000
446 Etat, autres taxes sur le chiffre d’affaires 2 095 000
52 Banque 4 095 000

(règlement par banque de la TVA et des


droits d’accises)

69
Exemple 7 : enregistrement d’un crédit de TVA

Considérons que dans l’exemple ci-dessus, la TVA récupérable sur immobilisations soit
égale à 12 000 000 F CFA, l’enregistrement comptable se fera ainsi qu’il suit :

- Déclaration de TVA

a) TVA collectée

• 4431 – TVA facturée sur ventes 8 100 000 F CFA


• 4432 – TVA facturée sur prestations de services 32 400 F CFA
• 4434 – TVA facturée sur livraisons de biens et services à soi-même 38 500 F CFA
______________

TOTAL = 8 170 900 F CFA

b) TVA déductible

• 4451 – TVA récupérable sur immobilisation 12 000 000 F CFA


• 4452 – TVA récupérable sur achats 1 620 000 F CFA
• 4454 – TVA déductible sur services extérieurs et autres charges 70 900 F CFA
______________
TOTAL = 13 690 900 F CFA

Calcul du crédit de TVA de l’entreprise imputable sur la TVA due sur les périodes
ultérieures :

TVA nette (crédit) = TVA collectée – TVA déductible (8 170 900 – 13 690 900)

= - 5 520 000 F CFA

Ecritures comptables

N°s de compte Libellés Montants


D C D C
-----------------15.03.09-----------------------
4431 TVA facturée sur ventes 8 100 000
4432 TVA facturée sur prestations de services 32 400
4434 TVA facturée sur livraisons de biens et
services à soi-même 38 500
4449 Etat, crédit de TVA à reporter 5 520 000

4451 TVA récupérable sur


immobilisation 12 000 000
4452 TVA récupérable sur achats 1 620 000
4454 TVA déductible sur services
extérieurs et autres charges 70 900

(Déclaration de TVA du mois de février)

70
CHAPITRE 9 : PRESCRIPTION SANCTIONS ET PENALITES

1- PRESCRIPTION (articles 30, 31 et 32)

Les sommes dues par les contribuables au titre de la TVA sont prescrites à leur profit
après un délai de quatre (04) ans suivant la date d’exigibilité. Rappelons qu’en matière de
livraison des biens, l’exigibilité de la TVA coïncide avec le fait générateur au moment de la
livraison, alors qu’en matière de prestations de services, l’exigibilité n’intervient qu’au
moment de l’encaissement.

De plus, tout acte de poursuite engagé dans le délai de quatre ans susvisé interrompt la
prescription quadriennale pour lui substituer la prescription trentenaire.

En revanche, la prescription est acquise au profit de l’Etat contre toute demande de


restitution de sommes payées au titre de la TVA, après un délai de deux (02) ans à compter du
paiement desdites sommes.

II – SANCTIONS EN CAS DE NON-RESPECT DES OBLIGATIONS FISCALES

En matières de TVA et de droits d’accises, les sanctions sont tantôt fiscales, tantôt
pénales.

A – Les sanctions fiscales :

En cas de non-respect des obligations déclaratives et de paiement, les contribuables


s’exposent aux sanctions administratives et pécuniaires.

1) Les sanctions administratives sont les suivantes :

- la fermeture d’établissement ;
- la taxation d’office ;
- la perte du droit à déduction en cas de taxation d’office ;
- la déchéance du droit d’exercer ;
- la non déduction de la TVA en cas d’absence du NIU sur la facture ;
- l’interdiction d’importer ;
- le blocage des comptes bancaires ;
- l’interdiction de soumissionner aux marchés et commandes publics.

2) Les sanctions pécuniaires sont les suivantes :

• amende forfaitaire de 250 000 francs pour le non dépôt dans les délais d’une
demande d’immatriculation ;
• application des majorations sur les droits éludés :

- 30% en cas de bonne foi ;


- 100% en cas de mauvaise foi ;
- 150% en cas de manœuvres frauduleuses sans préjudice des poursuites pénales ;

• intérêts de retard de 1,5% par mois, plafonné à 50%, calculé sur la base des
droits mis à la charge du contribuable, en cas de paiement tardif ;
• une amende de 100 000 francs pour non-dépôt d’une déclaration faisant
apparaître un impôt néant, après mise en demeure ;
71
• une amende de 100% de la valeur de la transaction avec un minimum de
100 000 francs est appliquée à toute transaction n’ayant pas fait l’objet d’une
facturation ou en cas de facture erronée ou incomplète établie, reçue ou
utilisée par un professionnel ;
• une amende forfaitaire pouvant aller jusqu’à 5 000 000 francs en cas
d’opposition au droit de communication ou à l’avis à tiers détenteur, majorée
d’une astreinte de 100 000 francs par jour de retard au-delà des délais indiqués
sur la demande.

B – Sanctions pénales
• encourt un emprisonnement de un à cinq ans et une amende de 500 000 à 5 millions de
Francs ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque :
- refuse expressément de faire sa déclaration dans les délais prescrits ;
- organise son insolvabilité ou fait obstacle au recouvrement de l’impôt ;
- omet de passer ou de faire passer des écritures ;
- fait passer des écritures inexactes, fictives ;
- établit des faux bilans ;
- organise ou tente d’organiser le refus collectif de l’impôt.
En cas de récidive, les peines listées ci-avant sont doublées et le délinquant encourt une peine
complémentaire telle l’interdiction d’exercer directement ou par personne interposée.

72
CHAPITRE 10 : QUELQUES EXEMPLES PRATIQUES

Les exemples ci-après sont destinés à faciliter la compréhension des principes et des
mécanismes de la TVA.

CAS D’UNE DECLARATION DE TVA FAISANT APPARAITRE UN IMPOT


NET A PAYER PAR LE REDEVABLE

Soit une entreprise qui réalise en janvier 2008 un chiffre d’affaires HT de 40 millions de
francs. En décembre 2007, ses achats de marchandises se chiffrent à 20 millions de francs HT
et ses frais généraux ayant supporté la TVA sont de l’ordre de 5 millions de francs HT. En
janvier ses achats de biens et services ayant donné lieu à facturation de la TVA s’élèvent à 25
millions de francs HT.

Par ailleurs l’entreprise a acquis en décembre un matériel pour un coût total de 6 millions
de francs HT.

Supposant que le taux de la TVA facturée est de 19,25%, à combien s’élèvera la TVA à
reverser dans les caisses du Trésor au titre du mois de janvier 2008 ?

CALCUL DE LA TVA NETTE A PAYER :

TVA brute : 40 000 000 x 19,25% = 7 700 000

TVA déductible en vertu de la règle du décalage d’un mois :


- sur les achats : 20 000 000 x 19,25% = 3 850 000
- sur les frais généraux : 5 000 000 x 19,25% = 962 500
- sur l’investissement : 6 000 000 x 19,25% = 1155 000

Total de la TVA déductible = 5 967 500

TVA nette à déclarer avant le 15 février 2008 = 7 700 000 – 5 967 500 = 1 732 500

La déclaration de TVA du mois de janvier devra être accompagnée de moyens de


paiement de la somme de 1 732 500 francs.

CAS D’UNE DECLARATION DE CHIFFRE D’AFFAIRES FAISANT


APPARAITRE UN CREDIT D’IMPOT

CALCUL DU CREDIT DE TVA

Supposons que dans l’exercice ci-dessus le chiffre d’affaires hors taxe est de 25 millions
de francs.

TVA brute : 25 000 000 x 19,25% = 4 812 500


TVA déductible en vertu de la règle du décalage d’un mois.

- sur les achats : 20 000 000 x 19,25% = 3 850 000


- sur les frais : 5 000 000 x 19,25% = 962 500
- sur l’investissement : 6 000 000 x 19,25% = 1 155 000

73
Total de la TVA déductible = 5 967 500

Crédit de TVA à déclarer avant le 15 février 2008 = 4 812 500 - 5 967 500 = 1 155 000.

Le crédit de TVA sera imputé sur les déclarations postérieures jusqu’à épuisement sans
limitation de délai.

74
DEUXIEME PARTIE : L’IMPOT SUR LE REVENU DES PERSONNES
PHYSIQUES

INTRODUCTION

Le système d’imposition des personnes physiques en vigueur au Cameroun jusqu’au 31


décembre 2003 se caractérisait par une complexité structurelle et pratique du fait du cumul sur
le même revenu d’une taxe proportionnelle et d’une surtaxe progressive, dont la méthode de
détermination est toujours apparue plus ou moins difficile.
En outre, le barème de la surtaxe progressive n’avait pas été adapté à l’évolution du coût
de la vie depuis son instauration. Il constituait ainsi un frein à l’épargne, à la consommation...
Par ailleurs, l’ancienne version de l’impôt sur le revenu des personnes physiques,
d’administration lourde, générait des recettes modestes.
C’est pourquoi il est apparu nécessaire de réformer les mécanismes d’imposition des
personnes physiques au Cameroun.
La loi de finances pour l’exercice 2003 a consacré la réforme de l’Impôt sur le Revenu
des Personnes Physiques (IRPP) et a posé le principe de son application à compter du 1er
janvier 2004.
Cette loi a établi un impôt annuel unique sur le revenu des personnes physiques. Les
innovations majeures qu’elle a introduit tiennent entre autres à :
- La mise en place de quatre tranches d’imposition contre douze auparavant ;
- L’instauration d’un seul niveau d’imposition au lieu de deux ;
- La suppression du quotient familial ;
- La suppression de l’imposition par foyer et la généralisation de l’imposition
séparée ;
- La réduction du taux marginal d’imposition de 60% à 35% ;
- La dispense de l’obligation de déclaration, pour les contribuables n’ayant pour
seuls revenus que le salaire ou les revenus de capitaux mobiliers.
L’impôt sur le revenu des personnes physiques est un impôt annuel unique qui frappe les
revenus des personnes physiques qui y sont assujetties. Ces revenus peuvent être :
- des bénéfices industriels et commerciaux ;
- des bénéfices artisanaux ;
- des bénéfices agricoles ;
- des bénéfices des professions non commerciales et revenus assimilés ;
- des revenus issus des traitements, salaires, indemnités, émoluments, pensions et
rentes viagères ;
- des revenus de capitaux mobiliers ;
- des plus-values réalisées hors bilan par les personnes physiques et assimilées.

75
Le premier chapitre de ce précis présente les règles générales communes à toutes ces
catégories de revenus.
Les trois chapitres suivants sont consacrés exclusivement :
- à la détermination de l’assiette de l’impôt sur le revenu des personnes physiques ;
- au calcul de l’impôt ;
- aux modalités de perception de l’impôt.

76
CHAPITRE I : REGLES GENERALES COMMUNES A TOUTES LES
CATEGORIES DE REVENUS
SECTION I – LA NOTION DE REVENU IMPOSABLE
Il faut entendre par revenu imposable tous les produits susceptibles d’être renouvelés, y
compris les bénéfices de toutes les opérations lucratives auxquelles se livre un assujetti.
Dans cette perspective, l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP) est dû
chaque année, à raison des bénéfices ou revenus de source camerounaise ou étrangère que le
contribuable réalise ou dont il a disposé au cours de la même année.
Les caractéristiques du revenu imposable sont les suivantes :

• Le revenu imposable est un revenu annuel.

L’IRPP est dû au titre d’un exercice à raison des revenus dont a disposé le contribuable
au cours de cet exercice. A titre de rappel, l’exercice fiscal au Cameroun correspond à l’année
civile, c’est-à-dire qu’il court du 1er janvier au 31 décembre.

• Le revenu imposable est un revenu net catégoriel.

En règle générale, le revenu imposable de chaque catégorie d’activités présente des


caractéristiques distinctes et fait l’objet d’une évaluation séparée. Il est obtenu en déduisant
du produit brut les dépenses effectuées en vue de l’acquisition et de la conservation du
revenu.

Les dépenses effectuées en vue de l’acquisition du revenu s’entendent de celles qui ont
pour objet la production du revenu et sa réalisation effective.

Les dépenses effectuées en vue de la conservation du revenu comprennent


essentiellement les frais destinés à préserver l’existence du capital, source du revenu, et à
assurer en temps utile la reconstitution de ce capital s’il est sujet à dépérissement.

• Le revenu imposable est un revenu global.

L’assiette de l’impôt est constituée par la somme algébrique de tous les revenus nets
catégoriels mis à la disposition du redevable au cours de l’exercice fiscal. Exclusion est
toutefois faite des déficits qui s’imputent cédule par cédule, le report se faisant sur le revenu
net catégoriel en cause jusqu’à résorption complète. De même, les revenus catégoriels faisant
l’objet d’un prélèvement libératoire ou d’une taxation proportionnelle ne rentrent pas dans
l’assiette globale du revenu imposable (revenus de capitaux mobiliers, plus-values sur cession
d’immeubles).

• Le revenu imposable est un revenu disponible.

Un revenu est disponible dès lors que sa perception ne dépend que de la seule volonté du
bénéficiaire.

77
SECTION II – LES PERSONNES IMPOSABLES (Articles 25 et 26)

L’imposition par foyer a été supprimée. En conséquence, l’Impôt sur le Revenu des
Personnes Physiques est un impôt unique qui frappe individuellement les personnes physiques
sur l’ensemble des revenus dont elles ont disposé au cours d’une année déterminée.
S’agissant des enfants mineurs, leurs revenus sont imposés entre les mains de l’un des
deux parents, ou à défaut du tuteur reconnu.

L’IRPP s’applique essentiellement aux catégories de personnes ci-après :

- celles qui ont un domicile fiscal au Cameroun ;


- celles qui reçoivent des revenus de source camerounaise ;
- et celles dont la compétence d’imposition est attribuée à la République du
Cameroun par une convention fiscale internationale ;
- celles qui sont soumises à l’IRPP camerounais du fait de leur statut.

I- La notion de domicile fiscal

Sous réserve des conventions fiscales internationales, les personnes physiques


ressortissantes du Cameroun ou de tout autre Etat sont passibles de l’IRPP camerounais dès
lors qu’elles ont leur domicile fiscal au Cameroun, la notion de « résidence habituelle » ayant
été remplacée par celle de « domicile fiscal ».
Sur le plan pratique, le champ d’application de l’IRPP est fixé par référence aux seules
notions de domicile ou de source de revenu dont les contours sont bien précisés.
Ainsi, pour qu’un contribuable soit considéré comme fiscalement domicilié au
Cameroun, il suffit que l’un ou l’autre des critères déterminés dans l’ordre hiérarchique ci-
après soit réalisé :

1) Critère d’ordre personnel

Par « personne considérée comme ayant au Cameroun son domicile fiscal », il faut
entendre toute personne qui se trouve dans les cas suivants :

• Les personnes qui ont au Cameroun leur foyer ou le lieu de leur séjour principal.

Pour l’appréciation de ce critère, il importe de savoir que le foyer désigne le lieu où une
personne habite avec son conjoint et/ou ses enfants de manière habituelle. Cette résidence doit
avoir un caractère permanent.
Il en est ainsi notamment lorsque la famille du contribuable habite au Cameroun et
même si celui-ci séjourne longtemps ou temporairement à l’étranger au cours de l’année,
pour des raisons professionnelles ou autres.
En outre, le contribuable est réputé avoir son lieu de séjour principal au Cameroun, et
partant son domicile fiscal, dès lors qu’il y est personnellement et effectivement présent, quels
que soient les conditions et le lieu de son séjour et de celui de sa famille. C’est le lieu de
rappeler que la doctrine fiscale pose comme principe que toute personne ayant séjourné plus
de six mois (183 jours) au Cameroun doit être considérée comme y ayant son lieu de séjour
principal, et par conséquent, son domicile fiscal.

78
• Cas particuliers des fonctionnaires et agents de l’Etat en service à l’étranger.

Par dérogation au principe de domiciliation, les personnes physiques statutairement ou


contractuellement liées à l’Etat du Cameroun, qui exercent leurs fonctions dans un pays
étranger et n’y sont pas soumises à un impôt personnel sur l’ensemble de leurs revenus, sont
imposables à l’IRPP camerounais dans la mesure où elles sont considérées comme ayant leur
domicile fiscal au Cameroun.
Il s'agit des agents de l'État (personnels civils et militaires, fonctionnaires statutaires et
employés de nationalité camerounaise ou étrangère placés sous contrat de travail avec l'État
du Cameroun) exerçant leur activité à l'étranger en cette qualité.
Les intéressés sont considérés comme fiscalement domiciliés au Cameroun et, par suite,
imposés dans les mêmes conditions que les fonctionnaires en service au Cameroun, lorsqu'ils
ne peuvent apporter la preuve qu'ils ont été effectivement soumis à l'étranger à un impôt
personnel sur l'ensemble des éléments de leur rémunération qui seraient taxables selon la
législation camerounaise.

2) Critère d’ordre professionnel

Les personnes qui exercent au Cameroun une activité professionnelle salariée ou non, à
moins qu’elles ne justifient que cette activité y est exercée à titre accessoire.
Pour être imposable sur ses revenus au Cameroun, le contribuable doit exercer une
activité professionnelle salariée ou non. S’agissant des salariés, le domicile fiscal à retenir
sera le lieu où ils exercent effectivement et régulièrement leur activité professionnelle.
En ce qui concerne les non salariés, il conviendra de s’assurer de ce qu’ils ont au
Cameroun une installation fixe, un établissement stable ou une exploitation.
L’exercice au Cameroun de l’activité professionnelle ne doit pas être accessoire.
Lorsque les contribuables exercent simultanément plusieurs professions ou la même
profession dans plusieurs pays, les intéressés sont considérés comme domiciliés au Cameroun
s'ils y exercent leur activité principale, qui s'entend de celle à laquelle ils consacrent le plus de
temps effectif, même si elle ne dégage pas l'essentiel de leurs revenus. Si un tel critère ne peut
être appliqué, il convient de considérer que l'activité principale est celle qui procure aux
intéressés la plus grande part de leurs revenus « mondiaux ».

3) Critère d’ordre économique

Il s’agit des personnes qui ont au Cameroun le centre de leurs intérêts économiques.
Il y a lieu de relever que pour être imposable sur ses revenus au Cameroun, le
contribuable doit y avoir le lieu de son principal établissement. Ce critère est réalisé lorsque
l’assujetti se trouve dans l’une ou l’autre des situations suivantes :
- il y a effectué ses principaux investissements ;
- il y possède le siège de ses affaires ;
- il y a le centre de ses activités professionnelles ;
- il administre ses biens à partir du Cameroun ;
- il y tire la plus grande partie de ses revenus.

79
II- La notion de revenus de source camerounaise

Sont considérés comme revenus de source camerounaise :

- les revenus d’immeubles sis au Cameroun ou de droits relatifs à ces


immeubles ;
- les revenus de capitaux mobiliers et de valeurs mobilières placées au
Cameroun ;
- les revenus d’activités professionnelles exercées au Cameroun ;
- les plus-values réalisées sur cession d’immeubles, de fonds de commerce,
droits incorporels, et droits sociaux, exploités au Cameroun ;
- les pensions et rentes viagères sont également considérées comme revenus de
source camerounaise, à condition que le débiteur ait son domicile fiscal ou soit établi au
Cameroun.

III- L’incidence des conventions fiscales internationales

D’abord, sous réserve des conventions fiscales internationales, les personnes


physiques qui ont leur domicile fiscal hors du Cameroun sont passibles de l’IRPP à raison de
leurs seuls revenus de source camerounaise.
Ensuite, les personnes ressortissantes des pays liés au Cameroun par une convention
fiscale régulièrement ratifiée sont soumises à l’IRPP sur les revenus dont la compétence
d’imposition est attribuée au Cameroun par lesdites conventions.

IV- L’incidence du statut de la personne

En vertu de la règle de la transparence fiscale, les associés des sociétés en nom collectif,
les commandités des sociétés en commandite simple et les membres des sociétés civiles
(personnes physiques), des sociétés en participation et des sociétés de fait non passibles de
l’Impôt sur les Sociétés ou n’ayant pas opté pour cet impôt sont personnellement soumis à
l’IRPP pour la part des bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société.

Précisions doctrinales : Imposition de la rémunération de l’associé dirigeant11

Les dispositions des articles 430, 431 et 467 de l’Acte Uniforme OHADA sur le droit
des sociétés commerciales admettent la possibilité pour un associé d’être salarié de
l’entreprise et que sa rémunération soit fixée par l’Assemblée Générale ou le Conseil
d’Administration.

Lorsque cette formalité est respectée, la rémunération susvisée est imposable à l’Impôt
sur le Revenu des Personnes Physiques dans la catégorie des traitements et salaires si elle
n’est pas excessive par rapport au service rendu et correspond à un travail effectif
conformément à l’article 7°1-a du Code Général des Impôts).

Dans le cas contraire, elle représente une distribution de bénéfices taxable dans la
catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

11
Note n° 5404/MINFI/DI/LC/L du 27 novembre 2003
80
Précisions doctrinales : Régime fiscal des coopératives d’épargne12

Au regard des dispositions des articles 10 et 77 de la loi n° 92/006 du 14 août 2002


relative aux sociétés coopératives et aux groupes d’initiative commune et de l’article 4 du
Code Général des Impôts, les coopératives d’épargne sont des personnes morales
mandataires de leurs membres. Elles ne réalisent pas de profits pour elles-mêmes et sont par
conséquent exempts de l’impôt sur les sociétés et a fortiori de l’acompte de 1%.

En fait, les bénéfices réalisés par une société coopérative d’épargne et de crédit sont
des revenus de capitaux mobiliers, taxables à ce titre entre les mains des membres de ladite
coopérative. La personne qui effectue le paiement de ces revenus a l’obligation de retenir et
de reverser au Trésor public la taxe proportionnelle sur les revenus des capitaux mobiliers.

SECTION III- LES EXEMPTIONS (article 27)

1) Sous réserve de réciprocité, les immunités fiscales sont accordées aux personnels
diplomatiques et consulaires de nationalité étrangère pour les activités exercées dans le cadre
de leur mission officielle. Pour l’application de cette disposition légale, il est à préciser que
les exonérations prévues à l’article 27 ne concernent pas les autres revenus de source
Camerounaise dont ils pourraient disposer ainsi que les membres de leur famille.

Précisions doctrinales : Régime fiscal des revenus perçus par le personnel camerounais
non diplomate des missions diplomatiques, consulaires et des organisations
internationales13

A la suite d’investigations menées par l’administration, il est apparu que le personnel


camerounais non diplomate en poste dans les missions diplomatiques, consulaires et
organisations internationales accrédités ou ayant un accord de siège avec le Cameroun,
n’acquitte pas l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques sur les salaires qu’il perçoit.

Pour y mettre un terme, le Ministre en charge des Finances par lettre


n°07/368/MINEFI/DGI/LC/RI du 11 janvier 2007a saisi son homologue des Relations Extérieures
pour préciser qu’en application des Conventions de Vienne de 1961 sur les relations
diplomatiques et 1963 sur les relations consulaires, le bénéfice de l’exonération fiscale dans
l’Etat d’accueil n’est accordé :
- pour les personnels des missions diplomatiques et consulaires qu’aux seuls
ressortissants de l’Etat accréditant ayant le statut de diplomate ;
- pour les personnels des organisations internationales, que lorsque les accords de siège
en disposent expressément.
En conséquence, et compte tenu de ce que par ailleurs le Code Général des Impôts ne
prévoit aucune exonération au profit du personnel camerounais non diplomate en service
dans les missions diplomatiques, consulaires et organisations internationales, les revenus
salariaux perçus par ce personnel est assujetti de plein droit à l’IRPP.

12
Lettres n°s 1031 et 1032/MINEFI/DI/LC/L du 13 septembre 2001
13
Lettre n°07/368/MINEFI/DGI/LC/RI du 11 janvier 2007
81
TABLEAU SYNOPTIQUE DU REGIME FISCAL AU REGARD DE L’IRPP
APPLICABLE AUX MISSIONS DIPLOMATIQUES ET ORGANISATIONS
INTERNATIONALES ACCREDITEES AU CAMEROUN

BENEFICIAIRES IMPOT SUR LE PROCEDURES OBSERVATIONS


REVENU
POUR LES MISSIONS DIPLOMATIQUES

La mission Elle n’est pas


diplomatique soumise à cet impôt.

LES PERSONNELS DE LA MISSION DIPLOMATIQUE

Le Chef de mission Exempt de l’Impôt


Par Chef de la sur le Revenu pour
mission, il faut les activités menées
entendre : dans le cadre de ses
• L’ambassadeur ; fonctions officielles.

• Le Haut-
commissaire ;

• Le Chargé
d’affaires ai ;

• Le Chargé
d’affaires ;

• le consul ;

• Le Consul
Général.

Le personnel Exonération de l’IR Cette facilité est


diplomatique pour les activités accordée uniquement
menées dans le cadre après vérification de
de leurs missions l’application de la
officielles. réciprocité aux
personnels diplomates
camerounais dans les
pays étrangers.
A cet effet, le MINREX
doit faire tenir à la DGI,
la liste des personnels
de rang diplomatique
des missions accréditées
au Cameroun, ainsi que
la liste des pays qui
appliquent la réciprocité
à l’égard des agents
diplomatiques
82
camerounais.

Les personnels - Exonération de l’IRS’il est stipulé


administratifs et au Cameroun que les revenus de
techniques lorsqu’il est stipulé et
cette catégorie de
établi que les
personnels sont
rémunérations de ces imposés au
personnels sont
Cameroun,
imposées dans l’Etat les missions
d’origine. diplomatiques
font tenir des
- assujettissement à listings à leur
l’IR dans le cas point focal, le
contraire. CPIC3, qui se
charge de
l’imposition des
concernés

Les personnels de Au regard de l’article Droit commun


service étrangers 37(3,4) de la
Convention de
Vienne,

Exempt de tous
impôts et taxes sur
les salaires

Les personnels Assujettis au S’agissant de la


camerounais des paiement de l’Impôt procédure de
missions sur le Revenu des déclaration des
diplomatiques Personnes Physiques. revenus de ce
type de personnel,
les missions
diplomatiques
font tenir des
listings à leur
point focal, le
CPIC3, qui se
charge de
l’imposition des
concernés

POUR LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES

L’organisation L’organisation
internationale internationale n’est
pas soumise à cet
impôt
83
LES PERSONNELS DE L’ORGANISATION INTERNATIONALE

Le représentant de Exempt de l’Impôt


l’OI sur le Revenu pour
les activités menées
dans le cadre de ses
fonctions officielles.

Les personnels Exonération de l’IR A cet effet, le MINREX


diplomatiques pour les activités fait tenir à la DGI la
menées dans le cadre liste des personnels de
de leurs missions rang diplomatique
officielles. présents dans les
organisations
internationales
accréditées au
Cameroun.

Les personnels - Exonération de l’IR S’il est stipulé


administratifs et au Cameroun que les revenus de
techniques lorsqu’il est stipulé et cette catégorie de
établi que les personnels sont
rémunérations de ces imposés au
personnels sont Cameroun, les OI
imposés dans l’Etat font tenir des
d’origine. listings à leur
-Assujettissement à point focal, le
l’IR dans le cas CPIC3, qui se
contraire. charge de
l’imposition des
concernés

Les personnels de Exempt de tous Droit commun


service étrangers impôts et taxes sur
les salaires

Les personnels Assujetti au paiement S’agissant de la Mise à disposition du


camerounais de l’Impôt sur le procédure de barème de l’IRPP
Revenu des déclaration des
Personnes Physiques. revenus de ce
type de personnel,
les OI font tenir
des listings à leur
point focal, le
CPIC3, qui se
charge de
l’imposition des
concernés
84
LES CAS PARTICULIERS

BEAC La BEAC n’est pas


assujettie à cet impôt

La délégation de la En l’absence de réciprocité avec l’Union Européenne, sa


Commission de l’UE représentation au Cameroun n’a pas droit aux exonérations accordées
aux missions diplomatiques.
Toutefois en attendant la clarification de ce régime, elle bénéficie
des mêmes avantages que les OI.

Ecole américaine, N’étant nullement rattachées à la mission diplomatique, elles sont


British Council, soumises au régime de droit commun.
école française

2) Les personnes soumises à l’Impôt Libératoire sont également exemptées de


l’IRPP pour leurs seules activités relevant de l’Impôt Libératoire.

SECTION IV - LE LIEU D’IMPOSITION (article 28)

Il s’agit de déterminer le centre des impôts de rattachement.


L’IRPP est établi au lieu de la résidence professionnelle du contribuable ou dans
l’unité intégrée de gestion de son dossier fiscal. Par résidence professionnelle, il faut entendre
le lieu où il exerce son activité.
S’il possède plusieurs centres d’intérêts professionnels, il est assujetti à l’impôt au
lieu où il est réputé posséder son principal centre d’intérêt.
Toutefois, s’il exerce une profession l’obligeant à de fréquents déplacements, l’impôt
doit être établi exceptionnellement au lieu de son habitation principale, c’est-à-dire le lieu où
sa famille réside en permanence.
En conséquence, s’agissant du lieu d’imposition des personnes soumises à l’IRPP, la
démarche graduelle ci-après organisée autour des deux critères suivants doit être suivie :
- d’abord et principalement le critère professionnel ;
- par défaut, le critère de résidence civile, donc celui du lieu d’habitation.
Le centre des impôts compétent pour la réception et le suivi des déclarations d’un
contribuable est donc celui en charge de la gestion du dossier dudit contribuable.

SECTION V - LE FAIT GENERATEUR ET L’EXIGIBILITE (article 67 et 68)

I – Définitions

1) Fait générateur

Le fait générateur de l’impôt se définit comme l’événement par lequel sont réalisées les
conditions légales nécessaires pour son exigibilité.

85
2) Exigibilité

L’exigibilité de l’impôt est définie comme le droit que l’administration peut faire valoir
à un moment donné auprès du contribuable pour obtenir le paiement de l’impôt.

II- Application en matière d’IRPP

1) Fait générateur
Chaque contribuable est imposable à l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques à
raison de ses revenus personnels acquis. Est considéré comme revenu acquis, le revenu dont
le bénéficiaire peut se prévaloir d’un droit certain même si le fait qui le rend disponible ne
s’est pas encore produit.
C’est le lieu ici de faire une distinction entre revenu acquis, revenu disponible et revenu
perçu.
Un revenu est acquis lorsqu’un droit certain à ce revenu existe, bien que le fait qui le
rende disponible ne se soit pas encore produit
Le revenu est disponible lorsque sa perception ne dépend que de la volonté du
bénéficiaire.
Le revenu perçu est celui qui est effectivement encaissé. Dans la plupart des cas, la mise
à la disposition se confond avec la perception.

A- Exigibilité

a) En matière de traitements et salaires, pensions, rentes viagères, des revenus fonciers


des revenus de capitaux mobiliers et des bénéfices non commerciaux pour les
contribuables relevant du régime simplifié d’imposition et du régime de base

L’exigibilité de l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques en matière de


traitements, salaires, pensions, rentes viagères, des revenus fonciers, des revenus de capitaux
mobiliers, y compris le cas des bénéfices non commerciaux réalisés par les contribuables
relevant du régime simplifié d’imposition et du régime de base, intervient au moment de la
mise à disposition. Ainsi, les revenus imposables ci-dessus sont ceux dont le contribuable a eu
la disposition au cours de l’année d’imposition.
Ainsi, un revenu payé par chèque est disponible à la date de remise du chèque si celle-ci
est effectuée directement au bénéficiaire quelle que soit la date à laquelle l’intéressé porte le
chèque au crédit de son compte bancaire, ou à la date de réception de la lettre si le chèque est
adressé par courrier.
De même, un revenu payé par inscription au crédit d’un compte courant (paiement par
virement bancaire) est présumé disponible à la date de cette inscription dès lors qu’aucune
circonstance indépendante de la volonté du bénéficiaire ne l’empêche d’en disposer
immédiatement.
Enfin, les revenus payés par l’intermédiaire d’un mandataire (loyers par exemple)
doivent être considérés comme étant à la disposition du mandant dès leur perception par le
mandataire sans qu’il y ait lieu de rechercher à quelle date ce dernier est appelé à rendre
compte de sa gestion.

86
b) En matière de bénéfices industriels et commerciaux, de bénéfices agricoles, et de
bénéfices non commerciaux pour les contribuables relevant du régime du réel

L’exigibilité de l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques en matière des bénéfices
industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles, et des bénéfices non commerciaux pour
les contribuables relevant du régime du réel intervient lors de la réalisation du fait générateur.
C’est le principe de l’imposition des revenus acquis qui s’applique, même s’ils ne sont
pas encore disponibles. En pratique, le bénéfice imposable pour ces catégories de revenu est
déterminé conformément aux règles de la comptabilité commerciale, c’est-à-dire à partir des
notions de créances acquises et de dépenses engagées.

SECTION VI - LES DISPOSITIONS COMMUNES AUX BENEFICES ARTISANAUX,


INDUSTRIELS ET COMMERCIAUX, AUX BENEFICES
AGRICOLES ET AUX BENEFICES NON COMMERCIAUX.

I- Les régimes d’imposition

A- Principe Général (article 60 à 65)

Des règles identiques sont édictées pour déterminer le résultat imposable des entreprises
individuelles relevant des bénéfices artisanaux, agricoles, industriels et commerciaux et des
bénéfices non commerciaux.
Dans l’ensemble, les entreprises individuelles passibles de l’Impôt sur le Revenu des
Personnes Physiques au titre des bénéfices artisanaux, industriels, et commerciaux, des
bénéfices agricoles, et des bénéfices non commerciaux, sont imposables, suivant les régimes
ci-après, déterminés en fonction du chiffre d’affaires réalisé:
- Régime de base ;
- Régime simplifié ;
- Régime du réel.

1° le régime de base (article 61 du CGI)


Relèvent de ce régime les entreprises individuelles qui réalisent un chiffre d’affaires
annuel hors taxes compris entre 15 millions et 50 millions.
Toutefois, les contribuables soumis au régime de base peuvent opter pour le régime
simplifié. L’option est irrévocable pour une période de trois ans et emporte également option
pour le même régime à la Taxe sur la Valeur Ajoutée.
A cet effet, ils doivent notifier leur choix au Chef de Centre des Impôts territorialement
compétent avant le 1er février de l’année d’imposition.

2° le régime simplifié (article 61 du CGI):


Les entreprises individuelles qui réalisent un chiffre d’affaires annuel hors taxes
supérieur à 50 millions et jusqu’à 100 millions de francs relèvent du régime simplifié
d’imposition.

87
Toutefois, ils peuvent opter pour le régime du réel. L’option est irrévocable pour une
période de trois ans et emporte également option pour le même régime à la Taxe sur la Valeur
Ajoutée.
A cet effet, ils doivent notifier leur choix au Centre des Impôts territorialement
compétent avant le 1er février de l’année d’imposition.

3° le régime du réel (article 61 du CGI) :


Relèvent de ce régime, les entreprises individuelles qui réalisent un chiffre d’affaires
annuel hors taxes supérieur à 100 millions de francs. Sont également imposables sous ce
régime quel que soit le chiffre d’affaires, les exploitants forestiers, les officiers publics
ministériels, les professions libérales.

B- Cas spécifique du régime des transporteurs

Les régimes spécifiques des transporteurs interurbains de personnes se présentent de la


manière suivante :

Régime simplifié : les transporteurs interurbains de personnes par minibus et cars de


moins de cinquante (50) places exploitant au plus cinq (05) véhicules.

Régime du réel :

- les transporteurs interurbains de personnes par minibus et cars de moins de cinquante


(50) places exploitant plus de cinq (05) véhicules ;

- les transporteurs interurbains de personnes par cars d’au moins cinquante (50) places
quelque soit le nombre de véhicules exploités;
En tout état de cause, les transporteurs interurbains de personnes ne sont pas soumis au
régime de base. De même, les transporteurs interurbains des marchandises relèvent du droit
commun.

C- Cas spécifique du régime des entreprises de jeux de hasard et de


divertissement (article 64 bis du CGI)

1° le régime de base :

Relèvent de ce régime, les exploitants de baby foot dont le nombre de machines est
compris entre 10 et 20, les exploitants de flippers et jeux vidéo dont le nombre de machines
est compris entre 5 et 10 et les exploitants de machines à sous dont le nombre est compris
entre 3 et 5.

2° le régime simplifié :

Sont imposables sous ce régime, les exploitants de baby foot dont le nombre de
machines est compris entre 21 et 31, les exploitants de flippers et jeux vidéo dont le nombre
de machines est compris entre 11 et 15 et les exploitants de machines à sous dont le nombre
est compris entre 6 et 10.

88
3° le régime du réel :
Le régime du réel concerne les exploitants de baby foot dont le nombre de machines est
supérieur à 31, les exploitants de flippers et jeux vidéo dont le nombre de machines est
supérieur à 15 et les exploitants de machines à sous dont le nombre est supérieur à 10.
Les exploitants des jeux dont le nombre de machines est inférieur aux planchers ci-
dessus visés relèvent de la catégorie D du régime de l’impôt libératoire.
Il est à noter que les personnes morales relèvent, sans considération du nombre des
machines, du régime du réel.

II- La taxation d’après les signes extérieurs de richesse (article 66)

Est taxé d’office à l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques d’après les signes
extérieurs de richesse, tout contribuable dont les dépenses personnelles ostensibles et notoires
sont supérieures aux revenus qu’il déclare ou tout contribuable, qui, dans les mêmes
conditions, n’a pas souscrit de déclaration.
Le revenu global imposable est déterminé en appliquant à certains éléments de train de
vie, le barème ci-dessous. En cas de contestation, la charge de la preuve incombe à
l’Administration.
Les autres dépenses d’entretien non comprises dans ce barème sont prises en compte
pour leur montant réel. La différence entre l’évaluation des éléments de train de vie d’un
contribuable et les revenus qu’il déclare est établie lorsque la somme forfaitaire résultant de
l’application des dispositions prévues aux paragraphes précédents excède d’au moins 40% le
revenu net déclaré au cours de l’un des deux derniers exercices. Si le contribuable n’a pas
souscrit de déclaration, son revenu de référence est considéré comme étant égal à zéro.
Pour l’application des dispositions qui précèdent, la valeur locative est déterminée soit
au moyen de baux écrits dûment enregistrées, soit par comparaison de locaux dont le loyer
aura été régulièrement constaté ou notoirement connu.
Lorsque le contribuable dispose simultanément d’au moins quatre éléments
caractéristiques de train de vie, le revenu forfaitaire correspondant à ces éléments est majoré
de 25%.
En cas d’évaluation du revenu brut à travers les consommations d’eau, d’électricité et
de téléphone, le contribuable est autorisé à faire état de ses charges déductibles.
Les éléments dont il est fait état pour la détermination de la base d’imposition d’un
contribuable comprennent également ceux de son conjoint ou de ses ascendants ou
descendants directs lorsque ces derniers ne déclarent pas de revenus propres.
Toutefois, lorsque le revenu ainsi constitué provient en totalité ou en partie du fait que le
contribuable a disposé des revenus expressément exonérés de l’Impôt sur le Revenu des
Personnes Physiques par une disposition particulière, l’intéressé peut, à condition d’en
apporter la preuve, obtenir la déduction desdits revenus exonérés.

89
BAREME DE DETERMINATION DES REVENUS FORFAITAIRES
SELON LES ELEMENTS DE TRAIN DE VIE

REVENU FORFAITAIRE
ELEMENTS DE TRAIN DE VIE
CORRESPONDANT
1) Valeur locative de la résidence principale hormis le
cas de logement de fonction, déduction faite de celle 2 fois la valeur locative réelle.
s’appliquant aux locaux ayant un caractère
professionnel :
2) Valeur locative des résidences secondaires au
Cameroun et hors du Cameroun : 2 fois la valeur locative réelle.
3) Employés de maison et autres employés pour
chaque personne âgée de moins de 60 ans : 300.000 francs.
4) Voitures automobiles destinés au transport des personnes :
a) Par cheval-vapeur de la puissance de la voiture 180.000 francs,
lorsque celle-ci est égale ou inférieure à 6 Cv,
b) Par cheval-vapeur de la puissance de la voiture 360.000 francs,
lorsque celle-ci est comprise entre 7 et 10 Cv,

c) Par cheval-vapeur de la puissance de la voiture 540.000 francs,


lorsque celle-ci est comprise entre 11 et 15 Cv,

d) Par cheval-vapeur de la puissance de la voiture 720.000 francs


lorsque celle-ci est supérieure à 15 Cv.

Dans tous les cas : Abattement de 1/3 pour les voitures âgées
de 5 à 10 ans et 2/3 pour celles âgées de
plus de 10 ans.
5) Yachts ou bateaux de plaisance jaugeant au moins 3
tonneaux de jauge internationale : 1.000.000 francs.
Pour chaque tonneau :
6) Voyage d’agrément ou tourisme à l’étranger : 5 fois le prix du titre de transport par
voyage.
7) Piscine : 500.000 francs.
8) Avion de tourisme, par Cv de la puissance de
l’avion : 500.000 francs.
9) Consommation d’eau, d’électricité et téléphone : 5% du revenu brut.

Exemple d’application :
Monsieur KAMGA figure dans le fichier du Centre des Impôts des Professions
Libérales et de l’Immobilier de Yaoundé. L’activité principale mentionnée dans sa carte de
contribuable est « Consultant International ». Au titre de l’exercice 2008, il souscrit une
déclaration qui fait apparaître un bénéfice de FCFA 3 900 000.
Les éléments de train de vie recoupés par l’administration fiscale se présentent ainsi
qu’il suit :
- deux véhicules de tourisme dont un de 9 CV et l’autre de 11 CV. Les deux véhicules
ont moins de deux ans d’âge.
- une résidence principale au quartier ODZA dont la valeur des constructions est
estimée à 50 000 000 FCFA ;
90
- une piscine ;
- il a effectué au cours de l’année un séjour touristique à Majorque en Espagne : titre de
transport : 600 000 FCFA à l’aller et le même montant au retour.
- consommation d’eau, d’électricité et de téléphone : 3 000 000 FCFA.

Problème : Déterminer son revenu imposable d’après ces éléments de train de vie.

SOLUTION :
➢ Reconstitution des éléments du revenu :
• Véhicules :
- Pour le véhicule de 9 CV le revenu à retenir est de 360 000 Fcfa X 9 = 3 240 000 Fcfa.
- Pour le véhicule de 11 CV, le revenu à retenir est de 540 000 X 11 = 5 940 000 Fcfa.
- La somme des deux revenus est de : 3 240 000 X 5 940 000 = 9 180 000 Fcfa. Il n’y a
pas d’abattement à faire valoir ici les véhicules étant datés de moins de deux ans,.
• Piscine : 500 000 Fcfa
• Résidence principale
- détermination de la valeur locative réelle, soit 1/20 de la valeur des constructions si
l’on considère que les constructions s’amortissent sur une période de vingt ans.
50 000 000 X 1/20 = 2 500 000 Fcfa
• Voyage d’agrément, soit cinq fois le titre de transport
600 000 X 5 (X2) = 6 000 000 Fcfa
• Reconstitution du revenu brut à partir de la consommation d’eau, d’électricité et
de téléphone
3 000 000 X 100/5 = 60 000 000
On en déduit les charges : 60 000 000 – 3 000 000 = 57 000 000 Fcfa
➢ Somme des revenus reconstitués
9 180 000 + 500 000 + 6 000 000 + 57 000 000 = 72 680 000 Fcfa
➢ Majoration à cause d’au moins quatre éléments reconstitués
72 680 000 X 25% = 18 170 000 Fcfa
➢ Revenu à considérer
72 680 000 + 18 170 000 = 90 850 000 Fcfa

III- Les obligations comptables (article 73)

Le système comptable OHADA institue les documents suivants, en fonction du montant


du Chiffre d’affaire des entreprises :

1- Les entreprises relevant du système comptable normal (SCN) réalisant un chiffre


d’affaires d’au moins 100 millions de FCFA présentent obligatoirement les documents

91
comptables ci-après, qui sont un tout indissociable (cf. article 26 Acte Uniforme OHADA
portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises) :

- le bilan ;
- le compte de résultat ;
- le tableau financier des ressources et des emplois (TAFIRE) ;
- un état supplémentaire statistique ;
- un état annexé qui complète et précise, en cas de besoin, l’information donnée par les
autres états financiers annuels, à même de favoriser l’obtention d’une image fidèle du
patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’entreprise.

2- Les entreprises relevant du système comptable allégé (SCA) dont le chiffre d’affaires
est inférieur à 100 millions de FCFA présentent les documents comptables ci-après :

- le bilan simplifié ;
- le compte de résultat simplifié ;
- un état annexe simplifié.

3- Les entreprises relevant du système minimal de trésorerie (SMT) dont le chiffre


d’affaires est inférieur à 30 millions pour celles qui relèvent du négoce, à 20 millions
pour celles qui relèvent du secteur artisanal, et à 10 millions pour les entreprises
prestataires de services, présentent les documents comptables ci-après :

- un livre de recettes ;
- un livre de dépenses ;
- la variation des avoirs.

Toutes ces obligations, y compris celles propres au système fiscal camerounais, à savoir
l'immatriculation, la production du plan sommaire de situation en vue de la localisation…
concernent également les entreprises individuelles.

IV- Les obligations déclaratives (articles 74 à 79)


Les personnes physiques sont tenues de souscrire avant le 15 mars de chaque année une
déclaration détaillée des revenus dont elles ont disposé au cours de l’année fiscale écoulée.
Cependant, les contribuables ne jouissant que des traitements, salaires, pensions, rentes
viagères et/ou des revenus de capitaux mobiliers sont dispensés de cette obligation.
S’agissant des contribuables dispensés de l’obligation déclarative, ils doivent déclarer
les autres revenus ne faisant pas l’objet de retenues à la source.
Les revenus fonciers des couples mariés sous le régime de la communauté des biens
peuvent être déclarés par l’un ou l’autre des époux.
S’agissant de la compensation en cas de crédit d’impôt en matière de revenus fonciers, il
n’est accordé qu’après contrôle. Il faut s’assurer que le crédit est fondé en droit et en fait et
que les précomptes sur loyers ont effectivement été opérés et reversés au Trésor Public.
Les déclarations auto liquidatives non accompagnées de moyens de paiement
correspondants font l’objet d’avis de mise en recouvrement.
L’impôt relatif aux revenus de capitaux mobiliers est retenu à la source par la personne
(physique ou morale) qui paie lesdits revenus. En outre, les redevables légaux de cet impôt
remettent à l’Administration fiscale tous les mois, le relevé des sommes payées par eux sous
quelque forme que ce soit ainsi que les avis d’ouverture et de clôture de tout compte.

92
Les déficits accusés dans une catégorie ne s’imputent que sur les résultats futurs de la
même catégorie et non sur le revenu global.

SECTION VII – DES DISPOSITIONS COMMUNES AVEC L’IMPOT SUR LES


SOCIETES

I- Cession, cessation ou décès (Articles 94 à 98)

Le principe de l’exigibilité immédiate des impôts est la règle en cas de cession,


cessation ou de décès. Ainsi, dès lors qu’advient l’une des circonstances sus évoquées, le
paiement de l’IS ou de l’IRPP dû est immédiat par le cédant, le cessataire, ou le défunt au
moment de la déclaration de cession, de cessation ou de décès.
Les délais impartis pour déclarer une cession ou une cessation, donc pour acquitter les
impôts y afférents sont de trente (30) jours à compter de la survenance de l’évènement. Ils
sont par contre de six (06) mois en cas de décès à compter de la date de décès du contribuable
précédemment assujetti à l’IRPP.
S’agissant des modalités de calcul des impôts dus, plus spécifiquement en cas de décès,
ils ne peuvent être supérieurs aux trois quarts (3/4) de l’actif net successoral déterminé
conformément aux dispositions relatives aux droits d’enregistrement, notamment les articles
297 et suivants du CGI. Il convient de relever que l’actif net successoral dont il est question
ne subit aucune influence des droits de mutation par décès acquittés par les héritiers, lesquels
ne sauraient venir réduire l’évaluation de l’actif net successoral.
Les impôts acquittés par les héritiers pour le compte des défunts ne doivent pas venir
en diminution des impôts personnels desdits héritiers. Ils sont admis comme charges
déductibles pour la détermination de l’actif successoral, en raison de leur nature de dettes à la
charge du défunt.
S’il advient que les héritiers du défunt décident de continuer son activité, même sous
la forme d’une société de personnes ou d’une société à responsabilité limitée (SARL), il ne
peut être considéré qu’ils ont réalisé une plus-value sur une mutation si les conditions
cumulatives ci-après sont remplies :

- qu’il s’agisse des héritiers en ligne directe c’est à dire les ascendants et descendants au
premier degré (enfants ou parents du défunt) ou du conjoint ;

- que toutes les évaluations d’éléments d’actif figurant au dernier bilan établi avant la mort
du de cujus soient conservés par les nouveaux exploitants ;

- que les statuts prévoient en plus expressément que des parts de l’entreprise (du capital) ne
seront pas cédées à des tiers étrangers à la succession, s’il y a constitution de SARL.

II- Départ du Cameroun (Article 99)

L’objectif visé est la sécurisation des recettes de l’Etat en subordonnant la délivrance du


passeport ou d’un visa de sortie du territoire à la présentation d’un certificat d’imposition du
concerné, justifiant que l’intéressé est en règle vis-à-vis de l’Administration Fiscale.
Ces documents ne sont pas exigés des salariés camerounais dans le cadre de leurs
déplacements temporaires à l’étranger, qu’ils soient professionnels ou non.

93
III- Obligations particulières des chefs d’entreprises (Articles 100 à 104)
Les entreprises restent tenues par la Législation de produire à leur centre des impôts de
rattachement, et ce au plus tard le 15 mars de chaque année, des bulletins individuels
récapitulatifs retraçant pour l’exercice précédent :

- les appointements et leurs accessoires divers versés à chaque membre de leur


personnel salarié ;
- les paiements supérieurs à deux cent cinquante mille (250.000) [Link] effectués au
profit des tiers au titre de services de toutes natures rendus de façon permanente ou
occasionnelle, et cela par bénéficiaire ;
- le détail des achats effectués auprès de chaque fournisseur, en précisant leur numéro
d’identifiant unique et leur centre des impôts de rattachement ;
- En ce qui concerne le personnel salarié en fin de contrat avec l’entreprise
camerounaise, les appointements et accessoires ci-dessus visés doivent être transmis au centre
des impôts de rattachement au plus tard un mois avant leur départ ;
- Il reste entendu que l’inobservation de ces exigences par une entreprise a pour
conséquences cumulatives ;
- l’application d’une amende de cinq mille (5.000) [Link] par omission ou inexactitude
se rattachant à une opération, par bénéficiaire et par mois de retard ;
- la perte du droit de porter en charges ou en frais professionnels les sommes versées,
donc de les déduire dans la détermination du bénéfice de l’entreprise, sauf si l’entreprise s’est
rattrapée en effectuant ces déclarations après une mise en demeure.
En cas de changement de résidence ou du lieu du principal établissement d’un
contribuable assujetti à l’IRPP ou à l’IS, il peut en toute légalité et légitimité, choisir
d’acquitter les impôts dus avant ce changement, soit à son ancien centre de rattachement, soit
au nouveau.

94
CHAPITRE II - DETERMINATION DE L’ASSIETTE DE L’IMPOT SUR LE
REVENU DES PERSONNES PHYSIQUES

SECTION I - LES TRAITEMENTS, SALAIRES, PENSIONS ET RENTES


VIAGERES (Articles 30 à 34)

I- LES REVENUS IMPOSABLES

Le champ d'application de l'impôt recouvre non seulement les revenus provenant des
traitements, des salaires, indemnités, émoluments, des pensions et rentes viagères, mais
également les gains réalisés par les producteurs d’assurance, les voyageurs représentants
placiers, lorsque l’activité rétribuée s’exerce au Cameroun.

1- Les traitements et salaires

Les traitements et salaires constituent des sommes perçues dans le cadre d’une activité
professionnelle exercée par une personne physique placée dans un état de subordination et
d’étroite dépendance vis-à-vis de son employeur. En principe, toutes les rémunérations
perçues en raison d’une activité salariée sont imposables dans la catégorie des traitements et
salaires, quels que soient :

- leur dénomination : émoluments, allocations, indemnités, pourboires, soldes, avantages,


etc. ;
- leur forme : en espèce ou en nature ;
- leur mode de calcul : fixe ou proportionnel.
En outre, la qualité de salarié résulte généralement d’un contrat de travail. Mais elle peut
également correspondre à un statut juridique particulier : fonctionnaires, journalistes
professionnels, voyageurs représentants placiers, artistes du spectacle, certains dirigeants de
sociétés de capitaux, …

2- Les pensions et rentes viagères

Les pensions désignent des allocations, rentes ou indemnités qui représentent, dans une
certaine mesure, la contrepartie de droits acquis à raison d'une activité exercée antérieurement
ou la récompense de services passés, la contrepartie de la réduction ou de la perte de capacité
de gain ou encore les moyens qui sont accordés à une personne pour assurer son existence. On
peut avoir les pensions de vieillisse ou de retraite, les pensions d’invalidité, les pensions
alimentaires.
Les rentes viagères quant à elles désignent des allocations périodiques (ou arrérages)
qu'une personne appelée débirentier, s'engage à servir à une autre personne, appelée
crédirentier, pendant la vie de celle-ci. En général, la rente viagère résulte d'un contrat, mais
elle peut également résulter d'un jugement ou d'une disposition testamentaire.
La rente peut être constituée :
- soit à titre onéreux, lorsque l'une des parties contractantes cède volontairement à l'autre, la
propriété d'objets mobiliers ou immobiliers ou d'une somme d'argent ;
- soit à titre gratuit, si le contrat ne comporte pas, pour le bénéficiaire, la cession préalable
d'un capital mobilier ou immobilier.

95
Sauf attribution expresse de la compétence d’imposition par une convention fiscale
internationale, les pensions et rentes ne sont pas imposées au Cameroun lorsque le débiteur
n’y est pas établi.

II- LES REVENUS EXONERES (article 31 du CGI)

Les exonérations en matière de traitements, salaires, pensions et rentes viagères peuvent


être classées ainsi qu’il suit :

1- Exonérations de certaines allocations spéciales pour frais d’emploi

L’alinéa 1er de l’article 31 du CGI prévoit l'exonération des allocations spéciales


destinées à couvrir les frais inhérents à la fonction ou à l'emploi et effectivement utilisées
conformément à leur objet. Pour que cette exonération s’applique, les frais inhérents à
l’emploi doivent :

- former un non cumul avec les frais réels engagés pour la même cause. Dans le cas
contraire, l’allocation forfaitaire devra être comprise dans la base imposable ;
- correspondre à des frais professionnels, c’est-à-dire couvrir des dépenses strictement
inhérentes à la fonction ou à l'emploi, les frais de caractère personnel n’étant jamais admis en
déduction pour la détermination du revenu imposable ;
- correspondre à des dépenses professionnelles spéciales, c’est-à-dire des frais spéciaux
occasionnés par l'exercice même de l'activité professionnelle et qui, spécifiques à cette
activité, sont exposés par le salarié directement dans l'intérêt de l'entreprise. C’est le cas par
exemple des frais liés aux déplacements nécessités par l'emploi occupé ou les fonctions
exercées, ou des dépenses entraînées par des invitations résultant d'obligations
professionnelles ;
- correspondre à des dépenses réelles ; cela signifie que la fixation des allocations ou
indemnités doit être effectuée en fonction des charges réellement supportées par les intéressés
dans l'exercice de leurs fonctions au service de l'entreprise.
- être utilisés conformément à leur objet, c’est-à-dire, L'exonération de ces
remboursements ou allocations suppose que les frais correspondants soient appuyés de
justifications suffisamment précises pour en établir la réalité et le montant et qu'il soit
clairement démontré qu'ils ont été exposés dans l'intérêt de l'entreprise et ne sont pas d'un
niveau exagéré.

2- Exonérations à caractère social

Ce sont :

- les allocations ou avantages à caractère familial ;


- les allocations, indemnités et prestations servies sous quelque forme que ce soit par
l’Etat, les Collectivités et Etablissements publics en vertu des lois et décrets d’assistance et
d’assurance ;
- les indemnités temporaires, prestations et rentes viagères servies aux victimes
d’accidents du travail ou à leurs ayant droit ;
- les rentes viagères servies en représentation de dommages intérêts en vertu d’une
condamnation prononcée judiciairement pour la réparation d’un préjudice corporel ayant
entraîné pour la victime une incapacité permanente totale l’obligeant à avoir recours à
l’assistance d’une tierce personne pour effectuer les actes ordinaires de la vie ;
- le complément forfaitaire de solde servi aux fonctionnaires ;

96
- les pensions pour blessures et invalidité accordées aux hommes qui ont servi aux
forces armées ;
- les bourses d’études ;
- le capital reçu à titre de pension ou d’indemnité pour décès ou en compensation
consolidée pour décès ou blessures.
- la quote-part de l’indemnité de licenciement versée à titre de dommages intérêts en
vertu de la législation sociale à l’exception des sommes destinées à couvrir le préjudice relatif
à la perte du salaire.

3- Exonérations de reconnaissance nationale et exonérations diverses

Sont exonérées à ce titre :

- les gratifications allouées aux travailleurs à l’occasion de la remise des médailles du


travail par le Ministère chargé du Travail ;
- les majorations de salaires résultant de l’application de l’index de correction servi aux
fonctionnaires et agents de l’Etat des missions diplomatiques et consulaires en poste à
l’étranger.

III- DETERMINATION DU REVENU CATEGORIEL NET IMOPSABLE


(article 32-34 du CGI)

La base d’imposition est obtenu en tenant compte du montant brut des traitements,
indemnités, émoluments, salaires, pensions et rentes viagères ainsi que de tous les avantages
en nature ou en argent accordés aux intéressés.

1- Composantes du revenu salarial

a. salaire fixe ou salaire de base

Le salaire peut être fixe ou proportionnel.

b. Les gratifications

Les gratifications représentent les primes et autres indemnités allouées au salarié en sus
de sa rémunération principale. Elles sont assez variées. On peut avoir : la prime de transport,
la prime de technicité, la prime d’ancienneté, la prime d’assiduité, l’indemnité de sujétion, la
prime de caisse, la prime de risque, les majorations pour heures supplémentaires, l’indemnité
de travaux spéciaux, etc. Il appartient à l’agent des impôts d’apprécier chaque fois pour
l’imposition des gratifications les faits et la nature desdites primes ou indemnités.

c. Les avantages en nature

Les avantages en nature représentent les biens ou prestations de service que l’employeur
met gratuitement (ou pour une valeur réduite) à la disposition des salariés ou dirigeants, et
destinés à leur usage personnel.

L’estimation des avantages en nature est faite selon un barème contenu dans le CGI. Les
taux y contenus sont à appliquer sur le salaire brut taxable entendu comme l’ensemble des
rémunérations mises à la disposition du contribuable par les soins de son employeur (salaires
+ indemnités et primes taxables). Pour leur tarification, la loi n’a retenu que six d’entre eux

97
(logement, électricité, eau, domestique, véhicule et nourriture). Les taux prévus pour
l’estimation des avantages en nature sont les suivants :

Logement…………………………………………………………………… 15%
Electricité…………………………………………………………………… 4%
Eau………………………………………………………………………… 2%
Par domestique…………………………………………………………… 5%
Par véhicule ……………………………………………………………… 10%
Nourriture………………………………………………………………… 10%

A noter qu’en cas de versement par l’employeur d’une indemnité en argent


représentative d’avantage en nature, seule sera comprise dans la base d’imposition, la quote-
part correspondant à la limite ci-dessus, sauf exonération expresse.

Précisions doctrinales : Régime fiscal des compléments de salaires14

Dans une abondante doctrine, l’Administration fiscale s’est régulièrement prononcée


sur le régime fiscal des compléments de salaires perçus par les salariés sous diverses formes.

En effet, conformément aux dispositions de l’article 31 (1) du Code Général des Impôts,
les compléments de salaire en nature ou en argent sont affranchis de l’IRPP sous réserve de
la combinaison des trois (03) conditions suivantes :

- présenter un caractère spécial ;


- ne pas être exagérés dans leur montant ;
- être utilisés conformément à leur objet.

Au rang de ces compléments, l’on peut évoquer :

- les indemnités kilométriques payées au personnel contraint de se déplacer à


l’intérieur des plantations des entreprises agro-industrielles dans le strict cadre de leur
activité professionnelle ;
- la prime de domesticité payée au personnel sous logement d’astreinte ;
- ou encore les primes de panier régulièrement qualifiées comme telles.

Au regard des conditions cumulatives sus-évoquées, les sommes et autres avantages


accordés en permanence aux salariés d’une branche spécifique d’activité ou à tout ou partie
du personnel, sans lien direct avec la fonction ou l’emploi, demeurent soumises à l’IRPP.
C’est le cas des indemnités de transport ou des primes de vol servies au personnel des
compagnies aériennes.

La soumission à l’IRPP se fait alors sur la base de l’article 33 du Code Général des
Impôts relatif à l’estimation des avantages en nature. Ces avantages ou leur pendant en
espèces sont compris dans la base d’imposition dans la limite des taux précisés audit article.

14
Lettres n°s 0422/MINEFI/DI/LC/L du 11 août 2000 ; 0322/MINFI/DI/LC/L du 20 janvier 2003 ;
1279/MINEFI/DI/LC/L du 05 mars 2004 ; 2548/MINEFI/DI/LC/L du 10 mai 2004 ; 2072/MINEFI/DI/LC/L du
19 avril 2004 ; 5336/MINFIB/DI/LC/L du 29 décembre 2004 ; et 3441/MNEFI/DGI/LC/L du 24 juin 2005
98
Précisions doctrinales : Régime fiscal des compléments d’indemnité de
licenciement15

Suite aux interrogations portant sur le sort fiscal réservé aux compléments d’indemnités
perçus par un employé à l’occasion de la rupture de son contrat de travail, l’Administration a
fait connaître sa position sur le sujet.

Il importe d’emblée de dire que les employeurs versent souvent à leurs ex-salariés, de
façon forfaitaire ou en application de conventions collectives de travail, diverses sommes
recouvrant des dénominations variées. Il s’agit, selon les entreprises, d’indemnité de
séparation à l’amiable, de prime de bonne séparation ou d’indemnité de fin de carrière.
Lesdites sommes sont versées en sus de l’indemnité de licenciement pour des raisons
d’humanisme, de réinsertion sociale ou de conjoncture économique.

Au sens de l’article 31 (3) du Code Général des Impôts, le capital reçu par un salarié
parvenu à la fin d’un contrat de travail n’est exonéré de l’impôt que dans la mesure où il
répare un préjudice corporel causé audit salarié, ou s’il est versé par l’Etat, les collectivités
territoriales décentralisées et les établissements publics en vertu des lois et décrets
d’assurance et d’assistance.

Il s’en suit dès lors que les sommes versées aux ex-employés en plus de l’indemnité de
licenciement lors de la rupture du lien de subordination constituent un complément de revenu
taxable à l’IRPP, à l’exception de celles qui ont pour objet de réparer un préjudice
exceptionnel, matériel ou moral autre que la seule perte du revenu.

Présentent ainsi le caractère de complément taxable, entre autres, la prime de bonne


séparation, la prime de reconversion versée à des salariés en fin de contrat à durée
déterminée.

d. Les charges déductibles

Le revenu net imposable est déterminé en déduisant du montant brut des sommes
payées et des avantages en nature ou en argent accordés, les frais professionnels calculés
forfaitairement au taux unique de 30% ainsi que les cotisations versées à la Caisse Nationale
de Prévoyance Sociale (CNPS) au titre de la retraite obligatoire.

De même, les cotisations au titre de la retraite obligatoire des fonctionnaires salariés,


retenues à la source par le Trésor public, ainsi que celles versées par les salariés étrangers
dans leurs pays d’origine et qui ont un caractère obligatoire sont également déductibles pour
la détermination du revenu net imposable.

Les cotisations versées à l’Etat et qui sont visées à l’article 34 du CGI sont celles
relatives à la retraite obligatoire. Ne sont en conséquence pas déductibles de l’assiette de
l’IRPP la contribution au Crédit Foncier, la Redevance Audio-visuelle, la Taxe communale
ainsi que tout autre prélèvement perçu par l’Etat et ses démembrements.

Enfin, en cas de paiement d’un revenu exceptionnel portant sur plusieurs mois, ce
revenu est étalé sur les mois correspondants. Les revenus mensuels initiaux de la période
concernée doivent alors être reconstitués et le barème appliqué. Le solde correspondant à la
15
Lettres n°s : 0972/MINEFI/DI/LC/L du 08 octobre 2000 ; 7408/MINEFI/DI/LC/L du 14 novembre 2002 ;
7848/MINFI/DI/LC/L du 13 décembre 2002 ; et Instruction n°01/MINEFI/DI/LC/L du 31 janvier 2005
99
différence entre l’impôt initialement acquitté et celui résultant de la reconstitution de la base
taxable est retenu à la source au courant du mois de perception du revenu exceptionnel.

Exemple : Monsieur FAY est cadre de banque. Il a perçu au titre de l’année 2008 les
rémunérations suivantes :

Salaire de base : 3 600 000


Prime de technicité : 800 000
Prime d’ancienneté : 500 000
Indemnités de travaux spéciaux : 1 000 000
Majorations pour heures supplémentaires : 400 000
Il a en outre bénéficié des avantages en nature suivants : logement, eau, électricité, téléphone,
deux domestiques, un véhicule.

Son revenu net imposable est déterminé ainsi qu’il suit :

Revenu brut taxable = salaire de base + primes et indemnités

Soit 3 600 000 + 800 000 + 500 000 + 1 000 000 + 400 000
Revenu brut taxable = 6 300 000

Estimation des avantages en nature

Logement : 6 300 000 x 15% = 945 000


Eau : 6 300 000 x 2% = 126 000
Electricité 6 300 000 x 4% = 252 000
Domestique : 6 300 000 x (5%x2) = 630 000
Véhicule : 6 300 000 x 10% = 630 000
Total avantages en nature = 2 583 000

Revenu brut = revenu brut taxable + Avantages en nature

Soit 6 300 000 + 2 583 000


Revenu brut = 8 883 000

Revenu net imposable = revenu brut – charges déductibles (ici abattement pour frais
professionnels de 30%)

Soit 8 883 000 – (8 883 000 x 30%)

Revenu net imposable = 6 218 100 F CFA

2- Pensions et rentes viagères

Les pensions de retraite et de vieillesse matérialisent l’exercice d’une activité passée.


Elles sont imposables.
Les pensions alimentaires représentent les moyens pécuniaires que l’on sert à une
personne pour assurer sa survie. Certaines sont octroyées à titre onéreux, d’autres à titre
gratuit. Elles émanent généralement d’une décision de justice. Elles peuvent avoir le caractère
alimentaire (assurer la subsistance d’un individu) ou un caractère indemnitaire (réparer un

100
préjudice). La réparation d’un préjudice attaché à une indemnité en général échappe à
l’imposition (voir tableau ci –après sur le régime fiscal des pensions alimentaires).

Les rentes viagères peuvent être constituées à titre onéreux ou à titre gratuit. Quelle que
soit la forme, les rentes viagères sont considérées comme des revenus imposables. Toutefois,
lorsque leur caractère consiste à réparer un préjudice, elles ne sont pas imposables.

TABLEAU RELATIF A LA NATURE JURIDIQUE ET AU REGIME FISCAL DES


PENSIONS ALIMENTAIRES

Nature juridique Différentes Nature de la Situation juridique Conséquences fiscales


situations prestation Débiteur Créancier
Prestation Séparation de Pension Le devoir de Déductible Imposable
destinée corps alimentaire secours subsiste
à contribuer à Divorce pour Pension Le devoir de Déductible Imposable
l’entretien de l’un rupture de la vie alimentaire secours subsiste
des époux ou ex- commune
époux • attribution de Non Non
biens en capital Le devoir de déductible Imposable
Divorce pour • attribution secours Déductible Imposable
faute d’une rente ne subsiste pas

Prestation Divorce pour Attribution de Non Non


revêtant le rupture de la vie biens en capital - déductible imposable
caractère de commune
dommages et Divorce pour Attribution Non Imposable
intérêts faute d’une rente - déductible comme
Pension

SECTION II - LES REVENUS DE CAPITAUX MOBILIERS (RCM)

I- LES REVENUS IMPOSABLES (article 35)

Les revenus de capitaux mobiliers concernent de manière générale:

- les produits des actions, parts de capital, et revenus assimilés ;


- les revenus des obligations ;
- les revenus de créances, dépôts, cautionnements et comptes courants ;
- les gains réalisés à l’occasion de la cession d’actions, d’obligations et autres parts de
capital.

A- Produits des actions, parts de capital, et revenus assimilés (article 36 à 39)

Les bénéfices qui ne demeurent pas investis dans l’entreprise sont considérés comme
revenus distribués.

Aussi, sont considérés comme désinvestissements et par conséquent taxés à l’impôt sur
les revenus des personnes physiques au titre des RCM :

101
1. tous les produits ou bénéfices qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au
capital;
2. toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou
porteurs des parts et non prélevées sur les bénéfices, même en cas de déficit ;
3. les rémunérations allouées aux membres des conseils d’administration des
sociétés anonymes à quelque titre que ce soit, à l’exclusion des salaires et des redevances de
propriété industrielle.

En conséquence, les sommes ou valeurs attribuées en nature ou en espèce sous forme


statutaire et non apparente, c’est-à-dire les sommes ou valeurs qui, notamment du fait de leur
inscription comptable, ne peuvent être dissociées des dépenses sociales, mais ne peuvent non
plus être considérées comme telles (dépenses non engagées dans l’intérêt social, soit par
détermination de la loi) doivent systématiquement être taxées à l’IRPP au titre des RCM.

Il s’agit entre autres des :


- prélèvements effectués à des fins personnelles par les dirigeants ;
- avantages en nature injustifiés ;
- revenus considérés comme distribués à la suite de contrôle même en l’absence de
bénéfice ;
- dépenses somptuaires.

S’agissant des personnes n’ayant pas leur domicile ou siège social au Cameroun, sous
réserve des conventions internationales, les bénéfices sont réputés distribués au titre de
chaque exercice à ces personnes.

Ne sont pas considérés comme revenus distribués et échappent à l’IRCM :


1/ les répartitions présentant pour les associés ou actionnaires le caractère de
remboursement d’apports ou de primes d’émission. Toutefois, une répartition n’est réputée
présenter ce caractère que si tous les bénéfices et réserves autres que la réserve légale ont été
auparavant répartis.
Ne sont pas considérés comme des apports pour l’application de la disposition ci-
dessus :
a) les réserves incorporées au capital ;
b) les sommes incorporées au capital ou aux réserves (primes de fusion) à l’occasion
d’une fusion de sociétés.
2/ les amortissements de tout ou partie de leur capital, parts d’intérêts ou de
commandite effectués par les sociétés concessionnaires de l’Etat, des communes ou autres
collectivités publiques lorsque ces amortissements sont justifiés par la caducité de tout ou
partie de l’actif social notamment par dépérissement progressif ou par l’obligation de remise
de la concession à l’autorité concédante ;
3/ les remboursements consécutifs à la liquidation de la société et portant sur le
capital amorti, à concurrence de la fraction ayant, lors de l’amortissement, supporté au
Cameroun l’impôt sur le revenu des personnes physiques ;
4/ les sommes mises à la disposition des associés dès lors qu’elles constituent la
rémunération d’un prêt, d’un service ou d’une fonction et qu’elles sont valablement
comprises dans les charges déductibles pour l’assiette de l’Impôt sur les Sociétés ;
102
5/ les sommes attribuées aux remboursements des actionnaires pour le rachat de
leurs titres par une société d’investissement.

Précisions doctrinales : Précision sur la notion de revenus distribués16

Aux termes des dispositions des articles 36.1° et 37.1° du CGI, les répartitions des
bénéfices et réserves antérieurement incorporés au capital et qui font l’objet d’un
remboursement aux associés ou actionnaires par voie de diminution du capital sont
considérées comme des revenus distribués et par conséquent taxées à l’IRPP dans la
catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

En revanche, les répartitions présentant pour les associés ou actionnaires le caractère


d’un remboursement d’apports ou de primes d’émission ou apports initiaux sont considérés
comme revenus non distribués et par conséquent exonérés de l’IRPP.

Une répartition est réputée présenter ce caractère à la condition que tous les bénéfices
et réserves autres que la réserve légale aient été auparavant repartis.

B- Revenus des obligations (article 40).


Il y a lieu de relever que s’agissant des produits, lots et primes de remboursement payés
aux porteurs des obligations émises au Cameroun, ils sont considérés comme revenus des
obligations pour la détermination de l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques au titre
des revenus de capitaux mobiliers, indépendamment de leur durée.
Sont imposables les intérêts rémunérant les obligations et autres effets publics émis par
l’Etat et ses démembrements divers, quelque soit leur statut juridique.
Ces revenus des obligations sont taxables aussi bien à l’Impôt sur le Revenu des
Personnes Physiques que, le cas échéant, à l’Impôt sur les Sociétés.

C- Revenus de créances, dépôts et cautionnements (article 42)

Les plus-values nettes globales réalisées à cette occasion par les particuliers, à titre
occasionnel ou habituel, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un établissement financier
sont dorénavant taxées à l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques au titre de cette
catégorie.

II- LES REVENUS EXONERES (article 43)

1- Jusque-là réservé aux seules personnes physiques, le législateur a étendu le


bénéfice de l'exonération aux intérêts de bons de caisse souscrits par les personnes morales.
Ainsi, les intérêts des bons de caisse sont exonérés de l’Impôt sans distinction du statut
juridique de la personne qui les souscrit.

2- Le seuil de l’exonération des intérêts des comptes d’épargne est fixé à 10


millions de francs CFA. Ainsi, les intérêts des comptes d’épargne pour les placements ne
dépassant pas 10 000 000 F CFA sont exonérés de l’IRPP. Seule la fraction excédant ce
montant est imposable à l’IRPP au titre des RCM. Pour l’appréciation du seuil de 10
millions de francs CFA sus évoqué, il doit être tenu compte de l’ensemble des comptes

16
Lettre n° 5903/MINEFI/DGI/LC/L du 29 octobre 2005
103
d’épargne détenus par une personne. En cas d’assujettissement du fait de la sommation de
tous les comptes, les impôts y relatifs sont notifiés au contribuable concerné.

3- Dans le même ordre d’idée, les plus values nettes globales visées à l’article 42
du CGI, ayant une valeur inférieure ou égale à 500 000 F CFA sont exonérés de l’IRPP. Cette
disposition relative à l’activité boursière a pris effet à compter du 1er janvier 2003.

III- DETERMINATION DE LA BASE D’IMPOSITION (article 44)

Le revenu imposable est déterminé :

- pour les produits des actions, parts de capital, et revenus assimilés, par le montant brut
des dividendes versés ;
- pour les obligations, effets publics et emprunts, par l’intérêt ou le revenu distribué
durant l’exercice ;
- pour les primes de remboursement, par la différence entre les sommes remboursées et
le taux d’émission des emprunts ;
- pour les revenus des créances, dépôts et cautionnements, par le montant brut des
intérêts, arrérages et tous autres produits des valeurs désignées à l’article 41 du CGI ;
- pour les cessions d’actions, d’obligations et autres parts de capital, par la plus value
nette globale résultant de la compensation effectuée entre les plus ou moins values
réalisées au cours de l’exercice sur chaque catégorie de titres détenus par le
contribuable.
La plus ou moins value de chaque opération de cession effectuée au cours de l’exercice
s’obtient par la différence entre le prix de cession des titres concernés et leur prix d’achat ou
leur valeur d’attribution en cas d’acquisition de ces titres lors de la constitution d’une société
ou de l’augmentation de son capital.
En cas de moins-value nette globale constatée au cours d’un exercice, cette dernière est
reportable sur les plus-values nettes globales éventuelles des quatre exercices suivants.
Les rémunérations et avantages occultes s’entendent au sens de la loi, du montant global
des sommes que, directement ou par l’entremise d’un tiers, les sociétés ou personnes morales
ont versé à des personnes dont elles ne révèlent pas l’identité, au cours de la période retenue
pour l’établissement de l’Impôt. Ils sont considérés comme revenus distribués, qu’ils soient
ou non prélevés sur les bénéfices et sont taxés au taux le plus élevé.

SECTION III - LES REVENUS FONCIERS

I- LES REVENUS IMPOSABLES (article 46)

Sont compris dans la catégorie des revenus fonciers, lorsqu'ils ne sont pas inclus dans
les bénéfices d'une entreprise industrielle, commerciale ou artisanale, d'une exploitation
agricole ou d'une profession non commerciale :

1) les revenus provenant de la location des immeubles bâtis et non bâtis sis au Cameroun :

Il s'agit notamment des revenus :


- des propriétés bâties proprement dites, telles que maisons, usines, magasins, bureaux,
etc. ;
104
- de l'outillage fixe des établissements industriels, sauf exonération expresse, attaché au
fonds à perpétuelle demeure ou reposant sur des fondations spéciales faisant corps
avec l'immeuble ;
- des installations commerciales ou industrielles assimilables à des constructions ;
- des revenus des propriétés non bâties ;
- des recettes accessoires à ces locations telles que la location du droit d’affichage,
c’est-à-dire, toutes les redevances perçues pour l'utilisation de balcons, toitures ou
pignons d'immeubles en vue de l'affichage ou de la publicité ;

2) les plus-values réalisées par les personnes physiques sur les immeubles bâtis ou non
bâtis acquis à titre onéreux ou gratuit :

Les plus-values réalisées à titre occasionnel par les personnes physiques lors de la
cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens,
sont passibles de l'impôt sur le revenu selon les règles définies à l’article 90 du CGI..

3) les parts d’intérêts des membres des sociétés civiles immobilières n’ayant pas opté pour
l’Impôt sur les Sociétés.

Chaque membre est imposé à l’IRPP, sur les bénéfices correspondant à ses parts dans la
société civile immobilière n’ayant pas opté pour l’IS.

II- LES REVENUS EXONERES (article 47)

Ne sont pas considérés comme des revenus imposables dans la catégorie des revenus
fonciers :

- les immeubles appartenant à l’Etat et à ses démembrements ;


- les revenus d’immeubles ou parties d’immeubles dont le propriétaire se réserve
la jouissance ou ceux qui sont occupés par ses ascendants et descendants en
ligne directe.

III- LIMITES AVEC LES AUTRES CATEGORIES DE REVENUS

Les revenus des propriétés bâties ou non bâties ne sont pas imposables dans la catégorie
des revenus fonciers, lorsqu’ils sont inclus dans le bénéfice d’une entreprise industrielle,
d’une exploitation agricole, d’une profession commerciale ou d’une profession non
commerciale.

Relèvent de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux :

- les revenus des immeubles inscrits à l’actif des entreprises industrielles, commerciales
ou artisanales;
- la location ou sous-location en meublé ainsi que la location des établissements
industriels ou commerciaux munis du mobilier ou du matériel nécessaire à leur
exploitation ;

105
Relèvent de la catégorie des bénéfices agricoles :

- les revenus procurés par l’exploitation d’un domaine agricole lorsque la mise en valeur
est assurée soit par le propriétaire exploitant lui-même, soit dans le cadre d’un contrat de
métayage ;
- les revenus procurés par des immeubles donnés en location qui figurent à l’actif d’une
exploitation agricole.

Relèvent de la catégorie des bénéfices non commerciaux :

- les revenus tirés de locaux utilisés dans le cadre de leur profession par les titulaires de
revenus non commerciaux que les exploitants ont choisi d’inscrire sur leur registre des
immobilisations ;
- les profits réalisés par des personnes qui sous-louent, à des tiers, des immeubles non
meublés dont elles sont locataires. Toutefois, si la sous-location est consentie en meublé,
les loyers ont le caractère de revenus commerciaux.

IV- DETERMINATION DE LA BASE D’IMPOSITION (articles 48 et 49)


Le revenu net foncier à comprendre dans les bases de l'IRPP est égal à la différence
entre le montant du revenu brut effectivement encaissé et le total des charges de la propriété,
admise en déduction (article 48(1) du CGI).

1) base d’imposition des revenus provenant de la location des immeubles bâtis et non
bâtis sis au Cameroun :

Les loyers se définissent comme l’ensemble des sommes et prestations fournies par le
locataire en contrepartie de la mise à disposition du bien. Ces prestations de services peuvent
être fournies par le locataire ou des dépenses incombant de droit au propriétaire et mises à la
charge du locataire.
Le revenu brut à comprendre dans la base est constitué par la somme des recettes brutes
perçues chaque année par le propriétaire. Les recettes brutes comprennent les sommes
encaissées par le bailleur (propriétaire) à quelque titre que ce soit, au cours de l'année
d'imposition (loyers, dépenses incombant normalement au bailleur mais mises à la charge des
locataires, subventions et indemnités destinées à financer des charges déductibles, recettes
accessoires, notamment des recettes qui proviennent de la location du droit d'affichage, …)
Les charges de la propriété, déductibles pour la détermination du revenu net sont fixées
forfaitairement à 30 % du revenu brut, sauf justification des frais réels exposés. En cas de
justification des frais réels exposés, ceux-ci doivent, pour être déductibles :

- se rapporter à des immeubles ou parties d'immeubles dont les revenus sont


imposables dans la catégorie des revenus fonciers ;
- avoir été engagées en vue de l'acquisition ou de la conservation du revenu ;
- avoir été effectivement supportées par le propriétaire ;
- avoir été payées par le propriétaire au cours de l'année d'imposition ;
- être justifiées.

106
2) Base d’imposition des plus-values réalisées par les personnes physiques sur les
immeubles bâtis ou non bâtis acquis à titre onéreux ou gratuit

La base d’imposition de ces plus-values visée est égale à la différence entre le prix
déclaré par les parties et la valeur du bien à la dernière mutation. La valeur du bien à la
dernière mutation comprend, le cas échéant, les frais de construction et/ou de transformation
de l’immeuble dûment justifiés.

Les charges déductibles à prendre en compte sont constituées :

- des frais réels afférents à la dernière mutation, lorsque celle-ci avait été faite à
titre onéreux ;
- des frais réels afférents à la dernière mutation, non compris les droits
d’enregistrement, lorsque cette mutation a été faite à titre gratuit.

La détermination de la plus-value sus indiquée devra être faite avec le plus de précision,
ce d’autant que les notaires ont désormais l’obligation d’exprimer distinctement d’une part le
prix du terrain, et d’autre part celui des différentes constructions, dans les actes portant
mutation de propriété d’immeubles.

SECTION IV - LES BENEFICES ARTISANAUX, INDUSTRIELS ET


COMMERCIAUX (BIC).

I- LES REVENUS IMPOSABLES (Articles 50 et 51)

Les articles 50 et 51 définissent la nature des revenus imposables dans la nouvelle


catégorie des bénéfices artisanaux, industriels et commerciaux.

Le dispositif législatif y relatif contenu dans la loi N° 2002/003 du 19 avril 2002 portant
Code Général des Impôts a connu une innovation majeure consistant en la fusion en une
catégorie unique désormais dénommée « bénéfices artisanaux, industriels et commerciaux »
des dispositions relatives d’une part aux bénéfices industriels et commerciaux, et d’autre part
aux bénéfices des professions artisanales.

Cette fusion se justifie non seulement par l’identité des règles d’imposition applicables
à ces catégories de bénéfices, mais aussi par le souci du législateur de simplifier l’imposition
du revenu des personnes physiques.

Définition des bénéfices artisanaux, industriels et commerciaux

Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de


l'IRPP, les bénéfices réalisés par des personnes physiques et provenant de l'exercice d'une
profession commerciale, industrielle ou artisanale.
Par personnes physiques, il faut entendre non seulement les exploitants individuels, mais
encore les membres des sociétés de personnes et assimilées n'ayant pas opté pour l'impôt sur
les sociétés, lorsque ces sociétés exercent une activité réputée industrielle ou commerciale
L'exercice d'une profession industrielle et commerciale s'entend de l'accomplissement
habituel, par des personnes agissant pour leur propre compte et poursuivant un but lucratif,
d'opérations de caractère industriel ou commercial, telles que :

107
- achats de marchandises, matières ou objets en vue de leur revente en l'état ou après
transformation ;
- acquisitions de meubles en vue de la location ;
- transports ;
- opérations de commission et de courtage ;
- etc.

Sont également considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, les bénéfices


réalisés par :
- les concessionnaires des mines et des carrières ;
- les amodiataires et sous amodiataires des concessions minières ;
- les titulaires des permis d’exploitation des mines et des carrières ;
- les explorateurs des mines de pétrole et de gaz combustible.

De même, présentent le caractère de bénéfices industriels et commerciaux, les bénéfices


réalisés par les personnes physiques ci-après :

- les personnes se livrant à des opérations d’intermédiaires pour l’achat ou la vente des
immeubles ou de fonds de commerce ou qui, habituellement, achètent en leur nom les
mêmes biens en vue de les revendre ;
- les personnes qui procèdent au lotissement et à la vente après exécution des travaux
d’aménagement et de viabilité, de terrains leur appartenant ;
- les personnes qui donnent en location un établissement commercial ou industriel muni
du mobilier et du matériel nécessaire à son exploitation, que la location comprenne ou
non tout ou partie des éléments incorporels du fonds de commerce ou d’industrie ;
- les personnes qui louent ou sous-louent en meublé tout ou partie des immeubles leur
appartenant ;
- les personnes qui, à titre principal ou accessoire, exploitent les jeux de hasard et de
divertissement

Les professions artisanales sont celles des contribuables qui exercent pour leur propre
compte une activité manuelle, et qui tirent principalement leur profit de la rémunération de
leur propre travail. Sont ainsi considérées comme artisans, les personnes ci-après :

- les fabricants et ouvriers travaillant chez eux, avec ou sans force motrice, à façon ou
non, utilisant le concours de cinq employés, compagnons ou apprentis au maximum et
ne vendant que le produit de leur propre travail ;
- les mariniers, chauffeurs ou cochers n’ayant qu’un bateau ou véhicule qu’ils conduisent
eux-mêmes ;
- les pêcheurs se livrant personnellement à la pêche sans autre concours que celui de deux
aides.

II- LIMITES AVEC LES AUTRES CATEGORIES DE REVENUS

1- Limites avec la catégorie des revenus fonciers

Relèvent notamment des bénéfices industriels et commerciaux :

- les revenus des propriétés inscrites à l’actif du bilan d’une entreprise industrielle,
commerciale ou artisanale ;

108
- les produits de la location des établissements industriels et commerciaux munis du
matériel et du mobilier nécessaires à l’exploitation ;
- les profits tirés de la location en meublé, de la location d’un fonds de commerce et des
locaux où il est exploité.

2- Limite avec la catégorie des BNC


Lorsque l’importance des capitaux investis dans l’exploitation, de la main d’œuvre
employée et des moyens matériels utilisés est telle que l’activité exercée procède plus de la
spéculation sur divers éléments mis en œuvre que l’exercice d’un art ou d’une science, il y a
alors imposition dans la catégorie des BIC. Il en est de même lorsqu’une profession libérale
ne peut être exercée personnellement par le propriétaire du cabinet en l’absence du titre ou du
diplôme correspondant (clinique gérée par un non Médecin par exemple).

Lorsqu'une activité commerciale et une activité non commerciale sont exercées


concurremment, les distinctions suivantes doivent être établies :
• L'activité non commerciale constitue l'accessoire de la profession
commerciale : dans ce cas, les profits retirés de l'activité non commerciale
accessoire sont soumis à l'impôt sur le revenu au titre de la catégorie des bénéfices
industriels et commerciaux.
• L'activité non commerciale est prépondérante : L’ensemble des bénéfices
réalisés sera soumis à l’impôt dans la catégorie des BNC à condition que les
opérations accessoires à caractère commercial ainsi réalisées soient directement
liées à l’exercice de l’activité libérale et constitue strictement le prolongement de
cette dernière.
• Les activités sont réputées distinctes : les bénéfices ou profits afférents à
chacune de ces activités (commerciale et non commerciale) doivent être soumis à
l'impôt sur le revenu dans la catégorie qui leur est propre.

3- Limite avec les traitements et salaires


Alors que l’industriel, le commerçant ou l’artisan réalisent des opérations lucratives
pour leur compte, le salarié exerce pour le compte d’un employeur dont il reçoit une
rémunération pour le travail fourni. Le salarié est en effet lié à son employeur par un contrat
de louage de services qui implique un lien de subordination étroite et l’absence de
spéculation.

4- Limite avec la catégorie des bénéfices agricoles


Les revenus tirés de la vente par les agriculteurs des produits de leur propre exploitation
et même le cas échéant de certains produits accessoires sont imposés dans la catégorie des
bénéfices agricoles.
Lorsque l’activité agricole est accessoire à l’activité commerciale, la totalité des
bénéfices professionnels est imposée dans la catégorie des BIC.
Lorsque les agriculteurs vendent en même temps que les produits de leur exploitation les
produits achetés, les profits réalisés sur la vente de ces derniers entrent dans la catégorie des
BIC. De même, les contribuables qui ne participent pas eux-mêmes à la culture des produits
qu’ils vendent réalisent des profits de nature commerciale.

109
Les produits transformés relèvent des BIC lorsque les ventes sont effectuées dans un
magasin de vente au détail distinct de l’exploitation agricole, lorsque les opérations de
transformation portent sur les produits qui peuvent être utilisés comme matières premières
dans l’agriculture ou dans l’industrie.

III- DETERMINATION DE LA BASE D’IMPOSITION (Article 52)

A- Définition du bénéfice imposable

La définition du bénéfice imposable résulte de la combinaison des alinéas 1 et 2 de


l'article 6 du CGI.
Ainsi, conformément aux dispositions de l’article 6(1), le bénéfice imposable est, en
principe, le bénéfice net déterminé d'après le résultat d'ensemble des opérations de toute
nature effectuées par les entreprises au cours de la période servant de base à l’impôt, y
compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin
d'exploitation.
Corrélativement, le bénéfice net est déterminé en faisant masse de l'ensemble des
produits et des charges qui trouvent leur origine dans des opérations de toute nature effectuées
par l'entreprise tant en cours qu'en fin d'exploitation. Les opérations réalisées peuvent
concerner l'objet même de l'entreprise ou n'avoir aucun lien direct avec son activité ; elles
peuvent être exercées à titre principal ou à titre accessoire.
Il peut s'agir notamment :

- de ventes, de prestations de services, de travaux, mais aussi d'opérations de courtage, de


commission, de concessions de droits de la propriété industrielle, etc. ;
- des cessions d'éléments quelconques de l'actif, immobilisé ou non. Il convient d'entendre
par cession, toute opération ou tout événement ayant pour résultat de faire sortir un
élément de l'actif de l'entreprise (vente, expropriation, apport, échange, partage,
donation, retrait d'actif, etc.).
Selon les dispositions de l’article 6(2) du CGI, le bénéfice net est constitué par la
différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les
résultats doivent servir de base à l'impôt, diminuée des suppléments d'apports et augmentée
des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés.
L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif (immobilisations et valeurs
immobilisées, valeurs d'exploitation, valeurs réalisables à court terme ou disponibles, à
l'exclusion des frais d'établissement) sur le total formé au passif par les créances des tiers, les
amortissements et les provisions justifiés.
Les suppléments d'apports s’entendent comme les apports en espèces ou en nature
faits à une entreprise lors de sa création. Même s’ils sont effectués en cours d’exploitation, ils
ne sont pas imposables. Dès lors, le bénéfice net tel qu'il est défini ci-dessus doit être diminué
des suppléments d'apports consentis à l'entreprise au cours de la période d'imposition. A noter
que le supplément d'apport peut :

- prendre la forme de l'apport d'un bien incorporel ou corporel.


- être également réalisé sous forme de prise en charge par le patrimoine privé de
l'exploitant ou par un associé, de dettes qui grevaient effectivement le passif de
l'entreprise à la date de cette opération.

110
Les prélèvements de l’exploitant ou des associés, qu'ils soient effectués en nature ou en
espèces, doivent être ajoutés au bénéfice imposable de la période au cours de laquelle ils ont
été effectués.

B- Modalités de détermination du bénéfice imposable


Les modalités de détermination du bénéfice imposable sont tributaires du régime
d’imposition auquel appartient le contribuable.

Régime de base
Le bénéfice imposable des contribuables soumis au régime de base prévu à l’article 61
du CGI est constitué par le résultat d’exploitation découlant de leur comptabilité selon le
système minimal de trésorerie.
En cas d’absence de déclaration ou de comptabilité, l’assiette de l’impôt est déterminée
par application au chiffre d’affaires reconstitué par l’Administration selon les éléments réels
en sa possession, du taux de bénéfice fixé par décret. Ces taux sont les suivants :
- 7,5% pour les commerçants non importateurs, agriculteurs, éleveurs et
pêcheurs ;
- 20% pour les commerçants importateurs, producteurs, les prestataires de
services ;
- 15 % pour les artisans.

Régime simplifié
S’agissant des contribuables relevant du régime simplifié, le bénéfice imposable est
constitué par l’excédent des recettes brutes sur les dépenses nécessaires à l’exploitation.
L’application des taux forfaitaires n’est envisageable que dans le cadre d’une procédure de
redressement contradictoire ou d’une taxation d’office.
Les contribuables relevant de ce régime doivent tenir une comptabilité simplifiée
comportant un livre de recettes, un livre de dépenses, un livre d’inventaire et un livre des
immobilisations.
Pour la détermination du bénéfice imposable, il ne sera tenu compte que des dépenses
exposées pour les besoins d’exploitation ou se rattachant à la gestion normale de l’activité de
l’entreprise.

Régime du réel

Le bénéfice imposable des contribuables soumis au régime du réel est déterminé comme
en matière d’Impôt sur les Sociétés. Les modalités de détermination des produits et des
charges sont définies ainsi qu’il suit :

1- Rattachement des produits

Le bénéfice net imposable est déterminé en tenant compte non pas des seules opérations
afférentes à l’exercice et qui ont fait l’objet d’un règlement au titre de cet exercice là, mais
bien de l’ensemble des créances acquises, en d’autres termes des produits définitivement
acquis dans leur principe et déterminés quant à leur montant au cours de la période
considérée.

111
Il en demeure que si à la clôture d’un exercice, une créance demeure incertaine dans son
principe ou indéterminée quant à son montant, elle ne doit pas être comprise dans les produits
ou les résultats de cet exercice.
De façon concrète s’agissant des ventes, c’est la date de la livraison des biens entendue
comme la remise matérielle du bien à l’acquéreur, qui détermine l’exercice de rattachement
desdites ventes.
Concernant les prestations de services, il convient de distinguer le cas des prestations
ponctuelles de celui des prestations échelonnées dans le temps.
Pour les prestations ponctuelles, c’est la date d’achèvement de la prestation qui
déterminera l’exercice de rattachement desdites prestations.
Les prestations échelonnées dans le temps sont prises en compte au fur et à mesure de
l’exécution.

2- Rattachement des charges

Le bénéfice net imposable est déterminé en tenant compte non pas des seules charges
afférentes à l’année d’imposition et qui ont fait l’objet d’un règlement au titre de cet exercice,
mais bien de l’ensemble des dépenses engagées, en d’autres termes les dettes qui sont
devenues certaines dans leur principe et déterminées dans leur montant au cours de la période
considérée.
Ainsi, une dette peut être tenue pour certaine dans son principe lorsque la créance née
corrélativement dans le patrimoine de l’autre co-contractant est acquise à ce dernier.
Une dette peut être tenue pour déterminée quant à son montant lorsqu’elle peut être
chiffrée avec précision compte tenu de l’ensemble des données qui sont connues à la date de
l’estimation.
Les dettes certaines dans leur principe et déterminées dans leur montant lorsqu’elles
n’ont pas été payées à la clôture de l’exercice doivent être inscrites au passif du bilan à un
compte de tiers.

SECTION V - LES BENEFICES AGRICOLES (BA)

I- LE REVENU IMPOSABLE (article 53 du CGI)


Au sens de la loi, les bénéfices agricoles s’entendent des bénéfices provenant de la
culture, de l’élevage, de la pisciculture ou du métayage.
Les agriculteurs ayant des installations commerciales permanentes ou utilisant des
méthodes industrielles relèvent des bénéfices artisanaux, industriels et commerciaux.
Les revenus à retenir pour la détermination de l’impôt sur le revenu des personnes
physiques sont ceux tirés des exploitations agricoles, des revenus de la propriété ainsi que les
produits financiers qui s’y rattachent.
Les produits provenant de l’exploitation s’entendent des profits tirés des exploitations
agricoles, des exploitations apicoles, piscicoles, avicoles, mytilicole, ostréicole, de l’élevage
du gros et du petit bétail et enfin de la recherche et de l’obtention des nouvelles variétés
animales et végétales.
Les revenus de la propriété accessoires aux produits de l’exploitation, sont constitués
par le droit de chasse, le droit de pêche et le droit de cueillette. Aussi, la rente du sol entendue
comme la mise en valeur du sol est une source de revenu dont une part échoit au propriétaire à
titre de rémunération de capital constituée par le fonds exploité.
112
II- LIMITES AVEC LES AUTRES CATEGORIES DE REVENUS

Des frontières existent entre les bénéfices agricoles et les BIC, les revenus fonciers.

1- limite avec la catégorie des bénéfices artisanaux, industriels et commerciaux

Lorsqu’une entreprise commerciale ou industrielle étend son activité à des opérations


dont les résultats entrent notamment dans la catégorie des bénéfices agricoles, il est tenu
compte de ces revenus pour la détermination des BIC. C’est le cas par exemple d’un fabricant
de beurre ou de fromage qui utilise le lait tiré de son étable comme matière première servant à
son industrie.
De même, les contribuables ne participant pas eux-mêmes à la culture des produits ou à
l’élevage des animaux qu’ils vendent, réalisent à raison de ces ventes des profits de nature
commerciale.
Enfin, l’achat pour revendre les produits agricoles constitue un acte commercial normal
qui relève de l’imposition dans la catégorie des BIC.(Voir développements précédents sur la
question)

2- limite avec la catégorie des revenus fonciers

Les revenus des immeubles par nature dépendant d’un domaine agricole sont rangés
dans la catégorie des bénéfices agricoles si le domaine est exploité par le propriétaire lui-
même. Par contre, si le domaine est donné en location, le revenu du propriétaire est passible
de l’impôt dans la catégorie des revenus fonciers.
Toutefois, lorsque le domaine mis en location est la propriété d’une entreprise agricole
soumise au régime du réel, les loyers des immeubles correspondants inscrits à l’actif du bilan
seront réputés revenus agricoles.

III- DETERMINATION DE LA BASE IMPOSABLE (Articles 54 et 55)

Le bénéfice réel de l’exploitation agricole est constitué par l’excédent des recettes
provenant de l’agriculture, de l’élevage et des autres produits sur les dépenses nécessitées par
l’exploitation au cours de l’exercice. Pour la détermination de ce résultat, il est tenu compte :

- de la production stockée à la clôture de l’exercice étant précisé que l’évaluation


des stocks doit être établie d’après les règles applicables en matière d’impôt sur les
sociétés.
- des amortissements des éléments de l’actif immobilisé.
- de l’avantage en nature résultant de la consommation par l’exploitant agricole
de ses propres produits.

SECTION VI - LES BENEFICES DES PROFESSIONS NON COMMERCIALES


(BNC).

I- LES REVENUS IMPOSABLES (Article 56)

Les BNC sont constitués par tous les profits ayant le caractère d’un revenu et ayant leur
source dans les actes ou opérations susceptibles de renouvellement non expressément

113
exonérés et non soumis à l’IRPP dans une autre catégorie de revenu et même s’ils ne résultent
pas d’une activité professionnelle.
Les bénéfices non commerciaux peuvent être regroupés en quatre catégories ci-après :

- les bénéfices des professions libérales proprement dites,


- les émoluments des greffiers et les produits des autres titulaires de charges et
offices. Les titulaires de ces revenus ne doivent toutefois pas avoir la qualité de
commerçant. Dans le cas contraire, ils sont imposables au titre des BIC ;
- les revenus non salariaux des sportifs et artistes ;
- les bénéfices de toutes opérations, exploitations lucratives et sources de profits
ne relevant d’aucune autre catégorie de bénéfices ou revenus.
Les professions libérales sont celles pour lesquelles l’activité intellectuelle est
prépondérante. Elles consistent en la pratique professionnelle d’une science ou d’un art que
l’intéressé exerce en toute indépendance, sans aucun lien de subordination. Tel est le cas
notamment des :

- professions juridiques (avocats…);


- professions comptables (experts-comptables, comptables agréés, commissaires aux
comptes…);
- professions médicales (médecins, infirmiers, sages-femmes, pédicures, masseurs
kinésithérapeutes, dentistes, vétérinaires…);
- professions artistiques (auteurs, compositeurs, artistes, artistes peintres, sculpteurs…);
- professions techniques (ingénieurs-conseils, inventeurs, architectes, géomètres,
concepteurs de logiciels et programmes informatiques…).
- De façon générale, sont imposables à l’IRPP dans la catégorie des BNC les profits
provenant de toutes occupations, exploitations lucratives, et autres sources ne se
rattachant pas à une autre catégorie de revenus. Sont notamment visés à ce titre :
- les produits des opérations de bourse effectuées par des particuliers ;
- les produits de droits d'auteur perçus par les écrivains ou compositeurs, que ces derniers
assurent ou non l'édition et la vente de leurs œuvres, et ceux perçus par leurs héritiers ou
légataires ;
- les produits perçus par les inventeurs au titre, soit de la concession de licences
d’exploitation de leurs brevets, soit de la cession ou concession de marques de fabrique
ou formules de fabrication.
Les membres des professions libérales qui apportent leur collaboration à des confrères,
sans être placés vis-à-vis d’eux en état de subordination, exercent eux-mêmes une profession
relevant des BNC.
Toutefois, les rémunérations de ces personnes sont imposables comme des salaires
lorsque les conditions dans lesquelles elles exercent leur profession les placent dans un état de
subordination caractéristique du contrat de travail.
Lorsque les personnes physiques relevant de cette catégorie de bénéfices exercent leur
activité en groupe, avec notamment la mise en commun du matériel, du personnel et des
locaux professionnels, en l’absence de lien de subordination, chacun des participants devra
être considéré comme exerçant une profession non commerciale et personnellement
imposable à ce titre sur sa part de bénéfices.

114
II- LIMITES AVEC LES AUTRES CATEGORIES DE REVENUS

1- Limite avec la catégorie des traitements et salaires

L’exercice d’un art ou d’une science peut être soumis à la catégorie des traitements et
salaires dès lors qu’il est établi le lien de subordination et d’étroite dépendance. De même, les
artistes titulaires de leurs activités seront imposés dans la catégorie des BNC alors que les
autres resteront soumis à la catégorie des traitements et salaires.

2- Limite avec la catégorie des BIC

Lorsqu'une activité commerciale et une activité non commerciale sont exercées


concurremment, les distinctions suivantes doivent être établies :
a/ L'activité non commerciale constitue l'accessoire de la profession commerciale : dans
ce cas, les profits tirés de l'activité non commerciale accessoire sont soumis à l'impôt sur le
revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.
b/ L'activité non commerciale est prépondérante : L’ensemble des bénéfices réalisés sera
soumis à l’impôt dans la catégorie des BNC à condition que les opérations accessoires à
caractère commercial ainsi réalisées soient directement liées à l’exercice de l’activité libérale
et constitue strictement le prolongement de cette dernière.
c/ Les activités sont réputées distinctes : les bénéfices ou profits afférents à chacune de ces
activités (commerciale et non commerciale) doivent être soumis à l'impôt sur le revenu dans
la catégorie qui leur est propre.

3- Imposition d’après les éléments du train de vie

En l’absence de BIC et à défaut d’une déclaration sincère du contribuable,


l’administration soumet celui-ci à l’imposition sur la base des éléments du train de vie dès lors
qu’un écart d’au moins 40% existe entre le revenu déclaré et celui reconstitué à partir des
signes extérieurs de richesse.

III- DETERMINATION DE LA BASE D’IMPOSITION (articles 57 à 59)

A l’exception des professions libérales soumises d’office au régime du réel, le bénéfice


des contribuables soumis au régime simplifié est constitué en principe par l’excédent des
recettes totales sur les dépenses nécessitées par l’exercice de la profession.

A- Les produits imposables


Il s’agit de l’ensemble des recettes générées et encaissées au cours de l’année
d’imposition quel que soit le mode de règlement, et à l’exclusion des créances acquises mais
non encore recouvrées, ainsi que les gains provenant soit de la réalisation des éléments d’actif
affectés à l’exercice de la profession, soit des cessions de charges ou offices ainsi que de
toutes indemnités reçues en contrepartie de la cessation de l’exercice de la profession ou du
transfert de la clientèle.
On y intègre également les provisions ou avances sur honoraires, les remboursements de
frais autres que les débours, les intérêts des créances, dépôts et cautionnement et comptes
courants. Il faut retrancher de ces produits bruts les débours, entendus comme un
remboursement de frais payés pour le compte du client, les honoraires rétrocédés mais
régulièrement déclarés à l’administration fiscale, les sommes perçues à titre de dommages et
intérêts en réparation d’un préjudice physique ou moral.

115
B- Les charges déductibles

Sont déductibles, toutes les charges nécessitées par l’exercice de la profession et


concourant à l’acquisition ou à la conservation du revenu. De manière générale, la déduction
ne peut porter sur les dépenses à caractère personnel. Les dépenses professionnelles doivent
être retenues pour leur montant réel.
Sont notamment déductibles :

- les loyers des locaux professionnels effectivement payés ;


- les amortissements effectués suivant les règles applicables en matière de BIC ;
- les impôts mis en recouvrement au titre de l’exercice à l’exclusion des
amendes, confiscations, pénalités et transactions ;
- les rémunérations pour frais d’étude ou d’assistance technique payées aux
personnes résidentes à l’étranger. Elles ne sont déductibles que dans la limite de 15% du
chiffre d’affaires.

Au delà des modalités d’imposition ci-dessus définies, les règles de détermination du


revenu imposable s’agissant des contribuables du régime de base relevant des bénéfices
artisanaux, industriels et commerciaux s’appliquent mutatis mutandis aux bénéfices non
commerciaux.

C- Le cas particulier de la production littéraire, scientifique ou artistique

S’agissant de la production littéraire, scientifique ou artistique, le bénéfice imposable


est déterminé en retranchant de la moyenne des recettes de l’année d’imposition et des deux
années précédentes, la moyenne des dépenses de ces mêmes années. Pour le bénéfice de ces
dispositions, deux conditions doivent être réunies :
- les revenus ne doivent pas être perçus annuellement ;
- le contribuable doit demander par écrit l’application de ces dispositions.
Ce régime d’imposition ne s’applique qu’aux bénéfices retirés par les contribuables de
leur propre activité ; les héritiers et légataires ne peuvent donc en bénéficier.
L’option pour ce mode d’évaluation est irrévocable. A cet égard, les contribuables qui
optent pour ce régime devront être obligatoirement soumis au régime du réel.

116
CHAPITRE III- CALCUL DE L’IMPOT (articles 69 à 72)

SECTION I : LES REVENUS CATEGORIELS A PRENDRE EN COMPTE

Pour le calcul de l’impôt, il est tenu compte, des revenus nets catégoriels ci-après :

- les traitements, salaires, pensions, et rentes viagères ;


- les revenus fonciers ;
- les bénéfices des activités artisanales, industrielles et commerciales ;
- les bénéfices des professions non commerciales et assimilées.

Les montants déterminés sont arrondis au millier de franc inférieur.

SECTION II : LE BAREME DE L’IMPOT

L’impôt est liquidé par application du barème ci-après, après abattement de 500 000 F
CFA sur la somme des revenus nets catégoriels, telle que définie à l’article 69 du CGI :

De 0 à 2 000 000………………………………. 10 %
De 2 000 001 à 3 000 000……………………... 15 %
De 3 000 001 à 5 000 000……………………... 25 %
Plus de 5 000 000……………………………... 35 %

Les impôts ainsi obtenus sont majorés de 10% au titre des centimes additionnels
communaux.
Les contribuables qui réalisent les bénéfices industriels et commerciaux, les bénéfices
non commerciaux et les bénéfices agricoles sont soumis à un minimum de perception de 1,1%
du chiffre d’affaires réalisé au cours de l’exercice. A cet égard, quels que soient le montant et
la nature du bénéfice déclaré, ces contribuables ne peuvent acquitter un impôt inférieur à
1,1% de leur chiffre d’affaires. Les acomptes versés en cours d’exercice doivent être pris en
compte.
Par ailleurs, la redevance Audio-visuelle (RAV) ne constitue plus un acompte d’impôt,
et de ce fait, n’est plus déductible de l’IRPP dû par le contribuable, ni en cours ni en fin
d’exercice. Elle n’est non plus déductible de la base d’imposition à l’IRPP.

Précisions doctrinales : Modalités de liquidation de l’IRPP dû sur les revenus salariaux


couvrant une période inférieure à douze (12) mois17

Ayant été saisi de manière récurrente sur les difficultés observées dans la détermination
de l’IRPP dû par les employés ayant perçu des salaires sur une période inférieure à un an, le
Directeur Général des Impôts a pris une note de service pour y apporter d’amples précisions.

En effet, a-t-il fort opportunément rappelé, le barème de l’IRPP prévu à l’article 69 du


Code Général des Impôts a été conçu dans l’esprit de revenus perçus sur une période
annuelle.

17
Note de service n°0801/MINEFI/DGI/LC/L du 20 octobre 2006
117
Ainsi, dans l’optique d’imposition des salaires servis sur une période inférieure à 12
mois, la liquidation de l’IRPP conséquent se fera suivant les étapes ci-après en déterminant :

- d’abord, le revenu théorique dont le contribuable aurait pu disposer au titre d’une


année par la multiplication du revenu mensuel par 12 ;
- ensuite, l’impôt susceptible d’être prélevé sur ce revenu théorique ;
- enfin, l’impôt dû sur le nombre de mois de perception effective du revenu est obtenu en
divisant l’impôt théorique par douze et multipliant par le nombre de mois de perception
du revenu salarial.

SECTION III : CAS SPECIFIQUE DES REVENUS DES CAPITAUX MOBILIERS

En ce qui concerne les RCM, le calcul de l’impôt se fait par application d’un taux
libératoire de 15 % sur le revenu imposable. Ce taux est fixé à 10 % pour les plus-values sur
cessions de titres d’un montant net global supérieur à 500 000 francs CFA.

SECTION IV : CAS SPECIFIQUE DES TRANSPORTEURS SOUMIS AU REGIME


SIMPLIFIE
L’impôt dû par les transporteurs soumis au régime simplifié, pour chaque véhicule, est
égal au quart du montant prévu à la limite supérieure de la Catégorie C de l’impôt libératoire
multiplié par le nombre de places.
L’impôt ainsi calculé est libératoire du paiement de l’Impôt sur le Revenu des Personnes
physiques et de la Taxe sur la Valeur Ajoutée.

SECTION V : MODALITES D’IMPOSITION DU REVENU EXCEPTIONNEL (article


65 bis)
L’article 65 bis précise les modalités d’imposition des revenus exceptionnels ou
différés perçus par les personnes soumises à l’IRPP.
En effet, dans le souci d’éviter les effets négatifs de la progressivité, conduisant à une
imposition excessive des revenus exceptionnels, le législateur a entendu rationaliser la
taxation de ce type de revenu. Avant de clarifier les modalités d’imposition du revenu
exceptionnel, il convient de définir la notion dans un premier temps.
Sont à considérer comme revenu différé ou exceptionnel soumis aux modalités
spéciales d’imposition :
a- Tout revenu qui par nature n’est pas susceptible d’être mis à la disposition de son
bénéficiaire annuellement et dont le montant dépasse la moyenne nette des revenus
dont à disposé le contribuable au titre des trois premières années (revenu
exceptionnel). Exemple : les indemnités d’éviction, de préavis ou pour congés.

b- Tout revenu dont le contribuable a disposé au cours de l’année suite à des


circonstances indépendantes de sa volonté, mais qui par sa date normale
d’échéance se rapporte à une période de plusieurs années. Exemple : rappel de
salaire ou de pension, arriérés de loyers perçus une fois (revenus différés).

118
Les revenus remplissant les conditions sus évoquées sont imposés en suivant les étapes
ci-après :
1- Calculer l’impôt par application du barème annuel progressif sur le revenu net
ordinaire ;

2- Effectuer le même calcul sur le revenu ordinaire majoré du quart du revenu


exceptionnel ou différé ;

3- Déterminer la cotisation supplémentaire induite par le revenu exceptionnel ou


différé qui correspond à la différence entre les montants obtenus respectivement
aux étapes 2 et 1, multipliée par quatre ;

4- Additionner ces suppléments avec l’impôt afférent au revenu ordinaire. On obtient


ainsi le montant total de l’impôt dû au titre de l’année de versement du revenu
exceptionnel ou différé ;

5- Procéder à la déduction des retenues mensuelles, pour aboutir au solde net à


reverser au trésor public.

Il reste entendu que les revenus, même exceptionnels ou différés, qui sont par nature
imposés à un taux proportionnel libératoire tels que les revenus de capitaux mobiliers, ne
bénéficient pas du mécanisme prévu à l’article 65 bis.

Dans tous les cas de figure, la cotisation supplémentaire doit être prélevée au cours du
mois du versement du revenu additionnel.

Exemple 1 :

Le salaire brut mensuel affiché sur le bulletin de paie de Monsieur X au mois de


janvier 2005 est de Fcfa 255 000. En plus de cette rémunération ordinaire apparaît un montant
de Fcfa 6 000 000 représentant des arriérés de salaire correspondant aux années 2002, 2003,
2004.
Pour son imposition, M. X sollicite l’application des dispositions de l’article 65 bis du
CGI.
Le montant de 6 000 000 perçu par M. X est un revenu différé car il en a disposé suite
à des circonstances indépendantes de sa volonté et la date normale d’échéance de ce revenu se
rapporte à plusieurs années. La demande du contribuable visant à bénéficier des avantages de
l’article 65 bis est recevable.

1. Calcul de l’IRPP dû sur le revenu ordinaire :

Salaire mensuel brut = Fcfa 255 000


Salaire annuel brut = 255 000 X 12 = 3 060 000 F

- Abattement forfaitaire pour frais professionnels : 30% X 3 060 000 = 918 000 (article
34 CGI), soit 3 060 000 – 918 000 = 2 142 000

- Déduction de la cotisation sociale CNPS (article 34 CGI) 2,8% X 3 060 000 soit
2 142 000 – 85 660 = 2 056 340

- Déduction complémentaire de 500 000 (article 29 CGI) : 2 056 340 – 500 000 =
1 556 340
119
Application du barème IRPP

De 0 à 2 000 000 : 10% ; soit 1 556 340 X 10% = 155 634

- IRPP dû au titre de l’année après application du barème : 155 634 + 10% au titre des
CAC, soit 155 634 + 15 563 = 171 197

- IRPP dû au titre du mois de janvier 2005 : soit 171 197/12 = 14 266

2. Calcul de l’IRPP sur le revenu ordinaire majoré du quart du revenu différé : soit
3 060 000 + (6 000 000/4) = 4 560 000

• Abattement pour frais professionnels

4 560 000 X 30% = 1 368 000

4 192 000 – 1 368 000 = 3 192 000

• Déduction des cotisations sociales (CNPS)

4 560 000 X 2,8% = 127 680

3 192 000 – 127 680 = 3 064 320

• Déduction complémentaire de 500 000 F

3 064 320 – 500 000 = 2 564 320

Application du barème IRPP :

De 0 à 2 000 000 : 10 % ; soit 2 000 000 X 10% = 200 000


De 2 000 001 à 3 000 000 : 15% ; soit 564 000 X 15% = 84 600

IRPP total : (200 000 + 84 600) + 10% au titre des CAC ; soit 284 600 + 28 460 = 313 060

3. Cotisation supplémentaire : IRPP global diminué de l’IRPP annuel ordinaire


multiplié par quatre, soit (313 060 - 171 197) X 4 = 567 452

4. Détermination du montant total de l’IRPP dû au titre du mois servant de base à


l’imposition : cotisation supplémentaire majoré de l’impôt correspondant au
revenu ordinaire du mois de janvier 2005 : soit 567 452 + 14 266 = 581 718

5. Solde net à reverser au trésor public après déduction des retenus mensuelles : soit
581 718 – 0 = 581 718

L’étape 5 ne s’applique pas dans le cas d’espèce dès lors que qu’il n’y a pas d’acompte
sur les traitements et salaires.

Exemple 2 :

Au titre du mois d’avril 2005, M. Y a perçu son salaire ordinaire mensuel de Fcfa
157 000 ainsi qu’une indemnité pour congés payés de montant Fcfa 471 000. M. Y a perçu au

120
titre des trois dernières années des salaires respectifs de Fcfa 1 500 000, 1 600 000 et 1700
000.
Il sollicite le bénéfice des dispositions de l’article 65 bis.

S’agissant des revenus exceptionnels, les dispositions de l’article 65 bis ne


s’appliquent qu’au cas où le montant perçu est supérieur à la moyenne du revenu des trois
dernières années.

Dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas d’un revenu exceptionnel dès lors que le montant
de Fcfa 471 000 est inférieur à Fcfa 1 600 000 (moyenne de 1 500 000, 1 600 000 et
1 700 000). En conséquence, le calcul de l’impôt dû se fait de la manière suivante :

• Calcul de l’IRPP dû sur le revenu net ordinaire :

Salaire mensuel brut = Fcfa 157 000

Salaire annuel brut = 157 000 X 12 = 1 884 000

- Abattement forfaitaire pour frais professionnels : 30% X 1 884 000 = 565 200 (article
34 CGI), soit 1 884 000 – 565 200 = 1 318 800

- Déduction de la cotisation sociale CNPS (article 34) : 2,8% X 1 884 000 = 52 752 soit
1 318 800 – 52 752 = 1 266 048

- Déduction complémentaire de 500 000 (article 29 CGI) : 1 266 048 – 500 000 =
766 048

Application du barème IRPP

De 0 à 2 000 000 : 10 % ; soit 766 000 X 10% = 76 600

- IRPP dû au titre de l’année après application du barème : 76 600

- IRPP dû au titre du mois d’avril 2005 : 76 600/12 = 6 385

• Calcul de la cotisation supplémentaire :

• Détermination du revenu global :

Revenu ordinaire annuel majoré du revenu du revenu supplémentaire : 1 884 000 + 471 000 =
2 355 000
• Abattement pour frais professionnels

2 355 000 x 30% = 706 500

2 355 000 – 706 500 = 1 648 500

• Déduction des cotisations sociales (CNPS)

2 355 000 x 2,8% = 65 940

1 648 500 – 65 940 = 1 582 560

121
• Déduction supplémentaire de 500 000

1 582 560 – 500 000 = 1 082 560

Application du barème IRPP

De 0 à 2 000 000 : 10 % ; soit 1 082 000 X 10% = 108 200

IRPP calculé sur la base du revenu global = 108 000

• Cotisation supplémentaire IRPP global diminué de l’IRPP annuel ordinaire : 108 200 –
76 600 = 31 600

• Détermination du montant total de l’IRPP dû au titre du mois servant de base à


l’imposition : cotisation supplémentaire majorée de l’impôt correspondant au revenu
ordinaire du mois d’avril 2005 :

31 600 + 6 385 = 37 985 + 10% au titre des CAC, soit 41 783 Fcfa

En tout état de cause, la cotisation supplémentaire doit être prélevée en totalité au


cours du mois de versement.

Exemple 3 :

Au titre du mois d’avril 2005, M. Z a perçu a perçu son salaire ordinaire mensuel de
Fcfa 157 000 ainsi qu’une prime de bilan de montant Fcfa 2 000 000. M. Z a perçu au titre des
trois dernières années des salaires respectifs de 1 500 000, 1 600 000 et 1 700 000.

Il sollicite le bénéfice des dispositions de l’article 65 bis.

La prime de bilan de montant Fcfa 2 000 000 est un revenu exceptionnel, servi de
manière ponctuelle. De par sa nature, il n’est pas susceptible d’être mis à la disposition de son
bénéficiaire annuellement et son montant dépasse la moyenne nette des revenus dont a
disposé le contribuable au titre des trois dernières années.

1. Calcul de l’IRPP dû sur le revenu net ordinaire

Salaire mensuel brut = Fcfa 157 000

Salaire annuel brut = 157 000 x 12 = 1 884 000

- Abattement forfaitaire pour frais professionnels : 30% x 1 884 000 = 565 200

(article 34 CGI), soit 1 884 000 – 565 200 = 1 318 800

- Déduction de la cotisation sociale CNPS (article 34 CGI) : 2,8% x 1 884 000 = 52 752
soit 1 318 800 – 52 752 = 1 266 048

- Déduction complémentaire de 500 000 (article 29 CGI) : 1 266 048 – 500 000 =
766 048

Application du barème IRPP

122
De 0 à 2 000 000 : 10 % ; soit 766 000 X 10% = 76 600

- IRPP dû au titre de l’année après application du barème : 76 600

- IRPP dû au titre du mois d’avril 2005 : 76 600/12 = 6 385

2. Calcul de l’IRPP sur le revenu ordinaire majoré du quart du revenu exceptionnel :


1 884 000 + (2 000 000/4) = 2 384 000

• Abattement pour frais professionnels

2 384 000 x 30% = 715 200

2 384 000 – 715 200 = 1 668 800

• Déduction des cotisations sociales CNPS

2 384 000 X 2,8% = 66 752

1 668 800 – 66 752 = 1 602 048

• Déduction supplémentaire de 500 000

1 602 048 – 500 000 = 1 102 048

Application du barème IRPP

De 0 à 2 000 000 : 10 % ; soit 1 102 000 X 10% = 110 200

IRPP global : 110 200

3. Cotisation supplémentaire : IRPP global diminué de l’IRPP annuel ordinaire,


multiplié par le coefficient : (110 200 – 76 600) x 4 = 134 400

4. Détermination du montant total de l’IRPP dû au titre du mois servant de base à


l’imposition : cotisation supplémentaire majorée de l’impôt correspondant au
revenu ordinaire du mois d’abril 2005 :

134 400 + 6 385 = 140 785 + 10% au titre des CAC, soit Fcfa 154 863

L’étape 5 ne s’applique pas dans le cas d’espèce dès lors qu’il n’y a pas d’acompte sur
les traitements et salaires.

123
CHAPITRE IV - MODALITES DE PERCEPTION

L’impôt définitivement dû en fin d’exercice est calculé sous déduction des acomptes et
retenues à la source effectivement opérés au cours de l’exercice. Ces déductions doivent être
appuyées des pièces justificatives.

SECTION I - TRAITEMENTS, SALAIRES, PENSIONS ET RENTES VIAGERES


(Articles 81 à 84)
Il y a lieu de noter que les employeurs sont dispensés de l’obligation des retenues à la
source d’impôts sur des salaires dont le montant est inférieur à 62.000 [Link], ceux-ci étant
exonérés. Cette dispense de retenue de l’IRPP emporte également dispense de retenue de la
RAV et de la Contribution au Crédit Foncier pour les salaires inférieurs au seuil sus indiqué.

En cas d’existence de plusieurs établissements situés dans des localités différentes, les
employeurs ont le choix, en ce qui concerne le lieu de reversement des retenues d’IRPP et
autres contributions rattachées aux traitements et salaires ; elles peuvent être reversées soit au
centre de rattachement de l’établissement, soit à celui du siège social de l’entreprise. Au cas
où cette dernière option est choisie, ils sont toutefois tenus de présenter en annexe de leur
déclaration, un état éclaté desdites retenues par établissement.

Au plan pratique, les retenues sur les traitements et salaires sont effectuées à partir des
feuillets du DIPE, et reversées le 15 du mois suivant.

NOTE EXPLICATIVE SUR L’UTILISATION DU BAREME18


(Nouvelle version)
Le nouvel impôt des personnes physiques entre en vigueur pour compter du 1 janvier
2004.
Cet impôt concerne tous les contribuables personnes physiques : professionnels et
salariés.
La présente note a pour objet de donner aux employeurs du secteur privé des
recommandations concernant l’utilisation du barème des retenues à la source sur les salaires
de leurs employés.
A travers la réforme, la taxe proportionnelle et la surtaxe progressive ont été fusionnées
en une taxe unique : l’impôt sur le revenu des personnes physiques (I R P P) toutes les autres
retenues sur salaires au profit des organismes parapublics (crédit foncier du Cameroun,
CRTV, Fond National de l’Emploi, FEICOM et communes) restent dues.
Le présent barème de retenue mensuelle de l’IRPP est une déclinaison du barème
annuel qui figure dans la loi n°2002/014 du 30 Décembre 2002 portant loi de finances de la
république du Cameroun.
Changement par rapport à l’ancienne version.
La version actuelle du barème fait suite à la révision de l’article 34 du Code Général
des Impôts (CGI) faisant passer le taux de l’abattement forfaitaire au titre des frais
professionnels de 20%à 30%.

18
Note explicative du Directeur Général des Impôts du 1er décembre 2005.
124
Par ailleurs deux paramètres de calcul ajustés dans l’ancienne version ne le sont plus.
Ainsi l’abattement forfaitaire annuel est de 500000fcfa conformément à l’article 29 duCGI ;
la déduction des cotisations sociales s’obtient par application du taux de 28% sur le salaire
mensuel brut plafonné à 300.000 FCFA.
Enfin le traitement des éléments exceptionnels de salaire a été précisé au travers de
l’article 65 bis (nouveau).
Conséquence des changements.
La conséquence des changements opérés par rapport à l’ancienne version est le
passage des salaires exonérés (article 81du CGI) de 52.000 fcfa à 62.000 FCFA.
Dans la pratique, l’on s’apercevra lors du calcul de l’impôt que le revenu net imposable
des personnes bénéficiant d’un salaire mensuel brut compris entre 52.000 FCFA et
62.000fcfa est nul ou négatif . Dans ces conditions aucun impôt ne saurait être retenu ou
réclamé aux personnes concernées.
Par ailleurs les contribuables qui relèvent de cette situation particulière ne sauraient
invoquer un quelconque crédit d’impôt pour une base nette d’imposition négative dés lors
que suivant les dispositions légales, le taux de l’impôt ne s’applique que sur une base
d’imposition au moins égale à zéro.
Base taxable
Pour des raisons de commodité, le présent barème fait ressortir le salaire brut comme
base taxable, alors que la base du barème annuel est le salaire net.
Le salaire brut est égal au total des traitements, indemnités (y compris l’indemnité de
transport), émoluments, salaires, pensions et rente viagères, ainsi que tous les avantages en
natures ou en argent accordés aux intéressés ; à l’exclusion des allocations à caractère
familial, de celles destinés à couvrir les frais inhérents à la fonction ou à l’emploi, ainsi que
les réparations des dommages d’accidents de travail.
Avantages en nature
L’estimation des avantages en nature est faite selon les taux ci-après, appliqués au
salaire brut taxable :

Logement…………………………………………………………………… 15%
Electricité…………………………………………………………………… 4%
Eau………………………………………………………………………… 2%
Par domestique…………………………………………………………… 5%
Par véhicule ……………………………………………………………… 10%
Nourriture………………………………………………………………… 10%

Toute indemnité en argent représentative d’avantages en nature droit être comprise


dans la base d’imposition dans la limite des taux ci-dessus.
Le salaire brut dans ce barème varie de 62.000 francs à 3.000.000 de francs,
l’accroissement étant de 250 francs, l’arrondi se fera à la ligne inférieure du barème.
Outre le salaire brut, le barème fait ressortir le montant de l’impôt en principal
correspondant, et à titre indicatif, les retenues au titre des centimes additionnels
communaux, de la contribution au crédit foncier, ainsi que la redevance CRTV

125
Il convient de signaler que les salaires inférieurs à 62000 francs sont exonérés de
l'IRPP.
Le salaire net auquel s'applique le taux d'imposition est déterminé en déduisant du
salaire brut les frais professionnels calculés forfaitairement au taux de 30%, ainsi que les
cotisations versées à la caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) au titre de la retraite
obligatoire.
Les taxes reçues au profit des communes pour services rendus (taxes d’enlèvement des
ordures ménagères, taxes d’eau, d’électricité etc.) doivent faire l’objet des retenues
mensuelles en même temps que l’impôt sur le revenu, par les employeurs.
Formule de calcul.
L’algorithme ayant servi à la détermination de ce barème est donné ci-après. Il servira
notamment au calcul de l’impôt pour les revenus supérieur à 3.000.000 de francs : et à la
rédaction des programme informatique de retenues de l’IRPP sur les salaires.

Salaire mensuel brut. TAUX IRPP


Jusqu’à 62.000 0
62. 001 à310.000 10% (Sbm*70%-Sbm*2,8%-41 667)*10%
310. 001 à 429.000 15% 16. 693+(Sbm-310. 000)*70%*15%
429. 001 à 667.000 25% 29.188+(Sbm-429.000)*70%*25%
667 001 et plus 35% 70.850+(Sbm-667.000)*70%*35%

Dans cet algorithme Sbm représente le salaire mensuel brut.


L’élément Sbm*2,8% représente la déduction des cotisations au titre de la pension
retraite supportée par le salarié.

SECTION II – LA PARAFISCALITE DES TRAITEMENTS ET SALAIRES

La parafiscalité regroupe pour l’essentiel les retenues effectuées sur les salaires par
l’administration fiscale d’ordre et pour le compte de certains organismes publics dotés de
l’autonomie financière.

I- la contribution au Crédit Foncier du Cameroun (CFC)19

1- Champ d’application de la contribution au CFC

La contribution au crédit foncier est une taxe parafiscale recouvrée par l’administration
fiscale et reversée au CFC dont l’objet est d’apporter son concours financier à la réalisation
des projets afférents à l’habitat.
Les personnes assujetties à cette contribution sont les salariés et les employeurs des
secteurs privé et public.
Sont exonérés de la contribution au Crédit Foncier : l’Etat ; les communes ; les
Chambres Consulaires ; les missions diplomatiques et consulaires ; les associations et
organismes à but non lucratif, et dans les conditions fixées par décret ; les exploitants
19
Loi n°77/10 du 13 juillet 1977 portant institution d’une contribution au Crédit Foncier.
126
agricoles individuels et éleveurs ; les établissements d’enseignement privé ; les établissements
hospitaliers confessionnels ; les établissements sociaux professionnels et laïcs.

2- Modalités de perception

La contribution au crédit foncier est en général liquidée par l’employeur par application
d’un taux de 1% pour les salariés sur le montant brut des salaires et 1,5% pour les employeurs
sur les rémunérations versées, y compris les avantages en espèces et en nature et reversée au
Trésor dans les vingt premiers jours du mois pour les salaires payés au cours du mois
précédent.
Toutefois, lorsque le montant du prélèvement mensuel est inférieur à 25 000 francs,
l’employeur est admis à effectuer le versement trimestriellement dans les vingt premiers jours
de chaque trimestre pour les salaires payés au cours du trimestre précédent.
La liquidation des droits se fait sur des imprimés fournis par l’administration fiscale.

II- La contribution au fonds national de l’emploi (FNE)20

1- Champ d’application de la contribution au FNE

La contribution au FNE est une taxe parafiscale dont l’émission, la liquidation et le


recouvrement sont dévolus aux services de la Direction Générale des Impôts. Y sont assujettis
les employeurs des secteurs public, parapublic et privé. Les exonérations en matière de
contribution au FNE sont les mêmes qu’en matière de contribution au CFC.

2- Modalités de perception

Le montant de cette contribution est déterminé par application d’un taux de 1% sur le
montant des rémunérations servies y compris les avantages en nature payés ou accordés au
personnel, pour leur montant réel. La base du prélèvement est arrondie au millier de francs
inférieur.
Elle doit être reversée au Trésor Public dans les mêmes délais que la contribution au
CFC et est rétrocédée au Fonds National de l’Emploi dont l’objet est la promotion de l’emploi
au Cameroun.

III- La redevance audiovisuelle (RAV)21

1- Champ d’application de la RAV

La redevance audiovisuelle est due par les salariés des secteurs parapublic et privé et par
les personnes physiques et morales redevables de la contribution des patentes.
En sont exonérés : les pensions et rentes viagères ; les salaires du personnel
domestique ; les salaires des ouvriers travaillant dans les exploitations agricoles ou pastorales
individuelles ; les personnes physiques ou morales exonérées de la contribution des patentes
par les dispositions du Code Général des Impôts.

20
Loi n° 90/050 du 19 décembre 1990 modifiant la loi n°77/10 du 13 juillet portant institution d’une
contribution au Crédit Foncier et fixant la part de cette contribution destinée au fonds National de l’emploi.
21
Instituée par Ordonnance n° 89/004 du 12 décembre 1989 portant institution d’une redevance audiovisuelle.
127
2- Modalités de perception
La base de calcul de la redevance audiovisuelle due par les salariés est constituée par le
montant brut des salaires perçus.
Les montants mensuels forfaitaires de la redevance audiovisuelle due par les salariés
s’établissent ainsi qu’il suit :

de 0 à 50 000 FCFA 0
de 50 001 à 100 000 FCFA 750
de 100 001 à 200 000 FCFA 1 950
de 200 001 à 300 000 FCFA 3 250
de 300 001 à 400 000 FCFA 4 550
de 400 001 à 500 000 FCFA 5 850
de 500 001 à 600 000 FCFA 7 150
de 600 001 à 700 000 FCFA 8 450
de 700 001 à 800 000 FCFA 9 750
de 800 001 à 900 000 FCFA 11 050
de 900 001 à 1 000 000 FCFA 12 350
Au dessus de 1 000 000 FCFA 13 000

Pour les personnes physiques et morales redevables de la contribution des patentes, la


redevance audiovisuelle est assise suivant les mêmes règles, sous les mêmes garanties et
sanctions que la contribution des patentes.
Le montant forfaitaire annuel de la redevance audiovisuelle exigible des personnes
physiques et morales ci-dessus est égal à une fois le principal de la contribution des patentes
due par eux.
La redevance audiovisuelle due par les salariés est retenue à la source par l’employeur et
reversée par lui à la caisse du comptable du Trésor Public compétent dans les vingt premiers
jours du mois pour les salaires payés au cours du mois précédent.
Elle est liquidée au vu de la déclaration souscrite par l’employeur sur des imprimés
fournis par l’administration. Ces imprimés peuvent être retirés auprès du comptable du Trésor
ou des services de la Direction Générale des Impôts.
Son produit est reversé dans un compte spécial ouvert auprès du Trésor Public au profit
de la CRTV.

IV - Les cotisations sociales

Au terme d’un accord de partenariat entre l’administration fiscale et la Caisse Nationale


de Prévoyance Sociale, le législateur a habilité les services des impôts à émettre, liquider et
recouvrer les cotisations sociales dues à cet organisme public par les employeurs.
La liquidation de la cotisation pension se fait par application du taux de 2,8% sur une
base constituée par le salaire brut, c’est-à-dire le salaire avant abattement pour frais
professionnels.

L’assiette cotisable comprend :

128
• Le salaire proprement dit ;
• Les gains en espèce de toute nature ;
• Les avantages en nature.
Certains avantages en nature tel le logement ou la nourriture sont évalués
forfaitairement. Mais cette évaluation forfaitaire ne s’étend pas aux indemnités en argent
représentatives d’avantages en nature. En dehors de ces avantages en nature dont l’évaluation
est forfaitisée, tous les autres avantages en nature sont cotisables à 100%.
Seules ne rentrent pas dans l’assiette cotisable les frais professionnels qui sont
limitativement déterminés comme suit (arrêté interministériel du 1er mars 1974):
• L’indemnité de déplacement ;
• L’indemnité de lait ;
• L’indemnité de bicyclette ou de cyclomoteur ;
• L’indemnité de représentation ;
• La prime de panier ;
• La prime de transport ;
• La prime de salissure ;
• La prime d’outillage ;
• La prime de sécurité accordée aux promoteurs de la prévention des risques
professionnels.
La liquidation de la cotisation pension se fait par application de différents taux à
l’assiette cotisable, suivant les différentes branches gérées par la CNPS, et suivant qu’on est
employeur ou salarié.

BRANCHE DES PRESTATIONS FAMILIALES


Dans cette branche, l’assiette cotisable est plafonnée à 300 000 par mois, soit 3 600 000
par an et par travailleur. Par ailleurs, les cotisations dues dans cette branche sont entièrement à
la charge de l’employeur.
Les taux applicables sont les suivants :
• Régime agricole : 5,65% du salaire cotisable plafonné;
• Régime de l’enseignement privé : 3,7% du salaire cotisable plafonné;
• Régime domestique : 7% du salaire cotisable plafonné;
• Régime général : 7% du salaire cotisable plafonné.

BRANCHE DES PENSIONS VIELLESSE


Dans cette branche également, l’assiette cotisable est plafonnée à 300 000 par mois, soit
3 600 000 par an et par travailleur. Par contre, la charge des cotisations dues dans cette
branche est supportée par l’employeur et par le salarié.
Le taux de cotisation global est de 7% réparti comme suit :
• Employeur : 4,2% du salaire cotisable plafonné;

129
• Salarié : 2,8% du salaire cotisable plafonné.

BRANCHE ACCIDENT DE TRAVAIL ET MALADIES PROFESSIONNELLES


Dans cette branche, l’assiette cotisable n’est pas plafonnée comme dans les branches
précédentes. Par ailleurs, les entreprises sont classées en fonction du degré de risque encouru
qui peut être faible, moyen ou élevé et des taux de cotisation sont fixées en conséquence :

• Risque faible : 1,75% du salaire cotisable non plafonné ;


• Risque moyen : 2,5% du salaire cotisable non plafonné ;
• Risque élevé : 5% du salaire cotisable non plafonné.
Lorsqu’une entreprise exerce sous la même raison sociale des activités relevant de
risques distincts, on considère l’activité qui distribue la plus grande masse de salaire.
Les employeurs collectent et reversent les cotisations pour le compte de leurs employés
selon une périodicité et des délais fixés par le Code Général des Impôts.

Précision doctrinales : Imposition des salaires de moins de 62 000 à la RAV et à la CCF22

A la question de savoir si les salaires de moins de 62 000 Fcfa peuvent ou non être
imposés à la RAV et à la CCF en dépit de leur exonération de l’IRPP, l’administration fiscale
a répondu que la dispense des salaires de moins de 62 000 Fcfa de l’IRPP emporte également
exonération de ces salaires de la RAV et de la Contribution Salariale au Crédit Foncier.
Toutefois, cette dispense ne concerne pas la Contribution Patronale au Crédit Foncier
et la contribution au FNE dues par l’employeur conformément à la loi N°90/050 du 19
décembre 1990.

SECTION III - REVENUS DE CAPITAUX MOBILIERS (Articles 85 et 86)

L’ IRPP dû au titre des Revenus de Capitaux Mobiliers (RCM) perçus est retenu à la
source par la personne qui en effectue le paiement, à charge pour elle de le reverser à son
centre des impôts de rattachement dans un délai de quinze (15) jours, à compter du paiement
desdits RCM.
Dans l’hypothèse où les RCM sont de source étrangère et profitent à un contribuable
domicilié au Cameroun, les établissements financiers et autres qui reçoivent les fonds et les
mettent à la disposition de la personne domiciliée au Cameroun sont soumis à l’obligation de
retenue à la source. Il en est de même des RCM versés à des sociétés exonérées d’IS, dont
l’impôt doit être également retenu à la source par le payeur.
Lorsque les RCM sont payés et perçus à l’étranger par une personne dont il est établi
que le domicile fiscal est au Cameroun celle-ci doit acquitter spontanément son impôt lors de
sa déclaration annuelle, qui doit intervenir au plus tard le 15 mars de chaque année. Il s’agit
d’un cas où le bénéficiaire des RCM reste soumis à l’obligation de déclaration.

SECTION IV - REVENUS FONCIERS (Articles 87 à 90)

22
Note N°610/MINFI/DGI/LC/C du 29 septembre 200 et Note N°688/MINFI/DGI/LC/C du 17 octobre 2007
130
Les revenus fonciers déterminés comme ci-avant sont soumis à une retenue à la source
effectuée par la personne qui paie les loyers, et dont le taux est fixé à 5% des loyers perçus.
L’acompte d’IRPP sur Revenus fonciers doit être obligatoirement retenu à la source et
reversé au plus tard le 15 du mois qui suit le paiement effectif par les personnes ci-après :

- l’Etat et tous ses démembrements tels que précisés par l’Instruction 105 du 06
février 2003 relative à la loi de finances pour l’exercice 2003 ;
- les personnes morales et les entreprises individuelles soumises au régime du
réel et à celui du simplifié.
Toutefois, les loyers versés aux entreprises qui relèvent du régime du réel, quelle que
soit la forme desdites entreprises, échappent à la retenue à la source. Il en est de même des
sociétés civiles immobilières ayant optées pour l’IS.
S’agissant des loyers perçus par des particuliers et qui ne subissent par conséquent pas la
retenue à la source visée ci-dessus, ces contribuables sont tenus d’acquitter trimestriellement,
le 15 du mois suivant la fin du trimestre concerné, un acompte d’IRPP sur Revenus fonciers,
fixé à 5% du montant des loyers effectivement encaissés sur le trimestre. Sont donc
particulièrement visés ici, tous les loyers versés pour les locaux à usage d’habitation.
De même, les loyers versés par les contribuables relevant du régime de base ou de
l’impôt libératoire et qui conformément aux dispositions de l’article 87 du CGI ne font pas
l’objet de retenues à la source feront l’objet d’une déclaration trimestrielle, le 15 du mois
suivant la fin du trimestre concerné. Dans ce cadre, le bailleur acquittera un acompte d’IRPP
sur revenus fonciers fixé à 5% du montant des loyers effectivement encaissés. Il s’agit dans ce
cas des loyers perçus par des bailleurs ne relevant ni du régime du réel ni du régime simplifié.

Précisions doctrinales : Précompte sur loyers des stations-service23

Il s’est posé la question de savoir qui procède à la retenue sur loyer auprès des stations-
service.

Pour répondre à cette préoccupation, l’Administration a rappelé que les loyers de biens
immeubles font l’objet d’une retenue de 20 % au titre du précompte sur les loyers, opérée par
le locataire, et qui constitue un crédit d’impôt pour le bailleur à valoir sur l’Impôt
définitivement dû. Il y a toutefois lieu de rappeler que le taux dudit précompte est passé de 20
% à 5 %.

En ce qui concerne le cas particulier des stations-service, l’obligation d’opérer ladite


retenue incombe aux compagnies distributrices (Marketters) par dérogation aux dispositions
susvisées.

En ce qui concerne les plus-values réalisées sur la vente des immeubles hors bilan qui
constituent des Revenus fonciers, elles restent soumises à un prélèvement libératoire de toutes
autres impositions fiscales, fixé à 10% du montant de la plus-value ; ce prélèvement est retenu
à la source par le notaire lors de la transaction, et reversé lors de l’accomplissement de la
formalité.

23
Lettres N°S 0031/MINEFI/DI/INS du 02 juillet 1998, 0561 et 0562/MINEFI/DI/FS/CPM du 04 septembre
2000.
131
SECTION V - BENEFICES ARTISANAUX, INDUSTRIELS ET COMMERCIAUX,
BENEFICES AGRICOLES ET BENEFICES NON COMMERCIAUX (Articles 91 à 93)

Les modalités de paiement et de perception de l’IRPP en matière de BIC, de BA et de


BNC s’effectuent suivant les régimes d’imposition afférents à ces bénéfices.
Aussi, l’acompte d’IRPP sur les bénéfices sus-cités est fixé à 1% du chiffre d’affaires
réalisé auquel il faut ajouter 10% au titre des centimes additionnels communaux ainsi qu’il
suit :
- au plus tard le 15 avril, le 15 juillet, le 15 octobre et le 15 janvier pour les
contribuables relevant du régime de base et pour les transporteurs ;
- au plus tard le 15 du mois suivant pour les contribuables relevant du régime
simplifié et du régime du réel.
Les contribuables défaillants qui ne respectent pas leurs obligations sont impérativement
relancés dès l’expiration des délais sus indiqués, et les pénalités subséquentes
automatiquement appliquées.
L’acompte de 1,1% est retenu à la source par les comptables publics et assimilés sur
tous les règlements effectués pour le compte de l’Etat ou de ses démembrements, tels
qu’identifiés dans le cadre de la TVA par l’Instruction n°105 du 06 février 2003 relative à la
loi de finances pour l’exercice 2003.
Les contribuables assujettis à l’IRPP au titre des BIC et des BA sont également passibles
du précompte sur achats sur leurs opérations d’importation et sur leurs achats effectués auprès
des grossistes et demi-grossistes. Comme c’est le cas en matière d’I.S, ledit précompte
constitue un acompte d’impôt, et doit être considéré comme tel au titre du mois ou du
trimestre suivant.

132

Vous aimerez peut-être aussi