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Introduction à la Culture Mathématique

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Mich Ou
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Note pour l’étudiant.

Ce document est un support de cours et non un livre. Le but de ce cours n’est pas
d’essayer d’amener le lecteur à devenir un mathématicien chevronné et, de ce fait, il est
un peu léger. Le but de ce cours est de délivrer les prémices de la culture mathématique
conformément au programme de l’Ecole. On rafraı̂chit en fait notre mémoire. Ceux qui
voudraient compléter leur connaissance parce qu’ils auront pris goût aux maths et veulent
changer de filière peuvent aller dans les établissements réservés à cela. Tout le monde peut
tout de même compléter ce qui est écrit ici sur le web.
Nous utiliserons souvent l’expression “objet mathématique” dans ce recueil. Un objet
mathématique est un objet qui n’existe que dans l’univers mathématique, c’est-à-dire dans
la tête des mathématiciens. On représente les objets mathématiques par des symboles
scripturaux pour qu’on puisse en discuter plus facilement et pour en conserver un souvenir
dans des documents. Un objet mathématique peut être une proposition, un théorème, un
nombre, un ensemble, etc.. Les mathématiques traitent des objets mathématiques, on les
y définit, on y étudie leurs caractéristiques, leurs propriétés, comment les utiliser, etc.. Un
objet mathématique doit être “bien défini”, c’est-à-dire doit être tel que, en le “voyant”,
le mathématicien ne peut avoir aucun doute dans l’esprit. Par exemple, il est bien connu
que la proposition “Je suis beau” n’est pas un objet mathématique mais que la proposition
“2 fois 2 font 5” est un objet mathématique. Évidemment, comme pour tout objet, qu’il
soit mathématique ou pas, plus on manipule l’objet, plus il vous est familier. Cela peut
signifier aussi que, plus on avance dans l’étude des mathématiques, plus on pourra voir
d’objets mathématiques.
Nous donnons trois livres qui peuvent vous faire aimer les mathématiques. Mais la liste
n’est pas exhaustive.
Alain Ralambo (Octobre 2012).
c Tsy azo amidy ary tsy azo adika na amin’ny ampahany aza.

R
Alain Ralambo, e-mail: [email protected], Département de Mathématique
et Informatique, Faculté des Sciences, Antananarivo 2012.
Histoire de Mathématiques.

[BOL] Marcel Boll, Histoire des Mathématiques, Que sais-je, Presses Universi-
taires de France.
[DAH] A. Dahan-Dalmedico, J. Peiffer, Une histoire des mathématiques, Routes
et dédales, Points Sciences, Seuil.
[DAV] P.J. Davis, R. Hersh, L’Univers Mathématique, Gauthier-Villars.

Un livre intéressant (publié pour la première fois en 1886) : G.CHRYSTAL,


Algebra (2 vols), Chelsea Publishing Company.
Sommaire

1 Suites et Séries. 5
1 Nombres réels. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .5
2 Résultats divers sur les suites et séries dans R et dans C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Développement d’un nombre réel par rapport à une base p. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
Cours élémentaire d’Algèbre et d’analyse (2012)
Alain Ralambo.
ITU, Andoharanofotsy
Antananarivo Atsimondrano. Madagascar.

Chapitre 1 : SUITES et SÉRIES.


1 Nombres réels.

Nous rappelons succinctement les propriétés de R utiles pour l’analyse.


R est un ensemble de nombres appelés nombres réels muni de deux lois (opérations)
+ ou addition et · ou multiplication qui font que (R, +, ·) est un corps commutatif qui
contient l’ensemble des nombres rationnels Q comme sous-corps commutatif. Rappelons
ce que ces notions signifient. Les éléments de R sont notés x, y, z ...
1◦ ) (R, +, ·) est un corps commutatif :
(R1) x+y et x·y∈ R (stabilité de R pour + et ·)

(R2) x+y=y+x et x·y=y·x (commutativité des lois)

(R3) (x+y)+z=x+(y+z) et (x·y)·z=x·(y·z) (associativité des lois)

(R4) x·(y+z)=x·y+x·z (distributivité de · par rapport à +)

(R5) Existence d’éléments neutres 0= 1 : 0+x=x et 1·x=x

(R6) Existence d’inverses : x+(−x)=0 pour tout x, et x·x−1 =1 pour x= 0. On note aussi
1
pour x−1 .
x
2◦ ) (Q, +, ·) est aussi un corps commutatif contenu dans R, Q ⊂ R.
3◦ ) (Z, +, ·) est un anneau commutatif contenu dans Q, Z ⊂ Q ⊂ R.
4◦ ) Enfin, N l’ensemble des entiers naturels est contenu dans Z, N ⊂ Z ⊂ Q ⊂ R.
R est partitionné en trois parties notées R+ − +
∗ , R∗ et le singleton {0}. R∗ est l’ensemble
des nombres réels dits positifs, il contient tous les nombres rationnels positifs et tous les
entiers naturels. R−∗ est l’ensemble des nombres réels négatifs, il contient tous les nombres
rationnels négatifs et tous les entiers relatifs négatifs. Le partitionnement de R signifie
qu’un nombre réel donné est soit positif, soit négatif, soit nul. La réunion R+ ∗ ∪ {0} est

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-5


Ch. 1 Suites et Series. Suites et séries.

aussi notée R+ dont les éléments sont dits positifs ou nuls et, de même, R−∗ ∪ {0} est aussi
notée R− dont les éléments sont dits négatifs ou nuls. Les deux parties R+ −
∗ et R∗ sont
stables pour l’addition, c’est-à-dire que si x et y sont dans R+ −
∗ (respectivement dans R∗ )
+ −
alors x+y est encore dans R∗ (respectivement dans R∗ ). Il en est de même pour les parties
R+ et R− . De plus, ces parties vérifient la propriété suivante : “Si x ∈ R+ −
∗ alors −x ∈ R∗ ”.
Enfin, R+ +
∗ et R sont stables pour la multiplication.

Pour x et y∈ R, on dit que x est plus grand que y (ou que x est supérieur à y) si
x −y∈ R+ −
∗ , ce qui équivaut à y−x ∈ R∗ , et l’on note x>y. On dit alors aussi que y est plus
petit que x (ou que y est inférieur à x). On a alors une relation d’ordre ≤ qui prolonge
celle que l’on connaı̂t déjà sur Q et sur Z. Rappelons que la relation a≤b est une relation
d’ordre au sens suivant : elle est réflexive, c.à.d. a≤a pour un a∈ R, elle est antisymétrique
c.à.d. que si l’on a en même temps a≤b et b≤a alors a=b, et enfin elle est transitive c.à.d.
que si l’on a, en même temps, a≤b et b≤c, alors a≤c. Rappelons enfin que l’ordre est total,
c.à.d. que si a et b sont deux réels quelconques alors on a un et un seul des cas suivants :
a<b, a=b, a>b.
Rappelons qu’une partie A de R est dite majorée (resp. minorée) s’il existe au moins
un majorant (resp. un minorant) de A, c.à.d. un nombre M (resp. m) tel que a<M (a>m)
pour a∈A. Si une partie A est majorée (resp. minorée) et s’il existe un majorant (resp. un
minorant) plus petit (resp. plus grand ) que tous les autres, il est appelé la borne supérieure
de A (resp. la borne inférieure de A). On dit que A est borné s’il admet un minorant et
un majorant.
Rappelons qu’on appelle intervalle I de R toute partie de R telle que si a et b∈I et
si a<b alors tout nombre x tel que a<x<b appartient aussi à I. Il y a des intervalles
bornés et des intervalles non bornés. En fait, il y a principalement 4 types d’intervalles
]a,b[, ]a,b],[a,b[ et [a,b] où a est soit un nombre réel, soit le symbole −∞ quand le premier
crochet est “]” et b est soit un nombre supérieur ou égal à a, soit le symbole +∞ si le
second crochet est “[”. Et ]a,b[={x∈ R/a<x<b}, ]a,b]={x∈ R/a<x≤b}, [a,b[={x∈ R/a≤
x<b}, [a,b]={x∈ R/a≤x≤b}, avec la convention que tout nombre réel est <+∞ et >−∞.
Le nombre a ou le symbole −∞ est appelé l’extrémité gauche de l’intervalle et le nombre
b ou +∞ son extrémité droite. Un intervalle dont les 2 extrémités sont exclues est appelé
intervalle ouvert, un intervalle dont les 2 extrémités sont incluses est appelé intervalle
fermé, un intervalle dont l’une des 2 extrémités est exclue est appelé intervalle semi-ouvert
du côté de l’extrémité exclue.
Densité de Q dans R. Une propriété importante des nombres rationnels, c.à.d. des
éléments de Q, est la densité dans R, qui signifie que “tout intervalle ]a,b[ de R avec a<b
contient au moins un nombre rationnel”. La propriété est aussi vérifiée par les nombres
irrationnels, c.à.d. que R\Q est aussi dense dans R ou que “tout intervalle ]a,b[ de R avec
a<b contient au moins un nombre irrationnel”. En fait, il y a plus de nombres irrationnels
que de nombres rationnels dans chaque intervalle ]a,b[ de R. Rappelons q’un nombre est
irrationnel s’il n’est pas rationnel (ce qui ressemble à une lapalissade).
R est archimédien. Une propriété importante de R et de Q (que N et Z possèdent
aussi mais qui présente une importance particulière dans R et dans Q) est que “pour tout
nombre réel x, il existe toujours un entier naturel n supérieur à x, c.à.d. n>x”. On dit que

Pejy faha-6 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Nombres reels.

R est archimédien. Dans R et Q, cette propriété équivaut, comme on le voit facilement,


1
à dire que “entre le nombre 0 et un nombre réel positif x, il existe toujours un nombre
n
avec n∈ N”.
Borne supérieure. Dans R, toute partie A majorée admet une borne supérieure, c.à.d.
qu’il existe dans R un nombre mA qui majore A et qui est le plus petit des majorants de
A, c.à.d. encore que “mA ≥ x pour x∈A et que, pour ε > 0, mA − ε n’est pas un majorant
de A, et donc qu’il existe au moins un xε ∈A tel que xε >mA − ε”. De même, dans R, toute
partie A minorée admet une borne inférieure. Ces propriétés ne sont pas vérifiées par Q
car, par exemple, A={r∈ Q/r>0 et r2 < 2} n’a pas de borne supérieure dans Q.
Valeur absolue. Comme dans Q, il y a une valeur absolue dans R, c.à.d. une applica-
tion de R dans R+ qui à chaque x∈ R associe sa valeur absolue notée |x| et telle que |x| =x
si x≥0 et |x| = −x si x≤0. Ainsi, on voit que |x| ≥ 0 et que |x| = |−x|.
Mais la propriété essentielle de cette valeur absolue est la suivante appelée “inégalité
triangulaire” : |x+y| ≤ |x| + |y| pour x et y∈ R. De cette propriété, on déduit la suivante
: ||x| − |y|| ≤ |x − y|.
Pour deux nombres réells x et y, le nombre |x − y| est aussi appelé la distance usuelle
entre x et y ou la distance de x à y et noté parfois d(x,y). Et avec l’inégalité triangulaire,
on peut montrer que l’intervalle ouvert ]a,b[ peut être défini par ]a,b[={x∈ R/|x0 − x| < ε}
a+b |b − a|
où x0 = et ε = , x0 est appelé le centre de l’intervalle et ε son rayon. L’intervalle
2 2
]a,b[ est donc l’ensemble des x tels que la distance de x au centre x0 est inférieur au rayon
ε, ]a,b[ est alors noté ]x0 − ε,x0 + ε[ car c’est aussi {x∈ R/x0 − ε<x<x0 + ε}. Tout cela est
aussi valable pour un intervalle [a,b] mais il faut remplacer le symbole “<” par “≤”.
Complétude de R. La dernière propriété de R est la complétude, ce qui signifie que
toute suite de Cauchy dans R est convergente dans R. Nous allons voir les définitions qui
s’y rapportent et ce que cela signifie.
Cas des nombres complexes. Une dernière remarque concernant les nombres com-
plexes. Nous savons qu’un nombre complexe z s’écrit z=a+ib où a et b sont des nombres
réels uniques, i désigne le nombre complexe tel que i2 =−1, a est appelé la partie réelle
de z et b la partie imaginaire de z. L’ensemble des nombres complexes C est aussi un
corps commutatif
√ muni de l’addition et de la multiplication. Le module |.| défini par
|z|=|a + ib|= a2 + b2 vérifie aussi l’inégalité triangulaire et permet de définir la distance
entre deux nombres complexes z1 et z2 : d(z1 ,z2 )=|z1 − z2 |. De ce fait, les notions que
nous allons définir pour les réels et les propriétés qui en résultent sont valides pour les
nombres complexes, sauf que parfois il faut les appliquer aux parties réelles et imaginaires
des nombres concernés. Dans C, il n’y a pas d’intervalles comme dans R, on utilise plutôt
la notion de boule ou disque mais ceci est une autre histoire.

1.1 Définition. Lorsqu’on a une application x de N dans un ensemble E, c.à.d. un


processus par lequel on peut associer à chaque entier n∈ N un et un seul élément de E,
on obtient des éléments de E qu’on peut numéroter. Généralement, l’élément associé à n
par le processus ou l’application x est noté xn , et les éléments obtenus sont écrits les uns
à la suite des autres entre parenthèses ainsi (x0 , x1 , x2 , ...), si n est un entier l’élément xn

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-7


Ch. 1 Suites et Series. Suites et séries.

se trouve au rang n dans la suite. Ce que l’on note en abrégé, en utilisant la variable n,
par (xn )n∈N et que l’on appelle une suite dans E ou une suite d’éléments de E, et l’on écrit
aussi (xn )n∈N ⊂E.

Le processus de définiton d’une suite peut être très complexe. Par exemple, une suite
peut aussi être définie par récurrence, c.à.d. que certains éléments initiaux sont donnés et
l’élément de rang n est exprimé en “fonction” des éléments de rang 0 à n−1. Ainsi en est
de la suite xn =n! (factorielle n).
Lorsque E=R, on dit que la suite (xn )n est une suite de nombres réels et, lorsque E=C,
on a une suite de nombres complexes (zn )n qui correspond généralement à deux suites de
nombres réels, la suites des parties réelles (an )n et (bn )n la suite des parties imaginaires si
1 1 1 1
zn =an +ibn . Par exemple, (1, , , , ...) est une suite dans R noté ( )n∈N . Mais,
2 3 4 n+1
comme on le sait depuis la terminale, il faut noter que les éléments d’une suite peuvent ne
pas être définis pour tout n.
Soit (xn )n une suite dans R. On dit que (xn )n converge ou tend vers un nombre x ∈ R,
appelée limite de (xn )n , si chaque fois qu’on prend un ε ∈ R∗+ , on peut trouver un rang
nε ∈ N, tel que si n≥nε alors |xn − x| ≤ ε, c.à.d. d(xn ,x)<ε. Ce qui se traduit aussi :
“xn ∈[x−ε, x+ε] pour n≥ nε ”. On note x=lim xn (lire : “x égale limite de xn quand n
n∞
tend vers l’infini”) ou (xn )n −→ x (lire “xn tend vers x quand n tend vers l’infini”). On
n∞
dit alors que la suite (xn )n est convergente si elle admet une limite, sinon on dit qu’elle est
divergente.
On définit de même la notion de suite double et la convergence d’une suite double
(xm,n )m,n . On dit que (xm,n )m,n converge ou tend vers un nombre x ∈ R, appelée limite de
(xm,n )m,n , si chaque fois qu’on prend un ε ∈ R∗+ , on peut trouver un rang nε ∈ N, tel que
si m,n≥nε alors |xm,n − x| ≤ ε c.à.d. d(xm,n ,x)<ε (xm,n ∈[x−ε, x+ε] pour m,n≥ nε ”). On
note x=m,n∞lim xm,n (lire : “x égale limite de xm,n quand m et n tendent vers l’infini”) ou
(xm,n )m,n −→ x (lire “xm,n tend vers x quand m,n tendent vers l’infini”). On dit alors que la
m,n∞
suite (xm,n )m,n est convergente si elle admet une limite, sinon on dit qu’elle est divergente.
1
Par exemple, la suite convergente que tout le monde connaı̂t est (xn )n avec xn =
n
pour n=0, elle converge vers x=0 (car si on prend ε ∈ R∗+ , on peut trouver nε ∈ N
1 1 1
tq < ε, R étant archimédien, et si n≥nε alors ≤ < ε). De même, la suite
nε n nε n
q q
(rn )n∈N pour |r| < 1 converge vers 0; en effet, si |r|= avec 0<q<p, alors |r|n = <
p p
1 1 1 1
n< q . <ε, pour n> q .
q 1 − n ε(1 − )
1 + (1 − ) p p
p

1.2 Définition. On dit qu’une suite (xn )n est de Cauchy si la suite double (xm,n )m,n ,
avec xm,n =xm −xn , converge vers 0.

1.3 Proposition . Toute suite convergente est de Cauchy. On montrera que la


réciproque est aussi vraie ( complétude de R).

Pejy faha-8 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Nombres reels.

Preuve : Soit ε ∈ R∗+ , comme la suite (xn )n converge vers x, on peut trouver nε tq
si n≥nε alors |xn − x| ≤ ε et donc, si m≥nε alors |xm − x| ≤ ε. Donc, si m,n≥nε alors
ε
|xn − xm | ≤ |xn − x| + |x − xm | ≤ 2ε, et on aurait pu prendre à la place de ε. c.q.f.d.
2
Remarque : Quand on se place dans Q, la réciproque est fausse en général. Un ex-
emple de suite de Cauchy de rationnels non convergente dans Q est donnée par la relation de
1 1
récurrence : x0 =0 et xn+1 = (x2n +1). On vérifie que |xn+1 − xm+1 | ≤ |xn − xm | |xn + xm |,
8 8
1
chaque xn est bien dans Q et est inférieur à en valeur absolue, donc |xn+1 − xm+1 | ≤
4
1 1 1 1 2
|xn − xm | ≤ 2 |xn−1 − xm−1 | ≤ · · · ≤ m+1 |xn−m − x0 | ≤ m+1 . qui tend vers 0 quand
8 8 8 8 4
m et n tendent vers l’infini avec n≥m. Donc, (xn )n est bien de Cauchy, mais si elle converge
1
vers a∈ Q, alors a= (a2 +1) (par continuité, nous le verrons plus tard). C.à.d. 8a=a2 +1.
8
Donc, a ne peut pas être un entier, sinon a=1 (car a|1), or c’est impossible que a soit 1.
p
Si a= avec (p,q)=1, on aurait 8pq=p2 +q2 et q diviserait p, ce qui est impossible.
q

1.4 Définition. On appelle série dans R une suite (xn , sn )n∈N où xn ∈ R et sn+1 =sn +xn ,
n
ce qui s’écrit aussi sn = xp , sn est appelée la somme partielle de la série et xn est le terme
p=0
général de la série. Pour distinguer une suite d’une série, on note aussi la série par [xn ]n∈N
ou (Σxn )n∈N . On dit que la série [xn ]n∈N converge vers s (s∈ R) si la suite des sommes
partielles (sn )n converge vers s. On dit alors que s est la somme de la série [xn ]n∈N et
∞ ∞
on écrit s= xn . Remarquer que l’indice n dans xn est une variable muette comme
n=0 n=0
dans tout symbole abréviatif. Si la suite (sn )n n’a pas de limite, on dit que la série est
divergente. Lorsque la série converge, on appelle reste d’ordre ou de rang n le nombre Rn =

s−sn = xp = lim (sm −sn ).
p=n+1 m∞

Une série généralise la somme usuelle. Dans un ensemble muni d’une opération d’addition
associative et commutative, on connaı̂t la somme a+b+c+d qui est (a+b)+c)+d. La ques-
tion se pose de savoir comment on peut définir une somme d’un nombre infini d’opérandes,
de façon que les propriétés usuelles de l’opération d’addition (commutativité, associativité,
...) soient conservées. La réponse trouvée par les mathématiciens est l’introduction de la
notion de limite.

1.5 Proposition . Toute série [xn ]n∈N convergente vérifie le critère de Cauchy

suivant : “Pour ε ∈ R+ , on on peut trouver un rang nε ∈ N, tel que si n≥m≥nε alors
n
xp < ε”.
p=m

Preuve : Il suffit d’écrire la condition de Cauchy pour la suite (sn )n . c.q.f.d.


Quand on se place dans Q, la réciproque est fausse en général, comme le montre la série
1
de terme général xn = qui, comme nous le verrons, converge vers le nombre e base de
n!
l’exponentielle népérienne. La série convergente que tout le monde connaı̂t est la série dont
le terme général est une suite géométrique de raison r, avec |r| < 1. On rappelle que la

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-9


Ch. 1 Suites et Series. Suites et séries.

suite (xn )n est une suite géométrique de raison r si xn+1 =r.xn , ce qui donne xn =x0 rn . La
rn+1 − 1 1
somme partielle de la série est sn =x0 qui tend vers x0 .
r−1 1−r

1.6 Définition. Donnons quelques définitions utiles concernant les suites.


On dit qu’une suite (xn )n dans R est majorée (resp. minorée) si on peut trouver un
nombre M∈ R (resp. m∈ R) tel que xn <M (xn >m) pour tous les n∈ N. On dit qu’une
suite (xn )n dans R est bornée si elle est à la fois majorée et minorée.
En fait, plus généralement, rappelons qu’une partie A de R est majorée (resp. minorée)
si l’on peut trouver M∈ R (resp. m∈ R) tel que a≤M (a≥m) pour tout a∈A. M est appelé
un majorant de A (et m un minorant de A) dans ce cas. A est dit borné s’il a un majorant
et un minorant. Une suite est donc majorée si l’ensemble {xn /n∈ N} est majoré.
On dit qu’une suite (xn )n est croissante si xn >xm pour n>m et décroissante si xn <xm .
On dit que (xn )n est croissante au sens large si xn ≥xm pour n>m et décroissante au sens
large si xn ≤xm .
On dit que deux suites (xn )n et (yn )n sont adjacentes si (xn )n est croissante (au sens
large), (yn )n est décroissante (au sens large), xn ≤ yn pour tout n, et la suite (yn −xn )n
tend vers 0.

1.7 Proposition . Toute suite de Cauchy est bornée. La réciproque est fausse en
général. Cependant, toute suite croissante majorée est de Cauchy. Donc, deux suites
adjacentes sont de Cauchy.
Preuve : Si (xn )n est de Cauchy, on peut trouver n1 ∈ N tel que si m,n≥ n1 on a
|xm − xn | ≤1. Donc, xn1 − 1 ≤ xn ≤ xn1 + 1 pour n>n1 . En prenant M=max(x0 , x1 , ...,
xn1 , xn1 + 1), on voit que xn ≤ M, pour tout n. Donc, (xn )n est majorée. On montre de
même que (xn )n est minorée. La suite (−1n )n est bornée mais n’est pas de Cauchy.
Soit (xn )n une suite croissante dans R qui est majorée par M. Si (xn )n n’est pas de
Cauchy, on peut trouver ε ∈ R∗+ tel que pour tout n∈ N, on peut touver m>n tel que
xm −xn ≥ ε. Donc, pour n=1, on a m1 > 1 tel que xm1 −x1 > ε. Donc, xm1 >x1 + ε. Pour
n=m1 , on a m2 >m1 tel que xm2 −xm1 > ε. Donc, xm2 >xm1 + ε >x1 + 2ε. Pour n=m2 ,
on a m3 >m1 tel que xm3 −xm2 > ε. Donc, xm3 >x1 + 3ε. Or, on ne peut pas continuer ce
processus indéfiniment car il arrivera un k∈ N tel que xmk >x1 +kε >M. Contradiction, car
xmk <M. Donc, (xn )n est de Cauchy. c.q.f.d.
Donnons quelques propriétés utiles des limites.

1.8 Proposition . (a) Si (xn )n converge vers x et (yn )n converge vers y, alors :
la suite (zn )n telle que zn =xn ±yn converge vers x±y,
la suite (tn )n telle que tn =αxn converge vers αx pour α ∈ R,
la suite (un )n telle que un =xn .yn converge vers x.y
1 1
la suite (vn )n telle que vn = converge vers si x=0,
xn x
(b) Si (xn )n converge vers x et (yn )n converge vers y, et si xn <yn pour n suffisamment
grand, alors x≤y. Inversement, si x<y, alors on peut trouver n0 ∈ N tel que pour n≥n0 ,

Pejy faha-10 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Nombres reels.

xn <yn .
(c) Corollaire de (b) Si (xn )n converge vers l et (yn )n converge vers l et si xn ≤zn ≤ yn ,
alors (zn )n converge vers l.1
ε ε
Preuve : (a) Prenons ε ∈ R∗+ et nε ∈ N, tel que si n≥nε alors x− ≤xn ≤x+
ε ε 2 2
et y− ≤yn ≤y+ . En additionnant membre à membre, on obtient : x+y−ε ≤xn +yn ≤
2 2
x+y+ε, pour n≥nε . On aurait pu démontrer ce résultat en utilisant que |(x+y) − (xn +yn )| ≤
|x − xn | + |y − yn |. On procède de la même manière pour les autres résultats (on utilisera
les inégalités suivantes : |(αx) − (αxn )| ≤ |α| . |x − xn |, |(x.y) − (xn .yn )| ≤ |x − xn | . |y| +
1 1 1
|y − yn | . |yn |, − ≤ |x − xn |).
x xn |x.xn |
ε ε ε ε
(b) Prenons ε ∈ R∗+ et nε ∈ N, tel que si n≥nε alors x− ≤xn ≤x+ et y− ≤yn ≤y+ .
ε ε ε ε 2 2 2 2
Donc, pour n≥nε , x− ≤xn ≤yn ≤y+ , x− ≤y+ , x≤y+ε. Comme on a pris un quel-
2 2 2 2
∗ 1
conque ε dans R+ , nécessairement, x≤y, sinon on aurait une contradiction si ε= (x−y).
2
1 ∗
Inversement, supposons que x<y. Prenons ε = (y−x)∈ R+ et nε ∈ N, tel que si n≥nε
ε ε ε ε 2 ε ε
alors x− ≤xn ≤x+ et y− ≤yn ≤y+ . Donc, si n≥nε alors xn ≤x+ < y− ≤yn
ε 2 ε ε 2ε 2 2 2 2
(x+ < y− car + =ε < y−x). Donc, xn <yn pour n≥ nε . Ce raisonnement permet
2 2 2 2
d’ailleurs, par l’absurde, de montrer la première partie de (b). c.q.f.d.

1.9 Proposition . Toute suite croissante (au sens large) (xn )n majorée converge vers sa
borne supérieure (sup {xn /n∈ N}). De même, toute suite décroissante minorée converge
vers sa borne inférieure.
Preuve : On utilise la propriété de la borne supérieure b=sup {xn /n∈ N}. Pour ε > 0,
on peut trouver xn0 tel que b−ε<xn0 ≤ b. Si n≥ n0 , alors b≥ xn ≥ xn0 >b−ε. c.q.f.d.

1.10 Proposition . Deux suites adjacentes dans R sont convergentes et convergent vers
la même limite.
Preuve : Soient (an )n et (bn )n deux suites adjacentes. Leur convergence découle de la
proposition précédente car deux suites adjacentes sont bornées. Les limites a=lim an et
n∞
b=lim bn sont égales car an −bn tend vers 0. c.q.f.d.
n∞

1.11 Proposition . R est complet, c.à.d. toute suite de Cauchy est convergente dans
R.
Preuve : Soit (xn )n une suite de Cauchy. On construit deux suites accessoires de la
manière suivante : n∈ N, αn =inf{xp /p≥n} et βn =sup{xp /p≥n}. Puisque {xp /p≥n+1}⊂
{xp /p≥n}, alors αn+1 ≤ αn et βn+1 ≥ βn , c.à.d. (αn )n est croissante et (βn )n décroissante.
De plus, par construction, αn ≤ xn ≤ βn et aussi αn ≤ xp ≤ βn pour p≥ n et ce pour
n∈ N. Donc, pour p,q≥ n, on a αn ≤ xp ≤ βn et αn ≤ xq ≤ βn , ce qui donne αn − βn ≤
xq −xp ≤ βn − αn , c.à.d. |xq − xp | ≤ βn − αn , (tout ceci est valable même si (xn )n n’est
1
Ce résultat est appelé aussi “théorème du chariot” ou ‘théorème des gendarmes”.

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Ch. 1 Suites et Series. Suites et séries.

pas de Cauchy mais, si (xn )n est de Cauchy, les suites (αn )n et (βn )n sont dans R car (xn )n
est bornée, voir 2.8, 2.9). Pour que les suites (αn )n et (βn )n soient adjacentes, il reste la
condition lim
n∞
(βn − αn )=0 qui va découler de ce que (xn )n est de Cauchy. En effet, comme
(xn )n est de Cauchy, pour ε ∈ R+ ∗ fixé on peut trouver nε ∈ N tel que si p,q≥ nε alors
|xp − xq | < ε. Pour n≥ nε , on peut trouver pn ≥ n et qn ≥ n tels que αn ≤ xpn < αn + ε
et βn − ε <xqn ≤ βn (propriété des bornes supérieures et inférieures). Ce qui donne, pour
n≥ nε , βn − αn − 2ε <xqn −xpn < βn − αn . En ne gardant que la première inégalité,
βn − αn − 2ε <xqn −xpn ≤ |xqn − xpn | ≤ ε et finalement βn − αn − 2ε < ε ou βn − αn < 3ε
pour n≥ nε . Ainsi, les suites (αn )n et (βn )n sont adjacentes, donc elles convergent vers une
même limite et (xn )n converge vers cette limite car αn ≤ xn ≤ βn pour tout n. c.q.f.d.

1.12 Définition. Une suite (xn )n non convergente est dite divergente. Cela peut signifier
deux choses : la suite (xn )n n’a pas de limite, comme la suite ((−1)n )n , ou la suite diverge
vers l’infini. On dit que (xn )n diverge2 vers “plus l’infini” si pour un α > 0 donné, on peut
trouver nα ∈ N tel que si n≥ nα alors xn > α. On note alors (xn )n −→ +∞ ou lim xn =+∞.
n∞ n∞
On définit de manière duale la divergence vers “moins l’infini”.
Par exemple, toute suite croissante non majorée diverge vers +∞, toute suite décroissante
non minorée diverge vers −∞.

1.13 Définition (Sous-suites). Étant donné une suite (xn )n , on appelle sous-suite ou
suite extraite de (xn )n toute suite (yk )k telle que yk =xnk où (nk )k est une suite croisante
d’entiers naturels (nk+1 >nk pour tout k).
Par exemple, (x2n )n et (x2n+1 )n sont les deux sous-suites les plus connues de (xn )n , la
sous-suite des termes de rang pair et la sous-suite des termes de rang impair, il suffit de
poser yk =x2k par exemple pour la première sous-suite. On rappelle que l’indice n d’une
suite peut être remplacée par n’importe quelle autre variable, c’est le symbole x de xn qui
est important, c.à.d. que si j’écris (xn )n ou (xk )k , j’utilise la même suite.
On montre facilement que toute suite extraite d’une suite de Cauchy est de Cauchy,
toute suite extraite d’une suite convergente converge vers la limite de la suite mère. Toute
suite extraite d’une suite extraite de (xn )n est encore une suite extraite de (xn )n .

1.14 Théorème (de BOLZANO-WEIERSTRASS). De toute suite (x n ) n bornée,


on peut extraire une sous-suite (x nk ) k convergente.
Nous admettrons ce résultat important, sa démonstration n’est pas trop difficile et
ressemble un peu à celle de la proposition 1.9. On se ramène d’abord au cas où tous les
éléments de la suite sont distincts, sinon c’est trivial. Puis, si α=inf s0 et β= sup s0 , où
β−α
s0 ={xn /n∈ N}, on divise l’intervalle [α,β] en deux intervalles de longueur dont au
2
moins un contient une infinité d’éléments de s0 , on le note [α1 ,β1 ]. Puis on recommence, on
β1 − α1 β−α
divise l’intervalle [α1 ,β1 ] en deux intervalles de longueur = dont au moins
2 22
un contient une infinité d’éléments de s0 , on le note [α2 ,β2 ]. Etc.. On obtient une suite
2
Certains disent “(xn )n tend vers l’infini”.

Pejy faha-12 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Resultats divers sur les suites et series dans R et dans C.

β−α
d’intervalles [αk ,βk ] de longueur qui contiennent tous une infinité d’éléments de s0 et
2k
tels que αk ≤ αk+1 ≤ βk+1 ≤ βk , pour tout k∈ N∗ . On choisit un xnk dans [αk ,βk ] de telle
façon que la suite d’indice (nk )k soit croissante. On laisse à l’étudiant le soin de terminer
la démonstration.

2 Résultats divers sur les suites et séries dans R et


dans C.
Les définitions précédentes concernant Q et R sont valables pour C, bien entendu, et les
résultats qui s’y rapportent, notamment sur les suites (cf. prop. 1.8 ci-dessus). Nous allons
compléter ces définitions et résultats. Les définitions données dans ce paragraphe pour des
complexes sont évidemment valables pour des réels car R est contenu dans C.
La principale différence entre les nombres réels et les nombres complexes est qu’un
nombre complexe correspond à deux nombres réels, sa partie réelle et sa partie imaginaire.
Dans un langage algébrique, C est un espace vecoriel sur R de dimension 2 (la loi externe
étant la multiplication par un réel). Et même plus, C est ce qu’on appelle une “algèbre”
sur R, c’est-à-dire un espace vectoriel sur R qui a une deuxième loi interne (ici, c’est la
multiplication dans C), et c’est une algèbre normée complète, mais nous n’en dirons pas
plus car tout ceci nous amènerait loin (R est d’ailleurs une algèbre normée complète aussi
mais sur Q, de dimension infinie). Pour les complexes, il faut prévoir deux calculs en
général, un sur les parties réelles et un sur les parties imaginaires, ou un sur le module r
et un sur l’argument θ.

2.1 Définition. On dit qu’une suite de nombres complexes (zn )n est bornée si la suite
(|zn |)n est bornée. On dit qu’une partie A⊂ C est bornée si l’ensemble {|z|/z∈a} est borné
dans R.
On dit qu’une suite (zn )n est bornée devant une suite (z′n )n si l’on peut trouver un rang
zn
n0 ∈ N tel que la suite ′ est bornée, on note (zn )n =O((z′n )n ) ou, plus simplement,
zn n≥n0
zn =O(zn ), lire “zn est un grand O de z′n ”. Une suite est bornée ssi elle est bornée devant
la suite constante 1.
On dit que (zn )n est négligeable devant (z′n )n si l’on peut trouver un rang n0 ∈ N tel
zn
que la suite ′ tend vers 0, on note (zn )n =o((z′n )n ) ou, plus simplement, zn =o(z′n ),
zn n≥n0
lire “zn est un petit O de z′n ”. Une suite tend vers 0 ssi elle est négligeable devant la suite
constante 1. Un “grand O de zn ” est un “petit o de zn ”, évidemment.
On dit que (zn )n est équivalente à (z′n )n si l’on peut trouver un rang n0 ∈ N tel que
zn
la suite tend vers 1, on note (zn )n ≈(z′n )n ou, plus simplement, zn ≈z′n , ce qui
z′n n≥n0
équivaut à (zn −z′n )=o(z′n ). Cette dernière relation est une relation d’équivalence.
On rappelle qu’une relation R définie entre les éléments d’un ensemble donné E est une
relation d’équivalence si elle est réflexive, symétrique et transitive. Elle est réflexive au

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Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

sens que xRx pour chaque x∈E, elle est symétrique au sens que si xRy alors yRx aussi,
elle est transitive au sens que si xRy et yRz alors xRz aussi. Une relation d’équivalence
donne une partition de l’ensemble E en classe(s) d’équivalence, une classe d’équivalence est
une partie de E constituée par tous les éléments équivalents à un élément donné et E est
la réunion de toutes les classes d’équivalence et deux classes d’équivalence distinctes ont
une intersection vide.3 .

2.2 Proposition . Toute suite convergente est bornée (dans R et dans C). En fait,
toute suite de Cauchy est bornée. (cf. prop. 1.7 pour le cas réel).
En effet, |zn |=|zn − l + l| ≤ |zn − l| + |l| ≤ (ε + max {|zk − l|/ k=0, n−1})+|l|, où est
la limite de la suite (zn )n .

2.3 Proposition . Une suite (zn )n converge vers z, dans C, ssi les suites (an )n et
(bn )n telles que an = Re(zn ) et bn = Im(zn ) convergent respectivement vers a=Re(z) et
b=Im(z).
Preuve : La suite (zn )n (zn =xn +iyn ) converge vers l=a+ib ssi les suites (xn −a)n et
(yn −b)n converge vers 0 dans R. En effet, |zn − l|= |(xn − a)+i(yn − b)| ≤ |xn − a| +
|yn − b| d’une part et d’autre part, |xn − a| ≤ |zn − l| et |yn − b| ≤ |zn − l|. c.q.f.d.

2.4 Théorème (de BOLZANO-WEIERTRASS). De toute suite (z n ) n bornée dans


C, on peut extraire une sous-suite (z nk ) k convergente.
Preuve : Comme |xn | ≤ |zn |, où (xn )n est la suite des parties réelles de (zn )n , c.à.d.
xn =Re(zn ), la suite (xn )n est bornée dans R et on peut appliquer le théorème de Bolzano-
Weierstrass dans R. Donc, on peut extraire de (xn )n une sous-suite (xnk )k convergente vers
x dans R. Maintenant, on considère la suite (ynk )k , où yn =Im(zn ). Comme |ynk | ≤ |znk |,
la suite (ynk )k est bornée dans R. Donc, on peut extraire de la suite (ynk )k une sous-suite
(ynkp )p convergente vers y dans R. Alors, de la proposition précédente, la suite (znkp )p
converge vers x+iy. c.q.f.d.
Remarquons la méthode utilisée. On extrait d’abord une première sous-suite (xnk )k de
la suite (xn )n , puis on extrait de la sous-suite (ynk )k correspondante une sous-suite (ynkp )p
pour obtenir la sous-suite finale (znkp )p de (zn )n , znkp =xnkp +iynkp . Si l’on avait extrait une
sous-suite (xnk )k de (xn )n et une sous-suite (yn′ )k de (yn )n , on n’aurait pas pu combiner les
k
deux car xnk +iyn′ =znk et =zn′ .
k k

2.5 Proposition . Toute suite convergente est de Cauchy. Et toute suite de Cauchy
dans C est convergente dans C. Toute série dans C converge ssi elle vérifie le critère de
Cauchy. Si une série [zn ]n∈N converge, alors la suite (zn )n tend vers 0. Le reste d’ordre n

Rn = xp tend vers 0 quand n−→ n∞
∞. Ces résultats sont valables aussi pour des suites
p=n+1
et des séries dans R.
Preuve : On remarque d’abord que la suite (zn )n est de Cauchy ssi les suites (xn )n
et (yn )n sont de Cauchy, xn = Re(zn ) et yn =Im(zn ). En effet, comme précédemment,
3
Pour la construction de R, on utilise la relation d’équivalence suivante entre suite de Cauchy dans Q
définie par (xn )n R(yn )n si |xn − yn | −→ 0. R est alors l’ensemble des classes d’équivalence sur lequel on
n∞
définit une addition et une multiplication.

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Suites et Series. Resultats divers sur les suites et series dans R et dans C.

|zn − zm |= |(xn − xm )+i(yn − ym )| ≤ |xn − xm |+ |yn − ym | d’une part et d’autre part,


|xn − xm | ≤ |zn − zm | et |yn − ym | ≤ |zn − zm |. De même, la série [zn ]n vérifie le critère
de Cauchy ssi les séries [xn ]n et [yn ]n vérifient le critère de Cauchy (critère donné en propo-
sition 1.5, pour les complexes on remplace la valeur absolue par le module). Les deux
premières affirmations en découlent aisément.
Si la série [zn ]n converge, elle vérifie le critère de Cauchy. Donc, pour ε > 0, on peut
trouver nε ∈ N tel que si m≥ n≥ nε alors |zn + zn+1 + · · · zm | < ε, en particulier, |zn | < ε
pour n≥ nε . Donc, (zn )n converge vers 0 dans C. Bien entendu, la réciproque est fausse
en général. Mais si zn ne tend pas vers 0, on est sûr que la série [zn ]n∈N diverge. Enfin,
∞ ∞
Rn = xp tend vers 0 quand n−→ n∞
∞, car R n= xp = s−sn . Ici, la réciproque est vraie
p=n+1 p=n+1

c.à.d. si Rn = xp tend vers 0 quand n−→ ∞, alors la série converge, de toute évidence.
p=n+1 n∞
c.q.f.d.

2.6 Définition. On appelle droite numérique achevée 4 l’ensemble R= R ∪ {−∞} ∪


{+∞}, où −∞ et +∞ sont deux objets mathématiques qui n’appartiennent pas à R, muni
de la relation d’ordre suivante et des opérations suivantes : −∞ <x<+∞ et x<y au sens
usuel si x et y sont dans R, −∞±x=−∞, +∞±x=+∞ pour x∈ R, −∞.x=−∞ si x<0
et +∞ si x>0, +∞.x=+∞ si x>0 et −∞ si x<0, (−∞)·(+∞)=−∞, (−∞)·(−∞)=+∞,
(+∞)·(+∞)=+∞, x+y est la somme usuelle si x et y sont dans R et de même x·y est le
produit usuel si x et y sont dans R. Nous remarquons que (−∞)+(+∞) et (±∞)·(0) ne
sont pas définis.

Attention, (R, +, · ) n’est pas un corps comme R, −∞ et +∞ ne sont pas inversibles


dans R. C’est pour les besoins du calcul des limites que l’on introduit R. Les définitions
de limites dans R sont valables dans R, les suites divergentes vers l’infini dans R sont
∗ ∗
convergentes dans R vers ±∞. R+ désigne l’ensemble {x∈ R/ x>0}=R∗+ ∪ {+∞}, R−
désigne l’ensemble {x∈ R/ x<0}=R∗− ∪ {−∞}.
Pour compléter les résultats de la proposition 1.8, valables également dans C, nous avons
la proposition suivante.

2.7 Proposition . Soient (xn )n et (yn )n deux suites dans R, telles que (xn )n −→ +∞
n∞
(resp. −∞) et (yn )n −→
n∞
y∈ R. Alors :
(i) (xn +yn )n −→
n∞
+∞ (resp. −∞); en fait il suffit que la suite (yn )n soit minorée (resp.
majorée).
(ii) La suite (xn yn )n −→ +∞ si y>0 et −∞ si y<0, on ne peut rien dire à priori si y=0.
n∞
1 + − 1
(iii) La suite ( )n −→ 0 (resp. 0 ), c.à.d. ( )n −→ 0 tout en restant >0 (resp. <0).
xn n∞ xn n∞

Preuve : (i) Supposons (yn )n est minorée, c.à.d. yn >m pour tout n∈ N. Comme (xn )n
−→ +∞, on peut trouver, pour α > 0, un nα ∈ N, tel que si n≥ nα alors xn > α−m, donc
n∞
xn +yn >(α−m)+m= α. Donc (xn +yn )n −→ +∞. Et si (yn )n −→ y∈ R, on sait que (yn )n
n∞ n∞
est bornée donc minorée.
4
En anglais, un élément de R est dit “extended real”. On dit par fois aussi en français “réel généralisé”.

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Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

(ii) Supposons y>0. Si (yn )n est minorée par un m>0, c.à.d. si yn >m>0, alors on
1
trouvera comme précédemment, pour α > 0, un nα ∈ N tel que si n≥ nα alors xn > α. ,
m
1
donc xn yn > α. .m=α. Donc (xn yn )n −→ +∞.
m n∞

(iii) Comme (xn )n −→ +∞, on peut trouver, pour ε > 0, un nε ∈ N, tel que si n≥ nε
n∞
1 1 1
alors xn > α = , donc on a bien < ε pour n≥ nε , tout en ayant > 0. c.q.f.d.
ε xn xn
2.8 Définition. Soit une suite (xn )n dans R, bornée. On note (αn )n et (βn )n les suites
telles que βn =sup{xp /p≥n} et αn =inf{xp /p≥n}. Comme la suite (xn )n est bornée, αn et
βn sont des nombres réels. On appelle limite supérieure de (xn )n notée lim sup xn ou lim xn
n∞ n∞
la limite de la suite (βn )n et limite inférieure de (xn )n notée lim
n∞
inf xn ou limxn la limite
n∞
de la suite (αn )n . Si la suite (xn )n n’est pas bornée, on peut considérer les suites (αn )n et
(βn )n dans R.

2.9 Proposition . Les limites supérieures et inférieures d’une suite bornée (xn )n dans
R existent dans R. Si la suite n’est pas bornée, elles existent dans R.
Preuve : Notons les résultats suivants concernant les suites (αn )n et (βn )n . Puisque
{xp /p≥n+1}⊂ {xp /p≥n}, alors αn+1 ≤ αn et βn+1 ≥ βn . De plus, αn ≤ xn ≤ βn . Si la suite
(βn − αn )n tend vers 0, les deux suites (αn )n et (βn )n seraient adjacentes et convergeraient
vers une limite unique l qui serait donc aussi la limte de (xn )n . Mais en général, la suite
(βn − αn )n ne tend pas vers 0. Cependant, si (xn )n est minorée alors la suite (βn )n est une
suite décroissante minorée, et elle converge si elle est dans R. La condition “(xn )n majorée”
assure qu’elle est dans R. De même, la condition “(xn )n bornée” assure la convergence de
la suite suite (αn )n .
Si la suite n’est pas minorée, il se peut que αn = −∞, et si la suite n’est pas majorée, il se
peut que βn = +∞. Donc, les deux suites (αn )n et (βn )n seraient dans R. Mais, il est facile
de voir que dans R, on a les résultats “toute suite décroissante converge” éventuellement
vers −∞ et “toute suite croissante converge” éventuellement vers +∞.

2.10 Proposition . Une suite dans R (xn )n converge vers x ssi lim xn =lim
n∞
xn = x. (En
n∞
fait, le résultat reste vrai même si l’on se place dans R).
Preuve : Voir la démonstration précédente de la proposition 2.9.

2.11 Proposition . Si une suite (xn )n dans R ou C converge vers x, alors elle converge
x0 + x1 + · · · + xn
en moyenne vers x, c.à.d. la suite (xn )n de terme général xn = converge
n+1
vers x. On dit aussi que (xn )n converge au sens de Césaro vers x.
La démonstration (facile) sera donnée à titre d’exercice.
Passons aux séries dans R ou dans C. Donnons quelques critères classiques bien connus
de convergence de séries, ceux qui nous sont accessibles pour le moment, mais il y en a
d’autres utilisant des résultats que nous n’avons pas encore démontrés. Le critère le plus
simple est celui qui dit que si le terme général d’une série [z n ] n dans C ou R s’écrit

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Suites et Series. Resultats divers sur les suites et series dans R et dans C.

z n =φ(n+1)−φ(n) où φ : N −→ C ou R (ou Q), la série converge ssi la suite ( φ(n))n


converge, car la somme partielle s n =φ(n+1)−φ(0). Il est parfois utile aussi de considérer
les relations xn =x+ − + −
n −xn et |xn |=xn +xn pour se ramener à des séries à termes positifs ou
nuls.

2.12 Définition. On dit qu’une série [xn ]n dans R ou une série [zn ]n dans C est
absolument convergente si la série de nombres réels [|xn |]n (resp. [|zn |]n ) converge, c.à.d.
∞ ∞
si |xn | < +∞ (resp. |zn | < +∞). On dit que la série est semi-convergente si elle
n=0 n=0
est convergente sans être absolument convergente. On dit qu’une série [xn ]n dans R est
alternée si xn xn+1 <0, c.à.d. xn est xn+1 sont de signes opposés.

On dit qu’une série série [xn ]n dans R ou une série [zn ]n dans C est commutativement
convergente si la série de nombres réels [xσ(n) ]n (resp. [zσ(n) ]n ) converge et converge vers la
∞ ∞ ∞ ∞
même somme que [xn ]n (resp. [zn ]n ), c.à.d. si xn = xσ(n) (resp. zn = zσ(n) ) pour
n=0 n=0 n=0 n=0
toute permutation σ de N, c.à.d. pour toute bijection σ de N sur N, ou un réarrangement
des éléments de la série initiale.
Nous admettrons que “toute série absolument convergente est commutativement con-
vergente et réciproquement”.

2.13 Proposition . Toute série absolument convergente est elle-même convergente


(dans R ou C).
n n
En effet, la suite sn = |xp | vérifie le critère de Cauchy, donc, la suite sn = xp aussi,
p=0 p=0
car |sm − sn | ≤ sn − sm si n≥ m. Et R et C sont complets.

2.14 Proposition .(Critère de comparaison) Si 0≤ xn ≤ yn 5 et si la série [yn ]n


converge alors la série [xn ]n converge.
xn+1 yn+1
En conséquence, si xn > 0 et si ≤ , et si la série [yn ]n converge alors la série
xn yn
[xn ]n converge. Donc, si [xn ]n diverge, [yn ]n diverge aussi.
n n ∞
Preuve : On a s′n = xp ≤ yp ≤ yp =M, donc la suite (s′n )n converge, étant une
p=0 p=0 p=0
xn+1 yn+1
suite croissante majorée. Si 0< ≤ , on obtient en multipliant membre à menbre
xn yn
xn+1 yn+1
que 0< ≤ . D’où le résultat. c.q.f.d.
x0 y0

2.15 Proposition . Deux séries de nombres réels [xn ] et [yn ]n telles que xn ≈yn et les
termes de (xn )n gardent un signe contant sont de même nature. En conséquence, si deux
séries [zn ] et [z′n ]n sont telles que zn ≈z′n et si l’une est absolument convergente, l’autre l’est
aussi.
Preuve : C’est un corollaire de la précédente, car on peut trouver n0 ∈ N tel que − 12 yn
<xn −yn ≤ 12 yn , pour n≥ n0 . C.à.d. 12 yn <xn ≤ 32 yn . c.q.f.d.
5
La série [yn ]n est dite “majorante”.

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Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

2.16 Proposition .(Critère de Condensation de CAUCHY) Étant donné une


série [xn ]n à termes positifs et décroissants, la série converge ssi la série [yn ]n de terme
général yn =2n x2n converge. On peut remplacer le nombre 2 par p∈ N, n≥ 2.
Corollaire : La série de Riemann [nα ]n converge ssi α < −1.
Preuve : Comme la suite (xn )n est décroissante, x2n+1 ≤ x2n , x2n+1 −1 ≤ x2n , x2n+1 −2 ≤
x2n , ...,
x2n +1 =x2n+1 −(2n −1) ≤ x2n . En additionnant membre à membre, on obtient x2n+1 + x2n+1 −1 +
x2n+1 −2 + · · · +x2n +1 ≤ 2n x2n . C’est-à-dire s2n+1 −s2n ≤ yn . Ce qui donne s2n+1 −s20 ≤
n
yp =s n . Donc, si la série [yn ]n converge, la suite ( s2n+1 )n est bornée, donc ( sn )n aussi.
p=0

De l’autre côté, x2n+1 ≤ x2n+1 −1 , x2n+1 ≤ x2n+1 −2 , ..., x2n+1 ≤ x2n +1 = x2n+1 −(2n −1) , x2n+1 ≤
1
x2n =x2n+1 −2n . Et en faisant l’addition membre à membre, on obtient . 2n+1 x2n+1 ≤
2
1 1
x2n+1 −1 +x2n+1 −2 + · · · +x2n +1 +x2n . C’est-à-dire yn+1 ≤ s2n+1 −1 −s2n −1 . Ce qui donne
2 2
n+1 1
yp = sn+1 ≤ s2n+1 −1 −s20 −1 = s2n+1 −1 −s1 . Donc, si la suite ( s2n+1 −1 )n est bornée, la suite
p=0 2
1
( sn+1 )n aussi.
2
Si on applique cela à xn =nα , on a yn =2n x2n =2n (2n )α = 2n (2nα ) =2n(α+1) =(2α+1 )n . C’est
une série géométrique de raison 2α+1 . La conclusion est facile. c.q.f.d.
1
2.17 Proposition .(Critère de CAUCHY) Si lim |xn | n <1, la série [xn ]n est absolu-
n∞
1 1
ment convergente. Si lim
n∞
|xn | n >1, la série [xn ]n est divergente. Si lim
n∞
|xn | n =1, il faut voir
1 1
de plus près. Ce critère peut être amélioré en utilisant lim
n∞
|xn | n à la place de lim
n∞
|xn | n .
1
Preuve : Si lim |xn | n <1, c.à.d. lim βn =1−δ<1 (voir définition 2.8), alors d’après les
n∞ n∞
inégalités aux limites, on peut trouver n0 ∈ N, tel que pour n≥ n0 , βn < 1 − δ (proposition
1 1
1.8). Donc pour n≥ n0 , |xn | n < 1 −δ (car |xn | n ≤ βn ). Donc, |xn | ≤ (1−δ)n pour n≥ n0 . Et
comme la série [(1−δ)n ]n est une série géométrique de raison (1−δ)<1, donc convergente,
1 1
alors la série [|xn | n ]n≥n0 est aussi convergente. De manière analogue, si lim |xn | n >1, on
n∞
1
trouve une série géométrique minorante de [|xn | n ]n≥n0 divergente. Donc, elle est divergente.
c.q.f.d.
|xn+1 |
2.18 Proposition .(Critère de d’ALEMBERT) Si lim <1, la série [xn ]n est
n∞|xn |
|xn+1 | |xn+1 |
absolument convergente. Si lim >1, la série [xn ]n est divergente. Si lim =1,
n∞ |xn | n∞ |xn |
il faut voir de plus près.
|xn+1 |
Preuve : Si lim =1−δ < 1, comme précédemment on trouve que |xn+1 |<(1−δ)|xn |,
n∞ |x |
n
pour n≥ n0 et finalement |xn+1 |<(1−δ)n−n0 |xn0 | et on conclut comme pour la proposition
précédente. c.q.f.d.
2.19 Définition. (Somme et Produit de séries) Étant donné deux séries [xn ]n et
[yn ]n , on appelle série somme des deux séries la série de terme général [un ]n définie par

Pejy faha-18 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Resultats divers sur les suites et series dans R et dans C.

un =xn +yn . On note aussi [xn ]+[yn ]= [un ]. On appelle série produit de la série [xn ]n par
le scalaire λ ∈ R ou C selon, la série de terme général [vn ]n définie par vn =λxn . On note
[vn ]n =λ[xn ]n . On appelle série produit ou produit de Cauchy des deux séries la série de
n n
terme général [zn ]n définie par zn = xp yq = xn−k yk (ou xn−k yk si la série est définie
p+q=n k=0 k=1
à partir du rang n=1). On note aussi [xn ].[yn ]= [zn ]. On voit facilement que ce produit est
commutatif et distributif par rapport à la somme. On voit qu’il existe un élément neutre
pour ce produit (la série 1= [1, 0, 0, 0, ... ]), on peut voir même que l’ensemble des séries
est une algèbre sur R ou C selon le cas). Mais laissons cela car cela nous mènera loin.

Si l’on écrit les produits xp yq dans un tableau (une matrice) comme pour la représentation
n
de N × N, zn est la somme des éléments de la n-ième diagonale, et la somme partielle zr
r=0
est la somme des éléments sur les diagonales 0 à n (voir le procédé de dénombrement de
Cantor).
x0 y0 x1 y0 x2 y0 · · · xn y0 · · · x2n y0 · · ·
x0 y1 x1 y1 x2 y1 · · · xn y1 · · · x2n y1 · · ·
... ..
x0 y2 .
.. ...
. x1 yn−1 · · · xn yn−1 · · ·
x0 yn ··· xn yn x2n yn · · ·
.. .. ... ..
. . .

.. ..
. .
x0 y2n x1 y2n xn y2n · · · x2n y2n
.. .. .. .. ...
. . . .

2.20 Proposition . (j) La combinaison linéaire [wn ]n de deux séries [xn ]n et [yn ]n con-
vergentes (resp. absolument convergentes) est convergente (resp. absolument convergente)
vers la même combinaison linéaire de leur somme.
(jj) La série [zn ]n produit de deux séries convergentes [xn ]n et [yn ]n peut ne pas converger
mais la suite (sn )n des sommes partielles de [zn ]n converge en moyenne (au sens de Césaro)
∞ ∞ s0 + s1 + · · · + sn
vers le produit de leur somme xy ( xn =x et yn =y). C.à.d. lim =xy.
n=0 n=0 n∞ n+1
Corollaire : Si la série produit de deux séries convergentes [xn ]n et [yn ]n converge, elle
converge vers le produit de leur somme xy.
Preuve : (j) est évident et laissé à titre d’exercice. Nous admettrons (jj), car c’est un
n
peu plus long et difficile. Le corollaire en découle facilement, car si sn = zk et si sn −→n∞
s,
k=0
s0 + s1 + · · · + sn
alors lim =s. Donc s=xy. c.q.f.d.
n∞ n+1
2.21 Proposition . Le produit de deux séries absolument convergentes est absolument
convergent et converge vers le produit de leur somme.
Preuve : Il suffit de montrer qu’elle est convergente, car pour le reste on applique

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Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

le résultat précédent. Or cela peut résulter de la proposition suivante. La convergence


absolue se démontre de la même manière en considérant les séries des valeurs absolues.

2.22 Théorème (MERTENS). Le produit d’une série convergente [x n ] n vers x et d’un


série absolument convergente [y n ] n vers y dans C est convergent et converge vers le produit

de leur somme x.y, c.à.d. zn = x.y, où [z n ] n est la série produit.
n=0

n n
Preuve : Donnons une idée de la démonstration. Notons sn = xq , s′n = yp et
q=0 p=0
′′ n n
sn = zk , avec zn = xp yq = xn−k yk =xn y0 +xn−1 y1 + · · · +x1 yn−1 +x0 yn . Notons s′
k=0 p+q=n k=0
∞ n ∞
= |yp |, s′n = |yp | et s= xp . Alors s′′2n −sn s′n =[y0 (xn+1 +xn+2 +· · ·x2n )+y1 (xn+1 +xn+2 +
p=0 p=0 p=0
· · ·x2n−1 )+· · · +yn−1 xn+1 ]+[yn+1 (x0 +x1 + · · · +xn−1 )+yn+2 (x0 +x1 + · · · +xn−2 )+· · · +y2n x0 ]
= An +Bn avec An =[y0 (xn+1 +xn+2 + · · ·x2n )+y1 (xn+1 +xn+2 + · · ·x2n−1 )+· · · +yn−1 xn+1 ] et
Bn =[yn+1 (x0 +x1 + · · · +xn−1 )+yn+2 (x0 +x1 + · · · +xn−2 )+· · · +y2n x0 ]. Et l’on a : |An | ≤
[|y0 | |xn+1 + xn+2 + · · · + x2n |+|y1 | |xn+1 + xn+2 + · · · + x2n−1 |+· · · + |yn−1 | |xn+1 |] =
[|y0 | |s2n − sn |+|y1 | |s2n−1 − sn |+· · · + |yn−1 | |sn+1 − sn |] ,
et |Bn | ≤ [|yn+1 | |x0 + x1 + · · · + xn−1 |+|yn+2 | |x0 + x1 + · · · + xn−2 |+· · · + |y2n | |x0 |] =
[|yn+1 | |sn−1 |+|yn+2 | |sn−2 |+· · · + |y2n | |s0 |] .
Pour ε > 0 donné, |An | ≤ [|y0 |+|y1 |+· · ·+|yn−1 |] sup(|s2n − sn |,|s2n−1 − sn |, ..., |sn+1 − sn |)=
s′ sup(|s2n − sn |,|s2n−1 − sn |, ..., |sn+1 − sn |) ≤ s′ ε pour n suffisamment grand car la série
[xn ] est convergente, donc la suite (sn )n vérifie le critère de Cauchy. De même, |Bn | ≤
[|yn+1 |+|yn+2 |+· · · + |y2n |]sup( |sn−1 |,|sn−2 |, ..., |s0 |) ≤ ( s′2n − s′n )β, où β ≥ |sn | pour tout n
(la suite (sn )n est bornée car elle converge). Donc |Bn | ≤ εβ, pour n suffisamment grand.
Finalement, |s′′2n − sn s′n | ≤ ε(s′ + β). La même chose est vraie pour s′′2n+1 − sn+1 s′n+1 .
Comme sn s′n −→ n∞
xy, alors s′′2n et s′′2n+1 −→
n∞
xy, donc s′′n −→n∞
xy, on montre en effet que si une
suite (xn )n est telle que les deux sous-suites (x2n )n et (x2n+1 )n convergent vers une même
limite, alors la suite (xn )n elle-même est convergente vers cette limite. c.q.f.d.

2.23 Proposition .(Série alternée) Soit une série alternée [xn ]n∈N telle que la suite
(|xn |)n est décroissante vers 0. Alors la série converge. De plus, |Rn | ≤ |xn+1 | (Rn étant le

reste d’ordre n, Rn = xk ).
k=n+1

Preuve : La convergence découle de la suivante en prenant yn = (−1)n . Mais on


peut faire une démonstration directe en considérant les suites (s2n )n et (s2n+1 )n qui sont
adjacentes et convergentes. La majoration du reste en résulte facilement, Rn =s−sn et s
est compris entre s2n et s2n+1 . c.q.f.d.

2.24 Proposition .(Critère d’ABEL) La série [xn yn ]n converge si les trois conditions
suivantes sont vérifiées : (i) la série [|xn − xn+1 |]n converge, (ii) lim
n∞
xn =0, (iii) la suite
des sommes partielles de [yn ]n est bornée.

Preuve : On utilise la formule suivante dite “méthode de sommation d’Abel”


n
ou “som-
mation par partie” (analogie à la formule d’intégration par partie) : xk yk =xn Yn −
k=0

Pejy faha-20 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Developpement d’un nombre reel par rapport a une base p.

n k
(xk+1 −xk )Yk où Yk = yq , somme partielle de [yn ]n . On en déduit facilement que la
k=0 q=0
série [xn yn ]n vérifie le critère de Cauchy pour les séries. c.q.f.d.
La somme partielle d’une série représente une approximation de la somme à |Rn | près,
car |s − sn | = |Rn |. Une toute dernière remarque que tout étudiant apprend par cœur
est que “la convergence d’une série (ainsi que d’une suite) ne dépend pas des premiers
termes de la série”, ce qui signifie que si l’on supprime ou si l’on change un nombre fini
de termes dans une suite (xn )n ou dans une série [xn ]n , on ne change pas sa nature, si elle
était convergente la nouvelle suite ou série obtenue est encore convergente. Par contre, la
somme de la série n’est plus la même si l’on change certains de ses termes.

Développement d’un nombre réel par rapport à une


base p.
En complément, terminons ce chapitre par un paragraphe annexe qui illustre une applica-
tion des séries.
On sait que tout nombre rationnel x s’écrit sous la forme x=x0 ,x1 x2 x3 ... où x0 =[x] et
xn =[pn x] −p.[pn−1 x], et où chaque xn est un entier tel que 0≤ xn <p, c.à.d. 0≤ xn ≤
∞ xn
p−1. Ce qui signifie que x=x0 + n
, avec xn ∈ N et 0≤ xn ≤ p−1. On remarque
n=1 p
que x et x−[x] ont le même développement en base p (xn )n . On sait que la suite (xn )n est
alors finie ou bien infinie mais périodique à partir d’un certain rang (le cas “(xn )n finie”
est d’ailleurs compris dans le cas “(xn )n périodique”, car (xn )n finie signifie qu’il existe
n0 ∈ N tel que xn = 0 pour n≥ n0 ). On sait qu’on ne peut pas avoir xn =p−1 pour
tout n à partir d’un certain rang. On sait aussi que si la suite (xn )n est finie, c.à.d. x=
n0 −1 xn
x=x0 ,x1 x2 x3 ...xn0 −1 000000... = x0 + n
, en supposant que xn0 −1 est le dernier coefficient
n=1 p
n0 −2 xn xn0 −1 − 1 ∞ p−1
non nul, alors on a aussi x=x0 + + + , c.à.d. qu’on pourrait
n=1 pn pn n=n0 pn
écrire x= x0 ,x1 x2 x3 ...xn0 −2 (xn0 −1 − 1)(p−1)(p−1)(p−1)(p−1).... Un tel développement est
r
dit impropre. Donc, x a un développement impropre ssi x est une fraction de la forme n0 .
p

Maintenant, dans R, la partie entière d’un nombre x est aussi définie, [x] est le plus grand
entier (donc l’unique entier) n tel que n≤ x<n+1. Les formules x0 =[x] et xn =[pn x] −p.[pn−1 x]
sont donc bien définies, pour un x∈ R quelconque, pas nécessairement rationnel. De plus,
xn
il est facile de voir que la série [ n ]n vérifie le critère Cauchy, donc elle est convergente car
p
∞ xn
R est complet. Donc, il existe y∈ R, tel que y=x0 + n
.
n=1 p

Deux questions se posent : (1◦ ) y est-il égal à x et le développement x0 ,x1 x2 x3 ...


est-il propre, (2◦ ) Si l’on a un développement (an )n propre, donc un nombre
∞ an
a=a0 ,a1 a2 a3 ... =a0 + n
, l’application des formules x0 =[a] et xn =[pn a] −p.[pn−1 a]
n=1 p
redonne-t-elle la suite (an )n , c.à.d. xn =an ?

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Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

xn 1 n 1 x1 xn 1
(1◦ ) Puisque n
= n [p x] − n−1 .[pn−1 x], on obtient : sn =x0 + + · · · + n = n [pn x].
p p p p p p
1 1 1
Et comme x− n < n [pn x] ≤x (car pn x−1< [pn x] ≤pn x), alors n [pn x] −→ x (Théorème
p p p n∞
∞ xn
du chariot), c.à.d. que x= n
. Donc x=y.
n=0 p

Ensuite, le développement x0 ,x1 x2 x3 ... d’un réel x est propre. Pour le voir,
souvenons-nous de l’algorithme ayant conduit à la formule xn = [pn x] −p. [pn−1 x]. En fait,
si l’on a une suite de bases (pn )n≥1 , pn ∈ N et ≥ 2, et si l’on définit par récurrence,
x′ =x−[x], x′′ =p1 x′ − [p1 x′ ], x′′′ =p2 x′′ − [p2 x′′ ], ..., x(n+1) =pn x(n) − [pn x(n) ], etc.. Alors
x′′ 1 x1 x′′
x0 =[x], xn = pn x(n) , etc.. Ainsi, x=x0 +x′ = x0 + + [p1 x′ ] =x0 + + =
p1 p1 p1 p1
x1 x′′′ 1 x 1 1 x ′′′
x 1 x2 x′′′
x0 + + + [p2 x′′ ] =x0 + + [p2 x′′ ] + =x0 + + + =
p1 p1 p2 p1 p2 p1 p1 p2 p1 p2 p1 p1 p2 p1 p2
x1 x2 xn x(n)
· · ·=x0 + + +··· + + . Lorsque la base p est fixée, pn =p pour
p1 p1 p2 p1 p2 ...pn p1 p2 ...pn
x1 x2 xn x(n) x(n) x(n)
tout n≥ 1. Alors, x=x0 + + 2 + · · · + n + n =sn + n . Donc, x−sn = n , c.à.d. 0≤
p p p p p p
x(n) 1
x−sn = n
< n (0≤ x(n) <1). Ceci empêche l’existence de n0 ∈ N tel que xn =p−1 pour
p p
∞ xk ∞ p−1 1
n≥ n0 , car x−sn0 = k
= k
= n0 . Donc le développement est bien propre.
k=n0 +1 p k=n0 +1 p p

(2◦ ) Soit maintenant (an )n une suite d’entiers tels que 0≤ an <p (pour n≥ 1) et telle
que pour tout n0 ∈ N, on peut toujours trouver un n≥ n0 tel que an <p−1. Et soit
∞ an
a=a0 ,a1 a2 a3 ... =a0 + n
. Soit aussi (xn )n la suite telle que x0 = [a] et xn =[pn a] −p. [pn−1 a]
n=1 p
pour n≥ 1. Il nous faut montrer que an =xn pour tout n. Pour le voir, donnons un critère
∞ an
pour que un nombre a0 ,a1 a2 a3 ... =a0 + n
soit inférieur à un nombre x0 ,x1 x2 x3 ...
n=1 p
∞ xn ∞ an ∞ xn
=x0 + n
, c.à.d. a 0 ,a 1 a 2 a 3 ... <x 0 ,x 1 x2 x3 ... ou encore a 0 + n
<x0 + n
, les deux
n=1 p n=1 p n=1 p
développements étant propres. C’est un ordre sur l’ensemble des développements pro-
∞ an n0 −1 an
pres. Remarquons d’abord que si, pour un certain n0 , an0 <p−1, alors n
= n
+
n=1 p n=1 p
an0 ∞ an n0 −1 p − 1 p − 1 ∞ p−1
n
+ n
< n
+ n
+ n
=1. Ainsi, si a0 <x0 , c.à.d. a0 ≤ x0 − 1,
p 0
n=n0 +1 p n=1 p p 0
n=n0 +1 p
∞ an ∞ xn ∞ an
alors a0 + <a 0 + 1<x 0 ≤ x 0 + (en effet, <1 puisqu’il existe an0 <p−1, le
n=1 pn n=1 pn n=1 pn

développement étant propre). Supposons que a0 =x0 , a1 =x1 , ..., an1 =xn1 , et an1 +1 <xn1 +1 ,
n 1 an ∞ an
c.à.d. an1 +1 ≤ xn1 +1 − 1. Le même raisonnement dit que a0 + n
+ <x0 +
n=1 p n=n1 +1 pn
n1 xn ∞ xn n1 an n1 xn ∞ an ∞ xn
n
+ n
(a 0 + n
=x 0 + n
, mais n
< n
).
n=1 p n=n1 +1 p n=1 p n=1 p n=n1 +1 p n=n1 +1 p

2012
Alain Ralambo

Pejy faha-22 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Developpement d’un nombre reel par rapport a une base p.

∞ an
En résumé, pour que un nombre a0 ,a1 a2 a3 ... =a0 + soit inférieur à un nombre
n=1 pn
∞ xn ∞ an
x0 ,x1 x2 x3 ... =x0 + n
, c.à.d. a0 ,a1 a 2 a 3 ... <x0 ,x1 x2 x3 ... ou encore a0 + n
<x0 +
n=1 p n=1 p
∞ xn
n
, les deux développements étant propres, il faut et il suffit qu’il existe n1 ∈ N tel
n=1 p

que a0 =x0 , a1 =x1 , ..., an1 =xn1 , et an1 +1 <xn1 +1 . Cet ordre est appelé l’ordre lexicographique,
celui du dictionnaire.
∞ an
En conséquence, puisque a=a0 ,a1 a2 a3 ... =a0 + et que si (xn )n est telle que x0 = [a]
n=1 pn
∞ xn
et xn =[pn a] −p. [pn−1 a] pour n≥ 1, alors a= x0 + n
d’après le (1◦ ) et que les deux
n=1 p
développements sont propres, alors an =xn pour tout n.
Ainsi, tout nombre réel x admet un développement unique propre et tout développement
propre correspond à un unique nombre réel.
Inversement, on peut très bien définir axiomatiquement R comme l’ensemble des dévelop-
pements propres x=x0 ,x1 x2 x3 ..., muni de la relation d’ordre définie précédemment, c.à.d.
R={x=x0 ,x1 x2 x3 ... / le développement x0 ,x1 x2 x3 ... est propre}, les xn étant des nombres en-
tiers entre 0 et p−1. C’est-à-dire, on posera par définition qu’un réel est un développement
propre x=x0 ,x1 x2 x3 .... Le seul problème que cela pose est l’opérationnalité du système.
Comment définir l’opération somme : (x0 ,x1 x2 x3 ...)+(y0 ,y1 y2 y3 ...) ? De même, comment
définir l’opération produit : (x0 ,x1 x2 x3 ...)·(y0 ,y1 y2 y3 ...) ? Si par exemple, x100 +y100 est
supérieur à p, il y aura une retenue, qui se propage sur la gauche, c.à.d. qu’elle doit être
ajoutée à x99 . Les résultats sur les séries (addition et produit) peuvent permettre de définir
ces opérations, mais cela pose des problèmes, on est obligé de travailler avec des valeurs
approchées (sommes partielles) comme le fait un ordinateur.
D’ailleurs, si l’on sait que, théoriquement, tout nombre réel x admet un développement
unique propre, c’est généralement la croix et la bannière pour trouver ce développement. Et
cette ignorance du développement de certain nombre célèbre comme π a permis à certains
mathématiciens de formuler des paradoxes.
Ce résultat permet toutefois de démontrer un résultat important.

2.25 Proposition . R n’est pas dénombrable.

Preuve : Comme tout sous-ensemble d’un ensemble dénombrable est dénombrable, il


suffit de montrer que ]0,1[ n’est pas dénombrable et donc R ne peut pas être dénombrable.
Si ]0,1[ était dénombrable, on peut numéroter les éléments de ]0,1[, soit (xn )n la suite
de tous les éléments distincts de ]0,1[. Chaque xn a un développement propre (en base 10,
par exemple) et s’écrit xn =0,xn,1 xn,2 xn,3 xn,4 · · ·, où la suite (xn,k )k≥1 est telle que 0≤ xn,k ≤
9 et pour tout k0 , on peut trouver k≥ k0 tel que xn,k < 9.
Si l’on écrivait les xn dans un tableau, on obtiendrait une matrice infinie comme dans
le tableau suivant.
2012
Alain Ralambo

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-23


Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

x0 = x0,0 x0,1 x0,2 · · · x0,n ··· x0,2n ···


x1 = x1,0 x1,1 x1,2 · · · x1,n ··· x1,2n ···
.. ..
x2 = x2,0 . .
.. .. .
. . xn−1,1 · · · . . xn−1,n ···
xn = xn,0 xn,1 xn,n xn,n+1 x2n,n ···
.. .. .. .. .. ..
. . . . . .
... ..
.
x2n = x2n,0 x2n,1 · · · x2n,n ··· x2n,2n x2n,2n+1
.. .. .. .. .. ..
. . . . . .
L’idée (de Cantor) est de fabriquer une suite (un développement propre) (yn )n qui ne
figure pas dans ce tableau, ce qui est une contradiction. Tous les xn,0 ici sont nuls car les
nombres sont dans ]0,1[. On prend la seconde diagonale (xn,n+1 )n . Si xn,n+1 =1, on prend
yn+1 =2, et si xn,n+1 =1, on prend yn+1 = 1. Le développement y=0,y1 y2 y3 y4 y5 ...est bien
propre et donne un nombre de ]0,1[, mais, par construction même, la suite (yn )n n’est pas
sur le tableau. Il suffit pour le voir de la comparer avec chaque xn =(xn,k )k ; y=x0 parce
que y1 =x0,1 , y=x1 car y2 =x1,2 , etc.. c.q.f.d.

Pejy faha-24 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


ITU 1

Math 102
Cours élémentaire
d’Analyse

Alain RALAMBO

2012

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