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Cours RDM

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CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 199

14. Poutres continues – Théorème des trois moments

14.1. Rotations sur appuis des travées isostatiques


14.1.1. Formules de Bresse

ωO ωE x
GO GE

l
A partir de la relation moment - courbure vue aux chapitres 6.2.5 et 8.2.2 (dans ce cas, on ne prendra
en compte que l’effet du moment fléchissant), il est possible de retrouver les expressions des formules
de Bresse1 pour les poutres droites en posant :

d 2v dω M (x ) M (x )
EI 2
= EI = M ( x ) ⇒ dω = dx ⇒ ω ( x ) = ∫ dx + A
dx dx EI EI

Considérant maintenant ω0 et ωE comme les rotations des extrémités de la poutre, on peut déduire la
première formule de Bresse à partir du système suivant :

⎡ M (x ) ⎤ ⎫
ω O = ω (0) = ⎢ ∫ dx ⎥ + A⎪
⎪ M (x )
l
⎣ EI ⎦0
⎡ M (x ) ⎤
⎬ ⇒ ω E = ω O + ∫ dx
ω E = ω (l ) = ⎢ ∫ dx ⎥ + A⎪ 0
EI
⎣ EI ⎦l ⎪⎭

En intégrant à nouveau l’expression de la rotation ω(x) pour obtenir celle du déplacement vertical, on
obtient :
⎡ 64 748 ⎤
M1 ( x )

⎢ M (x ) ⎥
v(x ) = ∫ ⎢ ∫ dx ⎥dx + Ax + B
⎢ EI ⎥
⎣ ⎦

Ce qui donne aux extrémités :


⎡ M (x ) ⎤ ⎫
vO = v (0 ) = ⎢ ∫ 1 dx ⎥ + B ⎪
⎣ EI ⎦0 ⎪
( ) ⎬
⎡ ⎤
v E = v (l ) = ⎢ ∫ 1 dx ⎥ + Al + B ⎪
M x
⎣ EI ⎦l ⎭⎪

1
Jacques Antoine Charles Bresse (1822 - 1883), ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur de
mécanique à l’ENPC et à l’Ecole Polytechnique, reconnu pour des travaux sur la flexion des poutres et arc, entra
à l’académie des sciences en 1880 (section mécanique).

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 200

⎡ M (x ) ⎤
( )
l

En intégrant par partie ∫ u ' v = [u ⋅ v ] − ∫ v ' u la quantité ∫ 1


⎢⎣ EI dx ⎥⎦ , soit :
0

⎡ 64748 u′⎤
v

⎢ M (x ) }⎥ ⎡ M (x ) M (x ) M (x ) M (x )
l l l l l

∫0 ⎢ ∫ EI ⋅ dx ⋅1⎥dx = ⎢⎣∫ EI ⋅ x ⋅ dx ⎥⎦ 0 − ∫0 EI ⋅ x ⋅ dx = ∫0 EI ⋅ l ⋅ dx − ∫0 EI ⋅ x ⋅ dx et
⎢ ⎥
⎣ ⎦
=0
6447 44 8
comme A = ω O − ∫
⎡ M ( x ) ⎤
⎢⎣ EI dx ⎥⎦ = ω O , on obtient pour la troisième formule de Bresse (la deuxième
0

M ( x ) ⋅ (l − x )
l
concerne le déplacement horizontal u): v E = vO + ω 0 l + ∫
0
EI
dx

14.1.2. Détermination des souplesses a, b et c

M0
y

ωO ωE x
GO GE

En considérant dans un premier temps un couple M0 en O et sachant que :

⎛ x ⎞1
• Le moment fléchissant s’exprime sous la forme : M ( x ) = M 0 ⎜1 − ⎟ ,
⎝ l⎠
• Les déplacements vO et vE sont nuls,

La troisième formule de Bresse permet d’écrire :

M ( x ) ⋅ (l − x ) M (x ) ⎛
l l l 2
x⎞ M ⎛ x⎞
v E = vO + ω 0 l + ∫ ⋅ dx ⇒ ω 0 = − ∫ ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx = − ∫ 0 ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx
0
EI 0
EI ⎝ l⎠ 0
EI ⎝ l⎠

⎧ω O = − a ⋅ M 0
⎪ l 2
d’où : ⎨ ⎛ x ⎞ dx 2
a = ∫ ⎜1 − ⎟ ⋅

0⎝
⎩ l ⎠ EI

1
Le moment fléchissant vaut M0 en GO et zéro en GE et est linéaire entre ces deux points.
2
Cette relation dite de souplesse permet de calculer le déplacement à partir du moment fléchissant M 0 et de la
souplesse a.

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 201

Si on applique maintenant la première formule de Bresse :

M (x ) M (x ) ⎛ M (x ) M (x ) x
l l l l l
x⎞ M ⎛ x⎞ x
ω E = ωO + ∫ dx = − ∫ ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx + ∫ dx = ∫ ⋅ ⋅ dx = ∫ 0 ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ ⋅ dx
0
EI 0
EI ⎝ l⎠ 0
EI 0
EI l 0
EI ⎝ l⎠ l

⎧ω E = b ⋅ M 0
⎪ l
d’où : ⎨ ⎛ x ⎞ x dx
b = ∫ ⎜1 − ⎟ ⋅ ⋅

0⎝
⎩ l ⎠ l EI

M1
y x

ωO ωE
GO GE

l
En considérant dans un deuxième temps un couple M1 en E et sachant que :

x
• Le moment fléchissant s’exprime sous la forme : M ( x ) = M 1 ,
l
• Les déplacements vO et vE sont nuls,

La troisième formule de Bresse permet décrire :

M ( x ) ⋅ (l − x ) M (x ) ⎛
l l l
x⎞ M x⎛ x⎞
v E = vO + ω 0 l + ∫ ⋅ dx ⇒ ω 0 = − ∫ ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx = − ∫ 1 ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx
0
EI 0
EI ⎝ l⎠ 0
EI l ⎝ l⎠

d’où : ω O = −b ⋅ M 1 . Si on applique maintenant la première formule de Bresse :

M (x ) M (x ) ⎛ M (x ) M (x ) x
l l l l l 2
x⎞ M ⎛ x⎞
ω E = ωO + ∫ dx = − ∫ ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx + ∫ dx = ∫ ⋅ ⋅ dx = ∫ 1 ⋅ ⎜ ⎟ ⋅ dx
0
EI 0
EI ⎝ l⎠ 0
EI 0
EI l 0
EI ⎝ l ⎠

⎧ω E = c ⋅ M 1
⎪ l 2
d’où : ⎨ ⎛ x ⎞ dx
c = ∫⎜ ⎟ ⋅

0⎝
⎩ l ⎠ EI

Dans le cas des poutres droites à inertie constante, les souplesses a, b et c s’écrivent :

l
⎡⎛ x⎞ ⎤
3

l 2 ⎢ ⎜1 − ⎟ ⎥
⎛ x ⎞ dx 1 ⎢⎝ l⎠ ⎥ l
a = ∫ ⎜1 − ⎟ ⋅ = =
0⎝
l ⎠ EI EI ⎢ ⎛ 1 ⎞ ⎥ 3EI
⎢ 3⋅ ⎜− l ⎟ ⎥
⎣ ⎝ ⎠ ⎦0

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 202

l
1 ⎡ x2 x3 ⎤
l
⎛ x ⎞ x dx l
b = ∫ ⎜1 − ⎟ ⋅ ⋅ = ⎢ − 2⎥ =
0⎝
l ⎠ l EI EI ⎣ 2l 3l ⎦ 0 6 EI

l
⎛ x ⎞ dx ⎡ x ⎤
l 2 3
l l
c = ∫⎜ ⎟ ⋅ =⎢ 2⎥ = d’où a = 2b = c =
0⎝
l ⎠ EI ⎣ 3l ⎦ 0 3EI 3EI

14.1.3. Cas d’une poutre soumise à une charge répartie

y +
q

x
GO l GE

RO
RE
ql 2 x ⎛ x⎞
⋅ ⋅ ⎜1 − ⎟
qx ⋅ (l − x ) M (x ) ⎛
l l
x⎞ 2 l ⎝ l⎠ ⎛ x⎞
M ( x) = ⇒ ω0 = −∫ ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx = − ∫ ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx
2 0
EI ⎝ l⎠ 0
EI ⎝ l⎠
⎛ ⎞
⎜ 3 l ⎟
⎜ ⎡ ⎛ x⎞ ⎤ ⎛ x⎞
3

⎢ ⎜1 − ⎟ ⎥ l ⎜1 − ⎟
ql 2 ⎜ ⎢ ⎝ ⎟
l 2
ql 2 x ⎛ x⎞ l⎠ ⎥ ⎝ l⎠
⇒ ω0 = −
2 EI ∫ ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx = −
l ⎝ l⎠
⎜ x⋅
2 EIl ⎜ ⎢ ⎛ 1⎞ ⎥
−∫
⎛ 1⎞
⋅ dx ⎟
0 3⋅ ⎜− ⎟ ⎥ 0 3⋅ ⎜− ⎟ ⎟
⎜⎣⎢ ⎟
⎝ l ⎠ ⎦0 ⎝ l⎠
⎜ 144244 3 ⎟ 1
⎝ 0 ⎠
⎛⎡ 4
⎤ ⎞⎟
l
⎛ ⎞
⎜ ⎛ x⎞
2 ⎜⎢ ⎜1 − ⎟ ⎥ ⎟ 2 ⎜ ⎟
⇒ ω0 =
ql ⎢ ⎝ l⎠ ⎥ =
ql ⎜

(1) 4
⎟ = −
ql 3
⎜ ⎟
2 EIl ⎜ ⎢ ⎛ 1 ⎞ ⎛ 1 ⎞ ⎥ ⎟ 2 EIl ⎜ ⎛ 1⎞ ⎛ 1⎞ ⎟ 24 EI
⎢ 3 ⋅ ⎜ − ⎟ × 4 ⋅ ⎜ − ⎟ ⎥ ⎜ 3 ⋅ ⎜ − ⎟ × 4 ⋅ ⎜− ⎟ ⎟
⎜⎣ ⎝ l ⎠ ⎝ l ⎠ ⎦0 ⎟ ⎝ ⎝ l⎠ ⎝ l ⎠⎠
⎝ ⎠
ql 2 x ⎛ x⎞
l ⋅ ⋅ ⎜1 − ⎟ l 2
2 l ⎝ l⎠ x ql 2 ⎛ x ⎞ ⎛ x⎞
⇒ ωE = ∫
2 EI ∫0 ⎝ l ⎠ ⎝
⋅ ⋅ dx = ⎜ ⎟ ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx
0
EI l l⎠
⎛ ⎞
⎜ 3 ⎟
⎛ x ⎞⎛ 1 ⎞ ⎟ ql 2 ⎛⎜ ⎡ x 4 ⎤ ⎞⎟
l l
ql ⎜ ⎡ x ⎛ x ⎞⎤
2 l 3
ql 3
l ⎠⎦ 0 ∫0 ⎜⎝ l 2 ⎟⎠⎝ l ⎠ ⎟ 2 EI ⎜ ⎣ 4 × 3l 3 ⎦ 0 ⎟ 24 EI
⇒ ωE = ⎢ ⋅ ⎜ 1 − ⎟ ⎥ − ⎜ ⎟⎜ − ⎟ dx = ⎢ ⎥ =
2 EI ⎜ ⎣ 3l 2 ⎝
⎜ 1 4 4 2 4 4 3 ⎟ ⎝ ⎠
⎝ 0 ⎠
1
On retrouve bien les résultats établis au chapitre 12.4.2.

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 203

14.1.4. Cas d’une poutre soumise à une charge ponctuelle

+ P
y
a b

x
GO l GE

RO
RE
⎛ a⎞
0 ≤ x ≤ a M ( x ) = P ⎜1 − ⎟ x
⎝ l⎠
Pa (l − x )
a ≤ x ≤ l M ( x) =
l
⎛ a⎞
M (x ) ⎛
l
x⎞
P ⎜1 − ⎟ x
a
l⎠ ⎛ x⎞
l P
a
(l − x ) ⎛ x ⎞
ω0 = −∫ ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx = − ∫ ⎝ ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx − ∫ l ⋅ ⎜1 − ⎟ ⋅ dx
0
EI ⎝ l ⎠ 0
EI ⎝ l ⎠ a
EI ⎝ l⎠

⎛ a⎞
P ⎜1 − ⎟ a l 2
⎛ x⎞ Pa ⎛ x⎞
ω0 = − ⎝
l⎠
EI ∫
0
x ⋅ ⎜1 −

⎟ ⋅ dx −
l⎠ EI ∫a ⎝
⎜1 − ⎟ ⋅ dx
l⎠

a ⎞ ⎛⎜ ⎡ ⎛ ⎞
2 a
x⎞ ⎤
2
⎛ ⎛ x⎞ ⎟
P ⎜1 − ⎟ ⎢ ⎜1 − ⎟ ⎥ ⎜ 1 − ⎟
⎝ l ⎠ ⎜ ⎝ l ⎠
l
⎝ l ⎠ ⎟ Pa l ⎛ x⎞
2
⎢ ⎥ −∫
EI ∫a ⎝
ω0 = − ⎜ x⋅ ⋅ dx ⎟ − ⎜1 − ⎟ ⋅ dx
EI ⎜ ⎢ 2 ⋅ ⎛⎜ − 1 ⎞⎟ ⎥ a 2 ⋅⎛− ⎞
⎜ ⎟
1 ⎟ l⎠
⎜⎣⎢ ⎥ ⎟
⎝ l ⎠ ⎦0 ⎝ l⎠
⎝ ⎠
a ⎞ ⎛⎜ ⎛ a ⎞ ⎤ ⎞⎟ ⎛⎡ x ⎞ ⎤ ⎞⎟
a 3 l

2
⎡ ⎛ x⎞
3
⎜ ⎛
P ⎜1 − ⎟ ⎜1 − ⎟ ⎢ ⎜1 − ⎟ ⎥ ⎟ ⎢ ⎜1 − ⎟ ⎥ ⎟
⎝ l ⎠⎜ ⎝ l⎠ ⎢ ⎝ l⎠ ⎥ Pa ⎜ ⎢ ⎝ l⎠ ⎥
ω0 = − ⎜a ⋅ − ⎟− ⎜ ⎟
EI ⎜ 2 ⋅ ⎛⎜ − 1 ⎞⎟ ⎢ 3 ⋅ ⎛⎜ − 1 ⎞⎟ × 2 ⋅ ⎛⎜ − 1 ⎞⎟ ⎥ ⎟ EI ⎜ ⎢ 3 ⋅ ⎛⎜ − 1 ⎞⎟ ⎥ ⎟
⎜ ⎢ ⎥ ⎜ ⎢⎣ ⎝ l ⎠ ⎥⎦ ⎟
⎝ l⎠ ⎣ ⎝ l⎠ ⎝ l ⎠ ⎦0 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ a⎠

a⎞⎛ ⎞ ⎛ ⎛ a ⎞3 ⎞
2 3
⎛ ⎛ a⎞ ⎛ a⎞
P⎜1 − ⎟ ⎜ al ⎜1 − ⎟ l 2 ⎜1 − ⎟ ⎟ ⎜ l ⎜1 − ⎟ ⎟
⎝ l ⎠⎜ ⎝ l⎠ ⎝ l⎠ l 2 ⎟ Pa ⎜ ⎝ l⎠ ⎟
ω0 = − ⎜ − − + ⎟− ⎜ ⎟
EI 2 6 6 EI 3
⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠
Pa (l − a )( 2l − a )
qui après simplification donne ω 0 = − . De la même façon, il serait possible de
6 EIl
Pa (l − a )(l + a ) l Pl 2
trouver : ω E = . De plus et si a = ⇒ ω 0 = − = −ω E
6 EIl 2 16 EI

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 204

14.2. Théorème des trois moments

ω’i ω’’i x
Gi-1 Gi

li

Considérant les différents chargements sur la travée i, on a pu établir au chapitre précédent que les
⎧ M (x ) ⎛ x⎞
li

⎪ω i = − ∫
′ ⋅ ⎜⎜1 − ⎟⎟ ⋅ dx
⎪ EI i ⎝ l i ⎠
rotations sur appuis étaient égales à : ⎨ 0 1
. De plus et si on considère une
⎪ω ′′ = M ( x ) ⋅ x ⋅ dx
li

⎪ i ∫0 EI i li

v − vi −1 2
dénivellation d’appui sur cette même travée, la rotation Ωi à l’appui i s’écrira alors : Ω i = i
li

Ωi Vi

Vi-1
x
Gi-1 Gi

li

⎧ li

2
x ⎞ dx
⎪ai = ∫ ⎜⎜1 − ⎟⎟ ⋅
⎪ 0⎝
li ⎠ EI i
⎪⎪ li
⎛ x ⎞ x dx
Enfin, les souplesses associées à la travée i s’écrivent : ⎨bi = ∫ ⎜⎜1 − ⎟⎟ ⋅ ⋅
0⎝
⎪ li ⎠ li EI i
⎪ li 2
⎛ x ⎞ dx
⎪ci = ∫ ⎜⎜ ⎟⎟ ⋅
⎪⎩ 0⎝ i ⎠
l EI i

1
On notera que ωi′ correspond à la rotation à l’appui gauche de la travée i alors que ωi′′ correspond à celle de
l’appui droit, i étant l’indice de travée.
2
Une dénivellation d’appui peut correspondre par exemple au changement des appareils d’appui d’un pont qui
s’effectue par vérinage.

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 205

Considérant deux travées successives i et i+1, on libère les rotations aux appuis tout en conservant
les moments fléchissants M i , M i −1 et M i +1 1.

Gi-1 Gi Gi+1
li li+1

Mi-1 Mi

Ω’i Ω’’i
Gi-1 Gi

Mi Mi+1

Ω’i+1 Ω’’i+1
Gi Gi+1
2

1
Les moments fléchissants M i , M i −1 et M i +1 seront les inconnues du problème.
2
On notera que l’indice i de la travée correspond toujours à celui de l’appui droit (Gi dans ce cas). Par principe et
comme c’est très souvent le cas en RDM, on supposera les moments fléchissants M i , M i −1 et M i +1 tournant
dans le sens positif de notre convention, soit de y vers x. Cependant, M i de la travée i tourne à l’inverse car il
s’agit d’un moment de droite…De plus, Ω′i′ correspond à la rotation à gauche de l’appui Gi sur la travée i alors
que Ω′i +1 correspond à celle à droite de l’appui Gi sur la travée i+1.

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 206

La valeur de la rotation de l’appui Gi est donc égale sur la :

• La travée i :

Cas de charges sur la travée i Rotation en Gi pour la travée i

ωi′′ qui correspond à la rotation due aux


charges éventuellement appliquées sur la
ql 3
travée (par exemple si la travée
24 EI
ω’’i était chargée uniformément sur toute sa
longueur)
Gi-1 Gi

Mi-1
bi ⋅ M i −1 correspond à la rotation Gi due
à M i −1 (cf. chapitre 14.1.2)

Gi-1 Gi

Mi
ci ⋅ M i correspond à la rotation Gi due à
M i (cf. chapitre 14.1.2)

Gi-1 Gi
Mi-1 Mi
Somme des 3 cas de charges précédents
+ dénivellation d’appui de Gi venant de la
travée i :

Ω’’i Ω′i′ = ω i′′ + bi ⋅ M i −1 + ci ⋅ M i + Ω i


Gi-1 Gi

• La travée i+1 :

Cas de charges sur la travée i+1 Rotation en Gi pour la travée i+1

ωi′+1 qui correspond à la rotation due aux


charges éventuellement appliquées sur la
ql 3
travée (par exemple − si la travée
24 EI
ω’i+1 était chargée uniformément sur toute sa
longueur)
Gi Gi+1

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 207

Mi
− ai +1 ⋅ M i correspond à la rotation Gi due
à M i (cf. chapitre 14.1.2)

Gi Gi+1

Mi+1
− bi +1 ⋅ M i +1 correspond à la rotation Gi
due à M i +1 (cf. chapitre 14.1.2)

Gi Gi+1

Mi Mi+1
Somme des 3 cas de charges précédents
+ dénivellation d’appui en Gi venant de la
travée i+1

Ω’i+1 Ω’’i+1 Ω ′i +1 = ω i′+1 − ai +1 ⋅ M i − bi +1 ⋅ M i +1 + Ω i +1


Gi Gi+1

Par ailleurs et du fait que la poutre est continue à l’appui i, on a : Ω′i′ = Ω′i +1 d’où l’équation du
théorème des trois moments :

bi ⋅ M i −1 + (ci + ai +1 ) ⋅ M i + bi +1 ⋅ M i +1 = ω i′+1 − ω i′′ + Ω i +1 − Ω i

Cas des encastrements d’about :

G-1 G0 G1 Gn-1 Gn Gn+1


ε l1 ln ε

On a donc :

En G0 : b0 ⋅ M −1 + (c0 + a1 ) ⋅ M 0 + b1 ⋅ M 1 = ω1′ − ω 0′′


En Gn : bn ⋅ M n −1 + (cn + a n +1 ) ⋅ M n + bn +1 ⋅ M n +1 = ω n′ +1 − ω n′′

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 208

⎧ ε
⎪ a 0 = 2b 0 = c 0 = →0
3EI
⎪⎪ ε
Avec : ⎨a n +1 = 2bn +1 = cn +1 = →0
⎪ 3 EI
⎪ω 0′′ = ω n′ +1 = 0 (travées non chargées)
⎪⎩

⎧a1 ⋅ M 0 + b1 ⋅ M 1 = ω1′
D’où : ⎨
⎩bn ⋅ M n −1 + cn ⋅ M n = −ω n′′

14.3. Méthode des foyers1


14.3.1. Foyers de droite
Mn

Mi-1 Mi+1 Mn-2


M1 Mn
M0=0

Go G1 Gi-1 Gi Gi+1 Gn-2 Gn-1 Gn

Mi Mn-1
l1 li li+1 ln-1 ln

En appliquant le théorème des 3 moments à l’appui Gi de la poutre continue G0, G1,…,Gn soumise un
moment Mn à son extrémité libre droite, on obtient :
= 0 (pas de chargement = 0 (pas de dénivellation
sur la travée i) sur la travée i)
6474 8 6474 8
bi ⋅ M i −1 + (ci + ai +1 ) ⋅ M i + bi +1 ⋅ M i +1 = ω i′+1 − ω i′′ + Ω i +1 − Ω =0
En appliquant le théorème des 3 moments à l’appui G1, on déduit également :

=0
}
b1 ⋅ M 0 + (c1 + a2 ) ⋅ M 1 + b2 ⋅ M 2 = 0 ⇒ M 1 = −
b2
⋅ M2
c1 + a2

Remarque : il est possible de montrer en écrivant l’équation des 3 moments aux différents appuis,
que les moments sur appuis changent alternativement de signe.

+ (ci + ai +1 ) + bi +1 ⋅ i +1 = 0
M i −1 M
En divisant l’équation à l’appui Gi par Mi : bi ⋅
Mi Mi

M i −1 M
Puis en posant que ϕi = − (donc ϕ 1 = − 0 = 0 ), on déduit que :
Mi M1

1
La méthode des foyers est une variante de celle des trois moments qui permet de résoudre le problème en
déterminant les inconnues par récurrence.

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 209

− bi ⋅ ϕ i + (ci + ai +1 ) − bi +1 ⋅ ϕ i +1 = 0 ⇒ ϕ i +1 =
bi +1
(ci + ai+1 ) − bi ⋅ ϕ i
Gi −1 Fi M i −1
Le foyer de gauche Fi de la travée i peut donc être défini par : ϕi = =− avec
Fi Gi Mi
0 ≤ ϕi ≤ 1 .

Remarque :

• Les foyers de gauche sont obtenus par récurrence à partir de ϕ 1 ,


• Les moments sur appuis sont obtenus par récurrence à partir de Mn.

14.3.2. Foyers de gauche

M0
Mi
M0 Mn-1
Mn=0

Go G1 Gi-1 Gi Gi+1Gn-2 Gn-1 Gn

M1 Mi-1 Mi+1 Mn-2


l1 li li+1 ln-1 ln

Mi Mn
En posant que ϕ i′ = − (donc ϕ n′ = − = 0 ), on déduit que :
M i −1 M n −1

bi
ϕ i′ =
(ci + ai+1 ) − bi+1 ⋅ ϕ i′+1
Remarque :

• Les foyers de droite sont obtenus par récurrence à partir de ϕ n′ ,


• Les moments sur appuis sont obtenus par récurrence à partir de M0.

14.3.3. Moments obtenus à l’aide des foyers

En considérant des charges uniquement sur la travée i :

Mi-2 Mi+1

Gi-1 Gi

Gi-3 Gi-2 Gi+1

Mi-1 Mi
Mi-3
li-2 li-1 li li+1

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 210

Puis en appliquant le théorème des 3 moments aux appuis Gi-1 et Gi, on obtient :

bi −1 ⋅ M i −2 + (ci −1 + ai ) ⋅ M i −1 + bi ⋅ M i = ω i′
bi ⋅ M i −1 + (ci + ai +1 ) ⋅ M i + bi +1 ⋅ M i +1 = −ω i′′

Sachant que les définitions des foyers de gauche et de droite nous permettent d’écrire que :

M i − 2 = −ϕ i −1 ⋅ M i −1
M i +1 = −ϕ i′+1 ⋅ M i
Ce système devient :
⎡ bi
ϕi

⎢ 644474448 ⎥
⎢− bi −1 ⋅ ϕ i −1 + (ci −1 + ai )⎥ ⋅ M i −1 + bi ⋅ M i = ω i′
⎢ ⎥
⎢⎣ ⎥⎦
⎡ bi
ϕ i′

⎢ 6 4 4 4 4 7 44 4 48 ⎥
bi ⋅ M i −1 + ⎢(ci + ai +1 ) ⋅ M i − bi +1 ⋅ ϕ i′+1 ⎥ ⋅ M i = −ω i′′
⎢ ⎥
⎢⎣ ⎥⎦

M i −1
+ Mi =
ω i′ ⎫
⎧ 1 ϕ ⋅ (ω i′ + ϕ i′ ⋅ ω i′′)
⎪ ⎪ M i −1 = ⋅ i
ϕi bi ⎪ ⎪ bi 1 − ϕ i ⋅ ϕ i′
⎬⇒⎨ 1 ϕ i′ ⋅ (ϕ i ⋅ ω i′ + ω i′′)
M ω ′′
M i −1 + i = − i ⎪ ⎪M i = − ⋅
ϕ i′ bi ⎪⎭ ⎪⎩ bi 1 − ϕ i ⋅ ϕ i′

Remarque : si d’autres travées sont chargées, on procède par superposition des cas de charges.

Résistance des Matériaux 3 Année : 2009/2010


CNAM – Chaire de Travaux Publics et Bâtiment 211

14.4. Ligne d’influence


14.4.1. Définition

Le tracé d’une ligne d’influence consiste à évaluer l’évolution d’une sollicitation (d’un déplacement ou
même d’une réaction) dans une section droite quelconque d’une poutre continue en reportant les
résultats associés au déplacement d’une charge dite « roulante » sur la position effective de cette
même charge.

14.4.2. Exemples

x P

G0 G1 G2
l l
[Link].Sur Appui
Pour tracer la ligne d’influence du moment sur appui M1 de cette poutre continue à 2 travées, il suffit
d’écrire le théorème des 3 moments sachant que M0 et M2 sont nuls et en considérant des rotations
isostatiques en fonction de x :

0≤ x≤l
Px(l − x)(l + x )
}=0 =0
}
b ⋅ M 0 + (c + a ) ⋅ M 1 + b ⋅ M 2 = ω 2′ − ω1′′ = 0 −
6 EIl
⎛ l l ⎞ Px(l − x)(l + x ) Px(l − x)(l + x )
⇒⎜ + ⎟ ⋅ M1 = − ⇒ M1 = −
⎝ 3EI 3EI ⎠ 6 EIl 4l 2

l ≤ x ≤ 2l (On pose X = x − l )
PX (l − X )(2l − X )
}=0 =0
}
b ⋅ M 0 + (c + a ) ⋅ M 1 + b ⋅ M 2 = ω 2′ − ω1′′ = − −0
6 EIl
⎛ l l ⎞ PX (l − X )(2l − X ) PX (l − X )(2l − X )
⇒⎜ + ⎟ ⋅ M1 = − ⇒ M1 = −
⎝ 3EI 3EI ⎠ 6 EIl 4l 2

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20

Evolution du moment M1 en fonction de x

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Le tracé de la ligne d’influence de M1 nous montre que ce moment sur appui est maxi lorsque la
5l 6l
charge P est positionnée entre et . En fait et en dérivant la première équation du moment, on
10 10
l Pl
obtient comme position de valeur maxi x = soit un moment maxi égal à M max = − .
3 6 3

[Link].Au milieu de la 1ère travée

• Pour la travée 1 :

l
0 ≤ x ≤ l ; x1 =
2
0 ≤ x ≤ x1
Px(l − x1 ) ⎛ x ⎞ ⎛ x ⎞ Px Px(l − x)(l + x ) 1
M (x ) = + M 0 ⋅ ⎜1 − 1 ⎟ + M 1 ⋅ ⎜ 1 ⎟ = − ⋅
l ⎝ l ⎠ ⎝ l ⎠ 2 4l 2 2
x1 ≤ x ≤ l
Px1 (l − x ) ⎛ x ⎞ ⎛ x ⎞ P(l − x ) Px(l − x)(l + x ) 1
M (x ) = + M 0 ⋅ ⎜1 − 1 ⎟ + M 1 ⋅ ⎜ 1 ⎟ = − ⋅
l ⎝ l ⎠ ⎝ l ⎠ 2 4l 2 2

• Pour la travée 2 :

l ≤ x ≤ 2l (On pose X = x − l )
⎛ x ⎞ ⎛x ⎞ PX (l − X )(2l − X ) 1
M ( x ) = M 1 ⋅ ⎜1 − 1 ⎟ + M 2 ⋅ ⎜ 1 ⎟ = − ⋅
⎝ l ⎠ ⎝ l ⎠ 4l 2 2

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20

Evolution du moment au milieu de la 1ère travée en fonction de x

Ces deux exemples montrent que la ligne d’influence du moment fléchissant peut être assimilée à la
déformée de la même poutre continue possédant une rotule dans la section droite étudiée et
subissant 2 couples opposés appliqués au même point.

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14.5. Exemples : Poutre continue à deux travées égales


14.5.1. 1er travée chargée uniformément

EI EI
G0 G1 G2
l l

Sachant que M0 et M2 sont nuls, le théorème des 3 moments nous permet d’écrire que :

=0
} =0
} ql 3 ⎛ l l ⎞ ql 3
b ⋅ M 0 + (c + a ) ⋅ M 1 + b ⋅ M 2 = ω 2′ − ω1′′ = 0 − ⇔⎜ + ⎟ ⋅ M1 = −
24 EI ⎝ 3EI 3EI ⎠ 24 EI 1

ql 2
⇒ M1 = −
16
Ensuite, les diagrammes du moment fléchissant et l’effort tranchant peuvent être obtenus sur la travée
i en appliquant les relations suivantes :

⎛ x⎞ ⎛x⎞
M ( x ) = M Isostatique (x ) + M i −1 ⋅ ⎜⎜1 − ⎟⎟ + M i ⋅ ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ li ⎠ ⎝ li ⎠
M − M i −1
= VIsostatique ( x ) + i
dM ( x)
V ( x) =
dx li

Cas de charges sur la travée i Moment fléchissant sur la travée i

Equation du moment correspondant à la


poutre isostatique.

M Isostatique ( x )

Gi-1 Gi

Mi-1
⎛ x⎞
M i −1 ⋅ ⎜⎜1 − ⎟⎟ (cf. chapitre 14.1.2)
⎝ li ⎠
Gi-1 Gi

1
On notera que le moment sur appui est négatif. Les fibres inférieure et supérieure sont donc respectivement
comprimée et tendue.

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Mi
⎛ x⎞
M i ⋅ ⎜⎜ ⎟⎟ (cf. chapitre 14.1.2)
⎝ li ⎠
Gi-1 Gi
Mi-1 Mi
Somme des 3 cas de charges précédents

⎛ x⎞ ⎛x⎞
M ( x ) = M Isostatique ( x ) + M i −1 ⋅ ⎜⎜1 − ⎟⎟ + M i ⋅ ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ li ⎠ ⎝ li ⎠
Gi-1 Gi

d’où

• Pour la travée 1 :

qx(l − x ) ⎛ x⎞ ⎛ x ⎞ qx(l − x ) ql qx 2
M (x ) =
7 ql
+ M 0 ⋅ ⎜1 − ⎟ + M1 ⋅ ⎜ ⎟ = − x= x−
2 ⎝ l⎠ ⎝l⎠ 2 16 16 2
M − M 0 7 ql 49ql 2
= VIsostatique ( x ) + 1
dM ( x) 7l
V ( x) = = − qx ⇒ V ( x) = 0 quand x = et M max =
dx l 16 16 512
1

• Pour la travée 2 :

⎛ x⎞ ⎛ x⎞ ql 2 ⎛ x ⎞
M ( x ) = M 1 ⋅ ⎜1 − ⎟ + M 2 ⋅ ⎜ ⎟ = − ⎜1 − ⎟
⎝ l⎠ ⎝l⎠ 16 ⎝ l⎠
M − M 1 ql
= VIsostatique ( x ) + 2
dM ( x)
V ( x) = =
dx l 16

M(x)
49ql 2
M max =
512

7l
x=
16
G0 G1 G2

ql 2
M1 = −
16

1 qx(l − x )
correspond à l’équation du moment d’une poutre isostatique subissant une charge uniformément
2
répartie sur toute sa longueur. La recherche du moment maximum en travée s’effectue comme auparavant c’est à
dire en dérivant l’équation du moment fléchissant (= à l’équation de l’effort tranchant).

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V(x)

7ql
16
ql
R0
16 R2

R1

9ql

7 ql 10ql ql 16
D’où R0 = ; R1 = ; R2 = − 1
16 16 16
Par la méthode des foyers :
M0
Le foyer de gauche de la travée 1 est égal à ϕ 1 = − = 0 . Sachant que le foyer de droite pour la
M1
M2
travée 2 est égal à : ϕ 2′ = − = 0 , celui de la travée 1 est donc égal
M1
l
b 6 EI 1
à : ϕ 1′ = = =
(c + a ) − b ⋅ ϕ 2′ l
+
l 4
. On a donc :

3EI 3EI
⎧ 1 ϕ 1 ⋅ (ω1′ + ϕ 1′ ⋅ ω1′′)
⎪M 0 = b ⋅ 1 − ϕ1 ⋅ ϕ 1′
=0

⎪ 1 ⎛ ql 3 ⎞
⎨ ⋅ ⎜
⎜ 0 + ⎟
⎪M = − 1 ⋅ ϕ 1′ ⋅ (ϕ1 ⋅ ω1′ + ω1′′) = − 1 ⋅ 4 ⎝ 24 EI ⎟⎠ ql 2
=−
⎪ 1
b 1 − ϕ 1 ⋅ ϕ 1′ l 1− 0 16

⎩ 6 EI

1
La réaction R2 empêche l’appui G2 de se soulever.

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14.5.2. 2 travées chargées uniformément

EI EI
G0 G1 G2
l l

Sachant que M0 et M2 sont nuls, le théorème des 3 moments nous permet d’écrire que :

=0
} =0
} ql 3 ql 3 ⎛ l l ⎞ ql 3
b ⋅ M 0 + (c + a ) ⋅ M 1 + b ⋅ M 2 = ω 2 − ω1 = −
′ ′′ − ⇔⎜ + ⎟ ⋅ M1 = −
24 EI 24 EI ⎝ 3EI 3EI ⎠ 12 EI
2
ql
⇒ M1 = −
8

d’où

• Pour la travée 1 :

qx(l − x ) ⎛ x⎞ ⎛ x ⎞ qx(l − x ) ql qx 2
M (x ) =
3ql
+ M 0 ⋅ ⎜1 − ⎟ + M1 ⋅ ⎜ ⎟ = − x= x−
2 ⎝ l⎠ ⎝l⎠ 2 8 8 2
M − M 0 3ql 9ql 2
= VIsostatique ( x ) + 1
dM ( x) 3l
V ( x) = = − qx ⇒ V ( x) = 0 quand x = et M max =
dx l 8 8 128

M(x)
9ql 2
M max =
128

3l
x=
8
G0 G1 G2

ql 2
M1 = −
8

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V(x)
5ql
8
3ql
8

R0 R1

R2

3ql
1
5ql 8
3ql −
R0 = R2 = 8
8
D’où
5ql
R1 =
4
Calcul de la déformée :

Les rotations sur appuis peuvent être déterminées en appliquant les relations établies au chapitre 14.2
pour la travée 1 ( Ω ′i′ = ω i′′ + bi ⋅ M i −1 + ci ⋅ M i + Ω i et Ω ′i +1 = ω i′+1 − ai +1 ⋅ M i − bi +1 ⋅ M i +1 + Ω i +1 ) :

ql 3 ⎛ l ⎞⎛ ql ⎞
2
ql 3
• Ω1′ = ω1′ − a ⋅ M 0 − b ⋅ M 1 = − −⎜ ⎟⎜ − ⎟=−
24 EI ⎝ 6 EI ⎠⎜⎝ 8 ⎟⎠ 48EI
ql 3 ⎛ l ⎞⎛ ql ⎞
2
• Ω1′′ = ω1′′ + b ⋅ M 0 + c ⋅ M 1 = +⎜ ⎟⎜⎜ − ⎟=0
24 EI ⎝ 3EI ⎠⎝ 8 ⎟⎠

De plus, l’équation générale des poutres vue au chapitre 12 nous permet d’écrire :

d 2v 3ql qx 2
• EI = M ( x ) = x − ,
dx 2 8 2
dv 3ql x 2 qx 3
• EI = − + A,
dx 8 2 6
3ql x 3 qx 4
• EIv ( x ) = − + Ax + B
16 3 24

dv ql 3 ql 3
Comme au point G0 : v (0) = 0 et ( 0) = − , on déduit que A = − et B = 0.
dx 48EI 48

D’où : EIv ( x ) =
3ql 3 qx 4 ql 3
48
x −
24

48
x et EI
dv 3ql 2 qx 3 ql 3
=
dx 16
x −
6
− =
48 48
q
9lx 2 − 8 x 3 − l 3 [ ]

1
On notera que le diagramme de l’effort tranchant n’est pas symétrique.

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Pour déterminer la position correspondant à la déformée maxi, il est nécessaire d’étudier la fonction :

f ( x ) = 9lx 2 − 8 x 3 − l 3 = 0

1er solution triviale : x = l

On a donc :
⎧ a = −8
f ( x ) = ( x − l )g ( x ) = ( x − l )(ax + bx + c ) = 9lx − 8 x − l = 0 ⇒ ⎨b = l
2 2 3 ⎪ 3

⎪c = l 2


⎪Δ = l 2 − 4(− 8) l 2 = 33l 2 ( )
2 2


d’où g ( x ) = −8 x + lx + l = 0 ⇒ ⎨ x1 =
− 1 − 33 l ( ≈ 0.4215l
)
⎪ − 16
(
⎪ x = − 1 + 33 l < 0 )
⎪⎩ 1 − 16

3ql 3 qx 4 ql 3 24qlx 3 − 16 x 4 − 8ql 3 x


EIv ( x ) = x − − x=
48 24 48 384

647 48 647
1.7972
48 6437
0.505
4
.272
8
24(0.4215) − 16(0.4215) − 8(0.4215)
4 3 4
5ql 4
v max (0.4215l ) ) =
5ql
⋅ = −0.415 ⋅ = 0.415 ⋅ f Isostatique
384 EI 5 384 EI
1

14.5.3. 1 charge ponctuelle au milieu de la 1er travée

l/2 P

EI EI
G0 G1 G2
l l

Application numérique :

E = 2.1 E11 N/m2


ν = 0.3
l = 10 m
S = 0.00285 m2
I = 0.00001943 m4 (IPE200)
P = -100 N

1
Le paramètre « f Isostatique » correspond à la déformée maximale d’une des deux travées rendue isostatique.

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Sachant que M0 et M2 sont nuls, le théorème des 3 moments nous permet d’écrire que :

=0
} =0
} Pl 2 ⎛ l l ⎞ Pl 2
b ⋅ M 0 + (c + a ) ⋅ M 1 + b ⋅ M 2 = ω 2′ − ω1′′ = 0 − ⇔⎜ + ⎟ ⋅ M1 = −
16 EI ⎝ 3EI 3EI ⎠ 16 EI
3Pl
⇒ M1 = −
32
d’où :

• Pour la travée 1 :

l
0≤ x≤
2
⎛ x⎞ ⎛ x ⎞ Px 3P
M (x ) =
Px 13P
+ M 0 ⋅ ⎜1 − ⎟ + M 1 ⋅ ⎜ ⎟ = − x= x
2 ⎝ l⎠ ⎝ l ⎠ 2 32 32
dM ( x) 13P
V ( x) = =
dx 32
l
≤ x≤l
2
P(l − x ) ⎛ x⎞ ⎛ x ⎞ P(l − x ) 3P
M (x ) =
Pl 19 P
+ M 0 ⋅ ⎜1 − ⎟ + M 1 ⋅ ⎜ ⎟ = − x= − x
2 ⎝ l⎠ ⎝l⎠ 2 32 2 32
dM ( x) 19 P
V ( x) = =−
dx 32
• Pour la travée 2 :

⎛ x⎞ ⎛ x⎞ 3Pl ⎛ x⎞
M ( x ) = M 1 ⋅ ⎜1 − ⎟ + M 2 ⋅ ⎜ ⎟ = − ⎜1 − ⎟
⎝ l⎠ ⎝l⎠ 32 ⎝ l⎠
V − V1 3P
= VIsostatique ( x ) + 2
dM ( x )
V ( x) = =
dx l 32

13Pl
M(x) M max = = 203.1N .m
64

G0 G1 G2
3Pl
M1 = − = −93.75N .m
32

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V(x)
13P
32
3P
32

19P
32
13P
R0 =
32
22 P
D’où R1 =
32
3P
R2 = −
32
Calcul de la déformée :

Les rotations sur appuis peuvent être déterminées en posant :

Pl 2 ⎛ l ⎞⎛ 3Pl ⎞ 3Pl 2
• Ω1′ = ω1′ − a ⋅ M 0 − b ⋅ M 1 = − −⎜ ⎟⎜ − ⎟ = − = −0.000115rad
16 EI ⎝ 6 EI ⎠⎝ 32 ⎠ 64 EI
Pl 2 ⎛ l ⎞⎛ 3Pl ⎞ Pl 2
• Ω1′′ = ω1′′ + b ⋅ M 0 + c ⋅ M 1 = +⎜ ⎟⎜ − ⎟ = = 0.000077rad
16 EI ⎝ 3EI ⎠⎝ 32 ⎠ 32 EI
⎛ l ⎞⎛ 3Pl ⎞ Pl 2
• Ω′2′ = ω1′′ + b ⋅ M 1 + c ⋅ M 2 = 0 + ⎜ ⎟⎜ − ⎟=− = −0.000038rad
⎝ 6 EI ⎠⎝ 32 ⎠ 64 EI

l
De plus, l’équation générale des poutres vue au chapitre 12 nous permet d’écrire pour 0≤ x≤ 1
:
2
d 2v 13P
• EI 2
= M ( x) = x,
dx 32
dv 13P x 2
• EI = + A,
dx 32 2
13P x 3
• EIv ( x ) = + Ax + B
32 6

dv 3Pl 2 3Pl 2
Comme au point G0 : v (0) = 0 et (0) = − , on déduit que A = − et B = 0.
dx 64 EI 64

13P x 3 3Pl 2 dv 13P x 2 3Pl 2


D’où : EIv ( x ) = − x et EI = −
32 6 64 dx 32 2 64

1
On fait l’hypothèse dans ce cas que la déformée maximale est située avant la charge ponctuelle.

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dv 13P x 2 3Pl 2 3
= − =0⇔ x= l ≈ 0.48l
dx 32 2 64 13

⇒ v max =
Pl 3
192 EI
[
⋅ 13 ⋅ (0.48) − 9 ⋅ (0.48) = −2.88 ⋅
3
] Pl 3
192 EI
= −0.3679mm

Par la méthode des foyers :


M0
Le foyer de gauche de la travée 1 est égal à ϕ 1 = − = 0 . Sachant que le foyer de droite pour la
M1
M2
travée 2 est égal à : ϕ 2′ = − = 0 , celui de la travée 1 est donc égal
M1
l
b 6 EI 1
à : ϕ 1′ = = =
(c + a ) − b ⋅ ϕ 2′ l
+
l 4
. On a donc :

3EI 3EI
⎧ 1 ϕ 1 ⋅ (ω1′ + ϕ 1′ ⋅ ω1′′)
⎪ M = ⋅ =0
1 − ϕ1 ⋅ ϕ 1′
0
b

⎪ 1 ⎛ Pl 2 ⎞
⎨ ⋅ ⎜⎜ 0 + ⎟
⎪M = − 1 ⋅ ϕ 1′ ⋅ (ϕ1 ⋅ ω1′ + ω1′′) = − 1 ⋅ 4 ⎝ 16 EI ⎟⎠ 3Pl
=−
⎪ 1 b 1 − ϕ 1 ⋅ ϕ 1′ l 1− 0 32

⎩ 6 EI

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14.6. Exemples : Poutre continue à trois travées égales

EI EI EI
G0 G1 G2 G3
l l l

Sachant que M0 et M3 sont nuls, le théorème des 3 moments nous permet d’écrire que :

ql 3 ⎫
=0
} ql 3 ql 3
b ⋅ M 0 + (c + a ) ⋅ M 1 + b ⋅ M 2 = ω 2′ − ω1′′ = − − =− ⎪
24 EI 24 EI 12 EI ⎪
}0 ⎬
ql 3 ql 3 ql 3 ⎪
b ⋅ M 1 + (c + a ) ⋅ M 2 + b ⋅ M 3 = ω 3′ − ω 2′′ = − − =−
24 EI 24 EI 12 EI ⎭⎪
⎛ l l ⎞ 3
l ql ql 2
M1 = M 2 ⇒ ⎜ + + ⎟ ⋅ M1 = − ⇒ M1 = −
⎝ 3EI 3EI 6 EI ⎠ 12 EI 10

d’où

• Pour la travée 1 :

qx(l − x ) ⎛ x⎞ ⎛ x ⎞ qx(l − x ) ql qx 2
M (x ) =
4ql
+ M 0 ⋅ ⎜1 − ⎟ + M 1 ⋅ ⎜ ⎟ = − x= x−
2 ⎝ l⎠ ⎝l⎠ 2 10 10 2
M − M 0 4ql 4ql 2
= VIsostatique ( x ) + 1
dM ( x) 2l
V ( x) = = − qx ⇒ V ( x) = 0 quand x = et M max =
dx l 10 5 50

d’où

• Pour la travée 2 :

M1
6444 47 4444 8
qx(l − x ) ⎛ x⎞ ⎛ x ⎞ qx(l − x ) ql
2
M (x ) = + M 1 ⋅ ⎜1 − ⎟ + M 2 ⋅ ⎜ ⎟ = −
2 ⎝ l⎠ ⎝l⎠ 2 10
M 2 − M 1 ql ql 2
= VIsostatique ( x ) +
dM ( x) l
V ( x) = = − qx ⇒ V ( x) = 0 quand x = et M max =
dx l 2 2 40

4ql 11ql
R0 = R3 = ; R1 = R2 =
10 10

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