COMPTE RENDU DE DS
I-Présentation
a) Notion de compte rendu de devoir surveillé
Le compte rendu (CR) est une pratique d’évaluation d’une importance capitale. Il s’inscrit
dans le cadre d’une évaluation formative. Il se situe presqu’à la fin du processus ; après
l’évaluation du sujet, la passation (ou contrôle des élèves), le barème et la correction des
copies et avant l’étape finale.
b) Contenu du CR d’un DS
Recueil d’informations pendant la correction des copies (erreurs, fautes, rédaction)
Traitement statistique des données (en vue d’animer le CR d’un DS)
Analyse des erreurs pour déterminer les sources
Elaboration d’exercices de ré médiation
Restitution à la classe des tendances générales de leurs productions.
II- Intérêt du CR d’un DS
Une évaluation formative ne peut se concevoir sans un retour d’information aux élèves. Le
compte rendu de devoir est une véritable aide à la décision au service de l’amélioration du
processus Enseignement/apprentissage.
En effet, même si une correction active des copies peut permettre de recueillir des
informations sur le niveau d’acquisition des compétences, elle ne peut amener le professeur à
analyser et à comprendre les sources d’erreurs des élèves pour une remédiation profonde.
Grâce à un CR fait avec la participation active des élèves et fondamentalement axée sur la
correction des copies, les sources d’erreurs sont éprouvées, corrigées et mises au service de
l’amélioration des apprentissages.
III- Durée et moment d’un CR
La durée d’un CR ne doit pas excéder celle de devoir surveillé car il ne s’agira pas de donner
un corrigé intégral de devoir. Un CR d’un devoir est différent d’une séance de corrigé
intégral.
Le compte rendu d’un devoir surveillé doit intervenir au maximum deux semaines après la
passation de ce devoir.
IV Conception d’un CR
a) Etape 1
Le professeur établira en fonction de la structure du sujet et des objectifs poursuivis, une grille
de correction comportant les items par question. Cette grille sera conçue en vue d’obtenir les
taux de réussite par item et par question, la moyenne de la classe et bien d’autres informations
utiles à une analyse et une interprétation fiable.
Il fera d’avance, en fonction de son expérience personnelle, l’inventaire des erreurs ou des
fausses représentations des élèves susceptibles d’apparaitre dans les copies. Il recueillera par
la même occasion les erreurs récurrentes dont il déterminera l’importance numérique au terme
de la correction.
Il pourrait éventuellement identifier quelques auteurs des erreurs typiques et les élèves ayant
réussi brillamment le devoir ou une partie complexe. On pourrait s’appuyer avec beaucoup de
tact sur ceux-là pour mener le compte rendu.
b) Etape 2
D’une part, on s’intéresse à la moyenne de la classe, aux taux de réussite et d’échec, au
pourcentage des élèves ayant moins de 8 sur 20, moins de 10 sur 20, plus de 10 sur 20 ; On
s’intéressera également à la plus forte note et sa fréquence en pourcentage ; de même, on
s’intéressera à la plus faible note et sa fréquence en pourcentage. On calculera le taux de
variation par rapport au devoir précédent, etc.
On pourra prévoir éventuellement des histogrammes pour illustrer et montrer l’intérêt de la
statistique.
D’autre part, on s’intéresse aux différents types d’erreurs et leur fréquence et On ébauchera la
mise en place d’hypothèse susceptible d’expliquer la source de chaque erreur. Ces hypothèses
conjecturées vont être infirmées ou confirmées par les élèves concentrés à travers le compte
rendu du devoir.
c) Etape 3
Exploitation statistique des données relatives au relevé pour le commentaire général !
L’exploitation statistique des données relatives aux réponses – élèves sera orienté vers la
découverte des sources d’erreurs, vers leurs analyse et surtout leurs remédiations.
V- Animation d’un CR
Dans un premier temps, le professeur fait un commentaire général qui présente les
statistiques, ce qui n’a pas marché et ce qui a marché. Ce dernier point peut être accompagné
de félicitation et d’encouragement. On admettra qu’une question ou un exercice est réussie
lorsque 75% des élèves ont réussi cette question ou cet exercice.
Le but visé par le commentaire général n’est pas de frustrer ou de démotiver les élèves. Il
s’agit de permettre à chaque élève de se situer par rapport à la classe et par rapport à lui-même
(ses progrès)
Dans un deuxième temps, on procède à l’identification des erreurs, l’analyse de celles-ci et à
la ré médiation.
a) Analyse d’erreur et ré médiation
Il est conseillé au professeur de noter au tableau, les principales erreurs récurrentes. Puis il
amène les élèves concernés à prendre conscience de leurs erreurs. Il entreprend ensuite avec
eux une analyse des erreurs qui devrait permettre d’identifier la source de chaque erreur. Le
professeur ne devrait pas tout de go imaginer la source d’une erreur et le déclarer aux élèves.
Cette phase exige du professeur une procédure de ré médiation basée sur la méthode active.
C’est une excellente occasion pour le professeur d’écouter attentivement les élèves afin de
cerner leurs mauvaises représentations.
Après avoir détecté la source d’une erreur, le professeur s’attèlera à mettre en œuvre un
processus de ré médiation. On pourrait par exemple découvrir qu’une erreur faite dans une
classe de première a sa source en classe de 3 ème. Dans ce cas, le professeur renforce le savoir
ou le savoir-faire de 3ème et propose un exercice à faire séance tenante ou à la maison. Dans un
tel contexte l’erreur n’est plus un péché mais une étape normale dans la construction des
connaissances.
Dans le même ordre d’idée, les expériences novatrices de correction de copies par l’élève lui-
même pendant le compte rendu méritent d’être examinées. Par exemple, pour les questions
non réussies majoritairement, on remet les élèves en situation de recherche soit individuelle et
différée soit collective portant certaines fois sur la totalité d’un exercice, d’autres fois sur une
charnière importante de raisonnement. Ce travail peut être un moyen efficace d’aide à
l’apprentissage.
Pour les questions relativement bien réussies ; le professeur gagnera du temps en se limitant
à donner quelques indication devant permettre aux élèves de pouvoir s’en servir tous seuls.
Lorsqu’un élève présente un problème particulier sans véritable intérêt pour les autres, le
professeur peut lui donner un rendez-vous en dehors de la classe.
b) Compte rendu et corrigé intégral
Un compte rendu de devoir ne devrait pas être une séance de corrigé intégral. Le corrigé
intégral d’un devoir est donné sous forme d’exposé oral par le professeur ou par des élèves
biens choisis. Dans ce cas, très souvent, un élève secrétaire écrit au tableau le corrigé sous la
dictée du professeur ou de certains élèves. La rédaction est celle attendue par le professeur
parfois aussi le corrigé est donné par écrit sous forme de polycopie que l’élèves est chargé de
s’approprier à sa guise.
Ces pratiques confinent l’élève dans un rôle de spectateur. Elles ont un côté magique
contradictoire avec un réel apprentissage et une acquisition de méthode de travail autonome.
En effet, ou bien l’élève a réussi l’exercice et il s’ennuie pendant le corrigé, ou bien il ne l’a
pas réussi et regarde une personne, le professeur ou l’un de ses camarades, traiter l’exercice
au tableau lui montre le savoir-faire de l’autre mais ne lui apprend rien sur l’importance et la
nature de ses propres erreurs.