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FLEUR INTERDITE

Sandra K. Jones
Copyrights © John Q. Smith
All rights reserved
Table des matières

Chapitre 1
Lui
Elle
Chapitre 2
Lui
Elle
Chapitre 3
Dean
Chloé
Chapitre 4
Dean
Chloé
Chapitre 5
Dean
Chloé
Chapitre 6
Chloé
Dean
Chapitre 7
Chloé
Dean
Chapitre 8
Chloé
Dean
Chapitre 9
Chloé
Dean
Chapitre 10
Dean
Chloé
Chapitre 11
Dean
Chloé
Chapitre 12
Dean
Chloé
Chapitre 13
Dean
Chloé
Chapitre 14
Dean
Chloé
Chapitre 15
Dean
Chloé
Chapitre 16
Dean
Chloé
Chapitre 17
Dean
Chloé
Chapitre 18
Dean
Chloé
Chapitre 19
Chloé
Dean
Chapitre 20
Chloé
Dean
Chapitre 21
Chloé
Dean
Chapitre 22
Chloé
Dean
Chapitre 23
Chloé
Dean
CHAPITRE 1

LUI
À la seconde où elle a franchi la porte, j’ai su que ce n’était pas un endroit pour elle. Je l’ai
regardée traverser le club et mon instinct protecteur s’est réveillé. De toute évidence, elle
cherchait quelqu’un. Je l’ai suivie des yeux d’un bout à l’autre de la salle avec consternation. Elle
n’avait pas conscience du nombre d’hommes qui l’observaient, soit parce qu’elle ne s’en rendait
pas compte, soit parce qu’elle s’en fichait royalement.
Cela faisait un bail que je n’avais pas eu une femme comme elle. Les filles que je fréquentais
étaient plus des polissonnes adeptes du BDSM. Cette fille ne savait même pas ce que ce mode de
vie signifiait.
Je ne courais pas vraiment après ce mode de vie ; je ne le trouvais pas particulièrement
plaisant. Ce que j’aimais, c’était que ces femmes savaient ce qu’elles voulaient et allaient le
chercher. Elles ne laissaient pas la société faire pression sur elles pour qu’elles soient douces et
innocentes alors qu’elles voulaient être brutales et sexuelles.
Son teint de porcelaine semblait n’avoir jamais été effleuré par le soleil. Ni par un homme, j’ai
pensé. Son visage respirait l’innocence. Il avait la délicatesse de la rosée du matin, juste avant que
le monde ne s’éveille et perturbe cette beauté.
Elle a laissé échapper un soupir d’exaspération comme si elle ne trouvait pas la personne
qu’elle cherchait. Je me suis intéressé à ses seins pulpeux et j’ai senti mon corps se tendre de
désir. Les courbes voluptueuses de son corps me rendaient fou, me donnaient envie de l’entraîner
dans la pièce du fond et de l’enfiler direct. J’ai attendu avant de me manifester. Trop tôt, elle me
rembarrerait, trop tard, elle aurait trouvé la personne qu’elle cherchait et se serait envolée sans
me donner l’occasion de la séduire.
C’était ma stratégie. Je n’avais besoin que de quelques minutes pour titiller sa curiosité et
exciter son désir. Elle ne serait plus en mesure de me résister ensuite ; mon pouvoir de séduction
l’engloutirait totalement.
Elle s’est immobilisée et a passé ses doigts dans ses cheveux blond doré. J’ai senti que c’était le
bon moment pour lui infliger l’estocade décisive. Avant la fin de la soirée, elle serait à moi.
– Pardon, j’ai dit en la bousculant délibérément.
– Tout va bien, je suis désolée, a-t-elle répondu en s’éloignant.
J’ai saisi son bras et je l’ai attirée vers moi. Ses seins se sont pressés contre mon torse et j’ai
senti ma bite durcir. Au contact de sa peau, tout mon corps s’est gonflé d’excitation, et j’ai su qu’il
faudrait que j’assouvisse mon désir. Je ne le laisserais pas insatisfait.
Elle aurait dû reculer. Elle aurait dû me gifler, mais elle ne l’a pas fait. Elle a levé vers moi ses
yeux clairs couleur de l’océan. Elle m’a donné l’ouverture dont j’avais besoin.
– Vous ne pouvez pas bousculer quelqu’un et vous enfuir comme ça, ai-je dit en maintenant
mon emprise.
Son visage s’est illuminé et elle a souri. J’ai senti son désir pour moi. Ça allait être plus facile
que prévu.
– Je m’excuse, mais c’est vous qui m’avez bousculée, a-t-elle protesté en posant une main
ferme contre ma poitrine.
Je pouvais voir dans ses yeux l’étincelle du désir, un désir auquel elle ne pouvait pas résister.
J’ai senti son pouls s’accélérer et j’ai vu ses joues s’empourprer. Son désir pour moi enflait et elle
serait bientôt mienne.
– Dansez avec moi pour vous faire pardonner.
– Oh, me faire pardonner ? Mais c’est à vous de vous faire pardonner !
Elle s’enflammait vite ; oh là, j’adorais ce genre d’énergie.
– Alors, laissez-moi me racheter par une danse, ai-je dit en affichant mon sourire qui tue.
– Je ne peux pas. Je viens chercher mes amies pour les reconduire chez elles.
– Laissez mon chauffeur les raccompagner et restez avec moi.
– Oh, sûrement pas ! a-t-elle lancé en essayant de s’éloigner de moi.
Alors, j’ai commencé à danser et je l’ai sentie raide comme un manche. Cette fille était vierge,
certainement, ou alors c’était une très mauvaise danseuse. Aucune de mes cavalières jusqu’alors
n’avait été aussi raide sur la piste.
Il était probable que mon projet de la posséder ce soir échouerait, mais qui ne tente rien n’a
rien.
J’ai passé les mains autour de sa taille et je l’ai serrée contre moi. Incapable de résister à sa
bouche, j’ai posé mes lèvres sur les siennes tandis que nous bougions en rythme : nos corps et nos
lèvres en parfaite synchronie.
– Je dois filer, a-t-elle dit en se libérant de mon étreinte.
Et soudain, elle n’était plus là. Elle avait disparu dans la foule. Je l’ai cherchée partout. Elle
n’allait pas m’échapper comme ça. Elle m’appartenait déjà, qu’elle le sache ou non.
ELLE
C’était toujours à moi qu’il incombait d’aller récupérer mes copines dans leurs folles soirées,
c’était devenu une habitude. Tout le monde savait que je n’aimais pas boire ni faire la fête, ce qui à
l’évidence me destinait au rôle de chauffeur quand elles sortaient et se saoulaient.
Cela ne me gênait pas, je me sentais utile quand je rendais service. Et il est vrai que,
généralement, je n’avais pas grand-chose de mieux à faire. J’occupais mes week-ends par la
lecture et les vieux films ; rien de trépidant, mais c’était ce que j’aimais. Souvent, j’étais réveillée
par un appel d’Adrianna ou de l’une ou l’autre de mes amies qui avait désespérément besoin
d’être raccompagnée chez elle.
J’ai garé ma voiture dans un parking à proximité et je me suis dirigée vers Force, la boîte de
nuit située dans le quartier des affaires de New-York. Ce n’était certainement pas un club où j’irais
si je me mettais à sortir en boîte. C’était une version grand public des clubs BDSM. Ils s’en étaient
inspirés pour le côté hardcore et l’avaient ouvert aux femmes vêtues de robes en cuir, moulantes
et courtes. La plupart des hommes ne s’habillaient pas de manière aussi suggestive, parfois un
pantalon ou une veste en cuir ; c’était les femmes qui faisaient la loi ici.
Sauf moi. J’ai eu l’impression de faire tache à la seconde où je suis entrée dans le club. Je
portais une robe jaune citron avec des bretelles fines. Rien à voir avec les tenues des clientes
habituelles et j’ai compris immédiatement que je ne cadrais pas avec l’endroit.
Adrianna allait m’être grandement redevable d’être venue les chercher, Kirsten et elle, dans ce
club BDSM.
J’ai fait le tour des lieux en les cherchant partout, mais tout le monde était plus ou moins
habillé en noir. J’ai sillonné la salle en dévisageant les filles que je croisais. Adrianna savait que je
venais la chercher, elle aurait dû m’attendre quelque part. Mais hélas, il lui arrivait souvent de
continuer à faire la fête tandis que je la cherchais désespérément. Cela faisait partie de notre
amitié ; je l’avais accepté depuis bien longtemps.
« Pardon, » s’est excusé un beau mec, assez grand, en me rentrant carrément dedans. Ce type
n’avait pas une beauté classique. Il était beau comme une star de cinéma. Je ne sais plus trop ce
que je lui ai répondu, car les battements de mon cœur sont devenus assourdissants et je n’arrivais
plus à réfléchir. Je l’ai regardé, me suis excusée, puis j’ai voulu repartir à la recherche de mes
amies.
Il m’a alors attrapé et m’a serrée contre lui. Il avait passé un bras autour de ma taille et j’avais
du mal à respirer. Son odeur me grisait et j’ai senti mes genoux flageoler.
J’ai posé une main sur sa poitrine ; ses muscles étaient durs, son corps sculptural. Il était en
meilleure condition physique que tous les types que je connaissais ; ça, il n’y avait pas photo ! Il
faut dire que la plupart des mecs que je connaissais étaient des nerds qui ne faisaient jamais de
sport et passaient leurs journées à jouer à des jeux vidéo ou à lire des bouquins.
J’ai essayé de faire un commentaire plein d’humour tandis qu’il me serrait contre lui, mais je
n’arrivais pas à retrouver mes esprits et je n’ai pu sortir qu’une phrase à mi-chemin entre
l’humour et l’ironie.
Mon cerveau était obnubilé par sa main si proche de mes fesses. Elle n’était qu’à quelques
centimètres au-dessus et je savais, à la façon dont il me tenait, que ma robe laissait apparaître ma
petite culotte. J’ai passé le bras dans mon dos et j’ai essayé de la baisser un peu. J’ai voulu en
profiter pour m’éloigner de lui, mais mon corps semblait me l’interdire.
Il voulait danser avec moi ?
J’étais dans un club BDSM, dans les bras d’un bel inconnu qui voulait danser avec moi. C’était
de loin la soirée la plus bizarre de toute ma vie.
Il avait l’air riche et quand il a suggéré que son chauffeur raccompagne mes amies chez elles,
mon intuition a été confirmée. Il était sans doute l’un de ces types qui traînent dans les night-
clubs en essayant de lever une fille pour la nuit. Certainement pas mon genre d’homme.
Il allait tomber de haut s’il imaginait que j’étais une fille qui couchait avec le premier mec qui
la draguait.
Il a commencé à onduler du bassin tout en me serrant contre lui. J’ai senti sa queue bandée
contre ma cuisse. Ça m’a fait mouiller de penser que je le faisais bander aussi dur. Pourquoi moi ?
Qu’est-ce qui pouvait l’exciter autant chez moi ? Je n’en avais aucune idée, mais ça me plaisait.
Un frisson d’excitation m’a parcouru tout le corps. Je le désirais avec une force que je n’avais
ressentie pour aucun homme auparavant. Jamais. L’attirance entre nous était magnétique,
intense. J’avais beau essayer de l’ignorer, il m’était impossible de lui échapper. Je me liquéfiais
littéralement entre ses bras.
J’aimais l’expression dans ses yeux. On aurait dit qu’il voulait me dévorer toute crue, là, au
beau milieu de la piste de danse. Je n’avais jamais vu ce regard chez un homme. J’avais dû attendre
vingt-deux ans pour tomber sur un homme capable de me séduire d’un simple mouvement de
bras.
Et puis il a écrasé ses lèvres contre les miennes et la perfection de l’instant s’est envolée,
remplacée par un sentiment intense de bonheur. Sa langue tournoyait autour de la mienne,
comme dirigée par un pilote de F1 expérimenté.
Nous avons continué à danser, bouches collées l’une contre l’autre, dans un mouvement
synchrone parfait. C’était un moment unique, un beau moment. Il m’attirait comme aucun autre
homme ne l’avait jamais fait. Mon corps réagit en larguant un flot de mouille inattendu que je
n’étais pas préparée à gérer.
J’ai réussi à me détacher de lui et j’ai déguerpi pour repartir à la recherche d’Adrianna et
Kirsten. Rien de tout cela ne me semblait réel. Il était dans un club BDSM et visiblement bien trop
canon pour moi. Je me suis faufilée dans la foule jusqu’à la sortie du club où j’ai enfin trouvé
Adrianna et Kirsten.
Tout mon corps hurlait du désir de rester là avec lui, mes lèvres voulaient rester rivées aux
siennes. J’avais aimé et redouté à la fois ses mains posées sur moi. Cela me fichait une sacrée
trouille. Je n’avais jamais été si proche d’un homme sans sentir que je contrôlais la situation.
J’avais même réussi à décourager mon ex-petit ami quand il avait voulu coucher avec moi. Mais
cet homme, ce grand et bel homme du club ; je n’étais pas sûre de pouvoir lui résister. Et je ne
voulais pas rester pour en avoir le cœur net.
Adrianna et Kirsten étaient en cuir des pieds à la tête et ressemblaient à deux filles qui
auraient tourné une pub pour un club échangiste. Je n’avais pas le temps de leur faire la morale ni
de les engueuler pour m’avoir fait mariner si longtemps. Je les ai prises par la main et je les ai
traînées à l’extérieur du club.
Je me suis retournée, je ne l’ai vu nulle part, et j’ai été heureuse d’éviter toute nouvelle
rencontre. Je n’avais pas confiance dans mes réactions en sa présence et je ne voulais
certainement pas tester mes limites en restant plus longtemps dans le coin.
CHAPITRE 2

LUI
Il était comique qu’elle pense que j’abandonnerais si facilement. J’étais sûr qu’elle ne voulait
pas vraiment que je renonce. Elle voulait que je la cherche. Elle voulait que je la poursuive. Même
si elle n’en avait pas conscience, je le savais et c’était la seule chose qui importait.
Elle avait trouvé ses amies et je les regardais tandis qu’elle essayait calmement de les
emmener jusqu’à l’endroit où elle avait garé sa voiture.
Les deux filles étaient vêtues comme des traînées, le corps moulé dans du cuir. Tout à fait le
genre de nanas que j’aurais pu facilement lever et emmener chez moi, mais qui ne m’auraient pas
amusé bien longtemps. La facilité avec laquelle ce genre de filles se précipitait dans mon lit ôtait
toute saveur au jeu de séduction, et le rendait mortellement ennuyeux.
J’étais joueur. J’aimais avoir des efforts à fournir avant de remporter le lot. Mais je n’avais
jamais essayé de séduire une femme aussi douce et innocente que la fille en robe jaune.
Même la façon dont elle prenait soin de ses amies était mignonne. J’aurais parié qu’il n’y avait
pas une once de méchanceté en elle, ou du moins pas à sa connaissance. Par expérience, je savais
que beaucoup de femmes fantasmaient d’être un peu salopes, mais elles n’arrivaient pas à
accepter cette idée. Je me demandais si cette fille serait du genre à se libérer quand je l’aurais
mieux cernée.
Je suis resté hors de leur vue et j’ai regardé ses copines allumeuses flirter avec mon chauffeur.
Il était bel homme et les femmes cherchaient souvent à le séduire, mais il se dévouait à 100% à
mon service. Aucune jeune fille habillée comme une prostituée ne pourrait le détourner de son
travail. Il restait imperturbable, debout à côté du SUV, à m’attendre.
C’était le bon moment pour donner l’estocade décisive.
ELLE
Adrianna et Kirsten pouvaient à peine marcher tellement elles étaient défoncées. Je gardais un
œil sur elles tout en me retournant régulièrement pour voir si l’homme nous avait suivies dehors.
Quand je fus certaine qu’il ne nous avait pas suivies, je me suis tournée vers mes amies pour
essayer de distraire leur attention de l’homme qui se tenait devant le 4x4.
Je me doutais qu’il attendait le beau mec avec qui j’avais dansé et je ne voulais pas me trouver
dans les parages au moment où il sortirait de Force. J’imaginais qu’il allait rester au club toute la
nuit, mais à vrai dire, je ne savais rien de lui ni de ses habitudes nocturnes.
Adrianna a agrippé le bras du chauffeur en l’implorant de la raccompagner chez elle. Son
fantasme, lui disait-elle, était de faire l’amour dans un 4x4.
Un sourire grivois est passé fugacement sur le visage de l’homme avant qu’il ne reprenne son
sérieux et décide d’ignorer Adrianna. Elle était ivre et elle ne savait pas ce qu’elle faisait ; il avait
dû s’en rendre compte.
– Je m’excuse pour mes amies, nous allons disparaître de votre vue aussi vite que possible, ai-
je dit en essayant de tirer Adrianna et Kirsten à l’écart du véhicule.
– Pas de problème, Madame.
– Je pense que Charles serait ravi de raccompagner vos amies chez elle, si vous voulez bien, a
proposé derrière moi la voix du beau mec sexy avec qui j’avais dansé.
Quand j’ai fait volteface, il ne se trouvait qu’à quelques centimètres de moi. J’ai reculé pour
essayer de réduire la tension sexuelle entre nous. Ça ne servait à rien. Je sentais toujours cette
attirance magnétique entre nos deux corps.
– Non. Je vais les raccompagner, ai-je dit en attrapant les filles.
J’ai vu l’homme faire un signe de tête à son chauffeur, Charles, et en un rien de temps, la
portière du SUV s’était ouverte et Adrianna et Kirsten s’étaient engouffrées à l’intérieur.
– Elles vont rentrer chez elles en toute sécurité, pas d’inquiétude à avoir. Charles est un
homme digne de confiance.
– Je ne vous connais même pas ; il est hors de question que je les laisse partir avec vous.
– Je m’appelle Dean Hammond, je suis un homme d’affaires. Je dirige l’entreprise que j’ai créée,
j’aime voyager et faire de longues marches sur la plage. Ça vous suffit ? a-t-il lancé avec un sourire
arrogant.
J’ai voulu attraper Adrianna et Kirsten et les tirer hors du véhicule, mais elles piaffaient et
gloussaient bêtement à l’intérieur. Je ne pouvais quand même pas les laisser partir seules avec ce
type.
– Enchantée, Dean. Je ne peux pas les laisser partir avec vous en 4x4.
– Je vais monter dans votre voiture. Vous me ramènerez chez moi. Comme ça, Charles pourra
raccompagner les filles en toute sécurité et vous ne serez pas obligée de laisser votre voiture ici
pour la nuit.
Visiblement, il se fichait de mon avis et il n’a pas attendu que je réponde. Dean a dit quelques
mots à son chauffeur, puis le SUV a disparu au coin de la rue. Me laissant plantée là, avec ce parfait
inconnu, beau comme un Apollon. Et en plus, je venais de laisser mes amies partir dans le 4x4 d’un
autre inconnu. L’une d’entre nous allait sûrement se faire trucider avant la fin de la nuit.
– Vous décidez toujours de tout ? ai-je demandé en me dirigeant vers le parking.
Dean m’a emboîté le pas immédiatement, ses longues jambes se calant sans mal sur mon
allure. Il semblait marcher lentement par rapport à moi. Avec ma petite taille de 1 m 57, je devais
faire deux fois plus de pas pour rester devant son corps imposant.
– Oui, il a répondu.
– Quoi ? Oh allez, vous ne pouvez pas toujours décider de tout. Où serait le plaisir ?
Il a souri à cette remarque. Je savourais intérieurement le fait de l’avoir fait sourire. Il n’avait
pas l’air d’un homme qui sourit très souvent, aussi ma satisfaction était-elle d’autant plus grande.
– Touché, j’aime bien avoir des efforts à faire pour obtenir ce que je veux.
Nous étions arrivés dans le parking et allions prendre les escaliers lorsqu’il m’a tirée vers lui et
entraînée dans l’angle de la cage d’escalier. Mon corps est devenu une pâte molle et mes genoux
ont vacillé. J’ai voulu prendre une profonde inspiration.
Il n’a pas attendu que je referme la bouche pour écraser ses lèvres contre les miennes. Il a
glissé ses mains sous ma robe et a entrepris de me caresser ; je ne pouvais pas l’arrêter. J’étais
coincée contre le mur, les bras autour de son cou.
J’ai passé mes doigts dans ses cheveux tandis que nos langues s’exploraient. Cela faisait des
mois — sinon jamais — que je n’avais pas embrassé quelqu’un aussi passionnément. Je sentais
que mon corps réagissait en mouillant et j’espérais que ces doigts ne toucheraient pas ma culotte.
Je ne voulais pas qu’il sache qu’il m’excitait. Je ne voulais pas le laisser avoir le pouvoir. Même si je
sentais que je pouvais perdre le contrôle à tout moment.
Il a déplacé sa main du flanc de ma jambe vers mon entrecuisse et j’ai grincé des dents quand il
a senti ma moiteur.
Il a grogné avec satisfaction.
– Mmmm, je vous excite.
Je n’ai pas répondu. Je ne pouvais pas nier que mon corps réagissait à ses attouchements.
Impossible de le cacher.
Il a fait glisser ses doigts du haut en bas de ma culotte et j’ai senti que je mouillais de plus en
plus. Comment pouvais-je mouiller autant ? Je n’avais pas envie de savoir jusqu’où il pouvait me
tremper.
Je me suis dégagée de son étreinte en repoussant des mains son torse musclé. Je me suis
mordu la lèvre en l’imaginant au-dessus de moi tandis que mes mains caresseraient sa poitrine
nue. Ce fantasme avait surgi avec netteté de mon cerveau, en un éclair.
– Il faut que je rentre chez moi. On y va ? ai-je dit en m’écartant de lui.
J’aurais voulu rester. Oh, mon corps réclamait ses mains à cor et à cri, mais je voulais plus
qu’une aventure d’un soir avec un homme. Je voulais rester intacte pour m’offrir à un quelqu’un
dont je me souviendrais longtemps. Un homme qui occuperait toujours une place à part dans mes
pensées.
Je ne me faisais aucune illusion et je n’avais pas l’intention de rester vierge jusqu’à ma nuit de
noces. Mais je ne voulais pas perdre ma virginité avec un salaud que je finirais par détester, c’est
tout. Je voulais la réserver à un homme dont je me souviendrais avec tendresse et que
j’admirerais encore, longtemps après ma « première fois ».
– C’est la mienne, ai-je dit en arrivant à proximité de mon cabriolet Volkswagen bleu
électrique. Dean s’est plié pour glisser son mètre quatre-vingt dans ma minuscule voiture, nous
sommes sortis du parking et nous sommes engagés dans les rues de New-York.
– Vous voulez bien me dire où vous habitez pour que je vous dépose, ai-je dit en lui souriant.
– Je veux savoir comment vous vous appelez.
J’ai réalisé alors que je n’avais même pas pensé à me présenter quand nous avions parlé plus
tôt. Quelle gourde ! Qui peut demander son nom à un mec et ne pas lui dire le sien en retour ? Eh
bien, moi. J’étais une catastrophe ambulante, ne sachant jamais quoi dire ou quoi en présence
d’un homme ; surtout quand il était sexy et canon.
– Oh, bien sûr. Je m’appelle Chloé.
J’ai dit cela en lui serrant la main, puis je l’ai reposée sur le volant.
– J’habite juste à l’extérieur de SoHo, tournez à droite sur la dix-huitième et on y sera presque.
Je ne connaissais pas très bien la ville, mais je pouvais aller sans problème de la cinquième à la
dix-huitième rue.
Mon instinct me disait que c’était un type bien, mais je ne comprenais pas pourquoi il était allé
dans ce club. Il n’était pas habillé à la manière des fétichistes. En fait, il avait l’air d’un mec tout à
fait normal. Son jean et ses chaussures Skechers pouvaient tromper et laisser croire qu’il était un
type ordinaire. Mais je savais que son jean était du genre haut de gamme et que sa chemise
sophistiquée valait au moins deux cents dollars. Ce mec était plus coquet que la plupart des
femmes que je connaissais.
– Jusqu’où sur la dix-huitième ? ai-je demandé quand nous y étions.
– C’est ici, a-t-il répondu en indiquant une belle demeure derrière un portail en fer noir.
Je me suis arrêtée à la hauteur d’une borne avec des touches numériques et un haut-parleur.
Perplexe, j’ai regardé Dean.
– Soixante-neuf, soixante-neuf, il a dit en haussant les épaules, un sourire entendu aux lèvres.
– Vous êtes amateur de soixante-neuf ? ai-je pouffé, puis j’ai fait le code.
Le portail s’est ouvert et j’ai remonté lentement l’allée avant de me garer devant la maison.
– Oui, je suis un fervent amateur de tout ce qui est sexy, a-t-il lancé en descendant de voiture.
Je vous en prie, entrez boire un café. Je me sentirai mieux si je sais que vous êtes éveillée pour
conduire jusqu’à chez vous.
– Désolée, je ne peux pas. Il faut que je rentre à la maison et que je vérifie que mes amies sont
bien rentrées, elles aussi.
Au lieu de répondre, Dean a sorti son téléphone et a appelé quelqu’un.
– Tu les as déposées sans problème ? Elles sont chez elles ? Parfait, merci, a dit Dean à son
interlocuteur. Puis il s’est tourné vers moi et m’a regardée : elles sont toutes les deux au chaud à la
maison. Vous n’avez pas d’inquiétude à avoir.
J’ai eu l’impression que ce type ne renoncerait pas tant qu’il n’aurait pas obtenu ce qu’il
voulait. J’ai décidé d’entrer prendre vite fait un petit café. La caféine me donnerait un coup de
fouet salvateur. Je n’étais pas habituée à rester debout toute la nuit et il était presque trois heures
du matin.
Mes clés de voiture en main, je me suis dirigée vers la porte d’entrée tout en retenant mon
souffle. Comme il fréquentait un club BDSM, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en
entrant chez lui.
CHAPITRE 3

DEAN
Elle est trop adorable, ça me perdra. J’ai senti un soupçon de méfiance quand je l’ai convaincue
d’entrer. Peut-être qu’elle est trop innocente pour que je la prenne si vite. Je verrai bien.
Je mourais tellement d’envie d’être en elle que j’avais du mal à tenir un semblant de
conversation. J’imaginais ses gémissements au moment où je la pénétrerais. Mes hanches
bougeaient imperceptiblement d’avant en arrière, mues par le besoin primitif de la remplir.
– Puis-je vous servir quelque chose ? ai-je demandé en la dirigeant vers la cuisine.
– Oui, un café serait le bienvenu.
J’étais prêt à lui donner tout ce qu’elle voulait. J’aurais pressé un citron de mes mains si elle
l’avait demandé. J’avais le désir de la contenter, de lui faire plaisir de toutes les manières
possibles.
J’ai laissé chauffer la machine à café afin qu’elle puisse lui fournir le café serré qu’elle désirait.
– Je vous remercie de m’avoir raccompagné chez moi, Chloé, ai-je dit dans une tentative
maladroite de paraître normal.
Elle savait que je n’avais pas besoin qu’elle me ramène, j’aurais pu tout aussi bien appeler une
limousine ou même un taxi pendant que Charles raccompagnait ses amies chez elles. Elle devait
savoir que je voulais juste être près elle.
J’avais besoin d’être près d’elle. Le désir de la toucher m’étourdissait. C’était insupportable.
Alors je l’ai attrapé et je l’ai assise sur le plan de travail. J’ai écarté ses jambes et approché mon
corps le plus près possible de sa petite culotte humide.
J’ai pris son visage entre mes mains et elle m’a regardé avec une merveilleuse innocence. Ses
grands yeux bleus m’encourageaient à continuer, ce que j’ai fait.
Avec toute la douceur du monde, j’ai pris sa bouche dans la mienne. Elle a soufflé la vie dans
mon corps et avivé mon désir d’être en elle. Je laissais mes hanches presser mon pantalon renflé
contre sa culotte mouillée. Oh, j’avais tellement envie de lui arracher. Je voulais la déchirer des
dents dans élan bestial qui se serait terminé braguette ouverte, mon sexe en érection coulissant
dans son ventre. Mais j’ai joué la carte de la prudence ; je ne voulais pas l’effrayer ni la faire fuir.
Je voulais qu’elle reste là, avec moi, jusqu’à ce qu’elle soit prête à me laisser la déflorer. Elle
aurait peut-être besoin d’être convaincue et ce n’était pas un problème pour moi. J’avais déjà
réussi à persuader une douzaine de jeunes filles, même si aucune n’était aussi pure que Chloé.
CHLOÉ
Mes jambes tremblaient au moment où j’ai passé la porte. Ce n’était pas une maison ordinaire.
Elle ressemblait à un grand manoir tout en longueur. Elle occupait l’espace entre deux immeubles
de New-York avec une fine bande de terrain de chaque côté du bâtiment.
Le portail servait surtout à décourager les démarcheurs, car la porte d’entrée était aisément
visible de la rue.
Il n’avait pas besoin que je le ramène chez lui. Il était évident, en voyant la taille de sa maison
et sa localisation dans New-York que cet homme était millionnaire, sinon milliardaire. Il avait
largement de quoi se payer un taxi. D’autant plus qu’il s’était fait conduire au club par son propre
chauffeur ; un taxi était une dépense minime pour lui.
J’étais stupide d’avoir accepté de le raccompagner chez lui. Il avait une idée derrière la tête et
je ne voulais pas tomber dans un piège. D’un autre côté, je n’avais jamais été avec un homme aussi
beau qui me regardait avec autant de désir. Il pouvait avoir toutes les femmes qu’il voulait, or son
désir s’était fixé sur moi. Cela m’hypnotisait. Je devais en savoir plus sur lui, je voulais
comprendre pourquoi je l’attirais tellement.
J’étais évidemment attirée moi aussi. Qui ne le serait pas ? Il incarnait l’idéal même du beau
mec taciturne, grand et sexy. La seule chose qui ne me plaisait pas chez lui, c’était qu’il se trouvait
dans le même club BDSM que mes amies. Ce n’était pas une pratique qui m’attirait et je ne serais
jamais intéressée par ce truc. Mon apparence physique avait dû lui indiquer clairement, et
j’espérais qu’il ne croyait pas pouvoir me faire changer d’avis sur le BDSM.
Je me suis arrêtée à la porte et je me suis retournée vers la voiture. C’était ma dernière chance
de m’enfuir. Mais je ne l’ai pas fait. J’avais la possibilité de remonter dans ma voiture et de
disparaître à jamais. Je savais que je pouvais m’en aller, il n’avait rien fait qui me fasse me sentir
en danger ou penser qu’il m’empêcherait de partir si je le souhaitais. Mais le fait de me tenir sur
perron et de regarder ma voiture ressemblait à un moment de vérité, celui où je pouvais encore
tout oublier et retourner à mon ancienne vie.
Je n’étais pas certaine de vouloir encore de mon ancienne vie. J’étais excitée qu’il m’invite à
entrer chez lui. Je sentais un flux d’énergie pulser dans mon corps à l’idée de cette nouvelle
expérience. Cette nouvelle façon de vivre vibrait d’énergie.
Je tremblais de partout quand il a ouvert l’un des battants de l’imposante porte double de trois
mètres de haut. Le hall d’entrée était magnifique avec son lustre scintillant et l’escalier élégant qui
se déployait au milieu de la pièce. J’ai essayé de respirer plusieurs fois à fond pour me calmer,
mais j’avais du mal à reprendre mon souffle.
Je me demandais en boucle pourquoi cet homme me voulait. De toutes les femmes qui étaient
dans le club, pourquoi avait-il voulu que ce soit moi qui le raccompagne chez lui ? Il aurait pu jeter
son dévolu sur n’importe quelle autre fille. Et le fait qu’il m’ait choisie me donnait étrangement
l’impression d’exister.
Me retrouver dans la maison d’un inconnu ne me ressemblait pas. Je sortais rarement avec un
homme et pour rien au monde je n’aurais été chez lui le premier soir. Et ce n’était même pas un
rendez-vous galant ! J’avais déjà embrassé cet homme et dansé avec lui. Je n’arrivais pas à
comprendre ce qui m’arrivait ni pourquoi j’avais accepté de venir chez lui, mais je ne voulais
surtout pas partir tout de suite.
Il m’intriguait. Son assurance. Son désir manifeste pour moi. Difficile de résister à l’envie de
poursuivre la conversation. Je me suis fait la promesse de ne pas monter dans sa chambre et
surtout de ne pas coucher avec lui. Nous allions seulement discuter. Rien de plus.
En entrant dans la cuisine, j’ai posé les mains sur marbre froid du plan de travail. Il y avait au
moins quinze mètres de comptoir répartis dans toute la cuisine, dont un grand ilot central sur
lequel que je suis appuyée tandis que Dean allumait la machine à café.
Il m’avait offert à boire, probablement dans l’espoir que je veuille prendre un verre d’alcool
pour me détendre. J’ai remarqué sa déception lorsque j’ai demandé un café.
Ses yeux étaient rivés sur ma poitrine et j’essayais de ralentir ma respiration pour qu’elle ne
se gonfle pas à chaque inspiration. J’étais complexée par mes gros seins et j’ai voulu les couvrir de
mes mains.
Mais sans crier gare, Dean m’a soulevée et assise sur le plan de travail ; j’ai senti le marbre
froid sous mes fesses. Je me suis pressée contre son corps tandis qu’il m’écartait les jambes pour
se glisser à l’intérieur. Je me sentais exposée. Vulnérable. Effrayée. Et pourtant, je n’ai pas bougé.
Je voulais connaître la suite. Secrètement, je voulais que ses doigts touchent encore ma petite
culotte mouillée.
J’ai senti la bosse dans son pantalon quand il s’est pressé contre moi. J’ai été envahie par un
violent désir et j’ai perdu toute notion de la réalité. Seules quelques fines couches de tissu
séparaient son corps du mien. Il me suffisait de faire un signe et il me pénétrerait et ce serait fini.
Toutes mes années d’attente et d’interrogation auraient pu s’achever ici, à cet instant. J’étais
avec un homme de rêve et sa queue dressée entre mes cuisses. Si seulement j’avais le courage de
dire oui. Si seulement j’acceptais de me souvenir de ce moment comme d’une aventure d’un soir,
j’oublierais tous mes principes et je céderais au désir de mon corps.
Je frottais doucement mes hanches contre lui tandis que nous nous embrassions. Mon corps
entier était en feu et rien ne pouvait éteindre l’incendie. Je n’avais jamais été aussi près de perdre
ma virginité. Mon corps le désirait si ardemment que toutes mes convictions s’étaient envolées.
Les raisons pour lesquelles j’avais attendu étaient si loin dans mon esprit que je n’arrivais plus à
m’en souvenir. Il n’y avait aucune raison de ne pas nous imbriquer plus étroitement, et puis c’est
arrivé.
Un sursaut de volonté a provoqué un déclic en moi et je l’ai repoussé. Je n’ai pas dit pourquoi,
je n’ai pas avoué que j’étais vierge et que je ne voulais pas me faire déflorer sur une table de
cuisine. Je l’ai seulement repoussé.
Ce n’était pas le moment inoubliable que j’attendais. Je n’étais même pas certaine que ce type
se souvenait de mon prénom. J’étais une simple distraction pour lui, un amusement. Or je voulais
que ma première fois soit avec quelqu’un qui me connaissait bien. Qui connaissait mes secrets les
plus intimes.
Oui, je voulais ressentir un désir aussi fort que maintenant. Oh oui, je voulais ressentir
exactement la même attirance le jour où je serais prête à m’offrir à un homme. Mais là, quelque
chose n’allait pas. Je voulais plus. Je voulais des sentiments en plus du désir. Je voulais un lit, pas
une surface en marbre. Ce n’était pas le bon moment et je le savais.
J’ai glissé par terre et j’ai rajusté ma robe.
– Je ferais mieux d’y aller, ai-je dit en me dirigeant vers la porte.
– Restez, a-t-il imploré en agrippant doucement mon bras.
Oh, je mourais d’envie de rester. Chaque centimètre carré de mon corps voulait rester. Mais il
fallait que je m’en aille. Les choses n’étaient pas censées se passer ainsi, j’avais imaginé beaucoup
plus. Je ne pouvais pas laisser un homme que je venais juste de rencontrer être celui dont je me
souviendrais toute ma vie pour avoir été mon premier amant. Non, il fallait que je parte.
J’ai attrapé mon sac à main et j’ai filé vers la sortie. Je me suis glissée prestement dans ma
voiture et j’ai attendu qu’il m’ouvre le portail. Pendant un bref instant, je me suis demandé ce que
je ferais s’il refusait d’ouvrir la grille. Est-ce que je l’escaladerais ? Est-ce que je m’enfermerais
dans ma voiture jusqu’à ce qu’il consente à me laisser partir ? Heureusement, je n’ai pas eu à
décider d’une stratégie. J’ai levé les yeux vers la porte d’entrée et je l’ai vu qui me regardait tout en
actionnant la télécommande du portail.
J’ai jeté un coup d’œil dans le rétroviseur et j’ai senti un pincement au cœur. Il avait l’air trop
beau pour être vrai. Un type comme lui cherchait juste une aventure d’un soir, une fille de plus à
accrocher son tableau de chasse. J’avais pris la bonne décision.
Je n’avais pas son numéro de téléphone et il n’avait pas le mien. C’était bel et bien fini. Aucun
moyen d’entrer en contact avec lui à moins de me pointer à la porte de sa maison, et je n’en avais
pas la moindre intention. J’ai conduit jusqu’à chez moi, certaine d’avoir pris la bonne décision. Il
n’était pas un homme pour moi.
CHAPITRE 4

DEAN
En ce début de semaine, je n’arrivais pas à m’enlever Chloé de la tête. Je devais faire passer des
entretiens aujourd’hui, mais après le dernier candidat, j’avais prévu d’appeler Charles pour qu’il
fasse une enquête à partir de la plaque d’immatriculation de sa voiture.
Je ne savais rien d’autre à son sujet, mais ça n’avait pas d’importance ; je pourrais la retrouver
facilement.
Il suffisait que je repense à la douceur de sa peau pour que mon corps réagisse. J’avais besoin
de la toucher encore, je devais la toucher encore. Il n’y avait pas d’autre option.
Je me suis assis à mon bureau et j’ai jeté un œil à la pile de CV de candidats sous-qualifiés.
Chaque fois qu’un poste était à pourvoir dans ma société, je m’efforçais de faire passer les
entretiens. Surtout pour le poste de lecteur de manuscrits.
C’était la personne qui déterminait quels livres mériteraient d’être publiés ou non par ma
maison d’édition. C’était une énorme responsabilité qui exigeait une personne capable de
comprendre les tendances du marché, les ressorts des best-sellers et de déceler le potentiel d’une
histoire.
Certains candidats pensaient que c’était un job facile, imaginant sans doute qu’ils allaient
passer leurs journées à bouquiner sur un canapé. Rares étaient les personnes qui comprenaient
réellement les compétences requises pour être un bon lecteur.
Il fallait aimer la littérature, l’aimer au point d’accepter de lire un livre par jour, ou un tous les
deux jours. C’était une tâche qui paraissait très plaisante jusqu’à ce qu’on commence vraiment à
le faire. Lire autant chaque jour était plus que je ne pouvais faire, et pourtant j’étais un lecteur
assidu. En général, je lisais un livre par semaine et ça paraissait déjà beaucoup comparé au
rythme de lecture de mes amis et de mes proches.
Je cherchais quelqu’un qui avait des convictions et qui lisait déjà une quantité extraordinaire
de livres. Je n’envisageais pas d’embaucher un lecteur qui ne lisait pas déjà au minimum quatre
livres par mois.
Un bon lecteur de manuscrits devait également posséder un excellent esprit d’analyse. Il
devait être capable de déceler le potentiel chez des écrivains qui avaient une marge de
progression, mais aussi de reconnaître quand un auteur n’avait aucun talent du tout.
Je détestais faire passer des entretiens, mais j’aimais choisir les gens qui allaient venir
travailler dans ma société. La journée serait longue, mais j’espérais avoir trouvé la perle rare pour
ce poste d’ici ce soir.
Si seulement j’arrivais à penser à autre chose qu’à Chloé. Je sentais encore le tissu humide de
sa culotte au bout de mes doigts. Je les avais même respirés dans l’espoir que l’odeur de sa
moiteur soit encore là, mais non.
Ce n’était qu’une question d’heures avant que je sache qui elle était, et je saurais alors m’y
prendre pour la séduire. Elle n’avait aucune chance de résister à mon pouvoir de persuasion. Elle
serait mienne, dès que je l’aurais retrouvée.
CHLOÉ
J’ai passé toute la journée au lit le lendemain de la soirée du club. J’étais exténuée, pas d’autre
mot pour décrire ce que je ressentais.
Mon corps n’avait pas connu un tel état d’excitation depuis très longtemps. Même avec mon
dernier copain, car nous nous efforcions de limiter les attouchements de peur que cela nous
frustre trop d’être obligés de nous arrêter avant d’aller trop loin.
Mon copain aurait aimé que je cède à son envie de me faire l’amour. Je devais constamment
batailler contre lui, d’autant que je n’ai jamais senti que c’était par amour. Tout ce qu’il voulait,
c’était me sauter. Il voulait être mon « premier » et je le savais. L’idée d’être le premier amant
d’une fille excitait les mecs. Nous avions été sincèrement amoureux, du moins à un moment
donné de notre relation. Mais quand il a compris qu’il ne coucherait pas avec moi, il a commencé à
s’éloigner. Il ne voyait pas la vertu qu’il y avait à attendre et au lieu de cela, il me mettait la
pression pour que nous ayons des relations sexuelles ensemble.
Il avait une façon de demander cela qui m’irritait profondément. Il ne voulait pas que nous
fassions l’amour ; il voulait juste me fourrer son sexe dans le ventre. C’était une vision égoïste que
j’ai eu de plus en plus de mal à supporter, et j’ai fini par rompre. Je voulais que ma première
expérience soit avec quelqu’un qui désire autant mon bonheur que le sien, du moins au lit.
Je n’avais pas besoin d’être déflorée par un homme que j’épouserais pour la vie, le sujet n’était
pas là. Je voulais simplement connaître un sentiment de plaisir partagé, et non une expérience à
sens unique, où il me limerait jusqu’à ce que je crie.
Cela n’avait plus d’importance maintenant. Je ne savais rien de Dean et je n’avais pas
l’intention de retourner chez lui, alors j’allais continuer à attendre l’homme de mes rêves. Je ne
voulais pas d’une rencontre fortuite comme celle-là, de toute façon.
Mais il y avait un problème : je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Dean. J’avais beau
m’efforcer de penser à autre chose, je n’y arrivais pas. Pire, ces pensées me provoquaient une
réaction physique et à chaque fois que je fermais les yeux, je voyais son visage penché vers moi.
L’éclat de ses yeux bruns était si intense que je pouvais encore les sentir posés sur moi. Il était
plus âgé que les garçons qui m’attiraient, mais pas si vieux ; il devait avoir la trentaine. Son âge,
son expérience, peut-être même sa fortune, lui donnaient cette assurance que je n’arrivais pas à
gommer de mon esprit. Je pouvais encore sentir l’assurance de ses doigts quand il m’avait
caressée. Personne ne m’avait touchée ainsi auparavant.
Il fallait que j’arrête de penser à lui. J’avais dormi tout dimanche et je devais maintenant me
concentrer sur l’entretien que j’avais cet après-midi.
C’était le job de mes rêves, pour rien au monde je n’en aurais voulu d’un autre. Si j’étais lectrice
de manuscrits, j’aurais le bonheur de lire toute la journée. Je pourrais aider la maison d’édition à
découvrir et lancer de nouveaux écrivains et changer véritablement la vie de ces artistes.
Juger du potentiel d’un roman ne consistait pas seulement à lire un manuscrit. Je voulais
rentrer dans la tête de l’auteur et comprendre la psychologie des personnages. Je voulais
découvrir de nouveaux talents et ne pas me contenter de choisir des écrivains qui avaient déjà
publié des dizaines de livres.
Décrocher cet entretien m’avait tellement enthousiasmée que j’avais eu du mal à dormir
pendant plusieurs jours — ce qui expliquait aussi en partie pourquoi j’avais passé mon dimanche
à dormir. Mon corps était littéralement lessivé.
Alors que je me préparais un bol de flocons d’avoine, Adrianna est sortie en titubant de sa
chambre et m’a rejointe dans la cuisine. Les lundis matins étaient toujours difficiles pour elle, vu
qu’elle passait ses week-ends à faire la fête et à boire. Son corps avait tendance à déclarer forfait
quand le lundi arrivait.
– Est-ce que tu as ramené chez lui ce mec sexy du club ? a demandé Adrianna.
Elle avait visiblement occulté le fait qu’on avait dormi une journée entière. Elle m’a posé la
question comme si l’événement venait de se produire.
– Oui, ai-je dit en me mordant l’intérieur des joues pour ne pas sourire.
Tentative vaine, car penser à Dean a dessiné sur mon visage un sourire fendu jusqu’aux
oreilles.
– Alors ? Raconte ! Vous avez couché ensemble ?
– Oh, allons, Adrianna, tu me connais mieux que ça.
– J’espérais, c’est tout. Tu sais, un jour ou l’autre, il va bien falloir que tu y passes.
– Je sais. J’attends juste le bon mec.
– Ah, le fameux prince charmant ?
– Non ! Je ne suis pas idiote. Je ne crois plus aux contes de fées. Je n’ai pas trouvé l’homme qu’il
me faut, c’est tout.
C’était la vérité. Je n’avais pas rencontré celui qu’il me fallait et je n’avais pas besoin qu’il soit
l’homme idéal. Mais il fallait que je sente que je prenais la bonne décision. Et jusqu’à aujourd’hui,
je n’avais jamais eu cette conviction intime. Eh bien, je continuerais à chercher l’homme parfait
pour moi.
– Bon, je dois me préparer pour mon entretien. Aide-moi à choisir une tenue.
Lui demander des conseils vestimentaires était le meilleur moyen de faire diversion et de
mettre fin à cette conversation. Elle adorait que je la laisse choisir mes vêtements. Je
m’intéressais très peu à la mode. Disons que ça ne faisait pas partie de mes priorités. Mais si je
devais travailler pour une grande maison d’édition, il faudrait que j’aie l’air aussi sophistiquée et
chic que possible.
J’étais fascinée par les éditons StarLight depuis que je vivais à New-York. J’allais très souvent
déjeuner en centre-ville à proximité de leur immeuble et j’observais les employés lorsqu’ils
sortaient faire leur pause déjeuner. Aucun ne portait une tenue négligée. Ils étaient tous à la
mode, même quand ils manquaient de fantaisie. J’avais remarqué que beaucoup de femmes
portaient des tailleurs classiques, mais ils étaient bien coupés et signés probablement de la griffe
d’un styliste renommé.
Pour mon entretien, j’avais besoin de me démarquer. Je ne pouvais pas me contenter d’un
tailleur bleu marine et d’un chemisier blanc, mais je ne voulais pas non plus qu’ils pensent que
j’avais un style qui ne collait pas à la culture de l’entreprise. La frontière était subtile et Adrianna
était la personne idéale pour m’aider à rester sur la ligne blanche.
Nous avons consacré la matinée à passer en revue ses tenues et les miennes afin de trouver la
combinaison parfaite entre le monde professionnel et la mode. J’ai dû passer au moins une
douzaine de tenues avant qu’on tombe d’accord sur l’ensemble idéal.
– C’est un homme qui te fait passer l’entretien ? a demandé Adrianna en me faisant un clin
d’œil.
– Oui, je crois. Mais je n’en suis pas sûre. J’ai entendu dire que le propriétaire de la boîte faisait
passer tous les entretiens.
– Oh, alors tu vas sûrement être embauchée.
Adrianna s’est éventée de la main comme pour signifier que ma tenue était super sexy. C’est
vrai que je me sentais à la fois sexy, et élégante comme une femme d’affaires. J’avais les cheveux
relevés, avec des bouclettes qui entouraient mon visage, et Adrianna m’avait même aidée à me
maquiller pour me donner un look super professionnel.
Je ne portais pas une jupe classique à mi-mollet. Adrianna m’avait prêté l’une de ses jupes old
school inspirées des uniformes scolaires ; une jupe plissée bleu marine. Nous avons complété la
tenue par un chemisier en soie rose qui mettait en valeur mes formes pile aux bons endroits.
Comme la jupe était courte, je ne voulais pas porter d’escarpins, aussi j’ai opté pour des
ballerines roses à talon plat.
Je me sentais bien dans ma peau en partant au rendez-vous dans le centre-ville. J’avais
confiance, car je savais que j’étais faite pour ce poste et que j’allais décrocher le job. Personne
n’aimait les livres autant que moi. Et certainement personne d’autre ne rêvait depuis le lycée de
bosser pour les éditions StarLight.
J’ai fermé les yeux et j’ai pris plusieurs respirations profondes dans le métro qui me conduisait
en centre-ville. C’était la chance de ma vie et il était hors de question que le stress me fasse perdre
mes moyens. J’allais déchirer pendant l’entretien et le propriétaire des éditions n’aurait pas
d’autre choix que de m’engager sur-le-champ.
En sortant du métro, j’ai levé les yeux vers l’immeuble et je me suis dirigée vers la porte
d’entrée. Ici et maintenant commençait le premier jour du reste de ma vie.
CHAPITRE 5

DEAN
J’ai su à la seconde où elle est entrée que j’allais l’engager. Mon sens des affaires a volé en
éclats quand j’ai vu se profiler la chance de l’avoir à mes côtés tous les jours.
Ses jambes nues m’ont fait bander dès qu’elle est entrée dans la pièce. La jupe courte n’a pas
arrangé les choses. J’étais tellement obnubilé par ses jambes que j’ai complètement raté
l’expression de son visage quand elle a réalisé qu’elle passait son entretien avec moi. Quand j’ai
fini par lever les yeux et croiser les siens, sa peur était délicieuse.
C’était autant de la peur que de la confusion. Elle me regardait avec effarement comme si elle
cherchait à comprendre pourquoi j’étais la personne qui la recevait en entretien.
Je me délectais de son trouble, mais une seule question m’obsédait : quelle était la couleur de
sa culotte sous la jupe d’écolière qu’elle portait ?
– Bonjour, Mademoiselle Mayers, ai-je dit d’un ton professionnel en lui serrant la main d’une
poigne ferme.
Elle m’a serré la main faiblement et je lui ai fait signe de s’asseoir dans le fauteuil en face de
moi. Elle m’a regardé, puis elle a tourné la tête vers la porte par laquelle elle était entrée.
– Qu’est-ce que vous faites ici ?
– Cette entreprise m’appartient. Qu’est-ce que vous faites ici ?
Elle n’a pas eu l’air d’apprécier mon sens de l’humour, mais je ne pouvais pas m’empêcher de
jouer un peu avec elle.
– C’est vrai ? Vous possédez réellement cette maison d’édition ?
– Je ne sais pas ce qui vous dérange, Mademoiselle Mayers. Vous avez postulé pour un poste et
c’est moi qui interviewe les candidats. Si vous ne voulez plus de ce job, la porte est derrière vous,
je ne vous retiens pas.
J’ai gardé un visage impassible, dans l’attente de sa réaction. Son cou et son visage ont viré au
rouge d’embarras.
– Je veux dire, je ne savais pas que vous travailliez ici, a-t-elle bégayé.
Je l’avais visiblement déstabilisée ; elle avait perdu tous ses moyens et n’était, de toute
évidence, pas en mesure de passer un entretien avec ma pomme dans le rôle du décideur de son
avenir dans la maison.
– Je ne me contente pas de travailler ici, mademoiselle Mayers. J’ai créé cette entreprise de
toutes pièces. Je suis fier de chaque employé et je n’engage que les meilleurs éléments.
Elle était furieuse maintenant, j’adorais ça. La colère qui montait en elle était charmante et ça
m’a donné envie d’en voir plus.
– Je crois que je suis au mauvais endroit, a-t-elle dit en se levant pour partir.
J’ai maté son cul pendant qu’elle se dirigeait vers la porte ; il était hors de question que je la
laisse sortir de mon bureau. J’avais besoin de la toucher encore et je n’avais pas l’intention de la
laisser m’échapper.
Je l’ai convaincue de se rasseoir et j’ai su qu’elle était la personne qu’il fallait pour le poste
quand elle m’a parlé de sa passion pour la lecture. Marché conclu, elle était embauchée. Restait à
passer à l’étape suivante : obtenir ce que je voulais réellement d’elle.
Je l’ai coincée contre la porte ; j’avais besoin de sentir à nouveau sa peau sous mes lèvres. Tout
mon corps me criait de la jeter par terre et de la prendre dans mon bureau, à même le sol, mais je
savais qu’elle voulait plus. J’allais devoir l’inviter à dîner pour gagner sa confiance. Aucun
problème, je finirais bien par la posséder ; cela ne faisait aucun doute.
CHLOÉ
En entrant dans le bureau, j’ai tendu la main avec enthousiasme et cherché à établir le contact
visuel avec celui qui, je le savais, allait être mon nouveau patron. Mais en le voyant, j’ai réalisé qui
il était. Heureusement, il n’a pas levé les yeux vers mon visage au moment où j’encaissais le choc.
Je suis sûre que ma mâchoire s’est décrochée quand j’ai compris la situation.
C’était Dean, le type que j’avais rencontré au club l’autre soir. Jamais en rêve je n’aurais
imaginé qu’il était le genre d’homme à aimer la littérature au point de monter sa propre maison
d’édition. Il ressemblait plus à un as de la finance.
J’étais confuse. S’agissait-il d’un savant stratagème élaboré à la seule fin de me revoir ?
Pendant une minute, j’ai vérifié dans ma tête la chronologie des événements, quand j’avais été
appelée pour l’entretien et quand j’avais rencontré Dean. Il n’y avait aucune chance qu’il sache qui
j’étais le soir où il m’avait bousculée dans le club. Il devait être surpris, lui aussi, que je me trouve
dans son bureau pour un entretien d’embauche.
Pourtant, on aurait dit à sa façon de me regarder qu’il n’était pas du tout surpris. En fait, il
avait l’air ravi de me voir là, attendant d’être interviewée pour un job.
Ses yeux brillaient en remontant de mes jambes à mon visage. Quand il a tendu le bras pour
me serrer la main, cela m’a offert le répit dont j’avais besoin. C’est le destin, ai-je pensé un bref
instant.
Il m’a serré la main d’une poigne de fer. Il faisait visiblement ce geste plus souvent que moi. J’ai
passé la plupart de ma vie entourée de ma famille ou de mes amies ; personne ne se serrait la
main, on s’embrassait. J’ai senti que ma poignée de main était molle et j’ai essayé de compenser
par un contact visuel.
Quand il a parlé, la douceur qui m’avait marquée l’autre soir avait disparu. Son ton était
formel, professionnel et même carrément distant.
Et alors, je n’ai pas pu m’empêcher de lui poser des questions idiotes.
– C’est vrai ? Vous possédez réellement cette maison d’édition ?
Mon embarras a été immédiat et j’ai senti tout mon corps s’engourdir tandis qu’il répondait. Il
ne semblait pas amusé par le fait qu’on s’était roulé des pelles quelques jours plus tôt. Il ne
semblait même pas heureux de me revoir. Il s’était transformé en un mec arrogant qui ne faisait
rien pour me mettre à l’aise. J’avais l’impression qu’il voulait vraiment que je m’en aille.
Il a continué en me disant qu’il avait bossé dur pour monter sa boîte, que je n’avais rien à faire
là et que je pouvais partir quand bon me semble. C’était ridicule.
J’avais beau désirer plus que tout travailler dans cette maison d’édition, ça ne pourrait pas
marcher. Je ne pourrais jamais travailler pour un bellâtre prétentieux qui prenait plaisir à mettre
les gens mal à l’aise. Il voyait bien que je perdais mes moyens et il ne faisait rien pour m’aider. Au
contraire, il me faisait clairement sentir que j’avais eu tort de me pointer à cet entretien. C’était la
goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
J’ai bafouillé quelque chose pour lui signifier mon départ, je me suis levée et j’ai marché vers la
porte. Il y avait d’autres maisons d’édition à New-York. Il suffisait que je cherche un job ailleurs.
Ce n’était pas la fin du monde. J’ai relevé le menton et j’ai ouvert la porte du bureau.
Il a bondit vers la porte et l’a refermée d’un coup sec.
– Vous renoncez toujours à vos rêves aussi rapidement ? m’a-t-il demandé en laissant sa main
sur la porte.
– Comment savez-vous que c’est le job de mes rêves ? J’ai peut-être juste besoin de bosser.
– Retournez vous asseoir, qu’on termine au moins cet entretien.
Il m’a fait signe de me réinstaller dans le siège en face de lui. Une lueur s’est allumée dans ses
yeux et ma contrariété a commencé à s’envoler. Je me suis rassise et je l’ai regardé tandis qu’il
reprenait sa place derrière son bureau.
Mon pouls battait à toute allure et j’essayais de me calmer. Je n’avais jamais rencontré un
homme capable de me mettre en colère si rapidement. Ce n’était pas une émotion facile à gérer en
entretien. Je ne m’y étais pas préparée.
– Je m’excuse pour ma brusquerie. Reprenons l’entretien, Mademoiselle Mayers, a dit Dean en
ouvrant mon dossier.
– Très bien.
J’avais du mal à le regarder, maintenant. Je me suis efforcée de garder le contact visuel, même
si le poste était en train de m’échapper. Au moins, je pouvais profiter de cet entretien pour
m’exercer aux techniques de la communication d’influence.
– Mademoiselle Mayers, sur votre CV, vous dites que vous aimez lire. J’aimerais en savoir plus
à ce sujet.
– J’aime toutes sortes de livres. J’aime leur capacité à nous faire voyager dans un nouveau
monde sans nous faire quitter notre fauteuil. J’adore les œuvres d’imagination. Je lirais un roman
par jour si je n’étais pas obligée de faire autre chose de mon temps, ai-je dit en souriant.
– Comme ramasser vos amies dans des bars de nuit ? a-t-il plaisanté.
Le fait qu’il ait de l’humour m’a prise au dépourvu. J’ai ri et j’ai remarqué que j’avais décroisé
les jambes. Je les ai recroisées prestement. Il n’a pas quitté mes jambes des yeux pendant ce
mouvement furtif.
Son regard m’a fait mouiller immédiatement. Impossible de ne pas y lire des sous-entendus.
J’ai senti ses yeux effleurer ma culotte et me brûler la peau entre les cuisses.
– Oui, des trucs du genre.
– Qu’est-ce que vous aimez d’autre ? a-t-il dit en parcourant mon CV.
– J’aime bien écrire. Et aussi acquérir de nouvelles compétences. J’apprends le français en ce
moment.
Il a acquiescé, puis il s’est levé.
Je suis restée assise, en me demandant ce qu’il faisait. Il ne m’avait posé qu’une ou deux
questions. L’entretien ne pouvait pas être déjà fini.
– Pouvez-vous commencer demain ? a-t-il dit en tendant la main pour m’inviter à me lever.
– Euh, oui, certainement.
– Alors vous êtes libre à dîner ce soir ? a-t-il ajouté en souriant.
Je ne savais pas quoi dire, oui j’étais libre à dîner. Mais je ne savais pas si sortir avec mon futur
patron était une bonne idée.
– Je ne devrais probablement pas sortir avec mon nouveau patron, ai-je dit en me dirigeant
vers la porte.
Alors, il m’a plaquée contre la porte et il m’a embrassée sur la bouche. Je me suis ramollie à son
contact et je ne rêvais plus que d’une chose : rester dans ses bras. Nos langues se sont mêlées
lentement, tandis que ses mains immobilisaient mes hanches contre la cloison.
J’ai fermé les yeux. Ses lèvres ont quitté ma bouche pour explorer mon cou. C’était si bon de
sentir ses lèvres sur ma peau. Je voulais qu’il m’embrasse tout le corps.
– Raison de plus pour sortir avec moi ce soir, je ne serai votre patron qu’à partir de demain, a
susurré Dean entre deux baisers dans le cou.
Je me suis mordu les lèvres, séduite par l’idée de passer la soirée avec lui. J’avais envie
d’accepter, mais une petite voix persistante me conseillait de rester loin de lui. Et surtout de ne
pas m’engager dans une relation alors que je m’apprêtais à travailler dans son entreprise.
Mais je n’ai pas pu résister, j’en voulais encore. Je voulais sentir de nouveau ses lèvres sur ma
peau.
– D’accord, ai-je dit en ouvrant les yeux.
Il a souri instantanément et m’a tapé dans la main comme si on venait de conclure une affaire
ensemble.
– Parfait. Soyez prête à sept heures, je passerai vous chercher. Notez-moi vos coordonnées.
Avant de réaliser ce qui s’était passé, j’avais écrit mon numéro de téléphone, mon adresse et
j’étais dans l’ascenseur, en route pour la maison.
Qu’avais-je fait ? Je venais d’accepter de sortir avec mon nouveau patron.
CHAPITRE 6

CHLOÉ
Dean Hammond avait vraiment réussi à entrer dans ma tête. Il n’était pas mon type d’homme,
loin de là, et pourtant je ne pouvais pas m’empêcher de penser à lui. Tomber sur lui lors de mon
entretien et découvrir qu’il était le PDG des éditions StarLight m’avaient complètement
chamboulée.
J’aurais dû refuser son invitation à dîner, bien sûr. Mon cerveau hurlait NON, mais tout mon
corps n’aspirait qu’à retrouver ses mains. Je voulais plus de Dean, mais en même temps, je ne
voulais pas autre chose qu’accepter de sortir avec lui. Oui, c’était une très mauvaise idée et je
savais que ça allait mal se finir, mais je ne pouvais pas dire non parce que je voulais qu’il pose à
nouveau ses mains sur moi.
Nous pourrions peut-être avoir une relation romantique tout en gardant des rapports
professionnels ? On était au 21e siècle ; les histoires d’amour au bureau étaient monnaie
courante. Il n’y avait pas de raison que cela ne m’arrive pas. On réussirait sûrement à garder les
choses sur un plan purement professionnel au travail.
Ce qui est fait est fait. J’avais rendez-vous dans moins d’une heure et j’avais bien l’intention
d’être super sexy. Dean était un peu pervers sur les bords à en croire son penchant pour les clubs
BDSM, mais il y avait quelque chose chez lui que j’appréciais vraiment.
En dépit de ses histoires tordues de fétichisme, il semblait tout à fait normal et il s’y adonnait
sans doute par ennui. Heureusement, j’arriverais à maintenir son attention pendant tout le dîner
et à lui faire passer un bon moment. En fait, je n’étais pas sortie avec un garçon depuis très
longtemps, ce qui me rendait excessivement nerveuse.
J’étais vraiment attirée par Dean. Ce n’était pas seulement son corps musclé et ferme qui me
séduisait. Tout me plaisait chez cet homme. En plus, ses yeux semblaient me déchiffrer quand je
plongeais mon regard dedans et il avait une personnalité bien plus mature que la plupart des
hommes de trente ans.
Oui, je l’avais googlé et lu pas mal de choses sur lui. Quelle fille ne le ferait pas ? Il faisait partie
des célibataires les plus convoités de New-York. Les femmes étaient prêtes à faire n’importe quoi
pour sortir avec lui, et pourtant, c’était moi qu’il voulait.
Pourquoi me voulait-il moi ?
J’essayais d’avoir confiance en moi, mais j’avais du mal à comprendre pourquoi il me draguait
moi au lieu des innombrables femmes qu’il connaissait. Bien sûr, je ne suis pas une mocheté. Mais
Dean pouvait avoir les filles les plus bombesques de la ville et pourtant c’était avec moi qu’il
voulait dîner. C’était difficile à comprendre et cette question revenait chaque fois que je pensais à
lui.
– Adrianna, j’ai un rencard. Il faut que j’aie l’air super sexy, ai-je dit en rentrant à l’appartement.
On aurait cru que je venais de lui dire que David Beckham en personne m’avait invitée à sortir
ce soir. Le fait est que je n’avais pas souvent de rendez-vous galants, aussi elle ne s’y attendait pas
du tout. Et en plus, je ne la laissais jamais choisir mes fringues quand je sortais, car elle essayait
toujours de me faire porter des tenues affreusement suggestives. Alors inutile de dire
qu’Adrianna était aux anges.
Elle est sortie en courant de sa chambre, le souffle court et totalement intenable.
– Tu... as... un... rencard ? a-t-elle ânonné en bondissant dans tous les sens comme une
sauterelle. Qui est-ce ? Je le connais ?
– Du calme, ai-je dit en tentant de réprimer un sourire. Tu me promets que tu ne vas pas
flipper ?
– Oui, oui, je te promets ! C’est qui ?
– Le mec du club que j’ai ramené chez lui.
– Quoi ? Quoi ! Oh, mon Dieu. C’est la meilleure nouvelle de l’année ! Quand j’en aurai fini avec
toi, tu auras l’air d’un sexe perché sur des talons aiguilles.
– Et ce n’est pas tout, ai-je ajouté en grimaçant.
– Quoi ? Il est vraiment tordu ? J’ai entendu dire que les milliardaires étaient des mecs
bizarres, a affirmé Adrianna en se pliant en deux pour imiter la démarche de Quasimodo.
– Non. Mais... ai-je hésité. Il possède et dirige la maison d’édition qui m’a engagée aujourd’hui !
Nous avons sauté toutes les deux de joie à la nouvelle que j’avais décroché le job et que Dean
serait désormais mon patron. Il était excitant et exaltant de songer que j’allais le voir au bureau
tous les jours de la semaine.
Une fois calmée, Adrianna a commencé à comprendre pourquoi j’avais grimacé en lui crachant
le morceau. Certes, elle était heureuse que j’aie un rencard. Et heureuse aussi que j’aie trouvé un
emploi. Mais pas heureuse que mon rencard soit aussi mon patron.
Adrianna a grimacé.
– Donc, c’est ton patron ?
– Eh bien, techniquement, je vais avoir un supérieur dont je dépendrai directement. Mais oui,
Dean sera mon patron ; il est le PDG de la société et il est impliqué dans toutes les décisions.
Une expression d’inquiétude s’est formée sur le visage d’Adrianna et j’ai su exactement quelle
en était la cause. Je m’étais fait la même réflexion.
– Et si ça se passe mal entre vous ? Tu auras toujours le job ?
– Il ne se passera rien de bizarre. On va seulement dîner ensemble. On s’inquiétera du reste
plus tard. Je suis adulte, il est adulte, et je suis sûre que si ça ne marche pas entre nous, on pourra
quand même travailler ensemble.
J’ai eu l’impression de tenter de me convaincre moi-même que tout allait bien se passer. Je
voyais qu’Adrianna n’y croyait pas vraiment. Et à dire vrai, moi non plus. Cette histoire de dîner
était une très mauvaise idée. Le problème, c’était que mon corps n’aspirait qu’à être à la merci des
mains de Dean. Je ne pouvais pas décemment refuser cette chance de le voir une dernière fois
avant qu’on commence à travailler ensemble.
– Bon, si tu es décidée à sortir avec ce mec, trouvons une tenue qui le fasse saliver et se
tortiller sur sa chaise !
Adrianna a disparu dans sa chambre puis elle m’a fait signe de la rejoindre. Sincèrement, je ne
voyais pas quel genre de tenue pouvait avoir un tel effet sur un homme. Mais je voulais bien
essayer. La jupe qu’elle m’avait passée pour l’entretien avait semblé attirer l’attention de Dean.
Adrianna était experte en styles et en tendances à la mode, et elle savait sans nul doute attirer
l’attention des hommes. Je devais lui faire confiance.
– Ce sont des chemisiers ? ai-je demandé en avisant les minuscules bouts de tissu posés sur
son lit.
– Non, ce sont des robes.
– Quoi ? Non ! On dirait des fringues pour Barbie.
– Chloé, tu as un corps de déesse, mais sérieusement, tu le caches toujours sous des vêtements
difformes ! Dans une petite robe moulante comme celle-ci, tu vas faire un malheur.
– Et c’est bien, tu crois ? ai-je ironisé en dépliant l’une des robes.
Je l’ai tenue devant moi ; elle ne couvrait que la moitié de mon buste... J’ai espéré que le tissu
soit super extensible pour pouvoir couvrir mes courbes. Je ne pouvais pas sortir dîner en
redoutant que mes fesses se retrouvent à l’air sans crier gare. D’autant que si elles dépassaient de
la robe, cela attirerait sans nul doute l’attention de Dean.
– Passe la robe bleu poudre. Elle va être magnifique avec tes cheveux blonds et tes yeux bleus.
Je pris le bout de tissu, incapable de croire que mon corps pourrait tenir tout entier dedans. Il
couvrirait à peine mes rondeurs du haut et du bas... En plus, j’avais une poitrine plutôt généreuse ;
la plupart des tenues avaient du mal à contenir mes seins.
Je me suis glissée dans la robe et j’ai été vraiment surprise du résultat. Le textile était plus
extensible que je le pensais et il couvrait parfaitement les parties que je ne souhaitais pas
exposer. Je ne me sentais pas à l’aise de porter une robe qui moulait si parfaitement mes courbes,
mais elle était plus longue que prévu et mes seins ne s’en échappaient pas. Je me suis regardée
dans la glace et je n’ai pas été horrifiée. C’était déjà pas si mal.
Quand je suis sortie de la salle de bains, Adrianna a porté les mains à sa poitrine et a simulé
une crise cardiaque en s’écroulant sur le lit. Elle adorait avoir des réactions théâtrales et ne s’en
privait pas. Le théâtre était de loin sa plus grande passion.
– Oh, oh, c’est trop pour moi. Tu es la déesse du sexe ! Tu vas l’achever, c’est sûr.
Je n’ai pas pu m’empêcher de rire, d’autant que je me sentais tout sauf sexy.
– Il te faut des talons, a-t-elle dit le la tête dans le placard, en balançant des chaussures par
terre.
– Je ne sais pas marcher avec des talons, je ne mets que des chaussures plates.
– Oh non, tu ne peux pas porter cette robe avec des talons plats, a dit Adrianna sans sortir la
tête du placard. J’ai les escarpins parfaits, il faut juste que je les trouve.
Debout devant le miroir, j’ai regardé ma robe. À ma grande surprise, j’avais l’air d’une bombe.
Je n’avais jamais pensé que les tenues serrées m’allaient. J’avais trop de courbes, ou du moins je
croyais. Mais la façon dont cette robe moulait si joliment mes formes était impressionnante. Je
porterais cette robe, inutile d’en essayer une autre.
– Voilà, a dit Adrianna en jetant à mes pieds une paire d’escarpins bleu poudre. Pile poil ce qu’il
te faut.
Effectivement. Elles étaient parfaitement assorties à la robe et ornées d’une fleur élégante sur
le bout du pied. Je les ai trouvées trop mignonnes. En fait, le talon n’était pas si haut ; j’aurais pu
les acheter pour moi. Elles ne ressemblaient pas aux escarpins qu’Adrianna avait coutume de
porter. C’était sans doute la raison pour laquelle je ne lui avais jamais vu aux pieds.
– Elles sont parfaites, merci Adrianna, j’ai dit en admirant ma tenue dans la glace.
– Tu vas coucher avec lui ce soir ?
– Quoi ? Adrianna, non ! Arrête enfin !
– Mouaif...
– Quoi ?
– Alors tu devrais plutôt mettre une de tes tenues difformes. Celle-ci hurle : baise-moi !
Nous avons ri toutes les deux et je me suis mise à marcher en me déhanchant comme si j’étais
sur un podium. Je balançais mes hanches de droite à gauche, d’un mouvement très exagéré. Jouer
les top-modèles nous a fait éclater de rire de plus belle.
– Je veux le rendre fou.
– Oh, ma fille, cette tenue va l’expédier direct à l’asile de fous !
– Parfait. Maintenant, occupons-nous de la coiffure et du maquillage.
Nous sommes allées dans la salle de bains pour peaufiner les derniers détails de mon look. Je
ne voulais pas donner l’impression d’en faire trop, aussi je me suis maquillée légèrement. Mais
Adrianna a insisté pour me faire les cils et me mettre du brillant à lèvres.
Le résultat était une combinaison parfaite de sensualité et de douceur.
J’étais prête à l’époustoufler, ou du moins à le souffler par ma tenue. Si ça devait être notre
unique rendez-vous galant, je voulais qu’il passe une soirée formidable. J’avais dit à Adrianna que
je ne coucherais pas avec Dean, ce qui ne voulait pas dire que je refuserais de faire l’amour avec
lui.
Je n’étais plus aussi sûre de vouloir rester vierge. Je ne voulais pas attendre jusqu’au mariage.
Je voulais seulement que ma première fois soit mémorable. Et coucher avec Dean serait une
expérience mémorable, j’en étais sûre. Je n’avais aucun doute sur le fait que je me souviendrais de
Dean toute ma vie.
DEAN
Pour être honnête, je ne voulais pas dîner avec Chloé. Ce que je voulais lui faire était bien
moins chevaleresque. C’était pervers et sexuel — le contraire de ce qui aurait pu la séduire
actuellement. Son innocence me fascinait et j’aimais être avec elle.
Il fallait d’abord que je passe du temps avec elle. Il fallait que je joue le jeu pour la convaincre.
Elle était douce et pure, et je devais lui faire sentir que je n’étais pas un danger pour elle. Il fallait
qu’elle se sente détendue en ma présence. Et quand elle ne serait plus sur la défensive, alors je
pourrais passer à l’étape suivante.
Ce dîner n’allait être rien d’autre que de la conversation. Je savais déjà comment il allait se
passer. Nous allions manger, discuter et je lui prouverais que j’étais un parfait gentleman.
Et puis, au second rendez-vous, je commencerais à avancer mes pions. Elle était comme un
bon vin ; il fallait la faire décanter. Toute précipitation conduirait à l’échec.
L’idée de la posséder un jour me rendait dingue. J’aimais ça. J’aimais comme ma queue bandait
instantanément quand je pensais à elle. Le souvenir de la sensation que j’avais eue en la touchant
l’autre soir était encore très fort.
Mince, comment attendre plus longtemps ? La seule pensée de sa douce et jeune fleur
d’innocence excitait mon désir — je bandais chaque fois que je pensais à Chloé. Je devais calmer
mes ardeurs et tempérer mon érection, en dépit de mon désir pour elle.
En conduisant jusqu’à chez elle, j’ai mis au point ma stratégie de séduction. Elle voulait être
déflorée par un gentleman, eh bien j’allais me comporter en parfait gentleman. J’étais prêt à jouer
le rôle du prince charmant sur son cheval blanc si ça me permettait de la baiser.
– Bonjour, Chloé est là ? ai-je demandé à sa colocataire.
J’ai reconnu la fille qui était au club ; elle avait l’air très différente à la lumière du jour. Une jolie
fille, mais sans doute très délurée. J’aurais facilement pu draguer une fille comme elle au club ;
elles se ressemblaient toutes. Je ne voulais pas d’une fille facile. Je voulais quelqu’un qui méritait
que je lui consacre du temps et de l’énergie. Je voulais une fille pas comme les autres. Je voulais
Chloé.
– Oui, elle arrive. Je suis Adrianna, elle a dit en tendant la main avec enthousiasme.
– Bonjour Adrianna, ai-je dit en essayant de ne pas paraître agacé.
– Alors vous êtes riche ? Vous avez une maison d’édition ou un truc dans le genre ?
Elle m’a énervée instantanément. Je ne voulais pas parler à cette nana. Je me fichais
éperdument de sa conversation. Mais je savais qu’avec une fille comme Chloé, il fallait que je
gagne l’estime de son amie avant de pouvoir la mettre dans mon lit.
– Quelque chose comme ça.
– Ahhh, c’est cool.
C’était une torture de rester là à faire la causette avec Adrianna, mais en me retournant, j’ai vu
Chloé qui arrivait de la pièce du fond.
Mon cœur s’est accéléré et ma bite s’est gorgée de sang. Elle était sexy à mort.
Elle portait une robe bleue hyper moulante qui laissait deviner toutes ses formes. Ses seins
voluptueux, ses hanches incroyablement parfaites ; ils étaient là pour que je les admire. Je
n’arrivais pas à en détacher le regard.
Mes yeux ont zoomé sur son corps tandis qu’elle avançait et j’ai vu ses hanches bouger
latéralement dans un mouvement chaloupé. J’ai pensé à mes mains sur son corps — mes mains
qui allaient très bientôt la toucher de nouveau. Je mourais d’envie de l’attraper, de l’entraîner
dans la chambre du fond et de dévorer chaque centimètre de son corps.
– Vous êtes magnifique, ai-je dit poliment quand elle est entrée au salon.
Impossible d’exprimer le fond de ma pensée. Je ne pouvais pas lui dire qu’elle donnait
l’impression de vouloir se faire sauter. Une bonne grosse baise.
Je l’ai embrassée sur la joue et j’ai ouvert la porte pour qu’on puisse sortir de l’appartement au
plus vite. Plus tôt on aurait fini de dîner et plus vite je pourrais lui enlever sa robe et la mettre
dans mon lit. J’avais encore espoir que nous pourrions sauter directement du premier rendez-
vous au second, celui où elle serait nue contre moi.
La voir dans cette robe m’a fait oublier les réticences que j’avais à sortir avec Chloé. Et merde !
Peu m’importait qu’on soit amenés à travailler ensemble. Nous nous étions rencontrés avant son
entretien et je ne pouvais pas finir la journée sans la sentir contre moi. Il fallait que je la possède.
Et je la possèderai, sans l’ombre d’un doute.
CHAPITRE 7

CHLOÉ
À la façon dont il m’a regardée, j’ai douté que ce soit une si bonne idée de sortir avec lui. Aucun
homme ne m’avait jamais dévorée des yeux avec une telle intensité. Et aucun des mecs qui
m’avaient invitée un jour à dîner n’avait eu ce type de réaction.
Dean est resté la bouche ouverte quand il m’a vue sortir de ma chambre et marcher vers lui. Ça
m’a fait un bien fou de susciter ce genre de réaction et j’ai compris pourquoi Adrianna s’habillait
de manière aussi provocatrice quand elle sortait. Ça donne un sentiment de pouvoir de voir un
homme aussi éperdument amoureux de vous.
Dans la voiture, j’ai vu que Dean matait mes jambes. J’ai fait comme si je ne remarquais rien,
mais chaque fois qu’il quittait la route des yeux, c’était pour les poser sur mes cuisses. J’ai
commencé à avoir peur qu’il nous envoie dans le décor.
J’ai rougi et je me suis efforcée de ne pas avoir l’air gêné, mais je n’avais pas l’habitude d’être
avec un homme qui me désirait autant. Je n’étais pas non plus habituée à voir un type déployer
autant d’efforts pour un dîner. La plupart des mecs avec qui j’étais sortie étaient des amis et ils se
contentaient en général de m’inviter à la pizzeria du coin. J’ai eu l’impression que c’était mon
premier rendez-vous de femme adulte.
– Alors, où allons-nous ce soir ?
– On va chez moi pour baiser, il a plaisanté.
Je savais que c’était exactement ce qu’il voulait faire. Si j’avais dit oui, on aurait sauté le dîner
pour filer chez lui et passer directement au dessert.
– Oh, je dois me déshabiller tout de suite ou j’attends qu’on soit arrivés ?
Il a été surpris par ma répartie et je me suis réjouie de son trouble. Il s’attendait à ce que je
sois indignée par son commentaire, ou du moins déstabilisée, mais ce n’était pas le cas. En tout
cas, je venais de découvrir son côté provocateur.
– Nous devrions manger avant pour avoir des réserves d’énergie à brûler...
Il m’a tapé sur la cuisse en faisant son petit commentaire et sa stratégie a consisté à la laisser
là. J’ai baissé les yeux vers ses doigts posés à l’intérieur de ma cuisse, mais il a continué à fixer la
route sans me regarder ni enlever sa main.
– Oui, excellente idée.
– Vous aimez la cuisine française ?
– Je suis facile, ce qui vous ira m’ira.
– Facile à quel point ? a dit Dean en levant un sourcil.
J’ai pigé son sous-entendu sexuel, mais je n’ai pas laissé la conversation dériver dans cette
direction. J’ai essayé de m’en tenir au thème de la nourriture.
– Je goûte tout deux fois, ai-je ri.
– Mon genre de fille. Et si nous tentions quelque chose d’un peu fou ?
Je suis devenue instantanément nerveuse à l’idée d’essayer quelque chose de fou avec Dean. À
l’évidence, nous n’avions pas la même notion de ce qui était fou ou non. Je l’avais rencontré dans
un club BDSM. Mais en matière de nourriture, il ne devait pas y avoir pléthore de restos disjonctés
en ville.
– Vous me rendez un peu nerveuse, j’ai dit.
– Vous avez raison de l’être.
Dean m’a fait un sourire malicieux et a pris la direction du centre-ville. J’avais l’impression
qu’il faisait des tours et des détours pour arriver dans le quartier des restaurants. Finalement, il a
tourné dans une longue rue transversale, puis dans des ruelles minuscules. On était quelque part
près de Chinatown quand il a trouvé une place pour se garer.
Dean a bondi hors de la voiture et s’est précipité pour m’ouvrir la portière. C’était un geste très
galant et inattendu.
J’angoissais un peu à l’idée de marcher en talons dans les rues. Je n’en portais pas souvent et je
manquais de pratique comme d’entraînement récent. Je ne voulais pas avoir l’air d’une petite fille
qui a joué à se déguiser en dame pour la soirée.
Heureusement, le restaurant était situé à quelques pas seulement de la ruelle où nous étions
garés. Ou du moins la porte d’entrée du lieu où nous allions. Aucune enseigne ne suggérait que
c’était un restaurant.
– On est où ? ai-je demandé en cherchant une inscription qui me mettrait sur la voie.
– C’est une surprise.
Il m’a adressé un sourire coquin qui a immédiatement allumé la mèche du désir dans mon
ventre. Son sourire avait l’air de dire qu’il connaissait des secrets que j’ignorais, et il exhalait le
désir d’une façon enivrante.
J’ai hésité sur le pas de porte, mais Dean a passé son bras autour de ma taille et m’a entraînée
avec lui dans l’immeuble.
Son odeur était un mélange troublant de propre et de sale. J’ai enfin compris ce que les
scientifiques voulaient dire quand ils prétendaient que les gens étaient attirés par les
phéromones de l’autre. Dean ne sentait pas l’eau de Cologne ni le parfum, mais son odeur me
semblait familière. J’aurais pu poser ma tête sur son torse et le sniffer à vie sans jamais m’en
lasser.
– Euh, je ne sais pas, ai-je dit en tentant d’échapper à son emprise.
En entrant, j’ai eu l’impression de me retrouver devant la porte de service d’un restaurant. Sur
la droite, plusieurs garçons remuaient ce qui ressemblait à de la soupe. Il y avait aussi une vieille
femme qui était en train de fabriquer des nouilles à la main.
– Chloé, a dit Dean en m’attirant contre lui dans l’entrée, regardez-moi.
Je l’ai regardé dans les yeux. Puis j’ai voulu détourner le regard tant il me fixait avec intensité.
J’avais envie de l’embrasser aussi. Je ressentais un désir irrépressible de poser mes lèvres sur les
siennes et de l’embrasser passionnément dans cette arrière-salle de restaurant.
– Faites-moi confiance, il m’a dit.
Ce n’était pas tant les mots qu’il avait prononcés que sa façon de me tenir et l’accent qu’il avait
mis sur le mot confiance. Le truc drôle, c’est que je lui faisais totalement confiance. Je ne le
connaissais pas, mais mon instinct me dictait de lui faire confiance, et mon instinct ne m’avait
jamais trompée.
J’ai arrêté de tenter de m’échapper vers la sortie et j’ai essayé de me détendre.
Dean m’a pris la main et m’a conduite dans la petite salle à manger à l’avant du restaurant. Elle
était minuscule, quatre sièges seulement devant le comptoir et six tables individuelles dans la
salle principale.
Il y avait trois autres couples assis à table et Dean m’a entraînée vers la table le plus éloignée.
Les autres couples avaient l’air bien plus sophistiqués et mondains que ma pomme.
J’ai observé la salle pour en emmagasiner les moindres détails. Ça ressemblait à une maison
de nouilles, hautement traditionnelle. Je ne savais même pas que ça existait dans ce quartier et
j’ai immédiatement pensé qu’ils devraient faire de la pub locale ou de la promotion sur Facebook.
Une jeune femme s’est approchée de notre table.
– Ni hao, we' kéyibâni de dingdân ? a-t-elle demandé.
Je n’ai rien compris à ce qu’elle disait, à part ni hao qui signifie bonjour, et j’ai scruté la carte
dans l’espoir de pointer du doigt le plat qui me faisait envie. Malheureusement, il n’y avait pas de
photos sur le menu et il était écrit en chinois.
– Lâmiàn liângwân héliâng gèhâiyù. Xiè xiè, a répondu Dean.
La jeune femme lui a souri et a couru derrière le comptoir. J’ai regardé Dean les yeux
écarquillés, attendant qu’il dise quelque chose. Il ne m’arrivait pas tous les jours de tomber sur un
homme capable de commander à dîner en chinois.
Il m’a regardée en souriant.
– Donc, vous parlez chinois ?
– Pas vraiment, juste l’essentiel pour ne pas mourir de faim en voyage d’affaires.
En tant que lectrice assidue, j’ai toujours été fascinée par les langues. Je n’en maîtrisais aucune
réellement, mais je baragouinais l’espagnol et le français. Aussi, j’enviais sa capacité à parler si
couramment une langue sans avoir pris des cours pendant quatre ans.
– Vous êtes très belle, il a ajouté.
J’ai baissé les yeux et j’ai souri. Il m’était difficile de soutenir son regard, tant il était intense.
J’avais l’impression qu’il ne pensait qu’à des images érotiques.
– Merci, j’ai dit.
– Vous ne savez même pas à quel point vous êtes belle, n’est-ce pas ?
– Je pense que vous délirez un peu.
– Je dirige une entreprise qui vaut plus d’une centaine de millions ; délirer n’est pas dans mes
habitudes, a-t-il dit d’un ton sec.
J’ai senti que ma remarque l’avait vexé, et nous sommes restés silencieux quelques minutes,
jusqu’à ce qu’on nous apporte les nouilles ramen.
Les bols à soupe étaient énormes et les nouilles joliment disposées à l’intérieur. Des épices
flottaient au-dessus du bouillon, et même une tranche de poulet. C’était de loin les plus beaux
ramen que j’avais jamais vus.
En aspirant ma première cuillérée de nouilles, je me suis rendu compte que tout ce que je
connaissais de ce plat était erroné. Le goût des nouilles en boîte que j’avais mangées dans les
boutiques chinoises ne ressemblait en rien à celui de ce plat. Les nouilles fraîches confectionnées
à la main avaient la texture et la tendreté parfaite. Le bouillon dispensait un cocktail de saveurs
incroyables et j’étais littéralement conquise.
Nous sommes restés silencieux en savourant nos bols de ramen. Aucun mot n’a été échangé.
Nous étions bien.
Mon corps était détendu maintenant et la proximité de Dean me rendait moins nerveuse. Je ne
savais pas ce que j’espérais de notre rendez-vous, mais dîner dans une vieille maison
traditionnelle de nouilles chinoises me convenait à la perfection. Je savais qu’il était riche et qu’il
aurait pu m’emmener dans n’importe quel restaurant chic à la mode, mais dîner ici était tout
simplement magique.
L’atmosphère au charme désuet et feutré de la salle était très intime. C’était de loin le meilleur
premier rendez-vous que j’avais eu depuis longtemps.
DEAN
Elle ne se rendait même pas compte d’à quel point elle était sexy. Alors que nous nous
rendions au restaurant, j’ai soudain changé mes plans ; je ne pouvais pas l’emmener dans un
restaurant étoilé à la mode, ça ne l’aurait pas impressionnée.
Chloé voulait mon attention exclusive, je le savais. Nous immerger au milieu de la foule dans
un restaurant hors de prix l’aurait mise mal à l’aise. C’était bien trop loin de sa zone de confort.
Aussi jolie qu’elle était dans sa robe moulante, je sentais que ce n’était pas le genre de tenue
qu’elle avait l’habitude de porter. Elle était plus une fille à sortir en jean et en tee-shirt. Elle avait
l’air tout sauf à l’aise, surtout avec ses chaussures à talon haut. J’avais tellement envie de faire
voler ses escarpins dans les airs et de l’allonger sur un lit pour la prendre.
Néanmoins, j’étais flatté qu’elle ait fait tout cela pour capter mon intérêt. Ça me plaisait. Il me
serait peut-être plus facile que prévu de la ramener à la maison. Disons que je n’aurais sans doute
pas besoin d’un second rendez-vous.
La vraie raison d’être de cette soirée était d’évaluer le montant d’efforts à fournir pour la
mettre dans mon lit. Je la voulais, tout mon corps la désirait ardemment, mais je n’avais pas
l’intention de jouer à la dînette bien longtemps. Si elle avait besoin de souvenirs impérissables
avant de franchir le pas, alors je renoncerais et notre relation redeviendrait purement
professionnelle.
Tandis que nous mangions nos nouilles, je la voyais s’émerveiller du restaurant et des gens qui
y travaillaient. Elle avait l’air d’apprécier réellement l’endroit.
Au moment de partir, je l’ai prise par la taille et je l’ai raccompagnée jusqu’à la voiture. Nous
n’avions pas parlé beaucoup au restaurant, mais je sentais qu’elle avait commencé à se détendre.
La rougeur de ses joues s’était dissipée et j’étais prêt à enclencher la phase deux.
– Dites-moi, cela vous dirait de dîner de nouveau ensemble ? ai-je demandé.
Ses yeux ont brillé d’une lueur que j’avais déjà vue. C’était mauvais signe. Ses pupilles se sont
dilatées et elle a presque défailli à ma proposition. J’ai su instantanément quoi faire. J’avais déjà
vu ce regard chez d’autres filles. Il signifiait qu’elle me prenait pour le prince charmant. Je ne
ressemblais ni de près ni de loin à son prince charmant et je ne voulais pas qu’elle se méprenne.
Je devais tout arrêter. Je l’ai compris à cet instant. Elle voulait vivre une grande histoire
d’amour avec une fin heureuse, alors que tout ce que je voulais, c’était une grande histoire d’un
soir, au lit.
Je ne devais pas aller plus loin. Cette fille ne cherchait pas le plaisir facile. Elle serait incapable
de coucher avec moi un soir et de continuer sa route. Cette fille voulait une jolie maison et des
enfants qui jouent dans le jardin.
Tous les signaux d’alarme s’étaient mis à clignoter dans ma tête en raison d’un simple regard
qu’elle m’avait jeté, mais il était trop tard. Je venais de l’inviter à un second rencard. « Oui, avec
grand plaisir, » elle avait répondu avec un regard ému et rempli d’admiration.
J’ai pris mes distances à la fois physiques et émotionnelles. Je ne voulais de rien qui ressemble
de près ou de loin à une relation, alors que c’était précisément ce qu’elle désirait. Je ne pouvais
pas faire ça. Pas si elle devait travailler pour moi, or je pensais réellement qu’elle serait une
excellente lectrice de manuscrits.
Non.
Il fallait que je prenne mes distances.
Et puis elle m’a regardé de ses yeux océan et s’est mordu la lèvre en souriant. Ma volonté s’est
envolée, emportant ma résolution de ne pas l’inviter à un second rendez-vous. Il ne m’a fallu qu’un
instant pour tomber dans le terrier du lapin comme Alice et plonger ma langue dans sa bouche.
Je l’ai plaquée contre la voiture et j’ai posé mes lèvres sur les siennes. Nos langues se sont
entrelacées et pendant un moment, je ne savais plus dire si c’était elle ou moi qui leur donnait
l’impulsion.
J’ai senti ses seins comprimés contre mon torse et ma bite a réagi illico en se mettant au
garde-à-vous. J’ai essayé de m’arrêter, mais il était trop tard. J’avais besoin de l’avoir. Mon corps
avait physiquement besoin de l’avoir et je savais que je ne pourrais plus penser à autre chose
avant de sentir sa peau douce contre la mienne.
J’ai remonté mes mains le long de ses cuisses et j’ai relevé sa robe bleue. Je la voulais là, tout de
suite.
J’ai continué à glisser mes mains plus haut et à remonter sa robe de plus en plus, jusqu’à ce que
je sente l’étoffe de sa petite culotte. Je l’ai saisie à deux mains et j’ai tiré dessus d’un coup sec pour
la baisser jusqu’à ses chevilles. Je m’attendais à ce qu’elle résiste et proteste, mais elle n’a rien dit.
Alors j’ai continué. Je lui ai enlevé sa culotte en dentelle blanche, en soulevant un pied, puis l’autre,
et je l’ai fourrée dans ma poche.
Elle m’a attiré contre elle et j’ai senti le sang palpiter dans ma queue. Chloé me désirait autant
que je la désirais. Rien ne pourrait plus m’arrêter.
J’ai ouvert la portière arrière et je suis entré dans la voiture, puis j’ai attrapé sa main pour
qu’elle vienne sur mes genoux. J’avais envie d’elle. Il fallait que je sois en elle.
– Je ne peux pas, a-t-elle dit tout à coup, debout face à la portière, en me regardant.
Ma déception était évidente et j’étais furax. Elle m’avait laissé enlever sa culotte et se
comportait maintenant comme une sainte-nitouche. J’aurais dû m’arrêter avant que ça aille si
loin. Je n’aurais jamais dû l’embrasser.
Je lui en voulais autant à elle qu’à moi-même d’avoir perdu les pédales.
– Très bien, ai-je dit en sortant de la voiture pour lui ouvrir la portière passager.
Je ne voulais pas me comporter comme un enfoiré, mais je fulminais de rage. J’avais tellement
envie de sentir nos corps imbriqués l’un dans l’autre. C’était trop, j’avais l’impression que ma bite
allait exploser tellement elle m’avait excité.
Je l’ai reconduite chez elle en silence. Impossible de parler. Tout ce que je voulais, c’était la
convaincre de coucher avec moi. Je n’aurais pas su quoi lui dire d’autre, aussi j’ai préféré me taire.
Le trajet du retour était glauque de chez glauque ; ça ne m’était jamais arrivé en raccompagnant
d’autres filles. Et le mot glauque était même trop faible pour décrire ce qui venait de se passer.
Chloé est descendue de la voiture et s’est dirigée vers l’entrée de son immeuble sans dire un mot.
C’était la pire fin de soirée pour un dîner si merveilleux.
CHAPITRE 8

CHLOÉ
Confuse et gênée, je suis entrée dans l’appartement et j’ai foncé directement dans ma
chambre. D’abord Dean voulait sortir avec moi, puis il ne voulait plus me toucher et ensuite il a
essayé de me sauter à l’arrière de sa voiture.
J’étais gênée de ne pas l’avoir arrêté plus tôt. Mon corps désirait tant ses caresses que je
m’étais laissée prendre par l’intensité du moment.
Je savais qu’il voulait me sauter, ce n’était pas une surprise. La surprise était qu’il se soit
comporté en parfait gentleman toute la soirée et que j’ai cru qu’il m’appréciait. Mais quand nous
sommes arrivés à sa voiture et qu’il m’a enlevé ma culotte, il était plus que clair qu’il voulait juste
me baiser et qu’on en reste là.
Même si mon corps le désirait, j’avais dû refuser. Je ne voulais pas d’un mec qui était
seulement là pour le sexe. Aussi génial soit-il, je ne pouvais pas accepter. Mon cerveau disait non,
mais mon corps disait oui. Il voulait sentir Dean contre lui et en lui.
Je n’allais sûrement pas offrir ma virginité à un homme qui me traitait de cette façon. Croyait-
il vraiment que j’allais coucher avec lui dans sa voiture ? J’aurais pu coucher avec mon ex ; au
moins, nous avions eu une relation longue et sérieuse. Au moins il avait pris la peine de
m’emmener jusqu’à son lit pour essayer de me baiser.
Dean n’était à l’évidence intéressé que par le sexe. En fait, plus je réfléchissais et plus j’avais
les idées claires. Il voulait coucher avec moi, il a cru que j’allais le laisser faire, j’ai refusé, alors il a
fait la gueule.
Le problème étant qu’il serait mon patron demain. Comment diable allais-je m’intégrer dans
mon nouvel environnement de travail après ce qui venait de se passer ?
Demain matin, j’allais me pointer au bureau et attaquer le job de mes rêves. Quelle que soit la
nature de nos relations, il faudrait mettre cette histoire de côté pour travailler ensemble
efficacement et professionnellement.
J’ai pris une douche chaude dans l’espoir de me détendre avant d’aller au lit. J’avais besoin
d’une bonne nuit de sommeil avant d’aborder, tôt demain, mon nouveau job.
Je me suis couchée avec une sensation de fatigue émotionnelle et physique. J’étais épuisée.
Heureusement, cet épuisement m’a permis de dormir tout de suite et d’être en forme le matin.
Ce qui s’était passé n’était pas si grave. Il valait mieux que ça se soit passé de cette façon. À la
lumière du matin, la situation m’apparaissait plus clairement ; nous pourrions entretenir une
bonne relation professionnelle.
Cette perspective nouvelle m’a libérée d’un poids. Je ne voulais pas me faire déflorer à l’arrière
d’une voiture, de toute façon. Ce n’était pas plus mal que notre premier rendez-vous se soit
achevé de cette manière. J’avais découvert le vrai visage de Dean et su qu’on ne cherchait pas la
même chose. Autant le découvrir avant d’avoir couché ensemble, il y aurait moins de gêne entre
nous.
J’ai passé une tenue professionnelle et je suis partie pour mon nouveau boulot. J’étais résolue
à parler à Dean et à dissiper le malentendu de la nuit dernière. J’étais optimiste sur le fait qu’on
pourrait discuter de la situation et passer à autre chose.
Nous étions deux adultes, il n’y avait pas de sujets tabous. Je voulais juste lui dire que nos
rapports seraient purement professionnels, que je n’étais pas amoureuse de lui, et qu’il n’y aurait
pas de problème entre nous, s’il était d’accord.
Le hic dans ce plan était que j’avais des sentiments pour lui. Je voulais faire l’amour avec Dean
et si nous avions été dans un lieu privé, comme sa maison, j’aurais probablement cédé à ses
avances. Mon corps le désirait, et mon esprit aussi. Je ne pouvais pas m’empêcher d’être excitée à
la pensée de nos corps bougeant en rythme, et je voulais connaître le plaisir sexuel, en particulier
avec lui.
Dean semblait si expérimenté qu’il aurait été génial d’être avec lui, mais j’exigeais plus que ça
pour ma première fois. Je voulais le faire avec quelqu’un que je reverrais. Je voulais quelqu’un que
je fréquenterais et qui deviendrait mon petit ami. Dean ne voulait pas ça. Il voulait juste s’amuser
et prendre du bon temps.
J’ai marché jusqu’à mon nouveau bureau la tête haute, confiante dans le fait que nous
pourrions travailler ensemble d’une manière professionnelle. Ne pas coucher ensemble nous
apparaîtrait alors comme la meilleure décision que nous avions prise.
– Bienvenue, mademoiselle Mayers. Monsieur Hammond aimerait vous voir dans son bureau
avant que vous n’alliez au service des ressources humaines, m’a dit la secrétaire à l’accueil quand
je suis entrée dans le hall.
Mon cœur s’est serré instantanément.
Il ne voulait sans doute plus que je travaille ici. La situation était devenue si embarrassante
qu’il avait changé d’avis et allait retirer sa proposition d’embauche.
Mon cœur s’est mis à battre plus fort. Ma respiration s’est accélérée et j’ai senti des gouttes de
sueur se former sur mon front.
J’avais les jambes qui flageolaient en me dirigeant vers son bureau. Je ne savais pas de quoi il
voulait m’entretenir, mais j’avais le pressentiment que ça se finirait mal pour moi.
Je devais garder mon sang-froid et me comporter de manière professionnelle.
DEAN
Il fallait que je parle à Chloé avant qu’elle soit officiellement embauchée afin de m’assurer
qu’elle voulait toujours travailler avec moi. Visiblement, elle ne voulait pas coucher avec moi ; il
était possible qu’elle soit incapable d’avoir une relation professionnelle avec moi.
– Bonjour, Chloé.
– Bonjour, Dean, elle a dit doucement.
– Je voulais vous parler d’hier soir.
– Je suis désolée pour hier soir. Je ne voulais pas laisser les choses aller si loin. Je vous
apprécie beaucoup. Mais je n’aurais pas dû accepter de sortir avec vous. Je pense que je cherche
autre chose, vous n’y êtes pour rien.
Chloé parlait avec fébrilité et j’ai senti qu’elle était nerveuse. Elle était diablement sexy quand
elle était nerveuse.
J’ai regardé ses yeux bleus qui pointaient dans toutes les directions. Ses mains s’agitaient
nerveusement sur ses genoux et j’aurais voulu la prendre dans mes bras et la rassurer. Mais
c’était la dernière chose à faire. Elle n’était pas prête pour un homme comme moi. Je devais
renoncer à elle.
– Chloé, tout va bien. Je veux que vous travailliez ici. Je suis persuadé que vous allez faire du
bon boulot. On va juste poursuivre notre relation sur un plan purement professionnel, et oublier
le reste.
J’ai vu le soulagement dans ses yeux quand j’ai fini de parler. La tension de ses épaules s’est
relâchée, son comportement a changé et sa douceur m’est apparue encore plus évidente.
– Oui, oui, c’est exactement ce que je pense aussi. Je suis heureuse qu’on soit sur la même
longueur d’onde, a-t-elle dit, un large sourire illuminant son visage.
En se détendant, Chloé a décroisé les jambes et j’ai aperçu furtivement sa petite culotte noire.
Instantanément, et sans prévenir, mon corps a réagi. Ma bite est devenue dure et je ne songeais
plus qu’à l’allonger sur mon bureau en acajou et à me la faire.
J’ai pensé à la douceur de sa peau sous mes mains posées sur ses hanches tandis que je
m’enfoncerais profondément en elle. Elle pousserait des petits gémissements de plaisir et
m’implorerait de la mettre plus profond encore. Je lui donnerais ce qu’elle veut jusqu’à ce que je
jouisse au fond d’elle, dans une explosion de plaisir.
– Parfait, vous êtes attendue au service des ressources humaines, ai-je dit en lui indiquant la
porte.
Je l’avais congédiée d’une manière un peu brutale. Mais il fallait que son petit cul sexy
disparaisse de ma vue avant que je l’attrape pour la culbuter sur mon bureau.
Certes, j’étais content d’avoir établi les frontières de notre relation, qui serait purement
professionnelle, mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser à elle. Mon désir physique pour elle
était plus fort que tout.
Je savais qu’elle était trop innocente pour moi. Mes pensées impures et tout ce que je voulais
lui faire l’auraient effrayée. Elle ne voulait pas être mon jouet sexuel. Chloé voulait un petit ami
qui l’inviterait à dîner et se blottirait contre elle en regardant des films. Je ne pouvais pas être cet
homme.
Je consacrais ma vie à ma maison d’édition et à toutes les obligations liées à la direction d’une
entreprise. Je n’avais pas de temps pour entretenir une relation régulière et quotidienne, ni avec
Chloé ni avec une autre femme. C’était précisément la raison pour laquelle je me contentais de
lever des filles dans des clubs comme à Force ; ces filles-là ne voulaient pas d’une relation.
Les femmes allaient dans ce genre de clubs pour se faire tirer. Elles voulaient un homme fort
qui les baiserait à fond et les ferait hurler de plaisir. Ces femmes-là ne cherchaient pas de
sentiments ni d’émotions et elles étaient tout sauf vierges.
J’étais habitué à ces femmes faciles.
Je ne me sentais pas du tout à l’aise avec une fille comme Chloé. Son innocence me troublait et
me déstabilisait. Elle me plongeait dans un état de confusion mentale qui me dérangeait et ne
m’aiderait certainement pas à transformer ma maison d’édition en la firme internationale à
laquelle j’aspirais.
Quoi qu’il en soit, je devais rester concentré sur ce qui importait vraiment : mon entreprise.
Rien ne pourrait me distraire de mon objectif final. Pas même la douce innocence de Chloé.
Surtout pas la douce innocence de Chloé. Depuis quelques jours, mon esprit était déjà sans
cesse distrait de mon travail, car je pensais à elle non-stop. Ça ne pouvait pas continuer. Je devais
rester concentré, je devais continuer à faire du travail ma priorité et oublier Chloé.
J’allais m’atteler à la tâche et l’oublier.
Si mon cerveau pouvait le faire, ce serait plus dur pour mon corps. Le seul souvenir de la
douceur de sa peau sous mes mains m’envoyait des décharges électriques dans tout le corps et
me faisait bander comme un malade. Je la désirais, je la voulais, et je savais qu’il me la fallait ; je
devrais faire preuve d’une volonté inébranlable.
Chloé Mayers était officiellement en ZONE INTERDITE.
CHAPITRE 9

CHLOÉ
Une fois embauchée, mes relations avec Dean se sont espacées. Je n’avais pas besoin de le voir
très souvent. J’avais mon propre bureau et des piles et des piles de manuscrits à lire. Mon
supérieur, Karl, était un mec cool avec qui je m’entendais bien.
Nous avions choisi ensemble les premiers projets sur lesquels me pencher. J’avais cinq
manuscrits à lire la première semaine. Ça pouvait sembler beaucoup, mais pas pour moi.
Les premiers jours, j’ai lu un manuscrit par jour et ils étaient pitoyables. Au-delà des mots ! Il
n’était pas question qu’on les publie.
– Combien de mauvais manuscrits dois-je lire avant de tomber sur une histoire intéressante ?
– C’est variable ; il y a des semaines où vous verrez passer deux bons livres. Mais il peut aussi
passer plusieurs semaines sans le moindre manuscrit intéressant, m’a répondu Karl.
J’étais déçue. Je n’étais pas encore certaine de savoir ce qu’était une bonne histoire. J’avais
juste le sentiment que j’aurais un déclic en la lisant, ou du moins c’était le conseil que m’avait
donné Karl le premier jour.
Le vendredi de ma première semaine de travail, je n’avais pas le moral. J’avais lu cinq
manuscrits et aucun n’avait éveillé mon intérêt. Et pourtant j’en avais choisi un ou deux, car le
courrier qui les accompagnait était bien tourné, ce qui me semblait un bon début.
Mais la vérité, c’est qu’il y avait beaucoup de mauvais écrivains dans la nature et
apparemment, ils envoyaient tous leur manuscrit aux éditions StarLight.
Au moment de partir du bureau vendredi soir, j’ai pris au hasard un manuscrit dans la pile. Je
ne voyais pas d’inconvénient à en lire un de plus pendant le week-end. Je n’avais rien de prévu. À
part aller chercher les éventuelles amies qui m’appelleraient, complètement saoules, samedi soir.
Lundi, je me mis en route pour le bureau de bon matin. Le livre que j’avais rapporté à la
maison était plus que fabuleux et j’étais impatiente de le faire lire à Karl. Je me suis assise
derrière mon bureau, pleine d’enthousiasme et excitée comme une puce.
Pour m’occuper jusqu’à l’arrivée de Karl, j’ai entrepris de ranger mon bureau et de classer les
manuscrits qui s’y trouvaient.
Il n’était que six heures du matin, mais comme je n’arrivais plus à dormir, j’avais décidé d’aller
tôt au bureau. J’aimais vraiment mon travail et je trépignais d’impatience de montrer à Karl et
même à Dean la perle rare que j’avais lue pendant le week-end. C’était un roman drôle,
énigmatique et subtilement sentimental. Un récit de science-fiction, certainement pas le genre
qui m’attirait. J’avais été accrochée dès la cinquième page et je ne l’avais pas lâché jusqu’à la
dernière page.
– Vous ne toucherez pas d’heures sup. à venir si tôt au bureau, a dit Dean en sortant de
l’ascenseur.
– Je n’arrivais pas à me rendormir.
– Eh bien, allez courir, regardez un film, faites des cupcakes, mais ne venez pas travailler si tôt.
Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Il avait raison, sauf que je n’avais pas de vie. Mon monde
tournait autour du travail et des corvées ménagères.
– J’ai lu un manuscrit qui devrait vous plaire. Il m’a tellement enthousiasmée que je voulais en
parler à Karl, mais puisque vous êtes là, voulez-vous que je vous le résume ?
Depuis qu’on avait décidé d’avoir une relation purement professionnelle, je ne l’avais pas
beaucoup vu au bureau. Je ne savais pas si c’était normal ou s’il m’évitait volontairement, mais
cela m’avait donné le temps de m’adapter à mon environnement et de m’y sentir à l’aise.
– Montrez-moi ce que vous avez, a dit Dean en s’asseyant à mon bureau.
J’ai sorti mes notes sur le livre et je lui ai tendues au-dessus de la pile de manuscrits. Il les a
parcourues rapidement, avant de reporter toute son attention sur moi.
Ses yeux chocolat se sont fondus dans les miens et je n’arrivais plus à parler. Dean a continué
de me fixer, attendant que j’ajoute quelque chose. J’avais beaucoup à dire, mais les mots ne
sortaient pas. Visiblement, ce n’était pas parce que nos rapports étaient purement professionnels
que ma nervosité face à lui s’était envolée.
– Euh, c’est vraiment génial. L’histoire est très surprenante et m’a captivée jusqu’à la fin.
– Oui, mais c’est une romance de science-fiction. Ce n’est pas vraiment ce qui m’intéresse. On
va laisser tomber pour le moment. Envoyez-lui certaines de vos notes et suggestions
d’amélioration et proposez-lui de soumettre à nouveau son manuscrit quand il l’aura modifié.
Dean s’est levé et s’est dirigé vers la porte.
– Euh, il n’y a rien à améliorer selon moi. C’est vraiment bien écrit, ai-je dit d’un ton
embarrassé.
– D’accord, alors envoyez juste un courrier formel. Nous avons le regret de blablabla, a lancé
Dean du couloir, avant de se retourner vers moi. Vous avez fait du bon boulot Chloé et je suis
impatient de découvrir votre prochain coup de cœur. Continuez comme ça.
Sur ce, il a disparu dans le couloir. Mais c’est quoi ce bordel ? ai-je pensé, perplexe.
Quand Karl est arrivé au bureau, il a vu tout de suite mon air désenchanté. Impossible de le
cacher. J’avais attendu la dernière page pour faire part de mon émerveillement sur ce livre à
quelqu’un et j’étais sûre que ce serait le premier manuscrit publié grâce à mon nez.
– Alors, quoi de neuf ? Je ne vous ai jamais vue aussi affligée depuis votre arrivée, a lancé Karl.
– J’ai lu un manuscrit génial, j’en ai parlé à Dean et il a dit non.
Je n’aurais jamais dû l’appeler Dean devant Karl. J’ai immédiatement remarqué sa réaction et
j’ai compris que j’avais encore des efforts à faire pour que notre relation soit uniquement
professionnelle.
– Eh bien, Monsieur Hammond a une vision très précise de ce qu’il veut. Notre travail n’est pas
de repérer tous les livres publiables. N’oubliez jamais : notre travail consiste à repérer le meilleur
manuscrit parmi les meilleurs, pour lui présenter ensuite. C’est sa maison d’édition et c’est à lui
seul qu’il revient de choisir les auteurs qu’il publiera.
Les bras m’en sont tombés.
Le manuscrit que j’avais lu était un excellent livre et il partirait chez un autre éditeur si on ne
le signait pas.
– Karl, c’est un excellent roman. Un livre de science-fiction avec une histoire d’amour. Un
mélange parfait et plein de rebondissements, ai-je justifié en lui tendant mes notes.
Le visage de Karl s’est fermé tandis qu’il lisait mes notes. Je sentais bien qu’il n’aimait pas du
tout.
– Oh, Monsieur Hammond ne publiera jamais ça. Il déteste le mélange des genres. Trop difficile
à faire accepter par les libraires et ça embrouille les lecteurs.
J’ai inspiré profondément. J’aurais aimé que Dean me dise ce qu’il n’aimait pas. Ce livre était
avant tout de la science-fiction ; l’histoire d’amour n’était qu’au second plan. J’imaginais très bien
qu’il soit promu comme de la science-fiction et rangé dans ce rayon des librairies.
– C’est un roman de science-fiction, je dois lui dire. Il faut absolument qu’il le lise.
– Minute papillon, m’a dit Karl alors que je me précipitais vers la porte. Même s’il n’a pas été
assez clair, c’est peine perdue. Il ne prendra pas la peine de le lire. Et vous allez le mettre en rogne
si vous retournez le voir pour lui représenter le projet.
– Quoi ? Pourquoi ? Il ne sait pratiquement rien sur ce livre. Il faut au moins qu’il le lise.
– Chloé, c’est un homme très occupé ; il n’a pas le temps de lire tout ce qu’on lui envoie.
– Je m’en doute, mais ce livre va faire un malheur. Je le sais.
Karl a semblé amusé par mon insistance, mais il ne m’a prodigué aucun autre conseil. J’ai
compris à son regard que la discussion était close puisqu’il m’avait demandé de ne pas reparler
du livre à Dean. Ce qu’il ne savait pas, c’était que je ne me laissais jamais arrêter par un premier
refus.
Il fallait que je parle à Dean. Je devais lui en dire plus sur l’histoire afin qu’il comprenne son
potentiel immense. Il était hors de question que je lâche l’affaire avant qu’il en connaisse tous les
rebondissements et le génie de l’auteur à nous embarquer avec ses personnages dans l’aventure.
J’ai attendu que Karl reparte dans son bureau, puis j’ai pris mon courage à deux mains et je me
suis dirigée bille en tête vers le bureau de Dean.
DEAN
Je ne pouvais pas décemment accepter le premier projet qu’un lecteur de manuscrits me
présentait. Pas plus Chloé que n’importe qui d’autre. J’avais fait le coup à tous mes lecteurs. Il
fallait qu’ils comprennent que je ne cherchais pas juste un bon manuscrit. Si je consacrais une
journée entière à lire un roman potentiellement publiable, il devait casser la baraque. Il devait
être plus que génial ; le roman devait être parfait à la virgule près.
Je ne voulais pas que mes lecteurs pensent qu’ils pouvaient me faire perdre mon temps. Ils
devaient être certains à 100 % que le roman qu’ils voulaient que je publie allait être un best-seller.
Et c’était tellement plus qu’une belle écriture. Un vrai best-seller impliquait que l’auteur lui-
même soit investi à fond dans la réussite de son projet. Cela signifiait qu’il ou elle était prête à
poser des jours de congé et faire garder ses enfants pendant la tournée de promotion.
Tous les nouveaux auteurs devaient être capables de partir en tournée de promotion de leur
livre ou je ne les signais pas.
Quand Chloé s’est pointée dans mon bureau quelques heures plus tard, je m’étais préparé. Elle
n’avait pas l’air du genre de personne qui s’en sort bien quand elle a essuyé un premier refus.
– Dean, je crois vraiment que vous devriez lire ce roman, a dit Chloé en entrant dans mon
bureau.
– Non, j’ai déjà dit non. Ne me faites pas perdre mon temps.
Sa bouche s’est ouverte et j’ai senti qu’elle ne s’attendait pas à ce que je la rabroue de la sorte.
Mais ça lui faisait du bien ; elle avait besoin de savoir qui était le patron. Même si nos rapports
devaient rester professionnels, il fallait qu’elle sache que je décidais de tout.
Chloé est restée interdite devant moi, à se demander ce qu’elle pourrait dire ou faire pour me
faire changer d’avis.
Sa pression artérielle avait monté d’un cran, je le voyais, et elle a dû faire un effort
considérable pour se lever sans perdre la face, et garder le sourire. Qu’est-ce que j’aimais la voir
en colère ! C’était terriblement excitant. Elle a respiré plusieurs fois à fond et sa poitrine s’est
bombée à chaque inspiration. Je me suis rapproché d’elle pour mieux voir son corps se révolter
contre moi.
– Ça suffit, retournez dans votre bureau. Je ne vous paie pas pour me faire harceler, ai-je dit
sèchement.
J’étais délibérément dur avec elle. J’aimais sa colère. Elle insufflait la vie dans son corps. Elle
avait passé vingt ans et des poussières à être coincée et polie, il était temps qu’elle se lâche un
peu.
Chloé a fait quelques pas en direction de la porte, prête à partir, quand sa colère a fini par
exploser.
– Pourquoi vous m’avez embauchée, merde, si ce n’est pas pour avoir mon avis sur les livres ?
Je me suis contenté de lever les yeux vers elle sans répondre.
– Dean, répondez-moi, a-t-elle dit en revenant vers moi, tandis que je m’étais assis au bord de
la table de réunion.
Je m’en fichais de ce foutu roman. Si elle était tellement persuadée que c’était un best-seller,
alors je le lirais. J’avais besoin de mettre ses convictions à l’épreuve, j’avais besoin d’explorer son
corps avec ma langue. Je ne pouvais pas résister plus longtemps. Je l’avais évitée autant que
possible toute la semaine, mais elle était là, dans mon bureau, et je ne pouvais rien lui refuser.
– Donnez-moi ce fichu bouquin, ai-je dit en lui arrachant des mains.
Puis je l’ai attrapée et je l’ai soulevée. J’avais les mains sous ses fesses et ses jambes
entouraient ma taille.
– Dean ! a-t-elle gloussé tandis que je le maintenais fermement.
J’ai posé mes lèvres sur les siennes, puis j’ai embrassé son cou et bientôt tout son corps. Je l’ai
assise sur la table de réunion et j’ai déboutonné son chemisier pour goûter à ses seins.
Elle respirait difficilement tout en m’aidant à enlever son chemisier. L’étoffe de soie blanche a
glissé entre mes doigts et est tombée par terre.
J’ai pressé mes lèvres humides contre son soutien-gorge, puis je l’ai écarté pour faire surgir un
mamelon que j’ai aspiré avec avidité. Il avait un goût de miel et s’est durci d’excitation sous la
pression de ma bouche gorgée de salive.
J’ai fait glisser mes doigts sur ses cuisses en essayant de résister à l’envie de remonter plus
haut et de toucher sa culotte. Mais ces maudits doigts n’en ont fait qu’à leur tête : ils ont descendu
sa petite culotte et ils lui ont relevé prestement sa jupe jusqu’à la taille.
Son corps nu m’est apparu dans toute sa splendeur et je me suis arrêté quelques instants pour
contempler sa beauté. Ma queue bavait de désir pour elle, mais je voulais la goûter en premier.
J’ai léché ses doigts de pied, puis ma langue est remontée le long de ses cuisses jusqu’au
bouton délicat qui pointait au milieu.
Chloé a laissé échapper un gémissement au contact de mes lèvres. Je la maintenais par les
hanches et j’ai léché doucement son clitoris, de bas en haut. Elle ondulait du bassin comme si elle
en voulait plus, alors j’ai continué.
Des longs coups de langue lents et appliqués jusqu’à ce que je sente son bassin se cambrer de
plaisir.
– Je te veux, Chloé, ai-je murmuré en la léchant.
Elle n’a pas répondu, mais elle a continué à gémir.
Je la désirais si violemment que j’avais renoncé à ma résolution de garder avec elle une
relation strictement professionnelle. À ce moment précis, il n’y avait rien de professionnel entre
nous et ça m’allait très bien.
J’ai accéléré mes coups de langue, léchant de plus en vite son miel sucré. Je n’en pouvais plus et
en même temps, je voulais que ça continue. J’aurais pu jouer avec son délicieux calice toute la
journée.
– Monsieur Hammond, votre rendez-vous de dix heures est arrivé, a résonné la voix de ma
secrétaire dans l’interphone.
– Donnez-moi dix minutes, Michelle, ai-je répondu en retour.
– Seulement dix minutes ? a ironisé Chloé en rabaissant sa jupe et en sautant sur ses pieds.
– Non, non, non, remets-toi dans cette position, ai-je supplié.
Mais la grâce du moment s’était envolée. La réalité du travail avait repris ses droits et elle
s’apprêtait à retourner dans son bureau.
– Merci de jeter un coup d’œil à ce manuscrit. J’apprécie le geste, a dit Chloé.
– Et merde aux rapports purement professionnels, j’ai dit.
Chloé a rigolé, puis elle s’est approchée de moi et m’a embrassé. Son baiser passionné m’a
rappelé celui du soir de notre rencontre. J’aimais ça. Ses lèvres étaient du sucre entre les miennes
et je voulais d’une façon ou d’une autre que ça marche entre nous.
J’avais besoin qu’elle travaille pour moi, mais j’avais aussi besoin de ce qu’elle pouvait m’offrir
dans l’intimité. Chloé ne pouvait plus être en zone interdite, je devais trouver un moyen de la
mettre dans mon lit. Je n’arriverais jamais à travailler et faire quoi que ce soit de productif si je
passais mon temps à chercher des moyens de l’éviter. La seule solution consistait à coucher avec
elle, afin qu’elle ne m’obsède plus.
– Je crois que nous devrions nous en tenir au plan professionnel, Dean. Merci de regarder ce
manuscrit. On aura une discussion quand vous l’aurez lu.
Et juste comme ça, Chloé a fait capoter mon projet de le mettre dans mon lit.
CHAPITRE 10

DEAN
Elle finira par céder.
Chloé pense qu’on peut avoir une relation strictement professionnelle, mais à la minute où je
vais me retrouver de nouveau seul avec elle, j’aurais ce que je veux. J’ai été trop loin pour ne pas
décrocher la timbale. Je vois bien cette expression dans ses yeux : elle me désire autant que je la
désire. Elle n’a pas encore accepté son désir pour moi, mais il la tenaille bel et bien.
Chaque fois que je suis dans mon bureau et que mes yeux se posent sur la table de réunion, j’ai
envie de lécher à grands coups de langue son corps humide. Ma bite se dresse à cette pensée et j’ai
du mal à m’empêcher d’aller la voir pour la sentir près de moi.
Le problème, c’est le travail.
On avait sorti pas mal de livres nouveaux, et les obligations liées à leur promotion
cannibalisaient tout mon temps. Les éditions StarLight connaissaient une période de forte
croissance et j’avais besoin de faire une pause dans la conquête de Chloé, de relever mes manches
et de développer mon entreprise.
Durant chaque phase de croissance, je passais plus de cent heures par semaine dans mon
bureau, jusqu’à ce que je m’épuise à la tâche et embauche du personnel pour me seconder. Notre
développement était spectaculaire et conforme à mes souhaits. Je devais juste apprendre à mieux
équilibrer mon temps. Inutile d’en gaspiller à essayer d’attirer Chloé dans mon lit ; elle pourrait ne
jamais être prête pour cela.
Mon cerveau gauche, siège de la logique, savait que je devais oublier Chloé quelque temps.
Malheureusement, mon corps ne comprenait pas. Il la désirait si ardemment qu’il m’arrivait
souvent d’imaginer que je la baisais dans des moments les plus inopportuns. Au supermarché, au
volant de ma voiture et même en rangeant ma cuisine ; je n’arrivais tout simplement pas à me
l’enlever de la tête.
– Michelle, j’ai besoin que Chloé soit dans mon bureau à quatre heures, ai-je dit à ma secrétaire
avant de partir déjeuner.
– Je vais essayer de la prévenir, elle a répondu.
Je déjeunais avec deux amis de longue date et anciens associés, Kaleb Douglas et Barrett Blake.
Nous nous étions connus à l’université et nous avions monté notre première maison d’édition
ensemble. Nous étions jeunes, fraîchement diplômés, des rêves plein la tête, mais pas de réel sens
des affaires. Quand je repense à cette époque, j’ai beaucoup de bons souvenirs, mais nous avons
aussi traversé des moments difficiles.
Après que la société a fait faillite, ils ont décidé de changer de secteur et je suis resté seul à
continuer dans l’édition. Aujourd’hui, nous avons réussi tous les trois, chacun dans une voie
différente. Kaleb dirige sa propre compagnie de télécom et Barrett possède une chaîne de
magasins d’articles de sport. On essayait de déjeuner ensemble au moins une fois par mois, mais
ça se transformait le plus souvent en deux ou trois déjeuners par an.
Même si nous avions pris des directions différentes, nous avions beaucoup de plaisir à nous
voir, prendre des nouvelles, parler affaires et famille dès que nos emplois du temps le
permettaient. J’étais le seul à ne pas avoir de vie de famille et à ne penser qu’au travail.
– Tu commences à avoir des cheveux blancs, Dean, a plaisanté Kaleb.
– Oh, ce ne sont pas des cheveux blancs, c’est le jus de ses dames, a rétorqué Barrett.
– Vous êtes obscènes. J’imagine que vous êtes contraints de vivre par procuration avec les
chaînes que vous traînez à la patte.
Aucun des deux n’a répondu ; ils savaient que j’aimais les vanner sur leur mariage. La vérité,
c’est que je les enviais. Kaleb et Barrett avaient trouvé la femme de leur vie, ils étaient mariés et
avaient des enfants. Ils incarnaient le rêve américain.
Même si je n’étais pas encore prêt à fonder une famille, l’idée d’avoir une relation durable me
trottait dans la tête. Le problème était que je m’ennuyais très vite avec les femmes. Il est vrai que
je fréquentais des femmes faciles qui cherchaient seulement un homme pour la nuit et avec qui il
était difficile d’avoir une discussion intéressante, manque de cervelle oblige. Mais j’avais du mal à
résister à la promesse d’un plaisir immédiat.
– Alors, quelle est ta couleur préférée en ce moment, Dean ? a demandé Barrett.
Barrett était le premier à s’être marié, il y a presque huit ans. Il avait trois petites filles et sa
femme était une vraie bombe. Avec sa taille et son look de mannequin, j’avais du mal à
comprendre comment elle avait fini avec Barrett. J’aimais le titiller en lui disant qu’elle n’avait pas
gagné au change en l’épousant. Mais c’était un mec gentil et il la traitait comme une reine. Leur
mariage avait l’air heureux.
– Pas de femme en ce moment. En fait, ça fait quelques mois que je n’ai pas de gonzesse.
– Oh, c’est pas drôle. De quoi va-t-on parler en déjeunant, alors ? a dit Kaleb.
Nous avons trouvé pas mal de sujets de conversation en fait, qui ont rapidement dérivé vers
des discussions sur nos affaires et notre vision de l’avenir. J’avais beaucoup de chance d’avoir des
amis qui soutenaient mes ambitions de croissance et je testais toujours mes idées auprès d’eux.
Barrett ne parlait plus beaucoup de son business ; il avait levé le pied après la naissance de sa
dernière fille. Il avait engagé un directeur général pour gérer la boîte et les clients au quotidien
afin de pouvoir passer plus de temps à la maison et moins dans ses magasins de sport.
L’univers des télécoms évoluait en permanence et Kaleb nous tenait au courant des dernières
technologies et gadgets à la mode. La technologie n’était pas trop mon truc, mais c’était sympa
d’entendre parler des innovations et des objets connectés en phase de développement.
– Tu dois absolument éditer des cyber-romances ; ma femme dit que ce genre fait un tabac
dans la librairie où elle bosse, a dit Barrett.
– Mouais, je ne suis même pas sûr de savoir de quel genre tu parles, ai-je rétorqué et nous
avons tous rigolé.
– Ben quoi, c’est quand une femme couche avec un cyborg ! a plaisanté Kaleb.
– C’est quand les deux personnages principaux tombent amoureux sur internet avant même
de s’être rencontrés en vrai, a dit une voix féminine dans mon dos.
Je me suis retourné pour voir sa propriétaire : c’était Chloé, qui se tenait juste derrière moi.
Elle était superbe dans sa robe rouge à fleurs et ses talons hauts. Je l’ai examinée de la tête au pied
comme si je prenais une photo panoramique de son corps. Ses cheveux blonds étaient légèrement
bouclés et ses seins donnaient l’impression que son décolleté allait exploser.
Je n’étais pas le seul à la déshabiller du regard. Kaleb et Barrett avaient posé leur fourchette
dès qu’ils avaient vu Chloé s’approcher de notre table.
CHLOÉ
J’ai aperçu Dean et ses amis en entrant dans le restaurant, mais je n’ai pas voulu les
interrompre. Karl m’avait envoyée chercher des plats à emporter pour qu’on puisse continuer à
travailler en déjeunant et je ne souhaitais pas parler à Dean. Si mon plan de conserver des
rapports purement professionnels marchait, c’était uniquement parce que je l’avais évité ces
derniers jours.
Je savais qu’à la seconde où je lui parlerais, je ne pourrais plus rien contrôler car cela
impliquerait de regarder ses lèvres.
Mais quand je les ai entendus discuter de cyber-romance, il fallait que j’intervienne. C’était un
genre que je trouvais vraiment intéressant et j’espérais tomber sur un bon manuscrit pour
combler ce vide éditorial chez StarLight. Je n’avais pas encore eu le temps de parcourir grand
nombre des manuscrits empilés sur mon bureau, mais j’en avais lu un ou deux correspondant au
genre nouveau de la cyber-romance. Problème : ils étaient très mal écrits.
– C’est comme ça que les gens se rencontrent aujourd’hui, non ? a dit Dean en tirant la chaise
vide à côté de lui.
– Oui, mais il est difficile d’écrire avec talent sur ce sujet.
– Les gars, je vous présente ma nouvelle lectrice officielle, Chloé Mayers, a déclaré Dean en me
présentant à ses convives. Chloé, voici Kaleb Douglas et Barrett Blake.
– Enchantée, messieurs. Je venais juste chercher à déjeuner, je dois retourner au bureau, ai-je
dit en faisant le geste de me lever.
Dean a attrapé ma chaise et l’a maintenue contre la table pour m’empêcher de partir. J’ai ri
quand il m’a forcée à me rasseoir et à prendre part à la conversation sur les romans d’amour et de
science-fiction. Ce trio masculin ne me semblait pas être les interlocuteurs rêvés pour discuter
d’un tel sujet.
Je l’ai regardé et j’ai vu son petit sourire en coin, puis il a glissé sa main du pied de la chaise à
ma jambe. Il a posé sa main droite sur ma cuisse tout en m’écoutant faire la causette avec ses
amis.
– Barrett, vous être le propriétaire de 2B Sports, n’est-ce pas ?
– Oui, Madame. Nous avons cinq magasins en ville maintenant.
– J’achète toujours mes vêtements de sport là-bas, ai-je ajouté. Et vous Kaleb ? Vous êtes un
homme d’affaires également ?
– Oui. Je possède Banner Telcom. On vient juste de sortir un nouvelle appli capable de
visualiser vos joggings sur une carte et de compter les calories dépensées.
– Oh, ça a l’air génial. J’adorerais en avoir un. Vous le vendez combien ?
– Je vous en donnerai un, a dit Kaleb avec un large sourire. Il se trouve que je connais le patron
!
J’ai remarqué que Kaleb et Barrett me souriaient et avaient l’air passionnés par tout ce que je
disais. Ils n’arrêtaient pas de me regarder, puis de regarder Dean avec une expression de joie
puérile qui ne s’effaçait pas.
Dean a continué de me caresser la cuisse. Il avait visiblement oublié que nos rapports devaient
rester purement professionnels et amicaux. Ou bien il savait que c’était des conneries car il
décodait mon langage corporel et sentait à quel point je le désirais. En réalité, les relations que je
voulais avoir avec Dean étaient tout sauf professionnelles...
Mais j’avais peur qu’il me fasse souffrir car il était le genre d’homme à vous briser le cœur sans
ciller. Mon cœur était fragile et je ne voulais pas m’embarquer dans une histoire d’amour qui
finirait mal et me dévasterait.
Idéalement, j’aurais aimé pouvoir prendre du bon temps avec Dean, puis passer à autre chose.
Mais ce n’était pas la réalité de la vie. Le plus probable était que l’un de nous ou les deux finissent
par dire ou faire quelque chose qui blesse l’autre. Il serait alors très difficile de continuer à
travailler ensemble.
Depuis une semaine, je rêvais toutes les nuits de Dean et me réveillais trempée de désir pour
lui. Je ne savais pas combien de temps je serais capable de tenir. Il était inévitable que je finisse
par céder et que je fasse l’amour avec Dean. Mon seul espoir de l’éviter était de rester à loin de lui.
– Chloé, vous pourriez peut-être me trouver des manuscrits sur le thème de la cyber-romance
et me présenter succinctement ce que nous devrions chercher ? a dit Dean en retirant sa main de
ma cuisse.
– Bien sûr, je vais préparer une présentation de sexe oral, ai-je dit.
Qu’est-ce que j’avais dit ?
J’ai compris au regard des trois hommes qu’ils avaient entendu précisément ce que j’avais dit.
Pendant un moment, j’ai voulu croire que j’avais pensé ces mots, mais que je ne les avais pas
prononcés. Mais quand Barrett a éclaté de rire, j’ai compris qu’ils étaient vraiment sortis de ma
bouche.
Je suis devenue rouge de honte, incapable d’affronter un seul de leurs regards. Je me suis
tournée vers Dean, dans l’espoir qu’il me sauve de l’embarras.
– Très bien, mais vous me ferez cette présentation à un autre moment, a-t-il en riant,
provoquant l’éclat de rire de ses copains.
Incapable de le supporter une seconde de plus, je me suis levée de table. Les voir tous les trois
se moquer de moi et rire à mes dépens était trop pénible. Au fond de moi, je savais que mon
lapsus était drôle, mais j’étais trop humiliée pour rester. Il fallait que je sorte de ce restaurant, et
vite.
Dean, Barrett et Kaleb avaient la trentaine alors que j’avais à peine vingt-deux ans. Leur
expérience et leur facilité à parler de sexe me catapultaient en dehors de ma zone de confort. Je
n’avais même pas encore eu de rapports sexuels !
J’ai essayé de cacher ma honte et j’ai pris congé d’eux.
– Bon, je ferais mieux de retourner au bureau, j’ai une présentation de sexe oral à préparer, ai-
je plaisanté en partant.
J’ai tourné les talons et je me suis éloignée de la table en retenant mes larmes. La dernière
chose à faire était d’éclater en sanglots devant Dean et ses amis. Je devais prendre sur moi jusqu’à
ce que je sois suffisamment loin du restaurant.
Au moment où j’atteignais la porte, j’ai entendu Barrett dire à Dean :
– Tu ne te la fais pas ? T’es malade ou quoi ?
– C’est une fille innocente et douce, a dit Dean.
– Tu veux dire vierge ? Elle a encore sa fleur ? a demandé Kaleb.
Je ne voulais pas en entendre plus ; j’ai poussé la porte et je suis sortie dans la rue. Mon cœur
me martelait la poitrine et j’ai senti les larmes couler sur mes joues. J’étais morte de honte, et
furieuse que Dean parle de ma virginité à ses amis.
Pourquoi les hommes se sentent-ils obligés de parler de sexe tout le temps ? Ma virginité ne
regardait que moi ; ce n’était pas quelque chose dont il pouvait discuter avec d’autres.
Je suis restée assise dans l’allée à l’angle du restaurant pendant au moins vingt minutes avant
de pouvoir sécher mes larmes pour retourner au bureau. Je ne voulais pas que Karl voie que
j’avais pleuré, car je n’avais aucune intention de lui en expliquer la raison. Karl avait des soupçons
depuis que j’avais appelé Dean par son prénom ; inutile d’apporter de l’eau à son moulin.
– Ah, enfin ! Vous avez préparé ces plats vous-même ou quoi ? a lancé Karl à mon retour.
– C’est une longue histoire.
– Bon, déjeunons et ensuite je pense qu’on devrait finir de passer en revue cette pile de
nouveaux manuscrits.
– Mademoiselle Mayers, m’a dit Michelle de la porte de mon bureau.
– Oui.
– Monsieur Hammond aimerait vous voir en réunion à seize heures dans son bureau, si vous
êtes disponible.
– Bien sûr, ai-je dit d’un ton qui se voulait le plus nonchalant possible.
Mon cœur s’est accéléré à l’idée de revoir Dean après la scène si embarrassante du restaurant.
Je n’arrivais plus à penser à autre chose. Jusqu’à ce que mon nouveau coach sportif passe le nez à
la porte pour me rappeler que nous avions une séance de gym.
CHAPITRE 11

DEAN
Elle n’est pas venue. Chloé a dit à Michelle qu’elle viendrait à seize heures dans mon bureau, et
elle n’est pas venue. J’ai présumé que c’était à cause de son lapsus au déjeuner, mais il n’y avait
vraiment pas de quoi être embarrassé. C’était drôle et ça nous avait fait rire, ni plus ni moins.
Après qu’elle soit partie, j’ai calmé le jeu en expliquant à Barrett et Kaleb que c’était une jeune
fille innocente. À son âge, elle n’avait pas notre esprit lubrique ni notre historique de séducteur.
Évidemment, ils m’ont tout de suite demandé si je la sautais, mais j’ai changé de sujet. Je n’étais
pas du genre à étaler ma vie privée et à raconter les histoires dont les hommes sont friands. De
temps en temps, je leur brossai le portrait rapide d’une fille que j’avais rencontrée dans un club,
ou si nous avions fait quelque chose de particulièrement pervers. Mais généralement, je gardais
ces expériences pour moi.
Ils vivaient réellement par procuration à travers moi. Leur vie sexuelle n’était pas excitante et
l’idée d’ajouter un peu de piment dans leurs rapports rebutait leur épouse. C’était l’une des
nombreuses raisons pour lesquelles j’étais célibataire. Je ne voulais pas me satisfaire d’une seule
femme qui finirait par renoncer au sexe ou le considérerait comme une obligation, sinon une
corvée.
Le sexe, pour moi, était très différent d’une obligation. Et pas parce que j’étais un homme, bien
que cela joue.
J’adorais l’excitation précédant l’acte sexuel avec une femme. J’aimais explorer leur corps et
deviner comment les rendre dingues. Chaque conquête féminine constituait un nouveau défi à
relever. La plupart du temps, le défi était ridiculement facile et je ne restais pas longtemps avec
elle.
De temps en temps, je tombais sur une femme plus intéressante que les autres, qui me donnait
envie de poursuivre la relation. Mais ça se terminait toujours mal.
– Michelle, savons-nous ce qui est arrivé à Chloé ? ai-je crié dans le haut-parleur du téléphone.
– Je vais me renseigner auprès de Karl, a-t-elle répondu.
Cinq minutes plus tard, Karl entrait dans mon bureau.
– Un type baraqué est passé la chercher ; il me semble qu’ils allaient à la gym. Elle a dû oublier
votre rendez-vous, a dit Karl.
– Qui est ce type ?
– Je crois que c’est le coach sportif du club de gym à côté.
J’ai senti mon sang bouillir tandis que je parlais à Karl. Qu’est-ce que Chloé foutait avec
monsieur Muscle au lieu d’assister au rendez-vous prévu ? J’étais blême. Qu’elle veuille ou non me
parler, j’étais son patron et elle devait obéir à mes directives.
– Très bien, merci Karl.
– Vous voulez que je l’appelle ? a-t-il dit en se dirigeant vers la porte.
– Non, il n’y a pas d’urgence ; je lui parlerai demain.
Je n’avais pas l’intention d’attendre le lendemain pour parler à Chloé. Il fallait qu’elle prenne
conscience de ses responsabilités. Ce n’était pas parce qu’elle était jeune qu’elle ne devait pas
avoir une attitude responsable. Franchement, c’était une qualité exigée pour sa fonction et elle
devait prouver qu’elle prenait son travail au sérieux. Je n’allais pas garder dans l’entreprise une
lectrice juste parce que j’avais envie de coucher avec elle ; elle devait se consacrer à fond à son
travail.
J’ai enfilé le survêtement que j’avais au bureau et me suis mis en route pour la salle de gym. Je
voulais seulement jeter un œil pour voir ce qui se passait, puis je repartirais. J’attendrais demain
pour lui parler du rendez-vous manqué. Il fallait d’abord que je comprenne ce qu’elle foutait avec
ce coach sportif.
Je suis entré dans la salle de gym et je suis monté sur un tapis de course afin de pouvoir
observer les lieux sans me faire remarquer. La salle était grande, mais sur un seul niveau de sorte
que je voyais tout. Les tapis de course étaient installés au centre de la pièce, avec les autres
appareils de cardio. Les appareils de musculation se trouvaient près des murs et, dans un angle
éloigné, il y avait les haltères.
Le gymnase était rempli de plusieurs dizaines de personnes qui venaient s’entraîner après
leur journée de travail dans les entreprises voisines. De plus en plus de gens allaient arriver
jusqu’à sept heures du soir, puis la fréquentation se tasserait. En principe, j’allais faire du sport
vers cette heure-là, car je passais quasiment tous les jours de la semaine au bureau.
Je n’aimais pas particulièrement faire du tapis de course, préférant la musculation et les poids,
mais il était difficile de voir l’ensemble de la salle de la zone des haltères. J’ai mis mes écouteurs et
j’ai augmenté d’un cran la vitesse du tapis roulant. J’ai commencé à courir tout en cherchant Chloé.
J’ai scruté la salle pendant cinq minutes avant de la trouver enfin. Elle s’entraînait dans le coin
des haltères avec son coach. Il avait les mains sur sa taille et lui faisait faire des flexions en
position accroupie, tout en matant son cul.
Elle portait un short moulant rose avec le soutien-gorge de sport assorti. Visiblement, toute sa
pudeur avait disparu avec son prof de gym.
Mon premier réflexe a été de faire irruption et d’interrompre leur entraînement, mais je me
suis retenu. Je préférais la regarder et observer comment elle se comportait avec lui. Il était
évident qu’il la draguait, mais elle ne semblait pas s’en rendre compte. Au lieu de cela, elle se
concentrait sur l’exercice en essayant de réaliser correctement chacun de ses mouvements.
Son cul avait un arrondi parfait et je gardais les yeux fixés dessus tandis qu’elle s’accroupissait
en position de squat. Elle n’avait pas du tout besoin de faire du sport. Son corps était galbé aux
bons endroits. Des formes appétissantes qui me donnaient envie de mordre dedans chaque fois
que j’étais près d’elle.
Les yeux du coach passaient plus de temps sur son cul et ses seins qu’ailleurs. Il était étonnant
qu’elle ne remarque rien, mais au moins, elle ne semblait pas réceptive à ses avances.
Il a attendu la fin de l’entraînement pour dévoiler son jeu et lui demander sans doute son
numéro de téléphone ou autre chose. Elle a secoué la tête, visiblement embarrassée par sa
demande. Il ne fallait pas grand-chose pour mettre Chloé mal à l’aise, cela dit.
Ils se sont dit au revoir et elle l’a serré dans ses bras. Jamais de toute ma vie je n’avais donné
l’accolade à mon prof de gym. Elle devait bien l’aimer finalement, mais ça m’était égal. Je savais
que je pourrais la reconquérir en un claquement de doigts.
J’ai filé vers les vestiaires et juste au moment où Chloé approchait, je l’ai entraînée dans le
vestiaire des hommes. J’ai attrapé sa main, je l’ai tirée dans une cabine de douche et je l’ai plaquée
contre le mur.
– Dean, qu’est-ce que vous faites ?
Ses seins étaient comprimés contre moi et elle essayait de reprendre son souffle. À l’évidence,
je l’avais surprise et il lui a fallu une bonne minute pour réaliser ce qui se passait.
– Nous avions un rendez-vous, ai-je dit.
CHLOÉ
– Je suis désolée, j’ai oublié. Kurt est venu me chercher pour mon cours de gym et j’ai oublié le
rendez-vous.
– Vous avez oublié ? a répété Dean.
Il cherchait dans mon regard une meilleure excuse, mais je n’en avais pas. Oui, ce rendez-vous
à quatre heures me rendait nerveuse, mais je ne l’avais pas volontairement planté. J’y pensais
jusqu’à ce que Kurt soit venu me chercher.
Kurt avait le pouvoir de détourner mon attention du reste, sans nul doute. Avec sa
musculature d’athlète, il m’était difficile de lui refuser quoi que ce soit. Aussi, quand il m’avait
proposé la semaine dernière de me donner un cours de gym gratuit à titre d’essai, j’avais dit oui.
J’étais contente qu’il se soit pointé au bureau après son cours précédent pour me rappeler qu’on
avait un entraînement.
Je n’ai jamais été spécialement fière de mon corps. J’avais plus de rondeurs que désiré et au
moins dix kilos à perdre. Oui, j’aurais dû me sentir plus à l’aise avec mon corps et je détestais
quand les femmes se plaignaient de leurs formes. Mais la vérité, c’est que je n’aimais pas du tout
mon corps. J’espérais que faire du sport m’aiderait à me sentir mieux dans ma peau et me
permettrait de perdre du poids pour avoir la silhouette dont je rêvais.
Je ne faisais pas ça pour Dean ni pour personne d’autre. Aucun homme ne s’était jamais plein
de mes formes. En fait, la plupart semblaient apprécier mes courbes généreuses et ils me le
disaient. Mais en devenant adulte, j’avais réalisé que le fait de me sentir bien dans mon corps était
bien plus important que l’avis des hommes sur la question.
J’avais toujours voulu faire de la gym avec un coach personnel, mais je n’en connaissais pas et
je n’avais de toute façon pas les moyens de me le payer. La proposition de Kurt était tombée à pic.
Ouais, sauf que j’étais censée être en réunion avec Dean à la même heure.
Toute ma vie, j’ai été responsable. J’étais la fille qui va chercher ses copines en voiture quand
elles ont trop bu. Je n’ai jamais manqué un seul rendez-vous, réunion ou autre événement
programmé. Aussi, j’ai été totalement décontenancée quand j’ai réalisé que j’avais raté la réunion
avec Dean.
– Oui, j’ai oublié. Kurt m’a distraite.
– Je peux vous distraire bien plus, a dit Dean en posant sa bouche sur ma peau.
J’ai songé à toutes les façons dont Dean pouvait effectivement me distraire et chacune d’entre
elles me plaisait. Il m’a embrassée et j’ai senti mon corps faiblir quand ses lèvres si douces ont
rencontré ma bouche humide.
Je commençais à m’habituer au contact de ses lèvres. J’étais de plus en plus à l’aise avec ses
baisers. Je me suis sentie plus détendue et moins gênée que les fois précédentes. Ce qui était
paradoxal vu qu’on était dans une douche du vestiaire des hommes.
J’ai posé mes mains sur sa poitrine. Je voulais sentir sa peau nue sous son t-shirt. J’ai descendu
les mains jusqu’à l’ourlet du t-shirt et je les ai lentement remontées de ses abdos en tablette de
chocolat à ses pectoraux. Dean n’était pas un mec très baraqué, mais ses muscles étaient dessinés
à la perfection. Il n’avait pas un gramme de graisse, et je pouvais sentir sous mes doigts la fermeté
de ses muscles.
Il s’est pressé contre moi et j’ai senti le renflement de sa queue contre ma jambe. Sans
réfléchir, j’ai descendu mes mains vers sa taille et je les ai glissées dans son short. Puis j’ai pris
son sexe entre mes paumes ; il palpitait.
Cela a instantanément enflammé son désir d’une manière à laquelle je n’étais pas préparée.
De docile, son baiser est devenu avide et passionné. Il a penché la tête pour que sa bouche et la
mienne s’imbriquent parfaitement et que nos langues se mêlent dans un même désir. J’ai senti
mon sexe mouiller d’excitation tandis que sa queue devenait de plus en plus dure et brûlante
entre mes mains.
Il a saisi mon soutien-gorge et l’a tiré brutalement pour le faire passer au-dessus de ma tête.
Puis il a fait subir le même sort à mon short et à ma culotte, les baissant d’un mouvement rapide,
avant de les enlever. Mon envie irrésistible de toucher son sexe avait eu pour effet de me
retrouver complètement nue devant lui.
Dean s’est mis à genoux et m’a embrassé des cuisses aux pieds. Ses mains étaient posées à
l’intérieur de mes cuisses, qu’il a écartées pour offrir un meilleur accès à sa langue. Il voulait me
lécher et je n’avais pas l’intention de le repousser.
Quand il m’avait allongée sur sa table de réunion, j’avais ressenti un tel bien-être que je
n’arrêtais pas d’y penser. J’ai écarté les jambes volontairement et j’ai accueilli sa langue délicieuse
dans mon centre du plaisir.
Et puis, j’ai commencé à faire marche arrière. Est-ce que je voulais vraiment faire ça dans les
vestiaires de la salle de gym ? Je ne savais pas quoi faire. Nous étions dans le vestiaire des
hommes, cachés dans une cabine de douche. Il ne pouvait pas faire ça. Je ne pouvais pas faire ça.
On était sûrs de se faire prendre. N’importe qui pouvait regarder sous la porte et voir qu’il y avait
quatre pieds dans la douche.
Sa langue me léchait lentement au début et je me délectais du plaisir qu’elle me procurait. Je
n’avais jamais rien senti d’aussi bon que sa langue entre mes cuisses. J’en voulais plus ; je voulais
la sentir tous les jours. Au lieu de fantasmer sur lui, je voulais pouvoir être dans les bras de Dean
chaque fois que j’en avais envie.
Je savais qu’il ne voulait pas d’une relation sérieuse, mais je ne pouvais pas m’empêcher de me
penser au bonheur que ce serait de me réveiller tous les jours avec lui.
Dean était le genre d’homme dont toutes les filles rêvent, moi y compris. Il était propriétaire
de l’entreprise qu’il dirigeait et de la vaste demeure où il vivait. Il avait de l’argent, mais il n’en
faisait pas étalage. Dean était intelligent et mondain, et pourtant, il gardait la tête sur les épaules.
Mais je l’avais rencontré dans un club de BDSM, mauvais point pour lui. Le bon point était qu’il
n’était pas vêtu de cuir des pieds à la tête ce soir-là ni dans une tenue fétichiste bizarre. Autre bon
point, il avait proposé que son chauffeur ramène mes amies chez elle. C’était sans doute en partie
parce qu’il voulait que je reste seule avec lui, mais n’empêche ; c’était très gentil de sa part.
Ma respiration s’est accélérée et j’ai fermé les yeux pour profiter à fond de ce que Dean me
faisait. Sa langue était une magicienne ; elle tournoyait sur mes parties intimes et savait
exactement où appuyer pour me faire décoller. Il était impossible de penser à autre chose qu’à sa
langue et au plaisir qu’elle m’offrait.
On a entendu deux voix masculines dans le vestiaire et Dean a arrêté de me lécher. Je me suis
figée, pétrifiée par la peur qu’il me découvre nue dans une cabine de douche des hommes. Mes
vêtements étaient par terre près de la porte et leur couleur rose vif ne manquerait pas d’attirer
leur attention.
Nous avons tous les deux attendu sans faire un geste. Comme les hommes semblaient se
rapprocher, Dean s’est relevé, il a enlevé son t-shirt et son short et les a mis en boule sur mes
vêtements, à l’extérieur de la cabine de douche. Il avait dû entendre mes pensées et jugé judicieux
de cacher la tenue rose.
Puis sans prévenir, Dean a tendu le bras dans mon dos et a tourné le robinet de la douche.
L’eau était glacée et j’ai laissé échapper un petit cri quand elle m’a touché la peau. Je ne m’y
attendais pas. Je ne pensais pas qu’il allait ouvrir l’eau et je n’ai pas pu réprimer ce cri de surprise
quand il l’a fait.
Dean m’a bâillonné la bouche avec sa main pour étouffer mon cri. Il est resté immobile un
moment pour écouter si les hommes avaient entendu ou non. Heureusement, le bruit de leur
propre douche avait noyé mon cri. Ou alors ils ont pensé que Dean était du genre efféminé.
Dès que Dean a réalisé qu’on ne courait plus de danger, il a fait tout son possible pour me faire
crier à nouveau. Mes cris semblaient l’avoir excité encore plus.
Il m’a poussée sous l’eau chaude avec lui et a fait courir ses mains sur tout mon corps. Il a
caressé mes mamelons et tiré sur chacun de mes tétons avant de descendre les mains pour saisir
mon cul. En m’attrapant, il m’a attirée contre lui et j’ai senti sa bite dure et tendue tout près de
moi. Sa queue était magnifique et j’aurais aimé m’asseoir quelques instants pour l’admirer.
Dean m’a pris la main et l’a refermée autour de son sexe. Il était doux et dur sous mes doigts. Il
était gros, du moins pour moi. À l’évidence, je n’avais pas beaucoup d’expérience en la matière,
mais j’ai eu l’impression qu’il était énorme.
Sa bite était gorgée de sang et je la sentais palpiter de désir pour moi. Je l’ai fait coulisser dans
le creux de ma paume comme s’il allait et venait en moi. Je ne comprenais pas comment une chose
aussi grosse que sa queue pourrait entrer dans mon ventre sans me faire atrocement mal. Si les
femmes arrivaient à faire passer un bébé par là en accouchant, ça devait sans mal s’adapter à
toutes les tailles de sexe. Ou du moins, c’était ce que j’espérais tout en le caressant.
– Tu aimes ça ? m’a-t-il demandé.
J’ai fait oui de la tête en le regardant.
– Je vais te faire jouir, m’a-t-il dit.
Je n’ai pas répondu. Mon cerveau n’a pas enregistré ce qu’il avait dit, et ensuite c’était trop
tard. Il a pris ma bouche dans la sienne et nos langues se sont mêlées dans un baiser passionné.
J’adorais embrasser Dean. Nos corps semblaient faits l’un pour l’autre, nos bouches et nos langues
aussi.
J’ai senti son pouce appuyer sur mon clitoris. Il le bougeait lentement au début, en faisant des
petits cercles précis autour du renflement gonflé d’excitation. Ses mouvements lents étaient
délicieux, mais je ne savais pas du tout comment j’étais censée réagir. Je repensais à une
conversation que j’avais eue avec Adrianna un jour. Elle m’avait raconté la façon dont elle avait
hurlé en atteignant l’orgasme. Mais comment est-ce que je saurais à quel moment crier, lui avais-
je demandé. Elle m’avait dit que je le saurais, car tout mon corps se mettrait à hurler.
J’avais entendu parler des orgasmes et des cris de plaisir par d’autres amies aussi. Je ne savais
pas comment le faire, et je ne voulais pas décevoir Dean. J’espérais être capable de repérer quand
le bon moment serait arrivé.
Il a déplacé ses doigts plus bas, les faisant glisser dans l’humidité autour de ma chatte. Je le
désirais. Je le désirais en moi, mais pas ici, pas dans une douche. Je ne voulais pas que ça se passe
comme ça. Nos attouchements et baisers avaient beau être délectables, ma première fois avec un
homme ne pouvait pas avoir lieu sous la douche.
Nous avons continué de nous embrasser, tandis qu’il caressait mon clitoris avec son pouce.
J’étais excitée à mort. Je sentais le plaisir monter en moi, mais à aucun moment je n’ai ressenti le
besoin de crier. Cela m’a déçue et m’a fait douter de moi.
– Viens chez moi, a dit Dean.
Je voulais être dans un lit avec lui et si nos attouchements avaient commencé dans son lit,
j’aurais sans doute déjà couché avec lui. Mais quand l’homme dans la douche voisine de la nôtre a
fermé l’eau, j’ai pris pleinement conscience de l’endroit où nous étions. J’ai compris que cette
aventure allait mal se terminer pour nous. Pourquoi ai-je continué à l’embrasser et pourquoi a-t-
on continué à se caresser ? Je ne savais pas m’arrêter quand j’étais dans ses bras.
Dean était un homme à femmes, pas l’homme d’une seule femme. Je savais que je ne pourrais
pas l’empêcher d’aimer les femmes, et cela signifiait que je finirais par avoir le cœur brisé. Si
seulement je pouvais lui résister et lui dire non... Il était du genre à prendre son pied avec une fille,
puis à la laisser tomber. Pas du tout un mec pour moi.
– Pas aujourd’hui, ai-je dit en tendant la main pour arrêter l’eau.
J’ai vu une immense déception dans ses yeux, mais il s’est vite repris, s’est penché et m’a
embrassée. C’était un baiser passionné, mais différent des précédents. Il semblait accepter mon
refus d’aller chez lui.
CHAPITRE 12

DEAN
Je savais que c’était une mauvaise idée d’entreprendre quoi que ce soit avec Chloé dans la
douche. Je croyais pouvoir m’arrêter après un simple baiser, mais impossible. Sentir sa peau nue
contre la mienne avait mis tout mon corps en surrégime. Je ne voulais plus qu’une chose :
m’enfoncer en elle et la remplir de mon plaisir. Elle était chaude, je le sentais. Mais baiser sous la
douche n’est pas l’endroit idéal pour une première fois, même moi j’en avais conscience.
Nous avons reporté notre réunion au lendemain et j’étais plus déterminé que jamais à ce que
nos rapports restent très professionnels, du moins au bureau. C’était une condition sine qua non
si nous voulions avoir la moindre relation en dehors du travail.
Si j’arrivais à maintenir un climat professionnel au bureau, alors je pensais qu’elle se
détendrait et accepterait de sortir avec moi un soir. Au fond de moi, je savais que je progressais
vers mon but et qu’elle s’offrirait bientôt à moi. Et surtout, j’aimais être en sa présence. Je me
sentais bien avec elle et j’appréciais avoir quelqu’un avec qui parler. Rares étaient les femmes,
parmi mes conquêtes passées, avec qui j’avais pris du plaisir à discuter.
Même si j’avais un boulot de dingue, j’avais du mal à me libérer l’esprit de Chloé et de mon
désir obsessionnel de la pénétrer. Il fallait que je la saute pour pouvoir penser à autre chose. Tant
que je ne l’aurais pas eue, j’y penserais sans arrêt et je n’arriverais pas à avancer dans mon travail.
– J’ai trouvé quelques romans de cyber-rencontres, mais aucun n’est vraiment génial, a dit
Chloé en entrant dans mon bureau, une pile de manuscrits sous le bras.
– Rien dans cette pile géante ne vaut la peine d’être publié ?
– Non.
– Et vous les avez tous lus ?
– Certains sont tellement nuls que je n’ai pas été plus loin que les premières pages, a dit Chloé
en se dirigeant vers la table de réunion.
Elle a déposé la pile de manuscrits à l’endroit même où je l’avais léchée quelques jours
auparavant. J’ai salivé en repensant à ce moment et à sa surprise. C’était drôle de batifoler avec
elle au bureau, mais je devais garder nos rapports professionnels.
J’étais mentalement pris entre deux feux : le désir de l’allonger sur la table et la volonté de
conserver une attitude professionnelle. C’était le combat légendaire du bien contre le mal, et pour
le moment, le bien l’emportait. Mais je sentais qu’à la moindre incitation, je pouvais perdre le
contrôle et je n’aimais pas ça. Une chose dont je me targuais dans mon travail, c’était ma capacité
à garder mon sang-froid en toute circonstance.
J’ai caressé la table en imaginant que je l’allongeais dessus, la jupe retroussée jusqu’à la taille.
Oh, comme il serait bon de la soulever pour l’asseoir sur la table.
– Pour résumer, beaucoup de personnes écrivent ce genre de roman, mais aucune ne mérite
d’être publiée ; du moins dans ce que j’ai lu, m’a dit Chloé en regardant mes mains sur la table.
J’avais l’espoir qu’elle repensait elle aussi à ce que nous avions fait à cet endroit précis. Ça
voudrait dire qu’elle avait apprécié ce moment autant que moi. Elle en avait peut-être même
gardé un souvenir qui l’excitait quand elle y repensait — ce qui était mon cas.
– Vous devriez prendre les deux meilleurs bouquins, en faire une critique constructive et
demander aux auteurs de les retravailler dans ce sens.
– Ça va prendre des semaines avant qu’ils renvoient leur manuscrit modifié. Ce genre est
vraiment tendance en ce moment ; on devrait continuer à chercher un auteur d’ici là.
Chloé commençait à acquérir les bons réflexes du métier d’éditeur. Elle avait un don pour ça et
j’étais content de l’avoir engagée. Beaucoup de lecteurs se seraient contentés de choisir le
meilleur manuscrit dans la pile pour me le soumettre en croyant me satisfaire. Chloé ne se
souciait pas de me faire plaisir ou non ; elle voulait avant tout que le livre soit bon.
J’appréciais son implication dans le succès de la maison. Il m’était difficile de m’occuper de
tout dans l’entreprise et j’étais sans cesse en quête d’esprits libres qui avaient le sens des affaires.
Mes sens étaient d’ailleurs en éveil à la vue de son sens des affaires, mais aussi de bien d’autres de
ses qualités...
– Je préfère attendre un bon roman, garder les yeux ouverts et aussi passer le mot aux agents
littéraires que je connais. Faisons cela pendant un mois, puis nous changerons de stratégie si ça
ne marche pas. Et dites aux auteurs que nous leur donnons un mois pour renvoyer leur manuscrit
corrigé.
– Pas de problème. Ce projet me passionne vraiment. Je suis persuadée qu’on peut faire un
malheur si on trouve le bon roman.
– Moi aussi. J’ai besoin d’un best-seller pour continuer à faire grandir la maison d’édition.
Chloé m’examina de la tête aux pieds, en esquissant un sourire coquin.
– J’aime faire grandir les choses, a-t-elle dit.
Le ton sensuel de sa voix m’a pris au dépourvu, mais ça m’a plu. Elle me provoquait et il m’a
fallu puiser dans mes ressources pour que notre discussion ne dérape pas. Son esprit et son
humour me surprenaient sans arrêt. Je voulais vraiment mieux la connaître. Et si cela impliquait
que je me tienne à carreau au bureau, alors je me comporterais de manière irréprochable.
– Eh bien, je me réjouis de notre relation professionnelle, qui j’espère durera longtemps. Je
vous souhaite un bon après-midi, ai-je dit en retournant m’asseoir derrière mon bureau. Vous
pouvez laisser les manuscrits merdiques et ne prendre que ceux que vous allez renvoyer aux
auteurs avec vos critiques.
Chloé a semblé déçue que je ne saisisse pas la perche qu’elle m’avait tendue pour flirter avec
elle. Mais plus j’y pensais et plus il m’apparaissait essentiel de maintenir avec elle une relation
très professionnelle au bureau. J’avais besoin qu’elle soit là, qu’elle me donne son avis et qu’elle
contribue à l’enrichissement de notre catalogue éditorial. Je ne concevais pas de perdre sa
collaboration. Il fallait juste que je comprenne comment garder le sérieux professionnel tout en
ayant une relation plus intime avec elle.
Chloé est sortie de mon bureau en emportant quatre ou cinq manuscrits. Elle ne s’est pas
retournée pour me regarder ; elle avait l’air contrariée que je ne sois pas entré dans son jeu.
Et pourtant, c’était elle qui était entrée dans mon bureau, il y a quelques jours, et m’avait
demandé que nos échanges restent purement professionnels. Je n’avais fait que suivre ses désirs,
en espérant qu’elle n’allait pas rester fâchée trop longtemps et se ferait à cette idée.
On avait besoin de parler de tout ça. Je voulais la voir en dehors du bureau, mais je ne voulais
pas que les choses soient bizarres au travail et certainement pas que le bruit coure dans les
couloirs que je couchais avec elle. Il fallait que je l’invite à dîner pour que nous puissions parler de
ce qui se passait entre nous.
CHLOÉ
Au moment où je sortais de l’immeuble pour rentrer chez moi et me dirigeais vers ma voiture,
j’ai entendu la voix de Dean dans mon dos.
– J’adore me retrouver dans un parking avec vous, a-t-il lancé en souriant.
– Oh, c’est bien, vous vous souvenez de la façon dont vous m’avez draguée le soir de notre
rencontre.
– Oh non, c’est vous qui m’avez dragué.
Il savait parfaitement que c’était lui qui m’avait fait du rentre-dedans ce soir-là. Je pouvais à
peine parler tant j’étais sous son charme. Je me souvenais encore avoir senti mes genoux vaciller
quand il m’avait embrassée.
– Sommes-nous assez loin du bureau pour avoir une conversation non professionnelle ? m’a
demandé Dean en m’attirant contre lui.
– Oh, pas dans un rayon d’au moins cent mètres, ai-je plaisanté.
– Laissez-moi vous faire à dîner ce soir. Rien de plus, juste un bon repas à la maison et on
pourra discuter tranquillement. On parlera du travail si vous voulez ou de tout ce qui vous plaira
d’aborder avec moi.
Dean a souri d’un air si sincère qu’il était difficile de refuser. Il ne donnait pas l’impression de
jouer un jeu ou d’avoir une idée lubrique derrière la tête. Sa proposition m’a paru honnête.
– Seulement dîner ?
– Oui, je serais ravi de discuter de vos idées sur les livres à venir. Ou nous parlerons d’autre
chose que du boulot si vous voulez.
– Serions-nous en train de décider des règles et des modalités de notre relation ?
Je n’avais pas voulu prononcer le mot relation et j’aurais aimé pouvoir le reprendre dès qu’il
est sorti de ma bouche. Nous n’étions pas dans une relation, quelle qu’en soit la nature, je le savais
bien. On s’était seulement vus quelques fois, rien qui puisse justifier d’appeler cela une relation.
Dean a dû voir la méprise sur mon visage, car il a sorti la meilleure réponse qu’on puisse
imaginer.
– Sexe oral, oups, oui, parlons des règles et des modalités.
Je suis instantanément devenue rouge comme une tomate et j’ai caché mon visage dans mes
mains, mais sa plaisanterie au sujet de mon lapsus devant ses amis était drôle. J’ai éclaté de rire,
et Dean a suivi dans la foulée.
Nous avons ri aux éclats et je me suis sentie soulagée. J’étais fatiguée de me dire que nos
discussions devaient être sérieuses tout le temps. Je savais qu’il voulait coucher avec moi, mais je
ne voulais surtout pas que ça crée une tension entre nous. J’aimais être avec lui et je voulais
coucher avec lui ; le bon moment ne s’était pas présenté, c’est tout.
J’avais attendu toute ma vie que ce soit le bon moment. Je ne voulais pas rester vierge pour
mon futur mari. J’avais juste envie de garder de ce moment un merveilleux souvenir, même si la
relation avec mon premier amant devait ne pas durer.
– Oui, je vais venir dîner, ai-je dit quand nos rires ont fini par se calmer.
– Parfait. C’est moi qui conduis cette fois-ci.
Dean a appuyé sur un bouton dans sa voiture et j’ai entendu un bip d’alarme. Il n’avait pas pris
sa Tesla mais son cabriolet Mustang. Elle était noire, avec l’intérieur en cuir noir assorti. C’était
une voiture très élégante, mais qui semblait plus correspondre à ce que je pouvais m’offrir. Il avait
assez d’argent pour conduire une Jaguar décapotable, et il m’a semblé étrange qu’il ait choisi une
Mustang.
– Une Mustang ?
– Oh, oui, je rêvais d’en avoir une depuis que je suis adolescent. C’est la première voiture que
j’ai achetée quand j’ai eu de l’argent.
Il a dit quelque chose au sujet du plaisir de conduite d’une Mustang. Ça en faisait presque un
mec normal. Surtout quand on ne savait pas combien d’autres voitures étaient garées dans le
gigantesque garage de sa maison.
Il a gardé ses mains sur le volant en conduisant et je ne m’étais jamais senti aussi à l’aise avec
lui. C’était agréable de traîner avec lui sans ressentir la moindre pression. J’aimais bien plus ce
visage de Dean que celui qu’il m’avait montré le premier soir.
Même si le Dean direct et entreprenant du soir de notre rencontre me plaisait également, le
Dean attentionné et sympathique était plus mon genre d’homme. Je n’aurais pas pu m’entendre
avec un mec aussi direct que Dean le premier soir. J’étais ravie qu’il se soit assoupli depuis les
quelques semaines où je le connaissais.
– Bon, il va falloir que je commande vite fait des plats, a dit Dean au moment où nous entrions
dans son immense cuisine. Je vous taquine. Je vais faire la cuisine pour vous, ce soir, a-t-il ajouté
en me faisant un clin d’œil.
Je me suis assise sur le comptoir et j’ai bu un verre de vin rouge tandis que Dean évoluait avec
élégance derrière les fourneaux. Il avait l’air de maîtriser l’art de la cuisine, ce qui a fait fondre
toutes mes défenses. Avec tout l’argent qu’il gagnait, il aurait très bien pu embaucher un cuisinier,
mais vivant seul, il n’avait sans doute pas besoin d’avoir en permanence du personnel autour de
lui.
– Vous avez l’air de bien connaître votre cuisine.
– Oui, j’adore cuisiner. Ma mère travaillait beaucoup quand j’étais gamin. J’aimais lui faire la
surprise de lui préparer à dîner quand elle rentrait.
– Quel fils adorable ! J’imagine que ça lui faisait plaisir. Vous lui préparez toujours des bons
petits plats ? ai-je plaisanté.
Instantanément, le visage de Dean s’est assombri et je me suis sentie très mal. J’aurais dû
attendre de savoir si sa mère était toujours en vie avant de plaisanter à son sujet. J’étais la reine
de la gaffe. J’avais eu tellement envie de le faire sourire que je n’avais pas attendu d’entendre
toute l’histoire avec sa mère.
– Elle est décédée d’un cancer quand j’étais en dernière année de lycée. Elle a travaillé sans
s’arrêter jusqu’au dernier mois avant sa mort.
– Votre mère devait être une femme merveilleuse.
– Oui, et elle m’a appris cette recette. Goûtez ça, a dit Dean en me fourrant une cuillère de
sauce dans la bouche, tout en changeant complètement de sujet de conversation.
– Il y a du pesto, non ?
– Un grand chef ne révèle jamais ses secrets.
– Vous confondez avec les magiciens. Les chefs révèlent leurs secrets, sinon les livres de
cuisine n’existeraient pas.
– Fichtre, vous m’avez eu sur ce coup, a dit Dean en riant.
C’était drôle de se retrouver assis en face de l’autre, de raconter des bêtises et de s’amuser
comme des gosses. Dean avait fait des pâtes au pesto, de loin les meilleures pâtes que j’avais
mangées depuis longtemps. Adrianna et moi ne faisions pas souvent la cuisine à la maison. Nous
commandions à manger la plupart du temps ou bien nous préparions des salades.
Nous avons passé la soirée à parler de livres, de films et de mille autres choses. Nous avons bu
du vin et nous nous entendions réellement bien. J’avais l’impression d’avoir une conversation
adulte quand nous avons parlé de politique et d’impôts, en nous déplaçant de pièce en pièce.
Nous avions commencé par la cuisine, puis il avait voulu me montrer quelque chose dans le
bureau et nous avions finalement atterri au salon. Chaque pièce était aménagée avec goût et
j’imaginais qu’il avait probablement payé un décorateur une fortune pour qu’il conçoive son
intérieur.
Puis nous nous sommes endormis sur le canapé en regardant de vieux épisodes de Laurel et
Hardy. C’était la meilleure soirée de ma vie. Meilleure que notre précédente soirée et sans aucune
comparaison avec aucun de mes rencards depuis le lycée.
CHAPITRE 13

DEAN
J’avais l’intention de séduire Chloé et de l’amener dans mon lit. Mon plan pour la soirée
consistait à me prêter au jeu de lui faire la causette, tout en la faisant boire pour qu’elle ne puisse
plus, pompette, se refuser à moi.
La soirée ne s’était pas déroulée selon mes plans.
Nous avions eu une conversation passionnante qui nous avait menés d’un sujet à un autre
sans discontinuer. Au final, nous nous étions retrouvés vautrés sur le canapé, plongés dans la
rediffusion de courts-métrages d’une autre époque. À aucun moment je n’ai songé à la séduire
tandis que nous étions sur le canapé. Mon esprit était trop occupé à profiter du moment. J’avais
aimé chaque minute de notre soirée, sans qu’il y ait eu un seul baiser échangé.
Je ne savais pas ce qui m’arrivait, mais ça me plaisait.
Quand nous nous sommes réveillés sur le canapé, elle était lovée contre ma poitrine, et je me
suis dit qu’elle était une femme merveilleuse.
Chloé était intelligente et drôle. Elle avait un sens de l’humour qui me tenait en alerte et me
faisait beaucoup rire. Il y avait sûrement quelque chose qui clochait chez elle. La vie m’avait
appris qu’il y a toujours un revers de la médaille. Une bonne surprise était toujours suivie d’une
mauvaise.
Si j’avais appris quelque chose des femmes que j’avais fréquentées, c’était qu’elles avaient
forcément un vice caché. Pas nécessairement une cause de rupture, mais il y avait toujours au
moins une chose que je trouvais insupportable.
Il y avait eu celle qui parlait du nez, celle qui ronflait, celle qui avait un rire d’hyène, et les pires
de toutes, les râleuses. Certains de ces défauts et habitudes ne m’avaient sauté aux yeux qu’au
deuxième ou troisième rendez-vous, mais d’autres m’avaient fait fuir tout de suite. Je devais
toujours peser le pour et le contre avant de décider de continuer ou non à voir une fille. En
général, je prenais le large au bout de deux ou trois soirs et passais à la suivante.
Je n’avais pas encore trouvé ce qui clochait chez Chloé.
Elle a bougé et je l’ai attirée plus près de moi. Je ne voulais pas la laisser partir si vite. Je ne
voulais pas qu’elle rentre chez elle. J’étais tellement bien là, allongé dans le canapé avec Chloé
blottie contre moi.
– Quelle heure est-il ? a-t-elle demandé en s’asseyant.
– Il est tôt. Rendormez-vous.
– D’accord. Où est votre chambre ?
J’ai écarquillé les yeux de surprise et d’excitation à l’idée d’emmener Chloé dans mon lit. C’était
ce que j’attendais. C’était ce qui occupait mes pensées depuis le premier soir au club. Bien sûr, je
ne pourrais pas être pervers avec elle, mais j’avais tellement envie d’elle que j’avais l’impression
que je pouvais exploser à tout moment.
– Suivez-moi, belle dame.
J’ai pris sa main et je l’ai accompagnée jusqu’à ma chambre. Je l’ai laissée se coucher pendant
que je disparaissais dans la salle de bain pour un brossage de dents éclair. La mauvaise haleine du
matin était ma bête noire, et ce matin, elle était particulièrement horrible.
Je ne suis resté dans la salle de bain que deux ou trois minutes, mais quand je suis retourné
dans la chambre, Chloé dormait déjà.
Je me suis assis au bord du lit et je l’ai regardée. Puis je me suis glissé sous les draps à côté
d’elle, et j’ai passé un bras sous sa tête. Je l’ai attirée contre moi et je me suis endormi.
À dire vrai, dormir dans un lit avec une femme aussi belle que Chloé n’était pas dans mes
habitudes. En fait, la seule fois où je l’avais fait, c’était parce que j’étais assommé par l’alcool.
C’était une expérience inédite et intéressante pour moi. J’aimais bien dormir avec Chloé contre
moi.
Quelques heures plus tard, Chloé s’est réveillée et j’ai senti sa main qui explorait mon corps.
J’ai gardé les yeux fermés, en savourant la douceur de ses doigts sur ma peau. Mon petit soldat a
réagi rapidement à ses attouchements ; bientôt, ses doigts se sont refermés autour de ma bite et
ont commencé à la branler.
J’ai laissé échapper un gémissement. Je ne pouvais plus faire semblant de dormir.
CHLOÉ
Au petit matin, quand j’ai réalisé que nous avions fini la nuit dans son lit, sans avoir eu de
rapports sexuels, j’ai eu du mal à le croire. Cela faisait des semaines que Dean voulait me sauter.
Et quand il m’a eue saoule et dans son lit, il n’a pas essayé d’en profiter pour parvenir à ses fins.
Mes mains se sont aventurées sur son corps tandis que je repensais à la veille. Nous avions
beaucoup discuté et beaucoup ri, et j’avais vraiment adoré notre rendez-vous galant. Si toutefois
c’en était un. J’avais plus l’impression qu’on était comme deux potes qui traînent ensemble et
s’amusent à refaire le monde.
J’ai eu l’intime conviction que c’était le bon moment.
Je l’ai embrassé, j’ai enlevé ma chemise et je me suis assise à califourchon sur lui, lui offrant
une vue imprenable sur mes seins. J’avais le sentiment de tenir les rênes et je savais que je voulais
aller plus loin.
Il a mis ses mains en coupe sous mes seins et il a commencé à les caresser. Je me suis cambrée
et j’ai jeté ma tête en arrière pour aviver mes sensations. Il a fait rouler mes tétons entre ses
doigts et j’ai senti une déferlante de chaleur inonder mon bas-ventre.
Puis il m’a retournée sur le dos et il s’est mis au-dessus de moi. Il était encore habillé, mais je
sentais sa queue bandée presser contre mon corps. Il a pris mon visage à deux mains et m’a
embrassé passionnément. Dean n’était plus pressé ; il s’appliquait. J’ai savouré ce moment et le
goût de ses baisers.
J’ai attrapé sa chemise et l’ai passé par-dessus sa tête. Sa peau chaude contre la mienne m’a
rappelé la sensation de nos corps nus dans la douche, quelques jours plus tôt à la gym.
Nous nous sommes mangé la bouche en nous serrant l’un contre l’autre. J’ai roulé sur le côté,
dans l’espoir qu’il m’enlève ma culotte. Je le désirais comme je n’avais jamais désiré aucun
homme avant lui.
J’avais les lèvres sèches et je les ai léchées quand il a fini par me libérer de ma culotte. J’avais
tant désiré ce moment que j’ai dû fermer les yeux, submergée par l’émotion. Le moindre de ses
gestes stimulait mon excitation ; il fallait que je me reprenne – si toutefois c’était possible.
– Lève les fesses, il a dit.
J’ai soulevé mes hanches pour qu’il puisse faire glisser ma petite culotte en dentelle noire
jusqu’en bas.
Il a commencé à m’embrasser la cheville, puis il est remonté le long de ma jambe vers ma
cuisse, et toujours plus haut, pour fourrer sa langue dans mon intimité.
C’était très différent de le sentir me lécher le clitoris alors que nous étions dans un lit. J’étais
détendue et je sentais le plaisir monter en moi comme cela ne m’était arrivé ni au bureau ni à la
gym.
Dean ne s’est pas attardé bien longtemps à l’endroit névralgique, cela dit. Il a enlevé son
pantalon et écarté mes cuisses.
– Tu es d’accord ? a-t-il demandé au moment où je l’ai senti prêt à me pénétrer.
J’ai hoché la tête en signe de consentement et je me suis mordu la lèvre. Oui, oui, oui, j’étais
prête.
Il s’est enfoncé en moi tout doucement et j’ai respiré à fond. Je m’attendais à ce que ça me
fasse plus mal que ça. J’étais mal à l’aise, mais je n’avais pas mal.
– Ça va toujours ? s’est enquis Dean en reprenant ma bouche dans la sienne.
J’ai hoché de nouveau la tête pour dire oui et je l’ai embrassé tandis qu’il s’enfonçait plus
profondément en moi.
J’avais besoin de prendre quelques respirations profondes.
Puis j’ai collé mes hanches contre Dean et j’ai rapproché son corps du mien. Il s’est mis à aller
et venir doucement en moi. Ses mouvements étaient lents et il ne s’enfonçait pas trop loin.
Le plaisir de l’avoir en moi que je n’avais qu’imaginé jusqu’alors, je l’ai enfin ressenti pour de
vrai. Il était très agréable de le sentir aller et venir dans mon ventre et mon corps a commencé à
réagir à ses mouvements. C’était bon, c’était le bon moment et j’étais heureuse que ce soit avec
Dean.
Je l’avais entouré de mes bras tandis qu’il bougeait en moi et j’ai senti mon ventre se resserrer
autour de son membre. Je me suis agrippée à lui et j’ai fermé les yeux tandis qu’il allait et venait
en moi de plus en plus vite. Il était au bord de l’orgasme, je pouvais le sentir à chacun de ses coups
de reins.
– Oui, j’ai dit d’une voix forte. Oui, oui, oui.
C’était l’encouragement dont il avait besoin pour accélérer ses mouvements. Mon corps s’est
mis à frissonner. Ça a commencé dans mes jambes. Le frisson a envahi mon pelvis et j’ai senti mes
reins accompagner chacune de ses poussées. La sensation était délicieuse. J’en voulais encore,
encore. Je voulais le sentir complètement en moi.
J’ai été surprise par un orgasme libérateur. Tout mon corps s’est tendu et mes chairs se sont
resserrées autour de Dean. Il a continué à donner des coups de reins jusqu’à ce que ma jouissance
comprime sa queue.
Ses coups de reins ont continué quelques secondes, puis il s’est retiré, il a serré sa queue et il a
joui sur mon ventre. J’ai regardé avec émerveillement son sperme blanc se répandre sur moi.
– Il ne va pas être facile d’avoir des relations professionnelles au bureau après ça, ai-je dit en
riant.
CHAPITRE 14

DEAN
J’ai adoré la nuit, et surtout le réveil avec Chloé. Son corps si tendre ne m’avait pas du tout
déçu et je n’aspirais qu’à recommencer. Mon esprit était obnubilé par cette pensée et je voulais
l’avoir dans mes bras ce soir même. Elle était comme une drogue pour moi.
Au bureau, j’ai essayé de me concentrer sur les projets en cours, mais je n’y arrivais pas. J’avais
besoin d’elle. Mon corps avait besoin de Chloé. C’était une attirance physique, une attraction
magnétique totalement irrésistible.
– Alors, comment allez-vous aujourd’hui ? ai-je demandé à Chloé après la journée de travail.
C’était le premier jour de la semaine et c’était la première journée de sa vie de femme déflorée.
Elle avait l’air heureuse et pas trop mal à l’aise. J’espérais sincèrement qu’elle ne souffrait pas, ni
physiquement ni psychologiquement, de la nuit que nous avions passée ensemble.
– Je vais très bien ; c’était une très bonne journée, a dit Chloé tandis que nous entrions dans le
parking.
Conserver une attitude professionnelle pendant les heures de travail était un calvaire pour
moi. J’avais envie de la prendre sur la table de réunion, j’avais envie de la prendre sur mon bureau,
j’avais envie de la prendre à peu près partout où j’aurais pu lui écarter les cuisses et la baiser.
Même si mon esprit rationnel savait qu’elle n’était pas encore prête à « baiser ». Elle avait besoin
d’un amant qui lui fasse l’amour.
– Voulez-vous venir dîner chez moi ? lui ai-je demandé plein d’espoir.
– Je ne peux pas ce soir ; j’ai un truc avec mes amies. Mais sachez que j’aimerais vraiment dîner
avec vous un autre soir.
Chloé a agrippé ma chemise et m’a tiré vers elle. Elle a plongé ses yeux bleus dans les miens à
la recherche de quelque chose ; je ne savais pas exactement ce qu’elle cherchait. Je craignais
qu’elle en veuille plus que ce que je pouvais lui donner.
– Eh bien, disons demain.
– Oui, avec grand plaisir.
Chloé m’a tendu ses lèvres et je n’ai eu d’autre choix que l’embrasser. Elle avait envie de moi et
ma queue s’est dressée au garde-à-vous. Si elle n’était pas si inexpérimentée, je l’aurais culbutée
sur la banquette arrière de la voiture. Mais ce n’était pas ce qui convenait à une fille comme elle.
Ses lèvres avaient le goût sucré des fraises, ce qui m’a allumé direct. Ma queue s’est tendue de
désir et je l’ai frottée contre sa cuisse pour qu’elle réalise à quel point elle me faisait bander. Elle
m’excitait comme un fou, pouvoir que peu de femmes avaient sur moi. J’ai été surpris de réaliser
que Chloé pouvait exciter chaque parcelle de mon corps aussi bien que mon intellect.
J’ai détaché mes lèvres des siennes pour explorer jusqu’où elle me laisserait la lécher alors que
nous étions dans un parking. J’espérais qu’elle me laisserait goûter plus que ses lèvres. J’espérais
qu’elle me laisserait goûter sa fleur de nouveau, même si c’était sans doute aller trop loin pour elle
dans un lieu public. D’abord, j’ai glissé mes lèvres jusqu’à son globe d’oreille. Elle s’est tortillée
tandis que je mordillais doucement le petit coussin de chair.
– J’ai envie de toi, ai-je murmuré.
Chloé a laissé échapper un petit gémissement délicieux et s’est pressée contre mon corps. Le
désir brutal de la baiser à fond m’a submergé. J’imaginais que je l’allongeais sur le capot et que je
glissais ma queue en elle. Je pouvais presque entendre ses râles de plaisir tandis que j’enfonçais
ma bite dans sa petite chatte serrée. Ce fantasme m’a rendu fou ; je ne pouvais plus attendre.
J’ai collé ma bouche contre sa poitrine et j’ai sorti un de ses seins du soutien-gorge pour lui
sucer le téton. En même temps, j’ai glissé ma main sous sa jupe et dans sa culotte humide.
Elle mouillait grave. Chloé avait envie de moi autant que j’avais envie d’elle.
– Viens chez moi, ai-je soufflé en caressant des doigts son clitoris doux et gonflé.
– Je ne peux pas. Je dois y aller.
Chloé s’est écartée de moi et s’est dirigée vers sa voiture. C’était brutal et je me suis demandé
si c’était parce que j’étais trop entreprenant avec elle. J’allais sans doute trop vite. Mais je ne
pouvais pas me retenir. Mon corps la désirait à en crever. Ma tête était obnubilée par elle. J’avais
besoin de la posséder.
En sortant du parking, Chloé a baissé la vitre et m’a envoyé un baiser. C’était super mignon et
ses yeux brillaient de désir. Une évidence m’a frappé : il fallait que je sois plus romantique si je
voulais recoucher avec elle. Puis une question a jailli ; une chose à laquelle je n’avais jamais
réfléchi.
Qu’allais-je faire de Chloé quand je me lasserais d’elle ? Car c’était une vérité éprouvée : les
femmes finissaient toujours par me lasser. Chloé avait un je-ne-sais-quoi qui me touchait et
j’étais soudain très mal à l’idée qu’un jour, sans doute bientôt, il faudrait que je lui brise le cœur.
Ce ne serait pas la même chose qu’avec mes autres conquêtes, car pour elles, j’étais juste un mec
parmi d’autres. Mais pour Chloé, j’étais son premier homme ; j’étais quelqu’un à part.
Est-ce qu’être romantique et faire durer cette relation plusieurs nuits était une bonne chose ?
Elle se sentirait peut-être réconfortée et heureuse de m’avoir choisi pour premier amant ? Ou
peut-être que ça rendrait l’inévitable rupture encore plus douloureuse que si j’arrêtais tout
maintenant ?
Sincèrement, je ne voulais pas faire de mal à Chloé ; ça me faisait mal au bide de savoir que
j’allais lui briser le cœur. J’avais l’impression d’être un salaud d’avoir couché avec elle tout en
sachant que je n’avais aucune intention d’avoir une relation sérieuse avec elle. Le problème, c’est
que j’avais envie d’elle. Je ne pouvais pas la larguer si tôt. Je ne pouvais pas renoncer à cette
attirance magnétique entre nous.
Même s’il était probablement mieux pour elle que je mette fin maintenant à notre aventure, je
n’en avais pas envie. Je voulais recoucher avec elle, une dernière fois. Je pourrais la larguer
ensuite. Je programmerais mon cerveau pour ne plus avoir envie d’elle. Si je recouchais avec elle,
je n’aurais pas d’autre choix. Mais il fallait que je me la fasse encore une fois.
CHLOÉ
Dean était si mignon quand il m’a regardée sortir du parking. Si je n’avais rien eu de prévu,
j’aurais adoré l’accompagner chez lui. J’étais heureuse d’avoir Dean dans ma vie et je voulais
passer le plus de temps possible avec lui.
Quand je me suis garée devant l’endroit où je devais retrouver Adrianna et des amies, j’ai eu un
pincement au cœur de ne pas passer la soirée avec Dean. Toutes mes copines sans exception
m’avaient plantée à un moment ou à un autre pour aller voir leur mec. Il n’y avait aucune raison
que je n’en fasse pas autant.
– Hé, hé, hé, ai-je chantonné en me dirigeant vers la table où se trouvait ma bande de copines,
une demi-douzaine de filles.
– Non, j’y crois pas ! s’est exclamé Adrianna.
– Oh, tu l’as fait ? a demandé Kirsten.
– De quoi parlez-vous ? J’ai juste dit : « hé, hé, hé, » ai-je ri.
– Elle sort avec son boss super sexy et super riche, et ils ont couché ensemble ! a annoncé
Adrianna à la cantonade.
Les bavardages ont repris de plus belle à table, les filles se tournant les unes vers les autres
pour commenter la nouvelle.
– Adrianna, je n’ai pas envie que tout le monde le sache.
– Oh, tais-toi. C’est plus drôle d’en parler que de garder ça pour toi.
Adrianna était folle de croire que j’allais étaler ma vie sexuelle en public ce soir ou n’importe
quel autre soir. J’étais tellement gênée que tout le monde sache que j’avais enfin perdu ma
virginité. Il était hors de question que je raconte quoi que ce soit.
– Il ressemble à quoi ? m’a demandé l’une de filles.
Adrianna a estimé qu’elle pouvait répondre à ma place. Et elle l’a fait.
– C’est une vraie bombe. Dean Hammond, tu sais, celui qui a une maison d’édition ? Il a fait la
une des journaux plusieurs fois, et il est sexy à mort. Un peu plus vieux que nous, distingué, et un
regard perçant qui te met en transe.
Les filles regardaient et écoutaient Adrianna attentivement. Elles semblaient captivées par sa
description de Dean, et je l’étais aussi. Adrianna avait sûrement le béguin pour lui. Je ne lui en
voulais pas ; moi aussi, j’avais le béguin pour lui. Grave. Je ne pouvais plus regarder un mec sans le
comparer à Dean. J’étais officiellement raide-dingue de lui.
– Alors, quelqu’un va-t-il m’offrir un verre pour fêter mon dépucelage ? ai-je fini par déclarer.
Il était inutile d’essayer de lutter contre cette bande de filles. J’ai décidé de boire avec elles, et
bientôt la conversation a dérivé sur leurs mecs. J’étais dépitée de voir qu’elles multipliaient les
reproches au lieu de vanter les mérites de leurs copains. Je détestais cette attitude.
Je ne voudrais pas être avec un homme que je n’admire pas à chaque instant. J’aimais que
Dean me fascine et qu’il semble ne pas avoir de défaut. Évidemment, il travaillait trop. Mais à part
ça, il n’y avait rien chez lui qui me déplaise. Du moins, pas encore. J’étais sûre qu’à la longue, après
l’avoir fréquenté pendant quelque temps, je découvrirais chez lui quelque chose de déplaisant.
Mais pour le moment, j’aimais beaucoup Dean et j’avais très envie de mieux le connaître.
Au rythme où nous buvions, il est devenu évident qu’aucune de nous n’était en mesure de
conduire. Je buvais rarement, mais ce soir-là, je ne pouvais pas être la conductrice désignée pour
ramener les autres. Les filles qui étaient en couple ont appelé leur copain pour qu’il vienne les
chercher. Avec Adrianna, nous avons décidé de prendre un taxi. Mais quand nous sommes
arrivées devant la maison, je mourais d’envie d’aller retrouver Dean.
– Vas-y, rentre. Je vais aller border Dean, ai-je dit avec un sourire coquin tandis qu’Adrianna
sortait du taxi.
– Ah, ouais ? Vas-y, fais-toi plaisir !
Adrianna est descendu sur le trottoir et elle a fait un mouvement obscène des hanches, imitant
le va-et-vient.
– Oh non, rentre Adrianna, tu me fais honte. Je vais juste lui souhaiter bonne nuit.
Adrianna, rigolarde, a voulu continuer son imitation obscène, mais j’ai fait signe au chauffeur
de taxi de démarrer.
J’avais oublié le portail devant chez Dean et mon plan de le surprendre a complètement
échoué. Au lieu de cela, je me suis retrouvée debout sous la pluie à appuyer sur la sonnette du
portail en espérant qu’il était encore debout.
– Oui ? a dit une voix féminine.
Je me suis figée. Pourquoi une femme répondait-elle à l’interphone ?
– Euh, je viens voir monsieur Hammond, ai-je bafouillé.
– Chloé ? a grésillé la voix lointaine de Dean. Ouvre-lui, Teresa.
J’ai payé la course au taxi et j’ai passé le portail pour arriver devant la porte d’entrée de la
maison de Dean. Une petite femme hispanique m’a ouvert, tandis que Dean accourait derrière
elle.
Alors que je passais le seuil de la porte, Dean s’est pris les pieds dans le tapis et il s’est étalé de
tout son long, face contre terre.
– Oh, non ! Vous allez bien ? ai-je demandé tandis que Teresa et moi nous précipitions vers lui.
– Tout va bien, mesdames. C’est juste le choc de voir Chloé ici, a-t-il dit en souriant.
– La prochaine fois, je vous préviendrai.
J’ai tendu la main à Dean, mais j’avais du mal à tenir debout moi-même. Alors, au lieu que je
l’aide à se relever, c’est lui qui a saisi ma main et m’a aidée à tenir sur mes jambes. J’avais dû boire
un peu trop.
– Vous avez bu ? a demandé Dean surpris.
– Oui, oui, j’ai bu.
Dean m’a fait asseoir sur une chaise qui se trouvait dans l’entrée. Il s’est agenouillé et il m’a
déchaussée, en laissant ses mains s’attarder sur mes jambes. J’ai regardé autour de moi, mais
Teresa avait disparu aussi vite qu’elle était apparue.
– Je t’emmène dans mon lit ?
Ses yeux perçants m’ont atteinte en plein cœur. Je l’ai senti battre la chamade et j’aurais voulu
me souvenir de ce moment toute ma vie. Sa mâchoire ciselée le faisait ressembler à un
superhéros, de ceux qu’on voit dans les films. Dean avait l’air à la fois vulnérable et viril, et bien
sûr, plus sexy que jamais.
Il s’est levé et mes yeux se sont retrouvés face à ses abdos en tablettes de chocolat. Je ne savais
même pas qu’il était possible d’avoir tant de muscles dans le ventre. J’ai tendu la main et je l’ai
touché, mes doigts ont caressé sa peau et j’ai fermé les yeux. J’ai inspiré à fond, m’emplissant les
narines de son odeur divine. J’avais envie de lui. Je voulais être dans son lit.
J’ai hoché la tête pour dire oui et je l’ai suivi à l’étage, puis dans sa chambre.
Tout mon corps le désirait si fort que je n’arrivais pas à penser à autre chose. Je n’étais pas
complètement ivre, juste assez pour faire disparaître mes inhibitions, et me glisser dans son lit. Je
n’avais plus de pudeur, seulement du désir pour cet homme que j’avais commencé à aimer plus
que je ne voulais l’admettre.
CHAPITRE 15

DEAN
Voir Chloé se pointer chez moi, c’était comme recevoir un cadeau d’anniversaire quand ce
n’est pas votre anniversaire. J’étais tellement surpris qu’il m’a fallu une bonne minute pour
réaliser ce qui se passait. Chloé avait visiblement bu et c’était agréable de la voir se lâcher, pour
une fois.
Toutes les fois où nous nous étions vus en privé, Chloé avait toujours réussi à contrôler ses
émotions. Elle refusait de se laisser aller, et pesait constamment le pour et le contre de la moindre
décision. Je me suis demandé si elle avait eu la lucidité de le faire avant de prendre un taxi pour
venir chez moi à une heure si tardive.
Ma seule intention était de la mettre au lit et de dormir, vraiment. J’étais sûr que nous allions
nous endormir dans les bras l’un de l’autre et que nous ferions l’amour avec passion demain
matin.
Chloé avait un autre plan.
Quand nous sommes entrés dans la chambre, j’ai allumé la lumière. Chloé l’a éteinte. Elle m’a
attrapé et m’a entraîné vers le lit, puis elle m’a poussé dessus.
– Oh, tu es fougueuse ce soir, ai-je dit, allongé les bras en croix, l’admirant à la lueur du clair de
lune.
– Je veux que tu me baises.
Mes yeux se sont écarquillés et ma bite a durci à ces mots. Mais je ne voulais pas profiter d’elle
dans l’état d’ébriété où elle était ; ce n’était pas mon genre.
– Tu as trop bu. Viens te coucher et on reparlera de baiser demain matin.
Chloé s’est plantée devant moi et a commencé à se déshabiller. La lune éclairait la chambre
juste assez pour que je la voie. J’ai salivé en l’observant libérer ses seins de son soutien-gorge
délicat.
– Je veux que tu me baises jusqu’à ce que je crie.
Chloé m’a sauté dessus et a ouvert ma braguette. Elle m’a saisi la queue d’une main leste et l’a
sortie. J’ai tenté de protester. Si, si, vraiment. Mais elle était déterminée et avant que j’aie pu dire
quoi que ce soit, elle avait refermé ses belles lèvres autour de ma bite.
Elle n’était pas experte en fellation, mais je dois avouer que c’était bon d’être dans sa bouche.
Elle a levé les yeux pour me regarder tout en me suçant. J’ai fermé les miens pour décider si j’allais
faire ce qu’elle me demandait et la baiser. C’était un dilemme inédit pour moi. En général, quand
une femme me demandait de la baiser, je ne me faisais pas prier. Chloé était l’exception qui
confirme la règle.
Je n’avais pas encore statué sur la poursuite ou non de notre relation. Elle risquait de
s’attacher à moi, ce qui rendrait nos rapports malaisés au bureau. Sans compter qu’elle avait dû
boire pas mal d’alcool avant de venir.
– Combien tu as bu de verres ce soir ? suis-je parvenu à articuler entre deux râles de plaisir.
– Trois.
J’ai imaginé le scénario. Les trois verres l’avaient certainement détendue, mais elle savait
parfaitement ce qu’elle faisait. Elle y avait probablement pensé toute la journée et trouvé le
courage de se pointer chez moi après avoir bu quelques verres.
– Arrête de poser des questions et baise-moi, Dean.
Je ne sais pas si c’était son audace, la pipe, ou la façon dont elle avait dit mon nom, mais je n’ai
pas pu me retenir.
Je l’ai attrapée et je l’ai renversée sur le lit. J’ai arraché brutalement ses vêtements et je l’ai
touchée pour voir si elle mouillait. Son corps suintait de désir pour moi. Elle voulait expérimenter
le sexe, le vrai. Elle voulait sentir ce que ça faisait de se faire défoncer sans merci, elle voulait que
je la fasse crier… Eh bien c’était exactement ce que je voulais lui faire.
Je l’ai pénétrée lentement au début. Son ventre était chaud et il a accepté volontiers mon
membre palpitant. J’ai fait quelques mouvements de va-et-vient, en donnant des petits coups de
reins délicats, mais très vite, elle a planté ses ongles dans mon dos pour me maintenir au fond
d’elle.
– Plus fort, a-t-elle exigé.
Ses désirs étaient des ordres et je me suis lâché, la défonçant à grands coups de boutoir qui lui
secouaient tout le corps.
Chloé a laissé échapper des hurlements de plaisir que mes voisins ont dû entendre. Elle a
enfoncé ses ongles dans la chair de mon dos jusqu’à me faire mal. La douleur m’a excité et j’ai
accéléré mon va-et-vient. J’adorais la baiser. Chloé était délicate et novice en matière de sexe,
mais elle y prenait du plaisir. Son corps tremblait d’excitation et bientôt, elle a été secouée par un
violent orgasme qui a déferlé dans son pelvis.
J’ai continué à la limer, déterminé à lui offrir un deuxième orgasme mémorable. Je voulais
qu’elle comprenne pourquoi tout le monde s’extasiait sur le sexe. Je voulais qu’elle adore ça.
Nous n’aurions pas pu être plus synchrones : au moment où je donnais un ultime coup de
reins, elle a joui une nouvelle fois. C’était charmant de la voir me repousser dans l’espoir que
j’arrête de la limer. Puis elle m’a rattrapée et m’a attirée contre elle.
Elle m’a embrassé. C’était un moment magique. Notre complicité était fusionnelle, bien plus
intense que ce que j’avais connu avec la plupart des femmes. Ça m’a effrayé de sentir à quel point
j’étais bien avec Chloé. Ça m’a effrayé de réaliser à quel point je voulais qu’elle soit heureuse. Je ne
ressentais jamais cela avec une femme, et ce n’était certainement pas quelque chose que j’avais
prévu.
CHLOÉ
La nuit avait atteint la perfection absolue. Je n’avais jamais pris un tel risque — me pointer
chez un mec alors que j’avais bu —, mais je n’avais jamais le culot de demander ce que je voulais
quand j’étais sobre.
Être avec Dean me procurait des frissons d’excitation dans tout le corps et je voulais être avec
lui encore et toujours. Je commençais à avoir des sentiments pour lui. J’étais heureuse d’être avec
un homme que j’admirais autant. Il travaillait tellement dur pour développer son entreprise, et
c’était un mec si gentil. Sa joie de vivre était contagieuse et j’étais en train de devenir accro.
Le lendemain, au bureau, je me suis efforcée de me concentrer sur mon travail et de montrer à
Dean que nous pouvions avoir une relation très professionnelle tout en nous voyant en dehors
des heures de boulot. Cet arrangement me convenait parfaitement. Il n’y avait pas lieu de se
demander comment nous comporter au travail. Une seule règle : aller au bureau et faire mon job
du mieux possible. Je ne devais me préoccuper que de cela, et rien d’autre.
Sur le papier, c’était simple. Malheureusement, je mourais d’envie de voir Dean, de l’appeler et
de lui envoyer des SMS à longueur de journée. Chaque fois que je me dirigeais vers l’ascenseur, je
regardais la porte de son bureau avec l’envie de courir vers elle et de l’ouvrir pour m’y engouffrer.
Mon corps voulait se faire prendre sur la table de réunion, sur son bureau, et même sur la
moquette si c’était là qu’il me voulait.
Faire l’amour m’avait fait découvrir des sensations nouvelles que je ne croyais pas possibles.
Je voulais jouir encore et encore. J’avais enfin compris pourquoi on faisait un tel battage autour
du sexe. C’était bon, c’était plus que bon ; c’était génial !
J’ai vu Dean partir déjeuner avec quelques employés et je n’ai pas pu m’empêcher de les suivre
pour voir où ils allaient. J’ai fait attention à laisser un bon écart entre nous, en montant un
scénario dans ma tête. S’il déjeunait avec d’autres collaborateurs, cela signifiait que j’avais le droit
de me joindre à eux. Cela dit, personne ne m’avait expressément invitée à les accompagner. J’ai
décidé que c’était une mauvaise idée et je suis retournée au bureau.
Travailler avec Dean était plus difficile que prévu. J’ai essayé de me concentrer sur les romans
que je devais lire, mais je n’arrêtais pas de penser à ses mains sur mon corps.
La zone cérébrale du plaisir était stimulée par tous ces signaux et images, et j’ai senti que je
mouillais en visualisant Dean sur moi dans son lit. Mes mains le retenaient au fond de moi et je
hurlais de plaisir.
Il fallait que je le voie après le travail. Je lui ai envoyé un SMS pour qu’on se retrouve quelque
part ce soir.
J’avais l’impression d’être une lycéenne qui envoyait un texto à un mec sans savoir si elle lui
plaisait ou non. C’était bizarre de travailler avec quelqu’un qui soit en même temps le premier
homme avec qui on a couché. Et il n’était pas simplement un collègue de bureau ; c’était mon
patron, et le propriétaire de l’entreprise. Si les choses se passaient mal entre nous, il faudrait que
je continue à travailler ici. C’était le job de mes rêves et je n’allais pas le laisser tomber pour une
déception sentimentale.
Dean ne m’a pas répondu avant la fin de la journée. Et c’était pour me dire qu’il avait un dîner
d’affaires. Il n’a pas donné de précisions et il n’a pas dit qu’il était désolé. Il a juste écrit qu’il était
pris. Ça m’a laissé un arrière-goût désagréable.
Je me suis sentie mal et j’ai commencé à imaginer divers scénarios pour expliquer qu’il me
plante, sans remettre en cause la véracité du dîner d’affaires. Il fallait que je lui parle, et j’avais
beau tenter de me retenir, il fallait que je lui parle tout de suite.
Deux hommes en costume sont arrivés à l’accueil au moment où je partais ; j’étais sûre qu’ils
venaient voir Dean. Il avait souvent des rendez-vous d’affaires le soir, il ne s’arrêtait jamais de
bosser. J’ai attendu en bas dans le hall et je me suis assise dans un coin. Quand ils sont descendus
ensemble et sont sortis de l’immeuble, j’ai su d’emblée où ils allaient. Shenanigans était le bar
favori de Dean et il aimait bien emmener les gens là-bas.
J’ai longé l’arrière de l’immeuble et j’ai cavalé sur le trottoir opposé. En me dépêchant, je
pouvais arriver au bar avant eux. Et ensuite, j’aurais l’air d’une folle qui le harcèle ; il est vrai que
je commençais un peu à me sentir comme ça.
En courant, j’ai déboutonné mon chemisier en soie et je l’ai fourré dans mon sac. Je portais un
débardeur moulant noir dessous, plus approprié pour une soirée dans un bar. Ma jupe crayon
étroite complétait mon look. J’ai aussi dénoué le chignon qui disciplinait mes cheveux et je les ai
laissés tomber sur mes épaules.
Mon cœur martelait dans ma poitrine quand je suis arrivée au bar et que je n’ai pas vu Dean ni
les deux autres hommes. J’ai marché droit vers le comptoir et j’ai commandé une vodka
cranberry. Le timing n’aurait pas pu être plus parfait : au moment où le barman m’a tendu mon
verre, Dean et les deux hommes sont entrés dans le bar.
J’ai immédiatement regardé ailleurs et j’ai abordé le type qui se trouvait à ma droite. Il a
semblé agréablement surpris que je lui fasse la causette de ma propre initiative.
– Hé, vous pensez que les Yankees vont gagner cette année ?
– Non, mais j’adorerais qu’ils remportent la coupe. Au fait, je m’appelle Tony.
– Et moi Chloé. Enchantée, ai-je ajouté en lui serrant la main, faisant tout mon possible pour
ignorer Dean et les deux hommes que je pouvais apercevoir du coin de l’œil.
Je me suis mise face au bar pour boire mon verre. Je tournais le dos à Dean, mais j’avais le
curieux sentiment qu’il m’avait repérée. J’espérais qu’il m’avait vue pour que je n’aie pas à aller
l’accoster à sa table. Si c’était lui qui venait me voir, ma présence semblerait plus naturelle.
CHAPITRE 16

DEAN
Je l’ai vue à la seconde où je suis entré dans le bar. Elle n’était pas le genre de filles à aller boire
un verre seule dans un bar. Aussi je l’ai immédiatement soupçonnée d’être là parce qu’elle savait
que je tiendrais ma réunion d’affaires ici.
Ça m’a agacé.
Je n’en étais pas sûr à 100 %, mais j’avais l’impression qu’elle commençait à s’attacher un peu
trop à moi. Elle voulait qu’on ait une vraie relation, qu’on soit en couple. J’étais content de la voir
de temps en temps et de la baiser. Mais voilà ce qui arrive quand on couche avec une vierge.
J’aurais dû le savoir ! Putain, j’aurais dû me douter qu’en étant son premier, Chloé s’attacherait à
moi et que je n’arriverais pas à m’en débarrasser.
Peu importe que je l’aime bien. Je finirai par m’en lasser, la larguer et elle sera dévastée. Je
savais que j’étais fait ainsi et je me sentais déjà assez mal à l’idée de lui briser le cœur.
Typiquement, c’était le moment où je disparaissais de l’écran radar, ou du moins que je ne
répondais plus aussi souvent aux appels de la fille. Mais je travaillais avec Chloé et je ne voulais
pas que notre relation devienne invivable au bureau. Il fallait que je la déçoive pour qu’elle cesse
de m’aimer et qu’elle aille voir ailleurs. Pour cela, il fallait que je me comporte comme un salaud
avec elle. Ainsi, c’est elle qui voudrait rompre avec moi, et il ne me resterait plus qu’à accepter.
J’aimais bien Chloé ; je voulais baiser avec elle de nouveau. Mais je ne voulais pas être piégé
dans une relation. Je voulais que nos rapports restent légers, or je sentais que Chloé pouvait
devenir une harceleuse en puissance. Ce n’était pas sa faute, il était normal qu’une fille s’attache à
son premier amant, et je n’aurais jamais dû la déflorer. Mais je l’avais fait, et maintenant il fallait
que je desserre les griffes qui se refermaient sur moi.
– Nick, tu vois cette fille au bar ? Elle travaille pour moi. Tu ne trouves pas qu’elle a un beau
petit cul ?
Nick Emerson était un jeune auteur montant. Il était à peine plus âgé que Chloé ; le mec idéal
pour elle. J’ai pensé qu’ils pourraient discuter littérature, écriture et autres choses dans le genre.
– Oh putain Dean, pourquoi tu te mets au supplice en embauchant une nana si mignonne ?
– C’est une lectrice hors pair, elle déchire. Crois-moi, ça vaut le supplice de ne pas pouvoir me
la faire. Mon malheur pourrait faire ton bonheur ! Tu veux que je te la présente ?
– Volontiers.
Nick n’a pas hésité une seule seconde et son empressement a fait vibrer en moi la corde de la
culpabilité. Voulais-je vraiment présenter à Chloé un jeune auteur canon ? Trop tard pour
regretter. J’avais déjà allumé la mèche.
Je me suis levé et me suis approché de Chloé. Une espèce d’abruti était en train de lui parler de
baseball. Il ne savait pas que les filles détestent ces conneries ?
– Salut, beauté. Vous voulez vous joindre à nous ?
– Hé, Dean. Euh... oui, bien sûr, a dit Chloé en souriant à mes hôtes, qui m’avaient suivi au bar.
Ses yeux ont brillé quand elle a vu Nick et mon estomac s’est noué. Le courant est passé
instantanément entre eux et j’ai regretté d’emblée le projet de détourner Chloé de notre histoire.
Mais il fallait que je continue. Il fallait que je sois un salaud à ses yeux pour qu’elle puisse se
détacher de moi. Je n’étais pas l’homme qu’il lui fallait, j’en étais sûr.
En retournant à la table, j’ai fait les présentations d’usage.
– Nick et Malcolm, je vous présente la célibataire la plus sexy de toute mon équipe et la
meilleure lectrice que je connaisse : Chloé Mayers.
Malcolm et Nick se sont présentés eux-mêmes et lui ont serré la main. J’ai fait exprès de ne pas
regarder Chloé. Je savais que la jeter dans l’arène en la présentant comme une célibataire canon
était la pire des offenses.
– Vous êtes magnifique, a dit Nick à Chloé, comme si les mots étaient sortis de sa bouche sans
qu’il puisse les retenir.
Il lui a lancé un regard appuyé qui m’a mis instantanément mal à l’aise. Je n’aimais pas ça.
J’avais envie de lui mettre mon poing dans la figure. Elle me rendait fou ou quoi ? Il y a deux
minutes, je la trouvais collante et insistante de s’être pointée dans le bar. Et maintenant, la voir
minauder avec Nick me faisait regretter de lui avoir présentée.
– Merci, Nick, c’est très gentil, a répondu Chloé. Puis elle m’a regardé et j’ai cru voir un éclair de
colère dans ses yeux.
Elle n’appréciait probablement pas que je la présente uniquement comme une collaboratrice,
mais je n’allais pas crier sur les toits que j’avais sauté ma nouvelle recrue.
– Dean, puis-je vous parler une minute ? a dit Chloé et j’ai su à son ton qu’elle était furax.
Je ne voulais pas qu’elle soit fâchée et j’avais toujours une envie folle d’elle. Pour les affaires et
la bonne marche de nos rapports professionnels, il fallait qu’elle m’en veuille un peu à titre
personnel.
Nous sommes sortis du bar et avant même de me retourner vers elle, je savais qu’elle était
blessée. Je l’avais vu dans ses yeux en quittant la table et ça m’avait tué. Chaque parcelle de mon
corps me hurlait de la prendre dans mes bras et de réparer mes torts, présents et futurs.
– La célibataire la plus sexy de mon équipe ? Sérieusement ? Vous voulez me caser avec l’un
des deux ou quoi ?
Elle était en colère ; le rouge lui était monté aux joues et j’ai même cru qu’elle allait pleurer
sous le coup de l’émotion.
– Nous ne sommes pas ensemble que je sache ; je voulais seulement vous faire rencontrer de
charmants célibataires.
Je n’ai pas pu la regarder dans les yeux en le disant, je savais que c’était méchant. J’ai senti
dans mes tripes que c’était mal de lui faire ça.
– Ah, d’accord, vous voulez la jouer comme ça ? Et dire que je pensais que cette relation
pouvait vraiment aller quelque part.
– Relation ? ai-je répété.
Oh, je me sentais merdique d’être aussi salaud.
Chloé m’a fixé quelques instants, puis elle est retournée dans le bar et s’est assise à côté de
Nick. Elle lui a touché le bras, elle a flirté avec lui et ça m’a anéanti. Je la désirais encore, mais je ne
voulais pas tout foutre en l’air ni détruire notre relation professionnelle.
C’était mieux comme ça. Elle était furieuse contre moi, mais elle s’en remettrait plus vite si on
rompait tout de suite. Et pourtant, j’avais cette douleur insistante au creux du ventre. Je n’avais
jamais ressenti ça lors de mes précédentes ruptures.
CHLOÉ
Je fulminais. Est-ce que Dean était vraiment en train de me larguer ? Je croyais que tout se
passait bien entre nous. Nous avions des rapports professionnels au bureau et nous nous
éclations après le travail.
C’était exactement la situation qui me convenait. Mon cœur tambourinait de rage tandis que je
suis retournée dans le bar.
– Tout va bien, m’a demandé Nick.
– Yep, ai-je dit en affichant mon sourire séducteur. Merci de vous en inquiéter.
– Dean a raison, vous êtes la plus belle fille de son entreprise, et sans doute de toute la ville.
Nick était vraiment adorable. Et il était incroyablement beau. Il avait un corps musclé et de
longs cheveux blonds qui l’auraient fait ressembler à un surfeur s’il ne portait pas de costume. J’ai
plongé mes yeux dans les siens et j’y ai vu plus que du désir ; il semblait me porter un intérêt
sincère.
Et merde, je n’avais plus rien à perdre. J’avais déjà perdu ma virginité avec Dean. J’ai décidé de
donner une chance à Nick.
– Que faites-vous dans la vie, Nick ? ai-je demandé alors que Dean revenait à table.
– Je suis écrivain. Vous savez, ce roman de science-fiction éreinté par la critique, mais que le
public s’est arraché ?
– Confrontation dans l’espace ? ai-je dit.
– Yep. Il est de moi.
Là, j’étais sincèrement impressionnée.
– J’y crois pas ! C’est un roman génial ! Bravo pour les ventes, c’est mérité.
– Ouais, il a cartonné. Ça vous dirait qu’on se revoie ?
J’ai essayé de ne pas regarder Dean et de garder mon attention fixée sur Nick. Mais je l’ai vu du
coin de l’œil mater un groupe de filles au fond du bar. Visiblement, il s’en fichait que je sorte ou
non avec Nick. Alors, pourquoi ne pas donner une chance à ce type ?
– Bien sûr, voici mon numéro.
J’ai pris un stylo dans mon sac et je l’ai noté sur son poignet. Il avait des bras musclés et j’ai
aimé le contact de sa peau sous mes doigts. Je n’aurais jamais flirté avec lui et je ne lui aurais
jamais donné mon téléphone si Dean n’avait pas été aussi infâme avec moi. Mais si Dean ne
voulait pas qu’on soit ensemble et cherchait déjà à se débarrasser de moi, alors il n’était pas le
genre d’homme que j’avais envie de fréquenter.
J’ai dit au revoir à Nick et je suis rentrée chez moi. J’étais furieuse et blessée, et je ne voulais
surtout pas que Dean sache à quel point il m’avait fait mal. J’avais imaginé un avenir avec lui,
j’avais cru bêtement qu’il m’aimait bien. Mon cœur saignait des sentiments que j’avais commencé
à ressentir pour lui alors qu’il était capable de me jeter avec une telle facilité.
Quelques minutes après que je sois partie, Nick m’a envoyé un SMS pour savoir si j’étais libre à
dîner vendredi. Il avait l’air sympa et même si je n’avais pas envie de me jeter tête la première
dans le cycle infernal des rencards, je n’allais pas non plus refuser de sortir avec un type comme
Nick. C’était un écrivain à succès et j’avais adoré son roman. Si notre rendez-vous pouvait
déboucher sur une belle amitié, pourquoi pas ? Ça m’allait parfaitement.
Il fallait que je réfléchisse à l’attitude à adopter envers Dean, cependant. Si j’écoutais mon
cœur, je rentrerais dans son bureau demain matin pour lui remettre ma démission. Je ne pouvais
pas rester près de lui si on n’était plus ensemble. Mais mon cerveau savait que c’était une
mauvaise idée. J’adorais mon travail et je ne voulais pas y renoncer juste parce que Dean était un
salaud. Je devais me ressaisir et prendre sur moi pour qu’on puisse continuer à bosser ensemble.
En m’endormant, je n’arrêtais pas de penser à Dean. Je me demandais si j’avais fait quelque
chose qui l’avait fait flipper ou l’avait excédé. Il n’y avait aucun moyen qu’il sache que je les avais
suivis jusqu’au bar ; il devait déjà vouloir se débarrasser de moi. Je ne pouvais pas m’empêcher de
penser qu’il savait depuis le début que notre histoire ne durerait pas.
Il m’avait dit qu’il n’avait jamais eu de relations sérieuses. J’aurais dû me douter que ce n’était
pas un mec qui voulait se caser. Mais quand nous étions ensemble, j’avais toujours ressenti entre
nous de la complicité et de la curiosité, pas uniquement du désir. J’avais cru qu’il cherchait autre
chose qu’un petit coup rapide avec moi. Mais j’imagine que je m’étais trompée. Il voulait juste
pouvoir brandir ma virginité comme un trophée.
J’ai essayé de me vider la tête de ces pensées pour préparer la semaine à venir. Je devais me
concentrer sur mon boulot et avoir le moins possible de contacts avec Dean. Il fallait qu’il gicle de
ma tête. Et que je tourne la page, même si c’était dur. Je ne devais plus avoir de sentiments pour
lui, et le considérer seulement comme mon patron. Ce serait horriblement difficile, mais je n’avais
pas le choix. J’aimais mon travail et il n’était pas question que je renonce au job de mes rêves
parce que j’étais tombée amoureuse de mon boss.
Quand j’ai senti le sommeil me prendre, j’ai lutté pour ne plus penser à Dean. En vain. Nous
étions tellement proches et complices lorsque nous avions fait l’amour. Je ne pouvais pas le
laisser me quitter. Mon cerveau cartésien m’indiquait généralement la route logique à suivre,
mais là, il était impuissant. Ni mon corps ni mon esprit ne pouvaient renoncer si vite à Dean. Il
fallait que je l’oublie. Il fallait que je me libère des émotions et des sentiments que Dean avait fait
naître en moi.
CHAPITRE 17

DEAN
Je ne pouvais pas laisser la situation en l’état. Pendant une semaine, Chloé m’avait ignorée.
Dans les réunions, elle refusait de me regarder, dans les couloirs, elle faisait demi-tour quand elle
me voyait. Je devais arranger les choses entre nous. La frontière était tenue entre sa haine pour
moi et son envie d’oublier de tourner la page, mais je devais restaurer un équilibre.
Je ne supportais plus sa colère contre moi. Je n’avais jamais largué aucune fille en étant obligée
ensuite de la voir tous les jours. Je ne pouvais pas vivre ainsi, il fallait que ça cesse. J’avais besoin
de lui parler. De finir notre histoire proprement.
Même si c’était fini entre nous, je ne supportais pas qu’elle m’en veuille. Il lui serait impossible
d’aimer son travail si elle me détestait à chaque instant. Je ne voulais pas retourner avec elle ; la
quitter était la bonne décision. Mais je devais trouver un moyen d’adoucir son amertume afin
qu’elle ne soit plus en colère contre moi.
– Vous pouvez aller me chercher Chloé ? ai-je dit dans l’interphone à ma secrétaire.
– Oui, monsieur.
Je pensais croiser Chloé dans un couloir ou une réunion, mais elle avait brillamment réussi à
m’éviter toute la semaine. J’étais presque sûr que ça prendrait des mois avant que je puisse la voir
seul à seul. Je ne savais pas si elle avait envie de me parler, mais je devais tenter le coup.
Quelques minutes plus tard, Chloé était dans mon bureau. Elle était sublime, comme
d’habitude. Elle portait une jupe fluide rose et un chemisier bleu marine. Ses cheveux blonds
étaient ondulés et elle avait mis du gloss, sans excès. Ses jolies lèvres roses happaient mon regard
; je ne pouvais pas m’empêcher de les fixer.
J’adorais sa manière de s’habiller pour venir au bureau. C’était un mélange élégant de
professionnalisme et de décontraction, avec une touche très personnelle. Elle pouvait être soit
l’un, soit l’autre, soit les deux en fonction de ses rendez-vous.
– Nous allons déjeuner, ai-je dit à Chloé en me dirigeant vers elle, et vers la porte.
– J’ai du travail, a-t-elle répondu d’un ton agacé.
– C’est moi le patron et ce travail peut attendre. Il faut qu’on parle.
J’ai vu qu’elle cherchait une autre excuse à me fournir pour éviter de déjeuner avec moi. Et
puis elle a changé d’avis. Elle a accepté et m’a suivi. L’ambiance était pesante dans l’ascenseur, car
aucun de nous deux ne parlait et Chloé refusait de me regarder.
Moi, je ne pouvais pas m’empêcher de la regarder. Bien qu’elle soit visiblement furieuse contre
moi, elle avait l’air heureuse — alors qu’elle aurait dû être triste. Songer que ne plus m’avoir dans
sa vie faisait son bonheur était une horrible pensée que je n’arrivais pas à me sortir du crâne.
J’avais mené mon enquête et je savais que Chloé et Nick n’étaient pas encore sortis ensemble.
Nick m’avait dit qu’il dînait avec elle ce soir, raison pour laquelle j’avais finalement eu le courage
de l’inviter pour dissiper le malaise entre nous, ou du moins en parler. Je voulais son bonheur et si
elle désirait sortir avec Nick, alors je le voulais aussi pour elle. Tout ce qui pouvait adoucir la
peine causée par notre rupture brutale était bienvenu.
– Je m’excuse d’être un salaud, ai-je dit quand nous nous sommes assis pour déjeuner.
La serveuse était tout près et j’ai vu son sourire en entendant mon aveu. Chloé n’a rien
répondu. Elle ne m’a pas regardé non plus, gardant les yeux fixés sur la carte.
– Je vais prendre la salade de maïs et de l’eau, s’il vous plaît, a-t-elle dit en souriant à la
serveuse.
– Ce sera un burger pour moi.
Quand la serveuse est partie, Chloé m’a enfin regardé. Oh, elle avait un air si triste ; ses yeux
étaient remplis d’un je-ne-sais-quoi que je n’aurais pas su décrire. Ils cherchaient une réponse
dans les miens, semblaient vouloir comprendre pourquoi j’avais rompu, mais ma réponse n’aurait
en rien arrangé la situation.
– Pourquoi vous êtes-vous comporté comme un salaud ?
– Je ne sais pas.
– Épargnez-moi ce petit sourire ; il me donne l’impression que vous savez parfaitement
pourquoi vous avez été si nul avec moi.
– Je pense sincèrement que je ne suis pas l’homme qu’il vous faut. Vous devriez sortir, tâter le
terrain et choisir un type séduisant parmi vos nombreux admirateurs.
– Pourquoi avoir couché avec moi si vous ne vouliez pas qu’on soit ensemble ?
– Je suis désolé, j’aurais dû me retenir. C’était une erreur et un manque de volonté de ma part.
– C’est dégueulasse de m’avoir fait ça.
– Oui, je sais.
Je savais qu’il était vraiment dégueulasse de ma part d’avoir couché avec Chloé puis de la
quitter. Mais je ne voulais pas d’une relation sérieuse ; j’avais passé une bonne partie de ma vie à
les éviter. Il m’était impossible de fréquenter Chloé, c’était une très mauvaise idée.
– Et vous reconnaissez aussi être un abruti fini, elle a demandé en esquissant un sourire.
– Oui, madame, le pire abruti qui soit.
– Votre attitude me rend dingue.
Chloé a fini par me regarder dans les yeux et à ce moment, j’ai su que tout allait bien se passer
entre nous. Ses yeux se sont adoucis et j’y ai vu beaucoup d’affection pour moi. Si les yeux sont le
reflet de l’âme, la sienne acceptait que l’on soit amis. Elle ne voulait pas qu’un malaise plane entre
nous.
CHLOÉ
Je ne voulais pas rester fâchée contre Dean. Il n’y avait aucune raison que sa vie ou la mienne
soit un enfer. Peut-être que ce type, Nick, était le genre de petit ami qu’il me fallait ? Ou peut-être
qu’il était temps que je commence à me frotter au jeu de la séduction et à rencontrer d’autres
hommes, histoire de voir ce qu’il en ressortirait.
Nous étions adultes, nous pourrions tourner la page. Quand je repenserai à nos deux nuits
ensemble, je me souviendrai de lui comme d’un merveilleux premier amant. Il m’avait déflorée,
mais cela avait été une belle expérience, qui m’avait donné du plaisir. J’étais prête à passer à autre
chose si c’était ce que Dean voulait.
Nous avons continué à parler et j’ai vraiment commencé à me sentir mieux. Si Dean avait peur
de s’engager dans une relation, je ne pouvais pas le forcer à rester avec moi. Je voulais qu’il ait la
chance de trouver la femme idéale pour lui — ce qu’à l’évidence je n’étais pas.
En sortant du restaurant, j’ai senti un immense soulagement. J’étais fatiguée d’être en rogne
contre Dean. Il était épuisant d’essayer en permanence de l’éviter. Les choses devaient redevenir
comme avant, c’est tout. On avait passé de bons moments ensemble ; il était un type plein
d’humour et j’adorais discuter avec lui. J’ai décidé que je pourrais tourner la page et arrêter de lui
en vouloir. J’étais prête à prendre un nouveau départ.
Voilà qui changeait la perspective de mon rendez-vous avec Nick. Je voulais m’amuser et
profiter de ma soirée. Sans prendre les choses au sérieux, cette fois-ci. Les rencontres sont
censées être distrayantes, et j’allais m’assurer que ce soit le cas.
J’ai pris mon temps pour me préparer, ne souhaitant pas porter une tenue trop ordinaire. Je
voulais être sexy, mais sans avoir l’air d’être une déesse du sexe. Il existait un juste équilibre qu’il
fallait que j’apprenne à trouver. Cela m’a demandé plus d’efforts que prévu, mais c’était un mal
nécessaire pour espérer rencontrer un jour l’homme de mes rêves.
Quand Nick est arrivé chez moi, j’ai eu la chair de poule. J’étais hyper nerveuse et je ne savais
pas si je pourrais empêcher mes mains de trembler. Nick n’était pas comme Dean, et c’était une
bonne chose ; c’était aussi ce qui me rendait si nerveuse. Nick était vieux jeu et réservé, il n’avait
pas l’air d’un mec qui aime raconter des blagues et faire n’importe quoi.
– Incroyable ce que vous êtes belle ! a-t-il dit en me dévisageant.
Ses compliments m’ont fait du bien. J’étais excitée. Je sentais dans tout mon corps circuler
l’émotion que l’on ressent lors d’un premier rendez-vous.
– Merci. Vous êtes élégant vous aussi.
– On y va ? a dit Nick en me passant un bras autour de la taille. Nous avons descendu les
marches ensemble.
Nick était un très bel homme. Il mesurait environ 1,82 m, ses épaules étaient larges et ses bras
musclés. J’ai touché son biceps tandis que nous descendions l’escalier pour rejoindre sa voiture
garée devant l’immeuble. Ses cheveux blonds étaient impeccablement peignés et son visage était
fendu d’un large sourire.
En marchant vers sa voiture, j’ai essayé d’être enthousiaste. J’ai essayé de m’intéresser à lui.
J’ai essayé de ressentir quelque chose, mais ça n’avait rien à voir avec ce que je ressentais avec
Dean. Il y avait entre Dean et moi une aisance naturelle qui n’existait pas avec Nick. Il me rendait
plus nerveuse que Dean, sans doute. Quoi qu’il en soit, je voulais vraiment nous donner toutes les
chances que ça marche entre nous.
Dean était un parfait gentleman, ouvrant les portes, tirant ma chaise pour que je m’asseye, et il
s’est montré agréable toute la soirée. Il était d’une grande élégance et n’importe quelle fille aurait
adoré le présenter à sa famille.
Nous avons eu des conversations passionnantes sur la littérature et l’écriture, et plus l’heure
avançait, plus le courant passait entre nous. J’aimais l’entendre parler de ses romans et de tout ce
qui entoure cette activité artistique.
Le problème… c’est qu’il manquait quelque chose. Je n’arrivais pas à le formuler clairement
dans ma tête, mais j’ai eu l’impression toute la soirée d’une distance entre nous. Il nous manquait
la complicité, ce qui tarissait parfois la conversation. Aussi, nous avons passé une grande partie
du dîner à nous renvoyer la balle comme au ping-pong.
Après le dîner, Nick m’a emmenée dans une salle de cinéma qui venait d’ouvrir, avec des
sièges inclinables en cuir rouge. Quel plaisir de regarder un film aussi confortablement ! Nick a
passé son bras autour de mes épaules, sans rien tenter d’autre. Il n’a pas essayé de me peloter
pendant le film ni de m’embrasser ; nos yeux n’ont pas quitté l’écran.
Nick s’est montré sympa et prévenant pendant toute la soirée. Le mec idéal pour passer un
moment agréable. Mais je ne ressentais rien pour lui… aucune attirance. Certes, Nick était canon.
Son corps devait être magnifique quand il était nu. Mais je ne le désirais pas comme Dean. Mon
corps ne réagissait pas à son contact. Ma tête ne pensait pas à lui comme elle pensait à Dean.
C’était une bonne expérience d’être sortie avec Nick, mais je n’étais vraiment pas prête à
fréquenter un homme. J’avais encore des sentiments profonds pour Dean et il faudrait du temps
avant que je puisse sortir avec quelqu’un d’autre.
Tandis Nick me raccompagnait chez moi, j’essayais de garder mes distances pour qu’il ne soit
pas tenté de m’embrasser. Je regardais ailleurs, luttant avec mon trousseau de clés pour ouvrir la
porte de l’immeuble et je n’ai rien vu venir. Il s’est soudain penché vers moi et il m’a embrassé.
Ne voulant pas être impolie, je lui ai rendu son baiser. Et puis c’était le seul moyen de savoir
s’il y avait la moindre alchimie entre nous. Définitivement aucune. Nos lèvres frottaient les unes
contre les autres et il a posé sa main au creux de mes reins. Je n’ai pas ressenti le moindre frisson
d’excitation ; j’avais juste envie d’aller me coucher.
– Merci pour la super soirée, ai-je dit en me retournant pour ouvrir la porte de l’immeuble.
– Je peux vous raccompagner jusqu’à votre appartement si vous le voulez, a dit Nick en me
tenant la porte.
Il était beau, il était gentil et je lui souhaitais tout le bonheur du monde, mais ce n’était
vraiment pas l’homme de ma vie. Je n’étais pas sûre de savoir quel genre d’homme était fait pour
moi. Jusqu’à présent, je m’étais fait larguer par un mec et je n’étais pas attirée par Nick.
– Ça va aller, merci. Je vous souhaite une bonne nuit, ai-je lancé en me dirigeant vers l’escalier
qui menait à mon appartement.
Je ne me suis pas retournée exprès. Je ne voulais pas qu’il se fasse des idées. Lui donner le
moindre espoir serait inutile. Sans une étincelle de désir entre nous, aucun avenir n’était possible.
Arrivée en haut des marches, j’ai déverrouillé la porte rapidement et je me suis glissée dans
l’appartement. Je savais qu’Adrianna avait une soirée et qu’elle ne serait pas rentrée, et j’étais
heureuse d’être seule pendant quelques heures. C’était mon moment à moi, je pouvais traîner et
faire ce que j’aimais. J’appréciais le calme et le silence de l’appartement vide, qui m’offrait
l’illusion d’être vraiment chez moi.
J’ai enlevé mes talons et j’ai passé les mains sous ma chemise pour dégrafer mon soutien-
gorge. Puis, on a frappé à la porte. Certainement Nick qui avait des regrets. Je ne voulais pas le
laisser entrer chez moi ; il n’avait aucune raison de se trouver devant ma porte.
J’ai ouvert et j’ai été saisie de stupeur en voyant Dean se tenir devant moi.
CHAPITRE 18

DEAN
Assis à l’arrière du SUV, j’observais par la vitre Nick qui raccompagnait Chloé chez elle.
Charles, mon chauffeur, s’était retourné sur son siège et il me regardait interloqué. Depuis trois
ans qu’il travaillait pour moi, il ne m’avait jamais vu intéressé par une fille au point de faire la
planque devant chez elle. Il ne comprenait absolument pas ce qui se passait.
Savoir que Chloé sortait avec Nick ce soir m’avait tout fait remettre en question. Je ne voulais
plus qu’elle s’en aille et j’avais une peur bleue qu’il soit déjà trop tard. J’avais beau refuser de
perdre ma liberté en m’engageant dans une relation sérieuse, je désirais toujours Chloé et je ne
voulais pas qu’elle soit avec un autre. Même pas ce cher Nick.
J’ai senti ma mâchoire se décrocher en les voyant se diriger vers la porte de son immeuble.
J’allais la perdre si elle l’invitait à entrer chez elle et j’ai dû me faire violence pour ne pas bondir
hors de la voiture et me précipiter sur elle quand ils se sont embrassés.
Elle a eu l’air d’apprécier son baiser et ça m’a rendu fou. Pas tant parce qu’elle embrassait un
autre homme que parce que c’était uniquement à cause de moi qu’elle avait accepté ce rendez-
vous et qu’elle l’embrassait maintenant. C’était une torture de savoir que tout était de ma faute, y
compris cette rencontre arrangée.
J’ai vu que Nick restait dans le hall tandis que Chloé montait chez elle.
J’ai bondi hors de la voiture et je me suis faufilé entre deux véhicules garés devant son
immeuble. À la seconde où Nick a tourné les talons, j’ai foncé vers la porte encore ouverte et me
suis glissé à l’intérieur pour pouvoir surprendre Chloé.
Je lui devais des excuses et elle devait entendre les raisons pour lesquelles je l’avais repoussée.
Il fallait qu’elle sache que je regrettais et que je voulais trouver une solution pour continuer à la
voir qui lui convienne aussi.
J’ai toqué à la porte et j’ai souri en voyant son air ahuri en m’ouvrant. Elle ne s’attendait pas du
tout à me voir et ça l’a surprise de me trouver derrière sa porte.
– Dean, a balbutié Chloé, sous le choc.
– Avant de me claquer la porte au nez, j’aimerais vous parler. Une minute suffira.
Chloé se tenait dans l’entrebâillement et elle ne me laissait pas entrer, mais elle n’avait pas
essayé de refermer la porte, ce qui était bon signe. Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer qu’elle
ne portait pas de soutien-gorge. L’air frais qui s’engouffrait dans l’appartement avait durci ses
tétons et je les voyais pointer à travers l’étoffe.
– Quoi, Dean ? Qu’est-ce que vous voulez encore ?
– D’accord, je sais que vous êtes en colère. Je comprends. Mais j’ai cru que j’allais vous briser le
cœur.
Chloé ne bronchait pas, attendant que je continue.
Elle n’avait pas l’air en colère, elle n’avait pas l’air triste. Son expression ressemblait plus à
celle de quelqu’un qui aurait été ennuyé d’être dérangé dans sa soirée. Une lueur de plaisir est
passée dans ses yeux tandis que je parlais. J’avais espéré qu’elle aurait trouvé ce moment
romantique et qu’elle m’aurait invité à entrer. J’avais espéré qu’elle m’aurait attrapé par le bras et
entraîné dans sa chambre. Mais mes espoirs ont été anéantis par son attitude : elle gardait sa
porte entrouverte et ne me laissait pas entrer.
– Dean, je ne sais pas ce que vous attendez de moi. Je ne peux pas promettre que je ne voudrais
pas d’une vraie relation et vous m’avez clairement dit que ce n’est pas ce que vous cherchez. Je
pense que le mieux est de nous en tenir à des rapports purement professionnels.
Mon cœur s’est serré. J’avais vraiment cru qu’il me serait facile de la récupérer. Je n’avais
jamais fait autant d’efforts pour une fille et je croyais que ça marcherait juste en claquant des
doigts. Elle devait réaliser que j’avais des sentiments pour elle. Que nous soyons ensemble ou
non, je voulais son bonheur. Je voulais qu’elle trouve un homme qui lui apporte tout ce qu’elle
désirait de l’amour.
– C’est à cause de Nick ?
– Ça n’a rien à voir avec Nick. Il ne s’agit que de vous et de la façon dont vous m’avez jetée
après avoir enfin couché avec moi. Alors que vous saviez ce que cet acte signifiait pour moi.
Je n’avais aucune excuse. Je ne pouvais pas argumenter et je ne le souhaitais pas. Je voulais
juste la prendre dans mes bras et lui montrer la force de mes sentiments. J’étais même prêt à
essayer d’avoir une relation sérieuse avec elle si c’était son souhait. Tout ce qu’elle voulait pourvu
que je n’aie pas à supporter de la voir avec un autre homme. Imaginer les mains d’un autre sur son
corps m’était insupportable.
Le simple fait d’avoir vu Nick l’embrasser devant la porte de l’immeuble allait probablement
me hanter pendant plusieurs jours. Je voulais qu’aucun autre homme n’embrasse Chloé et encore
moins qu’il couche avec elle. Elle était à moi et je n’allais sûrement pas la partager avec un autre.
– Vous feriez mieux de partir, Dean.
– Je suis désolé, Chloé. Je ne voulais pas vous faire du mal. Je pensais faire ce qu’il avait de
mieux pour vous.
Je suis parti en descendant l’escalier le plus lentement possible. J’espérais qu’elle allait me
rattraper, mais quand la porte de l’immeuble s’est refermée derrière moi, j’ai compris que Chloé
était prête à me laisser partir. Je l’avais blessée trop profondément pour qu’elle me pardonne. Il
n’y avait pas de retour possible.
CHLOÉ
Tous les muscles de mon corps voulaient se jeter dans les bras de Dean et l’embrasser. J’ai dû
me faire violence pour ne pas exploser de joie quand je l’ai vu à la porte. Je le désirais autant qu’il
me désirait et ça me rassurait de le voir faire tant d’efforts. Mais je ne voulais pas qu’il pense que
je pouvais accepter la manière dont il m’avait traitée. Je ne voulais pas qu’il me jette juste parce
qu’il était allergique à l’idée d’une relation sérieuse. S’il était capable de se comporter comme un
salaud, alors je préférais ne pas être avec lui.
J’ai gardé mon sang-froid tandis qu’il m’expliquait qu’il voulait arranger les choses entre nous.
Quelles que soient ses excuses, je ne pouvais pas les accepter. Il m’avait délibérément brisé le
cœur et je ne pouvais pas lui pardonner aussi facilement. J’avais besoin d’un homme intègre et qui
me respecte. J’avais cru que cet homme était Dean, mais après la semaine que je venais de vivre,
je n’en étais plus si sûre.
Je n’avais pas d’autre choix que de l’envoyer paître. Je ne pensais pas être capable de lui
pardonner un jour ce qu’il m’avait fait.
CHAPITRE 19

CHLOÉ
Je n’avais pas le choix. Je ne pouvais pas laisser Dean penser qu’il avait eu raison de coucher
avec moi, puis de me jeter dans les bras de son ami. Il n’était d’ailleurs pas impossible que
j’accepte un nouveau rendez-vous avec Nick, juste pour montrer à Dean qu’il n’avait aucun droit
sur moi, et surtout pas celui de décider à ma place.
Et puis, se pointer chez moi pour me présenter ses excuses était ridicule. Il croyait quoi ? Qu’il
pouvait me briser le cœur et recoller les morceaux avec une colle magique ? Ce n’était pas
possible. Je ne voyais plus Dean de la même façon désormais.
Il était insensible et cruel de m’avoir poussée dans les bras de Nick. Il fallait juste que je prenne
sur moi pour que notre relation professionnelle n’en pâtisse pas. Je ne regrettais pas qu’il ait été
mon premier homme, mais je m’en voulais de ne pas avoir vu qu’il n’était intéressé que par le
sexe. Maintenant, il fallait que je passe à autre chose.
J’adorais mon job, c’était indéniable. Et il n’y avait aucune raison que j’y renonce. J’allais
réussir à trouver le moyen de bosser avec Dean et d’entretenir avec lui des relations
suffisamment cordiales pour être heureuse au bureau. Des tonnes de gens avaient fait cela avant
moi dans le monde entier. Jamais il n’y avait eu autant d’histoires d’amour sur le lieu de travail.
Mon plan d’attaque consistait à arrêter de m’habiller sexy au bureau et opter pour des tenues
plus classiques. Je ne me préoccuperais plus de mon maquillage ni de ma coiffure. Un teint frais et
une queue de cheval ou un chignon feraient l’affaire. J’avais une armoire remplie de pantalons. Je
n’avais pas besoin d’avoir un look sexy pour bien faire mon travail. Et en plus, je serais plus à
l’aise dans des tenues confortables.
Le problème... c’était mon cœur. Je n’arrêtais pas de penser à Dean et à l’expression sur son
visage quand il s’était pointé à l’appartement. Ses excuses avaient l’air sincères. C’était trop tard,
mais au moins il était sincère.
Peu importe, de toute façon. Le mal était fait et je devais avancer dans ma vie. C’était le job de
mes rêves. J’adorais lire les manuscrits de différents auteurs dans l’espoir de dénicher des futurs
talents. J’adorais m’immerger dans le monde imaginaire de leur récit, rentrer dans leur tête. Aussi
j’ai décidé de m’investir à 150 % dans mon travail. Fini les distractions.
Je suis arrivée tôt au bureau, prête à donner un sérieux coup de collier. Ce n’était pas des
paroles en l’air ; je me suis assise sur mon canapé avec un manuscrit et je me suis mise au travail.
J’étais résolue à mettre la main sur la cyber-romance qui serait le prochain best-seller de la
maison. La plupart des auteurs que j’avais fait retravailler m’avaient envoyé la nouvelle mouture
de leur récit et j’avais contacté des agents littéraires qui m’adressaient des tonnes de romans
inédits. J’étais sûre de trouver la perle rare que nous cherchions. Il fallait juste que je consacre
tout mon temps à lire les nouveaux manuscrits.
Je me suis blottie dans le canapé, avec ma lecture du jour entre les mains. J’étais résolue à lire
un roman par jour. Ce qui voulait dire qu’il n’y aurait plus de bavardage à la machine à café ni de
déjeuner à l’extérieur. Et que je devrais sans doute rester tard au bureau tous les soirs. Mais je
n’aspirais qu’à cela. Je croyais dans le nouveau genre qu’était la cyber-romance et j’étais sûre
qu’on pouvait faire un succès de librairie.
– Vous voulez vous dégourdir les jambes ? a dit Karl en passant la tête dans la porte.
– Nan, tout va bien. Pourriez-vous juste m’apporter une bouteille d’eau ?
Karl s’était révélé un collaborateur et supérieur génial. Il comprenait réellement le job de
lectrice de manuscrits, car c’était aussi une partie son travail. Karl me donnait d’excellents
conseils sur la manière de m’organiser, et des trucs pour rester concentrée toute la journée qui
m’étaient très utiles.
Si je ne me mettais pas au boulot tout de suite en arrivant au bureau, alors il était facile de
faire un tas d’autres choses toute la matinée et de remettre la lecture à plus tard. Classer les
manuscrits, répondre aux emails, ou même rester des heures à tenter de décrire ce que je
recherchais vraiment. C’était une perte de temps. Il fallait que je me mette à lire direct en arrivant.
C’était le seul moyen d’ingérer un roman par jour.
C’est exactement ce que j’ai fait. À la fin de la journée, j’avais fini mon manuscrit, et il me
restait juste à taper mes notes. Il était six heures du soir et presque tout le monde était parti.
J’avais réussi à éviter Dean en restant enfermée dans mon bureau.
Je suis sortie de mon bureau le temps d’aller prendre un sandwich dans le frigo de la cafétéria.
C’était vraiment appréciable d’avoir toujours de quoi manger au bureau ; il était plus facile de
travailler sans relâche quand on savait qu’on trouverait toujours un truc à grignoter en cas de
faim.
– C’est votre dîner ? a dit une voix masculine.
Je me suis retournée et j’ai vu Dean, assis dans un coin de la cafétéria.
– Oui, ai-je répondu en prenant un sandwich, avec l’intention de retourner dans mon bureau.
Je n’avais pas envie d’avoir une discussion avec lui. Je n’étais pas prête et je ne savais pas
encore ce que je voulais lui dire.
Mon cœur s’est emballé quand je suis passée devant lui en essayant de contrôler ma
respiration. Je tentais de me concentrer sur chacun de mes pas, les yeux baissés, pour ne pas
céder à mes pulsions. J’avais envie d’être avec Dean, mais je ne voulais pas être avec quelqu’un qui
se fichait de moi. Dean m’avait prouvé que je n’étais pas importante pour lui et je n’avais aucune
envie de fréquenter ce genre d’homme. Il fallait que je tourne la page.
En rentrant dans mon bureau, j’ai été soulagée d’avoir pu revenir ici en évitant de parler à
Dean. Je savais qu’il voulait qu’on discute, je savais qu’il avait honte de ce qu’il m’avait fait, mais je
n’étais pas encore prête à avoir cette conversation.
Je n’étais pas prête à voir en lui autre chose qu’un collègue, du moins pour l’instant.
Franchement, il m’était même devenu difficile de le considérer comme un ami.
DEAN
Je savais qu’elle était trop jeune et qu’elle réagirait comme ça, mais ça ne m’empêchait pas de
la vouloir. Elle était différente des autres filles et je ne pouvais pas renoncer à elle. Certes, mon
intention depuis le début était de prendre du bon temps avec elle puis de la larguer. Mais quelque
chose avait changé. J’appréciais la compagnie de Chloé. Pire, j’en avais besoin.
Au départ, je comptais faire un truc fou comme partir quelques jours en vacances avec elle
dans un endroit exotique. Mais dès le lundi matin, j’ai compris qu’il allait être beaucoup plus
difficile que prévu de la reconquérir. Elle m’ignorait totalement, tout comme elle semblait ignorer
la plupart des gens au bureau. J’ai décidé de lui donner l’espace qu’elle voulait.
Ça me tuait cependant. Je savais qu’elle me voulait et que je la voulais. Nous aurions dû être de
nouveau ensemble dès lundi soir. Or, ce n’était pas le cas.
Quand je suis tombé sur elle dans la cafétéria de l’entreprise, j’ai vu une telle tristesse dans ses
yeux que j’ai compris que je ne devais pas la forcer. Je me suis senti vraiment minable. Comment
regagner son estime ? En général, quand je larguais une fille, je ne le revoyais jamais.
J’avais un long passé de ruptures et je n’avais pas pris conscience des dommages que j’avais
causés avant de voir le visage de Chloé. Visiblement, elle ne voulait pas me parler et elle est sortie
de la cafétéria le plus vite possible.
Le mieux était de ne rien faire et d’attendre qu’elle revienne d’elle-même.
Malheureusement, l’inaction n’était pas dans ma nature. Je l’attendrais, mais il faudrait que je
lui force un peu la main jusqu’à ce qu’elle réalise que je lui manquais.
Nous avions un boulot de dingue au bureau ; j’allais me jeter dans le travail comme Chloé. Il
fallait que j’embauche une ressource supplémentaire au marketing et j’avais besoin de trouver
des locaux plus grands. J’avais beaucoup à faire et cela me permettrait sans doute de moins
penser à Chloé, pendant un temps.
Mardi, je ne suis pas allé à la boîte ; au lieu de cela, j’ai demandé à Charles de m’emmener voir
des immeubles de bureaux. C’était un énorme changement de déménager. Nous étions dans ce
bureau depuis la création de la société. Déménager impliquait d’acheter ou de louer un nouvel
espace et d’essayer d’estimer notre croissance pour les années à venir. C’était extrêmement
stressant. Je ne voulais pas prendre des locaux trop grands qui seraient sous-occupés et
alourdiraient mes charges, ni viser trop petit et nous faire déménager pour rien.
Après avoir visité plusieurs endroits, j’ai conclu que je n’avais pas le temps de m’occuper de ça
et que j’allais mandater un agent immobilier. Je lui expliquerais exactement ce que je cherchais et
il me proposerait une sélection de bureaux de choix en ville afin que je puisse me concentrer sur
mes autres responsabilités.
Nous avons fait un saut à l’agence immobilière par laquelle j’avais acheté ma maison. Rebecca
Cunningham était une femme magnifique dont j’avais utilisé les services uniquement parce qu’on
avait couché ensemble. Or elle s’était révélé être une fabuleuse agente immobilière. Elle m’avait
trouvé la maison de campagne de mes rêves, dans le pays du vin, et avait convaincu les
propriétaires de baisser le prix initial de près d’un million de dollars.
– Rebecca, je cherche des bureaux. Aide-moi, ai-je dit en entrant dans l’agence.
Elle était en rendez-vous avec un jeune couple qui m’a dévisagé d’un air sidéré quand j’ai
poussé la porte. À l’évidence, ils m’avaient reconnu.
– Monsieur et Madame Holmes, je vous présente le magnat de l’édition, Dean Hammond.
Visiblement, il a oublié d’apprendre les bonnes manières quand il amassait des millions.
– Je vous prie de bien vouloir m’excuser.
– Donne-moi quelques minutes et je suis à toi, Dean, a dit Rebecca en reprenant le fil de sa
discussion avec le couple.
J’aimais bien Rebecca car elle se fichait royalement de qui j’étais. Nous n’avions jamais
recouché ensemble après la première fois, et nous étions désormais de bons amis. Elle était une
femme pragmatique qui obtenait ce qu’elle désirait. C’était une qualité appréciable dans le monde
des affaires.
J’ai attendu à l’accueil presque trente minutes, convaincu que Rebecca faisait exprès de
prendre son temps afin de me punir d’avoir surgi au beau milieu de son rendez-vous. Elle essayait
sans doute de prouver au jeune couple son dévouement en leur montrant qu’elle pouvait faire
attendre quelqu’un d’important comme moi pour s’occuper de leur projet.
– Dean, merci d’avoir attendu, a-t-elle dit en raccompagnant le couple à la porte.
Je suis entré dans son bureau les yeux rivés sur son cul, en me remémorant de quoi il avait l’air
sans vêtements. C’était un souvenir délectable.
– Je cherche des locaux à vendre qui pourront accueillir jusqu’à 200 employés. Je suis prêt à
modifier l’agencement initial, mais il me faut beaucoup de places de parking, et gratuites.
– Tu les veux pour quand ?
– Le plus tôt possible.
J’aimais bien faire affaire avec Rebecca ; elle était sympa, sexy et réellement compétente. Je
savais qu’elle allait me trouver exactement ce que je cherchais.
– D’accord. Je passe à ton bureau jeudi et je t’emmènerai visiter ce que j’aurai trouvé, a dit
Rebecca en s’approchant de moi ; j’ai senti une tension sexuelle en nous. « Et si je peux faire autre
chose pour toi… »
– Non. Tu es très belle. Mais j’ai une petite amie en ce moment.
Quand les mots sont sortis de ma bouche, j’ai vu le choc s’imprimer sur le visage de Rebecca.
Elle était aussi surprise que moi que je sois prêt à avoir une histoire sérieuse.
Le problème, c’était que je n’avais pas encore convaincu Chloé d’accepter cette histoire et je ne
savais pas vraiment à quoi une relation sérieuse ressemblait dans la vraie vie.
CHAPITRE 20

CHLOÉ
Je venais de passer l’une des semaines les plus tranquilles de ma vie. En gros, je n’avais fait que
dormir et travailler, sans rien de passionnant entre les deux. C’était pile le répit dont j’avais
besoin. Je n’avais pas recroisé Dean depuis notre rencontre lundi à la cafétéria et j’avais passé le
reste de la semaine enfermée dans mon bureau. Quand le jeudi est arrivé, j’avais lu les quatre
meilleurs manuscrits de cyber-romance de mon stock.
J’aurais aimé en discuter avec Dean, mais je n’étais pas sûre de vouloir lui parler. Mon corps et
mon esprit étaient tiraillés sur la question, tous deux en quête de la meilleure façon de procéder.
Si je voulais vraiment avoir une relation professionnelle avec Dean, le mieux était d’entrer
dans son bureau et de lui présenter mes notes sur un des livres. Je resterais synthétique et lui
expliquerais en quoi ce manuscrit pourrait être le premier best-seller d’une nouvelle collection de
cyber-romance. Si je présentais bien les choses, Dean serait impatient de le lire et nous
avancerions dans notre projet d’édition.
D’un autre côté, je pouvais tout aussi bien pondre une analyse détaillée du livre en donnant
toutes mes raisons de croire en son succès. Puis je la poserais sur son bureau en son absence
pour qu’il en prenne connaissance. Mais je pensais qu’il serait plus professionnel de défendre
l’idée en personne.
Je suis allée aux toilettes et je me suis regardée dans la glace. Si je voulais récupérer Dean, ce
n’était certainement pas la chose à faire. J’avais des cernes sombres sous les yeux, mes cheveux
étaient remontés en chignon et je n’avais pas le moindre maquillage. J’étais mal fagotée et j’avais
l’air quelconque, ce qui n’était pas ce à quoi je l’avais habitué.
Tant pis, je ne pouvais rien y faire pour le moment. Il fallait que ce projet avance et que je
présente le manuscrit à Dean.
Ça m’a demandé un peu de temps de choisir le manuscrit qui avait ma préférence, mais
ensuite je me suis précipitée dans le bureau de Dean pour lui en parler. Mon cœur s’est accéléré
tandis que j’approchais de sa porte. Sa secrétaire était absente, mais le son de sa voix m’a indiqué
qu’il était là. J’avais l’impression qu’il était au téléphone, aussi j’ai attendu.
Je me suis assise dans un siège près du bureau de sa secrétaire et j’ai tendu l’oreille pour
écouter sa conversation, mais je n’arrivais pas à saisir les mots. Puis, j’ai entendu la voix d’une
femme. Je n’avais jamais entendu de voix féminine dans le bureau de Dean. C’était troublant.
Mon cœur s’est serré. Je savais qu’il pouvait avoir un rendez-vous d’affaires avec de
nombreuses femmes, mais ça n’a pas empêché mon ventre de se nouer quand j’ai entendu sa voix.
Elle était sensuelle et charmeuse et j’ai eu beaucoup de mal à me persuader qu’il s’agissait d’une
relation professionnelle.
Le tambour de mon pouls dans mes oreilles m’empêchait d’entendre quoi que ce soit de leur
conversation. J’avais beau vouloir à tout prix espionner ce qu’ils se disaient, j’étais incapable de
saisir le moindre mot.
J’ai pris une profonde inspiration et j’ai rassemblé mon courage pour toquer à la porte. En
général, quand sa secrétaire n’était pas là, je rentrais sans frapper, mais je voulais agir avec
professionnalisme. J’avais l’impression bizarre de deviner les intentions de Dean.
Je me suis levée et j’ai tapé à la porte de son bureau.
– Entrez !
Je suis entrée et j’ai trouvé une grande rousse assise sur son bureau. Elle portait un chemisier
cintré et ses cheveux tombaient sur ses épaules. Si elle avait été assise sur une chaise, j’aurais
pensé à un rendez-vous d’affaires. Mais elle était assise de manière provocante sur son bureau et
j’ai compris tout de suite qu’elle était en train de flirter avec lui.
Dean s’est tourné vers moi ; mon embarras et ma colère étaient visibles. Je me fichais de la
raison qui m’avait poussée à entrer dans son bureau. Je n’allais pas rester une seconde de plus
dans cette pièce.
– Voici le manuscrit que vous vouliez, ai-je dit en le posant sur la petite table près de la porte,
puis je suis ressortie.
– Chloé, attendez.
Je me suis retournée et j’ai attendu, comme il me l’avait demandé.
– Je vous présente Rebecca, mon agent immobilier. Je cherche des nouveaux locaux à acheter.
– Ah, super. Ravie de vous rencontrer, Rebecca.
Puis j’ai tourné les talons et je suis sortie. J’ai foncé dans mon bureau et j’ai pris mes affaires
pour partir. Je ne voulais pas voir Dean et je ne voulais pas lui parler. Après avoir rompu avec moi,
il était normal qu’il passe à autre chose. Elle était une femme splendide et elle avait de la chance
qu’il s’intéresse à elle.
Mon cœur s’est serré en imaginant Dean avec cette femme. Je savais qu’il avait eu beaucoup de
femmes avant moi. Mais j’avais du mal à renoncer à lui et le voir avec cette Rebecca dans son
bureau m’a rappelé à quel point je le désirais toujours. Sa dureté apparente ne fondait pas
facilement et je ne voulais pas qu’il revienne vers moi s’il se montrait si distant.
Ce que je voulais, c’était sortir avec lui ; avec lui et nul autre. Je savais qu’il serait difficile de
convaincre Dean d’avoir une relation sérieuse avec moi. En fait, non, je ne voulais le convaincre de
rien du tout. Je voulais juste qu’il soit avec moi, peu importe la nature de notre relation.
Quand nous étions ensemble, je sentais qu’il avait de sentiments pour moi. Il ne faisait pas
semblant, ses yeux ne mentaient pas quand ils me regardaient avec amour. Nous avions une
notion encore vague d’un éventuel avenir commun, mais je savais qu’il y avait songé.
J’avais attendu trop longtemps, cependant. Dean était en train de tourner la page et je ferais
bien d’en faire de même. C’était fini, bel et bien fini entre nous. Il fallait que mon cœur l’accepte et
que je considère Dean uniquement comme un collègue de travail.
DEAN
Je n’avais pas vu Chloé de la semaine, aussi je ne m’attendais pas à ce que ce soit elle qui
frappe à la porte de mon bureau. J’ai été pris au dépourvu et je n’étais pas préparé à lui expliquer
ce qui se passait.
Il ne se passait rien du tout, mais les apparences étaient trompeuses. Rebecca était une grande
séductrice et elle cherchait à me séduire, ce soir-là, dans mon bureau. Elle s’était assise sur mon
bureau et avait croisé les jambes dans sa jupe serrée. Je n’étais pas insensible à son charme, bien
entendu. Qui ne le serait pas ? Mais je ne désirais pas Rebecca. Pour la première fois de ma vie, j’ai
dit non à une femme.
J’ai dit non quand elle m’a proposé une nuit de plaisir, sans aucune suite. Il aurait été si facile
d’accepter. Ma queue aurait pu coulisser dans son corps et jouir rapidement, mais j’ai dit non.
Pour la toute première fois, je ne voulais pas de sexe pour le sexe. Je voulais quelque chose de plus
; je voulais Chloé.
Mon esprit était obnubilé par Chloé ; je n’aurais jamais cru avoir des sentiments si forts pour
une femme. Je ne savais pas ce que ça donnerait, mais je voulais inviter Chloé à dîner. Je voulais
passer la soirée avec elle. C’était tellement agréable d’être ensemble ; je n’avais aucune raison de
chercher une autre fille alors que j’étais si bien avec elle.
J’avais déjà du mal à imaginer comment j’allais récupérer Chloé, et maintenant, le problème
semblait avoir encore empiré. À l’évidence, elle croyait qu’il y avait quelque chose entre Rebecca
et moi. Même si je l’avais retenue pour la présenter, j’avais bien vu sa désapprobation.
J’ai couru après elle pour m’expliquer. J’étais prêt à arrêter de lutter contre mes sentiments,
mais quand je suis arrivé au parking, elle avait disparu.
Rebecca me suivait de près, visiblement amusée de me voir poursuivre Chloé.
– Oh, alors c’est elle, la fameuse fille...
– Oui, mais j’ai tout fait foirer, ai-je dit alors qu’elle montait dans ma voiture pour qu’on aille
visiter les bureaux qu’elle avait trouvés.
– A cause de tout à l’heure ?
– Non. Quand j’ai senti que ça devenait sérieux entre nous, je l’ai branchée avec un ami.
En disant cela, j’ai réalisé que j’étais vraiment un crétin. C’était un plan débile, et même si je ne
voulais pas sortir avec Chloé, c’était une erreur terrible de la jeter dans les bras d’un autre. J’avais
paniqué à l’idée de m’engager. C’était trop nouveau pour moi ; je ne savais pas comment gérer
cela.
– Eh bien, j’aurais viré mon mec à coups de pied dans le cul s’il m’avait fait ça. Et je serais
passée vite fait au suivant.
– J’ai paniqué. Tu me connais, je ne fais pas dans les relations sentimentales. Et je savais que
c’était ce qu’elle voulait.
– Tu le savais avant de coucher avec elle ?
C’était une question bien plus profonde qu’en apparence.
– Oui.
– Alors tu voulais vraiment coucher avec elle, a dit Rebecca avec un petit sourire.
– Tu es sacrément intelligente. Je n’arrive pas à croire que tu sois encore célibataire.
– Eh bien, je ne serai plus célibataire quand j’aurai trouvé un homme qui me mérite, a répondu
Rebecca en me pinçant la main.
– Comment puis-je arranger les choses ?
– Je vais t’aider. Mais tu dois me promettre de ne pas tout foutre en l’air de nouveau. Cette fille
doit être la bonne, Dean. Je ne t’ai jamais vu courir après une fille avant.
– Promis.
Nous avons continué de discuter et de chercher le meilleur moyen de récupérer Chloé. J’avais
besoin des conseils d’une femme et j’étais heureux que Rebecca soit là pour m’aider. Grâce à son
aide et à sa perspicacité, j’ai enfin eu le sentiment d’avoir un plan pour revoir Chloé et peut-être
même la garder.
Mon cerveau bouillonnait de la vision d’un avenir que je n’aurais jamais osé imaginer avant.
Aussi amusant que cela soit de baiser une fille différente tous les soirs, à long terme, je voulais
fonder une famille. Je voulais une femme qui me ferait bander tous les jours et qui serait le ciment
de notre famille.
Chloé occupait mes pensées depuis la seconde où je l’avais rencontrée. Elle était drôle,
intelligente ; la femme parfaite pour moi. Je ne savais pas ce que je cherchais et je ne savais pas
quand je le trouverais. Mais j’ai compris que j’avais besoin qu’elle revienne et j’allais tout faire
pour que ça arrive.
Chloé était furax contre moi, mais elle céderait sûrement quand je mettrais mon plan à
exécution. Je savais que si j’arrivais à la voir seule pendant un petit moment, elle comprendrait à
quel point je tenais à elle. Chloé réaliserait la complicité qui nous unissait et il n’y aurait plus de
retour en arrière possible.
Je ne savais pas avec certitude si nous resterions ensemble pour la vie, mais je voulais au
moins explorer cette possibilité. Je voulais tenir Chloé dans mes bras, et qu’elle s’y sente en
sécurité et aimée ; le contraire de ce que j’avais fait jusqu’à présent.
Ma vie avait changé. Coucher avec une fille différente chaque soir était ma priorité avant ;
aujourd’hui, je désirais me réveiller tous les matins avec la même femme. Je devais convaincre
Chloé qu’on était faits l’un pour l’autre. Je devais rattraper l’erreur stupide de l’avoir poussée dans
les bras d’un autre. C’était une attitude lâche que j’avais regrettée immédiatement.
J’aurais sans doute besoin de solliciter l’aide de ses amies pour que mon plan fonctionne. Mais
j’étais persuadé que ses copines allaient adorer mon côté romantique et seraient enthousiasmées
par mon désir de reconquérir Chloé. Si je me trompais sur leur compte, alors mon plan tomberait
à l’eau.
Elles pouvaient très bien penser que j’étais un mauvais choix pour Chloé. Peut-être qu’elles
préféraient que je garde mes distances avec elle ; je ne savais pas si je pourrais le supporter. Je
voulais vraiment nous donner une chance d’être ensemble.
CHAPITRE 21

CHLOÉ
– Tu vas arrêter de faire la tête et sortir avec nous. Tu as besoin de t’amuser un peu, a dit
Adrianna, alors que nous étions assises sur le canapé, à manger de la pâte à gâteau crue.
– Oh, j’ai bien l’intention de m’amuser ici. Des gâteaux, un bon film et une bouteille de vin
rouge.
– Eh bien, j’ai décidé que tu venais avec nous ce soir. On va à Force.
Je ne voulais absolument pas retourner à Force, le club où j’avais rencontré Dean. Ce serait
terrible d’être là-bas, où tout me le rappellerait. Je faisais déjà tellement d’efforts pour essayer de
l’oublier. Impossible pour moi d’aller dans ce club.
Autre bonne raison de ne pas y aller : ce n’était pas du tout un endroit pour moi. La dernière
fois, j’avais eu l’impression que tout le monde me regardait. Je n’étais pas habillée comme eux et
avec ma robe jaune, je ressemblais à un soleil au milieu de la nuit noire. Ce club me mettait mal à
l’aise.
Je n’étais pas opposée à l’idée de sortir dans de tels endroits, mais alors dans un club où je ne
me sentirais pas déplacée. D’autant que je préférais sortir avec mes amies au lieu d’arriver juste
pour les récupérer et les reconduire chez elle. Le moment où j’avais dû arpenter le club à leur
recherche avait été horrible.
– Je ne peux pas aller là-bas. C’est beaucoup trop pour moi. Je fais tache dans le paysage, ai-je
soutenu à Adrianna.
– Eh bien, faisons en sorte que tu te fondes dans le paysage. Pourquoi tu n’essaierais pas de
t’amuser, juste pour un soir ? Fais semblant d’être quelqu’un d’autre et éclate-toi quelques heures
!
– Je suis trop timide pour ce genre d’endroit.
Adrianna avait oublié qui j’étais ou quoi ? Je n’étais pas le genre de filles à porter une robe
moulante et à me pavaner au milieu de la piste de danse. Ça ne me ressemblait pas du tout.
– Pas ce soir. On va te transformer en femme fatale.
– On ?
– Oui, Kirsten et Emily vont arriver d’une minute à l’autre.
J’ai refusé de me lever du canapé jusqu’à qu’on frappe à la porte. Effectivement, c’était Kirsten
et Emily. Je savais que je ne pourrais rien faire pour les empêcher de me relooker. À trois contre
une, elles étaient sûres de gagner.
Elles ne m’ont pas laissé le choix ; elles ont commencé direct à me coiffer, à me maquiller et à
me transformer complètement. C’était plutôt agréable de me faire pomponner par les filles.
Mes cheveux étaient lissés, raides et coiffés en arrière dans une queue de cheval serrée. Elles
m’ont mis des faux cils et du blush sur les joues comme une putain de star. Quand je me suis
regardée dans la glace, honnêtement, j’ai eu du mal à croire que c’était moi. Mon visage était
parfait, comme si je m’apprêtais à faire une séance photo professionnelle.
– Bon, c’est sympa, mais je n’ai absolument rien à me mettre pour aller avec cette tête. Je n’ai
que des robes d’été et des tailleurs classiques.
– Oh, Chloé, tu nous sous-estimes, a dit Emily en sortant une robe en cuir noir de son sac.
– C’est un débardeur ? ai-je demandé en avisant le morceau rikiki de cuir. Il n’y a aucun moyen
que je rentre dans ce truc.
– Oh, tu dis toujours ça. Fais-moi confiance, tu vas avoir une allure incroyable là-dedans, a dit
Adrianna en fouillant dans mes tiroirs.
Elle en a extirpé un soutien-gorge noir sexy, j’ai attrapé le string assorti et j’ai filé dans la salle
de bain pour essayer de rentrer dans la robe. J’ai tiré et tiré sur le cuir jusqu’à ce que je ne puisse
plus bouger tant elle me serrait.
Quand je suis sortie de la salle de bain, j’ai trouvé Adrianna, Emily et Kirsten la bouche grande
ouverte.
– Quoi ? C’est aussi horrible ?
– Tu es sublime. Tous les mecs du club vont baver devant toi, a dit Adrianna. Allons nous
changer les filles, et on va montrer à ces messieurs ce que s’amuser veut dire.
Je ne savais pas si je pourrais montrer à qui que ce soit ce que s’amuser voulait dire, mais je
me sentais super bien. La soirée s’annonçait sympathique. J’ai tenté de me mettre en condition et
de faire semblant d’avoir de l’assurance. La robe en cuir rendait la chose un peu plus crédible.
– J’ai besoin d’aide pour avoir l’air sexy, ai-je crié au moment où nous quittions l’appartement.
– Non, tu n’en as pas besoin. Imagine juste que chaque mec a envie de toi et de toi seule, a dit
Emily.
– Oui, concentre-toi sur l’homme en face de toi. Sois souriante, détendue et fais comme si tu
n’avais d’yeux que pour lui, a ajouté Adrianna.
– Les mecs vont te faire sentir sexy, ne t’inquiète pas, m’a chuchoté Kirsten et en attrapant
mon bras pour me tirer hors de l’appartement.
Arrivées dehors, nous nous sommes entassées dans un taxi, direction Force. Ce n’était pas très
loin, mais on ne pouvait décemment pas prendre le métro dans des tenues aussi sexy.
J’étais nerveuse. Plus que nerveuse. Je ne m’étais jamais habillée comme ça, et je n’étais jamais
sortie en boîte avec mes amies. J’allais vraiment avoir du mal à me fondre dans la foule dans une
tenue aussi provocatrice. Or d’habitude, j’avais l’art de me fondre dans la foule. Je sortais
rarement et je ne voyais personne en dehors de mes amies.
Arrivées au club, nous nous sommes mises à la fin de la file d’attente pour entrer. Tout le
monde venait ici et le club était toujours bondé ; ils ne pouvaient pas laisser tous les clients entrer
en même temps. Il y avait des soirs où les gens devaient repartir tellement il y avait du monde à
l’intérieur.
Nous faisions la queue depuis deux minutes environ quand le videur est venu nous voir.
– Vous, mesdemoiselles, vous pouvez rentrer, a-t-il dit en nous déshabillant du regard.
– Merci, a dit Adrianna en attrapant ma main pour m’entraîner avec les filles vers l’entrée du
club.
Je n’avais jamais été invitée à passer devant tout le monde, jamais. Ni dans ce club ni ailleurs.
Ça m’a insufflé une dose de confiance en moi qui, je l’espérais, durerait toute la soirée. J’avais
besoin d’avoir de l’assurance si je voulais passer la nuit à boire et à faire la fête à Force.
En me dirigeant vers le bar pour prendre un verre, j’ai vu que les hommes me regardaient.
D’une manière dont on ne m’avait jamais regardée avant. Il y avait du désir et de la concupiscence
dans leurs yeux. J’ai rougi avant même que l’un d’eux ne m’aborde. Je n’étais pas habituée à être si
ouvertement désirée. C’était bien plus confortable d’être une potiche assise dans un coin.
– Vous dansez ? m’a dit un grand blond au corps athlétique.
J’ai regardé mes copines, puis l’homme.
– Bien sûr, a répondu à ma place Adrianna en me forçant à suivre le type.
DEAN
Je n’ai pas vu Chloé tout de suite, sans doute parce que je cherchais la jolie robe jaune qu’elle
portait le soir de notre rencontre. Mais quand j’ai aperçu Adrianna et les filles, mon regard l’a
trouvée. Elle était belle à couper le souffle. Son corps était plus que sexy, moulé dans cette petite
robe en cuir. Je ne pouvais pas arrêter de fixer ses seins qui débordaient de son décolleté.
Il m’a fallu une volonté de fer pour ne pas lui sauter dessus et la prendre dans mes bras. Mon
pouls s’est accéléré quand je l’ai vue au bar, se faire aborder par un type. Je n’étais pas certain de
souhaiter suivre mon plan jusqu’au bout.
C’était une vraie bombe et je savais que tous les mecs dans la salle allaient essayer de se la
faire. Mais je ne devais pas me manifester. Il fallait que j’attende qu’Adrianna me donne le signal
de départ. Le type était insipide, mais il avait réussi à entraîner Chloé sur la piste de danse avant
même qu’elle ait eu le temps de commander un verre. J’ai détesté le regard que j’ai vu dans ses
yeux et j’étais sûr qu’il avait des pensées lubriques.
Je l’ai regardé, impuissant, poser ses mains sur son corps et la draguer en dansant. Ma seule
consolation était qu’il n’avait pas l’air de l’intéresser le moins du monde. Elle souriait et lui
répondait poliment, mais elle ne cessait de regarder en direction d’Adrianna et autres filles dans
l’espoir qu’elles viennent la sauver.
Je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Elle était trop mignonne. À la fin de la chanson, elle a salué
son cavalier et a rejoint les filles au bar. Elles ont toutes rigolé en la taquinant, et j’ai vu ses joues
se couvrir de la rougeur qui m’était si familière. Elle rougissait toujours quand elle était nerveuse.
Je gardais les yeux rivés sur Adrianna, mais elle n’a jamais regardé dans ma direction. C’était
sans doute trop tôt. J’allais devoir rester assis à me torturer encore un bout de temps.
Cela dit, il était fascinant d’observer quelqu’un de loin. Je pouvais deviner à son expression
quand elle était mal à l’aise, nerveuse ou heureuse. Je pouvais aussi m’apercevoir qu’elle
commençait à se détendre avec ses amies et prenait de l’assurance. Après deux verres, les filles
étaient toutes sur la piste avec un essaim d’hommes qui bourdonnaient autour d’elles pour les
inviter à danser.
J’ai perdu Chloé de vue et j’ai dû me lever et faire le tour de la salle afin de trouver un autre
poste d’observation. Quand je l’ai de nouveau eue en ligne de mire, j’ai eu une bouffée de chaleur
et j’ai serré les poings. Elle dansait avec un type beau comme un dieu. Son corps était taillé à la
serpe et on voyait ses muscles au travers du tee-shirt noir qui le moulait.
Le fait qu’il soit beau n’était pas ce qui me dérangeait. Non, c’est l’éclat que j’ai vu dans les yeux
de Chloé qui m’a bouleversé. Elle semblait attirée par lui. Elle le désirait autant qu’il la désirait.
Pendant un instant, j’ai pensé que l’idée du club était une très mauvaise idée.
Mais plus il dansait avec elle et lui parlait, plus Chloé semblait agacée. Il a dû lui dire un truc
idiot, car elle a levé les yeux au ciel, puis elle a regardé Adrianna et les filles. Elle semblait les
implorer de venir à sa rescousse, mais elles ont continué à danser et à papoter avec leurs
cavaliers.
Il a déplacé ses mains vers le bas et les a posées sur son cul. Je suis resté immobile, mais j’ai
senti mon corps se crisper en tentant de me maîtriser. Je ne pouvais pas voir ça plus longtemps,
mais Adrianna ne m’avait pas encore fait signe de me manifester. Il fallait que j’attende encore.
Le mec continuait de peloter les fesses de Chloé, tout en essayant de l’attirer de force contre
lui. Je devais intervenir. J’ai fait un pas en direction de la piste de danse, mais Adrianna a surgi
devant moi pour m’arrêter.
– Attendez, Dean, faites-moi confiance.
– Je ne vais pas laisser ce type l’agresser.
– Il est dans le coup, il fait ça parce que je lui ai demandé. Jouez le jeu et attendez.
Je ne supportais plus ce plan. L’idée qu’Adrianna avait un complice qui tripotait Chloé exprès
était horrible et je n’aimais pas du tout ça.
– Je vais lui dire que tout est de ma faute.
– Non ! m’a hurlé Adrianna dans l’oreille. Chloé a besoin de voir le genre de types qui traînent
ici. Elle doit décider toute seule si c’est vous qu’elle veut et pas un de ces dégénérés. Alors
seulement, vous pourrez vous excuser.
– D’accord, ai-je dit en m’éloignant.
Je n’étais pas habitué à laisser quelqu’un d’autre décider pour moi. Toute ma vie, j’avais été
obligé de prendre toutes les décisions. J’étais en terrain inconnu et je me sentais très mal à l’aise.
J’avais toujours pu avoir ou acheter tout ce que je désirais. Il n’était pas si facile de laisser Chloé
décider de me donner une autre chance ou non.
Je suis retourné dans le coin de la salle et je n’ai pas quitté Chloé des yeux. J’allais veiller que
rien de fâcheux ne lui arrive. J’allais m’assurer qu’elle ne risquait rien, même si je ne pouvais pas
l’avoir pour moi.
CHAPITRE 22

CHLOÉ
J’ai vu Dean au moment où il parlait avec Adrianna ; ils avaient l’air de manigancer quelque
chose. Je n’allais sûrement pas les laisser me piéger, aussi j’ai décidé que c’était moi qui allais leur
jouer un tour. J’aimais faire des farces et j’avais une super idée que ni l’un ni l’autre ne verrait
venir.
Tout en me penchant en avant et en entourant des bras mon cavalier sexy à mort, j’ai chuchoté
mon plan dans son oreille. Il était beau comme un dieu, mais il n’avait pas grand-chose dans le
ciboulot. Je lui ai expliqué mon plan, puis j’ai pris sa main et je l’ai entraîné dans les escaliers,
jusqu’aux salons privés à l’étage.
Nous nous sommes arrêtés en bas des escaliers et j’ai passé mes bras autour de lui en faisant
semblant de l’embrasser. Il s’est un peu trop pris au jeu et il m’a planté un sulfureux baiser sur la
bouche.
Il m’a pris la main et je l’ai suivi jusqu’en haut des marches. Je pouvais voir la tête de Dean du
coin de l’œil et je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Ça devait être un supplice pour lui de me voir
monter là-haut avec un autre homme. Quel pied ! Pour une fois qu’il ne contrôlait pas les
événements, ça devait le changer. Je ne savais pas trop ce qu’Adrianna et lui avaient comploté,
mais à voir son expression, j’ai supposé qu’ils avaient quelque chose en tête.
Arrivés en haut des marches, nous nous sommes installés dans un salon privé. Il était encore
tôt, et la plupart des salons étaient disponibles.
Je n’étais jamais monté à l’étage ni entré dans un salon privé auparavant. Adrianna m’avait dit
que ces pièces étaient réservées aux danses érotiques en privé, mais je soupçonnais que les
clients les destinaient à d’autres usages intimes.
– Alors, est-ce qu’on doit continuer à jouer le jeu jusqu’à ce que ton petit ami vienne à ta
rescousse ? m’a demandé le joli garçon qui m’accompagnait.
– Non, on s’assoit et on attend, c’est tout.
– Oh, ce n’est pas drôle. Il ne va pas me casser la figure au moins ?
– Non, je ferais en sorte que ça n’arrive pas.
– Qu’est-ce que cet abruti t’a fait pour que toi et ta copine le mettiez au supplice comme ça ?
– Les saloperies habituelles que les mecs font aux filles.
– Tu sais, les hommes ne sont pas tous des salauds.
– Je sais.
Nous sommes restés assis en silence, dans l’attente que Dean débarque dans la pièce.
Assurément, il ne supporterait pas bien longtemps de nous savoir seuls là-haut. Enfin, du moins
s’il voulait réellement qu’on se remette ensemble. Je ne pouvais que supposer que c’était la raison
pour laquelle il avait parlé à Adrianna, et le pourquoi de l’insistance de cette dernière à ce que je
les accompagne au club.
Nous avons attendu et attendu, mais Dean n’est jamais venu. J’ai commencé à me dire que
c’était une mauvaise idée d’avoir entraîné ce type dans un salon privé. J’aurais dû parler à
Adrianna pour comprendre ce qui se passait. C’était trop tard maintenant. Il fallait que j’attende
Dean. Je ne pouvais pas abandonner la première. Il fallait que je gagne ce bras de fer.
Et puis, j’ai entendu frapper à la porte du salon adjacent au nôtre. Personne n’a répondu et la
porte s’est ouverte puis refermée. Le toc-toc sur notre porte est arrivé peu après et je me suis
levée d’un bond pour aller ouvrir.
Je m’attendais à ce que ce soit Adrianna ou Dean, mais c’était un inconnu.
– Vous en avez encore pour longtemps ? a-t-il demandé comme s’il n’y avait pas d’autres
salons libres.
– Euh, je ne sais pas. Essayez une autre pièce, ai-je répondu d’un ton agacé.
J’allais refermer la porte quand une main s’est abattue dessus et l’a entrouverte. J’ai l’ai
ouverte plus largement et j’ai vu Dean devant la porte. Il avait l’air plus grand et plus fort que dans
mon souvenir.
– Sortez d’ici, a dit Dean au gars assis sur le canapé.
Le plus drôle, c’était qu’il était ravi de pouvoir partir. Je sentais que cette situation
commençait vraiment à le mettre mal à l’aise.
– Assieds-toi, m’a ordonné Dean en passant au tutoiement intime.
J’ai obéi et je me suis assise sur le canapé en cuir noir. Je n’étais pas du genre à obéir aux
ordres, mais la situation était différente. J’ai vu dans son regard qu’il ne plaisantait pas et qu’il
avait quelque chose d’important à me dire.
– Je vais m’excuser et tu vas accepter mes excuses. D’accord ? a dit Dean sans vraiment me
demander mon avis.
– Oui, ai-je répondu en hochant la tête.
– J’avais peur de te faire souffrir. J’avais des sentiments pour toi et je ne voulais pas que tu en
aies pour moi et que ça te brise le cœur. Je suis désolé.
– Tu es désolé de m’avoir jetée dans les bras d’un autre comme un proxénète l’aurait fait ?
– Oui, a répondu Dean d’un sourire malicieux qui signifiait qu’il savait exactement ce qu’il
faisait.
– Tu t’es comporté en abruti fini.
– Oui.
– Je ne peux pas me disputer avec toi si tu es d’accord avec tout ce que je dis, ai-je conclu en
éclatant de rire.
Dean n’était pas là pour se disputer avec moi et je sentais qu’il avait l’air bien plus détendu. Il
était décontracté et calme durant toute la discussion. J’avais le sentiment qu’il avait retrouvé une
sorte de paix intérieure à l’idée qu’on allait se remettre ensemble ; bien que je n’avais pas encore
pris ma décision à ce sujet.
J’ai vu Dean inspirer plusieurs fois pour essayer de se calmer. Il était évident que me voir
flirter avec un autre homme l’avait mis dans tous ses états. Il lui faudrait sans doute plusieurs
heures pour se calmer réellement.
Je me suis levée pour approcher ma bouche de la sienne. J’adorais le goût de ses lèvres. Elles
me rendaient folle instantanément. J’aurais voulu l’embrasser toute la soirée. À ce moment-là,
plus rien d’autre ne comptait.
Nos lèvres délicates se sont trouvées et j’ai pu enfin me sentir en territoire familier avec Dean.
C’était un moment magique, mis à part qu’on était dans la chambre d’un bordel nouvelle
génération. Le cuir moderne du canapé ne cachait pas le fait que les clients venaient dans ces
salons pour y prendre du plaisir.
Il y avait des chaînes, des cordes et des menottes posées sur une étagère d’angle. Ce n’était pas
du tout ma tasse de thé et j’avais besoin de sortir de cette pièce. Je me fichais des perversions
sexuelles des gens, mais perso, je préférais faire ça dans un lit douillet. Ou du moins, pas dans un
club SM. Va savoir pourquoi, je commençais à me sentir mal à l’aise ici.
DEAN
Tout mon corps était tendu par le désir de prendre Chloé ici. Je savais que ce serait trop pour
elle, mais être dans cette pièce avec elle me procurait une excitation incontrôlable. Visiblement,
elle m’avait pardonné par ce baiser sensuel. Maintenant, je voulais être en elle. J’avais besoin de
l’avoir.
Ma vie était nourrie par l’excitation et l’envie de repousser sans cesse les limites. Il me fallait
une femme qui soit prête pour cette vie. Je savais qu’il serait difficile de convaincre Chloé, mais je
savais aussi qu’avoir une vie sexuelle exaltante était nécessaire pour que je sois heureux avec une
femme.
J’ai continué de l’embrasser pour la mettre à l’aise. Cette soirée avait été lourdingue et je
voulais qu’elle se détende. Je voulais aussi attraper une paire de menottes, la prendre en levrette
et la baiser jusqu’à ce qu’elle hurle de plaisir. Mais je me suis dit que ce n’était pas la meilleure
solution. Ça ne l’aiderait en rien à se sentir bien dans cette pièce.
Le contact du cuir de sa robe sous mes doigts me rendait fou de désir. Sa douce innocence
était en totale contradiction avec la tenue qu’elle portait. Mon cerveau et mon corps tentaient de
trouver un sens à ce contraste déroutant.
Chloé avait l’apparence d’une femme expérimentée en quête d’un coup d’un soir ou
d’excitation. Mais je la connaissais. Je savais que Chloé était douce et innocente en dépit de sa
tenue dévergondée.
– Tu m’as manquée, ai-je dit en l’embrassant dans le cou.
– Tu m’as manqué aussi.
Elle a passé ses mains sous ma chemise et les a remontées vers ma poitrine. Je voulais qu’elle
le pose plus bas, je voulais les sentir sur ma bite. Le renflement qui palpitait dans mon froc avait
besoin d’être soulagé et elle avait tout ce qu’il fallait pour s’en occuper.
– Et si on sortait ensemble demain ? ai-je dit en relevant son menton pour qu’elle me regarde.
Un rendez-vous au petit déjeuner.
Chloé a ri et a hoché la tête en signe d’acquiescement. Son rire était contagieux et ses yeux
bleus m’ont attiré dans son monde. J’ai réalisé tout à coup que je ne voulais pas la baiser en
levrette dans cet endroit. Je voulais voir ce sourire. Je voulais voir ces yeux bleus briller. Un déclic
s’est fait dans mon cerveau et j’ai eu une excellente idée.
J’ai saisi sa main et je l’ai entraînée hors de la pièce, puis en bas des escaliers.
– Où va-t-on, a-t-elle gloussé.
– C’est une surprise.
À la sortie du club, Charles attendait près de la voiture. J’ai installé Chloé sur la banquette et j’ai
chuchoté à Charles ce qu’il devait faire. Il m’a regardé d’un air sceptique, puis il s’est dirigé vers la
portière côté conducteur.
– Vous êtes sûr ? a demandé Charles.
– Oui, absolument sûr.
– Dean, où allons-nous ? J’ai l’air d’une folle dans cette tenue. Impossible d’aller où que ce soit
sans que je me change d’abord.
– Tu es aussi sublime que sexy ; nous pouvons aller partout.
Chloé a levé les yeux au ciel. Ça la rendait nerveuse d’avoir quitté le club et d’être toujours
habillée comme une bombasse dominatrice en cuir. Mais pour être honnête, ça me faisait
tellement bander que j’avais envie de l’exhiber partout dans cette tenue. Je l’aurais emmenée à
une réunion des anciens élèves habillée comme ça. On aurait dit une top model.
– Viens là, ai-je dit en la prenant dans mes bras.
J’ai dénoué sa queue de cheval et libéré ses cheveux. Quand ses longues mèches blondes ont
dégringolé le long de son visage, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Elle était belle à se damner
et elle était mienne. Je n’allais pas tout foutre en l’air cette fois. J’allais la garder.
CHAPITRE 23

CHLOÉ
J’étais soulagée de quitter le club. Faire semblant d’être une déesse du sexe m’avait amusée,
mais en vérité, ce n’était pas moi. Je préférais être dans les bras de Dean. J’aimais son talent à me
faire sentir bien avec lui et je voulais connaître la suite des événements.
Je n’avais pas besoin d’un mariage ou d’un truc insensé du même genre. Je voulais juste l’avoir
et être avec lui. Je voulais voir ce que le futur nous réservait.
Tandis que Charles conduisait, j’ai commencé à stresser au sujet de l’endroit où il nous
emmenait. Dean avait l’air tout excité, ce qui signifiait qu’il avait un tour dans son sac. Il était
amusant, cela dit, de le voir excité comme un gosse ; ce n’était pas habituel chez Dean.
Quand nous avons bifurqué et que j’ai aperçu l’aéroport, j’ai regardé Dean.
– Qu’est-ce qu’on fait là ? ai-je dit en me penchant à la fenêtre tandis que nous passions la
barrière de sécurité.
– Je t’emmène dans un endroit où tu te sentiras plus à l’aise.
– Quoi ? Où ? On a du travail lundi, ai-je dit incrédule alors que Charles nous conduisait jusqu’à
l’un des hangars à avions.
Dean n’a pas répondu. Il a sauté de la voiture et a tendu la main pour m’aider à descendre. Je
n’avais aucune affaire, je ne pouvais pas partir en voyage. Il me fallait des vêtements et une
trousse de toilette. J’avais besoin de tout planifier à l’avance. Je n’étais pas le genre de fille à sauter
dans un avion pour s’envoler vers une destination inconnue.
– Viens, a dit Dean en me tirant par la main. Tu vas adorer cet avion.
C’était un mensonge !
En entrant dans le hangar, je m’attendais à voir un énorme jet ou un truc cool du même genre.
Au lieu de cela, il y avait un avion minuscule d’une capacité maxi de six passagers, sinon moins. La
cabine était magnifique, avec de grands sièges en cuir, mais on ne pouvait même pas s’y tenir
debout.
– Euh, on ne peut pas voler avec ça. Il est trop petit. Et qui va piloter ? Et on va où d’abord ? ai-
je demandé en jetant des regards anxieux à Dean, puis à Charles.
Charles était quasiment mort de rire tellement il semblait trouver la situation drôle.
Visiblement, il se réjouissait de me voir terrorisée.
– Allez, monte, a dit Dean en ouvrant la porte côté passager. Mets ce casque sur tes oreilles.
Il était minuit passé et j’étais vêtue d’une robe moulante en cuir noir. Je n’avais pas l’air de
quelqu’un censé s’assoir sur le siège avant d’un avion. J’ai cru que j’allais vomir tant l’émotion me
submergeait et je tremblais littéralement de la tête aux pieds.
Mais j’ai obéi.
Je me suis assise sur le siège du copilote pendant que Dean parlait à un homme. Ils ont fait le
tour de l’appareil, vérifié des choses et coché des cases sur une check-list. Je me doutais bien que
l’autre homme était le pilote. Puis je les ai vus se serrer la main et Dean s’est installé sur le siège
du pilote.
– Qu’est-ce que tu fais ? ai-je demandé, totalement terrorisée.
– Je t’emmène dans ma nouvelle maison de campagne. J’ai envie que tu la voies.
– Euh, tu vas piloter ? ai-je dit, tremblant de plus belle. C’est légal ?
Dean a rigolé tout en manipulant des boutons sur le tableau de bord. Bientôt, l’avion s’est mis
à ronfler, et Dean l’a fait rouler jusqu’à la piste.
Je me suis agrippé de toutes mes forces à mon siège et j’ai fermé les yeux. Je n’étais pas prête.
Je n’étais jamais montée dans un avion aussi petit, et surtout, je n’avais jamais pris un avion piloté
par quelqu’un que je connaissais. Je n’arrêtais pas de trembler. La peur me secouait tout le corps,
des doigts aux orteils.
Dean a tendu le bras et a posé une main sur ma cuisse. Ça aurait pu être un geste sexuel, mais
c’était surtout pour me rassurer. Son contact a immédiatement fait baisser mon anxiété d’un
cran. J’ai serré sa main dans la mienne.
J’ai ouvert les yeux lentement et j’ai regardé autour de nous. C’était magnifique. La silhouette
des immeubles était éclairée et nous nous envolions dans les airs avec élégance. Dean avait l’air
de savoir exactement ce qu’il faisait et je me suis détendue en voyant la sérénité qui émanait de
lui.
– Oh, je devrais te rendre ta main pour que tu puisses piloter ce machin, ai-je plaisanté.
Dean a souri, puis il a lâché les commandes et m’a pris le visage entre ses mains pour
m’embrasser. Je l’ai embrassé, puis j’ai repoussé ses mains pour les remettre sur le manche.
– Conduis à deux mains, s’il te plaît.
– Tu es tellement belle, Chloé.
Dean n’a rien dit de plus. Il pilotait en silence. La ligne anguleuse de sa mâchoire se découpait
sur le clair de lune et j’ai vu dans ses yeux un sentiment de plénitude absolue. Quelque chose avait
changé entre nous. Quelque chose avait changé chez Dean. Je ne savais pas encore quoi, mais
c’était troublant.
En survolant la ville, j’ai admiré du ciel tous mes endroits préférés. C’était un spectacle très
différent et magnifique à voir de nuit. Nous avons continué de voler pendant ce qui m’a paru des
heures, mais qui n’était en fait que quatre-vingt-dix minutes.
– Bon, prépare-toi, on va se poser, a dit Dean en souriant.
J’ai regardé au sol, mais je n’arrivais pas à voir de piste. Tout était noir en dessous.
– Euh, il n’y a rien en bas. Qu’est-ce que tu veux dire ?
– Il y a un petit aéroport. Regarde, on voit les feux rouges de la piste.
Hein ? En plissant les yeux, je n’ai réussi à voir qu’une minuscule zone avec des loupiotes
clignotantes. Impossible d’atterrir sur une piste si petite. Totalement impossible.
J’ai regardé Dean en panique totale et il m’a souri pour me rassurer. Quelque chose dans sa
façon de me regarder m’a convaincue qu’il ferait toujours ce qu’il faut pour me protéger. Je l’ai lu
dans ce regard particulier qu’il a posé sur moi. Il exprimait toute la sérénité de son âme.
Pour la première fois depuis notre rencontre, j’ai senti que j’étais en présence du vrai Dean. Il
n’essayait pas de faire semblant d’être un autre. Il n’essayait pas de diriger une entreprise. Il
n’essayait pas de tirer un coup. Cet homme, l’homme à côté duquel j’étais assise à des dizaines de
mètres d’altitude, cet homme était le vrai Dean.
Alors qu’il entamait le dernier virage avant la descente vers l’aéroport, j’ai fermé de nouveau
les yeux. J’étais trop terrifiée. Tout me faisait peur. Je ne voulais pas qu’on s’écrase au sol.
– Ouvre les yeux, a dit Dean d’une voix douce et posée.
– Je ne peux pas. J’ai trop peur.
– Ouvre les yeux, Chloé. Fais-moi confiance, tu es en sécurité avec moi.
J’ai ouvert les yeux et j’ai cherché ceux de Dean. Il m’a regardée une fraction de seconde et ça
m’a suffi. J’ai su que j’étais, réellement, en sécurité avec lui.
Il a manœuvré tranquillement l’avion pour l’aligner sur la piste. Tandis que le sol se
rapprochait de plus en plus, j’ai puisé dans mes ressources intérieures pour essayer de garder les
yeux ouverts. J’étais tellement effrayée que je ne voulais pas regarder le sol, mais je me suis forcée
à le faire. Je faisais confiance à Dean et je l’ai observé poser l’avion en douceur sur une petite piste
d’atterrissage au milieu de nulle part.
Il a fait rouler l’avion sur la piste jusqu’à un petit hangar. Quand l’appareil s’est immobilisé,
Dean a tendu la main et m’a tirée vers lui. Il m’a assise sur ses genoux et nous nous sommes
embrassés passionnément. Il n’y avait personne aux alentours, l’aéroport était plongé dans
l’obscurité.
L’excitation du moment m’a submergée et j’ai eu une envie terrible de lui. L’adrénaline coulait
à toute allure dans mes veines et je n’arrivais à penser qu’au plaisir qu’il pouvait me donner.
J’ai déboutonné son pantalon. Il a été surpris et j’ai aimé l’expression de son visage. Dean a
scruté les environs, mais il savait que l’aéroport était désert. Et la nuit était trop noire pour que
quiconque puisse nous voir.
J’ai baissé son pantalon et j’ai essayé de retirer ma culotte. L’avion était trop petit. Je ne
pouvais pas me mettre debout et je n’avais pas l’espace qu’il fallait pour l’enlever.
Dean a tendu la main, a attrapé un bout du string et il l’a déchiré. L’intensité du désir qui
brillait dans ses yeux m’a fait mouiller direct. Je le voulais en moi. J’avais besoin de libérer le flot
d’adrénaline qui coulait dans tout mon corps.
Je l’ai guidé en moi. Sentir son sexe dans mon ventre a excité toutes mes terminaisons
nerveuses. J’ai senti mon corps s’emboîter autour du sien presque instantanément.
Dean m’a attrapé les hanches et m’a soutenue pour m’aider à monter et descendre sur lui. Mon
ventre s’est ouvert pour l’accueillir et j’ai senti l’excitation monter en moi à chaque impulsion de
son sexe. Dean a descendu le haut de ma robe pour libérer mes seins qui ont surgi comme des
boulets. Il en a pris un dans sa bouche tout en continuant à me faire sauter lui.
Nous avons senti la jouissance monter au même moment, intensifiée par l’excitation.
L’orgasme a menacé d’exploser en moi plus vite que prévu. J’ai continué à aller et venir
frénétiquement sur lui. Et puis c’est arrivé. Tout mon corps s’est raidi et j’ai agrippé Dean en
jouissant. Puis, de plus en plus vite, j’ai chevauché son sexe jusqu’à ce que je sente la giclée
libératrice de plaisir au fond de mon ventre.
DEAN
Je n’avais pas en tête l’idée de la baiser dans mon avion. Sincèrement, je voulais juste
l’emmener quelques jours dans ma maison de campagne, pour être seul avec elle. Mais je n’allais
pas refuser son corps sublime quand elle s’est assise sur moi. C’était tellement excitant de voir
qu’elle me désirait si fort. Surtout après l’incertitude de ces derniers jours.
En sortant de l’avion, j’ai appelé un chauffeur qui nous a conduits dans ma paisible maison de
campagne. Peu de personnes connaissaient l’existence de cette propriété et c’était l’endroit idéal
pour me faire pardonner mon comportement d’abruti fini.
J’avais prévenu de mon arrivée la personne qui s’occupait de la maison. Le frigo était plein et
les lumières allumées. C’était tellement agréable d’arriver dans un endroit où tout était prêt pour
passer un vrai moment de détente.
– Tiens, ai-je dit à Chloé en lui tendant un sac. Ce sont des affaires pour toi. J’espère qu’elles
t’iront.
– Des vêtements ! Dean, tu es vraiment incroyable. Comment as-tu pu faire livrer des affaires
ici en plein milieu de la nuit.
– Tout ce qui peut te faire plaisir.
Chloé s’est jetée à mon cou, puis elle a entouré ses jambes autour de ma taille. Je n’ai pas pu
m’empêcher de rire.
– Que dirais-tu de visiter la maison ?
J’ai attrapé ses fesses et je l’ai portée jusqu’à la cuisine.
En la posant sur le plan de travail, j’ai repensé à la nuit de notre première rencontre. Le
courant magnétique entre nous. La passion. Elle était tout aussi forte qu’en ce moment. C’était
pour cela que j’avais su que j’aimerais Chloé. Je voulais nous donner une chance de voir si nos vies
seraient plus belles en étant ensemble.
– Oh, je vois, tu m’as emmenée dans cette maison isolée pour que je ne puisse pas m’échapper.
Je vois clair dans ton jeu, a plaisanté Chloé en m’attirant vers elle.
J’ai écarté ses jambes et j’ai reposé mes mains sur son cul assis sur le comptoir en marbre
doré.
– Je ne te laisserai aller nulle part.
– Tant mieux, parce que je n’ai pas l’intention de m’enfuir cette fois.
J’étais d’accord. Pour la première fois de ma vie, je n’étais pas en train d’imaginer le moyen de
me débarrasser d’une fille au petit matin pour échapper à la possibilité d’une relation. En fait, je
pensais à ce que j’allais préparer à Chloé pour le petit déjeuner du premier jour du reste de notre
vie.
— Fin —

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