Pages Avant Propos .. Introduction 1. Les Différents Types de Riziculture . 1.1. La Riziculture de Submersion Libre
Pages Avant Propos .. Introduction 1. Les Différents Types de Riziculture . 1.1. La Riziculture de Submersion Libre
SOMMAIRE
Pages
Avant propos……………………………………………………….. 1
Introduction………………………………………………………… 2
• Les perspectives…………………………………………………. 22
CONCLUSIONS………………………………………………………… 70
Références bibliographiques……………………………………… 73
AVANT PROPOS
L’objectif général de l’étude est de fournir un document qui présente assez bien la
situation de toutes les formes de riziculture au Mali. Un tel document s’avère très
utile lorsqu’on est appelé à définir des orientations stratégiques en matière de
politique de développement rural et rizicole en particulier.
Pour atteindre cet objectif général et en raison de la multiplicité des formes et des
zones de riziculture au Mali, nous avons adopté une démarche participative de tous
les intervenants du système de production rizicole dont les principaux sont : les
producteurs et les services d’encadrement. A cet effet, un atelier de deux jours a
regroupé des responsables de haut niveau des services d’encadrement ruraux publics,
parapublics et privés, et des riziculteurs pour faire le point des différents systèmes de
production rizicole dans leur zone d’intervention. Cet atelier a permis l’élaboration
d’un document cité an Annexe et qui constitue l’ossature du présent document. Après
l’atelier, une prise de contact sur les lieux de travail avec les principaux intervenants
du système de production rizicole a été organisée dans toutes les régions du Mali
(exceptée Kayes pour des difficultés de liaison) pour recueillir leurs avis et faire une
synthèse par rapport aux avis recueillis lors de l’atelier. Avec les producteurs, les
échanges ont été opérés soit par des interviews, soit par des enquêtes.
Après avoir dégager le potentiel rizicole du Mali, l’étude a permis de cibler les
principales contraintes au développement de la riziculture et de dégager les
perspectives dans un contexte d’intégration sous-régionale et même internationale.
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INTRODUCTION
Centre de diversification et de domestication de l’espèce africaine de riz cultivé (Oryza glaberima), le Mali a
une tradition rizicole multimillénaire (PORTERES 1950, GALAIS 1967). L’évolution récente de la riziculture
au Mali se caractérise par des taux d’accroissement des superficies de 3,4% et de la production de 10,8%
(COULIBALY 1994). En 1994 la production nationale atteignait 450 000 tonnes de paddy par an (FAO, 1994).
La production céréalière au Mali est estimée à 2,5 millions de tonnes par an (DNSI 1995), soit 278 kg par
personne et la consommation annuelle par tête d'habitant était estimée à 232 kg de céréales en 1995 (DNSI
1994). Le riz occupe la troisième place après le mil (0,9 millions de tonnes) et le sorgho (0,7 millions de tonnes)
avec 0,5 millions de tonne de paddy, soit 53 kg par personne (DNSI 1995). La moitié de la production rizicole
du pays vient de la région de Ségou. La région de Mopti en fournit 20% et la région de Sikasso 13%. L'analyse
de ces données indique que le Mali présente un surplus de céréales ; toutefois, on signale un déficit en riz paddy
est de 8,7 kg par personne par an pour une population de 8,8 millions (DNSI, 1994).
Le Mali est de loin le pays du Sahel qui dispose le plus de ressources en riziculture (eaux et sols). En effet, le
potentiel irrigable du Mali comprend près de 2,2 millions d’ha de terres dont plus de 1,8 millions d’ha dans la
seule vallée du fleuve Niger ; le fleuve Niger, troisième fleuve le plus long d’Afrique avec plus de 4 100 km
dont plus de 2 400 km au Mali et le fleuve Sénégal long de 1 400 km dont plus de 800 km au Mali (Figure 1 :
carte du Mali). Avec un taux d'exploitation de moins de 15% de son potentiel rizicultivable, le Mali
approvisionne déjà de nombreux marchés de l'Ouest Africain (Burkina, Mauritanie, Sénégal, Côte d'Ivoire, etc),
ce qui permet de penser qu'il pourrait être sans doute le grenier à riz de l’Afrique de l’Ouest.
culture. Ainsi, le caractère aléatoire de la culture impose l’utilisation de variétés rustiques, à large
adaptabilité aux fluctuations et changement des conditions agro-éco-pédo-climatiques et un savoir-faire,
pouvant minimiser entre autres les risques climatiques.
L’importance du riz dans ces régions peut être illustrée par le cas de Gao, où le riz représente 55,53% des
emblavures totales en céréales et la production de riz représente 73% de la production totale de céréales, sur
lesquelles le riz de submersion libre couvre 61% de la production. En effet, en raison des sécheresses
cycliques de ces dix dernières années dans les trois régions, la seule possibilité de culture sans gros
investissements est la culture fluviale. La tradition de riziculteurs des populations pourrait expliquer sans
doute pourquoi, le riz est plus intégré dans les habitudes alimentaires et la consommation que les autres
céréales (sorgho et mil). On consomme à Gao 3 fois le riz par jour, et c’est à défaut de riz que les autres
céréales sont consommées.
• Les potentialités
Le système recèle cependant d'énormes potentialités dans toutes les régions : 150 000 ha à Mopti, plus de 300
000 ha à Tombouctou et plus de 200 000 ha à Gao. En raison du caractère aléatoire de la culture, on assiste de
plus en plus à l’utilisation de ces terres pour faire des cultures fourragères comme le « bourgou ». A Mopti par
exemple certaines terres de riziculture flottante sont aménagées pour recevoir du riz de submersion contrôlée ;
enfin, dans toutes les régions, de nombreuses surfaces sont aménagées en Petits Périmètres Irrigués Villageois
(PPIV), équipés de systèmes d’irrigation avec maîtrise de l’eau.
• Le foncier
La terre appartient à l'Etat. Toutefois, la gestion des terres est tacitement confiée aux chefs traditionnels et à
l’Administration locale. Le flou qui règne autour du problème foncier est responsable de nombreux conflits
familiaux souvent mortels et de l’absence d’entretien des dépressions soumises à une forte dégradation. Ainsi, à
Mopti, par exemple les problèmes fonciers sont encore régis par des dispositions issues de la DINA (le
"djoworo"), qui datent de l'époque de Sékou Amadou en 1820 et confèrent une prérogative du système pastorale
sur les systèmes de production agricole, forestier et même piscicole. Il n'en demeure pas moins qu'avec la
décentralisation, les communes rurales doivent jouer de plus en plus un rôle dans le système foncier. Les
blocages institutionnels doivent être levés pour assurer une sécurisation des producteurs qui seront tentés de faire
plus d'investissements sur les parcelles.
• Les aménagements
En fait dans la riziculture de submersion libre, il n’y a pas d’aménagements au sens strict du terme. La rizière est
alimentée en eau par le débordement des cours d’eau (Figure 2 : plaines de submersion libre à Haoussa Foulane
Gao), et elle est vidangée par le retrait de la crue du même cours d’eau. L’alimentation hydrique
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de la plante est ainsi assurée par les eaux de pluies au jeune âge, puis assurée par la crue et la décrue. Le
caractère aléatoire de la pluviométrie, des crues et décrues, augmente considérablement les risques d’échec de ce
type de riziculture. Pour limiter les dégâts de la crue, certains agriculteurs procèdent à la confection de digues
(Figure 3 : digue de protection submersible à Bara Gouthine Gao), d’ouvrage de prise d’eau (Figure 4 :
aménagement sommaire à Bara Gouthine) et diguettes submersibles. Les digues et diguettes sont souvent
détruites par les vagues, les rongeurs, et nécessitent une réfection annuelle pour jouer pleinement leur rôle.
Ainsi, la riziculture de submersion libre est essentiellement confrontée au problème d'alimentation hydrique de
la plante, lié à l’absence d’aménagements, aux régimes très irréguliers des pluies, des crues et des décrues. Ces
irrégularités s'expriment aussi bien en termes quantitatifs (total des pluies, niveaux des crues et des décrues)
qu'en termes qualitatifs (répartition des pluies dans le temps, date de démarrage des pluies, vitesse de la montée
et de la baisse des crues, date d'arrivée et de retrait de la crue). En effet, la culture du riz se fait en début de la
saison des pluies avec les premières pluies (très fluctuantes), et la croissance du riz est assurée par les crues dont
l'arrivée, le retrait et les rythmes de montée et de descente sont incontrôlés. Pour minimiser l’impact de
l’irrégularité des pluies et des crues, les rizières sont subdivisées en trois parties selon la hauteur de la lame
d'eau, en franges basses, moyennes et hautes dans toutes les zones présentées ; chaque frange recevant des
variétés adaptées. Le débat sur la typologie des franges à mis en exergue la nécessité d'harmonisation au sein des
structures de développement.
• La préparation du sol
Dès la décrue ou avant la prochaine crue, on procède à un labour avec pour objectif principal d’extirper les
rhizomes de riz sauvage (Oryza longistaminata) qui colonisent le sol. Le labour se fait généralement avec la
daba à la main et consiste en un grattage superficiel, et des fois en un labour léger à moyen. De nos jours,
l'utilisation de bœufs de labour poursuit son expansion.
• L’approvisionnement en semences
Les variétés cultivées sont surtout des riz africains (Oryza glaberrima), classées selon leur cycle en familles
variétales : cycle précoce jusqu'à 90 jours, cycle moyen de 90 à 120 jours, et cycle tardif de plus de 120 jours ;
respectivement appelées, variétés tétéra, kossa et mobéri selon les appellations Sonrhaï (Nord du Mali). Les
variétés traditionnelles sont photosensibles et souvent non dormantes permettant d'assurer deux récoltes sur des
parcelles appartenant à différentes franges d'eau. Les principaux défauts de ces variétés locales sont la sensibilité
à l'égrenage, la verse et la couleur rougeâtre du péricarpe du grain qui réduit sa valeur marchande
comparativement aux variétés sativa dont le grain est blanc. Par contre, elles sont rustiques, adaptées aux
conditions éco-pédo-climatiques et présentent des caractéristiques organo-leptiques de grain et culinaires
appréciées des consommateurs. Des programmes d'amélioration génétique par mutagenèse
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ont été conduits au CRRA (Centre Régional de Recherche Agronomique) de Mopti et à Gao par l'Organisation
Non Gouvernementale (ONG) ACAS (Association des Conseillers Agricoles du Sahel) en vue de corriger les
défauts majeurs des variétés glaberrima. Ainsi, de nouvelles variétés améliorées pour l'égrenage et la
couleur du péricarpe ont été obtenues, mais elles ne sont pas encore vulgarisées. On assiste de plus en plus à
l'introduction de variétés asiatiques (Oryza sativa), classées, elles surtout selon l'aptitude à supporter la lame
d'eau. Les variétés asiatiques sont généralement les mêmes que celles utilisées en riziculture de submersion
contrôlée : Khao Gwaen pour les franges basses, DM16, BH2, BG90-2 et D52-37 pour les franges moyennes et
hautes. Pour les variétés glaberrima, il n’y a pas de circuit d'approvisionnement en semences, et les paysans
utilisent comme semences les récoltes des meilleures plantes de leurs parcelles ; pour les sativa, la filière semble
plus organisée, mais l'approvisionnement reste un problème. Le cycle des variétés est plus long dans les franges
basses que dans les franges hautes et moyennes. En effet, les franges basses sont inondées en premier et
exondées en dernier ; aussi, on y sème des variétés de 160 à 180 jours. Dans les franges moyennes et hautes, on
sème des variétés de 90 à 100 jours.
• Les semis
Le semis est réalisé à la volée avec les premières pluies importantes de Juin-Juillet juste après le labour. Les
quantités de semences sont réduites dans les franges basses en raison de l’humidité plus importante et du fort
tallage, et elles sont plus fortes dans les zones moyennes et hautes en raison du caractère plus aléatoire de
l’humidité. On sème en moyenne un sac à un sac et demi de paddy (80-90kg) à l’ha. Le semis en ligne
n’existe pas, alors que l’intérêt du repiquage est bien connu, et sa pratique est courante dans de nombreux
casiers.
Tableau 1 : Evolution des superficies et des rendements de riz flottant à Mopti sans l’Office Riz Mopti.
(Source : Direction Régionale de l'Appui au Monde Rural Mopti : Note sur la riziculture de submersion libre en
5ème région).
• La commercialisation
Il n'existe pas de circuit organisé de commercialisation, et le riz est vendu sous forme de paddy sur les marchés
locaux en fonction du principe de l'offre et de la demande. Très variables selon les années, les prix sont bas, juste
après les récoltes en Janvier-Février et élevés aux mois d’Août-Septembre. Les marchés les plus importants
sont : Ansongo pour la région de Gao, Mopti pour la région de Mopti et Tombouctou pour la région de
Tombouctou. L’absence de décortiqueuse réduit certainement la marge bénéficiaire des producteurs. Cependant,
il est à noter que les consommateurs locaux à Gao et Tombouctou préfèrent et consomment le riz sous sa forme
localement décortiquée.
• La diversification
Les possibilités de diversification sont limitées d’autant plus qu’il n’existe que peu d’espèces cultivées capables
de se développer en conditions de submersion. Aussi, le riz cohabite souvent avec une plante fourragère : « le
bourgou » qui, en raison de sa plus grande rusticité, tend à le remplacer sur certaines terres marginales où il n'est
plus possible de cultiver le riz.
• Les perspectives
La politique actuelle du Gouvernement est la lutte contre la sécheresse par la réalisation et la sécurisation des
aménagements hydro-agricoles. La riziculture flottante ne saurait guère rentabiliser des investissements en
intrants agricoles (engrais organiques et minéraux, labour, désherbage intensif, etc), ce qui lui confère un
caractère “ écologique ”. Une perspective intéressante serait de valoriser le produit par le “ label produit
biologique ” en achetant ces produits “ saints ” plus chers.
Une autre voie, sans doute la plus plausible, est la sécurisation des casiers par la réalisation d’ouvrages et
d’aménagements sécurisés en vue d’opérer une culture plus intensive.
A l'ORM, la situation est moins favorable et la production est d'une manière générale stagnante. L'ORM
encadre 126 Associations Villageoises réparties entre 16 Comités chargés de superviser la gestion des 16 casiers
de l'ORM.
• Les potentialités
Le potentiel des superficies cultivables en riz de submersion contrôlée est souvent confondu avec le potentiel des
superficies rizicultivables au Mali. En effet, plus de 90% des superficies rizicultivables au Mali sont situés dans
le Delta Central du fleuve Niger où sont situés l’Office du Niger, l’ORS et l’ORM. Toutefois, on estime qu’à
l’ORS, les superficies exploitées en riz de submersion contrôlée s’élèvent à 34 076 ha répartis en quatre
complexes hydro-agricoles :
Dioro : 15 446 ha ;
Sibila : 3 050 ha ;
Farako : 6 670 ha ;
Tamani : 8 010 ha.
A L'ORM, les superficies sont en régression en raison de la faible montée de la crue, consécutive entre autres, à
la mise en service du barrage de Sélingué. Ainsi, les superficies sont passées de 39 000 à 33 000 ha, réparties en
16 casiers dont les superficies varient de 425 ha à environ 4 000 ha.
• Le foncier
A l’ORS, les terres appartiennent à l’Etat qui confie la gestion à l’ORS. Les terres sont immatriculées et
attribuées aux exploitants qui, pour les conserver doivent payer une redevance qui varie pour un ha et par an, de
15.500 FCFA dans les zones réhabilitées à 12.500 FCFA dans les zones non encore réhabilitées.
A l'ORM, la taxe de redevance est uniforme et s'élève à 12.600 FCFA l'ha. L'ORS et l'ORM assistent les
comités de gestion des exploitants dans la distribution des terres et leur retrait pour non respect du "cahier de
charge" (clause du contrat de location).
Les redevances sont destinées à l’entretien des infrastructures : canaux principaux et secondaires, ouvrages de
prise d’eau. L’entretien de la parcelle relève de l’exploitant (les parcelles des exploitants ne sont pas séparées par
des diguettes).
• Les aménagements
Les aménagements hydro-agricoles de l’Office Riz Ségou sont composés :
! De digues de ceintures permettant de protéger les terres cultivables contre la crue du fleuve et de retenir
l’eau à l’intérieur des aménagements ;
! D’un bornage permettant de délimiter et de définir les hauteurs d’eau à chaque point de terrain pour y
utiliser les variétés de riz adaptées.
Les portions de plaines ou casiers, ainsi ceinturées peuvent être isolées ou groupées en chapelets. Dans ce
cas, l’ouvrage de vidange du casier en amont sert de prise d’eau pour le casier immédiatement en aval. Les
casiers ne sont pas planés et on peut observer des dénivelés de plus de 50 cm entre deux points. Cette
absence de nivellement et les dimensions trop importantes des casiers qui peuvent atteindre 400 à 6 670 ha
(Figure 7 : vu de l’étendue d’un casier à Dioro), limitent considérablement la maîtrise de l’eau d’irrigation. Il
en résulte d’importantes variations de la lame d’eau au sein du même casier. Ainsi, dans chaque casier on
distingue en général :
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! Les zones très basses avec une lame d’eau supérieure à 3 m, correspondant aux chenaux naturels et
aux bas-fonds, réservés aux pâturages ;
! Les zones basses avec une lame d’eau de 1,2 m à 3 m, utilisées pour la culture du riz dit « flottant » ;
! Les zones hautes avec une lame d’eau inférieure à 1,2 m, utilisées pour la culture du riz dit « dressé » ;
! Les zones exondées hautes, utilisées pour la culture des céréales sèches (riz pluvial, mil, sorgho, etc),
des pastèques, etc.
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• La préparation du sol
Le sol est généralement travaillé à la charrue et rarement avec des outils mécanisés. La préparation permet une
bonne installation de la culture. Son intérêt est perceptible à l’attachement des producteurs à l’exécuter
correctement. En effet, il vise surtout à la destruction du principal ennemi du riz cultivé : le riz sauvage à
rhizome Oryza longistaminata ou diga. En effet, on procède à ce moment à l’extirpation des rhizomes de
l’adventice, et les effets sur les rendements sont immédiats si l’opération est bien exécutée.
• L’approvisionnement en semences
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En raison du non dénouement des créances contractées par les comités semenciers auprès de la Banque
Nationale de Développement Agricole (BNDA), la production semencière connaît d’énormes difficultés en zone
ORS et ORM. Ainsi, la couverture des besoins en semences sélectionnées (R1 et R2) est de moins de 10%. Il ne
fait aucun doute que les exploitants sont bien conscients des avantages de l’utilisation des semences
sélectionnées et du renouvellement régulier des semences. Cependant faute de moyens, plus de 90% des
agriculteurs utilisent sans renouvellement d’anciennes semences issues de sélection massale depuis leur champ.
Le choix des variétés de semences est fonction de la structure topographique de la parcelle. Ainsi, selon la
hauteur de la lame d’eau dans la parcelle, les exploitants utilisent les variétés suivantes qui sont les plus
utilisées :
! Riz flottant (lame d’eau de 1,2-3,0 m) : variété Khao Gwaen ;
! Riz dressé (lame d’eau inférieure à 1,2 m) : variété DM16, H15-23DA, BH2, Gambiaca, D52-37 ;
! Riz pluvial dans les zones marginales : variété IRAT 216.
D’une manière générale le système de riziculture dressée est plus productif que le système flottant, et ce
d’autant plus que la maîtrise des facteurs de production est mieux assurée dans le premier système.
• Les semis
Les semis sont réalisés à la volée avec les premières pluies. L’irrégularité des pluies de début de saison est un
des principaux facteurs limitants pour ce type de riziculture. Le semis en lignes est très rare et le repiquage est
impossible en raison du régime hydrique de la rizière. Le semis est ensuite enfoui par hersage. La période de
semis est très déterminante dans la réussite de la culture d’autant plus que la période de mise en eau est peu
flexible. Un semis précoce réussi, permet d’obtenir des plants suffisamment robustes pour affronter le rythme de
montée quotidienne de la lame d’eau dans la rizière. Dans tous les cas, on conseille de semer avant la fin Juillet
pour les riz flottants et avant la mi-Août pour les riz dressés.
• Les irrigations et les vidanges
La source d’eau permanente est le fleuve Niger avec le canal de Dioro pour le complexe de Dioro, Tamani et
Farako ; et le canal du Macina pour le complexe de Sansanding. L’alimentation en eau des rizières est opérée
suivant un calendrier théorique élaboré selon les fréquences de dépassement des différents évènements
hydrologiques.
Les crues annuelles du fleuve Niger s’amorcent en Juillet/Août et atteignent leur maximum entre le 15
Septembre et le 15 Octobre. Depuis bientôt deux décennies, les crues ont tendance à être de moins en moins
hautes et de plus en plus irrégulières. Ainsi, les opérations de mise en eau démarrent à la mi-Août. A la suite du
remplissage des dépressions, il est opéré des admissions progressives de l’eau à une montée du plan d’eau de 5
cm par jour (riz flottant) pour les franges basses et de 3 cm par jour (riz dressé) pour les franges moyennes. Dès
que le plan d’eau est atteint, l’admission dans le casier est réglée de manière à compenser les pertes consécutives
à l’évapotranspiration et à l’infiltration. La vidange des casiers se fait dans le fleuve en Novembre/Décembre.
La mise en œuvre d’un tel programme d’irrigation nécessite une bonne collaboration entre les membres du
Comité Paritaire de Gestion composé des agents de l’ORS et des délégués des paysans. Ainsi, à chaque niveau
d’ouvrage, les informations sur les côtes d’eau doivent être transmises aux agents des ouvrages centraux pour
assurer une admission d’eau sans excès ni insuffisance dans les casiers. Les exploitants sont conviés à respecter
scrupuleusement les recommandations du Comité Paritaire de Gestion en matière d’irrigation pour assurer au riz
le meilleur développement.
A Mopti l'arrivée tardive des crues et des pluies fait que le calendrier cultural est retardé. La gestion de l'eau est
assurée par le Comité de Gestion en rapport avec le service d'encadrement de l'Office Riz Mopti. Les liaisons
entre les casiers nécessitent une coordination à respecter scrupuleusement.
! 12,6% des parcelles ont reçu la dose recommandée de 100 kg de phosphate d’ammoniaque et 50 kg
d’urée par ha ;
! 4,5% des parcelles ont reçu à la fois la dose recommandée de matière organique et d’engrais chimique.
A L'ORM, la riziculture est encore moins intensive qu'à l'ORS. Ainsi, certains paysans apportent des engrais
minéraux (complexe céréale ou et urée) en quantité relativement faible. Toutefois, la dose conseillée est de 100
kg/ha de complexe céréale au semis et 50 kg/ha d'urée à l'arrivée de la crue. Les prix relativement trop élevés
des intrants constituent un frein à leur emploie par les exploitants. Enfin, le cheptel important dans cette région
aurait pu profiter à cette forme de riziculture par l'exploitation rationnelle de la matière organique produite par
l'élevage.
• La commercialisation
En zone ORS, on estime que le rapport cultures sèches/riziculture est en moyenne égale à 6 ha de mil sorgho
pour 2 ha de riz. A ce titre le riz constitue la principale source de revenus monétaires des producteurs, et les mil-
sorgho sont surtout destinés à l’auto-consommation. En effet, près de 90% de la production de riz est
commercialisée. Les principaux marchés de commercialisation sont : Dioro, Sibila, Konodimini et Ségou. Le riz
de l’ORS entre en compétition directe avec le riz de l’Office du Niger où la production est intensive et la
maîtrise de l’eau assurée. Il n’en demeure pas moins que les prix sont proportionnels au niveau d’enclavement
de la zone de production et inversement proportionnels au nombre de foires hebdomadaires. En règle générale,
les prix sont au plus bas juste après les récoltes en Décembre-Janvier, et au plus haut en Juin-Août.
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Durant la campagne 1998-1999, le prix du kilogramme de paddy a évolué de 95 FCFA en Janvier à 125
FCFA. Quant au riz dit DP (riz issu de décortiqueuses privées), le prix moyen du kilogramme enregistré a varié
de 185 FCFA en Janvier à 235 FCFA en Août. A l’ORS, les riziculteurs commercialisent généralement le riz
sous forme de paddy à travers leurs Associations qui passent à l’occasion des contrats avec des opérateurs
économiques. En dehors des Associations, la commercialisation du riz est dominée par les femmes. Pour éviter
une braderie de la production juste après les récoltes (les besoins financiers des paysans à ce moment précis sont
très importants notamment pour le payement des crédits), le projet "Programme d'Appui à la
Commercialisation des Céréales au Mali" (PACCEM) intervient depuis 1997 dans la régulation du prix au
producteur, avec des résultats forts encourageants. La production 1999-2000 représente 4,57% de la production
nationale de paddy estimée à 809 557 t. Les coûts de production assez faibles constituent un atout majeur de ce
système de production.
A l'ORM, le riz de submersion contrôlée entre en compétition avec les riz des PPIV et de la submersion libre.
Toutefois, sa récolte plus tardive que les riz des PPIV est un atout pour l'obtention d'un prix rémunérateur.
Essentiellement vendu sur les marchés locaux sous forme de paddy, les prix varient de 100 FCFA le kg en
Décembre-Janvier au moment des récoltes à 140 FCFA lors de la période dite de "soudure" en Juillet-Août. Les
femmes jouent un rôle important dans les circuits de commercialisation.
• La diversification
En raison de l’inondation forte des plaines, dans les casiers de l’ORS et de l’ORM, le riz est la seule culture
praticable en saison des pluies. Toutefois, il est souvent remplacé par des cultures fourragères comme le
“ bourgou ”. Dans la zone de l’ORS, la culture du riz est très souvent accompagné de celle des céréales sèches
comme le mil, le sorgho ou même le maïs. Sur ces terres de cultures sèches, on rencontre aussi des
légumineuses alimentaires et ou fourragères comme le niébé, le voandzou ou enfin des cultures comme la
pastèque, les courges, les calebasses, etc. Ainsi, ces produits sont largement utilisés pour l’alimentation de la
famille et visent aussi à diversifier les sources de revenues monétaires pour combler les insuffisances de
production du riz. En effet, dans bien de cas, le riz est en grande partie commercialisée pour procurer le
maximum de revenus à la famille.
• Les perspectives
L’orientation en vue vise à créer les conditions pour l’amélioration de la production et de la productivité
notamment par la sécurisation du système hydraulique. Ainsi, on envisage de réduire les dimensions des casiers
à moins de 500 ha. Cela contribuerait à l’augmentation des rendements par une meilleure maîtrise de l’eau.
La mise en place d’un système de crédit agricole fonctionnel et efficace est à l’étude en vue de permettre une
intensification qui procurera à l’exploitant une plus value plus forte.
Des actions sont en cours pour protéger les rizières contre les adventices pérennes et les nouvelles adventices.
Sur ce dernier point, les chercheurs sont à la recherche de méthodes de lutte intégrée efficaces pour limiter les
dégâts causés par ces ennemis du riz.
Enfin, l’organisation des exploitants en groupements fonctionnels permettra une meilleure prise en charge des
problèmes liés au développement de la culture du riz.
d’autorité des agriculteurs (colons) en mettant à leur disposition des moyens de production et un
encadrement technique très directif. Malgré l’importance des investissements réalisés, les résultats agricoles
resteront longtemps très faibles aussi bien au niveau de la production de coton que celle de riz.
L’Office du Niger a depuis été restructuré en un établissement à caractère Industriel et Commercial dont les
missions ont fortement évolué depuis la colonisation et qui de nos jours, peuvent ainsi être résumées :
! Dans le cadre de la mise en valeur et du développement du Delta Central du fleuve Niger, l’Office
est chargé de la gestion de l’eau et de la maintenance des aménagements ;
! Dans le cadre du contrat de concession de service public, l’Office s’occupe de la maîtrise d’ouvrage
pour les études et le contrôle des travaux, de l’entretien des infrastructures primaires, de la gérance
des terres, du conseil rural et de l’assistance aux exploitants des terres aménagées en
approvisionnement en intrants et matériel agricole.
Cette nouvelle restructuration a permis en dix ans d’augmenter les rendements de 1,5t à plus de 6 t/ha avec des
pointes de 8 à 10 t/ha de riz paddy. Ces résultats sont imputés à un fort taux d’adoption des paquets
technologiques, à l’intensification et la libéralisation de la commercialisation confortée par la dernière
dévaluation du Franc CFA. Ainsi, de la production en régie et centralisée, on est passé à la libéralisation de
toutes les activités rizicoles. En effet, toutes les activités industrielles, commerciales et de travaux ont été
privatisées. C’est le cas des quatre Rizeries, du Centre des Travaux, de l’Atelier d’Assemblage du Matériel
Agricole, du Centre de Formation, de la Ferme Semencière, des Centres et du Fonds de Développement
Villageois devenu Fédération des Caisses Rurales Mutualistes du Delta, rattaché au Département Ministériel
Chargé des Finances. Pour évaluer les performances de l’entreprise, il existe un Contrat-Plan entre l’Etat,
l’Office du Niger et les Exploitants agricoles.
L’Office du Niger encadre une population de 300 000 habitants, répartis dans environ 200 villages, et organisés
en Associations Villageoises et Tons Villageois.
• Les potentialités
Les potentialités rizicoles de l’Office du Niger sont énormes et initialement estimées à 960 000 ha (Figure
8 : carte de l’ON 1). De nos jours 60 000 ha seulement ont été aménagés, ce qui représente environ 6% des
prévisions.
• Le foncier
Les terres de l’Office du Niger sont immatriculées au nom de l’Etat et leur gérance est confiée à l’Office du
Niger. Les agriculteurs qui y sont installés sont liés à l’Entreprise par des textes réglementaires définis par
un décret de gérance
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qui lui aussi a évolué depuis la création de l’Office du Niger. De nos jours, l’occupation des terres se fait
en vertu de l’un des modes de tenure suivants :
! Le contrat annuel d’exploitation ;
! Le permis d’exploitation agricole ;
! Le bail ordinaire ;
! Le bail emphytéotique ;
! Le bail d’habitation.
Le contrat annuel d’exploitation et le permis d’exploitation agricole sont les types les plus courants et sont
délivrés au niveau des surfaces aménagées par l’Etat. Ils donnent droit de jouissance permanente tant que le
bénéficiaire respecte le cahier de charge (paiement des redevances, entretien des tertiaires).
Le bail ordinaire et le bail emphytéotique sont délivrés respectivement pour 30 et 50 ans, renouvelable
autant de fois, sur des terres non encore aménagées.
Depuis 1996, l’ouverture est faite aux investisseurs privés nationaux et étrangers pour s’installer sur les
terres de l’Office du Niger, soit à partir du réseau secondaire ou tertiaire, soit en aval des investissements
réalisés par l’Etat. Il n’est fait aucune distinction entre homme et femme pour l’installation à l’Office.
• Les aménagements
L’aménagement du Delta Central du fleuve Niger a débuté en 1935 avec le barrage de dérivation de Markala
(Figure 9 : barrage de Markala), achevé en 1945 et qui est entré en service à pleine retenue en 1947. Cet ouvrage
qui peut assurer l’irrigation par gravité de plus de 960 000 ha de terres comprend une digue insubmersible de
1820 m de long en terre compactée et maçonnée, le barrage proprement dit de 816m de long composé de 488
hausses ou vannes mobiles manœuvrées par des chariots électriques. L’inclinaison des vannes permet de régler
le plan d’eau en amont jusqu’à plus de 5,5 m de haut rendant ainsi possible l’entrée de l’eau dans les gros
réseaux d’irrigation. Du barrage, l’eau est dérivée dans un canal dit adducteur long de 9 km (avec un
débit de 200m3/s et sur lequel se greffe le réseau des adducteurs (canaux principaux) au point dit “ A ” (figure 10
et 11). Ce réseau comprend actuellement 3 systèmes, chacun muni d’un ouvrage régulateur :
! Le système du Macina (canal du Macina mis en service en 1935) : il comprend un canal creusé et
endigué de 20 km qui débouche librement sur un défluent du Niger dénommé fala de bakoye-Wéré
endigué de part et d’autre sur 50 km. La capacité hydraulique de l’ensemble est de 50m3/s. Ce
système dessert actuellement 21 000 ha aménagés dont 15 000 ha en casiers de la zone de Macina, 3
000 ha de hors casiers et 3 000 dans les périmètres en submersion contrôlée de l’Office Riz Ségou
(périmètres de Sibila et Sossé). Un déversoir de sécurité situé à 6 km
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• Organisations paysannes
L’organisation des producteurs a toujours été une des préoccupations de l’Office du Niger depuis la mise en
place de l’Association des Agriculteurs Indigènes en 1953, jusqu’aux Sociétés de Prévoyance Sociale à partir de
1960. La responsabilisation effective des paysans a débuté avec l’intervention de la Coopération Néerlandaise à
partir de 1982, date du début de transfert de certaines activités de l’Office aux villages : battage, collecte
primaire, gestion de la sacherie. La responsabilisation des producteurs s'est intensifiée à partir de 1984 avec
l’érection des villages les plus performants en Associations Villageoises puis en Ton Villageois. Depuis 1991,
on assiste à la multiplicité des groupements ruraux au sein desquels des femmes et des hommes s’unissent par
affinité et par centre d’intérêt. On distingue actuellement les organisations suivantes à l’Office du Niger :
! Associations Villageoises 200
! Tons Villageois 10
! Groupement Villageois Hommes 246
! Groupement Villageois Femmes 64
! Caisses d’Epargne et de Crédit 100
! Comité de Crédit 5
! Syndicats 2
La forme faîtière de l’Organisation des agriculteurs est l’élection de trois délégués généraux servant
d’interlocuteurs avec les différents partenaires. Ceux-ci siègent au Conseil d’Administration et au Comité de
Suivi du Contrat – Plan – Etat - Office du Niger – Exploitants Agricoles et aux concertations avec les bailleurs
de fonds.
Les organisations paysannes s’occupent d’activités très diverses comme le battage du riz, le crédit,
l’approvisionnement en intrants et matériels agricoles, la commercialisation. Le crédit de campagne pour le
financement des engrais est souvent assuré par les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) à travers les
Banques Primaires.
Pour concrétiser davantage la responsabilisation des paysans, l’Office a œuvré pour la mise en place d’un
Comité Paritaire de Gestion des Terres et d’un Comité Paritaire de Gestion des Fonds d’Entretien du réseau
Secondaire composés des délégués des exploitants et des cadres de l’Office du Niger.
Les revenus tirés des activités des Organisations paysannes offrent des possibilités de faire des investissements
collectifs comme des magasins de stockage, des salles d’alphabétisation, des centres de santé, des écoles
communautaires, etc.
Les responsabilités en matière de gestion de l’eau sont : le chef arroseur, le Comité Paritaire de Gestion des
Fonds d’Entretien, le Comité Paritaire de Partiteur, les délégués généraux des exploitants.
Malgré une productivité croissante, la plupart des Organisations paysannes étaient dans une situation
d’endettement inquiétante suite entre autres à la mauvaise gestion des responsables villageois. Au niveau de
la seule Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA), les impayés des producteurs et de leurs
organisations avaient atteint en 1994 environ 2 milliards de FCFA et rendaient de nombreuses Associations
Villageoises inéligibles aux crédits bancaires. C’est dans cet environnement socio-économique difficile et
complexe que fût mis en place en 1995 le Centre de Prestation de Services (CPS). Initialement, il visait
des mesures d’accompagnement du projet de réhabilitation et de mise en valeur de certains périmètres
irrigués sur la zone de l’Office du Niger, aujourd’hui, il ambitionne couvrir tous les périmètres. Son objectif
est d’apporter au monde rural un appui dans le domaine de la gestion / comptabilité, dans le domaine
juridique et organisationnel afin d’améliorer sa maîtrise de l’environnement. Son principe d’intervention est
l’adhésion volontaire des Organisations paysannes et des Exploitations Familiales et la prise en charge
financière par les bénéficiaires des prestations fournies.
des exploitants et 3 représentants de l’Office du Niger. Pour la programmation et le suivi des travaux
d’entretien, les comités paritaires de partiteur sont créés sur chaque partiteur. Ces comités de partiteur sont
composés de l’ensemble des chefs arroseurs du partiteur, de l’aiguadier et du chef casier hydraulique.
L’entretien du réseau tertiaire (cantonage et re-profilage des cavaliers de canaux, nettoyage et faucardage,
colmatage des fissures sur les corps de béton et des ouvrages, curage tous les 5 ans, etc) revient aux exploitants
organisés autour du chef d’arroseur (Figure 15 : arroseur venant d'être curé). L’Office du Niger garde un œil sur
l’exécution de cette tâche.
• La gestion de l’eau
Initialement tous les canaux de l’Office du Niger fonctionnent en commande par amont. Avec le programme
de réhabilitation et de modernisation des aménagements en cours, l’Office vient d’adopter le schéma
suivant :
La gestion de l’eau consiste à apporter de l’eau à la parcelle en quantité rationnelle et au temps voulu sans
perte d’eau. Pour mener à bien cette tâche, le contrat plan prévoit la répartition suivante :
! Le gestionnaire du réseau primaire fournit l’eau aux différentes zones de l’Office du Niger à
partir de l’expression de leurs besoins d’irrigation. A cet effet, l’Office du Niger a mis sur ses
différents réseaux une régulation volumétrique qui permet de ramener le temps de réponse des
appels à 1 jour au lieu de 7. Ce type de régulation est basé sur un système de communication
efficace qui permet au gestionnaire d’enregistrer à temps opportun les côtes de plan d’eau.
! L’éclusier a pour tâche de faire fonctionner les gros ouvrages du réseau primaire. Il manœuvre
les vannes des ouvrages suivant les consignes spécifiques à chaque ouvrage (niveau amont et
aval) et du plan d’eau reçu du chef de casier.
! L’aiguadier a en charge la gestion des canaux secondaires. Il établit un programme
hebdomadaire des irrigations qui définit par jour de la semaine les débits et les heures
d’ouverture et de fermeture des canaux. Ce programme tient compte des besoins des expressions
et des superficies à irriguer formulés par les exploitants à travers leur chef arroseur. Ainsi,
chaque matin à heure fixe, il passe ouvrir les cadenas qui verrouillent les prises d’arroseurs sur
son réseau, et en fin de journée, il les referme. Malgré les campagnes de sensibilisation, la
communication reste un problème qui affecte le fonctionnement correct du système.
! Le chef a rroseur assure la coordination et l’arbitrage pour la détermination du tour d’eau entre
les prises et les rigoles. Il doit aussi favoriser l’instauration de l’auto-discipline au sein du
groupe des exploitants dépendants du même arroseur. Au cours de la journée, il doit s’assurer
que le tour d’eau a été bien respecté en contrôlant que le nombre de prises ouvertes correspond
bien au nombre de « main d’eau » délivrées. Chaque matin il fait le point des besoins en eau
pour les 24 heures suivantes et ouvre la prise d’arroseur en conséquence.
! L’exploitant doit respecter le tour d’eau dans l’intérêt de tous. En cas de fortes pluies, les
exploitants doivent fermer les prises des rigoles. La formation encore insuffisante des paysans
sur les thèmes clés de la gestion de l’eau (respect du calendrier agricole, respect du tour d’eau,
respect du programme d’entretien des réseaux, etc) constitue un problème en voie de résolution,
même si cette tâche est permanente. En matière d’entretien, le paysan est responsable de sa
parcelle, des rigoles et des diguettes qu’elle contient. Les paysans sont également collectivement
responsable de l’entretien de leur arroseur et du drain d’arroseur correspondant.
La gestion de l’eau à l’Office du Niger consiste à responsabiliser les exploitants pour la gestion hydraulique
et l’entretien des infrastructures hydrauliques tertiaires et des parcelles, en les impliquant dans la gestion du
système.
• Les redevances
Le montant de la redevance se situe à 3 niveaux : 43 000 FCFA l'ha pour les casiers non aménagés, 55 000
FCFA pour les casiers moyennement aménagés et 62 000 FCFA pour les casiers nouvellement aménagés et ou
totalement réhabilités. Le gouvernement du Mali autorise l’Office à affecter au moins 50% de la redevance à
l’entretien du réseau secondaire. L’exécution de cette tâche est faite en collaboration avec le Comité paritaire de
Gestion des Fonds d’Entretien dont les paysans sont membres. Il n’existe pas de problèmes particuliers pour la
récupération des redevances, eu égard au niveau élevé des rendements.
• Le calendrier cultural
La chaîne classique des travaux culturaux est la suivante (Figure 16) :
! Apport de matière organique (décembre à fin Juin) : La matière organique est appliquée à la dose de 10
tonnes par ha ;
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! Première irrigation (3ième décade d’Avril au 30 Juin) : Elle vise à favoriser le développement des adventices
et la décomposition de la fumure organique ;
! Premier Labour (10 Mai au 15 Juillet) : Il a lieu après le ressuyage de la parcelle irriguée environ 20 jours
après la 1 ère mise en eau. Il permet d’enfouir les mauvaises herbes et donne l’occasion de renforcer les
diguettes défectueuses ;
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! Deuxième irrigation (sur labour du 20 Mai au 30 Juin) : Si possible, elle précède le deuxième labour pour
assurer la germination des graines des dernières adventices ;
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! Deuxième labour (10 Mai au 20 Juillet) : Il intervient après le ressuyage de la 2ième irrigation en vue de rendre
le sol meuble pour la poursuite des opérations de nivellement et mise en boue. C’est une opération souvent
facultative ;
! Troisième irrigation (10 Juin au 20 Juillet) : Elle permet les travaux de puddlage et de nivellement. Ces
opérations se font dans une faible lame d’eau ;
! Puddlage (1er Juin au 20 Juillet) : Il consiste à faire passer un matériel rotatif, soit un puddler ou un
motoculteur équipé de fraises pour avoir une boue apte à recevoir les jeunes plants ;
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! Nivelage (1er Juin au 20 Juillet) : Il améliore la topographie du sol et se fait à l’aide d’une niveleuse ou d’une
herse sous une faible lame d’eau ;
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! Fumure de fond (20 Mai au 20 Juillet) : Il s’agit d’apporter la dose de phosphate d’ammoniaque (DAP) ou
tout autre engrais de fond conseillé au moment de puddlage et du nivelage ;
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! Semis de la pépinière (20 Mai au 10 Juillet) : On sème en pépinière 1/20 de la surface à repiquer sur sol
enrichit à raison de 50 à 70 kg de semences propres. Les exploitants sont approvisionnés en semences
certifiés R1 par le Service
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! Repiquage (10 Juin au 31 Juillet) : La période optimale est déterminante dans l’obtention de bons
rendements. Il est conseillé de respecter l’âge de 3 semaines pour les plants à repiquer. Le respect de la
densité de repiquage (20 cm sur 20 cm) est aussi très important ;
! Première fraction d’urée (20 Juin au 10 Juillet). En matière de fertilisation, les doses recommandées (100
kg/ha) sont très souvent dépassées par les exploitants ;
! Mise en eau de soutien (20 Juin au 10 Août) : Elle vise à compléter la lame d’eau à 5 cm ;
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! Deuxième fraction d’urée (10 Juillet au 10 Septembre) : Elle se fait environ 40 jours après le repiquage à
l’approche de l’initiation paniculaire (53 jours après repiquage pour la BG90-2 et 40 jours après repiquage
pour la variété Wassa) ;
! Mise en eau définitive (30 juillet au 30 Septembre) : Elle se fait juste avant la deuxième fraction d'urée ;
! Vidange (10 Octobre au 10 Décembre) : Il est indispensable de l’exécuter au bon moment pour réussir les
travaux de récolte et post récolte ;
! Moisson (10 Octobre au 20 Décembre) ;
! Mise en gerbier ;
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! Entretien du réseau tertiaire (pour permettre un bon service de l’eau à la parcelle, les exploitants sont tenus
d’entretenir les arroseurs et les drains d’arroseurs. Le nettoyage des diguettes est aussi capitale. Cet entretien
consiste au faucardage et curage du réseau.
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! Les périodes sont : 1er entretien du 1er Mars au 30 Avril et le 2ième entretien du 1er Octobre au 30 Novembre ;
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• Les variétés
Les variétés sont cultivées selon les zones, mais elles appartiennent toutes au type sativa. Dans les périmètres
irrigués avec maîtrise totale de l'eau, on cultive surtout des variétés à paille courte répondant très bien à de fortes
doses d'engrais et pouvant atteindre plus de 7 t/ha. Les variétés les plus cultivées dans cette zone sont BG90-2,
Wassa, Gambiaka kokum. Ces mêmes variétés sont cultivées dans les zones moyennement aménagées, mais on
leur préfère souvent des variétés à paille généralement un peu plus haute et pouvant supporter des fluctuations
plus importantes de la lame d'eau du type de la D52-37. En zone non aménagée, les variétés sont généralement
des variétés de type dressé à paille plus moyennement haute comme la D52-37, etc.
Dans les périmètres de Baguinda et de Sélingué, les mêmes pratiques sont effectuées quant bien même les
écologies sont plus humides que sur les terres de l'Office du Niger. A Baguinda particulièrement, les dégâts
causés ces derniers temps par la cécidomye deviennent tellement importants, qu’il a été nécessaire de
développer des variétés tolérantes à cette maladie. Les sélectionneurs de l'Institut d'Economie Rurale (IER)
opèrent actuellement des criblages intensifs en vue de l'obtention des variétés tolérantes à la maladie. D'une
manière générale les variétés sont aussi sensibles à la panachure jaune du riz (Rice Yellow Mosaïque Virus
RYMV), mais relativement tolérantes à la pyriculariose.
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• La commercialisation
Depuis la libéralisation de la commercialisation, les producteurs de l’Office se sont investis dans
l’acquisition de décortiqueuses à riz. Ainsi, on en dénombre près de 700 avec une capacité de 500 à 2000 kg
de paddy par heure, pouvant transformer l’ensemble de la production de l’Office en 4 mois. Le produit
obtenu est du riz dit de décortiqueuses privées (DP) dont la qualité de transformation ne répond pas aux
critères exigés des marchés régionaux et internationaux. Il se pose ainsi un problème de valeur marchande
pour le marché sous-régional de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine).
Il y a donc une nécessité de faire fonctionner les quatre rizeries de l’Office déjà privatisées ou d’introduire
des mini rizeries par groupe de 2 à 3 Associations Villageoises afin de disposer d’un produit marchand
commercialisable aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Les charges de production à l'Office du Niger sont en nette réduction, rendant la production de l'Office de plus
en plus compétitive par rapport aux autres systèmes de production de la sous région. En effet, de nos jours ces
charges sont estimées à 275.000 FCFA par ha pour un coût moyen de production de 55 à 60 FCFA le kg de riz
paddy.
• La diversification
En zone Office, la production agricole inclut en plus de la riziculture, les cultures maraîchères, fruitières et
l’élevage. Dans le cadre de la diversification, les cultures maraîchères se développent de plus en plus et
représentent 38% du revenu net des exploitations à l’Office du Niger (DOUMBIA et N’DIAYE 1998). Au
cours des dix dernières années, la production maraîchère est passée de 29 000 t (toutes spéculations
confondues) en 1994-1995 à environ 75 000 t en 1997-1998 (Office du Niger cité par CISSE 1999). Les
principaux produits maraîchers sont l’échalotte, la tomate, l’ail et la pomme de terre, etc, dont une partie
importante est vendue sur les marchés locaux et l’autre partie sert à approvisionner les pays limitrophes :
Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Mauritanie, etc.
Commercialisation des Céréales au Mali" (PACCEM) pourrait contribuer à améliorer les revenus des
exploitants.
! Les décortiqueuses privées qui produisent un riz de valeur marchande faible.
• Les perspectives
Les demandes de terres sont assez importantes à l’Office du Niger qui n’a jusqu’ici aménagé que 6% de son
potentiel initial, soit 60 000 ha. Aussi, l’Office prévoit l’aménagement de 60 000 ha de terres nouvelles d’ici
2007. Ceci est envisageable en raison de la diminution des coûts d’aménagements rendus possible grâce à la
prise en compte de certaines charges d’investissement (planage et nivellement au niveau des parcelles, etc)
par les bénéficiaires. Par ailleurs, la nouvelle politique d’incitation des investisseurs privés à s’installer à
l’Office laisse entrevoir un accroissement substantiel des superficies. Enfin, la filière rizicole semble très
prometteuse en même temps que les autres spéculations irriguées en plein essor à l’Office.
Pour le riz l’ambition est la conquête du marché de l’UEMOA dont le déficit annuel est estimé à 3 millions
de tonnes.
• Les potentialités
Au Mali, les superficies de bas-fonds sont estimées à environ 300 000 ha en zone Mali sud (MDRE 1991). Des
études en zone CMDT ont permis l'identification de plus de 1 600 bas-fonds aménageables pour une superficie
de 43 000 ha (CMDT 1993). De nos jours les quelques 500 bas-fonds aménagés totalisent plus de 4100 ha. La
superficie moyenne par bas-fonds varie de moins de 2 ha à plus de 1 000 ha, mais ce n'est qu'au delà de 400 ha
que la mise en valeur des bas-fonds nécessite des interventions de grandes envergures. En zone mali-sud, le
"Lotio" constitue le principal cours d'eau dans lequel se déversent les eaux des bas-fonds et qui sert aussi à
l'irrigation de certains bas-fonds aménagés. Ainsi, les superficies aménagées sont de 125 ha à M'Péniasso, 1100
ha à Kléla et 500 ha à Longorola.
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Le potentiel rizicultivable en bas-fonds est estimé à 4 000 ha à Kita (DNGR, 1995), 2439 ha à Kéniéba et plus
de 5400 ha à Bafoulabé (COULIBALY et al 1998), et 12615 ha en zone Office de la haute vallée du Niger
(DABO 1998).
• Le foncier
La taille moyenne des exploitations rizicoles dans les bas-fonds est très variable selon les dimensions des bas-
fonds et elle varie de 0,10 ha à M'Péniasso à plus de 2 ha à Kléla. D'une manière générale il n’y a pas de
problèmes fonciers, et les terres sont octroyées par les organisations paysannes, des fois assistées par les
pouvoirs publics et la CMDT dans les grands aménagements du type de Kléla. L'attribution des parcelles dans
les bas-fonds aménagés se fait par tirage au sort en présence de toutes les parties intéressées. L'entretien de la
parcelle revient à l'exploitant qui peut se voir retirer la parcelle pour non-paiement de la redevance ou non-
respect de certains principes fondamentaux de gestion du périmètre (participation aux entretiens de réseau par
exemple). Toutefois, de plus en plus, l'accès aux bas-fonds aménagés devient un enjeu conflictuel où les
stratégies conservatoires des communautés locales prennent souvent un caractère ethnique. Par ailleurs, le
pluralisme juridique et la multiplicité des instances d'arbitrage contribuent à accroître les incertitudes des
exploitants (BOUJU 1998).
Dans les bas-fonds, la riziculture est surtout pratiquée par les femmes sur des superficies atteignant à peine 0,25
ha par exploitation. Par contre sur les grands périmètres comme celui de Kléla, c'est surtout les hommes qui
pratiquent la riziculture sur des surfaces pouvant dépasser les 2 ha.
• Les aménagements
L'aménagement du bas-fond est la condition indispensable à la sécurisation de la production rizicole. Le type
d'aménagement est calqué en fonction de l'hydrologie, des sols, de la topographie et de l'envergure du bas-fond.
Dans tous les cas, on dispose au moins d'un ouvrage de retenue d'eau et d'un canal principal qui assure l'entrée
de l'eau dans les rizières.
A M'Péniasso par exemple (Figures 17, 18 : vu de la plaine et du barrage), l'aménagement (125 ha) comporte
juste un barrage de retenue (sur le cours d'eau du Kobani qui se déverse dans le Lotio) dont la côte a été
déterminée en fonction des critères ci-dessus indiqués et un canal principal. Il n'existe pas de réseau secondaire
ni de prise d'eau, et aucun parcellement n'est effectué pour délimiter les parcelles des exploitantes qui
reconnaissent parfaitement et sans conflit leur champ. L'irrigation des parcelles se fait par infiltration à travers
les canaux en raison de la forte perméabilité des sols. Sur ces types de sols, il est pratiquement impossible
d'envisager un système d'irrigation avec maîtrise totale de l'eau.
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A Kléla (1 100 ha) par contre, en plus du barrage de retenue d'eau sur le Lotio, le bas-fond est partiellement
protégé par une digue sur laquelle sont placés des ouvrages de prise d'eau réglables (Figures 19, 20, 21 a et b :
barrage, canaux principaux et secondaires, ouvrages de prise d'eau à Kléla). Ensuite l'eau passe à travers un
réseau de canalisation principal (11 km), puis secondaire qui assure directement l'irrigation des casiers. Pour
assurer une maîtrise relative de l'eau, la plaine de Kléla a été compartimentée en 18 casiers de 10 à 140 ha.
Cependant, l'impossibilité de niveler et de planer les parcelles, la perméabilité trop importante des sols, le
caractère aléatoire des précipitations et l'interconnexion des casiers compromettent toute tentative de maîtrise
d'eau. En effet, l'irrigation d'un casier est liée au drainage du casier immédiatement supérieur, ce qui complique
les problèmes de drainage. Ce type d'aménagement correspond grossièrement au système de riziculture de
submersion contrôlée, où les parcelles sont partiellement protégées contre l'arrivée précoce des crues. Des
tentatives de conduire des parcelles de riz avec maîtrise totale de l'eau dans le périmètre de Kléla sont en cours
sur des parcelles plus argileuses moins perméables. Par ailleurs, les études d'aménagement d'un périmètre de
400 ha (Kléla Est) avec maîtrise totale de l'eau à l'Est de l'actuel périmètre sont en cours.
La réalisation des aménagements fait intervenir de plus en plus les populations bénéficiaires, réduisant les coûts
d'investissement, et les impliquant davantage dans l'entretien des infrastructures. Le montant de la redevance est
fonction de l'ampleur des investissements. Ainsi à Kléla la redevance est de 8.400 FCFA par ha et le payement
se fait en espèce. Il sert à l'entretien des grands canaux principaux, alors que l'entretien des grands ouvrages
comme le barrage de Kléla est assuré par la CMDT. Le niveau de maîtrise de l'eau devant être plus élevé dans le
nouveau périmètre de Kléla (Kléla Est), la sensibilisation est en cours pour exiger une redevance plus élevée.
• La préparation du sol
Le labour est une pratique courante dans les bas-fonds. Sur les grands aménagements comme Kléla, le labour est
souvent mécanisé, sinon, il est exécuté avec des bœufs de labour ou avec une daba sur les petites exploitations.
Son objectif principal est la destruction du riz sauvage Oryza longistaminata (diga) qui colonise très fortement
les bas-fonds. A Kléla par exemple chaque année au moins 100 ha ne sont pas exploités suite à l'infestation par
le diga.
biotiques et abiotiques, et une gamme variétale. On peut citer : DM16 pour une lame d'eau supérieure à 100 cm,
Gambiaka kokum et BD2 Shwettasoke pour une lame d'eau comprise entre 50 et 100 cm ; Gambiaka, C74,
IR48120.59.5, Khao Dawk, SIK10.10 pour les zones d'inondation de 25 à 50 cm ; BG90-2, BR4, SIK131,
Bouaké189, CK4, Cisadane pour les zones de moins de 25 cm d'eau ; IRAT 216, SIK131, CNA3490, Fossa
Fada en culture assistée par nappe ; IRAT144, Dourado, CNA6677 en culture pluviale stricte. Les exploitants
échangent ces variétés introduites lors des expérimentations variétales par les chercheurs ; et souvent c'est le
service d'encadrement de la CMDT qui assure l'approvisionnement en semences des exploitants. Dans certains
bas-fonds, il y a des paysans multiplicateurs de semences dont la production est rachetée, stockée, puis vendue
aux autres exploitants.
• Les semis
Les semis dans les bas-fonds sont étroitement liés au démarrage des pluies. Le semis est effectué à la volée pour
plus de 90% des cas. La croissance du riz est assurée par les eaux de pluies en attendant l'arrivée des eaux de
ruissellement. Dans les aménagements comme celui de Kléla, un calendrier de semis est proposé aux
exploitants, et toute défaillance à ce calendrier peut compromettre la réussite de la culture. Des essais de
repiquage sont en cours dans le périmètre aménagé de Kléla.
Toutes les opérations de transformation (récolte, battage et vannage) sont faites à la main. Le manque de
transformation poussée notamment le décorticage contribue pour beaucoup à la réduction de la marge
bénéficiaire des exploitants. Le stockage des produits se fait dans des silos traditionnels.
• La commercialisation
Le riz de bas-fonds comme les autres céréales de la région ne bénéficie pas de filière organisée comme celle du
coton. Pourtant, le Mali Sud est une zone de production céréalière importante avec 0,6 millions de tonnes, soit
près de 400 kg par habitant. L’ordre d’importance des productions céréalières sont le maïs, le sorgho, le mil et le
riz qui occupe la quatrième place avec environ 10,4% (GROOTE et al 1998). A Bougouni par exemple, la
production de riz est à 77% autoconsommée lors de cérémonies socio-culturelles (fêtes, mariages, funérailles,
etc). Les ventes de riz par les femmes ne représentent que 7% de la production totale (ZOUBOYE et al 1996), et
le riz est vendu sous forme de paddy ou étuvé. Par contre, la production de riz dans les grands aménagements
tels ceux de Kléla, produisent des quantités importantes qui sont commercialisées par les hommes sur les
marchés locaux, essentiellement sous forme de paddy. La faiblesse de la production et l’autoconsommation font
qu’actuellement il n’existe pas de mévente du riz de bas-fonds. Cependant, la commercialisation du riz fait face
à des contraintes telles que l’enclavement, le manque de moyens de transport et de transformation. D’une
manière générale, les prix changent selon les années mais surtout en fonction de la saison : baisse des prix après
les récoltes (160 FCFA le kg de paddy) en octobre et hausse en juin (300 FCFA le kg de paddy). Entre juin et
septembre, on observe une rupture de l’approvisionnement des marchés en riz
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de bas-fonds, due à l’insuffisance de la production, ce qui amènent certains commerçants à importer du riz à
l’Office du Niger pour l’approvisionnement des marchés locaux.
• La diversification
Quoique déjà ancien dans certaines zones, le maraîchage de saison sèche, arrosé ou irrigué connaît depuis une
vingtaine d’années un développement spectaculaire, en raison notamment de la forte valeur ajoutée des produits
maraîchers, de leur potentiel élevé de production et des nouveaux marchés en vue (marché UEMOA). La
proximité de la nappe d’eau réduit les temps de puisage, et dans certains cas (Figure 24 : puits à Longorola
Sikasso) les exploitants creusent de nombreux petits puits à des distances raisonnables, et à partir
desquels l’eau est projetée directement sur les parcelles de pomme de terre. En 1995, les superficies
emblavées en pomme de terre de contre saison dans les bas-fonds ont été estimées à 1 700 ha et la production à
environ 45 000 tonnes, soit une valeur d’environ 6 milliards de FCFA (KONE et al 1998). De nos jours, la
culture de saison pluvieuse se développe sur les versants notamment pour la production hivernale de semences
de pomme de terre. Dans la zone Sud du Mali, en plus de la pomme de terre en saison sèche, on rencontre
l’igname (Figure 25 : buttes pour la culture de l’igname) la patate douce (en culture hivernale) et des fruitiers sur
les versants, la tomate et autres produits maraîchers sur les versants en contre saison.
• Les perspectives
Les fluctuations intra et interannuelles du régime hydrique, étroitement liées à la pluviosité, constituent une des
données permanentes de la riziculture de bas-fonds. Les aménagements hydro-agricoles visent à réduire ces
fluctuations et le risque qu’elles représentent pour la réussite de la riziculture. Ainsi, de toute évidence
l’orientation générale est l’amélioration de l’alimentation hydrique de la plante par des aménagements
sécurisés et qui permettent d’intensifier le système de production. Cependant, 90% des bas-fonds ne sont pas
encore aménagés, et les études en cours montrent qu’il est possible d’obtenir des rendements compétitifs par
rapport aux autres systèmes de production rizicole (AHMADI et TRAORE, 1998). On signale des rendements
moyens de 3 t/ha sous intensification.
61
62
• Les potentialités
Le nombre de PPIV et les superficies sont en augmentation continue notamment dans les régions de Kayes,
Mopti, Tombouctou et Gao ; mais c’est surtout dans les régions de Tombouctou et Mopti que le
développement des PPIV est spectaculaire. A Tombouctou on compte plus de 4 000 ha de périmètres dont
les plus importants sont : 390 ha à Daye, 650 ha à Koriomé et 623 ha à Amadia. A Mopti, on dénombre plus
d’une quinzaine de périmètres totalisant quelque 3 000 ha. Dans toute la zone du delta central du fleuve Niger,
l’option de développement est la confection d’aménagements hydro-agricoles pour la réalisation d’une
riziculture intensive sur des petites superficies. La taille des PPIV est très importante dans la gestion de l’eau.
En terme de potentiel, on peut affirmer qu’il n’y pas de limite à l’extension des PPIV qui se fait au détriment
des casiers de riz de submersion libre et contrôlée.
• Le foncier
Les terres dans les PPIV sont la propriété des collectivités locales qui en assurent la gestion à travers un
Comité dit de Gestion. Le contexte actuel de réalisation de la plus part des PPIV en fait une propriété des
collectivités locales qui contribuent en nature et en espèce à l’aménagement des périmètres. Les parcelles
sont ensuite attribuées par tirage au sort aux membres actifs de la collectivité qui assurent individuellement
ou collectivement et le planage et le nivellement de leurs parcelles. Toutefois, le maintien de la parcelle est
conditionné au paiement régulier de la redevance. Elles sont souvent assistées par d’autres partenaires au
développement ou l’administration.
• Les aménagements
D’une manière générale, le système d’irrigation comporte des canaux principaux, secondaires et tertiaires, des
ouvrages de prises d’eau et un réseau de drainage. Le dimensionnement des canaux, des ouvrages de prise d’eau
et de drainage dépendent de la taille du périmètre. Ainsi, pour le périmètre de Korioumé (650 ha), les canaux
principaux (Figures 26 et 27 : canal principal et secondaire de Korioumé) peuvent avoir un débit de plus de 1,5
m3/s (540 m3/h), par contre sur des périmètres d’environ 20 ha le débit des canaux d’irrigation (Figures 28 et 29 :
canal principal et secondaire de Konna) atteint 0,05m3/s (180 m3/h). Sur les petits périmètres des régions de
Mopti et Gao, les parcelles sont d’environ 0,25ha, individuellement nivelées et planées par les exploitants
(Figure 30 : de parcelles à Konna), ce qui assure le maintien d’une lame d’eau constante et régulière dans
chaque parcelle. Le repiquage et les autres techniques intensives peuvent aisément être appliquée et procurer des
rendements supérieurs à 6 t/ha.
A Korioumé, les ouvrages de pompage sont situés à des côtes où ils ne reçoivent l’eau que très tardivement en
Juillet, occasionnant des retards dans le démarrage de la campagne agricole. Par ailleurs, l’absence de
nivellement et de planage des parcelles (Figure 31 : parcelles à Korioumé), liée entre autres à l’existence de
nombreux monticules et bas-fonds, rend impossible le maintien d’une lame d’eau constante et régulière dans les
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parcelles. Enfin, les vidanges ne peuvent être opérées normalement. Dans de telles conditions, on ne peut parler
de maîtrise totale de l’eau, et l’intensification ne peut que rarement procurer des résultats satisfaisants. Les
niveaux des rendements actuels sont situés autour de 3 t/ha.
• La préparation du sol
La préparation du sol se fait comme en riziculture à l’Office du Niger. On effectue un labour grossier qui est
suivi par une mise en eau. Après la mise en eau, on effectue une mise en boue accompagnée par un
nivellement et un planage. Le lit de semence est alors prêt pour recevoir les jeunes plants à repiquer.
Service Semencier National, mais le renouvellement des semences n’est pas régulier.
• Les semis
Sur les périmètres irrigués, le repiquage est systématique et procure un développement végétatif satisfaisant
garant d’un bon rendement. Les exploitants sèment environ 80 kg (un sac) de semences sur une pépinière de
1/20ème d’ha pour repiquer environ un ha (Figures 32 et 33 : arrachage des plants en pépinière et séance de
repiquage à Konna). Les pépinières bénéficient d’une bonne fertilisation organo-minérale, et le riz est
repiqué à raison de 2 à 3 plants par poquets tous les 20 cm, au stade début tallage 2 à 3 semaines après la
levée. La pépinière vise l’obtention de plants vigoureux et sains pour le repiquage, la réduction du cycle du riz
dans la rizière, le meilleur contrôle des adventices (mauvaises herbes), le contrôle de la densité de plants et de la
couverture du sol, l’économie des semences et l’augmentation des rendements.
Sur certains périmètres, on pratique la culture du riz de contre saison. Les variétés de type photosensibles sont
évitées et le respect scrupuleux du calendrier agricole est le seul garant pour éviter les froids de début de cycle et
les chaleurs de fin de cycle.
pompes semble poser moins de problèmes, alors que les pompes plus petites utilisées sur les périmètres en zone
de Mopti et Gao sont régulièrement en panne. Il est admis que la maîtrise du pompage est un des garants de
l’obtention de bons rendements.
La mise en eau consiste à admettre dans la rizière une lame d'eau de 2 à 4 cm ou plus si les températures sont
élevées et les vents violents. Quand le tour d'eau est lent, la lame d'eau admise est beaucoup plus importante
pour permettre le repiquage total de la parcelle avant l'assèchement de la rizière. Cette lame d’eau permettra la
désagrégation des mottes de terre pour assurer un meilleur contact entre le sol et les racines.
• Les redevances :
Le montant des redevances est déterminé par les frais de pompage et les frais d’entretien des canalisations
principales et secondaires. Ainsi, une réduction du tour d’eau permet de réduire considérablement les coûts de
pompage, même s’il est préjudiciable au rendement. En règle générale, le Comité de Gestion du périmètre
établit en fin de campagne les coûts réels de pompage qui seront ensuite répartis entre les exploitants. Le prix
relativement exorbitant de l’eau d’irrigation constitue la principale contrainte de ce système de riziculture
comparé à celui de l’Office du Niger où l’irrigation est gravitaire. A Tombouctou, de 8 000 FCFA au démarrage
du périmètre, la redevance s’élève de nos jours à 66 000 FCFA par ha. A Mopti, les frais de redevance se situent
autour de 66.000 FCFA l'ah. Souvent, le prix de la redevance peut être révisé en fonction des charges de
pompage.
• La commercialisation
Il n’existe pas de circuit de commercialisation organisé, et le riz des PPIV est vendu comme toutes les autres
productions végétales sur les marchés locaux. Malgré la taille assez réduite des surfaces et la priorité donnée
à la satisfaction des besoins familiaux, le potentiel élevé de production dans les PPIV permet de dégager des
surplus commercialisables. Le riz est souvent commercialisé sous forme de paddy, réduisant ainsi la marge
72
bénéficiaire des exploitants. Les prix sont plus bas après les récoltes et très hauts en saison d’hivernage.
D’autre part la compétition avec les riz locaux qui ont des coûts de production plus bas lui est souvent
défavorable. Cette situation est défavorable au paiement régulier de la redevance. Aussi, dans bon nombre de
périmètres, le Comité de gestion accepte le paiement de la redevance en nature (en riz paddy). Le riz ainsi
récupéré est stocké puis vendu lorsque les prix amorcent une montée.
• La diversification
L’expérience de AFAR dans la région de Mopti est édifiante. La diversification des cultures est aussi une source
de diversification des revenus. Le riz est exploité en saison d'hivernage, et en contre saison, on introduit les
cultures maraîchères et/ou des céréales tel que le maïs ou le sorgho. Les cultures de contre saison sont
confrontées à de nombreux problèmes : oiseaux, hippopotames, divagation d’animaux, froid, chaleur, etc. Ce
choix est imposé à certains PPIV par l'insuffisance d'eau des bras de fleuve. Il est dans certains cas sciemment
opéré car, le riz étant gourmant en eau, l'apport en eau des pluies engendre des économies substantielles sur les
charges de pompage. Cette option prend de plus de plus de l’ampleur depuis un certain temps. La pratique de la
riziculture de contre saison est confrontée entre autres à la violence des vents qui dessèchent et provoquent
l'avortement des fleurs, diminuant ainsi les rendements. Aussi, la solution pensée et pratiquée, consiste à
exploiter le riz sous bois pour profiter de l'effet de brise vent.
Deux types de boisement ont été pratiqués :
- boisement pur ;
- boisement mixte.
Dans le boisement pur, la densité est de 1000 pieds à l'ha avec des écartements de 5 m sur 2 m, et les couloirs
sont orientés est-ouest pour bénéficier du maximum d'ensoleillement et diminuer l'effet des vents. La culture du
riz est pratiquée au plus pour quatre années à cause de l'ombrage des arbres.
Dans le boisement mixte, la densité est de moitié moindre soit 500 pieds à l'ha. Les lignes de boisement sont
jumelées et les couloirs sont de 20 m permettant ainsi de prolonger la période d'exploitation du riz. Les
écartements des lignes jumelées sont de 1 m sur 2 m. L'orientation des arbres reste la même que précédemment
pour bénéficier des mêmes avantages.
Les résultats jusqu'ici obtenus avec l'Eucalyptus camaldulensis sont probants et très encourageants : les
rendements sont augmentés et les revenus procurés par le boisement sont substantiels.
A Tombouctou, l’absence d’eau dans le canal de « tête » ne permet pas d’envisager une culture de contre
saison. Cependant, l’association entre riziculture et boisement est en expansion, et les producteurs y tirent
des bénéfices qui servent souvent à compenser le déficit dans le paiement de la redevance.
montée de l’eau au niveau de la station de pompage qui reste la contrainte majeure en plus du mauvais
nivellement des parcelles. Sur tous les périmètres, la promotion de l’auto-gestion en cours notamment à
Mopti permettra une meilleure prise en charge des problèmes par les exploitants. L’insuffisance ou même
l’absence de crédit de commercialisation et d’équipement sont autant de facteur qui bloquent le
développement de la production dans les PPIV. L’enclavement des zones de PPIV augmente le prix de
revient des intrants qui deviennent difficilement accessibles aux exploitants. Par ailleurs, les terres
régulièrement exploitées sont de plus en plus pauvres.
• Les perspectives
Les PPIV ont joué un grand rôle lors de grandes sécheresses connues dans notre pays, et sont cités dans le
Schéma Directeur du Développement Rural du Mali (Ministère de l’Agriculture de l’élevage et de
l’Environnement 1992) comme l’outil privilégié de diversification de la production et d’augmentation des
revenus dans les zones Nord du Mali. On y mentionne déjà l’intérêt de mieux sécuriser et d’améliorer la
rentabilité des systèmes de pompage. En effet, ils ont permis de stabiliser la cellule familiale, en contribuant
à la lutte contre la faim et la malnutrition, à procurer des revenus substantiels aux femmes et aux hommes
qui ont servi à la satisfaction des besoins fondamentaux (habillement, scolarisation des enfants, etc) de la
famille. Ce rôle explique sans doute pourquoi de nombreux périmètres voient le jour sur la base d’initiatives
des populations locales qui sont de plus en plus impliquées dans l’élaboration, la réalisation et la mise en
œuvre des PPIV. En dépit des difficultés rencontrées (problèmes de pompage, d’écoulement du riz, etc)
l’attachement des populations à ces périmètres irriguées ne souffre d’aucune incertitude, et laisse entrevoir
une extension des PPIV. Toutefois, des mesures tendant à lever les contraintes ci-dessus indiquées sont
indispensables pour accompagner leur développement.
L’antenne de Molodo du Service Semencier National s’occupe entre autres de la multiplication des semences de
riz et couvre un domaine de 72 ha sur les terres de l’Office du Niger.
Le Service Semencier Nationale fait la production de semences en régie et encadre aussi des paysans
multiplicateurs. La production moyenne en régie est de 2 à 3 t par ha, alors que les rendements des paysans
multiplicateurs dépassent souvent les 6 t par ha ; aussi assiste-t-on de plus en plus à l'abandon de la production
en régie.
La technique de mise en place appliquée est le repiquage systématique. La préparation du sol concerne les
opérations de labour, de hersage croisé, de mise en boue, de ramassage et extirpation des souches d’adventices.
Les semences de base ou de pré-base proviennent du Centre Régional de Recherche Agronomique (CRRA) de
Niono de l’Institut d’Economie Rurale (IER).
De nombreuses variétés prometteuses ont été mises au point, et toutes celles faisant l’objet de demande de la
part des paysans sont multipliées pour satisfaire la demande des producteurs. Ainsi, les demandes en variétés
sont diverses et couvrent les variétés suivantes : BG90-2, Kogoni 91-1, Gamabiaka Kokum, Andy11, C74,
Séberang MR77, H15-23-DA, IR-32307, Bouaké-189, DM16, BH2 et RPKN2. Actuellement les variétés les
plus désirées sont : BG90-2, Kogoni 91-1, Gamabiaka Kokum, Andy11, IR-32-307 et RPKN2.
Comme à l’Office, la fourchette des dates de semis est comprise entre le 15 juin et le 20 juillet pour les
semailles des pépinières.
A Molodo, le régime des irrigations est régulier bien qu’il ne soit pas quotidien. Très généralement la lame d’eau
est très faible eu égard au besoin de tallage du riz et aux exigences de certaines opérations d’entretien et de
fertilisation. L’entretien couvre le désherbage, le nettoyage des allées et des diguettes, l’épuration variétale qui
est de loin la plus importante tâche pour assurer le maintien d’une pureté variétale acceptable par la
réglementation en vigueur(notamment les grains rouges des espèces sauvages). En effet, il existe un service
indépendant, chargé du contrôle de la qualité des semences produites, selon des normes définies ; et toute
infraction tendant à réduire la pureté et la qualité de la semence peut entraîner un déclassement de la production
comme semence.
La fertilisation est de 100 kg de phosphate d’ammoniaque par ha à la reprise et 200 à 250 kg d’urée fractionnée.
La récolte est manuelle et le battage est mécanique. Pour assurer une propreté convenable, le vannage est aussi
manuel. Quant à l’emmagasinage, il a lieu après conditionnement, dans des magasins appropriés.
Les productions sont rachetées aux producteurs à raison de 165 FCFA le kg pour les R1 et 190 FCFA pour les
semences G4. Elles sont ensuite toutes destinées au marché et s’écoulent aux prix suivants : 210 FCFA pour les
R1 et 225 FCFA pour les semences de base. Toutes ces classifications se font par la certification du service
indépendant de contrôle et de réglementation.
Les marchés d’écoulement des semences sont : l’Office du Niger le plus grand consommateur, l’Office Riz
Ségou, l’Office Riz Mopti, le Périmètre Irrigué de Baguineda (PRB), Sélingué, Daye, Tombouctou, AFAR
Mopti, la CMDT, l’OHVN, des privés, etc.
Le principal avantage de Molodo est la sécurité de l'alimentation hydrique procurant un rendement élevé. Par
contre, le système de production de semences est très consommateur de main d’œuvre notamment au moment
de l’épuration, ce qui grève les coûts de production. Par ailleurs, la dégradation du réseau d’irrigation, du
nivellement parcellaire, les problèmes aviaires et de divagation des animaux constituent des facteurs limitants.
Les travaux de recherche ont permis l’élaboration d’un bon calendrier agricole et proposent l’abandon de la
production en régie peu productive.
En perspective, la mise en place de système adéquat de crédit agricole semencier, la création d’un fond pour
l’extension des aménagements permettront de relancer les activités du Service Semencier National. Enfin, la
politique Gouvernementale en matière de semences est d’inciter les privés à s’investir dans la production et la
diffusion de semences sélectionnées.
Niger, alors que d’autres se situent encore à 2,5 t par ha. En riziculture irriguée par pompage, les rendements
atteignent souvent plus de 6 t par ha. En riziculture de bas-fonds, les rendements sont plus bas aux environs de
2,5-3,0 t par ha alors qu’en submersion contrôlée les rendements moyens sont d’environ 2,5t par ha.
! L’insuffisance du matériel végétal : l’intensification avec la double culture requiert des variétés de cycle
court, très productives et résistantes au froid (pour la contre saison froide) ou à la chaleur (pour la contre
saison de saison chaude) ;
77
! La baisse de la fertilité des sols : malgré la rentabilité reconnue des engrais, le taux de recouvrement de
l’engrais épandu est seulement de 30% en moyenne. L’étude géomorphologique effectuée en 1990 a
montré que 50% des profils analysés sont alcalins ou en cours d’alcalinisation. L’impact sur les
rendements reste encore faible, mais il pourrait s’accroître avec le temps ;
! La mauvaise gestion de l’eau : la réhabilitation des périmètres a réduit de façon considérable le
dysfonctionnement de l’irrigation et du drainage ;
! Les problèmes de mise en culture : il s’agit de l’ensemble des problèmes d’installation consécutifs à
l’introduction du repiquage ;
78
! L’infestation par les mauvaises herbes : il s’agit de l’impact encore vivace des riz sauvages et de
nouvelles adventices ;
79
! L’insuffisance de diversification : pour prévenir les effets éventuels de la monoculture du riz pour des
producteurs aux faibles moyens de régénération, on recherche les possibilités d’introduction d’autres
espèces végétales tout en précisant les modalités de leur culture ;
! La pression des maladies : Jusqu’ici c’était surtout la pyriculariose qui représentait le principal danger.
Depuis, les dégâts causés par le virus RYMV (maladie de la panachure jaune du riz) et la cécidomye
focalisent tous les exploitants et les chercheurs.
Pour solutionner les contraintes identifiées, 5 projets de recherche ont été définis dans le Plan Stratégique de la
Recherche Agricole 1999-2005. Il s’agit de :
- Mise au point de variétés performantes adaptées à la riziculture intensive ;
- Etude du maintien et de l’amélioration de la fertilité des sols ;
- Mise au point de techniques agronomiques adaptées à la riziculture intensive ;
- Mise au point de méthodes de lutte intégrée contre les insectes du riz irrigué ;
- Mise au point de méthodes de lutte intégrée contre les maladies du riz irrigué.
Tous ces programmes constituent le contenu d'un Pôle Régional de Recherche sur les Systèmes Irrigués, mis en
œuvre dans 4 pays (Sénégal, Mauritanie, Niger et Mali), et dont la Mali assure la coordination.
Une brève description du système de riziculture de bas-fond a été présentée.
80
CONCLUSIONS
La filière riz a été identifiée comme l'un des principaux axes d'intervention du Programme d'Indicatif National
(PIN) à l'aide communautaire au Mali (GFA-AGRAR 2000), signé entre le Gouvernement du Mali et la
Commission Européenne et pour lequel 15 à 20% des ressources seront allouées. Ainsi, le Mali dispose d'une
stratégie nationale de développement de la filière riz élaborée en 1999 dans le cadre d’une étude nationale sur
les orientations stratégiques de la filière riz financée par la Commission Européenne. L’objectif global est le
renforcement de la compétitivité de la filière, afin qu'elle puisse être le secteur dynamique de développement
pour les petites exploitations agricoles, ainsi que la source de revenus et d'alimentation sûre pour les populations
urbaines et rurales. En effet, depuis les années 90, la filière riz a connu un développement remarquable avec des
rendements qui ont presque doublé et un contexte général plus favorable crée par la dévaluation, la libéralisation
de la commercialisation et la privatisation des activités rizicoles. La production de riz intervient pour près de 4%
du PIB (Produit Intérieur Brut) du Mali, et le pays parvient à satisfaire entre 80 et 90% de la demande interne, ce
qui représente un taux de couverture largement supérieur à celui de tous les pays voisins. Bien qu’actuellement
les exportations soient faibles, le Mali est le seul pays de la sous région qui dispose réellement d’un potentiel
d’exportation significatif. On estime qu’à long terme, sur une perspective de 20 ans, la production de paddy
pourra augmenter de 0,6 millions à 1,2 millions de tonnes par ans (avec les perspectives de doublement des
superficies à l’Office du Niger).
Les perspectives du marché du riz sont bonnes au niveau national et sous-régional. La demande augmente en
quantité et en qualité aussi bien à cause de la croissance démographique et de l'intégration économique sous
régionale (UEMOA) que par le changement des habitudes alimentaires lié à l'urbanisation. Le riz Malien
s'exporte bien et se vend bien dans tous les pays limitrophes membres de l'UEMOA. Au Plan international, la
Banque Mondiale fait état d'un prix sur le marché mondial stable et en légère hausse. De ce point de vue, le
marché du riz pour le producteur Malien est stable. Sur le plan du marché intérieur, le producteur Malien de riz
est compétitif par rapport au riz international notamment Asiatique. Le taux de protection du riz national est
approximativement de 20% (prélèvement de 18% de TVA plus les taxes additionnelles) par rapport au riz
importé, et cette situation fait que le riz asiatique est importé principalement pendant les périodes de manque
d'approvisionnement du marché intérieur avant les grandes récoltes lorsque les prix sont le plus élevés.
Il s'agit maintenant de consolider la compétitivité de la filière en mettant les efforts prioritaires sur le riz irrigué,
car il est plus productif et possède une plus grande potentialité. La stratégie exige que les investissements en
infrastructures d'irrigation soient poursuivis tout en améliorant l'entretien et la gestion de l'eau dans les
périmètres existants afin de réduire à terme les besoins financiers pour la réhabilitation des périmètres. En effet,
le riz irrigué par gravité fournit près de 50% de la production nationale avec des rendements moyens supérieurs
à 4,5 t/ha et, est essentiellement pratiquée à l’Office du Niger. Le riz irrigué par pompage a gagné beaucoup
d’importance depuis le début des années de sécheresse, mais son apport à la production nationale reste faible (5-
10%). Il s’agit de système de production développé dans le delta intérieur du fleuve Niger où il vient en
complément du riz traditionnel (submersion libre). Le riz non irrigué est la culture principale dans le delta
intérieur du fleuve Niger où les variétés traditionnelles sont produites en submersion libre. Ce système produit
environ 15% de la production nationale avec des rendements moyens inférieurs à 1 t/ha. Le riz de submersion
contrôlée est aussi un riz non irrigué où moyennant des barrages et des digues, la crue est contrôlée, réduisant les
risques de production. Avec des rendements moyens de 1,5 à 2 t/ha, ce type de riziculture fournit à peu près 15%
de la production. En dernier lieu, le riz de bas-fonds, au sud du pays est un système de riz non irrigué où le riz
est cultivé dans des dépressions afin de collecter les eaux de ruissellement pour son alimentation hydrique. Les
rendements peuvent dépasser les 2 t/ha, et la contribution à la production nationale est encore plus faible.
Les stratégies de développement de la riziculture tirent en partie leur source de l’analyse des coûts typiques
d’investissement et de leur rentabilité comme indiqués dans le tableau ci-après :
Source : GFA-Agrar.
Pour l’irrigation par gravité, on met l’accent sur la réhabilitation des vieux aménagements et l’aménagement de
nouvelles terres. Pour le riz de pompage (PPIV), le gros de l’augmentation de la production devra venir des
augmentations des superficies des aménagements et de l’amélioration du pompage. Pour le riz de submersion
contrôlée, la stratégie vise le maintien des superficies déjà existantes en raison des coûts élevés des
investissements de leur faible rentabilité. Pour le riz de submersion libre, la tendance générale est l’abandon de
cette pratique faute d’alternative de production. Enfin, pour le riz de bas-fonds, la tendance est la poursuite des
petits aménagements tout en maintenant les rendements à des niveaux appréciables.
La mise en œuvre de cette stratégie nécessite que les services aux agriculteurs, notamment le crédit formel, la
fourniture d'engrais et les techniques soient, consolidés. Le riz irrigué requiert beaucoup de main d'œuvre et
d'intrants agricoles, et exige par conséquent un système de financement solide te fiable. Les systèmes de
riziculture par pompage requirent un réseau de mécaniciens indépendants et de fournisseurs de pièces de
rechange pour permettre un développement autonome à long terme.
82
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